‹ Dictionnaire d'orfèvrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes. (3. Encycl. théol., tom.27)Chapitre 175 sur 181 · WI · texte numérisé non relu

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APPENDICE. — REPONSE A M. VAN DE YELDE

la création ae son imagination. » (Je traduis littéralement.) A la page suivante (116), M. Van de Velde déclare avoir marché trois heures et demie le long du côté ouest de la montagne de Sel, qui n'est qu'à quelques cents pas du bord de Teau. 11 cherche partout le spectacle plein d'horreur que lui promettait le récit de Texpédition américaine , et il ne voit qu un beau lac, sur lequel nagent des renards sauvages, et qu'il compare à un lac de l'Ecosse.

Commençons par faire remarquer à M. Van de Velde qu'il lui fallait, pour être de pair avec moi, avoir effectué deux passages le long de la pointe nord de la montame de Sel. Son inadvertance, inexplicable d'ailleurs, et une fantaisie de Bédouin lui procurent cet avantage; c'est très -bien. Mais quelle confiance puis-je avoir dans un récit assez singulièrement composé pour que l'ouest soit perpétuellement remplacé par l'est, et réciproifuement? Ce n'est pas tout : M. Van de Velde nous a , sans s'en oouter, fourni la longueur <lu temps qu'il a pu mettre à examiner, avec plus de som que moi, la pointe nord de la montagne de Sel. Voyons donc à déduire ce temps de l'itinéraire de sa journée. U part à cinq heures du matin (p. 108) de son heu de campement; il marche plus de deux heures avant d'arriver à la descente de l'Ouad-ez- Zouera : par conséquent il est sept heures et un quart [p. 109). 11 fait une halte au fort de Zouera-el-Fuuqah ; elle dure une heure (p. 112) ; il a mis au moins une demi-heure k y descendre, bien certainement : donc il était nuit heures moins un quart quand il y est arrivé , et neuf heures moins un quart quand il est reparti. Du fort à la plaine, il lui faut une demi-heure : il est neuf heures et un quart. Il marche trois heures et demie le long ou flanc ouest (lisez ut) de la montagne de Sel (p. 110) : il est donc midi trois uuarts. Une neure plus loin que la montagne ae Sel , il appuie k l'ouest , et il est une heure trois quarts. Alors il souffre d'une chaleur affreuse en gagnant les hauteurs, et il est deux heures

Ip. 126). De cinq heures du matin k deux leures de l'après-midi, il n'y a que neuf heures d'intervalle. Récapitulons maintenant les heures que M. Van de Velde a dépensées ce jour-lk :

Ua campement à rentrée de TOuad-ez-

Zotiera plus de deux heures, meuons. S et i;4 Descente au fort Sarrasin. > ifi

Halle au fort. I >

De là À la plaine. > îfi

r«>ttr traverser la plaine. > îfi

Le long du flanc ouest (lisez e$t) de la

montagne de Sel. 3 l;i

Vne iKMire après, il appuie à Touest. i >

IVtt après il est ilêux heures.

\h nous ne devons avoir que 9 heures, et en voilà, d'après le calcul de M. Vau de Velde lui-même. 9 f ;i

Donc M. Van de Velde, d'après son propre récit, n'a pu donner, quoi qu'il en dise, cinq minutes à l'examen de la pomte nord de la flftontagne de Sel.

M. Van de Velde s'obstine, et il a ses raisons pour cela, à affirmer que j'ai prétendu voiries ruines de Sodome ( p. 113) « dans la plaine même où il n'a \ii, lui, qu'une étendue de gravier, principalement de couleur grise, coupée occasionnellement de raies de grosses pierres, qui généraUment cou^ rent parallèlement Tune* à l'autre. » D'abord je demanderai à M. Van de Velde de me citer, dans le monde entier, un seul torrent de montagne qui entraîne de grosses pierres, pour les disposer soigneusement en rangées parallèles. JTavais vu moi-même ces étranges rangées de pierres, et je n'avais pas hésité à y reconnaître des traces d'habitations primitives ; je ne m'en dédis pas maintenant que M. Van de Velde a pris soin de constater 1 existence de ces files de blocs. Pour lui ce ne sont que des rangées de pierres roulées par les torrents ; encore une lois les torrents sont bien adroits dans ce pays, puisque les pierres ou'ils roulent se rangent d'elles-mèmes en lignes parallèles et parfois dans des directions perpendiculaires aux ravines des torrents à sec. Mais que M. Van de Velde veuille bien remarquer que ce n'est pas du tout dans cette plaine que j'ai signalé les décombres de Sodome. Voici ce que je dis (nous sommes près du Redjom-el- Hezhorel } : La plage ainsi élarsie présente de çros blocs de pierres usés par le temps, au milieu desquels nous reconnaissons bientôt des files régulières, qui ne sont que des arasements de murs antiques. Nous sommes donc certainement au milieu des ruines apparentes et reconnaissables, qui se montrent jusqu'à 2 heures 56 minutes, c'est-à-dire sur une étendue de près de 400 mètres ; seule ment en ce moment nous cheminons au nordnord -ouest;... à notre gauche le Djcbel-Sdouui a cessé de former une seule masse, et nous sommes arrivés en face des vastes mamelons, ou mieux des collines qui garnissent la pointe nord de cette montagne, et sur ces mamelons qui ont une superficie fort étendue, paraissent des amas de décombres, indices certains de l'existence en ce point d'une ville trèscousidérable. Nous contournons exactement le pied de ces décombres, dont il nous est

impossible de méconnaître l'origine nous

marchons toujours au nord -nord -ouest ; k 3 heures 7 minutes, nous traversons le lit d'un torrent à sec large de 15 mètres. En ce point les mamelons couverts de ruines sont séparés par une ravine, et ils semblent former deux pâtés distincts, sur lesquels reposent les ruines immenses que les arabes qui m'accompagnent appellent unanimement Esdoum. Dans la plaine même au delà du lit du torrent dont je viens de parler, se montrent de nombreuses files de blocs de pierre, restes d'habitations primitives. Nous marchons à Touest-nord-ouest, à 3 heures U minutes, au point même où les mines placées dans la plaine cessent de paraître ; nous suivons alors constamment celte direction, tandis que le deJta sur lequel se trouve notre route, est devenu une vaste plaine toute ravinée, jonchée dû gros btocs

DICTIONNAIRE DES ANTIQUITES BIBLIQUES

roulés, et planlïîc de nombreux mimosas ou seyal.

Je n'abandonnerai pas la question de Sodome et de Zoar sans offrir à M. Van de Velde une démonstration que je n'ai pas encore été en mesure d'ajoulerà mes arguments précédenls, et que ie le remercie de m'avoir suggérée. Quand on a la vérité pour soi* tôt ou tard on finit par trouver tout ce qu'il faut pour renverser l'erreur, et surtout Terreur systématique. Le témoignage de la sainte Ecriture est trop formel pour que M. Van de Velde ose se permettre de le récuser, j'imagine ; or, d'après ce témoignage, Sodome et Zoar n'ont pu être qu'à environ une demilieue de distance l'une de l'autre. La mer Morte a plus de quatre lieues de largeur, donc si Zoar est sur la rive orientale, Sodome doit Y être aussi (je laisse de côté, bien entendu, l'opinion absurde et fantastique qui met Sodome au fond du jac Asphaltite). Récipro- Suement, si Sodome estsur lariveoccidentale, oar doit y être aussi. Le nier, je le répète, c'est nier l'autorité de TEcrilure sainte. Ceci posé, voici ce que je lis dans Josèphe {Bell. Jud,, IV, viii, 2j. 11 s'agit de Jéricho. Mais pour que la traduction de ce passaçe ne paraisse pas suspecte à M. Van de Velde, voici celle de Dindorf (édition Didot, p. 218) : (?uo factum ut urbem desertam offenderint, quœ in planitie iita est, cuique itnminet mons nu^ dus ne sterilis longissimus : qui versus Bo^ reûm Scythopolitarum usque ad terram pro^ ienditur, ad austrum vero usque ad Sodomorum regionein, et fines lacus Àsphaltitis. Est €iutem totus asptr etinœ^ualis, etob sterili" tatem incultus manet, Isti ex adverse oppo^ nitur mons qui ad Jordanem sitiut incipit rersus Boream ab Juliade et porrigitur versus austrum usque ad Somorron, quœ Petram Arabiœ déterminât. In eo est mons qui ferreus dicitur^ in longum protensus usque ad Moabitidem. Quœ vero inter duos illos mon" ies tnterjacet regio^ Campus Magus dicitur^ avico Ginnabri ad lacum usque Àsphaltitin pertingens, Estautem longitudo ejus triginta et ducentorum stadiorum, latitudo vero cenium et viginti^ et médius quidem secatur a Jordane et lacus habet Àsphcutitin et Tiberiadis, naturacontrarios,

A moins que M. Van de Velde n'affîrme qu'il connaît la Judée mieux que ne la connaissait Josèphe, il faudra cette fois qu'il admette que la Sodomitide était à l'extrémité de la chatne qui longe la côte occidentale de la mer Morte ; c est là que je l'ai placée. Or, si la Sodomitide était là, Sodome devait être apparemment dans la Sodomitide, et, ainsi que je l'ai dit, Zoar devait être aune demi -lieue Ide Sodome. Or, M. Van de Velde, d'accord avec MM. Irby et Mangles, Robinson et Lynch, place Zoar dans la

Sresqu'tle d'EI-Liçan, à la bouche de l'Ouad e Karak, c'est-à-dire à 6 ou 8 lieues au moins du site de la Sodomitide déterminé par Josèphe. Donc l'opinion de M. Van de Velde est inadmissible, et, malgré toute l'assurance avec laquelle il l'a soutenue jusqu'ici, je l'engage fortement à y renoncer.

P. 119. M. Van de Velde prétend que les Arabes nomment Rhôr la plaine nue et boueuse du sud de la mer Morte, et il se trompe. Cette plaine, c'est la Sabkhah, et le Rhôr, c'est, dans toute la vallée du Jourdain, la portion verdoyante du terrain fertilisé parle passage des eaux.

P. 123. Je regrette beaucoup que M. Van de Velde ne puisse pas « donner une grande valeur aux raisonnements à Taide desquels je prétends établir que Maïet-EmbarrhegeM sur l'emplacement de Thamara. » Mais ce que je ne regrette pas, c'est la curieuse hvpothèse que notre voyageur se hâte de sunstituer à la mienne. Ainsi probablement, dit-il, la ville de Sel était là. Jepense que c'est de la ville de Sel dont parle âtrabon qu'il s'agit. Or, dit le géographe, cette ville était bâtie en blocs de sel, et pour la construire là, les habitants auraient dû avoir l'idée extrava* gante de rejeter la pierre de taille qu'ils avaient sous la main, pour aller à au moins

Suatre lieues chercher à grand'peine des blocs e sel que la pluie fondrait bien vite ; car il n'est pas probanle qu'une ville bAtie de sel eût été de plus longue durée que les blocs qui roulent du Djebel-Sdoum, et que les averses de l'hiver font disparaître assez proniptement. Voilà donc une hypothèse que je me p^^rmettrai de qualifier de malheureuse pour toutes sortes de raisons. La ville de Sel, Aïr he Melah de Josué (xv, 61,62), était dans li tribu de Juda, et elle est citée avec Engaddi comme se trouvant dans le désert de Juda. Il n'est donc pas possible de placer cette \ilie à Maïet-Embarrheg et encore moins au Djebel-Sdoum, qui était forcément au delà delà frontière méridionale de Juda, c'est-à-dire de la montée des Scorpions. Ce qui décide M. Van deVeldeà placer là la ville de Sel, c'est la présence d'une source capid)le d'alimenter une ville. Par la raison contraire (je copie), tke cairn at thefootoftke Sait matUain^ called Vm-Zogkal,t donot thinkmyselfjustifiedin taking to be rutVu of a town or fortifeatian,

Îrom the very fact of the absence of water, lobinson, cdoute-t-il, semble ne pas considérer Um-Zhogal comme une ruine.

