OD
BOD
était imprimé jusqu'à la 34' feuille du troisième volume , lorsque la mort vint frapper le laborieux typographe.
En fait d'ouvrages italiens, signalons /a Divtna commadia de Dante, 3 vol. in-folio, le jPoitor fido de Guarini , les Rime de Pétrarque, en 2 volumes, les 5/an2e de Politien, YAmtnta et la Gerusdlemma Uberata du Tasse.
Bodoni fit une incursion dans la littérature anglaise en imprimant les Seasons de Thom^ pson et un roman d'Horace Walpole, The Coitle of Otranto, 1796, in-8. Il existe de ce dernier volume des exemplaires sur vélin, et selon Dibdin [Bihliomania^ pag. 520) , on ne saurait imaginer un volume plus aimable.
« Sans cesse appliqué a perfectionner ses types, Bodoni ne laissait pas passer un seul jour sans y faire quelque heureuse correction. Pendant ses repas. Je soir, au milieu de ses amis , on le voyait encore travaillant à ses caractères » et tout en prenant à la conversation la part la plus aimable et la plus animée, il limait un poinçon ou concevait (|uelques-unesde ces élégantes formes de majuscules, dont ses éditions offrent une si étonnante variété. Il ne perdait pas un seul instant de vue son objet cnéri, et c*est ce qui explique comment il a pu exécuter cettemultitude innombrable de caractères de toutes les dimensions et de toutes les sortes. La mort le frappa lorsque cette révision l'occupait encore; sa veuve publia en 1818, en 2volumes
{>etit in-folio, le Jfanua/e tipoarafico qui ofve de tous les types formant rélonnante collection créée par Bodoni un spécimen dont l'ensemble est sans doute ce que, dans les mains d'un particulier, l'art typographique a produit de plus remarquable. »
Ainsi s'exprime M. Renouard ( Catalogue d^un amateur f 1. 1, p. 414), et il entre dans des détails étendus au sujet de cette réunion où l'on compte 143 caractères latins, avec leurs italiques, et pour chacun d'eux un assortiment complet de majuscules, 34 caractères Krecs, 11 nébreux, 2 allemands, 21 russes, o7 en langues orientaies, plus d'un millier d'ornements pour fleurons, bordures et vignettes, de la musique, etc. Il faudrait un examen très-approfonoi, une dissertation expresse et surtout la sûreté du coup«d'œil des maîtres de l'art, pour établir un juste parallèle entre les caractères de Bodoni et ceux qu'a produits l'habile réunion des graveurs français qui toujours s'est distinguée à Paris. On lui opposerait avec avantage plusieurs de nos petits caractères, évidemment supérieurs aux siens» et surtout beaucoup plus corrects dans cette partie si difficile de la fonte des petites lettres, dans les approches. Un choix des meilleurs caractères de nos diverses fonderies ne resterait pas en arrière des belles pages de l'imprimeur parmesan , et les caractères d'écriture de M. Firmin Didot sont incontestablement très-supérieurs.
Bodoni s'est beaucoup occupé de varier les caractères grecs, plusieurs ont un mérite réel; mais ni lui, ni aucun autre, n'ont encore pu arriver à la beauté extraordinaire des types de Garamond si bien fondus, lorsqu'ils étaient
employés par les Turnèbe, les Esiienne, les Horel.
Malheureusement la plupart de ces magnifiques volumes qu'a fournis rimprimerie ae Parme laissent à désirer pour le mérite intrinsèoue de l'édition, pour la correction et l^emploi des meilleurs textes, pour la réunion d heureux et utiles acisessoires. C'est ainsi qu'en réimprimant les Charaetereg etkiei de Théophrasie, Bodoni donnant une édition d'une rare élégance, imprimée à petit nombre sur un papier d'une beauté remarquable, eut le tort de prendre pour modèle le texte publié par Needham en 1712, au lieu de suivre celui revu en 1763 par D. J. Fisher , et ramené à un degré oe pureté qui donne un grand prix à cette édition, imprimée d'ailleurs sans aucun luxe et sur très-mauvais papier.
Voici les titres de quelques-uns des produits de la typographie bodonienne qm se rattachent aux études religieuses :
La Genesi^ versione di Monsignor D. Gre-
Îorio Ceraiif gia Veicovo di Piacenxa^ Parma, 807, in-89 165 pages. Le discours préliminaire : Al chiarissimo Giombatista Bodoni, Antonio Cerati, amico afTezionatiigimo ^ est contenu en 30 pages numérotées en chiffres romains. Les deux dernières pages renferment une liste de trente compositions diverses en terxe rime: elle atteste le dévouement au travail qui animait Mgr Cerati qui était né 1 Parme, et qui, avant d'être évéque, avait été bénédictin.
La Religion vengée^ poème en dix chants (par le cardinal de Bernis). Parme, 1795, petit in-folio, 176 pages. Les onze premières contiennent le frontispice, l'épitre dédicatoire du chevalier d'Azara : A notre très^saint Père, le pape Pie YI, l'avertissement de l'éditeur, et la dédicace du cardinal de Bernis au roi Louis XV. A la fin du volume 3 pages de noies et la table des chants. Dans tous les exemplaires est le portrait du cardinal, en ovale; il est gravé par d'Agincourt ; au bas, 8 vers français.
Il fut tire 50 exemplaires d'un plus grand format sur papier vélin, et un exemplaire sur peau vélin, acquis par le duc d'Abrantte.
Le même poëme fut imprimé également en 1796, petit in-8, 136 pages; il existe quatre exemplaires sur vélin.
De Imitatione Christi, Parme, 1793. grand in-folio, 160 pages. Epitredédicatoire aLouis de Bourbon, duc de Parme et de Plaisance ; 15 exemplaires furent tirés sur papier d'Annonay. Le texte est celui de l'édition imprimée chez Didot en 1789, in-4, et revue par l'abbé Valart.
L Aveugle de la montaane^ Entretiens philosophiques (par Corneille de Nélis, éreque d'Anvers), Parme, 1795, in-8. Cet ouvrage devenu rare devait être composé de trente entretiens ; il n'en a paru que onze ; voici les titres de quelques-uns : l>teu, cet$e fprandê vérité physique ; Dieu connu et goûté; faSoaesse des anciens ; les langues et leur âynologie : on y joint un autre opuscule : FAdO' ration^ ou la prière et le désir. Ce reciieil« composé de fragments imprimés à part, pe