‹ Dictionnaire d'orfèvrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes. (3. Encycl. théol., tom.27)Chapitre 150 sur 181 · I., Chron · texte numérisé non relu

I., Chron

il Ambroise, dans l'Oraison funèbre de ose , raconte qu'après avoir trouvé les sroix, Hélène nésita, incerta Kœret ul

* : mais l'Esprit-Saint lui inspire un I infailliiile; elle regarde quelle est la qui a consrîrvé l'inscription : lesu$ Na- If rex ludœurum, et elle la découvre.

*,oUecta ett séries veritatis, titulo erux satutaris. Le grand homme n'attribue ouverte de la vraie croix qu'à la préde l'inscription qui l'accompagne.

à les autorités graves, sérieuses, que citer H. Fergusson. Nous ne donnons JI5 que lui de valeur aux légendes. Hais des légendes, que j'abandonne au légiourroux de son anglicanisme, il y a une e authentique qu'il faut chercher h ses Aes sources, tout en se servant d'une ritique pour écarter ce que la crédulité ithousiasme portent naturellement l'esi l'homme à y jeter de merveilleux. Saint , évéque de Jérusalem, dans son épttre pereur Constance, atteste la découverte !2ux saints comme un fait reconnu unalent de tout le monde, et il était évèque usalem lors du voyage d'Hélène et de struction des magniuqucs édifices que lé lui fil ériger sur tous les lieux mar- \èT les pas de l'Homme-Dieu.

ve la grande objection de H. Fergusson, Calvaire actuel se trouve au centre de lem ; il n'est donc pas le vrai Golgotha hors des remparts de la ville. Il faut

* que l'inspection des lieux, la vue seule carte de Jérusalem confirment au pre- ;oup d'œil le doute de M. Fergusson.

unes considérables de murailles antie trouvent dans la campagne, et suppoenceinte de la ville antique s'étenoant >up plus sur le plateau, vers le nord-

!i maintenant notre réponse, et nous lii

eroyons assez précise pour ou'elte ait la valeur d'une démonstration.

D'abord, dix à douze ans après Ji mort de Jésus -Christ, Hérode Agrippa fit entourer d'une enceinte le plateau nord -ouest de Jérusalem. En second lieu, après la dispersiqa des Juifs, lorsque la ville fut rebâtie par Adrien sous le nom d'ifilia, le nouveau mur s'étendit au delà du Calvaire. La présence de fonda* lions antiques vers le nord-ouest de la vill9 est donc une preuve sans valeur, puisqu'elles peuvent se rapporter aux différentes enceintes d'Agrippa , d'Adrien , même des rois latins d^ Jérusalem au temps des Croisades.

Mais ce qui est plus positif, au point de vue de la science , c'est qu'il est facile de retrouver encore des traces du mur de la Jérusalem évangélique, qui laissait le Golgotha près de deux cents mètres en dehors de là ville. Feu le docteur Schuitz, consul de Prusse à Jérusalem, a fait sur ce sijget d'intéressantes recherches, et je donnai moi-même un soin minutieux à rétude de ce tracé. « Tout me paraît prouver, dit-il» que la position actuelle de l'église du Saint-Sépulcre indique le lieu

Ïui s'appelait Golgotha. » (Jérusalem, von r Ernst Guslav Schulti, Berlin, 1845.)

Nous avons d'abord un texte de Josèphe^ qui dit que la seconde enceinte commençait à une porte de la vieille muraille, à la porte Gennatn, qu'elle tournait autour de la partie nord de la ville seulement, et s'étendait jusqu'à la tour Antonia. Or, on peut suivre encore avec le docteur Schuitz aes traces de ce mur et des portes qui donnaient de ce côté passage vers la campagne.

