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édition des Droits et libertés de l'Eglise gallicane, augmeniée de différentes pièces et do notes, Paris, 1731, 4- vol.in-fol. Il mourut à Paris en 1747.
BIIUNET (François-Florentin), prêtre et assistant-général dis Lazaristes, né à Vitcl en Lorraine, vers le milieu du xviir siècle, professa la philosophi ■ au séminaire de Tnul et dirigi'a celui do Châlons-sur-Marne. Devenu assistant-général, il accompagna dans son voyage à Rome Cayla de la Garde, dernier supérieur de la mission, que la révolution avait obligé de fuir. Avant de mourir, Cayla le désigna pour être son vicaire général. Brunet revint en 1804 à Paris, et y mourut le laseptem, re 1806. Son plus important ouvrage est intitulé : Parallèle des religions, Paris, 1792, trois tiunes en cinq vol. in-4' : compilatinn un peu longue, mais pleine de recherches, et pour laquelle l'autenr a mis à contribution les travaux des savants modernes. Beaucoup d'auteurs qui ont écrit depuis sur l'histoire des religions, n'ont fait que le copier, quoiqu'ils ai^nt oublié d'en avertir le lecteur. Brunet a laissé en outre : Elcmenta theologiœ ad omnium scholarum catholicarum usum, ordine novo aptatœ, Rome, 181)4, 5 vol. in-4° : on y trouve un précis du Parallèle des religions; Traité des devoirs des pénitents et des confesseurs, Metz, 1788 ; Du zèle de la foi dans les femmes et des heureux effets qu'il peut produire dans l'Eglise, in-12, qui a été tr luit en italien ; Lettre sur la manière d'étudier la théologie.
BRUiMNliS ( Chrétien), thé.logien protestant, né à Brème en 1702, professa la théologie à Heidelberg, et mourut dans cette ville en 1763. b.es principaux ouvrages sont : Compendium antiqnitulnm grœcarum c profanis sacrarum, Franclort-sur-Ie-Mein, 1734, iu-8°, réiiu[)r.njéen 1745 et en 1739; Compendinm antiquitatum hebraicarum, 1763 ; Observationes practicœ générales ad orat. dominic, circa ejus auclorem, scopum, materiam, formam et usum, Heidelberg, 1752 ; Primœ iincœ studii homiletici, Francfort, 1744, in-8°. — Son tils Ciodcfroi-Chrétien, né à Creutznach, en 17i7, mort en 1^93, fut un prédicateur estimé de ses coreligionnaires. On a de lui des Sermons, Francfort, 1770, in-8", 1 1 des Principes dliomilélique, en allemand, Manh'dm, 1776, in-8°.
BRÎiNO ou BiiuNON, dit le Grand, archevêque de Cologne et duc de Lorraine, était le 3' lils de l'empereur Henri l'Oiseleur, et fère d'Otlion, qui l'appela à la cour. Il y cultiva la vertu et les lettres, se nourrissant des auteurs anciens et conversant avec les savants de son temps. Après la mort de Viclled, archevêque de Cologne, le clergé et le peuple n'eurent qu'une voix pour proclamer Bruno son successeur. Othon, ayant été obligé de poiîer la guerre eu Italie, laissa à son frère le soin de l'Allemagne. 11 avait montré les vertus d'unévèque à Cologne ; il lit éclater celles d'un prince à la cour impériale, et réfuta par une éclaiante [;reuve de faits, l'impoluique système qui prétend exclure le sacerioce du gouveruenient des peu[)les. Où se trouveia la jusiiie, la pi udeiice, la fermeté.
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ces grandes bases de l'adminisfration publique, plutôt que dans un minisire des autels, zélé, instruit, désintéressé? Il mourut en it65.
BRUNO (saint), évoque et apôtre de la Prusse, où il fut martyrisé le 14 février 1008.
