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Gottingue et de Londres se l'associèrent. L'astronomie, la géométrie, la théologie, le droit, la médecine, l'hisloire, la géographie, les antiquités sacrée et profane l'occupèrent tour à tour ; mais une étude trop étendue et trop variée l'a rendu quelquefois! superficiel. Dès l'âge de 17 ans , il avait fait trois traités de physique sur la dynamique, sur la force de la jioudre à canon , et sur le mouvement de l'air dans la propagation du son. On a encore de Cheseaux : Dissertations critiques sur la partie prophétique de l'Ecriture sainte , Paris , 1751 , in-12 ; Traité de la comète qui a paru en décembre 1743 jusqu'à mars 1744, contenant , outre ses propres observations , celles de Cassini à Paris , et de Calandrini à Genève, avec diverses observations et dissertations astronomiques sur les instruments, la lune, les nuages, etc., Paris, 1744, in-8° de 300 pages ; des Eléments de cosmographie et d'astronomie, composés pour un jeune seigneur ; Mémoires posthumes sur divers sujetsd'astronomic et de mathématiques, Lausanne, 1754, in-4^ Quelques exemplaires portent la date de Paris, 1777. Dans ces mémoires il est traité des satellites , des équinoxes, de la chronologie, de divers passages de l'Ecriture, et l'on y trouve les tables du soleil et de la lune ; Essai sur la population du canton de Berne , insérée dans les Mémoires de la société économique de Berne, 1766. Cheseaux est aussi presque entièrement l'auteur de la Carte de l'Helvétie ancienne, en 4 feuilhis , insérée dans les Mémoires sur l'hisloire ancienne de la Suisse, par C.-G. Loys de Bochat, 1749. Seigneuxde Correvon a donné une Vie de Cheseaux avec une Dissertation de cet auteur sur l'année de la naissance de Jésus-Christ, dans le troisième volume de sa traduction du Traité de la religion chrétienne, par Addison, Genève, 1771, in-8".
CHESNE ( André du ) , appelé le Père de l'Histoire de France, naquit en 1584 à l'ile Bouchard en ïouraine. Il fut écrasé en 1640, à 56 ans, par une charrette, en allant de Paris à sa maison de campagne à Verrière. On a de lui : une Histoire des papes, Paris, 1653, 2 vol. in-fol.; une Histoire d'Angleterre , en 2 vol. in-fol., comme la précédente , Paris , 1634, et regardées l'une et l'autre comme des compilations indigestes. L'Histoire des cardinaux français, qu'il commença et que son fils acheva en partie, Paris, 1660. 11 n'y en a que 2 vol. de publiés, et il devait y en avoir quatre. C'est un ouvrage mal fait , mal digéré, et encore plus mai écrit ; un Recueil des historiens de France: il devait contenir24 vol. in-fol. Il donna les deux [)remiers volumes , depuis l'origine de.la nation jusqu'à Hugues Ca|>et ; le troisième et le ijuatrième , depuis Charles-Martel jusqu'à Philippe- Auguste , étaient sous presse lorsqu'il mourut. (Son fils François du Chesne, héritier de l'érudition de son père, publia le cinquième, depuis Philippe- Auguste ju.scpi'à Philippe le Bel.) Historia Francorum rt Xormannorum scriplores, in-fol. Les iiriiéahigics de Moutmorenci, Chdtillon, Guines, Vergy, Dreux, Bélhune,
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Cliateignors. 7 vol. iu-fol. ; Histoire des dues de Bourgogne, 1619 et 1628, 2 vol. 111-4"; Sibliotheca Cliuiiacensis,f ari?., lôl'i-,in-fol.,efc., recueil utile et rnre qui contient d'excellentes pièces pour l'histoire de l'abbaye de Cluny et ses dépendances. Il l'a publié avec D. Marrier. DuChesne était un des plus savants hommes que la France ait produits pour l'histoire, surtout pour celle du Bas-Empire. Il communiquait libéralement ses recherches, non-seulement à ses amis, mais encore aux étrangers. La recherche sur les aniiquite's des villes de France, que plusieurs écrivains lui ont attribuée , ne parait point être de cet écrivain.