Pourquoi M. Van de Velde s'est-il dispensé de nous dire ce que sont los blocs taillés du Redjom - el - Mezorrhel î Parce gue si ce sont des pierres de taille travaillées de main d'homme» il devient difficile d'expliquer leur accumulation en cet endroit, autremeot que je l'ai fait moi-même. Robinson a gardé une prudente réserve, mais moins entière

aue ne le prétend M. Van de Velde. Ainsi il it ( tom. Û, p. 428) : At 6 A. 10, a heap of stones lay betveen us and the shore^ cidlii Um-zôghal; apparently the TeU-eUM$ogil of Seetzen. Or, Seetzen n'hésite pas à y voir un amas considérable de pierres détaille, travaillées de main d'homme, et qu'il prenj pour le monument connu sous le nom de la statue de sel. Au reste, Robinson a écrit ce nom Omm-Zourhal, ce qui ne signifie absolument rien, tandis que le vrai nom de cette localité est Redjom'el-Mezorrhel^ c'est-à-dire

APPENDICE. — REPONSE A M. VAN DE VELDE

it monceau de pierres bouleverséee, de jrarhal, effudit, ejecit.

Enfin, dans cette même page, M. Van de Velde, d'un trait de plume, met k néant les assertions de Josèphe et des autres écrivains qui affirment que 1 on pouvait encore de leur temps voir les ruines de Sodome. Ces autres écrivains sont Tacite et Strabon. C'est une simple omission de noms que je répare ici.

P. 124. Je vois avec plaisir que M. Van de Velde n'a pas retrouvé le fameux pilier de sel de M. Lynch, et ou'il n'a rien rencontré qui correspondit à la planche insérée dans le livre du voyageur américain. J'avoue que cela ne m'étonne pas.

P. 134. M. Van de Velde a peur d'être aperçu de loin par des Bédouins en hostilités avec la tribu d Abou-Daouk, et de les voir tomber sur sa petite bande ; il s'écrie : Where thiito take p/ace, \Baht would become ofthe proieetion for which Abû-Dahûk is to pocket 400 Diaitrei ? Ne croirait -on pas, en vérité, que M. Van de Velde a dépensé là une somme œonstrueuseTCalculonsunpeu : 400 piastres, c'est un peu moins que 80 fir. ; mais prenons la somme ronde et mettons 100 fr. H. Van de Velde avoue sans scrupule ({u'il voulait, pour 100 fr. , une escorte de guides, composée de deux hommes à pied et de deux cavaliers, pendant huit jours, ce qui fait trentedeux iournées d'homme et seize journées de cheval ; soit, en tout, quarante huit journées de service, à 2 fr, par jour, sur lesquels chaque individu de l'escorte, homme ou bote, devait se nourrir et protéger M. Van de Velde, en exposant sa propre vie au besoin. Certes, si M. Van de Velde m'accuse souvent d'avoir gâté les Bédouins par mes prodigalités, je ne lui rendrai pas la pareille. U ne cesse de répéter que les Bédouins sont des voleurs, maisil avouera qu'en cette circonstance c'est réellement lui qui les a exploités sans trop de générosité.

P. 137. M. Van de Velde, arrivé è3ir-Saba, décrit les ruines qu'il trouve dans cette localité. Voici ce qu'a en dit : « Les ruines de la ville sont à dix minutes de distance des puits, au nord-est de ceux-ci et sur une élévation ; mais elles s'étendent aussi au N.N. E. et au N. des puits. Je dis les ruines, mais ie m'ex- Drimerais plus correctement en disant les fondations de mines, parce que les maisons étaient probablement bâties d un mélange de pierres naturellement rondes et d'argile, lesquelles, dans la suite des siècles, sont revenues à leur premier état, si bien que l'on chercherait en vain maintenant à voir les murs tombés de l'ancienne ville frontière. » Je remercie M. Van de Velde d'avoir si bien décrit les ruines des villes de cette époque. lia merveilleusement caractérisé les décombres d'Engaddi, de Thamara, de Zoar, de Sodome, de Uomorrhe, etc., etc. A Bir-es-Sebfla, c'était la première foisqu*il voyait des ruines de ce genre; il me permettra donc de lui affirmer, k mon tour, que s*il retournait maintenant è la pointe nord du Djebel-Sdoum, il serait tout surpris de trouver des ruines immenses, là où il n'a rien voulu voir à son |»remier passago.

P. 139. M. Van de Velde a une curieuse théorie sur les guides arabes; ceux que l'on paye bien sont trompeurs è plaisir; tandis

Sue ceux que l'on paye fort mal sont d'une délité et d une honnêteté exemplaires. C'est ainsi que son guide Saieh, un des I^jahalin d'Âbou-Daouk, lui inspire la phrase suiTante : / hâve once and again renuirked thai ke nerer puis me off with faUe names^ wken he does not know the right ones. H parait que, malheureusement pour moi, j'ai été accompagné de guides ae la première catégorie. P. 148. f ai dit tout à l'heure que M. Van de Velde avait exploité les Bédouins ; je serais presque tenté de me rétracter, en lisant que, pour reconnaître les bons et incessants services de son guide Saleh, il lui avait promis, au bout du voyage, un bakhchich de 80 piastres, 4 fr. 50 c, ni plus ni moins I I

P. 268. M. Van de Velde parie du Rec^om- Louth, et affirme que l'on n'y voit que du gravier. Voici la curieuse note dans laquelle est insérée cette assertion: M. de Saulcy colis U a small island, and says he found it « co* tered with rubbish » what has that irateUer not seen ? We found the peninsula covered with coarse gravei, Uke the shore, but «ee saw nothing Uke rubbish. M. de S's guides

Kte hîm as the name of this spot nedjom oth^ id est, Lofs Caim.

Vraiment c'est pitié de voir un homme qui devrait être sérieux écrire de pareilles cnoses. M Van de Velde ne semble pas se douter que le niveau de la mer Morte baisse pendant les chaleurs, et que ce qu'il a vu è l'état de presqu'île, devient un ilôt pendant la saison des pluies. Je l'inviterai aonc à prendre la carte de Zimmermann, et il y trouvera cet ilôt, avec la désignation de Klein Inseln^ ce qui ne veut pas dire presqu'île.

Sue je sache. Quant aux ruines que M. Van e Velde n'a pas vues, il ne pouvait |>as se dispenser de déclarer qu'elles n'existaient pas. Toutefois, ie préviens M. Van de Velde qu'il y a bien des années déjà, ces mines ont été vues; ainsi dans ce siècle même, elles l'ont été, avant moi, par M. de Forbîn; avec moi, par mes compagnons de Toyase; depuis moi, par MH. dfe Coubertin, de Vogue et l'abbé Azaïs.

P. 298. H. Van de Velde parle du temple de Garizim comme d'un monument dont la connaissance serait plus que vulgaire, il fait mieux encore ; il raconte que son guide samaritain l'a conduit aux ruines du temple d'abord, puis à celles d'un édifice connu sous le nom de £I-Kalat (the castle), monument dont vous pouvez, dit-il, trouver la description dans plusieurs ouvrages. Or, M. Van de Velde, par cette seule énumération des inonuments du Garizim, nous porte k croire

Ïu'il n'y a pas mis le pit^d, rar le temple et l-Qalâah sont un seul et même monument.

Comment donc M. Van de Velde a-t-illa lencontrcusc idée de le dédoubler? Il est 11- i dieux pour un voyageur, d'insérer dans son\ livre un quiproquo ue cette force. 11 aurait pu dire que Robinson a vu dans cette ndiie une forteresse de Justinien, et que c'est BBOi

on

MCTIONNAIRE DES ANTIQUITES BIBUQCES.

qui, en levaQl soigneusement le plan, j ai retrouvé leterapleeonstruitavec l'autorisation d'Alexandre le Grand.

P. 304. M. Van de Velde dit que la moderne Akrabah est : ike mneient AkrabcUêne, the capital of the district of that name. Un géo^ graphe ne devrait pas écrire des choses pareilles ; Akrabatène est bien un nom de prorince, mais Akrabatène n'a jamais été le nom de la Tille d'Akrabim (les scorpions). Pourquoi encore, p. 308 et 320, mentionner les ruines d'ArchélaûsT Archélaiis est le nom du prince qui a fondé Archélaïs, et ces deux noms ne peuvent être confondus sans barbarisme.

P. 320 et 321. Notre vojaçeur pense retrouver remplacement d'Archélaïs (et non Archélaiis, comme il ledit), à des ruines qu'il rencontre dans le RhAr, au nord de Jéricho, et qui se nomment Khasbmil-Macherûk (lisez Khachm-el-Makhrouk, le nez déchiré). La table de Peutinger place en effet Archélaïs dans le RhAr, à vingt-quatre milles au nord de Jéricho. Mais le nom moderne embarrasse H. Van de Velde, qui se contente d'ajouter : « Si les recherches postérieures prouvent oue Archélaiis (lisez i4rcA^(aî«) est devenu Macnerûktje dirai certainement que ce nom est bien changé. »Que fait-il alors? Il pen<^e à Machœronte qui, suivant lui, était aussi dans le RhAr, mais que Josèphe place sur le cAté nord-est de la mer Morte. Machironte, en effet, était une place forte de la Pérée : il est donc inutile de s'en occupera propos d'one ruine de la rive droite du Jourdain.

P. 322. M. Van de Velde propose d'identifier Sartabah avec la Sarthan de TËcriture sainte, et comme il s'agit du verset (/ Rois m, 46) dans lequel il est dit que ies ornements du temple furent fondus entre Soceouth et Sarthan, dans la plaine du Jourdain, M. Van de Velde s'appuie sur ce que Us sapanti ont décidé qu il fallait traduire^ dans ce verset, le mot biadamah^ par Adamah^ au lieu de : daru la terri à mouler , pour chercher cet Adamah fantastique a Um-TaiL Cette hypothèse n'a pas besoin d'être réfutée, car elle croule d'elle-même. Quant à Tidentitication de Sartabah et de la Sarthan biblique, je suis charmé de voir que cette idée ait paru assez juste à M. Van de Velde, pour qu'il ait jugé bon de l'adopter.

P. 352. M. Van de Velde se glorifie d'avoir découvert le site de Pella, et il aurait raison s'il était l'auteur de la découverte. Or, en 1817, Irby et Mançles ont visité Tâbakhat- Fahil qui est Pella; en 1842, Kiepert a admis cette identification dans sa carte^de Palestine, que j'ai eu le plaisir d'offrir à M. Van de Velde à son passage à Paris ; et enfin un drograan attaché à l'auberge Mashulam. pendant mon séjour k Jérusalem, avait traité «V6C mon compagnon de voyage, M. Gustave de Rothschild, |>our le conduire dans le Hauran, et notamment à Tabakhat-Fahil qui,

four ce drogman, s'appelait indifféremment ella, La découverte de M. Van de Velde, découverte faite d'ailleurs en commun avec MM. Robinson et Smith, est donc un peu

trop tardive pour qu'il puisse tant s'en réiouîr.

P. 353. A propos de Pella, If. Vaode VeMe nous fait connaître ce que vaut son érudition historique. Je transcris, de peur d'affaiblir la découverte de notre voyageur: According to Dapper, Seleucus^ king of Sgria wa$ tke founaer of Pella; btUitseenu to kave beern Philip and Alexandre of Maeedom wko raised itto the dignity of a royal résidence^ bestowing on it the name of the Macedamian capital. Pourquoi faut-il que Séleucus I", roi de S^rie, fondateur de Pella, n'ait été qu'on héritier d'Alexandre de Macédoine, fils de Philippe, lequel ne posséda jamais un pouce de terrain en ce pays?

P. 395. Dans ma réponse h H. Isambert, j'ai eu le plaisir de faire voir que ce savant, pour me prendre en faute, se récriait contre la possibilité d'admettre l'existence de deux Bethsayda, à très-peu de distance l'une de l'autre, et sur les nves opposées du Jourdain. J'ai montré que, pour trouver cet argument, M. Isambert n'avait eu d'autre peine que celle de me copier. Voici maintenant que M. Van de Velde, l'allié et l'admirateur de M. Isambert, admet résolument ce que celui-ci déclare absurde, c'est-à-dire la possibilité de trouver les deux Bethsayda en question ; cette fois, c'est M. Van de Velde qui désire me prendre en faute. Pourquoi donc ces messieurs ne s'entendent-ils pas ftiieux, ils ne s'exposeraient pas à tirer ainsi sur leurs troupes. Venons aux deux Bethsayda de M. Van ce Velde. La première, appartenant à la Gaulanitide, a été reconnue par M. Eli Smith k Et-Tell, sur la rive est du Jourdain, auprès de la côtenonl du lac de Gennezareth (auprès veut dire ici à 5 kilomètres, je m'empresse d'en avertir M. Van de Velde). Notre voyaçeur dit que c'est celle-là que Josèphe appelle Julias. Il ne s'y trouve que des pierres non taillées, indices de constructions à demi sauvages ; mais cela importe peu à M. Van de Velde. L'autre était en Galilée, dit notre voyageur, et il n'hésite pas à identifier les ruines du Kban-Minieh avec celles de la Bethsayda de Galilée.

