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essayé de lUi rattacher, en supposant crue ce monarque avait été désigné par les historiens sacrés sous plusieurs noms entièrement diflérents.
Nous lisons dans le //' Livre des Mois (ch, xix). — 21 .Sennacheribyroi des Assyriens, s'en retourna et établit sa demeure à Ninire. — 37. Et lorsau'il adorait Nesroch, son dieu, ses deux fils, Àdramelech et Saraser le fappèrent du glaire et s'enfuirent dans le pays d'Arménie ^ et Asarhadaon, sonfils^ régna à sa place.
Les versets 37 et 38 du chapitre xxxvii d'/saie répètent à peu près mol pour mol cfj que contiennent les deux versets précédents; seulement au lieu de dans le pays d'Arménie, nous lisons :j dans le pays d'Ararat.
Le chapifre \\\n du //• Livre des ChronîQues (verset 21 ) dit seulement de Sennakhérit) : Kt il retourna honteusement en son royaume, oi lorsqu'il fut entré dans le temple de son dieu, ses enfants, qui étaient sortis de lui, le frappèrent du glaive.
Enfin nous lisons dans le Livre de Tobie (i, 24), que Sennakhérib fut tué par ses fils quarant<*-cinq jours après son relour h Ninive : Après quarante-cinq jours les fils du roi tuèrent leur père.
Ajoutons à ces passages un verset d'Esili as dont nous nous occuperons un peu plus lard. Et voilà tout ce qui, dans TEcriture, touche de près ou de loin le roi Asarhaddon. Ce prince était fils de Sennakhérib; ses deux frères, Adramelech et Sarazer, assassinèrent leur père dans le temple de Nesroch , le quarante-cinquième jour après son entrée à Ninive , au retour de l'expédition fatale dans laciuelle il avait perdu presque toute son armée. Les meuririers furent alors obligés de chercher un refuge en Arménie dans le pays d'Ararat, et la couronne resta à Asarhaddon. Hors de ces fdits rScrilure ne nous donne pas un seul renseignement précis sur le règne d'Asarhaddon.
Remarquons en passant que Texpédition d'e Sennakhérib eut lieu dans la quatorzième année du règne d'Ezéchias , ainsi que nous fe constaterons amplement un peu plus loin. Cette quatorzième année tombe en 713; c'est donc en 713 ou 712 que Sennakhérib fut assassiné par ses deux fils Adramelech et Saraser et qu'Asarhaddon, frère de ceux-ci, monta sur le trône.
Comme il s'agit d'établir l'identité du roi de Ninive, Asariiaddon, avec le roi de Babylone, Asaridin ou Isarindin,il importe de bien fixer les dates. Celui-ci a régné h Babylone de 680 h 667. Asarhaddon a dO rom-
verain ait occupé quarante-six ans le trône ; t'n revanche, if serait bien plus étrange que les deux trônes de Ninive et de Babvlone eussent été occupés prestpie eu môme iempi
par deux personnages distincts m moins portaient le même nom ; cAû impossible sans doute ,.maîs ilojr bien vraisembl^le.
Josèphe, grâce à un fragment dsl
Ju'il cite,est un peu plus précissarki es événements qui suivirent li ■ Sennakhérib. Il nous apprend M daic. X, I, 5), que peu de temp^ retour à rfinive, le roi d'Assyrie fe^ d'un complot tramé par ses deci fi^ Adramelech et Saraser ; qu'il fut témi son propre temple qu'on appelait .li^ que les deux assassins , cnassés j€ >> pulation indignée de leur parria«.if contraints de se réfugier en AmrfK^ le successeur de Sennakhérib .'itfrf choddas ÇAv^uftLxà^cm:). De ce ftml suite évidemment qu'après le wfoi Sennakhérib il y eut à Ninive une :^ qui chassa les meurtriers et qui ùi cotironnc sur la tête de leur f Asariiaddon. Si celui-ci n'avait vingt ou vingt-cinq ans, ce qui e^iH sible, son règne de quarante-sii «^^j que de très-vraisemblable. B strîi<; même personnage que rAsaridinoel^ roi de Babylone. '
Voyons maintenant ce que n<Aipremier coup d'oeil le Canon ^^ (juand il s'agit d'apprécier le lip' écoulé entre la révolution qui de Sennakhérib et l'avènement <1 c'esl-à-dire entre les années Nous l'avons déjà dit , le règne à\ fut précédé d'un interrègne de " cédé lui-même de quatre règnes^ qui durèrent quatre ans, un aoJ trois ans, puis d'un autre interrè?^ ans , puis enfm d'un règne de ^| c'est -a-dire qu'en trente - trob •] trouvons cinq règnes , deux iiite tremèlés, plus quatre ans du rttf ' rodak-Baladan dfe l'Ecriture.
Personne, nous le croyon'^.neia^ de reconnaître dans une* seœUal^^ règnes et d'interrègnes la mcHtûn' d'une successibilité légitime. Û^^] traire de toute évidence qu'un P^ présenté de pareils changements nement, en si grand nombre ei <t*| d'années, a été un pays à l'état révolution pendant une trentaine tfi
3ue le roi de Ninive AssarliaddonKi 'une crise anarchique qui duraili années pour s'emparer de la Babvidtf ' n*est plus naturel et plus Trai5eiiîhl»> ' fallait pour réussir, dans une sefloU^ treprise , que de l'adresse et de ïenep n'était pas nécessaire pour cela d'étrt** conquérant, comme le suppose à ti^-^ qui ne veut pas admettre qu il vitfiû de pei-sonne entre TAssarbaddon'ik it et TAssaradin du Canon de Vuiv^ it'sle l'argumentation à Taide de ^
(57) Ce mol Araica ne coiiliondr ait-il pos^ par h ron.^fignenient fourni par Jotéiki i^l'' âManlIc noi 5csiocA. alicic? S'il en ét<iii ain^. Scnnakbcril) fin entené serait pM^pi*
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DES A.VTiQUITfiS DtBLIQCJLS.
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Fréretconteste cette identification est-fort peu persuasive : on Ta en juger.
DecequeHérodach-Baladan, roi de BaVlone. envoya, dit-il , une ambassade à Ezéchias après la retraite de Sennakhérib, ou même aurant son expédition, on doit eondure que le roi de Babylone était indépendant au roi de Ninive.
Qui song^e à le nier? Il est bien certain que '! depuis Tusurpation de Nabonassar les deux royaumes de Ninive et de Babylone vivaient côte à côte mais sans dépenaance l'un de l'autre, et très-probablement en état permanent , sinon d*nostilité du moins de méfiance et dlnimilié mutuelle. Les souverains de Ninive en effet devaient se considérer comme les héritiers légitimes de la puissance assyrienne ; pour eux les rois de Ba!)ylone , héritiers de la puissance usurpée par Nabonassar, ne pouvaient être que des usurpateurs et des rebelles qui avaient lésé leurs droits. Il est donc tout naturel au'au moment où une révolution venait de faire périr le souverain Ninivite sous le poignard de ses propres flls , Mérodach-Baladan, roi de Babylone, proposât au roi de Juda une alliance offensive et défensive en lui offrant son amitié; car c'était le moyen le plus simple de se créer un auxiliaire ou'il croyait puissant contre un ennemi déteste, qu'une affreuse révolution venait d'affaiblir et d'ébranler. Sans doute le roi de Babylone était indépendant du roi de Ninive; mais en quoi cela prouve-t-ilqu'Assarhaddon, roi de Nmive, ne sût pas profiter à son tour des révolutions qui assaillirent coup sur coup la Babylonie pendant trente années , pour en effectuer la conquête 7 Je ne saurais le deviner. Mérodach-Baladan eut le premier l'idée de s'emparer de Ninive où régnait Assarhaddon, et ce fut au contraire Assarhaddon qui Féussit à s'emparer de Babylone lorsque eelle^ci eut été tiraillée et fatiguée par des secousses successives; il n'y a rien là que de très-vraisemblable. D'ailleurs , pour qu'en 625'Nabou-pal-atzer devînt roi de Babylone, de satrape qu'il était à la solde du roi de Ninive Khin-Al-adan , il fallait bien que Ninive fût redevenue maltresse de Babylone postérieurement à Mérodach-Baladan. roi inaépendant de Babylone ; qui donc reprit Babylone, ri ce n'est* Assarhaddon 7
FréreC ajoute que si le R.P. de Tournemine dit un oonquérantd' Assarhaddon, c'estàtort, car, à partir de la mort de Sennakhérib , il n'est pïus fait mention de Ninive dans Thisloire des Iuifs,d'où il faut conclure que c'était une puissance éteinte ; ce qui le prouve d'ailleurs, suivanî lui, c'est que les historiens profanes montrent que Ninive n'était plus en état de s'opposer aux Mëdes ni aux ikibvlonieus. Ceci n'est pas iuste , car Fréret oublie la défaite sanglante d'Arphaxad constatée par Je Idrre de Jàaith aussi bien que par Hérodote cnii s'est borné à modifier le nom du roi des Aèdes en l'appelant Phraortes et qui a eu faien soin de constater en termes explicites
Sue la Ninive ruinée, isolée et abandonnée e ses anciens alliés, était pourtant encore la capitale d'un Etat puissant et redoutable. Cela
est si vrai que les Mèdes seuls ne purent rien contre elle, et qu'ils ne réussirent à renverser le colosse ninivite qu'en escomptant la trahison du satrape de Babvlone. Cette trahison d'ailleurs implique forcement, ain.si que nous venons de le dire tout à l'heure, une conquête antérieure de Babylone par un roi assyrien de Ninive. Ce roi, c'est Assarhaddon que les astronomes chaldéens de Babylone ont inscrit au canon de leurs rois, en ne lui attribuant pour règne que les années pendant lesquelles il est resté maître de leur ville après en avoir opéré la conquête. On voit qu'il n'est pas difficile de combattre les raisonnements de Fréret sur ce point; mais le savant académicien tenait à faire de l'Assarhaddon de l'Ecriture un Sardanapalc , fils d'Anakyndarax, dont l'armée d'Alexandre vit le tombeau en Cilicic près d'Ancliiale peu de jours avant la bataille d'Issus. Après le meurtre de Sennakhérjb , suivant Fréret, la guerre ciyile éclata ; les deux frères, meurtriers de Iqur père, furent expulsés de Ninive et la couronne fut placée sur la tète de leur jeune fçèr^ Assarhaddon; puis le partj opposé l'emportant à son tour, Assarhaddon s'en.alla en exil, où il mourut dans un Age très-avancé. Ici encore, Fréret oublie de nous expliquer
gourquoi les partisans d'Adramelech et de araser, lorsqu'ils furent par>'enu$ à renverser la faction d' Assarhaddon, ne songèrent pas à rappeler de leur exil les deux princes pour lesquels ils avaient combattu , et pourquoi ils imaginèrent de mettre sur le trône un Ninus II, dont on ne peut préciser l'origine. Tout ceci est appuyé sur un fragment de l'historien Castor, conservé par le Syncello, et (tans lequel il est question d'un Siéirdanapale prédécesseur de ce Ninus II i que Frére^i désire identifier avec Assarhaddon. pisons*Ie nettement, toute cette théorie qui n'a pas trouvé çrâce devant les auteurs de Y Art de vérifierle$ data, ne doit pas plus nous toucher , et il n'est pas possible de révoquer en doute la réahté de la conquête de Baliylone opérée en 686 par Assarhaddon , fils de Sennakhérib; de telle sorte que cet Assarhaddon Sui ne régna que treize ans à Babylone (de 80 à 667), doit être considéré comme ayant occupé longtemps avant le trône de Ninive , et cela depuis la mort de son père Sennakhérib, assassiné par ses deux' fils aînés Adramelech et Saraser.
C'est ici le lieu de revenir sur l'expétlilion guerrière dans laquelle le roi de Juda, Hanassé, fut fait prisonnier. Rappelons-nous la teneur du verset 11 du chapitre xxxni du livre II des Chroniques ; il y est dit que les généraux de Formée du roi d* Assyrie se saisirent de la personne de Manassé ^ et qu'après Vavoir chargé de fers, ils l'emmer nêrent à Babylone.
C'est une armée du roi d'Assyrie , c'estrkr dire de Ninive, qui entre en cnmpa^e, c'est à Babylone que le captif est conduit par les vainqueurs : donc Babylone était alors au
Souvoir du roi d'Assyrie; cela est logique, abylone est tombée sous la domination assyrienne en 680 ; c'est donc postérieurement
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h cette époque que la captivité de Manassé a eu lieu. Nous avons pour date de cet événement, choisi le milieu du règne de ce prince, ce qui nous donne 67 1 ; mais cette dat^ n*est sûrement pas exacte ; elle ne le serait que par un pur hasard, puisqu'elle n'est déterminée qu'au hasard. D'ailleurs les auteurs de VAr4 de vérifier les dates, }e nç sais sur quelle autorité, placent en 673 la captivité de Manassé. Je suppose qu'ils n'ont dû faire que ce que j'ai fait moi-môme, c'est-à-dire qu'ils ont pris à tâtons une date fixe vers l'époque probable où le fait s'est accompli.
Passons, à l'examen de deux passages importants du l'Ecriture, passages dans lesquels certaius commentateurs ont cherchée des faits relatifsau règne d'Âssarhaddon. Le premier et le plus important est le chapitre xx d'isaïe: éjL^ voici la traduction :
'\. Dans Vannée de Varrivée de Tartan à Aschdod , lorsque Sargoun , roi d'Assour, Renvoya, qu'il assiégea Aschdod et ta çon-^^ quit :
2. En ce. tempSyJéhovah parla par Vinter^ médiaire d'Isale , fils d*Amos , savoir: Ta, détache le cUice ae dessus tes reins et déchausse de ton pied la sandale, U Gt ainsi, alla uu et déchaussé.
3. Jéhovah dit : Comme mon serviteur Isaie va nu et déchaussé trois ans, signe et pronostic pour V Egypte et V Ethiopie :.
i. Ainsi le roi d'Assour emmènera les cap* tifs de VEgypte et les exilés de VEthiopiCy jeunes gens, ^t vieillards, nia et déchaussés, les reins, dccoiwerts, honte pour VEgypte!
5. On se désespère, Von a honte de V Ethiopie, en qui Von s est confié, et ^e VEgypte dont on s'est vanté.
6. Les habitants de cette plage diront en ce jour : Voilà ce que&t devenu V objet de notre confiance, où nous nous sommes réfugiés pour avoir du secours pour nous sauver devant le roi d'Assour ! Comment échapperons-nous nousmêmes ?
Quelle est cette année de la prise d'Aschdod, par Tartan, général du roi d'AssyrieT Qui est ce Sargoun, roi d'Assyrie, qui ne se trouve mentionné que là? Voilà une double questionqui a vivement préoccupé les commentateurs, et qui court le risque de rester longtemps sans solution définitive. Nous nous bornerons, pour notre comjpte, à réunir tous les renseignements possibles sur ce point, mais nous nous garderons bien de trancher la difTiculté.
Remarquons d'abord que le général en chef de l'aimée de Sargoun est nommé Tartan, prn. Or, dans le //• Livre des Bois fxviii, 17), nous lisons:Ie roi c/*^«5our (c'est Sj.'nnakhérih, ainsi que le constate le verset 13; envoya de Lachis . Tartan , le chef des eununues, le chef des Sakes, vers le roiEzéchias à Jérusalem , avec une puissante armée , etc. Cieri eut lieu v«frs 713.
Dimc Tartan était général en chef de l'armée de Sennakhérib, comme il était général en chef de Tarmée de Sargoun. On ne peut conclure de cela qu'une seule chose, c*est çuO Sargoun et Sennakhérib ont vécu à des
époques très-rapprocbées , si ce personnages différents. Je discela, les uns ont vu dans Sargoun, ^ d'autres Sennakhérib, d*autres d'autres enfin, coname Gesèiiiiis.B[ distinct, prédécesseur de SeandJiéft.