BRUNO (saint), naquit à Cologne vers 1060, et selon quelques-uns, vers 1033, de paren!s nobles et vertueux. Après avoir fait avec succès ses premières études à Paris, et avoir brillé dans son cours de philosophie et de théologie, il fut chanoine à Cologne, et ensuite à Reims. Il fut nommé chancelier et maître des grandes études de cette église, mais il se vit obligé d'en sortir, sous l'archevêque Manassès qui la gouvernait en tyran. Il jirit dès lors la résolution de quitter le monde, pour se rf^tirer dans la solitude. Ce qu'on a raconté de la résurrection d'un chanoine de Paris, qui annonça sa réprobation, passe aujourd'hui pour un fait au moins trèsdouteux. Urbain Vlil l'a fait retrancher du l)réviaire romain (>o(/. Diocre). La première solitude que le chanoine de Reims h.ihita, fut Saisse-Fontaine, dans le diocèse de Langres. 11 passa de là h Grenoble, l'an 108i, et alla habiter dans le désert de la Chartreuse. Hugues, évoque de Grenoble, défendit peu de temps après aux femmes, aux chasseurs et aux bergers d'en aiiprocher. Des rochers pres(jue inaccessibles, et entourés de précipices alfreux furent le berceau de l'ordre des chartreux. « Il n'y a rien, dit un poète phi- « losophe, qui soit plus propre que l'aspect « de ce désert à exaller l'Ame et à l'occuper « fortement. Le spectacle terrible et d'une « beauté sombre qui se jirésente partout, con- « vaincrait l'athée de l'existence d'un Etre su- « prème ; il sullirait de le conduire en ce lieu et « de lui dire :/{c^arrfe. Saint Bruno quia choisi « ce lieu pour sa demeure, devait être un « homme d'un génie peu ordinaire; et peut- « être n'aurais-je pu me défendre de me r;m- « ger au nombre de ses disciples, si j'étais né « dans son temps. » Voici le tableau que Pierre le Vénérable traçait de leur genre de vie, cinquante ans après leur établissement: « Us sont les plus pauvres de tous les moi- « nés; la vue seule de leur extérieur effraye. « Ils portent un rude ciliée, aflligent leur « chair par des jeûnes presque continuels, et « ne mangent que du pain de son, en ma- « ladie comme en santé. Ils ne connaissent « point l'usage de la viande, et ne mangent « de poisson que quand on leur en donne. « Les oimanches et les jeuibs, ils vivent « d'ii'ufs et de liomages : des herbes bouillies « font leur nourriture les mardis et les sa- « raeJis; les autres jours de la semaine, ils « vivent de pain et d'eau. Us ne font i)ar jour « qu'un seul repas, excepté dans les octaves « de Noèl, de l'Epiphanie, de PAques, de la « Pentecôte et de quelques autres fêtes. La o pi'ièrc, la lecture et le travail des mains qui a consiste principalement il coijier des livres, 0 sont leur occui)ation ordinaire. Us récitent 0 les petites heures ili; Inllice divin dans « leurs cellules, lorsqu'ils entendent sonner « la cloche ; mais ils s'assemblent à l'église « Dour chanter vôjjresel matines; ils disent
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« la messe les dimanches et les fêtes. » L'instituteur ne fit point de règle j)articu]ière pour ses discijjles : ils suivirent celle de saint j Benoît, et l'accommodèrent à leur genre de ' vie. Urbain II, disciple de Bruno ii l'école de Reims, le contraignit, six ans après, de se rendre h Rome, pour l'aider de ses conseils et de ses lumières. Le saint solitaire déplacé dans cette cour et étourdi parle tumulte des coui'tisans, se retirti dans un déseitde la Calabre. Il y finit saintement ses jours en 1101, dans le monastère qu'il avait fondé. Il fut canonisé l'an 151't. Le Père de Tracy, théatin, adonné sa Vie en français, Paris, 1786, in-12. On a de lui deux Lettres écrites de Calabre, l'une à Raoul le Verd, et l'autre à ses religieux de la Grande-Chartreuse; elles