‹ Dictionnaire de bibliographie catholique, présentant l'indication et les titres complets de tous les ouvrages qui ont été publiés dans les trois langues grecque, latine et française, depuis la naissance du christianisme, en tous pays, mais principalement en France, pour et sur le catholicisme, avec les divers renseignements bibliographiques qui peuvent en donner l'idée la plus complèteChapitre 102 sur 137 · Opuscule de 12 pages tiré a 25 exem · texte numérisé non relu

Opuscule de 12 pages tiré a 25 exem

i par les soins de M. Chenu, bibliophile

[ on doit quelques jolies réimpressions et des

ches sur les éditions elzevinennes. Ce fra-

est l'œuvre de son père F. Cl. Chenu). éraire et souvenirs d'Angleterre et ^Ecosse, ^6 (par le baron Ducos), Paris, 1834, 4 col. — (Ouvrage tiré à 150 exempl. et qui ne s'est vendu ; c'est par erreur qu'il est attribué [uelques catalogues, et notamment dans ce-

Scalini, 1859, n*> 3364 à M. Th. Ducos, de lux, ministre de la marine de 1852 à 1854.)

mi les ouvrages tirésà fort peu d'exem- $s et qui n^ont point de destination lerciale nous rappellerons les publicadu prince Louis-Lucien Bonaparte; ce cteur zélé des éludes linguistiques se à faire imprimer à Londres des traducen diverses langues de différentes parle la Bible; des vocabulaires: malheuiment son amour pour les raretés typoliques le conduit parfois à limiter

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tellement le chiffre du tirage que les hommes d'étude qui, dans un but d'investigations sérieuses, seraient bien aisesde consulterces textes, se trouvent dans l'impossibilité de les avoir sous les yeux. Nous avons déjà donné les titres de quelques-unes de ces impressions exécutées avec beaucoup de soin et dont le nombre s'accroît chaque année.

Un ouvrage italien qui a une importance réelle ne doit pas nous échapper : Trattalo di architettura civile e militare, di Francesca di Georgio Martini, ora per la prima volta pubblieato per cura del c, Cesare Saluzzo^ con diêsertaxioni e note per servire alla noria militare italiana, Torino, 1841,2 vol. in-4. et allas de 38 planches in-fol. —Celle publication importante d'un ouvrage composé au xv siècle par un archileole siennois, est due au zèle de M. César Saluzzo,. gouverneur des ducs de Savoie el de Génos qui a fait les frais de Tédition très-belle, et très-soignée el qui n'a pas été livrée aa commerce. La collation du texte avec les manuscrits, les notes, îa vie de lauleur, les

cette époque, sont l'œuvre d'un savant Pié' montais, M. Charles Promis.

Un grand nombre d'opuscules ont été publiés en Iialie, et non livrés au commerce; en Angleterre, leur nombre est tel qu'ils ont provoqué un travail spécial de J. Martin, déjà cité par nous : Catalogue of books privately printed , Londres , 1831* , in-8, 2* édition, 1854.

Nous ne ferons point d'excursion dans ce domaine de la bibliographie étrangère; les détails dans lesquels nous entrerions ne seraient pas en général d'un inlérftt réel pour des lecleurs français, et si nous voulions donner une éuuméraiion un peo.

complète, elle nous entraînerait trop loin.. § Y. — Livres supposés et imaginaires.

Cette portion piquanle de la bibliographie a été l'objet de recherches consignées par plusieurs bibliophiles dans le Journalde l'amateur de livres^ X, 1 , p. IW; t. Il, p. 362;

t. ni, p. 6.

La satire a tiré parti de la supposition d'écrits imaginaires, et bien des amateurs s'en sont servisdans des intentions malignes. Du temps d'Henri 111, et de son successeur, à l'époque de Louis Xlll, on écrivit les litres de livres formant les bibliothèques de tels ou tels personnages ; c'étaientaulant de malices.

Furrelière,dans son Roman bourgeois (Paris, 166G), indiquait entre autres ouvrages^ VAmadésiade ou la Gaulexde, poëme heroïcomique , contenant Vhistoire d'Amailis de Gaule en 1.724,800 vers.

