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DES ANTIQUITES BIBLIUl'ES.
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moi du site du monument, des flra^mcnls nombreux qui subsistent encore des diverses époques, depuis Constantin iusqu'aui temps les plus reculés; de la tradition écrite des GbfélieDS» des Juifs et des musulmans, constamment unanimes sur ce point. La topogra* phie, Tarcbéologie architectonique et Inistoire se réunissent pour donner à ce fait, non pas seulement une forte probabilité, mais la certitude la plus absolue que la raison humaine puisse atteindre sur les choses matérielles.
L'étude topographique de Jérusalem a é;é faite, dans ces derniers temps, avec le plus
Ïrand soin. Il y a très-peu cfe points, même 'une faible importance, sur lesquels tous les TOjjrageurs et tous les écrivains modernes ne soient pas d*accord. Mais ils sont tous d'ac- Qord sur le fait qui nous occupe, que le Golgotba ne peut pas se placer où l'indique M. Pergusson, dans l'enceinte du temple, ou, d'après son système, contre la galerie septentrionale de ce même temple. Lors même qu'il serait prouvé que l'église du Saint-St^pulcre n'est pas auprès du Golgotha antique, ce n'est pas assurément où M. Fergusson la place uu'il faudrait aller la chercher, mais bien dans les alentours du Saint-Sépulcre actuel, tant cette partie de Jérusalem répond parfaitement k l'idée qu'on se fait sur les lieux, que li, en eSet, dans cet angle écarté, hors des remparts de la ville, devait être le lieu des exécutions.
Si le Goatha de Jérémie est le Golgotha, comme le veut M. Fergusson, la description topographique que donne le prophète s'appbque clairement à la partie nord-ouest de raneienne Jésusalem. La preuve la plus simple qu'on puisse apporter contre M. Fergusson oe l'imposMilité de choisir un autre lieu pour y mettre la scène sanglante de la Passion, c'est que lui-même, pour soutenir sa théorie , a été obligé de commettre une grossière erreur, en rétrécissant l'enceinte du temple pour la reculer dans la plus petite partie du mont Moria , vers le midi , pendant
au'elle s'étend au nord jusqu'à la piscine ^thesda, de construction évidemment salomonienne, ainsi que l'angle nord du temple oui domine la vallée de Kédron et touche presque la porte Sitti<Mariam, par laquelle on va au mont Olivet.
Il serait fatigant de s'appesantir sur cette preuve, tant elle a d'évidence surtout pour ceux qui ont la connaissance des lieux.
. Je pourrais m'étcndrc avec plus d'intérêt pour le lecteur sur les notables fragments ci'architecturequ'une étude attentive montre à ''archéologue, dans l'église du Saint-Sépulcre. On sait qu'il arrive rarement que des monuments détruits le soient d'une manière si complète, qu'un œil exercé n'en rencontre pas auelques débris. C'est ce qui arrive à l'église u SamtSépulcro.
Nous avons vu que M. Fergusson place le transport du Saint-Sépulcre dans Téglise actuelle, au temps de Cliarlemagne; or, quoique cette église pour la plus grande partie ap|»artienne a l'époque des Croisades, et que
le style accuse le xn* siècle, cependant les croisés conservèrent de notables parties de l'église ancienne. C'est ainsi que j ai pu remarquer dans le mur circulaire de la mtonde qui rorme proprement l'église de la Résurrection, VAnaslasis, des rangs considérables de l'appareil primitif que j'ai comparés au travail architectonique de l'église constantinienne de Bethlehem. Cette rotonde ou éghss circulaireelle-même, si elle n'est pas dans la masse de ses mursdel'époque de Constantin, doit être rapportée au temps d*Héraclius, c'està-dire à la première moitié du vii* siècle, deux cents ans avant l'époque que M. Fergusson assigne à la fraude des Chrétiens.
Nous avons de plus dans l'église actuelle du Saint-Sépulcre une notable série de constructions de la même époque. Tels sont les sept arceaux de laVierge avec leurs colonnes, dont les bases, les chapiteaux accusent nettement le style de Justinien, tel qu'on peut l'étudier à Sainte-Sophie de Constantinople. Quand les Latins, à l'époque des Croisades, construisirent l'église ogivale qu'ils ont adossée à la grande coupole, ils respectèrent les sept arceaux de la Vierge, au risque de produire à l'œil un effet choquant par l'accouplement bizarre des vieilles colonnes grecques avec les piles du monument gothique. Toute celte partie de l'église avec la riche galerie qui est au-dessus, et qui appartient aux Latins, est évidemment de style grec, il en est de même des colonnes et d'une notable partie de l'église inférieure de l'Invention de la Croix. Les notions les plus vulgaires de Tarchéologie sufGsent pour assigner une date précise à ces constructions.
Nous avons donc dans ces nombreux fragments de l'architecture antique de l'église au Saint-Sépulcre des preuves matérielles d'une antériorité évidente de ce monuraort à l'épo-^
2ue que M. Fergusson assigne è la fraude des hréiiens, qu'il suppose avoir eu lieu au ix* siècle, à l'aide de 1 ignorance et de la barba^ rie du moyen âge.
La tradition constante des Chrétiens prouvel'identité du Saint-Sépulcre.
Au IV siècle, nous trouvons Eusèbe de Césarée, le Pèlerin de Bordeaux, saint Jérôme,, et saint Cyrille, évêquede Jérusalem. L'église du Saint-Sépulcre venait d'être construite récemment. Saint Cyrille nous apprend celte curieuse particularité, que, daiis les travaux somptueux qui furent rails pour décorer le sépulcre, on détruisit la première chambre sépulcrale que les Chrétiens ont rétablie plus tard, et qui s'appelle la chapelle de l'Ange, Le Pèlerin de Bordeaux a vu le Saint-Sépulcre,et en même temps la pierre sur laquelle s'élève maintenant la mosquée d'Omar, sur laquelle les Juifs allaient déposer des nar-* fums. Donc, au iv* siècle, celle pierre n'eiail pas sur le tombeau de Jésus-Christ. Donc le Saint-Sépulcre n'était pas dans l'enceinte du temple.