ont été imprimées avec les Commentaires et les Traités qu'on lui attribue, à Cologne, 1640, 3 tomes en 1 vol. in-fol. II n'y a point de doute qu'outre les deux lettres, il ne soit encore l'auteur des Commentaires sur le Psau-^ lier, et sur les Epîtres de saint Paul, qu'on a voulu mal à propos lui contester. Il y paraît tel que l'ont dépeint ceux qui le connaissaient le mieux, l'homme le plus savant de son siècle, et de la plupart des siècles qui le suivirent. On voit qu'il entendait le grec et l'hébreu, qu'il était fort versé dans la lecture des Pères, et surtout de saint Ambroise et de saint Augustin. « Ouiconqiie se donnera la « i^eine de lire ce Commentaire avec une mé- « diocre attention, dit l'auteur deTHist. litt. « de la France, conviendra f[u"il serait difli- « cile de trouver un écrit de ce genre qui « soit tout h la fois plus solide, plus lumi- « lieux, plus concis et plus clair. S'il eût été « plus connu, on en aurait fait plus d'usage: « on l'aurait regardé comme un ouvrage « très-propre à donner une juste intelligence « des Psaumes. On y reconnaît un auteur « instruit de foules les sciences, et rempli do « l'esprit de Dieu. Il serait à souhaiter que « ce Commentaire iùi entre les mains de tous « lesfidèhs, et particulièrement des person- « nés consacrées à la prière publique. » Nous avons encore de saint Bruno une A'/ej/i'e en quatorze vers sur le mépris du monde. On l'a fait imprimer dans divers recueils et on l'a fait graver au bas d'un tableau de ce saint qui est dans le chœur des chartreux de Dijon. Les autres ouvrages qui lui sont attribués sont de saint Brunon, évêque de Segni ou de saint Brunon, cvê(pie de Wurl/.bourg, lesquels llorissaieiit dans le même siècle. Le plus beau de ses ouvrages est la fondation de son ordre. On le voit, après sept siècles, dit Eeller, tel, aux richesses près, (]ue du temps de son fondateur, persévérant dans l'amour de la |irière, du travail et de la solitude. « Voilh donc v.n ordre religieux, dit « un critique, qui dei)uis sejit cenisansper- « sévère dans la ferveur de sa première ins- « titution, )ireuve ass'/ convaincfinte de la « sagesse et de la >aiiileté de la règle (^u'il « observe. C'est donc ;i tort (pie les censeurs « de la vie monaslique ont répété cent fois « que la perfection h laipielle aspirent les ro- « ligieux est incompaliblo avec la faiblesse
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« humaine; que leurs fondateurs ont élédes « enthousiastes imprudents, et que la vie du « cloiire est un suicide lent et volontaire. » Lorsque l'empereur Joseph II entreprit de détruire la religion catholique dans ses états, il crut nécessaii e de commencer par l'abolition des chartreux, persuadé que le spectacle de leur austère régularité contrasterait d'une manière trO[i frappante avec l'etlet de ses prétendues réformes. Il savait aussi que les chartreux s'étaient distingués par leur courage durant les ravages des sectaires des xvr et xvn' siècles ; qu'ils avaient résisté surtout à la cruelle Elisabeth, et préféré la mort à l'apostasie.
BRUNO ou BRUNON DE SIGNY ou SEGNI ou D'ASTI ( sa:nt], appelé Bruno Astmsis, parce qu'd était de Soléri i, au diocèse d'Asti; il se distingua au concile de Rome en 1079, contre Bérenger. Grégoire Ml le tit ensuite évèque de Segni ; ce qui lui tit donner le surnom àe Brunon S/gnew^îs; mais quelque temps ajirès il quitta son peuple pour se retirer au monastère du Mont-Cassin, dont il fut abhé.Ses ouailles l'ayant vivement redemandé, il revint pour èti-e de nouveau leur pasteur par l'ordre du pape II mourut en 1125. Ses ouvrages ont été publiés à Venise en 1631, 2 vol. in-fol., par dom À.aure Marchesius, moine et doyen du Mont-Cassin.