Unipamphlet mis au jour en 1742 mentionnait comme formant la bibliothèque d'un j»elil-maltre Y Encyclopédie perruquier e en 7,300 cahiers , les Statuts et règlements de l'ordre*' élégantissime du papHlonage pai* Turbanissime Zéphirifolet, 100 vol. in-fol.

A répoaue de la Révolution, au milieu dola ioule décrits satiriques que chaque

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lûuitipliaitè profusion, il parut diverses listes d'ouvrages imaginaires. Nous en citerons quel(]ues«uns inventés par un écrivain qui irétait pas ami des principes nouveaux.

Des proscriptions [égales^ ouvrage suivi d*an Ksêûi sur le feu de file par les jores du tribunal révolulionnaire.

Atlrappe qui peut^ ou véritable rédaction de ta loi agraire.

Calcul de la quantité de boue dont on peut être couvert sans que cela paruiste.

De rinconvément des réverbères pour les vrais patriotes.

On trouvera dans le Journal q\xQ nous venons de citer divers exemples de catalogues (le livres imaginaires inspirés par des intentions satiriques. A Tépoque de la Régence, on annonçait :

VArt de mener Us maris par le nez, dédié à la reine d'Espagne.

L'Art de diviser les hommes à Cinfini et de profiter de leurs divisions^ par le doc d'Orléans.

Nouveau traité des infiniments petits^ dédié aux grands de la cour de France*

A la suite de quelques exemplaires de la Confession réciproque ou Dialogues du tempSf Cotogne » 169il^ ( un des nombreux libelles dirigés contre le gouvernement de Louis XIV qui sortirent des presses de Hollande)» on trouve une liste d'ouvrages annonces, où parmi des livres conhus, il y en a qui n'existent pas ou qui n'ont jamais été imprimés dans le format indiqué.

Nous pourrions ajouter aux indications données dans le Journal de l'amaleur de HvreSf bien d'autres mentions du môme genre, mais nous nous en tiendrons h un petit nombre de citations , telles que celles-ci :

hibliotbeca Gallo-Suecica ^ Erasmus Irenicus, Vtopiœ , sans date.

Libri tkeologici, politici^ hiétorici, juxta seriem alphabeticam, sans lieu ni date, in-8. (C'est une satire contre les Puritains. Il y en a un extrait dans l'ouvrage de Bcloe : Anecdotes of lilerature, t. lY, p. 552.)

iM. Delepierre, dans son curieux ouvrage sur Id littérature macaronique (1852, in-8), cite, p. 228 et 342, des livres imaginaires, et dans une pièce jouée à Paris en 1657. sur le Théâtre itaiien. Arlequin invoquait Taulorité d'un traité composé par Aristote sur les moyens d'empêcher les grenouilles de s'enrhumer.

A la suite d'un ouvrage imprimé en Belgic|ue en 1776 sous le titre de la Candeur bibliographique^ on trouve le Catalogue des livres de fond de MM. Emmanuel et Kyrie três'célébres libraires ( voir le Bulletin du bibliophile belge, 1. 111, p. 260).

En tète d'une parodie intitulée Monsieur Cassandre, on lit un Catalogue des ouvrages du même auteur qui sont sous presse; on y Femari^ue les Angoisses du sentiment, ou la Sensibilité à répreuve, roman en kO vol., et le Traité complet de la ponctuation, ou te moyen de tirer le plus grand parti de la suspension dans le discours, 2 vol. in-8.

Un des plus curieux échantillons de ce genre de facétie se rattache à une mjslilica*

lO

tion bibliographique qui fit quelque brait en 18U) dans le monde des amateurs de boaquins. Il parut un Catalogue très-court iteprimé par Hoyos à Mans et annonçant U vente d'une très-riche, mais peu norobreose collection de livres, provenant de la bibliothèque de feu M. le comte J. N. A. de Fortsas, vente! qui devait avoir lieu è Bincbe, le 10 août 18<k0, à onze heures du matinées l'étude et par le ministère de maître Moorlon, notaire. Ce Catalogue était précédé d'une notice biographique sur Jean-Népo* mucène Auguste Pichauid « comte de Fortsas» né le 2k novembre ^ 1770. On y iisaâ que ce personnage, bibliomaneeiceDtriqQe, n'admettait sur ses tablettes que des ouvrages inconnu.s à tous les bibliographes J tous les catalosistes. C'était sa règle ioTiriable. Sitôt qu il apprenait qu'un ouvrage jusqu'alors ignoré avait été signalé quelque part, l'eût-il acheté au poids de Tor, il l'expulsait impitoyablement de ses rayons.