Au V siècle, Théodoret fait un pèlerinage aux Lieux saints, et retrouve encore les ruines du temple. Donc Constantin n'avait pas bêU le Saint-Sépulcre sur ces ruines
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DICTiONT^AIRE
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Au vr siècie, Antooin de Plaisance parle des ruines du temple, et le Saint-Sépulcre se trou- Tait orné de pierreries, de couronnes d'or, d'une infinité de joyaux de grand prix. Le temple et le Saint-Sépulcre sont donc encore bien distincts.
Au vu* siècle, saint Arculfe décrit les Lieux saints avec une grande exactitude par la plume d'Adamnanus. Il donne le plan de l'é-
Slise ronde du Saint-Sépulcre, plan grossier, ans lequel les distances ne sont pas gardées exactement, mais qu'il serait matériellement impossible de faire coïncider avec la mosquée octogone d'Omar.
Au viir siècle nous avons saint Guillebaud;
Au IX' sièc]e,le moine Bernard ;
Enfin, au xi* siècle, les Croisades et les innombrables récits des voyageurs et des pèlerins, récits qui, de siècle en siècle, se continuent jusquà nous.
Or, dans les descriptions de tous ces écrivains, apparaissent des caractères si frappants d'identité du Saint-Sépulcre, qu'il semblerait qu'ils se copient les uns les autn'.s. S'il y a
auelques différences, elles tombent sur des étails observés avec moins de soin.
Voilà une masse de témoignages que M.
Pergusson essaye en vain d'expliquer en faveur de son système, et qui, établissant à la fois et l'état de splendeur du Saint-Sépulcre, avec son église « d'admirable grandeur,» et les ruines du temple qui apparaissent encore au vn* siècle, sont une preuve irrécusable de la simultanéité du Saint-Sépulcre, bftti sur le Oolgotha actuel, et des ruines du temple, où Omar jeta les fondements de sa mosquée.
La tradition des musulmans n'a pas moins de poids en faveur du Saint-Sépulcre. Ils sont bons juges dans cette question, car reconnaissant Jésus de Nazareth comme un projphète, s'ils se fussent emparés de l'église de Constantin pour la changer en mosquée et y vénérer Jésus, ils ne manaueraient pas de le direct de reprocher aux Cn rétiens leur odieuse superchene. Or ont-ils jamais tenu ce langage T N*ont-ils pas écrit que c'était le kalife Abd-el-Mélik qui avait achevé la construction magnifique, commencée par Omar, sur laSakrahT
Reste l'opinion des Juifs qui n'ont jamais quitté Jérusalem et la Palestine, attachés à ces ruines saintes oui leur rappellent tant de grandeur passée. Ils connaissent parfaitement le temple ; ils viennent pleurer auprès des débris qui en subsistent encore. Disent-ils que Constantin ait jamais élevé une église au centre de l'enceinte du temple ? Ne distinguentils pas le Sépulcre de Jésus du temple bâti parles musulmans?
« Hélas 1 à cause de nos péchés, dit un des Itinéraires des Juifs, là où était jadis le tenij)le sacré est aijgourd'hui un temple profane construit par le roi des Ismaélites (Arabes). » (Les Chemins de Jérusalem^ Carmoly, pag. 236.)
Benjamin de Tudèlc est pius explicite encore :
« Il y a une église, appelée le Temple du Seigneur, placée dans le m^mf endroit que
Tancien Sanctuaire. Ce temple est une trèsbelle et très-grande voûte, construite par Omar. U est à présent très-fréquenté par les Chrétiens, qui n'y ont aucune image ou tableaux, mais qui n y viennent que pour y foire leur prière. » (Cabmolt, Itinéraire, pag. 387.)
Et auparavant ( pag. 37) il avait dit : « Ce qu'il y a de plus à Jérusalem est un trèsgrand temple nommé la Sépulture (le Séoulcre), du lieu de la sépulture de Jésus de nazareth.»
J'ai hâte de clore cette discussion avec le savantanglais. Elle a son importance religieuse et historique ; à ce double point de vue, elle mérite toute l'attentitin de la science. Je crois avoir jeté quelque jour sur la question. Taî cherché à le faire avec une modération dont mon adversaire ne m'avait pas donné Pexem* pie : c'est que la vérité se contente de ses propres forces, sans emprunter celles de la personnalité et du mépris. Quelles que soient tes ténèbres du moyen âge, s'il faut gémir sur les malheurs de l'humanité dominée parla barbarie, il y aurait quelque justice à reconnaître l'effort admirable de l'ÎBpHse pour arracher le monde qu'elle conduisait, et s'arracher elle-même à l'ignorance qui l'enveloppait de toutes parts. Evidemment M. Pergusson n'a eu recours à ces déclamations contre les moines et le moyen âge, que pourfendre plausible son système de la fraude pieuse des chrétiens de Jérusalem, se fabriquant un nouveau sépulcre pour remplacer celui que leur enlevaient les mahométans.
Après mes recherches sur la Jérusaleat antique, auxquelles j'attachais une grandi importance, puisque de ces recherches devaient dépendre mes convictions sur Tauthenticité du Saint-Sépulcr« , j'entrepris l'étude de ce monument lui-même, le plus auguste que la foi du chrétien puisse vénères dans le monde.
L'éelise du Saint-Sépulcre est beaucoup plus basse que les terrains qui l'avoisinent^ il faut descendre de tous côtés pour y arrive:. Cette disposition du terrain s'expliaue par une comparaison avec beaucoup de sites analogues qu'on trouve dans les environs da la ville.
Il est probable que le jardin de Joseph d'Arimatnie, dont une partie se voyait encore du temps do saint Cyrille, évêgue de Jérusalem, était le fond d'une ancienne carrière exploitée. Le côté oriental du côté de la ville était un rocher où avaient lieu les exécutions, appelé Golgotha, lieu du Crâne, ou Calvaire. Le terrain au-dessous était le jardin, et le rocher opposé renfermait dans ses flancs deux monuments funèbres, celui de la famille de Joseph d'Arimatbie, et celui qu'il s'était fait creuser pour lui-même.
Si l'on veut se placer sous les yeux le plan de l'Eglise (voy. le plan, pag. suiv.), on comprendra facilement cette disposition.
