‹ Dictionnaire d'orfèvrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes. (3. Encycl. théol., tom.27)Chapitre 79 sur 181 · SIS · texte numérisé non relu

SIS

noms primitifs se transmettent, de génération en génération, dans la Terre-Sainte

HASFRIM, Haseroth.Khasebout. — Quatorzième station des Israélites dans le désert. Ce fut là que Marie, sœur de Moïse, fut frappée de la lèpre. [Ifomb. xi, 34. ) '■ Le Deutéronome donne au mot d'Haseroth une précieuse indicalion, c'est qu*il y a dans le pays une mine d*or abonnante. {Deut,

HASERSUAL. — Ville de Juda cédée à Siméon. ( Josué xv, 28. )

HASEK -SUSA. —C'est évidemment le même que Hasarsusim. ( Voy. ce mot. )

HASSEMON, AsEMONA, Aasmen.— Ville de la tribu de Juda. {Nomb. xxxnr.i; Josué w, 27.)

HAZOR, AsoR. — Après avoir passé le lac Houlek, je m'engaçeai, pendant mon voyage, sur le flanc des collines verdoyantes qui forment au nord le bassin de ce lac. Nous nous étions à peine élevés un peu plus, que nous commençons à voir les sommets des collines garnisderuinesimroenses.d'édificesconstruits en gros blocs de lave. Il semble que Ton reconnaisse les traces d'une enceinte qui couronnait la crête de ces collines. Des pans de mups sont encore en place, et en Quelques points paraissent de ces longues allées de

Eierres fichées que j'avais déjà vues en Moaitide et dans le pays de Kénâan. Ces ruines continuent de se montrer pendant un temps infini. Les hautes collines que nous longeons, cessent tout à coup de s'étendre de l'ouest à l'est, et tournent au nord ; elles forment alors le flanc gauche d'une large vallée, ou, plus exactement, elles dominent une plaine mamelonnée, à travers laquelle nous cheminons pour gagner Banias. La branche de collines dirigée au nord est, comme celle qui fait face au Bahr-el-Houleb, garnie, à la crête, de mines immenses s'étendant à perte de vue. La plaine même, que nous traversons dès que nous avons quitté le flanc du pâté de collines couronnées de ruines, est littéralement couverte de blocs énormes de lave, n'offrant plus aucune trace de travail humain.

Ces pierres constituent les ruines d'une ville immense. Nous avançons toujours, mais bientôt il me semble que j'aperçois, à une centaine de mètres, à gauche du chemin et vers le sommet d un mamelon, quelque chose qui ressemble fort à un pan de mur cyclopéen, des temps les plus sauvages. J'y pousse mon cheval, je reconnais que ie ne me suis pas trompé; je jette un cri Je joie et de triomphe; c'étaient en effet les ruines d'un édifice immense delà plus haute antiquité. Nous nous mîmes h l'instant h lever le plan de cette construction cyclopéenne.

Voici, en quelques mots, les princinales mesures que nous lournit le plan de l'éaifice que nous avons levé. C'est un carré peu régulier, assez bien orienté d'ailleurs, et dont les faces ont à peu près soixante mètres de développement. Aux quatre angles, sont placés des avant-corps carrés, de six à sept mètres de côté, en saillie d'un mètre sur les faces externes des murailles. Celles-ci ont

deux mètres d'épaisseur, et soDt formâes d'énormes blocs oruts, reliés entre eux par de petits blocs également bruts, s'encastrant dans les vides irréguliers que les aspérités des grosses masses laissent entre elles. Sur la milieu de chacune des longues faces sont des saillies, d*un mètre aussi, et de six mètres de longueur, simulant des avant-corps comms ceux des angles, et dont les portions qui ea faisaient des sortes de to«irs carrées fermées, manquent à l'intérieur , aussi bien qu'aux tours angulaires. Une série de murailles ont laissé à rintérieur leurs arasements* en ar* rière des faces est et ouest. A l'extérieur de cette dernière, se relient à l'édifice principal d'autres murs arasés, présentant descontoun bizarres, qu'une descnption ne pourrait faire comprendre. A une faible distance, ouinedé» passe pas cent mètres, et vis-à*vis ne la ftee occidentale du khan, se trouve une enceinte polygonale irrégulière, cyclopéenne comoie celle du temple, Quoique en appareil plus petit. Nous fûmes frappés immédiatement de l'analogie étrange ae cette disposition, avec celle du temple de Garizim et de la plate-for-. me des sacrifices. Cette analogie est-elle fortuite î Je n'en crois rien.

