‹ Dictionnaire d'orfèvrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes. (3. Encycl. théol., tom.27)Chapitre 161 sur 181 · SOC · texte numérisé non relu

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es anges app rurent aux bergers, à ice du Sauveur, n'était pas fixée igoureuse précision. Si l'on en croit ! adressée de Jérusalem, en date du * 1859, le vaste couvent élevé au saint Jérôme, sur cet emplacement, pe retrouvé :

découverte d*unc grande imporit d'être faite, il y a quelques jours ux environs de Beith-Lehm, à l'ennnu pour être celui où l'ange apbergers. Voici dans quels termes aconte cMe précieuse trouvaille :

t de Beith-Lehm, k une égale dissanctuaire traditionnel de l'appal'ange aux bergers, en faisant une 1 de plusieurs mètres dans la terre, de trouver les intéressantes ruines ense couvent de l'époque de saint t de sainte Paule; on y reconnaît mrations postérieures faites par ène et les Croisés, iternes sont immenses, régulières 1 parfait état de conservation. Déjà 1 mosaïque de plusieurs chambres ouvert, et on est sur les traces du larbre de l'église, ainsi que de l'ensouterrains. L'enthousiasme occaar cette trouvaille est tel, que du Beth-Sakour (des Bergers) on y acir travailler gratuitement.

)lacement de ces ruines est connu is sous le nom de Siar-el-Ganem inade des brebis). Un nombre conde grottes très-profondes l'enviet jusqu à ce jour les bergers s'y à 1 abri avec leurs troupeaux. Tout 3s grottes se trouve une grande ciraïque.

n confronte ces importantes ruines illité du sanctuaire dit des Pasteurs, Sloigné de \h que d'un jet de pierre, oute que le sanctuaire actuel ne aucune trace ni probabilité qu'il servi à des bergers ou à des trou- Liis, enfin, si l'on étudie les mœurs les séculaires des gens de ce pays, ) è mettre en doute la tradition adiis si longtemps, et, dès-lors, tout croire aue le véritable sanctuaire urs est le couvent qui sort de ses

\s les communautés religieuses sont fétonnement; aucune n'ose encore ^tre trompée : mais malgré cela des )ns d'achats à des prix énormes sont i les jours aux propriétaires actuels, si sanctuaire il y a, tiennent h crée^ laire latin. »

ivons cru qu'il était de notre deiblier cet article pour que tous ceux it vraiment intérêt h la Terre-Sainte \e réjouir d'une découverte qui va, m doute, avoir de graves conséians l'avenir de ce pays.

G, SsiuiDJ. — Ville de Juda, qui 3mment mentionnée dans l'histoire (/ Sam. xxvUy 6.)

SICHAR. — La même que Sichem. — Voy.

GARtZIM.

SIDEN.— Ville de Pamphvlie, mentionnée dans les Machabées. (/ Macn. xv, 23.)

SIDON. — Foy. PnÉNiaB.

SILO. — Quand on suit la route de Naplouse à Jérusalem, avant d'atteindre le village d'El-Bir, sur le plateau des montagnes de Jérusaleir , on aperçoit, à la gauche, le village de Seiloun. C'est la Silo si célèbre dans l'Ecriture. Josènhe écrit son nom ZùoOv, exactement comme le prononcent les Arabes de nos jours. On y remarque des ruines encore considérables d'une église chrétienne, probablement du temps des Croisades.

SIN. — Le désert de Sin, où séjournèrent les Israélites, est dans la terre d'Edom, entre la chaîne d'Horeb et la mer Rouge. (Exode ^ XVI, 1.) Il est distinct du désert de Zin, qui se trouve au midi de la Moabitide.

SINAI, SiNi. — Le Sinaï est mentionné dans la Bible comme montagne et comme désert. On sait tous les grands événements de l'histoire du peuple de Dieu qui s'y sont accomplis. Il faut les lire dans le Livre sacré lui-même. Il n'y a oas de doute sur l'identification du Sinai. On possède de très-bonnes cartes de la montagne et du pays. Les pèlerinages au mont Sinaï ont été fréquents depuis les temps les plus reculés.

SION. — La célèbre montagne de Sion est une simple élévation de terrain contiguë au

Klateau central des montagnes de Judée, u côté du nord le mont Sion n'est qu'une plaine, et le terrain n'est abrupt qu'au sud, au sud-est et au couchant.

La position bien délimitée de Sion a servi admirablement h reconnaître l'ancienne Jérusalem.

Jébus était la ville primitive qui occupait le sommet de Sion. Une vallée profonde la séparait du Moriah, où fut bâti plus tard le temple de Salomon. La citadelle de Sion devait naturellement défendre la ville à l'angle du nord qui commandait la plaine. Il résulte de ces dispositions de terrain aue nous avons aiyourd'hui une notion trèsexacte de l'ancienne Sion. Josèphe nous apprend qu'ime forte muraille, appelée le vieux mur, la défendait au nord, seul cdté où elle était accessible. — Voy, Jérusalem (Portes de).

SIRA,Bour-He-Sirah {la citerne des Ronces). Citerne près d'Hébron. (// Samuf/, m , 26.)

SIS, De-Sis (ta fleur). — La montée de Sis est indiquée auprès du torrent , en face du désert de Jeruel, dans la tribu de Juda. (// Chron. xx , 16.)

SOBA, SouBAH.— Ville capitale du royaume d'Adarezer. David vainquit ce roi. Cette ville était en Syrie. (/ Samuel, xiv, 47.)

SOCHO. - U existe, à l'ouest d'EI-BouVak , les vasques de Salomon près de Beit-Lehm, un village avec des ruines antiques , noninio Choueïkah. C'est trcs-certainemcnt la Socho des traducteurs de la Bible , mentionnée au verset 35 du chapitre xv de Josué , narmi 1rs villes de la plaine, puisque cette Sociio (nnc. Cbouikah) est citée avec Yarmouth , et qu'il

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existe, précisément à côté de Choueïkah, un village qui se nomme toujours Yarmoul. -Remarquons, en passant, que nous trouvons mentionnée, parmi les villes de la région montueuse de Juda, une autre Socbo (verset 48) : — Et sur la montagne Semir^ Mllatir et Choutkah, — 11 n'y a pas de confusion possible entre ces deux localités du même nom. La seconde devrait-elle, par hasard , être placée au village d'Ech-Cnioukh, qui est situé à Test de Halhoul? C'est trèsprobable.

SOCHOTH, SocHOT. — Ce fut à Socholh, dans une terre argileuse, que Salomon fit fondre les vases d'airain destinés au temple. — Voy. Rois ET Paralipomènes ( Art hébraïque).

SOCHOTBENOTH. — Nom d'une idole des Babyloniens. {Il Rois^ xvn, 30.)

SOCOTH , SoccoTH. — 11 y a de ce nom une ville de Galaad. C'est aussi le premier campement des Israélites à leur départ de Ramessës. [Exod. xii, 37.)

SODl. — Fleuve de Babylonie , probablement l'Euphrate. {Baruch, i, 4.)

SOREC. — Vallée de la tribu de Dan, près de laquelle Samson se prit de passion pour Dalila. [Juges, xvi, 4.)

SOULEM. — Le village arabe de Soulem n'est autre «hose que la Soulem de la tribu d'Issakhar (Josué, xix, 18), devenue la Soulem d'Eusèbe et de saint Jérôme. C'est le village de la Sunamite.

La Vulgate l'écrit Sunem , et Sunam.