Le petit bâtiment, à peu près carré R S,
2ui est à droite de la porte d'entrée, est le alvaire, dont le bas est au niveau du reste de l'église. Mais le rocher derrière le pœct*
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£ s*élève ae cina mètres, et porte Tétage CC DD placé à côté dans le plan.
C'est là l'église du Calvaire. Elle est d'une très-haute antiquité, à en juger par son architecture qui n'a presque pas subi de changements, si ce n'est dan» la décoration. Ble était autrefois couverte de mosaïques, parmi lesquelles on lisait des inscriptions grecques et latines, symbole de lunion des deux Églises d'Orient el d'Occident, qui nous ont été en grande partie conservées parQuaresmius. 0 ne subsiste plus de toutes ces mosaïques ou'un portrait en pied du Sauveur, à la voûte DD du Calvaire. Cette mosaïaue est infiniment précieuse par l'antiquité ae son travail, qui porte un cachet singulier de rudesse. La tôte du Christ n'est pas entourée du nimbe qui lui est toujours donné dans les mosaïques du moyen Age ; sa figure est austère, ses vêtements sont simples, ses pieds sont nus. Nous savon^, par Quaresmius, que cette mosaïque représentait Tascension. Le Sauveur était entouré de quatre anges et de ses disciples. On lisait au-dessous de la mosaïque l'inscription latine : Vmi gaulai, quid Asncrris m ccKLUM {Act. I, 11], etc., en une seule ligne qui traversait la voûte du nord au midi. Le Sauveur seul est resté, dernier souvenir de ces travaux d'une haute antinuité, qu'on ne saurait trop recommander à la conservation des Pères de Terre-Sainte, possesseurs de cette partie du Calvaire.
Nous allons revenir sur les détails de cet auguste sanctuaire ; mais donnons auparavant une idée générale du reste de l'édifice.
Sous un arceau Y se trouve le divan des Turcs qui ont les clefs do l'église. Au point X est la pierre de l'Onction. Toute cette partie est le vestibule de l'église. Elle est commune à toutes les communions chrétiennes.
£n suivant sur la gauche ce vestibule, qui a été restauré parles Grecs après l'inceDuie de 1808, vous arrivez sous une vaste coupole A, au centre de laquelle est le Saint-Sépulcre, que nous allons décrire en particulier. La coupole est ouverte par le haut, sans être fermée par aucun vitrage. Qtiand il pleut, on place de grandes toiles qui reçoivent l'eau et protègent le précieux monument. Derrière le Saint- Sépulcre est une petite chapelle B fort pauvre, qui appartient aux Coptes. Leur habitalion est au point C. Remarquez les lourds piliers oui servent de soutien au dûme. Ils portent (lesarcades au-dessus desquelles est un second rang d'arcades, éclairant une immense galerie circulaire, possédée au midi par les Arméniens, au nord par les Latins. Labsidiole D est aux Syriens; leur autel est foil pauvre. Le tombeau antique E, dont nous parlerons en déiail, parce qu'il est capital pour constater l'authenticité du Saint-Sépulcre, est celui de Joseph d'Arimathie, et les Syriens y entretiennent une lampe. 11 est absolument nu. Si vous avancez au nord vers le f oint G, vous passez dans le lieu où Jésus apptTit à Madeleine. Il appartient aux Latins; Leur orgue est là adosse au mur du couchant.
En face la chapelle H est celle où les Latins ont leur chœur et célèbrent l'office. C'est là que Jésus apparut à sa sainte Mère. A votre droite est leur sacristie* et au point T, le petit couvent où logent les fibres qui viennent, à tour de rOle, se renfenner dans l'église pour en faire le .service jour et nuit. Un long corridor 11 est appelé les Arceaux de la Vierge. C'est une partie très-ancienne de l'église que les Croisés respectèrent îorsau'ils construisirent la partie ogivo-romane de l'édifice. Ce corridor se termine parla prison de Jésus-Christ J.
En revenant sous la grande coupole» et en laissant deriière soi le Sûnt-Sépulcre, vous avez un grand arceau F, qui sépare la grande coupole dont nous avons parié d'une coiipole K die moindre dimenfion, bfltie par les Croisés. Sous cet arceau, appelé TArceau impérial, les Latins avaient autrefois un autel; maintenant l'espace est libre ; mais il appartient aux Latins, et c'est là qu'ils se placent chaque fois qu'ils célèbrent soleBDeilement au Saint-Sépulcre. Après avoir firanchi la petite coupole qui recouvre le chœur des Grecs, vous voyez leur autel au sanctuaire terminé circulairement par des piles carrées, Autrefois d'élégantes colonnes soutenaient cette abside circulaire; mais, comme cette partie de Téditlce menaçait ruine, les Grecs, auxquels elle appartient, l'ont réparée fort solidement, mais d'une manière lourde et sansgoûl. Toutela partie qui entoure ce chœur et ce sanctuaire, soit du côté II qui forme les Arceaux de la Vierge, soit derrière les piliers carrés de l'abside, soit entre le chœur des Grecs et le Calvaire» est commune k tous les (Chrétiens.
Il ne nous reste plus à mentionoap dam cette église que les absidioles LN qui sontam Abyssiniens, l'absidiole centrale 1( qui est aux Arméniens.
Telle est l'église du Saint-Sépulcre, à laquelle, on le voit, est adossée l'église du Calvaire, qui y adhère comme une cnapelle latérale.
Avec le plan et cette explication, il estinh
{)0ssible de ne pas en saisir la distribution el 'ensemble. D'ailleurs, quelques détails qua levais donner vont rendre cette église fcmi» lière au lecteur, comme s'il lui ^tait donné ^ la visiter lui-même.
A l'extrémité de l'abside orientale, entrf les deux absidioles MN , est un escalier d'un nombre considérable de degrés, qui conduit dans l'église souterraine, appelée chapelle de Sainte-Hélène 00, de laquelle on descend encore par plusieurs marches dans une grotte nue qui fut une ancienne citerne, où se trouva la vraie croix. L'autel et la chapelle P appartiennent aux Latins. La chapelle Q est aux Grecs.
J'ai voulu donner cett^ explication d'ensemble pour qu'on sache d'abord le monument en général, ou plutôt l'assemblage de trois monuments : la ^ande église proprement dite, à laquelle tient au midi la petits chapelle du Calvaire, et à l'orient l'église basse de Sainte-Hélène.