CHESNE (Jean-Baptiste Phlipotot du), jé^uite, né en ÎC82, au village du Chesneeii Chami'ayne, dont il prit le nom , mourut en 1755, dans sa 63' année. On a de lui : Abrégé de l'histoire d'Espagne, in-12 ; Abrégé de l'histoire ancienne , iu-12. Ces deux ouvrages , quoique superliciels , coonne le sont nécessairement les ouvrages élémentaires , ont servi à l'éducation de la jeunesse, pour laquelle l'auteur avait du talent ; La science de la jeune noblesse, 1T.'30, 3 vol. in-12, ouvrage qui a eu un succès mérité, et qu'on a imprudemment remplacé par des livres imbus des erreurs de la phil isophie du jour, il serait à souhaiter qu'on les réimprimât avec quelques ad liions ; Le prédestinatianisme , Vli\,'ia-k°; Histoire du balanisme, 173J, in-i°. C'est dans ces deux ouvrages que paraissent le savoir el le talent du Père du Chesne, et où l'on a admiiérhomme qui dans les livres précédents a pu s'apelisser et m; proportionner aux besoins et aix l'acuUés du premier ;âge. Ceijendatit \ Histoire du baïaoisme, ayant paru renferme; des censures troj! fortes de quelques opinions et de quelques hommes célèbres, fut mise à l'index par un décret' du 17 mars r/3V. Voy. Soto.
CHESNEAU iNicoLAs), en latin Querculus, né en 1321, à'fourteion vrèsde Vouziers en Champagne, enseigna les lielles- lettres au collège de la Marclie, puis fut chai.oine et doyen de Saint-Symplioricn de Reims. A l'élude de rhist(jire il joignait le goût de la ■poésie et des recherches littéraires, et mourut à Reims le 19 août 1581, léguant sa bibliothè(pie au collège des Minimes de cette ville. On a de lui : Histoire de l'église de Reims , en k livres, Reims , 1581 , in-i», traduction de Flodoard, dnui le texte latin n'avait point encore été publié. Chosnoau n'a traduit qu'une partie de cette histoire (juiso termine àl'.in 948, et il a retranché nu transposé divers endroits du texte. Jlceastichorum moralinm libri duo, Paris, 1352, in-fol.; Poetica meditatio de vita et morte D. Francisci Picart , 1356 , in-'t-°; Vpigrammatum libri duo, Hendecasyilaborum liber, et sibi/lli- , norum oraeuhrum periorha , l'aris, 1552, in-4"; Nie. Querculi in fortunnm joenntem carmen heroicum uniiersam billi apud lirlgas gesti historiam comptertens, Paris, 1558, in-8"; Avis et remontrances touchant la censure contre les anti-trinitaires, trad. du latin du cardinal Hosius, Reims, 1573. iii-8 ; Psalterium
decachordum ApalUnis et novem Musarum, Reims, 1573, in-S", pièce faite è. l'occasion du couronnement de Henri III. L'auteur, qui la publia eu français la même année , ût d'autres poésies de circonstance. Il écrivit aussi quelques ouvrages de controverse , et traduisit en français, d'après la version latine de Surius, le Traité dç la Messe évangélique, composé en allemand par Fabrid'Heir bronn.