Voici ce que je trouve dans mon Voyage :

De Zerayn,nous avons été passer au village de Soulem ; c'est la Sounèm de TEcriture : car pour les Arabes , Sounèm et Soulem, c'est tout un. — Leur limite (des en-

fants d*Issakhar) fut \ Jezraël , Heksaloul et Sounèm (DTm).(Josué, xix, 18.)— Les Philistins étaient campés à Sounèm, et les Israélites à DjelboA , lorsque Saûl alla consulter la sor* cièrj^d'Endor. (i Samuel, xxviu, 4.)— Abisag, la jeune fille qui devint la compagne de David dans sa vieillesse, était Sunamite. (/ Jloti, 1 , 3.) C'est à Sounèm que demeurait la femme qui exerça les devoirs de l'hospitalité envers le prophète Elisée, et à laquelle celuirci annonça qu'elle aurait un fils» malgré le grand âge de son époux. Ce fils étant né, il tomba malade et mourut; mais Elisée la ren* dit à la vie. ( // Rois, iv, 8 à 37.) Dans le Cantique des cantiques (vu, 1), nous trouvons les mots : Reviens reviens, S^damite iîX^dTm)- S agit-il d'une jeune fille née à Soulem? ou bien ce mot, formé de ;'rJw , signifie-t-il : épouse de Salomon 7 ou bien en* fin est-ce une simple épitbète, ayant le sêns de parfait ou de paisible T On n'en sait nen. 11 y aurait donc quelque imprudence à conclure de ce passage que, dès l'époque la plus reculée, Sounèm s'appelait aussi Soulem, comme de nos jours.

SUBA. ■— La même que Soba. ( Voy. ce nom.)

SUPH, SouF.— Ramathà était dans la terre de Suph. (I Samuel, ix, 5.)

SUR, SouR.— Le désert de Surs'élend depuis Cadès jusqu'à la mer Rouge. Abraham habita entre Cadès et Sur. (Gen. xx, 1.)

SUZA , SousAN. — C'est l'ancienne capitale de la Perse. Elle est rarement mentionnéa dans la Bible , si ce n'est dans le livre d'£s« ther. (xxix , 10.)

SYENE, SouANAH.— Villedes frontières de l'Ethiopie, mentionnée par Ezéchiel (xxix, 10).

TANIS,Taphné,Taprnis (Saan). —Ville de la basse Egypte, menliofiuée plusieurs fois dans la Bible. [Nomb, xui,23.)

TAPHIJA, Teffouhh. — Il y avait, selon Reland, un pays dcTappuach dans la tribu de Manassé, mais la ville de Tappuach était aux Ephraimites. [Josué, xvn, 8.^ Une autre Tappuach étaitdans la tribu de Jucla. {Josué,xy,ys.)

TEBBATH,TnABAT.— Pays mentionné dans les Juges (vu, 23j.

TEMPLE. (El-Haram-Ech-Cherif , Enceinte DU Temple.)— Je savais depuis longtemps qu'il existait à l'intérieur de Jérusalem , et sur un point de l'enceinte duharamqui a pris la place du temple de Salomon, un pan de muraille que les Juifs ont, de tout temps, considéré comme un débris du temple primitif: Je savais de plus que le pied de ce mur, dont l'approche n'était pas interdite aux Juifs, était pour eux une sorte de sanctuaire où ils venaient prier le vendredi soir; que là on les voyait souvent se lamenter, pleurer et enfoncer la tète dans les trous de la sainte muraille, afin d'y faire couler les larmes qu'ils versent en pensant à la ruine de Jérusalem et du tcmole. Ne comotant rencontrer que cet unique

débris des constructions salomoniennes, on conçoit que ma première visite à l'encciiite du haram dut être pour le Heit-el-M6rharby (le mur occidental). C'est sous ce nom que ta vénérable muraille est connue à Jérusaleoi, bien que les Juifs allemands et polonais qui se fixent dans cette ville prononcent ee nom Coutz-eUMâarabeh.

En arrivant devant ce mur respectable, je fus frappé d'admiration. Sur une hauteur de plus de douze mètres, la construciioa prinîitive est restée intacte ; oes assises réga- Hères de belles pierres, parfaitement éqiiarries, mais en bossage, c'est-inlire offrant imo bande lisse qui encadre les joints, sont supe^ posées jusqu'à deux ou trois mètres du «Ae de la muraille. 11 suffit d'im seul coup d'œil pour reconnaître que la tradition juive e$t in* dubitablement vraie. Un mur semblable ni été construit ni par des Grecs, ni par des Vamains. C'est évidemment là un échantîlHw de l'architecture hébraïque. Dans lesas$istt inférieures, les pierres sont assers régui^-^ ment d'une largeur double de leur muteur; parfois, çe{>endant, d^ blocs carrés se trou* vent juxtaposés entre les blocs à grande lar*

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DES ANTIQUITES BIBLIQUES.

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geur. Les quatre dernières assises sont fcFTméés de blocs carrés, sauf raYanNderniëre, qui est composée de blocs trois fois plus longs que hauts. A mesure que les assises s'élèvent au-dessus du sol, les dimensions diminuent. Enfin, chaque assise est en retraite de cinq centimètres sur Tassise précédente, et ces retraites successives constituent, on le voit, un fruit considérable pour la muraille salomonîenne. La portion de celle-ci, qui est laissée comme lieu de prière aux Juife, est comprise entre le mur d'enceinte du mekhemeh (tribuoai turc), et le mur de clôture d'une maison

Sarticuhère. Sa longueur, mesurée entre ces eux limites, est de vingt-neuf mètres soixante-dix centimètres. On aperçoit, au delà de ces murs infranchissables, la muraille antique se prolonger, en droite ligne, de douze mètres environ à droite, et de onze mètres à gauche, c'est-è-dire vers le mekhemeh. Au delà, les constructions modernes ont masqué la muraille du temple. Enfin, le mur primitif est couronné, à son sommet, par quelques assises régulières, il est vrai, mais de petites pierres de taille. Certainement ces assises supérieures sont de construction assez récente, et il faut nécessairement n*en faire remonter l'âge que jusqu'à l'époque musulmane.

Sur la face ou mur antique se montrent des entailles considérables qui ont servi, sans aucun doute, mais à une époque indéterminée, à appliquer un fronton à ce point de l'enceinte sacrée. Ces entailles, creusées en niche, c'est-à-dire arrondies par le haut et à encastrement rectangulaire par le bas, ont des diinensions différentes : l'une d'elle^a jusqu'à un mètre vingt centimètres de hauteur ; peutrètre ont-elles été pratiquées lors de la reconstruction du temple par Hérode, pour qui l'emploi des frontons devait être tout naturel. Y eut-il au-dessus de ce fronton une porte ou poterne donnant accès dans l'enceinte sacrée et percée dans la muraille primitive? Je l'ignore. U fSaudrait pour s'en assurer pouvoir pénétrer dans des maisons particulières , et en ce pays la chose n'est pas facile à effectuer.

En étudiant avec soin le Heit-el-Horharby, je m'étais mis à même de reconnaître, partout où elles se montreraient, les traces des constructions judaïques, c'estrà-dire datant de l'époque de Salomon et des rois de la dynastie de David. Je pouvais donc commencer l'examen de l'enceinte du temple, avec la certitude gue je ne me tromperais pas sur l'âge des différents appareils dont j'y constaterais la présence. Suivant donc la rue nom- 0iée Tharik-el-Aalam ( la voie Douloureuse), je gagnai la porte Saint^Etienne (Bab-Setty- Maryam), en longeant toute la face nord de l'enceinte du temple. Deux portes placées au bout de deux ruelles sombres donnent accès sur le plateau du Moriah, c'est-à-dire sur le vaste préau au milieu duquel était bâti le temple, remplacé aujourd'hui par le Qoubbetes-Sakhrah, qui est la mosquée d'Omar proprement dite.

n est impossible , ç-âce à la présence de nombreuses constructions modernes , telles

DlCTI0?l?l. DBS AfITlOUITBS BIBLIQUES.

