Théologie
Dans l'important Catalogue Silvestre de Sacy mis aa jour ea 1842, 3 vol, in-8, M. R. Merlin a suivi un ordre de divisions bibliographiques qui s*éloiçne beaucoup des habitudes reçues; il explique en ces termes les mettfs qui Tont guidé : « Ce n'est pas i la légère que j'ai porté la hacne dans ranoien édifice d'autant plus respectable qu'il avait été élevé par des gens spéciaux, mais la scienee s'est agrandie dans certaines parties ; dans d'autres l'ordre avait cessé d'être sensible; peut-être aussi les auteurs du système s étaient-ils montrés trop sévèrement exclusifs. » M. Merlin débute par la philosophie; il place- ensuite la théologie, signalant d'abord les religions éteintes, puis les religions existantes, qu*il partage en deux sections, monothéisme ( judaïsme, christianisme, mahométisme), polythéisme (fétichisme, brahmanisme, lx)uddhisme, etc.). Viennent ensuite les diveeses branches de l'histoire naturelle.
Lds sciences relatives à Thomme composent une autre classe. Homme physique (^médecine^ et arts utiles)^ homme moral et wtellectuei (physiologie et métaphysique; éducation él instruction); morale (et dans cette section entrent les proverbes et les fables), logique, mémoire et écriture ; communication des idées (linguistique et toutes ses divisions^; littérature (rhétorique, critiqoa, pKKluGtions littéraires); prose (orateurs , barreau, chaires, romans, contes, poésie, théâtre).
Les beaux-arts forment une classe h part qu'accompagne Thistoire des progrès de Tesprit humain : l*" découvertes, inventions (liistoire de l'imprimerie); 2*" sciences et littérature (histoire littéraire générale, académies, journaux* bibliograpaie, histoire des littératures nationales).
L'homme en société forme une autre division partagée elle-même en deux sections : 1** sciences sociales (politique, économie politique, jurisprudence, art militaire); 2* sciences historiques (géographie, voyages, chronologie, archéologie, histoire universelle et particulière, biographie, mélanges historiques),
A la fin de cette classification se| montre la polygraphie : polygraphes anciens et modernes; lettres et dialogues; mélanges d'érudition, philologie classique et orientale.
M. Merlin s'applaudit d'avoir donné pour base à sa classification « cette grande trilogie à laquelle aboutissent tous les objets des connaissances humaines : Dieu, la nature et l'homme; » et il ajoute : « L'ordre de ces trois groupes ne peut être arbitraire^ puisque, en dernière analyse, ils se réduisent i deux, le Créateur et la création. Or il est évident que la cause doit précéder Tcffet. Le premier rang ainsi fixé, que l'on parcoure, dans l'ordre progressif crorganisation, la série des êtres créés , on se trouvera conduit forcément de la nature inorganique à la nature organisée, de celle-ci aux êtres animés, et
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DICTIONNAIRH
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travaux de Li|)omiini« il rangea les I les dans un ordre plus régulier, élagua des pièces apocryphes, ajouta beaucoup de documents nouf eaux. La r* édition vit le jour en 1570- 1575 ; elle formait six volumes in-folio. « Surius passa hardiment sur toutes cesVies,par crainte des puristes et des frondeurs, le timide pinceau d'une élégante et pieuse latinité. Sa peur alla jusqu*à des retranchements, è des omissions calculées; il y revint encore dans une seconde édition qu il n'eut pas le temps d'achever. Des éditeurs anonymes reprirent une troisième fois cette malencontreuse restauration des monuments primitifs. L*œuvre, ainsi retouchée, atteignit douze volumes, et perdit de plus en plus son originalité, son authenticité, sa valeur dogmatique, historique et littéraire. » Ainsi s'exprime dom Pitra.
Une grande vogue fut le partage de la Collection de Surius. Elle fut abrégée et traduite en diverses langues.
Tous ces travaux étaient peu de chose en présence de l'immense monument qu'entreprit un Jésuite belge, le P. Bolland. Aidé de quelaues-uns de ses collègues, il conçut l'idée de recueillir toutes les Vies des saints restées pour la plupart dans des manuscrits dispersés en une foule d'endroits, en Italie, en Allemagne, en Flandre, etc.; il voulut faire un corps de tous ces débris.
