XXXI
Dans la quatorzième année du règne d'Ezechias, Sanknerib marcha contre le royaume de Juda ; Ezéchias s'empressa de s'en diélwrrasser en lui offrant un tribut qui fut fixé à trois cents kikars d'argent et trente kikars d'or; c'est-à-dire, le kikar étant de 18 kil. 08h, 5426 kil. 4 d'argent, et 542 kil.64 d'or. Il fallut donner cette fois encore tout l'argent qui se trouvait dans la maison de rEternel et dans*
ROf
DES ANTIQUITES «BLIQUtô.
les Ipésors^de la maison royale. (// Itvis, xvm, 13-15.)— 16. En ce temps, Ezéchim abattit le$ battants du hikal de l Elemet, et les linteaux quEx/chias^ roi de Juda, avait couverts, et il les donna au roi d'Assour, (Il Rois, xvni.) Ce verset prouve de la manière la plus évidente que les portes d'or du hikal de Salomon avaient été enleviâes par Chechenk, et que des portes arec battants et linteaui platjues d*or n'avaient été rétablies que sons le règne d*£zéchias.
Lorsque Sankhérib revint h la charge, Ez^ chias, sommé de se rendre, se réftigia au temple«et adressa à TEternel ime prière dans la-
?ueHe nous trouvons ce passage curieux : 17. 'erteSf 6 Etemel I les rois d'Assour ont dé* truit ces nations et leur pays. — 18, Ils ont Jivréaufeu leurs dieuœ^ car ce n* étaient point des cftetMP, mais bien des ouvrages des^ mains de Fkomme^ de bois et de pierre, et ils les ont ané4sniis. (H Rois, xix.) Le prophète Isaïe fut chargé de reporter à Ezécnias la parole de Ken,, et dans son discours nous trouvons le passage suivant : 28. Farce que tu as été ar* rogant contre moi, et que ta bravade est mon-tée à mes- oreilles-, je mettrai ma boucle en tes narines^ et n^on mors dans tes mâchoire», etc. (// Jblit, SIX.) Ce verset nous montre que dès cette ^tpoque on se servait d un anneau passé ûao^ Ist narine pour guider les chameaux, et du jBOrS pour les chevaux.
Un- deriiier renseignement sur les travaux dti-roî Ezéchias nous est donné par le passage suivant : Le reste des faits d'Ezéchias, tous êè» exploité^ comtnent il fit l* étang et V aqueduc par lequel il fit entrer les eaux dans la ville j esi-écrU dons^le livre des^ faits du- temps des rois dmJuda, (Il Rois, xx, 20.) Quel est cet éCang, quel est cet aqueduc? On Tignore ; il me parait probable cependant qu*il s*agit des étangs connus sous le nom ôe vasques de Sa^ lêmon ^El'Bouvab des Arabes), et de l'aqueduo qui en amenait Teau à Jérusalem, et dont on côtoie un tronçon sur le chemin de Jéru^ salem h Beit-Lehm, auprès du tombeau de Rachel. Cet aqueduc porte aujourd'hui le nom de Kanat-el'Koufar (conduit des InGdèles), et c*est probablement lui qui tut réparé par Pilate^ aux dépens du trésor sacré, oe qui iaillit causer une émeute dans la ville sainte. A. Ezéchias succéda son fils Manassès; voyons ce oui se rapporte au règne de ce prince.— 3. itrehâtit les hauts-lieux au Ezéchiasson père avait anéantis; il éleva des autels à Baal, et fU une Aserah, comme avait fait Akhab, roi d* Israël ; il se prosterna devant toute tartnée du ciel, et la servit. — 4. Il bâtit des autels dans la maison de V Etemel. — 5. Il bâtit des autels à toute l'année du ciel, dans les deux cours de la maison.de f Etemel. — 6. il fit passer son fils par le feu; il cansultait 'e temps, les urpents, faisait Ob et Jdonim (pratiquait la nécromancie et les sciences occultes). — 7. // posa l'image d' Aserah (Astarté) dans la maison dont l'Eternel avait dit à ikivid et à Salomon, son fils : Dans cette mai» son et à Jérusalem, (fUs fai choisie dans toutes les tribus d'Israël, je mettrai mon nom à ja-inais.'JI Rois, xjct.) Les Chroniques répètent
presque textuellement les mêmes faits (II» xxxiiiy 3-7). Le verset 6 précise seulement que ce fut dans la vallée des Tils de Hinnora que Manassès fit passer ses fils par le feu.
Manassès, après avoir été conduit en captivité à Babylone, s*humilia devant Jehovan; il recouvra sa liberté et revint à Jérusalem. 1 4. Après cela, il bâtit un mur extérieur à la ville de David, vers l'occident de Gihon, dans la vallée, jusqu'à la porte des Poissons, le continuant jusqu'à Ophel, qu'il éleva, élevant considérablement.,, — 15. // ôta les dieux étrangers et l'idole de la maison de Jehovah, ainsi que tous les autels qu'il avait bâtis sur la montagne de la maison de Jéhovah et à Jérusalem, et il les rejeta hors de la ville. — 16. // réta^ blit l autel de Jehovah,.. — 17. Cependant, le peuple sacrifiait encore sur les hauts-lieux. (M Chron., xxxin.)
