OIS YIOII
Boëch, SOUS le n* 4523 de son premier recueil, a publié ces fragments d'après Pocoeke, qui note, dit-il, que Tes lettres de cette inscription sont carrées. Voici comment le savant épigraphisie a cherché à reconstruire la mauvaise copie de Pococke :
(tvj&véOT^xcv.
Il egoute : Zenodorus hic fortaae ex poèteriê eitZenodori Tetrarchœ,qui conductapretio Lysaniœ Tetrarchia, TVocontltdem, *J7ataneam, Auranitidem^ Paneadem tenebat, $eâ ju$9u Auguiti Molam Paneadem retinuit (2) : mater defunctorum bis nupta videtur.
Les fragments de cette inscription donncat des renseignements plus positifs que ceux mie l'illustre Boëch a pu déduire de la <;opie défectueuse qu'il avait à sa disposition, n me-paralt en résulter qu'une femme, dont le- nom est perdu, et qui était fille de.. .T éleva un monument à Zénodore, fils de Lysanias le Tétrarque, et è Lysanias ses fils. Josèphe nous apprend oue Zénodore obtint à prix d'argent la tétrarchie de Lysanias; mais il ne nous dit rien de la famille ue ce Zénodore. Comme il n'était guère probable qiie le premier venu pût prendre à bail une tétrarchie, on pouvait
I)résumer que ce Zénodore assez riche pour a payer h l'empire, était par sa naissance, tout naturellement en position de la demander.Cette supposition est aujourd'hui une certitude, \tuisr{ue Zénodore est fils du Tétrarque
(I) Rrbml {impose pour <c non» U corrccliun VxliptD^ (jiii ne in«» paraîl pas suffiiainmcnt jusiifléo (i) Cr. Josii'U., .titf., \V, \, I.
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Inabias, et qu'il a un frère oui porte préci- Mnent le nom de Lysanias. Notre inscnption de Bâ«ll)ek a donc 'par cela même une trèsgrande valeur hû^torique. Les fragments de texte qui manquent encore sont sûrement enfouis dans la maçonnerie de Tenceinte, et quelque jour ils en sortiront, pour compléter un des monuments épigrapbiques les plus importants.
n existe de rares monuments numismatiques de la dynastie de Lysanias. Je vais les oécrire le plus brièvement possible.
PrOLtMÉE FILS DE McifRAUS.
Tèle &e Jupiter laurée« ii droite; dam le ebamp VM petite tète humaine en contremarque.
H, Aigle éployé volant et tenant une couronne dans son bf^; au-^fpssoos des Aeux lignes dans le ctemp (nTO)AEMAIO£ (T)GTPAPX(H£).
Cvivre de petit module. Cabinet Impérial de Franc''. — Tète de Jopiter laurée.
i|. (nT)OAEMAI(0£) TETPAPX(fl£), deni guerriers, la lance à la main, debout au milieu d*nne CMronoe de laurier.
Cuivre de même module ; décrite par Mionnet fol Pavait trouvée dans le cabinet Consinery.
— Tète de Jupiter lanrée.
i|. {imXt|i)AI(oç) XAAKIA(oç) (TiTp)APX(i)ç>. Tictoire couronnant un trophée.
Cuivre de même module, tirée également par MkMiaei, du cabinet Consinery.
LUAlllàS.
Télé ornée d*un bandeau, tournée k droite. Pas dt légende. Une contremarque dans le champ.
^TArXANIOr TETPAP(xou) KAI APXIEPEûr.
lliaerve debout porunt sur la main droite une Victoire, et s'appuyant de la gauche sur un bouclier. Cabinet impérial ; deux extrmplaires.
Zé?iodorb.
Tlle de Zénodore tournée ii gauche. En légende
zmiuAûPor TETPAPXor apxiepeuz.
4. N. KAI. (véou xat<japoc) L.AQS (année 281). Tèle nue d*Octa¥e. Cuivie de moyen modult* ; cahinei impérial «te France, un second exemplaire porte la date BUS (i8i).
Pldémée, fils de Mennieus, est mort en Vàn TU'deU fondation de Rome, c'est-à-dire 38 us avant Tère chrétienne. Josèpbe {Ant. Jud., XIV« 7, 4) l'appelle avMtm«»y Xqù^^ùç. Son petit fils, Zénodore, mourut à Antioche en l'an 734 de la fondation de Rome. (18 avant J.-C.) Son père Lysanias avait péri victime des embûelies de CléopAtre à qui Antoine donna la Télrarchie de Chalcide. Cette reine ambitieuse n'étant morte qu'en 724 de la fondation de Rome (28 avant J.-C), Zénodore ne put rentrer en possession des Etats de ses pères qu'après cette époque. Nous venons de dire qu'il mourut en l'an 18 avant Jésus- Christ; Octave reçut le nom d'Auguste en l'an 717 de la fondation de Rome. (25 avant J.-C.) 11 cessa donc en cette année de porter le titre de néocœsar que lui donnent les monnaies de Zénodore. Donc ces monnaies deZéuodore ont été forcément frappées entre les années S8 et 25 avant Jésus-Cnrist. Le verset 1 du ni* chapitre de TEvan^le de saint Luc nous apprend que Lysanias était Tétrarquc de l'A- Dilènedans l'année 15 du règne de Tihtrr. Or Tan 15 de Tîl>ère étant Tan 2!l (!(.^ rerc chrétienne, il n'y a pas pM>>.l)ilUc ilc \oir
dans ce Lysanias, celui dont nous nous som*mes occupé plus haut. Il y a donc une trèsgrande probabilité en iaveur de l'opinion qui admettrait que le Lysanias, fils de Lysanias et frère de Zénodore mentionné dans l'inscription d'Heliopolis (Bâalbek), est précisément letétrarque d'Abilène dont )3arle l'Evangile de saint Luc. C'est très - vraisemblablement celui-là et non le premier Lysanias qui a donné son nom à la ville d'Abila.