On trouve dcins ce recueil des sermons qui ont été quelquefois attribués au saint fondateur des chartreux. Aiuratori prouve que le Commentaire sur le livre des Cantii|ues, commeni^ant par ces mots : Saiomon inspiratus, etc., qui est parmi les Œuvres de saint Thomas d'Aquin, a pour auteur saint Brunon de Segni. Plusieurs de ses ouvrages ont paru sous le nom du fondateur des Chaitreux.
BRUNO D'AFFRINGUES, chartreux, né en 1550, à Saint-Omer, était très-versé dans les langues et dans l'Iiisloiie ecclésiastique. D'abord chanoine de l'église de Carpentras, il pritlhabit de chartreux, en 1591, fut nommé deux ans après prieur de lacha.treuse d'Avignon, et devmt général de son ordre en IbOO. Il reçut la visite de Henri IV dans sa retraite, et mourut en 1032, laissant un Pan^gyrirjw de Grégoire XJU.
BRUNON, évèque i.e Wurtzbourg, dit Herbipolensis, oncle [laternel de l'empereur Conrad II, était tils de G ;nrad, duc de Carinthie. Il na put en Saxe, et fui élevé à l'épiscopat en 1033. Ce prélat, recommandable par sa science et par sa vertu, fut écrasé, le 17 mai 1043, sous les rtdnes de sa salle à manger. On a de lui, dans la Bibliothèque des Pères, des Commentaires sur le Pentateuque, où il iait usag.- des obèles et des astérisques, à la manié e d'Origèue, pour marquer les diU'érencrs du texte hébreu et des Septante d avec l'ancienne Vulgate ; d'autres Commentaires sur le Psautier et sur le^ cantiques de l'Ancien et du Nouveau Testament; des traites de piété mis quelquefois sous le nom de saint Brui.o, des explications du Symbole des Apàlrcs, et de celui de saint Alhauase, Cologne, V4\)k.
DicT. DE Biographie relig. I.
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BRUNUSou BRUNN (Conrad), chanoine dAugsbourg, était du bourg de Kirchen, d.sns le duché de Wirtemherg. H s'acquit beaucoup de réputation par la connaissance qu'il avait du droit, et parut avec éclat aux diètes d'Augsboiirg, de Woims, de Spire et de Ratisbonne. Il mourut en 1563. On a de lui : De Eœreticis in génère, etc., 1349, in-f»- De Legationibus, de Cœremoniis, de Jmaginibus, 13i8, in-lol. ; une réfutation de l Histoire ecclésiastique, publiée par Mathias Illyricus, et les autres centuriateurs de Magdebourg.