A Manassès succéda son fils Ammon, qui reprit aussitôt Tidolàtrie abandonnée par son [)ère. Il ne régna que deux ans, et périt victime d'une conspiration. Josias, son frère, ikit mis sur le trône à sa place. L'avènement de ce prince fut le signal d'un retour sincère au culte de TEternel. Nous ne pouvons mieux faire que de copier textuellement le nécit biblique (1^ Chron. xxxiv) :-^\. Josias était âgé de huit ans quand il devint roi, et il régner trente et un ans à Jérusalem. — 3» Dans la huitième année de son règne, étant encore jeune, il commença à rechercher le Dieu de David, son père; et dans la douzième année-, il commença à purifier Juda et Jérusalem des hautslieux, des aserim, des idoles sculptées et des idoles fondues. — 4. On démolit devant lui les autels des bàalim, et il brûla les hamnMnim
Îifui étaient par-dessus, et il abattit les aserim, es idoles- sculptées et les idoles fondues; il les broya ei en- répandit les débris sur les tombeaux de ceux oui leur avaient sacrifié. — 5. Et il brûla sur leurs autels les ossements des cohenim, et il purifia Juda et Jérusalem. — 6. Et (il fit ainsi) datis les villes de Manassé et d^Ephraïm, de Siméon et jusqu'à Nephtali, dans leurs ruines alentour. — 7 . 7^ démolit les autels et mit en pièces les aserim et les idoles^, abattit tous les hammonim dans tout le pays d'Israël, et s'en i etourna à Jérusalem. — o. Et, dans la dix-huitième année de son règne, lorsqu'il eut purifié le pays et le temple^ il envoya Safan, fils d'Asaliah, et Mâasiah„ prince de la ville, et Joas, fds de Joakhas le chancelier, pour réparer la maison de Jehovah, son Dieu. — 9. Ils vinrent auprès de Uelkiasy le grand coken, et (on leur donna) l'argent qui avait été porté dans la maison de Dieu, que les Lévites, gardiens de la porte^ avaient recueilli de la tribu de Manassé et d'Kphralm, et de tout le reste d'Israël^ et de tout JudUj et de Benjamin; et ils revinrent à Jérusalem. >-lQ. Ils (/e) remirent aux mains de ceux qui faisaient l'ouvrage, qui avaient des fonctions dans la maison de Jéhovah, et ceux qui soignaient l'ouvrage, travaillant dans la maison de Jéhovah, le donnèrent pour reparer et rétablir lamaison. — \ï. Ils {le) donnèrent aux charpentiers, aux architectes, pour acheter des pie) res de taille et du bois de char-
ROI
hoi
)io
pente j et pour planchéitr les maisom que lei roii deJuda avaient détruites, etc. — 14. JF^ comme ils retiraient Vargent qu*on avait ap^ porté dans la maison de Jehovakj Helkias^ le cohen, trouva le livre de ia doctrine de Jeho^ vah, par Moïse. — 15.,. Et Helkias ternit ce livre à Sa fan. — 18. Sa fan le scribe annonça au roi, disant : Le coken Helkias fffC^n donné un livre; et Sa fan y lut devant le rot\ — 20. Le roi commanda à ilelkias, à Àhikam^ fUs de Sa fan, à Abdoun, fils de Michée, à Sa fan It scribe, et à Assaïa^ serviteur du roi, disant : -^ 21. Allez consulter Jehovah pour moi ei pour tout ce qui reste en Israël et en Juda^ etc., elc. — 22. Helkias et ceux du roi allèrent vers Houlda la prophétesse... qui demeurait à Jérusalem, dans la deuxième enceinte^ etc.
Les mêmes faits sont racontés dans le 11* Livre des Rois (xxii et xxiii). Mais ce second récit présente tant de détails du plus haut intérêt, qu'il n'est pas possible cle ne pas le transcrire en entier; ainsi, nous lisons au cbapitrexxiu; — 4. Le roi commanda à Helkias, le grand cohen, aux cohenim du second ordre^ et aux gardiens de la porte, de sortir du temple de i Eternel tous les ustensiles qui avaient été faits pour Baal, pour Aserah et pour toutt t armée au ciel, et il les brûla hors de Jérusalem, dans les champs du Kédron, et on en emporta la cendre à Beit-El. — 5. Jl abolit les kemarim {prêtres des idoles), que les rois de Juda avaient établis pour faire des encen^ sèment s sur les hauts-lieux, dans les villes de Juda et aux alentours de Jérusalem, ainsi que ceux aui faisaient des encensements à Baal, au soleil, à la lune, aux astres et à toute l'ar^ mée du ciel. — 6. Jl fit sortir de la maison de V Eternel l* Aserah, hors de Jérusalem, dans la vallée du Kédron, et la brûla dans la vallée du Kédron ; il la réduisit en pôudre et en jeta la poudre sur la sépulture des enfants du peuple. — 7. Jl démolit les maisons desprostituées qui étaient dans la maison de l'Eternel, dans lesquelles les femmes tissaient des tentes pour V Aserah. — i. Jl fit venir tous les cohenim des villes de Juda, profana les hauts-lieux où les cohenim avaient fait des encensements, depuis JJjebàa jusqu'à BirSebda; il démolit les hauts-lieux des portes, qui étaient à l'entrée de la porte de Jehousàa, prince de la ville, aui était a la gauche de l'homme (entrant) à la porte de la ville. — 10. // profana le Tophetqui était dans la vallée des fils de Hinnom, pour que nul ne pût plus faire passer son fils ou sa fille par le feu, en thonneur de Molokh. -— \\. Jl fit disparaître de l'entrée de la maison de l'Eternel les chevaux aue les rois de Juda avaient consacrés au soleil, près de la maison de l Eternel, auprès de la cellule
j ik'^Ai i i. f» .. • y- •- j /
inolit les autels qui étaient sur te toit de la chambre haute d'Akhas, que les rois de Juda avaient faits dans les deux cours de la maison de l'Eternel, et les enleva de là ; il en jeta la poudre dans la r-allée du Kédron. — 13. Le roi profana les hauts-lieux qui étaient devant Jérusalem, à la droite de la montagne (de
Tonction) des Oliviers, que Sùtamon^roi €J$raël. avait bâtis à Astaroth, horreur dee Si* doniens, à Kamous, horreur de Moab^ et à Melkom, abomination des enfants d^Amsnan^
— 14. // brisa Us stèles et mit en pièces le$ aserim, et il en remplit lu ptofce fTosêements.
— 15. 7/ démolit aussi fautk qui était à Beit* El, le haut lieu qu'avait fait Jéroboam, MU de Nabat, lequel avait fait pécher Jsraël, tautei avec le haut-litu ; il brma le haut-lieu, le ré* duisit en cendre, et brûla f Aserah. — 16. Jo^ sias s' étant tourné, avait vu les sépulcres qui étaient là sur la montagne ; il avait envoyé prendre les ossements des sépulcree^ lee avait brûlés sur l'autel et l'avait profané^ selon la parole de l'Eternel, qu'avait annoncée Vhonuanê de Dieu qui avait annoncé ces choses^-là. — 11. Jl avait dit : Quel estes monument que je vois? Jjes gens de la ville lui avaient répondue C'est le sépulcre de l'homme de Dieu qui est venu de Juda et qui a annoncé ces choees que tu as faites sur Vautel de Beit-El. — 18. Jl avait dit : Jjaissex-le; que personne ne remue ses ossements : et ces ossements préservèrent les ossements du prophète qui étatt venu à Samarie. — 19. Josias ôta toutes les maiêons des hauts-lieux qui étaient dans la ville de Somarie, que les rois d'Jsraèl avaient faites pour irriter {l'Etemel), et il leur fit eomsne toutes les exécutions quil avait faites à Beit-El. -* 20. — // sacrifia sur les autels to%ks les eokenim des hautsMeux qui étaient là, et brûla $ur eux des ossements d'hommes, puis il retourna à Jérusalem.
