Sédékias
De cette liste, il résulte que onze rois et le grand prêtre Joad ont été déposés dans le sépulcre des rois, et que, parmi les rois dont les corps n'y ont pas été inhumés, trois, le 7% le 11* et le 13', avaient dû y faire préparer pour eux, de leur vivant, des tombes gui sont restées vides ; et, enfln, que huit rois n*ont pu y être enterrés.
Il ne paraîtra sans doute pas sans intérêt de comparer le nombre des tombes des (}bourel-Molouk, aux nombres des trois séries de rois que je viens de signaler.
Quinze personnages ont fait préparer leurs tombeaux dans les caves royales , et trois d'entre eux n'y ont pas été déposés. Aux Qbour-el-Molouk, quinze tombes ont été préparées pour recevoir des sarcophages. Il y a donc ici une coïncidence bien étrange, si elle n'est que l'etfet du hasard. Cinq tombes seulement sont restées à l'état d'ébauche, et comme toutes les places disponibles, vu l'étendue des grandes chambres sépulcrales, ont été employées, soit à l'état complet, soit .à l'état d'ébauche, il en faut conclure, s'il y a identité entre les Qbour-el-Holouk et les caveaux des rois de Juda, que les deux derniers rois, Joakin et Sédékias, n'y ont pas choisi de place pour eux-mêmes.
n est bien entendu qu' Athalie ne doit pas entrer en ligne de compte, et qu'il n'est pas
Sossible de songer à elle, si l'on cherche à xer l'ordre d'inhumation des rois daDS les Qbour-cl-Molouk.
On voit que j'admets l'identité des Qbourel-Molouk avec les tombeaux des rois de Juda, avant d'avoir détruit les objections que Ton
peut élever contre l'opinion que j'émets aujourd'hui. Mais je les examinerai plus loin, et j'espère alors faire voir que ces objections ne sont qu'apparentes, et qu'il est facile de les réfuter.
Revenons à l'ordre des inhumations.
Je l'ai déjà dit, la place d'honneur revient de droit au saint roi David. C'est donc bien lui qui était inhumé dans la petite chambre inférieure, ne contenant qu'un seul sarcophage, et placé dans l'axe même du vestibule. 8orTes deux étagères ont été très-probablement placés les trésors pillés plus tard par Hyrcan et par Hérode le Grand .
Dans les six tombes de la première chambre la plus rapprochée du corps de David, ont été enterrés : Salomon, Roboam, Abias, Assa et Josaphat. La tombe de Joram a été préparée, mais n'a pas reçu le corps de ce roi. C'est peut-être celle qui ne présente pas de petite chambre cachée, destinée à recevoir les objets précieux enfouie dans la tombe des rois.
Dans la seconde chambre se trouvent six tombes, complètes ou simplement ébauchées, plus l'entrée de la seconde chambre inférieure, où est placé un sarcophage orné de rosaces.
Nous devons donc y trouver les places d'Okhosias, de Joad, de Joas, d'Amazias, d'Ozias et de Jotham.
En commençant par la face du fond et par la tombe du milieu, nous avons celle d'Oknosias ; à droite est la tombe du grand prêtre Joad, et cette tombe n'a pas de réduit; cela devait être, puisqu'il s'agissait d'un grand prêtre, sans trésors que l'on pût enterrer avec lui. La tombe complète de gauche est celle de Joas; elle a été, ainsi que je l'ai dit, construite, mais elle est restée vide.
Prenant ensuite les trois tombes du côté gauche, celle du milieu, qui a été occupée, revient h Amazias ; celle qui est placée audessous, et qui n'est qu'ébauchée, revient à Ozias, le roi lépreux; elle est donc restée à l'étal d'ébauche, pour le motif qu'on a vu plus haut. Enfin, la tombe inférieure, qui a été occupée, est celle de Jotham.
