‹ Dictionnaire de biographie chrétienne (volume 2)Chapitre 147 sur 228 · CS · texte numérisé non relu

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obtint la jjpotection de Léon X. Trois seiileiDont de ses Discours ont été imprimés : le Panégyrique de saint Thomas, en 1498; VOraison funèbre de Guillaume Pérério (premier auditeur des causes aposloliques), en 1500, et eelledU cardinal Douiin.de [,a Rovère; en iSÔl. En outre on puijiia à Parme en 1733 iMj Dialogue latin très-remarquahle, intitulé Léo, qui contient l'élo^^e de Léon X et dos princes de la maison de Médicis, avec une Vie de l'auteur, quelques-unes de ses lettres et des notes savantes.

BUANDT (Géraud), théologien protestant, né à Amsterdam en 16-2G, l'ut successivement ministre à Nieukoop,à Hoorn et à Amsterdam. Il mourut à Roterdam le 11 octobre 1685. Ses I rincijjaux ouvrages sont : Histoire de la réformation des Pays-Bas, k vol. in-V", en flamand ; le premier vol. i arut à Amsterdam eu 1()71 ; le second en 1674- ; les deux autres ne virent le jour qu'après la mort de l'auteur, Roterdam, 1704. Richard Cumberland, évoque de Péterborougli, la tradu sit en anglais, Londres, 17i0-1723, 3 vol. in-fol. Elle est abrégée en français en 3 vol, in-12, 1730. Cette histoire fut vivement attaqi ée par Henri Ruieus , ministre d'Amsterdam. Le grand pensionnaire Fagel dit un jour à l'évèque Burnet , que cette Histoire méritait qu'on apjirit le flamand; mais peu de personnes voudront profiter de ce conseil. On y trouve des déclamations violentes , écrites contre les Espagnols, l'apologie de la révolte, et t 'US les friuts de l'esprit do secte. La Vie de l'amiral Riii/lrr, trad. en frnç. par Aubin, Amsterdam, 16'J8, in-lol. ; Histoire de Barneveldt, Rolei-dam , 1723, in-4°, en hollandais; un Journal , où il a marqué les .dates de la naissance et de la mort des héros , des savants et des artistes, Amsterdam, 1G80, 111-4°; Des Poèmes publiés par Borremaiis, Hoterdam, 1049, in-8°. On a encore quel- .({ues écrits de Brandt en faveur des Remontrants. Il laissa deux flls, (jas|iard et Gérard, qui, (•omme leur père, cultivèrent les lettres, et publièrent plusieurs ouvrages.

RRASCHl (JEA^-RAPT^STE), né à Césène en 160» , fut évèque de Sarsina et archevêque titulaire de Nisibe. Ses fonctions ne l'euijjèchèrent pas de s'occuper utleiiu;i!t des anti- (luiti's de son pays. On a de lui : Riialio status Kcclesiœ Snrsinatis , Rome, 1704, in-4''; JJe tribus statuis in romano Capitoiio crulis anno 1710 , crphrasis iconograpldca, Rome, 172'i, in-4 ; De fimilia Crsfnnia untit/uissimœ inf:rriplini)es. Home, 1731. 111-4°; Devvro Hnbicouc liber, siu Rubico (!<escnas, Rom ■, 1733, in-4"; Mcmoriœ Cœsenatcs sacrw et profana', Rome, 173S, ii'-4". Brasi^hi mourut en 1727.

liKASSi::UU (l'iiiLii'i'EJ, prêtre et historien nionasti |ue, naquit à Moi is vers lo!)7et mourut veis KioO, ajirès .s'être constammenl livré au double ministère d<; la prédication et delà confession. La poésie* latine aiipliquéo spécialement aux anti(juitc-s religieuses du Hainaut, occupa tousses loisirs, et il n'épargnait ni frais ni courses, pour se nrocuier les dociimi'nts qui devaiont enrichir sa colleclioii iacro-liistorique. Il laissa un grand nombre

d'ouvrages consistant pour la plupart eu brochures peu importantes et en vers sur des légendes ou des miracles. En voici les plus remarquables : Sydera illustrium Hannonice scriptorum, Mons. 1637, in-12, où il serait à déîiirer qu'il y eût plus de critique ; Aquila S. Guiskno ad Ursigundum prœvia , seu ejusdem Vita, miracula et inagnalia : subjerta uliquot ejus ecclesi r sanctorum panegyris, Moijs, Î644, in-12; Cerrus S. Humberti, episcopi et primi abbatis Maricolensis , \\ elegifs ador— natus, Mons, 1638, in-12; Par sanctorutm martyrum, hoc est SS. Marcellinus et Petrus,. Jlasnonicnsis ccclesiip patroni,'2' édit., Mons,. 1643, in-12; Diva virgo Camberonensis, ejus deinquc cœnobii sancti quidam, reliquiœ plu— rimw, abbatcs omnes, variique magnâtes in eo sepulti , Mons, 16.39, in-12; Par sanctorum^ prœsulum, id est, S. Foillanus, episcopus et martyr , item S. Siardus , abbas , pr<rmissa origine monasterii ejusdem S. Foillani apud Rhodium, Mons, 1641, in-12; Dionysiam monasterii sacrarium , seu ejusdem sacrœ antiquilatcs , versibus illustratœ , Mons, 1641, in-12 ; HiUorinle spéculum ecclesirp et înonastcrii S. Joannis Valencenûnsis, Mons, 1642, in-î2; Panegyris sanctorum Hannoniœ, Mons, 1G44, in-12; Origines omnium Hannoniœ cœnobiorum octo libris breriter digestœ. Pertinenter subnectitur auctariam de collegiati^ ejusdem prorinciw ecclcsiis , majoris operis primitias edebat, MoiiS, 1650, in-12, de 481 pages. Cet ouvrage, rédigé en prose, faisait partie d'une compilation plus étendue, intitulée Hannonia cœnobitica , que l'auteur se proposait de jiublier lorsque la lin des troubles de son époque et des maux de la guerre le lui permettrait. On en trouve le plan dans la ]iréface de ce dernier ouvrage ; elle aurait présenté un grand nombre de bulles et do diplômes, avec des notices sur des écrivains monastiques.

BRAULION ou BRAULE (saint), évêque de Saragosse , aida beaucoup saint Isidore de S -ville à élal)lir une exacte discipline dan* l'église d'Esjiagne. Cette église a toujiuirs reconnu que le zèle, la science et les travaux de ce saint pasteur lui avaient été inliniment utiles. Il mourut en 646, d.ins la 20 annéo de son épiscopat. On a de lui deux lettres à saint Isid ire ; un éloge de ce même saint, avec le catalogue de ses ouvrages ; une hymme en vers ïambes, en l'honneur de Si EmUien, avec la T'icdece serviteur de Dieu, publii'-e à Madrid, 1532, in-4". André Schott a publié, avec des notes : B. Isidori de claris Hisnuniœ scriptoribus cumappendiribus Rrautionis, Tolède, 1592, in-ful.; Saragosse. 1619, ni-4°. On lui altriliue une conlinuation d'une chronique de Dexier, imprimée à .Madn I. ICSI, in fol.; mais cetti' chronique, île même que la conlinualion, sont des ouvrages supposés.

BUATLI' (Cil mues), archevêque d'Albi. né h Poitiers le 14 août 1752, mort h Allii le 25 février 1833 , était , avant la révolution , archidiacre el ^rand-vicaire de Poitiers, et avait ensi'igné la tlié.dogie ilans l'universilé ilo cette ville. Ilémigra en l'iéinonl, lit une éducation pour subsister, fut promu, en 1802, au

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siège de Bayeux, et remplit les fonctions de promoteur au concile de 1811. En 1817, il fut nommé à l'arc'ievèihé d'Albi, dont il ne i rit possession qu'en 1823. Nommé jjair de France en 1827, il ce-sa de siéger à la Ciiamljre en 1830. Il avait été fait , sous l'empire , baron et chevalier de la Légion-d'Honneur. Ce prélat , aussi pieux qu'éclairé , avait obtenu à Bayeux les réUactations de plusi urs prêtres constitutionnels, et, après la restauration, il fut un des premiers évoques qui rétablirent les retraites ecclésiastiques. Il fo-ma des séminaires dans son diocèse d'Alb , où tout était à organiser, et publia , le H octobre 1823, une remarquable' Ordonnance sur divers |)oinls de discipline et d'admi.iistration. Ce prélat a laissé des Mandements et des Lettres pastorales éciitsavec beaucou id'ouction.

BRAUN (George), archidiacre d' Dortmund €t doyen de Notre-Dame in gradibus à Cologne , florissait dans le xvi' sièc'e, et mourut le 10 mars 1022. Il est principtlement connu par son Thcatrum iirbiiini prcecipuarum mundi , en plusieurs volumes ii:-i'olio. On a enciire de lui un Traité de controverse contre les luthériens, Cologne, 1603, in-fol., dans lequel il déveloiipe les ruses dont ils se sont servis pour répamlro leur religion. 11 les compare h « un coin , don! la [lartie la « plus délii'e , une fois entrée dans le bois, « sert à introduire les parties plus épaisses. »

BRAUN (Jean). Fo»/. Bracnus.

BRAUN (Placide), savant bénédictin, né le 11 février 1736, à Peitingen, en Bavière, fut bibliothécaire et arciiiviste du chapitre de Saint-Ulric et de Sainte-Afra , à Augsbourg. On a lie lui deux ouvrages qui font connaître les plus anci ms livies et manuscrits du riclie dépôt conlii,' à ses soins : Notitia liistorico-Utteraria de libris ab artis typofjruphiie inventione usque ad annuin 479 inipressis, in bibliotfteca monasterii ad 55. Utricum et Afram Augustœ cxslantibus ; accedunt octo tabulce œneœ scxaginta primorum lypograpltonun alphabeta continentes. Le second est intitulé : Notitia hislorico-litteraria de codicibus mavitscriptis in bibliothcca liberi ac imperialis monasterii ordinis S. BenedictiadSS. Uiricum et Afram Augustœ exstantibus ; in fine hubetur Appendix continens anecdota historico-diplomatica exiisdrm codicibus excerpta. L'importam e de la bibliothèque conliée aux soins de Braun recumuiande suftisamnient ces deux ouvrages aux bibliographes et aux savants. On a encore de Braun les UiVs de saint Lambert et de saint Ulric , évoques d'Augsboiirg, et celle de sainte .\l'ra, martjTe.

BKAUNBOM (Frédéric), protestant d'Allemagne, s'avisa de publier, en 1613, un livre in-i" intitulé : Florum flaminiorum romanensium papalium decas. 11 y tixe chaque période du rè,-ne de 1 Antéchrist, sa naissance, son ailolesience, sa ji'une>se, etc. Il trouve fort linemei.t l'Antéchrist dans le pape , et prouve aJmirableaunt bien que le mon ie devait linir en 1711. L'accomplisseme. t de sa prophétie est une preuve du cas qu'il faut faire de l'esprit qui l'inspirait.

BRAUNIUS (Jean), ministre protestant, né

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à Kaiserslautern dans le Bas-Palatinat , en

1628, fut ministre à Nimègue, professeur de théologie et de langue hébraïque à G; ouingue, où il mourut en 1709. Le livre qui lui a fait une grande réputation, est Vestitus sacerdotiim Hebrœorum , etc., Amsterdam, 1701, 2 vol. in-V, qui n'est qu'une partie d'un plus grand traité qu'il avait dessein de publier sous le titre De sacerdotio Hebrœorum. Il ne traite pas seulement des habi's sacerdotaux, mais aussi dis antiquités hébraïques. M. Huet , dans une lettre qu'il lui écrivit, dit , en parlant de cet ouvrage : Sic habeto tamdiu fore id in pretio, quoad lilleris sacris suus honor, sua dignitas constabunt. Tantum enim ils intulisti lucis hac scriptione, quantum a nullo iltatum est, qui hanc partent illustrare sil aggressus. On a enco.e de lui : Doctrina fœderum, Amsterdam, 1688, in-4°. 11 y traite des alliances de Dieu avec l'homme. C'est un système complet de théologie coccéienne ; La véritable religion des Hollandais, contre Stoup, Amsterdaui, 1673, in-12; Selccta sacra, Amsterdam, 17ii0, in-i" ; Commentarins in epistolam ad Hebrœos, 1703, in-i°, et plusieurs autres écrits apologétiques de ses sentiments théologiques, attaqués par son confrère Jean de 'Jarck. Braunius était très-habile uans la philologie sacrée , dans le rabbinisme, dans les antiquités judaïques , et dans celles de Rome et de la Grèce. Il vante trop l'utilité du ïalmud pour l'intelligeuce de l'Kcrilure. Presque tous ses ouvrages se ressentent des imaujUiations des coccéiens. Voy. CoccÉius.

BREHEUF (Jean de), jésuite, né à Bayeux, en 1393, iut envoyé, l'an 1625, aux missions du Canada, où il convertit à la foi plus de 7,000 habitants. Comme il était chez les Hurons , eiuiemis des iroq ois, ceux-ci, qui étaient en guerre avec eux, le prirrnl avec le P. Lallemant, leur jetèrent de l'eau bouillante sur la tète, en dérision du baptême, les brûlèrent tous deux ensuite à petit feu, l'an 16't9. Leur patience dans ce cruel suppHce toucha le cœur de plusieurs de ces barbares, qui se convertirent. Le P. Brébeuf avait composé un Catéchisme dans la langue des Hurons, que Champlain lit imprimer à la suite de ses Voyages de la Nouvelle-France occidentale , (/(7e Canada , 1632, in-4°.

BRi'lBEUF (GriLLAtME de), neveu du précédent, né à Thorigny , en Liasse Normandie, l'an 1618, cultiva de bonne heure la poésie. Il débuta par une traduction du vu' livre de l'Enéide, en vers burlesques; et quelque tem[)S après il publia une autre version burlescpie du premier livre de la Pharsale de Lucain. Ou trouve dans celle-ci ui;e satire ingénieuse et enjouée contre la vanité de ces grands seigneurs , qui ne peuvent un moment oublier leur grandeur et leurs titres, et contre liliassesse de ces âmes faibles et viles qui les llattent comoie des dieux, cans l'es; ér.mce de parvenir à la fortune. On dit que Brébeuf, dans sa jeunesse, n'avait de goût que pour Horace, et qu'un de ses amis, qui n'aimait que Lucain , le lui flt goûter et l'engagea à le tr,,duire. Sa Pliarsale parut en 1038, in-12; cette traduction fournit d'abord

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nialièro k la louanga et à la critique. Elle eut «également des apologistes trop outrés, et des censeurs trop sévères. Boiloau fut un de ces derniers." Qn ne peut cependant sp dissimuler que , malgré les hyperboles excessives , le style enflé , les antithèses multipliées , les faux brillants, les pensées gigantesques, les descriptions pompeuses, mais peu naturelles, cette traduction ne soit supérieure à beaucoup d'autres de ce genre, par le coloris brillant , la bonne |ioésie , et le génie qui se fait sentir dans ])lusieurs morceaux. Lucain, d'ailleurs, est très-iliflicile à traduire d'une manière intéressante , f)arce qu'il n'a pas pris soin de se rendre intéressant lui-même. Son poème est plutôt une histoire décharnée, parsemée de quelques traits de morale et de philosophie , qu'un véritable poëme. Voilà pourquoi les traductions qu'on en a faites, môme en prose, n'ont pas réussi. «On doit « donc savoir gré à Brébeuf, dit un auteur du « x\'in'= siècle, d'avoir semé dans la sienne « des vers heureux , des pensées sublimes, « des morceaux d'une élégance et d'une préce cision que nos meilleurs poètes ne désa- « voueraient pas, et qu'ils ont mômp imités. « S'il est défectueux en beaucoup d'endroits, « ce n'est que pour s'être trop asservi au de- « voir rigoureux de traducteur; on ne con- « naissait pas, de son temps, les traductions « libres, mises depuis si utilement en usage. » Après la mort de Mazarin, qui lui avait fait de grandes promesses , Bréiieuf se retira à Venoix , près deCaen, et y mourut en 1661, à k3 ans. Les dem'ères annéisdesa vie furent remplies par des exercices de i>iété. Son caractère était doux et modeste. La conversation de ses amis était le seul soulagement des longues maladies dont il fut affligé. Une fièvre opiniUrc le tourmenta plus de vingt années, et c'est dans ses accès qu'il composa sa Pharsali'. On a encore de lui : Lrs entretiens solilaires , in-12; poésies chrétiennes, fort inférieures à ses pi'oductions profanes, mais qui ne sont pas à dédaigner. La piété, la morale , les pensées énergiques qui s'y trouvent , font éprouver au lecteur des sentiments aussi favorables à l'esprit du poëte, qu'à ses bonnes mœurs et à sa religion. Un Recueil (Vœuvres diverses, 2 vol. in-12, où l'on rencontre quelquefois de jolis vers; des Eloges poétiques, etc. , in-12; Défense de l'Eglise romaine, iri-12, 1(171.

HKl^UAHD ((JEoiiGEs), directeur des missions du diocèse d'Amiens et chanoine d'Arras, né à Koidjaix en Flandre, lit ses é.udes avec succès, et fut ()r(i(juné prêtre quel(|ues années avant la révolution. Il était viiaireà Roncq lorsrju'elle éclata, et, en se tenant caché jiendant la lerrcui-, il prodigua ses services à ciux qui les réclamai- nt. Après le concordat, il fut employé dans le diocèse de (land, et il niftnlra autant d'attaciiemenl aux principes ijui-de zèle pour son ministire. .V répO((i!e de la restauration il s'empressa de rentri-n n Fiance, et Mgr de Bondjrlles, évèque d'Amiens, le plia de se charger de la direction des missions de son diocèse. 11 produisit des fruits extraordinaires dans toutes les piuois-

ses qu'il visita. En 182.3 il prêcha le carêmo dans l'église cathéurale d'Arras avec un tel succès, que l'évêque, pour lui en témoigner sa satisfaction, l'admit dans son chapitre. 11 prêcha le carême de l-'année suivaute à Saint- Omer, et n'écout:uit que son zèle, il donnait chaque jour un sermon dans une des paroisses de la ville. EnOn, le 9 avril, quoique indisposé, il voulut monter en chaire, mais il tomba sans connaissance. On le descendit aussitôt, et on n'eut quele temps de lui administrer l'extrême-onction. 11 expira (juelques moments après. Le jour même il s'était confessé, et il avait annoncé à ses amis qu'il ferait bientôt un grand voyage. Cet homme infatigable employait souvent une partiede la nuit à confesser. Chaque année il venait passer quelque temps à Roubaix : il y prêchait souvent, et il assistait à une réunion d'ecclésiastiques qui venaient pour le consulter. On a de lui : Dialogues sur la sanctification des diinan elles, sur le blasphème et sur l'usure, Amiens, 182i, in-18 ; Instructions sur le blasphème en forme de dialogue, Lille, 1823, in-12; Instructions familières en forme dénotes, quidevaient avoir [ilusi- urs volumes. Le tome premier seulement a paru à Lille en 182.3, in-12.