La publication du premier volboie des Acta sanctorum, qui parut en 1653, produisit un grand effet dans le monde chrétien ; le Pape Alexandre VU écrivit au P. Bolland que jamais livre plus utile et plus glorieux pour r£glise n'avait été entrepris; il l'engagea à se rendre à Home, mais, vieux et infirme, le savant Jésuite ne put effectuer ce voyage; il se lit remplacer par les pères Hensclien et Papebroch, ses collaborateurs dévoués. Le Pape réclama pour cette publication la coopération de tous les évdques, :1e tous les religieux, de tous les savants, et c'est ainsi que ce grand ouvraj^e, appuyé, encouragé par TEglise entière, arriva à un degré de periection que ne peut atteindre une entreprise particulière. Dès 1688, il était question de réiiliprimer les premiers volumes, et les érudits protestants, Vossius, Leibnitz etBayle, s'exprimèrent dans les termes les plus tlatleurs sur celte gigantesque entreprise.
« II serait superflu d'insister sur Timportance du Recueil des Acta sanciorum; le monde Tapprécie. C'est là seulement aue nous pouvons retrouver l'histoire véritable du moyen flgc, non celle des faits sèchement présentés uans leur succession chronologique, mais, ce qui intéresse à un bien plus haut degré, l'histoire des idées, des usages, des mœurs, des arts. Ce n'est pas seulement en publiant une fouie de textes historiques d'un haut intérêt que les Bollatidistes ont rendu un véritable service à la science. Leur Uecueil est entremêlé de curieuses dissertations dans lesquelles se trouvent résolues une foule de questions importantes. Bolland s'était imposé la loi d'éclaircir tous les points d'histoire, de géographie et de cri-
tique ()ue soulevaieni les docameots q«1 publiait. Cette loi a été régulièrement saivie |)ar tous ses continua tears, et rimaginatioii 8*effraye è Kîdée seule de toutes lescoonai}. sances qui devaient être familières auiUteurs de cette pnblication cosmopolite lin conçue. Etudier et mettre en ordre l'histoire générale de TEglise était le moindre de lem travaux; ils ont encore à débrouiller les iinales particulières des cités , des évèdiés, des monastères, les origines des ordres nii-
Sieux. Dans les Actes des apôtres, ib or clairci les premiers temp« du christianisne; dans les Vies des pontifes, dont les plu grands sont rangés au nombre des saints, ik ont déroulé les fastes du monde chrétin. Auxquestionsd^histoire générale traitées |« eux, il faut joindre une foule de points de géographie, de chronologie, de diplonitique dont on leur doit réclaircisseiDOl L'archéologie leur a de grandes obligaiimis; ils ont enrichi leurs volumes de granm nombreuseSyd'autantplusprécieusesqo'eIki représentent des monuments que le temp et les révolutions ont détruits pour la (lu* pan. »
Les forces d'un seul homme n'avaient pu suffi è un semblable labeur ; le P.BollaodiK tarda pas i s'associer Je P. Henscbeo et eisuite le P. Papebroch, Tun des plus savaots critiques qu'ait eus la Société de Jésus et qui, pendant cinq^uante ans, prêta i l'entre prise des Bollandistes le secours d'une érudition immense, d'une assiduité infatigable et d*un crédit considérable auprès de la cov d'Autriche. A Henschen, à Papebrocb, succédèrent des hommes non moins laborieuit non moins zélés.
Une des causes du succès des Bollandistes fut la sagesse admirable avec laquelle il5 0^
Sanisèrent leur petite société, 1 ordre qu*its tablirent dans leurs travaux, réconooiie rigoureuse qui présida toujours i la direction de leurs anaires. Ils n'eurent d'abord pour ressources matérielles que le proauit de la vente des Acta fanctorum et la libéralité de quelques grands personnages, liii 1688, ils obstinrent de la cour de Viecne une faible pension qui ne leur fut accordée qu'à la condition de dédier tous leurs volumes h des membres de la famille impériale. Malgré la modicité de ces ressourtes et les dépenses énormes que devait entraîner leur collection, achat de livres et de manoscrits; voyases littéraires dans toutes Its parties de l'Europe; correspondances entretenues sur tous les points du globe, frais d'une imprimerie établie par eux-mème^ et uniquement consacrée à leurs travaux, la ioçiélé bollandienne était parvenue,à Tépoque de Textinction de l'ordre des Jésuites» à réaliser un capital de plus de 150,000 florins, somme à laquelle il faut joindre 2^.000 florins, produit annuel de la vente des Acta, La Comnagnie de Jésus fut supprimée dans la Belgique le 15 septembre 1773. Les travaux des Bollandistes furent interrompus; mais l'impératrice Marie-Thérèse décida qu'ils seraient continués. Les religieux dn-
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DE BIBLIOLOGIË.