11 paraît bien évident que ces alternatifes perpétuelles d'idolâtrie et de culte du Trai Dieu, entraînant la destruction de tous les vbjets du culte mis à l'index, ont dû laisner les débris du plus haut intérêt pour Tétude de J 'art judaïque, dans les remblais immenses qui recouvrent partout le sol de la Jérusalem primitive. Vienne donc le jour où la ville du Christ appartiendra à la chrétienté, et les fouilles, qui ne peuvent manquer d'être en« treprises en pareil lieu, seront certainement productives.
Les passages que je viens de transcrire en entier me sug^rent quelques réflexions, hs verset 6, chapitre xxiu, du Ji' Livre des Rois, prouve qu'une figure d'Âstaroth, une Aserah, avait été placée dans le sanctuaire du temple de Salomon; elle fut réduite en poussièfe dans la vallée du Kédron, et cette poussière lut jetée sur les sépultures des enfants du peuple. Les sépultures étaient donc là dès l'époque de Josias, et elles n'ont pas cessé d'y être. Tout le flanc gauche de cette vallée du Kédron, h partir des tombeaux de saint Jac* ques et de Zacharie, est littéralement pavé de pierres tumulaires, recouvrant les humbles tombes que les Juifs de toutes les parties du monde viennent à i'envi chercher au lieu où, depuis des milliers d'années, reposent les os de leurs ancêtres. Le verset 7 parle de femmes prostituées logées dans l'enceinte du temple, et qui tissaient dos tentes pour V Aserah :jit ne veux jias d'autre preuve que l'AsereA n'était pas un bosquet saoré, mais bien une image a'Astarté. Le verset 10 mentionne le To*
ROI
DES ANTIQUITES BIBLIQUES.
noi
]ut était dans la vallée des fils de Hinet où l'on sacrifiait des enfants par le tn riionneur de Molokh. Qu'était-ce que iphet? on l'ignore. Quant au nom iuiî, il ne nous apprend rien, car il signifie ihose sur laquelle on crache par mépris, rset 1 1 est extrêmement curieux ; il nous ind que des chars et des chevaux avaient >nsacrés au soleil par les rois de Juda, ces à rentrée du tem()le. Il est difficile
pas trouver une étroite analogie entre tiars du soleil et le char d'Astarté, que oit si fréquemment représenté sur les aies de Sidon. Les chars de Jérusalem l brûlés, et les chevaux, dans lesquels il î parait pas possible de reconnaître des lures, mais qui étaient sans doute des ges exclusivement destinés à traîner les
du soleil, disparurent de l'entrée du e. Ce même verset mentionne un certain |ue nommé Nathanmelek qui était avec ins les ferourim. Qu*étaient-ce que ces rim, et quel sens faut-il appliquer ici à position 6 qui précède le pluriel ferau'on l'ignore. Canen traduit ainsi : auprès cellule de Nathanmelek l'eunuque, qui dirait) dans Farvarim(lefaubouiîç);mais traduction ne me parait pas admissible : et, puisque Nathanmelek avait sa ceU rès de la porte du temple, il ne demeufts dans un faubourg. Serait-il impossible r dans ce mot le pluriel de ferouër^ l'âme ée du corps, pour les sectateurs de Zo« ft; et dès lors devrait-on supposer que thanmelek était simplement un nécro* ien? Je laisse à de plus habiles à le dé-
et je me bornerai a rappeler quelarkhi *e qu'il ne sait pas ce que c*est que /en. On trouve le moXferber au singulier, fcrit par un beth au lieu d'un omioii, au . 18 du chapitre xxvi, du /*' Lirre dei ïiques, et là on le rend par faubourg; li le Chaldéen ni les Septante n'ont traie mot, et d'ailleurs ferourim est-il le I de frrber! Reste enfin à savoir si le ferouër ne serait pas applicable aussi a l'un qu'à l'autre de ces passages bi«
ÎS.
rerset 12 parle d'autels placés sur le toit chambre naute d'Akhas, et d'autres aulablis dans les deux cours du temple, ssage n'est malheureusement pas assez ;ite. Quel édifice couronnait cette chamlute d'Akhas T Est-ce le temple T Je suis tenté de le croire, précisément parce e verset mentionne les autels élevés es deux cours de l'édifice sacré. Il parait n, d'après la teneur du verset 13, que licules construits par l'ordre de Salosurle flancdumontduScandale, étaient e debout et, qui plus est, encore eu e lors de l'avènement de Josias. Du 17 il résulte que le tombeau du proqui vint annoncer à Jérolioam la vene que l'Eternel exercerait par le roi , pniphète que le Talmud nomme lAtu Aadou, était plus remarquable que es autres s«^pulcres qui Tentouraient, et osias fit respecter. Il est donc assez pro-
bable que les recherches faites parmi les sépulcres antiquesqui doivent se trouver en vue de Beit-ln, I antique Beit-£1, amènerait assez
Eromptement la découverte de ce saint tomeau. Je recommande ce fait aux voyageurs qui auronl quelques heures à consacirer aux ruines de Aeit- El.
Qu'étail devenue l'arche d'alliance pendant les règnes de tous les princes idolâtres prédéces.«eurs de Josias T L'Ecriture sainte ne le dit pas explicitement; mais un passage précieux nous apprend qu'elle avait été exi'ée du Saint des saints, probablement lorsque l'image d'Aslartô y avait été placée. Voici ce passage tJI Chron, xxxv , 3 ) : H (Josias) dii aux Lévites, qui instruisaient tout Israël^ gui étaient tonsatrés àJehovah : Placez Varche sainte dans la maison que Saiomon, fils deDa^ vid, roi d'Israël, a bâtie. Il est clair par là (|ue l'arche d'alliance ne paraissait plus dans les cérémonies du vrai culte que portée à l'épaule par les Lévites.
Nous n*avons plus maintenant que peu de faits intéressant l'histoire de l'art judaïque, à tirer des livres des Rois et des Paralipomènes.