Josèpbe (Ani. Jud., XV, x, 1) nous raconte
Sue Zénodore, devenu maître de la Tétrarchie e Lysanias, commit contre la Damascène des brigandages qui furent dénoncés par Hérode le Urand et reprimés par Varron. Zénodore, dépouillé de %g& Etats, s'empressa de porter devant Auguste des accusations contre Hérode ; mais il ne fut point écouté. Un peu Îlus tard le Tétrarque étant venu à mourir, uguste donna à Hérode sa tétrachie qui est voisine à la fois de la Trachonitide et de la Galilée. {Ant. Jud., XV, x, 3, et Bell. Jud., I, XX, 4.) Nous v(»yons encore dans Josèpho {Bell, /ud., II, VI, 3, et Ant. Jud., XVII, xi, 4), qu'après la mort d'Hérode le Grand , et au moment où Arcbélaûs fut créé par Auguste etbnarque de la Judée, Philippe son frère reçut en partage de rhéritase paternel la Batanée, la Trachonitide, 1 Auranitide et quelques portions de l'héritage de Zénodore situées dans le voisinage de Jamnia (ville de la Galilée supérieure] et dont le revenu était de cent talents.
Le passage de la Guerre des Juifs, renfermant renonciation de ce fait, contient le nom de Zenon, aulieu de Zénodore, que nous lisons dans le livre des Antiquitéi, Mais c'est là une erreur manifeste de copiste, et le nom de S^nodore doit être restitué dans l'un et l'autre de ces deux passages parallèles. Quoi qu'il en soit, une partie seulement de rhéritago de Zénodore ayant été concédée au tétrar-
3 ne Philippe, et Josèpbe ne nous disant rien u reste de cet héntage, nous sommes en droit, grAce à la présence du verset de l'Evangile de saint Luc ci-dessus mentionné, de penser que Lysanias frère de Zénodore, itorès la mort d'Hérode le Grand, fut remis en possession d'une partie des Etats qui avaient appartenu à ses ancêtres. C'est là un fait qui me uaralt ai^yourd'hui à peu près hors de doute. N'oublions pas que plus tard, Abila avec tout le Liban fut donnée f»ar l'empereur Claude au roi Agrippa. {Ant, Jud., XIX, v, 1 et XX, vir, I.} Maintenant que nous avons parlé d< s souverainsdel'Abilène, occupons-nous de leur métropole, c'est-à-dire d*AL)ila même. Nous lisons dans l'Itinéraire d'Anlonin (iter xlix, à Seriam Scythopoli Occora), les indications suivantes :
Heliopoli.
Aliila (alias .4b)la)... xsimii h .p.fpliis minus)
Danissco xviii.
Nous trouvons encore dans le même document le tronçon suivant de route impériale :
lier Li, à Dainasco Einesa (tic), Abila (sive Abyla). . xxiviii.
Heliopoli xwu.
Les chiOVcs de ces deux fra^Il!cnts itant
ABI
DES ANTIQUITES BIBLI^ULS.
ACl
entièrement différente, Tune des deux séries AU moins est mauvaise, peut-être même le sont-elles toutes les deux.
La table de Peutinger nous fournit de son côté les mesures suivantes : (Ed. d. Fortia. cLxxvm.)
Eliopolî {al. ITeliopoli) Agamamam ?
Abi!a (al AbYJa). . . • xxxii. lO. p«,(plu8 minus).
Daiiiaspu (c/.DaïuaiiCo.) xf ni.
Si nous comparons ces chiffres à ceux que nous venons d extraire de Tltinéraire d'Antonin, nous voyons que le chiffre xvni compté entre Damas et Abita, paraît deux fois, amsi que le chiffre xxxn, compté d'Abila à Héliopolis. Ce sont donc très-probablement ces deux distances qui doivent èlre adoptées ; elles ont du reste l'avantage d*être d'accor.J avec les distances réelles uui séparent Damas de Souq-el-Ouadi-Baradali, et le Souq de Bâalbeck. Nul doute sur TidentiGcation de Bâalbeck avec Héliopolis : restera donc à faire voirqu'Abilade Lysaniasa été remplacée par Soua-e1-Ouady-Bâradah (le marche de la vallée (le Baradan).
