XXI
BETflPHALETH, Beit-Faleth. — Ville do ]tf tribu de Juda. (// Esdras, xi, 25.)
BETHPHESES, Beit-Fases. - Ville de la tribu d'Issachar. {Josué, xix, 21.)
BETHPHOGOR, Beit-Fao«tu. - Ville de la tribu de Ruben. (Josué, xm, 20.)
BETH-SAIDA, Bezetha. —C'est le nom que le traducteur de saint Jean donne à la piscme Probatique, dans la Vulgale; mais le teite grec porte hn^$sBâ. Aujourd'hui, cette piscine etsl connue à Jérusalem sous le nom de Bezetha. Elle était entourée de cinq porti(]ues.
II est difficile de s'expliquer cette disposition, à moins de dire qu'à l'intérieur du temple un immense portique, soutenu par quatre rangs de colonnes, servait à abriter les sacrificateurs qui venaient laver les victimes dans l'immense lac de Bezetha. Alors l'expression de l'évangé* liste atu^ait une explication naturelle. Je re*
pousse absolument celle qui ferait régner des portiques dans tous les sens, autour de la piscine. D'abord, il n'y en aurait eu que quatre; ensuite, la disposition du terrain, qui m'est parfaitement connue, ne me permet pas d'adopter ce sens.
Une raison selon moi péremptoire, c'est que le portique placé autour de la piscine aurait donné accès au temple du côte de la ville, pendant que ce fossé plein d*eau, quoique nécessaire aux usages du temple, lui servait eu môme temps de défense du côté du nord.
BETH-SAIDA. — Cette ville est mentionnée par les évangélistes parmi celles de Kord^in et de Capharnaiim auxquelles le Christ adresse ses malédictions. Seulement, dans saint Luc, le nom de cette ville est écrit hn^oKièm et dans saint Matthieu BvOaat^ôv. Cette dernière forme nous fait connaître la signiGcation de ce nom, dans lequel il faut chercher les deux mots Beit (maison), et Saïdous (pèche ,|n^3r de -n», chasser et pêcher). Beth- Saïda avait donc reçu son nom de l'industrie de ses habitants. C'était une ville, puisque saint Jean (i, 45) et saint Luc (ix, 10) mi donnent le titre de iroXcc. Pourtant saint Marc (vui, 22) l'appelle simplement bourg {(l^ x^z xûp^jff. hors du bourg, et ce t/:v xcafinv, dans le bourg). Du reste, cette double appellation n'est pas particulière à Beth-Saïda, puisque dans les Evangiles, Beit-Lehm elle-même est appelée tantôt ville, tantôt bourg. ( Jean, n, 4; vu, 42.) Un autre nom, encore plus infime, est donné à Beth-Saïda, dans un commentaire de saint Pierre, publié d'après le manuscrit de Médicis, et inséré au tome V des ActaSanctorum mensisjunii. Ce passage cité par Reland est ainsi conçu : « Pierre habitait fa Galilée, qui est un pays de la Palestine. Sa patrie était Beth-Saïda, petite ville de peu d'importance (fi(x/>6v rc xai cuTiliic itoXi/yto'»).
Les Evangiles nous apprennent encore que Beth-Saïda était au bord du lac de Gennezareth [Jean, xn, 21; Marc, vi, 45, viii, 22), et sur la rive occidentale, puisque nous lisons,
tlç TOiri;}«v,ir/do;Bq09al9àv, «sur l'autrC rivC, vis-
à-vis Beth-Saïda,» dans le deuxième verset que je viens de citer. Epiphanius (Adv, hœres,, lib. u) nous dit que Capharnaûm et Beth-Saïd« étaientdeux villes peu éloignées l'une de l'autre, où/AaxpàvovTwvreûvroTroiVTOuruv tû ^laarnfia'i.
Josèphe nous parle d'une Beth-Saïda qui était située dans la Gaulonitidè et dans la tétrarchie de Philippe. Cette Beth-Saïda , dit l'historien des Juits, était sur le bord du lac de Gennèzareth : elle fut relevée et embellie par le tétrarque, aui lui donna le nom de Julias (Ani/g. Jud., XVIII, n, 1), en l'honneur de Julie, tille d'Auguste (xû/^qv ^i Budffot^àv,
ùiiM^oL, etc.). ï)fiLns là Guerre des Juifs (II, ix, 1), Josèphe, rappelant le même fait, dit que Julias fut fondée par le tétrarque Philippe, dans la Gaulonitidè du bord de la mer (xav r» wùà ravXan>(7(x$). Dans le même livre (III, X, 7), Josèphe nous apprend que le Jourdain se jette dans le lac de Gennesar, fitià nô^iv 'i9v>câ3oi* on a toujours traduit ces mots par :
BEr
BET
fl
«Après la ville de Julias. » Mais pcri se prend souvent dans le sens de iitin tiç, 3iâ* on peut donc aussi bien traduire par : ver$ ou au^ près de.