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transporter dans Tabbaye de Candentoutes les richesses du musée hagio- 3ique recueilli avec tant de peine. Ce tt que dans les premiers mois de 1780 Pœuvre put être sérieusement reprise.
V volume parut à la fin de cette année, tard l'abbaye de Candenberg fut supée, et le gouyernement de Joseph II»
on connaît le mauvais vouloir pour les 3s ecclésiastiques » notifia le 16 octobre aux Bollandistes de cesser leurs tra- . L'abbaye de Tongerloo en Brabant a pour2i,000 florins les livres, les marits» les volumes imprimés qui étaient rand nombre dans les magasins, toute ccession.enfin des savants hagiographes.
iessibles au découragement au milieu ntde vicissitudes, les Bollandistes douât en 17% le LUI' volume contenant la les saints honorés sous les dates des 3 et ik octobre» mais l'invasion de la que et la guerre dispersèrent les reli- L qui se vouaient à cette grande publi-
us l'Empire quelques démarches eurept pour en amener la continuation; elles rent sans résultat. En 1827 le gouverue-
des Pays-^Bas acquit les matériaux qui nt restes dans Tabbaye de Tongerloo.
ivres furent apportés à la bibliothèque le de La Haye; les manuscrits déposés )ibliothèque de Bourgogne à Bruxelles.
trouva de nombreux documents rangés
un très-bon ordre du 16 octobre au icembre ; malheureusement le plus pré- : des manuscrits des anciens Bollans» celui dans lequel ils avaient consigné im de tous les saints et l'indication de s les sources hagiographiques n'a pu *etrouvé.
rès 1830, quatre jésuites belges voués k lition, les PP. Boom^ Vandermoere, ens et Van Hecke voulurent, dans le |e de Saint-Michel de Bruxelles, reire le travail si longtemps interrompu.
*ent un appel au monde savant en solnt la communication de tous les docus de nature à intéresser le grand recueil pris par Bolland.
piscopat français s'empressa de rére h l'appel des Jésuites de Bruxelles, nualeurs des Bollandistes. ( Yoy. une e de Mgr l'archevêque de Paris à tous irés de son diocèse, en date du 1" dére 1838.)
01 Piira a donné d'intéressants détails e Musée bollandien réuni au collé^ce -Michel à Bruxelles ; 6000 volumes s^y ent déià; on y rencontre toutes les les collections d'hagiographie, d'his-
de statistique, de liturgie, de diploma- , d'archéologie ; les études spéciales et aies sur toutes les provinces ecclésiass; une volumineuse suite de Vies parères des saints, une série à peu près lète des Sacra depuis Ughelli jusqu'à ente et somptueuse édition du Atonai^ Anglicanum lie Dugdale.
I dons ont été faits par des gouverne-
DlCTlOMN. DE BlBUOLOGlE.
ments, par des prélats; on y voit figurer que^ ques-uns des \olumesdes Documents inédits sur rhistoire de France, V Atlas de Cassini, les Monumenta historiœ yatriœ, publiés par le gouvernement piémontais ; VEspana sa-grada de Florez; le Martyrologium Lusita^ num, la grande publication de M. Pertz sur les historiens de l'Allemagne.
On distingue aussi quelques manuscrits précieux, deux Evangéltaires qu'où peut attribuer à l'époque ckrlovingienne, un Passional du iv* siècle, un Missel copte digne de l'attention des Orientalistes
Le savant bénédictin que nous venons de nommer rend compte du LIV* volume des Acta ( le LVV si l'on tient compte de deux tomes intermédiaires). Ce volume, dédié au Pape Grégoire XVI, est de 1297 pages; dixneuf actes sont dus à quatre anciens Bollandistes, trente-sept aux nouveaux; sainte Thérèse occupe plus de 600 pages. L'impression est belle» le papier solide ; l'exécu'^ tion matérielle fort supérieure aux anciens volumes.