Mais, pourquoi les tombes d'Amazias et de Jotham u'ont-elles pas de réduit destiné à cacher des objets précieux, des trésors? Le voici, je crois : Joas, roi d'Israël, après s'être emparé de Jérusalem et avoir fait prisonnier Amazias, s'en retourna à Samarie, « emportant tous les trésors du temple et tout ce qu'fl y avait d'or et d'argent dans le palais d'Amazias (180). » Celui-ci, presque aussitôt après, fut forcé de s'enfuir à Lakis, où il périt assassiné. Quels trésors eût-on pu enterrer avec un roi qui s'était fait dépouiller par l'étrianger et qui uavait plus d'amis? Aucun, sans doute :
f)Our lui donc l'absence de cachette est paràitement justifiée.
Passons à Jotham. Le règne de celui-ci fut heureux et prospère, il imposa un tribut annuel aux Ammonites ; il aurait donc pu laisser des trésors après lui ; mais il dut dépenser des
(180) < Toûç T£ ToO 6eoO ar^aaupoùç &vef>eTO, xa\ aiXe^oi^ l^ç^pi^ae. » ( Josèpue . Ant.
Juc/., IX»
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sommes éoormes à relever et à orner la cité sainte et le temple; rien ne nous dit que ce fût un roi songeant à faire des économies, bien au contraire. (Josèphe, Ant. /ud., IX, xi, 2.) L'absence de la cachette dans son tombeau est donc jusqu'à un certain point naturelle.
Passons à la 3* chambre, en nous réservant de revenir à la 2* chambre de l'étage inférieur. Nous avons ici six tombes nouvelles.
Sur le côté gauche, celle du milieu a été préparée, mais elle n'a pas de cachette ; la tombe d'Akhaz a dû être préparée, mais n'a pas servi. Akhaz, qui avait payé des sommes énormes au roi d'Assvrie, Tiglat-fela-sar, en ruinant le trésor royal et le trésor divin, n'avait garde de laisser, après lui, des sommes considérables à enterrer dans son tombeau.
Aux deux côtés de la tombe d'Akhaz sont deux tombes ébauchées. Or Ëzékhias devrait, ce semble, occuper une de ces deux tombes. Heureusement la Bible nous vient en aide. Ezékhias fut enterré avec luxe dans une chambre particulière, rhyiCD» C'est donc à lui que j'attribue sans hésitation la seconde chambre inférieure, dans laquelle on pénètre par l'escalier débouchant dans la seconde chambre sépulcrale que nous venons d'étudier.
Que deviennent dès lors les deux tombes ébauchées de ce côté? Les places abandon- Mées de Manassés et d'Ammon, qui se ûrent enterrer dans le jardin d'Oza.
Après ces deux rois, vient Josias, qui reprit avec ferveur le culte du vrai Dieu et qui reposa dans les sépulcres royaux. La tombe qui se présente immédiatement après est com-
f'iète, et elle contient une cachette à trésors, osèphe nous rend très-bien compte de la présence de cette cachette. Voici ses expressions :
« Ensuite Josias, après avoir vécu en paix et avoir surpassé tous les autres en richesses et en gloire, mourut de la manière suivante (181). »
II raconte alors la fin malheureuse de ce monarque.
Après Josias viennent Joakhas, Joakin et Sédékias,dont les malheurs sont bien connus, et avec lesquels finirent la dynastie et le royaume de Juda. Il était donc naturel qu'après la tombe de Josias il n'y eût plus que des tombes ébauchées.
Je le demande maintenant : est-il possible que le hasard seul ait présidé à l'enchevêtrement étrange de ces tombes achevées et inachevées des Qbour-el-Molouk, lorsque cet enchevêtrement s'explique de lui-même aussitôt que la vraie attribution de ce monument illustre est trouvée? Je me dispenserai de répondre moi-même.
D'ailleurs, la disposition de ces tombes,
(181) € Zïjgaç 6' àv elpi^vri {xsxà xaOxa 'Ittjiiaç, îzi ôà xal icXouTq) xa\ xîj Tsapa iriitv £u6o$b, xaiiffipetj'e TO'JTw TCj) xpÔTOp t6v pCov. (AtH. Jud., X, V, 5.)