Voilà déjà qui est bien pour moi. M. Isambert déclare ,i[u'il est ansurde de croire è deux Bethsayda , et M. Van de Velde déclare qu'il yen a une en Galilée. Je dois donc beaucoup de reconnaissance à mes deux adversaires , puisqu'ils se chargent de démontrer, chacun pour sa part, que j'ai raison, en ch'^rchant Bethsayda sur la rive galiléenne. Mais poursuivons, et laissons parler M. Vau de Velde : « Quant à Capharnaûm, la ville frontière entre Zabulon et Nephlaly, nous pouvons seulement nous attendre à la trouver sur la côte nord de la mer de Galilée, et, sans aucun doute, nous la trouvons dans les ruines de Tell-Hum , an Arabie name doae/y nllied to the Roman Kafer or Caphar'Nakum,^ Examinons un peu ceci. Caphamaiim doit ôtre sur la c6te nord du lac de Gennezaretb, parce qu'il est sur la limite des territoires de Zabulon et de Nephtalv. Très-bien I Mais qui dit à M. Van de Velde que cette limite passe à l'extrémité de la côte occidentale du lac, c'est-à-dire à Tell-HoumT Et puis M

APPENDICE. — IiBN)NSE A M. VAN DE YELDE.

Van de Velde oublie que Kenreth , qui a donné son premier nom au lac de Gennezaretb, doit bien se trouver quelque part sur les bords de ce lac ; que Kenret était de Nephtbaly, et qu'il n'y a pas place pour Kenret entre Tell-Houm et le Jourdain. Enfin , comment M. Van de Velde ose-t-il écrire que l'arabe Tell-Houm est un nom étroitement lié au romain ou latin Kafar ou Kaphar- Na* hum? En vérité , tout cela est trop fort> et j'appliquerai à M. Van de Velde ses propres paroles : On ne traite pas la géographie biblique avec cette légèreté et cette frivolités

F. 296. M. Van de Velde cherche ensuite Khorazyn dans une ruine que Richardson et le docteur Keith indiquent comme existant sur la route de TelNELoum à Saféd , qui se nomme Kérâjeh, et qui se rencontre dans une vallée au nord»K)uest de Tell-Houm. Cela est très-bien, sans doute; mais que deviennent alors les assertions suivantes de saint Jérôme : Khorozaïn était une petite place de Galilée, à d^ux milles de Capharnaiim , située m littore marié Gennezareth. Je voudrais bien savoir comment M. Van de Velde fera pour se débarrasser de ces deux assertions si gênantes , et qui renversent toute sa théorie.

Pourquoi M. Van de Velde , qui a vu Tell- Houm, ne nous parle-t-il pas de ses belles ruines qui en font une ruine de l'époque romaine? Est-ce, par hasard, parce que dans cette contrée il n'y a que Julias qui ait pu prétendre à des monuments de l'impôttance de ceux qui se voient à Tell-Houm?

P. 419. D y a bien longtemps que le nom de Daphné , comme localité syrienne , a été biffé des catalogues par Reland , qui a montré jusqu'à l'évidence qu'au lieu de /ià<fyy\ç dans Josèphe, il fallait lire Aàvi)^. On pouvait croire

?ue le fait qu'à Daphné était un temple du èau-d'Or, suffisait pour démontrer que c'était Dan qu'il fallait lire. M. Van de Velde ne Va pas cru » et il a eu la main assez heureuse pour retrouver un Tell-Dufneh , et un ruisseau nommé également Dufneh , à une demi-heure de chemin au sud du Djesr-el- Rbadjar, et en partant de la pointe nordouest de la plame dans laquelle est le lac de Houleh. Dan ne peut être en deux endroits, pas plus que le temple du Veau-d'Or ; si l'un est au Tell-el-Qadhi, l'autre y est également; si l'un est au Tell-Dufneh, l'autre y doit être aussi. Or (p. 420), M. Van de Velde veut bien reconnaître Dan au Tell-el-Qadhi : dès lors, je ne sais plus que penser de son Tell-Dufneh.

P. 423. M. Van de Velde, parlant du Paneton ou de la grotte de Pan , située à Banias, dit Qu'elle semble avoir fait partie du temple de Pan , qui donna son nom à la ville de Panéas. M. Van de Velde paraît ignorer que le temple de Pan, c'était, ici comme ailleurs, une grotte naturelle. A la pase suivante, il parle de nouveau du temple dfe Pan, qui fut renversé par un tremblement de terre, et cette assertion lui suggère encore la môme observation. De plus , M. Van de* Veldo affirme que les inscriptions du Panéion prou-

DicnoNN. DES ANTiQurr^ bibliques.

vent que Banias fut 1>Atie par Philippe le tétrarque , et appelée Cœsaréa. U faut croire gue ces inscriptions, qui sont en ancien gree^ idiome que nous savons peu femilier à M. Van de velde , lui ont été traduites par un officieux peu habile, car elles ne disent pas une syllabe de ce que M . Van de Velde leur fait dire»

J'ai énuméré les passages les plus saillants qui montrent que H. Van de Velde a beaucoup à apprendre. Passons maintenant à ses {)ropres découvertes. Nous n'aurons pas cette ois tout à blâmer, et nous ferons loyalement la [lart des éloges, quand les éloges seront mérités.

M. Van de Velde a bien voulu admettre ce que le révérend Robinson avait dit le premier, et ce que j'ai répété à satiété, en ré-> tayant de toutes les preuves qu'il m'a été possible de réunir, à savoir, que les blocs à encadrement, blocs que j'ai designés sous le nom de salomoniens , avaient été employés par David et par Salomon , et oue leur présence dénotait immédiatement la haute antiquité des constructions dans lesquelles ils se trouvaient enclavés. La taille de ces blocs était certainement de pratique phénicienne , car il est dit dans l'Ecriture sainte que les tailleurs de pierre employés par Salomon étaient des Djebelim, c'est-à-dire des habitants de Biblos. Et en effet, H. de Vogue a retrouvé dans les ruines de Biblos des fondations composées de blocs de facture salomonienne. Le fait est donc mis hors de doute , et il n'était plus possible de le nier maintenant. Comment se fait-il que M. Van de Velde ait écrit la phrase suivante , en parlant des blocs saiomoniens de l'enceinte du Haram-echcherif , c'est-à-dire du temple : Bui you ean perceiv at once that the are not lyina in their original position (tom I, p. 469)? Il y a lÀ très-évidemment une décision ae parti pris , suggérée par quelque condescendance que je ne veux pas apprécier. Je dirai seulement que les photographies de M. Salzmann , ainourd'hui sous les yeux des antiquaires, aonnent le démenti le plus formel à cette étrange assertion que les blocs saiomoniens de I enceinte du temple ne sont plus à leur place primitive. Le soleil est un dessinateur dont il n'est pas possible d'inculper l'imagination , et cette fois c'est le soleil qui s'est chargé de relever l'erreur de H. Van do Velde.

Ces blocs caractéristiques, M. Van de Velde les a retrouvés au Qalâat-ech-Cheqif , probablement le Belfort des croisades , et il les décrit de manière à dissiper toute espèce d'incertitude : i recognisea in the lower founda" n'ofu, thèse huge colossal stones , roughlg heton on the outside ^ tjoith smooth eages^ such as u>ere used only by the earliest inhabitants of the country, — Au Qalâat-ech- Cheqif, M. Van de Velde reconnaît les différents appareils superposés; comment ne s'est-il plus donné la peme de les discerner le long de l'enceinte du temple de Jérusalem? Des souterrains très-vastes sont percés sous ce château, et Ton regrette vivement que notre explorateur avoue tout simplement

DICTIONNAIRE DES ANTIQ131TES BIBLIQUES

qu*il ne les a pas visités , faute de bougies (l. I,p. 111).

Ces mêmes blocs primitifs, M. Vau de Velde les a retrouvés à Hûnin (t. I , p. 169) ; à MAasub , ruines très-considérables situées à un ouart d'heure d'EI-Bassa (t. I, p. 254); au Qualaat-Kam (le ch&teau de Montfort pour :Scbultz, et le castellum regii de H. Van de Velde (t. I , p. 258 ; à Mellia (t. I , p. 264) ; à Athlit (t. I, p. 314). Ces observations sont 4rès-importantes , et nous devons savoir gré à M. Van de Velde de les avoir recueillies , lui qui se soucie si peu des monuments antioues.

Reprenons itinéraire de M. Van de Velde. Entre lathir et Kana , notre voyageur revenant de Hûnin à Tyr est conduit par un guide à un quart de lieue du village !de Sedakin, auprès d'une masse de rochers où sont scul|> tées diverses figures et images, que M. Thomson, son compagnon de voyage, croit Vœuvre des Phéniciens^ M. Van de Velde avoue

3u'il n'y connaît rien, et exprime le regret e n'avoir pu en prendre un croquis ; ici on 86 demande avec étonnement ^e qui a empêché le voyageur de le faire (t. I, p. 183). A une heure et demie de Tyr, M. Van de Velde visite en passant le sarcophage anlique «onnu sous le nom de tombeau d'Hiram.

Déjà Robinson a donné la description de ce curieux monument , mais en exprimant les doutes qu'il conserve sur l'origine que lui attribue la tradition. M. Van de Velde , si «ceptique d'ordinaire, et si grand ennemi de la tradition, s'efforce de démontrer que c*esX bien le tombeau du roi de Tyr, ami de Salomon , et il reproche à Robinson son incrédulité «u sujet de ce monument (t. I , p. 183).

A sa première course dans le haut pays qui domine au nord la plaine du Ilahr-el-Houleh, M. Van de Velde (t. I, p. 169) visite des ruines nommées Hûrah, et le village de Kefr-Kileh; puis du haut de la montagne il aperçoit à ses pieds le Tell d'Abel-betb-MAakah; nous aurions le droit d'ôlre étonnés de la présence de cette mention sous forme de pure assertion, si nous ne retrouvions plus loin un passage qui concerne les mêmes ruines. Cest dans le tome^II, page 428, aue nous voyons les ruines d'Abel-belh-MaÀkan désignées de nouveau comme existant à Abil, près du pont nommé Ejesr^el-Rhadjftr, sur lequel passe la route de Btanias; dans ce second passage, les ruines sont indiquées comme portant le nom d'Abil. Pas un mot de plus n'est dit sur cette localité par M. Van de Velde, et on a peine à le concevoir, eu égard à sa célébrité. Du reste, comme il y a dans ce canton deux Abil, Abil-el-Qamh, et Abil-el-IIaroua, le révérend R«)binson a prudemment laissé dans le doute l'identification d'Abel-beth-Maâkah avec Tune ou l'autre de ces deux localités modernes. Peut-être M. Van de Velde eût-il dû en faire autant.

M. Van de Velde rencontrant ensuite (t. I, p. 170) une localité nommée Aïn-Ata, n'hésite pas à l'identifier avec3eit-Anath de l'Ecriture (Josué, XIX, 38). Comme il n*y a absolument aucune analogie, même éloignée, entre ces

deux noms, l'hypothèse ne |>ar»h [wns qi hasardée, et à priori inadmissible.