CHÉTARDIE (Joachim TnoTTj de La), bar chelier de Sorbonne , et curé de Saint-Sulpice, naquit le 23 novembre 1636 au château delà Cliétardie dansl'Angoumois, et mourut à Paris le i9 juin 1714. Il avait été supérieur' des séminaires sulpieiens du Puy en Yelay et de Bourges, et prieur de Saint-Côme-lès- Tours, qu'il quitta on 1096 pour la cure de Saint- Sulpice. Son humilité lui fit refuser en 1702 l'évèché de Poitiers auquel il était nommé. Ses devoirs de pasteur ne l'empôcbèient point d'enrichir le }iublic de plusieurs ouvrages utiles : Homélies pour tou$ les dimanches et fêtes de l'année, en latin, Paris, 170 ■; et 1708, 2 vol. in-4% et 4 vol. in-12; des Homélies en français, au nombre de 34, Paris, 1707, 1T03 et 1710, 3 vol. in-4% et 4 vol. in-12, )ileines d'onction et de solidité ;Catéchisme de Bourges j'in-h-", ou 4 vol. in-12, réimprimé sous le titre de Catéchisme, ou Abrégé de la doctrine chrétienne, Paris, 1708, 6 vol. in-12 , ouvrage excellent et souvent réimprimé, qui unit la dignité du langage et des idées à l'exposition la plus simple de la foi chrétienne : c'est , au jugement de bien drs hommes com]iétents , le meilleur catéchisme raisonné que nous ayns en français; Explication de l'Apocalypse par l'histoire ecclésiastique pour prémunir les catholiques et les nouveaux convertis contre la fausse interprétation des ministres, Bourges, 1692, in-S°, et Paris, 1701, in-4'' : cette explication est souvent citée avec éloge dans la Bible de 'Vence ; Entretiens ecclésiastiques tirés de l'Ecriture sainte, du Pontifical et des saints Pères, ou Retraite pour les ordinands , 4 vol. in-12.
CHi'ÏARDIE (Françoise Trotti de La), sœur du précédent, était abbesse d'Essay, en Normandie. Le Dictionnaire des femmes célèbres nous la fait ainsi connaître : « Elle se « tendit rerommandable par son esprit , par « ses talents et par son érainente vertu. Elle « eut l'avantage d'être béuiie, en 1684, parle « grand Bossuet, évoque de .M eaux, qui avait « pour elle une estime particulière. Le saint « abbé réformateur de la Trappe hii ac- « corda aussi la sienne , et enlrelenait avec. « elle un conimer(^e de lettres. .Madame In dii- « chesse de Guise , qui , lorsqu'elle n'était « point h la cour, résidait h -Mençon , la ven liait vdir souvent, et ne cfssail de l'admi- " rer. Ijilin , .M. le cmiite 'iu Maine était î'i « édifié de ses conversations , que lorsqu'il « ne Vdulut plus s'oci'uper iiue de son .'■altit, « il pass 1 une partie des ufrnières annéc.-^ « de sa vie dans le pays, uniquomenl poiii- « en pouvoir proliter. Françoise do La '^lié- « tardie mourut dans les sentiments di? la
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« |)idt(5 la plus tendre en 1687, âgée de 58 ans, « laissant après elle des re;,Tets proportion- « nés aux [irécieux dons quelle avait reçus « du Ciel. »
CHEVALIER (Antoine-Rodolphe), né en 1507 à Montchamps près de Vire, vint trèsjeune à Paris étudier sous Vatable la langue hébraïque, dans laquelle il se rendit habile. Son ardeur à répandre les erreurs de la |)rétendue réforme l'obligea de se retirer en Angleterre, et il y fut chargé d'enseigner le français à la princesse Elisabeth. Il alla ensuite successivement en Allemagne, i* Strasbourg et à Genève ; cotto dernière villti lui donna une cliaire d'hébreu dans son académie et le titre de citoyen. Mais )1 aima mieux revenir à Caen. Aussitôt qu'il eut appris le massacre de la Saint-Bai thélemy, il s'enfuit h Greuesey, où il mourut en 1572 , laissant une édition impirfaite île In Bible en quatre langues, il avait aidé Calvin, en interiirétant pour