‹ Dictionnaire de bibliographie catholique, présentant l'indication et les titres complets de tous les ouvrages qui ont été publiés dans les trois langues grecque, latine et française, depuis la naissance du christianisme, en tous pays, mais principalement en France, pour et sur le catholicisme, avec les divers renseignements bibliographiques qui peuvent en donner l'idée la plus complèteChapitre 105 sur 137 · L'USURIER · texte numérisé non relu

L'USURIER

Me convient-il sitôt mourir T Ce m'est une peine bien dure ; Mon or me pent^-il secourir Dans cette funeste avenlure?

0 mort, plus funeste qu'un lion.

Attendez que je vous aélivre.

Si vous voulez, un million, £t me laissez encore vivre.

La Danse des femmes vient après (fëlle dfi hommes; 20 planches la coo3posent;oDj voit figurer la Reine, TAbbesse, la Bergère, la Nouvelle mariée, la Femme grosse, l» Chambrière, la Sorcière, la Nourrice, ii Vieille demoiselle, etc. D*autres morts débutent de môme par adresser des conseils aux femmes :

Femmes, mirez vos doux appes.

Dans celte triste sépulture ; Re^^rdez ces os en un tas.

Qui font horreur k la nature :

Ils ont été d'élals divers.

Reines, bergères, grandes dames.

On ne sait plus, mangés des vers, suis sont os dliommes ou de femmes.

Les vers adressés aux femmes ou mis dans leur bouche sont sur Je mètne modèle que ceux qui accompagnent ta Danse des hommes; il serait supeitlu d*en donner des cilations.

M. Jannet, éditeur actif et intelligent que nous avons plusieurs fois roccasion de nommer, a inséré dans le Journal de Pamùleur de livres, en 1847, une série d'articles sur les livres populaires. Ce travail bes\xcoup moins étendu que celui de M. Nisard et qui n*a pas d'ailleurs été achevé, renferme toutefois des notions intéressantes.

La littérature populaire des diverses nations de r£urope a de même été rôbjet de travaux exécutés avec zèle. Un écrivain renommé, Gœrres, a publié en 1809 un volume in-12 qui mentionne les compositions de ce genre répandues en Allemagne et qui en offre des analyses intéressâmes.

Divers ouvrages anglais du môme genre mériteraient d'être signalés. Nous nous en tiendrons à mentionner celui de J. Halliwell : A calalogue ofckap^ooks andpopuhr (réalises^ Londies, IMQ, in-8. Ce volume de 190 pages signale 241 ouvrages différents. Nous y avons remarqué plusieurs histoires du Juif errant. M. Halliwel amis

DE BIBLIOLOGIE.

3ur un recueil de chansons de nourrices rsery rhymes ofEngland)^ qui a obtenu ou six éditions.

§ VII. Livrée à eUfs,

is livres de ce genre sont ceui dans uels les noms propres ou ceux de Jocasont déguisés afin de jeter un voile sur ensée de l'auteur. Des livres satiriques liés il y a assez longtemps rentrent surdans cette catégorie, n bon recueil de clefs serait aussi imporpour rhistoire littéraire qu'amusant pour bibliophiles, et ce travail n'offre peutpas autant de difficultés qu'on se le perlerait au premier abord. L'académicien Nodier annexa au Bulletin du bibliophile 1834 une notice intéressante sur les ss à clefs. 11 observe que « l'anagramme un des moyen de déguisement les plus les et les })lus vulgaires dont se soient is les satyriaues , et il faut avouer qu'il en a point de plus candide et de plus , puisque les éléments du mot s'y uréent d'eux-mêmes à qui daigne les cner- *. Il est plus essentiel dedéûnir la parolie dont les lexicographes ont omis le I, qui est cependant une figure commune, ae dans les classiques, etqui résulte d'un Irès-sensible de radicaux de désinence dVlhographe dans la construction. Un nple valant cent fois mieux en pareil cas me définition, il suffira de rappeler pour 3 connaître ce trope injurieux mais insoment sincère, le Kautin des premières ions de Boileau et le Trieotin des preres représentations de Molière dans les- Is il est impossible de ne pas lire le nom Cotin qui y est ouvertement exprimé, t ainsi que Scaliger a désigné par le pét Scorpius son fougueux ennemi Sciop^ ( et que Dalibray a diffamé Montmaur 3 le nom de Gomor....

Il n'y a rien de plus facile que de débrouile mystère des anagrammes quand ils porsur des noms connus, comme l'histoire r^omztAu{(Louis quinze) roi des Kofiran$ inçois). 11 ne se présente d'obstacle réel eut-ôtre insurmontable à la traduction uitant que le nom travesti ne cacherait jn nom que tout le monde ignore et dont Tadition s'est entièrement effacée de la noire des hommes. C'est une question avoir en ce cas s'il vaut la peine qu*on I informe. C'est ainsi que les Mémoires êieur de Beragram^ 1667, in-12, sont ivre d'un seigneur d'Aremberg qui eut ingulière manie d'anagrammatiser sans on ju$(|u'au nom des villes désignées s le fastidieux récit d'insignifiantes avenus qu^il crut devoir transmettre à la posté sous recommandation des presses de iiel£lzevir....

Après l'anagramme et la paronymie il a pas de moven plus commun d'éviter le 3 propre en le faisant deviner que Talléie ou l'emblème : c'est encore un secret légèrement scellé dont l'intelligence est ée a q'jLiconque a la moindre connaissance

des insignes dSs nations, du blason des familles et du caractère historique des personnages remarquables. Parmi les exemples nombreux de ce genre , on peut citer les Entretiens des animaux parlants et la Foréi de Dodone de Jacques Howell. Le mystère en est si naïf que la clef de ces ouvrages a été presaue (toujours imprimée simultanément avec le livre. »

Nous indiquerons un certain nombre des livres à clefs qui ont passé sous nos yeux :

Des Jardins» Aniiquorum et celeberriworum tnferlocuti poelarum^ Avenione, 1680, in-4. Recueil de poésies allégoriques avec une clef qui explique les noms des personnages.

Le Grand dictionnaire des Précieuses , par Soinaize, 1661, 2 vol. Livre recherché aujourd'hui et qui se paye cher quand les exemplaires sont beaux ; 58 et 62 fr. ventes Nodier et A. Berlin. La clef de cet ouvrage est expliquée avec de trèsamples détails dans Pëdition que M. Livet a don* née de ce Dictionnaire (Paris, 1856, dans la Biblio^ Ihèqueelzevirienne), Voy. t. il, p. 1SI5-405 (Belinde c'est Madame de Brancas ; Èurcinus , Bussy-Rabutin, etc.)