Après Josias, ré^^na, pendant trois mois seulement, Joakhas, son fils, que le Pharaon Nechao emmena en captivité en Egvpte,en mettant sur le trône, à sa place, Eliakm, Qlsde Josias, auquel il fit prendre le nom de Joakim. Celui-ci ne fut qu'un simple tributaire du roi d'Egypte. Quelques anAées après, les Chaldéens, conduits par Nal)Oukadnetzar, refoulèrent les Egyptiens, et Jérusalem changea de maître. Joakim mourut après uo règne de onze années, et il fut remplacé sur le trône par son fils Joakin, qui ne réma que trois mois ; au bout de ce temps, il lut râimené en captivité par Naboukadnetzar, qui tira de là tous les trésors de la maison de Tlfternel et les trésors de la maison royale ; il démonta tous les ustensiles d'or que SalomoPp roi d'Israël, avait faits dans le palais de VEternel, comme V Eternel avait ordonné, (il Hois, XXIV, 13.} Le JT Livre desChrontques ( XXXVI, 7) préciseainsi qu'il suit : EtNabou-^ hadnetzar emporta à Babel des vmses de la maison de Jehovak, et les mit dans son p«lais à Babel. Toute la population riche de Jérusalem fut emmenée en Lhaldée,avec tous les charpentiers et les serruriers , c'est-àdire tous les artistes et les artisans un peu distingués (i/How, xxiv, 14et 16); il ne resta à Jérusalem que le peuple pauvre du pays, et le roi de Babylone mit sur le trône Malanias, oncle du roi captif Joakhin, en luiim-
K osant le nom de Sedekias. Ce prince, dans I neuvième année de son règne, se révolta contre Babylone, et les Chaldéens vinrent immédiatement assiéger Jérusalem. Sedekias ^ essaya de fuir ; mais u fut poursuivi et arrêté près de Jéricho : alors on égorsea ses enbnts devant lui ; puis on lui creva Tes yeux, on le couvrit de chaînes, et on l'emmena à Babylone. 8. Le septième jour du cinquième mon était la dijyneuvième année du roi Naboukadnetzar, roi de Babel; Nabousardan, chef des chaouchf serviteur du roi de Babel, vint à
ROI
DK:TK)NNA(R£
ROI
Jérusalem, — 9. iî brûla la mwson de VEUrneiet la maison royale, ainsi que êoutes les maisons de Jérusalem^ et il livra a^ feu toutes lesmaisons desgrands. — 10. j^^ toute Vannée des Chaldéen», qui était aivec le chef des chaouch^émolit les murailles- de JéruscdemU' lentour. — \*^, Les Chaldéens briser enttsêeolonnés d'airain qui étaient dans la maison de VEternely et il» en portèrent le bronza à Ba^ byione. — li^Jls prirent lespots, les pelles fies couteaux, les coupes et tous les ustensiles d'airain, avec lesquels on faisait le service, — Ib. Le chef des chaouch prit les encensoirs ^ les bassins, soit d'or, soit a argent: — 16. Les deux colonnes, la m:r unique et les supports
?'ue Salomon avait faits pour la maison de 'Eternel; il n'y avait pas de poids pour /'atrain de tous ces ustensiles. — 11. La hauteur d'une de ces colonnes était de dix-huit coudées, avec un chapiteau d* airain dessus; lahauteur du chapiteau était de trois coudées [U. y a ici une erreur de chiflfre, au t* Livre df* iiois ( Y1I, 16), c'est cinq coudées], cM^ecclv» entrelacs et des^ grenades sur le chapiteau^, altntour, tout de bronze, autant pour la se'" conde colonne, avec les entrelacs. — 22. Quant au peuple qui était demeuré de reste dans le pays, que Naboukadnetzar, roi de Babel, avait: laissé, it établit chef sur lui Gedoliah, fils d'Anikam^ fils de Safan. — 23. Tous Us capitaines destroupes, euxet leurs gens, ayant appris- que le roi de Babel avait établi Gedoliah'pour chef, vinrent vers^Gedoliah,à Mas^ fah : c'étaient Itsmaël, ûls deNathaniah, et Joukhanan^ ftisdeKarah, ei Sarcah, fil* de Tanhamr't\ khaiiitant de Nethafah, et Jaxniah, fiis de- Vhahitant de Mâakah, eux et leurp gens. — 24. Gedoliah prêta serment à eux et à leurs gens\ et H leur dit : Ne crai" gnex rien des serviteurs des Chaldéens ; demturex dans U pays et serves le roi de Babel, et vous vous en trouverez. bien. — 2h. Mais a arriva que, dans le septième mois, Ismaël^fiis' de Nathaniah^ fils d'Elisemda, de
race royale, vint, et dix hommes avec luiyet ils frappèrent Gedoliah, et il mourut, aiiui aue les Juifs et les Chaldéens qui étaient' (ttee lui à Mas f ah. — 26. Tout le peupte te leva, depuis le plus petit jusqu'au piuê grand, aved les capitaines des troupes^ et ils allèrent en ^gypl^i cf^r i^f eurent peur des Chaldéens^ (// Rois, XXV.) Les versets 18 et 19* du- chapitre XXXVI du fP Livre des Chroniques rapportent très-succinctement renlëvfimenf des trésors, Tincendie du temple et de la ville» et la démolition des murailles de Jérusalem^
Nous venons devoir les détails dé la caQi^ trophe qui renversa là dynastie de David. Ce récit n*a pas besoin de commentaires ; U est assez explicite, et il nous apprend que lies deux colonnes Takin et Beaz, la mer d'airain et les supports dès bassins, y étaient eocore au moment du sac de Jérusalem. H n*és( plus question ni de la base de la mer, ni dei dix bassins, ni de l'autel d'airain ; en fautil conclure au-ils avaient été détruits antérieurement 7 Je ne sais. L'année dans laquelle eut lieu l'incendie de Jérusalem est bien déterminée, c'esti'année 588avantXésus-Cbnst.
A partir de ce moment jusqu'au retour de la captivité des soixante-dix années, la Judée lût une province du vaste empire chaldéen, auquel succéda l'empire perse de» Acbéménides.
Maintenant que nous avons ffhi d'étudier les livres des» Rois et des Paralipomènu M ChraniaueSf nous devons chercher dans les textes des prophètes les passages qui peuvent intéresser l'histoire ne l'airt ; et quand ce dépouillement sera terminé, nous pâmerons à la construction du temple par Zorobabel. — Voy. Prophètes.
RUBEN (Tribu de). — Cette tribu avait pour limites aa nord le torrent dé rArnon, au couchant la mer Morte, au sud lepaysd'E-' dom, et au levant l'Arabie. Elle occupa le pays^de la Moabitide. — Voy. MbABrnoB.
Ce fut une des moindres tnbus d'IsraS pour son étendue.
SAANANIM. — Petite contrée de la tribu de Nephthali. (Josué, xix, 33.
SAARIM. — Ville de Juda. ( I Chron. iv, 3i.)
SABA| SirBAiH, Sabégns. — Contrée au midi de la Terre-Sainte. La reine de Saba qui vint visiter Salomon est appelée reine du midi.
Jer crois- qu'on a voulu à tort faire deux contrées de Saba, Tune en Arabie, l'autrer en Ethiopie, sur un passage d'Isaïe qui unit, ensemble l'Egypte, PEthiopie et Saba. N'es4f41 pas mieux, de dire que Saba est ici mentionnée pour l'Arabie voisine de l'Egypte?