Examinons ces différent^ sy^kasi goun reçoit le titre de roi d*.\sMGr.i était souverain ninivite. L'époqwdei quête d'Aschdod ou Azot n est pis i reu3ement fixée par d'autres f^at[ rEcritucé; car si nous lisons diKi[ c. I, 1 : Paroles d'Amos, qui fui m à^ leurs de Thécué, et qui eus in tim\ tre Israël, au temps d'Osi^s, ni éiet de Jéroboam^ fils de Joas, m' Ar deux années avant le irembiemtiUàsi et plus loin, verset 8 : Têxtetmiwiiî bitant d'AioVet le prince d'Asc9liH\\i santirai ma main sur Accaron : ries fti nous garantir que cette prophétie sur»; concerne précisément la prise de ceai consommée par Tartan, généni du s^ goun.
Nous trouvons en effet dans Soplhjù^ Parole de Jéhovah à Sophonie, fUe^t fils de Godolias, fils dAmarias. fs^ chias, aux jours de Jo$ia$.^ fils i^ de Juda.
Puis au chapitre u, vers. 4 : fart* détruite, et Ascalonva devenir itift\ sera emmenée captive en phin J9wM ron sera déracinée
Voyons qu'elles sont les dates i:\
Çrophètes : Ozias a régné sur Jikà 58 ; Jéroboam a régné sur Israël' 784. C'est donc daos riotervalle dei commun aux deux rësnes, qu'Acikl phétisé; la date de la prophétie il môme précisée par les mots : Deiu^^ le tremblement de terre ; car s (xiv, 5) parie de ce tremblement dfi rivé sous le règne d'Ozias, il oeD^Bi ment l'année. Je ne puis donc
Suelle autorité une noie que je trotnt' ible de Sacy (éd. de 1759; marqie tremblement de terre arriva dans ii troisième année du règne d'OiiâS. I*] que nous pouvons affirmer, c'est i»-^ prophétisé entre 810 et 184 :
Passons à Sophonie : il a prophttfj Josias, fils d*Amon, lequel n rtfoi^^ 610. U y a donc au moins 143 ans tf^' deux prophéties d'Amos et de Soj**] il est assez difficile de ci-oire queli^ d'Aschdod annoncée par les deux constitue un seul et même événeiociA' par conséquent avec raison que )i^ tout à l'heure qu'il n'était pas posâbî*'' duire de leur narration de la prise d^ une date même approximative pour TA' tion de Sargoun.
Isaie a prophétisé sous Osias, h^ Achaz et Ezéchias, et ces quatre rois ^ cupé le trône de Juda de 819 à 698: v* pouvons donc absolument rien déduut pour fixer l'époque de Sargoun , et « sommes en droit d'avancer q'une cbor que la prophétie contenue dans le ch
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DES ANTIUUITES BIBLIQUES.
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dlsaie, est antérieure à 713, année dans la-> quelle Tartan vînt de la part de Senpakhérib sommer Ezéchias de se rendre.
liCYersetS nous apprend que par Tordre de lâhorah, Isaïe parut trois ans nu et déchaus- 9^t pour annoncer la défaite des Egyptiens et des Ethiopiens; c'est en 713 que Sennakhé-* rib marcha contre Tharaka leur roi. C'est en tl3 que Tartan fut chargé de reprocher à Ezéchias la confiance qu'il avait mise dans l'appui de Tharaka et de lui annoncer qu'il eu serait puni : ce serait donc au moins trois ans avant, c'est-à-dire en 716, qu'Isaïe aurait pro« phétisé. Dès tors Sargoun était roi d'Assyrie en 716. Cette date, je me hâte de le dire, n'a rîçn de précis. Le seul point constaté, ce me semble, c'est que Sarçoun ne peut être confondu avec Assarhaddon, qui n'a régné que depuis le meurtre de Sennakhérib, son père, ç'est-à-dire depuis 712.
S'il est possible de démontrer ainsi qu'il faut distinguer Sargoun d'A<;sarhaddon, il ne l'est plus de faire voir de même que Sargoun n'est ni Sennakhérib ni Salmanassar. C'est là un point qui sera toujours contestable et con^ lesté.
Je dois dire ici que j'ai souvent pensé que le Sargoun d'Isaïe pourrait bien être l'Arkéan du Canon de Ptoléraée ; mais Arkéan a régné cinq ans, de 709 à 704, et ces dates ne peuvent s'accorder avec celle de 716 que nous venons de déterminer tout è l'heure. D'ailleurs Ar- %éan était roi de Babylone, et non roi d'Assour, etil n'y aucime apparence qu'un roi babylonien, compris entre Mérodach-Baladan et Assarhaddon, soit jamais parvenu à conquérir Vempire ninivite. Nous avons montré qu'il y ^vaitau contraire toutlieude croire que depuis Mérodach-Baladan, la puissance babylonienne ^vait été constamment en décroissant, de ré-* volution en révolution, jusqu'au jour où elle fut assez exténuée pour qu'Assarhaddon pût lui porter le dernier coup et absorber la Baby^ lonie dans le vaste empire assyrien.
Quant à identifier Sargoun avec Salmanassar, ou avec Sennakhérib (58), cela paraît bien difficile. Ces trois noms sont parfaitement différents, et il n'y a aucune bonne raison d*en appliquer deui quelconques à un seul ci même prince. Nous nous rangeons donc, fiiute de mieux, à l'opinion de Gesenius, et nous croyons gu'en réalité Sargoun fut un roi d'Assyrie, distinct de Salmanassar et do Sen* nakhérib, dont le règne doit être intercalé entre ceux de ces deux monarqu(^s.
Sennakhérib était fils de Salmanassar, nous le savons de science certaine; peut-être Sargoun fut-il le fils aîné et le premier successeur de Salmanassar; alors il n eut qu'un règne de courte durée, et lorsque Sennakhérib monta sur le trône, il put laisser aux mains de Tartan l'autorité militaire que son frère atné lui avait conférée. Nou^ admettrons donc,
(58) CeUe dernière opinion est celle ^dcs auleui-s de lArt de vérifier /et dates.
(59) Le sens di; t'expression rGV31 iraduil par in jutce, 11009 parait laisser beaucoup à désirer. Les rabbins ne sont patd'accord eux-mêmes sur ce mof . Calica klii cûmmt^ t^s, iz otniti comme il luit» Que
parmi les rois d*Assyrie, Sargoun qui occupait le trône vers7f6.
Gesenius s'eiprime ainsi sur le nom de ce roi : a En persan on écrit... chef de la beauté: à la seconole syllabe on peut aussi comparer le sanscrit gouna, vertu, force, sagesse, n (BoHLEN. Observât, mss,) Puis il ajoute encore cette autre explication : Azek, feu, seigneur, roi: de là rot du feu, c'est-à-dire honorant le feu, » J'aime mieux me contenter de l'orthographe déjà consacrée Sar-goun, que d'accepter ou d'appuyer l'une ou l'autre de ces explications qui sont loin de me satisfaire.
Il nous reste encore une question du même
(jenre à examiner; c'est celle qui concerne e personnage nommé Asnaphar ou Asnafar, Nousiisonsdans le /•' Livre d'Esdras (ch. iv), que les ennemis de Juda et de Benjamin ayant appris que les Juifs, au retour delà captivité, rebâtissaient le temple, réclamèrent le droit de participer à celle reconstruction.
2. Et s* approchant de Zorobabel, et des princes, des vieillards, ils leur dirent : Bâtissons ensemble, parce que, comme vous, nous cherchons votre Dieu, à qui nous avons immolé des victimes depuis les f ours d'Assar'had^ don, qui nous a conduits fct.
Zorobabel et le peuple s'y refusèrent; alors les réclamants firent tous leurs etforts pour entraver l'édification du temple; ces dissensions durèrent jusqu'au règne d'Artakchachtii (Artaxerxès Longue-Main). A celle époque, une supplique fut adressée au roi des rois
four obtenir qu'il forçât les Juifs de renoncer reconstruire Jérusalem Cette supplique était écrite au nom des peuples transportés jadis dans le pays, et dont l'énumération remplit le verset 9. Le verset 10 est ainsi conçu :
Et les autres nations que le grand et glorieux Asnaphar a transportées, et à qui il a donné d'habiter en paix (59) les villes de Samarie, et toutes les contrées au delà du fleuve.
Dans le texte primitif nous lisons m'^p^^ tan- ^i£:dn: ce qui signifie Asnaphar, grand et honoré. Ces titres sont-ils assez pompeux pour désigner un roi d'Assyrie, en parlant à celui qui se trouvait sur leur IrôneT Nous nous permettrons de n'en rien croire.
D'ailleurs, au verset 2, quand on parle d'Asarhaddon, on a le soin de le qualiuer de rot d*Asstjrie, L'absence de ce litre, quand il s'agit d'Asnaphar ou d'Asanaphar, sufiit, je crois, pour prouver que ce personnage n'a été que le chef de l'émigration passée en Israël, par ordre de Salmanassar. Cahen a jugé la question dans ce sens, car il se borne à dire : « ^^ID», Asnaphar, nom d'un satrape.» (Nota au verset 10 du chapitre iv d'Esdras.)
Ainsi tombent d'elles-mêmes, devant l'hypothèse la plus simple et la plus naturelle,, toutes les suppositions qui avaient été faites sur le compte d'Asnaphar. Ce n'est pas Salmanassar, comme l'ont pensé quelques commen-
devienl alors le n iinal, indice presque assuré de la^ présence d'un subsianlif f»Mnhiiii ? Calieii ajoute • c l)*auires prennent aussi ce moi p< ur un nom de peuple ; nous proposons tout simplement de lire rcirs^ < €1 selon la conccaion (\nx leur fut faite <te& iucaiités à habitei:.!
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DICTIONNAIUE
ciiir
taleurs, ni Assarhaddon, comme l'avancent les auter.rs de Y Art de vérifier les dates.
Fréret, en proposant le premier ce rapprochement de personnages, en avait conclu 2ue tous les noms des souverains assyriens taient différents pour les Chaldéens et pour les Persans. Qwe les noms subissent des modifications de prononciation en passant d'un idiome dans un autre, il n'y a rien de plus naturel ; mais qu'ils puissent être changés de cette façon que ]Tr.TTD« devienne nS3Dx, nous aurons toujours beaucoup de peine à le croire.
Quant à la forme régulière du nom d'Asarhadoun, elle nous est fournie par l'Ecriture ; nous n'avons donc pas à nous en écarter, et nous écrirons dorénavant Asar-hadoun, sans nous préoccuper de la signification de ce nom ; nous nous bornerons à faire observer que ^T7n signifie le jugement^ et peul-ôtre le juge, ]oiusticier.
Règne de Mésisi-mérodeckh de 692 à 688 avant J.-C. — Ireghê-bal, de 693 à 692, — d*Aparanadis pendant six ans, de 699 à 692. — de Bélithonpendant trois ans, de 702 à 999. — Interrègne de deux ans. — Règne d'Arkéan, cinq anSy de 709 à 70i.
A partir d'Asar-hadoun et jusqu a Mérodach-Baladan, nous n'avons d'autres renseignements sur l'empire de Babylone que ceux qui nous sont fournis par le Canon de Ptolémée. Heureusement ces renseignements sont tout à fait dignes de confiance, et nous pouvons les inscrire sans scrupule à notre tableau chronologique.
Ayant Asar-hadoun, il y eut à Babylone un interrègne de huit ans, au bout desquels eut lieu l'asservissement de celte ville. Cet interrègne a donc duré de 680 à 688.
Il avait suivi le règne d'un prince qui occupa le trône pendant quatre années, et que te Canon appelle MfTîîffijLtcffJaxo;, Mesisimosdakos. (Mss. de Paris et copie de Georges le Syncelle.) La fin de ce nom contient évidemment le nom divin Mérodach; mais que signifie la première partie? nous l'ignorons. Contentons-nous de rappeler qu*en égyptien Mec'éci signifierait /î/s d'isis. Ce prince étaitil fils d'une mère égyptienne? Etait-il luimôme Egyptien? Voilà des questions qu'il ne faut pas tenter de résoudre. Quoi qu'il en soit, nous écrirons Mesisi-merodakh^ et nous
f lacerons son règne entre les années 692 et
Avant lui le trône de Babylone fut occupé pendant un an (693-692), par un prince nommé par le Canon 'v^yi^^nUç, Regebelos (Ms.
de Paris), 0\x'\[uyiÇ»\oç, 'ipnyé^oLUç et 'l/osyieaX-
).of (Georges le Syncelle), du radical ^:r) Quief>it, vient la forme ^^-in. qnictum redaidit, collocavit. Il est donc possible que la vraie forme de ce nom soit hn CDWin, Baal lui a donné le repos. Nous l'écrirons Ireghébal,
|1 a été précédé sur le trône par un
Çirince nommé 'Aîrapavâ^tof [Aparanadws Is. de Paris), 'Arr«/)xv:ît<To; (Georges le ^ncelle), oui a régné six ans, de 699 à 693. Je renonce a chercher une explicalion de ce
nom à physionomie arienne, que j'écrirai Aparanadis.
Le prédécesseur d'Aparanadis a régné trois ans, de 702 è 699. 11 est nommé Bai^oc (Wlibos, Ms. de Paris), hn^iBoç, hnU^^ç ou Baîhloç (Georges le Syncelle). Comme il est fort possible que ce nom ait eu la forme m» te» Baal est avec lui, nous l'écrirons Bél-ithou, Cette prononciation de la particule ret nous est donnée par le premier vers punique d» Pœnulus de Plante [It-alônim ou Aionoutk^ etc.).
Avant B61-ithou, le trône de Babylone est resté vacant pendant deux années, de 704'à 702. Cet interrègne avait immédiatement suivi le règne d'un prince nommé 'A^xcm; (Arkeanos) (Ms. de Paris et de George le Syncelle), qui occupa cinq ans le trône-,, c'est-à-dire de 709 à 704. Nous écrilrons son nom Arkean^ sans chercher à Texpiiquer.
Art. vil —Règne de Merodach-Baladan . — Stir la maladie d'Ezéchias.— Sur la défaite miraculeuse de Sennakhérib. — Mérodach a régné douze ans de 721 à 709 avant Jésus-Christ. — Son vrai nom est Mérodach' Beladon.
Nous voici parvenus à un point où rEcrlture sainte nous offrira encore de puissante secours pour établir la date des faits hi>tori-
3ues qui concernent les différents empires ont nous avons entrepris d'éclaircir la chronologie.
Nousiisonsdans \c H* Livre des Rois {x\,li): Ence temps-là, Berodach-Baladan fihae Baladan, roi des Babyloniens, envoya des lettres et des présents à Ezéchias ; car il avait appris qu' Ezéchias était malade.
Le môme fait se trouve consigné dans Isaïc (xxxix, 1) : En ce temps-là, Merodach-Bala^ dan, fils de Baladan, roi de Babylone, envoya des lettres et des présents à Ezéchias :■ car il avait appris qu'il était malade et qu*il avait recouvré la santé.
Il nous importe d'abord de fixer la date à peu près certaine de la maladie d'Ezéehias,.
Euisque de là nous déduirons celle de Tamassade envoyée par Mérodach-Baladan, Relisons le chap. XX du //• Livre des Rois, nous y voyons au Ezéchias tomba très-dangereusement malade, et qulsaïe vint, au nom de Dieu, lui annoncer sa mort prochaine. Alors Ezéchias implora l'Etemel qui écouta sa prière et lui fit savoir aussitôt, par le même Isaïe, qu'il allait le guérir.
T ajouterai quinze ans à tes jours, je te pré-^ serverai, ainsi que ta ville, aela main durai d'Asseur, etc., etc. (v, 6). Isaïe {loc. cit.) répète exactement la môme chose.
Ce peu de paroles nous suffit pour établir la date de la maladie d'Ezéchias. Elle eut lieu quinze ans avant la mort de ce roi. De plus, cette maladie eut nécessairement lieu avant la catastrophe qui frappa l'armée de Seniuib» khérib et qui sauva Jérusalem.