BREDENBACH (Matthias), né à Kersp, vil ■ lage du duché deBerg en 1489, fut principal du collège d'Emmerick, où il lit fleurir les belles-lettres. Il mourut dans cette ville le 5 juin l.*)39, laissant trois fils qui cultivèrent les lettres. Biedenbach le père était versé dans la littérature , bon théologien et savant conlroversiste. On a de lui : De dissidiis Ecclesiwcomponcndis sentent ia,Co\o'^nc,'lo'6'Jf 1358, in-8" ; une apologie de ce livre qui fut attaqué ]iar des luthériens, notamment par H.Pdeus, intitulée : Ilyperaspites pro libro de Dissidiis Ecclcsiœ, Cologne, 13G0,in-8"; Apologia pro accrbilatibus in Lutherum, in libro de Dissidiis Ecclesiœ , Cologne. 1337, in-8° ; Epistolœ ducT de negotio religionis , Cologne, 1367, in-S" ; Introductiuncula in grwcas litteras, Cologne, 133V ; Jn 69 Psalmos priores et in Erangelium sccundum Malthicum Commenlaria, Cologne, 1360, 2 tomes en un vol. in-folio. Ces counnentaires sont écrits d'une manière noble et polie.

BREDENBACH (Ji;an i)E),écrivainallemand du xvi° siècle, natif de Dusseldorf, est auteur d'un poi'inc intitulé : Militia christiana qua docetur qui contra vilin et carncm pugnandum, Dusseldurf, 1360 ; et d'un livre Dearmeniorum rilibus, moribus et erroribus, B;de, 1577, il 1-8°.

BREGY (DR Fi.ECELLES DE^, rcligicusc do Port-Royal, dite la sœurdeSainle-Euslochie, écrivit une Vie de la mère Marie des Anges {SuW'Hu), abbesse de Maubuisson, et cnsuitede J'ortlioijul, Amsterdam, 175V, 2 parties, in- 12, doiii la première avait été unprimée ù Paris en 17.(7. Li- P. Nic(de a revu cet ouvrage. Ona eiK ored'clle une rel iliondc sa «aptivité, dans lie id ucil intitulé : Z^i»fr.< actes, lettres cl relations des religieuses de l'ort- Hoi/al, 1723 cl 172V, iii-V'.

RRi:iriN(ii;R (Jean-Jacqies), néh Zurich le 15 mars 17yl,cliaiioine du Giand-MoiVier

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ou Gross-Munster, s'appliqua à l'étude des langues savantes , des belles-lettres et de lantiquilé. Il fut professeur en hébreu , et mourut à Zurich, le 13 décembre 1776. Ses principaux ouvrages en allemand sont des ti ailés sur la poésie, sur la pointure, et sur les antiquités de Zurich. Sa Poétique brille par la linesse du goût et par la sagesse des règles. 11 a donné aussi une bonne édition des poésies de Martin Opitius, et de l'Ancien Testament do la version des Septante, 1730- 17.32, 4 vol. in-i°.

BREMOND (A>'TOxi>) , dominicain , né à Cassis en Provence en 1G92, savant laborieux, parvint, par son mérite , au généralat de son ordre, et mourut à Rome le 12 iuin 1753, à 6i ans, après avoir publié; Bultarium ordinis dominiconim, 1729 à 17i0, 8 vol. in-fol.; De Germana stirpe smicti Dominici, 17.'(-0, iu-4°.

BRfiMONT (Etienne), docteur de Sorbonne, chanonie et grand-vicaire de Paris, né à Chùteaudun en 1714, fut successivement curé à Chartres, chanoine de la cathédrale et grand pénitencier de ce diocèse. En 1739 il fut nommé chanoine de Notre-Dame , à Paris.

Ayant été chargé par l'archevêque , M. de Beaumont, de faire une visite chez les Ursulines de Saint-Cloud, accusées de favoriser les intrigues des convulsionnaires, il fut dénoncé au parlement , qui , pour soutenir les prétendus miracles du diacre Paris, persécutait beaucoup de prêtres. Décrété de prise de corps, l'abbé Bremont fut obligé de se cacher et de passer dans l'étranger. Il ne recouvra sa liberté et ses biens qu'en 1773 , et , à la suite d'un érysipèle goutteux , accablé par .es chagrins cuisaiits que lui occasionnaient les maux de sa patrie, il mourut au mois de janvier 1793, le lendemain de la mort du roi, auquel il avait prédit la révolution dans son livre : De la raison dans l'homine. On lui doit: Dissertation sur la notoriété' publique des pécheurs scandaleux, 17.36; Recueil de pièces intéressantes, sur la loi du silence; Représentation ô M. Necker sur son livre : De l'importance des opinions religieuses, 178S; De la raison dans riiomme, 1785 à 1787, 6 vol. in-12, son meilleur ouvrage, mais où l'on trouve trop de longueurs et de citations. Il est dirigé contre l'incrédidité , et lui valut un bref honorable de Pie VI, du 16 septembre 1788.

BRENDAN (saintj, né en Irlande vers la fin du V siècle , mort le 16 mai 578 , fonda le monastère d'Ailech, en Angleterre, bâtit une église dans les îles Shetland, établit plusieurs couvents et plusieurs écoles dans sa patrie, et contribua, par ce moyen , à la civilisation de l'Irlande.

BRENDEL ^François-Antoine), évêque du Bas-Rhin, ne en 1736, à Wertzhoffen , en Franconie , devint professeur de droit canon à l'université de Strasbourg , et obtint des lettres de Jiaturalisation. Ayant étudié à l'université protestante de Strasbourg , afin de pouvoir soutenir sa licence, i)arce que l'université catholi(pie n'avait pas encore de faculté de droit canon, il s'était imbu des idées de la prétendue réforme. Aussi se montrat-il favorable aux innovations révolution-

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naires, et il fut sacré évoque constitutionnel du Bas-Rhin, le 13 mars 1791, à Paris. Il s'était flatté de gagner des séminaristes et d'en faire ses disciples; mais il n'en put séduire aucun , pas même son propre neveu. Brendel se vit donc obligé de les renvoyer, et on les remplaça, comme on put, par de jeunes Allemands. Il en fut de même du clergé, oii il ne trouva pas trente prêtres qui voulussent prêter le serment, et ceux qui le prêtèrent étaient pour la plupart des ecclésiastiques dont la c .nsidératiou avait souffert de graves atteintes. Quoiqu'il eût appelé pour remplir les vides des prêtres allemands que l'appât delà liberté attirait en France, un grand nombre de cures restèrent vacantes, et les prêtres fidèles y exercèrent le ministère jusqu'au moment de la déportation générale.

Brendel méprisé par les amis de la religion, en butte à des outrages publics, persista cependant à conserver son poste. Le féroce Schneider était un de ses grands vicaires. Après la terreur, Brendel ne reprit point ses fonctions ; il adhéra pourtant à l'encyclique dii 13 décembre 1795. Il donna ensuite sa démission, sans toutefois renoncerau schisme. Il obtint la [ilace d'archiviste du département, et mourut à Strasbourg le 22 mai 1799 ; de saints prêtres qui étaient obligés de se cacher lui ayj.nt offert leur ministère pour l'assister dans ses derniers moments, il le refusa, pour recourir à celui d'un assermenté.

BRENIUS (Daniel), socinien et arminien, discijile d'Episcopius , né à Harlem ea 13'94, et mort eu 1664, a laissé des Commentaires sur l'Ecriture, et quelques autres ouvrages infectés de ses erreurs. La plupart ont [laru sous ce titre : Dan. Brenii opéra theologica, Amsterdam, 1664, in-fol. Ces ouvrages composent aussi un volume de la Bibliothèque des frères Polonais.

BRE.M'IUS ou BRENTZEN (Jean), né en 1499 à Weil en Souabe, chanoine de Wirtemberg, embrassa le luthéranisme à la persuasion du chef de cette secte. De sou disciple il devint bientôt son apôtre, sans pourtant adopter en tout sa doctrine. Il soutenait « que le corps de Jésus-Christ était dans l'Eu- « charistie, non-seulement avec le pain, mais « partout, comme sa divinité, depuis l'Ascen- « sion. » Ceux qui le suivirent, furent nommés ubiquitaires. Après la mort de son maître, Brentius lui succéda dans le gouvernement du parti luthérien, et dans la faveur du duc de Wirtemberg, qui l'admit en son conseil le plus intuue, et le combla de bienfaits. II l'ut un des principaux acteurs dans les affaires de la religion qui troublèrent toute l'Europe , et mourut en 1570 à Tubingen, où il professait la théologie. Il était tourmenté depuis sa jeunesse d'une insomnie qu'il devait à sa trop grande application. On a de lui 8 vol. in-fol. de disputes en faveur du luthéranisme, remède assuré contre la maladie de l'auteur.

BRENZIUS (Samuel-Frédéric), juif allemand, qui s'i tant fait chrétien en 1601, vou lut taire connaître les motifs de sa conver* sion en publiant un écrit dans lequel Ù im-

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jmtait aux Juifs les crimos les plus odieu-s. L'un d'eux, Salomnn Zébi. dans sa Thériaqucjiuhuque, articula C(jiitre les chréieiis, à son Umr. les calomniesles plus absurd.'S. Ces deux ouvrages , rédigf'^s en allemand, furent traduits en latin par Jean Wulfer, qui fit imprimer sa traduction à Nur.inlifirg, en 1680, m-h". Une seconde édition en fut donnée dans la môme ville, 1715, iD-12 : l'une et l'autre so::t très-rares.

BR'i:REWOOD (Edolukd), savant mathématicien et antiquaire anglais, né h Cliester, en loGo, est .luteur d'un ouvrage curieux et savant, traduit (!>• ranglais en français, sous ce titre : Recherchés sur la diversité des langues et des religidns dans les principales parties du monde, par Jean de la Montagne, Paris, 1662, in-8\ On a encore de lui : Deponderibus et pretiis veterum nummorum, cor unique cum recentioribus collationc, 161i,in-i°, réimpr. dans le huitième volume des Critici sacri, et en tète du premier vol. de la Bible po]v'é\oUe; Elemcnta loqicœ in gratiam studio'sœ juvenlutis in acaclemia Oxonicnsi, Londres, miï, in-8"; Oxford, 16-i;-;, in-S"; Tractatus quidam loqici de prœdicabilihus et prœdicamrntis, 10-28, in-8^; Traité du sabbat (en auL^lais', Oxford, lO.'.O, in-V°; un autre Traité du sabbat, Oxford, 1632, in-i"; Tractatus duo, quorum primus est dcmeteoris, s'-cnndus de oculo , 1631 ; Commentaria in Ethicam Aristotells, O'i.îwd, i(îkQ,m-k°; le Gouvernement palriarchal de l'ancienne Eglise (en angl.), Oxford, 16V1, \n-h\ Brcrewood était dev.snu en 1596 prof sseur d'astronomie au colléjAe de Gresham à Londres. S m goût pour ia solitude était si grand que rien n'était capable de l'en détourner ni de le détacher de ses méditations mathématiciues ou de ses recherches dans l'antiquité. Il mourut à Londres en 1013. On le consultait de toutes paits comme un oracle en mathématiques et il ne laissait aucune lettre sans réponse.

BRESILL.VC, ou plutôt BRLZILLAC (Jean- François de), bénédictin de Saiiil-.Maui , né à Fanjaux.daiis lu haut Lanj;ue loc, le 12 avril ITIO, mort à Paris lo tl juin 1780, a travaillé, avec son oncle dom Jacques Martin, à Vllistoire des Gaulois, dont- il a mis au jour 2 vol. in-i', Par.s, HS'i-. On lui doit aussi, conjointement avec dora Pcrn ty, la traduction du Cours de mathématiques de Woltf, Paris, 17W, 3 vol. in-S" : l'ouvrage de Wollf y est abrégé, et en même temps augmenté de plusieurs ol)servatioiis inti'rcssantes. On a encoie de Brezillac u;i Dictionnaire ecclésiastique et canonique portatif. Paris, 1703, 2 vol. in-S", jilusirurs fois reimprimé.

BRESSANI ipHANçois-JosEPii), jésuite, né à Rome fn 1612, fui un des plus célèbres missio'nnaires du Canada, ou il trav.iilla .•iVi'C zèle et succès h la conversion des limons; niais ayant été pris par les Iroquois, qui leur fai^'aicnt la guerre, ces barbans lui firent soutfrlr les traiienients les jibis cruels : ils lui coupèrent |ilusi(urs doigts, le couvrirent de plaies et le veudirenl en cet étal h des Hrdiandais de la Nou.elle-Amslerdaiu, qui l acljelcrent par compassion, lui douiièreiit

des soins, et le ramenèrent en 16ifi. à La Rochelle. Le P. Bressani leur lit remettre le prix de sa rançon; et toujours zélé pour le salut des âmes, il retourna, aussitôt que se-; forces le lui permirent, parmi les Hurons qui le reçurent comme un père. Il passa encore plusieurs années avec eux, et ne revint en Italie que lorsque la faiblesse de sa santé ne lui permit plus de se livrer à un travail aussi péniltle. 11 exerça alors ie miidslè' e de la prédication avec d'autant plus d'autorité qu'il portait dans ses mains mutilées les marques honorables de son apostolat. Il mouiut à Florence en 1072. Il a laissé Brève relazione d'alcune missioni de Pedri délia compagnia di Gicsu nelta Francia Nuova , Maceràta, 16j3, in-4°. Cette relation, qui est bien écriie, ne contient guère que ce qui est relatifs la mission des Hurons.

BRETAGNE idom Claude), bénédictin de la congrégation de S;dnt-Maur, né à Semur en Auxois, en 1623, fut élevé à plusieurs dignitt s dans sa con;;régalion, et se fit estimei- connue religieux e! comme écrivain. Il mourut à Rou: n le 13 juillet 169i, laissant : Vie de M. Bachelier de Gentes, Reims, 1680, in-8°; Méditations sur les principaux devoirs de la vie religieuse, marques dans les paroles de la profession des religieux, Paris, 1689, plusieurs lois réiiu[)rimées ; Constitution des filles de Saint-Joseph, dites de la Providence, établies au faubourg Saint-Germain , Paris, 16!)1, iii-o°, et autres ouvrages dont VIUS' toire littéraire de la congrégation de Saint- Mdiir, de do.u Tassin, donne la liste,

BRETIGNV (Jean de Qlixtanadoine de) , né à Rouen en IboO, d'une famille espagnole, vécut d'abord dans le monde, occupé de la prière et de bonnes œuvres; ordonné prêtre en 1398, il alla deux fois en Espagne pour en amener des Carmélites en France, et contribua par ses soins et par ses libéralités à l'établissement de leurs premiers couvents. Il mourut à Rouen le 8 juillet 163'i-; il avait traduit quelques ouvrages de sainte Thérèse, et com[iosé des mémoires pour l'introduction des carmélites en France. Sa Vie a été publiée par le P. de Beauvais, jésuite, Paris, 17i7, in-i2.

BRIiTON (Raymond^ religieux de l'ordre des frères |iréclteurs, né à Beaune le 3 septembre 1009. fut envoyé avec quclijues-uns de ses confrère-;, en 1033, dans les missinns de l'Ainériquc. Il exerça le saint minisière pendant 12 années à Saint-Domingue, passa environ huit autres anni'es h visiter hs Antilles et à on évang('liser les insulaires, et revint en l(i3i en France. Ap|ili(pié \\ la prédication et h la ciinfcssion, il employait les heures dont il pouvait disposer à la conipOsiliou d"iiuvrag(!s utiles principalemenl à ceux (jui se dui^tinaient aux missions. Il n laissé : Petit catéchisme, ou Sommaire des trois premières parties de la doctrine chrétimnr, traduit du français en In langue des (^araibes insulaires, Auxer."e, 100», 111-8"; Dictionnaire franiais-caraibr cl caraïbe-français, mêlé dr q nanti fé de remarques historiques pour l'éildirciisaiiiiil de la lan<iur. Au-

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xorre, 1665-1667, 2 vol. in-8°; ReJatio gestorum a primis ordinis prœdicatoram 7nissionariis in insulis Americanis ditionis GaHk<v, prœsertim apiid Indos indigenas quos Caraïbes vulgo dicunt, ab anno 1635 ad annum 1643. det ouvrage, que le P. Br^ ton composa par l'ordre du général de son institut, est resté inédit; mais le P.Matthias Dupuis, dominicain, et J.-B. Dutertre, jésuite, en ont jirotité pour la composition d'ouvrages sur le même sujet. Le P. Breton mourut le 8 janvier 1679.

BKETONNEAU (François) , jésuite, né à Tours en 1660, mort à Paris l'an 17il, fut réviseur et éditeur des Sermons de ses coufrères Bourdaloue, Cheminais, et Giroust. Le P. La Rue lui appliquait à celle occasion ces paroles de l'élogeque l'Eglise fait de saint Martin, et l'appelait Trium mortuoram suscitator magni ficus. 11 rédigea et fit imprimeries Pense'es du P. Bourdaloue sur divers sujets de religion et de morale, Paris, 1735, 3 vol. in-12. Il revit aussi les OEuvres spirituelles du P. Valois, et une partie des Sermons du P. La Rue. On ddit rendre justice à chacune des Préfaces qu'il a ndses à là tête de ces éditions. Les Anah/ses qu'il a faites des Discours dont il est l'éditeur sont exactes, claires, précises et très-propres h donner aux jeunes orateurs chrétiens l'idée d'un plan bien concerté et bien rempli par l'enchainement des preuves. Brctonneau était pré.iicateur lui-même. Ses Sermons, ses Panégyriques, ses Discours et ses Mystères, en 7 vul. in-12, publiés en 1743 par le père Brrruyer, respirent une éloquence c. rétienne. Les grâces de l'action lui manquaient, mais il avait toutes les autres parties de l'orateur sacré. Ses vertus furent l'afipui de ses Sermons. On a encore de Bretonneau des Réflescions chrétiennes pour les jeunes gens qui entrent dans le monde, in-12, et VAbrégé de la Vie de Jacques 11, in-12 , tirée d'un écrit de son confesseur.