lui les textes hébreux des livres saints dont il avait à se servir, et travailla avec Berlram et .Mcr>'erus au TUesaurus Un(/uœ sanctœ , de Pagnini. On a de lui une grammaire héhrai jue , imprimée par Henri Estienne : Antonii Rodolphi Cevalrrii linguœ heùraicœ rudimeiHa , 1567, in-8". A la fin do ce livre on trouve : Epistola diii Pauli ad Galatas Sijriaca litteris heliruicis , aiin veriione latina Antonii Cevaleiii. Enlln on lit dans la Bible polyglotte do Waltou iilusieurs traductions faites par li.i; savoir : Targutn hierosohjmilunum in Pcnlatcucliuin, latine, ex versionc Cevalerii ; — Tarr/um Pseudo-Jonathanis in Pentatcuchiun, latine nunc prinunn editum, ex versione Antonii Cevalerii ;—Targuin Jonathanis in Josue, .Indices, libros Regum, Isaiœ, Jeremiœ, Ezcehielis et duodcciin pruphetaruin minorum, latine, ex versionc Alphonsi de Zamora, a Bcncdicto Aria Montano recognita, et ah Antonio Cevalcrio emendata. CHEVALIER (Jea^), ji'suite, né à Poligny en 1587, remplit pendant plus de trente ans les iin[iortautes fonctions de la grande préfecture du collège lie La Flèihe. On a de lui: Lyrica in patres societatis Jesii in oram Canadensem transmittendos , La Flèche, 1G35, in-i" ; Prolusio poetica seu libri carminum heroicorum, lijricoruin, variorumque poematum, La Flèche , 1638 , in-8° ; réimpr. avec des changements et des augmentations sous le titre de Polyhyinnia seu variorum carminum libri septcm, La Flèihe, 16i7, in-S°. Le P. Chevalier était moit à La Flèche le h décembre 17'i-0. — Un autre jésuite du même nom, né dans le Perche eu 1610, mort à l'île Saint-Christophe t-n 1641), a publié : Réponse d'un ecclésiastique à la lettre d'une dame religieuse de Fontevrault , touchant les différends dudit ordre, Piiris, 1641, iti-i", sous le pseudonyme de François Chrétien; Vie de Robert d'Arbrissel , fondateur de l'ordre de 1 Fontevrault, traduite du lutin de Baulderic , I évéque de Dol, La Flèche, 16V7, in-8°.
CHEVALIER (labbé Fuançois), né eu 1751 à Dangeul , diocèse du Mans , étudia la phi- I losopliie et la théologie à l'université d'Angers, et fut reçu docteur ea théologie. Ayant
été fait prêtre, il exerça les fonctions de vicaire au .Mans. M. de Gonssans, évoque de ce diocèse, voulant que les jeunes ecclésiastiques qui fréquentaient coinine externes les cours de théologie chez les Oratoriens, suivissent des conférences faites en ville sur les mômes traités, fixa sou choix sur l'abbé Chevalier, qui dirigea ces conférences avec distinction jusqu'à l'époque des orages révolutionnaires. Il était alors prieur de Montalazac, diocèse de Rôle/.. Il se tint caché pendant la terreur, et trouva pourtant moyen de participer à l'administration spirituelle du diocèse. Les persécuteurs, furieux de ne pouvoir découvrir sa retraite, mirent sa tête à prix, et firent vendre tout ce qu'il posséd.iit, sur le motif, qu'ils savaient être faux, qu'il avait émigré. Mais l'abbé Chevalier, bravant les p'rils les plus imminents, d ployait une sainte activité qui semblait naître avec le danger. Il trouvait moyen de correspondre avec les prêtres cachés dans les diverses parties du diocèse, portait de tous côtés les secours et les encouragements spirituels , et publiait des brochures pour combattre le schisme et raHeriuir les fidèles. Nommé , à l'épo pie du concordat, chanoine honoraire de la cathédrale, il continua le cours de ses bonnes œuvres, publia de nouvelles brochures sur des questions re igieuses , et fournit des documents k l'abbé Carron pour son ouvrage sur ;es confesseurs de la foi. L'abbé Chevalier mourut ocfbgénaire le 7 mai 1831.