Je vais reprendre maintenant dans le même ordre chaque sanctuaire en pailiculier,
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DES ANTIQUITLS BIBLIQUES.
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indiquer l'époque certaine ou présumée de M construction, les autels qui s'y trouvent, et les souvenirs pieux qui s'y rattachent.
I. Le CiLVAiRE. Il était d'une çrande importance pour mes études que je m'assurasse de Teiistence de la roche du Calvaire. Des pierres pouvaient avoir été apportées dans l'église, arin de simuler un rocher. Je ne négligeai donc rien pour éclaircir ce Ciit.
Or, entre les points marqués sur le plan e U N , je vérifiai le massif du Calvaire , qui s'élève de cinq mètres au-dessus du niveau de l'église du Saint-Sépulcre. Dans l'abside e delà chapelle d*Adam, le rocher est visible dans une petite niche où brûle constamment une lampe. Toutes les bases de la chapelle N ne sont pas des blocs de pierre , mais le rocher naturel , et ce fut là qu'avec un instrument je parvins à détacher des parcelles du rocher du Calvaire comme souvenir de mon pèlerinage. La lettre U sur le plan indique le petit couvent des Grecs derrière le Calvaire ; 11 est bftti sur la roche même, et une citerne, dont les eaux sont abondantes, est creusée dans le roc vif. Les architectes de Téglise du Calvaire n'ont pensé
3u'à faire un édifice. Ces pieux barbares ont écoupé le rocher autant qu'ils ont pu, pour ne laisser subsister aue le sommet, où se trouvent la cavité de la croix et la déchirure du rocher. Ils ignoraient que la science un
I'our serait obligée de venir au secours de la bi, et que devant les doutes de l'homme nous aurions besoin , comme le Christ devant saint Thomas , de dire au monde : Mettez votre main dans la fente du Calvaire , touchez vous-même le rocher, assurezrvous que ce n'est pas un Golgotha factice.
J'eus donc la démonstration positive de l'existence d*une masse de rocher naturel sur une assez grande étendue , mais malheureusement réduit, à son point culminant » à une surbce qui n'a que trois mètres soixante centimètres dans sa longueur, et trois mètres seulement en largeur. Je confirmai du reste cette étude en comparant la nature du rocker du Calvaire avec celle du rocher du tombeau de Joseph d'Arimathie placé au point E , à l'ouest de la grande coupole , lequel est creusé dans le roc vif.
Voici maintenant la distribution de l'é- (^is6 du Calvaire. Le rez-de-chaussée est au niveau du bas-côté de l'église YX, qui sert
(145) Qoaresmias niNit a conservé de précloux dfiailtsur ces tombeani , qaoiqii'il ait négligé (l*en iléf rire la forme.
Voki répiiaplie de Godcfroj de Bouilloii :
■IC lACET : lïSCLITVI : HVI CODCmiDVft l»k BVLLa*« QUI 10TAIII IST4M : TBAftAUl
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Les CreeB véoéraienl an Bucre tooibeao ^«i io«*
de vestibule. Il se divise en deux parties. La première R est la chapelle d'Adam. Une antique tradition suppose que la tète d'Adam avait été conservée dans une grotte sous la masse du Calvaire. Les Pères n'ont pas dédaigné cette tradition , qui plaçait ainsi les prémices de la vie glorieuse et impérissable au lieu même où reposait le chef du premier homme qui avait porlé le péché dans le monde. Le sang coulant de la croix serAit tombé par la fissure du rocher entr'ouvert , aurait touché la tète d'Adam , et parmi ces morts ressuscites que l'on vit h Jérusalem le jour du sacrifice de l'Homme-Dieu, Adam se serait trouvé comme témoin de la seconde création par la souffrance. Tertullien, saint Cyprien , saint Ambroise ont dit des choses élevées sur cette croyance , qui était encore vivace au temps des Croisades, selon Guil** laume de Tyr.
Malheureusement la grotte sépulcrale du premier Adam n'a pas plus été respectée que celle de l'Adam réparateur. Vous vous trouvez dans une chapelle voOtée qui ne rappelle en rien un tombeau, et ce n'est que derrière l'autel, à l'abside au point e, que tous apercevez un peu le rocher. Là vous êtes en effet au-dessous de la cavité où fut dressée la croix.
Avant la restauration du monument par les Grecs, deux tombeaux gothiques étaient placés h droite et à gauche de la porte d'entrée de la chapelle d'Adam. Le tombeau de Godefroy était à droite, celui de Baudouin à gauche. Ces tombeaux des rois latins de Jérusalem étaient faits d un sarcophage recouvert d'une dalle à toit aigu , sur laquelle était une inscription funéraire , et le sarcophage était supporté par quatre petites colonnes très-basses. Les Grecs, dans leur haine pour les Latins, ont absolument fait disparaître ces tombeaux. Il n'en reste pas le moindre vestige; malgré des recherches minutieuses dans les cours , les coins et recoins des divers monastères qui entourent l'église du Saint-Sépulcre , il m'a été impossible de riAi retrouver de ces tombeaux si précieux pour nous. Les Grecs eux-mêmes ont perdu le souvenir de l'emploi qu'on a fait de ces sarcophages. Je conjecture qu'ils ont été employés comme matériaux dans les diverses constructions de Téglise restaurée (145).
A côté de la chapelle d'Adam est une péchait celui de Baudouin, «^t qu* ils crovaienl ec'ol de llelchi^deck, roi de Salem. C> toiDueBu a disparu comme lea autres.
Quatre attires tombes de la même forme que celle du tombeau de Godefroy de Bouillon étaienl ados- $éth ao mur qui sëpare le cbœur des Grecs da la pierre de rOneiioo X. Une de ces tomlN^ était celle du septième roi de Jérusalem, Baudooin» cinquième du *iom, qni mourut enfant.
sEPTin* : i?i TvavLO pver : isto rci TTmvLAT* :
BST BALOCVI!ll * : EEC^M : DB SANGTINK RAT' :
(rVEM TVLIT : E U1C?ID0 : SORS : PRISE C0!IDITl09tS ;
ITT PARAdySIACE LOCA : POSSIDCAT KECIOXIS.
