‹ Dictionnaire d'orfèvrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes. (3. Encycl. théol., tom.27)Chapitre 37 sur 181 · BIT · texte numérisé non relu

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nous trouvons de nombreux petits cubes de mosaïque qui nous démontrent que ces puits ont joui, dans l'antiquité, d'une certaine réputation. Pourquoi ce nom de Biar-DaoudT Paut-il les considérer comme les puits où trois braves soldats du saint roi vinrent lui chercher de Teau? Je suis presc|ue tenté de le croire, quoique ces puits soient situés à cinq ou six cents mètres de la Beit-Lehm moderne.

La fontaine actuelle de Beit-Lehm est bien k la sortie même du villaçe, tout près du couvent et sur le penchant de la colline. Estce là la citerne située h la porte de la ville, et où le^ soldats de David vinrent puiser de TeauT c'est possible encore. Seulement je dois faire observer que le nom de Biar- Daoud semble rattacher aux citernes que nous visitons le fait curieux que je viens de rapporter.

Pendant qu'un de mes compagnons achève de prendre toutes les mesures indispensables pour avoir un plan exact de ce monument, je cours en hftte au tombeau de Rachel, alléché i]ue je suis par l'espérance de trouver une inscription peut-être curieuse, et à coup sûr peu connue. Nous arrivons ainsi à l'aqueduc antioue qui conduit les eaux à Jérusalem, et sur I un des blocs de recouvrement de eet aqueduc, connu des Arabes sous le nom de Qanat-el-TchoufTar (^) , on me montre un seul mot, écrit en lettres de dix centimètres de hauteur, et du xu* siècle, à en juçer par leur forme ; c'est le mot Strosi. Serait-ce le nom de queloue croisé italien , de l'un des ancêtres de 1 illustre famille florentine des SlrozaliT je ne me charge pas de le décider.

Puisque je suis là, autant profiter de l'occasion pour étudier la construction de l'aqueduc. Le canal, taillé dans des blocs enterrés, est recouvert par d'autres blocs qui s'enchevêtrent h l'aide de petits arceaux circulaires, alternativement en saillie et en creux, et de dix centimètres d'épaisseur. Les blocs ont un mètre de largeur, de (]uatre-vingt-cinq à quatre-vingt-dix centimètres de hauteur, et le canal proprement dit a cinquante centimètres de larçeur. On ne peut m'apprendre d*une manière bien précise où aboutit cet aqueduc. L'enfant qui m'accompagne £ rétend qu'il relie les Bourak, c'est-à-dire les inieuses vasques de Salomon, à la ville de Jérusalem où il apporte leurs eaux. Quoique dépouillé presque partout de son revêtement, cet aqueduc conduit encore de l'eau trèsjNire, que je vois puiser et boire à la main ptr les |>a»sants.

J'entre ensuite dans l'enclos du tombeau de Rachel, et je n'y trouve qu'un petit oualy très-moderne blanchi k la chaux, et dont les murailles sont couvertes d'inscriptions tracées k la hâte par des visiteurs musulmans ou juifs. Tout ceci vu» nous songeons à regagner le couvent.

Xo:js avions re^u des Pères de Terre-Sainte un excellent accueil. Ils savaient notre arritèe à Jérusalem, et l'on s'empressa autour de nous. Le Révérendissime, qui est le supérieur des Pères, s'était rendu a Belhlebem {') C*e»l-â-dire, afl|uedttc des inlIJéiet.

Rour célébrer la grande solennité de %fi ous le vîmes pontiBer avec les inspe d un évêque, la mitre et lu crosse. Le fi* triarche latin était en Europe.

L'office du soir qui précède Nocl h chanté dans l'église du couTem qui jfàdï sanctuaire de la grande église.

Cette église est dédiée à sainte Cathcria Elle est petite et sans aucun intérêt. LbI^ tins ont un escalier qui de Ik conduit Ik chapelle souleraine de la Nativité. Ds i» vent encore s'y rendre par la chapelle» raie du nord de la granae église (tnnsMtf. où se trouve une porte qui donne sur le » tre des Latins, et dont ils ont la clef. Lab tins ne possèdent pas autre chose dwi sanctuaires de Bethiehem. Ils ont encoif ■ porte qui donne entrée dans la grande il que se sont réservée exclusivement lesta' et les Latins peuvent passer par cette ké! porte, et sortir par la grande porte de l'q^- Nous assistâmes à cet office du suîr. I*^ qu'il fut terminé, on commença la nfOCfÉi à la grotte de la Nativité. Il est diisapf; chaque pèlerin reçoive un cierge. ^ l'extrémité est aplatie et porte rein[ d'un sceau. Ces cierges deviennent ui cieux souvenir. Nous conservâmes les avec soin, nous les avons apporta ci^rope

Les Pères distribuèrent en mêoieia de petits livres latins, où se trouves! M les prières des stations. Cette procaH faite ainsi à la lueur des cierges, m a de quelques pauvres religieux et dejr enfants de chœur, avec le pêle-mêk'^ ces étroits souterrains, des pèlerins M et des bons fidèles de Bethiehem, a^

Î;rand charme pour moi. Ce n'était fê* cnnel dans le çenre de nos eérSm d'Occident ; mais il y avait de la grlcf ài> laisser aller de la famille chrétienne pa* rant, avec le sentiment d'une piété (en* l'humble crypte qui fut le berceau et"" fant-Dieu.

Je vais décrire ce précieux mw complètement creusé dans le rocher.

On y descend de deux cAtés. Ces deo trées ont dû donner autrefois la seule ^ qui pût pénétrer dans cette caverne.