CHEVAÎSES (Jacques de), connu sous le nom du Père Jacques d'Autun, du lieu de sa naissance, prit l'habit de caimcin dans la province de Lyon, où il se ht un nom parmi les prédicateurs et les théologiens de son temps ; il a écrit : l'Amour triomphant des impossibilités de la nature et de la morale, ou Discours sur le très-auguste sacrement de l'Eu charistie , in-i", Lyon , 1633 ; Les entretiens curieux d'Hermodore et .du voyageur inconnu, etc., in-4°, Lyon , 1634 : c'est une réfutation des ouvrages Je J.-P. Le Camus, avec une apologie des ordres relinieux ; La conrduite des Illustres , ou les Maximes pour aspirer à la gloire d'une vie héroïque et chrétienne, Paris, 1657, -2 vol . in-4"'; L'Incrédulité savante, et la crédulité ignorante, au sujet des magiciens et sorciers , en réponse à un livre intitulé : ApologiQ pour 'tous les grands personnages qui ont été accusés de magie , par Naudo, Lyon, 1671, in-4° ; Justœ expeclationes nostrœ salutis, oppositœ desperationi sœculi, 2 vol. in-4°, Lyon, 164.9.
CHEVASSU (JosepÙ), curé des Rousses > dans le diocèse de Saint-Claude, né à Saint- Claude, en Franche-Comté, le 6 novembre 1674, mort dans la même ville le 15 octobre 1753, était l'exemple du troupeau qu'il instruisait. On a de lui: des Méditations ecclésiastiques, Lyon , 1737 , 4 vol., 1743 , 5 vol. in-12; Méditations sur la passion, Lyon, 1746, in-12 ; Abrégé du rituel romain , avec des instructions sur les sacrements, Lyon, 1746, iu-12 ; Le Missionnaire paroissial 4 vol. in-12, lenfermant ses prônes et des conférences sui- les principales vérités de la reli-
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gion. L'onction n'était pas la qualité dominante de cet (initeur; mais il était instruit, et il possédait bien 1 Ecriture et les Pères.
CHEVERUS (Jean-Louis-Anne-Madelkine Lefebvre de) , cardinal-archevêque de Bordeaux, né le 28 janvier 1768 à Mayenne, où son père occupait une cliarge de justice , lit de bonnes études au collège de Louis-le- Grand, puis il passa au séminaire de Saint- Magloire tenu par les Oratoriens, et fut ordonné prêtre avec dispense d'Age, le 18 décembre 1790, à la dernière ordination publique qui se fit à Paris. De retour dans son diocèse, il fut nommé pour succéder à son oncle, l'abbé Gauthier, curé de Notre-Dame à Mayenne, qui était vieux et intirrae. Mais n'ayant pas voulu iirêter serment îi la constitution civile du clergé, il ne \^u^ prendre possession de sa cure. 11 dut exercer les fonctions de son ministère en secret et en lira vaut les dangers qui menaçaient continuellement les prêtres demeurés "fidèles à leur devoir. Contraint de s'éloigner de Mayenne au commencement de l'année 1792 , il se rendit à Laval, oià il fut tenu en surveillance avec tous les autres prêtres insermentés du département. Lorsque fut décrétée au mois d'août suivant la déportation des prêtres, l'abbé de Cheverus obtint un passeport pour l'Angleterre. 11 se trouvait à Paris lors des massacres de septembre, et il se liAta de quitter cette ville à la faveur d'un déguisement. Parvenu en Angleterre, il refusa les secours qui lui furent offerts par le gouvernement anglais, disant qu'il espérait trouver dans son travail des ressources suffisantes. Il apprit promptement la langue du pays, ce qui le mit a même de donner des leçons et de se rendre utile à ses compatriotes. Les catholiques le virent a vecjoieélablir une chapelle pour leur usage. L'abbé Matignon , docteur et i)rofesseur de Sorborme, lui ayant écrit de Boston où il s'était letiré et où il avait été chargé par M. Carroll , évêque de Baltimore , de toute la Nouvelle-Angleterre et des tribus sauvages de Penobscot et de Passamaquody, l'abbé de Cheverus, après avoir un peu hésité, partit et arriva au mois d'octobre 179G à