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Devenu préfet de la congrégation des jeunes gens, il appliqua tous ses soins à entretenir et accroître chez eux les sentiments d'une vive piété, et il publia l'histoire d'un écolier qu'il avait dirigé kii-mème, et dont la sainte n.iort avait dignement couronné une vie toute d'édification. Cette histoire est intitulée : Vie de Daumond, 17'i-5, in-12. Le P. Bonaffos de La Tour était, depuis quatre ans, supérieur du grand séminaire de Toulouse, lorsque son ordre fut proscrit, lise retira dans sa famille, puis dans le Comtat d'Avignon, où il fut chargé de desservir la paroisse de Bolenna. Le chapitre le pourvut d'un canonicat qu'il conserva plusieurs années. Il revint ensuite dans son pays natal , donna des missions dans les diocèses de Saint-Papoul, de Pamiers, de Mi repoix et d'Auch, et mourut îi Montréal le 11 mars 1777. En 1772, il avait fait paraître 2 volumes de ses Cantiques, et deux autres volumes de cantiques qu'il avait recueillis et corrigés. Il laissait, en outre, des manuscrits qui renferment des notes pleines d'intérêt sur Montréal et des canevas de sermons.
BONAL (François de), évêquedeClermont, né le 9 mai 173i au château de Bonal, au diocèse d'Agcn, assista comme député du deuxième ordre à l'assemblée du clergé de 1758, et fut fait grand-vicaire et grand archidiacre de Chalon-sur-Saône. C'est en 1776 qu'il fut élevé sur le siège épiscopal de Clermont. Son zèle, sa fermeté, sou dévouement brillèrent avec un grand éclat dans les divers mandements qu'il publia, et l'on remarcjua surtout celui qu'il donna au mois de janvier 1789, où il signalait la licence de la |)resse et annonçait les malheurs prochains dont le pays était menacé. Déituté aux Etats-généraux par le clergé du bailliage de Clermont, il y montra un grand caractère qui forçait le respect de ses adversaires eux-mêmes. Il parut surtout dans la séance du 11 février 1790, lors(|ue Bonal exprima son opinion sur les ordres religieux, et dans celle du 9 juillet de la même année lorsqu'en faisant sa déclaration au sujet du serment civique il s'exprima ainsi : « Ici, « Messieurs, en me rappelant tout ce que « je dois rendre à César, je ne |)uis me Uis- « simuler tout ce que je dois rendre h Dieu. «Oui, dans tout ce qui concerne les objets « civils, [xililiques et tempore's je me croi- « rai fondé ii jurer de maintenir la constitu- (I lion ; mais une loi supérieure à toutes les « lois humainesme ditdepi'ofesseriiautemenl « que je ne puis comprendre dans le ser- « ment civique les objets ijui di^pcndcnt cs- « scntiellement de la puissance s|iirituelle; « (luetonte feinte à cet égard serait un crime, « (pie toute apparence (]ui jiourrail la faire « présumer serait un scandale de nia jtart. » On n'a pasoidilié la réj'onse i|u'il lità'l'arget, envoyé jiar Mirabeau dans la chambre du clergé, pourcn déterminer les nn'inbresh se réunir au tiers-état, au nom du Dieu de paix : « Le Dieu di' paix est aus^i le Dieu de l'ordre et delà juslii.e. » Le T'féviier 1791, il adressa \iiu'LrUrefiu.T('lrflrur.idul'ni/-dr-l)(\me,\)OUf les détouriierdo prendre part au sciiisme J'ar
une élection anti-canonique, et le 30 avril suivant il protesta, par une Ordonnance et par une Lettre pastorale, contre l'élection de l'évêque constitutionnel Périer. Louis XVI lui écrivit de sa prison du Temple une lettre qui fut insérée au Moniteur du 6 décembre 1792, pour lui demander s'il pouvait faire saconmiunion pascale; de Bonal, après avoir consulté plusieurs do ses collègues, l'engagea à ladiU'érer. Comme beaucoup de saints prélats ou ecclésiastiques , de Bonal dut s'expatrier; il fut arrêté auTexel par les Français dontla marche rapide n'avait pas laissé à leurs compatriotes bannis le temps de fuir, et conduit à Breda, où il fut condamné à la déportation. 11 se rendit à Altona, habita successivement plusieurs villes d'Allemagne, et fut un des signataires àaV Instruction sur les atteintes portées à la religion, que les évêques réfugiés dans ce pays pulilièrent lo 15 avril 1798. De Bonal mourut h Munich le 3 septembre 1800, après avoir dicté un Testament spirituel ou Dernières instructions à son diocèse, qui a été imprimé depuis, in-8", de 32 pages. Les Mémoires jiour servir à l'histoire de la persécution française, recueillis y)arrabbé d'Hesmivy d'Auribeau, renferment d'intéressants détails sur la vie du digne évoque de Clermont. L'abbé Jarry a fait aussi de lui un très-bel éloge dans son Oraison funèbre du cardinal de Larochefoucauld, Munsler, 1801,in-i°.
BONALD (Louis-GABRiEL-AMBnoisE , vicomte de), écrivain politique et philosophe religieux, a été l'un des plus grands penseurs de notre siècle. Issu d'une des [ilus anciennes familles du Rouergue, de Bonald naquit le 2 octobre 175V dans la terre de Monna, près Milliaud, et reçut une éducation forte et religieuse. Après avoir terminé ses études au collège de Juilly, il entra dans les mousquetaires de la maison du roi; lors de la su[)pression de ce corps, en I77G, il quitta le service, se maria et devint maire de sa ville natale. En 1790, il fut nommé président de la |:remière administration départemenlale de l'Aveyron ; mais lorsiju'il vit décréter la constitution civile du clergé, dont il apercevait très-bien toutes les conséiuiences , il donna sa démission et se retira d abord dans ses propriétés, puis il quitta la France en 1791. Après le licenciement de l'armée des princes, de Bonald se li\a h Heidelberg, où il s'occupa de l'éducation de ses deux fils aînés, et commença à écrire sa Théorie du pouvoir ciril et religieux, (}ui fut imprimée à Constance en 179G. Lorsipie l'auteur se renilit à Paris en 1797, il ajipril ipu- son livre, dont il avait fait jiasser dans cette ville presque toute l'édition, avait été saisi et envoyé au pilon par ordre du directoire. Comme la pers'^culKiii menaçait de l'atteindre lui-même, il prit l- p;iili de se di'rob'T aux reclieiches qi'ou pourrait fiire de sa personne, et il accepta iiiir modeste retraite i|iii lui fut oU'erte par une personne pieuse, (î'est alors ipi'il compnsa .-^on /;',««! aiialytiqur sur les lois naturelles de l'ordre social, OH Du pouvoir, du ministre cl du sujet datis
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la société, in-8° ; la Législation primitive con- ' sidérée dans les derniers temps par les seules ^ lumières de la raison, suivie de plusieurs traités et discours politiques, ouvrage qui n'est à peu près que le développement du précédent sous une forme nouvelle, 3 vol. in-8° ; etDuDivorce considéré au \i\' siècle relativement à l'état de domesticité et à l'état public de la société, in-8". Sous le consulat, de Bonald put retourner dans sa propriété du Monna, où il se livra à la composition de nombreux articles qui furent insérés dans les journaux du temps, et qui ont été réunis plus tard dans son volume de Mélanges. En 1806, il concourut avec Chateaubriand à la rédaction du Mercure, et en 1808 il fut nommé conseiller de l'université, place qu'il n'accepta qu'au bout de deux ans, sur les instances réitérées de Fontanes et de ses autres amis, qui craignaient pour lui et pour eux les inconvénients d'un refus. Toutefois il résista constamment à toutes les sollicitations qui lui furent faites de s'engager au service de Napoléon, et il refusa même la place de gouverneur du fils de Louis Bonaparte, roi de Hollande, qui la lui avait offerte par une lettre écrite de sa main. On assure que l'empereur avait aussi jeté les yeux sur lui pour l'éducation du roi de Rome, et l'on cite la réponse qu'il lit à cet égard au cardinal Maury : « Si j'étais chargé de lui « apprendre à régner, ce serait au moins « partout ailleurs qu'à Rome. » Louis XVllI, à son retour en France, le nomma membre du conseil royal de l'instruction publique, établi par ordonnance du 17 juin ISl'i-, et dont M. de Bausset, depuis cardinal, était président. Dans les premiers jours de 1815 parut sa brochure politique intitulée : Héflexions sur l'intérêt général de l'Europe, dans laquelle il demandait l'extension des frontières de la France jusqu'au Rhin. Eu 1815 , le collège de Rodez l'envoya à la chambre des députés, et il prononça dans cette assemblée plusieurs discours qui portent l'empreinte d'un entier dévouement à la religion et à la patrie. Le 24 décembre il prononça un discours étendu, et dont la chambre ordonna 1 impression, dans lequel il demandait que le roi présentât une loi à l'effet de retrancher du Code civil les articles autorisant le divorce, et l'orateur tit ensuite partie de la commission chargée d'examiner celte question importante. En février 1816, il fut du nombre de ceux qui voulaient qu'on pût être député à trente ans. L'institut a^ant été réorganisé au mois de mars suivant, de Bonald fut nommé membre de l'académie française. 11 fit constamment partie de la cliambre des députés jusqu'en 182.3, époque où il fut élevé à la pairie, et prit part à toutes les discussions. Dans les débats auxquels donna lieu le projet de loi sur la censure des journaux, il repoussa la censure préalable des feuilles quotidiennes, et prononça à cette occasion un discours qu'il a rétracté plus tard. Avec Chateaubriand, Lamennais, Fiévée, etc., il concourut à la rédaction du Conservateur, et
quand ce recueil cessa de paraître, lors de l'assassinat du duc de Berry, à celle du Dé~ fenseur, qui dura peu de temps. A la cham- Dre des pairs il montra le même talent et la même activité qu'au palais Bourbon. Son esprit d'abnégation et son dévouement au roi lui firent accepter, sous le ministère Villèle, les fonctions de président de la commission de censure, bien qu'il sût que ces fonctions l'exposeraient à toutes les attaques du libéralisme. 11 fit paraître en 1830, quelques mois avant la révolution de juillet, sa Démonstration philosophique du principe constitutif de la société, dans laquelle il remettait en œuvre et dans un jour nouveau les doctrines déjà traitées dans la Théorie du pouvoir civil. Après la révolution de juillet 1830, de Bonald se démit de la pairie et se retira dans sa terre de Monna, où il mourut presque subitement le 23 novembre 18i0.