BRUNUS (JoRDANCs), appelé dans son pays Giordano Bruno, né à Noie, dans le royaume de Naples, vers le milieu du xvi" siècle, l\.t d'abord dominicain ; mais il se retira à Genève, et y apostasia. Il se brouilla bientôt avec Calvin etavecBeze, et fut obligé de quitter ce séjour. Il se n ndit à Lyon, puis à Toulouse, ensuite à Paris vers 1582. Pour se procurer les moyens d'v subsister, il se mit à donner des leçons de'philosophie en qualité de professeur extraordinaire, et publia des thèses où il attaquait d'anciennes opinions, et en même temp.s des vérités importantes. Brunus souleva contre lui tous les professeurs de l'université, dont les plaintes l'oi.iigèient de s'eniuir à Londres. Ce lut là que, sousia protection deiMichel de Castelnau, ambassadeur de France auprès de la reine Elisabeth, et de Philippe Sidney. gentilhomme anglais, il publia son livie f;jmeux, intitulé : Spaccio délia bestia trionfante, Parigi, 1584, in-8'' : la Déroute ou l' Expulsion de la bêle triomphante. Toutes les rel gions sont fausses suivant cet impie : les vérités de celles des juifs et des chrétiens sont sur le même rang que les fables des païens et des idolâtres. C est à la loi naturelle à régler les notions du vice et de la vertu; mais qui ne sait qu'on fait de la uiiture et eie la raison tout ce que l'on veut, lor.-que ces éternelles pupilles ne sont pas sous la tutelle de ia religion ? Le symbole de Brunus est en 48 articles, dont chacun a rapport à quelque constellation céieste. L'ext.avagance de son imag nation égalait celle de sa log que. A la suite de la Déroute de labétetriomphante, ou trouve un pi tit tiaité int luIé : la Cena délie Ceneri, le Souper du jour des Cendres. 11 prétend qu'il y a une muhitude de mondes semblables à celui que nous habitons. Ces mondes sont des animaux intell ctuels,a\ec dès individus végétatifo et raisonnables. Pour avoir une suite complètedesiraitésdu môme auteur, il faut y .oindre : Delta causa, principio euno, Venise, 13.-'4, \n-S°; Dell' in/inito universo, ib., lo84, j«-8° ; De gli eroiel furori; Cabala del caiallo Pegaseo, con l'Asino Cillenico, 13c3, in-8°, petit format de 48 feuillets. Ce traité est si rare que ceux qui ont parlé le | lus savamment des ouvrages de Brunus se sont bornés à eu rapporter le titr.', parce qu'ils ne lavaie.t pas vu. Il est composé d'u..e Epît:e dédicatoire, d'une déclauiafion rempLe d'ind cence sur l'âne et surl'Anesse, de t ois Dialogues, et de l'Asino Cillenico. Brunus y développe les idées ré-
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' pandues dans ses autres ouvrages. Après quelques années de séjour à Londres, il passa à Witleiiberg en Allema.mc, embrassa le luthéraiiisrae, et obtint la permission d'enseigner publiquement. Il s'en Si-rvit pour publier ses paradoxes philosophiques avec la môme liberté qu'il ava-t fait en France, et s'y suscita les mêmes ennemis. Obligé de quitter Wittenberg au bout de d-ux ans, il parcourut encore diverses contrées d'Alleai .gne, jusqu'à ce qu'ayant succombé à la tentation d'aller do;,^matiser dans sa patrie, il y tomha entre les mains de l'inquisition. Elle délivra le pays des commotions qu'il aurait pu exciter, en le livrant au bras séculier, qui le fît mourir à Rome en 1600. Presque tous les ouvrages de Giordano Bruno sont, à quelques trai's de lumièrep; es, pleins d'obscurités et d'allégories énigmatiques. C'était un vrai enthousi ste qui, sous des images exaltées et gigantesques, disait les choses les plus inintelligibles et souvent les plus ineptes. Il est encore auteur d'une corné lie intitulée : Jl Canddnio, Paris, 1382, in-8°. En ;633, un anonyme fit imprimer à Paris, in-S°, Boniface et le Pédrtnt, c :médie imitée de la préc dente. Le P. Nicéron a donné la liste de ses ouvrages.
BRUSCH ou lîRÙSCHIUS (GASPAnn), naquit à Egra en 1518. Ferdinand d'Autriche, roi des Romains, l'honora en 1332 de la couronne poétique et de la dignité de coiute palatin. S'étant tixé à Passau, pour mettre la dernière main à sa Chronique d'Allemagne, il y fut tué l'un coup de fusil h l'entrée dun bois, en 155), par des gentilshommes, contre lesquels il avait menacé, dii-on, de faire des satires. On a de lui : YHisloire des évâchés et des évéques de toute l' Allemagne, Nuremberg, 15W, in-8% en latin; celle des principaux Monastères du même pays, Ingolstadt, 1331, in-fol., < n laiin ; Sul xbach, 15S2, in-ii-° ; un recueil de jPo<?.</(>s latines; De Laureaco, Bile, 1553, in-8° : c'est l'histoire de la ville de Lorch, autrefois archiépiscopale, aujourd'hui presque ruinée.
