‹ Dictionnaire de bibliographie catholique, présentant l'indication et les titres complets de tous les ouvrages qui ont été publiés dans les trois langues grecque, latine et française, depuis la naissance du christianisme, en tous pays, mais principalement en France, pour et sur le catholicisme, avec les divers renseignements bibliographiques qui peuvent en donner l'idée la plus complèteChapitre 4 sur 137 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

En nous chargeant de la rédaction d'un Dictionnaire de BihUologie, nous avons consulté notre goût pour les livres, notre zèle pour les questions qui s'y rattachent, bien plus que nos forces et l'étendue de nos connaissances.

La science des livres embrasse l'histoire littéraire tout entière; elle touche à tous les points des connaissances humaines; une réunion nombreuse d'hommes parfaitement versés dans les diverses parties de la science et de l'érudition serait nécessaire pour mener à bonne fin un travail qui offrirait sur la bibliologie un ensemble complet et satisiaisant.

Nos prétentions, on peut le croire, ont été beaucoup plus modestes.

Nous nous étions proposé de refaire, de mettre à jour le Dictionnaire raisonné de bibliologie

Bublié, il 7 a plus d'un demi-siècle, par un savant laborieux et modeste, C. Peignot, {Parti, lenouard, 180z-1804, 3 vol. 8"*); mais, en examinant ce travail, nous l'avons trouvé si arriéré, si peu en harmonie avec l'état actuel de la science, que nous l'avons tout à fait laissé de côté. Nous avons voulu parler comme lui des bibliothèques, des manuscrits, de l'art typographique, mais nous ne l'avons pas suivi dans ses excursions sur le domaine de la numismatique et de l'archéologie, objets étrangers à la connaissance des livres.

Nous savons combien nous sommes loin d'avoir épuisé une matière qui est presque sans X bornes, car les livres aboutissent à tout et comprennent tout. Nous avons seulement voulu réunir et classer dans l'ordre alphabétiaue (le plus commode pour les recherches) une grande quantité de renseignements bibliographiques et littéraires ; ils ont été puisés dans une foule d'ouvrages différents, et ils sont te résultat de lectures persévérantes pendant bien des années.

Nous nous flattons d'offrir aux amis des livres et de l'étude un bon nomore de renseignements qui, dispersés dans une multitude de livres souvent peu connus du public ou publies en tangues étiangères, auront du moins le mérite de la nouveauté, d'être, pour la première fois, groupés comme nous l'avons fait. Chacun de nos articles aurait pu sans peine devenir beaucoup plus long, car en bibliologie l'abondance des matériaux est extrême ; mais il fallait se renfermer dans un volume, tandis qu'il eût été bien plus facile d'en écrire plusieurs; il était nécessaire de beaucoup choisir, d'abréger considérablement. Nous demandons qu'on nous excuse si l'on ne trouve pas dans notre Dictionnaire ce qu'on voudrait y rencontrer » et nous désirons qu'on nous sache quelque gré de ce qu'on y trouvera.

Nous nous sommes attaché à ne point reproduire ce que chacun peut lire dans d'excellents ouvrages faisant autorité en bibliographie, et notamment dansladmirable Manuel du Libraire de M. J.-Ch. Brunet, le premier, sans contestation, de tous les bibliographes euro-

{)éens. Notre plan n'a, comme on le verra, rien de commun avec ce travail justement-cëèbre, et dont la nouvelle édition, promise depuis Quelque temps», estattendue avec, une légitime impatience. Parfois nous nous sommes permis seulement de renvoyer, au sujet de divers livres précieux, à des ouvrages qui en font mention, mais dont l'indication n'entrait pas dans le système que s'était tracé M. Brunet; parfois aussi nousavons signalé, pour des volumes rares, les prix d'adjudication obtenus dans des ventes récentes, et qui ont eu lieu après la mise au jour de la dernière édition du Manuel (1842-1843).

A la fin de ce volume, nous insérerons une liste des principaux ouvrages de bibliographie et d'histoire littéraire auxquels on peut s'adresser, en cas de besoin , pour des informations plus amples que celles que nous donnons; nous placerons aussi dans un Appendice, quelques documents qui n'auraient pas été à leur place dans le corps du livre, ou qui signaleront des faits survenus pendant l'impression.

cru ne pas nous écarter de notre plan en accordant, dans l'ordre alphabétique, des notices k des personnages dont les noms font partie du domaine de labibliolo^e. Des imprimeurs ou éditeurs, des bibliographes occupent ainsi une place dans notre Dtctionfiaire.

Nous avons eu le projet d'aborder à peu près tous les points de la science des livres, mais nous nous sommes attaché à toucher plus spécialement à ce qui concerne cette science au point de vue de la théologie et des études religieuses. Nous ne devions point perdre de me la destination particulière de notre travail, complément d'un Dictionnaire de bibliographie catholique. , C. B.