La plus célèbre de toutes est la porte Judiciaire. Une colonne antique est encore d»liout près de cette porte, et la tradition veul

3u*on attachât à cette colonne la sentence es criminels que l'on conduisait au Calvaire,, lieu des exécutions. Schuitz donne à l'existence de cette colonne une grande valeur. En. suivant la direction du mur supposé entre cette porte et l'aDcicnne cité, Schuitz mentionne trois colonnes mutilées qui sortent encore de terre. « Si nous passons derrière la colonne méridionale, dans les deux boutiques d'ouvriers les plus voisines, nous trouvons dans la première la partie inférieure d'un pilastre, et oans la seconde les restes d'unemuraille, débris d'une haute antiquité. Cesdébris isolés, correspondant parfaitement les uns avec les autres, amènent à conclure que là existait vraisemblablement un grand portail. »/6ic(., pag. 60.)

A peu de distance de ces précieux restes,indiqués par Schuitz, et que j'ai étudiés moi-même , j*ai découvert un mur antique que personne n'avait mentionné, encore. Il traverse les terrains vides qui ont appartenu à la maison des chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem. Sa direction est de Test à l'ouest. U vient joindre à angle droit le mur que Schulti a décrit tout à l'heure , de manière à laisseï complètement endehorsl'emplacementduCalvaire actuel . U est probable que, vers la rue du Patriarche, il s'inclinait au midi pour aliéna-

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DICTIONNâIHë

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joindre la vieille muraille sepientriooale de Sion.

Eufin Schultz décrit plusieurs autres vestiges de murs et de portes antiques dans la di-r rection qu'il a indiquée. ^ Si nous montons sur les ruinesderanoien hôpital deSaint-Jean, auxque'Ies est adossé vers l'ouest le bazar principal, nous y trouvons les restes bien conser« ves de la petite moitié d'un beau portail dont l'architecture pourrait convenablement appartenir au temps des Romains, antérieurement à la destruction de la ville au temps de Titus. » {ibid., pag. 6K ) Schultz a retrouvé les restes d une porte de la ville dans la ligne de la vieille muraille de Sion. U termine en disant : « Toute la suite des restes de vieilles constructions, dont j'ai parlé, pris dans leur ensemble, me donnent le droit de conclure que la partie occidentale de la seconde muraille avait la direction que nous avons précisément suivie. » (76id., pag. 62.)

Un fait acquis à la science par les travaux de Schultz etdejWiiliams, etpar ce que j'ai constaté moi-même, c'est que l'emplacement du GoU gotha se trouvait en dehors de la seconde enceinte, celle qui fermait la ville à l'occident au temps du Christ.

Dans le plan de Jérusalem que M. Fcrgusson a pubhé, il a placé les tours Hippicos, Hananeel, Hariamne, au nord-ouest du Saint- Sépulcre, pendant que nous avons dans Néhémie un texte positif qui place la tour Hananeel dans la vieille muraille septentrionale de Sion, qui est évidemment au midi du Saint- Sépulcre.

Il demeure démontré pour moi que cette partie de J'arçumentation de M. Fergusson, sur laquelle il a dû beaucoup compter, est absolument sans force. Il est facile ae composer un plan d'imagination. Mais dans la science sérieuse ou ne procède pas ainsi, et l'on ne bfttit de sy.stèmc qu'après les certitudes établies par les faits.

Les tours que U. Fergusson transporte à dessein sur son plan, au tracé du mur bâti par Agrippa après la port de Jésus-Christ, pour enfermer le plateau septentrional, sont placées par Schultz et Williams sur le vieux rempart d'époque salomonienne dont fait mention Néhémie; et d'après eux , la tour de David , qui subsiste encore, serait l'angle extrême de ce vieux rempart & l'occident de Sion.

Donc le uolgotha actuel n'était pas au temps du Christ dans l'intérieur de la seconde enceinte, mais en dehors, assez près toutefois pour que les habitants de la ville pussent voir des remparts l'inscription en gros caractère placée sur la croix clu Roi des Juife. {Joan. XIX, 20,) Il est inutile de traiter plus longuement ce point.

Voici maintenant la curieuse théorie de M, Fergusson : Le Calvaire est auprès de la mosquée d'Onxar, et cette mosquée est l'église chrétienne bâtie par Constantin.