Nous vivons ii une singulière é|»oque. Je ▼!« I Jc*msalem le consul de Belgique qui, au nom de sciu
MCTIUII2lAlil£
tite saerislte S , au fond de laquelle est un magittin Toûté. La construction de cette partie inférieure du Calvaire remonte trèsprobablement au vn* siècle.
Maintenant voyons le haut du Calvaire qui forme Téglise supérieure CC DD. L*escalier par lequel on y monte aujourd'hui est moderne. L'ancien escalier était dans le bascôté, entre le sanctuaire actuel des Grecs K et la chapelle R.
La chapelle haute du Calvaire a été restaurée parles Grecs; les peintures en sont très-médiocres. Cependant le caractère reli-
Sîeux de ce précieux monument n*est pas énaturé. Un pilier central supporte quatre voûtes à arêtes qui, prises en longueur, couvrent deux chapelles. Celle de droite DD appartient aux Latins. La belle mosaïaue représentant le Sauveur, dont j'ai déjà rait mention, est à la voftte de cette chapelle, édifiée sur le lieu même où se fit le crucifiement. L'autre chapelle est aux Grecs. Le fond est exhaussé au-dessus du pavé par la hauteur du rocher. Malheureusement tout ce sommet du Golgotha, qu'il faudrait mettre à nu pour que le Chrétien pût coller ses lèvres sur la pierre à jamais consacrée qui fut teinte du sanx du Sauveur, est recouvert de fort belles aalles de marbre qui le cachent complètement.
Là se trouvait la cavité où la croix -foi plantée. Elle était recouverte d'une plaque d'argent ciselée avec des bas-reliefs, dont le curieux dessin nous a été conservé par Quaresmius (146). C'était l'œuvre d'un moine grec du xvi* siècle. Le travail est ingénieusement conçu. Au temps de Quaresmius, on disait la Messe sur deux petits autels placés à droite et à gauche du rocher où la victime sainte s'immola elle-même pour le salut du monde. On n'osa jamais y placer d'autel, et ce sentiment de pieuse terreur s'était transmis jusqu'à notre siècle. Les Grecs n'ont pas voulu perpétuer cette délicate réserve, et ils ont place un autel de marbre, du reste assez élégant, m lieu même où la croix fut dressée (147).
Hais cequ'onne peut pardonner aux Grecs,
gouventcmenl, attachait an granJ prix à recoiihUnikt le tfimbeao perdu de Godefroy de Bouilloo. Vous élèverez un sépulcre vide sur lequel vous graveres Tinscription tant hkn que mal conservée par Quaresini un ; quelle gloire! Il était réservé k notre siècle restaurateur de faire de faux monuments, cumme on Taisait à Padoue des niMailles fausses.
(140) C*estun disque, évidé au centre, et divisé en six compartiments : le cruciAeroent, la descente de croix, la résurrection, les saintes femmes au tombeau, occupent quatre de ces compartimenta Les deux autres sont garnis de gracieuses arabesques, parmi lesquelles on remarque des glands et des raisins. Les légendes sont en grec. L*artistc a mis son nom et le millésime 1560.
(147) c Sunt ibi duo parva altaria, alteruin a dextris, alterum a sinisirissacrs rupis et altaris Domini,in q^uibus sacerdotns Graeci célébrant, nunquam tamen m altero loco ubi sumnius Saccrdos se<iKl seipsum obiulit immaculatum Deo vivcnii. » {Klucid. Terr. Sauet., Il, pag. 457.)
c*est d*avoir brisé le rocher Itii-méme du Calvaire sur un espace assez considérable.
Jour établir cet autel (148). On m'a raconté Jérusalem que les Grecs, voulant envoyer au patriarche de Constantinople une relique d'un prix inestimable, conçurent le malheureux projet de couper la pierre où la croii avait été dressée. La pierre enlevée fut coofiée h un navire qui partait de Jaffa pour Constantinople, lequel fit naufrage en chemin.
A un mètre quarante et un centimètres de la cavité de la croix, est la déchirure du rocher, qui eut lieu à la mort du Saureur, lors du tremblement de terre (149), le plus grand, selon Pline, dont on ait souvenir de mémoire d*homme.
Cette déchirure du rocher du Calvaire, que j*étudiai avec le plus grand soin, est verticale. Elle forme une ligne ondulée dans la direction de Test à l'ouest. Ce qu'on peut en apercevoir en longueiu* a environ un mètre soixante centimètres. La plus grande largeur est de vingt-cinq centimètres (150).
Il y a une preuve matérielle mie cette déd»* rure n'est pas une veine naturelle entre deox couches parallèles de rocher: c'est que, adon la loi des corps divisés violemment dans la direction verticale, la largeur de la fente ra en diminuant depuis le haut jusqu'en bas. S'il était possible de rapprocher les deux parties séparées du rocher, elles se rejoindraient parfaitement, les angles saillants allant correspondre aux angles rentrants. Une petite grille en bronze doré, qui se soulève à volonté, laisse examiner et toucher la roche sainte. Elle est de la même natmre que cdie que j'avais déjà étudiée dans le bas du Calvaire, et que nous allons trouver au tombeau de Joseph d'Ârimathie : c'est un calcaire compacte, d'une teinte jaune, tacheté de plaques légèrement rosées.
De précieuses mosaïques ornaient autreflrif le chevet et les voûtes de la chapelle du Calvaire. Le crucifiement occupait le fond. On jr voyait des prophètes de la loi antique, parnn lesquels Isaïe, Habacuc, Amos, David et Silomon; le Sauveur lui-même, ayant y sa
(f i8) Le P. Manuel Garcia, dans ses Dtrukùi Ugatei^ a raison de reprocher aux Grecs d'avoir saai motif enlevé cette rocbe précieuse, t Je ne troo^ pas de parole, dit le moin^ acrimonieux, pour raconter les abominations et les horreurs conmius par les Grecs, à Tinstigation du démon, pour ellaerr le souvenir du lieu où iésui-Cbrist expira sur U croix. > Il raconte que cet enlévemeut sacrilège evt lieu un matin avant le jour. Lt; frère sacristain des Latins, homme robuste et à la forcede Tàee, n'ayant que quarante ans, étant venu pour allumer les lampes sur la sainte montagne, à la vue de cette profanation, fut saisi d*une telle indignation, qaH tomba en syncope. Transporté à rinOrmerie, il mourut dans ta journée de regret et de douleur.
