‹ Dictionnaire d'orfèvrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes. (3. Encycl. théol., tom.27)Chapitre 7 sur 181 · ABE · texte numérisé non relu

ABE

de la mer Morte, puisque Josèphe place cette ville qu'H ap|>elle A6cXc près de Julias et de Basîmoth (Beit-Iasmout). Il est question dans la Genèse (l, 11) d'une localité nommée Abel« Misraïm, que plusieurs commentateurs considèrent avec raison, je crois, comme étant la même qu'Abel-Hesithim. Voici le verset en ({uestion : Lee Kendanééem . habitante du paye, voyant le deuil {de Jacob)àGeran'Atad, dirent : Voilà un grand deuil pour Mieraim itEoypte) ; c'est pourquoi on Vapoela du nom d'Alet'Misraim^ qui est au delà du Jourdain.

— Réiand n*est pas de cet avis ; pour lui, Abel-Hisraim était à l'occident du Jourdain, tandis qu'Abel-Hesithim était sur la rive orientale. Josèphe dit que Moïse rassembla le I)euple Israélite au noint où est maintenant la ville d'Abila, lieu anondant en plantations de palmiers, oirov vvy in>tç i^riy'Aeai} {Ant.Jud.JV, vm, 1), et qu'après sa mort Josué|qiyttA Abila pour se rendre sur les bords du Jourdain, qui était éloigné de 60 stades. Le stade étant de 185 mètres, c'est à 11 kilomètres à très-peu près du Jourdain, au'il faut chercher l'emplacement de cette Aoel. Le détail que Josèphe donne dans le premier passage que ie viens de mentionner, et qui nous apprend que le ttrritoire de l'Abel en question était bien planté de palmiers, nous démontre (implicitement, il est vrai) qu'il était dans la même

£ laine que Jéricho. Il est donc probable que \ voyageur qui recherchera cette localité importante, grâce aux renseignements que je viens d'enregistrer, parviendra facilement h en retrouver les traces et peut-être le nom même. Eusèbe dit de plus que cette Abel était auprès du mont nûi^pr; c'est une excellente indication qui doit servir à Tidentilleation de celte montagne illustre.

Deux autres passages de l'Ecriture contiennent encore le nomd'Abel-Hesithim. Comme il est important de les enregistrer, les voici :

— (Les israélites) campèrent près du Jourdain^ depuis Biet Uiasmout jusau'à Abel-He* sithim, dans les plaines de Moab. {Nomb,^ xxxn. 49.) — Monpeuole, rappelle^toi donc ce qu*a prémédité Baiak, roi de Moafi, et ce

5 me lui a répondu Baioam-ben^Bdour, depuis lesiihimjusquà Dieldjal, afnque tu reconnaisses les bontés de Jéhovah. (IficA., vi, 5.) Il serait curieux de pouvoir préciser le nom botanique de l'arbre qui porte Je nom de sith, au pluriel sithim. Saint Jérôme (Commentaires des nrophéties de Michée) dit que c'est un arbre uu Jésert, semblable à la fpina alba fvir la couleur et par les feuilles, mais non j»ar la taille, puiMjue c'est un très-grand arbre dans lequel on peut couper de grandes, pièces lie bois d'une grande dureté, d'une légèreté t!t d'une beauté incroyables. 11 ajoute dans un becond pa>!>a;^e des Commentaires de Joël que cet arbre ne se rencontre, dans toute lïHcndue de l'empire romain, que dans le désert d'Arabie. Ce renseignement n'est malheureuaemenl pas sufTisamment précis, et ce n'est «|ue C4)nnnc conjecture que je proposerais d'y voir le m»mosa, si commun sin* les rives désertes de la mer Moiin, et «fui n'est (|ue le gfjuiuiier connu îles AraU*» s«»us le nom de

seyal. Je terminerai en disant que ie ne doute pas un seul instant qu'Abel-Hesithim ne soit la même ville que l'Abila |de la Péréc. (Voyez ce mot.)