BRUSSEL ( Pierre van ), jésuite, né en 1612, h Bois-le-Duc, mort le 7 mai iiitik à Hildesheim, professa successivement les humanités, la philosophie et la rhétorique, et s'appliqua à l'œuvre des missions uaiis le duché de Beig. On a de lui un ouvrage aliéna uil, intitule : La résurrection spirituelle, ou Défense d'un docteur en médecine nouvellement conifrti, contre le consistoire de Duisbour(/, Goluoiic, loOi, iii-y°.
BiÙrrÉ ( JiiA\ ), né à Paris le 9 avril 1609, prit le ijonnet «le docteur en 8orl>omie, et obtint la cure de Saiiit-Bcn'.it h Paris, qu'il rem lit de la maiiièie li plus honijr>dile. 11 mourut le 1" juin 1762, laissant: l.ettred'un curé de Paris sur les vertus de Jean IScssard, paysan de Stains, pi-cs de Snint-Denis, 175."1, \i\-ii\ Chninolngie historique des curés de Saint-Benoît, depuis l\S\ jusqu'en 1752, Paris, lT32,in-12; l'araphnnes des psaumes et cantiques uni se chantent à Saint-Benoit, 1732, in-12; Discours sur 1rs niariof/ts, à l'occasion de la naissance du duc de Bourgogne ( frère
aîné de Louis XVI, mort on 1761), 1761,
in-'*° ; Lettre sur la suppression des bancs dans les paroisses, 1732, in-i°.
BRUTE DE LOIRELLE ( l'abbé ), mort le 21 mai 1783, est l'auteur d'un poémc enquatre chants, intitulé : L'héroïsme de l'amitié, David et Jonathas, 1776, in-12, qui fait l'éloge de son cœur autant que de son esprit. Ce poëme est suivi de quelques pièces eu verset en prose; entre les premières, il y a des odes sur les sept sacrements, qui méritent une attention |)articulière de la part de ceux qui savent estimer l'alliance de lai)iété et de l'esprit; les grices de la poésie employées à célébrer ces sources de richesses communes à tous les hdèles et à montrer combien Dieu, dans la fondation de la religion, s'est occupé du salut général du peu|)Je, ont quelque chose de piquai. t qui contraste heureusement avec la simjjlicité du langage que .résente 'a Joctrine des sacrements. Sou Epître à un esprit fort, sur les écrits contre la religion, est lrès-remarqua!ile. Dans ces dive s ouvrages, l'auteur a un grand fonds de raison et de sagesse, de la clarté, de l'oiv dre, du ^oilt ; il parait mani[uer quel({Urfois de feu et d'im.igination, mais il y supplée )>arle langage du sentiment et le prix inestimable de la venté.