La Tragédie des rebelles oit sous des noms feints oh voit leurs conspirations. Paris, i6i2. C'est une pièce à clef ainsi que /a Victoire du Phébus français^ sans date, 1617 et la Magicienne esiranaère, 1617. (Voir le Catalogue Soleinne, n<> 1014,5729 et 5730.) bans la Farce des Courtisans de Pluton, 1649, pièce dirigée contre Mazarin et les linanciers de l'époque, la clef est facile à saisir ; les noms des personnages sont écrits à rebours ; Nirazam , Yremed , Naletac, etc.)

L'Art iatriaue, poème, 1776; un exemplaire porté au Bulletin du bibliophile contient une clef manuscrite.

Les Heureuses Infortunes de Célianthe et de Hérilinde (par des Fontaines), Paris, 1656; 2* édition, 1662, avec la clef. (C'est l'histoire de queU ques personnes du temps sous des noms supposés; Louis XUI est désigné sous le nom de Camby&es, le prince de Condé sous celui de Protesilas.)

La Carte de la Cour, par Guéret , 1665. ( Les personnages les plus illustres de l'époque fleurent dans cet ouvrage sous des noms supposés qui sont imprimés en marge de sorte que le lecteur sait proroplement à quoi s'en tenir.)

Le Cercle des femmes savantes, par D. L. F. (de la Forge), Paris, 1605, iD-12. (C'est un dialogue entre Mécène, Livie et Virgile. A la suite se trouve la clef des noms des sçavants de France dont il est parlé dans ce livre.)

Les Financiers, comédie manuscrite avec une clef, catalogue Soleinne, n'' 1862.

NabuccOf tragedia di Niccolini , Londra, 1850, in- 16, avec la clef (cat. Libri, n* 2055.)

Galerie des états généraux, 1789; 2 vol. in-8. (64 portraits : les noms sont déguisés, mais il est quelquefois facile de les reconnaître ; Mirabeau, Beauramis; Sieyes, Seyros; Rabaut Saint-Etienne, Stephano; Barentin, Rubin; l'abbé Maury esttravesti en Uma ; Calonne devient Chabrias.)

Le Dictionnaire des Anonymes de Barbier renferme les clefs de divers volumes, entre autres celle â*Hatiigé, roi de Tamaran, 1676, satire dirigée contre Charles II ; Nodier (Mélanges d'une petite bibliothèque, p. 95) reproduit cette clef, avec des augmentations et des variantes.

Les ouvrages étrangers publiés avec une clef sont également assez nombreux. Vo^l dans ses Analecta^ édit. de 1753, p. 615, mentionne un recueil de poésies d*une mysticité bizarre, imprimées en 1738; les noms sont anagrammatisés :

Ift»

Meadaveatische mania est Anima Adami und Eva qne délivre Sirchtus {Chriituê) ; Mimun signifie riumen, el Rifolue Lucifer; Mouuc, Gosnous, le Diondc, etc.

Thê Modem Alalanlis, eontaining the eharacten ofthe mo$t consptcuoui penom , Londres, 1784, est accompagné d*ane clef, et Ton trouve celle d*un roman de Smollet. (The Adventures o[ an alam) dans Touvrage de Davis (second joumey round the iibrary of a bibliomaniae^ p. 116.)

§ VIII. — Uvrei détruiU.

Bien des livres ont péri dans les flammes ou dans les eaux, victimes d'accidents funestes et non de rigueurs judîcaires. Nous allons en citer quelques-uns : la Flandria illustrata de Sander, i64l-U, fut détruite en grande partie dans Tincendie qui, le 1" février 1672, ravagea Ihs magasins de rimprimeur hollandais Blaeu; un autre ouvrage du mdme auteur : Choroaraphia $acra Brabanliœ^ imprimé à Bruxelles en 1695, eut le m6me sort.

L*incendie (]ui dévora le fonds de Blaeu anéantit ce qui restait de Touvrage de G. D. Blondel, Genealogia Franciœ plenior asseriio (Amsterdam, 1651, in-fol.), et d*une édition e8paçnoIe,en 10 vol. in-fol., de VAtlasde ces libraires.

Les matériaux du quatrième volume du recueil de voyages publiés |)ar Bamusio furent détruits dans Pincendie de Timprlmerie des Juntes, au mois de novembre 1563.

LMncendie de Londres en 1665 fut fatal à bien des ouvrages, notamment à VArs iignorum de Dalgarno (livre important relatif à ia langue universelle), à l'écrit de Garon : Remonslratio Hibernorum contra Lovanienses , au Cambrensiê eversus de J. Lynch (caché sous le nom de Gratianus Lutius), aux Records de W. Prj'nne, etc.

Une édition grecque d'Oribase publiée à Moscou en 1811, par Thelléniste Matthœi, fut réduite en cendres dans le grand désastre de 1812. En 1818, un incendie éclata chez TimprimeurBensley à Londreset anéantit 200 exemplaires (sur 350 en tout) de l'écrit de Dallaway : Statuary and sculpture* amongsi the ancients^ 1816, in-8; plus tard un accident semblable lit disparaître, chez l'imprimeur Mayer, la majeure partie de la traduction faite par Taylor des œuvres choisies de Porphyre, 1823, in-8. On peut signaler aussi comme ayant été victime de divers incendies :

Le Supplément au Glossaire sueo^gothique dlhre par Olafsen.

Les Campi £/t^si t de H udbcck, Upsal , 1701, ^-folio.

Les Rerum Mogunticarum scriplores^ Francfort, 17iâ.

Les Select remains of the popular poetry of Scotland, par Lains, Edinburg 18±2, in-8.

L'ouvrage de J. Wilson : Geographical and physical account of mountains 4807, 3 vol. in-i.

Le premier volume de la troisième édition de la Britisn topography de H. Gough.

(175) Des exemplaires du fragment échappé à la destruction se sont payés de ii à 50 fr. dans quelques ventes ; 31 fr. à celle de M. Giraud. Il existe à la bibliothèque Impériale deux copies du

La BibRotheca seriptorum qni tes in SieiBa gâtas retulere, Palerme, 4791, 2 vol. in-folio.

La Vie de Galaup de Chasieuil^ par Harclieitf, 1696,

La seconde parUe de k Maehiua eœiesiis d'Heiélius, consumée Tannée, même de son iroffeMioa,

rir l'incendie qui, le 26 septembre 1679, détnoflt Dantzick la maison de cet illustre astronome.