(182) Dans les Actes des Apôtres nous lisons : Mes frères^ qu'il me soit permis de vous dire hardiment snr le patriarche David^ quil ehl mort, quil a ftéeiinveli, et que son sépulcre existe auprès de nous^
avec réduit destiné à recevoir des objets précieux ou des trésors, ne se trouve absolument que là, dans l'immense nécropole de Jérusalem, et cette disposition présente une anomalie inexplicable si l'on ne reconnaît pas dans ces cacnettes la trace de l'habitude que l'on avait d'enterrer les rois de Juda avec leurs trésors.
Nous lisons dans Dion Cassius, à propos de la destruction de Jérusalem par les Romains : «t Ceci leur avait été annoncé par le fait que le monument de Salomon, pour lequel ils ont un profond respect, s'écroula et tomba spontanément. {Hist, Rom.^ 1. Lxrt, c. 14). » On me permettra de chercher dans cette assertion une preuve de plus à l'appui de mon système ; les oscillations d'un tremblement de terre ne font pas crouler un caveau taillé dans la masse du roc ; cela seul peut crouler qui a été bâti ou qui n'offre pas une résistance égale dans tous les sens. D'ailleurs, pour que les Juifs trouvassent un présage fatal dans l'écroulement du tombeau de Salonion, il fallait que cet écrotilement pût être vu de leurs yeux (182).
Pouvaient-ils savoir ce qui s'écroulait dans l'intérieur d'une cave sacrée, où il était impossible de pénétrer, ainsi aue nous le dit Josèphe? Je n'hésite pas à répondre que non. Qu'en conclure? Que ce fut le vestibule apparent qui fut abattu par un tremblement de terre, et que ce même tremblement de terre fit également crouler le monument expiatoire d'Hérode, élevé par ce prince, après sa profanation, à la porte même du tombeau des rois. Comparons ces faits avec les lieux tek qu'ils sont aujourd'hui. L*entablement du vestibule est fendu dans toute sa hauteur, et l'une des deux parties s'est abaissée d'une manière appréciable. Les deux colonnes qui le soutenaient ont été forcément broyée en ce moment, aussi bien que la face intérieure de la muraille de rocher, dans laquelle est taillée la porte qui amène dans la grande cour de l'édifice. Enfin, le tertre assez élevé, qui est placé juste en face du vestibule, recouvre très-probablement la base du monument eipiatoire, bAti par Hérode, et que la même catastrophe aura frappé.
J'arrive enfin aux objections qui peuvent être élevées contre l'attribution aue je viens de donner aux Qbour-el-Molout. J'espère n'en négliger aucune; mais, dans tous les cas, j en verrais, avec grand plaisir, surgir de nouvelles, parce que je me crois dans le vrai, et qu'il me serait probablement aisé de les réfuter.
Les seules objections que je crois avoir à combattre sont les suivantes :
V Le tombeau de David et de sa dynastie
jusqu'à ce jour : "Avîpeç d^XçoV, èÇ6v ecicctv jutà TtapprisioLÇ izohç \i[iÂç irep\ xoO UoLxpiàpxoM Aci6«,
donc parfaitement le tombeau du roi David, 401 était encore intacL, au moment de la prédicatiou da prince des apôtres.
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DES ANTIQUITES BIBIJQUES.
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était sur le mont S\(m, et il y est encore en grande vénération parmi les musulmans;
8* Les ornements architectoniques des Qbour-el-MoIouk sont formés de motifs empruntés à l'architecture grecque ;
3* Le livre de Néhémie semble placer le tombeau de David sur le mont Sion ;
4** Enfin ce tombeau a été ouvert par hasard, il y a quelques siècles, suivant le récit de Benjamin de Tudèle, et refermé aussitôt par ordre du rabbin de Jérusalem.
Voilà tout, si je ne me trompe. Examinons donc ces objections l'une après l'autre.
