‹ Dictionnaire d'orfèvrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes. (3. Encycl. théol., tom.27)Chapitre 167 sur 181 · TOI · texte numérisé non relu

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DES ANTIQIMTES BIBLIQIJES.

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dd Yéritables triglyphes, bicolores ou tricolores, alternant avec des cartouches divins ou les cartouches du roi fondateur du monument. J'ajouterai encore que, sur les plafonds de tous les hypogées, on trouve des ornements formés de méandres, qu'on appelle aussi grecques, parce qu'on croyait cet ornement particulier aux Grecs. Je ne pousserai pas plus loin ce parallèle, qu'on pourrait étendre à toutes les parties les plus caractéristiques de l'architecture des Hellènes.

« L'architecture égyptienne s'est modelée sur les premiers édifices qui étaient construits en bois, et non sur les habitations des Troglod vtes, sur des grottes ou des Speos, comme 1 ont avancé trop légèrement MM. Huyau et 6au, et tout dernièrement M. Raoul-Rochette; c*est une vérité démontrée par l'étude approfondie des monuments égyptiens. On reconnatt, en effet, dans les agencements des colonnes, des architraves, des mutules, des corniches, etc., etc., des preuves incontestables de cette origine. Les portes des hypogées sont quelquefois décorées de linteaux Eémicylindnqu3s , représentant un tronc d'arbre à demiéquarri; les plafonds sont souvent ornés de poutres et de solives, peintes de façon à imiter la couleur et tous les accidents du bois, système d'ornementation qui atteste, d'une manière irrécusable, le type primitif de l'architecture égyptienne. Mais elle dédaigna bientôt ces constructions éphémères, pour employer des matériaux tout à la fois plus durâmes et plus appropriés à ses besoins. On peut suivre encore, sur les monuments épars dans la vallée du Nil, l'histoire des développements successifs de l'art. D'abord paraissent les formes rectilignes, nées avec la charpente et transmises a la pierre ; puis, I*art, s'élevant à l'imitation de fa nature, introduit, vers l'époque de la 12* dynastie, les formes végétales dans les piliers, les colonnes et toute l'ornementation; enfin, au temps de la 18' dynastie, les formes humaines s'allient partout aux formes géométriques et végétales et amènent la perfection de l'architecture.

«f L'art ne prend naissance chez un peuple,

S[ue sous l'influence de maintes circonstances écondcs, qu'il n'est pas donné à tous de réunir. Aussi, il y a généralement en architecture une transmission héréditaire des idées, des méthodes et du style, des peuples majeurs à tous les peuples en travail de civilisa* tion. En Grèce, les traditions primitives témoignent que tous leurs procédés techniques et artistiques furent dérivés de la Phénicie et de l'Egypte. Tout démontre chez les Grecs, et principalement chez les Athéniens, le caractère et le style d'un art d'emprunt. On sait que des corporations vagabondes d'artistes, des pontifes Jithotomistes , avaient porté dans l'Hellade tous les arts utiles : pratique et modèles leur venaient de l'étranger, et probablement des bords du Nil. Le principal monument construit par Dédale, était un labyrinthe pareil à celui qui existait en Egypte. En admettant que les Grecs n'aient pas adopté, dans leurs colonnes doriques et leurs triglyphes, des formes déjà invétérées

en Egypte, ils auraient rencontré les mêmes configurations, en partant du même point, les constructions en bois, architecture primitive de tous les peuples. Mais les premiers édifices en charpente diffèrent tellement partout, que la dissemblance de la donnée primordiale doit conduire à des résultats et h des développements très-variés. C'est précisément cette donnée des temps fabuleux, antéhistoriques, de l'architecture, qui me parait éminemment égyptienne. Altérés par des besoins locaux, perfectionnés par des idées et un goût particuliers, ces éléments d'emprunt ont enfanté à leur tour des merveilles.

« Quant aux Hébreux, élevés au milieu des monuments de TEgypte, ils n'ont pas eu à passer par tous les développements de l'art ; ils ont dû, sinon se mettre à la hauteur où leurs maîtres se trouvaient alors, du moins adopter leurs formes architectoniques, tout en cherchant un art national. Malgré ce que dit la Bible des ouvriers envovés par Hiram, les Phéniciens, qui n'ont laissé aucun monument d'une originalité incontestable, ne mo paraissent pas avoir été les uniques maîtres des Hébreux. Salomon, marié à la fille d'un roi d'Egypte, avait sûrement aussi des artistes de ce pavs. D'ailleurs, la civilisation égyptienne s'était tellement répandue dans l'ancien monde, qu'on rencontre partout leur système d'architecture , l'empreinte de leur

fénie, dans la Judée comme dans la Phénicie, Ninive comme Ji Persépolis. L'Egypte, cette terre féconde qui portait en elle assez d'idées pour défrayer toute la civilisation antique, pendant des siècles, a successivement procréé l'art architectural, chez les Phéniciens, les Hébreux, les Assvriens et les Grecs. »

En détiuitive, guels sont les autres ornements de cette frise? des couronnes, des palmes, des feuillages et des fruits. Qu'on veuille bien relire, dans la Bible, la description des édifices somptueux élevés par Salomon, à l'aide des artistes attirés par lui de Phénicie, et l'on sera tout surpris de reconnaître que tous les ornements des Qbour-el-Molouk, sont précisément ceux que les écrivains sacrés mentionnent, comme ayant été employés dans les embellissements du temple et au palais.

On m'a objecté que le saint roi David, vu ses habitudes de simplicité, n'avait pas dû se faire construire, pendant sa vie, un tombeau pour lui-même; le roi qui ne donnait qu'une simple tente à l'arche d'alliance , a-t-on dit, ne pouvait songer à sa dépouille mortelle. J'en demeure d'accord, c'est donc Salomon qui a fait creuser le tombeau de son père... Son fils Salomon l'ensevelit magnifiquement à Jérusalem : "eOk^ê d' «vrov ô ircù»- ul»fiùj h 'ifoio-o^ufioi; îfflwrfltTrwc, dit Josèphe (Ànt, Jud., VU, XV, 3). »Quy a-t-il dès lors d'étonnant à ce que ce monument funéraire ait été empreint de la splendeur que les artistes phéniciens, mandés tout exprès par Salomon, répandaient sur les admirables constructions qui devinrent une des merveilles du monde* Avant sa mort, David disait à son fils Salo-

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