C'est dans la quatorzième année d'Ezéchias que Sennakhérib vint attaquer la Judée (// Rois^ xvHi, 13). E/échias se soumit à pa^ef un tribut et se délivra provisoirement «nsî
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D£S ANTIQUITES BIBLIQUES.
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de son puissant ennemi* mais il fit au plus vite un traité d'aillance offensive et défensive avec les Egyptiens, et Sennakhérib revint à la ebarae, la menace à la bouche. Il passa d'àborden Judée pour aller combattre Ta^ rhidta^ roi de Couch (tris-^a npmn), puis il revint vers Jérusalem. Ce fut alors que la main de Dieu le frappa, et lui tua en une seule nuit cent quatre-vingt-cinq mille soldats. Après ce désastre Sennakhérib regagna ignominieusement Ninive où il fut assassiné très-peu de temps après. Tous ces détails sont consignés au 7/' Livre des Rois et dans Isaïe. Examinons-les sous le point de vue chronologique.
Ezéchias est monté sur le trône à Tâgc de vingt-cinq ans, et il a régné vingt-neuf ans à Jérusalem {Ibid., 2), de 727 à 743. La quinzième année avant sa mort est l'année de sa maladie, selon la prophétie d'Isaïe ; c'est donc en Vannée 713 qu'eut lieu la maladie d'Ezécbias. D'un autre côté, c'est dans la quatorzième année d'Ezéchias que Sennakhérib le contraignit à lui payer un tribut, cette quatorzième année est encore l'année 713. C'est donc forcément dans l'intervalle d'une môme anii*6 que se passèrent ces différents événements.
Voici commentée crois devoir les classer. Ezéchias, dans la quatorzième année de son règne, avait laissé percer quelques idées d'indépendance, comprimées par la terreur que lui avait inspirée, huit ans avant, l'anéantissement du royaume d'Israël. Sennakhérib se mit aussitôt en campagne comme pour punir un vassal ; dès lors, très-probablement, Ezéebias était en pouparlers avec le roi d'Egypte et d'Ethiopie Tarahaka. A l'arrivée de l^irmée assynenne, Ezéchias dut se soumettre; il envoya dire au roi d'Assour : J'ai fait une faute, retire-toi de moi; ce que $u m' imposeras, je le paierai (xxvin, 14). Un tribut de guerre de 300 kikars d'argent et de 30 kikars d'or fut imposé, et il fut payé grâce à la spoliation du trésor du temple. Combien de temps dura la soumission apparente d'Ezéchias? l'Ecriture ne ledit pas, mais elle cm dit assez pour nousap(>rendre qu'elle ne fut cjue de courte ilun^e. Los négociations du roi de Juda avec 1*5 roi d'Egypte furent mal dissimulées, et le roi d'Assyrie rentra en campagne, décidé à marcher tout d'abord au plus pressé, et à en finir avec la puissance à laquelle Ezéchias avait fait appel contre lui. L'armée de Sennakhérib était arrêtée devant Lakhich, ville de la tribu de Juda. Tartan, le chef des eunuques et le chef des saks, qui commandait très - probablement la cavalerie auxiliaire formée d'enfants de la race des Scythes, dès alors, comme sous Nabou-cadr-atzer, furent envoyés en parlementaires devant les murs de Jérusalem. Eliakin, fils d'Ezéchias, préposé du palais, et Joas, fils d'Assaph, le chancelier, allèrent au devant des chefs assyriens avec lesquels ils entamèrent un colloque en langue hébraïque, dans lequel il leur fut aigrement reproché de machiner avec les Egj'ptiens une alliance qui allait les perdre. Les envoyés d'Ezéchias prièrent alors le chef des
Saks de leur parler en langue araméenne». pour que leurs paroles ne pussent être comprises de la population juive rassemblée sur les murailles de la ville. Mais le chef assyrien^ élevant la voix et pariant en langue Judaïque, interpella directement le peupîe, lui annonça que tout espoir de résistance était vain, que leur roi Ezéchias les trompait en leur promettant le salut, et que le seul parti sage qu'il leur restât à prendre était de se rendre à discrétion, et d'attendre qu'il vînt les enlever pour les conduire dans un autre pays, plus heureux que celui qu'ils habitaient. Le peuple ne répondit pas à ces étranges propositions, et les émissaires d'Ezéchias revinrent auprès de leur maître pour lui apporter les menaces des Assyriens. Ezéchias courut aussitôt au temple invoquer l'Eternel , et s'efforça de désarmer sa colère.
C'est alors qu'Isaïe, inspiré de l'esorit de Dieu, envoya ces paroles solennelles a Ezéchias : N'aie pas peur des paroles par lesauel^ les les valets du roi d* Assyrie ont blasphémé Dieu. Ce roi apprendra bientôt une nouvelle gui le fera périr; il retournera dans son pays ^ et il périra par le glaive (xix, 7). Les parlementaires étaient retournés auprès de Sennakhérib qui avait quitté Lakhich et qui assiégeait Libna, pour lui rendre compte de leur mission. Là Je roi d'Assyrie apprit que le roi d'Ethiopie Tarhaka marchait contre lui, et il se prépara à le combattre, après avoir renouvelé par lettres ses menaces à Ezéchias. Isaïe prophétisa de nouveau, et prédit que le roi d'Assyrie n'entrerait pas dans Jérusalem,, qu'il n'y lancerait pas une flèche, qu'il ne se présenterait pas devant elle avec un bouclier, et qu'il ne dresserait pas de remparts contre elle. Alors commença la campagne de Sennakhérib contre l'Egypte, et ce fut à ce moment môme qu'Ezéchias tomba dangereusement malade, que l'Eternel lui accorda sa guérison et lui annonça, toujours parla voix a Isaïe,. qu'il vivrait quinze ans de plus, et qu'il serait sauvé avec sa capitale de la puissance assyrienne.
Tout ceci se passa sûrement en 713, c'està-dire dans l'espace de quelques mois. Combien de temps dura l'expédition contre TarrhakaîNous Vignorons, mais à coup sûr, elle dut prendre un peu de temps. L'Ecriture ne dit pas en quel lieu périt l'armée de Sennakhérib, et de plus Hérodote et Josèphe nous ont conservé des documents contradictoires sur ce fait.
Les prêtres égyptiens racontèrent à Hérodote (liv. II, c. 141) que Sethos, prêtre do Vulcain, était roi d'Egypte, lorsque Sennakhérib, roi dos Arabes et des Assyriens, vint fondre sur ses Etats. Ses soldats l'abandonnèrent, il implora la protection de son Dieu, qui lui promit en songe de le secourir. Rassemblant en hâte une armée composée de marchands, d'artisans et de gens de la lie du
t)euple, le roi d'Egypte vint camper devant ^eluse, qui est la clef de l'Egypte, en face de l'ennemi. Là, Vulcain envoya dans le camp des Assyriens une innombrable multitude de rats qui rongèrent en un moment carquois.
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arcs et courroies de boucliers, de telle sorte que le lendemain Tarmée assyrienne, se trouvant désarmée, fut obligée de prendre la fuite. Presque tous les soldats périrent dans la retraite.
Suivant ce récit, ce serait en Egypte et devant Peîuse que se passa le faitj quel qu'il soit, qui força Sennaknérib de se retirer.
Dans tous les cas, il faut en conclure avec J-archer, traducteur d'Hérodote, que Peluse n'est pas autre chose que la Libna de l'Ecriture.
Nous verrons un peu plus loin que Josèphe, d'après Bérose, place cette elfroyable scène de mort sous les murs de Jérusalem. Nous reviendrons sur ce fait important.
^ Si Sennakhérib n'était encore qu'à Peluse, c'est-à-dire qu'au début de sa campagne contre l'Egypte, la destruction miraculeuse de son armée a pu avoir lieu en 713, ou plus probablement en 712, pour ne pas trop resserrer les événements. Sennakhérib, de retour à Ninive, y périt très-peu de temps après ; c'est donc en 712 qu'il est mort assassiné, et qu'Asar-hadoun est monté sur le trône de Ninive. Nous utiliserons cette date plus loin. Revenons à Mérodach-Baladan.
Nous venons de voir que l'Ecriture fixe à 7J3 son ambassade vers Ezéchias. Passons aux écrivain- profanes.
losèphe {Ant, Jud.,X, xi) se contente de dire qu'un roi de Babylone, nommé Baladas, envoya des ambassadeurs à Ezéchias, pour l'engagera conclure aveo lui un traité d'amitié et de société; et il ajoute simplement au paragraphe 2 du môme chapitre, que Bérotse parle de ce Baladas.
Le Canon de Ptolémée nous donne pour prédécesseur d'Arkéan, un roi nommé M«o5o-
xifiTToe^oç (Ms. de Paris), Map^OAifina^oç OU Map-
Joxc^jrâîoxoç (Mardokempados ou Mardokem" padocos, Georges le Syncelle). Ce prince a occupé le trône de Babylone pendant douze ans, c'est-à-dire de 721 à 709. Il est donc évident que le Mardokempad de Ptolémée est le même personnage que le Mérodakh-Baladan de l'Ecriture.
Nous avons discuté dès le début de ce mémoire les éclipses de lune, qui fixent nettement deux années du règne de Mérodakh Baladan ; il est donc inutile d'y revenir ici, autrement que pour rappeler que rien n'est plus précis que les limites de ce règne.
Quant au nom réel de ce prince, rEcriture pous offre deux variantes. Bérodakh-Bala^ dan et Mérodakh-Baladan , entre lesquelles il n'est pas permis d'hésiter, la seconde étant évidemment la seule correcte, puisque nous savons d'autre part que Mérodakh est le nom d une divinité assyrienne.
On s'accorde à penser que le nom de Ba-^ fadan signifie Bel est son mattre. En ce cas, ce nom doit se prononcer Bél-adon. Nous écrirons donc ce nom avec l'orthographe ^^Zç^don, L'Ecriture nous appiend que le père pe ce prince se nommait Bôl-adon comme lui ; nous en parlerons plus loin Art. VIH. — Règne de Sennakhérib à Ninive,
---Extraies de l' Ecriture, -^de Josèphe.-de
Bérose ^^ de Moyse de Khorênr.— Il meurt
en 712. — Son véritable nom est San-khérib.
Passons maintenant à un règne important, celui de Sennakhérib. Nous avons rapporté plus haut tous les passages de l'Ecriture sainte qui parlent de son assassinat. Complétons l'ensemble des textes sacrés relatifs à l'histoire de ce prince.
Nous lisons dans le //• livre des Rois (xvin, 13] : Van H du règne d'EzéchiaSy Sennachérib, roi des Assyriens, attaqiM toutes les villes fortifiées de Juda, et s*en empara.
Ce fut alors qu'Ezéchias fut, ainsi que nous l'avons dit, astreint à payer un tribut énorme au roi d'Assyrie. Ou les villes assiégées ouvrirent leurs portes au coçquér^nt sans coup férir, ou la campagne dut être assez longue, puisque toutes les places fortes du royaume de Juda furent prises sucr cessivement. De ces deux hypothèses, nous avons déjà, par des appréciations de temps, reconnu que la première seule était admissible. Comme nous avons discuté et coordonné tous les documents tirés de l'Ecriture sainte et relatifs à cette expédition de Senna* khérib, il n'y a plus lieu ay revenir ici.
Les ChronUfues (II, xxxn) nous racontent les mômes faits en termes un peu plus précis que ceux du //• Livre des Rois, en ce qui concerne certaines circonstances ; ainsi nous lisons (v, 1): Sennakhérib, roi des Assy^ riens, vint, et étant entré en Judée, il assied gea les villes fortifiées dans le dessein de s'en emparer.,. A la suite de ces faits, Sen^ nakhério, roi des Assyriens, envoya ses ser* viteurs à Jérusalem ; car lui-même avec toutt. son armée assiégeait Lachis, etc.
Le roi d'Assyrie était donc bien arrêté par un siège en règle, et non simplement campé* en vue de la place de Lachis.
J'ai tiré plus haut du récit des Chro^ niques tout le parti que j'avais à en tirer pour l'histoire de Sennakhérib.
La narration d'/5oïe a également été passée en revue.
Il ne me reste donc plus cju'à extraire du, Livre de Tobie tout ce qui a trait au roi Sennakhérib. Nous y lisons (c. i) :
2. Tobie, ayant été emmené en captivité^ sous Salmanassar, roi d'Assyrie, n'abandonna, pas pour cela la voie de la vérité pendant la captivité qu'il eut à subir. — 18. Apris un long espace de temps, le roi Salmanassar étant mort, Sennakhérib, son fils, régna à sa place, et avait une grande haine pour les fils d'IsraèL'-^l. Enfin, lorsque le roi Sennakhérib
f'ut de retour, fuyant de la Judée, à cause de a plaie dont Dieu le frappa pour ses blas^. phèmes, dans sa colère il fit périr un grand nombre des fils d'Israël, et Tobie ensevelis-r sait leurs corps.
Instruit de ce fait, Sennakhérib donna Tor» dre de mettre Tobie à mort, mais celui-ci s'enfuit de Ninive et se cacha si bien qu'il sut se soustraire au supplice qui lui était réservé, Sa crainte ne fut pas de longue durée; car, est-il dit au v. 25 : Après quarante-cinq jours, les fils du roi tuèrent leur père; et Tobie re^ tourna dans sa maison, et toute sa famille lui f\H' rendue.
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liLb AMiÛlillES BIBLIQUES.
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Nous voilà bien fixés sur le temps que Sennakhërib passa dans sa capitale, depiiis son retour après la catastrophe de Peluse.
Le quarante-cinquième jour il tomba sous le poignurd de ses propres fils, et ce tragi* que éTéi^ment mil fin à la persécution des Jui&, puisqu*il fût permis à Tobie de quitter son refuge et de rentrer dans ses foyers do« mestiques. C'est donc en 7)2 que Sennakhérib est mort, et que son fils Asar-Hadoun a pris la couronne^ après Teipuision de ses deux frères alnéis Adramélech et Saratzer.
Le Terset 18 aue nous avons transcrit plus haut» exclut<»il rexistence d'un règne intermédiaire à placer entre celui de Salmanassar et cielui de Senbakhérib? Je ne le pense pas.
Le texte sacré se contente de dire que longtemps après la morl de Salmanassar, le trône d'Assyrieétait occupé pa^son fils Sennakhérib. .Bien aonc n'empêche d'admettre que Sen- • nakbérib n'ait pas été le successeur immédiat de Salmanassar, et qu'il ait eu pour prédécesseur sur le trône paternel un irère atné Via nom de Sargoun. Cette hypothèse, que Hen, absolument rien ne contrarie^ a tout au moins ravanta.ge de rendre toute sa valeur au précieux passage d'Isaîe dans lequel se trouve mentionnée l'expédition d'Aschdod, ordonnée parSar-goun et conduite parTarlan.
Passons actuellement à l'appréciation des faits consignés par l'historien Josèphe.
Cet écrivain (liv. X, ch. i) raconte tous les liiits qae nous avons vu consignés dans le /i* lAvre des Rois et dans Isaïe, seulement il pense qu'une fois le tribut de 300 talents d'argent, et de 30 talents d'or imposé à Ezéchias et promis par celui-ci, le roi d'Assyrie se mit aussitôt en campagne pour aller combattre les Egyptiens et les Ethiopiens, laissant sous le commandement de (voci>à7aiç] Rabsacès et de deux autres chefs nommés Tbarata et Anacharis {empira et 'Avs^k^^^?)» une puissante armée destinée à ruiner la puissance iudaïuue (n* i). Ezéchias, toujours au dire de #osèpne, fit supplier Isaïe d'intervenir par ses prières auprès de 1 Eternel, et le prophète prédit la délivrance de Jérusalem et la mort Tiolente de Sennakhérib.