(U9) c Maximus lerrae mcmoria mortalium exsii* tit motus Tiberii Cssaris principatn, duodecim urbibus Asis una nocte prostratis. t (Plir., lib. ii, cap. 84.)
(150) Saint Cyrille de Jérusalem dit, UKca. xni : 4 Hacienus Golgotha monstrat, ubî propier Chri* sutm petr« scissse sunt. t
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DES ANT;QU1TCS BlOLIQl es.
droite sa trè8-8aio\e Hère, et Jean-Baptiste, son précurseur. Sur l'une des arcades était sainte Bélène, la fondatrice des Lieux saints, ayant la couronne impériale sur la tète, tenant d*une main le globe surmonté d'une croix rouge avec cette inscription : Hblbna regina, et 06 l'autre main une grande croix de Lorraine (c'estrà-dire à deux traverses). En face de sainte Hélène était l'empereur Héraclius, nimbé comme un saint, tenant également la eroix et le globe avec cette inscription : Eea-
CUVS IMPERATOR.
Mous avons vu qu'il ne subsiste plus qu'un seul fragment de ces intéressantes mosaïques.
Maintenant, si nous descendons du Calvaire, Dous nous trouvons devant la pierre de TOnctionX.
Ce fut sur elle que Joseph d'Arimathie et Nicodème» disciples du Sauveur, déposèrent lecorps après qu'il fut descendu de la croix,
Kur l'embaumer à la manière des Juifs. La dition des Chrétiens de Jérusalem rapporte .4ue cette pierre n*estpas distincte du rocher; qu'elle tient par conséquent au massif du calcaire. En 1555, le P. Boniface de Raçuse, gardien du mont Sion, la Gt couvrir d*un beau marbre rouge au'il échangea avec les Jaco- . Utes pour un pluvial. Avant cette époque, elle était recouverte d'une élégante mosaïque. Cette pierre est d'une teinte verdàtre (151).
En 1588, Ferdinand de Médicis, grand duc . de Toscane» envoya à Jérusalem un magnifique autel de bronze, destiné à envelopper la pierre de l'Onction. Les Grecs portèrent .plainte au cadi, pour empêcher qu'on piaçAt l'autel, sous prétexte que les femmes enceintes ont coutume de venir se prosterner sur cette pierre. Les Franciscains furent obligés . de céder, et mirent le bel autel florentin dans b chapelle haute du Calvaire ; plus tard ils Tont placé contre un pilier, près du point G, k la naissance des Arceaux de la Vierge.
Cest le morceau d'art le plus remarquable que possède l'église du Saint-Sépulcre. Six jDa& fcliefe décorent l'autel ; ils représentent Je cruciQemeot,le Christ en croix, la descente de la croix, Tonclion, la mise au tombeau, la résurrection.
On lit sur la corniche, en beaux caractères de l'époque :
MBLlXlVni FEKO HBOICBS VAG DVX £TR
Sur le pilastre central :
HBDICeit IM6 0VX BTft.
PISTAT IS
«tCSiVM
DD
MOLXXKVIII
Sur la pKntbe inférieure :
rSATBA MMimCVS POBTISIARVt CONiEXTv» KAMCTI
MARGI M FUOIIESITIA OM. PS£D. ROM.
PSOV. PROreSAVS FECIT ANNO DOMï^II nostri
MDLXXXVIII
Quatre écussons se voient aux angles do Tautel; ce sont les armes du donataire. Les
(151) Il est fall mention dans Nicélit (Tun marbre moge aiii avait été autrefois k Ephète, etqueTeniperear Manuel pona sur ses épaii(«>s dans son pa«
uns ont la couronne radiée, les autres les ornements du cardinalat. Ferdinand de Médicis, avant d'être grand duc, avait été cardinal et protecteurdel'ordredeSaint-François. Ce travail remarquable fait honneur au moine artiste qui l'a sculpté. Malheureusement il est Jh comme au rebut; et il est difficile de lui assigner une place dans l'église du Saint-Sépulcre. Je ne crois même pas que des ol^ets d*art puissent jamais produire un effet religieux dans cette église vénérable. Elle emprunte des grands événements qui s'y sont accomplis un caractère tellement grandiose, qu'on n'a pas un regard pour un travail quelconque de bronze ou de marbre sorti des mains d'un artiste. Qui songera à s'occuper d'un bas-relief représentant le Christ sur la croix, lorsqu'il peut gravir leCalvaire, se prosterner dans le lieu même où a coulé le sang du Sauveur, et toucher le rocher fendu au moment où la terre tressaille dans un épouvantable tremblement?
U. Le SiiNT-SâPULCRE. — J'ai hAte d'arriver à la description du Saint-Sépulcre. Ici nous distin^ons l'église elle-même du petit édifice intérieur qui renferme le Saint-Sépulcre. Ce petit édifice est récent; il a été construit par les Grecs après l'incendie de 1808. La grande coupole qui couvre ce monument est également récente dans les parties restaurées par les Grecs, c'est-à-dire les piles intérieures qui ont remplacé d'antiques colonnes, les arcades qui supportent la galerie circulaire, et la voftte en bois couverte de plomb qui forme cette coupole. Mais le mur massif et extérieur de la rotonde n'ayant pas souffert de l'incendie, n'a pas été rebâti par les Grecs.
Ce qu'ils ont complètement reconstruit, c'est le Saint-Sépulcre lui-même.
Lorsque sainte Hélène voulut construire l'église de la Résurrection, VAna$ta$is, il follut déblayer le terrain des décombres que les païens avaient entassés pour y élever une statue à Vénus et y planter un bois sacré.
C'est pour cela que ce lieu, si horriblement
Iirofané, perdit jusqu'à son nom, et s'appela e Fenerartiun, le lieu de Vénus.
