‹ Dictionnaire d'orfèvrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes. (3. Encycl. théol., tom.27)Chapitre 162 sur 181 · THE · texte numérisé non relu

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table, qu'une magnifique voûte, de douze tiiètrés de hauteur sous clef, a été retrouvée tout récemment par mon ami, M. V. Place, dans ses merveilleuses fouilles de Ninive. Il ftfudra bien, pour celle-là, qu'on lui attribue à tout le moins six cent vingt-cinq ans d'antériorité è l'ère chrétienne, puisque Tan 625 avant Jésus-Christ est la date de la destruction de Ninive.

Il ne m'a pas été possible de reconnaître le point où cessent de se montrer les constructions salomoniennes de Tenceinte du temple, au delà du Heit-el-Morharby ; les constructions particulières et celles du bazar encombrent les approches de cette enceinte, et Ton ne pourrait que très-diOicilement avoir une idée précise de la nature de celle-ci.

Il ne me reste plus, pour avoir fini avec l'enceinte du temple de Salomon, qu'à mentionner un précieux passage de Josèphe, qui concerne cette enceinte en général. A propos du siège de Pompée, il est question du temple dans les termes suivants : hpwy >cOcy<u

frf^c$o).%> ntLprtpitç icscvu Tcrcc;i^c9fiSvoy, le temple, trës-fortement couvert par une enceinte de pierre. lÀnt. Jud., XIV, iv, 1.) C'est de cette enceinte antique que je viens de signaler les parties qui ont échappé à toutes les catastrophes dont Jérusalem fut frappée avant la venue de Pompée. Le règne a Ëérode le Grand et la reconstruction du temple sont postérieurs à la prise de Jérusalem par Pompée : la très-forte enceinte du temple» à laquelle le passage de Josèphe fait allusion, ne peut donc être considérée comme l'œuvre d'Hérode le Grand, et elle lui est très-certainement bien antérieure.

Tous les escarpements qui sont au pied des murs oriental et occidental du Haram sont aujourd'hui recouverts d'une épaisse couche de remblais, dans laquelle fourmillent les débris de toute nature, et les médailles juives et romaines. Parmi ces débris, se montrent, en quantité, les fragments de marbres précieux et les gros cubes de mosaïque grossière, noire, blanche et rouge. Ceux-ci se retrouvent en plus grand nombre au fond de la vallée de Josaphat et dans le lit du Kédron. Les fragments de mosaïque appartenaient incontestablement au temple de Salomon, temple dont les portiques étaient sans doute ffarnis de ce genre de pavé. Voici comment je m'en suis assuré : j'avais ramassé, devant Mohammed, une assez srande quantité de ces cubes, et après les lui avoir bien fait reconnaître, je l'envoyai dans l'intérieur du Haram-ech-Cherif, pour voir s'il y trouverait des cubes semulables. Moins d'une heure après, il m'en rapportait une énorme

Grovision, ramassée sur le plateau même du [oriah. Us n'ont pu être apportés là d'ailleurs, puisque ailleurs on ne les retrouve pas. Us n'appartiennent pas à une mosaïque du temps aHérode, et encore bien moins à une mosaïque romaine ; il faut donc, vu leur abondance, les faire remonter au temple de Salomon. Parmi ces débris, j'ai rencontré, en outre, un beau firagment de cristal de roche, ser li^iuel paraissent des entailles régulières.

dues à un travail de gravure, aoalogw: à de la gravure au touret. Ce morceau proriéal très-probablement aussi du temple de Sab^ mon.

THERPHALÉENS. ~ Peuples mentioniié»

dans le Livre d^Esdras {nr, 9).

THABOR^Daberoth. --On trouve au pied du Thabor le village de Dabourieh, auquel il faut probablement assimiler la ville de Thabor ou de Daberoth de la tribu d*Issakhar, que nous trouvons citée dans Josué (xix, 12} et dans les Chroniques (I, vi, 77); eUeest nommée AaCccpMv dans la version grecque, et saint Jérôme l'appelle Diibeira. On voit qu'il n'y a pas bien lom de toutes ces leçons au nom moderne Dabourieh.

Une ville fut bâtie sur le Thabor luimême ; mais cette ville n'est pas de l'époque hébraïque. Elle date de l'époque chrétienne. Une église et un monastère dont on voit encore les ruines furent construits sur cette montagne célèbre. Il faut remarquer que la transfiguration du Sauveur, qui eut lieu sur une montagne, n'est pas précisée dans les évangéUstes comme ayant eu lieu sur le Thabor. Mais c'est une constante tradition. U y a eu une Thabor dans la tribu de Zabulon ; elle fat donnée aux Lévites.

THACASIN,Aatah-Kbsin.— Ville de Zabulon. (Joêué, XIX, 13.)

TUAHATH. — Vingt-troisième campement des Israélites dans le désert. INomb. xxxm,

THALASSA. — Ville de Crète, mentionnée dans les Actee (xxvii, 8).

THALASSAR, Tel-Ser. — Ville de Syrie, mentionnée dans Isaïe(xixvu, 12).

THAMAR, Tamer. — On pense que cette Thamar, mentionnée par Ezéchiel, est la Palmyre du désert. {Exech. xlvii, 19.)

THAMNAT-SARE, Tamnat-Sarah. — VUIe dans les montagnes d'Ephraïm, qui flit le domaine héréditaire de Josué, et ou il Ait enseveli. On «déposa dans son tombeau les couteaux de silex avec lesquels il avait circoncis les Israélites nés dans le désert. {Josué ^ xix, 50; XXIV, 30.)

THANAC, Thenach, Taanek. — Ville de la demi-tribu de Hanassé. Eusèbe la place h quatre milles de Legio. [Josué ^ xxi, 25.)

THANATH-SELO.— Ville d'Ephraim. [Joiué, XVI, 6.)

THAPSA, TipsacHjTefsah.— Ville mentionnée dans le /*' Livre des Rois (iv, 24).