Maintenant une ville de la Gaulonitide pouvait-elle être en môme temps une ville de la Galilée, dont Hérode Antipas était le tétrarque? Reland conclut que non, et que, par conséquent, il devait y avoir primitivement deux Beth-Saïda, dont Tune placée sur la rive occidentale du lac, conserva son nom, et se trouve fréquemment mentionnée dans les Evangiles, et dont Tautre, placée sur la rive oriiîntale, perdit son ancien nom, en recevant celui de Julias, que lui imposa Philippe le tétrarque. Il est vrai, lyoute ce savant, que quelques personnes supposent que la Galilée comprenait une partie de la Gaulonitide.
Voyons $*il n'est pas possible de démontrer que Beth-Saïda-Julias fut en réalité sur la rive occidentale, et par conséquent la même que Beth-Saida de TEvangile. Commençons par dire qu'il parait au moins improbable que deux villes, portant exactement le même nom, aient été situées, pour ainsi dire, en contact l'une de l'autre, et sur les rives opposées du Jourdain. D'une autre part, remarquons qu'une partie de la Décapote, contenant le territoire entier de Scythopolis (Beyiàîï)^ était certainement sur la rive droite du iourdain, tandis que tout le reste de la province était sur la rive gauche. Dès lors il n'y a rien qui doive tout d'abord nous empêcher d'admettre qu'une portion de la Gaulonitide ait été située sur la rive droite du Jourdain, tandis que tout e reste de cette province était sur la rive gauche.
Heureusement nous avons mieux que des hypothèses à faire valoir en faveur de l'opinion qui de Beth-Saïda-Julias fait la Beth- Saïda des Evangiles. Josèphe nous fournit des renseignements positirs, dans un récit que j'ai déjà analyse à propos de Capharnaiim, et que je suis obligé ae reproduire en
Eartie, parce gue de ce récit résulte, je crois, I démonstration absolue que Julias était sur la rive droite du Jourdain. Lorsque Josèphe lit une chute de cheval, à la suite de laquelle on dut le transporter souffrant à Capharnaùm d'abord, et à Taricheœ, dans la nuit suivante, il venait au secours de Julias, serrée de près par Sylla, chef des troupes royales. Sylta avait placé des postes qui occupaient les routes oe Kana et de Gamala, afin d'emjiêcher les habitants de recevoir aucuns vivres venant des Galiléens. D'abord, si Julias était sur la rive gauche du Jourdain, cette précaution, militairement pariant, était absurde ; on ne iette [MIS des postes de l'autre côté d'une rivière, on en garde le gué ou les gués, s'il y en a plusieurs, et cela suffit. Sylla était campé à cinq stades seulement de Julias, c'est-k-dire à environ un kilomètre. Jérémie. envoyé par Josè|»he au secours de la place, va s'établir auprès du Jourdain et à un !^tade seulement de la ville. Jérémie était un homme de guerre ; il ne se serait donc pas tvit^dc « porter de l'autre cMé d une rivière,
dans ]a({uelle on pouvait aisément le n/H lui et sa troupe. Il campait donc fortM sur la rive droite du Jourdain, et k um seulement de la ville. Des escarmooches m lieu ; donc évidemment les deux partioli ligérantes sont sur la même rive. Josèpkf rive à son tour , pour appuyer les oféatm de Jérémie. II dresse une embuscade àmk{ quelle tombe l'ennemi cf\ii le poursuil, bj qu'il simule la fuite, puis à son tour MÉk revient à la charge et met les soldais de^ en déroute. Et tout cela se serait ptsiéjvk deux rives du Jourdain T et des deux ollàf aurait exécuté des passages de l'ennemi sur les épaules 7 G*est tout ment impossible ; militairement piriul, cff absurde. Dès lors, je me permets de coack 1* que Julias était sur la rive droite dilr dain, îr que Beth-Saïda-Julias est h Ife Saïda des Evangiles, 3* que les belles lÉf de Teli-Houm sont bien les ruines de b et de l'autre. Robinson (t. III, ]>. 3(H,i4 cite deux passages des écrivains de h ' quité qui semblent me donner tort Jt;