Terminons cette liste qu'il serait facile de développer davantage , en mentioDnant le Traité sur fusure^ par le Pdre Rossignol, brûlé dans les troubles de la Révolutioo; l'auteur ne put en sauver que deux eiemplaires. I^s ouvrages qui ont été les victimes de Teau sont, oo le comprend, bien moins nombreux que ceux qui ont péri dans les flammes. On peut citer comme ayant péri dans des naufrages :

Le Atme/dn diocèse de Québec, Paris^ 1703, lo-S. 1/édition des poésies arabes de Tocra!, Utredu

Le Dictionary ofthe hindostanes langmage de Ferguson, Londres. 1773, in-i.

L*édition de VUistoria de Léon, le diacre, publiét par M. Hase, Paris^ imprimerie Rofa!e,l8i9, in-foL

Un grand nombre d'exemplaires envoyés en Russie au comte de Romanzoti, qui avait fait les frais de cette publication, se noyèrent en route.

La Révolution française a été funeste à un certain nombre de publications importantes qui sont restées inachevées par suite des troubles; les auteurs furent proscrits ou réduits au silence; les encouragements indispensables à des. ouvrages dispendieux cessèrent brusquement, et parfois les exemplaires restant] en magasin, furent livrés a la destruction. C'est ainsi qu*on vit dis|^rallre les trois volumes du Supplément au Dictionnaire de la Noblesse par la Chesnaye des Rois ; le tome 1" de la Collection des conciles des Gaules^ entreprise par les Rénédictinsde Saint-Maur (Diaot, 1789, in-fol.]; la Théorie des lois politiques de la monarehie française^ par M"* de la Lezardière (Paris, 1792, 8 vol. in-8 : cet ouvrage a été réimprimé en k volumes in-8j, les Diplomata, ChartŒf etc., publiés par Rrequigny et La Porte Dulheii, 1791, 3 vol. in-iol.

Le Froissart entrepris par M. Dacier et . dont il n*avail été imprimé que 632 pages du tom. T', a été détruit h Texoeption de deux ou trois exemplaires. Un d'eux 42 fr. seulement vente Alonmerqué.

Le Glossaire de la langue française^ entrepris par Sainte-Paiaye el continué par Mouche!, est également resté inachevé et on a détruit ce qui avait été imprimé. Le tomel", conduit jusqu'à la page 735, s'arrêtait au mot Asseureté; on voit ainsi sur quel plan gigantesque avait éié conçu ce lexique (175).

L*édition de saint Grégoire de Nazianze entreprise par les Rénédictins, et dont le tome premier avait paru en 1788, resta

grand travail qui avait clé préparé ; Tun remplit 51 %ol. in-rolio; l'autre, plus considérable, occuuc 61 vol. in-4.

Ï389 UV DE BIBLIOLOGIE.

ipterroomae ; le second volume n*a paru qu*en 1837. (Observons en passant que c^Ue édition n est pas tout à fait digne de la docte congrégation qui Tavait préparée : « elle est plus belle que botine, » a dit M. Boissonade (Notices et extraits des manuscrits) en parlant du tome 1", et la Revue de bibliographie analytique j J8ii, p. 291, reproche au second volume de porter les irnces (d'une négligence fâcheuse et d'une grande inexpérienf^e).

Il existe divers livres qui n'ont eu pour ennemis ni l'eau ni le feu, qui n'ont été l'objet d'aucune poursuite judiciaire, mais qui ont été supprimés et détruits plus ou moins complètement, soit par leurs auteurs, soit par des tiers. On cite en ce genre :

LeCodiâlle politique d'un Habitant tVEssone, 4788. ^uvrage qui a reparu sous le il ire de Théorie de fambilion par lleraiiU de Sccbelles.)

l,€S Memoirs of ihe life of^ Charles 0' Connor^ Dublin, 1796, in-S.

Le iroisièiiie volume de Vllistoria di Perugia de Pompeo Pellini {Venise, 1666, in-4).

Le Dialogue entre Empiriastre et Philalèthe (par Tabbé Foucher de Dijon) , in-lâ , volume que M. Cousin dit n'avoir jamais pu rencontrer {Journal des Savants, 1844, p. 545.)

La sa lire qu'Ugo Foscolo fil imprimer à Pise en IM5, sous le litre de Didymus clericu».

Les réflexions du fermier générai Claude Dupiu sur r Esprit des bis i?49, S vol. in 8.

On n'en tira, dit-on, que six exempkires qui furent presqu».* tous détruits par l'auteur. Il s'en es{ trouvé un aux ventes Cosic et A. S. T. (120 et 141 -fr.) .Une autre édition eut lieu en 3 vol. in-8, mais, après en avoir fait tirer 500 exemplaires et en avoir distribué une trentaine, M. DupinfU détruire tout ce qui restait.

La première édition, non terminée, du Catalogue des livres sur vélin, entreprise par M. Van Praet, est l'objet de détails étendus dans le Manuel du libraire, t. IV, p. 567; c'est un livre très-curieux dont il ne reste que sept exemnlaires.

Une édition de Pétrone avait été entreprise par la Porte-Dutheil, et fut imprimée à Paris de 1796 à 1800. D'honorables scrupules décidèrent le savant éditeur à anéantir ce travail ; le manuscrit fut brûlé et ce qui avait été imprimé fut détruit; un ou deux exemplaires seulement échappèrent. (Voir le Catalogue Silveslre de Sacy, n' 4609, et leiVanuel du libraire, t, 111, p. 712.)

Observons qu'uneautre édition de Pétrone, entreprise par Lallemant, pour la colUction Barbou, n'a point été achevée et qu'il ne s'est conservé qu'un fort petit nombre d'exemplaires de ce qui avait été imprimé.

Imurrezione delC inclita e valorosa ciUa d*Arezzo contra la forza délie arme e délie frodi delC anarchia francese^deï canonico C.B. Chrisolino, 1. 1, i799,in4.

Cette insurrection contre la domination française éclata à Tépoque des revers de 1799, mais bientôt la bataille de Marengo vint donner aux événements une tout autre tournure; la presque totalité desexemplaires lia tome T* furent prudemment détruits et !e tome il n'a jamais vu le Jour

Li Capitoli di AgnoloAllori ediliedinediti, Venczia, 182%, in-8 (ce volume qui n'a pas éié mis dans le commerce a élé détruit en grande partie).

Byron, Juvénile poems, 1806, in-4. (Ce recueil des premiers essais d'un écrivain devenu depuis célèbre, Tut imprimé en 1806 à polit nombre et détruil ensuite par Fauteur à rexcepiion de trois exemplaires. C'est du moins ce qu'assurent h>s biographes.)