Sa Théorie du pouvoir civil ou religieux dans la société civile, démontrée parle raisonnement et par l'histoire, a été réimprimée à Paris, en 18i3, en 3 vol. in-8". Outre ses ouvrages déjà mentionnés , nous citerons encore : Mélanges littéraires, politiques et philosophi' ques, nouvelle édition augmentée des Observations sur l'ouvrage de madame de Staël, intitulé : Considérations sur les principaux événements delà révolution française ; Recherches philosophiques sur les premiers objets des connaissances morales , 3' édition , Paris, 1838,2 vol. in-8° ; Démonstration philosophique du principe constitutif de la société, suivie des Méditations politiques ti rées de l'Evangile, 2' édition, Paris, 18i0, 2 vol. in-8" : toute la doctrine philosophique et politique de l'auteur est résumée dans ces deux derniers ouvrages. Nous allons essayer d'en donner une idée dans quelques lignes rapides. M. de Bonald, après avoir vu s'abimer dans le grand naufrage révolutionnaire la religion et la monarchie, entreprit de relever l'édifice religieux et social à l'aide de la philosophie même, dont les ennemis de l'ancienne constitution française s'étaient fait une arme pour la détruire. Pour cela, il résolut de donner à la philosophie une base nouvelle, et il la chercha dans l'étude approfondie de l'homme et des traditions sociales. Selon lui, ihomme, être éminemment sociable, ne peut croître, acquérir, se développer que dans le milieu social où se conserve le dépôt des traditions antiques. Les sauvages isolés trouvés dans les bois n'ont jamais pu nous rien apprendre sur leurs idées innées. Dieu, l'âme, une autre vie, etc., etc. Il était d'ailleurs aussi ridicule de leur demander ce qu'ils pensaient avant d'avoir aucune expression de leur pensée, qu'il le serait de demander à un enfant ce qu'il pensait dans le sein de sa mère, ou d'interroger un homme qui ne se serait jamais vu au miroir, sur les traits de son visage ou la couleur de ses yeux. On cherchait la solution du problème des idées dans les hauteurs inaccessibles du pur intellect, et la religion la mettait, ?30ur ainsi dire, sous la main de tout le monde et dans la bouche des enfants.. .
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Les disputeurs ne voyaimit riioaime naturel que dans l'homme barbare et miséraljle de ]a vie sauva:^e : indr labes. Slak-branche, par excès de christianisme, si l'on pont aii:si parler, di'pas^a la solution du problème, et fut la chercher dans des communicaiions :Urectes avec l'étornelle raison : opinion excessive et pou développée qui supprime trop d'idées intermédiaires. Condillac |jécha par le défaut opposé et resta en arrière de la solution... 11 ne leur manqua à l'un et à l'autre que de faire à 1 homme intellectuel une application rérdl^ et positive dun dogme fondamintal de la société inlellecluelle ou religieuse, de conclura' de Dieu à l'homme, son image et sa ressemblance, et de dire : qu'ainsi que Dieu, intelligence sup;ôme, n'est connu que par son rrrbr, exiircssion et image de sasiibstance, de même, l'homme, intelligence finie, n'est connu que par sa parole, expression de son esprit, ce qui signdie que Tèlre p: usant s'explique |)ar l'èlre parlant. Alors le mystère de nos idées leur eût été dévoilé ; ils auraient vu (fue la connaissance des vérités morales qui sont nos idées, est innée, non dans l'homme, mais dans la société. Il faut donc apprendre aux hommes les v. rites morales, si l'on veut qu'ils les connaissent, et leur parler la parole de Dieu pour qu'ils aient la pensée à Dieu. 11 faut môme foimer leur raison avant leurs sens, parce que ce qui est destiné à c< mmander doit, sous peine de désordre, jiréci'der dans ses développements ce qui est destiné à obéii-. Cet'è proposition rationnelle : Lapmsée ne peut être connue que par son expression ou la parole, renferme donc toute la science de l'homme, comme la maxime chrétienne, Dieu n'est connu que par son verbe, renferme toute la science de Dieu, et par la même raison. La parole est l'expression naturelle de la pensée; nécessaire, non-seulement pour en communiquer aux autres la connaissance, mais pour en avoir soi-même îa connaissance intime , ce qu'oii appelle avoir la conscience de ses pensées. Ainsi ri mage que m'olfre le miroir m'est nécessaire poiu- connaître la couleiu'de mes yeux; ainsi la lumière m'est née ssaire i)our voir inon propre corps. — La (lensée se manifeste donc h l'homme, ou se révèle avec l'exression et par l'expression, comme le sooil se montre à nous )>ar la lumière et avec la lumière. Mais si je n ■ [luis connaître ma pensée sans inie expression qui la rende sensible, je ne puis entendre une expression ■qu'autant qu'elle sert à revêtir une pensée, et une expression qui n'a pas (l(; sens ou de [lensée, est un son, un bruit aux oreilles. La solution du problème de j'inti'lligence peut donc être présentée sous cette formule : Il est nécessaire que l'homme pense sa parole avant de parler sa pensée; ce qui veut dire (pi'il est néccssain' que l'honnur; sache sa parrjle avant déparier : (iroposiliun évidente, et (pii (-xilut toute idée d'invention de la parole par l'homme. — «>eci posé, soit qur l'Klie suj^rOine ait cn-é l'homme ^)aTl."^^^^, soil (lue i)ar des moyens qui nous
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sont inconnus, et qu'il nous est inutile de connaître, il lui ait donné la parole après l'avoir créé, il est c Ttaiti, c'csl-à-di-'e confo me à toutes k's nouons de la raison, que cet être inlinimenl sage n'a pu mettre dans les organes de l'homme que des [laroles de raison, comme il n'a mis dans son intelligence que des iJées de vérité. Il lui a donc donné avec la parole dos maximes de croyance et des règles de conduite, des lois pour ses pensées, et des lois pour ses actions, et sur ce [>ointla raison s'accorde avec la doctrine des Hébreux, qui nnu'; montre l'Etre suprême conversant avec le premier homme, et donnant des lois écrites au premier peuple , parole qui se retrouve avec raille rao iificition-! did'é'rentcs dans l s familles les plus barbares ; lois qui, h travers mille ailéralions, s'aperçoivent chez les iieupies Ls [dus sauvages; et la mythologie païenne nous montre aussi les dieux conversant avec les mortels, et les législateurs païens font aussi venir du ciel les lois qu'ils donnent à la terre. — De ce que nous venons de dire il résulte que la relig on même naturelle, la connaissance de Dieu, de notre âme et de ses rapports avec Dieu, veut être apprise ou révéh'e, comme la religion appelée révélée, Fides ex auditu ; et la religujM révélée e-rl aussi naturelle (jue la re- Figion dite naturel. e : mais l'une a été révélée par la parole, et elle est naturelle aux hommes en société de famille primitive, isolée de tou'e autre société ; l'autre est révélée par l'Ecriture, et elle est naturelle aux
hommes réunis en corps de nation De
celte ex[)Ucation de l'origine du langage et des id i'cs sort cette importante conclusion : si le genre humain a primitivement reçu la parole, il est de toute nécessité qu'il ait reçu avec la parole la connaissance de la vér.té morale. 11 y a donc une loi primitive, fondamentale, souveraine, une loi-principe, lex princeps, comme dit Cicêron. une loi que l'homme n'a pas faite et qu'il ne peut abroger. 11 y a donc une société nécessaire, un ordre nécessaire de véiilés et de devoirs. — Son système une fois établi, de Bonald en fait rap[ilication, et se proposant de donner la démonstration logi pio de la religion chrétienne d'une part, el de la monirciiie de laulre, voici ciunmenl il procède : si la révélation est 1 ■ seul mode de connaissance que nous ayons, c'est à elle, c'est-à-dire à quelifue chose qui est en dehors de nous qu'il faut deman.ler la connais.sance. Or, lorsque nous faisons le travail, lorsque nous nous mettons en quête de l.i vériti- a travers le moiidi! extérieur, nous trouvons un livre, un monument êeril , le plus ancien oui existe, cehn qui contient la morale la plus pure, et î» ces marques nous reconnais-ions sullisamment qu'il est inspiré el dépositaire de la pensée de Dieu. r,e livre renferme un code coiii|)let de lois religieuses el sociales; dès lors aucun doute n • peut jilus exister; lii Si' tiouve le principe de toute vérité dans 1 ordre reli.;ieux el p "liliqu ■. Dan» l'ordro relii^ieuK, ia Inble donne naissance à la reli-