que le Serai et la caserne qui recouvrent cette longue face septentrionale, de savoir si des fragments de l'enceinte primitive sont englobés dans ces constructions. C'est du haut de la terrasse du Serai que les Chrétiens, assez heureux pour obtenir la permission d'y monter, jouissent de la vue la plus rapprochée de rintorieur du Haram. J'ai dû à l'mtervention de notre ami, H. Botta, le plaisir d'aller contempler, du haut de cette terrasse, l'enceinte» sacrée dont ma qualité de dhrétien m'interdisait l'accès, sous peine de mort, et j'ai pu juger de là avec quelle scrupuleuse exactitude avait été levé le plan du Haram, reproduit d'après Catherwood, dans l'admirable plan de Jérusalem, que nous devons aux soins et aux recherches de feu M. Shultz. Un tiers de l|i longueur de cette face nord, et le tiers qui est attenant à l'angle nord-est, est recouvert par une vaste piscine, sur le comptede laquelle je reviendrai en son lieu. En approchant du bord de cette piscine, on reconnut l'angle de l'enceinte salomonienne ; quatre belles assises da blocs énormes en bossage font retour sur la face nord de l'enceinte sacrée, et il n'y a pas de doutes à conserver sur la présence, en ce point, de l'angle même de cette enceinte. Le rempart moderne est appuyé contre cette amorce de la face nord, et il forme la continuation de la face est du temple, face qui se trouve ainsi parfaitement reliée à l'enceinte actuelle de la ville.

Sortant alors par la porte de Saint-Etienne et tournant immédiatement à droite, on longe une plate-forme quadrangulaire qui a servi de base à une église chrétienne aiqourd'hui rasée. Suivant la tradition, c'est en ce point gue saint Etienne a été lapidé ; là commence immédiatement le cimetière musulman. A trente et un mètres cinquante centimètres de la porte de Saint-Etienne, la face du mur d'enceinte est recoupée par une longue ligne verticale de construction salomonienne. C'est le côté est de l'angle primitif dont nous avons vu le côté nord, en visitant la piscine, liin ce peint onze assises de blocs salomoniens sont restées intactes, et elles s'étendent vers le sud, sur la face de la muraille. Quelquesuns de ces blocs ont une saillie très-considérable en bossage, en dehors du plan dans lequel est compris le cadre de jointoiement. J'ai mesuré deux de ces blocs, qui n'ont pas moins de cinq mètres vingtrbuit centimètres et sept mètres vingt^inq centimètres de lenteur, sur un mètre (Je hauteur. On peut juger par là de Ténormité de l'appareil salomonien.

Les onzes assises cessent bientôt de se montrer, les inférieures seules étant restées en place. La iace salomonienne, qui se présente ainsi la première, est en retraite de trente-quatre centimètres sur la face du mur moderne, dans lequel s'ouvre la porte de Saint- Étienne ; elle a un développement de vingtcinq mètres soixante centimètres. A Textré** mite de cette face commence, en retraite de deux mètres vingt-cinq centimètres, une fiice de cinquante-cinq mètres de développement avec soubassement formé de deux assises de

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blocs salomoniens^enretrAite, l'une surTaiH irc, de trente-cinq centimètres. La môme retraite de trente^cinq cenlimètres existe entre le mur supérieur et la face de la deuxième assise. C*est naturellement à partir de la face de ce mur supérieur, que doivent se compter les deux mètres vingt-cinq centimètres de distance quiil y a entre les plans des deux faces de mur. A l'extrémité sud des cinquante-cinq mètres, reparaît Tappareil salomonien, avecf une saillie telle, que la face commençant en ce point soit exactement le prolongement de la face salomonienne de l'angle nord-est. A vingt-cinq mètres en deçà de ce nouvel angle, se trouvent deux assises, sans retraite, formées de deux pierres énormes ayant cinq mètres soixante-quinze centimètres de longueur, sur un mètre soixante-cinq centimètres de hauteur. Kntre ces blocs immenses et la nouvelle face de mur salomonien, l'appareil est petit ; le mur d'enceinte est par conséquent moderne en ce Eoint, et il a été destiné à fermer vraisemblalement une brèche. La face salomonienne suivante, qui commence jusie à auatre-vingts mètres soixante centimètres de l'angle nordest, a un développement de vingt et un mètres cinquante centimètres. Les assises inférieures sont seules de l'appareil salomonien. Vient alors une nouvelle face, ayant deux mètres de saillie sur la face précédente, et un développement total de seize mètres quatrevingt-dix centimètres. C'est là qu'est placée la [)orte Dorée (les poria oira des croisés) ; sauf es piédroits des deux arcs de la porte et les archivoltes de celle-ci, tout y est moderne et de construction turque. Les piédroits ont deux mètres dix centimètres de largeur, et ils sont construits en grosses pierres de taille, bien supérieures, sans doute, aux blocs de la maçonnerie moderne dans laquelle elles sont enclavées, mais bien inférieures, pour les dimensions, aux blocs des portions salomoniennes de l'enceinte. Il serait trop diflicile de décrire parle menu les moulures chargées d'ornements et d'acanthes, ou de rinceaux de feuillages, qui couvrent les archivoltes des deux arcs de la porte Dorée, à cause de l'état de dégradation avancée dans lequel elles se trouvent. La largeur de chacune des arcades de la porte est de trois mètres quatre-vingt-cinq centimètres. Dans la maçonnerie moderne, au sommet de la âiuraille et au-dessus du centre même de la double porte, est encastré un chapiteau antique, d'apparence romaine des bas temps.

. A quelle époque appartient la porte Dorée? C'e3t là une question qui a été oien souvent débattue, sans avoir jamais reçu de solution satisfaisante. La tradition chrétienne veut que ce soit la porte même sous laquelle a passé Notre-Seigneur, lors de son entrée triomphale à Jérusalem, et je déclare, sans aucun scru-

(161) Voyez Texcellente discussion de Williams {The Hoèy city, t. II, p. 372 et suivantes) sur l'idemiié de Téglise de la Vierge et de la mosquée 4i*el-A]ua. Il est diflklle de trouver un livre plus

pule, quej'adopte pleinementla tradition chré* tienne sur ce point. Il m'est imposable de ne pas attribuer à Hérode la construction de la porte Dorée, et je vais en déduire les rai*^ sons.

Nous savons que ce fut par cette porte que l'empereur Héracliusfit son entrée triom^ .i phale à Jérusalem, quand il y apporta la sainte croix reprise aux Perses; cette porte existait donc déjà sous Héraclius. Il n'est pas ques-^ tion de cette porte parmi les constructions dont Justinien orna Jérusalem; d'ailleurs, elle n'est nullement du style des édiûces de Justinien ; elle est encore bien moins du style des monuments du siècle d'Adrien. En revanche, elle offre une ornementation végé* taie outrée, essentiellement hébraïque, mais imprégnée d'hellénisme. Qui, dès lors, peut, mieux qu 'Hérode, avoir fait élever cette oelle porte, lors de la construction du temple somptueux qu'il fit bâtir? De la sorte, la tradition chrétienne devient certaine. Sans aucun doutu cette tradition existait déjà à l'époque d'Héraclius, puisque ce fut par la porte Dorée, sanctiGée par l'entrée du Christ, que ce monarque voulut entrer lui-même à Jérusalem, avec sa précieuse conquête.