Les points marqués A B C D E (Foy. le plan de l'église du Samt-Sépulcre) formaient un rocher massif où se trouvaient deux cbanbres sépulcrales^ la chambre E qui était le leabettutie lafamille deioroph d'Arimathie, et la chambre A que Joseph se fit creuser pour .JaMOdême, et dans laquelle fut enseveli le Sauveur. Les points S R e U V formaient un autre rocher appelé Golgotha ou Calvaire. La croix des suppliciés se dressait sur ce rocher. Le terrain mtermédiaire, déprimé de cinq mètres, avait probablement été creusé pour servir de carrière, et était devenu un jardin. On en voit beaucoup de celte espèce dans les champs qui environnent Jérusalem. Ce terrain bas se prolongeait dans les points K M o 0 , et se terminait par une citerne profonde P Q. Le Vendredi saint, dans leur
lais» comme étant la pierre de rOnctIon. (Amid Jacob. Greizcr., De Crucet toiii. I, lib. i, cap. il.)
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DICTIONiNAIRE
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précipitation afin de ne pas se souiller d un travail le jour de Pftque, sabbat solennel qui commence en Orient le vendredi avant le coucher du soleil, les Juifs jetèrent les croix dans cette citerne, où sainte Hélène les retrouva.
Le terrain ainsi décrit, il est facile de se représenter la construction des saints Lieux. Le Calvaire forma une petite église élevée R S. La chapelle de sainte Hélène 00 fut placée au lieu de l'invention de la croix. Le terrain KM devint la vaste basilique où s'assemblaient les fidèles; ce fut là que saint Cyrille prononça ses belles catéchèses; et une vaste rotonde appelée Anastatis (résurrection) couvrit le Sdint-Sépulcre A.
Le premier travail fut d'isoler le saint tombeau au centre de l'église. On coupa donc le rocher dans les points B C D; on emporta une partie du monument sépulcral' de la famille de Joseph d'Arimathie E. Saint Cvrille nous apprend aue le monument du Sauveur était précédé d une caverne taillée de main d'homme, qui fut rasée pour recevoir une construction d'une magniticence royale, qui décorait, de son temps, l'entrée du monument : Nunc vero jam non apparet^ eo quod prœsenlium arnamentorwn insUiuendorum gratia olim trasa sU anterior spelunca (152).
Cette royale dégradation est infiniment regrettable. Elle n'a pas même été compensée par la conservation de l'enveloppe architecturale que lui donna sainte Hélène. Cette magnifique construction fut détruite par les ordres de Akem (153), et rebâtie au xn* siècle par les Croisés.
Le Saint-Sépulcre que vit Ch&teaubriand, et dont nous avons plusieurs dessins, était celui des Croisades. C'était un édicule gracieux, composé, 1* d'un vestibule carré appelé chapelle de l'Ange, dans le(}uel on entrait par une porte en plein cintre d une grande simplicité; 2" d'un massif polygone, orné d'arcatures ogivées supportées par des colonnes. Ce massif de pierre ou de marbre entourait le rocher intérieur oui forme encore le Sépulcre. Au-dessus s'élevait un petit dôme supporté par un massif octogone décoré d'arcatures trilobées.
Détruit par l'incendie de 1808, il a été reconstruit par les Grecs , et c'est celui que je vais décrire.
Il s'élève d'abord de trente^ieuf centimètres au-dessus du sol de la grande rotonde^ Il forme un édicule allongé, carré sur le devant à l'orient (au point A) , et pentagone k l'occident.
La façade, d'un angle k l'autre, a cinq mètres quarante -sept centimètres; la longueur totale de l'édifice est de huit mètres vinst-six ceotimètres
Léditice actuel est tout en marbre. Il est
032) S. CfRtLLCS H'rerosolymil., catech. 14, De Chriiii mnrrect,, pjis. 208, edil. BéiiéJici.
{i^ù)L^ H eqiun Kallfa de Guillaume de Tyr. {Bell, nacr. IlisL.^ lib. i, c.ip. 4.)
(151) Voici les mesures du Saint-Sépulcr<^, données par Deshayes. ambassadeur de Louis Xlll,
orné extérieurement de seize pilastres, qui en forment la seule décoration. Une coupole écrasée surmonte la partie penlagonale, et recouvre la chambre du sépulcre.
Le vestibule appelé chapelle de l'Ange est complètement moderne. Rien de l'ancienne chapelle n'a été consené. Ce vestibule est orné de pilastres à l'intérieur. On pénètre de la chapelle de l'Ange, par une porte iMsse et étroite, dans le sépulcre proprement dit. Cette porte est cintrée, mais prise dans le rocher, et nullement revêtue de marbre. CtsX le seul endroit où l'on puisse toucher la roche du Saint-Sépulcre.
I^ chambre sépulcrale est presque carrée, ayant, du levant au couchant, deux mètres sept centimètres de longueur, et du sud aa nord, un mètre quatre-vingt-dix-huit centimètres de largeur (154).
Cette chambre est ornée aux quatre anries de pilastres peu saillants. Les côtés sud et nord sont unis; mais les côtés est et ouest sont partagés par un pilastre qui correspond à la table de marbre dfont est couvert l^tom« beau du Sauveur.
Ce tombeau est à droite en entrant dans la chambre sépulcrale. Il s'élève de soixantedix -sept centimètres du sol. Il forme im simple coffre carré long, gui a la longueur de deux mètres, et quatre-vingt-dix centimètres de largeur.
Ce coffre est en marbre blanc. La tablette de dessus a reçu, avec un instrument, une longue déchirure artificielle, destinée, dit-oo, à gAter ce beau marbre et h lui ôter son prix, de peur qu'il ne tentât la cupidité des mahométans.
Le sarcophage où reposa le corps embaumi du Sauveur est placé sous ce marbre blanc. Aucune inscription , aucun bas-relief ne viesnent orner I enveloppe du saint tombeau; seulement, un encadrement, composé de moulures assez délicates, entoure la tablette de marbre. J'avoue, pour ma part, que cette simplicité d'ornementation me plaît au deli de tout ce que l'art aurait nu entasser stf l'auguste tombeau. Cette tablette de marbre blanc fut placée par le P. Boniface, gardien du mont Sion, en 1555. Auparavant, Je marbre qui recouvrait le saint tombeau avait trois trous par lesq^uels on pouvait voir le rocher; mais les pèlerins, dans leur zèle pour empo^ ter quelques fragments du précieux sarcophage, faisaient entrer des instruments de fer par ces trous, afin d'en retirer quelques parcelles. U fallut donc se résoudre à le couvrir entièrement. Le marbre du Saint-Sépulcre ne
g eut être levé qu'avec un firman spédal du rand Seigneur.