Une des découvertes dont M. Van de VeU s'est le plus gloriQé, c'est celle des ranes d Hazor, qu'il pense avoir reconnues dus i haut pays, k l'ouest du Bahr*el-Bouldi. Apn avoir cmitté Kefr-Burrein où il troore • a ruine ae style iuif , peu importante, que i« habitants appellent la synagogue, > M. Va d Velde se dirige sur Tyr, en passant auprès é> villages de El-Jish et de Sassa, sans les ràte Sur son chemin il trouve « les mines deHi zor, dont le site était, dit-il, perdu d«ïpas)s trois derniers siècles. Peut-être, Mt-ilah^ff ver, cela tient-il à une expression ioeucieé Josèphe, qui décrit Hazor comme éumn devant le lac de Mérom ( Bar-el-Hoote L'existence des ruines de Haziri, sitnéaa nord-est de Banias, a encore augmenté la o» fusion. Celles-ci, visitées par M. TbooMH d'autres voyageurs, ont été prises piff^ ques-uns d'entre eux pour la vraie liva t ;, p. 177 et suiv.). » De Kefr-Burreimoia une vallée penaant au moins une heure, pe une plaine entourée de montagnes, et que f met 25 minutes à traverser. Sur le côléoe est le nllage de Remesh» près de l'efitrétt trois autres vallées; cette entrée est couw^ par une collinô sur laquelle sont des ra»: nommées Hhurfth ou Hhorah (que M. Te è Velde identifie, avec doute il est vrai, avec j Horem de Josué, xjx, 38. Cette identifiai est effectivement plus que douteuse, ^ca» de la présence de TM Onal du nom béliif. lettre qui n'a pu tomber, pour être rempiaw par une terminaison féminine). Un peu »jB d'une demi-heure après Hhurâb, H. Tao a Velde arrive à des ruines étendues docdom Hazûret Haziri, placées sur une pente rapior de l'autre côté de la route est un viltep i^ derne sur une haute colline; un quart dlkêsn après, notre voyageur entre dans une vi> beaucoup plus sauvage et plus rocailleuse (|i les vallées qu'il a longées entre Kefr-Burwi et Remesh. Telle est la situation que M.^a! de Velde attribue résolument k la Hazor bà^ que ; malheureusement cette situation est a opposition flagrante avec ce que nous savos de cette ville fameuse. D*abonl Josèpbe ow dit une première fois qu'elle était sur kii Semechonite (vTripxicroec), mais H. VandeVctt prétend que c'est une erreur de lliislanB des Juifs. En ce cas celui-ci s*est bien ohtf* dans son erreur , puisque dans le hTreXO des Antiquités jxwàtquet (v, 7), naos hm ce qui suit : « Sur ces entrefaites Jootfki (c'est du frère de Judas Machabée quUsa^ ayant quitté la Galilée, et les eaux dites* Gennesar (il avait en eCTet campé en cep^ avec son armée), se porta sur la pl<ùM<sk de Hazor Uu to xteXov^tvov 'ao^p w^lmt\ jp^ rant que 1 ennemi s'y trouvait. Les gea^ de Démétrius sachant, dès la veille, que k» thas allait marcher contre eux, venaieot » devant de lui avec une armée, dans Ufi^après avoir placé des embuscades (litf > montagne. » Les Juifs, après avoir pbe i^ bord, repripent l'offensive, battirent K» ^' riens et les poursuivirent jusqu'à Kides ^

APPENDICE. — REPONSE A M. VAN DE TELDE

était assis leur caaip. Le /" Livre des Mâchabées (u, 67) raconte le même fait et parle aussi de la plaine de Hazor, irc^tov *k(ri*ù. Mais ce qui est plus précis encore, c'est que le verset est ainsi conçu : Et Jonathas et castra ejus applicuerunt ad aquam Gennesar, et ante tueem viyilaverunt in campo Asor. Aussi il fallut k i*armée de Jonathas si peu de temps pour {)asser des bords du lac de Genezareth à la plaine de Hazor, qu'il n'est pas possible que cette plaine de Hazor ait jamais été aux environs de la Hazûr retrouvée par M. Van de Velde.

l\ est plus que clair, d'après ces récils, que la plaine de Hazor était assez grande pour que deux armées pussent s'y entre-choquer; par conséquent la Hazûr de M. Van de Velde, établie sur une pente rapide, ayant en face d'elle une haute colline sur laquelle est un village, la Hazûr enfin située au cœur de la montagne, n'a rien h faire absolument avec la Hazor biblique. C'est donc là une découverte h mettre de côté ; d'ailleurs, fût-elle réelle, elle ne serait pas neuve, puisque M. Van de Velde lui-même mentionne, toutefois sans nommer personne, d'anciens voyages qui placent Hazor au point même où il pense Tavoir retrouvée (t. I, p. 179). Ici je me permettrai une remarque qui suffirait, à elle seule, pour renverser toute la théorie de M. Van de Velde. Jonathas vient du sud et marche au nord et en plaine. Le camp des Syriens est à Kades; ils marchent au-devant des Juifs et en plaine,

I)ar conséquent, vers le sud ; la plaine dans aquelle les deux armées se rencontrent ne saurait donc être à l'ouest de Kades. M. Van de Velde, qui reproche volontiers aux autres de la légèreté et de la frivolité, devrait bien prêcher d'exemple et se garantir tout le premier de ces dérauts, dans ses appréciations géographiques. Il devrait surtout se rappeler qu'on n'arrive jamais à convaincre, en se ser^- Tant des textes favorables à sa thèse, et en passant sous silence les textes qui la contrarient.

M. Van de Velde mentionne à une demiheure au sud d'Adloun et h peu de distance de la côte, un cercle de pierres oblongues se tenant debout. Un habitant du pays lui dit que ce sont des hommes qui se moquèrent de Nabi-Zer, et que le prophète a punis en les changeant en pierres, comme cela se reconnaît encore. Croyez-vous que M. Van de Velde se donne la peine d'y aller? Pas le moins du monde. They must therefore be not oblong stones, but statues, dit-il, et cette conclusion lui suffit. Avis aux voyageurs futurs.

Quant à Adloun môme, M. Van de Velde dit que les savants l'idenlitient avec Ornithonpolis, mais çiu'il se dispense de prononcer aucune opinion à ce sujet (t. I, p. 202). Cela n'eût pourtant pas été déplacé.

Au delà de Tibnin, M. van de Velde a trouvé des ruines très-considérables et très-im- J>ortantes, avec des caveaux funéraires iadis èrmés par des portes de pierre, dont l'une est encore en place. Ces ruines portent le nom de BlAt; mais j'ai peur que ce nom ne soit l'appellation pure et simple Blad d'une ville

quelconque, appellation usitée dans le patois syrien. Ce qui est important, c'est que ît. Van de Velde constate (p. 246) que les ruines de BIAtsont semblables à celles d'Omm-^l-Aamid. Ceci, soit dit en passant, ne s'accorde guère avec l'opinion de M. Isamberl, qui ne me permettait pas d'avoir vu à Omm^el-Aamid les ruines d une véritable ville.

M. Van de Velde a recueilli le nom de la vallée auprès de laquelle se trouvent les ruines d'Omm-el-Aamid. C'est Ouad-Hamùl. Un peu plus loin dans la vallée, se trouvent les ruines de Hamûl, que notre voyageur identifie avec Hammon, ville de la tribu d*Aser, mentionnée par Josué (tix, SS). Malheureusement nous ne pouvons deviner si la forme Hamûl est bien la forme arabe, et, par conséquent, si Hamûl a quelque rapport avec le nom aspiré hébreu Bfamoun qui est transcrit d'ordinaire Chammon. Je suis très-disposé à adopter celte idetitifîcation, si le nom arabe est aamoul, nom identique avec l'hébreu, au changement près du noun en,/am, changement habituel d'ailleurs dans ces contrées.

A la p. 247, M. Van de Velde place au Ras- Nakhûrah un khan, une tour et une fontaine, et je crois qu'il commet ici une confusion, ce khan, cette tour et cette fbntaine se trouvant réellement au sommet du Ras-el-Abiadh. Il n y a au Khan-en-Nakourah, du moins je crois mes souvenirs fidèles, qu'un misérable khan sans importance. Dans tous les cas, je suis parfaitement sûr que les constructions et la source indiauées existent au Ras-el-Abiadb» vu que je m y suis arrêté forcément quelques heures.

A Mellia, M. Van de Velde apprend de la bouche du scheikh d'un village voisin, nommé Tershiha, qu'il y a dans le voisinage des figures taillées sur le roc ; au lieu d^y aller au |3us vite, notre voyageur se contente d'écrire sur son journal la phrase suivante : But those i must leave to the researches of fravellers whj may came after me (p. 266). Ceux-ci, je n'en doute pas, en sauront très-grand gréa M. Van de Velde.

Au pied du Carmel (côté du sud-ouest), M. Van de Velde trouve des ruines nommées Jalûn, qu'il identifie, mais dubitativement, avec Alton, lieu par lequel passait la limite de Nephtali [Josué, xix, 33). Il eût mieux fait de lire ce qu'il y a réellement, à savoir : mialoun bisdananim, c'est-à-dire : du chêne qui est à Sâananim.

BI. Van de Velde propose de voir Dimna de Josué (xxi, 35) dans le village de Damoun^ près de Saint- Jean d'Acre (p. 266). J'avoue que je ne saurais souscrire à celte opinion, les deux noms étant de forme trop diflférente.

H. Van de Velde (t. h p. &7) signale un peu après Damoun, et à une demi-lieue de chemin à l'ouest, c'est-à-dire à droite de la route qu'il suit pour gagner Kheifa, une vaste colline artificielle, sur laquelle, à ce que lui assure son guide, on voit de vieux puits et des tronçons de colonne. Le nom de cette colline est Tell-Hariani (Tell-Mer^jany? le Tell de plaine ou de la prairie). Peuirétre, dit*il\ devons-nous le prendre pour la Maralla de la

DICTIONNAIRE DES ANTIQUITES BIBUQUES.

tribu (le Zabulon (lisez Merà'alah). Entre les mots Merdjani et Mérd'alah, Il n y a certainement pas la moindre analogie. Quant au Tell en question, il me paraît hors de doute qu'il n'est autre que le Tell-Kisan que j'ai signalé dans mon voyage, et dont le guide de M. Van de Velde ignorait le nom, ce qui l'a tout naturellement conduit à dire au drogman, que c^était un Tell de la plaine.

Une localité certainement importante à découvrir, était le thé&tre du sacriûce d'Elie, au Carmel. M. Van de Velde me paraît l'avoir véritablement retrouvée au point (}ue les Arabes nomment £l-Mohbrakah (le heu d'ustion).

Cette fois, il faut le dire, notre voyaeeur n'a pas repoussé la tradition arabe au'il me reproche d'avoir quelquefois écoutée, et voici ce qu'il en dit :

P. 321. • Le nom d'EI-Mohhrakah semble avoir été pris du miracle de la combustion du sacrifice, et les traditions des Arabes sont généralement plus dignes de foi, que celles des chrétiens habitants du pays, lesquels, pour la plupart, répètent ce que les Latins et les Grecs leur ont mis dans la tête. » Je suis heureux de voir que notre voyageur profite, à l'occasion, des traditions qu'il trouve si déplorablement inutiles, quand il s'agit des faits qu'il conteste.

Un autre point tout aussi important à retrouver pour la géographie biblique , c'était sans doute Bétulie, que feu le docteur Schultz a identifiée de manière à satisfaire fe roi des géographes modernes, l'illustre Ritter. Entre Djenin et Sebastieh, M. Van de Velde rencontre une localité nommée Dothan ; aussitôt notre voyageur, convaincu à tort qu'il ne peut avoir existé deux localités de ce nom, tient du coup Dothan où Joseph fut vendu par ses frères, et Bétulie, qui pour lui devient Sanour. Il est vrai qu'il ne visite pas celle dernière place, mais peu lui importe ; Sanour, c'est BétuHe. Tout auprès de Sanour, dit M. Van de Velde, se trouvent les ruines d'un vieux château, sur un roc; mais ces ruines, Robinson les déclare de l'époque arabe; cela ne fait rien à l'affaire. Sanour est à sept milks romains en deçà du Djenin , qui est à l'entrée de la région montagneuse ; cela ne lait rien encore. M. Robinson n'a pas assez soigneusement examiné la localité pour pouvoir affirmer qu'il ne s'y trouve pas de vieilles pierres quadrangulaires de l'époque des Juifs; donc il peut y en avoir; donc il y en a; donc Sanour est Bétulie. Tel est le raisonnement de notre voyageur. Ce qui est curieux, c'est que M. Van de Velde^ui n'a pas été à Sanour, déclare que : !>*** Robinson' s distant vieu) of it deserves no absolute crédit. Que dirons-nous donc de l'opinion de M. Van de Velde ? Ce qui est encore plus curieux, c'est que notre voyageur rappelle que l'Ecriture sainte met une fontaine au bas de la forteresse de Bétulie, et qu'au bas de la cûte de Sanotir il n'y a pas de fontaine I Bien que M. Van de Velde, qui a rêvé qu'il y en avait une, conclue de la manière suivante (p 368) : While the valley in whick this rocky fortress vissMy and the fountain at the base ofthe hiU^

too closely agrée with the narrative of tht aprocryphal oook ta leave much doubt with respect to this identification.