Encore un mot. Contre la face sud de Tenoeinte du temple se voit la mosquée d'El- Aksa, qai n'eât autre chose qu'une église de la Vierge, construite par l'ordre de Justinien, suivant la narration oe Procope.Bien au-dessous du niveau de cette église, et contre elle, se voit, dans le mur d'enceinte, à moitié ca^ chée par le mur du jardin de lamosauéed'Ek Aksa, et à demi enterrée, une belle porte, exactement du même style que la porte Dorée. Cette seconde porte a été forcément condam^ née à l'époque delà construction de l'église; elle n'est donc pas de l'époque byzantine; elle n'est pas romaine non plus, cela est in* dubitable : force est donc de la reporter, comme la porte Dorée, à l'époque d'Hérode, et de la considérer comme une partie des constructions magniûques ordonnées par ce monarque. Je puis, sans doute, me tromper; mais j'attendrai qu'on me le démontre par des arguments péremptoires, avant de changer d'opinion (161). Williams, dans son ex« cellent livre sur la cité sainte (tom. n, pag. 355 et suiv.), a accumulé une foule de laits qui démontrent que la porte Dorée, ainsi que le veut la tradition cnrétienne, uiusulmane et juive, est bien une porte du temple. Il laisse entrevoir son désir d'y reconnaître une porte d'Hérode; mais, parce qu'il était encore seul de son avis, il n a pas osé l'é* mettre nettement. Nous sommes deux, maintenant, et je soutiendrai, jusqu'à démons^ tration contraire, que la porte Dorée n'ert ni bjrzantine, ni romaine ; u est bien entenèi que je ne parle ici que de ce que j'ai pu voira l'aise, à l'extérieur du haram. Cette porte est d'un style particulier qui convient à merveiib

soigneusement et plus conscieDcieutement l'ouvrage que je viens de meniionner. Pour wn part, j*en fais très-grand cas, et je prise trés-fon U critii|ue judicieuse de son auteur.

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DÈS A^ftlQUITES bIftLIQUES.

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à l'époque gréco-juive, c'est-à-dire au règne d'Hérode.

Pendant Vexistence dil royaume latin de Jérusalem> les portes oire$ restaient fermées, «t elles n'étaient ouvertes que deux fois l'an : la première, te dimanche des Rameau^, en commémoration de l'entrée triomphale de Noire-Seigneur Jésus-Christ, arrivaiit à Jérusalem par cette porte; et la seconde, le jour de la fête de l'Exaltation de la Croix, en souvenir du passage d'Héraclius. Très*-prôbableraent, cette double porte n'était que close et non murée, à cette époque. 11 parettrait bien difiicile d'admettre qu'elte eût été déga^ gée et condamnée deux fois tous les ans, par tes Chrétiens ; c'eût été unebesogne à y laisser les maçons en permanence. Ce sont les Musubnans qui l'ont murée, parce qu'il existe chez eux une tradition, fort répandue, qui dit que, si un jour les Chrétiens chassent de nouveau les musulmans de Jérusalem, ils entreront dans cette ville par la porte Dorée. Ce qui a pu donner lieu à cette tradition, c'est le fait que les croisés pénétrèrent dans .a place, très-près de la porte Dorée, qui dut être ouverte aux assaillants, par les premiers çierriers qui réussirent à dfloger les défenseurs de la muraille orientale du temple.

Au delà de la porte Dorée, en suivant la direction que nous avons suivie jusqu'ici, c'est-à-dire en allant du nord au suci, on voit, à quinze mètres cinquante^cinq centimètres c u flanc droit de la porte Dorée, une petite poterne murée , de deux mètres de hauteur sur un mètre cinquante centimètres de largeur, au plus. Depuis le ressaut de la porte Dorée jusqu'au côté droit de la poterne, toute la base du mur d'enceinte est salomo'nienne, et la hauteur de la poterne est exactement formée de deux hauteurs des assises de ces blocs énormes. A partir du cûté gauche de la poterne, la construction salomonienne disparaît pour un certain temps ; mais l'appareil est toujours très-beau. Ou bien nous avons ici, ainsi que je le crois, un pan de mur de l'épooue d Hérode, ou bien nous sommes en face a'une construction datant de répoque d'Adrien, c'est-à-dire du haut empire. Le linteau de la poterne murée est formé d'une seule pierre, qui offre une particularité fort curieuse : on y distingue encore, avec un peu d'attention, une croix grecque pâtée. Elle est peinte en rouge et entourée a'un double cercle vert, bordé de rouge, et d'un troisième cercle extérieur, dentelé et peint en rouge. Enfln, à un pied à gauche de la poterne, se voit une sorte de pilier carré, en saillie sur le mur, et offrant une cavité sphérique, placée dans le fond, contre le mur, d'un trou rond dont il ne m'a pas été possible dé deviner l'usage. Etait*ce une sorte de condiiit par lequel on devait, la nuit, se faire reconnaître, pour obtenir l'ouverture de la poterne ; c'est possible, mais je me garderais bien de l'affirmer. Quoi qu'il en soit, il est certain que cette petite porte est bien celle qui est désignée 50US le nom de porte de Josaphat, dans la curieuse description de la Jérusalem des

croisades, publiée par M.lecomtd Beugnot, comme annexe à sa magnifique édition des Assises de Jérusalem.

A partir de la poterne que je viens de décrire, cpmmence, ainsi que je l'ai dit, unefa-» ce de muraille de construction hérodiisnne, ou tout au moins romaine, qui a un développement de dix-huit mètres trente centi« mètres. Un peu en avant de l'extrémité se trouve, appliqué contre la muraille, un petit édifice carré, qui a quatre mètres vingt centimètres de cûté. C'est une sorte d'édi-^ cule recouvrant des tombes musulmanes. Le mur fait saillie de soixante-six centimètres sur la face précédente, et, sur une étendue de cent quatre^vingt-^quatorze mètres, sa construction montre, par-ci par-là, des fragments de l'appareil d'Hérode ou des Romains, mais presque partout du rhabillage turc. C'est dans cette partie que se voient, encastrés dans la maçonnerie, des bouts de colonnes, de matière parfois magnifique^ faisant «saillie à l'extérieur. Ces colonnes, en« castrées là par les Arabes ou les Turcs, viennent, très-probablement, des édifices somp* tueux qui, depuis le temple de Salom'on, se sont succédé sur le plateau du mont Moriah. L'un de ces tronçons de colonne, placé au faite du mur d'enceinte et vers l'angle sud^ est, a reçu des musulmans le nom d Ët-Tha-^ rik (le Chemin). Cette pierre, lors du jugement dernier, doit jouer pour eux un grand rôle, car c'est par là que lé Prophète re* descendra sur la terre.

Au bout des cent quatre-vingt-qualOrze mètres du mur moderne, reparaissent, sur une longueur de neuf mètres seulement, les blocs salomoniens ; puis de nouveau un pan de rhabillage moderne, de onze mètres d'étendue. A partir de là jusqu'à Tangle sudest, les blocs salomoniens se rencontrent en place, et quelques-uns d'entre eux atteignent des dimensions énormes : ainsi, l'un d'eux, que j'ai mesuré, porte sept mètres quatre-vingt-cinq centimètres de longueur, sur un mètre de hauteur. Du point où les blocs salomoniens reparaissent jusqu'à l'angle sud-est, il ^ a soixante-huit mètres quatre-vingts centimètres.

Sur cette portion de la muraille d'enceinte, j'ai eu le bonheur de faire une petite découverte qui n'est certainement pas sans intérêt, et dont ie vais dire quelques mots, avec d'autant plus de plaisir, que je n'ai pas oublié l'importance que feu M. Schultz sembla attacher à ce fait nouveau, lorsque j'eus le plaisir de lui en foire part, le lendemain du même jour où je l'avaisconstaté.