THARE, Tarack.— Vingt-ouatrième station des Israélites dans le désert. (JYom6.xxxiii, 27.)

TRARELA, Terala. — Ville de Benjamin.

( Josué, xyui,n.)

TBEBATH. — Ville royale d'Adarezer. (/ Chron, XVIII. 8.)

THEBES,Tbres.— Ville de Manassé. (Jugts, II, 25.)

THECUE , Tecoua. — Ville et désert de Juda. La ville fut construite par Roboam. (// CAron.xi, 6.)

THELHALA, TELL-MALEH.—Ville de Babylonie d'où revinrent les Israélites après la captivité. (JFf4ra#yii, 59.)

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DICTlONNAfRE

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THEMAN, Thamna, Tema. — Ville d'Iduraée. (Job, vi, 19.)

THEMNAS, Themna, Tamnatah. — Ville sur les frontières de Dan, d'Epbraïm et de Juda, fréquentée par Samson. {Jugei^ xiv, 1.)

THERSAjERSHA.— Ville ancienne des Kénâanéens, qui tomba en partage à Manassé. Elle fut la capitale du royaume séparé dlsraël jusqu'à la construction de Samarie. (/ Rois^ XVI, 230

THESBA, Tesbha. — Patrie du prophète Ëlie, ville de la tribu de Gad. (/ Roisj xvn, 1.) Josèphe l'appelle ee^Suvii.

THOCHEN. — Ville de Siméon. (/ Chrcn., IV, 32.)

THOGOBMA, Toudjermah. — Famille citée parEzécbiel,et qui, très-probablement, est in- (liquéelà tort comme un nomde ville (xxvii,14).

THOLAD, Taouled. — Ville de Siméon (/ CAron. IV, 29.)

THOPHEL, Tafel.— Localité dans la Moabitide, où Moïse parla au peuple. [Deut. i, 1.)

THOPO. — Ville mentionnée dans les Machabées. (ix, 50.)

TIBERIADE. — rai visité avec le plus vif intérêt Tibériadc et son magnifique lac. Voici ]e résultat de mes observations consignées dans mon Voyage :

Le matin (1*' mars) nous étions sur pied de très-bonne heure, et après un premier regard d'admiration, jeté par notre fenêtre à ce magnifique lac de Gennezareth, nous nous sommes empressés d*aller faire une promenade sur l'emplacement de la Tibériade antique. Pour cela faire, il nous a fallu traverser toute la Tibériade moderne. C'est bientdt fini; deux ou trois minutes, au plus, nous conduisent à la porte de la ville, et cette porte n'est pas une des choses les moins curieuses ({ue I on puisse voir ici. Depuis le jour où le tremblement de terre a disloqué la ville entière, les battants de bois de cette porte se sont trouvés encastrés dans un tas de décombres, provenant de la muraille dans laquelle elle était percée, de sorte qu'elle reste à moitié fermée, quand' elle devrait Têtre tout à fait. 11 est vrai que personne ne s'en soucie, et que les choses seront en cet état, tant que le bois qui compose la porte n'aura pas été usé par le temps.

II faut faire un effort réel pour se croire sur les bords du lac de Gennezareth. Ici, plus de figures voilées, mais de vraies figures de femmes, habillées comme des femmes juives d'Allemagne et de Lorraine; puis des hommes, dont la plupart ont conservé, sinon tout le costume européen, du moins le chapeau rond, que l'on est fort étonné de voir transplanté en pareil lieu. Beaucoup de ces hommes ont bien la grande houppelande des Juifs syriens; mais comme celle-ci est identique avec la houppelande des Juifs polonais et allemands, et que d'ailleurs ils ont ou le chapeau rond, ou le bonnet de fourrure, l'illusion n'est pas détruite, et il faut recevoir sur la tète, pendant ciaq minutes, les rayons d'un soleil effréné, pour qu'on soit rappelé à la réalité. A Thabarieh, on est au1)ord de l'eau, c'est vrai; mais ce rivage-Iè est terri-

blement chaud» et ressemble fort à un» étuve.

Nous avons d'abord réussi à nous introduins sous de grandes voûtes du moyen Age, et oui* semblent avoir appartenu à quelque édince* religieux du temps des croisades. Elle sont tout à fait sur la rive, et ne servent aujourd'hui

3ue de réceptacle d'immondices. Il va sans ire que les Juifs du voisinage, tout surpris de nous voir entrer dans un pareil cloaque, viennent se régaler de notre vue, et, rencontre bizarre ! parmi eux se trouve une femmed'Oran, quime demande, en arabe duMarhreb, si nous sommes Français, Sur ma réponseaffirmative, elle commencé une kvrielle de bénédictions cordiales à notre endroit. Les Français sont les libérateurs de ma race, nous dit-elle, etDieu doit les bénir. Pourtant, cette bonne femme, en dépit du bonheur de vivre en Afrique, auprès des libérateurs de sa race, a suivi son mari à Thabarieh, où ils sont venus, avec tous leurs coreligionnaires, attendre la venue du Messie, et mourir en l'attendant.

En sortant de là, nous avons traversé c^ que l'on appelle le Bazar. Ce nom impliqu» une excellente plaisanterie ; car ce bazar secompose de trois ou quatre baraques, dont Tune est une boucherie, et les autres des boutiques inqualifiables , vu que Ton a bien: l'air de n'y rien vendre du tout. Devant les. magasins de ce bazar, sont des appentis debranchages, soutenus par des fûts de colonne empruntés aux ruines de l'antique Tibériade^ et, sous ces appentis, trois ou quatre Turcs ou Arabes déguenillés, sont accroupis sur le pavé et fument silencieusement leur tchibouk. Notre passage ne réussit pas à les tirer de leur apathie, et ils trouvent infiniment' plus de charme h contempler leur fumée qui tourbillonne, qu'à regarder nos figures hé-^ téroclites Nous le comprenons à merveille, et nous continuons notre chemin sans faire plus d'attention à eux qu'ils n'en font à nous-mêmes.