La petite abside, où se trouve rétoSd « le lieu où Marie mit au monde le divia *" fant. Et Ton voit à c(^té Tétable où l'E^ fut placé après sa naissance. Le reste è^\ grotte se prolonge, formant une petite b< creusée dans le rocher, à la voûte de liqa* sont suspendues un grand nombre de I»

pes. De cette nef, un corridor étroit et fer tueux conduit à quatre cryptes, où se IM^ vent les tombeaux de saint Jérôme, de s^ Paule, de sainte Eustochie sa fille, d ^ saint Eusèbe, abbé. La dernière Je C cryptes est celle où se retirait saint jM» pour traduire la Bible. Elle avait uaeoine ture à l'occident.

La grotte de la Nativité est fbrt ptfk L'abside où est l'étoile a deux aètmoP centimètres de largeur.

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DES ANTIQUITES BIBLIQUES.

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L'étable, qui est de forme irrégulière, a quatre mètres auarante-huit centimètres dans sa plus grande longueur, et trois mètres seize centimètres dans sa largeur.

La grotte entière, en y comprenant la nef depuis la petite abside, a seize mètres de longueur sur deui mètres soixante de lar^geur.

La forme complètement irrégulière de cette crypte est à mes yeux une preuve qu'on n*a MS touché au plan primitir. La place où la Viei^e se trouvait a été creusée en demicoupole pour y placer Tautel. Quelques travaux de soutènement ont été exécutés. Une colonne qui supporte un arceau de voûte, est évidemment au temps de la réparation. Le pavé et les parois sont de marbre gris ▼einé de blanc. La voûte était autrefois entièrement couverte de mosaïques, dont il ne subsiste plus rien. Le rocher des voûtes se Toit partout, notamment à Tétable, où le rocher forme plafond.

A part ces travaux, le monument se montre avec tous les caractères de son antiquité. Nous avons dans les écrivains des premiers siècles quelques documents précieux sur la grotte (te la Nativité, qu'ils appellent une caverne, tptcus^ tpelunca. Le plus ancien de tous, le martyr saint Justin, atteste que « Joseph se retira dans une certaine caverne, voisine de la bourgade de Bethlebem (12). »

Le texte d'Origènè n'est pas moins précieux, parce ^qu'il constate, comme un fait très-connu, oue les habitants du pays qui n'ont pas embrassé le christianisme reconnaissent et disent eux-mêmes qu'un certain léêusy que les Chrétiens adorent, est né dans cette même caverne que l'on montre à Bethlehem (13).

Au commencement du iv' siècle, du temps d*Eusèbe, on montrait le champ où avait eu lieu l'enfantement de la Vierge, mot important, qui fixe hors de la ville le lieu de la nativité (14).

Arrive ensuite le pèlerin de Bordeaux, de l'an 333, qui nous apprend aue Constantin fit bfltir une basilique à Betihenem (15).

Enfin saint Jérôme, qui eut le bonheur de fMsser à Bethlehem ses plus belles années, mentionne fréquemment la grotte sous le nom de caverne, specum Sahatoris^ et une fois sous le nom d'un trou creusé dans la terre pour ôtre le lieu où naîtrait le Créateur des cieux (16).

Ces documents émanent d'écrivains graves,

Îuitous avaient vu ou habité la Palestine, 'identité du lieu de la naissance du Sauveur est donc clairement établie, et c'est la

il!) f Nalo aulem tune puero in Bt^lbleliem, a Joseph in vtco eo non liabnitquo divcrterct, iu •pecUDi qnemdani, vico proximuni, coitcrssit. i Ce laite est précienx en raison de son auliqnité.

(13) fin Bethléem sp«*]uncamosten(1itubi illesil nains, quodutiqne et in illîs locispcrcelehreesi, utapntt coi qnidem qui a fide su ni alieni fama el nomine drcumfertnr cadein in spf Innca Jt>suin quemdani quein Chiisliani adorant et dcmirantur genituin •nie. I

caverne petite el irrégulière qu'on vénère aujourd'hui sous la magnifique basilique de Constantin.

S'il n'y a pas de doute possible sur le lieu de la nativité, il n'en n'est pas de même du lieu où se lit l'adoration des mages. La tradition veut que ce soit dans Tctable ellemême.

Pour cela, il faut rigoureusement supposer que Marie, après la naissance de 1' £n« faut, ne quitta pas cette caverne, où la né • cessité l'avait fait entrer pour avoir un abri. Or les mages ne vinrent à Bethlehem que douze jours après la nativité ; et le texte de l'Evangile dit aue. Entrant dans la maison^ ih trouvèrent i Enfant avec Marie sa mère : « Intrantes domum. » (Matth. u, 11.) D'autre part, le cardinal Cajétan fait une remarque importante. Lorsque les anges annoncent aux bergers que le Sauveur est né dans la ville de David, ils leur indiquent l'étable comme le lieu où ils trouveront l'Enfant enveloppé' de langes. Ce lieu était donc connu des bergers comme étant la grotte ou l'étable ouverte, placée hors de la ville ; car il y avait des étables dans les autres maisons, et l'indication de l'ange eût été insuffisante, si ce mot n'eût pas tout appris aux bergers.

J*ajouterai qu'il en est de même du mot logement ou hôtellerie dans lequel Marie et Joseph ne trouvèrent pas de place (17). C'était l'hôtellerie publique, le khan de Bethlehem, tel qu'il se voit dans toutes les villes de l'Orient, Jérusalem, Damas, etc. L'écrivain sacré parlant de la même manière de rétable et de l'hôtellerie, il faut en conclure que la grotte était un lieu de reAige situé horsde la ville, où pouvaient se retirer les bergers et les troupeaux.