BRUTE iSiîuo\-GABRiEL), évoque de A'^incennes, né à Rennes le 20 mars 17.'9, était fils d un directeur des domaines en Bretagne, qui mourut en 1786. Sa mère, qai tenait une imprimerie et une libraiiie, lui lit donner une éducation soignée. Le jeune Brute se destina d'abord à l'Ecole polytechnique , puis à la médecine, et il fut même reçu docteur en médecine en 1803. Sur 120.) jeunes gens, les professeuis lui déi'ernèi enl unanimement le premier rang. Cependant le jeune homme, qui avait su résistt-r à toutes les séductions de l'époque, sentait se dévelooper en lui ses goûts de piété, et il se décida à embrasser l'état ecclésiastique. Entré cette même année, 1803, au séminaire <:e S.iinl- Sulpice, il fut ordonné prêtre le 11 juin 1808. Il fut alo s nommé professeur do théologie au séminair.' de Rennes, et il o. cupa celte chaire jusqu'en 1810, épo ]ue où il j'arlit pour l'Amériqiie avec .M. Flaget, nommé récemment évèque deBardsIown. Dejiuis son arrivée aux Etats-Unis il remplit diverses fonctions dans les maisons dirigées par les prêtres de Sainl-Sulpite , jusqu'en I83i , époque de sa nomintlion • I éveciié de \ lucennes. D ins ce jiays, d('poui vi de prêtres et dénué de toutes ressources , loni était à faire ; le i. ou veau prélai, fort de .sa coulianco en la l'rovidence, levint en Kuiupe, visita Paris cl Rennes, V.enne, Municu, Rome, et sut partout exciter la chai;té en laveur de l'église (]Ui lui était conliéi!. Il eul la salisfnclion de voir un ceilain nombre d'ecclésiasliques s'associer à son dévouement. Dieu bénit viNiliiement ses cll'o Is. et le nomh.-o des églises ilu vaste lerritmre do i'InUiana qui n'était d'abord que :J o ' 3. s'éleva à 23, jilus 28 stations. Un si-minaire, un collège, un pensionnai déjeunes pursounus, et daux
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institutions de charité furent créés. Mgr Brute ne regardait |>as l'établissement de la religion dans son diocèse comme important pom- le p.iys seulement, il croyait que cet établissement aurait une grande intluence sur l'avenir de la reli^i'in dans l'ouest. Il voyait la foi se réfiandre de là dans les pays les plus éloignés. C'est au milieu de ces œuvres si fructueuses, et de ces préoccupations saintes qu'une consomption pulmonaire l'enleva le 26 juin 1839. L'avant -veille de sa mort, il avait encore écrit à son grandvicaire, qu'il avait envoyé en Europe pour se procurer de nouveaux missionnaires, et qu'il avait demandé pour coadjuteur.
Bl^UYÈKE (Jean pe La). Quoi(|ue l'auteur des Caractères se soit rendu célèbre (iresque exclusivement comme littérateur et comme moralis'e, cependant nous avons cru devoir lui réserver une place, à cau^e d'un ouvrage sur 1 ■ quiétisme. Jean de La Bruyère na |uit en 16i4, dans un village près de Douidan (Ile de France). Il l'ut d'abord trésorier de France à Caen, et ensuite placé en qualité d'homme de lettres, par le g. and Bossuet, auprès du ducdc Bonrg(j,4ne, pour lui enseigner l'histoire, avec mille écus de pension. L'académie française lui ouvrit ses jiortes en 1693. Trois ans après, en Idôd, une apoplexie d'un quart-. l'heure l'emjiorta h l'âge de 32 ans. C'était un philoso{)he ing'mieux, ennemi de l'ambition, content de cultiver eu paix ses amis et ses livres, faisant un bon choix des uns et des autres, ne clierchant ni ne fuyant le plaisir, touji»urs disposé à une joie modesie, habile h la faire naîire, poli dans ses manières, sage dans ses discoiirs, évitant toute sorte d'atl'ectalion, même celle de montrer île l'esprit. On a de La Bruyère : Les Caractères de Théophraste, traduits du (jrec, avec les Caractères ou les mœurs de ce siècle, Paris, 1687, in-12 : il y a eu des augmentations considérables dans les éditions suivanti'S. « Les elforts qu'on a faits pour imiter ces Caractères, dit un judicieux critique , n'ont servi qu'à prouver codibien ils sont inimitab'es. Avant de s'attacher .iu genre, il fallait être loiié, comme lui, de ce cou.i