REPONSE A M. VAN DE VELDE
Avant d'entamer l'eiamen du livre de M. le chevalier Van de Velde (194), ilnesera pas hors de propos, je pense, de mettre, le plus brièvement possible, le lecteur au courant des relations qui ont existé jusqu'à ce jour entre M. Van de Velde et moi. C est la seule vengeance que je veuille tirer des inqualifiables {)rocédés de ce jeune voyageur. Qu on ne s'atende donc pas de ma part a des commentaires passionnés, à des récriminations, à des attaques personnelles; tout c*ila constitue un arsenal dont je ne veux faire usage contre personne. Autant naguère j'ai pu me montrer vif dans la polémique, autant je suis inébranlableraent résolu à nie montrer désormais froid et sérieux. Tant pis pour qui a tout à craindre de Texposé sincère et loyal des faits. A la fin du mois d'avril 1851, je rentrais à Paris, après avoir accompli un vovage pénible et dangereux en Syrie, en Judée et en Arabie-Pélrée. Heureux d'avoir recueilli, chemin faisant, une assez ample moisson de faits nouveaux, d*avoir« grâce à la protection
(19i) Stru A.XD Pai.rstixi:, in 1851 and I85i« par C. W. 11. Wri DE Velde. La(e HeHienani dulek
marquée de la PrOYÎdence, échappé i ta les périls, à toutes les fatigues, je n'eap» sai de mettre en ordre les petits trésos • toute nature gue j'avais péniblemeot cm^ Quelques mois plus tara je lisais, demirir cadémie des inscriptions et belles-lettres. « mémoire sur le monument conou de tu temps à Jérusalem sous le nom de Tmkm deêroii. Ce fut le signal d*une guerre v dente qui me fut déclarée, et dont k ^ évident était, d'une part, de réduire kita les résultats de mon voyage, de Taolre, i me faire passer aux yeux du monde 9^ pour un homme d'imaKination, dont kién dits n'avaient pas à s occuper, et qui, p* sa légèreté et son ignorance, ne méritiitp qu'on prtt au sérieux ce qu'il ne pabw qu'au prix de tant de peines de toute ■ ture. Un étranger assistait à TuoedesiM: ces académiques dans lesquelles ma lecu fut répartie, c'était M. Van de Velde, f bien gue fort jeunetsncore, avait déjà reooa depuis plusieurs années à son grade de be
R,N. chetMtliêr oflhe I^gio of Homomr. EJuborfi Londoii, 1854. 2 vol. iii>8, avec pUoclKS.
APPENDICE. — REPONSE A H. VAN DE Vf3J)E.
tenant de marine, afin d*embrasser avec ar« deur la carrière de prédicateur missionnaire. M. Van de Velde, qui depuis très-peu de temps avait conçu le louable projet ae parcourir la Terre-Sainte, afin de s'y livrer à des recherches relatives à la géographie biblique, pria mon confrère, M. Jomard, de le mettre en relation avec moi. M. Van de Veldeme fut présenté séance tenante, et dès le lendemain, je crois, il prenait place à ma table. Heureux de rencontrer un homme d'intelligence, prêt è partir pour le pays que je venais de parcourir, et capable, du moins je le f)ensais, de constater les faits dont on me niait obstinément la possibilité, j'accueillis M. Van de Velde comme on accueille un ami; je fus assez heureux pour le recevoir plusieurs jours de suite, pour mettre à sa disposition des caries et des papiers qu'il n*eût pu se procurer autrement, et enfin pour lui offrirde prendre le calque delà grande carte rédigée par moi et offrant le tracé de toute la c6te occidentale, de la côte sud et de la plus forte moitié de la côte orientale de la mer Morte, avec tout le plateau de la Moabitide. Evidemment la communication de cette carte à qui panait pour 'a contrôler, était la preuve la plus forte que je pusse donner de ma sincérité, et de la bonne foi avec laouelle les matériaux de cette carte avaient été receuillis par moi. Je déclare avec plaisir que M. Van de Velde se montra profondément reconnaissant de la manière toute fraternelle dont j'agissais envers lui. Peu de jours après il quittait Paris et se dirigeait vers TOrient.
Pendant bien des mois je n'entendis plus parler de notre voyageur. J'étais sûr de la capacité du jeune minisire de l'Evangile, et comme j'étais non moins sûr de la vérité des tàiXs que j'avais recueillis et que j'étais en train de publier, j*altendais avec une sorte d'impatience le retour de l'homme que j'avais le droit de regarder à l'avance comme un auxiliaire, pjjisqu'en lui donnant ma carte manuscrite, je l'avais pour ainsi dire conduit parla main sur les points qu'il s'agissait tout simplement de regarder une seule fois, avec l'honnêteté élémentaire d'un voyageur qui sait distinguer des décombres de construction, de tas de pierres que les torrents ont entraînés.
Au moment où ma publication marchait avec régularité, je reçus de M. Van de Velde,
f|ui était de retour en Hollande, une première ettre assez insignifiante, et dans laquelle ce voyageur me disait fort poUment, mais sans hésiter, que quels que fussent mes arguments à l'appm de mon opinion sur les tombeaux des rois et sur les villes maudites, cette opinion n'était pas soutenable. Quoique ceci me parût un peu hasardé, ie répondis sur-lechamp à M. Van de Velofe, pour ie prier de Mispendre son jugement jusqu'à lecture des raisons que je pouvais faire valoir. Ce ftit «lors que.;e reçus la lettre suivante, que j'ai déjà publiée une fois, mais que je ne puis ne dispenser de publier encore :
« Quant aux questions sur lesquelles
DOus différons, les tombeaux des rois et les
DlCTlONN. IMS8 ANTlQUrrés B»LIQUC8.
cinq villes de la vallée de Siddim, il me reste
S eu à répondre. Il est vrai, cher monsieur e Saulcy, que jf n'at peu lu votre article sur ces sujets, mais ma conviction là-^desmi est telle, c[ue, quoi que votre rapport contienne^ il est impossible de soutenir votre opinion sur les tombeaux des rois et les villes ruinées. Si l'affaire était une hypothèse ou une suppo'^ sition {sic)f à la bonne heure ; il serait évident que Ton puisse se tromper, mais la correspondance aes textes de la Bible avec mes observations in loco, ne me laisse plus aucun dbtUe. Je ne tiens pas une supposition, mais une certitude. Vous dites vous-même, vous soutenez une hypothèse ; une examination un peu soignée de l'Ecriture sainte vous convaincra facilement. Quant à Suweïrah et T^tah, c'est précisément cette ruine que j'ai visitée, votre carte à la main. Je regrette de ne pas vous avoir dans mon nouveau quartier, je tâcherais de vous y mettre à votre aise; il ne vous manquerait pas d'accueil cordial et affectionné, et je me flatte que je vous convaincrais bientôt, et que votre hypothèse sur les soit'dits Tombeaux des rois, et votre soit-dite identification de Suweïrah avecZoar et de Sodome avec le mont d'Esdoum, s^en» voteraient avec une examinationpluscritiaue. Croyez-moi, mon cher monsieur de Sauicyt fai examiné minutieusement, et je crois avec moins d* enthousiasme, la pointe nord du Dje» bel-es-Esdom (sic). Hais ll3S pierres que vous avez cru être les ruines de Sodome ne sont
Sue des pierres naturelles. Du reste la Bible it positivement que Zoar était une ville de Moab, comment donc se pourrait-il qu'on la cherchât au sud-ouest de la mer Morte? Je n'ai encore rien publié de mes recherches; mais je me propose de commencer sous peu; ainsi, si vous atmez que je ne prononce pas encore mon opinion sur vos recherches^je vous prie de ne pas tarder votre publication, car je ne pourrais pas attendre très-longtemps; et si vousvé»ulez m'envoyer votre publication, je vous dirai franchement et cordialement mon opinion, avant de la publier. S'il est que je dois vous réfdter, i'aurai, je le sais, en même temps beaucoup a louer. Agréez l'assurance la plus sincère de mon entier dévouement.
c Ch. m. Van de Veldc.
« Utrecht, 25 décembre 1852. »
A cette seconde lettre je ne fis aucune réponse, et je doute qu'il se rencontre quelqu'un qui s'en étonne. Je ne pensai donc plus à M. Van de Velde, et je continuai ma publication, que j'eus le bonheur de voir assez favorablement accueillie du public. J'attendais avec une vive impatience l'apparition du livre du jeune Hollandais, lorsque parurent successivement, dans «e Bulletin de la Société de géographie, trois articles de M. Isambert sur le livre que je venais de publier. C'était une critique d'une malveillance décidée, mais une critique si malencontreusement conçue, que je me réjouis beaucoup plus que ie ne me tourmentai de son apparition. Elle ne pouvait néanmoins, quelque pauvre et mal fondée qu'elle fût, rester sans réponse, et la réponse» je la préparai, me
DICTIONNAIRE DES ANTIQUITES HBLIQUES.
fésenrant de \a publier lorsque M. Isambert aurait fini. J*içnorais alors que cette critique me t&i adressée de concert avec M. Van de Velde et quelques autres, et je pensais n'avoir affaire tiirà M. Isambert Je fus bien^ t6t dâtrompe. Peu de temps après, en effet, le GaKgnanCi Meisenger (n* du 29 mars 1854) reproduisit un article du litterary Gaxetie de Londres, article dont je rais donner la traduction, et qui me mit au courant des intentions que Quelques personnes nour- ' Tissaient k mon endroit. Voici cet article :
Londree. — Àisociation archéologique de la
Palestine.