Maintenant, y a-t-il quelque vraisemblance que Marie fût restée pendant douze jours dans ce trou ténébreux, jusqu'à l'arri-' vée des mages? Joseph était-il tellement pauvre qu'il ne pût se procurer un autre asile? Le khan demeura-t-il encombré pendant douze jours, au point que Marie n'y trouva pas déplace? Quoique la tradition de Fadoration des mages dans la grotte soit constante et appuyée par le plus grand nombre d'autoritésdes Pères, surtoulde saint Jérôme, il est dilficile de l'admettre. Saint Epiphane pense que ce ne fut pas dans la grotte, mais dans une autre maison que le Seigneur lut visité par les mages. ( Epiphan. , Adv, hœres,) C'est aussi l'opinion de Théopliylacte et de quelques commentateurs des Evangiles.

A celte première difficulté résolue, se joint une seconde au siqet de la crèche. Etait-elle

(14) Agruniqne demonstranlcs ubi Virgo enixa inlantem posnit. » {Demonstr, ^evang,^ lib. vu, cap. 5.)

(15) f Ibi basilica facta est juâsu Constamini.»

(16) c Ecee in liocparvo foramine cœlornmCUMi* ditor naïusest. i (Hif.ron., ICftist, ad MnrcrUam.)

(17) Reclinavit eum in prirnepiOf quia uon erat eis locu$ in divenario, (Luc. ii, 7.)

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en pierre ?«^tail-elle en bois? A Rome, dans lune chapelle de Sainte-Marie-Majeure, on vénère une crèche en bois, qu'on dit être celle de Bethlehem. Les écrivains de Tantiquité chrétienne qui ont parlé de cette crèche, le prœsepe proprement dit qui se place dans le prœsepium, lieu de la crèche, ont dit qu'elle était de pierre, et c'est Tavis de Qua* resmius, qui rappelle à cette occasion un beau passage de saint Jean Chrysostome.

Dans un sermon sur la nativité, il se plaint qu'on ait remplacé la crèche de terre par une crèche d'argent, regardant comme plus précieuse celle qu'on avait enlevée aue celle qu'on avait substituée par honneur (18). Et le bon gardien de Terre-Sainte ajoute ce que nous répétons fréquemment nous-mêmes « hommes des temps modernes, qui comptons pour peu de chose dans les Lieux saints la décoration et les enjolivements : « Saint Chrysostome trouvait plus gracieux et plus beau de baiser cette crèche nue, que de la voir couverte d'une lame d'argent, parce que toute nue elle excite davantage la piété et la dévotion (19).»

Il n'y a aujourd'hui qu'une voix pour déplorer qu'on ait déGguré tant de monuments Erécieux par cette manie de les rendre plus eaux, de les décorer de marbre, de les couvrir de lames d'argent. Cela s'est fait dans les Lieux saints dès les premiers temps. Le saint Sépulcre se composait de deux chambres sépulcrales. Il n'y a plus que les débris de la seconde. Mais ce ne sont pas les ennemis des Chrétiens qui ont détruit la première. Saint Cyrille , évêque de Jérusalem, prêchant dans la basilique cie la Résurrection, nous apprend que ce fut sainte Hélène elle-même, lorsqu'elle éleva ce beau monument, qui fit disparaître la première chambre pour décorer l'autre avec plus de richesse.

Ce qui reste auiourd'hui des roches sacrées du Golgotha et au Sépulcre du Sauveur est

(leu considérable, tant les réparateurs, depuis es architectes de sainte Hélène jusqu'à ceux des derniers tem[)S, en ont fait disparaître de précieux fragments 1 Mais il conviendrait, si les églises chrétiennes accomplissaient leur réunion et qu'il n'y eût plus à Jérusalem de querelles de possession entre les communions diverses, qu'on mit à nu ces roches saintes, et qu'on les entourât de grilles do bronze doré, qui les protégeraient contre le pieux vandalisme des pèlerins.

Je dois ajouter à ces détails sur le noble sanctuaire de la Nativité, quelle était la forme de l'étoile d'argent placée sous l'autel, dans le lieu même ou se trouvait Marie.

Cette étoile d'argent fut dérobée par les Grecs, il y a peu d'années, un jour où les Latins ne surveillaient pas la chapelle infé-

(18) I Noe quasi pro boiiorti (iiliiiius luteiim, et pottiiinut argenlum * sed mihi preiiosius esi quod ablaïuiu est. i

(19) 4 Cuîque gralioshis et grandiiis ftrai îp^tim imduin videre ei 08culari,,quam argento oporium, quia magis nudum ad devotionem et pieiaiein excilabat. I {Eluciâ. Terr, ianct., l. Il, pâg. 330.)

(20) I Dcvoiissioia et pulclierriina «cclesia appa-

rieure. Je vis l'encastrement qui la retenait dans un marbre blanc qui pave la petite abside. L'étoile avait quatorze rayons ; au centre était une pierre de porphyre, entourée d'un cercle de lames d'argent, sur lequel étaient gravées ces lettres latines :

HIC DE YIRGINB MARIA JESVS CHRISTVS NATVS EST.

Quaresmius remarque que le pavé en marbre blanc est un pev brisé. Il pense que les Frères ont voulu arrêter par ce moyen la cupidité des Turcs. L'étoile d'argent aurait été, ce me semble, une plus forte tentation.

L'étoile a cinquante*cinq centimètres de longueur, et le cercle intérieur vingt et un centimètres.

Au-dessus de Tétoile est une table de marbre blanc servant d'autel. Une peinture» au fond de l'abside, représente la Vierge à genoux, les mains jointes, devant son nouvcau-né. Joseph contemple ; Jes anges chantent la gloire <Je Dieu ; les bergers adforent, et le bœuf et l'âne réchauffent de leur haleine l'Enfant qui crie dans sa crèche. Ce siyet était autrefois représenté en mosaïque.