Boston. Les deux prêtres exilés, se piquant d'une sainte émulation, tirent l'un et l'autre un bien incalculable. Leurs prédications accrurent le nombii; des catholiques et ramenèrent, entre autres, deux nnnisties protestants dans le sein de l'Eglise. Une souscription fut ouverte pour la constructiou d'une église, et John Adams , alors pr(''Nid('nt des Etats-Unis, se fit un honneur d"y ronli'iliucr. L'église reçut le titre de Sainte-Croix et fut consacrée par M. Carroll le 29 septembre 1803. Non content de déployer son zèle chez les catholiques des environs, il allait passer des mois entiers dans l(;s tribus dont nous avons parlé. Connaissant toute l'étendue des besoins religii.'ux de ces contrées, et ayant expériuuMité toutes les traverses et les fatigues réservées aux missionnaires qui se sont dévoués à y étendre le règne de Dieu, il ne crut pas |)ouvoir céder aux instances de sa
famille et do ses amis qui le [n'essaient, lors
du concordat de 1801 , de revoir la France. Pie Ali érigea, le 8 avril 1808, Baltimore en métropole, avec quatre évêchés sufl'ragants , Boston , Philadelphie , New-York et Bardâtown dans le Kentucky, et le même jour l'abbé de Cheverus fut nommé pour le premier de Ci'S sièges. Son sacre eut lien le l" novembre 1810 à Baltimore. L'abbé Matignon continua d'être pour lui à Boston son conseiller et son ami ; quand Cheverus le perdit en 1818 , la religion put seule adoucir un coup aussi rude pour son cœur. Ce fut M. Hyde de Neuville, ambassadeur aux Etats- Unis, qui étant revenu en France en 1822 , i et révélant toutes les qualités aimables et I toutes les vertus chrétiennes qui faisaient aimer et admirer l'évêquede Boston, ius|)ira à plusieurs personnes éminentes le désir de rendre Cheverus à son pays. En effet , le 13 janvier 1823, il fut nommé évêque de Montauban. 11 ne crut pouvoir résister aux instances réitérées de personnes dont le désir lui était une autorité pour lui et aux raisons qui lui furent exposées. Il s'arracha donc avec effort aux vœux et aux regrets de ses fidèles américains et s'emliarqua à New-York. Le navire, surpris par une tempête à l'entrée de la Manche, fut obligé d'échouer le 31 oct. à Saint- Cermain-des-Vaux, près le cap de la Hogue, et les passagers furent déposés à terre. Le prélat, reçu chez le curé d'Auderville, officia dans son église le jour de la Toussaint, et se rendit ensuite à Paris, et de là dans sa famille. Partout où il se montrait , il gagnait les cœurs par le charme de sa conversation et ses manières affectueuses. C'est le 28 juillet 1824qu'il fit son entrée à Montauban , au milieu des démonstrations les plus vives et les plus sincères de la joie publique. La suite justifia complètement les espérances qu'il avait fait concevoir , et l'on ne peut prononcer son nom, sans qu'il n'éveille l'idée de ce que la clLU'ité chrétienne a de plus tendre et de plus prévenant. Dans une inondation du Tarn, on le vit , la tête nue et ayant de l'eau juscju'aux genoux, encourager par ses exeuqiles plus encore que par ses paroles ceux, qui aidaient les habitants des maisons submergées à sauver leur m(jbilier. Il recueillit plus de 300 pauvres dans son palais, les nouirit et leur prodigua toute sorte de secours. Charles X s'empressa de le féliciter de cette conduite véritablement épisco|)ale, et lui envoya cinq mille francs qui furent promptement distribués aux indigents avec le produit des quêtes faites dans le diocèse. Pendant le carênu^, il |)rêchait trois fois la semaine, et lors du jubilé de 182() , il redoubla ses instructions qui produisirent des fruits abondants. Plusieurs prêtres et religieux qui avaient résisté ;i l'éjireuve de mille autres tentai ves furent par lui rameni'S à leur devou-. Imi 1820, il lut niinnuc pour succédei- à M. d'.Vviaudu-Bois de San/.ai à l'archevêché de Bordeaux, il prit possession île son nouveau siège \i' ik décenibie de la même année , aprrs avoir été' fait pair de France. Dire ce ([u'il avait i''lé à Montauban, c'csl dire ce qu'il continua d'êtie à Bordeaux, toujours allée--