En détruisant la croyance générale sur l'authenticité du Calvaire actuel, M. Fergusson établissait par là même qu'il fallait le chercher ailleurs, et h Taide de quelques textes, il en fixait la position au noni du

temple, ^lous avons vu combien ses preuves étaient faibles. Ce qui est intéressant a noter, c'est qu'il a été obligé de faire un ptai topographique de Jérusalem qui pût se plkr à sa théorie. Aussi ne tient-il aucun compii de ces notables parties de Tenceinte sakoos* nienne du temple qui existent encore stcc leurs assises gigantesques au nord-est, auprès de l'antique piscine Bethesda, et, avec un incroyable sang-froid, il dessine au n^ lieu du mont Moria un petit monticule lor lequel il a le courage d'écrire en grosses faltres : SION. C'est là qu'il place le Saint-Sépulcre. Contre la porte Dorée, le long dn rempart,, il met trois croix, et il £ût le 6ol*

Sotha de ce terrain, qui se trouve au dedans e l'enceinte sacrée. Pour que le montîede de Sion, où il veut que soit le sépulcre, soit au nord du temple, il place le temple antique, auquel il donne à peine le quart de surface du véritable emplacement encore parfaitement reconnaissable, à rextrénûlé sud-ouest de l'enceinte occupée aiqourdlioi par l'Aksa. La forteresse Antonîa, dont I reste encore deux bien remarquables ftia* ments, une tour en grosses assises, sous m minaret nord-ouest de la mosquée, et l'ait de l'EccB Homo, qui faisait partie de la Am^ teresse, est mise par M. Fergusson h l'ouest de l'enceinte. Et comme les contradictions ne le gênent pas, il n'oublie pas d'inifiqner 50US le nom de porte de Sion la porte qui conserve encore ce nom, et qui conduit de la Sion habitée par les Arméniens et par iei Juifs à la partie déserte et rejetée borsdei remparts. Telle est cette bizarre topoaradne que l'écrivain anglais n'a pas hésité de wn graver avec ce titre : Plan de Jérusalem^ jar Fergusson.

Etd*abordJe ne comprends pas pourqiMi M. Ferçusson veut absidument que la moitagne de Sion soit sous la mosquée d'Omar. Cest une hypothèse dont il ne retire aoeoi avantage pour établir son système. Ce a'ot qu'une impossibilité déplus

Abordons maintenant les preuves qaH donne. U les tire de deux sources : 1* de la présence d'un caveau sépulcral soos il roche de la mosquée ; 2* du style grec de ce même édifice. U y a là en efifet de singulières coïncidences. Pourquoi ce tombeau, û ce n'est pas le tombeau de Jésus - Christ T Pourquoi cette énorme pierre décorée avec tant de soin au milieu de l'immense rotoade» si ce n'est pas la pierre qui recouvre le si* pulcre? Pourquoi cette architecture grecque, si ce n'est pas l'église grecque bAtie par Constantin? Les mahométans, qui ont de la vénération pour Jésus-Christ comme prophète^ ont-ils pu laisser entre les mains des infl* dèles le tombeau de ce prophète, une fi» qu'ils ont été mattres de la ville sainte? Ib leur ont enlevé les tombeaux d'Abraham ^ des patriarches à Hébron, celui qu'ils attri* buent à David sur le mont Sion ; celui qu'ib attribuent aussi k Moïse, à Nabi-Mouça, daff lequel ils ne laissent pénétrer aucun Cnrétieo; pourquoi auraient-ils été moins ardents i ••s'emparer de celui de Jésus de Nazareth?

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DLS ANTIQUITES BIBLIQUES.

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ends hommage ici fc M. Fergusson de il y a d*ingénieux dans son système.

on ne le regarde qu'à la surface, il éduire un moment ; et je n'ai pas campression qu'ilavait faite sur moi avant m eusse fait, comme je me le proposuite, une longue et sérieuse étude.