La chapelle de la Crèche est plus basse de trois degrés que le reste de la grotte.

Remontons dans l'église haute. C'est un des beaux monuments du christianisme, et probablement le plus ancien qui ait été aussi intégralement conservé. A part les mosaïques notablement endommagées qui la couvraient tout entière, mais qui sont d'une époque moins reculée, vous avez une basilique constantinienne, telle que l'Eglise les construisit après son triomphe sur le paganisme. Le mo-^ nument est complet : nef, transsept, absides, baies, colonnes, rien n'a été changé. En sup* primant le mur construit par les Grecs pour clore le chœur et le séparer de la nef, disposition inintelligente, mais qui est aussi pratiquée dans nos églises, vous apercevez le monument dans toute sa magnilicence. Nos pèlerins latins n'ont pas tari dans leurs justes éloges do cette grande basilique.

Guillaume de Baldensel l'appelle une église très- dévote et très-belle, et dit qu'il n'en a jamais vu de pareille dans le monde (20).

Adrichomius, dans son Théâtre de la Terre- Sainte, tient le même langage sur la splendeur et l'élégance de cet ediQce (21).

Et le Fr. Brochard du mont Sion assure qu'il n'a jamais entendu personne lui avoir dit qu'il en existe une plus dévote dans l'univers entier (22).

Bède et Adamnanus parlent comme eux.

£t je dois expliquer ici ce que ces écrivains ont entendu par une église dévote. Ils ont voulu dire : portant au sentiment religieux ; ce aue nos modernes appellent l'ar^ chrétien. Le beau, pour eux, a donc été dans l'effet religieux produit par le monument. Or, je

nt mihi, quo<l iiiiiiqu:iinmagisgciit:rosain ecclesiam vi«ierini in hoc niinido. >

(21) c Ciijtis qiiidi'iii a^JiUcii ea magnificcniia est, splciiilor el elegauha» til qtiod huic coiuparps loio leriaruin orbe iioo tnvenias. > tApiul Quarrsm.)

(22) «lia devoiaui sicul Beihlc^inilaiiaiii. i (Apud Qi!artfstiK)

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suU parfaitement de Tavis de mt'.s bons vieux pèlenns. L'architecture de la basilique conslaatinienne è Bethlehein est un art très-religieux, très-chrétien. Et il faut que les théories exagérées de l'école moderne sur l'incomparable supériorité de l'art gothique aient fortement perverti le goût, pour ^ue les voyageurs voient maintenant avec mdiiïérence cette précieuse basilique.

Pour moi, quelque merveilleuse qu'ait été à mon regard apparition de Sainte-Sophie, je la trouve, cooune type d'art chrétien, bien inférieure à la basilique de Bethlehem.

Elles sont inondées Tune et l'autre de lumière, ce qui est l'idée génératrice de l'Eglise chrétienne, chasser les ténèbres du sanctuaire, mettre la lumière à la place des ombres, et l'amour è la place de la terreur qui fabriqua les dieux (23). Elles entassent la foule devant l'autel par la largeur des nefs, de telle sorte que la table mystique du sacrifice chrétien se trouve au centre de l'assemblée, partagée inégalement: le clergé, moins nombreux, dans l'abside , la partie noble de réfl;lise,du hautde laquelle l'evêque, père de la famille chrétienne, préside, assis sur son siège ; les fidèles, dans les nefs, sans distinction de places pour le rang et la fortune,si ce n'est pour les sexes, qui, en Orient, oe se sont jamais mêlés dans les éçlises.

Mais ridée primitive est à Bethlehem dans >oute sa pureté. L'art est un traducteur fidèle; il reflète comme un miroir la pensée reii-

f'euse des temps où il a été conçu ; et déjà Sainte-Sophie l'esprit byzantin domine ; l'éclectisme se fait jour. On a compilé, ramassé, dans le sacré et le profane ; et pour les architectes de Justinien, on sent bien que la basilique primitive est trop simple ; leur christianisme s'est déjà paré.

Quand lesarchitecteschrétiensdemanderont k l'homme qui a beaucoup comparé de monuments religieux, dans les deux grandes régions du vieux monde, guel est le style type qui rappelle le plus parfaitement l'idée chilienne, qui s'harmonise complètement avec la donnée de l'Eglise constituée après l'flge apostolique, il leur dira : Prenez la basilique constantinienne à Bethlehem, et vous aurez cet art type du christianisme.

La basilique de Bethlehem était précédée d'une cour carrée, l'atrium, probablement décoré d'un rang de colonnes formant portique. Les murs de cet airium existent encore à lleur de sol, et le vieux plan de Quaresmius les indique très- exactement. Trois citernes pour les baptêmes, selon le rite de l'immersion, sont au centre de Vatrium. Le pèlerin de Bordeaux, contemporain de ces monuments, nous apprend que de pareilles citernes avaient été construites auprès de la basilique du Saint-Sépulcre (24}.

'fS) PrlDus in oroe aeos fecit limor

(Stativs, Ttiebaid., m, S2I.)

(ii) c Balnemn ubi infantes lavanlur... i (t5) Inscription arabe : Compléta fuit hœe porta SHi auxUio dUbui domini no$tri regU omnipolentiê €i mag9iilui invigesimo vritiio mensh anni 6i4.

Les murs de l'^atrium correspondent aux murs mêmes de la basilique. De là on entre dans le vestibule. Il règne dans la largeur des nefs, mais divisé en trois compartiments. Ca vestibule est nu , sans magmficence» Il n'a rien qui puisse le faire comparer à celui de Sainte-Sophie, qui, à lui seul , forme une immense galerie. Une seule porte donne entrée dans l'édise. Elle est carrée^et décorée seulement a une large corniche saillante, formée de plusieurs moulures superposét^. Sainte-Sophie a conservé ce style, imité de l'antique.