Des notes traîtresses , des détails de li plus perfide vraisemblance aig^uisaientlad* riosité, aiguillonnaient le désir.

Ce Catalogue tiré à une centaine d'eieapiaircs sur papier ordinaire et à cinq sur pipierde couleur, est devenu fort rare. M. Junet le réimprima en 18S0 dans le Jownd de Vamateur de livres, pag. 141-152, etilre produit une lettre de M. de Reiffeobergi conservateur de la bibliothèque Rojale de Bruxelles qui, le 17 juillet 18M), écrivait n ministre pour être autorisé à se rendre à Binche et à y acheter 34> ouvrages qu'il énluait à 1,785 fr. M. de Fortsas et sa bibliothèque n'avaient jamais existé que dans l'imagination d'un bibliophile érudit qui s'était avisé de cette plaisanterie, une des meilleures de ce genre. On en fait honoeori M. Chalons de Mons.

Nous inscrirons ici quelques-uns des titres de cette bibliothèque imaginaire. Od remarquera avec quelle exactitude le strie ordinaire des notes de certains Catalogues se trouve reproduit.

Relation véritable de la surprime de Monts euHsfnaut par le conte (sic) Lots de Nassau , sans lici ■ date, in-4, 45 fts. non cbiffrés, mar. vert, fil. tr. i ( Petite pièce très-curieuse et contenant des particnlarités tout à fait inconnues sur cet épisode do guerres du iv* siècle.)

Brevis ac dilucida Flandriœ descriptio , per Jod*cum Âutoniuin Makens, Basileœ, 15^, petit io^ie 124 p., niar. rouge, tr. d. ( Ce volume provint de la bibliothèque de Saint-Germain-des-Prés. Vt*^ partenu au Tameux Hounan dont il porte la àp^ ture et de nombreuses notes marginales)

Constitution du royaume d'Yvetot, 1791, ia^ 97 pages, sans lieu ^aris) vélin blanc. (Paradie de la coiistitutiou de i7Ui).

Le Sardanapale de ce temps, à la SpLère» t689, in-lâ« mar. bleu. (Libelle odieusement cynique dirigé contre Louis XIV.)

Corpus juris civitis, Arostelodami» apod Elzf^ rios, 1665, in-fol. Exemplaire unique imprimé ff peau vélin cl divisé en 4 vol. avec des titres împ*^ niés exprès. Ma^iÛqne reliure» niarotpiin r»«f(« aux armes des étais généraux. — Sur la garée di premier volume une note en hoUandais» s^^

DE BIBLIOLOGIE.

sevier, noiit apprend que c cet exemplaire, le mpriroé sur vèlin, aélé confeclionné pour les de Hollande el à leurs frais. L'exèculion de cet ^e est admirable, etc*est pcut-élre le plus beau ][ui existe. Je Tai acheté le 19 février 180^, |uif d'Amsterdam, pour la modique somme de norins; mon ami, sir Richard Heber, m*en a urs fois offert mille livres sterling, i noires de Pabbé de VattevUle, lequel fut succèsîtU colonel, pacha, chartreux, etc, Cologne, chez : Marteau, i71il, petit in-i2 de vu et 224 p. ne tache d'encre a la page 121).