d'usil |)erçant qui pénétrait dans les plus proibnds replis du cœur, de cetie vigoureuse subtilité qui en saisissait les mouvements dans leur source, de cette énergie su[)érieure qui les a si profondément tracés, de ce génie enliu qui ne saurait être que le résultat de la fjrce des idées, rtde la chalejr du sentiment... Que prouve cette difiiculté d'imiter les bons moilèh's, sinon que les talents dégénèrent parmi nous, ou qu'on ne les cultive et ne les nouriit pas assez, avant de les appliquer à des sujets qui les surpassent ? » D. Argonne, charti-eux estimable par ses conn-dssances et ses vertus, en lit une critique sévère ; il crut y voir des satirtis | ersonn lies condamnées par leô règles de la charité chrétienne. Mais les lecteurs moins austères ne virent dans les peintures de La Bruyère que les originaux de tous les pays. « Quand même, dit un auteur estimé, il y aurait quelques re-
proches à faire au nouveau Théophraste, ils seront toujours de la nature de ceux qu'on oubli ■ eu faveur de la justesse et de la solidité des réflexions, de la noblesse et de l'énergie du style, et de la vérité des maximes qui s'y piésenlent à chaque page. Que la liltéra ure n'otfre-t-elle jamais que de p ireils sujets d'indulgence! » Dialogues posthumes du sieur de La Bruyère sur le quiétisme, continués ft donnés au public par Louis Ellies Dupin, Paris, 1699, in-12. L'auteur avait enti épris cet ouvrage pour donner à Bossuet un témoignage à la fois de son admiration et de sa reconnaissance; mais le bel éloge que dans son discours de réception il a fait de Fénélo.i, qu'il signalait en quelque sorte h radrairat;on de la Fiance, montre qu'il avait ap irécié le génie du sublime rival de l'évèquedo Meaux. Nous ne devons pas oublier de mentionner le chapitre du livre des Caractères, sur les es rils forts, qui est écrit avee beaucoup de vigueur. lia été reproduit dans le tome IV de la collection des Démonstrations évangéiiqves, publiée en 18 vol. in-4." par M. l'abbé Aligne.
BRUYS (Pierre de), hérésiari}ue du xii" siècle, prôclia d'abord ses erreurs dans le Dauphiné sa patiie, et se répandit ensuite dans la Provence et dans le Languedoc. 11 rebaptisait les peu|>les, maltraitait les |)rôtres, emprisonnait les moines, protan it les églises, renversait les autels, brt'ilait les croix. 11 ne voulait admettre aucun de ces monuments de notre religion. Les citholiqties de Saint-Gdles, outrés de ses excès, autant que scandalisés de s s erreurs, le brûlèrent dans leur v lie en lli7. Il soutenait que le baptême était inutile avant l'i'.ge de iHiberté, que le sacritice (le la messe n'ét nt rien, que les prières pour les morts valaient encore moins, etc. Ses disciples furi'Ut apiielés de son nom, Pétrobrusiens. Fier e le Vénérable a réfuté ses erreurs.
BllUYS (François), né à Serrières dans le Maçonnais, en 1708, quitta son pays pour aller cultiver les lettres à Genève, et passa de li;i à La Haye, où il se lit calviniste. Obligé de sortir di- Ho'lande il sa retira en Allemagne, d'oii il revint en France. 11 y lit son abjuration, et mourut quelque temps après, en 1738, à Dijon, oii il suivit le barreau. On a de lui : Critique désintéressée des journaux littéraires, 3 voi. in-12. Cette critique désintéressée est très-partale. Le sty.e est celui d'un réfugié, qui n'a pas eu le temps de se former en France ; Histoire des papes depuis saint Pierre jusqu'à Benoit XIII inclusivement, La Haye, 5 vol. iu-i% 1732 : ouvrage dicté p;ir la faim, plein de satires si grossières, que les protestants eux-mêmes n'ont pu le souffrir; Mémoires historiques, critiques et littéraires, 2 vol. in-12, où Ion trouve beaucoup d'anecdotes sur le caractère et les ouvrages des savants q 'il avait connus dans ses diiférentes courses ; elles sont mêlées dans le récit de ses aventures. Les six derniers vol. du rrtCîfcd'AmelotdelaHoussaie:
ils ne valent pas les quatre premiers ; mais cette traduction et les notes oiit servi à per