A vingt-cinq mètres en arrière de l'angle sud-est de l'enceinte, le mur rentre de douze à quinze centimètres, sur une largeur de trois mètres cinquante centimètres; il fait epsuite saillie de la même quantité sur une largeur de six mètres, pour rentrer encore sur une larigeur de un mètre quatre-vingts centimètres, au delà de laquelle il se retrouve dans le plan extérieur général de cette por« tion de la façf. orientale. U y a donc, en d'autres terinnf» ^me saillie du mur »alomo-

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nien de six mètres de largeur, encadrée entre deux faces en retraite et de largeur différente. L'assise inférieure est aux trois quarts enterrée dans les détritus de toute nature, amoncelés autour de Tenceinte du Haram, et formant un sol couvert d'herbe, qui, à partir de ce point, est en pente trèssensible, jusqu'à Tangle sud-est de la muraille. L'assise qui est placée au-dessus de celle dont je viens de parler, est composée de deux grands blocs et d'un petit bloc carré qui a été rajusté à droite. Les deux blocs principaux sont en saillie de quarante centimètres sur la face du mur, et ils forment un énorme boudin ou tore. Au-dessus est une assise de un mètre cinquante centimètres de hauteur, formée de deux blocs égaux de trois mètres de longueur chacun, et taillés en véritables voussoirs, c'est-à-dire évidés en arc de cercle à leur partie inférieure, de façon à donner une longueur de soixante-quinze centimètres au pan coupé supérieur qui représente un joint. Une seule pierre, moitié moins haute que les précédentes, recouvre les deux voussoirs, et formait vraisemblablemant le sol d'une fenêtre avec balcon, donnant sur cette portion de la vallée de Josaphat, qui regarde la fontaine de Siloé, le village de Siloam et les beaux jardins potagers dont est rempli le fond de la vallée. Effectivement, un seul bloc de un mètre quatre-vingts centimètres de hauteur, sur un mètre de largeur, est établi perpendiculairement au milieu du plaleau de six mètres, faisant sol de fenêtre, et à droite et à gauche de ce bloc vertical, sont deux ouvertures de un mètre qj^uatre-vingts centimètres de hauteur, sur deux mètres cinquante centimètres de largeur, murées en pierres de petit appareil, et par conséquent sans accord avec toutes les partions de murailles placées autour de ce point. Enfin, au ras du sol de la fenêtre, et à gauche, existe encore dans le mur un bloc assez gros gui porte deux encastrements carrés fort distincts, dont l'un est immédiatement en contact avec le montant gauche de la fenêtre de gauche et avec le sol de cette fenêtre, et l'autre, un peu plus haut de quelques pouces et rejeté un peu à l'extérieur. Sans aucun doute, ces encastrements n'ont pas été taillés là sans raison, et pour moi il est évident qu'ils ont été destinés à assujettir une balustrade qui garnissait la double baie à balcon que je viens de décrire. Certes le fait de l'existence d'une fenêtre à balcon à l'époque salomonienne, car ie n'hésite pas à attribuer cette antiquité à la portion du mur d'enceinte dans laquelle elle est percée, est un fait que les architectes seront fort étonnés, je le crois, de voir énoncer sans scrupule. Au reste, si i'ai bonne mémoire, le palais de Karnac, palais bien plus ancien encore, présente uih^iait à peu près analogue. Quoi' qu'il eniJbit, voici déjà un, premier exemple de l'emplm du voussoir'à douelle circulaire, à l'éiïique purement hébraque.

A partir de l'angle sud-est, lamuraillea un

développement en ligne droite, de cent quarante-six mètres cinquante centimètres, jusqu'au mur latéral du jardin attenant à la mosquée d'El-Aksa. La construction salomonienne se présente immédiatement à l'angle, et elle continue sur une étendue de trente et un mètres vingt-deux centimètres, jusqu'à une porte o^vale murée, de deux mètres cin-

Suante centimètres de largeur. Cette porte est e l'époque des croisades très-probablement, mais elle n'a pas de caractères assez distincts pour quil soit possible de lui dssi* gner une origine chrétienne ou musulmane. A trente mètres à gauche de cette première porte, se voient trois grands arceaux d'apparence romaine, en plein cintre, murés comme la porte ogivale précédente. Les baies de cette triple porte ont chacune quatre mètres trentedeux centimètres d'ouverture, et les piédroits ont un mètre soixant^uinze centimètres de largeur. A partir du flanc gauche de derrière des trois portes ( vers l'ouest bien entendu), recommencent immédiatement les assises salomoniennes, qui se montrent sans interruption jusqu'auprès du mur de cl6ture moderne de la mosquée d'El-Aksa, mur qui vient recouper perpendiculairement la grande muraille d enceinte, à soixante-dix mètres vingt-deux centimètres de la triple porte murée.

A cette même porte de gauche se trouve placé un maenific[ue bloc, orné de moulures, auquel on n a fait aucune attention jusqu'ici, et qui néanmoins est, si Je ne me trompe, d'un prix inestimable. Evidemment nous avons dans ce bloc un piédroit primitif, resté en place ; or, ce fragment, qui se relie immédiatement à des assises de l'appareil salomonien, est salomonien lui-même ; il nous offre un échantillon de moulure qui n*est ni byzantine, ni romaine, ni grecque : force est donc d'y voir autre chose , et cette autre chose ne peut être qu'une moulure juive, très-probablement salomonienne. Je m'abstiens de donner la description détaillée de cesmoulures, pourépargner au lecteur l'ennui de chercher à se rendre compte d'une série de mots techniques et de chiffres, formant un tout peut-être incompréhensible.

Le mur de clôture du jardin d'El-Aksa coupe à peu près par le milieu, ainsi que je l'ai déià ait, une porte antique à demi enterrée, d un style architectural assez étrange, et chargée d'ornementation végétale complètement analogue à celle de la porte Dorée. Evidemment nous avons là sous les yeux les restes d une belle porte antique, enclavée dans de la maçonnerie beaucoup plus récente. De cette porte on voit un arc surbaissé ibnué d'un large cordon couvert de rinceaux de feuillage, auquel est tangent un ençadremeat rectiligne, cçmposé de deux laides bandes de rinceaux semblables, séparés par un cordon d'oves. La portion supérieure du cadre est tangente, non pas à la partie extérieure «Se 1 arc orné de rinceaux, mais bien à la courbe inférieure de cet arc, ce qui est au moins fi>i1 étrange, et bien loin de ce qu'aurait exigj 1 art grec ou romain. Au-dessus du cadre»

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DES ANTIQUITES DlfiLIQUES.

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p«ratt d'abord une assise de blocs lrës*grands, que surmonte une assise de voussoirs, dont nen absolument ne justifie la présence ; audessus de ceux-ci règne une corniche assez élégante formée d'un beau rinceau qui court au-dessus d'une ligne de modillons, et que surmonte une moulure simple. Toute la portion de droite de cette corniche manque aujourd'hui, de sorte qu'il serait impossible de deviner où elle se terminait. L'arc inférieur ne repose d'aplomb sur aucun système de piédroit; il en existe bien un, formé de gros blocs superposés, mais il est dévié et rejeté en dedans de la porte, de façon à ne pouvoir servir de support à la portion inférieure du cadre, portion que l'on serait tenté, mais à tort, de prendre pour il*amorce d'un chapiteau de pilastre. En résumé, le st^le de cette porte, certainement contemporame de la porte Dorée, est des plus singuliers, ^i appartient à un* système architectural tout à fait en dehors des principes classiques. Une fenêtre çrillée est percée dans le mur au-dessous de l'arcade; l'ai essayé de voir quelque chose par cette fenêtre, qui donne sur les substructions de la mosquée d'El-Aksa, et il ne m*a pas été possible de discerner quoi que ce fût, tant l'obscurité était épaisse dans ce souterrain.