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tueux et aimable pour tous. Les prêtres (Haient parliculièrement accueillis par lui nvec une bonté toute paternelle ; il leur avait (l.'claré qu'ils ne devaient pas avoir d'autre tal)le que la sienne, à moins qu'ils n'eussent dans la ville des parents ou des amis. Voulant éviter de donner prise à l'injustice et à la malignité des partis, il avait banni la politique de son salon. On sait quelle opposition soulevèrent dans le clergé français les l'anii'uses ordonnances du 16 juin 1828; le cartlinal de Clermont-Tonnerre présenta au roi, au nom de l'épiscopat , un mémoire dont quelques expressions parurent troj) vives à l'archevêque de Bordeaux, qui, dans cette occasion, parut divisé d'opinion avec ses collègues. Le prélat n'était pas moins consterné qu'eux de cette mesure ; mais il jugeait qu'un di'faut de prudence ])Ouvait , dans celte cirrenstance critique , faire perdre encore davantage, et que le plus sûr était de céder momentanément. En 1828, il fut nommé conseiller d'Etat , et , on 1830 , commandeur de l'ordre du Saint-Esprit. La mesure qui, à la suite de la révolution de 1830, le priva de la pairie, ne lui inspira aucun regiet ]jersonnel; il se félicita au contraire de pouvoir s'a|)pliquer exclusivement à ses augustes fonctions. Telles étaient , du reste , la vénération et la sympathie qu'il inspirait à tous les partis , que Louis-Philippe, et avec lui l'opinion universelle, le désignaient pour reprendre sa place à la chambre desjiairs. M.Cheverus crut devoir faire une déclaration jiublique qui mérite de trouver place ici : « Sans approuver « l'exclusion prononcée contre les pairs nom- « mes par Charles X , je me suis réjoui de « me trouver hors de la carrière politique, et « j'ai pris la ferme résolution de ne [)as y « rentrer, et de n'accepter aucune place ni « aucune fonction. Je désire rester au uiilieu >< de mon troupeau et continuer à y exercer « un ministère de charité, de paix et d'union. « Je prêcherai la soumission au gouverne- « ment, j'en donnerai l'exemple, et nous ne « cesserons, mon clergé et moi, de prier avec « nos ouailles pour la prospérité de notre « chère patrie. — Je me sens de plus en plus « attaché aux liahitants de Bordeaux; je les « remercie de l'ami ié qu'ils me témoignent. « Le vœu de mon cœur e>.t de vivre au milieu « d'eux , mais sans aucun titre que ceux de « leur arclievêqucetde leur ami. — Bordeaux, « le lOaoût 1830. » Il reçut le chapeau de cardinal en 1836, malgré les démarches qu'il avait faites pour faire décerner cet honneur k un autre prélat. Bientôt la santé de M. Cheverus parut décliner visiblement , et luimême, averti par une première attaque, semblait pressentir quelque accident fâcheux. Le 14 juillet 1836, il l'ut trouvé sans connaissance dans sa chambre, ei malgré tous les efforts des médecins , son état devint bientôt désespéré. 11 expira au bout de quelques jours sans avoir recouvré la connaissance, i^a mort excita des regrets universels ; cha- ( un croyait avoir perdu un ami , un père, ï-on oraison funèbre fut [jrononcée par revenue de La Rochelle. On a sa Yie, 1837, in-8°,
écrite de la manière la plus intéressante par M. Huen-Dubourg (M. Hamon, supérieur du séminaire de Bordeaux) , et à laquelle un des prix Monthyon a été décerné par l'Académie française. Le conseil municipal de Mayenne décida, au mois de février 1841 , que la statue du cardinal de Cheverus serait érigée sur une des places de cette ville.