« Un Mémoire communiqué au bureau par le chevalier Van de Velde , récemment amvé de la Palestine, a été lu; il est intitulé : Les Pseudo-découvertes de M. de Saulcy. L'auteur établit qu'au début de son voyage, en octobre 1851 , il avait passé par Paris; et trouvant, à fton arrivée, que les récits de M. de Saulcy avaient excité une vive discussion sur la question de leur exactitude, t7 lui fit une visite, dans le but de lui jproposer une vérification de ses découvertes Cette offre fut bien reçue ; il obtint un calque de la carte manuscrite de la mer Morte, dressée par M. de Saulcy, les points géographiques en desideratum , et les instructions que pL. de Saulcy avait reçues de M. Martin de Saint-Vivien (sic), qu'il vil aussi. En arrivant sur la c6te sua de la mer Morte, il commença son travail de vérification, et chercha les quatre villes : Sodome, Adamah, Zéboïm et Zoar, Gomorrhe ayant été placée j>ar M. de Saulcy cinquante milles plus loin, ?ers le nord-ouest. « Ce que j'ai trouvé dans € ce districts dit M. Van de Velde, n'est rien « moins que des ruines. Je le communiquai à .«M. de Saulcy à mon retour de la Terre- « Sainte ; mais , comme il y avait lieu de le « craindre, on a négligé ces communications, « et maintenant le monde accepte le conte que • ces cinq villes ont été trouvées par M. de « Saulcy, sans parler d'une kyrielle d'autres m découvertes de villes bibliques, et, pour cou- « ronner le tout, du tombeau véritable des rois « de Judah, au nord de Jérusalem. De ce tomc beau, le voyageur français a tiré un sarco- « phage qui mamtenant est montré avec une < merveilleuse présomption dans la galerie du « Louvre , et serait tout simplement le sarco- « phage véritable du roi David lui-môme. »
« M. Van de Velde se réfère alors à Vexa- . men de la question, par M. Isambert, dans le Bulletin de la Société géographique de Paris, d'octobre dernier, comme fournissant une réfutation complète des erreurs de M. de ^ulcy, au point de vue scientifique; et il annonce la publication prochaine de son propre voyage en Palestine, avec une carte originale, résultat de ses observations dans le pays, c Dans cet ouvrage, » dit-il, « on verra, « d'après les sites de Sodome et de Zoar, tels « qu'ils sont fixés par H. de Saulcy, que, pour « dodome, sur le site supposé de lacfuelle toute « la découverte repose, M. de Saulcy a été c trompé à la fois par son imagination et par la « cupidité habile d un scheikh; qu'en fait, les « ruines suppofsées sont simplement les débris
« d'une éminence connue sous le nom d*E8* « doum, et contenant de nombreuses quantités « de sel , de même que tant d^autrtê loealiUs c autour du toc. Comme le site de Zoar et des « autres villes résulte de celui deSodome, dans « la théorie de M. de Saulor, tous les autres c sont une fiction comme le premier, et eo « pleine contradiction avec les conclusions les c plus positives de Robinson,Irby etHangies, « aussi bien oue des autres voyageurs etcertai- « nement de l'Ecriture sainte. Ainsi, par exem- « pie, puisque Zoar est, dans la Bible, placéeà « V ouest {sic) AvL lac, dans le pays de Hoab,il « indique les limites de Moab juste au milieu « des provinces de Judah et de Siméoa, afin de « fixer le lieu appelé Suweïrah, à l'ouest de la « mer, comme étant Zoar, que les recherches « d'autres voyageurs ont placée à l'entrée de la « vallée de Kerak,sur la rive orientale. De plus « en plus en erreur, M. de Saulcy place c Gomorrhe à plus de cinquante milles anglais « de Sodome! »Pour ces raisons, M. Van de Velde demande à la Société de suspendre sa foi dans les prétendues découvertes de M. de Saulcy, et promet de publier ses observations sur les sites supposés, ainsi que des recherches détaillées et laborieuses sur toute la Palestine. »
A l'apparition de cet article, je ne pouvais me dispenser de protester. J'écrivis donc aussitôt une réponse, que j'adressai ♦ aveô une lettre personnelle, à M. le docteur Jonh Lee.
£ résident de la Société devant laquelle le émoire de M. Van de Velde avait été porté. Un heureux instinct me fit deviner qu'il serait bon de prendre quelques mesures afin d'assurer la publicité à cette réponse : elle fat donc insérée dans le Galignant's Meêsengtr,t\, quelques jours plus tard (20 mai 1854), dans 1 Athenaeum français. J'avais fait sagement; car M. le docteur John Lee n'a pas jugé à propos de m'accuser réception de ma lettre, ni même de ma réponse à M. Van de Velde, réponse qui devait être remise directement h la Société archéologique de la Palestine. Je ne me plains pas de ce procédé; je me contente de le signaler. Comme je veux économiser l'espace, je ne reproduirai pas ici ma réponse in extenso, et je me contenterai d'en transcrire quelques passades qu'il est indispensable de rappeler; les voici :
« — Juscpi'à présent je n'ai k repousser que des assertions tranchantes , pas un raisonnement n'ayant été produit par M. Van du
sur le terrain de la discussion, parce que du choc des opinions naît la lumière , et , Dieu aidant, la lumière se fera.
« — J'avais quatre compagnons de voya-e, auxquels i'ai fait, pour ainsi dire, toucher de bout du doiçt les décombres que M. Van de Velde appelle des pierre naturelles. Nous sommes donc cinq à déclarer unanimement le contraire de ce que déclare M. Van de Velde, et nous nous refusons, de la manière la plus nette et la plus formelle , k substituer
APPENDICE*— REPONSE A VAN M. I»E YELDE
•e jugement de ce voyageur k notre propre jugement.
« — M. Van de Velde affirme sans hésiter que la Bible dit positivement que Zoar était une ville'de Moab, Je suis fïché d'être obligé de déclarer que M. Van de Velde serait fort embarrassé pour citer le texte biblique qu'il invocpie, vu çiu'il n'a jamais eiisté que dans son imagination , ce qui ne suffit pas pour lui donner crédit.
« — Je Tai déjà dit, j'attendrai que M. Van de Velde m'ait lu et qu'il ait publie sa réfutation Quand cette réfutation sera formulée
et imprimée, j'aurai alors un adversaire saisissable , et je me charge d'en faire bonne et prompte justice , teites en main , mais avec ces textes que je n'inventerai pas pour les besoins de ma cause.
« — M. Van de Velde ajoute qu'il s'en rapporte, pour l'examen de la question, à
M. jsambert, qui a complètement réfuté
les erreurs de M. de Saulcy au point de vue
scientifique Comme je m'engage à ne pas
laisser subsister une $eule des critiques de M. Isambeit, si M. Van de Velde s'en réfère k n. Isambert,ii sera satisfa'it du même coup, et il apprendra à son tour qu'il ne suffit pas de nier les fiiits pour en démontrer l'inexactitude.
ic — M. Van de Velde termine en demandant à la Société oe ne pas croire implicitement k mes prétendues découvertes. Le mot implicitement est curieux! Mon livre est à la disposition de tout le monde. Qu'on en discute le contenu , rien de mieux ; mais qu'on nie hardiment, sans autre preuve que sa parole, les faits qu'un livre établit, en ne négligeant aucune source , ni sacrée , ni profane , cela dépasse le droit de la critique, le viens donc k mon tour supplier les membres de l'honorable Société de me lire , et de ne pas s'en rapporter au jugement que H. Van de Velde se permet de porter sur les œuvres d'autrui , sans même prendre la peine de les étudier, sieut doctor ex cathedra. Qu'il apprenne pour son compte, avant d'avoir une si haute opinion de son mérite , et alors seulement ses jugements pourront acquérir quelque poids. »
Tout ceci n'était que l'entrée en campagne de mes adversaires connus et inconnus encore.
Le 1*' mai 1854, la Revue deeDeux-Mon' de$ publia un long article critique de M. E. Vinet,sur les deux mêmes sujets, c'est-àdire sur le Tombeau des rois et sur les villes de la Pentapole. Je n'ai pas à revenir sur cet article, auquel *j'ai répondu dans la Revue conteinporaine (livraison du 15 juin 1854), mais je dois en extraire une nouvelle lettre de H. Van de Velde adressée d'Edimbourg k M. Isambert, et que M. Vinet a eu la malheureuse idée de publier ; la voici :
« Je trouve que l'ouvrage de M. de Saulcy n'est qu'un tissu d'erreurs. Je suis peiné de voir que la géographie biblique ait été traitée par ce voyageur avec tant de légèreté et d'une façon si frivole ; mais ce qui est plus gravci ce sont les Cables que M. de Saulcy a
débitées au sujet de la découverte de Sodome. J'avais une copie de la carte manuscrite dé M. de Saulcy autour de la mer Morte, et c'est avec cette caite que j'ai été $ur léê lieux mimes, Tai pris pour guide ce même Abou-Daouky qui avait accompagné M. de Saule V. Je déclare, avec toute la solennité possiole^ qu'on n'aperçoit de ruines d'aucune sorte dans la plaine, et qu'on n'en voit pas davantage à la base du Djèbel-Esdoum (la
montagne de sel), du côté du nord Jefe*
rai \t)ir, dans mon ouvrage, que les erreurs de BI. de Saulcy sont le résultat d'une imagination inquiète qui se laisse entraîner hors de toute mesure. A mon retour de Palestine» l'année dernière, j'écrivis deux lettres, Tune à M. de Saulcy, l'autre àM. Quatremère, afin de faire connaître à ce dernier les fautes de M. de Saulcy ; celui-ci, le s^ul qui m'ait répondu, m'adressa une lettre tris^affable^ mais dans laquelle il ne me donnait aucun éclaircissement au sinet des questions que je hli avais posées, et il n*en a pas moins continué son étrange et fantastique publication. Je regrette de voir qu'une grande partie du public ait confiance dans ce qu'on lui dit de Sodome et du Tombeau des rois.. ., »
l'accompagnais alors cette lettre de la simple observation suivante ;
« Je n'ai rien à dire sur le contenu de cette lettre, dont la publication sera la plus duro punition ; car M. Vinet ne pouvait rendre un plus mauvais service è M. Van de Velde, que de publier cette pièce de correspondance,
3ui, en fait de perfiaie, laisse tous les Bédouins u monde h cent lieues en arrière de son auteur. »
Aujourd'hui, que j'ai lu attentivement, et la plume k la main, le livre de M. Van de Velde, j'ai même quelque chose de plus k en dire. L'auteur de la lettre affirme qu'il a été sur les lieux, ma carie k la main, vérifier Texactitude de mes assertions, et je prouverai qu'en écrivant cette phrase, M. Van de Velde savait parfaitement qu'elle était contraire à la vérité. L'auteur de la lettre dit qu'il a pris le scheikh Abou-Daouk pour guidet et M. Van de Velde, en écrivant cette phrase savait parfaitement qu'elle était contraire à la vérité. Quelle confiance pouvons-nous avoir désormais dans les dires d'un homme qui se donne k lui*même les plus cruels démen* tis?