»Teau sépulcral, tel que le donne une fique coupe de la mosquée d'Omar éepar Arundale, n'a nullement la fors monuments fUnèbres que nous trousans nombre autour de Jérusalem. Il s les deux chambres, l'une qui servait tibule où Ton n'enterrait jamais, et l'au-

se trouvaient les cellules sépulcrales, is savons par un passage formel de brille, oue tel était le tombeau de Christ. Dans la mosquée, le plafond roche brute elle-même avec desaspéotablement saillantes. Or, dans les milde tombeaux que l'on peut voir en Sj^^ en Palestine depuis Bâalbek et Damas h Jérusalem, nous ne connaissons pas il exemple de plafond qui n'ait pas *essé au ciseau. Puis le sarcophage que me ce caveau est orné d'une ogive triqui m'indique fortement la fin du xn*

ind on n'a pas vu Jérusalem, qu'on ne Dnatt que par les livres et les gravures, quelque cnose qui séduit dans celte bicoïncidence d'une magnifique mosquée mane ayant à son centre une roche I, un caveau sépulcral et un sarcophage, netemps qu*on sait que le Saint-Sépulcre irétiens ne présente à l'œil qu'une consm moderne, où rien ne ra|[pelle un au. La première pensée qui vient à t est celle-ci : les musulmans n'ont-ils > véritable sépulcre? Cette pensée avait B système de M. Fecgusson. « Du modit-il, que je vis le plan du Haram,j*ar- 1 la conclusion que la mosquée d'Omar ksa étaient des édifices chrétiens dont ihométans se sont emparés, comme ils it de Sainte-Sophie à Constantinople et es églises. •ITopographyof Jérusalem^ pag. 9.) M. Fergusson, en le suppoe bonne foi, n'a établi son système que îtte coïncidence, et il faut dire qu en i graves matières, dans une question itéresse à un si haul dearé le monde en, il y a plus que delà legèrt-té è viotoutes les traditions, toute Pbistoire, en ' d'une théorie qui ne repose sur aucune e.

is venons de voir qu'il est impossible art que le caveau de la mosquée ir soit l'antique chambre sépulcrale ^ par Joseph d'Arimathie. Cette imposi est tirée de l'étude des monuroenis "es des anciens, et particulièrement de le Jérusalem. M. Fergusson croit donle preuve sans réplique de l'identité de kfuée d'Omar avec VAnastasii de Cons- , en avançant que la mosquée d'Omar style grec, et nuHcment de style arabe, ci il se trompe complètement ; et voici ; est la source de son erreur : c'est- que

la pluf»art des édifiées- musulmans ont été construits par des architectes grecs qui ont beaucoup conservé de traditions antiquts. Ainsi, à ta mosquée d'Omar, l'ordre inféneur, c'est-è-dire les colonnes et l'entablement, sortt une imitation de l'art grec, imitation si parfaite qu'on serait tenté de croire que lés colonnes et les chapiteaux ont étéeoApiiuntés à d'anciens édifices, ce qui du reste est arrivé fréquemment dans les constructions religieuses de l'Orient, soit chrétiennes, soit musulmanes. Mais au-dessus de cet ordre inférieur commence un art de fantaisie, un art moderne dont il n^y a pas de vestiges dans les édifices du- temps de Constantin. Vne belle

Sravurequi sert de frontispice au livre de [. Fergusson présente un intérieur de la mosquée d'Omar^ dessiné par Catherwood.

Elle parait faite avee- une exactitude scrupuleuse. Ce précieux travail est un document que H. Fergusson ne récusera pas ; ainsi que moi, il ne connaît la Sakrah que par ce beau dessin. Or l'inspection du monument, d'après ce travail, conurme ce que je viens d'avancer. La colonne avec base, fût et chapiteau, esi coronlétementantique, peut-être, je le répète». déroDée à d'autres monuments d époque antérieure. C'est l'opinion de plusieurs savants voyageurs qui ont pénétré dans la mosquée. L'entablement continu qui fait la fonctioi) d'une poutre, et sur lequel s'élèvent lescintrès, est encore une imitation de l'antique ; mais il ftiut s'arrêter le. L'énorme tailloir qui est fiiit de la moitié inférieure d'un cube pyramidal, n'est pas assurément de l'époque de Constantin. Je l'ai trouvé occupant la même place dans les bazars de Damas, au vestibule de la grande mosquée.