La porte de bois tombe de vétusté. C'est un fragment antique tellement précieux, qu'il est peu probable qu'il en existe de semblable dans le monde chrétien. Deux inscriptions, l'une arabe et l'autre arménienne, sont sculptées sur les luïttants de celle porte. Quaresmius en donne la traduction. Elles constatent que la porte a été faite en 624, et réparée ou embellie en 676 (25) .

Ces années sont celles de l'ère arménienne, et elles correspondent au xii* siècle de l'ère chrétienne.

Cette porte, com|>o6ée de deux battants, a deux mètres quarante-six centimètres de largeur. Elle est travaillée avec beaucoup d<» gpût. Ce sont des ciselures d'un faire large et: élégant, représentant des croix entourées d'a-»^ rabesques. Malheureusement, vieillies de tant de siècles, elles s'en vont en poussière. Une^ réparation intelligente les conserverait longtemps encore.

Une fois que vous avez franchi cette porte, véritable monument digne de vénération, la nef de la basilique est devant vous. Quatre rangs de colonnes la divisent en cinq nefls. La nef centrale a neuf mètres trois centimètres d'une colonne à l'autre.

Les nefs collatérales sont égales en diamètre, et elles ont trois mètres trente-huit centimètres de larçeur.

Largeur totale de la nef, vingt-six mètres quarante centimètres. Les colonnes placées sur quatre ranss sont au nombre dix pour cfaaquerang, et la. longueur de la. nef est do vinçt-neuf mètres.

Si l'on réfléchit que chaque coionne n a., que soixante -six centimètres de diamètre,, l'espace occupé par les colonnes sur la surface de la nef se réduit à peu de chose, et il reste une vaste enceinte pour les fidèles.

Le bras de la croix, ou transsept a trentesept mètres de longueur. Il se termine circuiairement par deux absides de dimensions semblables à celles de l'abside principale ou chevet de l'église.

Depuis la nef jusqu'à l'abside it y a vingthuit mètres quarante-six centimètres, ce qui donne à Téditice cinquante -sept mètres quarante-six centimètres de longueur totale.

Inscription arménienne : Anna 67G accommodata ., fuit porta ianclm Ûarim opéra patrie Abraham et patrie Arachelij iuè regno Eruiam filii Etum Conêtantini: Chriêtui Deui auxiOetur animahm ipio* mm. Ame». Le style de cet» deux iiiscripiioiis e>t d*ane aiimirable aimplicité^

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Pour ceux qui ne jugent pas un monument d'après ses dimensions, mais par la simplicité du plan, la proportion des parties et 1 harmonie de Vensemble, la basilique de Bethlehem se présente avec un beau caractère architectural.

Quatre piles d*un extrême légèreté, ayant deux demi-colonnes engagées pour correspondre aux colonnes de la nef et des absides, forment le centre du transsept ; chaque abside est séparée de ces piles par deux colonnes : voilà tout le système de soutènement intérieur.

Total : quarante -six colonnes, et quatre piles avec demircolonnes.

La nef centrale est beaucoup plus haute que les nefs latérales; et pour cela, les deux rangs intérieurs de colonnes supportent un mur percé de onze fenêtres, qui double la hauteur de la nef principale, et supporte la charpente.

11 n'y a pas de voûte dans tout Tédifice. On sait que les basiliques n'en avaient pas. Le regard de l'Européen est choqué de la vue des poutres qui soutiennent le toit. J'ignore si jamais l'émise a été lambrissée.

Les trois absides sont éclairées chacune par trois fenêtres.

Ces fenêtres sont rigoureusement en pleiq cintre : elles sont sans archivoltes ni pilastres, absolument sans ornement (26) .

Si l'on refléchit que les murs de cette belle basilique n'ont qu'un mètre d'épaisseur, parce qu ils n'ont a supporter qu'une légère charpente ; et que par le système des quatre rangées de colonnes on a obtenu au regard un effet magique, Ton conviendra que le problème de l'architecture chrétienne a été résolu, il y a quinze siècles, par la création des basiliques. Cette belle croix latine, terminée par trois absides ; cette vaste nef, où pas un espace n'est emporté , comme dans tous les autres systèmes d'édise , par des piliers massifs ; où tout est léger, simple, commode ; où rien ne sent l'effort de l'art ; où tout est si solide, que, malgré les tremblements de terre qui ont si souvent dévasté la Palestine, la basilique de Bethlehem n'a pas vu une de ses colonnes perdre son aplomb, parce qu'elles n'ont pas à supporter de poids énormes , voilà l'architecture chrétienne trouvée.

Si je faisais ici le devis du prix d'une basilique exactement semblable à celle de Bethlehem. avec ses cinquante colonnes de marbre, surmontées de leurs beaux chapiteaux co^ rinthiens, qui ont la croix grecque dans la rose de leur tailloir, exécutée dans une de nos villes de France par un architecte intelligent, on serait étonné du bas pfix d'un aussi bel édifice.

(26) Je mesurai \2^ largeur d-uno des f«nôires latérales : un mètre vingl-cinq cenlimètres.