§ VI. — Livres populaires.

rès être restés lonstemps en dehors des ^cupations des bibliographes^ les livres laires sont devenus 1 objet d*une étude tive, et de tous côtés ils ont provoqué ravaux sérieux.

travail fort curieux de M. Charles Ni- ( Histoire des livres populaires ou de la ature du colportage y 1854, 2 vol. in-8) Qous avons cité à rarliole ALMANACHy dans des détails fort étendus à l'égard s ouvrages qui exercent une influence réelle puisque ce sont les seuls que t ou qu'entendent lire des millions ornes. M. Nisard fait connatlre ceux >e rattachent aux sciences occultes et Toffrenl qu'un amas d'absurdités soudangereuses; l'administration leur recertainement la faculté du colportage ils ont si longtemps abusé. Les écrits fs à la divination^ à l'interprétation des 9s, à la cartomancie , à la physiognomie int guère moins stupides.

lutres ouvrages connus sous le nom ules procèdent d'un autre ordre d'i- . Il s agit d'une série de questions à ine desquelles correspondent plusieurs fises très-diverses que le hasard déter-

et dont rà-<propos ou l'inattendu amèparfois des réponses piquantes (174).

l'ouvrage que décrit M. Nisard vinet- *e questions sont posées auxquelles 3le est tenu de répondre ; ces réponses

réparties sur un grand nombre de sf, lesquelles en contiennent chacune ;-quatre. A ces questions et réponses inexé un tableau divisé en vingt-quatre ;, depuis 1 jusqu'à 24. On pique le ta- 1 avec une épingle et les yeux fermés; de la case où a donné l'épingle indique

de la réponse de l'oracle. Divers écrits

I) Pendant près de trois siècles les livres de espèce ont joui d'une faveur attestée par de reuses éditions, et il faut remonter très-haut trouver Torigine de ce genre de compositions, élails curieux se rencontrent à cet égard dans Hluction (de ixvni pages) placée en tète de mpression faite à Paris en 1858 (et comprise a Bibliothèque elzevirieune de l'éditeur P. JaniU Temple des oracles, ouvrage de J. F. d'Uervi, nté à Louis MU et dont la première édiest de 1625 (il y en eut plusieurs en peu ées ). Le Dodéchédron de fortune composé par de Meun , le continuateur du Roman de la est le premier livre de ce genre ; il a été im-

sont relatifs à la chiromancie (ou VaiiX de connaître par la seule inspection de la rnaîn le caractère et la destinée des personnes) e( h l'art de deviner par le marc de café; ces divinations se rattachaient au secret de tirer de bons numéros à la loterie. Ce secret a beaucoup perdu de son utilité en France* mais il conserve encore un très-grand prix dans des pays étrangers; d'ailleurs les loteries particulières qu'on autorise de temps en temps el surtout les loteries clandestines qui se passent d'autorisation, laissent encore assez d'importance à ce genre d'industrie pour que les livres qui s'y ratiachent trouvent des acheteurs.

^ Ils s'expriment en termes fort pompeux; l'auteur de la Clef d'or ou le véritable trésor de la fortune, ouvrage publié en 1777 (réimprime plusieurs fois, notamment en 1840)^ annonce qu'après avoir dans l'espace de deux ans et demi gagné plus de trois cent mille livres à la loterie, l'amour de ses semblables l'engage à leur dévoiler son secret. « Une fortune rapide et prodigieuse sera le fruit de la confiance qu'ils m'accorderont. »

h^s livres de prophéties sont l'objet de détails étendus.

L'économie domestique revendique un asse^ grand nombre de livres populaires. Plusieurs se rattachent à la médecine vétérinaire. H en est qui contiennent des préceptes judicieux et sages; d*autres renferment des aiaiseries dans le genre de celleci : « Un crapaud vivant, oa mort, enveloppé dans un linge avec du sel et de l'ail à moitiéécrasé, du vif-argent ou de l'assa-fœtida, et pendu au cou, est un excellent préservatif; quand on s'en est servi quelque temps, il faut jeter le tout au feu. »

Des traités de médecine répandus par le colportage sont l'œuvre d'un charlatanisme impudent; ils indiquent en général l'art dese traiter ^soi-même; ils prétendent donner (nous copions) des remèdes simples, peu coûteux^ faciles à préparer et à administrent pour guérir la plupart des maladies qui attaquent • le corps humain , pour conserver la santé et vivre longtemps.