Un mot encore avant d'entrer en matière. D'après tout ce que viens de raconter» on voit que, sans m'en douter, j'avais à faire k une sorte de triumvirat hostile, composé de MM. Isambert, Vinet et Van de Velde. J'ai fini avec les deux premiers, Dieu merci I Passons donc au troisième I M. Van de Velde a pro* mis de démontrer que le livre dans lequel j'avais traité la géographie biblique avec légèreté et d'une façon si frivole, n était qu'un tissu d'erreurs ; nous allonsexaminer comment il a tenu sa promesse. En retour, je lui ai promis de faire prompte et bonne justice de ce qu'il publierait, pour prouver ^u'il avait le droit de parler ainsi : reste à Voir mtiBte-
DICTIONNAIRE DES ANTIQUITES BIBLIQUES
liant lequel de nous deux aura tenu parole. I>isons*led*abord,M.VandeVeIdeaadopté, pour sa narration, la forme épislolaire, qui mi a peut-être semblé commode, aGn d'éviter d*entrer dans les discussions scientiGques qui sont généralement peu de son goût. J'ai lu avec la plus scrupuleuse attention ses deux ▼olumes, dans lesquels je n'ai trouvé presque constamment que des assertions tranchantes, il est vrai, mais qui ne suffisent pas pour constituer des démonstrations. II est très-rare que Fauteur se donne la peine de discuter ce . qu*il avance ; d'ordinaire la chose lui parait superflue, et ce qu'il croit, ou du moins ce qui! dit croire, devient inattaquable à ses yeux. Aussi quand par bonheur je rencontrerai dans le livre de M. Van de Velde des •discussion^ auxquelles je me reconnaîtrai le étroit de prendre part, précisément parce que j'aurai visité moi-même les lieux dont il s'a-
fira, j'examinerai de près l'argumentation de auteur ; c'est à-dire que cette fois, comme toiqours, je ne me permettrai d'insister que sur ce ciue j'aurai vu, et que je ne suivrai |)as à pas M. Van de Velde, que sur le terrain que nous avons parcouru tous les deux.
Je dois encore prévenir le lecteur qu'il faut du courage pour pousser jusqu'au bout la lecture de ces deux volumes, dans lesquels l'esprit du missionnaire intolérant perce à chaque ligne. Il est triste de voir un homme qui se prétend Tinterprète et le propagateur de l'Evangile, répandre à flots le fiel de la pire espèce, le fiel religieux, sur tout ce qui n'est pas chrétien à sa manière. Cela dit, une rois pour toutes, je me garderai bien de relever les injures que M. Van de Velde prodigue si peu évangéliquement «ux romanistes ( c'est le nom qu'il donne aux catholiques), car on ne jette tant de boue h la face de son prochain, qu'à la condition do 60 salir beaucoup. Laissons donc entièrement ie côté soi-disant religieux du livre de M. Van de Velde, en nous contentant de souhaiter de tout notre cœur qu'il comprenne mieux un jour ce que c'est que la charité chrétienne. Pour voyager avec fruit en Orient, il est bon d'avoir une teinture de ce que c'est que ia vie de l'Orient, et, je l'avoue avec regret, M. Van de Velde ne s'en doute pas. Il va jusqu'à prendre les quasi-injures pour des marques de respect, dont il s'empresse de se féliciter. C'est ainsi qu'il raconte (toin. II, p. 57), que le moutsellim de Hébron, qui lui donnait audience, s'étant fait apporter une pipe pour lui-môme, l'a fumée d'abord, et la lui a offerte ensuite avec grâce. Notre voyageur l'a reçue non moins cérémonieusement, et la conversation a repris avec une nouvelle courtoisie. M. Van de velde ignore complètement que cette politesse du moutsellim si- Snifiait littéralement ceci : — Tu es un homme ont je ne me soucie guère ; tu fumeras donc le resté de ma pipe, et si je te fais bonne mine, c'est qiie tu portes un firman dont je ne me soucie guère plus que de toi ; je vais te fldre une grossière insulte devant tout mon entourage, qui comprendra à merveille que je
te traite comme un petit marchand ambulant, et que j'en ai le droit, puisque tu ne te rebiffes pas. — Â la place de M. Van de Velde j'eusse, moi, rejeté la pipe que Ton m'offrit ainsi, et je me fusse immédiatement retiré, pour aller porter plainte à Jérusalem.
M. Van de Velde raconte à dix reprises différentes qu'il a appris à vivre aux moutsellim et aux scheikti qu'il a rencontrés sur son chemin, en leur transmettant, parlabouche de son drogman, les dures yérités qui seules pouvaient leur imposer du respect pour sa personne. M. Van de Velde ne sait pas c|ue tout drogman se garde bien de traduire un seul mot qui diffère d*un compliment bas et servile, parce qu*il se préoccupe fort peu de la dignité du voyageur qu'il n'accompagnera que pendant quelquesjours, et qui (Tailleurs ne comprend pas ce qu'il dit, tandis qu'il se préoccupe outre mesure du soin de conserver la bienveillance de tous ceux entre les griffes desquels son métier le fera retomber tôt ou tara. J'en conclus que M. Van de Velde peut être convaincu que
Cas une, je dis pas une seule, des phraseï autaines qu'il se figure avoir adressées aux autorités avec lesquelles il a traité, n'est arrivée à son adresse. Pour les phrases de ce genre, les drogmans de métier ont, de tout temps, fait ce que jadis le brouillard faisait pour les dépêches télégraphiques. Voilà donc
3ui est bien entendu; 1 héroïsme dont H. Van e Velde se vante si souvent n'a existé que dans l'œuf et n'a pas pu éclore une seule fois. Je n'en voudrais pas d'autre preuve, d'ailleurs, que le titre de khaouadjaque ses drogmans lui appliquaient sans cesse, et dont il se montre très-tlatté. Khaouadja veut dire marchand, et rien de plus ; le titre est fort en usage parmi les Synens, c'est vrai ; mais ceux-ci ne se piquent que d'une chose, c'est d'être, le plus souvent possible, insolents avec les Francs.
Qu'est-ce que cela prouve î me dira-t-on. Cela prouve tout simplement que pour voyager en Syrie il faut être familiarisé avec la langue du pays, sous peine, non-seulement d'être perpétuellement trahi et vendu par les drogmans que l'on emploie, mais encore do ne pouvoir compter fermement sur aucun des renseignements que l'on obtient de seconde main.
Au reste M. Van de Velde convient loyalement qu'il ne sait pas l'arabe, et il fait véritablement bien, car, à juger de son talent d'arabisant par les phrases qu'il a eu la pensée d'intercaler dans soi» récit, il est clair qu'il n'en comprend pas le premier mot. Si je ne transcrivais ici ces phrases, on pourrait croire que j'exagère. Voici donc les plus curieuses :
El-jaum beragit lah. M. Van de Velde traduit cela par : — en hiver nous n'avons pas de puces ici (tom. I'% p. 96 ), — et celle phrase ne peut être arat>e qu'à la condition d'être coupée et orthographiée ainsi : El' youm berarhit? la. — Aujourd'hui des puces? non.
Satta, 5a«ra * est, selon M. Van de Veldet
APPENDICE. — REPO.NSE A II. TAR UK TELDE.
une expression employée en sa présence par des Druses qui veulent exprimer que les Animais et les Druses ont la même physionomie, et sont par conséauent frères de race.(tom. r% p 124). Le vrai c est que iooua, saaua^ signifie k la lettre : ensemble, ensemble, et veut «lire que l'on est amis.
Le mot Ufaddal est, pour M. Van de Velde, an mot vide de sens (tom. I", p. 171, et M. Van de Velde se trompe, ce mol est rigoureusement l'équivalent du favorisca italien. A la page 185, les mots ras-elayn sont rendus par the-head of the toaten, c'est la tôte de la source qu'il flBHit dire, et non la tète des •aux.
I^ Léontes prend vers son emliouchurc, •urla route de Sour h Sayda, le nom de NahrêMaitnieh, rivière de la séparation, et M. Van de Velde dit résolument auo le Léontes s'appelle en ce point Qasmien (tom. I*% p, 201 ).
Dans la même page notre voyageur cite le Nahr'Bla$%tad, sans se douter aue le nom de cette petite rivière est Nahr^abou'UAioutd. le fleuve père du Noir. Ce qui est plus sin-
Sulier encore, c'est le discours que M. Van e Velde, arrivant trop tard pour entrer à Saint-Jean d'Acre, glisse à travers la porte, aOn de se la faire ouvrir par les soldats de garde ; le voici textuellement : Chawadja en- §li$i. — Firman sulthan, (tom. 1*', p. 270). — Cela veut dire : Marchand, anglais. > Firman, soulthan. — Une tête se montns alors et répond une phrase dans laquelle il ne saisit que le mot oakhchich. Si M. Van de Velde eût fait briller un bechlik de vingt sous, il eût été compris et servi tout de suite.
Plus loin la formule fataliste : m chd Allah, Si Dieu veut, est écrite, insh'allak, et traduite comme Dieu reu/ (tom. I*', p. 405). Puis l'adieu ordinaire Maa-es-Selameh, avec la paix, est transcrit ma Salame, et traduit : que la paix $oii avec vàuê (tom. 1**, p. 420).
Balhel-Amud {Bab-el-Aâmoud), la porte ae la colonne, signitie, pour M. Van de Velde, la porte des colonnes (tom. I**, p. 461).