Vient ensuite le récit très-exact de l'entrevue des envoyés Assyriens et des parlementaires juifs; seulement Josèphe ajoute de son cru qulsaïe prédit encore cette fois que le roi d Assyrie périrait par le fer à son retour dans son pavs. Nous avons vu que la seconde prophétie d'Isaîe ne contient aucun indice de cette mort violente prédite par lui la première fois, et Qu'il rassure seulement Ëzécbias sur les événements futurs.
Le fiaraoraphe 4 de ce i" chapitre du livre X de Josèphe, est extrêmement important.
Il commence par raconter les circonstances qui accompagnèrent l'arrivée de la lettre de menaces adressée par Sennakhérib à Ezéebias,puisil ajoute : que peu de temps après, le roi d'Assyrie dont l'incursion sur la lerred'Egypte avait eu un mauvais résultat, retourna
(CO) Il est l)on de remarquer que quel que fût le nojen employé par Jéhovah pour SAuver son peuple ei déiruire set ennemis, celle détivrauce pré-
dans son pays uitfiaxTùç^ sans avoir rien fait Josèphe fait connaître la cause de co prompt retour. Sennakhérib, dit-il, avait em
f^loyé beaucoup de temps au siège de Peluse; I en était venu néanmoins à parfaire les ouvrages à l'aide desquels il pouvait tenter l'assaut, lorsqu'il apprit que le roi d'Ethiopie Tharsicès (eàp&txtiç), à la tête d'une grande armée, accourait au secours des Egyptiens, avec le dessein de traverser le désert et d'envahir ainsi le territoire assyrien. Sennakhérib effrayé, s'empressa de lever le siège et de dégager Peluse.
Josèphe mentionne ensuite le récit d'Hé* rodote que nous avons nous- même rapporté plus haut; mais il oppose à ce récit mvraisemblable celui de Éerose qui, après avoir raconté que Sennakhérib, roi d'Assyrie, fil la guerre à toute l'Asie et à l'Egypte, dit gu'au retour de son expédition en Egypte, il retrouva devant Jérusalem l'armée qu'il avait confiée à Rabsacès, en proie à une maladie pestilentielle tellement violente que la première nuit du siège, 185,000 périrent, officiers et soldats. Eperdu de douleur et d'épou* vante Sennakhérib s'enfuit avec le reste de son armée et rentra en toute hâte à Ninive.
11 y était depuis peu de temps, lorsqu'il péril victime d'un complot tramé par ses deux fils aînés Adramélech et Saratzer. Il fut enterré dans le lemple nommé 'A/DaTxa. Les deûi^ princes parricides chassés par la nation indignée de leur crime, sq réfugièrent en Arménie, et Asarachoddâs i*A(j(r»peix,i^ioiç) succéda sur le trône à Sennakhérib.
Au chapitre suivant (uil, Josèphe rapporte que par suite de toutes les terreurs dont il avait été accablé coup sur coup, Ezéchias tomba dangereusement malade presque aussitôt après la retraite de Tarmée assyrienne, et qu'Isaïe lui prédit sa guérison miraculeuse.
Ici Josèphe, s'il avait sous les yeux le livre d'Isaîe, prouve une fois de plus qu'il ne l'en* tendait pas. Nous avons vu, en effet, que sa guérison fut annoncée à Ezéchias en même temps que la délivrance des Assyriens. La maladie du roi fut donc forcément antérieure à la retraite de Sennakhérib.
Très-probablement d'ailleurs, la peste qui ravagea l'armée assyrienne sévit aussi dans Jérusalem, et le roi Ezéchias lui-même put en être atteint. A juger de la cause par les effets, on est tenté de croire que celle maladio effroyable qui tua tant de monde en une seule nuit, ne fut pas autre chose qu'une invasion du choléra asiatique {6Q).
Nous ferons remarquer une fois de plus l'incorrection évidente avec laquelle les noms propres des chefs assyriens nous ont été transmis par Joskphe.Son Rabsacès ÇPa^voMnç) n'est autre chose que le chef des Saks, nsar yi de l'Ecriture ; e«/saT« et 'Av«xojpcf sont tout aussi certainement Tartan et le Rab-sa^ ris, ou chef des eunuques.
Moïse de Khorènc ne parie qu'une fois de Sennakhérib (Liv. I,ch.xxni). Voici ce qu il en
dîie à ravance par Isaie, ne fut pas moins miraci»' leuse^
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DICTIONNAIUE
CilR
dit:« Eneffet,quatre-vinglsans, plus ou moins, avant le règne de Nabuchodonosor, vivait Sennecherim, roi d'Assyrie ; Sennecherim gui assiégea Jérusalem sous Ezéchias, prince cies Juifs. Ayant tué leur père, les fils de Sennecherim, Atramèle etSannassar vinrent se réfugier chez nous. » (Trad. de M. Levaillant deFlorival.)
De 7 13 ou 712 à 607, première année de Nabou-cadr-atzer,il y a 105 ans; les mots 80ans, plus ou moins, dont s'est servi Moïse de Khorène, pour donner l'intervalle entre Sennachérib et Nabou-cadr-atzer, étaient donc largement nécessaires.
Les auteurs de VArt de vérifier les dates admettent que Sennakhérib est le môme prince que le Sargoun dlsaie, qu'il eut guerre avec Ezéchias en 710, et avec Tarhaka, roi d'Ethiopie, accouru au secours des Juifs. Ils ajoutent que Sennakhérib ravagea l'Egypte pendant trois ans. De tous ces faits, il n'y en a pas un qui doive subsister en tant que" fait chronologique.
Ainsi Sennakhérib n'est pas Sargoun ; c'est en 7 13 que la guerre entre Ezéchias et contre Tarhaka a commencé; et c'est en 712 que Sennakhérib a péri.
Tout ceci découle forcément de l'étude des
saintes Ecritures, et nous ne pouvons deviner
où les auteurs de VArt de vérifier les dates ont
^uisé les renseignements si positifs qu'ils
donnent sur Sennakhérib.
Gesenius, dans son Lexique, présente, au nom de Sennakhérib j quelques détails chronologiques, qui ne nous paraissent pas admissibles. Ainsi après avoir parlé de la perte de son armée, il dit : « Il retourna dans sa patrie, où ensuite (l'an 969) il fut tué par ses deux fils dans le temple de Nisroch. »
Le témoignage d'un fragment retrouvé de Bérose, est invoqué en faveur de cette assertion, et il résulterait de ce fragment que Sennakhérib a survécu même longtemps à Mérodakh-bêl-adon. Rien que cela me ferait révoquer en doute l'authenticité du fragment en question. Le Livre de Tobie est suffisamment explicite, j'imagine, quand il dit que Sennakhérib fut assassiné par ses fils quarante-cinq jours après son retour à Ninive ; et tous les fragments possibles de Bérose, apocryphes ou non, ne prévaudront pas, pour moi du moins, contre le témoignage de l'Ecriture.
Beaucoup de savants se sont occupés de l'étymologie du nom de Sennakhérib, et voici celle à laquelle Gesenius s'était arrêté en dernier lieu: «Sur l'étymologie de ce nom, Bohlen {Obs, mss.) après avoir abandonné sa première opinion {Symb. 26), émet une opinion trèsplausible. Il pense qu'en sanscrit ce nom doit être écrit Senâgrib, c'est-à-dire vainqueur des armées, ce qui répond au néo-persan.
Le radical sanscrit gribhati signifie bien saisir, empoigner, mais vaincre, je ne le pense pas. Le composé sendgribh signifierait donc proprement celui qui saisit les armées. Je doute fort que ce soit le le nom du roi assyrien. Ce nom qu'Hérodote écrit Uw^^-ipteoç, se trouve dans l'Ecriture sainte sous la forme San-thérib; enfin, Josèphe écrit ce nomn^-n»,
Zavaxa/itooff. Nous n'hésitons pas à adopter la forme que nous donne la Bible ; c'est-à-dire . San-khérib ou Sen-khérib, en voyant dans le mot San ou Sen le véritable nom propre du prince en question, le mot nni, Khério^ n'étant qu'un surnom provenant du radical sm* il est désolé, dévasté, transitif il extermina^ d'où la forme mnn, il dépeupla, dévasta. A notre avis donc, le nom de San-khérib signifiait San le dévastateur. C'est quelque chose comme le surnom donné près de douze cents ans plus tard au roi des Iluns. Quant au nom San, peut-être était-il dans la langue usuelle moni d'une prise de son prostbétique, ce qui produisait alors un nom tel que Asan. Mais c'est là une simple hypothèse- sur laquelle il ne serait pas prudent de s'arrêter plus de temps qu'elle ne le mérite. Qyioi qu'il en soit, nous le répétons, nous nous en tiendrons à l'orthographe San-khérib.
Régne de Salmanassar à Ninive. — Détailt
fournispar l Ecriture, — par Josèphe^ — et
par Ménandre.—llrègne ael2S jusqu'à 718.
Nous avons dit plus haut tout ce qu'il y avait à dire du roi d'Assyrie Sargoun ; nous n'avons donc pas à y revenir ici, et nous pouvons passer inimédiatement au règne de Sot' manassar.
Cherchons dans l'Ecriture sainte les passages qui le concernent. Nous lisons dans le yy Livre des Rois (ch. xvii) :—l.Èn la douzième année d'Achas, roi de Juda,0$ée (5nrn)i fils d'Ela, régna sur Israël, à Samarie, pen-dant neuf ans, — 3. Salmanassar, rot des Assyriens, monta contre lui, et Osée fut as* servi à Salmanassar, roides Assyriens, -et illui envoyait des tributs.
Le roi d'Israël, comme le fit plus tard le roi de Juda, crut s'alfranchir de la domination assyrienne en se jetant dans les bras du roi d'Egypte, Soua (nx), Sabacon, roi d'Ethiopie). 11 cessa de payer le tribut, et la guerre éclata, guerre dans laquelle Osée fut fait prisonnier et chargé de fers(v. 4).
5. Salmanassar ravagea toute la terre, et, montant à Samarie, il l'assiégea pendant trois ans, — Or, en la neuvième année d*Osée, U roi des Assyriens prit Samarie, et transféra les Israélites chez les Assyriens, etc.
Au chapitre xvui nous lisons encore :
9. En la quatrième année du roi Ezéchias, qui était la septième année d'Osée, fils d Ela, roi d'Israël, Salmanassar, roi des Assyriens, vint à Samarie, l'assiégea, — 10. et la prit. C'est après trois ans, en la sixième année du roi Ezéehias, c'est-à-dire la neuvième année d'Osée, roi d'Israël, que Samarie fut prise.
Nous n'avons pas d'autres passages de l'Ecriture concernant Salmanassar, car c'est à tort, nous le croyons du moins, qu'on a cru retrouver le môme personnage désigné dans le verset 14 du ch. x d'Osée (-.un Tm'rrrS.i hionn n>3 ]aStzr TOû) : Et toutes les forteresses seront dévastées comme Schalman a détnUt Beith-arbel.
Nous n'avons donc à discuter que les dates renfermées dans le passage que je viens d'extraire du Livre des Rois,
Achaz, roi de Juda^ a régné de 742 à 722
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DES ANTIQUITES BIBUQUES.
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année de son règne tombe en
la première année du rèçne
d'Ela , roi dlsraël ; celui-ci a
s ; donc il est resté sur le trône
est contre hii que Salmanassar,
se mit en campagne ; Osée fut
connaître la suprématie assy-
payerun tribut annuel a Salma-
tant sur l'assistance du roi Sevek
il refusa bientôt de payer, et la
, Osée fut fait prisonnier et Sa-
litale fut assiégée par le vain-
ige dura trois ans. Dans la neu-
d*Osée, c'est-à-dire en 721,
omba, et ses habitants furent
1 Assyrie.
suivant (v. 9) place le commcniége de Samarie à la septième le d'Osée, quatrième du règne
ant régné de 727 à 698, la cin- ) de son règne a pu commencer leptième d'Osée est également fie bien de 723 qu'il s'agit. D'un rapprochement de la date 723, siège de Samarie a commencé 721. à laquelle cette ville a été
que les trois années de siège Thcriture, n'ont pas été accoma compté trois années, parce que nnée a été simplement entamée.
iQcation surabondante, nous feiier que la date de la prise de
parle v. 10 du ch. xvu, à l'anl'Ezéchias, neuvième d'Osée, se î reportée à 721. Tous les ren- ;hronologiques fournis par TE- )rdent donc à merveille pour » que nous venons d'établir.
permettrons néanmoins queltions de plus à propos des dates échias, roi de Juda.
dans le li' Livre des RoîSy ch.
lans la troisième année (VOsée, d'Israël^ Ezéchias, fils d'Akhas, ievint roi, — 2. // était âgé de \ quand il devint roi, et il régna s à Jérusalem, — 3. Il fit ce qui yeux de V Eternel, selon tout te David avait fait. — 7. L Eternel artout où il allait, il prospérait ; mtre le roi d Aschour^ et ne lui ijetti, côté, nous lisons dans le môme
Achaz était âgé de vingt ans \t roi, et il régna seize ans à
des Chroniqxies dit de même Ezéchias devint roi à 23 ans et uuf ansy et qu* Achaz, âgé de nd il devint roi, régna seize ans.
;, si exactement répétés de part imblent bien authentiques ; et ^ons ce ((qu'ils impliquent, lit vingt-cinq ans lorsqu il monta tchaz, son père, en avait vingt ent, et il a régné seize ans. Il ri à trente-sii ans ; et puisque ias avait vingt-cinq ans lorsqu'il
lui succéda, Achaz avait eu ce fils h 16 ans. Ceci nous parait bien difficile à admettre, et nous sommes forcés de convenir une fois de plus que le vrai peut quelquefois n'être pas vraisemblable.
Le verset 1 du chap. xvni du //• Livrt ^ des Rois, dont nous avons rappelé plus haut la ' teneur, identifie la 3* année d'Osée avec la r* d'Ezéchias, et cette identification est parfaitement juste puisqu'Osée est monté sur le trône en 730, et Ezéchias en 727.
Jusqu'ici nous n'avons pu préciser que Tan* née dans laquelle Salmanassar reprit la campagne contre Osée après la tentative d'affranchissement de celui-ci. Nous n'avons pas mieux pu désigner l'époque à laquelle Salmanassar vint pour la première fois sur les terres d'Israël, et réussit à imposer un tribut à Osée. Nous allons essayer tout au moins de rétrécir les limites du temps dans lequel ces événements se sont accomplis
Nous lisons dans le //• Livre des Chro* niques (ch. xxix, xxx, xxxi) les détails du rétablissement du culte de Jéhovah, ordonné
Car Ezéchias dès le jour de son avènement, e temple fut purifié ; le corps des coheni/n et des lévites rentra en fonctions et la célébration de la pâque qui ne put avoir lieu au 1" mois du règne d'Ezéchias. parce que le concours des fidèles à Jérusalem ne paraissait pas suffisant, non plus que le nombre des cohenim et des lévites en fonctions, fut remise au 2* mois.
C'est donc en 727 que cette pâgue fut célébrée si solennellement. Ezéchias y avait fait convier par de nombreux messagers tout le peuple d Israël. Il les rappelait au culte du vrai Dieu, leur affirmant que c'était le seul moyen de détourner la colère de Jéhovah et d'obtenir de sa toute-puissance le retour parmi eux de tous ceux qui étaient en captivité en Assyrie. Jéhovah, leur disait- il, reviendra vers le reste, qui parmi vous a échappé de la main des rots d'Aschour (^3 Sd «isa
pé
iVCK) (xxx, 6). Ceci nous donne à penser que l'expédition dfe Salmanassar avait eu lieu déj^i en 727. En effet le pluriel les rois implique à ce qu'il semble les invasions de deux rois au moins, et l'Ecriture ne nous mentionnai que Thcglatli-phalasar et Salmanassar; ainsi, très-probablement, dès la 1'' année de son règne, Osée fut soumis au trihul que lui imposa, les armes à la main, le roi d'Assyrie.
De plus, dès cette proinière invasion, des captifs, en assez grand nombre, furent emmenés en Assyrie.