La partie médicale dans les livres populaires qui offrent un répertoire de diverses sciences, est habituellement absurde. C'est ainsi que la Nouvelle science des gens de campagne^ livret où il y a d'ailleurs de bonnes choses, annonce gravement qu'il n'y

primé en 1556 ; le style est rajeuni. Les procédés-, de divination sont moditlés dans le Libro délie Sorêi de L. Spirito, in-fol, Vicence, sans date (U75). Le Triompho di fortuna de S. Fanti, 1527, les Sorti àe^ J. Marcolini, intitolate Ciardino de pensieri, 1540, sont des livres recherchés. Le travail de Spirito fut traduit en espagnol et en français ; dans cette dernière version, les monarques de Tantiquité que met* tait en jeu Tauteur italien , sont remplacés par vinet rois de France. Après d'Uervi vint Yulson de n- Golombiére qui composa le Palais des curieux^ otH^ vrage qn'i, mudifié , relouché de diverses façons, fitte réimprimé maintes fois de 1646 à 1710..

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a pas de migraine qui puisse re^sistcr ao remède que voici : « Vous prenez la tête d'une corneille, vous la faites cuire sur des charbons et vous mangez la cervelle. — AQd de se préserver delà goutte, il faut prendre une gousse d'ail, la bien nettoyer et Tavaler tous les matins durant tout le déclin de It lune. »

Nous ne nous arrêterons pas aux ouvraees que M. Nisard enregistre sous le titre d j^loges funèbres^ de Facéties : la plupart de ces écrits, souvent immoraux, sont du plus mauvais goût*

Les Vies de personnages illustres ou fameux, vrais ou imaginaires, jouent un rêle important dans la bibliothèque du colportage. Ces biographies fort mal écrites sont remplies de faits supposés. Des voleurs célèbres , tels aue Cartouche et Mandrin , le faussaire Collet, le brigand des Apennins, Diavolo (personnage imaginaire) y Gourent avec honneur; Jean Bart n est pas oublié; des êtres imaginaires, tels que Gargantua et Ulenspiègie, fournissent matière h des narrations assez plates; plusieurs livrets reproduisent en prose ou en vers et avec des variantes considérables, la célèbre légende du Juif errant.

Les ouvrages religieux de<:tinés au colportage remplissent la majeure partie du second volume du travail de M. Ch. Nisard; quelques-uns sont sans nul mérite ; de mauvais vers, des traditions fabuleuses, des pratiques superstitieuses en forment la base; d'autres se recommandent è tous égards : nous indiquerons la Préparation à la mort par le R. P. Grasset, livre écrit avec chaleur et élévation; il présente de très-sages instructions pour î)réparer Taccomplisscment du dernier et du plus grand acte de la vie, mises h la portée de tout le monde. Le Nouveau Réveil de Came, in-32, contient des exhortations h la pratique do la vertu et des conseils pour s'y acheminer avec quelques prières et un cantique sur le Jugement dernier. Sur la dernier feuillet on lit ce quatrain :

Fuir le mat et foire le bien, Apprendre à mourir et à vivre.

Servir von Dieu, vivre enchrélieo, Voilà Tabrégé de ce livre.

Parmi les livrets qui rentrent dans la littérature populaire, M. Nisard signale VEnfant sage à trois ans contenant les demandes c[ue lui tit l'empereur Adrien et les réponses de 1 enfant. CN'st un opuscule du xv* siècle remanié et rajeuni. Les éditions anciennes sont recherchées des bibliophiles.

Un avant-propos indique l'occasion du livre dans Tédition modenie.

« L'enfant sajjo qui n'avait que trois ans et qu'on appelait petit-fils de l'empereur fut recommandé à monseigneur l'archevêque qui le recommanda à un t)dtriarche de Jéru- ^alem qui le |)résenla à.un duc très-sage et ^* meilleur qui lût en toute la terre. Lorsque toi enfant fut venu en la cité de ce duc, il fut lui parler, et les chevaliers de ce duc lui dirent : a Voici l'enfant très-sage; » ils le

saluèrent et lui denaandèrent : « D'où es-i« venu, sage enfant ?» il leur répondit : c De mon père et de ma mère et suis créé de Jésus-Christ. » Quelques autres che?alien du dit duc lui dirent : « Tu es sage? » Ulev répondit que celui qui était sage se châtie soi-ntdme. Toutes ces choses ayant été rap>

Portées h l'empereur Adrien qui était alon Rome« il le fit venir pour l'interroger sur plusieurs questions dignes d'être Iseï par un chacun. »