Quelques critiques de détail, portant sur des points minutieux, attestent avec quelle attention dom Pitra a lu cet immense tra-* vail ; il a dressé l'inventaire des richesses trop |)eu connues qu'on trouve dans lesActa^ et qui se compose d'une série de dissertations spéciales et de traités complets épars dans la collection et louchant aux points les plus importants de Thistoire ecclésiastique.
Un littérateur bibliographe, un savant infatigable, M. de ReifTenbergaditavec raison: « Tous^ croyants ou sceptiques, zélés ou in« différents,catholiques ou disciples de Luther ou de Calvin, pourvu qu'ils aiment les lettres et qu'ils ne renient pas le passé , vénéreront les Acta sanctorum comme un des monuments les plus étonnants de la science. » ( Collection de chroniques belges » t. 1 » p. 29.
Nous ne saurions entrer ici dans uneénumération un peu détaillée des nombrei^x recueils de Vies des saints qui ont paru depuis près d'un siècle; on en trouvera rénumération dans le chap. &6 (tome IV) du Dictionnaire de bibliographie catholique auquel nous faisons suite. Nous dirons seulement quelques mots d'un des plus répandus de ces recueils, celui qui lut composé par un anglais catholique Alban Butler. Selon don Pilra, « il n'a pas échappé au système de mutilation, de réserve timide qui caractérise une grande partie des hagiographes modernes. Son traducteur, Godescard, s'imposa les mêmes limites, et sa version, que la mort Tempôcha d'achever, a été tellement remaniée, disloquée, am^ plifiée en Belgique, en France» en Allemagne, qu'on y retrouve les disparates les plus choquantes. »
On peut signaler parmi les productions modernes :
Le Légendaire autunois, ou Vies dei saints et pieuâ personnages qui ont vécu ou sont honorés dans le dio^
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miUh, le mattre d*Albcrt Durer, comme Tauteur des dessins de la seconde édition de la Biblia Pauperum^ dont on ne connaît qu*unseul exemmaire, celui qui de Wolfenbutiel vint à la Dibliothèque de la rue Richelieu k Paris, et qui comprend 50 planches au lieu de 40, nombre des gravures de la première édition. Après ces renseignements vient une liste de tous les auteurs qui, de près ou de loin, depuis trois siècles, ont fait allusion aux livres xylographiques.
Dans le cours de ses recherches pour épuiser ce sujet, M. Berjeau a découvert au Musée britannique un livre hollandais imprimé dès 1&79, où 77 pièces des blocs originaux de la Biblia Pauperum ont été introduits comme illustrations , ce qui vient à Tappui de Topinion^qui compte aujourd'hui de nombreux partisans, que les livres xylographiques ont été le premier pas fait vers la découverte deTimprimerie en caractères mobiles, et que ces premiers livres d'images sont originaires des Pays-Bas.
Sous Te rapport de Tcxécution de la partie typographique et des fac-similé de la Biblia Pauperum^ Tœuvre de M. Berjeau ne laisse rien à désirer; la couleur brun-pAle de Toriginal, les moindres accidents des planches, la teinte du vieux papier, tout est reproduit avec la plus scrupuleuse fidélité. L'ouvrage n'a été tiré qu à 150 exemplaires, et M. Berjeau prépare une réimpression analogue du Cantica canticorunif œuvre du même genre, due probablement au môme artiste et au même graveur que la ^t6/ta Pauperum^ mais supérieure d'exécution sons tous les rapports.
Le texte et les images de la Biblia Pau* perum se retrouvent dans un volume trèsprécieux dont on ne connaît que trois ou quatre exemplaires et qu'on regarde comme imprimé à Bamberg, vers U62, par A. Pûster; il a été l'objet d'un mémoire do Camus placé h la fin du tome 11 dos Mémoires de linstitut (Belles-Lettres et Arts, an Vil). Ce livre était, jusqu'en 1792, resté inconnu aux bibliographes; c'est un petit in-l'ol. de 101 fts. dont 3 sont demeurés blancs; il contient trois ouvrages en allemand; dans chacun le texte est accompagné d'estampes ; ils n'ont ni titre ni frontispice général.
Laissant de côté la Biblia Pauperum, nous dirons quelque chose des deux autres ouvrages.