Abrash'Guxxeh est traduit : les tours de Gaza (tom. I*', p. 482). Il faut probi^^lemcnt lire Abradi (pluriel de Bordj ) Rhaszeh, — Heida katio chawadja est traduit pnr : hore are Ictters for you, sir : ici sont des lettres pour vous, Monsieur (tom. Il, p. .3). Heida n'est pas arabe, et katib signifie écrivain ; c'est Aiïaftqui signifie au propre un écrit, et par •xtension une lettre.
A la p/ige 20, je trouve encore un dialogue où tous les mots sont écorchés, orthographiquement parlant; mais ce qui, dans ce dialogue, est surtout rtMuaniuable, c'est la traduction des deux mots : nakm, challas, oui, c*est tout (lisez : ndam khallas); que nous trouvons rendus par Yes, you havc gone over llie whole.
Beit'Fokâr est le nom que M. Van de Velde ilonno au village de Beii-Sahour, il pasiore des Chrétiens de Beit-Lehm ;t. II p. 42).
Gfbel Fareidis (lisez : Djebel foureldis) no Mgnilie pas montagne du Paraais, mais bien du petit Paradis, Foureidis étant un diminutif irèb-régulier (t. II, p. 38). Ta ebni (p. 89),
qui est rendu par : hear me, mv little son, signifie tout simplement mon fls^ et rien de plus.
Mesikoum-belcheir ne signifie pas : a bléssed evening, une soirée bénie', mais tout um-
Slement : bonsoir; encore faut-il l'écrire * rçûa-koum bil-Khéir (t. II, p. 93). Cette fois, comme partout, M. Van de Velde omet la particule va, qui est la caractéristique indispensable du vocatif. Ce n'est pas tout, cette for* mule banale de bonsoir est pour M. Van d» Velde : the usual introduction to a new subiect in the convcisation of the arabs. — Où M. Vàn de Velde a-l-il pris cela?
A la page 182 (t. Il), M. Van de Velde, qui ne sait pas plus le turc que l'arabe, cite le titre muftis ffendim comme signifiant sa révérence le grand prêtre, et il ne se doute pat» iiyïeïïendim est un vocatif.
A Tapage 192, Derb-svUtan (lisez Dkarb-cs- Soulthan, le chemin du sullah) est traduit : the higway, la grand'route.
A la page 253 Sidn aisa (lisez SidHa-^$a, Notre-Seigneur JésuA) est traduit : tkê lord Jésus.
A la page 265, nous trouvons encore une phrase bizarre de l'arabe à l'usage de H. Van de Velde ; la voici : MtUh la sîm Bakihe$$h. * Katib la sim, geiro lah I (We care notbinff for a haksheesh. We require a letter; notning else will do' ; lisez cette phrase de patois syrien : .V(;iir/i i pour Ma-hou-chei) lasêm Baclihrhirh : h'iln't (azem: Bkeirhau, M. — Il ne faut p.'is de Bnkhvhirh: il faut une lettre; il ne faut pas autre chose.
A la page 273, M. Van de Velde traduit le mot ghôr par plaine, et il se trompe; rhâv veut dire marais.
Enfin (t. II, p. 420] tell el kadi est traduit : the hil of the judges, par M. Van de Velde, qui ne sait pas aue CadAi. est un substantif sin-^ gulier dont le pluriel est Codha.
Ces exemples suffiront pour montrer, j^a*
3u*à la dernière évidence, que M. Van de Vel • e (ciui d'ailleurs, je le répète, en convient loyalement) n'entend pas un mot d'arabe, et n'a pu par conséquent recueillir d'autres renseignements que ceux que son dr^igman a dû* prendre, avec son intelligence et son exactitude dedrogman, qualités qui sont très-convenablement représentées f»arzéro. On corn* prendra tout ce que cette nécessité avait de pénible pour notre voyageur , en lisant les phrases suivantes, qu'il a eu la bonne foid'é* crire dans son livre :
Je traduis littéralement :
« Je pus voir, en cette circonstance, eom^ bien il est impossible de découvrir des ruiner dans ce pays, sans le secours des natife, et en même temps combien il est probable quVn l'explorant avec leur assistance, laplusgramlii partie des villes perdues d'Israël peuvent encore être retrouvées (t. I, p. 178). »
« Je veux seulement ajouter qu'en même temps que nous rendons hommagje au perspicace et savant voyageur américain (Robinson), nous ne devons pas oublier que la moitié de cet hommage appartient è ton eonpatriote, le révérend Eh Smith, doQt 11 cou*
DICTIONNAIRE DES ANTIQUITES BIBUQIIES.
naissanee de Farabe était un avertissement de tous les instants pour. Robinson, avertissement sans lequel celui-ci aurait toujours marché à tfltons. Les difficultés dont j ai souffert moi-même, à cause de l'ignorance de la langue, m'amènent h considérer )a réunion de deux hommes comme £li Smith et Robinson» comme la combinaison qui peut (e mieux favoriser Tétude de la géographie biblique (t. lU p. 152 et 153). »
M. Van de Velde me permettra, je l'espère, de le remercier de ce qu'il a bien voulu prou- Ter que je me suis à bon droit félicité de ce que, pendant mon voyage, j'ai constamment
i>ris, parmi les gens du pays, des guides avec esqueis j'avais l'avantage de pouvoir converser fort à mon aise, et sans l'intervention d'un drogman.
Voilé pour l'arabe; passons à l'hébreu maintenant. Probablement M. Van de Velde m'accordera qu'il vaut mieux être en éiiA, de lire et comprendre l'hébreu, que de recourir aux traductions d'autrui. C'est encore là un avantage que j'avais sur lui, et dont je dois parler» puisqu'en plusieurs passages M. Van de Velde hasarde des opinions sur des mots hébreux, opinions que je suis contraint de déclarer inadmissibles. Ainsi (t. I p. 126), par exemple , je trouve la phrase suivante : The wordt êirion, shenir, and sion or zion, ail de* iignate heigt par excellence , according ta utell'informed toriters. Les mots sirion^ shemîr» et sion ou zion désignent tous hauteur par excellence, selon les écrivains bien informés. — J'en suis fâché pour les écrivains en question, mais je dois dire que je les crois mal informés. En efiet, le mot hébreu $ioun est un substantif se rattachant au mol sih, siccila^r siecum, aridus locas, et signifie lui-même ti€u aride; de là est venu son nom au mont Sion. Txion nomen habet a siccitate /oci, dit Buxtorf, et je le crois assez bien informé. Je ne parle pas des autres mots sinon et êcbenir.
Ailleurs (t. U, p. 142) je lis encore, à propos d'une localité nommée Hhora, et dans laquelle H. Van de Velde prétend retrouver la loca- Kié bibliaue de Horma (Joêué xv, 30 et xix, 4) : The nebrew M, as is sometimes the case, may be left out in the arabic form of Horma. — Voilà, je le crains bien, un principe philologique qui ne sera pas admis parles orienta- Imes, qui croiront difficilement à la chute d'un M radical, pour le môme nom exprimé dans deux idiomes aussi voisins que l'hébreu et l'arabe.
Il est vrai que M. Van de Velde, peu rassuré sur le sort de l'identification qu'il propose pour Hhora, se h&te d'ajouter en note : « Si Hhora n'était pas si loin d'Ël-Lechich, je serais tenté de le croire identique avec En- Hakkoredes/u^e«(xy, 19). » Je crois que les deux identifications proposées se valent, c'està-dire que l'une n'est pas meilleure que l'autre.
Du reste, si M. Van de Velde pose un peu hardiment des principes philologiques impossibles, relativeiùent à des idiomes qu'il ignore complètement, il ne se fait pas faute de se mo-
quer des identifications proposées par autrui, lors même qu'elles sont fondées sur des règles qui forment l'a 6 c de la science pbitolo- Sique. Ainsi (t. II, p. 310-312), ens*occupant u Kerit de la Bible , rivière qu'il prétend retrouver à Tayn-Fasaêl, 0 a bien soin d*abord de rappeler un ruisseau [brook] , tandis que le texte hébreu le nomme nahl (I Rois xth, 3 et 7), ce qui revient à dire positivement que c'était un torrent et non une source. D'ailleurs le verset 7 du même chapitre dit : Il arriva qu*au bout de quelque temps le torrent se dessécha f car il n'y avait pas de plms sur la terre. M. Van de Velde pense-t-il pouvoir appliquer ceci à l'Ayn-FasaêlT J'en doute fort. Quant à la position à Vorient du Nabl- Kerit, comme nous ne savons pas au juste où se tenait Akhab lorsqu'EIie lui annonça la sécheresse, nous ne pouvons dire si l'expression biblique koddamaà, qui veut dire littéralement en avant, doit recevoir ici le sens forcé il fortenf. Mais revenons au Nahl -Kerit et faisons observer^ en passant, à M. Van de Velde, que les liquides L et R peuvent permuter aisément dans un radical, sans en changer la valeur, suivant une loi bien connue de tous les philologues. Or, que dit Itt. Van de Velde de la prétention de reconnaître le Kerit de la Bible dans le Kell qui coule près de Jéricho? Le voici (p. 310, note) : « M. de Saulcy, en parlant de Nahr-Kelt, nous|assure que la différence de prononciation entre les mois Kelt et Chérit (lisez Kerit) est si faible, qu'il n'y a pas de difficultés pour identifier ces deux mots l'un avec l'aulre (1) » Que signifie ce point d'exclamation T une seule chose : c'est que H. Van de Velde n'a pas les notions élémentaires de la philologie. Au reste, ce n'est pas moi que M. Van de Velde prend cette fois à partie; car, sans qu'il s'en doute, il s'adresse au révérend Robinson; lisez plutôt ( Robinson, tom. H, pag. 288, note ) : The arabic form Kelt and the hebrew Cherith are indeed not exactly the same : Though the change (rom Resh to Lam , and That o/Kaph into Koph are sometimes found. See Gesenius, etc. — Enfin, quel nom porte le Kedron dans l'Ecriture sainte? A coup sûr ce n'est pas une fontaine ; eh bien I il s'appelle Nahl, comme le Kerit (// Samuel, xv, 23, el passim). Mais en voilà assez sur ce sujet. Concluons encore de tout ce qui précède que M. Van de Velde n'a aucun moyen de tirer parti des textes sacrés originaux.
