‹ Dictionnaire de bibliographie catholique, présentant l'indication et les titres complets de tous les ouvrages qui ont été publiés dans les trois langues grecque, latine et française, depuis la naissance du christianisme, en tous pays, mais principalement en France, pour et sur le catholicisme, avec les divers renseignements bibliographiques qui peuvent en donner l'idée la plus complèteChapitre 5 sur 137 · DICTIONNAIRE DE BIBUOLOT-IJ · texte numérisé non relu

DICTIONNAIRE DE BIBUOLOT-IJ

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éprouve un sentiment profond de vénération pour l'homme dont la vie entière ne fut qu'une suite de travaux utiles. »

Des imperfections se rencontrent dans les éditions grecques d'Aide ; l'érudition moderne a bien amélioré les textes, mais il faut se souvenir que le vieil imprimeur vénitien n'eut souvent à sa disposition qu'un manuscrit unique, incomplet ou à demi effacé, et aue c'est avec ce faible secours qu'il reprouisit des ouvrages importants dont la conservation est due à sa laborieuse patience. Ce fut Aide qui le premier conçut l'idée de publier dans un format portalii des classiques qui jusqu'alors n'avaient été mis auiour que dans la dimension de l'in-folio. Il se conforma toutefois à l'ancien usage pour ce qui concernait les philosophes, les nistoriens, les livres de science ; mais les poëtes latins, Virgile, Horace, Catulle, Martial, etc., parurent in-8* ; et, renonçant aux caractères plus ou moins gothiques. Aide fit dessiner et graver par un artiste habile, François de Bologne, des types nouveaux qui furent, dit-on, une imitation de récriture de Pétrarque, et qui, après avoir longtemps été appelés aldins, sont aujourd'hui désignés sous le nom d'italiques. Ils servirent pour la première fois à publier un Virgile en 1501.

En 1500, Aide épousa la fille d'André Turisan ( Taresano ) d'Asola , imprimeur luimême, et ce mariage lui fournit les moyens d'étendre ses travaux, que les malheurs des temps et les calamités de la guerre n'entravèrent que trop. En 1506, l'atelier fut fermé, et Aide forcé de se réfugier à Milan; deux ans après il rentra à Venise, et en 1512, il forma avec André d'Asola une société qui lui permit de se remettre à l'œuvre avec une énergie nouvelle. La mort vint le frapper en 1515, lorsqu'il préparait l'exécution dévastes

1)rojets, notamment celui d'une Bible en trois angues (hébreu, grec et latin).

Malgré son activité et son zèle, Aide ne pouvait suiiire seul à ses immenses occupations d'éditeur et de typographe ; il se fit aider pas des érudits distingués, parmi lesquels on distingue Musurus et DemetriusChalcondylas.

Nous allons donner une liste des principaux ouvrages sortis des presses d'Aide TAncien, en y joignant de brèves indications bibliographiques et l'énoncé des prix d'acyudiciilion de ces livres dans quelques ventes récentes. Très-rares pour la plupart, ces anciennes éditions ne se rencontrent aqjourd'hui qu'avec peine, et elles ont été pendant quelque temps, en Angleterre surtout, l'objet des

(1) Voir un article de M. Salfl dans la Rewue eneuclopédique^ t. XXXIV. Un érudil plein de goût, M. Boissonade, avait consacre deux notices à Védition de 1812; voir le Journal de ffimptr^, ii décembre 1812, et le Mercure, t. XIV, p. 151.

(2) Quelques déiaiU sur cette vente se trouvent dans le Bulletin du bibliophile belge, tom. Vlll, p. 18. On peut y recourir pour voir quels prix élevés obtinrent certains ouvrages. Ajoutons que 1rs riH^berches persévérantes et heureuses de M. Ro- •ooard Ipi avaient pr<K*uré la possession de co|iles

convoitises les jplus ardentes de la part des bibliophiles. Aujourd'hui on les envisage avec

Elus de calme; mais de beaux exemplaires, ien conservés, des auteurs grecs, latins, italiens (en petit nombre), sortis des presses aldines, se payent cher et occupent avec raison un rang très-distingué dans des col-^ leciions d'élite.

Aide lira de ses in-8* et de quelques-uns de ses in-folio des exemplaires sur peau vélin. Ceux-ci appartiennent au premier ordre des trésors bibliographiques, mais en fféné^ rai ils ont pris place dans des dépôts publics, ou bien ils sont devenus la propriété d'amateurs opulents, de bibliophiles anglais, qui, tels que lord Spenser et sir Thomas Grenville, les ont conquis par le droit des guinées.

La bibliograpnie de la famille aldine a été traitée avec une érudition complète et uti soin extrême par M. A. A. Renouard, libraire |)arisien, très-instruit, mort en 1852 , et dont nous parlerons plus tard. Les Annales de rimprtmerie des Aide, ou Histoire des trois Manuce et de leurs éditions, publiées pour la premièjpe fois en 1803, en 2 vol. in-8% et accompagnées d'un- supplément daté de 1812, ont reparu avec des additions coi sidérâbles en 18^5, 3 vol. in-8'' (1), et en 1834, en un vol. in-8* h 2 colonnes, tiré à 350 exemplaires seulement. Un exemplaire unique sur peau vélin a été payé 245 fr. à In vente des livres de l'auteur en 1854. H. Renouard s'était préparé à ce grand travail uxii a occupé une partie de sa carrière, en réunissant une collection aussi complète que 1)ossible des éditions aldines. Dans le Cotaogue de la Bibliothèque d'un amateur, publié en 1818, 4 vol. in-8*, il a enregistré tous les volumes précieux qu'il avait|rassemblés dans ce but ; il n'avait reculé devant aucun effort pour avoir sous la main et pour pouvoir ainsi décrire avec une exactitude minutieuse les volumes dont il avait à parler dans ses Annales: c'est ainsi qu'il possédait dix-huit éditions différentes du Dictionarium de Calepin, si répandu dans la seconde moitié du xvi* siècle, et si parfaitement oublié de nos jours. Il avait de même rassemblé jusqu'à dix-neui éditions diverses des Eleganze délia lingua toscana d'Aide Manuce le second.

Plus tard, lorsqu'il jugea que ces matériaux lui étaient devenus inutiles, il fit à Londres, en 1828, la vente publique de la majeure partie de sa collection aldine, et les bibliophiles anglais se la disputèrent avec empressement (2j. Avant H. Renouard, quelques bibliographes s'étaient occupés des Aide, mais leurs recherches étaient restées incomplètes

manuscrites ou de feuilles déjà imprimées prëcédemmenl, mais chargées de correclions, et distribuées par Aide à ses compositeurs. Ces déhris, échappes à une destruction presque inévitaliû*, offrent un grand intért^l. Nous indiquerons seule ment Texemplaire de V Anthologie de 1 i9i, qni 8f*rvil à Aide pour son cdilion ilc iriO.l (my. le Catalogue d'un amuteitr, l. II p. i;ii|,etqui a été ailjiigé \7iô Ir. en I8:r», cl 8 guiiiccb à Loudrc» eu 1859, vente Lihri.

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