L'appel d Ezéchias fut peu écouté par les Israélites. Les tribus d'Issachar, de Manassé et de Zabulon étant seules venues à Jérusalem pour la célét>ration de la PAque, tous les autres sujets d'Osée renvoyèrent avec des railleries les messagers du roi de Juda. Il est donc probable qu'è| cette époque les Israélites s'étaient plies au joug assynen et si bien qu'ils avaient abandonné le culte de leurs pères.
Passons maintenant aux renseignements que nous fournit le livre de Josèphe.
Nous lisons au livre IX, ch. xiii, que Salmanassar, roi d'Assyrie, marcha contre Oiée,
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t>lCtlONNÂlRt:
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Voi d*Israël, qu*il le défit en bataille rangée, le soumit et le rendit tributaire.
La 4* année du règne d'Osée, dit Josèphe, commença le règne d'Ezéchias. Nous avons tîité un verset de l'Ecriture sainte, qui place la i'* année d*Ezéchias en coïncidence avec la troisième d'Osée. Ici donc Josèphe a commis une légère erreur d'une année. L'historien juif raconte ensuite la célébration de la Pûque solennelle qui eut lieu è Jérusalem par la volonté d'Ezéchias, lequel, dès qu'il fut sur le trône, songea à rétablir dans tout son éclat le culte de Jéhovah. S'il faut en croire Josèphe, les envoyés d'Ezéchias en Israël furent non-seulement reçus avec irrévérence, mais encore mis à mort ! Le roi d'Assyrie, ajoute Josèphe (ch. xm, n* 3l, envoya auprès d'Ezéchias des ambassadeurs pour le sommer de lui payer le tribut annuel que lui payait son père, s'il ne voulait voir renverser sa puissance. Mais Ezéchias, soutenu parles paroles du prophète isaïe, ne se laissa pas intimider par les menaces du roi d'Assyrie.
Ce roi ne peut être évidemment que Salmanassar, puisque la 1^* expédition de Sal-manassar contre Osée est certainement antérieure à l'avènement d'Ezéchias. L'injonction du roi d'Assyrie dut être portée à lEzéchias dans l'année même de son avènement, c'està-dire en 727 ou 726.
Josèphe (ch. xiv), poursuivant son récit» dit que Salmanassar, instruit des projets d'alliance contre lui, du roi d'Israël avec Soa (î»»c), roi d'Egypte, fit marcher ses troupes contre Samarie, dans la V année du règne d'Osée. L'entrée de celte ville lui ayant été irefusée, il en fit le siège, et réussit à s'en rendre maître dans la 9' année du règne d'Osée, 7* du règne d'Ezéchias, roi de Jérusalem. Ainsi finit le royaume d'Israël, dont la population fut transportée en Médie et en Perse. Le roi Osée fut emmené vivant parmi les captifs. La 7* année du règne d'Osée est bien 723. La 9*, par conséquent, est 721, et cette 9* année se trouve designée comme la 7* d'Ezéchias. Ezéchias avant commencé à régner en 727, la 7* année de son règne a commencé six ans plus tard, c'est-à-dire encore en 721. Tous les chiffres déduits de l'Ecriture sainte et de Josèphe sont donc parfaitement d'accord.
Nous devons h Josèphe (ch. xiv, n" 2) quelques renseignements historiques, que nous ne trouvons que dans son livre.
«r Le roi d'Assyrie, dit-il, fit une invasion armée dans toute la Syrie et en Phénicie ; aussi son nom se trouvc-t-il inscrit dans les Archives tyrifsnnes, à cause de l'expédition uu'il fit contre Tyr, lorsque Eloulacos régnait dans cette ville. »
Josèphe cite ensuite un passage de Ménandre, auteur d'Annales et traducteur des Archives iyriennes, qui dit : « qu'Eloulacos , nommé Pyas, par les Tyriens, régna trente- .six ans. Les KittAiens ayant essayé de se soustraire à la domination tyrienne, Eloklaïos envoya contre eux une flotte qui les fit rentrer dans le devoir. Alors le roi d'Assyrie Diarcha à son tour contre eux et contre toute
ta Phénicie. En peu de temps il m la paix avec toutes les popohMf ciennes, et il se retira. Dans c«fti tance, Sidon, Aceo, Tjr raocicaiLi bre d'autres villes se rendireid rie ; mais les Tyriens avant mettre à lui, il leur déclara de guerre, en s'aidant d'une flotte èl seaux, et 800 rameurs tout éqDpsi avaient été donnés par les PbéDiaa]
« La flotte tyrienne. forte sa' 12 navires, alla au-devant deb rienne qu'elle détruisit presque Cette bataille navale fit grand ' marins tyriens. Revenant eDCore la charge, le roi d*Assyrie Gt prâii per les cours d'eau et les aqueduei duisaient dans la ville l'eau p<4* saire aux Tyriens. Ceux-ci furetfi creuser des puits dont ils burent Ir dant cinq années. Tels sont les ments que les Annales lynemut; sur le compte do Salmanassar.
Il ne nous reste plus qaï véritable forme du nom de Sali
La version grecque de Tobie m\ Enemessar, tandis que la Vul^letslj syriaquesontd'accord pourécriTeSr Le texte hébraïque écnl iû -a t:i serverons donc l'orthographedeM
On trouve dans les Lexiques tzi par les mots verecundus ergs ip£ envers le feu). Mais nous a* cilement cette version. Nous que Salman était le véritable n«l que assyrien, dont le titre royil; sar, le roi; d'où il résulte que serve par l'Ecriture, signifiait
Nous avons mentionné déjà v^ l'Ecriture {Osée, x, 14[, où il est.
la défaite subie à Arbele, paruBJ assyrien nommé Salman, et iut commentateurs ont cru retrouver man-asar. Nous ne croyons pascSk* fication permise; rien<)*ailleuisK^ suggérer que la ressemblance duitf^ avec le nom de Salman-asar ; e\\^ titre a^ar, ne nous semble pas m»!
soit possible de considérer comi>*' portance: nous verrons d'ailleaffj quel peut être ce Salman du Unti
Les auteurs de VAri de vérifif}:
rapportent à Tannée 720 rassociH*' et de Soua (Sevek). Ils fixent dep^j de Salmanasar à 712. Toute la dis précède réfute sufiisanriment cette < ne nous paraît pas soutenableenfKd^ les passages que nous avons extnils 'F' ture sainte.
n^gne des rois de Babylone. — Jkids** cinq ans, de 726 à 721. ~ Kàneir^ cinq ans, entre 731 et 726. — ^^0 ans, de 733 d 731.— Temps derriik
Revenons maintenanlde NimvekM
Nous avons, à l'aide du CoiMie
mée et des observations d'éclipsés '
fixé la prmièro année du rèsnedelh
Béladon à l'année 721.
CiSR
DES ANTIQUITES BIBLIQUES.
cim
3fî6
Ce prince citait (ils de Bôl-adon, comme nous rapprend l'Ecriture; c'est là un fait qu'il n'est pas possible de révoquer en doute, et cependant son prédécesseur immédiat porte dans iMSption de Ptolémée, le nom d'Iloulàlos (lovX«fi>riMs. de Paris et Syncelle,iX>ou- Imilç^ variante du Syncelle).
*Le prédécesseur de Merodakh-Bôladon ne lût donc pas son père, lloulaïosa régné cinq ans, c'est-à-dire de 726 à 721.
Quelle est la forme véritable du nom de ce princeT II n'est pas facile de la deviner.
Nous avons vu plus haut qu'un fragment de Ménandre, conservé par Josèj)he, donne
Rrécisément le même nom à un roi de Tyr. ous en pouvons conclure que ce nom porté par un prince phénicien devrait, comme tous les noms phéniciens, comporter une signification puisée dans la langue phénicienne ou hébraïque ; mais nous renoncerons prudemment à chercher cette signiQcation. Nous nous contenterons d'écrire //ou/aï.
Avant Iloulaï ont régné ensemble pendant cinq ans deux princes nommés Khmzer et Por ouPyr (&cv(i}/io; >a{ nû/&oç, Ms. de Paris et Stncklle, KivCq/ioc xoei tivppoç. Variante du Stncbll^. Ces deux pnnces furent-ils deux frères ou deux associés? Il ne nous est pas possible encore de le décider; mais nous pouvons espérer que les textes originaux asagrriens, fournis par les inscriptions cunéiformeSv nous l'apprendront un jour.
Quoi qu'il en soit, nous inscrirons entre 731 et 726 deux princes co-régnants appelés Kbinzer et Por ou Pyr.
Enfin, avant Khinzer et Por ou Pyr, nous trouvons dans le Canon de Ptolémée un sou- Terain nommé Nabios ou Nadios(Nâ6iOf, Stn- CBUB, Na^Mç, Ms. de Paris), auquel reviennent deux années de règne seulement. Dans le Syncelle, ce chiffre n'est pas fixé d'une manière absolue, car le règne de Nabios est porté à deux ans, puis à huit ans. Comme nous ne pouvons nous écarter de la copie du manuscrit de Paris, nous sommes assurés que le règne de ce prince a duré deux ans.
Quant è son nom, nous ne pouvons que proposer de lui conserver la forme Necêc jusqu'à ce que des faits nouveaux viennent éclaircir la question. Nabi a donc régné de 733 à 731 . Avant lui vient immédiatement Nabonassar, chef de la dynastie chaldéenne de Babylone, dont nous nous occuperons un peu plus loin.
Du fait que les règnes de Nabi, de Khinzer, de Pyr et d'Iloulaï, ont pris ensemble douze ans seulement, on peut conclure que ces règnes n'ont pas été exempts de traverses. Il n'est guère possible que quatre souverains se soient succédé en douze ans, sans que des révo-
(61) i*ignore où les auteurs de V Art de vérifier ieê iftflM ont puisé les renseignements qui leur oui Tourni la liste suivante : 733 Nadiiis, 751 Gliinzirus, (ils ou frère de Nadius, 7^8 Porus. 726 iu^ée, 721 Mardokem père, très-probablement le Mèro<lach-Ballad:iii de l*£criture : liste dans laquelle Chinziruseï Porus te sont succédé au lieu de réi^ner en même temps.
(6i) Ceci est la traduction rigoureuse du texte
qtie vciiri : M>nn T)7z "h "TTyS 'twh ^sSo-Sy Tmr
*pan rho; la traduction de la Vulgate qui porte DirnoNN. DES Antiquités Bibuqves.
lutions aient renverse les uns pour exalter les autres. Si nous ajoutons à cette considération cette autre considération que Mérodakh- Bêladon était fils de Béladon, et que celui-ci n*est très-probablement, ainsi que nous le verrons, que Nabonassar, nous serons conduits à penser au'à la mort de Nabonassar, son fils Mérodakn-Bèladon fut écarté pendant douze ans du trône parjune dynastie d'usurpateurs composée des quatre princes. Nabi, Khinzer, Pyr et Iloulaï, après Texpulsion desquels il rentra en possession de la couronne qui lui avait été enlevée (61).
Quittons maintenant Babylone pour revenir à Ninive.
Jtêgne des rois de Ninive, — Qui est Teglath^
phalasar? — Son invasion en Syrie en 742.
— Son nom est Téglat-fala-sar. — Autres
rois de Ninive, — Phoul; son expédition en
Israël en 770.
Quelques passages de TEcrilure sainte sont relatifs à un roi d'Assyrie plus ancien que Salmanasar. Les voici :
// Rois, XV, 27 : Dans la cinauanle-dtuaiè' me année d'Azarias, roi de Judée, Phacée, fils de Roméliahf devint roi d'Israël à Samarie^ vingt ans,,, — 29. Du temps de Phacée, roi d'Israël, Tiglath'Phalasar vint etprit Ayonet Abel'beth'Maacha, Janoé, Kedech, Alsor, Galaad et la Galilée, tout le pays de Nephtali, it il transporta tous les habitants en Assyrie,
Un peu plus loin (ch. xvi, v. 1) nous lisons encore : — 1 . Dans la dix-septième année de Phacée, fils de Roméliah, Akhaz, fils de Joathan, roi de Judée, commença à régner, — 5. Alors Batzen, roi d'Aran, et Phacée, fils de Roméliah, roi d Israël, montèrent contre Jérusalem à la guerre ; ils assiégèrent Akhaz, mais ils ne purent combattre,,, — 7. Akhaz envoya des messagers à Tiglat h- Phalasar, roi d'Âssour, pour lui dire : Je suis ton serviteur et ton fils; monte et délivre-moi de la main du roi aAram et de la main du roi d'Israël , qui i'élèvent contre moi,,, — 8. Akhaz prit Varaent et l'or qui se trouvait dans la maison de VEtemel et dans les trésors de la maison royale, et l'envoya au roi d'Assour comme don,,. — 9. Le roi d'Assour y acquiesça et monta à Damas, la prit et en transporta les habitants à Kyr, et fit mourir Ratzen. — 10. Le roi Achaz alla au-devant de Tiglath- Phalasar, roi d'Assour, à Damas, etc., etc.
Dans le //• Livre des Chroniques (cli.
xxvni) nous lisons : — 16. En ce temps, le roi Akhaz envoya vers les rois d'Assour pour leur demander des secours (62). — 20. Thelgath- Phalnasar, roi d'Assour, vint contre lui, le mit dans la gêne et ne l'assista pas (63) . — 21. Car Akhaz avait dilapidé la maison de
ad regem Aêêyriorum, est donc peu correcte. Eslce le texte original, est-ce la Vulgate qui a tort ? Il ne m'appartient pas de le décider.
(65) Voici le texte : — jfîD nawSs mSn rSsr K^n ^ptn ïfrf'h nx^ -mrK. La Vulgate traduit: Adduxitque contra enm Thelgath'Plialnasar, regem Asigriomm, qui et afflixit eum, et nutto resistente vastavii» — Il est, je pense, permis de déclarer qu*il y a là un contre-sens.
CIIK
DICTîONNAmE
cnu
Jéhovah et la maison du roi et des princes, et en avait donné au roi d*A$sour, ce qui ne lui fut d'aucun secours.
Discutons ces passages. Le règne de Phacée, roi d'Israël , commença la cinquantedeuxième d'Âzarias, roide Juda. Azarias ayant régné de 810 à 759, c'est précisément l'année 759 qui est à la fois la cinquante-deuxième et la dernière d'Azarias, et la première de Phacée. Joalham et Phacée sont donc arrivés au trône dans la même année, le premier à Samarie, et le second à Jérusalem.
Le règne d*Akhaz commença dans la dixseptième année de Phacée ; nous devons donc E lacer Tavénement d'Achaz 'h Tannée 743. orsque ce prince succéda à son père Joatham, celui-ci était déjà en guerre avec Phacée, roi d'Israël, et avec Ratzen, roi d'Aram ou cTEIam, car nous lisons dans le //• Livre des Rois (xv, 37) : En ce temps-là, VEtemel commença à envoyer contre Juda, Ratzen, roi d*Aram , et Phacée , fils de Roméliah. — 38. Joatham se coucha avec ses pères, et fut en* seveli avec ses pères dans la ville de David, son père, et Akhaz, son fils, régna à sa place. Akhaz trouva donc son royaume menacé par deux puissances ennemies. Se jeter entre les bras (les Assyriens était un moyen sûr de détourner Torage ; il n'hésita pas à provoquer l'intervention armée de Théglat-Phalasar, intervention qu'il paya grassement. Le roi d'As- . Syrie s'empressa de saisir cette occasion de conquérir le pays d'Aram et la Judée. Il se mit en campagne, prit Damas, capitale du roi Hatzen,quifut mis à mort, y reçut la soumission d' Akhaz, qui vint en personne lui rendre hommage, et parcourut ensuite, le glaive à la main,' toute la Judée, dont une ))artie de la population fut emmenée en captivité.