Pour compléter sa découverte, M. Van de Velde retrouve Chobai (xw6A et y(ii^>) du Itvre de Judith (xv, 3 3t 4) au village de Qabatieh. Dans ce passage il est dit que les Juifs poursuivirent et massacrèrent les Assyriens jusqu'à Chobai. Dans le même livre (iv, 4), les Juifs envoient mettre en état les places de Jéricho, de Chobai, etc. Certes il ne peut être question cette fois de Qabatieh. Aussi que dit Reland auquel il faut toujours revenir dans les questions diiQciles. Estne illud C oabis^quod in tabula Peut ingeriana legitur prope Éierichuntem ? Je ne me charge pas de répondre; mais j'afiSrme que Qabatieh ne peut être Choba.

Je ne dirai rien de la voie antique (jue M. Van de Velde trouve à Dothan, et qui, pour lui, est une route pavée par les Israélites ; il y a de ces suppositions qui croulent d'ellesmêmes (p. 370).

Arrive à Sebastieh, M. Van de Velde y est assez mal reçu, grftce à son habitude de trop tenir à quelques piastres, et en conséquence il quitte au plus vite le village inhospitalier. C'est après avoir conté cette mésaventure, qu'il déclare qu'il ne décrira pas les quelques tronçons de colonne qui existent encore à Sebastieh, d'autres les ayant décrits avant lui. U eût été plus exact de dire qu'il ne les décrivait pas, parce qu'il ne lui avait pas été permis de les visiter.

Enfin M. Van de Velde arrive à la porte de Jérusalem (p. 452), et il dit avec componction qu'il ne veut pas parler du Bakhchicb ?ue lui a demandé la sentinelle turque oui tait de garde à la porte de la ville. Si M. Van de Velde veut bien le permettre, nous mettrons cette phrase avec ses assertions sur les promenades faites par lui en compagnie d'Abou-Daouk et du docteur Schultz.

A proposdu tombeau d'Absalom (t.I,p.47), sur 1 origine duquel M. Van de Velde garde un entier silence, il dit qu'un voyageur a remarqué que, dans tous les voj^ages en Palestine, on raconte que pas un Juif ne passe devant le tombeau d'Absalom sans lui jeter une pierre, et que néanmoins on ne peut apercevoir auprès du monument rien qui ressemble à un amas de jpierres qui lui auraient été jetées par mépris. Voici maintenant l'observation particulière de notre voyageur : a II serait difficile d'admettre que tous les Juifs qui passent sur ce chemin soient si mal disposés; mais on ne peut nier qu'il n'y ail beaucoup de pierres grosses et petites amassées contre le monument. » Je me permettrai à mon tour de dire que la photographie donne un démenti formel au voyageur dont M. Van de Velde vient de parler , et commente à merveille ce qu'a vu ce dernier. Il n'est pas possible de méconnaître sur la photographie, et lescoupsde pierres sur la surface du tombeau, et le tas de pierres de pelite dimension, accumulées au bas et au milieu de sa façade antérieure.

Quant aux tombeaux de saint Jacques et de

APPENDICE. — REPONSE A M. VAN DE YELDE

Zacharias, le fils de Barachias, M. Van de Velde les cite sans faire connaître son opinion personnelle, autrement que par cette spécitication du Zacharie auquel appartiendrait le monument. Il semble que cette seule spécification nous indique, implicitement, Il est vrai, que pour M. Van de velde ces monuments remontent à la plus haute antiquité. Je n'en demanderas plus (p. 47 IJ.

M. de Velde, parlant au village de Beit- Djala (p. 477), près de Beit-Lehm, lidenlifle avec Zelzah du Livre de Samuel (x, î) , mais cette identification est par trop risquée. De ce queSelzah était près du tombeau de Rachel, il ne s'ensuit pas du tout que Beit-Djala, qui est sur le revers opposé de la vallée, soit Selsah, D'ailleurs quelle analogie M. Van de Velde trouve-t-il entre les noms de Beit-Djala et Zelzah? Je l'ignore. Du reste notre voyageur tient tant à cette découverte, qu'il y revient encore dans le tome II de son voyage (p. 10).

Je lis à propos des Biard-Daoud, situés près lie Beit-Lehm, une phrase très-bien pensée, et que ie ne puis me dispenser de reproduire teitueliement : D^ Robinson doubte ihe ideniity of the treU, but others think there are no good grounds for doing so, Alas ! there are feu> points in this country about which people are agreed ; and^ what is much to be famen^ ted , ambition and rivalry bave not unfrequently too much influence in the diseovery of neu> places and the rejection of an existing opinion. Bien dit, et je remercie M. Van de Velde de m'avoir prévenu en écrivant cette phrase dont je déplore la vérité.

J'ai mentionné dans mon Voyage une localité ruinée , située entre Kermel et Ziph, et dont je n'ai pu obtenir le nom. J'y avais remarqué un puits taillé dans le roc, avec auge prise dans la masse. M. Van de Velde nous donne le nom de cette ruine. C'est El-Maich, l'eau I J ai bien peur que son guide, interrogé près du puits en question, ne lui ait répondu tout simplement, c'est de l'eau (t. U, p. 77).

Nous trouvons quelques pages plus loin la narration fort prolixe de l'entrevue et des négoeialicns de Van de Velde avec le sjjcheikh Abou-Daouk. Il est vraiment risible, pour qui connaît ce pays et les hommes qui l'nabitent, de lire les forfanteries, inoffensives d'ailleurs, à l'aide desiquelles notre voyageur pense qu il a imposé respect au scheikh des Djahalin. Il est vrai que toutes les paroles héroïques qu'il nous rapporte étaient forcément transmises par un drogman, et, ainsi que je l'ai déjà dit, il n'y en a certainement pas une qui ait été traduite, même mitieée. A qui donc M. Van de Velde espère-t-il laire croire qu'en Quittant Abou-Daouk, il lui a dit ceci : Y ou kneu> it ttell, your head is for minet Si le scheikh eût compris le premier mot de cette phrase, il lui eût incontinent tordu le cou, sans scrupule et sans arrière-pensée. La réponse que lui a faite Abou-Daouk est, à ce qu'.il dit : El-Uasi ; lisez àla rasy, sur ma tète, ce qui est la formule par laquelle on s'engage à avoir soin de quelque chose ;

ce n'est rien de plus. Et quand fatigué des lésineries de son visiteur, le scheikh lui dit : Y a allah ! (très-probablement suivi de Rouhh). M. Van de Velde se figure qu'il lui a souhaité d'aller avec Dieu ; ce qui est vrai, c'est que, par ces paroles, le scheikh Ta envoyé au diable, ni plus ni moins. Ah I que M. Van de Velde a raison cmand il convient qu'il e^t fort utile de savoir rarabe, pour voyager en Syrie I Certainement il ne croyait pas dire si vrai.

M. Van de Velde soutient qu'avant tout il faut, pour dominer ces sauvaçes , une calm firmness. J'en demeure d'accord ; mais ce qu'il faut aussi, c'est de la rondeur et de la franchise d'allures ; c'est une humeur ouverte et bienveillante ; c'est de la bonhomie et de la générosité. Avec cette méthode, on est respecté et bien servi par les Arabes. A entendre M. Van de Velde, Abou-Daouk est un bandit que j'ai comblé de cadeaux, et par conséquent gâté. Si je l'ai gâté pour ceux qui entendent payer les services et le dévouement de quatre hommes, pendant huit jours, au prix de 80 fr., je n'en ai pas le moindre souci. Au reste, ce que j'ai payé à Hamdan avait été réglé parle consul de France lui-même, et ce que j'ai payé au scheikh Abou-Daouk a été exactement la même somme, stipulée pour le premier par notre consul. Quant aux cadeaux extraordinaires dont j'ai comblé le scheikh des Djahalin, ils consistent en une petite botte de pommade pour les yeux, et en un fusil à deux coups que je ne lui ai donné qu'à mon retour à Jénisalem, pour le remercier de ses bons et fidèles services.

M. Van de Velde avait le désir de trouver les ruines de Gérar, et il n*en a pu venir k bout. Il est vrai, dit-il, que le scheikh (Abou- Daouk) me répondit que Gérar lui était inconnu (p. 13»). Ceci aurait dû prouver à notre voyageur que ce scheikh n'était pas si pressé d'inventer des ruines h chaque pas, pour m'être agréable.

Je ne suivrai pas M. Van de Velde dans toute la contrée placée au sud de Jérusalem, et que je ne connais pas. Bien que la plupart de ses identifications aient grand besoin d'être contrôlées, j'ai déjà dit et je répète que je ne veux parler que de ce que j'ai vu, à moins qu'il ne se présente quelque assertion tellement invraisemblable, que je me reconnaisse le droit de l'attaquer.

De retour à Jérusalem, M. Van de Velde visite le tombeau des rois et celui des juges. Pour ce dernier, il rapporte, sans la combattre, la tradition qui en fait le sépulcre des membres du Sanhédrin. Il admet donc cette hypothèse. Reste le tombeau de^ rois, sur lequel je reviendrai un peu plus tard.

Une autre découverte à laauelle M. Van de Velde attache beaucoup de prix, et il a raison, c'est celle des ruines d'Aï, si tant est qu'il l'ait faite. Tell-el-Hedjar, la colline des pierres, est un nom qui a peu de rapport ave^ le nom d'Aï, et pourtant je ne aoute pas un seul instant que celui qui pourra parcourir la contrée, avec la facilite d'interroger les habitants, retrouvera le nooi

DICTIONNAIRE DES ANTIQUITES BIBLIQDES.

dans leur mémoire, et les ruines eIle5«»mèmo6. Le Tell-eIrHedjar ne présente que des ruines très-médiocres. Aussi, M. Van de Velde invogue-t-il le témoignage de Josué ( vn, 3), gm dit que c'était une petite forteresse r»mfermant peu d'habitants (p. ?.80). Très-bien I mais alors comment concilier ceci avec ce que je lis |l la page suivante (281), qu*à la prise de la ville, ses habitants furent massacrés au nombre de 12,000 1 Je doute fort Sue le Tell-^l-Hedjar, tel que nous le décrit [. Van de Velde, ait jamais pu loger 13,000 habitants, et par conséquent que là soitTAï de la Bible.

J'augure mieux de la découverte des ruines de Pasaëlis, ville construite par Hérode le Grand, en souvenir de son frère Fasaël (t. Ill, p. 318). Auprès de ces ruines qui existent dans le Rhôr au Tell-Fasaël, est une source, TAïn-Fasaël, que M. Van de Velde identifle avec le Kérith de I Ecriture. J'ai déjà parlé de cette identification impossible, je n'y reviendrai donc pas. Seulement je prierai incidemment M. Van de Velde de corriger, pour une seconde édition, le nom de Fasaèius qu'il dobnne à cette ville, au lieu du nom connu de Fasaëlis, et qu'il donne aussi au frère d'Hérode. Ce nom n'est pas plus admissible oue celui d'Archélaiis pour ArchélaJLs (p. 308). Ce sont là des barbarismes qu'on ne doit pas laisser dans un livre qui a la prétention d'approcher le plus possible d un livre scientifique. Il ne faudrait pas non plus écrire des citations comme celles-ci: M. Sancti. Sacr. fidel. crue, lib. m, part, xv, cap. 3, vu qu'il s'agit de Marino Sanudo. Il faut au moins eonnaftre le nom des auteurs dont on invoque le témoignage.

Très-probablement encore, la Thala que M. Van de Velde a visitée (p. 327), est la Thella de Josèphe ; mais il aurait dû se contenter de cela, et ne pas chercher dans cette k)C3lité la Thaanath-Shiloh de Josué (xvi, 6 : lisez Tanat-Selah), de laquelle nous ne savons qu'une chose, c'est qu'elle était sur les frontières de la tribu d'Ëphraïm, et à dix milles romains à l'est de Naplouse suivant Eusèbe. Cela s'accorde- t-il avec la position de Thala î La carte de M. Van de Velde nous l'apprendra plus tard.