Nous voici hors de l'enceinte de Thabarieh. Pas un nuage au ciel I Partout sur la terre la plus riante parure d'herbes et de fleurs ; partout sur l'eau, qui reflète l'éclat du ciel, des bandes d'oiseaux aquatiques qui volent, plongent et se jouent; devant nous, les ruines de la Tibénade d'Hérode, ruines aujourd'hui à fleur de terre, et sur lesquelles la charrue passe chaque année, contournant les innombrables tronçons de colonnes qui s'élèvent au-dessus des champs. Au point oh elles s'arrêtent, deux ou trois bâtiments délabrés, ruines d'hier, bâtis par Ibrahim-Pacha sur les admirables sources thermales d'Emmaûs. A l'horizon, la vallée verdoyante du Jourdain, bornée à l'occident par les montagnes de Judée, à l'orient par celles du pays des Ammonites. Enfin, de l'autre cêté du lac, les belles et riches montagnes du Haouran. Si nous tournons vers le nord, au delà de Thabarieh, le hameau de Mecydel,et les coteaux qui bordent le lac au-dessus de Gennezareth et de Caphamaiim, premiers contre-forts de la chaîne que nous aurons à

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DES ANTIQIITES BlByQLES.

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gravir pour atteindre Safed. De quelque côté que Ton se tourne, on voit la terre qu'a foulée le pied de Jésus-Christ et cehii de ses disci* pies chéris, Teau sur laquelle ils ont naviçué. rout cela inondé de la lumière la plus spTendidel Que Ton parcoure Tunivers entier, je défie Que Ton trouve un panorama qui vaille celui-là. On se sent ravi^ pénétré, et Ton contemple avec une émotion bien vive, je le déclare, cette belle œuvre de Dieu, ce coin de terre privilé^^ié, où le Messie a laissé, à cba« que pas, un souvenir de son passage.

Nous avançons, en suivant le chemin qui ^.onçe le bord du lac et qui conduit de Thabarieh à £I-Hammam (les Bains). Sur cette route, passent incessamment des hommes et des femmes qui vont aux bains ou qui en reviennent. A droite de la route, jusqu'aux coteaux qui forment la base de la montagne sur laquelle est bâtie Thabarieh, s'étendent des champs cultivés, jonchés de fûts de colonne couchés ou debout. Dans le fianc même de la hauteur se montrent quelques rares excavations sépulcrales. A gauche sont quelaues énormes massifs carrés de maçonnerie 'apparence romaine, qui avancent de quelques mètres dans le lac. De quel édifice ontils fait partie? 11 serait bien difficile de le dire aujourd'hui ; peut-être sont-ce des môles d'un petit port où venaient se réfugier et s'amarrer les barques ; peut-être encore se reliaient-ils à un palais dont quelques papillons étaient ainsi lelés en avant, pour demander un peu de fraîcheur aux belles eaux transparentes dulac. Ce que jeleurdemande, moi, ce matin, ce sont de charmantes coouil* les fluviatiles, accrochées sous l'eau au flanc des pierres, et dont je fais ample provision. A voir l'immense quantité de ces coquilles à l'apparence marine, mortes et roulées par le ilôt, former un épais cordon qui ourle la

S^rève, on se croirait au bord de la mer. U aut, en vérité, goûter l'eau du lac, et se convaincre ainsi qu'elle est douce, pour ne pas se laisser aller à l'illusion.

Le lendemain (2 mars) nous sommes allés visiter la partie du Jourdain du lac de Tibénade. Le temps est aussi beau qu'hier, et promet déjà d'être aussi chaud. Cependant, quelques nuages errent au ciel ; peut-être donc le soleil nouslaissera-t-il, par-ci par-là, quelques moments de répit. Nous avons pris exactement le même chemin qu'hier matin nous avions pris ; serrant donc de très-près la rive du lac en longeant les ruines de Tibériade, nous sommes arrivés, au bout d'une demi-heure, en face des bâtiments des eaux thermales d'El-Hammam. Je les avais bien jugés de loin ; ce sont de vraies masures croulantes et qui font peine à voir. La source, extrêmement chaude, qui alimente ces bains, s'écoule dans le lac par deux ou trois rigoles tapissées d'une croûte de sédiment, blancliâtre dans l'une, et verdfttre dans une autre.

Dès ia plus haute antiquité, celte source a joui d'une grande réputation, qui, du reste, parait méritée. Pline en fait mention; mais c'est surtout Josèphe qui en parie de la ma-

nière la plus précise. Nous lisons dans son livre (Ant.Jud,, IV, i, 3), à proposde la fondation de Tibériade, que le tétrarque Hérode (qui était lié d une étroite amitié avec Tibère) bâtit une ville dans la plus belle partie de la Galilée, sur le lac de Gennezaretn, et lui donna le nom de Tibériade. Il sgoute que des . thermes, nommés EmmaUs, touchent à la

même ville, ^ep^xà Si oOx &icu)6ftv Evcoxcv Iv .

xwfiTi* 'Efii^aoûç 8vojjwi aùTfj. Ce nom d'Emmaûs (ou d'Ammaus, car Josèjphe l'écrit des deux manières), nous est expliqué par lui dans son. second passage {Bell. Jud,^ iV, i, 3), où il nous apprend que Vespasien, ayant quitté le camp Qu'il avait établi à Ammaûs, devant Tibériaoe, se rendit à Gamala. A ce propos, Josèphe dit entre parenthèses « que le nom > d'Ammaiis, si l'on veut l'interpréter, signifie eaux chatÂdes. Là en effet se trouve une sour- • ce d'eau chaude très-salutaire pour la guérison des maladies (fjie0eppiT]veuo{Aévii6à *A[A(Aoaûc

Ospfxà XéYOrt* &v, loTt yào iv aûrj irTjif^ Gep{juïjv ùtàtoiv izphç Axcffiv liciTfjOeiOç). i