Puisque le roi Akhaz trouva la guerre entamée, il dut probablement appeler le roi d'Assyrie à son secours, peu de temps après son accession au trône. Nous pourrions donc fixer à l'année 742 l'entrée en campagne de Tbéglath-Falasar, la prise de Damas, la mort de Rathzen (64) et la dévastation de la Judée, si nous n'avions pas d'autres renseignements que ceux c[ui nous sont fournis par l'Ecriture sainte.
Voici maintenant ce que nous trouvons dans Josèphe {Antiq, Jud., IX, xn) : Joatham mourut à quarante et un ans, après en avoir rémé seize. Il eut pour successeur son fils Achaz, lequel imita l'exempledes rois d'Israël, et sacrifia aux faux dieux, immolant son propre fils par le feu, suivant la coutume chananéenne.ll fut alors attaqué par Arazès, roi de Damas, et par Phacée, roi des Israélites, qui s'étaient ligués contre lui. Ceux-ci le forcèrent à se retirer dans les murs de Jérusalem, où ils le tinrent longtemps assiégé sans pouvoir s'emparer de la place.
Le roi de Syrie ayant pris Aïlath, ville située sur la mer Rouge, en ut massacrer les habilants, qu'il remplaça par une colonie de Syriens. Puis, après avoir mis à mort une mul-
(64) Nous nous bornerons à faire remarquer qtie les auteurs de VArl d^ vérifier U$ dates, aflirmeiil que Ratzeu se soumil volontairement à Thégbth-
titude de Juifs dans les places fortes ou dans les catnpagnes, il s'en retourna à Damas avec un riche butin. Le roi de Jérusalem, à la nouvelle que les Syriens s'étaient retirés, se crut en mesure de faire tête aux forées du roi d'Israël. Il marcha donc contre lui avec son armée, et subit une effroyable défaite; car, dans une seule journée, 120,000 Juifs furent égorgés par les Israélites, dont le chef Zacharias tua de sa propre main Amasias, fils du roi Achaz, dans la bataille. Une foule de prisonniers de tout âge et de tout sexe iut ensuite emmenée à Samarie (n. 2). Ce fut alors Ju'Achaz, affaibli par cette défaite, envoya es ambassadeurs au roi d'Assyrie Théslaphalassar (sty'kafOLkixrvap^ç), pour b supplier de contracter avec fui un traité d'alliance offensive et défensive contre les Israélites et les Syriens, en promettant de lui payer une somme considérable. De riches présents étaient portés à l'avance par les ambassadeurs d'Achaz.
Théglath-Falasar s'empressa d'accepter les offres du roi de Juda ; il se mit incontinent en campagne, battit les Syriens, prit Damas, et mit a mort le roi de Syrie Arazès. Les habitants de Damas furent transportés dans la Médie supérieure, et une colonie assyrienne occupa leur ville.
Vint ensuite le lourdes Israélites, don! te pays fut ravagé. Une multitude de captifs fiit également transportée en Assyrie. Alors Achaz dépouilla le temple du Seigneur, il vida le trésor royal, et vint à Damas offrir au vainqueur le prix do son assistance ; puis il ^etou^ na dans sa capitale, où il continua à servir les dieux des Syriens vaincus. Peu après, il fut lui-même attaqué et battu par l'Assyrien, qui lui imposa son culte. Enfin Achaz mourut à trente-six ans, après un règne de seize années.
Ces faits sont d'accord avec l'Ecriture sainte, où presgue tous se trouvent consignés , soit dans les Rois, soit dans les Chroniques,
Toutefois nous devons faire observer que le siège de Jérusalem fut long , que Ratzen eut le temps de ravager le pays , et de regagner Damas avec son butin. Achaz, se croyant délivré de Tun de ses ennemis, se mit en campagne contre Phacée, et essuya une cruelle défaite.
Ce fut alors seulement q[u*il appela Théglath-Falasar. Or tous ces ftits n'ont pu s'accomplir, ce me semble, en moins d'une année: lî'est donc vers 742, au plus tôt, qu'eut lieu l'invasion du roi d'Assyrie en Syrieet en Israël.
Le chapitre xi de Josèphe contient un passage relatif à la môme expédition de Théglath-Falasar, et dont voici la substance.
Le roi d'Assyrie nommé Théglaphalasar, étant entré en campagne contre les Israélites, soumit toute la terre Galadène , le pays au delà du Jourdain, la Galilée, Cydiza et Azora, en emmena les habitants en captivité » et retourna dans son pays.
Evidemment nous avons ici une contre* p.utie du vers. 29 du chapitre xv du i/*
Palasar; ils n*avaicnt prohattlement pas lu le v. 9 (lu cil. wi du Livre II* des Rois.
cim
cnn
JU'rre des Rois; et Josèphe aura parlé une
{iremière fois , en s'occupant de Phacée , de 'expédition qu'il raconte encore en s'occupant d'Achaz.
Le n|pD de souverain de Ninive, dont nous Tenons de nous occuper, est écrit de trois façons différentes dans les Livres sainls : rhzT) im rhsn, nD:h^ ruSn. noî^*®. Josèphe l'écrit B9yXBi9aku99a^ ç. C'est donc à la variante dans kquelle se trouve la forme nSon, Téglath, que nous devons donner la préférence.
Voici ce qu'en dit Cahen (noie au vers. 29 du chapitre xv du //• Livre des Rois) : « tdiAd rhsn Tiglatte-Pelisser ; au chapitre XVI, vers. 7, ce nom est écrit no^ nSjin ; II ChroH. ch. v, vers. 6 et 11; ch. xxvin, vers. 10, il y a -roSs. La première partie de ce nom parait, selon les meilleurs commentateurs, être Diglath, le Tigre. La seconde partie signifie, d'après Gesenius , qui cite des analogies, dominateur ; ainsi le maître, le do^ winateur du Tigre. »
Nous ne saurions admettre l'existence de pareille inversion dans la composition d'un nom proore. Nous aimons mieux regarder le mot Tiglat comme le nom du roi , et ne voir qu'un titre ou surnom dans le composé ^, nOK, où entrent les deux mots h Sa, viradmi^ ro6t7îf , et no ffrince ; ce qui nous donne le nom significatif, Tiglat le prince admirable. Nous adopterons donc l'orthographe définitive, Tiglat' falarsar.
Poursuivons l'étude des passages de TEcriture sainte relatifs aux rois de Ninive.
Dans le //* Livrti des Rois (ch. xv) nous Hsun'» : — 17. Dans la trente^neuvième année d'Azarias, roi de Juda, Manahem, fils de Gudi^ vint à régner sur Israël {et régna) dix ans à Samarie. — 18. Il fit ce qui est mal aux yeux de V Eternel; il ne se détourna pas des péchés de\Jéroboam, fils de Nabat, qui avait fait pécher Uraèi toute sa vie.— 19. Foui, roi éF Assyrie^ vint contre le pays, et Manahem donna à Foui 1000 kikars d'argent pour que êtê mains fussent avec lui pour raffermissement delà royauté ensa main. — 20... Le roi d^Assour s*en retourna, et ne s'arrêta point au
ka trente «neuvième année d'Azarias tomiMint en 771, Manahem a régné de 771 à 761. Malheureusement rien ne précise dans ce précieux passage l'année de Manahem dans laquelle eut lieu l'expédition de Foui. Seulement nous devons faire observer que Manahem demande au roi d'Assyrie d'affermir son autorité royale, et cette demande, par sa nature même, prouve qu'elle dut être faite au commencement du règne de Manahem. D'ailleurs l'accession de celui-ci au trône avait été précédée de deux règnes fort courts: celui de Sellum , d'un mois ; celui de Zacharie, de six mois; et ces deux règnes avaient été eux-
mêmes précédés d'un interrègne de douze ans. Le trône d'Israël était donc bien ébranlé lorsque Manahem vint s'y asseoir, et les révolutions successives dont le pays venait d*étre coup sur coup le théâtre , avaient dû tout naturellement éveiller dans la pensée du roi d'Assyrie l'envie de s'emparer du pays dlsraël. Il y a donc quelque raison d'admettre que l'expédition de Foui eut lieu vers 770 (65).
Voici comment Josèphe expose le même fait (liv. IX, ch. xi).
Il raconte d'abord comment Manahem mit à mort Sellum , meurtrier et successeur d'Azarias. Manahem, chef de l'armée, était h Tharsa à l'époque de cet attentat. Il marcha sur-le-champ sur Samarie avec toutes ses troupes, défit l'armée de Sellum, qui périt lui-même dans le combat. U prit alors la couronne, et après s'être fait reconnaître roi d'Israël, il marcna sur Thapsa. Mais cette ville lui ferma ses portes, et Manahem, pour se venger de cet affront, se mit à ravager tout le pays par le fer et par le feu : en même temps il assiégea Thapsa, dont il se rendit maître, et dont tous les habitants furent passés au fil de l'épée, sans distinction d'Age ni de sexe. Une pareille barbarie eût été impardonnable envers des ennemis ; mais envers des compatriotes, elle est abominable. Manahem, ayant signalé de la sorte le début de son règne, resta dix ans sur le trône , donnant tous les exemples de la perversité et de la cruauté.
Foui, roi desAssyriens, lui ayant déclaré la guerre, il n*osa pas le recevoir les armes à ia main, et se débarrassa de l'ennemi en lui faisant compter pourprixde sa retraite la somme énorme de 1000 talents d'argent. Pour parfaire cette somme, chaque tête dut être imposée de 50 drachmes. Après ces événements, il mourut à Samarie, laissant le trône à son fils Phacéias. Celui-ci, héritier de la cruauté de son père,fut assassiné dans un festin par Phacée, fils de Romélias ; ce Phacée, pendant un règne de vingt ans, fut comme ses deux prédécesseurs un modèle d'impiété et d'iniquité.Ce fut contre Inique marcha Théglaphalassar.
On voit que ce récit de Josèphe, s'il lyouto quelques détails à ceux que nous avons extraits de l'Ecriture, ne fixe pas plus rigoureusement la date de l'expédition de Foui contre le royaume dlsraël. QManX à l'orthographe que nous devons adopter pour ce nom, elle nous est donnée par l'Ecriture sainte, et nous ne nous en écarterons pas (66). Art. IX. — Règne de Nabonassar.— Il règne Quatorze ans, de m à 12i avant J.-C, —' uoù vient Vère qui porte son nom. — Son vrai nom est NaboU'Natzar. — Discussion ^ur le règne de Sardanapale^ diaprés Diodore, — Cest le Khin-al-adan de VE-
(65) Nous ne pouvons tirer aucun p^rli, cliroiiologiquement pariant, ilu verset 26 du ch. v du /'' Lêire de* Cnroniquei «pii est ainsi conçu : Alors le Dieud'Uraêl excita CaprUde Fout, roid'A»$OHr, et reiprit de Tiglath Pilneit$ar, roi d^A$ionr, qni expulsèrent Ruben\Gad,et la demi-tribu de Mùitassé;
iU les conduisirent à Khalakh, à Khabour, à Hara, et an fiAuve Goxan iustfu^à ce jour.
(66) Dans VArt de térifer les datet, Pul ou Phiil est donné comme !e clier d*une i* dynastie a^isy-. rienna. Fui est le père de Tiglal-Falasar ; il ««'st aftimilé à Sardanapalc U, et Tip;lat-FalaRar à Ni-
CIIK
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criiure. — Prophétie de Kahoum contre ' Ninive. — La rttle de Nô-Amoun est Thè-
beê. -T- Ce qu'en -disent Jérémie et Tobie.
--Ninive fut détruite en 625 avant J.-C. —
Témoignage d'Hérodote et de Ctésias.
U nous resle,pour avoir rempli le cadré que nous nous étions proposé, h discuter les dates (lu règne de Nabonassar, fondateur de la dynastie chaldécnne. dont le Canon nous a été conservé par Ptolémée.
Nous y lisons que Nabonassar a régné quatorze ans (la copie de George le Syncelle porte vingt -cinq ans, mais c'est une erreur), c'est-à-dire de 747 à 733. Il estinulilcde rap-
{)eler ici que Tannée de Tavénement de Na- )onassar nous est donnée par divers calculs d'éclipscs de lune, et que par conséçiuent cette date ne présente aucune espèce d'incertitude.
George le Syncelle nous a()prend que les Chaldéens observèrent et notèrent avec le plus grand soin tous les phénomènes du cours des astres, à partir du règne de Nabonassar, et que les mathématiciens grecs ont tiré grand parti de ces observations précises.
n ajoute, d'après le témoignage d'Alexandre et deBérose, aue Nabonassar,après avoir fait recueillir tous les faits historiques des règnes antérieurs au sien, décréta qu'à l'avenir rénumération des rois de Chaldée ne commencerait qu'à lui, el fju'ellc serait rattachée, {>ar des calculs positifs, aux phénomènes célestes.
Telle est la raison pour laquelle le célèbre Canon de Ptolémée commence à l'avénement de Nabonassar, avènement qui eut lieu en 747, ainsi q^ue nous l'avons (lit.
George le Syncelle ajoute, du reste, que c'est à cette décision de Nabonassar qu'il faut attribuer l'impossibilité où se trouvent les chronographes de donner une liste des rois de Chaldée, autre que celle qui commence à Nabonassar.
VArt de vérifier les dates fait de Nabonassar le fils deBélésis, l'associé de la fameuse cons|)iration d'Arl^aces le Mède contre la puis- 8i\nce Ninivitt*.
Il y est dit, de plus, que la première année del'^re de Nabonassar comïnenqà le 26 février 747.
Il nous reste h fixer l'orthographe du nom de ce prince. Il est évident d'abord que ce liom comporte comme premier élément le uom divin de Nabou. Quant à l'élément final, je suis bien tenté d'y chercher le radical -iy^ custodivit, tuitus est. De telle sorte que ce nom signifierait Nabou Ta protégé, pour celui que Nabou a protégé. Nous* avons donc ainsi la forme régulière Nabou natzar,
su» Il ; de plus, Fui ect classé comme successeur immédiat du Sardanapale de Diodore cl de iusiin, que Ton assimil*^ à Empacnès, «lernicr roi il«* la I'* dyuaslje assyricunn, dont la liste a lïiccousorviH: avec plus ou muius d*allcralion par MoiscdeKIiorénc li par George le Syurelle.
EnQn , dom Calmet, dam son Dictionnaire de la Bibie, dit uu'on suppose que Foui Tut le père do SSardauapalir. S'il eu était réellonieut ainsi, le Sardanapale roi d'As^yriis dont il est question à propos
Si nous croyons Oeorg» le écrit' le nom de ce prince rait également porté le nom de mais le chronographe oublie ment de nous dire où il a puisé ce menl, qui ne nous parait pas di»
très-grande confiance.
Nous sommes arrivés h la linik du cadre oue nous nous élioib ici se présente de nouveau Ii d'un pomt historique ex^ ' tant.
Chacun devine que nous rooia»
de rhistoire du roi de Ninive, racontée par Diodore, et que nw pliquée à Sarac-Khin-âl-Adan..Va démontrer que TEcriture sainte dm moyens d'induction en fareur de nion.
Commençons donc par enregisliv passages sacrés qui partent de la troi^he qui frappa Ninive.
Plusieurs prophéties annoDeÎRitî de Ninive. La plus ancienne estcch Suivant l'opinion du savant rabbii' Jonas a prophétisé du temps de ' de Joas, lequel a régné oeSSi^ cette induction sur l'époque è du verset 25 du cbap. xivdu if Rois, I
Nahoum a également prophétisé»
nive, au temps de Manassé, fil»
comme il est dit dans le Sedcr dire de 698 à 643.
Voici un passage curieux du & d'Abarbanel sur les douze les:
« Nahoum est appelé EIkoschi, cause de son pavs et de sa ville, sué il n'y a pas de ville du nom ce mot vient de cpS» qtu sigiA
empêchement, comme disent les C'est pour cela qu'on appelle rpc*
tardive. Déjà Jonatham le ChakHa Nahcium a prophétisé sur Kinin-^^ prophétie qu a prononcée stir elle!
d'Amithaï, comme nous le verrotf prophétie. Nahoum aj-ant feit cette après Jonas, il estappelénzrcÂKlBI dif).»