On a dit si longtemps que le tombeau de David était sur le mont Sion, qu'on a fini par le croire. Mais sur quelle base solide est donc assise cette opinion? Est^-ce l'Ecriture sainte
Îui nous rapprend? Non. Est-ce Josèphe?
as davantage. D!où vient-elle donc? J'avoue Sue je l'içnore complètement. S*il n'y a pas *autre raison pour le croire que l'emploi des mots, dans la ville de Ifavidj dans les différentes indications que nous fournit l'Ecriture sainte, pour le lieu d'inhumation de David et de sa dvnastie, cette raison est faible, ainsi que je 1 ai déjà montré, et que je vais le faire voir de nouveau.
Je citerai pour cela quelques passages tirés de l'Ecriture sainte, et qui prouvent que l'expression n^TT '^T^y n'a iamais eu le sens étroit qu'on lui applique d'ordinaire, en tenant compte de Quelques versets du texte sacré et en passant 1 éponge sur quelques autres, ce qui est commode sans doute pour la discussion, mais seulement jusqu'au jour où l'on trouve sur son chemin un contradicteur qui ne se contente pas d'd peu près, lorsqu'il sa» git de démontrer un fait important.
Lorsque j'ai publié mes idées, fort nouvelles
Èm conviens, sur le compte des Qbour-elolouk, j'ai vu surgir les dénégations les plus passionnées, et les brevets d'ignorance m ont été distribués avec une générosité rare ; j'ai dû naturellement examiner de près les arwments avec lesquels oh battait en brèche ro« pinion que j'avais émise. Je n'aurai donc qu'à reproduire ici ce que j'ai dit ailleurs, en re» merciant sincèrement mes adversaires du service qu'ils m'ont rendu, en m'aidant très-puissamment à compléter la démonstration des faits que l'avançais.
Voici donc deux passages qui prouvent que le nom Cité de David s'appliquait à autre chose qu'à la forteresse placée sur le sommet du mont Sion. Nous lisons dans le //' Livre des Chroniques (xxxn, 5) : Et il (Ezékhias) fortifia Metoua (Millo), eiti de David (sousentendu, qui est la). Meloua, dont on a voulu faire une colline, est une vallée; Meloua, c'est incontestablement le Tyropœon : le Tyropœon s'appelait donc aussi la cité de David.
Plus loin encore (7/ Chron. xxxni, U), nous lisons : AprÙ^ cela^ it (Manassé) bâtit un mur extérieur à la ville de David ^ vers l*oc-^ rAdent de Gihon, dans la vallée, jusqu'à la porte des Poissons, le continuant jusqu'à Ophel, qu'il éleva, élevant considérablement... Certes, ce qui est désigné ici par cité de David n'est
pas exclusivement la forteresse placée au som* met du mont Sion. Notons en passant que ce mur de Hanassé n'est très-probablement que le mur magnifique dont deux immenses tronçons se relient au jardin de la mosquée d'el- Aksa.
Les moeurs judaïques s'opposaient invinciblement à ce que des sépulcres fussent établis dans l'intérieur d'une ville; ceci ne saurait être douteux; un curieux passage de Josèphe constate ce fait, à propos de la fondation de Tibériade. {Ant. Jud. XVHI, ii, 3.) Voici, à propos de la population au'Hérode implanta dans la ville qu'il venait oie fonder» ce (}ue dit l'historien : « Pour les décider à habiter dans cette ville, il fil bâtir leurs maisons et leur donna des terres, parce qu'il savait qu'il était contraire aux lois et aux moeurs judaïques d'habiter une ville pareille; en effet, en construisant Tibériade, on avait détruit un certain nombre de sépulcres, qui se trouvaient sur son emplacement, et notre loi déclare impur^ pendant sept jours, Quiconque habite un lieu semblable, v Les hanitants de Jérusalem eussent donc été impurs à perpétuité, et Salomon tout le premier; lui qui devait donner l'exemple du respect aux lois divines et humaines. Il les eût donc enfreintes sans hésitation, et tous ses successeurs eussent été aussi peu scrupuleux que lui? et les habitants l'eussent souffert sans mot dire? Cela est de toute impossibilité.