Vespasien avait choisi ce point pour y asseoir son camp, parce qu'après être entré sans coup férir à Tibériade, il lui fallait encore réduire Taricheffi, placée vers la pointe sud du lao, et derrière les murs de laquelle les Juifs s'étaient retirés. Déjà Irby et Mangles avaient remarqué, au norddessourcesd'El-Hammam, des coupures très-distinctes qui relient le lac à la montagne qui le domine, et ils avaient supposé que c'étaient les fossés du camp de Vespasien. J'ai moi-même parfaitement re^ marqué ces coupures, qui sont indubitable- , ment les retranchements du camp de Vespasien. Josèphe raconte que les Juifs duTaricheœ, conduits par leur chef lèsous, vinrent, se ruer sur ce camp, au momentmême oùles soldats romains en construisaient l'enceinte, et qu'ils réussirent non-seulement à chasser, les travailleurs, mais encore à détruire une partie de l'ouvrage déjà fait. (Bell, Jud., lll,i X, 1.) Bientôt les Romains se rallièrent, fon-, dirent à leur tour sur les assaillants, qu'ils culbutèrent et mirent en déroute. Ilsles poursuivirent l'épée dans les reinb jusqu'aux bar- Îues qui étaient prêles à recevoir les fuyards, oussant alors au large, mais restant à portée de trait, les Juifs, dit assez plaisamment Josèphe, engagèrent un combat naval avec âes ennemis placés sur terre.

Peu de temps après que les fossés du camp de Vespasien sont dépassés, on commença à rencontrer des ruines très-considérables de construction en blocs de lave, non équarris comme ils le sont dans celles de Tibériade ; ce ne sont que des arasements, mais parfaitement distincts et reconnaissables. On y retrouve des enceintes, des allées de pierres, des murs de soutènement et des bases de tours rondes qui dominaient le lac. Le long de celui-ci parait encore sur une assez grande étendue un murdequai.n n'est pas possible, je crois, de se troniper sur le nom de cette ville antique : c'est Taricheœ, sur laquelle je vais revenir tout à l'heure.

Ces ruines intéressantes se montrent pen^ daat près d'une demi-Ueure» puis elles ces-

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DIGTlOiNNAlRE

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s<3nt de paraître pendant dix miaules de chemin, pour se rencontrer encore, sur une beaucoup moins grande étendue. Cette interruption, d'au moins un kilomètre, doit-elle être regardée comme nécessitant en ce point la présence de deux villes détruites? Je ne sais. Peut-être la plus éloignée au sud estelle la ville primitive, qui se sera rapprochée postérieurement d'El-Hammam et du site de Tibériade. Du reste il ne serait pas impossible, à la rigueur, que les traces delà portion de la ville qui aurait occupé cet intervalle d'un kilomètre, resté vide aujourd'hui, eussent disparu, bien qu'il paraisse au moins étrange que, sur toute cette étendue de terrain, il n'y ait plus un seul bloc de lave.

Saïd, interrogé par moi sur le nom de la ville dont nous traversions les ruines, m'a ré* pondu : Kedes. J'avoue que j'ignore complètement d*où peut provenir cette dénomination, que je trouve déjà inscrite sur la belle carte de Zimmermann.

Au delà des ruines placées au sud de Taricheœ, la montagne s écarte rapidement de la côte, et là commence véritablement le Rhôr, c'est-à-dire la plaine humide du Jourdain. On marche encore une bonne demi^ heure, et Ton se trouve alors à la pointe sud d'une petite vallée marécageuse, qui semble n'être qu'une véritable laisse du Jourdain dominée à l'ouest par le flanc des premières pentes de la montagne, et à Test par un énorme massif très-élevé, et qui forme comme une sorte de jetée immense, construite pour contenir les eaux du lac au point même où le Jourdain s'en échappe. La régularité de construction de ce massif est telle, <iue j'ai grand'peine à croire que ce ne soit pas une colline artiûcielle, due à la main de l'homme.

Le Jourdain, au point où il sort du lac de Gennezareth, point qui se trouve placé latéralement et un peu en deçà de l'extrémité sud dti lac, se retourne brusquement à l'ouest, en faisant un angle droit avec le ^rand axe du lac. Il ne suit, du reste, cette direction que sur une longueur de deux à trois cents mètres, après laquelle il se redresse brusquement au sud. C'est cette branche du Jourdain dirigée à l'ouest qui alimente d'eau le marécage que j'ai désigné tout à l'heure.

A l'extrémité de la grande jetée est le point de débarouement des voyajgeurs, que le seul bac qui desserve les deux rives du Jourdain amène de la rive orientale. Sur cette rive orientale, à un kilomètre environ, à gauche du f)oint de départ et d'arrivée du bac, on voit e village de Samakh, et plus loin encore, à ^ucbe, des ruines très-apparentes, même de si loin, et qui portent le nom de Kharbet- Samrah. Quelle est cette Samrah? Je serais assez tenté de croire que c'est la ville dont Hyrcan s'empara après avoir pris Medaba, et

f[ue Josèphe appelle Samœa (2«f»»i«, BelL Jud., , u, 6) et Samega (in/uyi, Ant. Jud,, XIU, ix, 1). Dans ce dernier passage, Josèphe nous apprend que Hyrcan, dès qu'il connut la mort d'Antiochus Eusèbes, marcha sur les villes de

la Syrie, espérant les surprendre sans défen* se. Medaba (ville de la rive orientale du Jourdain) résista pendant six mois, et après la ré* duction de cette ville, ce fut le tour de Samega, ou Samœa, et des lieux environnants; puis vint le tour de Sichem et du Garizim. Pour venir de Medaba à Sichem, Hyrcan devait aller passer le Jourdain au point où sont les ruines du pont connu sous le nom de Djesr-Omm-el-kenatir, c'est-à-dire à un quart de lieue du point où le Jourdain sort du lac de Gennezareth. Notre Samrah est donc convenablement placée pour représenter la Samega de Josèphe.