Sait-il mieux le latin que l'hébreu et que l'arabe? La chose paraîl douteuse , puisqu'il transcrit (t. 1, p. 479] Uinerariam Z^ytrosolima , le titre de V Itinéraire de Bordeaux à Jérusalem.
Très-souvent M. Van de Velde fait bon marché de ce qu'il appelle les savants et la science ; mais je crois qu'il a grand tort; car un peu d'érudition ne nuit jamais, el ie pense qu'il eût été prudent , de la part de notre voyageur, de consacrer plus de temps à acquénr l'érudition élémentaire qui lui était nécessaire ; il eût de la sorte évité certaines erreurs de détail , qu'il fera bien de faire disparaître d'une seconde édition , et que je
APPENDICE. — REPONSE A H. TAN DK TELDE.
m'empresse de lui signaler, pour lui rendre service. B ne faut pas oue l'auteur d'un voyage dans un pays aussi intéressant crue la Terre-Sainte puisse être soupçonné d avoir parlé de choses qu'il n'a pas vues , et dont il n'd puisé la connaissance que dans les récits des voyages antérieurs au sien. Je passe k rénumération des faits de ce genre qui font tache dans le livre de M. Van de Velde.
Tome I, p. 76. Dans la description de la route de Beyroutk Savda, M. Van oe Velde dit que l'on y reconnaît les restes de la voie romaine et des bornes milliaifes gisant dans le sable , bomes^ dont quelcpies-unes ont été décrites comme des curiosités (a» euriosities) par Maundrell, en 1697; de même que par les demien voyageurs. Ceci est très-vrai , mais ce qui ne Test plus , c'est l'indication de la place où gisent ces curiosités ; elles ne •ont pas entre Beyrout et Sayda ,. mais bien entre Sayda et Sour, ce qui ne revient pas au même. Si M. Van de Velde veut bien relire Maundrell et les derniers voyageurs , il reconnaîtra qu'il a mai pris sa note sur les bornes milliaires de la côte de Phénicie (195).
P. 79. A propos de Naby-Tounès, M. Van de Velde dit que quelques savants placent en ce point la ville de Forphyrion. Mais aucun voyageur, que je sache , ajoute-t-il « n'a Bmais rencontré aucune de ses ruines. — . Van de Velde« qui m'a lu , ne m'a lu que superficiellement , car il trouvera dans mon livre l'indication de magnifiques fûts de colonne de granit, que Pockoke avait vus bien longtemps avant moi , dont Robinson parle (t. m, p. 432), et qui ne sont pas venus là tout seuls. Que M. van de Velde relise oette page 432 du m* volume de Robinson et il y trouvera encore la phrase suivante : In the sxde ofthe mountain oack of the khan^ are also extensive excavated tombe which my eompanion had fomerly visitedtevidently once bclonging to an ancient city. — Que M. Van de Velde se rassure donc , Porphyrion était bien là, et s'il ignore que d'autres voyageurs •que lui y ont vu des ruines» c'est qu'il n'a pas sumsanmient examiné leurs ouvrages , à défaut du terrain.
P. 80. M. Van de Velde, parlant de la rivière Aoualy^ dit : The river seems to hâve been the natural boundary betu>een Phœni^ cia and Syria. Notre voyageur a mal copié l'ouvrage de Robinson (p. 430), qui dit : Là finit la belle plaine de Sidon , de même
Sie la grande plaine phénicienne; — car obinson , que M. Van de Velde accuse de n'être pcs géographe (tom. II, p. 249), n'aurait pas commis une erreur aussi forte. Que M. van de Velde ouvre Reland, qu'il cite souvent, et qu'il lise seulement ce que ce savant dit (p. 47) en copiant Strabon : Phcenicia est regio maritima ab Orthosia , Pelusium usaue , adeogiM omne littus terrœ Israeliticœ. cela lui suffira sans doute pour reconnaître que la Phénicie ne finissait pas au
(195) BobÎDtton (tom. 111, p. 432) parle d*ane bonie milliaire qu*il a trouvée eoirc Savda et le
Nabr^l-Aouidy,, et que Robinson n'est pa» si mauvais géographe qu'il le pense.
P. 101. Entre Sayda etSaraiend,M. Vaade Velde rencontre un Tel-el-Barûk ^ à propos duquel il dit : Tumer says that the nori of Barons was formerly hère ; perhdps tne nams of Baroûk has misïed him. Qu est-ce que peut être ce port de BaroneT J'avoue que je suis dans l'impossibilité de le deviner. Vingt minutes après , M. Van de Velde rencontre les ruines d'une tour carrée (c'est le Bordjel-Aqbéa) qu'il regarde comme étant probablement une des tours de garde bâties par Hélène y le long, de la côte. Cette tour m'a semblé d'une toute autre époque ,. et son mode de construction ne se prête pas , je crois, à l'hypothèse du voyageur.
Je ferai remarquer iei à M. Isambert, qui m'a reproché d'avoir jnscrit deux Sarafent sur mon Itinéraire , que son ami M. Van de Velde en a vu et signalé tout autant que moi (p. 102).
A la page 11 4, M. Van de Velde nous fait connaître les sources de son érudition. Je traduis : « Au côté ouest du ch&teau (Qalafttech-cheqif ) est le village d'El-Hamrah , bftti sur un roc élevé. Ayant consulté quelques vieux livres, il me semble que ce village doit avoir été la Rama mentionnée dans Josué XIX , 29 , par laquelle passait la limite de l'hénUge d'Aser... Les savants disent que Harama est la forme hébraïque de ce mot. »
Tout ceci est un peu trop hypothétique. El-Hamrah veut dire la rouge, Bama veut dire élevée, et Harama V élevée. Les savants qui ont appris à M. Van de Velde que Harama est la forme hébraïque du nom en question , feront bien d'ouvrir la première grammaire hébraïque venue, pour apprendre que Rama est le nom sans article , et Harama, le même nom muni de l'article, et ceci nonobstant l'opinion de saint Jérôme, qui transcrit ce nom Hormah. Maintenant
auels sont les vieux livres qu'a consultés [. Van de Velde T II- nous a privés de leurs titres et par conséquent nous ne les connaissons pas.
A la page 130, je lis ceci : « N'est-il pas étrange que ni Josèphe , ni aucun écrivain moderne ne cite le Hasbany comme étanl la principale destrois sources du Jourdain? » — M. Van de Velde parle souvent de M. de Bertou; mais il le fait évidemment sans l'avoir lu, car il saurait que M. de Bertou a lu premier soutenu cette thèse, qui est plua ou moins contestable. Cette fois donc M. Van de Velde s'attribue la priorité d'une idée qui ne lui appartient malheureusement pas. Nous verrons un peu plus loin une preuve tout aussi décisive de ce fait étrange que M. Van de Velde cite les opinions de M. de Bertouv sans s'être donné la peine de lire son travail- P. 179. M. Van de Velde , convaincu quil
a retrouvé les ruines de la fameuse Hazor de de la Bible, fonde son opinion sur l'asser-
Kban-en-Nabi-lutiiiés. Nais Gelle-là ii*a rien à faire a^ec les curio$Ué$ décrite^ par HavradrcU.
DlGTiONNAIftË bEH ANTIQUITES BIBLIQUES.
Kt
ftOD suivante : « Il est fait mention , dans quelques très-anciens voyaçes , de Hazor comme étant située en ce point. » Je me contenterai de demander ici à Tauteur pourquoi U s'est borné à affirmer ce fait, sans Fappuyer sur aucune citation. En pareille matière , on n'avance pas , on prouve les faits de cette importance. Plus loin,ie reviendrai sur les découvertes de M. Van de Velde , et par conséquent j'aurai à m'occuper de celle de Hazor. A la page 185, M. van de Velde laisse voir qu'il croit ses lecteurs bien ignorants, pudsqu'il pense avoir besoin de metue entre parenthèses la phrase suivante : ( Thui long mfter ScUoman'ê time) en parlant de la jetée construite par Alexandre entre Tyr et la terre ferme.
P. 254. M. Van de Velde reconnaît des ruines considérables nommées Maâsub, à un quart d'heure de marche d'Ëlbassa. Il y découvre des inscriptions funéraires en ancien grec ; ce sont ses propres expressions. Voilà certainement un renseignement précieux, mais quelle valeur prend-il avec la forme qu'on lui donne ? Heureusement la planche annexée à la fin du U* volume donne la transcription de Tunique épitaphe en ancien grec^ que M. Van de Velde a recueillie comme provenant de Maâsub, dans la maison d'un prêtre catholique grec à el-Bassa. HÂtons-DOus de dire que cette inscription, loin d'être ancienne, n'est que de l'époque byzantine.
P. 272. M. Van de Velde, parlant de l'usup- Mteur Alexandre Bala, le nomme Alexandre Pbeles. Où donc a-t-il trouvé ce nom ? Il serait bon d*accepter, pour les noms propres, la forme que l'histoire leur a donnée, sans se i>erH]iettre de leur attribuer une autre physionomie, par pur euphémisme.
P. 314 et 315. M. Van de Velde rencontrant, à une Heue d'Athlit et k 400 pieds du bord de la mer, une localité nommée Ayn-Haud (lisez Ayn-el'Haoud, source de l'Auge), ajoute : The aneient En^Badda of I$$achars inheritance probably laid hère (Josué xix, 21). Ceci prouve que M. Van de Velde connaît fort mal ta situation res)}ective des territoires assignés à chaque tribu. Qu'il ouvre Reland (p. 158), il y trouvera ce qui suit: Tribm Jiaascar, Josué, xix, 17 : dcscribitur regio tribui Jissaicar data, se exiendensa Jordancy usque ad portionem tribus Menassis borcaiem et maritimam ; non tamen pertigit ad ipsum tnare, nam alias Aser non contigisset Menasse ab austro, quod legitur Josué XVII, 10. — En voilà assez, je pense, pour rejeter l'identification que propose M. Van de Velde.