Mémoires pour servir à Chistoire du droit public de la France en matière d'impôts, Bruxelles {Paris), 1779, iii-4. (Cet ouvrage fui supprimé.)

Mentor à Tyrinthe, par rKffeiidi Collé-Cokack (P. Pankoucke), Smyrne (Paris), 1802, 2 vol. în-8. (C'est une narration allégorico-saliiique de la révolution; le gouvernement du premier consul y est en butte à bien des traits mordants; la police sup> prima fouvrage au moment de sa publication, mais su rareté ne le fait guère rechercher, car il est dénué d'inlérêl.)

La Découverte des nouveaux mondes, ou Castrologuê curieux, par Saint-Hilaire (le P. Porphyre Marie d*Aix, capucin), Roucn^ 1667, in-12. (Ouvrage singulier où se trouve Tidéc des ballons et du magnétisme, ainsi que celle de la pluralité des mondes. 11 fut supprimé très-exactement.)

Antigone, par Ballancbe, livres i à ix, in-8. (Premier essai deci^t ouvrage tiré à quelques exemplaires qui furent presque tous détruits par Taiiteur.)

Mémoires du duc de Rohan. (La première édition imprimée en IbSi par les soins de Sorbîère, disparut toute entière au moment de sa publication. Le prince de Condé qui était fort maltraité dans ces Mémoii es, acheta toute Fédition et h fit détruire sous ses yeux.)

Mémoires pour servir à Chistoire de la guerre de la Vendée, par le comte de*** («le Vauban), Parts, 1806, in-8. (Ouvrage devenu irès^rare, le comte de Vauban ayant retiré tous les exemplaires où Ton avait, par ordre de l'empereur Napoléon, dé* nature l'esprit du livre.)

Un assez grand nombre d'ouvrages ont été détruits, par le motif très-simple qu'il n'y avait aucun espoir de les vendre.

M. Renouard signale dans son Catalogue de 1818 le Dictionnaire des arbitrages, par F. Corbaux {Paris, 1802, 2 vol. gr. in-4), comme s*en étant allé en maculatures pour les trois quartsdel'édiiion. L'auteur, & grand' peine et par le conseil de son imprimeur, s'était restreint à ne tirer que 2,000 exemplaires, et il s'occupait déjè, en les mettant en vente, è préparer une seconde édition amplifiée, mais l'accueil fait par le public déconcerta ce projet.

Le même Catalogue mentionne un poëme de Boccace, Il FilostratOf imprimé è Parti en 1789, chez Didot atné, comme aj^ant eu un triste sort. M. Renouard acheta en 180il^, au poids du papier, 845 exempl. sur 1,000 qui avaient été tirés; trois ans après il mit presque entièrement à la rame ce nombre qui semblait ne pas vouloir diminuer chez lui. Il mentionne comme ayant également été sacrifié, en partie du moins, le Projet d*une nouvelle machine hydraulique pour remplacer celle de Marly (f^ar Baader, Paris, 1806, in-*), les Recherches sur l'analogie de la musique avec les arts, par Villoteau, 1807, 2 vol. in-8, les Scriptores erolici grœei, imprimés à DeuX'Ponts, 1792-9*, * vol. in-8, etc.

1091 LW

I IX. — Livret condamnét et supprimés.

La liste de ces ouvrages serait très-longue, et elle comprendrait, au milieu de beaucoup d'ouvrages sans intérêt aujourd'hui et que la politique a désignés aux rigueurs de l'autorité, Quelques productions qui» en raison de leur nardi^sse ou de leur sinçulariléet des sentences qui en furent la suite» ont presque tolalement disparu, ce qui leur fait jouer un certain rôle dans la bibliographie. Une grajide (juantité de livres immoraux, tristes fruits du dérèglement des mœurs, figurent dans la liste des livres condamnés, mais bien d'autres qui auraient été très-dignes d'être justement frappés n'y ont point été inscrits. Nous n'avons pas, on peut le croire, l'intention d'offrir ici une énumération même fort incomplète, de ces ouvrages plus ou moins dangereux; il y a inconvénient très-réel à indiquer quels sont les livres qu'il ne faut pas ouvrir; c'est les désigner à une classe trop nombreuse de lecteurs.

Un bibliographe dont nous mentionnons parfois les travaux, G. Peignot,a publié en 1806 un Dictionnaire des livres condamnés en 2 volumes in-8, devenus rares.

Nécessairement fort arriéré, cet ouvrage, composé surtout d'après des autorités do seconde main et sans avoir remonté aux sources, sans que l'auteur eût vu les livres rares dont il parle, est cependant curieux, mais il en laisse à désirer un autre qui aborde ce sujet en s'appuyant sur des recherches plus étendues, plus exactes et sur les travaux de la critique et de l'érudition modernes.

Nous n'avons point à placer ici la longue liste des productions qui ont été mises à r/ndcx, ou qu'ont frappés soit les sentences des anciens Parlements, soit les orrêls de la Cour d^assise ou de la police correctionnelle.

Nous entrerons dans quelques détails au sujet de divers livres en général très-rares qui furent supprimés et qui furent pour la plupart funestes à leurs auteurs. Les particularités, tes citations aue nous placerons ici seront sans doute chose nouvelle pour la presque jtolalité de nos lecteurs :

Epistre envoyée au Tigre de la France^ sans lieu ni date, pelil iu-8 de huii feuillets.

Ecrit attribué à François Uotraan par Ba} le, opinion que M. C. Schmidt a appuyée de divers arguments {Bulletin du bibliophile^ ISoO, p. 773). On en connaît deux rédactions, l'une en vers, l'autre en prose ; Ch. Nodier écrivît en 1834 une notice de 12 pages (Delà liberté de la presse avant Louis X/F}, que le libraire Tecnener joignit au Bulletin que nous venons de nommer et qui fut provoquée par la découverte faite alors dans quelque bibliothèque de province de cet opuscule qu'avaient mentionné divers auteurs du XVI* siècle. Un imprimeur parisien, Martin l'Hommet accusé d'avoir mis sous presse celle satire, (ut condamné à la potence par arrêt du Parlement de Paris, le

DICTIONNAIRE LIV MB

13 juillet 1560. Un mareband de Rouen s'^ tant trouvé par hasard sur le chemin que suivait ce malheureux lorsqu*on le menait au supplice et ayant paru vouloir dire qa«|. ques paroles de commisératioa , fut Immême jugé très-rapidement et pendn. Ces circonstances tragiques ajoutent h l'intM que présente l'opuscule en question, resté longtemps inconnu.