BREÏTEVILLE (Etienne Dlbois, connu sous le nom d'abbé de', né en 165v) à Bretteville-sur-Bordel, près de Caen, en Normandie, se lit jésuite en 1667, et abandonna cet état en 1678. Il s'appliqua depuis avec succès à l'instruction des jeunes ecclésiastiques qui se destinaient au ministère de la prédication; mais ses travaux n<! furent pas longs, étant mort en 1688. Il avait donné, trois ans auparavant, des Essais de sermons en 4 vol. m-H", où il y a six différents desseins pour chaque jour, avec des sentences choisies de l'Ecriture sainte. Son style n'est ni pur ni élégant; mais le choix des sermons est assez bien fait. L'aiibé du Jarry a donné une suite en 5 vol. in-H", qui ne peut être comparée à l'ouvrage du premier auteur. On a encore de l'abbé de Brelteville des Essais de panégyriques, in-8", et VEloquence de la chaire et du barreau, Paris, 168',), in-12, plus estimée pour les exem[)les qu'il donne, que pour les règles qu'il prescrit.

BRËUILLOT (l'abbé Jean-Maurice), ancien économe du séminaire de Besançon, naquit eu 1758 à Droit-Fontaine, petit village du

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canton de Maîche, dans les montagnes de la Franche-Comté. A l'époque de la révolution il était vicaire de Villars-Saint-Georges, à quatre lieues de Besançon; il refusa le serment et fut retenu quelque temps en prison. Immédiatement a{)rèsla terreur, il entreprit, avec q'ielques confrères, animés du même esprit que lui, de former des sujets pour le sacerdoce. L'avenir .du iliocèse l'occupait beaucoup, et M. 'S^ernier, devenu deiniis supérieur des missionnaires <le Beaupré, partageait cette sollicitude. Los écoles secièies que ces deux serviteurs de Dieu fondèrent en 1796, dans les montagnes, se dévelo' pèrent insensiblement, et dès la fin de 1798, M. Vernier commença à donner des leçons de théologie aux plus avancés des jeunes gens qu'ils avaient réunis : plusieurs de ceuxci devinrent des sujets distingués. A la fin de 1800, on fit venir ces élèves à Besançon, où l'on établit un séminaire dans une maison particulièie. Malheur eusement M. Lecoz ne fit rien pour conserver cet établissement, et ce prélat constitutionnel laissa le diocèse sans séminaire pemlant trois années. Le rétablissement du séminaire fut enfin obtenu en 1805, et M. Breuillut, gui depuis 1803 était cuié de la petite paroisse de Laviron, fut appelé p'Qr relever de ses débris cette maison qui avait été changée en un hôpital militaire : son zèle, son entier dévouement et son esprit de .sacrifice triomphèrent de tous les obstacles. Il réussit aussi à fonder à Besançon deux écoles très-importantes de sourds-muets pour les deux sexes. Obligé par suite de ses infirmités de renoncer à toutes fonctions dans ses dernières années, il s'occu[)ait encore d'une foule d'œuvres utiles; il est mort saintement le 22 février 1837. Nous ne pouvons mx-ux faire, pour donner une plus juste idée de cette vie de travaux et d'abnégation, que de citer quelques lignes d'une Icitre pastorale que Mgr l'archevêque de Besançon publia le 23 mars suivant, à son sujet : « En vous nommant ce respectable « i)iêtre,je vous i appelle le fondateur de tous « nos et iblissemenls ecclésiastiques , celui « auquel nous devons l'état présent du dio- « cèse, qu'il a contribué plus que personne « à t rer de ses ruines : homme de foi, il a « entrepris et achevé, avec le secours de « Deu, c ■ qu'.' le génie le plus hardi avait à « peine osé concevoir. On [>eut dire que son « attrait propre et sa grâce spéciale a été la « conservation et le soin des vocations sacer- « doiales. »

BREUL (Jacql'es du) né à Paris en 1528. bénédictin de Saint-Germain-des-Prés en 15V9, mourut en 1614. On a de lui : Le Théâtre des antiquités de Paris, in-4% 1612. C'est le réiiertoire tte la plupart des fondations de la Ville de Paris : on y remarque des particularités intéressantes parmi un amas assez indigeste d'époques et de recherches. L'auteur des Essais sur Paris a su depuis écarter les éjunes de l'érudition du Père du Breul ; mais il les a remplacées par beaucoup de faussetés et de petiis art.fices de philusopliie. Supplementum aiUiquitatum Parisicnsium ,

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iu-4.°, Paris, 1611, ouvrage peu commun, qui renferme plusieurs auteurs anciens qui ont parlé de Paris, et qui a les mêmes avantages et les mêmes défauts que le précédent. Les Fastes de Paris par Pierre Bonfons, auqmentés, in-8°, curieux; la Vie du cardinal Charles de Bourbon (oncle de Henri IV), 1612, in-i° ; la Chronir/ue des abbés de Saint-Germain, avec Vflistoire d'Aimoin, qu'il lit imprimer en 1603.

BUEUNING (CnnÉTiEN-HENRi), né à Leipzig le ai décembre 1719, professa le droit dans cette ville, et mourut en 1780, laissant plusieurs dissertations sur des questions de droit naturel et politique. Nous en citerons : Depatria poteftate ejuitque effectibus ex principiis juris naturœ, tract. 1 et II, Leipzig, 1751 et 1755, m-h°; De prœscriptione jure gentium incoçjnita, ibid., 1752; Primw lineœ juris ccrlcsia'stici universalis, Francfort, 1759, in-8'; Priiniv lineiv juri^ nalurw, ibid., 1767; De matrintonin cum si-cundaconjugecontracto, priore non repudiata, ibid., 1776.

BREVINT (Damel), né à Jersey en 1616, passa le temps de la i évolution anglaise en France, où il devint pasteur d'une congrégation prolestante de Normandie, et retourna dans sa patrie à la restauration. Il prit en 1662 le degré de docteur en théologie à Oxford, fut nommé en 1681 doyen de Lincoln, et mourut en 1695. Ses ouvrages, dirigés en général contre le catholicisme, obtinrent quehiue succès parmi les protestants, notamment ses pamuldets contre la messe, ■ et la présence réelle.

BREYDENBACH (Bernard de), doyen de l'église de Mayence, dans le xv siècle, fit un voyage à Jérusalem et au mont Sinaï, dont il fit imprimer la relation en lalin : Opusculum sanctarum prrcgrinntionum in niontem Syon, ad vcticranduni Clirisli scpulcrum in Jérusalem, atque in >nontcm Synai ad divam virgincm et marttjrem Katherinam, Mayence, 1V86, in-folio. Cet ouvrage fut réimprimé à Spire en IWO et 1502. Celte dernière édition a pour titre : Pcregrinatio Ilierosolt/mitana ad sepulcrum Domini et Kathariniana ad monteni Sinai, pcr varias partes Orientis, cum iconibus. Jehan de Hersin, religieux augustin, publia une traduction française de ce voyage, sous ce titre : Voyage et pèlerinage d'oultrc-mcr au saint ScpuUrc de Ilic'rusalcm, et de madame saincte Calltrrine au mont Synai, Lyon, l'i-8'.), in-folio. 11 a été aussi traduit en flamand, Maymce, l'tSS, in-folio.

JÎUEYER (Rémi), docteur de Sorbonnc, et chanoine do l'église d" Troycs en Champagne, nai[uit dans celle ville en 1669, et y mourut en 17V9. On a de lui une Dissertation sur les paroles de la consécj-ation, in-8°, où il tAche de [irouver, contre le Père Le Brun, que les Crées et les Latins avaient renfermé la consécration dans ces paroles : Hoc est, etc. Il a eu beaucoup de ])arl au .Missel if Troyes, et a publié les Vies de saint Aldérald, de saint Prudence et d>' sainle Maure, avec des éclaircissements curieux. Ce savant répandait de l'érudition dans ses ouvrages, mais très-peu d'agrément.

BREZ (Jacques), \ninistre protestant'à Middelbourg, où il était né en 1771, mort dans la môme ville en 1798, est auteur d'une Histoire des Vaudois, habitant les vallées occidentales du Piémont, Lausanne et Utreclit, 1796, 2 vol. in-8". L'auteur ayant été élevé dans la religion vaudoise , son histoire ne pouvait manquer d'être partiale. Entre autres pièces qu'il a recueillies, on remarque des fra^Mnents d'un poëme en langue vaudoise datés de l'an 1100, et la traduction du catéchisme des Vaudois, composé par leurs bardes ou pasteurs, vers la même époque. Barbier attribue cette histoire ;\ un autre Brez, qui est mort en 1810 dans la Zélande. On a f'M outre de Jacques Brez : Flore des insectophiles, précédée d'un disco^irs sur l'utilité de l'étude de l'insectologie , Utrecht, 1791, in-8°; Voyages intéressants pour l'instruction et l'amusement de la jeunesse, dans le goût du recueil de M. Campe, Utrecht, 1792, in-8°. Ce volume, qui contient la relation des iles Pclew, devait avoir une continuation.

BREZELLAC. Voyez Bresillac.

BREZOLLES (Ignace Moli de), docteur de Sorbonne, a publié un Traité sur la juridiction ecclésiastique contentieuse, ou Théorie et pratique des ofjicialités , elc, Paris, 1779, 2 vol. in-i", reimprimé en 1781 sous le litre de Pratique des officialités. On lui doit aussi une seconde édition du Traité des bénéfices ecclésiastiques de Gohard, Paris, 1763, 7 vol. in-i°. Ce théologien distingué mourut en 1778.

BRlANï(dom Denvs), bénédictin de la congrégation de Saint-Maur, né en 1C55 à Pleudissen, bourg du diocèse de Saint-Brii'UC, fit sa profession à Rennes, dans l'abbaye de Saint-.Melaine, le li juillet 1684. Il travailla avec dom Lobineau à l'Histoire de Bretagne; ce fut lui qui se chargea de l'examen des faits, qui en débrouilla les obscurités et leur appliqua le fiambeau de la critique. Dom Briant mourut dans l'abbaye de Riom, en Basse-Bretagne, le 6 février 1716, laissant un Mémoire sur l'abbaye de Saint-Vincent du Mans, et un ouvrage intitulé : Cenomania. C'est une histoire de la province du Maine et de ses comtes, resiée manuscrite, mais dont il s'est fait plusieurs copies. Ce savant religieux a fourni aussi beaucoup de Mémoires aux auteurs du Gallia chrisliana.

BRIARD (Jean), docteur en théologie, vicochancclier de l'université de Louvain, était du village de Bailleul, près d'Alh, dans le llainaiil. H fut fort lié avec l'>asme, el mourut en 1520. On a de lui [ilusieurs Iraili's en latin : un sur la loterie, m\ autre sur la cause des indulgences, etc., Leipzig, 1510.

BRlCCio (Jean), un des écrivains les plus féconds de l'Ilalie, né à Rome en 1581, mort dans la même ville en 16iG, était fils d'un simple matelassier, el fut deslim- ii suivre la même iirofession. Il employait à la lerluro tous les instants (pi'il |)ouvail dérober à son travail méeaniqiK!, el c'est ainsi (pi'il apprit tout ce qu'il Mil dans la suite, en théologie, droit canonique et civil, ihéloiiiiue, géométrie, etc. Pour la peinture, il lut élève du

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célèbre Frédéric Zucchari. Il a laissé un grand nombre d'ouvrages imprimés ou manuscrits, parmi lesquels on remarque des Vies de saint François; de saint Charles; des stations pour le carême; YHistoire de Notre- Dame de' Monti à Rome; trente comédies, six tragédies, etc.

BRICGIO (Pail), religieux récollet, issu d'une ancienne famille noble de Bià, en Piémont, eut le titre de théologien de la duchesse de Savoie, devint évoque d'Albe en 16i-2, et mourut en 16G5. On a de lui quelques ouvrages importants pour l'histoire ecclésiastique de l'Italie. Tels sont : Seraphica subalpinœ D. Thomœ provinciœ monumcnta regio suhalpinorinn principi sacra, Tuiin, 16V7, in-fobo; De' progressi délia Chiesa occidentale per sedici secoli, Carmagnole, 16i8, 1650 ; Turin, lCo2, in-folio.

BUICE (saint), Brixius, évêque de Tours, successeurde saint Martin, accusé p.ir ses ennemis d'avoir eu un enfant d'une religieuse, fut chassé de son siège. S'étanl lavé de cette calomnie , il retourna dans son diocèse et y mourut le 13 novembre m. Son culte était autrefois très-célèbre en France, et les protestants eux-mêmes ont laissé son nom dans leur calendrier.

BRICE (dom Etienne-Gabriel), né k Paris en 1697, était neveu de Germain Brice, auteur d'une Description de la ville de Paris, 1683, 2 vol. in-12; 1732, k vol. in-12. Dom Brice mourut en 1733 dans l'abbaye de Saint- Germain-des-Prés, où il et it chargé, depuis l'an 1731, de diriger la continuation de la nouvelle Gallia christiana, 13 vol. in-folio. Appliqué à l'étude du grec et de l'antiquité ecclésiastique, il traduisit en français les Lettres de saint Basile. La congréga'tion de Saint-Maur a eu peu d'hommes aussi savants.

BRIÇONNET (Gullaume), dit Cardinal de Sainl-Malo, né à Tours, évèque de Nîmes, de Saint-Malo, archevêque de Reims et de Narbonne, fut honoré de la pourpre romaine par Alexandre VI, en 1 W3, en présence de Charles VIU, qui se trouva alors au consistoire. Ce prince l'aimait beaucoup, et ce fut, dit-on, à sa persuasion qu'il entreprit la conquête du royaume de Naples. L'ardeur avec laquelle ce cardinal parla contre Jules II, dans le conciliabule de P. se, le lit priver de sa dignité ; mais Léon X la lui rendit ensuite. 11 mourut en 13U, laissant deux fils, héritiers de ses vertus, qui lui servirent un jour, à une messe célébrée pontificaleraent, l'un de diacre et l'autre de sousdiacre. Il avait été marié avant de s'engager dans les ordres. Les historiens le louent comme un prélat qui avait l'esprit des affaires, joint à beaucoup de zèle pour la gloire de la patrie, et à beaucoup d'amour pour les lettres et pour ceux qui les cultivaient. — Son tils, Guillaume, évèque de Meaux, en 1516, et mort en 1533, se laissa surprendre par les calvmistes; mais il reconnut sa faute, et la pleura.

BKIDAINE (Jacques), célèbre missionnaire, naquit au village de Chusclan, dans le diocèse d'Uzès, le 21 mars 1701, d'une DicT. DE Biographie belig. I

famille honnête et recnmmanaable surtout par son invariable attachenienl à la foi catholique, Pt fit avi'c distinction ses études chez les jésuites d'Avignon. Sa piété, son heureux caractère, son amour pour les jiauvres et les talents rares qu'il annonçât, lui acquirent tout'' l'affection de ses maîtres. Après avoir terminé ses iiumanitéi,, il entra au séminaire de Saint-Charles de la Croix dans la môme ville. Ses supérieurs le chargèrent pendant son noviciat de faire le catéchisme dans diverses églises, et il annonça dès lors cette facUité d'éluculion, ce (aient d'émouvoir et d'en! rainer, qu'il développa dans la suite de sa carrière évangélique avec tant de succès. Bridaine n'était que diacre, lorsqu'il fut désigné pour renji)lir la station du carême à Aigues-Mortes, dans le diocèse de Nîmes. Sans préparation, et muni seulement de trois sermons, il arriva dans cette ville à pied et dans le plus modeste équipage. Sa jeunesse et sa simplicité indisposèrent les habitants qui ne lui témoignèrent que du mépris. Le mercredi des cendres, aj-ant vainement attendu des auditeurs à l'église, il sort revêtu de son surplis, une clochette à la main, et parcourt en la faisant sonner les rues les plus fréquentées de la ville. La nouveauté de ce spectacle étonne. La foule le suit par curiosité, et se précipite sur ses pas dans le temple; il monte en chaire, entonne un cai. tique sur la mort, et, pour toute réponse aux éclats de rire qui ont accueilli son chant, paraphrase ce sujet terrible avec une véhémence qui fit bientôt succéder le silence et la consternation à la dérision et au tumulte. Il remplit ensuite toute la station avec le plus granil succès, malgré le peu de matériaux qu'il avait apportés, en s'abandonnant aux inspirations du moment, et il se trouva si bien de cette méthode, que dès lors il en suivit rarement une autre. Britlaino ordonné prêtre le 26 mai 1725, se consacra aussitôt aux missions, et fut d'abord employé dans les Cévennes. Il évangéiisa ensu.te'le Languedoc, la Provence, le comtat d'Avignon, le Daupliiné, et un grand nombre d'autres ])rovihces. Il donna jusqu'à :i36 missions, et dans to des il produisit les fruits les plus abondants. Il avait une voix d'un éclat prodigieux, mais si sonore et si nette, que dans les églises les plus vastes, lorsqu'elles étaient remplies, il était également entendu de tout son auditoire (Ij ; il sa>ait prendre tous les tons, il les aijprojiriait aux circonstances avec une ra e adresse. Tantôt sim.ile, tantôt sublime, heureux jusque dans ses néghgences,