Le premier, que Camus appelle les Plaintes contre la mort^ et auquel neinccken {Idt/e d'une collection d'estampes, p. 276) avait donné le titre d* Allégorie sur la mort,esi un recueil de plaintes contre la mort et de réponses delà mort aux accusations dirigées contre elle. L'objet moral est de prouver l'inutilité de telles plaintes, et par conséquent qu'au lieu de s'en occuper, on doit ijonger à une bonne vie. Le texte, divisé en 3^ chapitres ayant des sommaires imprimés, commence, sans préliminaire, par les injures que le plaignant dit à la mort; elle se (iéfend dans le second chapitre; le plaignant reprend la parole dans le troisième, et ainsi
alternativement jusqu^au 33% dont le sommaire avertit que Dieu prononça sa kqtence contre la mort et le plaignant. Après quelques considérations sur la facilité aTee laquelle on se fdaint de tout, la sentence est énoncée en ces termes : « Le plaignant est jugé ; la mort a gain de cause. De droit, chaque homme doit sa vie à la mort, soa corps k la terre, son flme à nous. >
Le plaignant, voyant quMI a perda sa casse contre la mort, prie Dieu pour Tâme de sa femme, qu'il nomme Marguerite. Cette prière est assez singulière et porte le cachet de la naïveté allemande du xv* siècle. Dieu y est appelé « l'Electeur qui préside ai choix (le tous les électeurs, la planète la plus puissante de toutes les planètes, celle dont l'influence a plus de force que tontes les étoiles, le maître d'hôtel {Hoffmtisitt) de la cour céleste, le grand duc (iferzoy|(le Tarmée céleste, p Cinq estampes grossièrement gravées sur bois accompagnent le texte: trois d'entre elles représentent la mortsar tu trône ; divers -personnages déposent deTaal elle les attributs de leur dignité; à leur tête est un Pape qui fléchit le genou. D*antres figures montrent la mort marchante piedel fauchant hommes et femmes, ou à cheval poursuivant des c.ivalîers contre lesquels elle décoche des flèches.
Le second ouvrage comprend l'histoire de Joseph, celle de Daniel, celle de Judith et celle d'JËsther.ll yaen tout60 fts.; deux ioot restés blancs au milieu du texte sans qu*il y ait de lacune. Les figures sur bois as nombre de 61 n'occupent pas, comme dans les Plaintes contre la mort , la totalité de la page, mais seu'ement-la -h.'iuteur de onie lignes d'impression, de sorte que les pages où se trouvent les estampes ont 17 lignes aa lieu de 28. Quelques planches ayant M imprimées deux ou trois fois, le nombre des eslampesn'est que de 55. Camus a donné un fac-similé d*une de ces estampes, rei^résentant le grand prêtre des Juifs offrant un agneau en sacrifice. Le graveur n'a pas reculé devant d'étranges anachronismes; il représente Jacob arrivant en Egypte dans une voilure de forme moderne conduite pr un postillon dont les pieds sont engagés dans des étricrs, et Aman décot é d'un cordon d ordre nobiliaire auquel pend une croix.
An memorandi , in-4, 15 figures et 15 feoillets imprimés d*un seul côté.
Quelques bibliographes regardent ce volume comme une des plus anciennes productions ivlographiques ; d*autres pensent qu'elle n est venue qu'après la BibUa Pauperum et VBistoria Mariœ. — ÙEvangilî de saint Jean, qui est en tête de l'ouvrage, occupe trois planches et trois feuillets de texte. 11 y a ensuite successivement cinq bois et quatre planches pour les Evangiles de saint Matthieu, saint Marc et saint Luc Chaque planche offre la marque adoptée comme symbole des divers Evangiles (l'aigle, TangCt le lioui le bœqf), entourée de difen
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!S qui rohi allusion aux événements que iteht plusieurs chapitres«de rËvangiie il s*agît. C'est ainsi que dans la pre-
0 planche de VEvangile de saint Jean, )it un aigle tenant un luth (allusion oui s de Cana), et ayant entre ses pattes un
(allusion à la Samaritaine que Notreleur trouva auprès d'un puits). On )rend combien ces allusions sont obs- 5 et combien ces procédés de mémoire cielle sont puérils. Une de ces figures ilières est reproduite dans Touvrage M.Rigollot et Leber, Monnaie des foux^ Lxxvi. — Consulter Scheihorn, Amœnilinerariœ^i,\'\ p.l-17;Heinerken, Idée "aie d'une collection d'estampes^ p. 39& ; in, Bibliotheca Spenseriana^ t. 1", p. k nmile de la première figure relative à mgilede saint Matthieu); Jackson, Ifi^of wood-engravim^ p. 141 (copie de la equi concerne {'Evangile de saint Jean); mann, Serapeum^ t. 11, p. 299, etc.