A la pointe nord de la grande jetée qui sert de diioie à la sortie du Jourdain, se trouve un grand mamelon couvert de décombres et cdblé de citernes. Un second mamelon, phis petit et couvert également de ruines, est au nord du premier, avec lequel le relie une jetée que recouvrent aussi des décombres. Ces ruines sont évidemment modernes, et représentent un pauvre village arabe qui a, comme tant d'autres, disparu depuis un petit nombre d'années ; il se nommait, et ses restes se nomment encore^ £1-Karak. On a pensé qu'on pouvait retrouver dans cette dénomination une trace du nom antique de Tarichead. J'en demeure d'accord. Mais on a voulu identifier le site d'EI-Karak avec celui de Tanche», et ici je ne puis plus être aussi coulant. C'est tout simplement impossible, et je vais tout à rheure le démontrer de façon à ne pas laisser, je crois, de place à la réplique. Commençons par dire quelques mots de l'histoire de Taricneœ.

Cette ville était située à trente stades de Tibériade (c{,' T«piy«{ftc, xHç Ti^tpUcioç ^vf^r^tST

9râ9c« T/}HcxcvTa, rif. Jof., 32).Voici comment Josèphe décrit le site de Taricheie, dont il écrit le nom indifféremment Ta^c^ftcki etTMiycflti. Cette ville, dit-il, est située, comme tibériade, au pied d'une montagne, et munie d'une forte muraille d'enceinte, mais non aussi forie que celle de Tibériade (cette muraille, c'est lui-même, Josèphe, qui l'avait fait construire) ; toute la ville en était entourée, excepté du côté où elle était baignée par les eaux du lac. {Bell. Jud., III, x, 1.) Il parait pnd)able que la ville avait reçu son nom des salaisons qui s'y fabriquaient, et qui étaient faites avec les poissons péchés dans le lac.

La première mention de Tanche» faite par riiistorien des Juifs est contenue au chapitre XIV de ses Àntiquiiéi Judaiquei (VII, 3) ; elle nous apprend que Cassius, s'étant réfugié en Syrie, s'en empara et en chassa les Parthes. Il revint alors à Tyr, et marcha de là sur b Judée. Dans cette expédition, il se rendit mettre de Taricheœ à la première attaque, et il j lit trente mille captifs. Dans la première année de son règne, Nénm donna à Agrippa une partie de la Galilée, et entre autres Tibériade et Taricheœ; et, de plus, Julias de la Pérée, avec quatorze bourgs qui en dépendaient. (Ànt. Jud., XX, VIII, 4.) J'ai déjà dit tout à l'heure que ce fut l'historien Josèphe qm, i l'occasion de la venue des Romains en Galilée, mit Tanche» en état, de défense, avec

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DES ANTIQUITES «BIJQUFS.

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nombre d'autres places. {BelLJud,,l\, xx, 6.) Taricheœ avait un hippodrome, nous l'ap-

Erenons par le récit émmemment curieux de i sédition qui fut fomentée contre Josèphe, par quelques jeunes gens du village de Dabe-

qui avaient dévalisé Ptolémée, procurateur d'Agrippa et de Bérénice, et qui avaient apporté le produit de leur vol à Taricheœ, où josèphe les en avait dépouillés. Les mécontents s'étaient rassemblés, dit Josèphe, au nombre de cent mille li<»ç Unm lAMpwUç) dans l'hippodrome situé près de Taricheœ (iv râ

Mira Tflt/Biyfaff ciriro^pifftM, Bill. Jtld.,11, XXI, 3>.

Ceci implique évidemment une exagération énorme.

Les Tarichéates,voulant passer dans le parti d'Agrippa, en furent empêchés par Josèphe. {Vit. Joi., 32 et suiv.) Le jour même ou ils vinrent attaquer le camp de Vespasien, près des thermes d*Emmaus, ils furent, ainsi que nous l'avons vu, repoussés par les soldats romains, jusque sur leurs barques. Au même moment, Titus attaquait, par l'ordre de son père, un rassemblement considérable qui s'était formé dans la plaine voisine de la ville. Titus, bien que se voyant très-inférieur en nombre (il n avait d'abord avec lui que six cents cavaliers d'élite) , allait charger, lorsque Trajan, amenant quatre cents autres cavaliers, ^int renforcer sa troupe; d'un autre côté, Antonius Silo, à la tète de deux mille archers, avait été envoyé par Vespasien, pour occuper les hauteurs qui dominent la ville, et écarter à coups de flèches les défenseurs des murailles. Les Romains, développant alors un front de bataille égal à celui de Tennemi, fondirent sur lui en jetant de grands cris. Les Juifs essayèrent de soutenir le premier choc, bien qu'ils fussent terriûés par Tordre parlait avec lequel cette charge de cavalerie s'exécutait sur eux. Mais leur ligne fut bientôt rompue, et tout ce qui n'était pas blessé à coups de javelots ou écrasé par les chevaux, s'enfuit en désordre vers la ville. Titus, lancé à la poursuite des fuvards, en fit un grand massacre. 11 cherchait a leur couper la retraite, et à les rejeter dans la plaine, sous les coups de ses cavaliers; mais ils réussirent, par leur masse même, à se frayer un passage, et ils finirent par se réfugier derrière les murailles de la place.

Presque tous étaient des Juifs étrangers è la ville, et lorsqu'ils y furent rentrés, les habitants auxquels cette guerre, qui comprometlait leurs biens et leur vie, plaisait médiocrement, et qui d'ailleurs venaient de voir périr un grand nombre des leurs, cherchèrent à si'. révolter contre ceux que les Romains avaient mis en fuite ; mais ceux-ci étaient en majorité; une dissension tumultueuse s'éleva entre les deux partis, et de grands cris se firent entendre au-dessus des murailles. Titus alors, avec cette rapidité de vue et cette énergie qui font les héros, comprit que le moment était op-

Sortun pour se rendre maître de la place, et onnant l'exemple de l'audace, il lança son cheval dans le lac, tourna ainsi le rempart, et, suivi de sa ravalerio qui ne voulut pas rester

en arrière d'un pareil chef, il fit irruption dans Taricheœ, par la portion du rivage qui n'était pas défendue par un mur de quai.

