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fer Quelques autres écrits anciens dans les nombreux manuscrits également venus |du désert de Nitrie. D*autres dépôts pareils à ceux des couvents africains, les vieux dépôts des couvents espagnols, par exemple* ne seraienl-ils pas utilement fouillés? La bibliothèque du Vatican n'offre- t-el le pas une riche moisson à quelque laborieux imitateur d'Angelo Mai?
Un manuscrit du iv* siècle, découvert par M. Fred. Mone, a fourni d'importants fragments pour cinq livres de Pline (liv. xià xv), M. I. Silliç en a fait usage pour l'édition qu'il a publiée en 1855, à Gotha, du naturaliste romain. Ce manuscrit est d'ailleurs d'autant plus important qu'il donne de nombreuses variantes et qu'il présente de précieux renseignements pour la lexicographie par les mots nouveaux qu'il contient, ses Antiques formes de langage et les échantillons de latinité provinciale. Ajoutons que ce secours est d'autant plus utile que le texte de Pline a cruellement souffert de la négligencedes copistes et qu'il estsouvent inintelligible dans les édi tions qui se sont succédées.
PANNARTZ (Arnold). — Imprimeur allemand qui eut la gloire d'exercer le premier la typographie en Italie; on pense qu'il fut appelé de Mayence par des moines allemands qui étaient établis dans le monastère de Subiaco, couvent de Bénédictins à peu de distance de Rome. Il arriva en H64 avec son compagnon, Conrad Sweynheym, et ils se mirent promptementà l'œuvre. Ils exécutèrent d'ahord un Donal qui fut tiré à 300 exemplaires, mais qui, de même que ces vieux livres de grammaire à l'usage des enfants {pro puerulis)^ a disparu en totalité.
En 1^65, ils achevèrent un Lactance^ petit in-foL Ce livre précieux, mais qui n'est pas très-rare, i'st exécuté avec un gros caractère d*une forme toute nouvelle, qu'on appela romain. Les formes en sont encore un peu gothiques. Ce volume offre le premier exemple de l'emploi de caractères grecs mobiles, ainsi que nous le disons ailleurs. Il fut terminé le 25 octobre et il fait grand honneur aux typographes qui l'exécutèrent.
L'impression est parfaite, l'encre très-belle, le papier superbe (194.).
Les noms des imprimeurs ne figurent pas dans la souscription ; on a tout lieu de croire que les frais d'impression furent faits par les moines du couvent de Subiaco qui disposèrent du volume à leur gré; il resta peu répandu.
M, Auguste Bernard pense que Sweynbeym fut le graveur des caractères, et Pannartz l'imprimeur proprement dit.
Le troisième ouvrage que produisit l'association decesdeux personnagesfutle traité Deoratore de Cieéron, in-^, sans aucune indication, mais avec les mômes caractères que le Lactance, C'est un volume de 108 feuillets, très-précieux. Nous ne croyons pas
(191) On a payé dans les ventes publiques de Paris ce Lacfancé jusqu'à 2,000 francs, mais il n'a pas toujours eu cette valeur. A une des ventes Llbri
qu'il en ail paru d'exemplaires en vente publique en France depuis le doc deli Vallière en 178<^. En 1815, on en paya un 33 livres sterling à la vente des tloubles du duc de Devonshire. Il y en a un autre dans (i bibliothèque Spenser (voîro* 175), ainsi que dans la collection Grenviiie. Panzer pensait
Îue peut-être cette édition avait précédé le aetafice.
Vient ensuite la Cité de Dieu de siint Augustin, grand in-folio, à 2 colonees, achevé le Iz juin 1467; il ne porte ni h nom des imprimeurs, ni celui du monastèn de Subiaco, mais la forme des caracièr« désigne évidemment son origine. Cest ai volume d'un grand prix quand il se troan on belle condition. Il est décrit dans k Bibliotheca Spenseriantit n* 65.
Bientôt Sweynheym et Panoartz quitterait l'asile qui les avait reçus et ou ils oe pouvaient se livrer qu'à des travaux peu considérables ; laissant aux moines les types
aui étaient la propriété du couvent etilont ne parait pas qu'il ait iamais été fait usage depuis, ils se rendirent à Rome, où Tioiprimerie ne pouvait se dispenser de prendre b rang qui lui revenait. On ignore encore s'ils furent les premiers typographes établis eo cette ville, ou si Ulrich Uaho les avait précédés. Ce qu'il y a de certain, c*est que ec$ trois imprimeurs exerçaient leur art eo 1W7 dans la ville éternelle. Sweynheym et Pannariz y publièrent cette année les Epîim de Cieéron avec un nouveau caractèra un peu moins gros que celui du I^aetanee^ ouis dont les formes sont moins gothiques. Leuis noms paraissent pour la première fois sur la souscription.
Ces imprimeurs trouvèrent à Rome dn patrons zélés; Pierre et François, de l'illostre maison de Maximis, leur cédèrent un hôtel où Ils travaillèrent plusieurs années. L'évêque d'Aleria, Jean André, les seconda avec zèle, corrigeant leurs éditions et les guidant dans leurs entreprises.
Il fallut d'abord créer un matériel, fondre ces caractères, fabriquer des presses; cela fait, l'atelier fonctionna avec une activité remarquable; cinq volumes furent publiés en liik68, onze en 1M9, onze en 1^70, dix en iknu quinze en 1^72. C'était pour I& plupart de gros in-folio, des classiques latins, des ouvrages des Pères.
Malheureusement les lecteurs n'étaient pas alors assez nombreux pour que cette activité pût durer; dès lors, comme aujourd'hui, bien des feuilles imprimées restaient en magasin. En 1^72, I évoque d'Aleria réclamait au nom de Sweynheym et Pannarlz l'assistance du Pape. La| lettre écrite à cet égard est curieuse, car elle énumère les ouvrages exécutés par ces typographes et signale le nombre d'exemplaires (275) auquel était tiré chaque volume. 11,475 volumes avaient été mis en circulation. On ignore quel accueil le Pape fit à cette requête, laun exemplaire s'est adjugé à 510 fr. Une description étendue se trouve dans la Bibliotheca Spentiriana^ n« \)i.
PAP
DE BIBLIOIiOGIE.