On voit qu'il y a une ressemblance très* grande entre l'ordonnance générale de oel édifice et celle du temple du Garizim. Je n'hésite donc pas un seul instant à voir dans cette ruine, celle d'un édifice religieux» appartenant à l'antiquité la plus reculée. Les Arabes du village placé à 1 est de ce monument, dans une espèce de bas-fond planté de petits arbres, appellent la ruine que je viens de décrire El-Knan, mot par lequel on dérigne, dans tout l'Orient, les espèces d'hôtelleries où les caravanes s'arrêtent pour passer la nuit. Ce village arabe placé près d'El-Khan, et dont j'ai négligé de recueillir le nom, est très-probablement celui que M. de BertOu appelle Ardh-ez-Zouk. Mais c'est là le non d'un pays et nullement celui d'un villaj^. le n'hésite donc pas è penser que celui-ci se nomme es-Souq, le Marché, et non ez-Zouk^ ce quia une toute autre signification.

Quelle a été la ville immense dont nous venons de parcourir les ruines, et à laquelle appartenait le temple dont nous avons relevé le plan? Très-probablement Hazor. C'est oe

aue je vais essayer de prouver. Rassemblons 'abord ce que nous savons de Hazor, et recherchons tous les renseignements que nous fournissent l'Ecriture sainte et Josèpne.Nous lisons dans Josué (xi, 1 ) que le roi de Hazor (ni3n), à l'arrivée de Josuedansla terre promise, se nommait Yabin. Au verset 2 il est dit qu'il envoya des émissaires au roi du Nord, au midif vers Kenret, pour les engager à se réunir à lui, contre l'ennemi commun. Hazor était donc au nord <le Kenret et du lac de Gennezarelh. Tous les rois convoqués (t 5) se rassemblent près des eaux de Mcroum (c'est-à-dire près du lac Samakhonite). L'ei^ mée coalisée était si considérable (t 4) qil'eite était comme le sable sur le bord ae la mer ; elle comptait des ehevaux et des cavaliers en

liAZ.

DES ANTIQIITËS BIBLIQUES.

HAZ

dSO

ibre. Josué, à la tète du peus attaqua, près du lac Samasttit et les poursuivît jusqu'à 3 Jusqu'à Misrenhoth-Maïm (? t vallée de Mesrah, à rorieii 8 ). — Josué retourna vers ce :or et frappa son roi du glaive, autrefois le plus considérable les-là (t ï^)- Ils frappèrent ni y étaient, par le glaive, les 'y resta rien de ce qui respi- Hazor par le feu ( verset 11 ).

rois coalisés virent leurs vil- Hazor seule fUt incendiée .3 ) . Le chapitre xu contient la li furent défaits par Josué, et, lUS lisons : Le roi de Hazor,

ration des villes fortes apparu de Nephtali, nous trouvons et Ayn-Azor. ( Josué, xix ,

ce qui a trait au Yabin, roi

régnait à Hazor, et dont Silit l'armée. U avait neuf cents

et il opprima les Israélites innées. Ses troupes furent dé- Uegiddo, par Barak et Deboit rassemblé autour d'eux, à le hommes de Zabulon et de Dt attaquer Sisera et le battiun des enfants d'Israël alla ^santissant sur Yabin^ roi de ['à ce qu'ils eussent exterminé Kenâan, (Juges iv, 1, 24.) Le rc XII du /*' Livre de Samuel, i le fait de la domination de i{j oublièrent ( les Israélites )