ABEL-KERMIM, Abel des Vignes (kerm, vigne, pluriel, kermim.) — Nous lisons dans les Juges (xi,33): // (Jephté) les battit (les fiis d^Ammon) depuis Aroër jusque vers Minith^ vingt villes y et jusqu'à Abel^Kermim, (leur tnfligeani) une très-grande défaite , etc. — 11 résulte clairement du texte seul,;,ce me semble, qu'Abel-Kermim était une place des Ammonites. Voici du reste qui le prouve d'une manière explicite. Eusebe, dans son Onomasticou, dit a propos d'Abel-Kermim qu'il existait encore de son temps une vil 1x3 nommée Abel, riche en vignobles, et placée à six milles romains de Philadelphie, qui n'est autre que Rabbat-Ammon. Voilà une localité biblique de plus que les voyageurs , qui voudront se donner la peine de la chercher, retrouveront très-probablement et sans peine.

ABEL - MEHOULAH. ( AbeHa-Forte.} — C'est le nom de la patrie du prophète Elisée. Voici les renseignements que l'Ecriture sainte nous fourmt sur le compte de cette ville:

^ Les trois cents trompettes retentirent^ ei V Etemel fit tourner le glaive , Vun contre Vautre, et ainsi dans tout le camp, et rarmr'e s'enfuit iusquà Beitl-Heshitah (la maison de V arbre épineux) près de Sararat, jusque la frontière d'AbeUmehoulah, près aeThoubat.

(Jud., vn, 22.) Baûna-Ben-Akhiloud avait Tâanak et Megiddo et tout Beit-San, qui rft près de Sartanahf au-dessous de Jezrarl, depuis Beit'San jusqu'à Abel-Mehoulah, jus-

Îuau delà de Jokneàam, (I Rois, iv, \2.) :t tu oindras Elisâa Ben-Soufat, d'Abel- Mehoulah, pour être prophète sous toi (après toi), (1 Bois, XIX, 16.) De ces textes il résulte

au Abel-Mehoulah était dans le voisinage de eit-San, nommée depuis Scythopolis, et qui a repris aujourd'hui son antique nom» mais un peu altéré, de Beysan. Eusèbe, à propos dfe cette localité dont il écrit le nom BQ9fiffA«, dit que c'est un bourg situé dans la grande plaine du Jourdain, h 16 milU*s romains au sud de Scythopolis ou Beysan . Avis aux explorateurs futurs de la Terre- Sainte. Nul (Joute qu'ils ne retrouvent avec un peu de soin les traces de la ville nala'*: du prophète Elisée.

ABEL - MISH.VLM. (Voy. ABRLMiE-Srruni.) — J'ai pensé devoir adopter l'avis des Kxegètes qui d'Abel-he-Srtliim, et d'Alx*l Misraïm., font une seule et même Uxalilé. Ju dois néanmoins faire observer que saint Je ruine, qui certes conmiissait bien In Terre Sainte, place Abel-Misrann h l'occident du Jourdain, en ajoutant que celui-ci fut jm>2»> térieurement appelé Bcthagla (Beillladjlali;; c'est évidemment ce témoignage on ne i)f ût plus respectable (|ui a décidé Reland à faire de ces deux noms les appellations de deux lotMlités distinittes situées l'une h l'oriei'jt, l'autre à l'occident du Jourdain. Toutefoib, pour lunntT aux lecteurs tous les iMo\ens Je

ABl

DES ANTIQUITES BIBLIQUES.

ABl

86 décider en connaissance de cause je dois rappeîer que le verset 11 du chapitre i de la Geniie que j*ai reproduit en entier à propos d'Abel-be-Sithim, nous apprend que Abel-Misraïm était dans le Djouran-Aatad, c'est-à-dire dans Taire, le lieu plan des épines. Si tel est bien le sens du mot âatad, il y a Quelque raison de plus de croire que l'Abel des arbres épineux est le même lieu que TAbel située dans Taire des épines. Il me suffira d'avoir indiqué ce rapprochement.