DlCnORfl . I>» BlBUOLOG». 1

DE

BIBLIOLOGIE

ABRÉVIATIONS. — Leur usage est trèecoaimun dans les manuscrits anciens et dans un grand nombre d'éditions du xv* siècle ou du commencement du xvi*. On en a souvent dressé des tables que nous n'avons pas besoin de reproduire ici. Les divers ouvrages sur la diplomatique, notamment le Traité de diplomatique^ rédigé par deux savants Bénédictins (Paris, 1750-65, 6 vol. in-4'J, entrent à cet égard dans des détails étendus.

Dans le premier sieSle qui suivit l'invention de la typographie, les abréviations furent extrêmement multipliées; elles devinrent telles dans les livres de droit spécialement, qu'elles rendaient les textes fort énigroatiques pour la presque totalité des lecteurs. Il fallut venir à leur secours en composant 'm petit traité qui, sous le titre de Modui U .idi êcripturas inutroque jure^ eut un S'* js attesté par des édition!^^;iiombreuses.

Les premiers imprimeurs ne firent d'ailleurs que reproduire à cet égard ce que leur offraient les manuscrits.

Un des exemples les, plus singuliers que nous ayons rencontrés de ces abréviations se trouve à la bibliothèque Impériale de Paris, dans un manuscrit grec des Scholies de Basile de Césarée sur saint Grégori^e de Naziaoze, cité par M. Boissonade {Noticee tt extraits des manuscrits de la bibliothèque du Jloi^ t. XI, n» partie, p. 68) :1e mot jxovaxûv y est représenté par deux a surmontésde deux x*

Le bibliographe Chevillier cite une édition de la Logica aOckham, imprimée à Paris. e\\ 1488, en beaux caractères, mais où il n'y a peut-être pas un seul mot qui ne .^it iibrésé. Voici un exemple pris au hasard au feuillet 121 : Sic hic e faCim ad ad simplr a e pducibile a Deo g a e et sifr Arc a n e g a n e pducibile a Deo. Ecrit tout au long, ceci se traduit de la sorte : SiciH hic est fatlacia seeundum quid ad shnpliciter. A est producibile a Deo, Ergo A est. Et similiter hic A non est. Ergo A non est producibile a Deo.

Un motif qui multipliait les abréviations dans les ouvrages anciens, était le désir des auciens typographes de mettre le plus de matière possible dans un espace resserré; pour atteindre ce but on supprimait souvent les voyelles qui étaient remplacées par des accents: on imprimait c* au Heu de cum^ qnib* pour quibus.

ALDE (Manuce). — L'im dcsphjs illustres Imprimeurs dont' s'honore Tart typographi-

3ue. Il fut le chef d'une lamilte qui, pcnant un siècle , jeta un vif éclat dan? le domaine de l'érudition, et qui remiil lesphis grands services au progrès des connaissances humaines. Aide l'Ancien [Pio Aida Manuxio) naquit, en 1447, à Bassiano dans tes Etats romains. Ce nom d'Aide, qu'il a rendu célèbre (on emploie sans cesse rexpression d*édition aldine. de collection atdine), est une abréviation de Theobaldo. Après avoir étudié à Rome et à Ferrore, Aide fit la connaissance de Pic de la Mirandole, et il est très-vraiisembtable ({ue ce fut sous les auspices de ce prince, si renommé par l'universalité de ses connaissances, qu'il conçut l'idée de fonder un établissement typographique qui mettrait au jour des productions encore restées inédites des auteurs anciens. L'imprimerie avait déjà répandu en assez grand nombre les écrivains latins, mais les manuscrits grecs étaient demeurés presque inexplorés. Aide se rendit è Venise; l'activité du commerce de cette cité, les Grecs qui s'y étaient réfugiés pour échapper à l'invasion -musulmone, oil'raient de précieuses ressources. Aide commença par faire des cours publics de latin et de grec; il organisa son «telier, qui put fonctionner dès l'an 1494, et, après avoir débuté par quelques travaux de peu d'étendue, qu'il mit au ]Oin* sans y fixer de date, il «'annonça avec éclat par l'édition originale des Œuvres d'Aristote. « il est impossible (a dit avec raison un judicieux critique (M. Wciss), de se faire une idée juste de la patience et de la sagacité qui lui furent nécessaires pour lire et déchilfrer les manuscrits qui devaient servir de base à son édition, les comparer entre eux, clujisirles meilleures leçons quant ils en présentaient plusieurs, et suppléer aus omissions des copistes. Cette édition seul suffirait pour rendre Aide digne de la reco' naissance de la postérité et justifier tou'^ éloges qui lui ont été donnés. Si l'on sor qu'il a publié avec le même soin, et presq toujours avec le même succès, la plup< des chefs-d'œuvre de la Grèce ; qu'en nu tipliant les bons livres, alors fort rares, i changé la direction des études, bornées ' Mastique et à une jurisprudence barb i 'il a contribué d'une manière directe p. grès de Tespril et de la civilisaljon

ALD

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