On a beaucoup écrit déjà sur l'Age probable de cette porte, que les uns ont crue byzantine, et les autres romaine ; à mon avis, elle n'appartient ni à l'une ni h l'autre de ces deux époques. C'est Justinien, ainsi aue nous le savons par Procope, qui a fait bfltir l'église de Sainte-Marie, devenue la mosquée d'El-Aksa. Notre porte est énormément en contre-bas du sol de cette église ; elle n'a donc pas la moindre relation avec elle. Mais les architectes de Justinien trouvant debout ce débris vénérable du temple d*Hérode, lauront respecté, et fait entrer dans leur plan de reconstruction, en l'enclavant dans la maçonnerie oui devait soutenir la plate-forme sur laquelle ils voulaient bfttir leur église. Ce qui ne contribue pas peu à me le faire croire, c'est la présence, dans la maçonnerie gui encadre la porte antique, d'une inscription encastrée, sens dessus dessous, dans le mur, et qui très-certainement a été renversée à dessein et mise là pour constater le renversement des idées qui en avaient dicté la te neur. Voici cette inscription :

TITO AEL. HADRIANO

ANTONINO A^G. PIO

P. P. PONTIF. AYGYR.

« A Titus iElius Hadrien Antonin Auguste le Pieux, père de la patrie, pontife, augure, par décret des décurions. »

Nul doute que cette inscription n'ait été encastrée dans la base d'une statue élevée à Fempereur Antonin le Pieux. Kraflt a conclu de sa présence , que la porte antique dont je m'occupe, était du règne d'Adnen ; mais Williams a fait justice de cette bizarre conclusion, tirée de la présence d'une inscription évidemment déplacée, puiqu'elle est placée en sens dessus dessous, et il a cru devoir

conclure que la porie en question était du temps de Justinien. J'ai déjà dit pourquoi je ne puis admettre cette opinion. Pour moi; comme pour le savant Williams, l'inscription a été mise là à l'époque oùJustinien a ordonné la construction de l'église de la Vierge ; mais voilà tout. 11 n'y a aucune analogie entre la nature de la pierre dont on s'est servi pour construire la porte, et celle de la pierre qui porte l'inscription. Il y a plus : un des vous- .soirs primitifs donlj'aiparléaété entamé pour servir d'encastrement au côté gauche et à l'angle inférieur de l'inscription. Celle-ci a donc été encastrée dans le mur postérieurement à l'existence de la porte antique. Par suite, il est logique, s'il est vrai que cette inscription ait été placée là à l'épogue de Justinien, de conclure que la porte inférieure est bien antérieure à cette époque. Aussi n'hésité-je pas, plus que pour la porte Dorée, à la considérer comme un fragment d'une porte de l'enceinte du temple reconstruit par Herode.

Maintenant, est-il possible ce deviner l'origine de celte inscription précieuse? Je crois que oui, et je vais essayer de le démontrer. Commençons par dire que Kraflft, qui conclut de la présence de l'inscription que la porte est du règne d'Adrien, ne s'est pas aperçu, ainsi que le fait très-judicieusement observer Williams, qu'il ne s'agit pas d'Adrien dans l'inscription, mais bien d'Anlonin le Pieux, qui prit pour surnoms, par reconnaissance et par affection, les noms d'Hadrien et d'^Elius, qui ne lui appartenaient

f)as. Kratrt aurait pu conclure tout au plus, si 'inscription eût été placée de manière à être lue, que la porte était du temps d'Antonin. Williams a publié cette inscription, étrangement estropiée par un de ses devanciers qui y lisait le mot noAH pour nOAlS, ville I , avec quelques légères incorrections que je crois devoir] signaler au savant auteur de la Cité sainte. Le texte porte positivement AEL au lieu de AIL. De plus la dernière ligne ne se compose que de deux sigles D. D. (decurionum décrète), et non des lettres DDPP, qui ne pourraient se lire que Decuriones poiuerunt, contrairement au style lapidaire, qui exige « Ponendum curavit, ou curaverunt. » Revenons à l'origine de l'inscription. Après l'effroyable dénouement de la révolte des Juifs soulevés par Bar-Koukeba(KaJT3-nKa), Jérusalem fut transformée en colonie romaine , par Adrien , qui lui donna le nom d'iElia-Capitolina. Un temple païen fut installé sur l^mplacement même du temple des Juifs, et les magistrats romains de la nouvelle colonie élevèrent, au même point, une statue en l'honneur de l'empereur. Son successeur, Antonin le Pieux, reçut très-probablement le même hommage : ce qui est sûr, c'est que le Pèlerin de Bordeaux qui visita la ville de Jérusalem en 333, dit expressément dans sa description du temple : « Sunt ibi et statuœ du» Adriani, et est non longe de statuis lapis pertusus, ad quem veniunt Judœi singuHs annis, et unguent eum, et lamentant se cum gemitu, et vestimenta sua scindunt, et sie recedunt. v

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Ce passage curieux constate aue les deux statues impériales étaient près ae la pierre visitée avec dévotion par les Juifs, pierre qui n*est que la roche vénérée encore aujourd'hui des musulmans, sous le nom d*Es-Sakh* rah, et qui est enfermée dans la mosquée d'Omar.

Elaient-ce bien deux statues d'Adrien qui se voyaient, en 333, sur l'emplacement sacré du temple? Il est fort probable que non. A quoi bon élever deux statues au même prince, et au même endroit? Je n'hésite pas à croire que la seconde était d'Antonin le Pieux, et le Pèlerin, en lisant l'inscription votive qui portait Tito JËlio UadrianOy n'aura pas pris, plus que Krafrt,la peine de lire plus loin une inscription qui devait le scandaliser. Ceci revient a dire que, pour moi, lïnscription dont je m'occupe, est bien celle qui était encastrée dans la base de l'une des deux statues élevées par les décurions d'i£lia-Capitolina, à Adrien d'abord, et plus tard à Antonin le Pieux.

Continuons notre inspection de l'enceinte antique du temple. Le mur de clôture du jardin d'£l-Aksa s'élève perpendiculairement, ainsi que je l'ai dit, sur le grand mur d'enceinte ; il se dirige droit au sud, sur une longueur de dix-neuf mètres quarante centimètres. Là il fait un angle droit à l'ouest, sur une lon^eur de sept mètres vingt centimètres ; puis un nouveau crochet au sud, de neuf mètres trente centimètres, et un retour d'équerre»vers l'ouest, de dix mètres de longueur. Les quatre branches de muraille que ]e viens de mesurer sont en maçonnerie récente, et probablement turque. Au point où nous sommes arrivés, la muraille salomonienne reparaît et descend directement au sud, sur une longueur de soixante et un mètres soixante centimètres, A l'extrémité de cette branche commence une autre branche beaucoup plu3 longue, dirigée à l'ouest, et de construction salomonienne : celle-ci a cent cinquante mètres soixante-dix centimètres ; là est appliquée contre le mur une tour carrée moderne qui a six mètres de face, et qui est en saillie de cinq mètres, sur l'enceinte. Dans le flanc gauche de cette tour est une poterne fermée d'une porte de fer ; au delà il n'y a plus que des parties turques de l'enceinte militaire de la ville, conduisant au 6ab-el- Morhariheh (la porte occidentale).

L'enceinte sacrée que nous avons perdue de vue, à partir de la porte antique située audessous d*Ël-Aksa, ne doit pas être confondue avec les deux grandes branches de muraille salomonienne que nous venons de reconnaître, au sud du plateau qui servit d'assiette au temple; celles-ci, en effet, sont une partie intégrante de la plus ancienne enceinte militaire dont fut munie la capitale du royaume de Juda. Il ne faut pas oublier, non plus, que je me sers de l'expression salomonienne^ par pure abréviation, et pour indiquer la construction qui appartient incoutestableraen», suivant moi, àia dynastie de David, c'est-àdire qui est antérieure au sac de Jérusalem par les Assyriens, et à la destruction du

royaume de Juda.Lep]an des ingénieurs an* glais, publié par Williams, ne fait pas entrer 4 ces deux magnifiques murailles dans le tracé de l'enceinte primitive de Jérusalem, et c'est bien certainement à tort. Il en est de même pour le plan de Schultz et de Catbeniood.

Quels que soient les textes sur lesquels il est possible de s'appuyer pour reconstruire approximativement sur un plan, le tracé do l'enceinte que Josèpho appelle le premier mur, il faut, de toute nécessité, faire entrer dans ce tracé les deux portions de muraille salomonienne que j'ai décrites plus haut. Tous les blocs primitifs sont en place, aucun d'eux n'a été dérangé, et les assises sont en aussi bon état que si le tout venait d'être construit récemment.