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gion judaïque et à la religion catholique qui en est le complément et le perfectionnement. Dans l'ordre politique les diflicultés sont plus grand. 'S. De Bonald fait aussi sortir du livre sacré le principe de la monarchie, à j'aide de cet(e déduction logique : Dieu, di'til, en créant l'homme et la femme et en leur disant : croissez et multipliez , a constitué la famille. Or la société politique est faite à l'image de la société domestique ; elle n'est même que la société politique agrandie. Il suit de là que les éléments qui sont dans la première doivent se retrouver dans la se- 'conde. Or, dans la famille on trouve \m 'chef qui est le père, un ministre qui est la nière, un sujet qui est l'enfant ; de même, dans la société politique, il y a un chef qui est le roi, des minisires qui sont les magistrats chargés du pouvoir exécutif, des sujets enlin qui, comme l'enfant est soumis à son j)ère, le sont à l'autorité du roi et des minis.- 1res. La guerre d'ailleurs a été la cause première de la formation de la société politique; les familles se sont réunies pour se défendre contre l'ennemi commun; le plus habile et le plus brave s'est mis à la tète des combattants, et leur a imposé son autorité : ainsi a été fondée la première monarcliie, en vertu de la loi de la nécessité, c'est-àdire de la loi divine, car une loi nécessaire est une loi divine. Les combattants qui ont aidé le roi dans la lutte sont devenus les ministres, et ont formé l'aristocratie; enfin, les sujets ont reçu la loi de celui qui les avait défendus et protégés. De là découle la nature des rapports qui doivent exister entre le roi et ses sujets. Le roi tient son pouvoir de Dieu, il ne doit compte qu'à Dieu de l'usage qu'il en fait ; mais il l'a reçu pour le bien de ses sujets, il doit l'exercer conformément aux intentions de celui qui le lui a confié. D'un autre cùté , les sujets ont le droit de demander que le roi ne gouverne que pour leur bien ; ils lui doivent en même temps une obéissance absolue qu'ils ne peuvent jamais lui refuser, parce que le gouvernement a été constitué de Dieu, et non par eux. De Bonald fait ensuite l'appMeation de la théorie qu'il vient d'édilier, et s'efforce d'établir que telle était en réalité la loi des rapports qui existaient autrefois entre le roi et ses sujets. — Voici maintenant quelquesunes des conséquences de cette doctrine. Dans l'ordre religieux ou philosophique, de Bonald n'admet qu'un seid mode de connaissance, la révélation, et il nie à la raison individuelle de riiouime le droit et la jmissance de rien découvrir i)ar elle-même. Or il y a là une grave erreur et un grand danger. Une erreur : car en fait la raison particulière et individuelle de chaque homme lui donne la conviction de certaines vérités premières qui, quoique insulhsantes sans doute pour lui expliquer le mystère de sa destinée, sont cependant les bases sur lesquelles il a besoin de s'.ippuyer pour arriver à des connaissances plus hautes et plus fécondes. Un danger : car si l'honime ne sait rien, ne connaît rien avant que la révélation ait parlé,
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comment et avec quoi saisira-t-il cette révélation? où trouvera-t-il un point de comparaison pour discerner la révélation vérita ble d'avec les révélations fausses ? En présence de telles difiicultés ne tombera-t-il pas nécessairement dans un scepticisme ou dans lui mysticisme dont rien ne pourra le tirer ? D'ailleurs le vice du principe se voit bien lorsque de Bonald veut l'appliquer. Comment en effet prouve-t-il que la Bible contient la révélation, sinon en établissant que la Bible est le plus ancien livre qui nous ait été conservé, et qu'elle renferme la morale la plus pure que nous connaissions? Or, pour que nous sachions que la Bible est le plus ancien monument écrit, il faut que nous ayons préalablement en nous-mêmes l'idée de temps et d'espace ; pour que nous sachions qu'elle contient la morale la plus pure, il faut que nous ayons l'idée du bien Inoral : c'est-à-dire deux idées qu'apparemment la révélation ne donne pas, puisqu'elles sont nécessaires pour ]iercevoir cette révélation même. Les propositions sur lesquelles de Bonald a appuyé sa théorie sont vraies en elles-mêmes, mais il a eu le tort d'avoir Voulu en tirer des conséquences qu'elles ne comportent pas. L'homme est à la fois un individu et la partie d'un grand tout qu'on appelle l'humanité, qui est la source d'où il est sorti ; delà pour lui deux lois et comme deux natures : en tant qu'individu il a une intelligence et une volonté qui lui appartiennent eu propre et qui constituent sa personnalité ; en tant que membre de l'humanité, il puise dans la vie commune de ce grand tou(, il y prend sa part, et dès lors, pour vivre, pour subsister moralement, il a besoin de rester en rapport constant avec lui, sinon, comme la branche qui ne reçoit plus du tronc le suc nourricier, il se flétrit, se dessèche et meurt. Ce qui a égaré de Bonald sort de ces deux phénomènes, l'individualité de l'homme et sa solidarité avec le reste de l'humanité; il n'a tenu compte que du second, et il a entièrement méconnu le premier; il n'a considéré que l'humanité, et a comiilétement néghgé l'individu; là est le vice radical de son système. — Dans l'ordre religieux et dans l'ordre politique le système âe Bonald produit le môme résultat : dans le premier cas, l'absorption de la raison individuelle dans la raison divine ; dans le second, l'absorption de la liberté individuelle, c'est-à-dire du pouvoir individuel dans le pouvoir social ou divm. Ce résultat mérite d'être remarqué ; car d'un côté une ))ortion notable des philosophes catholiques a suivi la voie ouverte par de Bonald, et a eu comme lui le tort grave de nier la raison individuelle de l'homme, tantôt au profit de la raison générale, tantôt au profit de la révélation ; et, d'un autre côté, la philosophie qui s'est produite en dehors du catholicisme a eu ft conserve encore les mêmes tendances , puisque le panthéisme n'est autre chose que labsorplion (le la partie dans le tout, de l'individu dans l'humanité, de l'humanité en Dieu.
Sans doute de lioiudd eût rejeté avec indi-
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gnàtion de teiles conséquences : mais ce n'est pas de cela qu'il s'adt ; le tout est de savoir si sa méthode philosophique n'y conduit point par une logique irrésistible.
BONARDI (Jean-Baptiste), savant docteur de Sorbonne, né h Aix en Provence, mort à Paris en 1756, se distingua par son érudition bibliosraphi(iue. On a de lui en manuscrit : L'Histoire des écrivains de la faculté de théologie de Paris , la Bibliothèque des écrivains de Provence ; un Dictionnaire des écrivains anonymes et pseudonymes, savant et curieux. L'auteur promettait de publier ce dernier ouvrage, qui n'a cependant point paru : mais M. Barbier en a donné un autre, en 4- vol., sur la même matière. L'abbé Bonardi était lié avec beaucoup de savants et de gens d'esprits, et possédait leur amitié Gt leur 6StnïiG-
BONARTIUS ou BOONAERTS (Olivier), jésuite, né à Ypres en 1570, mort dans la mc^me ville le 23 octobre 1655. Nous avons de lui : De l'institution des Heures canoniques, Douai, 1625 et 163?i. , in-S" : il s'y trouve une i)roposition condamnée par Alexandre VII; Accord de la science et de la foi, La Haye, 1665, in-l° ; Commentaire surVEcclésiaslique, Anvers, 1634, in-fol. ; Commentaire sur Esther, Cologne, 1647, in-fol. Ces livres sont estimés. Ils sont écrits en latin, d'un style assez pur.