Dans la môme page (327), M. Van de Velde voit, eu hésitant un peu il est vrai, dans la localité nommée Atûf, la Tappuach ou En- Tappuach qui était sur les frontières des tribus de Hanassé et d'Ephraim. Il fait bien d'hésiter, car le nom Atouf n'a absolument rien de commun avec le nom arabe Teffah, les pommes, les fruits, qui est identique avec le nom hébreu, ridiculement transcrit Tappuah, et même Tappuach.

Voici maintenant d'autres identifications sur le compte desquelles M. Van de Velde a raison de conserver des doutes (p. 342). Sur son chemin, il trouve les deux villages de Tamûn et de Tubas, au nord-ouest d'Atouf, Tamùu à une heure et un quart de distance, et TubAs à trois quarts d'heure de marche au nord de Tamûn. TubAs, nous dit-il, a été déjà identifié par d'autres avec la Tbebcz, où fut

tué Abimelekh (Ju§es, ix, 53 et 54). Cesl Robinson qui, le premier, a publié cette identification, et M. Van de Velde eût dû le nommer; quant à Tamûn, c'est lui seul qui propose d'y voir la Thabath des Juges (th. z2). Je trouve une Tabath, de la tribu de Hanassé, mentionnée dans le livre de Judith, VII, 22. C'est probablement la même mieceHe du Livre des Juges ; mais qui peut cnercher le nom de cette Tabath dans le nom moderne de Tamoun? A coup sûr ce ne sera pas moi.

Un peu plus loin, M. Van de Velde, en parlant d'Abel-Meholah, dit: Abel-Mekolak may be connectedtoith Wadi-Maleh, or Melha. Jérôme places it ai a distance of ten Roman miles to the south of Beth-Shean, wisii agrées with the position of Charbet-eê'Shûk. This i give only as a supposition, as my al$o con* necting Tamûn with Tabath. Certainemeot cela ne peut être pris que pour une sup< position , et même pour une suppositiea malheureuse, car le nom Abel-Meholab (de Houl, être fort) n'a absolument rien de commun avec le nom de TOuad-el-Maleb^ ou Mellabah, la vallée du Sel ou Salée.

M. Van de Velde pense avoir retrouvé les ruines de la Sucsotk oiblique aux ruines que son guide lui a désignées sous le nom Sokkout, et c'est là une découverte très-importante. Néanmoins, elle embarrasse fortemect et à bon droit son auteur. En etiel (je résumj sa discussion) si la position qu'il a retrouvée pour Sokkout est parfaitement d'accord avec celle que lui attnbue saint Jérôme et avec les passages bibliques (Genèse xxxii, 17,et i Rois vn, 46), il ne lui semble plus possible d'en dire autant d'autres versets {Josué xin, 27, et Juges viii, 4, 5), qui lui paraissent mettre Soxkout sur l'autre rive du Jourdain.

D'abord, saint Jérôme dit tout le contraire de ce que lui fait dire M. Van de Velde. Void ses paroles {Ad Gènes, xxxm, 17). Socbotb. « Est usque nodie civitas trans Jordanem hoc vocabulo in parte Scythopoleos. » Si elle était au delà du Jourdain pour saint Jérôme, elle ne pouvait étfe sur la vise droite. Dans Josué (xii, 27), Sokkout est une ville de la tribu die Gad, et dans le I*' Livre des Rois (vi, 46), les ornements du temple sont fondus dans la plaine du Jourdain, entre Sokkout et Sartanah. Concluons : la Sokkout de saint Jérôme et de Josué était certainement dans h tribu de Gad, c'est-à-dire sur la rive gauche du Jourdain, probablement à la hauteur de Scythopolis, ou Beysan. La Sokkout du Livre des Rois doit être une seconde localité du même nom, placée vraisemblablement sur la rive droite, puisque, pour désigner les deux villes entre lesquelles s'étaient établis les fondeurs de Saiomon, l'Ecriture dit entre Sokkout et Sartanah. Cette seconde Sokkout, c'est, je le crois très-volontiers, celle que M. Van de Velde a retrouvée. J'aime mieux cette hypothèse que celle qu'adopte W. Van de Velde, d'une répartition sur la rive droite du Jourdain, d'une partie du territoire de Gad. Ce qui lui parailt surtout militer en £avein* de cette suppositioa

APPENDICE. — REPONSE A If. TAN DE VELDE.

inadmissible, c'est qu'il croit reconnaître Beik'Aram, mentionné dans le même verset de Josué, dans un Tell situé au N.-N.-O. de Sokkout, et portant le nom de Tell-Hamra. Quel rapport M. Va» de Velde peut-il trouver entre le nom Beit-Heram, la* Ma4Son>-Haute et Tell'Hamra, la colline Rouge ? Je ne le devine ()as. C*est donc là toute une série d'identifications inadmissibles. D'ailleurs, Beit-Heram est une localité qu'Eusèbe et saint Jérôme placent près du Jourdain ; ilsdisent que lesSyriens rappelaient Bethramphtaetqu'Hérode lui donna plus tard le nom de Livias. Or, Livias, nous le dirons à M. Van de Velcle, était près du mont Feor ou Pho([or, près de Machronte, et par conséquent bien loin du point où M. Van de Velde pense la retrouver.

Voici encore (p. 345) une découverte dont M. Van de Velae se félicite fort, et qui, j'en ai bien peur, n'a pas la valeur que son auteur lui attribue. Le lecteur en jugera. On lit dans l'Evangile de saint Jean (ui,23),cfu'il baptisait en un endroit où l'eau abondait, nommé Salim et situé près d'ifinon ; quant è iEnon, Eusèbe nous apprend que cette localité était à 8 milles au sud de Scytbopolis, près de Salim et du Jourdain. Certes, retrouver Salim était une bonne fortune désirable, et H. Van de Velde n'était pas homme è ne pas faire des efforts pour obtenir cette précieuse conquête. Voici en quoi consistent ceux qu'il a faits. Il rencontre un oualv (ce qu'on appelle un marabout en Alçérie]; cet oualy s appelle Scheikh Salem, c est-a-dire (tombeau) du scheikh Salem. Le problème est résolu. La était la Salim de l'Evangile. — « Il est vrai, dit M. Van de Velde, dont je cite textuellement les paroles, que le nom d'un oualy n'a rien à faire avec le nom d'une ville.» — Croyez vous que cela l'embarrasse T Pas le moins du monde ; il a trouvé la solution de la difficulté : l'oualy a été bâti en commémoration d'un scheikh de la ville de Salim, et non pas d'un scheikh qui s'appelait Salem ; tant pis pour la lan^e arabe, si la chose n'est pas possible : que la langue arabe s'arrange comme elle voudra. Au reste, M. Van de Velde dans l'excursion pendant laquelle il a fait cette belle découverte, était accompagné des savants docteurs Robinson et Eli Smith ; il s'est empressé de leur faire pa^ du trait de lumière qui venait de le frapper, à propos de Salim, who did not^ hovotvtr, agrée with me. Ceci, je le crois sans peine. Ici, sans s'en douter, M. Van de Velde nous donne un échantillon de la franchise qu'il apporte dans ses relations avec les hommes quil trouve sur le même terrain que lui. M. Van de Velde qui est accompagné de M. Eli Smith, dont il vante l'habitude de la langue arabe (346 et 347], dit dans la même page, à la suite de la phrase anglaise que je viens de traduire : and as i had not Philip tcith mf , t was not able to question the natives regarding Mnon and SaRm as t could hâve toished. En d'autres termes, M. Van de Velde se défiait de M. Eli Smith, et il avait plus de confiance dans les renseignements obtenus par l'intermédiaire

de son drogpsan*. Cela n'est* pas tres-flatteur

Eour H. Smith, mais à coup stkce n'est pasonorable pour H: Van de Velde.

Le site de la Cana de l'Evangile était asseï important aussi pour mériter Tâttention da notre voyageur. Deux opinions étaient- en présence ; toutes deux un peu hypothétiques, je le veux bien, mais dont l'une réunir en sa faveur toutes les probabilités possibles. Malheureusement celle-là a Tinconvénient d'être admise par les Catholiques. EHe ne pouvait donc trouver grftce devant M. Van de Velde. En conséquence, il place Cana (p. 405) è Cana-el-Djelil, ruine située h deux neures et quart de marche, au nord de Nazareth, au détriment de Kafr-Kenna qui se trouve, comme le veut l'Evangile, sur la route directe de Nazareth aux rives de la mer de Galilée. Je ne crois pas avoir à revenirici sur la discussion que j'ai produite ailleurs à ce sujet. Elle a paru assez probante à M. Isambert lui-même, l'adversaire le plus déclaré de tout ce que j'ai dit, pour qu'il ne crût plus possible de se déclarer en faveur de Cana-el- Djelil; je m'en tiens à cet assentiment, qui, je le crois, me donne gain de cause, ou plutôt donne gain de cause aux voyageurs qui, longtemps avant moi, ont admis l'identification que je n'ai plus eu qu'à appuyer sur de nouvelles preuves.

M. Van de Velde a eu le bonheur, qui m'a été refusé, de visiter Kadès, où l'archéologue, à ce qu'il paratt, trouve un ample surjet d'observations importantes. J'espérais que notre voyageur prendrait la peine de décnre les monuments qu'il avait sous les yeux ; mais il n'en est malheureusement rien (p. 417). Il se contente d'énumérer des pierres de taille, des tronçons de colonnes, des sarcophages et deux édifices divers, dont l'un lui paratt un temple, et l'autre un mausolée ; puis il ajoute : Bui i am not archeologist enough to venture to say more about it. Je le regretterais bien plus vivement encore, si mon ami, M. de Bertou, n'avait, bien des années avant le passage de M. Van de Velde, étudié etdessiné les monuments de Kadès, qu'il nous fera bientôt connaître, je l'espère.

Pour avoir uni avec M. Van de Velde, il ne me reste plus qu'à transcrire Quelques phrases que je vais extraire de son livre, et qui sont à mon adresse. Je n'y répondrai qu'en très-peu de mots, et encore me respecterai-je assez pour ne pas le foire toujours.

Voici donc ce que je trouve ft. I, p. 895) à propos du livre de Madame de uasparin, livre dont je n'ai point à m'occuper ici, et au mérite duquel je rends l'hommage qui lui est dû : « En comparant son volume avec une série d'ouvrages d'autres voyageurs, ce que je remarque, et particulièrement dans le dernier (c'est, je pense , le mien dont il s'agit ici), c'est qu'ils font l'effet d'un tissu d'impressions, non pas produites par les lieux eux-mêmes, mais conçues en face d'une table à écrire, où l'écrivain s'est permis d'abandonner la réalité de la vie, pour les régions de la fantaisie ; non pas que je nie

MCTIWNAIRE DES ANTIQUITES BIBLIQUES.

eompiétement que les Heux saints peuvent remplir Tesprit d'un voyageur de saintes impressions, mais j'apprends de jour en jour mieux que cela n est généralement pas le cas ; et si ce cas se présente, les personnes feront bien de s'exammer ellésHmèmes, pour voir si certains sentiments pieux ne sont pas plutôt des sentiments charnels que l'œuvre au Saint-Esprit. »

A cette tirade odieusement ridicule je n*ai rien è répondre; l'avoir reproduite est pour moi bien suffisant. Voici maintenant quelques passages saillants d'une longue note qui ne concerne que mon voyage, et qui occupe les pages 115 et 111 du tome n.

« Le voyage de M. de Saulcy a été publié en France sous le titre de, etc. Le public parait charmé de ses pseudo- découvertes. Pour ma part, j'ai scruté les éditions anglaise et française, espérant y trouver la justification de ses conclusions. Ce n'est pas ici le moment d'entrer dans des jdétails sur son livre, car, pour réfuter les contradictions, les citations erronées, elles iausses hvpothëses qui s'y trouvent en nombre, il faudrait faire un livre aussi considérable que le sien. Je laisse à ceux oui désirent connaître la vérité le soin de se lormer une opinion. »

Pourquoi donc H. Van ae Velde s*obstinel-il à produire des assertions, toujours, et des preuves, jamais? Quand donc viendra le temps ooportun pour confondre mes impostures? La communication à la société archéologique de Palestine, disait: « Attendez mon livre, et vous verrez que M. de Saulcv TOUS trompe. » Voici le livre venu, et M. Van de Velde dit encore : « Attendez plus tard, ce n'est pas ici le lieu de réfuter les contradictions, les citations erronées et les fausses bypotbèses qui fourmillent dans le voyage de M. de Saulcy. » Monsieur Van de Vèloe, VB réfutez pas tout, puisqu'il y a tant de choses réfutables; mais, par grAce, prenez ta peine de signaler une seule de mes contradictions,^ une seule de mes citations erronées, une seule de mes fausses hprpothëses ; ces trois chefs d'accusation, une lois démontrés, voyez comme je suis de bonne composition, *e passerai condamnation sur les autres. De a sorte, vous ne serez pas obligé de faireun livre aussi gros que le mien. Mais prenez garde ! le public n'est pas dupe de ces insinuations perfides que l'on ne se lasse pas de jeter à la face d'un homme, sans jamais prouver que l'on a le droit d'agir ainsi.