On comprend quelle terreur dut s'emparer des Juifs a la vue de cet audacieux coup de main. Les uns s'enfuirent à travers champs, et beaucoup d'autres périrent en s'efforçant de se réfugier sur leurs barques, ou de suivre k la naçe celles qui, chargées de monde, avaient réussi à s'éloigner de la cête. Titus finit par avoir pitié des habitants qui n'osaient se défendre, et lorsque tous ceux qui avaient pris part à l'action eurent été mis a mort, il donna l'ordre de cesser le carnage. Ceux qui s'étaient réfugiés sur le lac, voyant la ville au f)ouvoir de l'ennemi, s'enfuirent au large, et e plus loin possible des Romains.

Vespasien, informé aussitôt du succès de cet incroyable fait d'armes, ordonna sur-lechamp d'entourer la ville, et de mettre k mort quiconque essaimerait d'en sortir. Le lendemain, il vint à Taricheœ, et fit commencer aussitôt la construction de radeaux, à l'aide desquels il pût poursuivre et atteindre ceux

Î[ui avaient lui sur le lac. Dès que ces radeaux urent prêts, ils furent lancés contre les Juifs, qui essayèrent vainement de résister. Les Romains en firent un effroyable massacre, sur le lac d'abord, et ensuite sur la côte où ils avaient été rejetés, si bien que l'air Ait longtemps empesti^,sur les rives du lac, par les cadavres en putréfaction. Avec ceux qui avaient péri à la prise de la ville, le nombre des morts s'éleva à six mille cinq cents.

Aussitôt le combat naval terminé, Vespasien réunit un conseil de guerre à Taricneœ même, et on y discuta le sort à réserver aux vaincus. Les habitants de la ville une fois mis k part et

I)ardonnés, Vespasien fit semblant d'accorder a vie sauve aux Juifs étrangers, mais il no leur laissa que la liberté de s en aller du côté de Tibériade. Les soldats romains en gardaient le chemin, pour que personne ne pût s'en écarter. Tous durent donc entrer è Tibériade, et ils y furent aussitôt enfermés. Vespasien les y suivit aussitôt, les fit tous amener au stade, et donna l'ordre de mettre immédiatement à mort les vieillards et les infirmes, au nombre de douze cents. Les plus jeunes et les plus vigoureux, choisis au nombre de six mille, furent envoyés à Néron à l'Isthme, et de la multitude de surplus, trente mille quatre cents furent vendus. Un certain nombre fut en outre réservé à Agrippa pour qu'il en fit k son bon plaisir, et ce monart^ue les fit vendre. II est difficile de ne pas croire qu'il y a beaucoup d'exagération dans les chiffres cme Je viens de rapporter. (Bell. Jud.^ Ill,(x, i-lCT.) Du curieux récit dont j'ai donné l'analyse le plus succinctement qu il m'a été possible, il résulte, 1* que les murailles de Taricheœ et la ville elle-même étaient dominées par une montagne; 2* que la grève non garnie de murailles était de nature k permettre k Titus et k ses cavaliers d'entrer dans la viHe, en faisant passer leurs chevaux par le lac. Ces deux faits sont parfaitement exacts, en ce qui regande les ruines qui se nomment Kedes,et qui sont bien celles de Taricheœ; ils deviennent for-

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cément inadmissibles si Ton veut voir Tanche» dans les ruines du village très-probablement moderne d'Bl-Karak. Celui-ci n'a donc, comme je Tai dit, pris que le nom de la ville antique en l'estropiant, sans en prendre la place.

Une fois installés au bord du Jourdain, nous nous sommes dispersés pour faire la chasse aux insectes, aux coquilles fluviatiles et aux plantes, et nous avons ramassé force merveilles. Nos amis ont tué des mouettes qui se montrent en grande quantité à la sortie du Jourdain ; mais, sans en être bien sûrs, nous avons considéré ces oiseaux comme identiques avec nos mouettes des bords de l'Océan, et nous les avons laissés là. La tournure d'un autre oiseau d'eau m'a beaucoup frappé dans notre promenade : c'est une sorte de gros martin-pècheur, tacheté de noir et de blanc, et qui porte une belle huppe sur la tète.

Après quelques heures employées à explorer les environs du point curieux où nous nous étions installés pour déjeuner, il a fallu songer à regagner Thabarieh. Au retour, nous avons renouvelé toutes nos observations sur les ruines curieuses de Taricheœ (163).

En repassant auprès des bains d'El-Hammam, on remarque, sur le flanc de la montagne, en avant de l'étabiissemenl thermal, c'est-à-dire au sud, un petit édiûce ruiné au milieu duquel paraissait debout un tronçon de colonne. Pour les Juifs de Thabarieh, cet édiflce est le tombeau d'un prophète. Mais c'est là une tradition extravagante : l'édifice en Question est d'une construction plus que méaiocre, et qui trahit une très-faible antiquité. D'ailleurs, la prétendue colonne est composée de deux tambours de colonne, superposés, il est vrai, mais de diamètres tout différents. Ce tombeau, si c'en est un, ne vaut donc pas trop la peine que l'on se dérange de son chemin pour le visiter.

Xai vérifié, en revenant, que les excavations sépulcrales que j'avais aperçues de loin hier matin sont au nombre de deux. Elles paraissent difficiles à atteindre, et il faudrait une course spéciale et assez longue pour aller les étudier. Je suppose qu'elles sont analogues aux caves sépulcrales des nécropoles que nous avons rencontrées déjà tant de fois.

Tontes les ruines de la Tibériade antique sont au sud de la Thabarieh du moyen âge ; au nord, il n'v en a pas trace. Ainsi que je T'ai déjà dit, les fûts de colonnes s'y montrent en très-grande quantité, surtout au point que les Juifs appellent l'Ecole talmudique. Sans aucun doute, des fouilles entreprises sur toute l'étendue du terrain compris entre la ville actuelle et El -Hammam seraient on ne peut plus productives; mais qui les entreprendra jamais?