{U L'organe tonnant de Bridaine, dit le cardinal Maury, dans son itss«i sur l'éloquence de la chaire, ajoutait une nouvelle énergie à son éloquence, et l'auililoire, accablé par limpetuosilé de son action et la puissance de ses ligures, était alors consterné devant lui. Le silence profond qui régnait dans i'assemblee, surtout quand il prêchait, selon sa coutume, à rentrée do la nuit, était interrompu de temps en temps par des soupirs longs et lugubres, qui partaient à la fois de toutes les extrémités du temple dont les voûtes retentissaient enûn de cris

inarticulés et de profonds gémissements

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ii dédaignait l'art et les règles pour n'obéir qu'aux impulsions de sou génie et suivre les mouvements de son âme. La pureté de sa vie qui retraçait celle des premiers apôtres, justifiait bien la vénération générale dont il était l'objet. Aussi les conversions écl liantes, les réconciliations inespérées, b's restitutions, les réparations publiques, signalaient son passage dans les villes. Les plus illustres prélats demandaient à i'envi le concours d'un homme aussi puissant, et toujours il se rendait à leur invitation, sans calculer si ses forces |)Ouvaient sufiire à tant de latigues. Plus d'une lois il en l'ut gravement incommodé; mais à peine remis, il reprenait le cours de ses travaux. Deux fois il fut appelé à Paris, et ce fut dans cette ville qu'il improvisa à Saint-Sulpice, devant l'auditoire le plus brillant, cet cxorde sublime, que l'abbé Maury nous a conservé : « A la vue « d'un auditoire si nouveau pour moi , il « semble, mes Frères, que je ne devrais ou- « vrir la bouche que pour vous demander « gnlce en faveur d'un pauvre missionnaire, « dépourvu de tous les talents que vous exi- « gez quand on vient vous paner de votre « salut. J'éprouve cependant aujourd'hui un « sentiment bien ditféreut ; et si je suis hu- « milié, gardez-vous de croire que je m'a- « baisse aux misérables inquiétudes de la « vanité, comme si j'étais accoutumé à me « prêcher moi-même I A Dieu ne plaise « qu'un ministre du ciel pense jamais avoir « besoin d'excuse auprès de vous; car, qui « que vous soyez, vous n'êtes tous, comme « moi, que des péclieurs. C'est donc unique- « ment devant votre Dieu et le mien, que je « me sens pressé dans ce moment de frap- « per ma poitrine. Jusqu'à présent j'ai pu- « hlié les justices du Très-Haut dans des « temples cou\ erts de chaume; j'ai prêché les « rigueurs de la pénitence h des infortunés « qui manquaient de paini j'ai annoncé aux < bons habitants des campagnes, les vérités « 1. s plus etf. ayantes de ma religion... Qu'ai- « je l'dt, mallieureux! j'ai contristé les pau- « vres, lis meilleurs amis de mon Dieu; j'ai a porté l'épouvante et la douleur dans ces « iimes simples et fidèles, que j'aurais dû « plaindre et consoler 1 C'e.-t ici, oii mes re- « gards ne tumlient que sur des grands, sur « des riches, sur des oppresseurs de l'hunja- « nité soulfrante, ou sur d s pécheurs auda- « cieux et endurcis, ali 1 c'est ici seulenjcnt « ciu'ii fallait fair.; retentir la parole sainte « dans toute 1 1 force de son tonnerre, et pla- « cer avec moi dans cetl- chair>', d'un cùté, « lu mort (pii vous menace, de l'autre, mou .( grand Dieu ipii vient vous juger. Je tiens « déjà dans ce moment votre seidence à la « main : tremblez donc devant moi, liouanes a sui-erbes et dé,iai,.:n''ux qui m'écoutez 1 La « nécessité du satut^ la certitude de la mort, « l'incerlilu le de celle heu:e si clVroyable « poui' vous, 1 imp'nitcnce finale, le jngc- « nnnt dernier, le retil nondjre des élus,

« j enfer, il par-dessus tout l'élerndé 1

« r •ternité 1 voila les sujets dont je viens « v»us entretenu- et que j'juicns di'i sans

« doute réserver pour vous seuls. Eh! qu'ai- « je besoin de vos sull'rages, qui me damne- « raient peut-être sans vous sauver? Dieu « va vous émouvoir, tandis que son indigne « ministre vous parlera; car j'ai acquis une « longue expérience de ses miséri cordes. « C'est lui-même, c'est lui -eul qui, dans « quelques instants, va remuer le fond de « vos consciences. Fraji|)és aussitôt d'effroi, « pénétrés d'horreur pour vos iniquités pas- « sées, vous viendrez vous jetei- entre les « bras de ma charité, en versant des larmes « de componction et de repentir, et à force « de remords, vous me trouverez assez élo- « quent. » Le reste du sermon avait été pré- ])aré d'avance, et prouve que, dans ses discours travaillés, Bridaine écrivait avec autant de chaleur que de goût, llassillon luimême, en l'entendant, i\d remjili d'admiration. Plusieurs autres illustres jirélats, entre autres M. Languet , archevêque de Sens, MM. de Pompignan, de Charency, de Séez, lui témoignèrent la môme estime. Le cardinal de Fleuri avait voulu le voir, et avait des vues sur lui pour l'établissement d'une société de missionnaires en France. Le souverain pontife Benoit XIV donna au Père Bridaine, dans un vnyage que celui-ci fit à Rome eu 1750, les marques d'une considération paiticuière, et lui accorda le pouvoir défaire la mission dans toute l'étendue de la chréti nté. Rien ne put jamais ralentir son zèle, éljraider son courage; ni les persécutions secrètes qu'il eut souvent k éprouver, ni les attaques des novateurs, ni les peines, ni l'affaiblissement de ses forces, ne purent renj|)êcher de poursuivre ju-^qu'à ses derniers moments sa nuble cairière. Il mourut à Rotiuemaure, Agé de soixante-six ans, en revenant de Villeneuve-lès-Avignon, où il avait donné une mission, malgré une maladie qui, depuis longtemps, le faisait soutl'rir cruellement; il y succomba le 2-2 décembre 1767. La Vie du Père Bridaine a été publiée par l'abbé Carron, (jui l'a justement appelé le modèle des prêtres. Ses canticpies, d'abord intitulés Cantiques spirituels à l'iisarjc des missions roijutes du diocèse d'. liais, parce qu'il consacra longtemps ses travaux h cette contrée, et ensuite simplement Cantiques spirituels, ont été très-souvenl réimprimés, BKIDKI. iJnw-Loiis), écrivain >uissc, fils d'un pasteur du vidage de Crassier, dans lo canton de Vaid, où il naquit eu 1751), fut suciessivemeiit préce|)leur dans le pays des (irisons et en Hollande, pasieur de l'église française de B.lle île IW0.1 à 18()S, second pasteur de Cossonay dans le canton do Vaud, et professeur de langues orienlales de l'acadi'uii ■ de Lau>;,.niR' jii-qu'a .-a niorl, arrivée le 5 févr cr \H2\. Il avait beauciuip voya,.:é dans luuie rLuio|ie, et fut appelé nu grand conseil du (;inlun de >'aud, où il siégeft pend.int dix ans. S, s priiici; aux (Uivra;.;es sont : /./■.v iiifarliines du jeune ehiralier de J.ahnde, Piiiis (Lansauiie;,'l7Sl, 1 vol. m-S';/nfroduciionà la lecture des odes de l'indare, l.uusniin ', 1783, i, 1-1-2; Iti'llexiiins sur la rftolu^ tion de lu Suiase sur le principe de l'u

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ni té, etc., 1800, in-S"; Le pour et Je. contre, ou Aris ù' ceux qui se proposent de passer dans les Etats-Unis d'Ame'rique, Par s et Bile, 1803, in-8°; Le Lycée de Flore, Bàl.', 18()i, opuscule poétitjue; Lettre à Carton de Nisas sur la manière de traduire Dante, suivie d"une Traduction en vers français du \' chant de l'Enfer, Bâle, 1805, in-V° ; Oraison funèbre prononcée û BiUe, BAle, 1806, in-8°; Discours chrétiens à l'occasion des désastres du canton de Schwiz, B;1U', 1807; Dissertations sur l'état et les fonctions des prophètes, Lausanne, 1808, in-*'; Discours sur l'efficacité morale de la lecture des livres sacrés, et sur le style de leurs auteurs, Lausanne, 180îi, in-8°; Traité de l'année juive antique et moderne, Bàle, 1810, in-8°; Le livre de Job, nouvellement traduit d'après le texte original non ?onctué, et les anciennes versions, notamment arabe et la syriaque, avec un Discours \:vèliniin.iire, Pans, 18 8, in-8°. Bridel avait f.iit une traduction 'lu livre des Psaumes, mais elle n'a pas vu le jour. — Il eut deux fières qui se (li>tinp; èrent aussi comme écrivons. BRIDGEWATEK (Jean), en latin Aquapontanus, né au commencement du xvr siècle, dans le Yorkshire, fil ses études à Oxford, et remi)lit différentes fonctions dans l'église anglicane; mais éclairé par la lumière de la vérité, il abandonna ses bénéfices, et se retira au collège anglais de Douai, avec plusieurs jeunes gens qu'il avait élevés dans la religion catliolique; il passa ensuite à Rnme. et de là en Allemagne, où il était encore en ISOi. On a de lui : Conccrtatio virulentœ disputntionis theologicœ in qua Georyius Sohn, professor academiœ Heidelbergensis, conatus est docere pontificem romamim esse antichristum. Trêves, 1389, in-i°; Exposition des six articles qu'on firopose ordinairement aux missionnaires qui sont arrêtés en Angleterre; Concertatio ecclcsiœ catholicœ in Anglia contra Calvino-papistas et puritanos, sub Elisabetha regina. Trêves, 139+, in-8°. Cet ouvrage contient les relations des souffrances et de la mort de plusieurs catholiques ea Angleterre sons le règne d'Elisabeth.

BRIDOUL (ToissAiNTJ.jésuit' llamand, était lié à Lille, et entra dans la compagnie de Jésus en 1618, Agé de 23 ans. 11 s'y distingua par ses vertus, sa piété, sa charité et le bon emploi qu'il Ut de son temps. La [irédication, la direction des consciences, la compojsition d'ou' rages édifiants l'occupaient tour k tour. Il mourut à Lille, dans sa W anné«, en 1672. Il avait une tendre dévotion envers la sainte Vierge, et il consacra à sa louange quelques-uns de ses écrits. On a de lui : Vie de François Gaétan, traduite en fiançais, de l'italien d'Alphonse Gaétan, Lille, 16+'l, in-S" (Foy. Gaétan); Gloria mirabilium Deiparœ, singulos anni aies recurrentium, Lille, 16i0, in-8°; Le paradis ouvert par la dévotion envers la sainte Vierge, Lille, 1671, in-12; Scliola eucharistica stabilita, super veneratione a brutis animaniibus exhibita sanctissimo sacramento, ibidem, \%''tl,m-^''\ Itinéraire delà vie future, traduit de lilalien du Père Vincent CaràCfa, jés'iiile; t'Ënfir fermé par la considération

des peines des damnés, etc., Lille, 1671, in-12. BRIENEN fABKAHAM', théologien catholique hollandais, né en 16<)6 à Itrecl.t, mort en 1682, lit plusieurs voyages h Rome pour les affaires de l'évèché d'Utrocht, dont il était le premier vicaire. On a de lui plusieurs Dissertations théologiques, qui parurent sous Ij nom de Vandermat, et furent réimprimées à Levde en 1709.

BRIET (Philippe), né à Abbeville en 1601 ; jésuite en 1619, mourut eu 1668, bibliolhécaiie du collège lie Paris. On a de lui : Parallela Geographiœ veterisetnovœ.3vo\. in-4°, 16i8 et 16i9. Ce;te géographie est très-méthodique, ti ès-exacte et ornée de cartes biea dessinées. Ces trois volumes ne renferment que l'Europe, ses mila lies l'ayant empêché de mettre la dernière main aux autres parties ; Annales tnundi, sive Chronicon ab orbe condito ad annum Christi 16o3, Paris, 1663, 7 vol. in-12; Mayence, 1682^ 1 vol. iii-fol.,et Venise, 1693, 7 vol. in-12; c'est l'édition la plus complète. L'ouvrage est esiiué. L'auteur marclie sur les traces de Pétau, pour la chronologie ; Philippi Brietti Concordia chronologica, Paris, 1670, 5 vol. in-fol. Le Père Briet est auteur du 5' volume ; Theatrum geographicum Europœ veteris, 1633, in-fol. Briet a mieux réussi dans la géographie que dans la partie chrouo\o§ique.ElogiumPatris Jacobi Sirmondi , Soc. Jesu, Paris, 1051, in- 4° : on y trouve le cat. dogue, par oidre de dates, de tous les ouvrages du P. Sirmond. BRÎELC (saiiiti, natit d'iriando, et disciple de saint Germain d'Auxerre, évêque dans ce royaume, bAtit un mona-^tèie en Bretagne oii il s'était retiré. Cette maison devint si célèbre, qu'on y vit bientôt une ville qui porta son nom, éri,.ée de|iuis en évèché. Il en est regardé comme le premier évèque, quoiqu'il n'y eût peut-être exercé aucune 1 net ion éjdscopale. Mais il y avait alors des évèques lég'onuaires qui, sans avoir aucune église particulière, travaillaient partout où l'un avait besoin de leur ministère. Saint B ieuc mourut Agé de plus de 90 ans, vers l'an 502. Voy.\es Vies des saints de Bretagne, pAT doni Lobineau, qui a retrouvé une grande partie des actes de ce sainl.

BRIGA (Melchior'Della), jésuite, né à Césène en 1686, enseigna la philosophie àPrato et à Florence, puis la théologie à Sienne, se distingua surtout comme mathématicien, et mourut le 23 juillet 1749. Ses ouvrages sont : Fascia isiaca statuœCapitolinœ.Rome, 1716; Spherœ geographicœ paradoxa , Florence, l'il; Philosophiw veteris et novce concordia, Florence, 1725; Scient ia eclipsiumex imperio et commercio Sirtarum illustrata, Rome et Lucques, 1744 à 1747, 3 vol. in-i".

BlUGIDE (sainte), née à Fochard enUltonie, au ciimmeuccmeiit du vr siècle, reçut fort jeune encore le voile des mains de saint .Mel, neveu et disciple de saint Patrice. S'étant construit sous un gros chêne une cellule qui fut depuis appelée kill dara, ou cellulle du chêne, plusieurs personnes de son sexe vinrent Si.' ranger sous sa conduite; elle les réuuit ensuite en corps de coHUOimauté.,

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Cette maison devint bientôt une pépinière sainte, qui donna naissance à plusieurs monastùr^s d'Irlande, lesquels reconnurent (ous sainte Bii.jjide pour mère etpnur fondatrice. Il n'y a guère que les miracles de cette sainte qui nous soient connus; les cinq auteurs qiii ont écrit sa Vie n'ayant donné presque aucun détail sur ses vertus. Son nom se trouve ilans le Martyrologe de Bède, et dans tous ceux qui ont été composés depuis. 11 est aussi dans les plus anciens manuscrits du Martyrologe de saint Jérôme, et sa fête est marquée .ian<; les anciens bréviaires d'Allemagne, des îles Britanniques et dans la plupart de ceux de France. Elle a été célébrée à Paris jusqu'en 1()07. Son corps trouvé en 1183 avec ceux de saint Patrice et de saint Colomb, dans une tri|ile voûte de la ville de Down-Palrick, fut porté dans la cathéd.ale de cette ville. Sous le règne de Henri VIII, le tombeau où il était renfermé fut détruit. Le chef de sainte Brigide est aujourd'hui à Lisbonne, dans une des églises qui appartenaient aux jésuites.

BRIGITTE ou BIRGITTE, née en 1302, étaitprincessede Suède, tille de Birger,prince de Suède, et épousa un seigneur nommé Ulf-Gudmarson, prince de Néiicie. Après avoir eu Imit enfants, les deux époux firent vœu de continence. Ulf se lit cistercien, et Brigitte établit l'ordre de Saint-Sauveur, composé de religieux et de rcligieus^'S, comme celui de Fontevrault. Leur église était commune. Les religieuses faisaintlolTiceen haut, et les religieux en bas. L'abbesse avait l'autorité suprême. Cette règle fLit confirmée par Urbain V en 1370. Son ordre subsiste encore en Allemagne, en Italie et en Portugal, et ce qu' est très-remarquable, en Suède, où le monastère de Wadstena dans la Gothie orientale a été conservé après l'introduction du luthéranisme. Brigitte partit ensuite pour Jéru^ahmi, sur une vision qu'elle eut ;i l'âge de 69 ans. Elle visita les lieux saints. Du retour en Occident, elleéciivit à Grégoire XI pour l'engager à revenir à Rome. Elle mourut peu de temps après dans cette ville, en 1373. On a d'elle un volume de Révélations, Nuremberg, iu-folio, 15:il, ou plutôt 1500, par Antoine Koljurger ; en voici la suscri|)lion : Anno M. ccccc. XXI. mensis septemOris; les uns, en joignant xxi aux premiers chiffres, en ont fait 1321, et ils se sont trompés; car il est évident que 21 se ra|)porte à mensis scptcmbris, qui est au gén lit; d'ailleurs, Antoine KolJUrger est mort en 1313. Il y a une autre édition de ces Révélations, par Jean Iv(jburger, en 1317, une à Rome, 1337. Ces révélations furent déférées au concile de Biile. <ierson et d'au très théologiens voulaient qu'on les censur.lt; mais Jean de Turrecremata en donna des exiilications favorables, et les appro .va comme ulilis pour l'iiistruclion des fidèles. Le concile regarda celte approbation c(jiijme sullis.inte. Il n'en ré.-ultait cependant autre chose, sinon que le livre dont il s'a.^it ne renferme rien de contraire ;> la foi, et que les révélations étant appuyées sur une probabilité historique, ou peut les croire pieu-

sement. Benoît XIV s'exprime de la manière suivante sur le même sujet : « L'approbation « (le semblables révélations n'emporte autre « chose sinon qu'après un mûr examen, il « est permis de les [lublier pour l'utilité des « lidèles. Quoiqu'elles ne méritent pas la « môme croyance que les vérités de la reli- « gion,onpei.t cependant les croire d'une foi « humaine, conformément aux règles delà pru- « dence, selon lesquelles elles sont probables, « et appuyées sur des motifs sullisants pour « qu'on les croie pieusement. » Yoy. Catherine de Sienne (sainte), et la réflexion qui se trouve à la fin de l'article Armei.i.e. BRIGNOLE-SALE (Antoine-Jules), sénateur génois, marquis de Groppoli en Toscane, né en 1603, était fils d'un doge; il occupa lui-mcme dans la république plusieurs emplois honorables, et fut ambassadeur au- ]irès du roi d'Espagne. Ayant perdu après son retour d'Espagne, en I6i8, sa femme qui lui laissa plusieurs enfants , il se fit prêtre, employa ses loisirs à la composition de plusieurs ouvrages, et entra le 11 mars 1632 d;ins la compagnie de Jésus. Depuis cette époque il se livra presque entièrement à la prédication. Il termina le 2i mars 1665 à Gènes une vie édifiante par une sainte mort. Sa charité était bien connue, et il s'acquit des droits il la reconnaissance des pauvres de son ]iays par ses aumônes considérables. Dans sa jeunesse il avait publié des comédies et des poésies qui le tir. nt admettre dans phisieurs sociétés litt raires. Ses principaux ouvrages sont : le Jnstabilità dcU' ingegno, divise in otto Giornate (en prose et en vers), Bologne, 1633, in-i"; 1037, in-12; Ve nise, 16'i-l et 1632, in-12; Tacito (ibbnrnttalo discorsi politici e moral i , Venise, 1636, in-12 ; Maria Maddalena peccatricc e conrerlita (en vers ) , (jènes , 1636 , in-8* , réiiupr. plusieurs fois h Venise , et trad. en français par le P. Pierre de Saint-.Vndré, carmi; déchaussé, Aix, 167V, in-8" ; Il Carnovaledi (iolUrannio Sallirbref/no (en vers), Venise, 16.'t!), 16VI, 1663, in-i2. L'auteur publia cette ]irodu(:lioii sous un nom aiiagrammaticiue, comme riiuli(iue le litre; il se repen it[)lus tard de cette composition, ([ui est en etl'cl un peu libre; Dell' htoria Spa(/nuola //6r( yr,Gènes, I6W, et 16V6,in-V'; //5(i/ir(C0 innocente, epiyrainnii trasportati dal <jreco ail' italiano e commentati dal marchese Antonio Giulio liri(jnole Sale, Gènes, 16'i.8, in-V° et in- 12 : ces ipig animes sont ne la com|)osition de Brignole, et n'ont jamais existé en grec. Paul-Dom. Chiesa, avocat à Gènes, les traduisit en latin; l'anegirici sacri r'crilati nclla Chiesa di san Ciro in (ienovn, etc., Gènes, 1632, in-8'; I63l), in-12. Li Vie du P. Brignole Sale a ('lé écrite en italien, sous le (itro de Mémoires, par le jésuite J.-.M. N'isconli, Milan, 1666, iii-12; et le P. FraïKjois Liieriiiile h.'s traduisit en latin, Anvers, i671,in-8°. BKIGNON iJi;an\ ,|ésuite, es! auteur d'une tradiiilion du i'oinbat s;)irin(r/, ouvrage jiistemenl estimé et singulièrement propre à conduire les chrétiens a la iieileition ou leur loi les appelle. Ou n'eu connail point l'auteur.