P. 373. M. Van de Velde rencontrant un village nommé Rameh, sur la grande route (comme il l'appelle) de Ejenin à Samarie, en conclut que c'est la Remeth de Josué (xix, 21) qui formait la limite extrême sud de la tribu d'Issakhar ; mais il ajoute ceci : Accoding toJoshua [xix,29) compared with I Chron, vi, 73, Remeth, Ramoth andJarmouth seem to hâve been différent names for the same town. A tout ceci il faut quelques mots
de réponse. Le vi* chapitre da /** lÀvrt des Chronimes n'a que 6S versets» donc il m'est impossiDle de comparer le verset 73 de ce chapitre avec le verset 29 du cbafiitfe xn de Josué. Je trouve tnen au ciiapitre vi des chroniques un verset 65 conteaaiit ceci : Et de la tribu de Gad^ Ramûth en GoUmd^ emec ses terrains libres, etc. Est^e là le verset que M. Van de Velde invoque ? Admettoiis-te un instant. Voici ce qui est vrai : Terra Gilead scepe omnem regionem trans Jordamem danotat^ certe hic significat terrm» «6 Rnims^ Gad et dimidia triou Menassis o€cupatms^
!]uœ evidenter distinguuntur a terra Camsum. Reland, p. 4.) Le verset 29 du chapitre xn de Josué est ainsi conçu : La limite {éTlssakhar) revient vers Raima etiusqWà la viUs forte de Tyr, revient vers Uossa, abautUà la mer par la contrée d^Athxib. — J'avoue que la comparaison de ces versets ne m'apprend absolument rien sur une Ramah placée entre Samarie et Djenin. Voyons maintenant ce que nous trouvons dans l'Ecriture sainte sur les localités de ce nom. Nous avons Rama, ville de Benjamin (Reland, p. 963) ; Ramath de Siméon (lD.,p. 964): Ramatbaïm-Tzophim , dans les montagnes d'Bphraïm (Id. , p. 964 ; Ramatha d'fiphraîm, suivant Josèphe (Id. , p. 965j ; Ramath Hamitzpe de I Gad (Id., p. |96é) ; Ramathon, h 40 stades de Jetiisalem (Id. , p. 966) ; Ramoth de Galaad (Id., p. 966). Ramoth de Galaad était à 15 milles de Philadelphie
i Hammam, sur la rive gauche du Jourdain, labbath-Ammon). Saint Jérôme dit oue cette Ramoth de Galaad était dans la Pérée, auprès du fleuve labok. Enfin, il y a une Ramoth au sud de la tribu de Juda (Rbl. , p. 966 eX 967) ; voilà tout. Quant à larmoutb, c'est une ville de la tribu de Juda {Josuéy xr, 35). Putatur eadem ac Ramoth Remeth, quia Étmeih et Engannim junguntur {Jos. xix, 21) uti r<censetur (Jos. xxi, 29) inter urbes Issascaris Yarmoutn et Engannim : atqui {Jos. xv, 34, 35) Enaannim et larmouth inter urbes Judœ inplanitie sitas recensentur. Hieronymus notât {ad vocem larmouth) eam distare ^mill. ab Eleutheropoli ^Rbl., p. 826 el 827). Concluons de ceci qu'il y avait une larmouth et une Engannim dans là tribu de Juda, et qu'à moins d'erreur de copiste, il y avait deux villes du même nom dans la tribu dlssakhar. Il se peut donc que la Ramah trouvée par M. Van de Velde soit la Remeth d'Issakhar ; niais il reste toujours démontré que ce voyageur a mal consulté sa Rible, ou qu'il l'a mal comprise dans les passages qu'il cite, puisqu'il trouve une ville de Galaad près de Samarie.
P. 443. Il est vrai, dit M. Van de Velde. que les voyageurs qui ont suivi la route de Jaffa à Jérusalem se sont trompés, et se trompent encore, en identifiant les villages et villes avec des lieux nommés dans TEcnture sainte et dans l'histoire profane ; mais il serait trop long de réfuter leurs erreurs. — En conséquence M. Van de Velde réserve sa leçon géographico- archéologique pour une autre occasion. Voilh qui est bien ; une
APPENDICE. — REPONSE Â M. VAN DE VKLDE
promesse est quelque chose : mais, quand oh publie un ou?rage en deux gros volumes sur la géographie comparée d'un pays comme la Terre-Sainte, je ne vois pas trop quelle meilleure occasion Ton peut attendre pour signaler des découvertes qui renversent les opinions émises par ses devanciers.
P. 453. Je me bornerai k transcrire sans commentaires les phrases suivantes : « Avec toutes les études par lesquelles je me suis préparé d'avance sur la topographie de Jérusalem, et avec tous les livres et tous les plans que j'ai avec moi, je ne suis pas encore assez avancé dans mes propres levers, encore moins me trouvé-je en condition de prononcer un verdict décisif sur des localités au sujet desquelles les savants ont publié des communications si complètement différentes, ou ont formé des théories si contradictoires. Je sais bien qu'il y a des voyageurs qui, avec des yeux qui ne regardent aue les surfaces, et avec une langue qui dit trop de choses, ont la prétention de parler d'une manière décisive sur ce qu'ifs ne voient qu'en passant ; moi j'aime mieux confesser hautement mon ignorance, et ne pas augmenter l'obscurité qui règne dans les rapports confus des voyageurs à Jérusalem, en ajoutant les miens aux leurs. »
P. 4B2. M. Van de Velde, se trouvant entre la grotte de Jérémie et la muraille de la ville, examine cette muraille et s'écrie : « En regardant de près la muraille en ce point, nous voyons que quelques-unes de ses parties sont composées d anciennes pierres occupant non-seulement leur position primitive, mais encore établies sur la masse ou roc naturel, qui a été retaillé et aplani pour faire suite à la muraille. Ainsi, dites-vous, ces portions doivent être des portions de la muraille primitive du temps des rois de Juda. C'est ce qui a positivement lieu, et toutes les théories des savants, et toutes les hypothèses au sujet des enceintes de Jérusalem, ne parviendront pas à m'enlever cette conviction. » J'en suis fâché pour H. Van de Velde, mais cette conviction n'a et n'aura de valeur que pour lui. Comment ! parce qu'un mur moderne est ajusté sur le roc qui se relie avec lui, il devient certain que ce mur est du temps de Juda ? Qu'on démontre alors que les Turcs n'ont pu retailler eux-mêmes les rochers eu question, et surtout qu'on explique comment cette muraille du temps des rois de Juda comporte des meurtrières, et un piédestal évidemment romain encastré dans sa maçonnerie. Sur toute la face de fenceinte comprise entre la porte de Damas et la porte Saint-Etienne, il n'y a pas, je l'afUrme tout aussi résolument aue M. Van de Velde, un seul bloc en place de l'époque des rois de Juda. A la porte de Damas même, il y en a deux ou trois qui ont été signalés pour la première fois par Schultz, et voilà tout. Mais M. Van de Velde est logique. Ayant la volonté de retrouver le Golgotna k la colline dans le tlanc de laquelle s'ouvrent la grotte de Jérémie et le tombeau d'Alexandre Jdiuiéas, il devenait prudent, même
aux dépens de la vérité et de l'observation la plus superficielle, de déclarer que la portion de muraille placée devant la grotte de Jérémie était du temps des rois de Juda. Malheureusement cet argument fait défaut k son auteur, et je le mets au défi de convaincre sur ce point quiconque aura une seule fois longé cette portion de l'enceinte de Jérusalem, en l'examinant avec les notions les plus élémentaires sur la nature des appareils de construction, antique et moderne. Toutes les antiquités de Jérusalem ont été phothographiées depuis le passage de M. Van de Velde ; c'est un grand malheur pour les théories bftties sur des faits inexacts. M. Salzmann, auteur de ces photographies, a rendu un éminent service k l'archéologie judaïque, puisqu'il a fourni k tous ceux qui voudront y rerâirder une seuta fois, le moyen de décider de quel côté est la vérité.
P. 463. M. Van de Velde trouve que la description, donnée par Josèphe, du tracé de l'enceinte construite par Agrippa n'est pas suffisamment claire. Sans doute elle a besoin d'être sérieusement étudiée sur le terrain, et feu le docteur Schultz s'était parfaitement acquitté de ce soin, k l'aide d'explorations continuées pendant plusieurs années consécuti- Tes : c'est ce travail intelligent qui lui fit découvrir le tombeau d'Hélène, que M. Van de Velde s'est dispensé d'aller visiter ; était-ce pour se réserver la possibilité d'affirmer» comme il le fait, aue la position du tombeau d'Hélène est perdue? ou bien M. Van de Velde n'a-t-il pas étudié le travail topographique de Schultz? Je l'ignore, mais probablement notre voyageur a eu ses raisons pour produire cette assertion.
P. 476. A côté du couvent arménien du mont Sion est pour M. Van dcî Velde le tombeau de David et de la plupart de ses descendants. Donc M. Van de Velde n'a pas lu ce que Quaresmius dit de l'église, devenue la mosquée de Nabi-Daoud pour les musulmans, tandis que c'était pour les Chrétiens, ses anciens possesseurs, l'église de la Cène, dans laauelte il n'y avait pas trace de caveau sépulcral.
P. 479. Le Birket-es-Soulthan est probablement, dit M. Van de « Velde, la citerne qui fut faite contre le sépulcre de David.» (iVe/îemie, m, 16). Ne serable-t-il pas que les guillemets employés ici indiquent une citation textuelle? Ouvrons Néhémie au verset mentionné, et nous y trouvons : Après lui tra* vailla Néhémie, fils d'Àzbouk, chef du demi* diêtrict de Beth-Sour, jusqu'en face des tombeaux de David, et jusqu'à t étang fait (ou à'Asouiah?) et jusque la maison des héros. Il me semble que cela ne signifie pas plus pour l'étang d'Asouiah que pour la maison des héros, qu'ils étaient contre les tombeaux de David. A propos de cette citerne, M. Van de Velde ajoute : « Dans Isaïe (xxu, 9), ainsi qu'il me semble, il en est parlé comme de l'étang inférieur, en opposition k l'étang supérieur du chapitre vu, verset 3. Ceci cependant est loin d'être généralement reconnu i>ar
DICTIONNAIRE DES ANTIQUITES BIBLIQUES
les archéologues. Pourquoi non T Nous examinerons cela une autre fois. » M. Van de Velde, on le voit^ attend toujours une meiU leure occaiion pour examiner les points de la topographie de Jérusalem.