Nous étions arrivés à la porte de Thabarieh à cinq heures précises. A quatre heures dix minutes, nous touchions, en revenant du Jourdain, aux ruines de la première ville placée au sud de Taricheœ. De là aux ruines

d'El-Karak, c'est-à-dire à b fêle nale de la digue, il y a une àaotmmi chemin. Il y a donc , a très-peu pièi, kfk barieh à la sortie du Jourdaïa^pooraeka vingt minutes de chemin , en marchai k train, c'est-à-dire en faisant un peojiBA kilomètre toutes les dix minutes. Cal é environ neuf à dix kilomètres de dotatl peut encore déduire de lè les distawit vantes : il y a sept à huit kilomèlni fei porte de Thabarieh à lA^pointe sud deii4 en ruines , placée au delà de Tanchei;i kilomètres de Thabarieh à la poule m Taricheœ, dont les traces ont à paa deux kilomètres d'étendue; enàn,tniife mètres, au plus, séparent El-Hanauièl ville.

Maintenant que nous aTons vutortap nous avions à voir à Thabarieh et aiiÉi cette ville, nous faisons nos prép«ili|H en partir demain matin. Voyons mémi ce que l'on sait de l'histoire de Tibénk

Josèphe nous apprend qu'une ville hl^ dée par Hérode Antipas, le tétraraotéiff plus belle partie de la Galilée, au mai de Gennezareth, et qu'elle reçut kaè Tibéritfde,en Thonneur de Tibere,a«ai le tétrarque était lié d'amitié. CdKft beaucoup de peine à créer une pofÉa pour sa nouvelle ville , et ce ne M 91 accordant des immunités à ceux qâï\m raient, en leur construisant des nmsmH leur concédant des terrains* qu'il parnir établir un ramassis d'étrangers, étamm la condition libre n'était pas sdumi établie, et de Galiléens qm y furaAiB plantés par force. La cause réelle àt tf répugnance était que des sépulcres M été détruits pour jeter les fondemeabki nouvelle ville, et que, par conséquent^Api les lois judaïques , les habitants d'oie i pareille étaient frappés d'une imp«ci( sept jours. {Ani. Jwi., XVUI, o, VH avons déjà dit plus haut, en parlant de Di cheœ , que Tibériade fut donnée par Mm Agrippa le Jeune. {Ani. /luf., XX,ni,i Cette ville est une de celles que FlavinsJi phe mit en état de défense, lorsque TiM romaine menaça la Galilée, (il^lf. M, XX, 6.) Jean, nls de Lévi. natif de Gm ayant ameuté par envie le peuple ca Josèphe, celui-ci voulut haranisuer k$à tieux réunis au stade. {Bell. JimI., D, m Il y avait donc un stade à Tibériade, tf stade était au bord du lac ; car Josèphe, f dant son allocution , se Tojrant sur le il d'être assassiné par les émissaires de II sauta à bas d'un tertre de six pieds de b sur lequel il s'était placé pour mieux le I entenare, et se trouva sur le rivage. 1 hasard, une barque se trouvait à sa pofiii s'y jeta avec deux soldats qui firent fera rames, et H se sauva au large. (£oc. ni.;

U y avait à Tibériade un palais c«Qfl par Hérode le tétrarque : ce palais était, 9 gré la sévérité de la loi judaique, onif

(165) EOenae, dans ses Etkniquft , dit, aa mol Tapix^ai, que dlMreMaMiil au »iB|iilier et ao pluriel.

le nom de cetle ville s

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DES ANTIQUITES MBLIQUES.

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représentations d'êtres animés (c^««iy uopm ffxovnc). Josèphe, chargé de mettre la Galilée en état de défense, vint de Sepphoris devant Tibériade; et, &*arrétant à un endroit nommé

Bethmai {tlç «ûfiny xnà, BdO^covc liyoiii'''mt^ Air/;(Ovaffy TtUptàioç arOiilo'jç twapa) et éloiKOé

de quatre stades seulement de la ville (164]y il manda le sénat de Tibériade et les principaux habitants; il leur dit qu'il était chargé par le sénat de Jérusalem de venir leur demander de détruire de fond en comble le palais d*Hérode, dont la présence était un scandale. Les habitants de la ville résistèrent quelque temps , puis ils finirent par se laisser persuader, et la destruction du palais en

Îuestion fut décidée. Un certain lesous, fils e Sapphias, qui était le chef des mariniers et de la lie du peuple, fut plus prompt que Josèphe et ses adhérents : par ses soins, le pa'ais fut livré à Tincendie et pillé à Finstant même, au grand déplaisir de Josèphe. {Vit. Jos., 12.)

Celui-ci, quand il fut à la tête de la ville, eut toutes les peines du monde à la maintenir dans le devoir. Sa population était turbulente et inquiète; tout ce qui était nouveau lui paraissait bon, et à plusieurs reprises Josèphe eut à réprimer des mouvements insurrectionnels. Une fois même il dut entrer de vive force dans la place, après un combat opiniâtre dans lequel la victoire faillit rester aux habitants. {VU. Joi.^ 63.) Dans une autre circonstance, Josèphe arrêta les Galiléens, qui voulaient descendre à Tibériade et mettre la ville à sac, pour la punir d'avoir songé à pactiser avec le roi Agrippa et avec les ennemis de lar nationalité judaïque. {VU. Joi., 68.)