(il) t Latérales parietes ecclesiae uliipîeiurœnon ^ranl oliiii, vesiieLàiUur tabuliâ maraioreis aibi vel cinerel coloris,.... ut adhuc aliqua qu;e superfuerunt in superiôri parte, cl clavi quibus neciebantur eorum vel exsisteiitia signa inuicaut cum vetsri traditioiie.» {Eiucid, Terr. ia»ri.,t€m.l!, pag 64^.}

Je suis heureux d'avoir signalé aux intelligences élevées qui s'occupent du problème religieux, et (jui savent la connexion de l'art avec la religion elle-même, la noble basili- (jue de Bethlehem. Il semble que le berceau au christianisme, avec sa grotte encore intacte et le majestueux édifice qui la couronne, aient été providentiellement conservés à tra^ vers tant de siècles, comme une perpétuelle leçon dominée à l'humanité crovante. Venez chercher là le vrai et le beau : le vrai dans les pures croyances évan^éligues qui ont fait la splendeur de l'Ëglise primitive ; le beau dans la basilique lumineuse, simple et forte image de l'Eglise impérissable, malgré les erreurs, les luttes et la barbarie.

Je n'ai parlé encore que du plan de la har silique de Bethlehem, il faut donner un^ attention sérieuse à son ornementation.

L'art antique ne laissa jamais à nu les murailles des édifices chrétiens. Elles fiirent recouvertes de marbres et de mosaïques. La tradition à Bethlehem, quelques parties de ces revêtements de marbre, qui subsistaient encore au commencement du xvu* siècle, les clous qui avaient servi à les sceller et qu'on y voyait a cette époque, attestent que les mu^$ étaient plaqués de marbre partout .où lie se trouvaient pas de tableaux en mosaïque (27). Je n'ai pu découvrir aucun reste de ces marbres. Xes Grecs, qui ont réparé le monu^ ment, ont couvert les murs d'un crépi uni* forme. Ils ont heureusement épargné des fragments considérables de mosaïques qui décoraient la nef centrale et tes transsepts.

Le fragment le mieux conservé et le plus intéressant des mosaïques de I9 nef est à droite en entrant, et occupe une étendue de cinq mètres dç long sur deux mètres soixante-six centimètres de hauteur. Voici sa distribution.

Au-dessus de l'architrave qui pprte sur les chapiteaux, règne une série de personnages qui sont les ancêtres du Christ. Ils sont ré? présentés depuis la ceinture, les mains nues^ quelques-uns tenant des volumens, la tête nue entourée de nimbes, les uns d'or, les autres d'argent ; ils portent la barbe : leur vêtement est une tunique et un manteau tombant des épaules comme le machlah arabe. Leur nom, en caractères latins du xu* siècle, est écrit à côté de chacun d'eux. Il en reste sept: âbor, Sadoch, AcmM, Eliud, Eleazar, Mathan^ Iacob. Ce dernier fut le père de Joseph, époux de la Vierge (28).

Parmi ces usures, trois seulement sont bien conservées, Achim, Eliud et Jacob. Il ne reste des autres que \9.s couleurs du visage au milieu du nimbe.

Telle est cette galerie des ancêtres du Sauveur.

(28) Quaresmius prétend qu^ouire le nimbe ces personnages ont une couronne sur la tète. Il est probable que ceux des ancéirei du Sauveur qui ont régné sur Juda depuis David avaient reçu du niosaisie cet attribut, qu*il n*a pas donné aux aieui immédiats de Joseph qui ne furent pas rois, les seuls qui se voient maintenant s>ur la mosaïque.

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Au-dessus s'élève une série d'arcades en plein cintre, supportées par des colonnes groupées deux à deux, et séparées par des arabesques. Les colonnettes qui supportent les arcades sont chai gées d'ornementations géométriques; leurs chapiteaux et leurs bases sont feuillages, et les arcades sont couvertes d'enroulements aussi feuillages.

Les arabesques entre chaque groupe de deux arcades sont ainsi ordonnées : un vase k anses et à cou étroit entouré de feuillages supporte des branchages en enroulement, desjquels sortent des tiges terminées par des fruits.

Les arcades géminées sont du plus haut intérêt pour l'art religieux. Chacune d'elle est remplie,

1* Dans le tympan de Tarcarde, d'une croix grecque fond d'or, de laquelle s'échappent quatre rayons d'argent sur un fond d'azur;

2* D'une longue inscription en caractères grecs;

3* Au-dessous de l'inscription, d'un pupitre carré, dont le dessus est'ncliné, et dont la face e&i ornée d'une croix grecoue à fleurons, dans un encadrement entouré d'une série de petites croix grecques.

Un livre, l'Evangile, orné d'une croix grecque, est placé sur le pupitre. A droite et à gauche sont deux chandeliers portant un cierge. On sait que dans les conciles le livre aacnl était placé de la sorte sur un pupitre au milieu de rassemblée.

Or, les inscriptions oe chaque groupe d*arcades contiennent le résumé d'un cies grands conciles de l'Eglise. Le beau fragment que j'ai dessiné présente une double arcade complète avec son inscription entière. C'est celle du deuxième concile générai de Constantinople.il comprend de plus une demi-arcade ou se lit unrragment de TinscripUon du concile de Nicée.

Voici l'inscriptiou du concile de Constantinople, que je parvins à lire intégralement, malgré l'élévation où elle se trouve, et la chute 4e quelques petits cubes de mosaïque oui forment les feUres. Elle servira à rectiner celle que Quaresmius a publiée, laquelle manque de l'avant-dernièite ligne et omet quelques lettres.

1'* ARCABE.

H AXIA CTNOAOC H EN

KoiNÇTANTlNOrilOAEI

Tu>N PN AFIÛN UPwN KATA.

MAKEAONIOY TOT DNEYMA

TOMAKOY TOT BAAC«HMH€AN

TOC EIC TO qNEYMA TO AFIONç ADOAI

NAPiur Tor ËinoNTOc mh ei

AH«ENA1 TO ICN NOYN ANOPo) nEINON CYNHePOIcei EHI OEOAOCIOY TOY MEFAAOY

II* AaCADE.

mPICENAE h APIA CYNO.