BONÀVENTURE (saint), dont le nom véritable est Jean Fidenza, né l'an 1221 à Bagnaréa en Toscane, entra dans l'ordre des frères mineurs, et en fut un des plus grands ornements. « Sa vocation, dit l'abbé Bérault, « quoique dans un autre goût que celle de « saint Thomas, n'est pas moins remarqua- « ble. Etant tombé dangereusement malade « dès l'âge de 4 ans, sa mère le recommanda ••< aux prières de saint François qui vivait « encore ; et elle promit, s'il guérissait, de « le mettre sous sa conduite. Le saint pria « pour l'enfant, et le voyant aussitôt guéri, « il s'écria : O bonne aventure ! nom qui « lui demeura, au lieu de celui de Jean, « qu'il avait reçu au baptême. » En 1243, Boiiaventure, âgé de 22 ans, accouqilit le vœu de sa mère, en ))renaiit l'habit de son bienfaiteur. On l'envoi a étudier k Paris, ainsi que saint Thomas; et couime lui, il eut encore un maître célèbre, dans la personne d'Alexandre de Halès, cpii, touché de la beauté du naturel de .sondisciide et de l'innocence de ses mœurs, disait de lui, mi'il semblait n'avoir point partici[)é au pèche de notre premier père. Son ordre le lit successivement jirofesseur de philosoi)liie , de tiiéologie, et enlin général en 1256. L'anhcvôclié d'York étant vacant, Clénn-nt \\ l'offrit à Bonavcnture, et le saint le refusa ; mais le |ia|ie voulant maintenir sa nomination, lui enjoignit, en vertu de la sainte obéissance, d'ai;iiuicscer à la volonté <livine en acce[)lant cet anhevèché. Tels sont les termes de la bulle qui lut donnée à ce sujet le 24 novendirc 12()i), et qui n'eut i)oint d'exéculidu. L'hiiniilitô do Bonaventure fut si inyéuiuusu, cl il {irilbibieii lo saint Père, que,
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tout inébranlable que paraissait sa résolution, celui-ci ne le contraignit pas d'accepter cette dignité. Après la mort de ce pontife, les cardinaux s'engagèrent d'élire celui que Bonavcnture nommerait; ce fut Thibaut, ar- \ chidiacre de Liège, qui jirit le nom de Gré- i goire X, sur lequel il jeta les yeux. Ce pape } l'honora de la pouri>re roaiaine , et lui ' donna l'évôché d'Albano. Le nouveau cardinal suivit Grégoire au concile de Lyon en 1274, et y mourut des fatigues qu'il s'était don nées pour préparer les matières qu'on devait y traiter. « Ce saint, dit un historien, « emporta les regrets de tout le monde , « non-seulement pour sa doctrine, sa tendre « éloquence et sa haute vertu, mais pour la « douceur de son caractère et de ses maniè- « res, qui lui tenaient, pour ainsi dire, en- « chaînés les cœurs de tous ceux qui l'a- « valent connu. » La cour pontificale et tout le concile assistèrent à ses funérailles, les plus brillantes tout ensemble et les plus attendrissantes qu'on ait jamais faites, môme à aucun souverain. Pierre de Tarentaise qui, d'archevêque de Lyon venait d'être fait cardinal-évêquc d'Ostie, et qui succéda au pape Grégoire sous le nom d'Innocent V, lit l'o raison funèbre , où il exprima sa douleur d'une manière si touchante, qu'il tira des torrents de larmes do l'assemblée, toute pénétrée de la perte que l'Eglise venait de faire. On a recueilli les ouvrages de saint Bonaventure à Rome en 1588, 7 toin. en 6 vol. in-fol., et réim[irimés à Venise, 1751 à 1756, 14vol. in-4°. Les deux premiers renferment des Commentaires sur l'Ecriture. Le 3' ses Sermons. Le 4' et le 5' ses Commentaires sur le Maître des Sentences. Le 6' et le 1' des Opuscules muraux. Le S' les Ojiuscules qui regardent les religieux. Ses Méditations sur la Vie de Jésus-Christ sont pleines de circonstances qu'on ne trouve point dans l'Evangile, et qui ne sont pas toujours propres à nourrir une piété solide et éclairée. Si le Psautier de la Vierge, (ju'on lui attribue peutêtre faussement, est réellement de lui, on ne peut disconvenir (lue le saint docteur n'ait perdu beaucoup de tenqjs à dégrader les beautés simples et majestueuses des Psaumes. L'idée d'attiibuer h une pure créature (0 qui a été tlit de Dieu, a été ilepuis formellement i)roscrito dans le Catéchisme du concile de Trente, comme elle doit l'être, îi raison de l'absurdité manifeste de toute es[)èce de parallèle entre le Créateur et les êtres (jui tiennent de lui seul le mouvement et la vie. Du reste, les ouvrages ascétiques de saint Bonaventure portent l'enipreinto d'une iiiété alfectueuso cpii saisit encore plus le cii'iir que resprit, et ontjait |)asser justement l'auteur pour un des plus* grands maîtres de la vie spirituelle. Quant ii ses ouvrages tliéoliigiqncs, on y ieinar(iue, outre la solidité el la jilus exacte orthodoxie, une |ii(''IVMeiice marquée piuir les seiilimenls luit- (iérés, encdurageanis, propres à produire la paix et la consolalion des âmes. On lui a donni' le surnom de Docteur it'éraphiqtie. Oh a eucure une de ses lettres, écrite 30 aus
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seulement après la mort de saint François, où l'un trouve des plaintes nmères contre le rolàcheinent des frères mineurs; m.iis on aurait tort de se p'évaloir de ces i)laintes pour déroger à la dignité de l'état religieux. Des fautes qui paraissent capitales dans les hommes dévoués au service de Dieu, seraient à peine aperçues dans 1 'S hommes du monde. « Il est certain, dit Voltaire, que la « vie séculière a toujours été plus vicieuse, « et que les plus grands crimes n'ont pas été « commis dans les monasières; mais les dé- « sordres ont été plus remarqués par leur con- « traste avec la règle. » Saint Bonaventure est au rang des docteurs de l'Eglise, quoiqu'il ne soit pas au rang des Pères, ce nom n'étant donné qu'aux docteurs des 6 premiers siècles, et par une exception particulière, à saint Bi'rnard {Voy. ce nom). Le Père Boule a écrit sa Vie.
BONAVENTURE DE SAlNT-AMxVBLE (le Père), caj'me déchaussé d'Aquitaine, qui vivait sur la fin du ^vii' siècle , fit imprimer sur l'histoire ecclésiastique et civile du Limousin , 3 vol. in-foi. On a reproché à ce grand ouvrage de manquer de méthode et de n'être pas toujours exact : mais c'était un des plus grands corps d'histoire que nous eussions sur une des |irovinces de l'ancienne France. Il est intitulé : La Vie de saint Martial , ou Défense de l'apostolat de saint Martini et autres, contre les critiques de ce temps, i" vol., Clermont, 167G ; 2% Limoges, 1683; 3% ihid., 1685. On trouve, dans le premier tome , VHistoire des saints du Limousin, et dansletroisième,ri?/'i';o(rp du Limousin et les Annales de Limoges, avec les antiquités de la province, et une Introduction concernant l'état des Gaules et du Limousin depuis Jules César.
BONAVENTURE de Padoue ou de Péragia, dix-huitième général des augustins et cardinal, né à Padoue le 22 juin i:J32, embrassa l'institut des ermites de Saint-Augustin , et et profession à Padoue. Il reçut le bonnet de docteur à Paris, après y avoir fait ses cours de ])hilosophie et de théi logie , et fut élu général de son ordre dans le chapitre tenu à Vérone le 27 mai 1377. Urbain VI et Clément VII se disj)utaient alors la papauté , et Bonaventure prit parti pour Urbain, qui le créa cardinal en janvier 1384, selon les uns, en septembre 1378, suivant les autres. François Carrario , qui s'était emparé de l'autorité à Padoue, le lit assassiner en 1383 (d'autres veulent que ce soit plusieurs années plus tard) , lorsciu'il passait le [lont Saint- Ange pour se rendre au Vatican , voulant ainsi se venger du cardinal, avec qui il avait eu quelques démêlés au sujet d s immunités ecclésiastiques. On a de Bonaventure : des Commentaires sur les épîtres canoniques de saint Jean et de saint Jacques , et sur le Maître des sentences; ûes Serinons : des Vies des Saints ; Spéculum Mariœ , brcviloquium, ternarium de rifiiminr conscientiœ ; une Oraison funèbre de Pétrarque , qu'il prononça en 130!». Il avait été lié avec ce poète célènre.
BOM'^LLI (Louis), professeur de logique et de métaphysique à Rome, se distingua Dicno.NN. UE Biographie relig. L
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comme théologien , et composa divers ouvrages qui attestent la solidité de son savoir. Nous citerons sa Réfutation du déisme; son Examen historique des principaux si/stèmes de philosophie ; et ses Institutions de logique et de métaphysique. 11 est mort à Rome, au mois d'octobre 1840.
BONET ou BONT (saint), en latin Bonus, Bonitus, naquit en France, d'une famille distinguée, et fut référendaire ou chancelier de saini Sigebert III, roi d'Austrasie. Il jouit de l'estime publique sous quatre rois , pour avoir fait tli'urir la religion et la justice. Après la mort de Dagoliert II, Thierri III réunit l'Austrasieàla monarchie française, etnomma saint Bonet gouverneur de îa province de Marseille, en 680. Saint Avit, son frère aîné, évêque de Clermont, l'ayant demandé pour successeur, il prit, en 689, le gouvernement de cette église; mais, après dix ans d'épiscopat , ayant eu quelques scrupules sur son élection , il consulta saint Théau , qui vivait alors en ermite à Solignac. Saint Bonet se démit de son évêché, et se retira à 1 abbaye de .Marlieu , où il vécut quatre ans dans les pratiques d'une austère pénitence. Il revenait de Rome, où il avait fait un pèlerinage, lorsqu'il mourut de la goutte, à Lyon, le 15 janvier 710 , à Vîïge de 86 ans. On trouve dans le Recueil des Bollandistes, sa vie écrite par un moine de Sommon, en Auvergne, son contemporain.
BONET (Nicolas), religieux franciscain du XIV' siècle, surnommé le Docteur profitable. On ne s'accorde pas sur le lieu de sa naissance. Cet auteur fit du bruit pendant quelque temps , jtar une opinion extrêmement singuHère; il avança, dans un de ses ouvrages, que ces paroles de Jésus-Clirist sur la croix : Femme , voilà votre fils , avaient produit l'effet d'une transsubstantiation réelle, en sorte qu'au moment même saint Jean était devenu le fils do la Vierge. Bonet trouva des sectateurs; leur nombre devint même considérable. Mais on réussit à les rappeler à leur devoir par la seule voie du raisonnement. Bonet a écrit : Postilla in Genesim ; Commentaria super quatuor libros sententiarum; Interprelaliones inprœcipuos libros Aristotelis , prœsertim metaphysicam. Ce dernier ouvrage a été imprimé à ^'onise, 1505, in-fol.
BONFRERIUS ou RONFRERE (Jacques), jésuite, naquit en 1373 à Dinant , ville de la principauté do Liège, et se fit jésuite en 1592. Il enseigna la philosophie et la théologie à Douai, fut professeur d'Ecriture sainte et de langue hébraïque dans la même ville, emploi qu'il remplit avec distinction pendant un grand nombre d'années. Il mourut à Tournai le 9 mars 1643. On vo:t, par ses éeriis, qu'il était très-versé dans la chronologie et dans la critique, et consommé dans la géographie sacrée. Swertius le peint en ces ternies : « Non vulgari doctrina instructus , et raris « virtnlum ornamenl.s insignitus , iiidustria « mirabili, incre iibili in rébus agendis pru- « dénia, acerrimi ingenii , solidissimi judi- « cii. » Valère André le qualifie de « Multi- « plicis vir eruditionis , nigenii sagacitate ,
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, « judicii maluritale, styli facilitate ac nitore, « memoriœ denique ténacité inprimis excel- « lens. » A ces témoignages on peut ajouter celui de Dupin , qui ne doit point paraître suspect : « De tous les commentateurs jé- « suites de l'Ecriture sainte, il n'y en a point, « à mon avis , qui ait suivi une meilleure « méthode , et qii ait plus de science et do « justesse dans ses explications, que Jacques « Bonfrérius. Ses prolégomènes sur l'Ecri- « ture sont d'une utilité et d'une netteté mer- « veilleuses. 11 en a retranché la plupart des « questions de controverse que Seranus avait « traitées dans ses prolégomènes , jiour se « renfermer dans ce qui regarde l'Ecriture « sainte , et rapporle en abrégé tout ce qu'il « est nécessaire de savoir sur cette matière. « Ses commentaires sont excellents. Il y « explique les termes et le sens de son texte « avec une étendue raisonnable, et évitant la « trop grande brièveté de quelques-uns et la « longueur démesurée des autres, ne fait au- « cune digression qui ne vienne à son sujet. » On a de ce commentateur Prœloquia in totam Scripturam sacram, Anvers, 1625, in-fol.; Onomasticon urbium et locorum sacrœ Scripturœ, P&ris, 1631, in-fol. Le Clerc en a donné une belle édition à Amsterdam , en 1707, in-fol. : ces deux ouvrages ont été insérés dans l'édition de Ménochius , par le Père Tournemine; Pcntatcuchus Moysis commmtario iliastratus , Aiive s, 1625, in-fol.; Jo- SMc, Judiccs et Ruth commentario iUustrnti, Paris, 1631 , in-fol. Bonfrérius a encore fftit des commentaires sur les livres des Rois et des Paralipomènes , sur les livres d'Esdra-^, de Tobio , de Judith , d'Esther et des Machabécs, sur les quatre Evangiles, les Actes des apôtres, et sur les Epîtres de saint Paul. Il avait entrepris de commenter le Psautier, et il en était au psaume 39 lorsque la mort l'enleva; mais ses commentaires n'ont jjas été imprimés.