P. m. Pour H. Van de Velde, Millo était une ransée de bastions de pierre, placée au« dessus du bord nord du mont Sion. Nous aurions bien voulu que M. Van de Velde justifiât quelque peu cette étrange définition de Millo. Malheureusement nous serons condamnés k attendre fort longtemps une justification, car Millo était un vallon, un ravin. Ce n*est certes pas moi qui l'ai dit le premier.
Dans la même i>age, M. de Van de Velde, en parlant de la citadelle de Jérusalem, dit : • L architecture de la citadelle actuelle est reconnue pour être romaine. » La tradition lui a donne le nom de château des Pisans, et sauf la tour de David, il n'y a pas une assise des murailles qui ne soit, au plus haut, de Tépoque du royaume latin de Jérusalem.
Nous sommes, par le seul fait que je viens de citer, fixés sur le droit que M. Van de Velde a de parler de Tâge respectif des constructions anciennes. Quant à la Tour de David, il déclare que la base remonte trèr-certainement aussi loin oue David et Salomon. « Le savant voyageur (Kobinson), dit-il, et d'autres qui ont ajouté leurs recherches aux siennes, I ont pleinement démontré. » Cette assertion n'est pas suffisamment exacte. Robinson a parfaitement reconnu la tour Hippicus dans là tour de David, mais il en croit la base postérieure aux fragments, certainement salomoniens, de l'enceinte du temple (tum. I, p. 456 .
M. Van de Velde me permettra-t-il de revendiquer pour moi la clairvoyance qu'il attribue k d'autres voyageurs ? Ne citer les gens que pour les contredire à tout prix, mais s attribuer leurs opinions sans les citer, c'est une manière d'agir qui n*est pas louable.
Après avoir passé en revue le tome I" du livre de M. Van de Velde, je vais montrer que le second ne vaut guère mieux.
Tome U, p. 19. Je trouve dans cette page une phrase adroitement mise par M. Van de Velde dans la bouche d'un certain Mashulam, Juif converti au protestantisme et ci-devant hôtelier de Jérusalem, lequel dit que j'ai parcouru une grande partie de la côte oiAtêt Je la mer Morte. Or, comme M. Van de Velde avait un calque de ma carte manuscrite, il savait parfaitement à quoi s'en tenir sur la valeur de cette assertion. Ou c'est M. Mashulam, ou c'est M. Van de Velde qui n'a pas fait ici preuve de bonne foi; en tout cas le dernier sanctionne l'assertion du premier. Tant pis donc pour celui à qui revient de droit le reproche que j'adresse au coupable, et dont ces deux messieurs sauront à merveille trouver le destinataire.
P. 33. M. Van de Velde, se dirigeant de Tekoah vers la montagne des Francs (Djebel- Foureïdis),coupe une vallée abrupte nommée Ouad-Charëitûn, et il y trouve une vaste grotte sur le compte de laquelle il s'exprime ainsi : « Si je comprends bien les Ecritures, Charëi*
tûn doit être le lieu oà « étaôt le parc des k% bis, auprès du chemin, » et (hupid il en ii Là {étatt) une caverne. SalU y ciUra pem m vrir ses pieds: Dmrid et ses genê éimm ma ou fùnd de la caverne el non ceamc tain M. Van de Velde) : WhiU David emi tmm remained in the eides of ihe cme).1km é cinquante minutes après avoir quitté tek cave, M. Van de Velde est «u pied do ■« des Francs. J'ai donc le droit de me im des expressions mêmes qu'il emploie et ée ti dire : Non, vous n'entendez pas ks mé« Ecritures. Le chapitre auquel vous o^m.
tez le verset que vous citez isoléiiMiéi, verset 1 : David monUs de M, et e'ÙMtim les lieux forts d* Engaddi. i. Et fiMrfM fui revenu de la campagne contre ks fUb.
tins^ on lui annonça^ savoir : Voici emt^ vid est dans le désert d'Ençaddi. 3. SoMpi trois mille hommes ekoiete dans teet kni et s* en alla chercher David et ses eemp^ que sur le haut des rockers des Amtîhfe — M. Van de Velde pense-t-il que k nsiiMge du mont des Francs place si piéè Beit-Lehm, était dans le désert d'Eopi' Engaddi est fort loin de Ik ; donc la m vue par M. Van de Velde sera tout ce yî vouora, mais k coup sûr elle ne sert jas prise que par lui pour le théâtre de li b> meuse scène dont fl s*occupe.
P. 52. M. Van de Velde nous proirre p après de nouveau qu'il n'entend pas béa b Efcritures ; il dit : « Ensuite Samuel penia jeune homme de partir et lui indiqua le àh min du sépulcre de Racbel à la plaine do Tibor (peut-être le pied du mont des Obrs. nommé encore par les Arabes Jebel-d-Târ. c'est-à-dire Tabor), où il devait trouver den hommes allant k Béthel, et après k la coU» de Dieu (Mizpeh), où est une gamisotè Philistins. » S il est vrai que le mont Tév et le mont des Oliviers portent le même wm de Pjebel-et-Tour, littéralement wumtofÊi è la montagne f la réciproque n'a pas bei. d toute montagne qui , comme le Siiuî pr exemple, se nomme Diebel- et-Tow ae t nomme pas pour cela Taoor. M. Van de TelÉ a donc tort de croire que l'un de ces An noms est en quelque sorte la tradadm * l'autre. H y a plus, le récit ou'il invoq«n peut en aucune façon s'appliquer aa msâ des Oliviers ; car, s'il en était ainsi, indépidamment des circonstances du rédtqaii»
dent ce fait impossible, il serait fort buM de trouver, n*importe où, autour du moiléa Oliviers, ce que l'Ecriture appelle la plài Sur ce point donc encore» roninioD ëe E Van de velde n'est pas soutenante.
P. 65. Je lis ceci : Aly-Bew^ the travelkr of 1103-7. M. Van de Velde ici un petit anachronisme de sept siècles m* lement, l'espagnol Badia n'ayant vovip n Orient sous le nom d'Ali-Bey-el-AbasR qi & commencement de ce siècle (1803-1807 . It dia a publié lui-même son voyage en UU chez Didot, et il est mort à Paris eo im. > crois inutile d'appuyer sur cet échotdVx de l'érudition de notre voyageur en Tem- Sainte.
APPENDICE. — REPONSE A M. VAN DE YELDE
P. 102. M. Van de Velde se rend è Massada par le haut pays, et il parle du lieu où j'ai campé, comme s'il y était venu. Poury descenore de Massada il eût fallu suivre le chemin que j'ai suivi, et qu'il ne connaît pas; comment se fait-il que cela n'empécbe pas M. Van de Velde de déclarer aue je dépeins* avec mon imagination habituelle, les dangers du sentier que Josèphe décrit en le nommant la Couleuvre ? Comment se fait-il enfin que M. Van de Velde affirme avoir trouvé de l'eau au point où je me plains de n'en point avoir trouvé, lui qui n'y est point allé? Je laisse au lecteur le soin de caractériser le sentiment qui a dicté ces assertions étranges. Ce que je
Suis dire à ce sujet de plus poli, c'est que [. Van de Velde ne m'a pas lu.
P. 104. Il ne m'a pas mieux lu en ce qui concerne ce qu'il appelle l'église de Massada ; et k ce propos il s'étonne de ce que ni M. WolcoU ni moi nous n'avons parlé ae cette église
{)rétendue. Un bfttiment orienté de l'est k 'ouest n'étant pas de toute nécessité une église chrétienne, surtout quand il est pavé en mosaïque de l'époque du haut empire, je n'ai eu «arde de faire une église de celui auquel M. Van de Velde assigne celte destination. Toutefois, qu'il veuille bien me lire et il se convaincra que j'ai parlé de cette ruine (196) ; qu'il veuille bien ouvrir mon atlas et il se convaincra que j'en ai donné la vue et le plan. M. Van de Velde y trouvera aussi le tracé desli^esde circonvallation de Flavius Sylva, dont il se contente de dire ce que j'en ai dit moi-même : The stonesoftcose entrenchments are still to be seen at ihe foot of the Rock, and look as ifthey had been Icft hère yesterday (p. 404).
Ainsi dans ce pays dix-huit cents ans passent sur des ruines, sans y laisser plus de traces que celles d'un jour de durée. Il sufllt de doubler ce temps pour arriver à trës<^peu
Krès à l'époque de la catastrophe de Sodome. 'où vient dès lors l'impossiDilité de voir, où elles gisent, les ruines de cette ville maudite? Je ne le devine pas. Un dernier mot : M. Van de Velde a étuaié bien superficiellement ces travaux de siège, puisqu'il ne les a vus qu'au pied du rocher de Massada.
P. llO. Ce qui suit prouve bien mieux encore que H. Yan de Velde parle des opinions d'autrui sans prendre la peine de s'assurer du sens de ces opinions. Ainsi, pour me contredire plus k l'aise, il fait semblant de croire nue je prétends retrouver les ruines de la Zoar biblique au petit fortin arabe ou turc de rOuad-ez-Zouera, tandis que i'ai placé Zoar à Zouera-et-Tabtah, c'est-à-dire a une demi-lieue plus bas, et sur les deux coteaux peu élevés qui dominent, h droite et à gauche, l'embouchure de l'Ouad-ez-Zouera. Puis il cite M. de Bertou parmi les voyageurs qui ont placé Zoar sur la rive orientale, et c'est précisément M. de Bertou qui, le premier, a signalé les ruines de Zouera-el-Fouqah comme ayant conservé le nom de la Zoar bibli-
que, laquelle devait nécessairement se trouver dans le voisinage de ce point, sinon en ce point lui-même. J'en conclus que M. Van de Velde n'a pas mieux lu le travail de H. de Bertou que le mien. M. Eli Smith lui a affirmé que le nom hébreu Zoar n'avait rien de commun avec le nom arabe Es-Zu^eirah.