5nore pas aue Pline (Hisi. nai.^ v, lii ordanes inlacum se fundii amegmn' septum oppidis, ab oriente Juliade Hi a tneridie Tarichea, etc., etc.» et Jérôme, dans son Commentaire d« de saint Matthieu (xviK s'exprime a lippus,,, ex nomine fiiiœ eju$ MiifiiMi^ dem transJordanemexMiruxii.^iaaàÊ0i deux assertions, qui, si elles étaienlWf me donneraient tort. Pline, qui B*i visité le pays, peut parfaitement se^i pour Juiias, comme il se trompe D#1 cheœ, et, précisément parce que M^] une ville de la Gaulonitide, Tavoirsq^ l'orient du lac deGennezareth... Qutfi Jérôme, la Julias dont il parie ain Julias de Perée, celle à qui Hérode imposa ce nouveau nom', en lui ftis ter celui de Betharmptba , ainsi qv l'apprend Josèphe lui-même, (iliif. MJ n, 1.) Celle-ci s'appelait aussi livis,, que la Julie dont elle reçut lenoniëlii< Livie, femme d'Auguste. Cette ville pied du mont Paour ou Fhogor, « nous l'apprend Eusèbe au mot ♦iiÂt. Aa^ au témoignage de Pline on peut ^„ témoignage bien autrement concloiîilti avis ' c'est celui du géographe PloMmkil dans la Galilée, donne les deaésitf
Ehoris, de (^pharcotia, de ItlusT cl erias.
Une seule objection peut être &efk^ tre les conséquences que j'ai déduites à^ cit de Josèphe ; c'est que si Jérémie elt^ s'établir à un stade seulement de Jidii»i^
Couvait pas être près du Jourdain, ell-Houm il a fallu à Robinson ^ et demie de marche pour arriver aa la rivière A ceci je répondrai que sion dont se sert Josèphe est sii itkr,vUit Too 'lo^^âvov irorsfAov, et que 4
fiarfaitcment se traduire par : du oM ourdain, en admettant que Josèidieail^ seulement indiauer que Jérémie s*éttil ! entre la ville et la riviererfa résumé^ je '
BET
DES ANTIQUITES BIBLIQUES^
ivec une entière conQance ridentificale la Beth-Saïda-Julias avec la Bethdes Evangiles, et de celle-ci avec les f de Tell-Houm.
MTant Robinson place fantiqueJulias es ruines de Et-Tell oui se trouvent au Il Jourdain, au-dessus ae la mer de Tibéet à Quelque distance dans les terres ; rois objections, que je crois impossibles uire, me paraissent rendre cette identi- D inadmissible : 1*" A Et-Tell il n'y a que ines, pour ainsi dire, barbares, et pas iule trace d'édifice somptueux, comme i contenir la Julias qui prit la place de WLda. S* Et-Tell n'est pas au bord du lac nnezareth ; il en est à plus d'une lieue rd ; dès lors le nom de Beth-Saïda (mai- ) la pèche) n'est plus applicable à cette )* Enfin le récit du combat gue Josèphe i Sylla, sous les murs de Julias, ne peut aucun de ses détails s'appliouer à la ntique qui occupe le site d'Et-Tell. Ces bjeotions d'ailleurs s'évanouissent d'elles, dès qu'il s'agit de la ville ira- \ dont les ruines imposantes se nomiiqoi|rd'buiTell-Houm. En définitive, je lens toutes les déterminations que j^ s plus haut.
^HlSCH^AN , |vn^, B^TSAN (Bbisan).
tte ville fut appelée Scytbopolis. Les rètes grecs (/uget , i , 27), aumotB«cOff«9 nt : a ioTt zxvOAv ftoUç. Le docte Reland ise à croire que les Scythes soient jamais à Bethsan, quoique Hérodote (lih. j) ait l'une ancienne irruption des Scythes en ine.