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Quelques écrivains l'attribuent au père Laurent Scupoli, théatin; d'autres h Jean Castagniza, bénédictin espagnol ; Théophile Raynnuld le donne au jésuite Achille Gagliardo. La traduction du père Brignon a fait oublier celle du père Olympe Mazorti, Paris , 167-2. On a encore du père Brignon lés Pensées consolantes ; une traduction de Vlmilation de Jésus-Christ, du Pédagogue chrétien du père Philippe d'Oultreiuan, et des Méditations du père Dupont. Il a traduit du môme La guide spirituelle et les Opuscules du cardinal Bellar.min, ainsi que son traité des sept paroles de Jésus-Christ sur la croix. 11 est mort vers 1725, dans un âge avancé.

BRIGUET (Sébastien) , chanoine à Sion dans le Valais, dans le xviii' siècle, s'occupa beaucoup de recherches sur l'ancienne histoire ecclésiastique de son pays. On cite de lui : Concilium Epaonense, assertione clara et veridica loco suo ac proprio fixum in Epaunensi Parochia Vallensium, vulgo Epenassex, Sion, 1741, in-8% rare. L'.iuteur y démontre que le concile d'Epaone, de l'an 517, s'est tenu à Epauna, qu'il suppose être Epenassex, dans la paroisse de Saint-Maurice en Valais, et non à Albon, Pamiers ou Venue. M. Rivaz , dans son livre sur la légion thébéenne,a traité la même question , d'une manière encore plus satisfaisante; Vallcsia christiana , seu diœcesis Sedunensis historia sacra, Vallensium episcoporum série obscrvata, addito in fine euruiiulem syllabo, Sioii, 17V7, in-S", où l'on trouA e l'histoire ecclé-iasti(jue du Valais sous 82 évoques, depuis 387 jusqu'à l-7i3. On y voudrait plus de critique; la même matière a été mieux traitée dans la Gallia christiana nova, tom. xii. Briguet mourut vers 178J.

BRION (l'abbé de', qui vivait au commencement du xvni" siècle, était de l'école mystique de madame Guyon, dont on lui attribue la Vie qui fut imprimée à Cologne, en 1720, 3 vol. in-12. On a de lui : Considérations sur les plus importantes vérités du christianisme, avec un traité de la perfection chrétienne, 2° édition, Paris, 1724, in-12; une Retraite, nn et 1724, in-12; Paraphrases sur divers psaumes mystérieux, 1718,3 vol. in-12, avec une suite en 2 vol.; Paraphrase sur le psaume Beati immaculati, 1718, in-12; Paraphrases sur les trente premiers psaumes, 17::2,

2 vol. in-12; Vie de la très-sublime contemplative sœur Marie de Sainte-Thérèse, carmélite de Bordeaux, avec ses lettres, Paris, 1720,

3 vol. in-12; Traité de la vraie et de la fausse spiritualité, avec un examen de quelques livres altribuésà M. de Fénelon, 1728, 2 vol. in-12.

BRIOT (Simon), religieux bénédictin, mort en 1701, est auteur d'une 1/isfoire de l'abbaye de Molesme, diocèse de Langres. On la conservait en manuscrit dans la bibliothèque de cette abbaye.

BRIS (François de), savant capucin, trèsversé dans la langue arabe, qu'il avait apprise dans le cours de ses missions au Levant, fut appelé à Rome par la congrégation de la Propagande, qui le chargea de traduire j)lusieurs grands ouvrages en celte langue. C'est à cette occasion qu'il donna : la Tra-

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duction en arabe des Annales de Baronius et de Sponde son continuateur, jusqu'à l'an 164G, 3 vol. in-4°, Rome, 1653,1635, 1G71 ; une Version arabe de la Bible, 3 vol. in-folio, avec la Vulgate en regard , publiée par Nazari , Rome, 1771. Comme la plupart dos exemplaires de ces ouvrages ont passé dans le Levant, ils sont devenus très-rares,

BRIS (Nicolas de , docteur di' Sorbonne, se fit une grande réputation de savoir; il assista au concile de Trente et composa plusieurs ouvrages. Lemire, dans son Traité De scriptoribus efc/esmsi/c(s,etdu Boulay, dans son Histoire de l'université, parlent de ce doct'ur.

BR SACIER (Jean de), né à Blois en 1603, jésuite en 1619, enseigna les humanités et la philnso hie en divers collèges, se livra à la prédication, et fut employé aux missions dans le diocèse de Castres. Son zèle contre Port- Royal lui donna un grand crédit dans sa société. Il fut successivement recteur de plusieurs maisons, provincial en Portugal, recteur du collège de Clerraont à Paris, et mourut à Blois en 1668. On cite de lui, entre autres écrits, le Jansénisme confondu, Paris, 1631, in-4°, qui contient de graves accusdions contre les religi 'Uses de Port-Royal et autres gens du parti. Cet ouvrage fui censuré par Mgr deGondy, et réfuté par le docteur .\rnauld.

BRIS.\CIËR ( Jacques-Charles de), de la même famille que le précédent, fut supérieur du séranaire des Missions-Etran;j,ères pendant 70 ans, et mourut en 17.J6, à 94 ans, après avoir refusé plusieurs évôchés. Il eut beaucoup de part aux écrits el mémoires des missions él. anj,èrcs contre les jésuites, dans l'alfaire des cérémonies chinoises. On a de lui deux Oraisons funèbres, celle de la duchesse d'Aigu. lion, Paris, 1675, in-4°; et celle de .Mlle de Bnuillon, Rouen, 1683,in-4°. • — Brisacier ^Nicolas de), docteur de Sorbonne, neveu du jirécédent, répondit aux injures que AI. Hugo avait adressées à son oncle dans les Annales de l'ordre de Prémon tré, par une Lettre à l'abbé général de cet ordre, qu'il publia en l'/37. Nicolas de Brisacier lit aussi VOraison funèbre de Louise- Charlotte de Chdtillon,abbesse de Saint-Loup, Paris, 1 11, iu-4".

BRISTOW (Richard) , théologien catholique, né en 1338 à Worcesler, étudia à Oxford et devint mcmbr • du collège de Christ. L'éclat do ses talents le lit uésigner avec Campian pour disputer ensemble en présence d'El sabeth, le 3 septembre 1550. Son altachement pour la religion catholique, qu'il manifesta quelques années après dans une dispute publique avec le docteur Hum]!' rcy, sur qui il eut une supériorité marquée, fui cause qu'il dut se retirer, en 1569, à Louvain, où il prit le bonnet de docteur: il fut chargé de divers emplois dans le collège anglais, et le cardinal Alan le prit en grande amitié. L'air natal lui ayant été conseillé pour rétablir sa santé altérée par le travail, il reparût pour l'Angleterre, et mourut à quelques lieues de Londres en 1581. On a de lui : Motifs du docteur Bristow [Anli-hœretical motive), Anvers, 1574, in-S", trad. de l'anglais

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en latiri par le doctpur Worthington, Arras et Douai, 1608, in-'i-"; Réplique à Guill. Fulk (en anglais), .pour la liétense liu docteur Alan, et de son Traité du Purgatoire, Loiivain, 1580, in-i°; Cinquante-une questions proposées par les catholiques aux hérétiques (en anglais), Londres, 1592, in-'t"; Veritates aureœ S. R. Eeclesiœ, etc., 161 fi; Tabula in Summnm theoloqieam sancti Tliomœ Aquinatis, 1570 ; Apoloqie du docteur Alan, et de fauteur lui-même.

BUITO ( Bernard de ), cistercien, historiographe du royaume do Portugal, naquit dans la ville d'Almeida, en 1569, et mourut en 1617. On a ne lui : Monarchia Lusitana, 8 vol. in-fol., Lisljoiuie, 1397-1683. C'est une histoire de Porlu^al qui remonte fort haut. Elle est écrite avec élégance, quoique par diitér^ntes mains. Les Pères Antoine et François Brandano, ses confrères, l'ont poussée jusqu'à l'an 1325; onQn elle a été continuée jusqu'à l'an 1336, ]iar le Père Raphaël de Jésus. Brito n'est auteur que des 2 premiers volumes; Eloges des rois de Portugal, avec leurs |iortraits, 1603, in-V"; Géographie ancienne du Portugal; La Chronique de l'ordre deCiteaux, Lisbonne, 1602, in-fol.; Gucrra Brasilica, Lisbonni;, 1675, iu-fol.

BROCARD ( Jacques ), né à "Venise au xvi° siècle, embrassa le calvi^ listiie, tâcha ds prouver qub les |)rinciiiaux événements de son temps se trouvaient prédits dans les sain'os Ecritures, et en tit des applications à la reine Elisabeth, à Philippe 11, au prince d'Orange, qui sont consignées dan; ses Interprétations mt/siiques et prophétiques de la Genèse et du Lcvitique, Leyde, 138'i, in-i" et in-8°. ais cette liberté fut condanm 'p par ceux môme de sa communion, en 1581. 11 fut ensuite ob i„é de quitter successivement sa patrie et la France, où il fut accusé d'exciierdes troubles, et se retira à Nuremberg, où il mourut. Bongirs pari-' de lui dans ses letties.

BROCAIIIO (Arnaud-Guillaume de), habile iinprim ur espagnol, de l'univei'sité d'Akala, fut chargé d'im.'irimer la fameuse Bible poli/glotle du cardinal Xiinéiiès, dite de Complute on d'Alcalu. Cette Bible, qui est l'.iuvrage le plus considérable qui eiU été impriméjusqu'a'ors, torme six gros volumes in-folio. C'est la pr. mière et la plus rare de toutes, et c'est ce qui la l'ait rechercher, car elle est bien muins complète que celles (|ui ont iiaru depuis. Chaque page est p.irlagée en trois culonnes : la première offre le texte hél)reu, la deuxième, la Vulgale en caractères gothiques; la troisième, le grec des Septante. Le texte chaldéen se trouve à la marge exiéiiiMire, et la versiim laiine vis-àvis. Les (|u lire derniers volumes furent arhevés en 1317 : iU contiennent l'Ancien Testament en grec, hébreu, chaldéen et latin; le cin |uièiue renferme le Nouveau Tesl'uiiont impraué pour la |)reiu:ùre fois (;ii grec ot en .aliii; le sixième un vocabulaire hébraïque et ( haldaïque. Léon X li.va le prix de la pol}..;li)lte par feuilles h 6 ducats et di'iui d'or ( iu francs de notre moiiiiaie (!'• ce temps-là ). Celle polyglotte est rare, et le |irix en est

plus élevé que celui des polyglottes de Lo Jay et de Wallon. Un exempliire imprimé sur vélin a étéacheté 12,000fraiics parM. Maccarlhy à la vente de Pinelli, et a été revendu 16,000 francs. C'est cette Bible qui a depuis servi de modèle aux Bibles polyglottes de Justiniani, de Jean Draconite, d'Arias Montaii'is, de Raymondi, de Le Chevalier, de Bertram, de Wolder, d'Elie Huiler, d'André de Léon, de Le Jay, de Wallon (t de Richard Simon. Les savants qui y travaillèrent furent Démétrius Ducas, Antoine de Lebrixa, Jacques Lopez de Zuniga, Ferdinand Nugnez de Gu./man, Paul Coronel, Alphonse de Zamora et Jean de Ver.;ara.

BUOCCHI (Joseph-Marie), ecclésiastique, né à Florence en 1687, mort le 8 juin 1751, obtint en 1716 le prieuré de Sainte-Marie aux Ormes, près le bourg Saint-Laurent.

L'archevôipie de Florence le fit, en 1723, recteur du séminaire desjeun s ecclésiasti(|ues ; il était piotonotaire apostolique, et membre de 11 soci.'té connue sous le nom de la Colombaria. On a de lui, en latin : des Principes généraux de théologie morale; un Traité sur les occasions prochaines du péché, sur les récidires ; et en italien : les Constitutions du séminaire de Florence ; un assez grand nombre de Vies de Saints. Il composa de plus un ouvrage qui peut être utile pour l'histoire et la topographie d'une province de la Toscane ; il a pour titre : Dcscrizione délia provincia del Mugello, con la carta geografica del medesimo, aggiuntavi un untica cronica délia nobili famiglia da Lutiano, illustrata con annotazioni.i'U'., Florence, 17i8, in-V".

BROCKMANN (Jean-Hemu), né au mois de mars ri67 à Liesburn, petit bourg du diocèse de Munster, étudia les belies-le;tres, la philosophie et la théologie dans le collège de Saint-Paul à Munster. N'ayant pas encore r.ige requis pour entrer dans les ordres, il alla à Dilliiig'U suivre les cours du célèbre pro.èsseur Sailer, mort évèqiie de Ratisbonne en 18'32. Ra|)pelé à Munster , Broc! manu fut nommé professeur au collège de Saint-Paul , et , peu de temps après, ordonné prêtre. 11 jtrofessa avec honneur |)endant six ans les belles-lettres d'abord, puis l'histoire, obtint la chaire de morale dans la faculté de théologie, et remplaça bientôt le célèbre orateur Albert dans l'a chaire de théologie pastorale, qu'il conserva jusqu'en 1^135. èpoqui' où son grand ;'ige lui lit donner sa démission. Biockinann se distingua aussi dans la prédication, et il diiigca un grand nombre de péiiilents juxpi'à sa dernière vieille-se. Kn IM2, lorsque des lièvres iieslillentielles séviient à Mun-ler, il munira le plus grand devouc'nKMil, el plus d'une fois il exposa sa vie i)our le salut des Aines. Pie VII, voulant le récompenser di' sa belle con duile. le nomma doyen de l'égli-e collégiale de Sainl-Marliiià Munster. La f nihé de Breslau lui avait con éié le liiie de dodeur en théologie, et le 16 mai i<3o, il fut n(uiimé prévôt du chapitre ; mais il ne jouit pas lon^tom-ps de celle nouvelle dignité ; il niourul le 17 seiitemlire 1835. C'est surtout comme

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professeur de théologie pastorale queBrockinaiin a laissé un nom honorable à Munster. Il clierc'iait plus à instruire qu'à briller: sa m'tiioile (Hait simple et facile, et il ne cherchait point, comme plusieurs écrivains allemands, à se donner aux dépens do la clarté un air de profondeur. Ardent défenseur de la foi, il signala l'un des }>remioi s, le danger dos doctrines d'Hermès. On a de lui une Traduction du Combat spirituel, 1793 ; Vie de saiut Louis, extraite du P. Ceppari et des Bollandistes ; AUnanach de l'histoire ancienne du monde, en trois parties, 1800-180.3 ; La philosophie morale de Ueberwasser, professeur à Munster, recueillie de ses écrits posthumes et augmentée, 1814-1815. trois tomes ; La doctrine de l'Eglise catholique sur le culte des saints, développée et exposée par le professeur Sailcr, trad. du latin, avec l'approbation de l'auteur ; Homélies et sermons pour toutes les fêtes et tous les dimanches, et sur la passion de Notre-Scigneur Jésus-Christ, cin(i tomes ; Institution pastorale sur le soin des âmes, adaptée à nos temps.