Poursuivons : « D'un tel examen, il sortira I évidence que, quoique H. de Saulcy ait réellement trouvé des ruines à la base de la montagne de Sel, les villes de Zoar, Sodo-« me et Seboim, n'ont jamais pu être où il l'imagine. 0

Je suis très-reconnaissant de l'aveu que fait ici M. Van de Velde de la réalité des ruines que j'ai trouvées à la base de la montagne de Sel. Je n'en demandais pas davantage. Quant au fait que les villes maudites n'ont jamais pu être où ie les place, c'est une autre affaire; M. Van de Veldfe est fort loin de l'avoir prouvé, et, qui plus est, je le mets au défi de le

prouver, car, en pareille matière, tions sont d'autant plus insuffisantes, que m savons maintenant à quoi nous ea teor s leur valeur réelle. Je transcris :

« Malgré cela, si un voyageur suivi de <|i tre ou cinq autres, vient nous dire qui trouvé des ruines dans telle ou telle pbc son témoignage ne doit pas être rejeiép ceux qui n'ont jamais visité les Ueui. 0 1 donc nécessaire qu'un autre voyageur appor son témoignage, que Ton puisse oui ou » se fier à ses connaissances.

Ceci est une étrange prétention, oo en en viendra, et je laisse a M. Van de Velde In la responsabilité de ceUe théorie da \ém gnage humain.

« J'ai donc suivi les traces de M. de Sa^ sur cette même place, avec des Bédoùi la même tribu, appartenant au même sckà (pourquoi M. Van de Velde a-t-il dit prm oemment avec le même scheikh Abim-Dùày en un mot, avec des Bédouins accoutiaèi rôder sur ces localités. l'avais une copie» nuscrite de la carte de M. de Saulcjiiiii donc été impossible de passer sans ip»

voir les ruines qu'il mentionne. Je le>» chais avec avidité. Il était impossible i< manquer, cependant je n'ai nen vuqa»

firmftt ses assertions, et, malgré tootes assurances, je suis forcé d'établir que ai' couverte de Sodome est un pur fruit écu imagination. »

A ceci un mot. Je suis trop vieux pc«inr encore l'imagination que me prête M.Tak Velde, et celui-ci a fait, malbeureuscfis pour lui, preuve d'une imagination si xsn. en se faisant accompagner dans une eirasi par un homme mort depuis plusieun bb qu'il est mal venu à adresser un reproche s» reil à son prochain. J'ai fait voir plus )m que M. Van de Velde n'a pu consacrer m minutes à la recherche timide dont il «p^ Que penser dès lors de l'assertion de ue voyageur? Mais, patience, d'autres que l^i de Velde visiteront, s'il plaît à Dieu, cesoémes localités, et alors il sera rendu josticfi chacun de nous deux, selon ses ceums.

« M. de Saulcy fait appel à ses cooi|Mpa de voyage pour qu'ils affirment la séneu^ ses assertions ; j'espère qu'on me per«0 de mon côté d'en appeler au témoiguiK * Robinson, de Smith et de leurs prédécesstft Certainement, ce qui peut avoir échiffei l'attention de ces derniers, ne peut pt& i^ échappé aux soigneuses recherches des vcji geurs améncains. »

Ici, M. Van de Velde oublie qu'il a coB» dans son livre que la description des k> donnée par 1ns Américains, est pureioefiSS tastiaue, aussi bien que le dessin prods avec leur récit. Notre voyageur, on le wû»> devrait parler de contradiction à perw«» M. Van de Velde feint de croire quefaw*" tionné des ruines visibles de loin, elilotJ» que les ruines dont j'ai signalé Teùs^^ sont identiques avec celles qu'il décrit à P pos de Bir-Sebafl.

« On me demandera donc ce qui ptiûf^ causé à M de Saulcy de pareilles crrt«^ *

APPENDICE. — REPONSE A M. VAN DE VELDE

crois qu'elles tiennent à sa générosité mal ])lacee envers Abou-Daôùk. D'après Téchantillon que nous avons donné plus haut de sa rapacité, le caractère de ce chef est à peu près évident. Abou-Daôuk est de la même nature que les autres Bédouins. Montrez-vous désireux de trouver dans chaque pierre façonnée par la nature une trace d'antiçiuité, excitez sa cupidité en lui donnant continuellement des piastres, dès qu'il vous montre quelque cboso qu'il appelle des ruines, il vous en montrera tous les quarts d'heure, avec des noms et des noms propres, sinon sur place, dans tous les cas à distance. Ceci est cause que dans ces régions de Bédouins, on entend parler de tant de noms mentionnés par certains voyageurs, et que d'autres ne peuvent parvenir à retrouver. Moi-mémo, j'ai pris plusieurs fois mes guides bédouins en tingrant délit de menson-

Se. Le mensonge est pour eux le pain quotiien, et rien que les questions pressantes suffisent pour arriver à la vérité. »

Autres contradictions. Les guides pris dans la tribu d'Abou-Daôuk par M. Van de Velde étaient si bons et si honnêtes, qu'il ne cesse de vanter leurs qualités et de célébrer leurs louantes; et moi, j'en ai fait des guides détestables, par ma générosité mal placée, générosité qui, je Tafllrme sur l'honneur, n'a pas une seule fois été exercée, pour payer à un Bédouin quelconque d'Abou-Daôuk une indication quelconque! Et cet Abou-Daôuk lui-même , si pressé d'inventer des ruines pour mon usage, comment M. Van de Velde oublie-t-il qu il a raconté plus haut qu'à propos des ruines de Gerar, ce scheikh lui a répondu qu'il n'en connaissait pas de ce nom? Explique cela qui pourra ; pour moi, j'y renonce.

Pour abréger, je passe quelaues phrases sur l'ignorance générale des Bédouins, ignorance que M. Van de Velde a constatée, et que j'ai niée, è ce qu'il prétend. Comment 1 a-t-il donc constatée, lui qui n'entend pas le premier mol d'arabe? Est-ce par l'intermédiaire des drogmans d'ordinaire si érudits? Je reprends. « Les Bédouins ne tiennent qu'aux piastres et aux ghazis; est-il donc étonnant que M. de Saulcy, après avoir gâté Abou-Daôuk par ses nrésents continuels, ait été trompé par lui? Certainement, l'œil perçant de ce chef de voleurs a bien discerné le côté faible du voyageur. Dans ces circonstances, la caravane de M. de Saulcy se dirigea le long de )i montagne de Sel... le Djebel- Usdum des Arabes; au côté sud-ouest de la mer Morte un tas de pierres, déjà vu et mentionné par Seelzen et Robinson, attire l'attention du voyageur français; il en est profondément impressionné ; son imagination s'excite, et sous cette impression, il reconnaît dans ces pierres une partie des constructions de la ville brûlée. Voici en quels termes il s'expri^me (suit une citation extraite de mon livre). Ici l'enthousiasme obscurcit la compréhension de M. de Saulcy. Pour ma part, dit-il... (autre citation). Sur ces renseignements d'Abou- Daôuk, M. de Saulcy bâtit tout un système de$ cités. Zoar, c'est ainsi qu'il raisonne, qe

f^eut pas être bien loin ; il sait que Mangles et rby,Seetzen et Lynch ont trouvé les ruines de Zoar, à l'entrée du Wady-Karak, à la baie qui est au nord de la péninsule sud-est de la mer Morte, mais cela est en contradiction avec sa découverte. Ainsi M. de Saulcy se met à l'œuvre pour renverser les rapports de ces voyageurs, et aussi de la sainte Ecriture, qu'il prend cependant la précaution de citer à chaque instant, au miheu de tels commentaires, qu'il la fait paraître plaider sa cause à lui. »

M. Van de Velde me permettra-t-il de prendre acte de cet aveu d'impuissance de sa part? Comment! l'Ecriture sainte, citée à chaque instant par moi, est englobée dans de tels commentaires que je la fais paraître plaider ma cause, et vous n'attaquez pas de tels commentaires! et vous n'en démontrez pas la fausseté ! et vous avouez qu'il paraît que l'E* criture plaide en faveur de ma cause! Ah! monsieur Van de Velde, vous avez eu tort de laisser glisser ces phrases-là de voire plume, car elles sont plus probantes contre vousmême, que tout ce que je pourrais écrire t Poursuivons.

« Entre Wady-er-Rmaïl et Kureiteyn il voit un endroit qu'Abou-Daôuk appelle Souq-et- Thaemeh, et il déclare de suite que c'est Admah. 11 trouve Zeboïm au cœur ae Moab« et enûn Gomorrah non loin des murs do Jér richo. »

Répondons à ceci. D'abord Souq-et-Thaemeh n'est pas entre l'Ouad-er-Rmail et Keriteyn. M. Van dô Velde utilisebien mal la carte dont je lui avais permis de prendre un calque, puisqu'il commet une erreur pareille. L Ouad-et- Thaemeh et le Souq-et-Thaemeh sont bien près de l'Ouad-Zouera, et par conséquent de Zoar. Et puis, qu'y a-t-il donc d'étonnant à ce que je trouve Seboim au cœur de Moab, puisque les ruines que j'appelle Seboim sont celles que M. Van de Velde appelle Zoar ? Vous vous récriez sur ce que Seboim est dans la Moabitide, vous qui y mettez forcément Sodome, puisque cette ville était au plus, d'a-

Èrès la Bible, aune demi-lieue de Zoar I ! 1 t quanta Gomorrhe, à qui M.Van de Velde fera-t-il croire qu'en passant pour ainsi diro au milieu de ces ruines, il n'a pas fait demander à ses Bédouins s'ily avait réellement de ce côté des ruines nommées Kharbet-Goumran ? Il n'en dit pas un seul mot, et c'est ce silence calculé et impossible qui l'accuse et qui mel en évidence son parti pris.M. Van de Velde lô sent si bien, qu'il se hâte d'ajouter ceci :

« Trouvant suffisant d'avoir découvert l'erreur de M. de Saulcy pour ce qui regarde Sodome et Zoar, je ne me suis pas donné /a peine de chercher les trois autres villes; et en effet il est inutile d'entreprendre un voyage aussi difficile, et aussi dangereux que celui de la mer Morte, pour s'apercevoir de /'o6n*rdite sur laquelle M. de Saulcy base la découverte des villes de la Pentapole. »

Pour Gomorrhe, je viens de le dire, le voyage était tout fait ; BL Van de Velde n'a

Î;arde d'en parler. Pourquoi? Espérons qu'il e dira quelque jour. Quanta la dernière

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phrase, elle ne mérite pas l'honneur d'être relevée.

Telle est toute la savante discussion promise par M. Van de Velde, et de laquelle devait pleinement ressortir l'évidence de mes speudo-découvertes. J'ai bien peur qu'il n'en ressorte pis que cela pour notre voyageur.

Reste un dernier sujet, sur lequel M. Van de Velde me fait la leçon : c'est celui du tombeau des rois. Quelque dégoût profond que m'inspire cette polémique avec un homme à qui j'ai rendu service, je ne suis pas homme à reculer, ni à lui faire grâce de ses propres paroles. Je transcris donc encore (t. II, p. 239) :

« D'après les volumes que nous avons déjà cités de M. de Saulcy, il paraît qu'il n'accepte pas la positive déclaration de la Bible « dans la « cité de David. » Nous n'avons pas l'intention d'insérer dans cette narration une critique des arguments de M. de Saulcy ; mais il peut être utile de diriger l'attention de nos lecteurs sur la manière dont il raisonne. »

Non, je n'accepte pas l'expression de la Bible — dans la cité dfe David — comme représentant exclusivement la forteresse du mont Sion, parce que maint passage de l'Ecriture sainte prouve irrésistiblement le contraire. Mais j'oublie que , pour M. Van de Velde et consorts, les textes bibliques sont respectables quand ils leur donnent raison, et ne sont plus respectés dès qu'ils leur donnent tort. Cette fois encore, M. Van de Velde, qui devait prouver jusqu'à l'évidence que mon opinion n'avait pas le sens commun, juge prudent de décliner la discussion. // n'a pas l'intention d'insérer dans sa narration une criti- Îjue de mes arguments. Ceci est fâcheux pour ui, car il est admis par tout le monde que ce système d'argumentation est pitoyable el qu'il montre le néant des raisons qu'on voucirait opposer au système que l'on attaque.