SABAMA, Sebmah. — Ville fbrte de la tribu de Rubeu. Les vignes de Sabama étaient célèbres. (Isaie^ xvi, 8.)
SABARIM. -— Localité do la Syrie mentionnée j)ar Ezcchiel. C'était une des limites de la Terre-Sainte du côté de Damas.
SABEE, Sebaa,.— Josué (xix, 2) mentionne
parmi les villes de Siméon Bersabée. Safbée, et Molada. Mais, comme il n'indique dM» son catalogue que treize nlles',et que le Hâte en porte quatorze, il est aisé de voir qu'il y a une répétition due à l'inattention de»copistes: ils ont mis deux fbis lamème villedeSe* bée, sans songer gue Ber ou Bir ajouté- à Sabée indique seiiiemt^nt làf fontaine uir le puits de Sabée. — Voy. Berscheba*.
SACHACHA. —Ville de Jtida^. (/o«i^,xv, ».) SAFED. — Safed est bâtie sur unensoiN tagne crayeuse très-élevée ; aussi l'aperçoit* on à merveille de Tabariehetde mus'lom encore. L'Ouad-el-Lamminr, sur le tttK oriental duquel se trouve Safed, n'est'pnh bablement pas autre chose que rOuadsel^Aa* moud, et comme, pour la consonnance, ces deux noms sont assez rapprochés, il n'en aura été gue plus facile pour les Arabes, qui voyaient le fût de colonne signalé par Robinson, d'opérer ce léger changement de
fi\F
DES ANTIQUITES BIBLIQUES.
SAl
L*Ouad-€t-Lainoun, que nous avons
i d'abord, en marcluint du sud au
, fait assez promptement un coude
brusque qui le rejette fortement à gau*
Iiuis ilîreprendunedirection sensiblement èle à celle de la première branche.
dans cette courbure qu'il est recoupé
rOuad-cl-Heqab, dont la direction est
du nord au sud. EnQn, avant d'arriver
Ted, on aperçoit et on laisse à droite le
;e d'Akbarah.
la maison où nous sommes logés,
voyons parfaitement devant nous ( à st) 1 Ouad*el-Lamoun, qui est extrême*
large et très-vert. De l'autre c6té de )uad sont des hauteurs au milieu deses se montrent, sur une ligne à peu parallèle à la direction de l'Ouad-el-Laa« et en commençant par la gauche l-à-dire par le sud), trois villages dont noms sont : SemmouAyeh, Yaroun et safeh. Ces mêmes villages ont été défs à Robinson sous les noms bien difi\s de Semû'y, Meirôn (144) et Salsa, uels sont les bons T Je n'en sais rien ; malheureusement oublié par qui ils it été dictés. Si c'est par notre moukre , ce qui est fort possible, comme il ipiait tous les noms, et même les mots de OQvcrsation courante, j'aimerais mieux i tenir aux noms rapportes par Robin- Si, au contraire, c'est par Mohammed par Mattéo, ce qui est beaucoup plus able, je maintiens les noms pour bons, este, ce qui me ferait croire que j'ai raid'y tenir, c'est que le nom Yaroun s'ace à merveille «vec le nom, Yeraoun, 9 ville de la tribu de Nephtbali citée dans é (xix, 38). Je dois dire que la carte de Dermann porte, vers le nord-ouest de 1, et un peu plus haut que la pointe sud Balir-el-HouIeh, une localité nommée un, suivie de la lettre R qui désigne les îs. Est-ce celle-ci qui est la véritable oun biblique? C'est possible. J'ignore, leureusemeot, où Zimmermann a trouvé
indication que la vue de tant d'autres jrs, qui sont loin de lui être imputables, tîod un peu suspecte.
Aucoup d'écrivains ont attribué à Safed antiquité que cette ville n'a très-probaleot pas; car il n'est question de son eau au'à partir des croisades. Robinson » qu il faut attribuer la fondation de ce eau au roi Foulques, c'est-à-dire la (aire Ukter jusque vers l'an 1140. En 1188, m après la ftineste bataille de Hattin, b-ed-Djrn vint en personne commencer iége de Safed. La forteresse résista cinq lines, et Unit par capituler. La garnison se retirer à Sour. fin 1220, le châteaufut démantelé par Tordre de d'Ei-MAIck^ ioAuem, soultnan de Damas. En^l240, rmltbaii kmayl, par un traité |»assé avec
14) Robiiiton (tome III, p. S55, note 5) donne iter (^tt*il n*est |ias Itien %ùr de la forme «le ce , Voici celle note : c This nanie (Meirôn) we I alto pronuunced Meiram. > Je dois dire que |iiet |»afttafes eiiraiit par Keland des livrei
DlCTIDSX. 0B8 AMlQUrrtfS BIBLIQUIS.
les Chrétiens, leur rendit Safed, Qalaat-ech- Chakif et Tibériaoe. Les Templiers se remirent aussitôt à l'œuvre, et reconstruisirent le château. En juin 1266, le soulthan Beïbars vint assiéger Siafed, dont la garnison dut capituler en juillet. Elle avait obtenu la vie sauve, et Beïbars eut l'infamie de faire massacrer de sang-froid les deux mille personnes qui étaient sorties de la place en se fiant à sa parole. Depuis lors, le château de Safed est resté au pouvoir des Musulmans. Dans le siècle dernier, le scheikh Dhaher en devint le possesseur, et y établit le siège de son autonté ; aussi son petit-fils, notre brave Mohammed, porte -t-il toujours le nom de Mohammed-es-Safedy. Il était écrit que les Chrétiens deviendraient un jour les maîtres de cette importante forteresse, et, en 1799, une garnison de quatre cents hommes fut placée à Safed, comme poste avancé de 1 armée française. Safed est le siège d'une synagogue et d'une école juives qui jouissent d'tme grande célébrité depuis plusieurs siècles.
Il semble, du reste, que cette ville soil depuis cent ans sous le coup de la malédiotiond'en haut. En 1759, un tremblement déterre la renversa de fond en comble, en détruisant la plus grande partie de sa population. Safed s était relevée de ses ruines, et avait reconduis une sorte de 'splendeur, lorsque, le l*' janvier 1837, un second tremblement de terre, plus épouvantable que le premier, fit do la malheureuse cité un monceau de ruines, suus lesquelles furent ensevelis plusieurs milliers d'habitants. Les Juifs seuls périrent au nombre de quatre à cinq mil.ia dans cette effroyable catastrophe. La perte des Chrétiens et des musulmans fut du tiers environ de ce nombre. On peut lire dans la note xui, anneiée au troisième volume du livre de Robinson, le tableau de l'aspect de désolation que présentèrent les restes de Safed au missionnaire américain Thomson qui arriva à Safed dix-huit jours après que la ruine da cette ville avait été consommée. Moins de deux ans après, les Juifs survivants et les nouveau-venus avaient, comme de patientes fourmis, reconstruit en partie leur asile de prédilection, et nous avons retrouvé Safckl mieux bâtie et plus jolie que jamais.