Le récit de Josèpbe est sans contredit de tous le plus important sur ce sujet. Voici donc ce qu'il dit en substance de l'enceinte primitive {BelU Jud., V, IV, 2) : « Le premier mur commençait à la tour Hippicus, s'étendait vers le Xystus, gagnait de là le Sanhédrin, et venait se terminer au portique occidental du temple. L'autre branche commençait à la même tour Hippicus, se prolongeait d'abord en faisant face à l'occident^ se dirigeait, en traversant le lieu nommé Bethso, vers la porte des Esséniens, et. faisant face au sud^ passait au-dessus de la fontaine de Siloë;de là elle reprenait de nouveau une direction faisant face à l'orient, en se dirigeant vers la piscine de Salomon, et, s'étendant jusqu'au lieu qu'on appelle Ophia, venait finir au portique oriental du temple.» Il résulte nécessairement de cette description que ce qui se trouve aujourd'hui entre la porte antique, située au-dessous d'El-Aksa, et l'angle sud-est de l'enceinte actuelle du Haram-ech-Cherif aussi bien que la face orientale de cette en* ceinte, faisait partie intégrante de la première muraille décrite par Josèphe.

Voyons maintenant s'il est possible de reconnaître le tracé de cette seconde branche du mur construit par les rois de la dynastiei de David. La tour Hippicus est incontestablement la tour actuelle de David, dont la construction ne saurait être attribuée, en aucune façon, à une époque postérieure à celle des rois de Juda, si ce n'est même à celle de David, dont elle porte probablement le nom à juste titre. La branche occidentale, dont parle Josèphe, devait longer l'emplacement actuel du couvent arménien, vers 1 extrémité sud duquel se trouvait le lieu nommé Bethso. La porte des Esséniens ne pouvait déboucher sur l'escarpement abrupt du mont Sion, et elle n'était très-probablement que la porte actuelle de Sion, Bab-en-Naby-Daoud, nom^ mée aussi Bab-Scahloun. Ce nom deScahioun ne nous a-t-il pas conservé le nom donné par Josèphe ("niv 'ETcnivwv ttûXtjv)? En vérité, je le crois, et il me paraît plus naturel de chercher le nom corrompu des Esséniens^ dans le nom actuel de la porte Bab-Scahioun, que celui du mont Sion, qui pouvait tout aussi bien s'appliguer à d'autres portes ou* vertes dans l'enceinte qui couronnait le mont Sion.

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DES ANTIQUITES BIBLIQUES.

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La fontaine de Siloë n*a'pas chaneé de place, et la branche de l'enceinte moderne, qui fait face au sud, à partir duBab-Cahioun, se dirige bien au-dessus de la fontaine de Siloë. L'enceinte primitive s'inflt^chissait ensuite vers l'orient, en passant à la piscine de Salomon. Que peut être cette piscine de SaiomonT On n'en sait rien. On voit à la fontaine même de Siloë une citerne assez vaste oui, dans le plan de Schuitz, porte le nom d'étanffdeSalomon ou du Roi; mais il n'est pas

{)ossibTe, d'après le texte de Josëphe, que la ontaine de Siloë et la piscine ae Salomon ne soient pas deux choses très-distinctes ; il faut donc, de toute nécessité, chercher ailleurs l'étang de Salomon ; or, comme il existe, en communication avec la piscine de Siloë, par un aqueduc souterrain, une belle .source nommée source de la Vierge, il serait possible que cette source fût un des deux endroits signalés par Josèphe. D'un autre côté, le plan de Schuitz mentionne une vieille citerne qui se trouve au nord-est de Siloë, et je préfère voir dans celle-ci la citerne de Salomon (SoXoficôvoç xoXu[&6i46pa). Le mur pri'*

roitif d^enceinte pouvait parfaitement passer au-dessus ou à c&té de cette piscine, qu'il ne pouvait atteindre qu'en s'inaéchissant, ainsi que le dit Josèphe, versTorient.

Ophel était une sorte de faubourg placé, de I aveu de tout le monde, sur la pomte sud du mont Moriah. Le tracé de la muraille à partir de là n'est plus donné par Josèphe; mais ce mur, se dirigeant vers une porte antique qu'aura remplacé leBab-el-Morharibeh. venait admirablement rejoindre le grand saillant situé au sud d'El-Aksa, saillant qui touche à Ophel en le dominant; à partir de là, ainsi que je l'ai dit, l'enceinte se continuait le long des faces sud et est du Haram-ech- Cherif. Tel est, en définitive, le tracé que j'admets, en rejetant formellement le tracé proposé par Schuitz, tracé qui, militairement {tariant, ne me paratt pas admissible. Ce tracé d'ailleurs a jpour moi le grave inconvénient d'entourer Ophel, que le texte de Josèphe

ne parait pas du tout placer à l'intérieur de la muraille.

Revenons maintenant à l'enceinte actuelle du temple. Pour la retrouver il faut rentrer dans Jérusalem par le Bab-el-Morharibeh, gagner la place ou sont établies les huttes des lépreux, et descendre, à travers les cactus

3ui couvrent l'escarpement oriental du Sion, ans le fond d'un petit vallon semblablement couvert de cactus, et sur le bord opposé du-

auel se trouve l'angle sud-ouest de 1 enceinte u temple. Cet angle est de construction salomonienne, et il est facile de voir, pardessus le mur de clôture du jardin d'El-Aksa, mur qui est fort bas en ce point, que la face , !^ud de l'enceinte du temple est, aussi loin qu'on peut l'apercevoir, de construction salomonienne. Occupons-nous de ce que l'on voit alors de la tàce ouest de cette enceinte antique.

L'angle même est formé d'assises salomo-

niennes en très-bon état, et en retraite de cinq centimètres, les uns sur les autres. Là encore les pierres sont en bossage, c'est-àdire encadrées chacune par un cordon piqué, d'une dizaine de centimètres de largeur; quelques-unes de ces pierres atteignent des dimensions incroyables : ainsi l'une d'elles à une longueur de neuf mètres cinquante-cinq centimètres, surplus de un mètre de hauteur. Qui sait de combien elle pénètre dans la maçonnerie?

A douze mètres en arrière de l'angle sudouest, on voit trois rangs de voussotrs ma^ifiques, qui ont évidemment appartenu à 1 arche d'un pont qui traversait le petit vallon au fond duquel on se trouve alors, et qui n*est, sans aucune espèce de doute, que le Tyropœon, ou vallée des Fromagers. Ltk largeur du pont est de quinze mètres cinquante centimètres. Un voussoir manqud à l'assise supérieure, et il est remplacé par de la maçonnerie en petit appareil, se reliant à celle du mur contre lequel est appliqué la pont, et qui est tout à fait analogue. Toute cette partie de la muraille, bâtie au-dessus de ce qui reste du pont, est donc certaine-^ ment moderne. Nous reviendrons tout U l'heure sur les dimensions, faciles à calculer d'ailleurs, de cette belle arche salomonienne. A gauche du pont, c'est-à-dire en se dirigeant au nord, la constructionsalomonienne se montre sur une étendue de dix-neuf mètres quatre-vingts centimètres; là est appliqué un petit escalier à palier, qui monte à l'intérieur du Haram-ech-Cherif. Au delà sont des maisons particulières en refour, appliquées contre le mur de l'enceinte pnmitive du temple, et qui commencent le pâté de constructions modernes, masquant cette enceinte, jusqu'au Heith-el- Morharby, que j'ai suffisamment décrit en commençant mon étude de l'enceinte du Haram.