Ne savons-nous pas, d'ailleurs, que Salomon fit habiter hors de la forteresse de Sion la fille de Pharaon (/ Rois ix, 24; // Chron. VIII, 1 1), qu'il avait épousée, parce que celieu, étant sacré, ne pouvait être profané par la présence d'aucune chose impure ; et le roi» si scrupuleux en cette circonstance, eût mis ses scrupules de côté, lorsnu*il s'agissait d'un cadavre ou d'une tombe ? Je me dispense de répondre à cette question. "
Le palais que Salomon fit bâtir pour la reine était a Meloua ; la reine sortit donc de la cité de David pour aller habiter Meloua ; et voilà que dans les Chroniques, Meloua devient partie intégrante de la cité de David. Cette dénomination n'est donc pas exclusivement attachée à la forteresse du mont Sion.
Je ne conteste nullement que cette forteresse n'ait été, par excellence, nommée la Cité de David: mais, est-ce une raison pour que ce nom n'ait pu, par extension, s'appli-
auer à la capitale tout entière du loyauoie e David ? Je ne le pense pas.
Jérusalem est devenue la ville de David, comme Ninive la ville de Ninus, comme Borne la ville de Romulus, comme Aii-la-Cha^ pelle la ville de Charlemagnc.
La présence de nombreux tombeaux ne
1)0uvait, dit-^on, causer aucune souillure dans a forteresse de Sion. Ceci ne me paraît pas démontré, et le roi Salomon, qui forçait la reine, sa femme, fille du puissant roi d'Egypte, à loger hors de l'enceinte de la forteresse, parce que cette enceinte était sacrée et que la présence d'une femme pouvait la souiller, Salomon aurait eu mauvaise grflce à traiter ainsi la reine, s'il avait pris le parti
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d'établir à poste fixe des lombes» fût-ce celle de son père, dans Tenccinte où avait reposé l'arche aalliance. Nous lisons (// Chron. vra, 1 1 J : Salomon fit monter , de la ville de David j la fille de Pharaon à la maison qu'il lui avait bâtie; car il avait dit : 7/ ne doit pas me demeurer une femme dans la maison de David, roi d'Israël ; car ils sont sacrés les lieux où est venue V arche de Jéhovah, Le mot employé par l'écrivain sacré est riSyn, et signifie littéralement faire monter; en conclurons-nous, qu'en quittant le sommet du mont Sion, la reine a dû monter pour gagner sa nouvelle demeure? Nullement; je pense, moi, qu'elle a dû descendre forcément. Je demande la permission de faire observer que le radical de ce mot est le môme que celui du mot :hT2, sur le sens duquel je conserve donc mon opinion en toute sécurité, et que je continuerai à considérer comme signifiant, lieu profond, dans le verset qui concerne la tombe du roi Ezékhias.
Le tombeau de David, dira-t-on, est bien réellement à la mosquée de Nahy-ikioud, si vénérée de^ Musulmans, qu'ils nV laissent pénétrer ni les Chrétiens ni les Juifs. Examinons ceci. La mosquée de iVa6y-Z>aoud passe bien, en effet, parmi les Musulmans, pour contenir le tombeau du saint roi. Mais, qu'estce que c'est que cette mosquée î C'est l'église chrétienne bâtie sur l'emplacement de la maison oti eut lieu la sainte Cène. C'est dans le caveau même où les Musulmans ont placé leur tombeau postiche de David, que fot apprêté l'agneau pascal, et le docte Quaresmius constate, dans son livre inappréciable , que les moines chrétiens, expulsés de cette église, lorsqu'elle fut transformée en mosquée, n'avaient jamais eu l'idée d'y voir quoi que ce fût qui ressemblât aux caves sépulcrales des rois de Juda. Comment donc les Musulmans ont-ils, un beau jour , prétendu que la moscfuée de Naby-Daoud contenait le sépulcre du saint roi? Très -probablement, ils Vont fait avec les éléments de certitude qui leur ont servi lorsqu'ils ont déterminé la place du tombeau de Moïse à Naby-Mousa, c'est-àdire à quelques heures seulement de Jérusalem, tandis qu'il est parfaitement certain que Bloïse mourut de l'autre côté du Jourdain, et
au'il fut enterré dans une vallée de la terre e Moab.