Il se recommande d'ailleurs nar la véhémence de réipquence. Citons a cet é^rd Nodier : « Là se trouvent, et presque poor la première fois, quelques-unes de cesmi- ^nifiques tournures oratoires qu'un génie inventeur pouvait seul dérok>er d'avaoeeao génie de Corneille, de Bossuet et de Mirabeau :« — Tu fis tant nar tes impostures qoe sous l'amitié fardée d un pape dissimulateor, ton frère aîné fut fait chef de toute Tannée du roi. — Je connais ta jeunesse si envieillie en son obstination et tes naœurs si dépravées que le récit de tes vices ne te sanroit esmouvoir. Si tu confesses cela, il le faut pendre et estrangler; si tu le nies, je le convaincrai.» — Cicéron lui-même n'a pasde traits qui ne le cèdent à ceux-ci en vigueur et en bonheur d'expression.

« L'imitation éloquente de la preroièreCatilinaire est d'ailleurs sensible à toutes les phrases, et il sufïït de citer les premières lignes de la copie pour rappeler le modèle: «Tigre enragé, vipère venimeuse* sépulcre d'abominations, spectacle de malheur, jQSques à quand sera-ce que tu abuseras de la jeunesse de notre rov?Ne mettras-tu jamais fin à ton ambition démesurée, h tes impostures, 5 tes larcins?» — Tout le discours est soutenu comme celui de l'orateur romain, sur ce ton d apostrophe et d'imprécation. ■

On connaît une imitation en vers de cette Epistre. Tanscrivons les quatre premiers vers :

Méchant diable acharné, sépulcre abominable, Spectacle de malheur, vipère épouvantable. Monstre, tigre enragé, jusques à qu9ud par toy Verrons-nous abuser le jeune Age du Rojî

Voici les six derniers :

Quitte la place donc si sauver tu te Teui, Clar par autre moyen éviter lu ne peux De nos l'rançoises gens de la haine frapées La pointe et le taillant de cinq cent mil espées, Qui par tous ces pays t*dttendf*nt quelque jour. Pour purger de ses maux et la France et la coor.

11 n été fait en 1842 à Douay, par les soins de M. (t. Duplessis , une réioipression de Topuscule en vers (petit in-12, 8 feuillets,à 25 exempl., dont un sur vélin, et il a également reparu h Strasbourg eu 1851 (60 exemplaires, dont k sur papier de couleur et 2 sur vélin).

M. J.-Ch. Brunet, propriétaire de Tunique exem|i1.qu*on connaisse jusqu'ici de riTpû^ en prose, a parlé avec quelques détailsdeoe livret curieux dans le Manuel du librtùref t. Il, p. 193.

De tribus impostoribus. — Cet oovra^ fameux par le système odieusement impie quMl développe, a excité de vifs débats dans le domaine bibliographique* On Va attribué

JLIV

DE BIBLIOLOGIE.

ers personnages du moyen âge, tels *na)ild de Villeneave, ]e médecin arabe ^lioes, Tempereur Frédéric 11. Plus tard désigné Boccace, Pogge, Pomponace, iavel, Erasme, Ochin,Dolet, ServetjRai, Postel, Giordano, Bruno, Campanella i^n d*autres. On a prononcé le nom de ( et môme de Miiton ; on a dit que Ra-

connaissait ce livre célèbre. 11 est lUX qu'il ait jamais existé, et lesimpres-

qui circulent sous ce nom paraissent re de quelques faussaires ou de quelmodernes esprits-forts. On peut toute- (letlreau rang des livres les plus rares til volume de k6 pages petit in-8, pore titre ci-dessus et dont on no connaît rois exemplaires, ceux des bibliothè- Crevenna ,La Vallière (vendus klk fr.) nouard (adjugé à 1^0 fr. en 1853). Ce

est daté de 1598 (auno M. D. 1. 1. C), on sait que cette date est fausse et que ression eut lieu à Vienne en 1753.

jésuite Théo|jhile Ravnaud fait men- 1 une édition imprimée à Paris chez )el en 1530 ; J. MuUer dans son Atheisdevicius et un Carme espagnol, Gero- I de la Madré de Dios, dans ses Diez ïtationes del misérable eslado de los sias (Bruxelles, 1611]^ parlent d*une m imprimée enl610,maissi elle existe, li est fort douteux , elle a jusqu'ici )pé à toutes les recherches. Gabriel é, bibliophile très-chercheur, très-zélé, ent n'avoir jamais vu ce traité célèbre, ijoute : « Je crois qu'il n'a jamais été mé et tiens pour mensonge tout ce I en a dit. » C'est également l'opinion rôti us.

menons à l'écrit imprimé à Vienne en

et dont l'auteur est resté inconnu; il rime mal en latin, son style qui manoujours d'élégance devient parfois tout

barbare ; ses raisonnements sont ceux rainent dans tous les livres soi-disant sophiques que le xviir siècle enfanta op grand nombre. Ce fut d*anrès un xemplaires qui ont été conserves, qu'il lit àGiessen,en 1792, une réimpression lieu ni date, petit in-8. qui fut saisie 'autorité et est devenue lori rare.

studieuAe Allemagne, obéissant à Timon qui la porte à remuerions les écrits issé, n'a pas laissé de côté cette œuvre nèbres, qui, sous un autre tiire, no serait is sortie d'une complète obscurité. — •ofesseur saxon, J. W. Gentlie,a fait tre en 1833 à Leipzig Je texte latin revu eux manuscrits dont les variantes sont |uées. Ce texte occupe les pages 43 à 62 ! livret. Le surplus est consacré à une ce et à la reproduction de la Réponse dissertation de la Monnaie ^ La Hâve,

- En 1846, le texte latin a derechef I Leipzig l'objet d'une réimpression , 58 pages) qui s'annonce comme étant sur l'exemplaire imprimé et daté de

lie que possède la bibliothèque le de Dresde. Voici te contenu de ce ne : avant-propos signé E. Weller.

2 feuillets; texte latin, p. 728 (iJdiffère parfois de celui imprimé par Gentne) : traduction allemande par H. R. Asler, p. 29-58. ) — Nous ne connaissons pas de traductions françaises de ce texte latin.

Un médecin nommer Ferber tît imprimer en 1721 à Franc*'ort un mince volume in-4. qu'on annonça comme étant le livre des Trois imposteurs, mais on s'aperçut promptcnient que c^ n'était que la reproduction de V Esprit de Spinosa^ composition qui circulait en manuscrit à cette époque.