Lorsque Vespasien entra sans coup férir à Tibériade, avant la prise de Taricheœ, il vint, avec trois légions, camper en un point nommé Sennabris , et qui , bien qu'éloigné 4e trente stades de Tibénade, était parfaitement visible de cette ville. Cet endroit était donc trèsvraisemblablement sur les hauteurs, puisque Vespasien , venant de Scythopolis (Bevsan) , ne passait pas par Taricheœ , qui était dans le Rhôr, entre Beysan et Thabarieh. Vespasien avait envoyé en parlementaire un certain Valerianus , à la tête de cinquante cavaliers. Quand ils eurent mis pied à terre , pour prouver leurs bonnes intentions, lèsous, fils de Sapphias (il est appelé cette fois fils de Sapnat) , fondit sur les Romains k la tête des bandits qui l'avaient pris pour chef, saisit les chevaux, et fit prisonniers quarante-cinq soldats qui ne se défendirent pas. Le sénat de Tibériade, désolé de cette iniamie, fit aussitôt demander grflce pour la ville à Vespasien, qui, le lendemain, envoya Trigan avec de la cavalerie au sommet de la montagne (165), afin de sonder les dispositions de Ta population; et quand Trajan se fut assuré Quelles étaient bonnes, l'armée tout entière leva le camp y et, traversant Tibériade, vint camper,

(164) Ce village devait être irèi-proliablein^nt au bas de la descente qui améue a TbalNirieb. Là edediveroeni se momifiii qiMlqiMS miiieade irètpey d^importiDce, et dont je n*ai pas recut^Ulle

ainsi que nous l'avons vu, entre cette ville e^ Taricheœ, où lèsous et ses partisans s'étaient réfugiés en toute h&te.

S. Epiphane {Adv. hœrti,^ 1. 1, p. 128} nous apprend que Joseph , Juif converti , reçut de l'empereur Constantin la permission de construire une église à Tibériade, à Dio-Cœsarea et è Capharnaiim. Jusque-là le séjour de Tibériade n'avait été permis ni aux Chrétiens, ni aux Samaritains, ni aux étrangers. Le premier évéque connu de Tibériade est Jean» 3ui souscnvit aux actes du concile de Chalcé« oine en 451. En 536, un autre évêque de Tibériade , du même nom , assista au concile de Jérusalem ; et enfin , au concile de Constantinople,tenu en 553, parut un évoque de Tibériade nommé Georges. S. Epiphane {Adv. hœres.f K it p- 136, 137) raconte que ce Joseph, autonsé par Constantin, s'empara, pour construire son église, d'un vaste temple qui était resté inachevé, que Ton appelait 1 Adrianœum, et que les habitants de Tibériade désiraient transformer en établissement de bains publics.

Après la destruction de Jlérusalem , Tibériade fut le refuge des docteurs du judaïsme. Us y fondèrent une très-célèbre école talmu-^ dique, qui fut florissante jusqu'au iv* siècle de notre ère, époque ott la conversion de Constantin permit de construire une église chrétienne aans cette ville. Justinien fit relever les murailles de Tibériade, ainsi que nous r&pprend Procope. {De œdif. Just. v, 9.) Aboul-Féda, dans sa Géographie^ dit de Thabarieh que cette ville, dqà ruinée de son temps, fut enlevée aux Chrétiens par Selahed-Dyn.

Une petite église de Saint -Pierre existe aujourdhui à Thabarieh, et elle a trèsvraisemblablement pris son nom de l'église qu'Hélène, mère de Constantin, fit construire à Tibériade sous le vocable de saint Pierre. Ce fait est constaté dans YHiitoire ecclésiaiti'que de Nicéphore Kallistus.

On a quelquefois pensé , d'accord en cela avec saint Jérome, q^ue Tibériade avait pris la place de la ville qui, dans l'Ecriture sainte» est nommée Kenret ; mais Reland a parfaitement réfuté cette opinion à l'aide du raisonnement suivant, qui me paraît décisif : Kenret {TVûoi) , qui a autrefois donné son nom au lac de Gennezareth , était une ville de la tribu de Nephthali. Uosué^ xix, 35.) La frontière méridionale de riephthali commençait à Capharnaiim, puisque l'Evangile de saint Matthieu (iv, 13) nous apprend que Capharnaiim était située sur la limite des teiTitoires de Nephthali et de Zabulon. Celui de Nephthali était au nord, et celui de Zabulon au sud; et comme Tibériade était au sud de Capharnaiim, dès lors, puisqu'au sud de Capharnaiim était le pays de Zabulon, Tibériade, située dans le territoire de Zabulon , ne peut être identifiée

nom.

(165) Ce fait prouve sans répliuae que Sennabrii^ où VfnfKitieii omifitit, était sur les bauteiurs.

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avec Kcnret, qui était Irès-posilivement une ville de la tribu de Nephthali (166).

n en est absolument de môme de l'opinion des rabbins qui veulent retrouver à Tibériade le site des villes nephthaliennes de Raccath et de Hammath. Pour cette dernière, j'ai cherché à ridentifier avec le Qalâat-el-Hamroam, et je ne crois pas m'ètre trompé en le faisant. Il est probable, comme le dit Reland {Palœst., p. 1037), que cette identité a été proposée

Krce que le lac portait h la fois le nom de i de Kenret et de lac de Tibériade : d'oti Ton a conclu que Kenret et Tibériade étaient la même ville. A ce compte, Tibériade serait aussi Gennezareth, Gennessar, et, qui plus est, la Galilée, puisque le lac s'appelle indifféremment le lac de Gennezareth (Evangiles), le lac de Gennesar (Josèphe) , et la mer de Galilée (Evangile de saint Marc). On peut voir à l'article Gennezareth ce que j'ai dit sur le nom Kenret.

Au moment de notre départ, j'ai aperçu dans une muraille deux fragments de sculpture assez intéressants, et dont je me suis hâté de prendre des croquis. L'un , que le propriétaire afiirme avoir été tiré des ruines u'Omn-Keys (l'antique Gadara), situées sur l'autre rive du lac, représente le chandeher à sept branches , entouré d'une couronne et accompagné de deux couteaux de sacrifice. L'autre est un fragment de porte antique , offrant l'encadrement à crossettes des tombeaux de la vallée de Hinnom. Probablement ce dernier morceau provient des ruines de Tibériade.

TICHON. — Limites du Hauran. {Exech.

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