IJKOGLIE (Mairice-Jean-Madeleine de), évèquedeGand,et prince du saint-empire romain, naquit le 5 septembre 17G6 au cli.'itoau de Broglie. Son père, le maréchal de Broglie, avait été créé prince de l'empire en 1759 par remjjereur François i". Le jeuneMaurice l'aisaitses études ecclésiastiques au séminaire de Saint-Sulpice, lorsque la révolution l'obligea de rejoindreenAllemagneson pèrequi se rendait à Berlin. Le roi Frédéric-Guillaume lit au maréchal un accueil distingué, et acconla au prince Maurice une prévôté au cha|iitre de Posen, dans l'ancienne Pologne. L'ablié de Broglie aurait jiu occuper un siège épiscopal dans ce pays, mais il i entra en France en 1803, et fut nommé aumônier de l'empereur, qui aimait, comme on le .sait, à attirer les grands noms à sa cour. En 1805, il fut iiomuié à l'évècliè d'Acqui en Piémont, et en 1807, à celui deGand. Séduit par l'ascendant que le génie de Napoléon exerçait sur tout ce qui l'entourait, il prodigua d'abord les éloges au conquérant, notamment dans .son mandement publié à l'occasion de la victoire d'Austerlitï. Mais la conduite de l'empereur envers le saint-siége changea bieniùt ses idées, et le ministre des cultes écrivait dans Une lettre du 10 avril 1809 que Napoléon était mécontent du peu d'attachement que M. de Broglie montrait pour sa personne : ce prélat se vit même enlever son grandvicaire, malgré les elforts qu'd fit pour le conserver. En 1810, M. de Broglie refusa la croix d'honneur, persuadé qu'il ne pouvait prêter un seraient qui l'obligeait à soutenir l'intégrité de l'empire, au moment même où les états du saint-siége venaient d'y être réunis, et il motiva son refus dans uii Mémoire plein de modération qu'il adressa au ministre des cultes. Sa fermeté ne se démentit point au concile national ilu 9 juillet 1811, 3uiavait été convoqué pour aviseraux moyens 'instituer les évoques sans avoir recours au Saint-Père. L'évêque de Gand s'opposa constamment aux mesures proposées, pendant

les deux jours que dura le concile qui fut dissous le M du même mois. Le 12, le prélat fut arrêté et enfermé, ainsi que les évoques de Troyes et de Tournai, au donjon de Vincennes. Après quUre mois et demi de captivité, il consentit k donner sa démission qu'on lui demandait, et fut exilé h Beaune. Accusé d'entretenir des intelligences avec son clergé, on le transféra dans l'île de Sainte-Margue rite sur les côtes de Provence, et en 1813 le siège deGand fut donné à un autre prélat. Le prince de Broglie, pressé de nouveau, renouvela sa démission le 8 juillet, mais sans révoquer les poavoirs de ses grands-vicaires. Cette restriction motiva contre son clergé des vexations qui ne finirent que parla chute de Napoléon. La démission du prélat fit considérée comme nulle, et il retourna dans son diocèse au milieu des témoignages d'une joie vive et sincère. Mais de nouveaux chagrins l'attendaient : la Belgique avait été réunie à la Hollande; le prince Guillaume d'Orange ayant m.mifestô des projets contraires au caitiolicisme, M. de Broglie défendit la cause de la religion dans trois écrits qui parurent successivement, savoir : une Adresse au roi, signée le 28 j.iillet 1815, par les évoques de Tournai, de Gand et de Namur, et par les grands-vicaires de Malines et de Liège; une Instruction pastorale, en français et en flamand, du 2 août suivant ; et un Jugement doctrinal des évèqnes desPays-Bassurle serment prescrit. Le [lape Pie VII, à ((ui le prélat eut recours, ht parvenir, le 16 mai 1816, au ministre des Payis-Bas, résidant à Rome, une noie ortlcielle oii Sa Sdnt lé lui mandait que, la nouvelle loi fondamentale contenant des erreurs contraires à la religion catholique, la résistance des évêques ne pouvait être blâmée avec justice, et qu'un ne pouvait exiger des serments contraires à la conscience. De nouvelles discussions s'élevèrent au sujet des prières puliiiques pour le roi ; mais un bref du pape les prescrivit, .et le prélat s'empressa dès lors d'obéir. Lors de i'i'rection de nouvelles «niversités dans la Belgique, le prince de Broglie, ayant adressé au roi une Représentation dans laquelle il signalait l'introduction de certains ouvrages funestes dans l'enseigneuient, et exprimait ses craintes sur le sort des séminaires épis* copaux, devint l'objet des plus vives poursuit' s, et fut bientôt placé sous le coup d'ut mandat d'amener. Il se réfugia en France, et vécut tantôt à Beaune, tantôt à Paris. Il protesta vainement contre la procédure; Jd tribunal de Bruxelles, par arrêt du 8 novem- . bre 1817, le condamna à la déportation, et l'arrêt fut attaché, par la main du bourreau, entre ceux de deux voleurs exposés pour leurs crimes. De plus, il apprit bientôt qu'un de ses grands-vicaires avait été exilé, et deux autres mis en jugement; que des chanoines avaient été expulsés du chapitre, des curés privés de traitement, les élèves du séminaire contraints d'entrer dans la milice; que de pauvres religieuses étai'ent incpnétées jusque dans l'asile où elles croyaient s'être soustraites au monde ; enfin que la religign catho ,

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lique était entravée dans ses droits comme dans ses praliques. 11 fit imprimer en 1819 sa liéclaination rcspecttirnsr adressée à LL. MM. les empereurs d' Autriche et de Russie et le roi de Prusse, relalivcment à l'état des affaires religieuses en Belgique, datée de Beaune, 4 octobre 1818. Cetle pièce est un monument Curieux pom- l'histoire de la religion dans les Pays-Bas. 11 est juste de dire que, ini' ino chez . les protestants, l'opinion publique indignée ^ des excès où se portaient les persécuteurs a prit hautement le parti du prélat exilé. Cependant sa santé, déjà chancelante, ne put résister à t.mt d'épreuves; il succomba à Paris, le 20 juin 1821, dans sa 53' année. Ses rest s furent déposés dans les caveaux de l'église de Saint-Sulpice.

BROGN Y (Je AX-ALL4RAIET, cardinal de ), né en Savoie, dans le village de Brogny, près d'Annecy, en 13i2, d'un gardien do pourceaux, fut d'abord chartreux. Il s'éleva par son mérite, devint cardinal et chancelier de l'Eglise romaine, parut avec distinction aux conciles de Pise et de Constance, et mourut à Rome en 1426, après avoir été successivement évêque de Viviers, d'Ostie, archevêque d'Arles et évêque de Genève, laissant ]ilusieurs fondations pieuses et utiles. Les talents et les vertus de Brogny voilèrent la bassesse de son extraction aux yeux du monde. Il fut le seul qui ne l'oublia pas, et qui voulut la rappeler aux autres. Il fit graver sur les sièges de la chapelle des Machabées qu'il fonda dans Genève, de même que dans la maison qu'il habita, un monument de sa naissance, qui devint celui de sa modestie et de sa grandeur: on y voit un homme condMisant un cochon. Ce monument subsis'e encore dans la bibliothèque de Genève, où il éternise la vertu du cardinal. L'abbé Giraud Soulavie écrivit une Histoire de Jeand'AlonzierAUarmet de Brognij, cardinal de Viviers, Paris, 177't, in-12, dont il ne fut tiré qu'un très-petitnombre d'exemplaires ptiur les aniis de l'auteur.

BROHON (Jacqleline-Aimée), née à Paris en 1738, travailla u'abord à des romans, ensuite à des livres ascr'li(iues, puis se mêla de prophéliseï-. Elle mourut le 18 octobre 1778. Ses ouvrages sont : Les Amants philosophes, ou le triomphe de la raison, 17i5, in-12; Les Tablettes enchantées ; Instructions édifiantes sur le jeûne de J.-C. nu désert, 17!)1, in-12; Réflexions édifiantes; Manuel des victimes de Jésus, ou Extrait des instructions que le Seigneur a données à sa première victime, 171)!), 111-8°, espère de roman par les rêveries qu'y dé.ilc l'aiilcur. Une coiisullation de six docteurs de S(jrbonnc a signalé des inepties et lies blasphèmes dans les instructions et les Réflexions.

BROKESHY (Fu\nçois), né à Stokc dans le eomti- de Leiccster, fut jiasteur h Row Iry dans le comté d'York, et mourut vers l'an 1718 après avoir publié : Fie de Jésus-Christ ; Histoire du gouvernement de la primitive Eglise pendant les trois premiers siiclcs et le commeneetneiit du qualrinir, Lnudrcs, 1712, ili-8 ; t)r l'iducation, jiar rapport aux écohs de grammaire et aux universités, 1710, iii-8 ;

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Vie de Henri Dodwell, Londres, 1713, 2 vol.in- 8°. Ces ouvrages sont estimés en Angleterre.

BROSSE (Louis-Gabriel,) bénédictin delà congrégation de Saint-Maur, né eu 1619, îi Auxerro, mort à l'abbaye de Saint-Denis le l'' aoilt 1685 , se distingua par une piété douce et un dévouement exemplaire à l'égard des malades, que son emploi d'infirmier dans cette abbaye le mettait à même d'assister et de veiller. Il est auteur de plusieurs ouvrages tous écrits en vers. Ils sont intitulés : Les tombeaux et mausolées des rois inhumés dans l'église de Saint-Denys, depuis le roi Dagobert jusqu'à Louis XIII, avec un abrégé des choses les plus notables arrivées pendant leur règne, en fers, Paris, 1636, in-8° ; La vie de la très-illustre vierge et martyre sainte Marguerite, nouvellement mise en vers français, avec les riches anagrammes tirés du nom de la roi/ne, etc., Paris, 1669, in-12: cette vie faisait partie d'un ouvrage plus étendu, intitulé : Par-adis sacré des Muscs saintes ; Vie de sainte Euphrosine, tirée des anciens auteurs, et traduite envers français, Varis, 165i9, in-12. L'auteur modifia ainsi le titre do la seconde édition : Le triomphe de la grdce sur la nature en la Vie de sainte Euphrosine, Paris, 1672, in-V° ; Vie de saint Valeri, en vers latins et français, Paris, 1669, in-i" ; enlin des Hymnes et des Odes, sur divers sujets pieux qui parurent en 1630. Ou conservait à l'abbaye de Saint-Germain des Prés un m<inuscrit de dom Brosse, contenant la Vie des saints de l'ordre de Saint-Benoit pour tous les jours de l'année. Jacqueline de Bléiuur ayant publié un ouvrage sur le môme sujet, notre auteur, aussi modeste que laborieux, renonça à faire imprimer le sien.

BROUE (Claude de La), jésuite, mort en 1631, écrivit une Histoire de Jean-François Régis, au Puy, 1650, in-S" ; Paris, 1650, in- 12! Le P. Crèuxius la traduisit en latin, Cologne, 1660, in-12.

BROUE (Pierre de La), évoque de Mirepoix, né îi Toulouse, en 16i3 , mem*'re de l'académie de celle ville, se joignit aux évèques de Montpellier, de Sénez et de Boulogne, pour former l'acte d'ajipel qu'ils interjetèrent de la bulle Unigcnitus en 1717. Il mourut à Bellestat, village de son diocèse, en 1720, à 77 ans. On a de lui la Défense de la grâce efficace par elle-même, iu-12, contro le P. Daniel, .jésuite, et Fénelon, archevêque de Cambrai. 11 nous reste encore de lui trois Lettres pastorales aux nouveaux réunis de son diocèse, sur l'Eucharistie. C'est un des meilleurs écril<; qui aient paru sur ciMte matière. Le grand Bii>sui't avait été fort lié avec l'évêquc di' Min-poix.

BROUC.HION, Hugues), théologien anglais, né en 1oV9 dans In comté de Shiop, mourut en 1612. aprèsavoir publié un grand ii(uiil)ro d'duvragcs en sa lan:.:uc, Lundri-s, 1662,4 vid. iii-fol. Il éiail eiini'iiii déclaré des presbytériens et de 'riii'odoii' de Bèze.

BROUtiHTON (RicHAnn) . missionnaire, natif (b'Great-Smkley dans le coiiiléde Hiiiiliiigdon, fui envoyé Irès-jcuiie au cidlégo anglais de Reims, où il re;ut les ordres en

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1593. II revint ensuite comme missionnaire en Angleterre, se consacra tout entier à son ministère et à la recherche des antiquités, et devint successivement vicaire général de Smith, évêque de Chalcédoiiie, \ioaire apostoHcjue en Angleterre. U a laissé plusieurs ouvrages remarquables surtout par l'érulition : Histoire ecclésiastir/ae de la Grande- .Brelngne depuis la naissance de Jésus-Christ jus(juàla conversion des Saxons (en anglais). Douai, 1633, in-fol.; et Londres , 1651, in- {o\.; Monasticum brilannicum , cic. (en anglais), Londres , 1633, in-8" ; Jugement des temps apostoliques sur les trente-neuf articles di la confession de fui anglicane, Douai, 1632, in-8°; Epitre apologétique, en réponse au livre où l'un prétend prouver que les catiioliques ne sont pas des sujets fidèles ; Continuation de l'apologie des catholiques, tirée des auteurs protestants. [Voy. ANDERTo\.)Broushton mourut en 163i.

BKOUGHTON (Thomas), né à Londres, d'un ministre, le 5 juillet 170.'i. , exerça le môme emploi que son père, et s'appliqua avec beaucoup de succès au genre d'étude analogue à sa charge. 11 mourut le 21 décembre 1774, après avoir donné au public : Bibliotheca historica sacra , 1736, 2 vol. infol. C'est une espèce de dictionnaire historique de la religion; des Sermons; Biographia Britannica.

BKOUSSE (Pasc vl-Francois de La), conseiller au parlement de Bordeaux dans le xvii' siècle, écrivit en latin un ouvrage intitulé: Pro Clémente Quinte, pontif. max., Yindiciœ, sea de primatu Aquitaniœ disscrlatio, Paris, 1637, \ï\-k°, où l'on trouve de savantes recherches sur les antiquités de la province de Guienne.

BllOUSSON (Claude), naquit à Nîmns en 1647. Il fut reçu avocat, et se distingua à Castres et à Toulouse par ses plaidoyers. Ce fut chez lui que se tint en 1683, l'assiunblée des députés des églises réformées , dans laquelle on résolut de continuer à s'assembler, quoiqu'on vînt ci démolir les temples. L exécution de ce projet occasionna des séditions, des combats, des exécutions violentes, qui finirent par une amnistie de la part de Louis XIV. Brousson retiré alors à Nîmes, et craignant avec raison d'être arrêté avec les principaux auteurs du projet ((ju'on no comprit pas apparemment dans l'amnistie), se réfugia à Genève, et de lii à Lausanne. Il courut ensuite de ville en ville, de ro,aume en royaume , tAchant d'armer des princes protestants contre sa patrie. De retour en France il parcourut plusieurs provinces, la Champagne, la Picardie, l'Ile de France, l'Orléanais, la Bourgogne, exerça quelque temps le ministère dans les Cévennes , parut à Orange, passa dans le Béarn pour échapper h ceux qui le cherchaient , et fut arrêté à Oléron en 1608. On le transféra à Montpel- Jier, où il fut convaincu d'avoir eu des intelligences avec les ennemis de l'état, d'avoir excité des révoltes, et d'avoir sollicité les puissances étrangères à poiter le fer et le leu dans sa patrie. On lui montra un projet

écrit de sa main, et adressé au duc de Schomberg, pour introduire des troupes anglaises et savoyardes dans le Languedoc. Il fut condamné k être rompu vif. On a de Brousson un grand nombre d'écrits furieux on faveur de sa secte : FEtat des Réformés de France, La Haye , 1683 ; des Lettres au clergé de France, publiées dans la môme année ; des Lettres des protestants de France à tous les autres protestants, imprimées aux dépens de l'électeur de Brandebourg , en 1686. Oa les fit répandre dans les cours protestantes de l'Europe; Remarques sur la traduction du Nouveau Testament d'Amelotlc, 1 gros vol. in-12, 1697, où il traite par occasion des matières controversées. '< Les philoso[)hes de « ce siècle, dit un auteur moderne, ont voulu « faire de Brousson un pendant aux martyrs « de la foi ; mais jamais la religion n'a « comité au nombre de ses témoins et de « ses défenseurs les séditieux et les traîtres ; « les protestants môme n'ont vu dans Brous- « son qu'un enthousiaste brouillon etvénal. » Les Hollandais , qui aitendaient l'occasion de protiter des troubles que Brousson s'efforçait d't'xciter en France, accordèrent à sa veuve une pension de 600 florins, outre celle de VOO (|u'ils faisaient déjà à ce fanatique. BUOUSTER (l'abbé Pierre-Marie), régent au petit séminaire de Tréguier, se dévoua de bonne heure à l'instruction. Lors de la fondation de ce petit séminaire en 1816, il y entra en qualité de maître d'études ; et il y remplit ensuite penilant quelques années les fonctions de régent. Nommé vicaire de Quimper-Guézénec, il ne renonça pas toutefois à l'enseignement ; et il accepta peu de temps après une chaire duis l'établissement où il avait déjà fait apprécier son zèle. L'abbé Brouster est auteur de plusieurs ouvrages d'instruction, parmi lesquels on distingue sa Grammaire française , fruit d'une longue expérience, et qui, revêtue de l'approbation universitaire, a été plusieurs fois réimprimée. Il a publié, en outre, une dissertation sur la langue bretonne, et quelques articles historiques dans les journaux. L'abbé Brouster mourut à Tréguier le 17 mai 1847. Ses restes furent Iranspoités à Plemeur-Gautier, lieu de sa naissance, au milieu d'une grande aftluence, et M. l'abbé Cyrille Hamel, recteur de Tonquédec, son ancien ami , prononça son oraison funèbre qui, simple comme la vie du digne prêtre dont elle retraçait les vertus, n'en produisit qu'une émotion plus vraie et plus profonde parmi ses auditeurs. BROUWER (Chuistophe), né à Arnheim, vers l'an 1360, jésuite, mort à Trêves le 2 juin 1617 , laissa : Fuldensium antiquitatum libri /r, Anvers, 1612, in-4°. Ces annales civiles et ecclésiastiques de Fulde sont écrites fort méthodiquement, et vont jusqu'en iGlQ ; Àntiquitates annalium Trevirensium , et episcoporum Metensium, Tullensium et Ver dunensium, Cologne, 1626, in-fol. Le manuscrit de cet ouvrage fut examiné par des conseillers de l'électeur, qui, plus zélés pour les intérêts de leur maître que pour ceux de la vérité, firent des changements consi-

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d(''ral)lcs, et c'est dans cet état que parut l'i'difion de 1620, qui, malgré cela, fut supprimée quelque temps après. Cette éd tinn est rare. Le Père .M isénius eu donna une seconde édition, et ajouta trois livres aux vingt-deux du Père Brouwer; mais elle passa encore par les moins des conseillers qui y firent de nouveaux changements. Cette édi-i tion parut à Liège en 2 vol. in-fol., 1G70. On estime surtout les |iréliminaires du Père Brouwor; ils contiennent une iiilinité de recherches savantes sur tout ce qui a rapport aux antiquités et aux usages des peuples qui ont haijité le pays dont il écrit l'histoire. Le savant Jean Eccard, après s'être plaint sur le peu de bonnes histoires que l'on a d>^s évôchès d'Allemagne, ajoute : « Unus Browerus « vir plus, probus et doctissimus. supra vul- « gus caput exiulit. et Annales Trcvirenses « adornavit, qui licet ab invidis, et veritatis « atque crudifionis solidioris osoribiis diu « pressi et ferme opjiressifuerint, tandem ta- « men a Nfasenio continuatore, aliquaiitulum « licetimmutati et castrati,in publicumemissi « sunt, et metropolis Trevirensis historiam « ea in luce posuerunt, ut auctori suo feter- « nas illa gratias debi'at. » De Hontheim, sulfragant de Trêves , a donné une nouvelle histoire de cet archevêché, en latin , 3 vol. in-fol., Augsbourg, 1750. Ycnantii H. C. Fortunati opern, avec des suppléments et des notes, Mayence. 1030, in-V. Vies de quelques saints d'Allemagne, tirées d'anciens manuscrits, Mayence, 1616, in-i". Le Père Brouwer était très-savant: IJaronius en parle avec éloge dans ses Annale*, tome X.