Cette spéculation frauduleuse avait déjà été tentée trois uns plus tôt. Un anonyme» mettant aussi à contribution V Esprit de Sptnosa^ en avait extrait divers passages, v avait joint quelques citations empruntées^ Charron et à Naudé, et le tout avait été imprimé sous le titre de Vie et Esprit de M. Benoit de Spinosa, 1719, petit in-8, 200 pages. L'avant-propos annonce que ce volume a été tiré à si peud'exemplairesqu'ildemeurera aussi rare qu'un manuscrit.

Cette misérable production fut réimpriniée plusieurs fois, ^ous en avons vu des impressions d'YverJon, 1768, et d'Amsterdam, 1776 (138 pages in-12) ; à partir de la page 93 on trouve des extraits des disserta* tions de la Monnaie et de Sallengre. 11 y a aussi des réimpressions sans nom de lieu» 1775 et 1777.

Du reste, ce titre devenu fameux a été employé par quelques écrivains pour attirer les regards sur leurs productions tout à fait oubliées aujourd'hui :

Qui est-ce qui connaît r^pi5/o/a Panurgii ad J. B. Morinum de tribus impostoribus^ Paris, 1644? L*auteurde cet ouvrage est Morin lui-même; les trois imposteurs dont il parle sont Gassendi, Naudé, et Bernier.

On ne se souvient guère plus du livre de A. Kortholt : De tribus magnis impostoribus^ 1680, réimprimé en 1700 (il y en a une traduction allemande par Math. Bern, 1693).

Ces trois grands imposteurs sont trois libres penseursde l'époque : Herbertde Cherbury » Uobbes et Spinoza.

C'est à une inspiration semblable qu'on doit l'intitulé d'un écrit mis au jour en Hollande vers 1650 : De tribus nebulonibus; il s'iigit do Mazarin, de Cromwell et de Mazaniello.

Remonstrance aux trois estais de la France et à tous les peuples chrestkns pour la délivrance des pauvres et des orphelins, 1586, in-8.

Ce livre extrèmementrareestdigned'attention à plusieurs égards; ilfutbienfunesteàson 'auteur, avocat à Poitiers, nommé François le Breton, lequel, Payant fait imprimer à Paris, chez Gilles Carroy, eut la hardiesse d'en présenter un exemplaireàHenrilU. Arrêté etjugé par le Parlement, ce malheureux fut pendu le 22 novembre 1586, après avoir vu son livre brûlé devant lui. Quelaues années plus tard^ il eût, au moment de la domination des Seize à Paris,joui d'une grande puissanpô.Sans carder l'anoynme, le Breton osait dire au roi qu'il était un des plus grands hypocrites qui fut jamais ;il réclamait la convocation des états-

généraax comme seul moyen de sauver la France, mais il fallait écarter des élections tous les fonctionnaires et investir d*une autorité absolue les magistrats munici[)aux. Toute résistance est interdite : « s'il y a des opposants on les mettra en pièces, et leur nom et leur famille serunt effacés à jamais avec confiscation de biens v.i de corps sans resp'jct d'aucune grandeur. » L*arrét relatif à la condamnation de Le Breton (176), a été inséré dans la Retue rétrospectivey seconde série, t. 11 , p. 99-107. (Voir aussi Lel^r, De VéicU réel de la presse p. 62, et Calaloyuey n. i^022; M. Labitte a de son côté parlé de cet ouvrage : De la démocratie chez les prédicateurs de la Ligue y p. 311.)

Nous transcrirons ici un passage de cette Remontrance, et il fallait Atre insensé pour, à cette époque , faire imprimer pareilles choses et y mettre son nom.

« 11 a semblé au Rov qu'il persuaderait à son peuple c}u*il était le plus devotieux roy qui tutjamais, pratiquant en apparencequelques dévotions étranges et maudites, comme s'il était quelque saint personnage qui dût être canonisé. Mais d'autre côté Dieu qui connaît son cœur mieux que non pas lui-même, lui a tellement bandé les yeux qu'il a permisqu'il s'oubliât tant que commettre des actes diamétralement contraires à telles dévolions, lesquels actes sont surtout extraordinaires et connus de tout le monde, comme il a voulu rendre sa dévotion feinte et simulée extraordinaire et publique, tellement qu'au lieu de faire croire qn'il était très aifectionné à la religion, il a témoigné lui-môme le contraire par ses actions qui sont comme la raison et la vraie règle de son intérieur. Quant à la justice, il ne s'y est pas mieux porté; aussi la règle est très certaine, que quiconque n'a de l'argent, il n'est point de justice; depuis qu'il est Itoy, en tous les sièges est planté le trône (J'iniquité; l'ambition juge, l'argent juge, l'ignorant juge ; le commencement, le milieu, et la tin sont semblables, car on n'entre pas aux éiais de judicalion par autre moyen. L'évidence des effets a démontré que le Roy n'avait rien moins en lui qu'un bon zèle, avec une affection de vaine gloire Ou pour ce qu'il en tirait de commodités et snns ombre d'un acte de justice, commettant dix mille iniquités dont la pratique par toute la France et spécialement au conseil privé est si publique qu'il n'est besoin de Je déclarer. »

« Vit-on jamais roi semblable è celui-ci qui n'a jamais aimé personne, sinon ceux qui lui disaient choses plaisantes, qui a toujours eu à contre-cœur tous ceux lesquels pour la gloire de Dieu, pour son salut et pour le repos de son peuple, lui ont t'ait si fréquentes et humbles remontrances, pour empô-

(176) Celte sentence déclare f Breton criminel de lèze-Majesté , séditieux et perturbateur de TEtatel repos public ; pour réparation desquels est condamne le dit Breton, à élre pendu e( estranglé. i li est fait oêfeusc de garder le livre sous peine d'être atteint

cher le cours de rimpétuosité de ttot de pernicieux et daainables éditsl»

Le Breton mourut avec t>eaucoup deco«> rage, et le peuple de Paris, fort mal dispa>é pour Henri 111, qu'on haïssait et méprisait, donna des marques dere^retetdesymptthie pour celte victime liiss dissensions dfiies.

Cymbalum mundi^ 1538, par Bonaveatore Despériers.