Dans le sommaire qu'Abarbanel la prophétie de Nahoum, il s'eip « Annonce delà ruine de Ninive, royaume d'Assour. Ruine de SaoheA guerriers et de ses cavaliers, wrte f ont détruit les tribus d'Israël et leurpi^,
Les événements prédits parJonft^ houm à au moins quatre- vingt-sii itf ^ tance (car il y a quatre-vingt-six aiB *
d« la rëvolic île B«'le«i8 ei d'Arliarcs, ««fK^ ment celui qui aurait laissé usurper i Nate^ le royaume de KahyloiH*. Ce Nab(ta-aaui' ^ probablement alors Ikrlesis lui-iiiéiiif,««V>^ le ftls et succtMeur de Bel«sis. Alm U^ Béladon, Hls de Béladon» seraîl w«ll««*« de iNabou-natzar, moiiiciiunéfiiêai écarte * ' l>emlant douze ans par des usunoinn.ai en 7il. '^
CUR
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ralle entre la dernière année de Jéroboam et I* première de Menasse), constituent-ils un seul et môme événement, comme le dit Abarbrael Y C'est ce qu'il importe de constater avant tout. Veyonsdonc si les textes peuvent nous fournir quelque lumière à ce sujet.
Et d'abord, la catastrophe annoncée par Jonas est-elle arrivée ? Non. Le roi de Nimve finw2 ryOrfonoê^ m, 6), averti des prédications menaçantes de Jonas, ordonna une pénitence cénérale de son peuple, et Jéhovah ne frappa pas le coup qu'il avait fait annoncer.
10. Dieu vit leurs œuvres^ et qu'ils étaient retenus de leur mauvaise voie, et Dieu se repentit du mal qu'il avait résolu de leur faire ^ et ne V exécuta pas.
La ruine de Ninive prophétisée par Jonas n'a donc pas eu lieu.
Voici un premier fait dont nous devons prendre bonne note.
Passons à Nahoum. La version cbaldéenne porte : « Fardeau du calice de malédiction pour faire boire àNinive, contre laquelle a d'abord prophétisé Jonas, Gis d'Amitbaï, prophète de Gathkbder, sur quoi elle revint de ses péchés ; mais comme elle pécha encore, Nahoum vint prophétiser contre elle. »
La prophétie de Nahoum portait donc sur Ninive florissante, et que nulle catastrophe n'avait encore frappée.
Voyons ce que ait Nahoum (ch. i, v. 8) : Mais avec U(ne inondation qui passe ^ il ruinera la place^ et il chasse ses ennemis dans les ténèbres.
N'y a-t-il pas là une prophétie évidente de cette inondation fatale qui renversa les remparts de Ninive, et qui enleva toute chance de salut au roi Sardanapale? Je n*hcsite pas à le croire.
Voyons -ce que disent les versets suivants : -^••^ife méditez-^ous contre Jéhovah; il consomme la ruine; il ne s' élèvera pas une seconde fais uneiribulation.
10. Car^ entrelacés comme des ronces^ ils aofU consumés comme h paille entièrement sMte,
La parole du prophète est terrible. Jéhovah les'y prendra pas à deux fois pour consomma la ruine de la ville maudite; et l'iacendie consommera l'œuvre de l'inonda-
ti(NiU
\È. Ainsi dit Jéhovah : Quoiqu'en sécurité et nombr-euXf ils seront abattiM et disparaîtroni ; j> t'ai châtié j je ne te châtierai plus.
La deuxième partie de ce verset semble s-adresser à Israël; la cruelle domination assyrienne lui a été donnée comme ehAtîment» et cette domination va èire anéantie.
13. Et maintenant, je briserai son joug qui pèse sur lot» et je délierai tes liens.
Ce verset est l'eiplicalion assez précise, à notre sens, de la phrase du verset précédent,.
14. Jéhovah Va ordonné sur toi; tàn nom ne se iransmettra plus- ; delà main de Dieu jt retrancherai les images taillées ou fon*
dues, j'en ferai ton tombeem, car tu es méprisé.
Tous les commentateurs admettent que ce verset s'adresse au roi d'Assvrie, que menace la prophétie, et cela parait évident. La Gn du Sardanapale de Diodore n'est-elle pas écrite dans ce verset?
Le chapitre n s'adresse d'abord au peuple de Dieu — 1. Célèbre, 6 Juda, tes solennités, acquitte tes vaux, car le pervers ne passera plus au milieu de toi^ il est tout exterminé.
— 2. Le destructeur monte contre toi; garde la forteresse, reaarde le chemin, affermis tes reins, recueille bravement ta force. — 3. Car Jéhovah rétablit f orgueil de Jacob comme Vorgueil d'Israël ; car les pillards les ont pillés, et ont coupé leurs ceps. — 4. Le bjoucUer de ses braves est rougi; tes gens àe guerre sont vêtus de cramoisi, le char étincelle de feu au jour du combat ; les dards sont empoisonnés.
— 5. Dems les rues, les chars i élancent; iU s'entre-choquent sur les places; leur aspect est comme des flambeaux, tls courent comme deséclairs. — o. H se souvient de ses hommes^ puissants; ils chancellent dans leur marche;: ils se précipitent vers la muraille, la- tortue est préparée. — 1. Les portes des fleuves sont ouvertes,et le temple s'évanouit. — 8. La reine est emmenée -captive, et ses esclaves soupirent, comme le roucoulement des colombes, se frappent lapoitrine. — 9. Et Ninive, depuis des jours, est comme un lac d'eau; voilà qu'ib fuient ; arrêtez ! arrêtez I mais nul ne se retourne. — 10. Pillez l'argent, pillez Vor, letrésor esi infini; dépouillez-la de tout vase précieux. — 11. Yidée t et dévastée! et détruite I le cœur tombe en défaillance, les genoux chancellent, ta souffrance est dans tous tes reins, la face de tous se couvre de rides^
Je n'ai pu résister au plaisir de citer ces^ terribles images de dévastation, rendues en si. magnifiquesparoles parle prophète; on me le pardonnera, i'espere.
te second verset, celui oui dit : Le destruc^teur monte contre lui, s'adresse, selon toute apparence, à l'Assyrien. A partir du verset 4,il . est encore question deVarméequi défend Ninive, puisque : Ses chars courent dans les rues^ ets'entre-choquent sur les places. Us courent aux murailles, il est trop tard; ta tortue est préparée, l'assaut commence ; les fleuves^ ont eux-mêmes ouvert la brèche ; le temple s'évanouit, et le pillage de la vilU inondée commence.
Je le demande encore, est-il possible de trouver une description plus explicite, plus poétique de la rume de Sardanapale et de Ninive ? Concluons donc que la catastrophe jM-édite par Nahoum est bien la ruine de Ninive accomplie par Nabou-pal-atzar et le roi des Mèdes, Cyaxare, en 625.
Nous le répéterons encorc^on ne détruit une ville florissante qu'à la condition iju'elle est debout et "florissante au moment ou la frappe la ruine qui l'anéantit. Si donc, en 626, Ni nive a été détruite de fond en comble, c'est (|u aucun malheur de ce genre ne l'avait acc&. blée encore.
CHR
niCTlONiNAIRE
CHU
Au chap. iri se présente un fait Irës-impor-r tant à consigner.
Le prophète s'adresse encore à Ninive, et lui demande $i elle est meilleure que Nô^Af/ioun, pci< lo assise parmi les canaux^ ayant de reau aiitour d'elle, dont le Nil est la force, qui a le Nil pour muraille ?
9. Couch(i Ethiopie) était sa force, et les Egyptiens, les Ponts et les Loubim étaient ses soutiens. — iO. Elle aussi en exil est allée en captivité. Ses enfants aussi sont brisés au coin de toutes les rues : on a tiré sur ses plus illustres, et tous ses grands ont été marges de fers.
Quelle peutrètre, d'abord, la ville qui porte le nom de Nà-Amoun ? Quel est révénement auquel il est fait allusion? Ces deux questions méritent bien qu'on s'y arrête un moment.
Quant à la première Je lis dans la note de Cahen, au verset 8 (çh. m deNahoum) : «JV^- Amoun, appelée par les Grecs Diospolis;Nô, dit Wiener, ville forte et considérable d'Egyute qui, du temps de notre prophète» avait été ravagée parunconquerant.il y avait deux villes de ce nom : l'une dans la haute Egypte, Thibes ; l'autre dans la basse Egypte.En note, Wiener ajoute : pïx est le nom du dieu ég3rp-f tien iimoun. h2, Nô s\ga\&e portion, partie ; en copte, Nô signiGe cordeau pour mesurer. Dans Ezéchiel (xxx, 16), les Septante rendent Nô par AcooTTÔXic Juste dit que Nô-Ammon signifie le lieu d'Ammon (Mdetca demeurer). Le Chaldéen l'appelle Alexandrie. La plupart des commentateurs modernes pensent néanmoins qu'il; s'agit de Thèbes. »
pCK, Amoun, est effectivement le nom du dieu égyptien. Na ou No ne signifie pas, que je ssiche, portion, partie, et cette idée se rend en copte par To ou Toe ou Toi. Na est le pluriel de l'article possessif, de telle sorte que Na- Amoun sigi\ifierait exactement les choses qui appartiennent à Amoun ; mais nous n'avons vu nulle part que Thibes ait porté ce nom.
Probablement Juste a devipé juste qu(ind il a avancé que M6-Âmmon signifiait le lieu d'Ammon.in effet, nio signifie habitavit,d*oii me, mansio, habitation, et, dans ce cas, nous devons admettre que Nahoum s'est donné Ja peine de traduire pour les Hébreux le véritable nom égyptien de Thèbes, qiii était positivement Pxmante Amoun, le lieu d' Amoun. Il s'agit donc bien de Thèbes, et nous adoptons pleinement l'avis des commentateurs modernes.
Passons à la deuxième question. Quel est l'événement auquel Nahoum fait allusion?
Puisoue Nahoum a prophétisé entre les années 898 et 643, c'est d'un événement antérieur à 643 qu'il s'agit.
Remarcjuons d'abord qu'il est dit que Couch ou rKtbiopie était la force de Nd-Amoun ou de Thèbes, lorsque ôette viile a été mise è ^ec. La dynastie éthiopienne était donc alors mattitisse de TE^vpte, puisque le nom des VTTzAes Egyptiens, ne passe qu'au deuxième rang n.j* r^'sult^-Mi décela? Qu'ihagit
trèsrprobablement de la ehule dynastie éthiopienne. Qr» 5S3 M de la prise de TEgypte par 0 avons pour durée de ladjnasiie nastie qui succéda à la dynastie selon Eusèbe, 1 63 ans ; ce oui n»
faisant la sommes Tanim (M chute de la dynastie étUopieflR.
selon l'Africain, a duré qnaranie m, direde728à688.
Nahoum ayant prophétisé de M a parfaitement pu parier d'us arrivé en 688, et noussommesain resserrer les limites du temps 4b cette prophétie a été écrite ett
Du reste, il semble assez oaturelfi que l'événement dont le propkèie 1 exemple s'estpassé depuis peu, ■ où il en parle. Supposons que ce par exemple, et voyons ce quila
Nous avons un curieux passage èl
aui dit, lorsqu'il vient de parier à ï Is d'Ozias [lequel a régné delSt « Il y avait a cette époque m.
mé Nahoum, qui prophétisa himë et des Assyriens. »
Josèphe donne ensuite k même de Nahoum, et tenniae 9 « Tout ce qui avait été prédît m arriva cent quinze ans après. • ;' IX, XI, 3.) — Or , si nous m 625, année précise de la ruine è 115 ans en arrière, nous to IM, qui, au dire de Josèphe, s la prophétie de Nahoum S'il le Seder-Olam, qui fait proph dans le règne cleManasse,c*est à 643, se serait trompé de ans. Nous aimons mieux adméttt Josèphe qui en ce point, d'autres, a fourni à ses lecteurs ronée.
En définitive, nous admettons tion aucune que la prophétie à concerne la rume de Ninive àitni^ de Khin-al-Adan, en 625, et (pe n'est autre que le Sardanapik * toriens profanes, abstraction bâ^ *' diverses auxquelles ceux-ci ont piirf' tragique.
Dans Jérémie (ch. l, t. 18), bq* Cest pourquoi j ainsi dit Jéhêtslh Dieu d'Israël : Voici ! je tais f^^ Babel et son pays, comme f ai pmiiii sour.
Tout ce que nous pouvons inK^ verset, c'est qu'au moment où]éri0> vait, la destruction de Ninive étail Or, le chapitre l, prophétisant U vàf^. bylone, a été, suivant TopinioD dt savant traducteur de Jérémie, éoi quatrième année du règne de Sédécii^' à-dire en 595. Jérénne pariait i0^ d'un événement qui avait treofi^^ date.
Au chapitre n, écrit vers l'an lîk r>st-à-dire en 628, nous lisons. ^^ Et maintenant, qu as-tu à aller rn f^
CIIR
DES ANTIQUITES BIBLIQUES.
cna
boire Feau du Nil {Schikhor)^ Qu* as-tu à qllir à Absout pour boire feau de son fleuve ?
Les comtoentateurs enteadent, par ces pa* rôles» • rechercher ralUance de TAssyrie. »
A cette époque, Ninive existait dooc en« core T Cela ne contrarie en rien le fait que nous avons établi de la mine de Ninive en 625. c'est-à-dire trois ans plus tard que cette treizième année de Josias aans laquelle Jérémie érrivit les mots que nous venons de rapporter.
Il ne nous reste plus qu'à mentionner, à
Îropos de Ninive, ce que nous apprend le ivre de Tobie, Le vieux Tobie prédit à son fils en mourant la ruine de Ninive, et lui ordonna de s'éloigner de cette ville. Donc., h l'époque de sa mort, Ninive était encore puissante.
La version grecaue, qui donne au jeune Tobie une vie de 127 ans , dit, qu'avant de mourir, il put voir la ruine de Ninive opérée par Nabuchodonosor et Assuérus (Naboupal-atzar et Cyaxare). Tobie n'avait pas besoin de viyre 127 ans pour cela ; nous savons en effet qu'il était déjà au monde à la prise de Samarie par Salmasar, et c[u'il fut avec sa ùmine transpoilé à Ninive. Or, $am^rie fut prise en 721 ; Ninive fut détruite en 62S, et, entre ces deux dates, il n'y a que 26 ans.
La Vulgate ne donne à Tobie qu'une existence de 99 ans. Il peut donc avoir eu deux. ou, trois ans'à la prise de Samarie, et avoir été vivant encore lorsque Ninive fut détruite.
Nous venons de constater que parmi les textes sacrés, il n'y en a pas qui empêche de iriacerà l'an 625 la destruction de Ninive, et que, de plus, il n'y en a pas un seul qui autorise à supposer que cette ville merveilleuse avait subi quelque grande catastrophe avant celle de 625. Nous allons exammer trfes-brièvement les passages des auteurs proftnes relatifs au même événement.
De tous, le plus ancien et le plus respectable est Hérodote, qui est né en 481. Nous <K>lifipencerons donc par lui.
Si nous l'en croyons, il y avait 420 ans que les Assyrieas étalent maîtres de la haute Asie, lorsque les Mèdes se révoltèrent contre leur suprematie (liv. i, c, 95). Ils commencèrent par former un corps de nation se régissant par ses pi:opres lois, et cet état de choses dura pendant un temps qui n'est pas connu.