Quelques-unes des questions que U l'empereur sont assez singulières et les réponses de l'enfant expriment les idées qai avaient cours il y a bien des siècles :

« Où est-ce que jamais ne pleut etjaouâs ne tombera d'eau? »

« — A la vallée de Gelboe. »

c Qui fut celui qui fit la première église?i

c — Ce fut saint Paul. »

Un des meilleurs livres du col|M)rtn^ee!l celui qui a pour titre : Maximes chrétiennn et règles de rie pour les jeunes gens tirées è la sainte jeunesse de Jésus -Christ utila é tous les fidèles. « Il n'y a point d'exempla pour confirmer les maximes; tout se passe en raisonnements et en exhortations. Les uns et les antres sont exprimés aj;^c clarté, simplicité, onction môme, et sont ï la portée de toutes les intelligences. »

Les productions si répandues au mojea A^e sous le titre de Miroir des pécheun^

— Miroir de Vàme pécheresse , etc., ool fourni l'idée du Miroir du Pécheur com^ni par les A. R, P, P, Capucins^ missionnmrti, très'Utile à toutes sortes de personnes composé par figures: les gravures au nombre tj« huit sont fort grossièrement exécutées; M. Nisard Tes a reproduites ainsi qae le texte qui les accompagne. Il donne aussi des extraits du Petit litre du Mont-Carmel « sont expliqués rétablissement, les faveurs, les progrès, les devoirs du saint-Scapufaire, defe sainte Association^ de V Amour sacré de Mûrie, très-digne mère de Dieu^ sous le titre dt Notre-Dame auxiliatrice, etc. — La Prattqwe de dévotion à Notre-Dame de Bon-Secours avec des prières de chaque jour de la semaist, renferme des pièces apocryphes qui devraient être retranchées, notamment la « copie d'une bénédiction envoyée du ciel par la prière du vénérable abbé Colouianau roi Tibery, son père, contre tous ses ennemis, en quelque lieu qu'ils fussent, et approuvée par le pape Charles-Léoiu qui l'envoya aussi à son frère. » — Le roy Tiben/ et le pape Charles-Léon, nous sont inconnus

— Le Chemin de la croix est un très-ancien cadre sans cesse rempli d'ima^^es et de prières nouvelles. On regarde la Via crucis comme originaire de la Belgique. On p^mrrait faire un long travail bibliographique sur ces livrets de méditations pieuses devaut chaque station de la Passion.

M. Nisard signale quatre ouvrages modernes de ce genre; il s'étend surtout sur celui qui a pour titre : les Stations de Jérusalem pour servir d'entretien sur la Passh^ de Notre-Seigneur Jésus-Christ^ par le R. ^

DE BIBLIOLOGIE.

er de la compagnie de Jésus. Il fait, son, un grand élogo de ce livre :

est impossible de ne pas être viventi du saint enthousiasme dont l'ananimé, comme aussi de ne pas sentir ) chose de la douloureuse indignali le pénètre, à la vue des lieux ; des dernières épreuves de notre édempteur. Le style est en général niier, mais plein de chaleur el de véhéle lecteur ne perd jamais de vue la des mystères dont la peinture est du livre : d'ailleurs les effets n'en l être qu'excellents sur les Ames )u qui mettentde la délicatesse jusque ur foi.

Uj s\ ce n'est le texte même, ne saumer une idée du ton avec lequel est e la ilagellation de Jésus-Christ, 'indignation et de colère, l'auteur phe tour-à-tour son âme qu'il convie er à cet horrible spectacle; les seraqu'il invite à descendre du ciel pour le leurs ailes la nudité de Jésus; les uiy qu*il poursuit des injures les plus ntes; le poteau, à la place duquel il ^oulu être })Our être embrassé par t lui sauver quelques coups. »

*ses vies de saints qui font partie des ;olportés attirent ensuite l'attention Nisard; il fait connaître les Vies de leine, de sainte Barbe, de sainte Mar- , de saint Eustache, elles sont en

passe ensuite h celles en prose, Jire, à celles de sainte Anne, de saint t de saint Meen, saint Dié; il les fait re par d'assez longues citations, et point la Danse des morts dont il re-

plusieurs gravures. Nous avons é un article à celte composition cel dans un instant nous reviendrons oraie nouvelle qu'elle a prise.