BONGO (PiERnE) , chanoine et chantre de la cathédrale de Bergame, sa patrie , possédait plusieurs langues anciennes , la théologie, la i)hilosophi(', hs matliéiuatiqiies, l'astronomie, et était vi'rsé ,iussi dans rastroiogie et la cabale. Bongo mourut en 16(11. Il avait composé un traité curieux intitulé : Niimerorum Mysteria ex ahditis plurimanirn discipUnanii/i fontihus hiiusta, Paris, 1618, in-i'.
B(JNH<JMO (Jkan-Fuançois), né à Verceil, se distingua par ses lumières et son zèle
four la loi catholique. Etroitement lié, par identité des principes et des vues , avec saint Charles Borroraée , il fut un des plus intimes amis de ce saint prélat, ([ui l'envoya à Uome en lotiO , [)Our obtenir du pape In conllruialion des canons du second concile provincial de Milan , et le consacra évènuo de Verceil , en 1572. Le |)npe (îrégoire XIII l'envoya en Suisse, où il fut h' priMriiej- iiorii-e pennan lit, et il y pi-oduisit, par ses travaux et sa vigilance pastorale, di's fruits précieux dans des temps dilliciles cl criti(jucs où les nouveaux sectaires faisaient dans la vigne du Sci^iifur d'i'trangc!» ravages. Ourhpie temps »»pres il fut envoyé vers lemiiercur, qu'il
engagea à faire publier dans ses Etats les décrets du concile de Trente. Nommé h la nonciature de Cologne , il fut Yàme de tout ce qui se fit dans ce temps très-critique, tant dans cet électorat q^ue dans les provinces voisines, pour le maintien de l'ancienne religion , pour la réforme du clergé , pour la suppression des abus et tout ce qui intéresse l'Eglise catholique. La nonciature, dont il fut en quelque sorte le fondateur, a, depuis, continué sans intiTruption , avec le meilleur effet pour la religion et le clergé catholique d'Allemagne. Son successeur fut Barthélemi Pacca, dont les travaux pour le maintien des nonciatures et de l'autorité i)nntiticale contre les innovations des métropolitains, sont assez connus. Bonhomo mourut à Liège, dans l'abbaye de Saint-Jacques (alors l'asile de la science, aujourd'hui'sécularisée) , le 25 février 1587. On a de lui : La vie et ht mort de Charles Borrûmée,Co\o'^iv , 1587, en latin, et les Décrets généraux pour la réforme ecclésiastique, Cologne, 1385, in-8°. Le pape Benoît XIV cite souvent avec éloge cet ouvrage dans son traité de Synodo diœresana.
BONICHON (François), prêtre de l'Oratoire, ensuite curé de Saint-Slichel d'Angers, mort eu 1662 , est auteur d'un ouvrage intitulé : Pompa episcopalis, Angers, 1650, in-fol. Ce livre fut composé lorsque Henri Arnnult fut fait évoque d'Angers. On a encore de lui un gros in-i° intitulé : l'Autorité épiscopale défendue contre les nouvelles entreprises de quelques réguliers-mendiants, Angers, 1658. Cet ouvrage est estimé.
BONIFACE (saint) , nommé d'abord "Winfrid, apôtre de lAllemagne, naquit en Angleterre vers l'an 680. Il embrassa l'état monastique, fut fait prêtre en 710, et envoyé par Grégoire II, en 71S), \) >uï travailler à la conversion des infidèles du Nord. Il rennilit sa mission dans la Thuringe, le pays de Hesse, la Frise et l:i Saxe, et y convertit un grand nombre d'idol;llres. Le pape ayant appris ses succès, l'appela à Rome, le sacra évèque le jour de saint André , en 723 , et le renvoya eu Alh luagne. Les progrès de la foi furent encore plus rafiides îi son ntour. Il convertit les peuples de Bavière, et remplit le nord du bruit de son nom et de ses travaux apostoliques. Grégoire 111 lui accorda le pallmui et le titre d'archevêque, avec permission d'ériger des évèchés d'uis les |iays nouvelle-, ment conquis à la religion. Jus(iu'alois Boniface n'avait été tixé à aucune église particulière; vers l'ail 7V7, le pape Zacliarirt le playa sur le siège de Mayence , qui vaijuait par la déposition de GiHvode. Tous ces faits confondent d'une manière ('vidcnle et sensible les |irétenlioiis que les iiiélro|iolitains d'Alleiiiagiie luil l'oniiérs ccinlre le siège de Koiiie, dont ils tenaient loiil. e| l'on peut dire (pie l'i'xisleiice même de l'Iiglisc d Allemagne est l'en l, non-seulement du zèle, mais du [Kuivoir et «le l'autorité liiérarcliiqtie do l'Eglise romaine. « Ignorez-vous, ingrats, dit '< unauteiir'c nnii h celte occasion, que sans 'I elle la (ii'rinaiii.' ne serait encore que le re- « jiaue de (pielqu s hordes barbares; ipiu
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« les ours et les aurocks habiteraient encore « les lieux où sont aujourd'hui vos floris- « santés cités; que le sang humain coulerait « encore sur les autels dressés à des monstres, « là où le paisible agneau est immolé avec « une pomjie sainte dans de magnifiques « temples ? Et depuis cette heureuse révolu- « tion , due précisément au christianisme, « dont Rome vous a faii le don inestimable, « que ne doit pas la Germanie, et son clergé « surtout, à tant de pontifes, dont les soins « atTectueux et paternels ont constamment « employé l'impression de l'autorité sainte, « pour en assurer la liljerté contre l'oppres- « sion et la violence , pour maintenir dans « cette grande région la puretéde la foi contre « des sectaires nombreux et puissants ? » Boniface termina sa vie par le martyre : un jour qu'il élait en chemin, pour donner la confirmation à quelques chrétiens, il fut percé d'une épée par les païens de la Frise, dans la plaine de Dockum, près delà rivière de Borchie, il' 5 juin 755. Cinquante-deux de ses comjiagnons, soit missionnaires, soit chrétiens, furent massacrés avec lui ; leur sang fut une semence qui produisit d'autres apôtres. Il s'était démis de l'archevêciié de Mayence en faveur de Lulle son disciple. On a de cet a|iûtre des Lettres , recueillies par Serrarius, KiOo , in-4°, et des Sermons dans la collection de dom Martenne. On y voit son zèle, sa sincérité et ses autres vertus , mais point de pureté ni de délicatesse dans le style. Quant au différend qu'd eut avec Virgile de Salzbourg , dont les protestants et les philosophes ont fait tant de f;iux rapports , voyez Virgile.
BONIFACE I" (saint) , successeur du pape Zozime, en 418, fut maintenu dans la chaire pontificale par l'empereur Honorius , contre l'archidiacre Eulalius , qui s'était emparé de l'église de Latran. C'est à ce pontife que saint Augustin dédia ses quatre livres contre les erreurs des pélagiens. Il mourut en septembre 422.
BONIFACE II , pape , succéda h Félix IV, en 530. Il était Romain, mais son père était Goth. Il avait forcé les évêques assemblés en concile dans la basilique de Saint-Pierre , k .'autoriser dans le clioix d'un successeur. Il désigna le diacre Vigile; mais ces prélats cassèrent peu de temps a|irès, dans un autre concile , ce qui s'était fait dans le premier contre les canons et les usages. On a de lui une Lettre à saint Césaire d'Arles , dans les Eptstolœ Romanortim Puntificum de dom Constant. Il mourut en 5:>2.
BONIFACE III, Romain, monta sur le saiut-siége en 60U , après la mort du pape Sabinien. 11 convoqua un concile de 72 évoques, dans lequel on anathématisa ceux qui parleraient de désigner des successeurs aux papes et aux évoques pendant leur vie. 11 mourut le 12 novembre de la même année. I) avait obtenu de l'empereur Phocas, que le patriarche de Conslantinople ne prendrait plus le titre û'Evéque universel.
BONIFACE IV, tils d'un médecin de Valéria au pays des Marses , succéda au précé-
dent en 607. L'empereur Phocas lui céda le Panthéon , temple bâti par Marcus Agrippa en l'honneur de Jupiter Vengeur et des autres divinités du paganisme. Le pontife le changea en une église dédiée au vrai Dieu, en l'honneur de la sainte Vierge et de tous les Saints. C'est là l'époque de la fête de la Toussaint, le pr.mier jour de novembre.