L'entablement de la partie circulaire de la Sakrah est formé d'une série d'arceaux à dents de scie, supportés par des colonnettes en fuseau. Or cette forme est évidemment arabe ; tout le reste de l'édifice, chargé d'arabesques, indique nettement le même style. L'argument de M. Fergusson prouverait seulement, ou qu'il y a dans la Sakrabdes A^agmeni^^ d'architecture antique, ou que les architectes qui l'ont bâtie ont encore conservé dans quelques parties les traditions de l'art grec, il y a loin, on le voit, de ce fait isolé à celui que récrivain anglais avançait avec tant de hardiesse, que la Sakrah était de l'époque eonstantinienne.

La brillante hypothèse de M. Fergusson résiste peu à un examen sérieux. Et sans me perdre avec lui dans la discussion d'une longue série de textes qu'il cherche h expliquer en sa faveur, je m'en tiens à Tt^xamen t^éiitti des monuments. Or, de même qu'une étwio minutieuse de l'église du Saint-Sépulcre m'a fait retrouver des fragments des constructions successives qu'en v a élevées depuis sainte Hélène, de même rétude de la mosquéç d'Omar, soit de l'intérieur, à l'aide du aossin de Catherwood j soit de l'extérieur, que j'ai examiné de mes yeux avec le plus grand soin, m'a convaincu que la mosquée (fOniar était réellement une construction arabe de la tin du va* siècle. Et sur ce point Texauien ar*

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chécTiOgique est en accord parfait avec tous les historiens.

M. Fergusson, dans son plan, tire un parti très-avantageux de la porte Dorée; il en fait le vestibule de la basilique constantinienne. Ici il est encore contredit par Tétude du monument lui-même. Tous les voyageurs qui ont visité Jérusalem et qui ont écrit sur ses monuments, attribuent la porte Dorée au moins à Hérode. Quelques-uns même pensent qu*il faut la rapporter à une époque plus ancienne, et qu'elle fut rebâtie au retour de la captivité, après la destruclion du premier temple. Quoi qu'il en soit, M. Fergusson serait seul de son avis pour en placer Tâge au temps de Constantin.

Mais, dira M. Fergusson, si la roche de la Sakrah n'est pas le tombeau de Jésus-Christ, qu'est-ce donc que cette roche si bien conservée par les mahométansT qu'est-ce que ce tombeau placé au-dessous T

Il nous suffirait d'avoir établi, d'après les données de l'archéologie et de l'histoire, que cette roche et ce tombeau ne peuvent être le tombeau de Jésus-Christ, pour ne pas être obligés d'en savoir davantage sur ce point. Cependant il y a de curieux documents qui jettent quelque jour, au moins sur la destination de la fameuse roche.

Saint Jér6me, dans ses Commentaires sur Isaïe, nous apprend que la statue éguestre d'Adrien avait été placée sur le Saint des saints, c'est-à-dire le sanctuaire du temple de Salomon. Et le Pèlerin de Bordeaux nous dit que « près des statues élevées par Adrien était une roche creusée, que chaque année les Juifs viennent couvrir de parfums; et il ajoute qu'après s'être lamentés auprès d'elle avec des gémissements, et avoir déchiré leurs vêtements, ils se retirent. Est et non longe a êtatuis lapii pertusus ad quem veniunt Judœi iingulis anni$,.. Or, d'après le plan donné par M. Fergusson, la roche de la mosquée est percée d'un large trou circulaire qui a un mètre de diamètre. Cette roche creusée, mentionnée par ie pèlerin de i'époaue constantinienne, est évidemment la rocne de la mosquée sous laquelle M. Fergusson place le tombeau de Jésus^^rist. On comprend que les Juifs, auxquels, dit saint Jérôme, on ne permettait l'entrée à Jérusalem qu'à prix a'argent, vinssent sur l'emplacement même du temple se livrer aux gémissements et à la douleur.