SiUNT-SEPULCRE. ( San authentieiié: $m description. ) -* Au moment de quitter Paris, je venais de recevoir d'Anc^eterre une belle publication, dans laquelle toute la tradition sur : le Saint-Sépulcre actuel était bouleversée. (An E$$ay on Iho iopography of Jerusaitm, bu Jornos FerffHiêon. F.R.A.S.f London, 1847.) M. Fergusson, auteur de ce travail, a inventé un système très-ingénieux pour établir que le Saint ^lépulcre n'est point où les Chrétiens le vénèrent depuis des siècles. Selon lui, « le véritable sépulcre du Christ est cette grotte placée sous tme
Talmiidiqucs mentionnent un lifo nommé Melroan (rrra) (Pal., p. 8t7, ad voeet Guteb-Khalab el ui&cala),ei qui le irouvaii Irèt-probablement prè« de Giicâla, aSn W des Rabbins, Ti^x^Xà de Jo* séptie, aujoanl'liui l^-Ujidi.
SAI
DiCTlONNAlRE
Ski
énorme roche qui s'élève de plusieurs pieds au milieu de la grande mosquée d'Omar.
Les mahométans, qui ont une grande vé« •nération pour Jésus de Nazareth, se sont l)ien gardés de laisser le tombeau d*un tel prophète à ta profanation des infidèles, et ont dû s*en emparer lors de la conquête de Jérusalem. Cette belle mosguée n'est autre chose que YAtuLstmiê^^ l'église de la Résurrection^ b&tie jpar sainte Hélène. La porte Dorée qui se voit encore 4tait l'entrée de la basilique constantinienne. Enfin les Chrétiens, ne possédant plus le véritable sépulcre, en composèrent un, au milieu des ténèbres du moyen âge, pour saiisiaire la piété des nombreux pèlerins qui venaient ne toutes les parties du monde à Jérusalem. »
Tel est le système du savant anglais. Il est développé avec tant d^babileté, il est corroboré de tant de preuves si justes en apparence et de coïncidences si singulières, qu'il est impossible, quand on le ht, de ne pas en Mre ébranlé, surtout quand on n'a pas étudié la question sur les lieux mêmes.
L'hypothèse de M. Fergusson avait vivement piqué ma curiosité, ie l'avoue.
Au premier coup d*œil, elle m'avait paru si séduisante, que je redoutais à l'avance l'épreuve «juc j'allais'subir, si l'étude attentive des lieux me forçait, en conscience, à la reconnaître pour vraie. C'eût été pour ma foi de Chrétien non pas un écueil , mais une souffrance anière, que de venir avouer aux hommes de la science qu'après un examen attentif des monuments de Jérusalem, j'étais forcé de reconnaître que le monde chrétien se trompait depuis des siècles en vénérant le tombeau du Sauveur dans l'église actuelle du Saint-Sépulere , pendant qu'il se trouverait possédé par les musulmans, au centre de la mosquée d*Omar, élevée sur l'emplacement du temple. Si telles eussent été toutefois mes convictions, je ne me fusse jamais décidé à les trahir, sachant è merveille que les destinées du christianisme ne sont point attachées à la tombe de son divin fondateur. Lors même qu'une confusion eût pu avoir lieu sur l'identité de ce tombeau, dans le long cours des siècles, et à travers les révolutions successives qui ont bouleversé cette contrée malheur reuse, l'hommage rendu par la piété ardente de tant de milliers de pèlerins ne serait pas moins agréable à Dieu dans un monument supposé que dans le monument véritable.
Je n'4ii point eu heureusement à faire cet acte de x^ourage, et il m'est doux de venir appuver de preuves sérieuses et tirées de l'étude spéciale du Saint-Sépulcre, la croyance générale qu'il est le véritable sépulcre où reposa pendant trois jours le corps du Sauveur, après sa mort douloureuse sur le Calvaire.
Je m'étais proposé, d'abord par principe de loyauté, de laisser M. Fergusson lui-môme exposer au lecteur son curieux mais étrange système contre l'identité du Saint-Sépulcre. Après le pénible travail d'une traduction, je nxQ suis convaincu que le public aurait en-
core plus d'ennui mie moi à lire ces longues pages, dans lesquelles sont étalées beaucoup d'assertions et fort peu de preuves. Je pré^ exposer moi-même l'idée de M. Fersussîm telle qu'elle avait pu un moment me séduire. Le savant anglais n'y perdra pas, et j'évileni au lecteur la pénible impression d'une êrgu* mcntation diffuse.
Pour prouver que le tombeau de Jésus- Christ, tel que le vénèrent les Chrétiens ds Jérusalem, n'est pas un tombeau fabriepié ai moven Age pour attirer les pèlerins, il deiait établir, d un côté, Timpossibilité que ce too» beau soit au lieu même que la tradition loî assigne, et montrer ce tombeau dans un aotis emplacement où la vénération musulmane Ii conserverait précieusement.
Les preuves de H. Fergusson sont de den sortes; les unes sont négatives, et elles Âi« blissent :
1^ Que le Calvaire ouOoIgotha étant, sek» lui, au nord du temple, et l'église actuelle do Saint-Sépulcre étant à l'occident, il faut ebo^ cher ailleurs la véritable situation du Saint- Sépulcre.
T Que les tours Hippicos, Hananed, Hàriamne et toutes les constructions murales du premier Hérode ayant renfermé dans il ville le terrain où nous plaçons aigourd'hoi le Saint-Sépulcre, ce lieu même ne peut pas être le Golgotha, qui, d'après le texte pm» de l'évangélisle, était hors de la ville.
Les autres preuves sont positives^ HIes tendent à montrer : 1* oue le Calvaire est aa* près de la mosquée d'Omar; 2* que eetts mosquée est « le temple d'une admirable grandeur » dont parlent Eusèbe etles^tiné* raires des premiers siècles, bÂti par ConsUotin sur le lieu de la résurrection. (Edsbb. YHê Consi,, m, xxiii ; lier HieroioLf éd. Wem* ii^g, pag* 592.)
Nous allons suivre H. Fergusson dans b développement de son système, et après avoir démontré la faiblesse et l'insuflSsance do preuves qu'il apporte pour le soutenir, nom établirons nous-mème l'identité du Seinl- Sépulcre sur des preuves autrement conviiacantes.