BROWN (Robekt) , né vers la lin du XVI' siècle , d'une assez bonne famille du Riillandshire, et allé au lord-lrésorior Burleigh, chef de la secte qui porte son nom, fit ses éludes à Cambrid.;e, et commença à publier ses opinions et à déclamer contre le gouvernement ecclésiastique h Norwich, en 1380. Il attaqua également les ép'scojtaux et les presbytériens, et voulut établir un gouvernement ecclésiastique purement démocratique. Il s'attira bientôt l'animadversion des évéques. 11 se glorifiait lui-même d'avoir été pour cette cause en trente-deux prisons dillérentes. Par la suite, il sortit du royaume avec ses sectateurs, et se retira à MiJdelbourg en Zéiande, où lui et les siens obt.nrent des états la pcrmissioiule b'ilir une église, et d'y servir Dieu à leur manière. Peu de temps après, ladivision semit parmi eux : plusieurs se séjiarèreiit, ce qui dégoûta tellement BI■o^^n, qu'il se démit de sou office retourna en Aiglelerre on 138'J,y abjura quelques erreurs, sans cesser d'ètiv faiiatique, et fut nommé ii la place de recleunlaiis une église du Noithamplonshire, où il mourut en l|i30. On a de lui un livre anglais, intitulé Di/I'ircnie tirs mœurs des Chrétiens, d'arer cellis dis Tiins, des papistes et des naiens, Mi.jdelbouig, I v„|. in-V.

ItROW.N uu Biiow.NE {Thomas), médecin et antii|uairede Londres, né le lO octobre 160o, voyagea on France et en Italie, prit le degré do (Ivcleur en médecine à Leyde et h Oilbrd, fut

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créé chevalier par Charles II en 1671. Il mourut le 19 octobre à Norwich , en 1(!82. On a' recueilli ses ouvrages à Li-ndres en 1686, en 1 vol. in-f", divisé en k parties. La l'^renferme uni traité, traduit en français par l'abbé Soiichay^ sous ce titre : Essai sur les erreurs populai~ res, ou Examen de plusieurs opinions reçues^ comme vraies, qui sottt fausses ou douteuses,. 2 vol. in-12, Paris, 1733 et 17i2, pleins de reclierches et de bonne critique. On trouve dans la 2' partie le fameux ouvrage, traduit en tant de langues, intitulé Religio Medici, imprimé séparément à Leyde.en IGi'i-, in-12. Quoique ce traité ait fait soupçonner Brown d'avoir un symbole réduit à très-peu d'articles, on assure pourtant qu'il était zélé pour la religion anglicane. Il est certain qu'il ne peut être agrégé aux philosophes de ce siècle; on peut en juger par ces passages remarquables des Er.reurs populaires : « Pour « entraîner plus sûrement dans l'erreur, le* « démona persuadé aux hommes qu'il était un- « être imaginaire, et par là il endort l'houime^ « dans une fansse sécurité et lui fait conce- « voir des doutes sur les peines et sur les «récompenses futures. Il éb:anle l'opinion « même de l'immoi talité de l'âme : car ceux « qui prétendent qu'il n'y a pas de substan- « ces purement Sfûrituelles , croiront encore « moins que leurs Ames doivent exister après « (ju'elles seront séparées de leurs corps. » F- DiîLnio, Mead, Opuionée, Spé. Les traités qui occupent les deux auires parties, roulent sur les [liantes dont il est parlé dans l'Ecriture ;; sur les poissons que Jésus-Christ mangea après sa résurrection , avec les apôtres ; surles guirlandes des anciens ; sur des urnessépulcrales trouvées en Angleterre, etc.

BROWN (Edol abd), théologien anglais , parent du précédent, vivait dans le xvu' siècle. Nous lui devons un ouvrage peu commun, imprimé en 1690, à Londres, en 2voL in-fol. sous ce titre : Vasciculus rerum expetrndarum et fugieitdarum. Cet ouvrage est un recueil do pièces- concernant le concile de Bàle, de lettres et d'opuscules relatifs au même objet ; le tout recueilli |)ar0ituiu Or;»tius. Brown, en donnant la nouvelle édition que nous citons, l'a enricliii' de notes, et d'un appendice d'anciens auteurs qui ont écrit sur la même matière. 11 a encore donné quel()ues autres ouvrages', trop peu coanus pour en fiiire mention.

BROWN iPiKBRE', natif d'Irlande, d'abord prévôt du collège de la Trinité, ensuite évê- (pie de Cork, mourut dans son palais épiscopal l'u 173.Ï. après avoir publié une Réfutation du Christianisme non mystérieux de Toland. Londres, IGMil, in-8'. Ce traité fut l'origine de la fortune de Brown : ce qui faisait dire il l'impie « que c'était lui (jui l'avait fait évêque deCork; » plusieurs écrits contre la coutume de boire en mémoire des morts, 1713. iii-t2: le l'rogn's, l'élude et 1rs limites de l'entmilrment humain, qui est comme uu supiiliuiient h .son écrit ciuilie Toland, 1728, in-8'; plusieurs Sermons. Ce prélat avait lieaucoujMonlrdiué h épurer le goùldes orateurs de >uu pays, «jui se jeluienl la plupart

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dans les pointes , l'enflure et les fau-x brillants.

BROWN (Moïse), vicaire tl'Olney, dans le comté (!e Buckin,u;ham , puis chapelain du coll(''gn de Morden, né en 1703 , mort en 1787, commença par Hre tailleur de plumes. Ce fut Harvev, l'auteur des Méditations, qui le fit élu lier et entrer dans les ordres. On a de lui plusi(^urs Sermons, et [ilusieurs ouvrages en vers, entre autres : un volume de Poésies, 1739, in-8° ; Pensées du dimanche, poëine , nW , in-12 ; Pejry Lodge , ))oeme descriiitif, 1756. Brown trad ,isit les ouvra:;es di' Zimmerman ; il fut l'é^iiteur du Parfait pécheur à la ligne, de Wallon , et réimprima Ips Eglogues sur la péchc [Piscatory eglngues), du même auteur, 1773.

BRÔWN (Jew), ministre anglican et écrivain remar(]ual)le , né h Rolhbury dans le Nortliumberland le 5 novembre 1715, chanoine de Carlisle, docteur en théologe, servit en qualité de volontaire pendant les troubles de sa patrie, en 1745. Il avait pris parti pour la cause royale et se comliàsit avec beaucoup d'intrépidité au siège de Carlisle. Il mourut le 23 septendjre 176G. On a de lui : L'honneur, poëme imité de la satire de Boileau sur le même sujet ; Essai sur la satire, 1750, en trois .chants, imprimé en tét.s du second volume des Olîuvres de Pope ; Essais sur les Caractères de Shaftesbury, 1751, ouvrage qui fut f irt goûté, et réimpr. pour la cinquième lo's en 176i, in-8°; Appréciation des mœurs et des principes du temps, 1737, in- 8°, écrit à Toccasion de l'esprit de découragement qui s'ét.iit alors emparé delà nation, et fut bientôt suivi d'un réveil funeste à sl's voisins. Cet ouvrage a été traduit en français par Chais, "^ous ce litre : Les mœurs anglaises, ou Apjiréciation, etc., La Haye, 1738, in-8". Ce livre, où l'auteur en s'élevant contre la vanité du siècle montre lui-même beaucoup de vanité, lui fit de nombr ux ennemis; Dissertation sur l'origine , l'union, le pouvoir, les progrès, la séparation et la corruption de la poésie et de la musique. — L'Histoire de l'origine et des progrés (te la poésie, que Brown publia en 17(54., in-8°, et dont Lenglet fait un grand éloge, n'est qu'un extrait de l'ouvrage précédent. Eidous la traduisit en français, Paris, 1708, in-S" ; des Sermons; des pièces de théâtre, il n'est pas surprenant devoir en Angleterre allier le niira'smeavec la chaire; n'ayant p.oint de princijies fixes de morale, les minisires anglais croient que ce sont deux manières d'inst;uire.

BROWN ((îuiLLAUME-LAuuENT),néle7janvier 1755, d'une famille anglaise, à Utrecht, où il devint pasleur et directeur de la cocnmunauté anglicane , fut nommé en 1788 pour occuiier la chaiie u'hisloire ecclésiastique et de philosopliie morale , à laquelle il réunit en 1790 l'enseignement du droit naturel, l^n 1794 il se retira en Ecosse, puis il enseigna peniant quelques années la théologie à Aberdecn. Outre un discours sur l'existence de Dieu, qui fut couronné, mais qui no paraît ])as avoir été imprimé, on connaît de lui : Oratiu de reiigiavJs et philosophiœ socie-^

taie et concordia maxime salutari, Vlrechi, 17>'8 ; trad. la même année en hollandais; Oratio de imaginatione, tnvitœ institulionère^ genda,[]'rec\\\, 1790; Essai sur l'égalilé iinturelle des hommes et sur les droits et les obligations qui en résultent, inséré dans les Yerhandelingen, etc. (Dissertations relatives à la religion naturelle et rév'Iée, publiées nar la société de ïaylor à Harlem, tome III, 1793). Cet Essai parut en Anglais à Londres, en 179'i- ; Sermon sur les signes des temps (Math. XVI, 3), prononcé le 13 février 1793, en hollandais, Ùlrecht, 1793. Biovvn mourut' vers 1810.

BROWNR ((Georges) , le premier évêque qui ait embrassé et introduit la réformation en Irlande, éla t mo'ne dans un couvent d'augustins ;i Londres, et devint provincial de son ordre en Angleterre. Son goût pour la doctrine de Lulhe{' f t un tit:e de recommandation aux yeux de Henri VHI, qui le nomma, en 1334, archevêque de Dublin. Il travailla de tout son p :uvoir à faire renoncer ses diocésains à la soumission au pa|)e, et fut nommé, en 1551, primat d'Irlande, î\ la |ilace de Tarclievèque d'Armagh, Dondal, vivement opposé aux mesures de la cour ; mais il fut privé de ce litre et de sa dignité d'archevêque, en 1554, par la reine Marie, et mourut en 1536. 0; tre quelques LetO-cs relatives aux allmres d'Irlamie , on a de lui un sermon contre le culte des images et l'usage de prier en latin, im))rimé à la suite de sa Vie, Londres, Li8i, in-4°.

BRUCIOLI (Antoine), laborieux écrivain, nnq'iit à Florence vers la fin du xV siècle. Ayant tremiié en 152-2 dans la conjuration do quebiues citoyens florentins contre le cardinal Ju'es de Médicis, Je()uis pape sous le nom de Clément VII, il fut obligé de s'expatri ret passaen France. Les Médicis ayant été chassés de Florence en 1527, cette révolution le ramena oans sa patrie. Mais la libi rté avec laquelle il se mit à parler contre les reli,;ieux et les prêtres, le fit soupçonn r d'être attaché aux nouvelles ofunioi s. Il fut emprisonné ; convaincu d'hérésie et de projets contraires au repos de l'étal, il n'aurait point échappé à la corde si les bons offices de ses amis n'eussent fait réduire son chAliment à un bannissement de deux ans. Il se retira alors à Venise avec ses frères qui étaient imprimeurs et libraires, et se servit de leurs presses pour publier la plupart de ses ouvr.iges, dont le plus connu et le plus recherché est la Bible entière traduite en langue italienne, avec des commentaires. Dans cette Bible, Brucioli dévoile son attachement aux erreurs de Luther et de Calvin : les réformateurs s'en at'commodèrent et en publièrent iilusieius éditions. Mus la plus ample et la plus rare est celle de Venise, 1346 et 1548, 7 tomes en 3 vol. in-lol. Brucioli prétend avoir lait sa traduclion sur le texte hébreu ; mais la vérité est que, très-médiocrement versé dans cette langue, il s'est servi de la version latine de Sanctès Pagnin, que niême il n'a pastoujours entendue : son style d'ailleurs i st ;.ussi barbare que le latin qui lui a se.v! d'original. Ses au res ouvrages sont:,

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des traductions italiennes do rHisloire de .> Pline, et de plusieurs traités d'Aristote et de Cioéron; des éditions de Pétrarque et do Boccace avec des notes ; des Dialoç/ues, Venise, 1526, in-fol. On ne sait point l'année de sa mort, mais on sait qu'il vivait encore en

BRUCKER (Jean-Jacques), savant distnigué, né à Augsbourg en 1696, occupa quelque temps une place de pasteur à Kaufljeucrn; mais sa réputation le fit appeler à Augsbour^s où il exerça avec succès le ministère de la prédication. Ses travaux s'étaient constamment dirigr-s vers l'histoire de la philoso[)l!ie". Il a donné à ce sujet un grand ouvrage qui a fait sa réputation, intitulé : Historia crilica philosophiœ, a7nundi incunabuUs ad nostram usque œtatcm deducta, Leipzig, 174-1, 5 vol. in-4°, et 1767, 6 vol. in-4°. On tiouve dans cette compilation, fruit dune érudition fort exacte et très-éteuduc, la vie et les opinions des philosophes exposées avec détail et fidélité. 11 en a donné lui-même un abrégé sous ce titre : Institutiones liistoriœ philosophiœ, Leipzig, 1747; in-8'. M. Fr. fiottl. Born, profe'sseur à Leipzig, en a donné une nouvelle édition notablement augmentée : Jac. Brucheri institutiones philosophiœ usui academicœ juventutis adornatœ : denuo perlustravft et adnostra tempora contimiavit F. G. Born, Leipzig, 1790, grand in-8°. Brucker a publié en outre : L'Ancien et le Nouveau Testament, avec une explication tirée des théologiens anglais, Leipzig, 1758-1770, 6 parties in-fol.; Disputatio de comparalione philosophiœ Gentilis cum Scriptura, Irna, 1720, in-4° ; Questions sur l'histoire de la philosophie, depuis le commencement du monde jusqu'à la naissance de Jésus-Christ, en allemand, 7 vol. in- 12. Plusieurs Dissertations intéressantes sur des points d'érudition et d'hisloire littéraire. Il mourut h Augsbourg en 1770.

. BRUEL (JoACuni), en latin Brulius, religieux augustin, né à Vorst, village de Brabant, au commencement du xvu' siècle, mort le 29 juin 1653, professa successivement la philosophie et la théologie dans son ordre, et ayant été envoyé en France par ses supérieurs, y prit à Bi)U(gos le bonnet de docteur en théologie. 11 lut élu prieur du couvent de Cologne, en 16;J8, et fut fait deux fois provincial, en 1640 et en 1649. On a du P. Bruel : Brèves rcsoluliones casuumapud regulares reservatorum, Cologne, 1640; Les Con- I fessions du bienheureux Pire Alphonse d'Oirasco, traduites de l'espagnol en français, Cologne, 1640, in-16 : Vitu B. Joannis Chisii, Anvers, in-i6; llisluriœ J'rmanœ ordinis eremitarum S. J'. Augustini liliri octodccim, Anveis, 1651, in-fol.; De sequcstrulionc religiosorum, imprimé vers 1653; Rcrum morumque in regno Chinrnsi maxime noiabilium liiHuriu, ex ipsis (liim nsiuni libris, ri religiosorum, qui in ilto ])rimi furruni, littcris ac relalioHc amcinnala; item J'alrum Auguslinianorum et Franciscanorum in illud ingrcssus per J. G. de Mcndoza, Anvers, 1655, in- '►°. C'est une tiaduction de l'espagnol d'un ouvrage de Jeau-(Joiiz. de Mondoza, aussi

religieux augustin, et depuis évoque de Lipari, qui avait été envoyé à la Chine par le roi d'Fspagne, Philippe II.

BRUEYS (D vviD-AuGUSTiN de), naquit à Aix eu 1640. Il fut élevé dans le calvinisme et dans la controverse. Avant écrit contre l'Exposition de la foi par Bossuet, ce prélat ne répondit à cet ouvrage qu'en convertissant l'auteur. Brueys, devenu catholique, combattit contre les ministres protestants, enti'e autres contre Jurieu, Lenfant et La Boque, mais son génie enjoué lui lit quitter la théologie pour le théâtre. 11 compoa plusieurs comédies, conjointement avec Palaprat son intime ami, qui y eut |)Ourtant la muindri» part. Les tragédies de Brueys ont aussi illustré la scène française. Toutes les pièces dramatiques de cet auteur ont été recueillies en 1735, en 3 vol. in-8°. 11 y a répandu le même caractère qu'il avait dans la société : il avait l'imagination vive, les mœurs simples, et lieaucoup de naïveté. On a encore de lui une paraphrase en prose de \'Art poétique d'Horace , qui n'est projtrement qu'un commentaire suivi; une Histoire du Fanatisme ou des Cévennes, 1713, 3 vol. in- 12,tet divers écrits conir'e 1ns calvinistes, publiés avant qu'il eût travaillé pour le tliéitre, et après qu'il eut renoncé à ce genre. L mourut à Montpellier en 1723, à 83 ans.