On ne connaît qu'un exempl. de réditloo originale de cette production composée de quatre dialogues ou figurent Mercure et divers personnages airéj^oriques; le titre oo peu énigmatique signitie t> mécanisation do monde. Sous des allusions fort obscures os peut discerner un scepticisme qui oe respecte aucune croyance. — La première édition fut condamnée par arrêt du Parlement du 19 mai 1538; elle n.e se trouve plus qu'à la bibliothèque do Versailles où Ton coflserve l'exemplaire qui avait fi;;uré h la veote Rolhelin. C*est un in-8 de 32 feuilleu i 27 lignes par page. La seconde édition fut également supprimée. — L'imprimeur Morin qui avait à Paris publié la première fui jeté en prison; on ignore ce qu'il devint.- Réimprimé en 1711 à ^nurerdam, par les soins de Prosper &Iarcband,eni732,enl753, le Cymbalum a reparu de nos jours en 18il, avec une notice et des notes du bibliophile Jacob (Paul Lacroix), en 1856 dans la AMothèque elzevirienne de M. Jannet. On p.ui donc juger facilement de la portée de celte œuvre où d'anciens auteurs ont yu Fexpression d'un scepticisme outré; il est rrai qu'ils parlaient très probablement d'après oui-dire et sans avoir vu de leurs yeux un livret doni il ne restait que trois ou quatre exemplaires D'autres écrivains ont été oioins sévères : le père Nicéron s'exprime ainsi : « Plusieurs ont parlé du Cymbalum sans Tavoir lu, et l'ont traité de livre impie et détestable, mais il n'y a rien qui réponde à ces qualitez. On y raille à la vérité les divinitez du (iag3nisme, mais l'on n'y trouve pas ces grosse retez et ces profanations que Ton troure u-ans Rabelais.... Peut-être l'auteur n'a-l-il pas eu des desseins si profonds qu oo lui attribue et qu'il s'est contenté de t^adiacr sur les sujetz qui se sont présentez à son esprit. »

L'abbé Goujet dans sa Bibliothèque française^ et plus récemment M. Auguis, dans le recueil inlituié : les Poètes français depuis le XII* siècle jusqu à Malherbe^ ont déclaré que le Cymbalum était inintelligible \tvui eux.

Servel (Michel), Chrislianiêmi restitutio. M. I^- LUI, iii-8.

Cl! gros volume de 73ï pages imprimé) Vienne en Dauphiné chez Balthazar Aroo!let, a été détruit si exactement qu'il s'eii

du crime de lèse-majeslë. L*imprimeur Jean Cirro.^ el le coinposiieur Martin soni conii.'«iniiés à être I»itus cl fiisiigés de verges, an piat de la poieoce< ayant la corde au cou, et à élre l>ann*s de France pendant neuf ans.

DE BIBLIOLOGIE.

est h peine conservé trois ou quatre exemplaires. Nous ne croyons pas qu'il ait paru en vente publique depuis la dispersion des bibliothèques Gaignat (en 1769] et La Vallière (en 1784) oCi un exemplaire fut payé successivement 3,800 et 4,120 l'r.; une réimpression faite sous la même date et page pour paKe(k Nuremberg en 1791) n'est.pas chère.

Un autre ouvrage de bervet est moins rare» mais cependant il ne se trouve que très-diflicilement. Nous voulons parier du traité De Trinitatis erroribus, auquel il faut joindre \e Dialogorum de TrinitaUjibriduo^ 1531-1532 , in-8. Le premier de ces volumes est de 120 fis; le second de 48. Fort chers autrefois, payés 605 et 700 fr. aux ventes Gaignat et La Valiière, ils ont subi le sort qui a frappé les vieux livres hétérodoxes qui ont perdu la valeur exagérée k laquelle on avait, le siècle dernier, poussé ces raretés ; ils ont été payés (reliés en maroquin) 46 fr. seulement, vente Aimé-Martin, et 110 fr. en décembre 1855; 68 fr. Renouard. A cette dernière vente on a payé 26 fr. la réimpression faite en Allemagne vers le milieu dn XTin* siècle.

La fin tragique de Servet, envoyé au bûcher par ordre de Calvin, a valu à ce personnage une grande célébrité, et de nombreux travaux ont été entrepris sur son compte. Il en est longuement question dans le tom.ll des Mémoires de d'Artigny.

Mosheim en a donné en allemand une Vie fort prolixe (Helmstadt, 1748, in-4). Trecbsel en a fait robjet d*une étude

Elus concise et plus approfondie (Ueidelerg, 1839, {n-8). Consulter aussi les Mémoires de la société d'histoire et d'archéologie de Genève^ t. 111, p. 1-153; le Dieiionnaire des sciences philosophiques^ t. VI, p. 607,614; la Revue de Vienne, t.l (1837), r. 204-213 ; une thèse de Ë. Scbadé : lEtudesur le procès de Servet (Strasbourg, 1853, in-8), qualifiée de remarquable dans VAthenœum français. On trouve des pièces authentiques et importantes sur cette affaire dans VBtstoire de Calvin par H. Audin, i. H, p. 258-324.

Nous rencontrons dans la Bibliotheca Grenf9i7/iana,p. 656,rindication de trois ouvrages relatifs à Servet et certainement très-rares eu France :

An impartial ktêlory of Michael Servitus buftu alivt at Geneva (or tieresie^ L*ondres, t7i4, in-8*

A briefaecount of Calvin' i burninq Serveiusfor an heretic^ byG. Benbon, Londres, 1745, iii-8.

The life ofServetui byJ. G. de Cliaugefne, trans" iated by I. Yais, Londres, 1771, in-8.

On peut y ajouter :

Calvin and SmelM.by W.K.Tweedie,18i6,in-12.

La Béatitude des chrestiens, on-leFleo de la foy, {lar Geoffroy Vallée, nalif d'Orléans, filz de feu Geoffroy Vallée etdeCirarde le iierruyer, ausqiielz noms de père et mère assemblez, il s'y u^uve : lierre Geru vray fleo de la loy bygarée, et au nom delilz : va Fleo« règle Foy ; autrêmeiil Guère la Foie Foy ; heureux qui sçail , au savoir repos; iu-12 de 8 feuillets, 157X.

Nous avons transcrit ce titre afin de montrer quel dérangement il y avait dans

DiCnON'N. DE BiBUOLOOn.

es idées de fauteur de ce livret. Le {parlement de Paris prit au sérieux ces extravagances, et Vallée £ut livré au supplice. Le livret fut supprimé avec soin; il paraît qu]on n*en connatt qu'un seul exemplaire qui a successivement passé dans les bibliothèques Boze, Gaignat et La Vallière, mais il en existe plusieurs copies figurées, ei uno réimpression faite vers 1770.