J'en demeure d'accord; mais j'ajoute bien vite que le nçm Es-Zuweïrah n'a rien de commun avec le nom arabe Ez-Zouera de la localité dont il s'agit. Es-Zuweïrah est un nom écorché et rendu méconnaissable à plaisir.
p. 111. M. Van de Velde affirme que l'Ecriture dit de la manière la plus claire que Zoar était sur la côte orientale de la mer Morte , et que Zoar appartenait à la Moabitide. J*avais sommé M. Van de Velde de citer les textes bibliques sur lesquels il appuyait cette assertion si explicite, et il n'a pas pu se dispenser de le faire. Voici donc les passages qu'il indique pour prouver qu'il a raison. {Genèse xix, 30, 38; Jsate xv, D, et Jérémie XLvm, 34.) Prenons ces trois différents passages, qui doivent me donner tort, et voyons ce ou ils disent; Genèse xix« 30 : Loth monta de Zoar et s'établit sur la montagne avec ses deux jfillesy car il craignait de demeurer à Zoar; il se retira dans une caverne avec ses deux finies. 31. Lainée dit alors à la plus Jeune : Notre père est vieux; il n'y a plus dénommes sur la terre pour venir vers nous, selon Viuage de tous les pays, 32. Allons, faisons boire au vin à notre père, et couchons avec lui, afin que nous conservions des enfants de notre père. 33. Elles firent donc boire du vin à leur père cette nuit; l*aînée vint se coucher avec son père, qui ne s'en aperçut ni quand elle se coucha, ni quand elle se leva. 34. Le lendemain, Vainée dit à la plus jeune : Tai couché hier avec mon père; fais-le encore boire du vin cette nuit, viens coucher avec lui, afin aue nous conservions des enfants de notre père. 35. Elles firent donc encore boire du vin a leur père cette nuit; la pltu jeune vint se coucher avec /ut, ^tft ne s* en aperçut ni auand elle se coucha, m quand elle se leva. ô6. Les deux filles de Loth devinrent enceintes de leur père. 37. L aînée eut un fils qu'elle nomma Moab : c'est le père des Moabites jusqu'à ce jour. 38. La plus jeune eut aussi un fils qu'elle nomma Ben-Ami : c'est le père des Ammonites jusqu'à ce jour.
La démonstration cherchée n'est certes pas dans ce passage; car s'il en résultait que Zoar était dans la Moabitide , il en résulterait tout aussi justement que Zoar était dans l'Ammonitide. Examinons donc les deux autres passades. Isale , XV, 5 : Mon cœur se lamente au sujet de Moab; ses fuyards errent jusqu'à Zoar, veau de trois ans. Car la monter de Louhith, on y monte en pleurant, et vers Khoronaim , on fait entendre un cri de détresse.
Ce ne peut être encore là que M. Van do Velde trouve sa démonstration si claire. Les fuyards de Moab errent jusqu'à Zoar : donc
(196) < l>e%ant nous, à moiii» da cent pas, csl une ruine qui rebscniblc presque à une petite église, avec abside cinuiiiin'. »
DICTIONNAIRE DES ANTIQUITES BIBLIQUES
Zoar est hors de Moab. J'espère oue cette conclusion paraîtra la seule naturelle à quiconque examinera ce verset avec le bon sens le plus vulgaire. Puisque nous ne trouvons pas là non plus ce que M. Van de Velde a trouvé , allons plus loin et prenons le dernier
Bissage qu*il invoque : Jérémie, XLvm, 34 : es cris de Hesbon jusqu'à Elaàteh^ jusqu'à iahas s'étend leur voix; depuis Zoar jusquà Khoronaim^ veau de trois ans. Même les eaux de Nemrin sont déplacées.
H. Van de Velde voit-il par hasard ici la démonstration sur laquelle il s'appuieT Chose incroyable! nous sommes au bout de son répertoire. Franchement, il est diflicile de traiter plus légèrement ses lecteurs que ne le fait notre voyageur, quand il invoque Tappui des textes sacres. Certainement, l'homme qui prétend que dans ces passages se trouve clairement exprimé ce fait que Zoar était sur la rive orientale de la mer Morte, ignore la valeur des mots et ne comprend pas les passages qu'il cite.
Dans la môme page 111, je lis ceci : « M. de Saulcy savait bien que Zoar appai*tenait à Moab; mais il s'est tiré d'embarras en reportant les limites de Moab sur la côte ouest de la mer Morte , et en passant en même temps sous silence les fixations (stalements) de saint Jérôme et de Ptolémée. » Quelle est répithète que Ton a le droit d'accoler k une assertion pareille, quand elle est contraire h la vérité? Je laisse à M. Van de Velde le soin de la chercher. En attendant qu'il Tait trouvée, ie le prie de relire les passades suivants de mon Voyage : — EnGn, saint Jérôme , dans son Commentaire d'I^aïe (xv) , nous apprend qne Zoar était de la terre de Moab : Segor in finibus Moabiiarum sita est, dividens ab eis terram Philistiim. — Ptolémée, si les longitudes et les latitudes qu'il a déterminées nous avaient été transmises avec correction, pourrait nous être d'un très-grand secours... Eln construisant les positions relatives des villes suivantes : Jérusalem,... Zoara, 67 1/3 et 30 1/3,... on reconnaît que. ..tes chiffres relatifs à Charakmoba et à Zoara sont parfaitement inadmissibles. Ainsi ,
Erobablement,pourliharakmoba c'est 67 qu'il lut lire, et pour Zoara, 66 (il est bien entendu que je laisse les fractions, sur lesquelles je ne me permettrai pas de faire des corrections) ; ear, sans cela , Zoar serait dans une position plus orientale que Karak, ce qui nest pas aoutenable. — Quant à la frontière méridionale (de Moab), du temps de saint Jérôme, Zoar était sur la limite de la Moabitide et de la Palestine. — Saint Jérôme, dans un passage déjà cité plus haut, nous dit que Zoar était sur les confms de la Moabitide, et séparait celle-ci de la Palestine. — Nous avons déjà conclu à Tidentité forcée de la Zoar biblique avec la Zouera-el-Tahtah, dont les ruines se voient à droite et à gauche du débouché de rOuad*ez-Zouera... D'après saint Jérôme, Zoar serait la Palestine de la Moabitide, etc.
Ces citations établissent qua} ai quatre fois
cité l'opinion de saiol JéWkBe, opiam M. Van de Velde a 1 incroyable pe^é me reprocher l'omissioB voloMût.
discuté les données que nous foiiaii lémée, et M. V«n de Velde m'êtaatm les avoir passées sous silence. De den d l'une : ou M. Van de Velde ne m'a pu h par pure charité chrétienne, c'est là m je veux croire) « ou il n'a pas apponf i cette discussion Ton des eléaieots lo essentiels des discussions de ce geve^c i-dire la bonne foi.
Maintenant» puisque M. Van daTddii tirer parti du texte de saint Jértee | montrer mes erreurs , il me pemellii è tourner cette môme arme coatre hlb dit saint Jérôme» séparait la MMblMi pa>s des Philistins. Donc» poor M. Ta Velde, la limite du pays des PhilistaiMi dait jusqu'à l'entrée de l'Ouad-el-Kiak,!
S lace la Zoar biblique. Voilà, je ne am\ e le dire, une délimitation toute noué la terre des Philistins ; et j'avertis E Ta Velde qu'il aura bien de la peiaeàhiÉi ne fût-ce que l'apparence de la poÉî Lequel de nous deux» lui demaiÉi^ mamtenant, bouleverse le plus hardîHi hmites reconnues des pays bibliqœsîJii drai sa réponse.
P. 114 et suivantes. M. Van de Tdà,« montrer qu'il était bien en niesareèi donner un démenti formel au Mjjetdein de Sodome, ruines qui n'existent q« ■ mon imagination, à ce qu'il prélend.iKi qu'arrivé au côté nord de la montaoeè!
(Djebel-Sdoum),!! fut obligé d'v&rtr dentcllement un séjour considérable. La ses Bédouins, se trouvant fatigué dfva qu'ils ont une énorme journée à fm.« conduire M. Van de Velde par le c^ d la montagne de Sel (6y ihe saslnéf^^ Sait mountain). M. Van de Velde, cttfèi vateur émérite , avoue très-bumÛesMaïf ne s'en aperçoit pas d'abord. Jf /ta i< not see tkrougk his design: èmi as ïït(^ nearer to the mountain^ and btgmmsl^ onour left, his abject couid 6t mûlsm^ Ainsi, il a fallu que M. Van de Vekleit|i près de la montagne» et qu'il comoitfçit' voir à sa gauche pour deviner Tiotciliai^ son guide. Ceci est très-net, etETai Velde dit candidement qu'il n'était pap
3u*alors suffisamment près de la Mip e Sel. Le guide fait alors toutes sM' serments à notre voyageur, pour hâ p^ qu'il n'y a pas de route à I ouest {tkâÉs ttas no way to the wesi of the sêb metitm mais enfin M. Van de Velde ordooae.tf^ passe de l'autre càxé. Voici ee qaeii^ notre voyageur : « Cette GirconslMKe.ii* moins, fût cause que je fis une éoKàkw0à le long du côté nord de la montagne è^ et je demeurai pleinement coavaîici ' quelque chose qu'il y ait sur lapl»e.ii a aucune ruine. Quant à ce que M. «fe ^ dit avoir trouvé là , non-seufemeotée^t^ de construction et de \iUe , mais fonr T tivemcnt celles de Sodome, je d^tarei* ne puis attribuer cela à une autre sovvtf