Déjoçès fut leur premier roi. Après 53 ans dereme (c. 102), il laissa le trône à son fils Pnraortès, qui périt dans une expédition contre les Assyriens de Ninive, qui, bien (jue réduits à leurs propres ressources, formf^ient encore un Etat puissantf
Ce fut Cyaxare. fils et successeur de Phraortès qiii prit Ninive et suupiit toute l'Assvrie, à reikH^epUon de la BabyloQie (c. 106). Cyaxare, après la conquête de Ninive, eut
Suerre avec le roi de Lydie, Cette guerre urasixaojs, et fut arrêtée grâce à une éclipse de soleil qiii avait été prédite par Thaïes. Les savants ont naturellement cherché à déterminer la date importante de cette éclipse, visible en Lydie, et ils n'ont pas reculé devant.
les calculs pénibles qui pouvaient seuls leur fournir cette date. Petau ( De doctrina temp,) établit aue cette éclipse historique est ecllc qui eut lieu le 9 juillet 597, vers 8 heurqs du matin, et qui fut d'un peu plus de 9 doigts.
Unautre mathématicien, Lansberge ( liranométrie^ p. 60 ), a fait voir qu'il y eut une éclipse totale de soleil visible en Lydie le 22 mai 587, à 4 heures 39 minutes du soir, et ri a pensé que cette éclipse était celle qui termma la guerre de Lydie. Déjà Fréret a déclaré que cette coïncidence ne pouvait être admise, et qu'elle était en opposition flagrante avec tous les calculs chronologiques déduits des textes.
Nous sommes complètement d'accord avec lui pour repousser la théorie de Lansberge, et nous n'hésitons pas à penser que l'éclipsé signalée par Thaïes est bien celle qui eut heu le 9 juillet 597. La guerre de Lydie ayant commencé sixans plus tôt, nous en placerons le début à l'année 603.
Hérodote ne dit pas un seul mot de This-^. toire tragiaue de Sardanapale. Il se borne, (chap. 150 ) à parler en termes assez vagues d'un roi d'Assyrie qui portail ce nom, et dont les immenses trésors faillirent être pris par des voleurs, à l'aide d'un conduit souterrain
S u'ils avaient creusé pour arriver jusqu'à eux. bus ne pouvons de ce passage conclure au'une seule chose, c'est que, dès le temps 'Hérodote, il était déjà question parmi les Grecs d'un roi de Ninive nommé Sardanapale. IJ faut aussi conclure du. silence d'Hérodote que la fin tragiqne de ce monarque n'étaiU pas alors considérée comme un événement aussi important que l'ont fait croire les récits amplifiés des historiens postérieurs, puisque le père de l'histoire a tout simplement négligé d'en parler, que ce soit avant Nabou-natzar, ou seulement, comme nous le pensons, à la prise de Ninive par Cyaxare, que cet événement ait réellement eu lieu.
Ctésias, de Cnide» contemporain de Xénophon, fut fait prisonpier par AnaxerQèa,^à la., cour ducmel il ]:esta en qualité de médecin. 11 eut alors à sa disposition les. archives, royales de Pçrse, et il s'attacha à y puiser, tous les matériaux d'une histoire assyrienne, de laquelle Qiodore de Sicile a copié tout ce qu'il nous apprend des souverains de Ninive.
Voici en supstance ce qui nous est donné par Diodore coipme provenant de cette sour-. ce(Biblioth., liv. ii. çh. 21 )•
Trente génératioqs se sont écoulées, de Ninyas à Sardanapale, sous lequel l'empire d'Assyrie passa aux Modes, après avoir subsisté plus de 1360 ans.
Nous commencerons par déclarer nettement que ce chifi^re est inadmissible. Trente gé* nérations ne peuvent occuper que 900 ans ; nous avons donc 460 ans de trop, dans le chifire de Diodore.
Ninyas fût une sorte de roi fainéant, et ses 30 successeurs imitèrent exactement ce triste exemple. Le vingtième successeur de Ninyas se nommait Teutanus. II envoya une troupe d'Assyriens au secours de Priam, sous 1^, conduite de Memnon, fils de Titbou,
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A celte époque, l'empire d'Assyrie florissaii Jepuis plus de 1000 ans. 1000 ans pour une si^rie de 20 rois successeurs l'un de l'autre, c'est 50 ans par règne ; ce qui veut dire que ce chiffre de 1000 ans est tout aussi peu admissible que le premier.
Admettons un instant que la guerre de Troie eut lieu dans le un* siècle avant rère chrétienne (1282, Barthélémy, d'après Fréret; 1270, Larcher et Menlelle; 1209, marbres de Parus cités par Gail dans son édition de Xénophon ) ; nous n'avons nlus que 10 générations de 30 ans, entre 1250, par exemple, et le règne de Sardanapale : c est donc vers 950 qu'aurait régné le Sardanapale, trentième successeur de Ninyas. Or, si nous faisons la somme de tous les rècnes des souverains mèdes donnés par Diodore, d'après Gtésias, de l'avènement de Cyrus à celui d'Arbc^ces, en comptant & Aspad^as les 35 qu'Hérodote hii assigne, nous trouvons une sonniie de 317 ans, ce qui, de 560, avènement de Cyi-us, nous rapporte h 877 au lieu de 950 que nous devrions trouver. Diodore ne mérite donc ici aucune confiance.
Uoprenons notre examen des assertions de Diodore.
Sardanapale, dernier roi d'Assyrie, était le trenlièine successeur de Ninyas [ch. 23). Une rébellion éclate contre lui. A la tète des Mèdes révoltés est Arbaces ; à la tète des Babyloniens Belesis f ch. 24. ) Trois fois de suite Sardanapale défait les révoltés en bataille rangée (ch. 25). Une quatrième bataille est perdue par le roi d'Assyrie, qui laisse alors le commandement de son armée h Salaimène, son beaufrère. Celui-ci est battu deux fois enct)re, et Sardanapale court s'enfermer dans Ninive (ch. 26),
Survient un débordement du fleuve qui renverse un énorme pan des murailles de Ninive. La défense devient impossible, et Sardanapale, pour ne pas tomber aux mains de ses ennemis, fait construire en hâte, au milieu de son palais, un immense bûcher , auquel il met le feu lui-môme, et oui consuuie lui, ses femmes et ses trésors. Ninive est détruite do fond en comble, et l'empire d'Assyrie est éteint (ch. 27).
" Nous le demandons h tout lecteur sans prévention, est-il possible de trouver rien de plus net que l'analogie de cette catastrophe racontée par Diodore d'après Ctésias, avec ii*lle qu'a prédite le prophète Nahoum ?
Les expressions de Diodore sont précises, (îp Sardanapale fut le dernier roi de Ninive ; il sa chute, Ninive fut détruite de fond en (-omble.
Donc, nous le répétons avec la conviction la plus iMitièrc, toute cette histoire est celle de Khin-al-Adan, qui fut le dernier roi de Ninive . et nui périt victime d'une révolte du salrape de Babvionie, Nabou-fal-Atzer, scco'ndé par le roi nés Mèdes, en 625.
Cela rinp^fhe-t-ii d'admettre qu'il y eut hirn lontftemps avant une première révolte <l"s Babvioniens et des Mèdes réunis, sous les ordres <le Belesis ou d'Arbaces î Nullement. •Seulement, cette première révolte fit un roi
indépendant des Mèdes, et lu ni dant de Bab/lone. Elle affaiblit ftout. En 625, ce fût une révoltes core par un satrape de Babylone «j roi Mède qui acheva la ruine k ï\ d'Assyrie, et qui détruisit Ninire. Dmi ci périt le roi qui était sumomnié Sri pale, et l'on a si bien confonds oh( événements si analogues dans kani si dissemblables dans leurs effe^fij concilier les récits calgués Tud « l de deux événements distants ittm\ à peu près, on a admis que l«aN s'étaient reproduits identiquemett t| reprises. Nous ne saurions assez m contre la possibilité d'une sembiibisft naison d'événements. [
Nous avons parlé déjà deux fois « 14 du chapitre x d'Osée, qui dit: fi^forteresses seront dévastées cm truit Schalman à Beth-Arbel.
Ce verset eût fourni un aiigwiMi *j en faveur de notre système, s'ile* après 625. Mais il n'en est rien ;I( du chapitre V d'Osée porte qaef«*K!î phétise sous les rois ae luda ODas^Mj Achaz et Ezéchias, et sous les i»â( Jéroboam, fils de Joas. Or l«J*^î miers règnes occupent rinten»'^ entre 810 et 698. Le règne de Ji^ duré depuis 825 jusqu'à 784. Ukst il. est question dans Osée, ne petf ?j beau-frère du Sardanapale, dttr Ninive. Y a-t-il une méprise de ?
révolte de Belesis et d'Arbaces s>j son succès qu'à une défaite es lar un Salman, beau-frère du ro^.
, e ne me permettrai pas d'avance*^ ' hypothétique.
Akt, X. — Accord des historim* avec le prophète Nahum sur la nive. — Castor, — Velleitu h jEmilius Sura, — Motse de S^^ cussion de la liste de ses ro\$'^ trois Sardanapales, — Faits •«' ran 770 relatifs à r Assyrie. -I rois dWssyrie d'après moïse ii '■ et le Syncelle.
Nous venons de voir que ni letft d'Hérodote, ni celui de Diodore.»' de Ctésias, ne contrarient notre s)^ Poursuivons l'examen des écn«t*' fanes.
Le Syncelle nous a conservé un W de Castor, qui vivait environ cent cts ans avant l'ère chrétienne.
Celui-ci dit qu'en compulsant le* « historiens, il a trouvé que de Nis»
NinusII, successeur de Sardanapak.^ un intervalle de douze cent ipiatr; ans. Ce Sardanapale ne peut tttt c Diodore et de Ctésias , puisqu'il a eoi ccsseur nommé Ninus II. Alors qa^ Nous désirons sincèrement que d'iotr habiles le devinent; mais nous wl pas devoir nous arrôter à ce témoip Velleius Paterculus affirme que li malie des Assyriens sur la haute .t« mille soixante-dix ans, et que ct-tti
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DES ANTIQUITES BIBLIQUES.
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matîea pris fin sept cent soixante-dix ans avant h consulat de Vinicius.
Or ce personnage a été consul en Tan 3Q de Jésus-Christ, c'est donc en 740, pour Yelleius Paterculus, que Sardanapale, trente* troisième successeur et descendant direct de Ntnus et de Sémiramis, a été détrôné et tué par ie Hëdc Phamacès.
En 740 , Ttglat-fala-sar était tout-puissant à Nmive. L'assertion de Veileius Paterculus n'e^t donc d'aucune valeur.
iEmilius Sura, cité i>ar Veileius Paterculus, compte depuis Ninus jusqu'à la réduction de FAssyrie en province romaine (ce qui eut lieu sous le deuxième consulat de Cicéron , c'est-èr-dire en 63 avant Jésus-Christ) dixneuf cent cinq ans, ce qui place la naissance de l'empire assVrien à dix-neuf cent soixantehuit ans avant l'ère chrétienne.
Ce chiffre ne s'accorde en aucune manière avec celui que nous venons de rapporter d'après Veileius , et il ne mérite pas plus de conGance.
Nous n'avons pas h revenir ici sur le récit â*Alexandre Polyhistor, relatif h la fin du roi Sanic, qu'il appelle Sardanapale.
C'est précisément h l'aide de ce récit que nous avons été mis sur la voie pour abandonner complètement l'histoire d un premier Sardanapale qui se serait brûlé dans son palais lors de la révolte de Belesis et d'Arbaces.
Moïse de Khorène (liv. n, chap 21) dit que Barouir, fils de Sgaiorti , roi d'Arménie, aida puissamment Varbace le Mède dans sa révolte contre Sardanapale. Voici ses propres expressions :
« Ainsi Varbace, s'emparant des Etats de S&rdanapale, commandeà l'Assyrie, à Ninive ; mais il y établit des gouvernants et transporte aux Mèdes l'empire des Assyriens.
Moïse donne ensuite les deux listes parallèles de souverains :
1" rot dei Mèdei : Noire I*' prince couronné par
Varbace, fut:
Varbace. Barouîr, fils de Sgaiorti.
Maudacès. Ilratchia,
Arlysias. Parnouas.
Dcjocès. Bailjouidj.
piiraortés. Goriiag.
Cyaiaret. Pavan.
Astyagcs, un au ire Halgac.
Erouanl, qui vécut peu.
Dicrau.
Puis il ajoute : « Hratchiaî, sous lui , diton, vivait Nabuchodonosor, roi de Babylone, qui fit les Juifs captifs» »
Je dois me borner à faire observer que ce passage , chronologiquement parlant , ne peut supporter le moindre examen.
Le Barouîr qui , pour Moïse de Khorène, a si puissamment aidé Varbace le Mède dans sa révolte contre Sardanapale, doit trèsr probablement être le même que le Belesis de Diodore et de Ctésias,
Quant à la conteroporanéité i)rétendue de Nabou-oadr-Alzer et de l'arménien Ilratchia, elle est naturellement impossible. Car EouiU ujerodach , fils et successeur de Nabou-cadr Atzer» e^ monté sur le tr6ne en 56 1 ,et c'est
en 560 gue Cyrus, l'ami de Dicran , détrôna et fit prisonnier Astyages.
Fréret, très-embarrassé poin» débrouiller tous les récits confus des anciens historiens, s'est efforcé d'établir l'existence de trois rois de Ninive du nom de Sardanapale. Voici comment il les classe , et les dates qu'il rattache à chacun d'eux :
!•* Le premier, ou le plus récent, est le Sardanapale Sarac, d'Alexandre Polyhistor.
Il fut le dernier roi d'Assyrie , et c'est lui
Îu'Eusèbe et Jules l'Africain appellent "honos Konkoleros , et Suidas Conos kanko" kro8.
Il mit le feu à son propre palais , dans lequel il fut brûlé lui-même lors de la destruction de Ninive, qui eut lieu en 608, mille trois centsoixante ansaprèsle commencement de l'empire Assyrien.
2^ Le second est le Sardanapale dont parie Castor, et gui fut le prédécesseur de Ninus n. Celui-ci ayant cessé de régner en 688, c'est antérieurement à cette date qu'il faut
f)lacer ce Sardanapale , qui n'est d'autre que 'Asar-Addon de l'Ecriture , Asordan de la version grecque des Septante. Il fut le fils et le successeur de Sennakhérib, et par conséquent il monta sur le trône vers l'année 709 ou 710.
Cette identification des personnages est basée sur la ressemblance des noms aussi bien que sur la coïncidence des temps.
Asarhaddon fut détrôné par lesipartisans de ses deux frères, Adrameiech et Saralzer; il se réfugia en Cilicie ; il fortifia Tarse et Anchialé,.et mourut dans un âge très-avancé, sans que le souvenir du trône, perdu par lui , pût troubler la sérénité de sa vie. C est
i)Our lui que fut élevé le tombeau devant ecfuel passa l'armée d'Alexandre peu de jours avant la bataille d'Issus. Ce tombeau, situé prèsde la ville d'Anchialé, qui servait de port à la ville de Tarse , a été mentionné par Clilarque, Aristobule , Hellanicus et Appollodore.
Il porte l'épitaphe suivante, rapportée par Cléarque, disciple d'Aristote :
Sap6svàicoUoç 'Avaxuv^pàÇeco •AYX'<i^^'' K£i|xe xa\ Tapa6v jjLifl ^ptipi) 'AXXà vûv tI9vt,xêv.
(Voy. Frag. hht. Grœcorum, édlU Didol, l. 1!, p. 305.
Les écrivains cités plus haut ajoutent a la teneur de cette épitaphe la phrase suivante :
ZÙ de (IVOÇ Mu, ITiVf , TTKcCf, (/6td.» 1. 1, D. 440,
et dans le vol. d'Arrien, Fragm., p. 21 )
Ce qui fait confondre cette énitaphé avec celle que portait le tombeau dun Sardanapale qui était à Ninive même, et dont parle le poète Phœnix.
Ce Sardanapale, enterré à Anchialé, est celui dont parie Clitarquc, et qui mourut dans un âge fort avancé, ayant survécu longtemps à la perte de son royaume.
3" Le troisième Sardanapale périt lors de la révolte du Mède Arbaces ou Pharnacèà, selon Velleïus Paterculus; il régnait h Ninive