Epiftolaires sont ensuite l'objet des hes de M. Nisard. Les livrets du col-

qui ont pour but de fournir à l'eues modèles de compliments, h ceux t une fortune à régir ou une place à îr des protocoles |)Our les actes tels ntrals de vente, baux, lettres de

billets à ordre, pétitions aux princes

ministres, ces livrets, dis-je, sont mbreux. Ils ont toujours un succès . Leur modèle est le livre de Pierre , publié à Paris en 1559 : le Miroir u et secret de bien vivre contenant rs belles histoires avec le style de ?r toutes sortes de lettres^ missives ^ zes et promesses. Cet ouvrage plufois réimprimé eut de nombreux 3rs; on vit paraître VEpitome abrégé Uructure et composition des épîtres, Roland, Paris, 1608, le Nouveau se-

de la Coury 1714, et bien d'autres.

ne pouvons nier d'ailleurs le peu it que f)résentent ces collections ; les s d'affaires respirent l'ennui ; les le cotupliments^ parfois remplacées

pièces de vers» sont d'une platitude

extrême ou pleines de sentiments exagérés et faux.

Nous laisserons de côté le chapitre consacré à l'argot , cette langue ignoble qui a trouvé des lexicographes et des bibliographes. M. Nisard reproduit un écrit déjà ancien : YOrigine des argotiers, et il y joint ua dictionnaire.

Quant aux livrets d'éducation destinés aux enfants du peuple et débitées par le colportage, ils sont modernes. Il y en a qui sont imprimés sur papier horrible avec caractères à l'avenant, il en est qui sont exécutés avec luxe. Parmi ceux que mentionne M. Nisard et qui sortent des presses d'Epinal, nous distinguons VA B C français ^ première instruction chrétienne pour les petits enfants, m-iSf 23 pages, VA B C latin^VAbécédaire moral, suivi d'un nouveau fablier, (aucune de ces fables n'est empruntée à La Fontaine, et quelques-unes sont dues à la plume d'auteurs anonymes qui poussent la naïveté du genre jusqu'à négliger de parler français).

Le plus curieux de ces livrets est un ouvrasse célèbre autrefois sous le titre de Civilité puérile et honnête; il se réimprime fréquemment sous des titres un peu modifiés : Civilité chrétienne et honnête pour Véducation et Vinstruction de la jeunesse: Conduite pour la bienséance civile et chrétienne, etc. Parmi beaucoup de niaiseries, ces livrets renferment des traces curieuses des anciens usages.

Le «juatorzième et dernier chapitre de l'ouvrage de M. Nisard concerne les ouvrages de fiction qui entrent dans la littérature du colportage. Les romans de chevalerie, écrits d*abord en vers au moyen âge et récités par les jongleurs et les trouvères, mis ensuite en prose et imprimés au xy* el au xvi* siècle, lorment une portion considérable des livrets oui nous occupent. Il va sans direqne les longues épopées qui charmaient les anciens chevaliers ont été extrêmement abrégées. ^M. Nisard analyse, avec d'amples citations, Jean de Paris (remanié' mais avec moins de naïveté el d'agrément sous le titre de Jean de Calais), — Pierre de Provence, — Hélène de Constantinople, — Innocence reconnue de Geneviève de Bra^ bant, — Robert le Diable, — Richard Sans- Peur, — Les Quatre fils Aymon, ValentiK et Orson, — Gallien Restauré, — Huon de Bordeaux. Tous ces ouvrages tels que le colportage les présente, n'ont aucun mérite littéraire; le style ancien a été altéré sans goût, et le texte est accompagné de gravures presque toujours détestables.

Nous ne nous occuperons pas des romans modernes dont il a été fait des éditions pour le colportage. Les écrits de madame Coitin, el de Ducray-Duménil, y figurent en première ligue et ont conservé, à cet égard, la vo;^ue dont ils jouissaient il y a plus de cinquante ans. Les ouvrages de Florian, les Contes de fées de Perraut, ceux de madame d*Aulnoy, figurent aussi parmi 'es produc-

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