Certainement il peut être utile de diriger l'attention des lecteurs sur la manière dont je raisonne, mais à la condition que ces lecteurs consentiront à croire que M. Van de Velde est plus qu'eux-mêmes capable de saisir la marche d un raisonnement ; peut-être quelquesuns y étaient-ils disposés; je garantis maintenant qu'il n'en restera pas un seul qui ne se récrie sur l'incroyable inintelligence dfe M. Van de Velde. Copions donc :

« Page 17 du II' volume de l'édition anglaise, il avance que les morceaux de sarcophage si admirablement taillés, qu'il trouve dans ce qu'on appelle le tombeau des rois, seraient d'un grand prix pour le Louvre de Paris [sic], si toutefois il pouvait être prouvé que ces sépulcres sont ce que leur nom indique. »

D'abord, pourquoi M. Van de Velde, qui plus haut prétendait avoir scruté les éditions française et anglaise de mon voyage, cite-t-il de préférence la traduction anglaise? Pourquoi ne pas citer textuellement ce que ma propre plume a écrit? Très-probablement parce que M. Van de Velde, bien qu'il en dise, n a sous la main que I édition anglaise. Si le contraire était vrai, il eût été bien sim-

ple de signaler la concordance entre les deux éditions. Mais ceci est une querelfe de détail, passons donc au fond de la question. Je ne comprends pas ce que M. Yaa de Velde trouve a'exorbitant dans la citation ci-dessus. Il existe au Pirée un sarcophage envahi par la mer, n'offrant pas un seik omeroenH, mais que la tradition déclare être le sarcophage de Thémistocle. Serais-je donc absurde de dire que ce sarcophage deviendrait une précieuse acquisition pour le Louvre, s'il était une fois bien établi qu'il e.st réellement le sarcophage de Thémistocle? M. Van de Velde me permettra de n'en rien croire, et de penser que sur ce point il restera tout seul de son avis. Poursuivons.

« Ce que M. de Saulcy est désireux de découvrir, devient bientôt à ses yeux une certitude morale; ne nous étonnons donc pas de lui entendre dire : Après une heure de repos, donnée aux délices au moka et du Latakieh, je passe à l'encre mes notes topographiques de la matinée, et je me complais à ruminer mes trouvailles de l'heureuse course que je viens de terminer. » (Ceci est extrait ae l'édition anglaise, p. 97, et de l'édition française, t. II, p. 188.]

C'est ici que brille d'un éclat douteux l'intelligence de M. Van de Velde, ou qu'éclate son mépris pour ses lecteurs, qu'il juge assez simples pour qu'il lui soit permis de leur compter tout ce qui lui passe par la tête. Croit-on, en effet, que le passage cité et que je viens de transcrire se rattache même de très-loin au tombeau des rois? Pas le moins du monde! Il s'agit de ma course de Jéricho au Jourdain, à la pointe nord de la mer Morte, à Gomorrhe et à Nabi-Moussa 1 1 1 Reste à savoir si les lecteurs de M. Van de Velde seront flattés du sans-façon avec lequel il se moque d'eux. Car il n'y a pas de moyen terme; ou bien M. Van de Velde les trompe sciemment, ou bien il ne comprend pas ce qu'il lit. En tout cas sa logique est étrange, on en conviendra. Voici, continue M. Van de Veldo, quels sont les arguments en faveur de l'identité des tombes royales :

« D'abord, M. de Saulcy accepte sans condition la véracité de la tradition chrétienne, tandis qu'il reiette celle des natifs (ces derniers placent la tombe de David au côté sud du mont Sion). »

1* M. deSauIcy demande à M. Van de Velde, comment les Chrétiens, les musulmans et les Juifs appellent ce tombeau, et s'il porte parmi eux deux noms différents.

2° M. de Saulcy demande à M. Van de Velde pourquoi Josèphe appelle ce monument les caves royales, et cela de l'aveu de tout le monde.

3* M. de Saulcy demande en6n à M. Van de Velde s'il sait que le Pèlerin de Bordeaux

Elace en 333 le tombeau de David à Bethléem? S'il ne le sait pas, il le prie de l'apprendre, et d'en conclure que les natifs qu'\\ invoque ne sont que les musulmans devenus maîtres de l'église du Cénacle, ou iiue les Juifs trompés par Tabsurde récit de Benjamin de Tuaèle.

APPENDICE. — RLPONSE A M. VAN DE VELDE

« Ensuite viennent plusieurs démonstrations pour prouver ce que ces tombes ne sont pas, démonstrations qui pour que nous leur donnions notre confiance, devront passer par Teiamen et le témoignage des savants, car nous avons été amené à soupçonner les citations d'auteurs anciens que fait M. de Saulcy, par les remarques de M. Isambert, dans son examen de l'ouvrage de M. de Saulcy, dans les bulletins de la Société de Paris. 1853, octobre, novembre, etc.

Répondons froidement à cela, si faire se peut. M. Van de Velde se trompe en me croyant de son école; je ne consentirai jamais à fausser sciemment une citation ; c'est dire que j'ai Thorreur et le mépris le plus profond pour le vice le plus honteux, le mensonge. M. Isambert s'est permis parfois de me reprocher d'avoir altéré des textes anciens, et M. Isambert a été mis par moi en demeure de prouver qu'il disait vrai ; j'attendrai longtemps, je crois, qu'il [)uisse répondre à cette injonction. Une fois, j'en conviens, il m'a justement reproché d'avoir mal consulté l'édition de Seylax de Gail, à propos d'un mot insignifiant que je me suis à tort figuré omis dans cette édition. Voilà à quoi se réduisent toutes les altérations qui me sont reprochées. Il faudra donc que ces messieurs prouvent que j'ai sciemment altéré des textes, ou bien ils porteront la peine de leur assertion perfide. Revenons à M. Van de Velde tout seul. Il n'a probablement pas fait ses humanités, puisqu il est obligé oe s'en rapporter à l'avis d'autrui, pour comparer avec des éditions imprimées, les textes et les traductions que j'ai donnés? Ceci franchement ne fait pas honneur à l'érudition du voyageur. Passons.

« Finalement il donne tous ses arguments comme concluant à prouver ce que ces tombeaux sont, c'est-à-dire ceux des rois de Juda. Mais ce qui me parait de la plus grande importance, c'est la certitude que la Bible veut dire par l'expression Cité de David, la montagne même de Sion, et non pas la plaine ondoyante et rocheuse gui est à une nonne distance dû mur septentrional de la cité. L'auteur glisse sur ce point avec quelques assertions hardies et insoutenables.»

J'ai prétendu, et je prétends plus que jamais, que le nom Cité de David, donné d abord à la forteresse du mont Sion, que David parvint à enlever aux Jébuséens, fut étendu )lus lard à Jérusalem tout entière, ainsi que e prouvent des textes bibliques dont on se garde bien de parler, ainsi que le prouve notamment d'une manière irréfragable le Livre des Machabées. Je n'ai jamais dit que la plaine où sont les Qbour-el-Molouk eût été nommée par extension Cité de David. C'est là une niaiserie que M. Van de Velde a tort de m'attrihucr. Je glisse sur ce point, dit M. Van de Velde, avec quelques assertions hardies et insoutenables.— Pourquoi vous borner ili dire? il fallait prouver qu'elles étaient hardies et insoutenables. Du reste, revenez-y si vous voulez, monsieur Van de Velde; je

vous ai promis de vous/aire prompte et bonne justice, et je vous tiendrai parole.

oEn lisant les arguments du voyageur, on devra se rappeler queles questions et les objections qu'il propose, sont les siennes propres et non pas celles du lecteur sans préjugés. Une suite de raisonnements tortillés ensemble de cette manière, fait que le lecteur suit -insensiblement la hardiesse de l'auteur, et qu'il perd sa liberté de jugement ; il est, sans le savoir et sans le vouloir, entraîné par les idées de l'auteur. »

M. Van de Velde ne pouvait rien écrire qui me fût plus agréable que le passage précédent. Les objections qu'il déclare être les miennes propres, sont celles oui m'ont été opposées dans le sein de l'Académie, par MM. R.Rochette et Quatremère. Si, d'ailleurs, ce ne sont aue les miennes, que M. Van de Velde formule les siennes, et je m'engage à les réfuter de façon à le contenter. M. Van de Veldo a, sans doute sans y prendre garde, dépeint à merveille la manière dont la conviction se glisse dans l'esprit de l'homme. Puisque la lecture de mon mémoire sur les tombeaux des Rois agit sur ses lecteurs, comme en convient M. Van de Velde, je ne demande rien de plus, et je me tiens pour irès-satisfait

Vient ensuite la citation des versets bibliques relatifs à l'inhumation des rois de Juda. M. Van de Velde n'a pas eu grand mal à rechercher ces passages que j ai cités et commentés dans plusieurs pages consécutives. 11 conclut ainsi :

«Il me parait d'après ces passage^ pris d'accord avec Samuel i, 7, et/ Rois viu, 1, que l'on ne peut pas être facilement amené à adopter la manière de voir hyperbolique de M. de Saulcy, et à croire que les tombes en question, au nord de la cité, aient jamais contenu les restes de David et de ses succès» seurs. L'Ecriture sainte aurait-elle pu s'ex-

f)rimer d'une manière plus claire que dans es passages ci-dessus indiqués, pour désigner la place des sépulcres des rois de Juda? Non certes; malgré cela, l'erreur du voyageurfran-

Sais est si grande, qu'il dit lui-même au sujet e l'expression dans la cité de Jérusalem (voy. le sépulcre d'Akhaz) : Il me parait impossible de prendre cette expression à la lettre. (Edit . anglaise, t. IV, p. 176; édit. française, t. IV, p. 252.)

M. Van de Velde, qui parait se méfier de mes citations, me permettra de lui dire que celle-ci est tronquée, et par conséquent faussée. Voici ce que j'ai dit: quant a ce qu'il fut enterré dans la ville, à Jérusalem, il ne me paraît pas possible de prendre cette expression au pied de la lettre, puisque personne ne pouvait être inhumé dans la ville. C'est ce dernier membre de phrase qui donnait raison à ma proposition, que M. Van de Velde a jugé bon ue supprimer ; c'était peut-être

Srudent, mais ce n est pas suflTisamment loyal, on, ie le répète, personne ne pouvait, d'après la loi mosaïque, être enterré dans l'intérieur d'une ville, et c'est celte raison qui donnera toujours tort à mes adversaires. Voici ce nui termine cette note de M. Van de Velde :

« AfiMibfW<fc4feHs«46ilc6d( i^f b jpotb'ïrsef <fe M. ds: Sksjc? ! 5«n» «« htmta% de dire qae M. Oii/eifcre , iH J^wmmi en SmmmU Vol. Itôl*liâ3,. a UeD flOMrtré la r^èem qa^ wm» de«o«k§ artoHSef mas. dé<3wr«r1e) de M. 4e Saskj. Je prie OKS letcteon, |HMr être pas» ae CMnal de la Talesr de cet ovrraee, t^:%amàaff3t les jogetneats qai oot éké ynmfmtés eomple par cette refve pémdKfoe Soeîété de gérifraplée de Fv»* d dv/>iu parié pio» faaol. »

J'ai réfpofkda wn avtkles do /iTaïf ^er Saroa/â; j'ai répooda au arikie» do Êmiltim é€ Im S^€téiééegé«frmki€,7mâ, le aïoode n'est pa^ daoft le eas de IT Vao de Velde, et de pervmne» igoorent reûtence de répfHÈse^, Ce» réf lOose» , trop tives parfois, je ïêrout aiqcwdlioi sans arrière-penfée* iwtfje croîs ^ IM Tcâr qoe le» attaqoes qii son

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BraUOGRAPHIE GEOGRAPHIQUE

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