Ptolémée place Abila dans la Cœlésyrie et au nord de Damas. G*est'ce géographe qui donne à cette ville le nom de 'A^à* Avv«viov. Entin dans lesactes du concile de Chalcédoine (ton^e IV Concil. aener., p. 80) nous trouvons mentionné immédiatement après Joseph, évoque d*HéliopoUs, Jordanes, évèque d*Abila. Cest très -certainement de notre Abila de Lysanias qu*il s*agit.
Une ville de cette importance ne pouvait manquer d'attirer l'attention des géographes, qui devaient tenir à honneur d'en ûxer la position d une manière positive. Dans le recueil d'itinérairt^s publié sous les auspices de M. le marquis de Fortin, par M. Miller, M. le colonel Lapie identifie Al)ila avec une localité nommée En-nabi-Abel. Mais ce nom ne peut appartenir qu'à un oualy musulman, et non aux ruines aune ville. Je trouve sur la belle carte de Zimmermann, dans le voisinage du village de Souq-el-Ouady-Baradah, une localité nommée Nabi-Abel, située au nord et h près d'une lieue de l'emplacement réel d'Abila. il est très-possible que le nom antique de cette ville ait donné aux musulmans l'idée do nommer En-nabi-Abel un oualy placé dans son voisinage, mais c'est là tout ce que je puis arrorder; car cet oualy n'est nullement sur la route antique de Damas à Bâalbek.Sisur cette route on trouve des ruines immenses d'une ville à laquelle des inscriptions positives appliquent le nom d'Abila, il n'y aura pas l'omf)re d'un doute t conserver sur la nécessité de r(*connnitre dans ces ruines l'Abila de Lysanias. C'est ce qui a lieu pour les ruines placées 5 Souq-^l-Ouady-Baradah, ainsi que nous allons le faire voir.
Lorsqu'on sort de Damas pour traverser la chaîne de l'Anti-Liban, et gagner Bàalbeck« ou traverse d'abord le t)eau village de Salchieh, on s'engage dans une ravine taillée <*aus le roc, puis, à travttrs un pays des plus tristes à voir, on atteint Doumniaf, petit vil - 'aise placé dan^ la \ allée du Baradah. (Voy.
Abnah et Farfab.) C'est une charmante rivière limpide, courante et poissonneuse, qaî alimente tous les aqueducs et tous les réservoirs de Damas. A partir de Doummar la route remonte le cours de la rivière, en en sri vant presque constamment la rive gauche, ft après l'avoir traversée à Doummar môme, il faut environ sept heures achevai, et au pas très-modéré, pour atteindre le village deSouqel-Ouady-Barada h .
Avant d'y arriver, au bord du chemin et dans le lit d'un petit canal de dérivation qui amène l'eauduSBaradah à un moulin, on aperçoit des tronçons de colonnes et d'énormes pierres de taille, dont la présence révèlo immédiatement l'existence vers ces points de monuments anti(|ues d'une importance réelle. Une fois arrivé dans le village même, on trouve un autre moulin, également alimenté par une retenue du Baradah, dont le lit est à une dizaine de mètres en contre-bas. Ce moulin a cela de remarquable qu'il est pourainsidire construit des débris d'un temple antique dont il a pris le plan, car le souoassement et quelques hases de colonnes enclavées dans la muraille de l'édifice moderne sont encore à leur place primitive.
Au moment où je traversais Souq-el-Ouady- Baradah (14 mars 1851 ) le piédroit de la porte d'une maison du village contenait une curieuse inscription chrétienne, ainourd'bui acquise et enlevée par mon ami M. de Segur-Duperron, alors consul de France à Damas, et déposée dans la maison du consulat, d'où elle ne tardera pas, je l'espère, à partir pour venir au musée du Louvre. Voici cette msnription :
EOT Tor AriÛTATOY lÛANNOVEmCK -^'Ts:x^^^ HMÛN TOY lEPAnOA OËMBOAOC EnAAKÛA EN M DECIÛ TOr SOE
ETOrs INA » Ï5 />>rs:/?»
« Sous notre très-saint évéque Jean, l'enceinte de la ville sainte a été aplanie dans le mois de^ Daisios de l'année uoe ( 875) Indiction ib (12). »
Je suppose que l'ère dont nous trouvons ici une date, est l'ère des Séleucides, auquel cas l'année indiquée correspondrait à l'an 563 de l'ère chrétienne. 11 serait difticile en effet qu'il s'agît de I ère chrétienne, puisqu'en 875, les Chrétiens avaient dû courber la tête sous la domination musulmane. On voit que cette inscription a l'avantage de nous fairtî connaître un évéque d'Abila, et c'est une petite conquête, puisque, ainsi que nouslavons dit plus haut, les niommients religieux ne nous ont conservé la mémoire (|ue d'un seul évoque d'Abila, Jordanes, qui as* sista au concile de Chalrédoinc
Sur la rive gauche du Baradah, à la hauteur du village même, on voit une belle culée de pont, de construction évidemment grecque ou romaine. Les débris antiques se mon* trent partout dans le village et aux alentours. De l'autre cOté de la ri\ière en amont du village s'étendent insqu'au pic d'une mont»*
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