J'attache une grande importance k cette discussion. M. Fergusson, qui n'a jamais vi* site le Saint-Sépulcre, qui ne juge la valeur des monuments que par des dessins toujours trompeurs, n'est pas toutefois un adversain isolée ou un écrivain fantasque qui ait vouh faire queloue bruit en avançant un systène destiné à froisser les plus doux sentimeili des âmes chrétiennes; c'est un bummads sang-froid, qui fait de cette question une tffaire de lutte religieuse, et qui étale pour cela deux cents pages d'une immense énufition. Il n'est pas l'inventeur du système, nuts il le développe, et lui donne sa dermèis forme, r/cst donc toute une école d*écrivaios anglais plus ou moins savants qu'il fout vmr dans M. Fergusson. A ce titre, son tra^ mérite toute notre attention, et nous croyons rendre service à la cause religieuse, en réfti* tant une théorie extrêmement séduisante, qui jette au moins des doutes pénibles dans râmCi
SAI
DES ANTIQUITES DIDLIQUES.
SAI
gue l'esprit au moment même où le cœur re aux impressions d'une douce piété.
Golgotha, dit le savant anslais^ était au nord du temple; donc 1 église acdu Saint-Sépulcre, qui est à l'occident )nt Moria, n*a pas été élevée sur le Cal- Et voici les preuves :
ue témoignage de Josëphe est formel indiquer que le terrain au nord du e n'était pas occupé par des construc^ au temps du siège de la ville par les ins. Ce terrain était vide, hors des remle la cicé ; or la raison pour laquelle ce 1 était vide, c'est tout simplement que « le Golgotha, le grand cimetière des » (Pag. 78.) La chose se trouve indidans un passade du //* Litre dti Roù xxni, 6), où il est dit que Josias flt ir le bois sacré planté dans la maison igneur, It fit brûler dont la vallée de *fi, et en fit jeter les cendres sur les se's du vulgaire,
c le terrain placé au nord du temple n cimetière, et si c'était un cimetière, le Golgotha.
â monument du roi Alexandre, d'après le, était au nord de la tour Antoma et ^lerie septentrionale du temple. Or ce au devait être dans un cimetière : donc le Golgotha.
1 vue du voisinage du lieu du Jugement le que le Golgotha devait être au nord nple. Le gouverneur résidait dans la ntonia : c*est le lieu à Jérusalem où la de la Passion s'établit le mieux. Or»
l'exécution de la sentence, on n'avait uelques pas à faire pour sortir de la le la ville, « tandis que pour aller à ) actuelle, il aurait fallu traverser les d la ville. » (Pag. 79.) Donc encore le Golgotha.
thalie fut traînée hors du temple et mort, lorsqu'elle Ait arrivée à la porte levaux près de la maison du roi. (// . xxm, lit 15; Il l^ois, xi, 16.) Ce lieu n proche du temple. Or ce n'était pas lose fortuite, mais bien parce que le lieu des exécutions : donc c'était le ha.
Q passage de Jérémie (7^r/iii.,xxxi, 38, que Goatha était auprès de la porte evaux. Or Goatha, d'après KratTI, héit distingué, signifie eolline de la ce qui est mieux • de la mort violente, [Otha, comme on sait, signiQe le lieu ne; » il y a parfaite idenuté. Donc le ha se trouve placé près de la porte des IX ; la porte aes Chevaux est au nord, ) GoiKotha est au nord.
i est la première partie de l'argumendu savant anglais, quil appelle «la ! locale,» celle qui consiste dans la néde trouver un lieu qui soit parfaitel'accord avec les incidents mentionnés ( Nouveau Testament. (Pag. 77.) en reprenant ces preuves, il est aisé 'comoien peu elles ont de valeur.
i ce que le terrain au nord du temple ide, il est diflScile d'en conclure logi-
quement que c'était un cimetière. Dans une question aussi grave, nous voulons des preuves sérieuses, fortes, convaincantes. Au moins faut-il qu'elles n*établissent pas directement le contraire de ce qu'on cherche à prouver. Or le passage tiré du //* Livre des Rois, cité par M. Fergusson, dit formellement que les arbres du bois sacré furent portés dans la vallée duKédron, et jetés sur les sépulcres du vulgaire. En effet, les sépulcres du vulgaire, le grand cimetière des Juifs, était, comme il Test encore, dans la vallée du Kédron ; mais cette vallée, appefée aussi vallée de Josaphat, est bien nettement au vrai levant du temple. Et le levant n'étant pas le septentrion, M. Fergusson prouve contre lui-même que le terrain situe au nord du temple n'était pas, « quoique vide et hors des murailles de la ville, le cimetière des Juifs. »
2' Le tombeau du roi Alexandre était au nori du temple; cela est vrai. Il devait être dans le cimetière. C'est une erreur. Pour quicon-
Sfue a vu l'immense nécropole qui entoure érusalem, il est évident, et cela est confirmé par beaucoup de textes des Livres saints, que chaque famille un peu importante avait son tombeau, sa caverne sépulcrale dans le terrain, jardin ou villa, qu'elle possédait hors des murs. Le tombeau du roi Alexandre, pas plus que celui des rois, pas plus que ttelui d'Hélène et de tant d*autres, n'était pas dans le grand cimetière des Juifs, nettement indiqué par le texte que nous venons de lire dans la vallée du Kédron, destinée au vulgaire, selon ce même texte, par conséquent distinct des tombeaux des familles riches de Jérusalem.
3* Le lieu des exécutions eût été plus près du lieu du jugement, si on l'eût placé auprès delà tour Anlonia,où résidait le gouverneur. Je reconnais avec M. Fergusson qu'il n'y avait que quelques pas à faire pour sortir de la ville, cela prouve une seule cnose, que la olaee des exécutions n'est pas toujours placée auprès du palais de justice. Il fSiut plaindre un écrivain d'être obligé de recourir à de Jtemblables preuves. Ne sait- il pas que chez tous les peuples civilisés, l'instinct de l'humanité â fait toujours rejeter dans quel(]ue recoin obscur et solitaire le lieu inftme du supplice? Comment peut-il supposer que les Juifs eussent voulu souiller le voisinage du temple, ce Moria où résidait, dans le Saint des saints, la migesté divine, par la présence des cada* vresT C'est ignorer complètement les mœurs antiques, et particulièrement celles du peuple juif. D'ailleurs, M. Furgusson oublie que, dans le tracé des remparts de Jérusalem, à l'occident du temple, et en face du Golgotha, se voient encore les ruines d*une porté qu'une constante tradition a appelée la Porte Judiciaire. Selon les usages antiques, aux époques reculées qui précédèrent de beaucoup le temps où la puissance de vie et de mort fut enlevée aux Juifs, les anciens, les sénateurs s'asseyaient aux portes des villes
four y rendre leurs jugements. La porto udiciaire serait alors ceHe où les criminels étaient jugés, avant que les Romains exerça»»
DlCTiONMAmE
SAl
TU
sent la Justice dans le nrétoire, et selon Tidée de H. Fergusson, 11 n y avait pas de rues à traverser, et l'on se trouvait de suite au lieu de l'exécution.