M. Fer^sson, qu'aucune objection n'embarrasse jamais, parle bien du lapis pertt^ fU5, mais il traduit ce mot par le vieux mur de l'enceinte extérieure, ou se trouvent des ca/ités assez grandes, dit-il, pour que les bonnes femmes juives viennent y mettre la tête et pleurer. Nous serons plus précis que lui, et nous lui dirons que le lapis pertusus ne peut pas être la muraille extérieure, parce que le Pèlerin de Bordeaux en désigne particulièrement la place auprès du Saint des saints, qui était assurément dans l'enceinte. Il n'a pas remarqué que les Juifs ne se rendaient à la roche creusée au une fois chaque année, singulis annis, pendant que de temps

immémorial ils vont toutes les semaines pleurer Guprès de la muraille oceidentale dont leurs pèlerins font fréquemment mention^ et qu'ils appellent « l'une des sept choses remarquanles à Jérusalem^ » (Lé$ cheminé ds Jérusalem, par Ishak Kelo, en 1333. Itinéraires de la Terre-Sainte^ traduits de i'bébreu par £. Carmolt. Bruxelles, 1847.) Un auteur juif décrivant les deux coupoles qui sont dans la Maison sainte (le temple), «I que la plus grande est la coupole du parrii du temple. Ce lieu, dit-il, est ie Saint des saints. Au milieu on montre la pierre qui a servi de fondement au temple. (Jicmis-fiA- Abot, pag. 438. Itinéraires de Carmolt.)

Le lapis pertusus ne peut donc pas être la muraille occidentale, et s'il est évidemment la roche sur laquelle s'éleva plus tard la célèbre mosquée, G[ue répondre au Pèlerin de Bordeaux, qui, après avoir mentionné la statue d'Adrien placée sur le Saint des saints, et la roche percée où viennent se lamenter les Juifs, vient nous parler de l'église magnifique récemment élevée par Constantin sur le tombeau de Jésus-Christ T Evidemment cette église était ailleurs.

Williams {Holy city, t. Il, 340) rapporte une ancienne tradition parmi les Chrétiens à Jérusalem, qui regarde la pierre de la mosquée comme l'emulacement de Fautel d'airain du temple de âalomon. Je puis confirmer cette tradition en citant un monument semblable que j'ai vu au sommet du mont Garizim, auprès du temple des tribus d'Israél séparées de Juda. Chaque année les Samaritains de Naplouse vont immoler des victimes auprès de ce temple. L'autel , selon la loi mo< saïque, est la roche brute elle-même; c'est uo emplacement circulaire sur le rocher, â l'ex* trémité inférieure est un large trou par lequel le sang des victimes coule dans une caveroe profonde creusée'au-dessous. La roche célèbre de la mosquée est donc le lieu où s'immolaient les victimes dans le temple. Le larae trou servait à l'écoulement du sang, et la caverne dont M. Fergusson veut faire Te Saiol» Sépulcre était la fosse où le sang était reçu.

Quant au tombeau de style gothique ou arabe qui se trouve dans cette caverne, il n*]r a pas d'écrivain chrétien ou musulman qui en parie. Je conjecture que c'est celui de quelqu'un des grands mattres de l'ordre des templiers, oui possédaient la mosquée sous les rois chrétiens de Jérusalem. Je suis daih tant plus fondé à avancer cette opinion, que la porte intérieure par laquelle on y desceod, et qui se voit dans le dessin de M. FergussoD, j n'est nullement du style du reste du roonu- 1 ment. Elle rappelle, par les nervures de son ^ cintre aigu, un style ogival de la première époque, tel qu'il a été employé à la façade de l'église du Saint-Sépulcre.

Je ne pense pas qu'il y ait, dans les preuT&i apportées par M. Fergusson à l'appui de son système, de raisonnements un peu sérieux

!|ue je n'aie exposés avec une pleine bonne oi, et auxquels je n'aie victorieuseroeot répondu. Voici ce aue j'ajouterai.

L'identité du Saint-Sépulcre se tire |)Ouf

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