AOC ccoMOAOFICflN TO ffiSA TO AriON TO EK TOY lîPoC EKDOPEYOMENON KYPION < CcuOnoION OMOOYCION 1 w

(M) Qui combat le SainlEsprii.

DPI 5 Tw Yw CYNHPOCKYNOY MENONTE 5 CYNAOÇA ZOMENON 3 ANEOEM AOI CEN MAKEAONION EIDE 3 AnOAlNAPlON

« Le saint Synode de Constantinople de cent cinquante saints Pères, assemble sous Théodose le Grand contre Macédonius Pneumatomaque (29), blasphémant contre l'Esprit- Saint, et Apollinaire disant que le Seigneur n'a pas pris une âme humaine, et le saint Synode a défini et confessé que TEsprit-Saint procède du Père, Seigneur et vivifiant, consubstantiel au Père et au Fils, est adoré avec eux et glorifié avec eux, et a dit anathème à Macédonius et à Apollinaire. »

Je ne donnerai pas le lambeau de l'inscription du concile ée Niçée (me \e pris également, puisque Quaresmius lavait relevée avea toutes les autres inscriptions de l'église, en 1626.

On comprend l'intérêt qui s'attache à des inscriptions aussi anciennes. Nous sommes, heureux que Quaresmius les ait dérobées à^ l'oubli.

Ce qui est très-singulier, c'est que la partie oppose de la nef, qui a également une série de conciles, ne conserve plus le même système d'encadrement.

De cecAté, qui est le nord de Téglise, au. lieu des arcaoes çémin^es, Qe sont des tableaux carrés, divisés par des arabesques;^ chacun de ces tableaux représente une église de style byzantin, il n'ea. subsiste plus que deux. Ces dessins d'églises du xii; siècle sont^, infiniment précieux ; ne ftissent-ils que de». Timagination de Tartiste, et non pas, ce qui pourrait être toutefois, la véritable forme des églises où se tinrent les conciles, ils n'en seraient pas moins d'une grande valeur. Il est I>robabie que ce sont les dessins d'églises es plus anciens que l'on possède.

Le fragment qui subsiste au nord est plus, étendu que celui du midi que je viens de décrire. Il a quatorze mètres de longueur, et \b se développe au-dessous de quatre fenêtre:», de la nef.

Les deux tableaux représentent, l'un l'église d'Antioche, l'autre celte de Sardique. On lit au-dessus de la cQupole centrale de cbacuae: d'elles :

KCAPAIKH

(sardique)

H ANTIOXIA (antioche)

L'église d'Antioche présente une façade composée de trois arcades, celle du milieu est plus large que les deux autres; elle est surmontée d'une corniche au-dessus de la-

Suelles'élève une coupole. De plus, au-dessus e chaque arcade latérale s'élève un pavillon carré long percé d'une fenêtre à linteau carré, couronné par une large- corniche ; un étage octogone est au-dessus éclairé de fenêtres à

Elein cintre, surmonté d'un dôme non plus, émisphérique comme la coupole centrale, ^ moins renflé au .centre, et aigu par le haut.'

BET

ISS

Une croix grecque dans un nimbe est au centre de la grande arcade.

L'inscription du concile était au-dessous; mais la mosaïque est tombée.

Les deux portes latérales sont fermées par des draperies, usage qui s'est conservé en Orient pour les élises chrétiennes et pour lesmosouées, ainsi que je l'ai vu àSainie-Sopbie et a l'église latine de Siaïda.

L'église de Sardique a également trois ar-r cades à sa fiiçade ; mais une cornicbe les couvre toutes. Une coupole s'élève sur l'arcade centrale, mais soutenue par une base À pans en glacis. Un pavillon surmonte les arcades latérales; mais ici sa fenêtre est en plein cin^ tre, et entourée de deuiç autres petites fenè^r très. Sur un de ses côtés s'élève un autre étase, terminé par un toit aigu, et éclairé de fenêtres carrées. La croix grecque, dans son nimbe et ravonnante, est au centre de la grande arcade, comme dans l'église préc6«donte.

Entre chaque fenêtre est un ange vêtu d'une tuniaue qui lui tombe sur les pieds; deux granaes ailes partent de ses épaules : l'une tombe longitudinalement derrière lui, Vautre est dirigée transversalement, de manière qu'elle est couverte en paili par le nimbe fur lequel est la tête de l'ange.

Telle est cette belle disposition des mosaï* ques de la nef.

Le côté nord contenait sii^ conciles, ainsi disposés en partant du chevet de l'é^ glise :

ANCYRB,

▲NTIOCHE.

SARDIQU9.

Ôangris.

LAODIcéB.

CilRTHAGB.

Entre Sardigue et Gangres, le tableau rcr présente, au lieu d'une église, une immense croix grecque entre des rinceaux

Je résume donc, en faveur des peintres, la décoration murale de la nef, du côté du nord.

1* Un rauK de personnages, représentant les ancêtres au r4hrist au-dessus oe l'archi? trave. Il n'en sqbsiste rien.

2" Une série de tableaux dans l'ordre suit vant : le tableau d'une église et un groupe d^arabesques, excepté qu'au milieu, au lieu d'un tableau, il y a une croix grecque.

3"* Un ange ailé et nimbé, occupant le nu entre chaque fenêtre.

Les cqnciles qui étaient inscrits du côté du midi étaient, en partant du chevet de l'église, ceux 4e*

MGÉB.

CONSTANTINOPLB.

éPHÈSE.

CHALCÉDOINB.

U* DE CONSTANTINOPLB.

m* DE CONSTANTINOPLE .

II* DE NlCÉE.

Ils occupaient sept arcades géminées, séparées par dessroupes d'arabesques.