1 connaît deux tirages dilférents de ce de mi>éiiionique dont voici le titre en-
; Ars memorandi notabilis per figuras \gelistarum hic ex post descriptam quam ens lector diligenter légat etpractiset per i hcalia ut in practica experitur. Lors- 1 aura lu ce latin barbare, on sera sans e de l'avis deScbelhorn qui s'écrie : En ïdum et ineomptum dicendi genus I
toria vel Protidentia Beatœ Virginii Mariœ, ex u> canlicorum, iii-fol.
ize feuillets, petit in-folio, imprimés
seul côté; chacjue page contient deux 5, l'un au-dessus de l'autre. Selon ecken, il existe deux éditions exécutées
des bois différents, mais d'après les les dessins. Il regarde comme faite en nagne l'édition qui lui paraît la pree, et il pense que la seconde a pu être uiée en Hollande. — Des erreurs se rant dans le texte de l'une des éditions ant corrigées dans l'autre, on en a con- |ue l'édition fautive était la première et n la reproduisant on avait rectifié les rsqui s'étaient glissées dans les passages s empruntés au Cantique des cantiques ; nvient d'observer toutefois que, selon Ktley et autres bibliographes, c'est à
conclusion diamétralement opposée
faudrait arriver; les fautes provien- )nt de l'ignorance du copiste qui aurait transcrit le texte qu'il avait sous les :•— Les figures de femmes placées dans itoria offrent une grande uniformité; )ressionet les draperies varient à peine»
les attitudes sont aisées et gracieuses. ; s*y montre k un degré plus avam.é que
V Apocalypse; quehjues accessoires, des tes, des arbres, des animaux, sont traités
un certain goût. L'ensemble du travail fort supérieur à celui qu'on remarque
des publications mises au jour à une [ue plus récente, la Chronique de Nu' ïerg^ par exemple, et on a lieu de croire ces planches sont l'œuvre d'un artiste I Souabeoude l'Alsace. Une grande res- )lance $*y révèle avec le style de Martiu
Schoen ou Schoengauer, un des'plus anciens graveurs de rAllemague, et il est très-probable que Schoen a étudié et pris pour mo* dèle les figures de YHistoria Mariœ
Jackson, p. 89 et 90, a reproduit trois de» figures; Dibdina inséré trois fac-similé dans la Bibliotheca Spenseriana; Ottleyenadonnô quatre. Voir aussi de Vries, Catalogue 6toliothecœ Harlemensis. — En 1858, un double de la bibliothèque de Munich, 1,255 florins.
II ne faut pas confondre cet ouvrage avec un autre qui a pour titre : Historia beatœ Mariœ Virginie ex Evangelistis et Patribus excerpta et per ûgurasdemonstrata. Cet opuscule de 16 t'euiilets contient aussi desimage.s entremêlées d'inscriptions, mais ces dernières sont exécutées avec des caractères mobiles, et l'on peut supposer aue l'ouvrage a été imprimé vers lii^TOa Augsbourg.
Le livre xylographique en question a été également reproduit à Londres par les soins de M. Berjeau. La Gazette des Beaux- Arts (15 mai 1860) donne à cet égard des détails intéressants. « Sous le rapport artistique, le dessin et la gravure des sujets de cet ouvrage surpassent la Bible des Pauvres et le Spéculum^ Quoiqu'il appartienne évidemment è la môme école, celle de Van-Eyck. Heinecken ^t les iconographes allemands^ s'efforcent d'attribuer à I école germanique l'exécution de ce petit chef-d'œuvre, mais l'inscription flamande sur la première page de l'exempt, çiui a appartenu è Scriverius et qui fait aujourd'hui partie du Musée bri* tannique, prouve assez l'origine néerlandaise de ce livre. »
Deux autres éditions hollandaises du Livre des cantiques ne sont que de grossières imitations de la première. On les reconnaît à des négligences dans le détail de la gravure, à 1 omission d'un des personnages dans un des dessins, è des fautes d'orthographe dans les sentences gothiaues, à la différence des terrains ou des rocners qui couvrent généralement le premier plan. Toutes ces variations sont signalées avec soin dans l'Introduction que M. Berjeau a mise en tète de son édition fac-similé {Londres, 1859, chez Trubner et G*, tirée & 150 exempl.j. Cette Introduction donne d'abord le texte avec les abréviations, et en regard celui de la Vulgâte, puis une traduction anglaise et française.