Cette église subsiste encore et fait l'admiration des voyageurs, sous le nom de Notre- Dame de la Rotonde. Il mourut en 614. On lui attribue quelques ouvrages qui ne sont pas de lui.
BONIFACE V, Napolitain , successeur de Dieu-Donné, en 617, mourut en 625. Il défendit aux juges de poursuivre ceux qui auraient recours aux asiles des éghses.
BONIFACE VI , Romain , pape après Formose , en 896 , ne tint le saint-siége que quinze jours. Comme il fut élu par une foction populaire, et qu'il avait été déposé de la prêtrise avant d'avoir la tiare, il fut regardé comme antipape.
BONIFACE VII, surnommé Francon, antipape, meurtrier de Benoît VI et de Jean XIV, se fit reconnaître pontife en 984, le 20 août, et mourut subitement au mois de décembre 985. Objet de l'exécration publique , il fut ignominieusement traité. On perça son ca davre à coups de lance; on le traîna par les pieds et on le laissa nu dans la place, devant la statue de Constantin.
BONIFACE VIII (Benoit-Caietan), d'abord avocat consistorial , protonotaire apostolique, chanoine de Lyon et de Paris, ensuite créé cardinal par Martin IV, fut élevé sur le trône pontifical , après l'abdication de saint Célestin , en 1294. On a dit sans fondement qu'il le menaça de l'enfer s'il ne se démettait de la papauté, pour en laisser revêtir un homme plus actif et jdus ferme que lui ; mais il est certain que Célestin n'abdiqua qu'à raison de son âge, de la connaissance de son inexpérience et de son goût pour la solitude et la retraite. Boniface, craignant qu'il ne change.U de résolution et ne causât un schisme, le lit garder dans une espèce de jirison honnête, commode et res[)ectée, jusqu'à sa mort. Les Colonne , une des plus puissantes maisons de Rome , troublèrent les commencements de son pontificat; ils étaient du parti des Gibelins, attachés aux empereurs et ennemis des papes, et eurent la hardiessi> d'afficher un écrit, dans lequel ils protestaient contre l'élection de Boniface , et en appelaient au concile général des procédures qu'on pourrait faire contre eux. Boniface les excommunia, leva desirouiies pour soutenir son excommunication, et prêcha la croisade contre eux , ce qui produisit un accommodement. Mais le zèle tro[) ardent de Boniface pour rétablir la paix entre les princes chrétiens le jeta dans de nouveaux embarras. Il réussit à la faire conclure entre la France et l'AratAOM , mais il ne put l'élnblir entre la France el l'Angleti rre : le guerrier et violent Philiftpe ]". Bel s'y refusa hautement, et le pape se crut en droit de lui défendre la guerre : ce qui, joint à d'autres sujets d'un uiécou->
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lentement réciproque, alluma entre eux une qurrelle longue et opiniâtre. Bonilace donna plusieurs bulles où il soumettait la puissance temporelle à la spirituelle, prétention aujourd'hui universellement rejetée, mais qui, comme nous aurons lieu de le remarquer plus d'une fois , était alors reconnue par les princes mêmes qui se bornaient à en restreindre les conséquences ou à en éviter l'application. C'était \!\ juris[)rudence générale dutemi)S.Boniface tinit par mettrele royaume en interdit. Philippe fait arrêter, dans l'assemblée des trois états du royaume , qu'on en appellera au futur concile. No^aret passe en Italie , sous le [)rétexte de signifier l'appel; mais réellement pour enlever le pape. On le surprit dans Anagni, ville de son domaine, où il était né. Nogaret s'était joint à Sciarra Colonne, qui eut labrutalitéde donner un soufflet au pape avec son gantelet. Nogaret lui donna des gardes, voulant l'emmener à Lyon, où devait se tenir le concile. Boniface mourut un mois après de chagrin, en 1303 , à Rome où il était allé , ap es que les habitan' s d" Anagni l'eurent délivré des mains des Français. Trois cents ans après, sous Paul V, lc°ll octobre , jour même de sa mort, on ouvrit son tombeau , placé dans la chapelle qu'il avait construite à l'entrée de 1 église de Saint-Pierre; on trouva ses babils pontiQcaux en entier, et son corps sans corruption , à la réserve du nez et des lèvres. M. Sponde en parle comme témoin oculaire, s'étant trouvé à Rome dans ce temps-là. C'était en 1605. « On lit pourtant (ajoute un des « judicieux auteurs de YHistoirc de l'Eglise « gallicane, d'où nous transcrivons ces détails) «que Boniface mourut eu furieux, se ron- « géant les mains et les bras, ce qui fait voir « combien la partialité altère quelquefois « l'histoire dans les points les plus imiior- « tants. « Ce fut lui qui canonisa saint Louis; qui institua, en 1300, le Jubilé pour chaque centième année; qui ceignit la tiare d'une seconde couronne, et qui recueillit, en 1298, le 6' livre des Décrétales , appelé le Sexte, dontl'éditionla plus rare est celle de Mayence, 1V65, in-fol. On a encore de lui quclipies ouvrages. Il était savant pour son temps. 11 ne faut pas juger de son caractère par ce que les auteurs français en ont écrit. Plusieurs de ses démarches sont blAmabh-s sans doute, mais celles de Pliili[)i)e le Bel ne le sont pas m.iins; elles sont iiiriiie beaucoup jilus injustes et plus violentes, et font en quelque sorte disparaître les torts de Boniface. Ou regarde assez communément ce pape comme auteur de la fameuse bulle in Cœna , ({iioiqu'elle n'ait guère été connue de sou tniips, et qu'on y trouve plusieurs additions d'une date postérieure. Llle renferiin' des vues vastes, et la plupart utiles au bonheur des Etats et au soulagement di's peupl.'S; iiwrs conune le pontife y prenait un ton de coiiunandement elemployaiU'excommuuicalion dans les matières temporelles , eh' a paru <lérogcr au pouvoir des roisel à leur indép.iid;uicc dans l'.idiuinislration de leurs Liais. C'est pourquoi les pa(iesCléinenl XIV el Pie VI en ont
interrompu la publication qui se faisait tous les ans le jour du jeudi saint, et depuis cette époque elle est regardée comme non avenue. Cependant un philosophe moderne, un politique sage , modéré et ami des hommes , a paru la regretter : «Pourquoi, dit-il, dispu- « ter au souverain pontife un droit qui seul « rendrait la religion utile et respectable aux « sociétés; celui de reprendre les pécheurs « scandaleux, lesinfracteurs publics du droit « naturel, les scélérats qui se jouent de toutes « les lois? La religion n'est-elle pas fait:^ pour « les puissants, encore plus que pour les fai- « blés? Saint Ambroise eut-il donc si grand « tort de chasser hors de l'église le meurtrier « de Thessalonique? Est-ce un si grand ma] « que l'Eglise ose réprimer des tyrans qui se « font encenser comme des dieux, (pii se « croient les maîtres du genre humain ; et qui, « pour sujets, n'ont plus que des satellites ga- « gés ou des esclaves timides? Un prince qui, « pour nourrir des chevaux, pour entretenir « des Messalines et enrichir des favoris, pour « donner des fèt s et élever des palais, pour « nourrir dix mille valets et soudoyer quatre « cent mille bouchers , ne cesse d'établir des « impôts, des dr.ùts de toute espèce, .jusqu'à « ce qu'il ait soutiré à son peuple la dornière « goutte de sang ; un tel-prince n'est-il pas in- « hniment plus impie, plus odieux, pluscri- « minel , que tous ceux que l'Eglise a court tume d'excommunier? Pourquoi donc ne « serait-il pas soumis à l'analhème ? Faut-il « avoir plus d'égnrds, plus de condescen- « dance pour lui, à proportion de ce que ses « forfaits sont |>lus noirs, plus affreux, plus « abominables ? Est-ce un abus qu'il y ait « une église qui parle au nom du grand « Dieu, au nom de ce Dieu, qui ilicit régi, « apostata ; qui vocat duces impios ; qui non « uccipit personas principum: nec cognovil « tt/rannuin cum discejildrct contra pauperem? « Joli. a'i-. I) Vuy. Pie V. Jean Rubens a écrit sa Vie en latin , Home , IGol , in-l°. La conduite de Boniface VIll a été, sur plusieurs points, l'objet des attaques calomnieuses de divers écrivains protestants , et même de queli[ues autinirs catholi(pies. Le célèbi-o docteur Wisemaii y a répondu jiar une Dissertation qu'il lut dans l'académie de la religion calhoHque, à Kiuuc. le Vjuin 18'tO. Elle a été insérée dans le iom. XN'I de la collection des Démonstrations évangéliques, publiée par M. l'abbi' Aligne.
BONIFACE IX. Napolitain, d'une famille noble, mais réduite à la deinière misère, hit fait cardinal en 1381 et pape en 138'.), après la mon d'Urbain XI. |iendaiil le sciiisme d"0< cidenl. Ses liistoriens louent sa (•lia>li'té, et lui reprochent le népotisme. Il est rclain iju il avait des venus, el Thieiri (le Nii'in a iliargé- le tableau de ses dcl'auis. Il monrut en lïOV. Ce pontife institua les annules perp('"tiielles.
BONJOrU |(ii ii.iAi mi: , augu>liii, né h l'duloux' III KiTO, fut appelé a Home par sou confière le cardinal Nori> en IGOo. Lléiiieiil XI l'honora de son estime, el l'employa dans plusieur.s occasions. Ce pape avait loruié
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une congrégation, pour soumettre h un examen sévère le calendrier grégorien. Le père Bonjour fournit d'excellents Mémoires à cette société. Ce savant religieux mourut en ITli, dans la province de l'Yun-Nan à la Chine, où son zèle pour la propagation de la foi lavait conduit. Il était profondément versé dans les langues orient.iles, et surtout dans celle des Coplites. On a de lui des Dissertations sur l'Ecriture sainte ; sur les Monuments cophtes de la Bibliothèque du Vatican, etc.; Calendarium Romanum, cum gemino Epactarum dispositu, ad novilunia civilia invenienda, Rome, 1701, in-fol. ; Traité des cérémonies chinoises. Il traça avec les pères Bouvet, Jartoux et Frideli les cartes de l'empire de la Chine, déjà commencées dep lis quelque temps, et que le père Régis, qui remplaça le père Bonjour, termina dans le cours de l'année 1713.