Dans Tes mosaïques que i'ai dessinées, je n*aivuquele pupitre et les deux chandeliers:

mais Quaresmius nous apprend que, du côté du nord, il y avait d'un côté du pupitre un encensoir, et de l'autre un chandelier et une croix. Ces détails sont importants pour les peintres qui travaillent aans les églises.

Le nu de la muraille au-»dessus de la porte d'entrée était couvert d'un arbre propnéti-'

aue, aussi en mosaïque. Sur cbaçiue branche e l'arbre était un prophète en pied, tenant à la main des tablettes, sur lesquelles étaient écrits les passages les plus saillants des pro-

Ehéties. Au temps de Quaresmius, de nota-* les fragments de cette mosaïque subsistaient encore. Il mentionne Joël, Nahum, Balaam, dont les figures étaient entières , avec les ins^ criptions correspondantes de leurs livres, H releva les passages d'Amos et de Michée, et les noms d'Ezéchiel et d'Isaïe, ce dernier écrit ainsi ;

IHEIàS PPhA

(ISAÏAS PROPDETa).

Toutes les légendes de l'arbre prophétique et de la série généalogique du Sauveur sont en latin ; toutes les légendes des conciles sont en grec, excepté le dernier, celui de Nicée, qui est en langue latine.

On aime à voir, au temps de la domination des Latins, cet accord de l'Orient et de l'Oocident , qui respectent mutuellement leur ^àn^ gue liturgique,

Pour achever de décrire cette nasiiique, je dois dire un mot des belles colonnes de la nef. Elles reposent sur un socle carré de quatre*vingt-aix centimètres; leurs bases, gui ont quelque chose de l'ionique, ont vingt-cinc| centimètres de ha\iteur, et le fût a un mètre quatre-vingt-dix-sept centimètres de cîr-r conférence. Le chapiteau est corinthien. Hais la rose du tailloir porte une croix grecque.

J'arrête ici les trop longs développements que j'ai donnés sur ce monument; mais il est d'une telle importance dans l'art chrétien, que je ne pouvais pas m'empêcher de le faire connaître aux hommes intelligents qui s'oo^ cupent d'architecture religieuse. Il y a à Bethlehem, au point de vue de l'architecture et de la décoration , des modèles qui seront tdt ou tard adoptés, en raison de leur beauté et du peu de aépenses qu'ils coûteront à repro^ duire.

Une très-belle inscription grecque, maintenant perdue, portait que ce travail avait été achevé par Ephrem, peintre et mosaïste, sous l'empire du grand empereur Manuel Porphyrogenèie le Comnène, et au temps du grand roi de Jérusalem le seigneur Amaury, et du très-saint évêque de la sainte Bethlehem, le seigneur Raoutinet.

Cet artiste grec du temps des croisades avait*il fait toutes les mosaïques de la nef, ou seulement les tableaux de l'abside et des transseplsT Je l'ignore. Cependant je pencherais pour cette dernière opinion. Celles de la nef seraient alors d'une époque plus reculée, BETHMAACHA, Beit-maakah. — Ville de la tribu de Nephthali. (// Samuel, xx, 14.)

BETHMAHON, Beit-iMaoun. — Ville delà tribu de Rubcn. {Jérém. XLvin, 23.)

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BET

DES ANTIQUITES BIBLIQUES.

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RBTHMARCHABOTH , Beit-heiierkaboct.

— Ville de la tribu de Siméon. {Josué, xix, 5;

I CAro». IV, 31.)

BETHNEHRA, Beit-Nemrah. ~ Ville fortifiée de la tribu de Gad. Cette localité se re* trouve encore aujourd'hui dans la Beit-Nimreh modenie, située au delà du Jourdain, à peu de distance du fleuve, et au nord-est de Jéricho.

BETHONIM. — Ville de la tribu de Gad.

{JoMué, xni, 26.)

BETHORON, BKrr-HoROUN. — Il y a deux Bethoron : la Bethoron supérieure et la Bethoron inférieure. On est d'accord sur la position de ces deux villes. Elles étaient sur les limites d'Ephraïm et de Benjamin. [Josué, XVI, 5.) Les Ephraïmites la donnèrent aux Lévites. [Jotué, xxi, 22.) Eusëbe les place à douze milles de Jérusalem, sur la route de Nicopolis (Emmaiis). L'indication n'est pas très-exacte. Il faut remonter un peu plus au nord pour retrouver Bethoron, qui est sans contredit la Beit-HoBOurt moderne.

Josèpbe cite souvent cette ville, qu'il écrit

B«46MMi»« BaiOvjMt» B«c9w/}ôv. [BelL Jud., Il* U,

Au temps de saint Jérôme, Bethoron était une petite bourgade : Rama, et Bethoron, et reiifua urbe$ nooile$ a Salomone constructœ parti vieuli demonstrantur. (Comment, sur SopAoïi., chap. I.)

BETHPHACE. — Bethphagé était auprès de la montagne des Oliviers, sur la croupe qui sépare la montagne des Oliviers du mont du Scandale» qui n'en est que le prolongement vers le mioi.

C'était une ville sacerdotale, comme son nom l'indique (la maison des mâchoires), parce que la part «jui revenait aux prêtres, dahs la victime» était la m&choire. C'est pour l^la que saiqt Jérôme l'appelle Bethphagé^ villam sacerdotalium maxutarum, dans soi^ Epitaphe de Paule. Il n'est jamais fait mention de cette bourgade ou villa, qui touchait Jérur salem, dans les livres de l'Ancien Testament. C'est de Bethphagé que le Sauveur partit pour faire son entrée triomphante h Jerusalett), quelques jours avant 1^ pftque. {Matth.

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