M. Berjeau travaille maintenant à la reproduction des 63 planches de la 1'* édition du Spéculum humanœ salvationis.
Le Manuel du libraire donne de longs détails au sujet des diverses éditions de cet ancien monument de la xylographie unie h la typographie. Le texte est en vers rimes, d'une latinité barbare : il est partagé en 29 chapitres. On en connaît quatre éditions contenant tontes les mêmes figures, deux ont un texte latin, et deux un texte allemand. Les figures, imprimées d'un seul cOté, sont au nombre de cinquante-huit. — Chaque planche est divisée en deux compartiments, et placée au haut du la page. Le texte, partagé en deux colonnes, est au-dessous. Ces '
ZÂR
«uspendue près de lui. Un exemplaire de ce livret est dans la Dibliolbèque de Bamberg.
Mirabilia Romœ , sorte de guide du voyageur à Rome; texte allemand, in-8, dont on ne connaît que quatre ou cinq exempl.; un d*eux, double de la bibliolbèque de Munich, est chez lord Spenser; Dibdin l'a décrit : jEdes AUhorpanœ, t. II , p. i88.
Der Beichtspiegel on le Miroir de la pénitence « petit in-4 de 8 fts, sans chiffres, réclames ni signatures. (On n'en connaît qu'un seul exemplaire, qui a successivement appartenu au baron de Stengel à
Bamberg, an doctear KIoss à FnmfftnrC, an 4ocie«r Butler en Angleterre* On trouve b deseriptim ae- Gompagnée d un fâG-sîrolle dans les RefÊÙwàumm ofa literarff life de Dibdin (Lomton, i95ê, I. Il, p. 962) ; et oami VHiêioire de nmj^rimerie (en aUeuand ), par Falkensteîn, Leipêig, 1840* n. ^
Planeten Buch ou Le Livre du pUmêUê^ iii4, 6 feuillets , livret qui est annoncé au Catalogne Librî (i859, n*" 2807) comme Inconnu auxbibUogra* phes et qui fut adjugé à 59 Uv. steri.
ZAINËR (GuDiTHBR). — Imprimeur du XV* siècle, le premier qui se soit établie Augsbourg; on pensequ'il avait travailléavec Fust et Schoeffer; le premier ouvrage où il ait mis son nom est le traité de saint Bona« Tenture : Medilaliones vUœ Domini nostri Jesu Christi, 1468, in-fol., 71 fis. Parmi les nombreux volumes sortis de ses presses on distingue le Miroir d'or (en allemand), le plus ancien ouvrage où il soit fait mention de l'origine des cartes à jouer. Zaîner est le
f crémier qui ail publié Vlmilalion in-folio, vers 1471); elle a pour titre Libellus eonsolatortus ad instructionem devotorum^ et l'auteur est indiqué comme étant Thomas, chanoine régulier du uionl Saint-Agnès à Iltrecht.
La principale production de Zainer est son édition datée de 1469 du Catholieon de Jean de Balbis de Janua; elle est bien plus belle et presque aussi rare que celle du môme ouvrage donnée par Gulenberg. C'est Zainer qui, le premier en Allemagne, employa le caractère romain (dans son JsidoruSf 1472) au lieu du gothique disgracieux dont a typographie germanique avait jusqu'alors" fait exclusivement usage. A partir de 1475 on ne trouve aucun ouvrage avec le nom de Zainer, mais il ne mourut qu'en 1478.
ZAROT (Antoine) ou DE ZAROïIS, né à Parme, imprimeur du xvi* siècle. — 11 est regardé généralement comme !e {iremier typographe fjui ait exercé à Milan, quoique quelques bibliographes revendiquent cet honneur pour Philippe do Lavagnia.ll est possible que Lavagnia, qui était un riche bourgeois de Milan, ait fait venir Zarot dans cette ville, et qu'il ait pourvu aux dépenses occasionnées parses premières impressions. .
Un Virgile dalé de décembre 1472 vient en tête cJeslivresauxquels Zarot amisson nom, mais les mômes types se retrouvent dans trois volunn'S dates de 1471 , Pompeius Festiis, P. Mêla et le premier livre des Epitrès familières de Cicéron.