La voâte, en arc de cercle, commence audessus d'une assise de gros blocs salomoniens, en saillie de quarante-cinq centimètres sur la face du mur. Ce qui reste de l'intrados de la voûte a une hauteur verticale de quatre mètres, jusqu'à la naissance du joint normal à la surface de l'intrados. Cette môme naissance du joint est en saillie de un mètre cinquante centimètres sur la surface extérieure du mur d'enceinte, à laquelle la partie inférieure de la courbe génératrice de la voûte est à peu près tangente. Ayant déterminé la corde du voussoir inférieur et la corde de l'ensemble des deux voussoirs supérieurs, rien n'est plus aisé que de trouver le centre, le rayon, et par suite, le diamètre de la voûte. Le rayon du cercle est de huit mètres trente-cinq centimètres, et le centre est placé à quatre-vingtcinq centimètres au-dessous du plan dans lequel se trouve la saillie que recoupe Tarôte inférieure de la voûte. L'arc générateur n'est donc pas une demi-circonférence entière, et le pont avait à peine seize mètres soixante-dix centimètres d'ouverture. Par suite la flèche de la voûte avait sept mètres cinquante centimètres au-dessus du plan de naissance. U

TEVI

DICTIONFIAIRE

TF.M

tu

n'y a rien là d'exorbitant, et, avec un tablier d*un mètre seulement d'épaisseur, le chemin desservi par ce pont devait aboutir, sans rampe aucune, sur le plateau opposé, plateau qui, même avec les remblais qui l'encombrent, n*est guère aujourd'hui que de vingt-cinq pieds au-dessus du fond du Tyropœon.

Je n'hésite pas à dire que si les dimensions d un pareil pont sont imposantes et dénotent des connaissances architectoniques fort développées, elles n'ont absolument rien qui puisse faire révociuer en doute l'existence d'un pont qui, prooablemcnt, avait deux arches, et joignait, en ce point, le plateau du Moriah ou du temple, au plateau au Sion. Je ne puis donc admettre l'hypothèse du savant Williams, qui regarde cette arche ruinée comme l'amorce d'une des voûtes qui se voient dans les substructions de la mosquée d'El- Aksa. Ces voûtes, en effet, sont nécessairement k l'intérieur du Haram, et celle dont il s'agit t'ouvre à l'extérieur, en s'appliquant sur le mur môme qui servait d'enceinte, dès l'époque de Salomon et des rois de sa dynastie.

Voyons maintenant ce qu'était ce pont, et comment il en est Question dans les écrits de l'illustre historien aes Juifs. Celui-ci ne nous ayant donné, avec détails suffisants, que la description du temple d'Hérode, en négli-

Seant de décrire tous les autres monuments e la cité sainte, monuments qu'il se contente de mentionner en passant, quand son récit l'exijce, il n'y a rien d'étonnant à ce qu'il ne se soit pas appesanti sur les détails de la structure d'un pont, que connaissaient parfaitement tous ceux pour lesquels il écrivait. Josèphe parle à plusieurs reprises du pont qui ioignait le plateau du temple au X^stus. Le Xystus était une sorte de forum, ou de place publique, où se tenaient les assemblées du

f)euple ; au nord du X vstus était établi le paais des Asmonéens. Voici, maintenant, les différents passages du livre de Josèphe dans lesquels il est question du pont qui réunissait «e Aystus au temple. Pendant le siège de Pom-

Sée, les partisans d'Aristobule se réfugièrent ans le temple, décidés à s'y défendre jusqu'à la dernière extrémité, et ils coupèrent, avant de s'enfermer, le pont qui reliait le temple à

la ville. (Ka\ xijv ouvAircouffav àiz* aOtoO t|) ic6Xcc Y<9upav dicoxd(|^vTcç. Bell. Jud,, I, vn, 2.) Le môme fait est raconté dans un autre passage {Ani. Jud,, XI, V, IV, 3) : « Ceux-ci s'emparèrent du temple, et coupèrent le pont qui con* duisait du temple à la ville. » (Ka\ x^v ts^vouaav

àii" aûxoO yi^upav sic xijv n^Xiv Ex(y|av.) Le môme

paragraphe contient encore le passage suivant : « Car la partie du temple qui regardait la ville était inaccessible, maintenant qu'on avait coupé le pont qui communiquait avec la partie occupée par Pompée. » ( 'kif&p^u ràp

A ^v(\yt Dcoiiici^toç. Ibid,)

Sous le règne de Néron, Gessius Fiorus avant été nommé procurateur de la Judée, ues pkdntes s'élevèrent contre son adminis-

tration, qui était devenue intolérable pour la nation juive. A cette occasion. Agrippa Gt un discours devant le peuple réuni au Xystus, afin de le détourner de déclarer la guerre aux Romains. Voici comment la chose est racontée par Josèphe (Bell. Jud., II. xvi, 3) : « Le peuple ayant été convoqué au Xystus, Agnppa, après avoir fait placer sa sœur, Bérénice, dans un lieu en vue de l'assemblée, sur le palais des Asmonéens (ce palais, qui dominait le Xystus, était situé à l'extrémité môme de la ville haute, et un pont joignait le temple au Xystus), s'exprima en ces termes. ■

Plus loin [Bell. Jud., VI, vi, 2), nous lisons encore, à propos du siège de Titus : « Il (Titus) s'arrôla à l'occident de l'enceinte extérieure du temple. Là étaient des portes donnant sur le Xystus, et un pont qui joignait la ville haute au temple; ce pont était alors placé entre les tyrans et César. » (Ka\ yéçypa auvàircouaa T^

hp(j} XT]V Avci) n^Xiv, attxri zôzt jiéjT) xûv xvpàwhyv ^v xaV xoG KoLiiapo^,}

Plus loin encore : « La troupe des auxiliaires et tout le reste était placé vers le Xystus, et, à partir de là, vers le pont et la lourde Simon, tour que ce chef avait fait construire, pendant qu'il faisait la guerre à Jean, pour lui servir de place d'armes. » (J?fW. /Md.,VI, VIII, 1.) On se rappelle que Simon était à l'extérieur du temple (Bell. Jud., IV, ix, 12), et Jean, avec ses partisans, à l'intérieur. Celuici fit construire quatre tours élevées, pour résister mieux à son ennemi, l'une h l'angle nord-est de l'enceinte du temple, l'autre dominant le Xystus, la troisième à Tautre angle dominant la ville basse (c'e^t-à-dîre à l'angle nord-ouest), et enfin, la quatrième sur le sommet.des Pastophories (lo2). Ce fut alors que Simon, pour éviter d'être dominé de trop haut,

far la tour que Jean fit placer probablement l'entrée du pont, construisit, de son côté, et vers l'autre extrémité, la tour que Josèphe appelle Tour de Simon.

J'ai réuni tous les passages où il est question du pont qui joignait le temple au Xystus, et il n'en est pas un seul qui ne s'accorde parfaitement avec la position de l'arche ruinée dans laquelle le révérend Robinson a eu, le premier, le mérite de reconnaître le pont mentionné par Josèphe. Pour moi, ce pont est de la plus haute antiquité, et, quoi n^'eû puissent dire les architectes, je me crois en aroit d'afllrmer qu'il est bien de l'époque des rois de Juda, et, peut-être môme, du temps de Salomon. (/ Aoti, xi, 27.)

Cette opinion reporte un peu haut l'emploi de la voûte, eu égard à l'idée généralement adoptée, faute de faits contraires bien constatés, que l'usage de la voûte est postérieur, de plusieurs siècles, à l'époque que le pool salomonien de Jérusalem lui assigne. Une fois de plus les théories conçues au fond d'un cabinet d'étude auront reçu un dé<* menti ; il n'y a rien là (j^uû doive nous étonner. Au reste, j'ajou^rai, pour éparraer un ennui à ceux qui seraient tentés de s inscrire en faux contre ce fait architectural incontes-

(16S) Y«kp xi^v xopu^V xùjv Ilarcofopîcuv : c'était certainement une partie du temple.

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DES ANTIQUITES BIBLIQUES.

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