L*arrét qui condamna Vallée est inséré dans les Archives curieuses de f Histoire de France (V série, t. VIII). — Voir aussi les Mémoires de d*Artigny, t. Il; Du lloure, Analecta biblion, t. Il, p. 31 ; le Bulletin du bibliophile^ 10' série, p. 612, etc.

Pensées de Marin dédiées au roy, 1647, petit iiK8, 175 p.

Ouvrage d'un visionnaire qui se fit chef de secte et qui, après avoir été deux fois mis à la Bastille'et s*ètre deux fois rétracté, finit par être condamné h mort pour avoir prédil a Desmarets de Saint-Sorlin (|)Oëte un peu fou qui le dénonça) que le roi mourrait s*il ne confessait que lui, Morin, était le Fils de THomme.

Simon Morin soutenait qu'il y avait trois règnes : celui de Dieu le Père , qui est le règne de la loi et qui avait pris fin lors do rincarnation de Jésus-Christ; celui du Fils, qui est le règne de la grâce et qui s'arrête h 1650; celui du Saint-Esprit, qui est le rèffne de la gloire ou de Simon Morin. Une réformation générale de l'Eglise était prochaine : tous les peuples allaient être convertis à la vraie foi, et ce grand événement avait uour cause le second avènement de Jésus-Cbrist dans son état de gloire et incorporé en lui Morin : pour Texécution des clioses auxquelles il était destiné, il devait être accompagnéd'un grand nombred*âmes parfaites et participantes à l'état glorieux de Jésus- Cbrist, ce qui devait leur valoir le nom de combattants de gloire.

Un factum dressé par le procureur au Cbâtelet et plusieurs pièces relatives au procès (notamment le Procis-verbeU ei exécution de mort, lit mars 1663} forment un volume qu*on joint, lors(]u'on peut se loi procurer, aux Pensées. Moins cher qu'autrefois, ces deux volumes conservent encore une certaine valeur; un exemplaire s'est

)ayé k9 fr. vente Nodier en iWk et revendu

7 fr. 50, vente Taylor.

On trouve d*amples détails sur.Murin dans les Mémoires de d'Artigny, t. ïll, d. 2h9' 313.— Voir aussi Du Uoure, Analectaoiblion, t. Il, p. 233 ; le Bulletin du bibliophile belge, t. Il, p. 109h ; VHistoire des livres populaires par M. Cb. Nisard» 1. 1, p. kkO.

Les Très^merveilleuses victoires des femmes du riottveaU'Monde, par Guillaume Postel, Paris, 1$63, in-16.

Volume très-rare et qui autrefois se payait fort cher (220 fr. vente Gaignat, ikk ft. La Vallière); depuis il est bien tombé :on l'a abandonné ()Our 16 fr. 50 à la vente Taylor en 18^9; aujourdliui il pourrait obtenir davantage. Il existe une autre édition, 1553^

in-16; un exemplaire ayant appartenu au comte d'Hoyra et qui en 1769 avait été payé 200 fr. à la vente Gaignat, s'est élevé en 1855, à la vente De Bure, au prix de 305 fr. |è cause de la reliure). — En italien cette production se retrouve avec quelques changements dans un autre petit volume de 39 fts imprimé à Venise ( sans nom de ville ni d'imprimeur) sous le titre suivant : Le prime nove del altro mondo. Un exemplaire, après avoir été adjugé à 900 fr. vente Gaignat et retiré è 400 fr. vente Mac-Carthy , a été payé 300 fr. à celle de Nodier.

Cette étrange production est dédiée è « rillustre princesse Marguerite de France» duchesse de Berry , heureux parangon des esprilz en nostre aaae de corps mortelz vestus. V Postel, qui était un peu fou, exalte comme la femme Messie une vieille hallucinée dont il avait fait la connaissance à Ve*^ nise. Ou a rarement poussé Tabsurde plus loin :

« Sur toutes les créatures qui oncques furent, qui sont ou qui seronl,na esté en cette vie admirable la très-sainctc mère Johanna, qui est Eve nouvelle, laquelle par 30 ans ou environ ha esté en continuelle méditation spirituelle ou mentale, et quasi autant de temps à ministrer aux pauvres malades à j'hospital, de laquelle j'ay veu choses si miraculeuses et si grandes qu*elles excédent tous les miracles passez sauf ceulx d'Adam nouveau Jésus mon père et son espoux.... Oultre qu'elle me révéla innumerables secrets des escriptures, elle me predict aussi choses principalement touchant la destruction du règne de Satan et la restitution de celuy de Christ, qui doibvent advenir, et entre les autres que je devois eslre son filz aisné, ce que à la vérité je n*ai jamais entendu ne creu jusques è ce que sensiblement sa substance et corps spirituel deux ans depuis son ascension au ciel est descendu en moy, et par tout mon corps sensiblement ^stendu , tellement que c'est elle et non pas , noy qui vifz en moy. »

L'auteur Gnit par annoncer (autant qu'on peut saisir le sens de ces extravagances) que « Jésus sera établi dans toute sa clarté, comme il avoit avant que le monde feust faict; pour ce qu'à tout le monde monstrer et manifester, suis envoyé au monde en son nom et lieu, comme Jehan mon frère, roy du monde inférieur, est au nom et lieu de ma mère. »

Du reste, malgré ces extravagances, ce n'est pas è un individu sans portée, comme Geoffroy Vallée ou î^imonMorin, que nous avons affaire :

« Postel, qui n*avait ni esprit ni goût, mais qui avait autant de génie qu'on peut en avoir sans goût, et sans esprit, et qui était surtout doué d'une aptitude incroyable arennier les souvenirs de l'antiquité, mérite encore moins les mépris de nos bibliographes que l'enthousiasme, à la vérité fort exagéré, de nos bibliomanes. C'est une espèce de grand homme qui aurait été un grand homme dans un autre siècle. Leibnitz n'a pas été plus sa-

vant, ni Bacon plus universel. » (Nodier, Bibliothèqûe sacrée.)

Nous n'avons nullement Tiniention an placer ici la longue liste des divers ouvrages de Postel ; on la trouvera au Manuel. Quel-

3ues-uns sont encore recherchés. Le Traité 6 la Loi âalique^ livret de la première Anmarne vérité^ 1557, in-16, s*esl élevé jusqai 111 fr. relié en veau, à la vente Renouard en 1853, mais c'était i'exeoiplaire du comte d'Hoym.

Spaccio de la Bestia trionfante^ profoeto dû Giete^ effetuato dut eotuiglio^ rivelaio da Mercurio^ Parié,

Page 1