En 1472 Zarot s'associa avec quelques habitants dexMilan-, le contrat passé à cet égard est reproduit dans l'ouvrage de M. A. Bernard (Origine de l'Imprimerie, t. Il, p. 216) d'après des bibliogra[)hes italiens-, ^et imprimeur, Iravaillanl avec activité, mit au jour un grand nombre d'ouvrages jusqu'en 150V, année qui paraîK^trela dale de sa mort.
ZELL (Ulrich).— Un des iaiprimeora célèbres du XV* siècle, né à Hanou; il avait certainement appris son art à Mayence; il se rendit à Cologne, et y mit au jour en 1467 le traité de saint Augustin : De singularitate elericorum. Il imprima jusqu*eD 14^.11 avait d'ailleurs commencé à travailler avant 1467. Parmi la multitude d'ouvrages , presque tous de peu d'étendue, qu'il a mis au jour, se trouvent bien des yofumessans date por-» tant les caractères des impressions primitives. On recherche beaucoup son édition des 0/)lce« de Cicéron, que quelques bibliogra* phes regardent comme antérieure à celle donnée par Schoeffer en 1465 ; faite sur un manuscrit ancien et défectueux* elle est pleine de fautes; et un grand nombre de mots qui n'ont pu être lus par le compositeur ou parl'éditeursont restés en blanc. Si rédition de Mayence avait été publiée, elle aurait certainement été connue à Cologne, et ces défectuosités ne subsisteraient pas.
On regarde comme Qgurant parmi les pius anciennes productions d'Ulrich Zell deux livrets sans date et sans nom d'imprimeur: la Bulla retraclationum donnée par le Pape Pie II et datée du 6 des calendes de mai 1463 ; VOratio contra Turcos du même pontife, impression c|u'on peut faire remonter aux derniers mois de 1464.
On a quelque temps regardé comme le premier de Zell ayant une date un volume de 1467 (85 fts in-4) contenant deux traités de saint Augustin : De vila chri$tiana;Dt singularitate elericorum^ et ce livre trèsrare â*'est parfois payé des prix excessifs.
Une des principales productions sorties des presses de l'imprimeur qui nous occupe est une Bible latine, sans date (vers 1470), en deux gros volumes in-fol.
Le dernier ouvrage que Ton connaisse d'Ulrich Zell est daté de 1494; il contient les Commentaires de Gérard Hardevicus in quatuor libros neue logice Alberti magni.
Panzer a donné {Annales typogr,^ t. V% p. 325-335, t. IV p. 271 et 491) une liste fort étendue (encore n'est-elle pas tout à fait comfdète} des livres sans date imprimés par Ulrich Zéll. M. Aug. Bernard croit devoir également faire honneur à ce typographe de deux ouvrages français imprimésauxfraisdu duc de Bourgogne, Philippe le Bon, qui résidait alors à Bruges. Ces ouvrages, composés
DE BIBLIOLOGIK. - APPENDICE.
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i)arRiOttlteFèTre,ehipeIaindeeeprince,80ni le Meeueil des hiiioirei de Troye et le Jtomofi d9 Jofoii; ils furent imprimés ayec les caractères qa*on retrouve dans des impressions de Caxton. Un exempl. de chacun de ces Tolumes très-précieux se trouve à Paris i la liibliothèque Impériale : le Jason est aussi à TArsenal ; mais il parait qu'on D*en connaît qu'un exemplaire en Angleterre, tandisqu'on en connaît trois ou quatre du Recueil des hisiaires. Un est au Musée britannique (fonds Georges III) ; un autre fut acheté par lord Spenser en 1823, dans une vente publique pour un prix équivalant k 2,300 francs envi-
ron. En parlant de ces livres si rares, le savant auteur du Manuel du libraire ne manifeste nullement Tidée qu'ils auraieni pu avoir été exécutés par Ulrich Zell.
Ce typographe avait d'abord été clerc (e/#rieui diaeeêis Moguniinm)^ mais k partir de 1473» il ne prend plus cette qualification, ee qui a donné lieu de croire qu*il se maria k cette époijue. Il a fait usage de trois caractères semi-gothiques de dimension diffé-»
rente; ils sont faciles k reconnaître et sei^ vent k identifier les volumes qu'il a mis au jour.