Dieu : il les livra entre les 1, général de Hazor.

lans le 7*' Livre des Rois (ix, on ût bâtir Hazor. Voici les sions du Livre sacré : — Voici

corvée que préleva le roi Satir la maison de V Etemel, et oua et la muraille de Jérusa- *.giddo et Djexer. — Plus loin I, nous voyons encore que du ', roi d'Israël, Tiglath-Felasar, nt et prit Avoun et Abel-Beitouh, et Keaes, et Hazor, et le i Galilée , toute la terre de ;s transporta (les habitants] en

ihéties de Jérémie commence : Contre Kedar et les royau- }ue Naboukadrasor, roi de Ba- Voici ce qui concerne Hazor :

ez'Vous. Nnboukadrasor, roi méun dessein contre vous, et us un dessein ( verset 30). — , montez contre une nation vit en sécurité, dit Jéhovah :

lus pas à nous iiccuper ici dos

de Juda, qui j>orUient le inéine

é, XV, vcrwis io. Î3, «7 el «S, ei

ItobinbOii, rapporuul ce passage

elle n*a ni portes, ni verrous, vivant d V écart. — 32. Leurs chameaux seront un butin, et la multitude de leurs troupeaux sera livrée au pillage; je les disperserai de tous côtés, hs hommes a la barbe rasée, et f amènerai leur ruine de tous côtés, dit Jéhovah. — 33. Hazor deviendra le repaire des chcJcals, une solitude pour toujours, personne n'y demeurera, et aucun homme n'y séjournera. — Enfln il est question dans le r' Livre des Machabées [XI, 67) d'une plaine d'Asor qui était en Galilée (niSctv'Aoï^p.)

Voyons maintenant ce que nous apprend Josèphe.Il raconte (iln/if.^ud., VI, i,) l'histoire de la défaite oie Sisera (^Kjapnç) , général d'Yabin,roi d'Asor rA<rw/>ov) .Cette ville, dit-il, était au-dessus du lac Samakhonite (aZm V

OTripxittcet xnç Zsfii^^uvtTi}»? "kifijuç) (74). Il avait

une armée de trois cent mille lantassins, de dix mille cavaliers et de trois mille chars de guerre. Tout cela était commandé par Sisera. Comme Josèphe précise que Yabin , roi des Kenâanéens, était sorti d'Azor, ville placée sur le lac Samakhonite, il n'y a pas de doute à conserver sur l'identité de la Hazor brûlée par Josué,et de la Hazor que Barak et Deborah détruisirent de fond en comble.

Josèphe nous apprend q^ue Salomon, après avoir fortifié Jérusalem , lit construire trois villes qui peuvent être classées parmi les plus fortes ; ce sont : Asor fA<roajBov),Mageddo et Gazara. Cette troisième était dans le pays des Philistins. Le roi d'Egypte, beau-père de Salomon, vint l'assiéger, s'en empara après un long siège, en extermina la population , la rasa et en fit cadeau à sa fille, femme de Salomon. (/btd., VIII, vi, 1.) Rien ne prouve que la Hazor bâtie par Salomon soit la même que la capitale de Yabin, mais rien non plus ne prouve qu'elle soit différente. Peut-être Salomon, qui était maître de toute la Palestine, et de toute la terre de Keu&an, proûlat-il de la magnifique position militaire de Hazor, pour y établir une place forte capable de fermer la vallée du Jourdain , du côté du nord. La ville salomonienne peut donc trèsbien avoir été rebâtie sur une partie de l'emplacement de la Hasor rasée à deux reprises, ¥ar Josué et par Barak. Enfin 1 expédition de içiath-Felasar, dans laquelle les Assyriens pnrent Kedes et Hazor (Kv^tvicv ^al 'A^^pa) , est racontée en peu de mots. {Ant. Jud., IX ,

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