Autrefois, avant rincendie, la chambre sépulcrale formait une voûte couverte d'ine mosaïque. Cette mosaïque a complètement
en l($2t
Longueur du Saint-Sépulcre : Six pieds moiM un pouce.
Largeur : Six pieds moins deux pouces.
Largeur du marbre qui couvre ie lombeas: Dem oieds deux tiers et demL
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DES ANTIQUITES BIBLIQUES.
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iijourii'hui , $oit qu'elle ait été en* e par la chute des poutres enflani- A grande coupole, soit que les Grecs luvée trop dégradée par le temps.
a*étendrai pas plus longuement sur Lii tombeau. J*c£prîmcrai une derun amer regret qu'il faille recourir es investigations de la science pour qu*on est au véritable sépulcre du Je dois pourtant ne pas omettre une nce importante : c'est que des de Jérusalem, qui ont été témoins, cendie de 1808, des travaux de res* des Grecs, m'ont assuré avoir vu de parties du rocher du Saint-Sépulcre, cette note d'un vénérable Père de nte, qui n*a pas quitté Jérusalem itte é(K)que. De plus, la paroi extéplacage en marbre du Saint-SépuI • ;6té du nord , est considérablement ée en quelques endroits, ce qui inque les Grecs n'ont fait que sceller res au rocher primitif.
MBEAU DE Joseph d'Ariiuthib. — oir décrit le Calvaire et le Saintil entre dans l'ordre de nos études rendre compte d'un tombeau ancé au fond de la grande rotonde à t, au point E.
ibeau est évidemment antérieur à la ion de l'église et à l'époque chré- !I'est un monument d époque juexactement semblable aux monu* 3 môme genre qui se voient dans 3poles dont Jérusalem est entourée, letre par une petite porte qui donne ide D. On se trouve dans une chamie taillée dans le roc vif, et absolépouillée de tout ornement, si ce ne pauvre lampe que les Syriens y nent. Pour construire les fondala grande rotonde, on a emporté la Q celte chambre sépulcrale. Il reste deux côtés, celui au midi et celui du . Chacun d'eux présente trois niches Is. Ces niches sont exactement les {ue celles que nous avions étudiés )caux des rois, et particulièrement •eau des prophètes. C'est uniquetrou carré ionj;, creusé au niveau lour recevoir soit le corps embaumé ^ soit un sarcophage dans lequel le lit déposé. L'ouverture de ces niches mlait au moven d'une maçonnerie, restait que la chambre sépulcrale, à son tour était ordinairement forte énorme pierre.
es savants qui ont vu le tombeau de TArimathie, Villiams, Schuitz, conde l'antiquité de ce monument, de riorité à l'époque chrétienne. Donc, ue du Christ, il était hors de l'en- 3 Jérusalem, parce que, d'après la ine sépulture ne pouvait se faire itérieur des villes. C'est donc une lors de toute attaque de la certila tradition chrétienne à Jérusalem >mbeau de Jésus-Christ. Je me suis comment, contrairement à l'usage
Ecnosm. DBS Antiquité bibucues.
et à l'instinct relij^ieux des hommes de l'antiquité, qui portait chacun à désirer de reposer dans le sépulcre de ses pères« Joseph d'Arimathie s'était construit pour lui-mîmo un sépulcre neuf. C'est que j'ai cru reconnattre« à l'inspection du monument de famille, qu'il n'y restait plus de place à remplir. Et j'en ai la preuve dans ce fait, que le sol même de la chambre sépulcrale avait été creusé de manière à y placer deux corps. Le monument de la famille se trouva donc encombré, proijablement par la mort récente de plusieurs des parents de Joseph, dont évidemment il ne pouvait pas penser à violer la sépulture. Il songea donc à se creuser pour lui-même, à quelques mètres de distance, un nouveau monument.
L'on m'a objecté que les deux niches pratiquées dans le .^1 de la chambre sépulcrale auraient pu ^\re l'œuvre des Chrétiens au temps des Croisades. Voici ma réponse :
1* Le travail du ciseau dans le rocher est le même dans ces niches que dans les niches latérales.
2* L'une d'elles passe sous les fondements de l'église; donc elle était creusée antérieurement à l'église elle-même; car il eût été imprudent de faire une cavité sous une assise de fondement.
3* Les tombes creusées au moyen âge étaient en forme d'auge ou de bière ouverte par-dessus pour recevoir le corps. Celles-ci sont creusées dans le genre des niches supérieures, c'est-à-dire qu'elles n'ont qu'une ouverture latérale, ce qui détruit complètement toute ressemblance avec des tombes chrétiennes.
4* Enfin, ce lieu ayant toujours été regardé comme un lieu saint, on n'aurait pas S m fans profanation concevoir la pensée dr en aire un caveau sépulcral. Les tombes des rois de Jérusalem, placées dans l'église du Saint-Sépulcre, étaient des sarcophages appar»)nts avec couvercles à toit aigu. Rien n'indique qu'il y ail eu d'autres tombes que celles-ci dans l'église du Saint-Sépulcre.
Ce fut, je l'avoue, pour moi une grande jouissance que celle de trouver dans ce monument, d'une antiquité évidente, une preuve mathématique de l'authenticité du Calvaire et du Saint-Sépulcre ; et je ne pense pas qu'après qu'un l'aura méditée, il puisse dorénavant s'élever sur ce point, dans la science, quelque doute un peu sérieux.
La roche du monument de Joseph d'Arimathie est exactement de la même nature que celle du Calvaire : un calcaire compacte blanc, légèrement mêlé de teinti^s rosées. Elle est d'une extrême dureté.
IV. La geande Coupole. — Cette partie du monument offre aujourd'hui bien peu d'intérêt. Les piliers massifs que les Grecs ont mit à la place des colonnes sont de fort mauvais goût. Cependant il faut reconnaître que le monument a consen-é son caractère rehKÎeux.
Chateaubriand, qui nous a laissé une bonne desiription de cette rotonde, telle qu'il la vit avant t'incendie, s'est singiitièremeni trompé en assurant que son architecture était du
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