BRUGIÈRES (Pierre), prêtre janséniste et constitutionnel, né le 3 octobre 1730, à ïliiers en Auvergne, devint chanoine de la collégiale de cette ville. Après avoir prêché à Clerinont, à Riom, et à Paris en 1768, il entra dans la communauté de Saint-Roch où il resta peiulant dou^e années. Ayant publié, en 1777, une brochure anonyme intitulée : Instruction catholique sur la dévotion au Sacré-Cœur, dans laquelle il défendait les erreurs de Port-Royal , Brugières fut privé de ses pouvoirs par Mgr de Beauiiionl, ar chevôque de Paris; mais à la dem.inde du curé de Saint-Uoch, il fut envoyé comme vicaire à Marly. En 1789, il était chape. ain de Saint-MaQiCt dans l'église des Innocents. Ce fut à cette éi)oquc que parurent ses Doléances des églises, soutaniers ou prêtres des paroisses de Paris, in-8", ouvrage dans lequel il professait les opinions jan>énistes les l)lus avancées, et qui le lit no.uiiier curé constitutionnel de Saint-Paul . Mgr de Juigné ayant jirotesté la même année contre la con>titution civile du deigé, eu donnant sa démission de l'archevêché de Par. s, Brugières lui répondit par un Discours patriotique au sujet des brefs du pape, (jui fut bienlùt suivi d un pamphlet dirigé coimc Mgr de Boiial, son propre évê lue, sous ce tilre : La lanterne sourde ou ta conscience de AL***, ci-devaul évéquc de éclairée par tes lois de l'Eglise et de l'Etat sur la constitution civile du clergé, 1791, in-12. Cepeiulant il protesta contre l'institution canonii|ut' donnée [lartîobcl il un prêtre mai'ié, et lut mis en piison pour celte cause. Bei;du à la bberlé peu do temps après, il subit eiicoie deux auticseinprisonnenienls; après avun- perdu la euro de Saint-l'aul. il continua ii exercer le juiuis-

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tèro dans des églises que quelques personnes avaient louées. Il faisait usage d'un sacramentaire français, et avait retranché les prières à la sainte Vierge ; cette innovation ayant été blâmée [lar le presbytère de Paris, il y répondit par un Appel aux prêtres chrétiens. Brugières assista aux conciles de 1797 et de 1801. Il prononça en 1798, les éloges funèbres des jansénistes Sanson et Minard. Il est mort le 7 novembre 1803, à l'âge de 73 ans, après s'être montré constamment l'iui des plus ardents défenseurs du jansénisme. On a de lui, outre les ouvrages cités : Instruction sur le mariage, sur la soumission aux puissances, 1797, in-S" ; Avis aux fidèles sur la rétractation du serment civic/ue faite par le clergé et le curé de... (Saint-Germain-l'Auxerrois), et leur rentrée dans le sein de l'Eglise, iSOi) ; Instruction sur les indulgences et le jubilé, dans les Annales des constitutionnels, t. IX, p.39'i.; Observations des fidèles à MM. les évéques de France, à l'occasion d'une indulgence pténière en forme de jubilé adressée à tous les fidèles par le cardinal Caprara, brochure in-8", sans date, qui parut en 1803 ; des Instructions citoisies, 2 vol. in-8'', publiées après sa mort par Degola; enfin plusieurs écrits moins importants.

BRUGMAN (Jean), prédicateur qui se rendit célèbre dans le xv° siècle, naquit à Kempen dans l'ancien archevêché de Cologne, et entra dans l'ordre des Franciscains. Il exerça un immense empire sur la multitude de son temps, dont il connaissait merveilleusement les idées, le langage et les penchants, et ii serait bien à souhaiter que l'on pût retrouver quelques-uns de ses sermons. Voici un morceau qu'un biographe, son compatriote, cite pour donner une idée de sa manière. 11 tirait, dit cet autour, un billet de sa manche, lorsqu'il était en chaire, et s'adressait ces questions : « Brugman, vas-tu « armé de lon^s couteaux pour défendre les « lieux de prostitution ? Non certes. Cours- « tu après les charges et les bénéfices? Non « certes. Plutôt que d'être simouiaque, tu « préfères d'aller simplement avec Un pau- « vre froc rapiécé. Donnes-tu l'absolution « pour de l'argent? Non certes. ïu confesses « tout le monde gratuitement pour )ilaire à « Dieu, et tu ne dépouilles pas les brebis de « leur laine. Quand il y aura des pestiférés, « les abandonneras-tu comme font quelques- « uns ? Non certes. Pauvres ou riches, tu « colleras ta bouche sur la leur, tu les assis- « teras jusqu'à leur dernier soupir. » Il contribua plus que personne à éteindre les factions des /yoee/tj: et des Kabillaauws dans les provinces des Pays-Bas où il prêchait, et biltil un couvent à Dordrecht, malgré l'opposition des magistrats, par la protection de Kiabelyn, conseiller da Philippe le Bon. Brugman enseigna la théologie au couvent de Saint-Omer, fut ensuite provincial, et mourut en o leur de sainteté, l'an li73, à Nimègue. On a de ce religieux : Vita S. Lidwinœ, virgmis, Schiedam, 1498, in-i", à longues lignes, goth., avecfig. sur bois ; cet ouvrage, qui n'est qu'une traduction, a été re-

produit dans les Acta sanctorum, t. II, p. 270. On trouve dans les Ilorœ Belgicœ, de M. Hoffmann, p. 39, un cantique en vers hollandais! attribué à Brugman.

BRULEFER (Etienne) , frère mineur de Saint - Malo , professeur de théologie à Mayence et à Metz, auteur de plusieurs ouvrages de scolastique, parmi lesquels on dislingue une Dissertation contre ceux qui font des peintures immodestes des personnes delà sainte Trinité. Il vivait dans le xv' siècle.

BRU.MAULD DE BEAUREGARD ( Jean ), ancien évêqiie d'Orléans, né à Poitiers, le 2 novembre 1749, d'une ancienne famille de l'Angoumois, commença ses études au collège de Poitiers, alors tenu par les jésuites. Dès l'âge de treize ans, par suite d'un abus trop commun, il fut pourvu d'un canonicat au chapitre de Notre-Dame de Poitiers. Après avoir terminé ses humanités, il se rendit à Paris, fit sa licence en Sorbonne, et fut ordonnéprêtre au séminaire de Saint-Sulpice. Quelques années auparavant, il s'éiait démis de son canonicat de Poitiers, et avait été nommé chanoine de la cathédrale de Luçon ; il y devint ensuite vicaire général du diocèse. La révolution ayant éclaté, il refusa le serment, et se retira en Angleterre, où il demeura jusqu'en 1795. A cette époque, on lui confia une mission pour le chef de l'armée vendéenne, Chiretle ; il la remplit avec succès à travers mille dangers, et il voulut continuer de partager les périls de l'armée royaliste, où il exerçait d'ailleurs les fonctions du sacerdoce. En 1798, après la pacification de la Vendée, sa conduite fut dénoncée au direcfoi'-e, qui le fit arrêter et déporter à Cayenne. Au bout d'environ deux années, il put s'embarquer pour revenir en France ; mais la traversée ne fut pas heureuse ; son vaissctmfut pris par les Anglais. Dès qu'il eut recouvré la lib-rté, il revint à Poitiers, et il fut nommé curé de la cathédrale de citte ville, en 1804. Nommé par le roi, en 1817, évêque de -Montauban, il vint attendre ses bulles à Issy, chez les prêtres de Saint-Sulpice; mais l'expédition des bulles fut retardée par suite des diûîcultés qui s'élevèrent au sujet du nouveau concordat, et l'abbé de Beauregard retourna à Poitiers. L'évèclié d'Orléans éiant venu à vaquer, en 1822, par la mort de Mgr de Varicoutt, l'évêque élu de ilontauban fut transféré sur ce siège. Le nouveau jn-élat avait profité de son séjiiur dans sa ville natale pour faire sur les monuments qu'elle renferme des études qui ont obtenu l'estime des archéologues et des antiquaires. Après la révolution de juillet, Mgr de Beauregard se trouva placé dans une position délicate, à cause de ses antécédents jiolitiques; toutefois il sut aplanir tous les obstacl(\s par sa prudence et son extrême charité; il obtint même que les processions dont la sortie avait été interdite à cause qu'il existait à Oiléans un temple protestant, [lussent circuler dans les rues. Son grand âge et ses iidirmités déc lièrent enfin le prélat h se démettre de son siège. Nommé chanoine du premier ordre au chapitre royal de Saint •

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Denis, il se fixa à Poitiers, où il mourut le 26 novembre iSil, h 92 ans. On aiiece prélat trente-quatre Mandonenls ou Lettres pastorales, et plusieurs manusirits, parmi lesquels on c te : une Histoire des évoques de Luçon; une Dissertation sur le Campus Vaucladensis ; une Dissertation sur l'église Saint- Hilaire de Poitiers, e c. 11 laissa en outre des mémoires qui ont été pnliliés sous ce titre : Mémoires de M(jr J. Brumauld de Beaureejard évêque d'Orléans, préeédés de sa Vie, écrite sur des notes et des documents authentiques, Poitiers, 18'i-2, 2 vo!. in-12.

BRUMOY ; Pierre), naquit à Rouen l'an 1688. Il entra dans ia soci''lé des jésuites en 170i. xVprès avoir professé les humanités en province, il fut appelé àParis. On le chargea de l'éducation du priuce de Talraont, et de quelques articles pour le Journal de Trévoux. L'Histoire de Tanterlan par son confrère Marga', dont il avait i lé 1 éditeur, l'oljjijiea de quitter la capitale ; mais celle csiièce d'exil ne fut pas long. A son retour on le chargea de continuer l'Histoire de l'Eglise gallicane, que les Pères de Longneval et Fontenai avaient conluite jusqu'au 11' volume. Brumoy mettait la dprnière main au 12% lorsqu'il mourut en 17V2. Le P. Bertliier l'a cuntuiuée. On a encore de lui : Le Tltédtre des Grecs, contenaiildes traductions analysées des tragédies grecques, des discours et des remarques sur le théâtre grec, eu 3 vol. in-i°, et 6 vol. in-t2. Ce livre a été ri'iraprimé avec des corrections et des augmentations par MM. de Rocliefort, de LaPoric du Theil, Prévost et Brottier, Paris, 1780-1789, 13 vol. Jn-8", lig., et plusrécmment encore par AL Raoui-Rochette, 1823, 16 vol. in-8". C'est l'ouvrage le plus [jrofond, le mieux raisonné qu'on ait sur cette matière. Li'S traductions sont aussi élégantes que tidèles ; tout respire le goiit. L'auteur dans ses parallèles ne paraît i)as rendre assez de justice aux modernes; mais si ses jugements paraissent tiop sévères à l'égard de quelques honlmes célèbres, ils rie le sont pas dans leur généralité ; il est certain que cette foule de mauvais tragiipies que notre siècle a |iioduilc, vient de ce que la lecture des anciens a été négligée. « C'est, dit un sage critique, parce (|u'on « s'éloigne trop de cette nob:e simplicité (]ui « fut toujours l'objet de leur émulation, « qu'on donne à présent dans l'extiaorui- « naire, dans le biz.u'rc ou dans le fa ble. 0 Peut-être aussi le manque de tale.t est-il « la vraie source de cette d si-tte de bonnes « tragi'dies. il n'appartient qu'au génie d'é- « galer le génie; ul la mi'dioriité ou le m ns strueux sont oïdinairement lo partage do « ceux qui, sans unssion, veulent ligurer 0 sur la scène, qui n'admet que les grands « maîtres. » /{'TKCj/ de diverses pièces en prose ft en vers, en V vol. in-8'. L'auteur nans sa poésie ajiprochc plus de Lucrèce qui' de S'ii'giliN On II! sent surtout dans sf»n Poème g ur les Passions; ouvrage estimable pur la noblesse des pensées, la iiiiiltrplicilé des iina-

fe-;, la variété et lacliale;ir drs (ifMi'i|iiio.is, I pureté et 1 élégance du stjlc. Il y a dans

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.e même Recueil un autre Poi^'mesut- Vart de la verrerie, qui offre de trè-;-beanx vers. On trouve à la suite de ces deux poèmes, tradiii s en pi-ose libre par l'auteur, de« Discours, desEp{tre^,des Tiagédies, des Comédies, où régnent le goi'it et la sagesse, ne. Le P. Brumoy a achevé les Révolutions d'Kspagne, du P. d'Orléans, et revu YHistoire de liienzi du P. du Cerceau. Cet homme laiiolieux s'est fait estimer au'ant par son caractère et ses mœurs que par ^es ouvrages.

BRUN (Pierre Le), pièti-e de l'Oratoire, né à Br'i.;noles, en 1661, mort à Paris le 6 janvier 1729, célèbre [lar son savoir dans les matières ecclésiastiques et profanes, est auteur de [ilusieurs ouvrvages. Les plus estimés sont : L'Histoire cridf/ue des pratiques superstitieuses qui ont séduit tes peuples, et i »;barrasse les savants, avec la méthode et les principes pour discerner les effets naturels de ceux qui ne le sont pas, 1732, 3 vol. in-12. L'abbé Granet, sim compatriote, n donné en 17.'i7 un '*' vol. de cet ouvrage. Il avait d'abord été imprimé sous le lit e de : Lettres pour prouver l'illusion des philosophes sur la baguette divinatoire, 169."i, in-12. Le P. Le Brun nie que les effets de celle baguette puissent recevoir une exiilicatiou i)hysique ; et s'il y en a (|U(l(]ues-uns de réels, il prétend qu'il faut les atfribuiT au démon ( Votf. Aymar). Tout l'ouvrage n'est qu'une compilation assez mal digérée, et dont il serait aussi dillicile de former un résultat décidé, que de l'Histoire des apparitions de Lenglet du Fresnoy, ou de celle des Vampires de dom Calm -t. Il ny a guère que le procès des bergers de Pacy, inséié dans le 4' volume, (|ui piésenle un cxrps de ]ireuves bien suivies : aussi les philosophes du temps n'ont-ils jamais entrepris de les contester. « Le but de « l'auteur, dit un crili(|ue, paraît avoir clé : « r de conserver la mémoire de ijuelijues « faits extraordinaires ; 2° de dcsabuNCr plu- « sieurs personnos(iui croyaient lro|) ou trop « peu ; 3° de montrer que les physiciens, ac- « coutumes h faire des systèmes sur toutes « sortes de choses, se mettent dans le cas « d'autoriser de véritables su|)erstitions; « i° d'obliger les esprits forts h reconn.dtre « qu'il y a des faits uu'on ne peut altiibuer « aux corps, et (jui démontrent qu'il y ados « esprits. » (F'oiy. .Vsmodi^k, Brown, Dei iuo, Haen, Opmionèe, Mévi>. Spé.) Le P. Le Brun rejette comme une table la palingénésie, (|ui cejieiulant était dès lors m e r-luise bien cous-. t;itée. Explication de la Messe, contenant des Dissertiitious historiques et dogmatiques sur les Liturgies de toutes les égtisis du monde chrétien, etc., en '» vol. in-8 , en y c(un| renanl son Explication littérale des Cérémonies de la Meuse, publiée en 17J6, in-8°. ( Voy. BiiKVEii.) t^t ouvrage plein de recherches proliinde> et i urieuscs, et dans leouel l'érudition est util ■, fut atlaipié par le P. Bougeant, (|ni n<' pt ns'iil point rommu l'oratorieii sur la forme do la consécrat ou, celuici assot'ianl aux pa olcs de Jésus Chri.sl l'orason qui les précède dans b' rit lalin et les suit ■■■.\.-^ Il' I I iiH-, t;iiidis que le jésuite,

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avec la plupart des théologiens, ne regardait pas ci'tte prière comme essentielle. Traité Mstorique et dogmatique des jeux de théâtre, in-1-2, contre Call'aro, théatin, qui avait soutiiiu dans une lettre impriuiée à la tète du Ihédtre de Boursault, qu'il était permis à un chrétien d'aller à la comédie. Ce livre otï're des particularités curieuses sur le théâtre, depuis Auguste jusqu'à Richelieu, etc. Le P. Le Brun rétnicta à la tin de ses jours l'appel qu'il avait interjeté de la bulle Unigenitus, au futur concile, ajoutant ainsi au mérite de la science celui de la simplicité chrétienne, et d'une soumission aussi édifiante que véritablement éclairée aux décisions du prenier pontife, acceptées de l'Eglise universelle.

BRUN (Jean-Baptiste Le), connu sous le nom de Desmaretles, lils d'un libraire de Rouen, élève de Port-Royal-des-Champs, enfermé cinq ans à la Bastille, mourut à Orléans en 17.^1, dans un âge avancé. Il était simple acolyte et ne voulut jamais pa ser aux ordres supérieurs. On lui doit les Bréviaires d'Orléans et de Nevers ; une édition de Saint Paulin, iu-i", avec des notes, des varian;es et des dissertations ; des Voyages liturgiques de France, ou Recherches faites en diverses villes du royaume sur cette matière sous le nom du sieur de Moléon, in-8°; l'auteur avait parcouru une partie des églises de France, et y avait recueilli des détails singuliers sur leurs dill'érentes pratiques. Voltaire en a tiré parti dans ses Questions sur l'Encyclopédie, où il a raisonné sur toutes les matières à sa façon, c'est-à-diie [dus pour satisfaire sa démangeaison d'écrire que pour dire des choses vraies, bonnes et neuves ; Concorde des livres des Rois et des Paralipomènes, en latin, Paris, 1091, in-V, ouvrage qu'il composa avec Le Tuurneux; il y a de la sagacité et du savoir; une édition de Lactance, revue avec soin sur tous les manuscrits, enric lie de notes, et publiée après sa mort par l'aubé Lenglet Dufresnoy, en 2 vol. m-k", 1748.

BRUNELLI ( Jékôjie), jésuite, né à Sienne en loSiJ, mort en IGIJ, fut chargé d'oiiseiguerles langues grecque et héb.aïque au collège Romain, Outre une traduction latnie de trois homélies de suint Ctirysostome, que l'on trouve dans le tome VI de l'édition imprijnée à Anvers, en 1014., on lui doit une édition grecque dos Hymnes de Synésias, [{ome, ItiUJ. BKUNET ( Jean-Louis), néà Arles en îti«8, avocat aa parlement de Paris, publia plusieurs ouvrages sur les m.U ères canoniqui's: le Parfait Notaire apoàloliqae et procureur des officiantes, -2 vol. in-4°, Paiis, 1730, livre qui n'était pas commun : mais on l'a l'éimprimé à Lyon eu 1775; ]es Maximes du droit canonique de France, par Louis Dubois, qu'il a revues, corrigées et beaucoup augmentées ; une Histoire du droit canonique et du gouvernement de l'Eglise, Paris, 1720, 1 vol. in- 12; tios notes sur le Traité de l'Abus, rie Févret : tous ces ouvrages marquent beaucoup d'érudition; mais l.'S opinions de l'auteur ne sont pas toujours d'accord avec ceiles dos cauonistes les plus estimés : une nouvelle

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