En dernière analyse , l'opinion qui place à Naby-Daoud le tombeau de David n'est nullement soutenable, et elle croule d'elle-même. Au reste, pour accréditer leur fable pieuse, les Musulmans, sous prétexte de je ne sais quels événements lerriblesqui menacent qruiconque pénétrerait dans le caveau où ils aiiirment que repose le roi David^ n'y laissent entrer personne, pas plus les Musulmans que les autres.
Je nem'arrêterai pas pluslonglemps surcelte première objection, et je la laisse pour ce qu'elle vaut. Passons à la seconde.
Effectivement, la frise ciselée sur le rocher dans lequel est taillé le vestibule de Ol3our-el- Molouk offre des triglyphes et des palères; de plus, les moulures dont la corniche est sur-
chargée ont bien l'élégance des moulures grecques. Mais pourrait-on affirmer que les ordres dorique et ionique sont d'invention grecque ? Je ne crains pas de dire, parce que les objections abondent, qu'en le faisant on courrait grand risque de se tromper. U est aujourd'hui démontré pour moi, et j'espère avoir beaucoup d'architectes de mo/i avis, que le chapiteau ionique est venu des Phéniciens aux Hébreux , et beaucoup plus tard aux Grecs. Ce chapiteau , je l'ai retrouvé en Phénicie et dans une localité moabite, certainement beaucoup plus vieille cpie les villes grecques, et, certes, les Moabites n'avaient point eu de grands rapports avec les Grecs lorsqu'ils bâtissaient leurs étranges cités, en blocs de lave iion équarris et formant de véritables murs cyclopéens. Je n'ajouterai plus qu'un mot sur ce point. Le monument de Khorsabad est antérieur à la belle architecture ionique des Grecs : eh bien ! que l'on ouvre le livre de M. Botta, et l'on y trouvera, planche 114, un petit édifice orné de deux colonnes à chapiteaux ioniques et d'un couronnement d'antefixes, représenté sur un bas-reUef assyrien, tiré du palais de Khorsabad.
Sur un autre bas-relief ( planche 141 ), on verra le pillage d'un temple, avec les prétendues patèresde notre frise des Obour-el-Molouk, et là ces patères seront aisément reconnues pour des boucliers appendus aux murailles. Quant aux triglyphes, voici oui peut singulièrement modifier l'opinion qu ils sont d'origine grecque ; je transcris intégralement une note très-importante que je dois à l'amitié de M. Prisse d'Avennes :
« Les Grecs ne peuvent pas plus revendiquer l'invention des triglyphes que celle de la colonne dorique. Les monuments égy ptie» présentent tous les éléments de cet ordre d'architecture, usité bien avant que les Grecs n'aient songé à élever des édifices. Ainsi, dans les hypogées de Beni-Haçan, qui remontent aux Pharaons de la 12* dynastie, c'est-à-dire à environ 3,000 ans avant Jésus-Christ, on voit des colonnes à cannelures, appelées par Champollion protodoriques, et des entablements ornés ae gouttes et de mutules. Dans les hj'pogées de Koum-el-Ahmar, qui datent de la 6* dynastie, ainsi que le prouvent les cartouches de Papi et deTeti qui y sont gravés, on remarque des piliers à fleurs de lotus, qui soutiennent une architrave portant des espèces de triglyphes. Cet ornement caractéristique existe aussi sur plusieurs édicules peints ou sculptés à des époques antérieures aux premiers monuments grecs. J'en ai réuni de nombreux exemples dans mon Histoire de l'art chez les anciens Egyptiens, ouvrage entièrement terminé depuis longtemps, mais que je ne puis livrer à la publicité, sans l'appui du gouvernement.
« A Karnak, sur des colonnes formées de tiges et de boutons de lotus, on trouve des ornements taillés dans le genre des triglyphes. Ces colonnes appartiennent au règne de Thoutmès III, de la 18' dynastie. Enfin, toutes l(îs corniches égyptiennes sont décorées