BONJOUR (les frères), chefs d'une secte qui parut à Fareins, près de Trévoux, sur la fln du xvnr siècle; de ce nom on donna aux sectaires celui de fareinistes. Les deux frères, qui étaient originaires de Pont-d'Ain en Bresse, embrassèrent l'état ecclésiastique, et l'aîné, étant devenu curé d'une paroisse dans le Forez, se mit à prêcher une doctrine qui se rapprochait de celle des Vaudois. L'archevêque Montazel, averti par les plaintes du seigneur et des notables du lieu , l'envoya comme curé à Fareins , et lui donna pour vicaire son frère. Leur aménité, la piété qu'ils montraient, et la sévérité de leurs mœurs leur rendirent l'opinion publique favorable. Au bout de huit ans, le cuié se démit tout à coup ; son frère lui succéda en 1783, et eut pour vicaii e un ecclésiastique nommé Furlay, qu'ils étaient parvenus à séduiie. L'ancien curé, qui avait pris 1 emploi de maître d'éc 'le, allectait de se livrer à de rudes exercices de [lénitence, et de pratiquer des jeûnes liès-rigoureux ; mais, dans la suite, lorsqu'on lit l'inventaire de son mobilier, on trouva une armoire abondamment pourvue de chocolat et de friandises. Cependa t ils s'étaient fait un nombre assez considérable de partisans , et un fait montrera jusqu'à quel point leur fanatisme s'était exalté. Une jeune fille demanda à être crucifiée comme J.-G. l'avait été , et son étrange demande reçut si.n accomplissement un vendredi, à trois heures de laprès-midi , en présence des trois chefs, d'un dominicain et de 10 ou 12 adeptes. Pendant la nuit, beaucoup de prosélytes, surtout des femmes et des jeunes tilles, s'assemblaient sans lumière dans une grange, oii pénétrait par la fenêtre un prêtre qui distribuait la discii)line au hasard, et les pî'nitentes recevaient les coups, non-seulement sans se plaindre, mais avec des cris de joie. On conçoit que les pères de famille et les maris, qui ne s'étaient point laissé égarer par ces folies, dussent vouloir arrêter un tel désordr. set il en résultait des scènes fielleuses dans l'inté, leur des ménages, surtout lorsqu'on s'apercevait que les provisions de la famille décroissaient trop rapidement : car la communauté des biens avait été mise en rè-
gle : un des principaux habitants de Fareins ayant été trouvé mort dans son lit d'une piqûre d'aiguille, un cri général s'éleva contre la secle ; des plaintes furent portées devant les deux autorités ecclésiastique et civile. Les faits ayant été constatés d'une manière juridique. Bonjour aîné et Furlay furent exilés, et Bonjour jeune fut enfermé dans un couvent, ce qui ne l'empêchait pas de corres[)ondre avec ses prosélytes. Etant parvenu à s'échapper par un miracle, disait-il, comme saint Pierre, il se réfugia à Paris, où il fut rejoint par la fille qui avait été crucifiée et par une autre prophétesse. Plusieurs des habitants de Fareins qu'il avait comme fascinés vendirent leurs propriétés , et se renduent près de lui, après avoir mis leur argent en commun. Lorsque la révolution éclata, le curé Bonjour crut l'occasion propice pour reparaître à Fareins, où il vit encore un nombre assez considérable de sectateurs se grouper autour de lui, et l'aider à reconquérir son presbytère : mais la force aimée intervint, et Bonjour fut obligé de retourner à Paris, où il tenta de faire de nouvelles dupes jusqu'au consulat de Bonaparte. Alors les deux frères furent exilés en Suisse, où ils moururent dans un état voisin de l'indigence et oubliés. La secte des Flagellants fareinistes ne leur a pas survécu.
BONNAC (Jea.n-Louis d'Usson de), évêque d'Agen, naquit à Paris en 1734. Il avait été grand-vicaii e de Bourges avant d'être nommé en 1768, évêque d'Agen, et il fut député aux états-généraux par la sénéchaussée de cette dernière ville. Membre de la Constituante, il s'opposa avec énergie devant cette assemblée au serment que l'on voulait exiger du clergé. Bonnac fut appelé le premier : « Messieurs, dit-il, les sacrifices de la for- « tune me coûtent peu ; mais il en est un « que je ne saurais faire, celui de votre estime « et de ma foi. Je serais tiop sûr de les jjer- « dre l'un et l'autre, si je prêtais le serment « qu'on exige de moi. » Le prélat , obligé de s'expatrier, séjourna successivement en Suisse et en Bavière, et fut n-aumé premier aumônier de Louis XAIII en 1817. On a de Bonnac une Lettre pastorale du 20 mai 1791, dans laquelle il rend compte de sa conduite à ses diocésains, et une Ordonnance du 25 du môme mois, où il attaque la nouvelle hiérarchie ecclésiastique que les décrets de l'assemblée constituante avaient établie.
BONNARDEL (l'abbé), né près de Semur en Brionnais vers l'an 1739, était vicaire dans cette ville à l'époque de la révolution. L'exem{>le donné par le trop fameux évêque d'Autun n'eut aucun pouvoir sur lui, et il refusa courageusement le serment. 11 par vint à prolonger encore un. certain temps, en se cachant, son séjour dans le pays, où il remplissait les fonctions de son ministère avec le plus grand zèle au péril de ses jours. Les recherches de ses persécuteurs l'obligèrent enfin de prendre la route de l'exil. A ré|ioque du Concordat, il fut nommé curé de Semur ; il mourut dans ce poste le 28 novembre 1830, avec le titre de chanoine ho-
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iioraire. L'abbé Bonnardel avait établi dans sa paroisse la dévotion au cœur de Jésus, et en 1822, il forma à Semur un petit séminaire, où plusieurs jeunes prêtres furfnt formés à la science et aux vertus de leur état. On a de lui : Exercices de la dévotion au sacré cœur de Jésus, in-18, souvent réim- })rimé ; Cours d'instructions familières sur les principaux événements de I Ancien Testament, et Prônes sur l'abrégé des vérités de la foi et de la morale. Les premières éditions étaient de 6 volumes in-12 ; l'auteur y ajouta de nouvelles instmct'ons ; la 12' édition en a jiaru k Lyon, 1838, 8 vol. in-12.
BONNAUD (dom Jean-Baptiste), né en 1684- à Marseille, mort à Saint-Gcrraain-des Prés le 13 mai 1738, enseigna la rhétorique dans la congrégation de l'Oratoire, et élant entré dans la congrégation de Saint-Maur en 1713, fut supérieur de deux monastères. Il s';idonna ensinte dans la retraite aux travaux historiques. On a de lui une Vie de saint Victrice, évoque de Rouen, et d'autres écrits restés manuscrits, et il avait entrepris une édition de Pallade. Dom Bonn.uid s'était aussi imposé la tâche de continuer VHistoire du diocèse de Rouen, commencée par dom Duplessis, qui n'en avait mis au jour que l'introduction, sous ce titre : Description géographique et hislorique de la haute Normandie, Paris, 1740, 2 vol. in-4". Les fruits de son travail furent remis à dum Lonoir, qui s'occupait d'une histoire du même pays.
BONNAUD ( Jean-Baptiste ) naquit en Amérique en 1740. Après avoir fait de bonnes études, il entra dans la société des jésuites, (pÙ il resta jiisqu'h leur destruction. Après la mort de M. de Monta/et, archevêque de Lyon, il devint grand-vicaire de ce diocèse sous M. de Mai bœuf, son successeur, dont il eut toute la confiance. II se distingua avant et durant la révolution j)ar plusieurs bons ouvrages dont un Discours sur l'état civil des Protestants, nSS, in-8", qui aurait sauvé l'Etat, s'il avait été suivi. C'est particulièrement cet écrit qui anima contre lui ceux qui lui décernèrent la palme du martyre dans l'église des carmes, le 2 septembre 1792. Son érudition vaste et variée égalait son éloquence et sa vigoureuse logique. C'est lui qui mit au grand.jour la fourberie des Lettres que Caraccioli iabriciua sous le nom de Clénient XIV, dans sou Tartufe épistolaire, oiî il dévoile les petites vues d'une iildlosophie hypocrite, que le faussaire y avait déployées, tâche (pie le Père Hichar'd, dans son Préservatif contre les Lettres, etc., rt d'autres écrivains avaient déjà remplie, mais avec moins de déveloj)|)emenl et d'étendue. On lui doit aussi : déclamation pour l'iù/lise gallicane contre l'invasion des biens ecclésiastiques, et l'aliolilion de la dime, décrétées par l'Assemblée prétendue nationale, Paris, 17lt2, in-8. ouvrage savant; et Hérodote, historien du peuple hébreu sans le savoir, Liège, 1790, in-12, espèce de supplément à l'ouvrage de M. (iuiM-iu du KocIkt. d rédigé sur queUpies pcipicrs de cclui-ci. il v a des points do vue parfaitement dignes de l'His-
toire des temps fabuleux. Voyez le Journal historique et littéraire, du 1" décembre 1790, page 538, et l'article Gcérin du Rocher.
BONNEFONS (Amable), jésuite, natif de Biora, est auteur de plusieurs livres de piété, qui eurent cours dans leur temps. Les [principaux sont : V Année chrétienne, '2 vol. in-12; La vie des saints, 2 vol. in-8°. Son style est incorrect. Il mourut à Paris en 1653.