ABES. — Ville de la tribu d'Issakhar. — U n*est question de cette localité qu'une seule fois dans toute TEcriture sainte, voici le verset où elle se trouve mentionnée (/o«., xix, 17) : A Issakhhar échut le quatrième lot; au enfanté a hiokkhar , nlon leur 'famille,— 18. Lturlimite fut à Jexranl, et BikealwH, et Sounem. 19. Et Ueferim, et Saoun, et Ekaharat.

—20. Et Herahit et Kesioun et i46M,— elc

On ne connaît aucune localité moderne dont le nom nii>pelle celui d'Abe».

A BU A. — Trois villes distinctes de ce nom et dont nous devrons nous occuper successivement, sont mentionnées dans- les écrivains anciens. La première était une ville de la Batanée, la seconde était la^ métropole du Tétrarque Lysanias, et la troisième était une ville de la Perée. Procédons par ordre.

Abilà db la Batanéb. — Eusèbe, dans son Onomasticon, au mot* *Avt«pwa wp^th. nous apprend qu'il y avait deui bourgades de ce nom dans la Balanée entre les villes d'Adraat 'Aa«/9ôv(l) et d'Abila. Celte dernière ville est très-probablement la môme dont il dit que «est une ville illustre d'Arabie, surnommée fa productrice de vin, distante de Gadara de 12 milles romains, comptés à Torient de cette ville. Le nom qu'il lui .donne étant 'A6a 'AfiTri- >»v« qui ne voit immédiatement que cette ville n'est autre que TAbel-Kermim de TEcriture sainte dont le nom a précisément la même signiOcation T (Voy. ce mot.) Puisqu'il en est ainsi, la position de cette ville est pour ainsi dire déterminable géométriquement sur la carte. En effet, des deux points eonnus comme Keit qui est Oadara, et Hammam qui a remplacé Rabbat - Ammon, nous décrivons deux arcs de cercle ayant respectivement pour rayon des ouvertures de compas représentant douze et six milles romains : ces deux arcs nous fourniront deux points d'intersection parmi lesquels le choix est forcé par la raison que Abila était à Torient de Oadara. Cest certamement cetteAbilaqui se trouve niontionnée par Pline au nombre des villes de la Décapole. C'est encore elle dont parle Jnsêplie, quand il raconte qu'Antiocnus prit Oadara et Abila. (Ant. jud., XII, m, 3.) le ne crr)isl pas qu'aucun voyageur moderne ait encore retrouvé les ruines de celte ville qui paraît avoir été importante. La belle carie Je Zimmermann place au point convenable par la position de cette ville une localité qu'il appelle Irbid et qu'il identifie avec une Arbela. Je suis buni iculé de croire qu'il y a

1.^ une incorrection,et que c'est Abela qu'il foui lire sur la carte au lieu d'Arbela. S'il n'en est pas ainsi, je ne saurais deviner où l'habile géographe a trouvé Tindicdtion d'une Arbela en cette contrée .

Abila db Ltsanias; Abila près du Liban. — Abila était la métropole de la province d'Abilène. Cette province faisait partie de la Tétrarchie de la Chalcide, qui fut possédée nar Ptolémée fils de Mennsus, et par son fils Lysanias. Celui-ci fit probablement^de grands travaux à Abila, puisque cette ville reçut le nom d'Abila de Lysamas (Géographie de Ptolémée, villes de la Cœlésvrie ). A Lysanias succéda Zénodore dont la Ôtialion n'était pas encore établie : nous allons voir qu'elle résulte assez clairement d'une inscription d'Héliopolis, et que ce Zénodore était réellement fils de Lvsanias. Le long de la face intérieure du mur d enceinte de Baaibek, et au pied de la branche faisant face au sud, on trouve plusieurs fragments d'une inscription grecque en caractères carrés, dont l'un a 1 m. 60 centimètres de largeur, et qui ont dû former jadis la frise d'un bel édifice funéraire. Ces fraçnents, au nombre de trois, sont loin de fournir un texte complet, mais ils suflisent pour faire deviner la teneur de ce texte, les voici :

Page 1