it JérAme dit qu il^ a une ville de Soau delà du Jourdam,du c4té de Scytho- Le nom de Sçythopolis pourrait, selon d, venir de cette vule de Sochot ou Su- Mais ce sont là des raisons bien faibles, ent aurait-on combiné le mot hébreu ihoth avec le mot grec de irôXcf « surtout .'on avait déjà le vrai nom, le nom hé-p le de Bethsan 7 Le raisonnement de Ree peutpas se soutenir. D'un autre côté, ite d'Hérodote sur un fait d'histoire tel 5 invasion de peuples, a Quelque poids, aulois ont bien fait une invasion dans Mineure. Le nom de Galatie est resté e preuve de l'occupation du pays par iuples venus de si loin. Pourquoi une m de Scythes n'aurait-elle pas eu lieu lestine ?
isan, la BeisAn actuelle, est située au es montagnes de la Judée, à la naissance plaine oui s'étend depuis la o^er Morte au lac de Tibériade, et que les écrivains ent Mi7« frc^cov. Cette plaine était fer- I palmiers, probablement les mômes que le Jéricho, si célèbres dans l'antiquité. 3mène {Hisi, lib. viii, cap. 13) raconte ^ moines venus de Jérusalem s'établi- Scythopolis, parce que la multitude des îfs favorisait le travail de la construces corbeilles, qui était leur occupation telle.
thopolis était renommée aussi pour son rie du lin.
Du reste, le nom deScylhopolis n'est jamais donné à Bethsan dans les anciens livres bibliques. Ce n'est que dans \esMachabeei que se trouve ce nom, et encore sous forme adjective: lesScythopolitains. C'est Bethsan qui est constamment nommée.
BETHSETTA. — Ville de la tribu de Manassé où Gédéon assiégea les Madianites. [Juges^ VII, 23.)
BETHSMOTH, BErr-H'iESMouT. - Ville de la tribu de Ruben. (Nomb. iixiii,49.)
BETHTHAPHUA, Bbit-Teffuah. — Ville de la tribu de Juda. [Joêué, xv, 53.)
BETHUL, Betoul. — Ville de la tribu de Siméon. {Josué^ xix, 4.)
BETHULIE. — Patrie de Judith, et l'une des villes célèbres du peuple de Dieu par le trait de courage de celte jeune veuve qui sauva non-seulement sa ville, mais encore la Judée tout entière. On connaît cette belle page de l'histoire des Israélites, et ce serait faire un résumé inutile que de la rappeler. Il vaut mieux, comme toujours, renvoyer au Livre saint lui-même.
Maintenant, où placer Béthulie?
Autant elle a été célèbre, autant son nom est connu dans le monde chrétien etjudaïque : autant le lieu où elle s'éleva est difficile à indiquer.
Nous savons qu'elle était dans les montai
Sues, près de la plaine d'Esdrelon, non loin e Dotnain ; mais comme Dothaïo n'est pas mieux connue que Béthulie, il reste que nous n'avons qu'un seul document précis, celui du voisinage de la plaine d'Esdrelon. Cependant il est précieux pour nous ; car Béthulie étant, d'aprâ le texte, sur une montagne, sa position nous est indiquée par la chaîne du Thabor et du Petit-Hermon, qui défendent au levant la plaine d'Esdrelon, et forment un rempart qu'il faut franchir lorsqu'on est parvenu à passer le Jourdain.
La position que les explorateurs de la Terre-Samte doivent chercher leur est indiquée ainsi. Par conséquent, c'est entre Beisén et Tibériade, vers les localités modernes de Aulâm, de Tireh, qu'il faudra faire des recherches. C'est une partie de la terre la plus inexplorée. Peu de voyageurs se hasardent dans cette contrée. On suit d'ordinaire le chemin de Jérusalem à Tibériade par Naplouse et Nazareth
BETHZACARA.— Ville de la tribu de Juoa. (/ Mach., VI, 22.)
BETHZECHA, ville. — Cette localité est près de Bethléem.
Er-Bezeth n'est peut-être que le lieu où Bacchides , parti de Jérusalem, vint camper. (/ Machab,, vu, \9.) Son nom est écrit BuCii ou BqC«iO. mais Josèphe écrit le nom de cette localité B«eç«Oà (Ant. Jud., Xlï,xi, l),et nous apprend que Bacchides vint attaquer Judas l&chabée qui y était canipé.
BETSAMES. — On compte plusieurs villes du nom de Bethsames, dont la véritable lecture est Beit-Schems. 1* Il y a une ville sacerdotale de ce nom "lans la tribu de Juda. [Josué, XXI, 16.^ Elle est \ div ivÂJias w. \%*