BONNEFONS (dom Elie-Benoit), bénédictin de la congrégation de Saint-Maur, naquit en 1622 îi Mauriac, et composa sur l'histoire de la Normandie deux ouvrag'S qui n'ont pas été imidiés.Ce sont : l'Histoire civile et ecclésiastique de la ville de Corbie, 2 forts vol. in-fol. ; les Vies des saints religieu.T de l'abbaye de Fontenelle{oa de Saint-Vandrille), 3 vol. in-4°. Les deux manuscrits se conservaient dans la bibliothèque de cette abbaye, ainsi qu'un ouvrage de dom Bréard sur le même sujet. Dom Bonnefons mourut à Saiiit-Vandrille le 22 janvier 1702.
BONNEFOY (Frasçois-Laaibert de), ancien grand-vicaire et officiai d'Angoulème, naquit en 1749 dans le diocèse de \'aison. En 1780, il publia un Eloge historique du dattphin, et, en 1784, un écrit intitulé : De l'état religieux, son esprit, son établissement et ses progrès, services qu'il a rendus à l'Eglise, in-12, fait de concert avec Bernard de Besancon, avocat au parlement, qui mourut en 1823, à 70 ans. Obligé' de quitter la France en 1792, par suite de refus de serment, Bonnefoy alla en Allemagne. Lorsque le retour de l'ordre lui eut permis de revoir sa jiatrie, il n'accejita aucun emploi, mais il remplissait avec zèle les devoirs de son état. Il allait publier un ouvr.ige sur la révolution auquel il attachait beaucoup d'importance, et qu'il venait d'aciiever, lorsqu'il fut emporté soudainement le 14janvier 1830, par une attaque d'apoplexie.
BONNET ((!nARi.Es;, naturaliste célèbre et écrivain religieux, né à Genève, le 13 mars 1720, d'une famille originaire de France, (lui vint s'y étaldir en L)72, ( t distinguée par les places qu'elh^ avait r-emplies dans cette lépublique, l'ut d'abord destiné par ses j)arenls à la jurisprudence. Mais la lecture ûu Spectacle de la nature de l'\u(ho, et celle des (Hivrages de Héauuuu', lui révélèrent sa véritable vocation et lui insjiirèient une ardeur invincilile jiour l'histoiri' naturelle. .\ l'âge de vingt ans il avait reconnu que les ]iucerons sont féconds sans accouplement pendant |)lusieurs générations; et bienti'il il y ajduta, presque anssili'il que Trcmbkv , son compatriote, son parent et son iiislorieii, celle di-' la reiiro luilion à lintini du polype jiar incision. Bonnet entreprit ii ce sujet une série d't xpérieiices sur un très-grand nomi)ri^ de vers et d'insectes, et leconnul cpic jilusieurs de ces nidmaux partagent avec le jiolype cette jnunriélé merveilleuse. Toutes ces expériences fuient coiisigmcs ilans son Traité d'inseclologic , ou Obsirvafious sur les pucerons cl sur quelques espèces de Vers d'ritu diiucc, qu:, coupés pur niorccauj; , rcdrvicniun( autant d'animaux complets , 2 parties
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in-8*, Paris, 1745. Bonnet ayant eu connaissance en IT*6 des ingénieuses expériences sur la végétation, faites par Gleditsch à Berlin, passa plusieurs années à en faire de nouvelles, étudia avec soin l'action de la lumière, de l'air, de l'eau sur les plantes, et démontra que dans une foule de circonstances, celles-ci paraissaient agir pour leur conservation avec sensiliilité et discernement. Il publia le résultat de ses observations dans un ouvrage ayant pour titre : Recherches sur l'usage des Feuilles dans les plantes, et sur quelques autres objets relatifs à la vi'gétation, Gottingue et Leyde , 1754 , in-4°. L'excès du travail et l'usage du microscope ayant affaibli sa vue, Bonnet changea alors la direction de ses études, et entra dans le champ de la philosophie générale. Son ouvrage intitulé : Considérations sur 1rs corps organisés, qui parut à Amsterdam, 1762 et 1768, en 2 vol. in-8% fut consacré à défendre le système de la préexistence des germes, qu'appuyaient fortement les observations de Haller et de Spallanzani. Il donna ensuite sa Contemplation de la Nature, Amsterdam, 1764 et 1765, 2 vol. in-8% où il développe ce principe de Leii)nitz que la nature ue fait rien par saut, non-seulement en l'appliquant, comme l'avait fîiit ce i)hiloJophe, à l'enchaînement des causes et des etl'ets , mais eu l'étendant à l'universalité des êtres dont il cherche à former une échelle immense où l'on remontcr.iit de l'être le plus simple jusqu'au plus parlait. Son Essai de Psychologie, ou Considérations sur les opérations de l'âme, et sur l'éducalion, auxquelles on a joint des principes physiques sur la cause prcmiih-e et sur son effet, fut publié à Londres, 1754, iu-12. L'auteur lit ensuite paraître YEssai analytique sur les facultés de l'âme , Copenhague , 1760 , in-4°, et 1769, in-8°. On ♦rouve dans ces tieux ouvrages des opinions qui touchent au matérialisme et au fatalisme, et dont on iiuurrait extraire des conséquences que Bonnet, qui se montra toujours très-religieux, naur.it pas voulu admettre. Après ovoir appelé l'histoire naturelle au secours de la uiétapliysique, Bonnet donna sa Palingénésic phildsophique, ou Idées sur l'état passé et sur l'état futur des êtres rivants, Genèvi',
1769 et 1770, in-8\ dont le but est de ]irouver que les maux de ce monde et l'irrégularité de leur distribution, rendent nécessaire un complément qu'on ne peut espérer que dans une vie meilleure, à la(iuelle il l'ait participer tous les êtres sans exception qui souffrent dans celle-ci. Chacun d'eux monteradans l'échelle de l'intelligence, et pour l'homme, le bonheur sera de connaître. 11 conclut aussi à la nécessité d'une révélation, comme motif dernier et iiéremptoire, et il détermine ensuite sans peine dans latiuoUe des révélations existantes se trouve la vérité. Cette production fut suivie (les Recherches philosophiques sur les preuves du Christianisme , Genève,
1770 et 1771, in-8°. La plupart des écrits que nous avons cités ont été tiaduits en anglais, en hollandais, et dans d'autres langues. Les idées dé Bonnet étaient liées à un vaste syslèiue, dont tous ses ouvrages ae sont que les
différentes parties. Ce philosophe savant et religieux passa paisiblement sa vie dans l'aisance; et ce qui est assez remarquable chez un naturaliste, il ne sortit jamais de sa patrie. Il allait quelquefois à Geniève assister aux assemblées du grand conseil dont il avait été élu membre en 1752. Le plus long voyage qu'il entreprit , fut d'aller de sa solitude Ue Genthod, située sur les bords du lac de Genève, à Roche dans le canton de Berne, pour rendre une visite à Haller, son ami. 11 était marié, mais il ne laissa point d'enfants. Il mourut le 20 mai 1793, à l'Age de 73 ans. Horace-Bénédict de Saussure prononça son Eloge sur son cercueil ; de Pouilly publia son Eloge historique, et Jean Trerabley un Mémoire pour servir à l'histoire de sa vie et de ses ouvrages, Berne, 1794, in-8°. Le botaniste Wahl lui a consacré un«genre de plantes sous le nom de Bonnetia. Les, œuvres de Charles Bonnet ont été rassemblées et imprimées à Neufchâtel sous ce titre : OEuvres d'histoire naturelle et de philosophie, 1779, 8 vol. in-4°, et 18 vol. in-8% avec figures.
BONNEVAL ( Sixte-Lolis-Constakce Ruf- FO de), chanoine à Vienne en Autriche, né à Aix en Provence, en 1742, d'une famille noble, originaire de Calabre, fut nommé, en 1759, chanoine de la métropole de Paris, et devint ensuite grand-vicaire de Mâcon. Il fut député aux assemblées du clergé en 1765 et en 1775, et fut appelé, en 1784, par suite de la démission de 51. de Beauvais, à occuper le siège épiscopal do Senez, qu'il n'accepta point. Député ]iar le clergé de Paris aux étati, généraux en 1789, il se montra toujours attaché aux intérêts de l'Eglise etde la monarchie, signa les diverses déclarations du clergé ainsi que les protestations du côté droit, et publia plusieurs écrits contre les mesures prises par l'assemblée. Le 27 septembre de la même année, il fit imprimer une Protestation par laquelle il déclarait ne pouvoir plus siéger dans l'assemblée, parce qu'elle usurpait une autorité injuste sur les matières religieuses et politiques, et il rencht en même temps compte de sa conduite dans trois Lettres à ses commettants. Un nouvel écrit de Bonneval parut le 1" mai 1791, sous ce titre : Remontrances au roi par les bons Français, à l'occasion de la lettre de M. de Montmorin aux ambassadeurs français près les cours étrangères, il jHiblia ensuite : Doléances au roi, 17iJ2 ; Avis aux puissances de l'Europe, 1792, in-8''; Ré/lexions d'un ami des gouvernements et de l'obéissance, 1793, in-8''; Le cri de l'évidence et de la douleur, 1794, in-S"; Lettre à Mallet-Dupan. C'était plus qu'il n'en fallait pour attirer sur lui les persécutions qui étaient déjà dirigées contre sa f imille. Il passa en Allemagne, oii il présenta une Requête a l'cmi'ereur d'Autriche, puis à Naples et à Home. S'étant trouvé dans cette dernière ville, en 1794, à l'époque de la mort du cardinal de Bernis, il traça un Précis historique de la vie de ce prélat, iju'il otf.it au souverain pontife. Il se fixa ensuite dans la capitale de l'Autriche, et fut nommé, en 1808, chanoine de la métropole de Sainl-Etieune
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