Cette troisième preuve n'a pas plus de force que la deuxième. Elle ne valait môme pas la peine d'une réfutation.
4" Athalie fut mise à mort près de la porte des Chevaux : donc c'était la place des exécutions. La déduction n'est pas logique. Le but du grand prêtre, qui défendit qu'on l'immolât dans l'intérieur du temple, était d'empêcher que le lieu saint ne fut souillé
{>ar un cadavre. Pour quiconque sait 1 hisoire de Joas, il est évident qu'on avait hâte de se défaire de cette reine impie, et que
I)eu importait qu'elle fût mise & mort sur le ieu ordinaire des exécutions ou ailleurs. Mais ici M. Fergusson est encore malheureux dans ses citations. Le texte qu'il rapporte dit que la porte des Chevaux était près de la Maison du roi (ou à la Maison du roi). Ce n'est donc pas au nord du temple, dans ce lieu vide de maisons, qu'il faut placer la porte des Chevaux, puisque le texte y place la Maison du roi. 11 y a là une évidente contradiction.
5" Goatha était près de la porte des Chevaux. Goalha, c'est le Golgoiha; donc le Golgotha était au nord,où était la porte des Chevaux.
11 est uort douteux que le Goatha de Jérémie aoit le Golgotha. Mais il est matériellement faux que Jérémie ait dit que la porte des Chevaux fût placée au nord, comme il est faux qu'il ait placé Goatha prèsde cette porte. Le texte du prophète est assez intéressant pour être cité. Un jour viendra^ du le SeigneuTt où l'on bâtira la cité sainte^ depuis la tour Éananeel jusqu'à la porte de l'Angle^ et le tracé des murailles passera sur la colline de .Gareb, renfermera Koatha ou la vallée des C€Uiavres et de la cendre^ et tout U terrain où sont les morts^ jusqu'au torrent du fCédron et à l'angle de la porte orientale des Chevaux. (Jérém. xxxi, m. 39.) D'après ce texte, comment M. Fergusson a-t-il pu écrire ces lignes : « 11 parait tout à fait évident que la porte des Chevaux était au nord. » (Pag. Si.) Jérémie la place formellementau levant : la preuve se trouve donc sans valeur.
Que le lecteur juge maintenant les raisons € locales » sur lesquelles M. Fergusson établit que le Golgotha était au nord uu temple, et comment il a rempli les conditions qu'il s'est imposées lui-même, lorsqu'il a dit qu'il fallait trouver un lieu qui fût parfaitement d'accord avec les incidents marqués dans le Nouveau TestamenU 11 ne pouvaii rien dire sur ce sujet qui ébranlât bien fortement ce qu'il appelle lui-même la croyance générale à la tradition chrétienne, puisqu'il avoue que • les indications tirées du Nouveau Testament sont si faibles, si petites, que rien de t»ositif ne peut s'en conclure directement en faveur d'aucun système.» (Pag. 78.) C'est être de bonne composition.
Mon savant adversaire sera sans doute plus heureux dans sa seconde preuve,qu'il appelle
« historique, » c'est-à-dire» « Texaineo de l'évidence sur laquelle Constantin a pu affirmer sans erreur où fut le lieu du cmciQement, trois siècles après l'événement
Embarrassé dès le début de sa preuve, i déclare « qu'il n'est pas aisé de disposer la partie historique de l'argument, qui consiste à juger s'il a existé, depuis le tempi du crucinement jusqu*à celui de ConsUor tin, un corps de traditions capable d'établir exactement le lieu où le Christ fut cm» cilié, et le sépulcre où il fut déposé. • Pag. 81.) En effet, de crainte de mal réusâr. il commence par décliner la discuation dd autorités qui établissent la valeur de ces Inditions, et qu'il dit avoirété rapportées récemment et avec plus de soin parChAteaubriand dans le second mémoire joint à son Itinértùn. Cela est fort commode assurément. Mais dau une question aussi sérieuse, sur un sigë aussi grave, nous, lecteurs français, nom demanderions précisément cette discussioii. Elle ne serait pas de trop dans le beau folume de M. Fergusson. Pfe serait-ce pas m aveu de l'impossibilité où il se trouve d'en ébranler la puissance?
L'écrivain s'arrête à cette pensée : « Quoique les preuves (données par ChAteaubniuui] paraissent enchaînées, je ne pense pas mie personne soit tenu de les accepter si eues conduisent à une conséquence manifestemait absurde. » Il arrive alors à la partie esseotielle de l'argument que ChAteaubriand a négligé, dit-il, « c'est répoquedans laquelle oa Elace les circonstances de la découverte dn alvaire et du Saint-Sépulcre. •
Or, dit-il, au lieu de preuves historiques capables de gagner loute confiance pour éti' blir l'identité du Calvaire et du Saint;Sépalcre, on a recours è un moine qui invente une légende et vient déclarer qu'un ange M a apparu et lui a révélé le lait. H. Fer^isM s'incligne alors ; il n'a pas voulu discuter lei preuves de la tradition chrétienne, m^ 3 s'arme de toute son éloquence contre « dei miracles inventés par quelque vieille mondé, by any and every old bone. » (Pag. 8S.) A l'entendre, les nommes oui eurent œi pensées, « auraient dû être bafoués comme des idiots ou lapidés comme des imposteurs. » £usèbe pour lui est « le deroiir des historiens, s il n'est pas mieux de b placer au rang des premiers fabulistes. »
Je fais gr&ce au lecteur de ces dédaoations contre la superstition du moyen âge et les fourberies de l'Eglise romaine, qui peuvent être de bon goût en Angleterre, oais qui ne le sont plus chez nous, pour entrer moi-même dans ce point histonque de le question que M. Fergusson n'a fait qu'eobrouiller.
Tous les écrivains qui ont parlé de nS' vention de la vraie croix sous le Caliaîrei par conséquent de la connaissance posilive que dut avoir sainte Hélène du Saint-Sépulcre pour y bAtir une église, n'ont pas établi le fait sur des apparitions et des révélations miraculeuses.
Saint Paulin, évêque de Knle, sans ma