CHEVIGNAUD DELA PALLUE (Antoine- Théodore ) , écrivain de la tin du xviu' siècle , n'est guère connu que par les ouvrages qu'il a publiés : Idées du monde ou Idées générales des choses dont un jeune homme doit être instruit, Dijon, 1779, et Paris, 1782, 178i, 3 vol. in-12 ; La Vie de Jésus rappelée à la simplicité , suivie de maximes tirées de r Imitation de Jésus, Paris, 1793, in-12. Cette Vie a été réimprimée sous ce titre : Exemple de vertu ou Instructions élémentaires pour tous les peuples, Paris, 1805, in-12; Les Anes de Beaune , historiettes très-plaisantes, avec leur explication, 1783, brocimre in-12 , imprimées sans le consentement de l'auteur , par l'indiscrétion d'un de ses amis k qui il avait confié son manuscrit. Pour ré- ]iarer le scandale causé par cette publicité , Chevignard publia : Les frères l'Asne, anciens coinmerçants de Beaune, origine des plaisanteries faussement imaginées sur le compte des citoyens de cette ville, explication de quelques historiettes, 178i, in-12.
CHEVILLAKD ( André ) , religieux dominicain, né à Rennes, porta la parole de Dieu dans les missions américaines , et y mourut en 1682. Dans un voyage qu'il fit en Europe , il publia l'ouvrage suivant : Les desseins de S. E. le cardinal de Richelieu pour l'Amérique , ce qui s'y est passé de plus remarquable depuis l'établissement des colonies; et un ample traité du naturel de la religion et des mœurs des Indiens insulaires et de la Terre- Ferme, Rennes, 1659, in-4°. Lenglet-Dufresnoy attribue par erreur cet ouvrage à Jean Chevillard le généalogiste. On y trouve des documents curieux sur les événements politiques et sur les missions des Antilles, depuis l'année 1635 , époque à laquelle la Martinique , la Guadeloupe et plusieurs autres îles n'étaient habitées que par les sauvages.
CHEVILLIER ( André ), né à Pontoise en 1636 , païut en Sorljonne avec tant de distinction, (jue l'abbé de Brienne, depuis évoque de Coutances , lui céda le premier lieu de licence, et en fit même les frais. 11 mourut en 1700 bibliothécaire de Sorbonne. Sa piété égala son savoir , et son savoir était étendu. On l'a vu se dépouiller lui-même pour revêtir les pauvres, et vendre ses livres pour les assister. On a de lui : Origine de l'imprimerie de Paris , dissertation historique et critique, pleine d'érudition et souvent citée dans les Annales typographiques , de Maittaire, 1694, in-i"; Le grand canon di l'Eglise grecque , traduit en français , 1699 , in-12 : c'est plutôt une paraphrase qu'une traduction ; Dissertation sur le concile de Chalcédoine touchant les formules de la foi , 16G4, in-i", en latin.
CHIARINI ( N. ] , chanoine , professeur de
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théologie, de langues orientales et d'antiquités héiiraiqiies à l'uni ve. site, membre do plusieurs sociétés savantes, est mort a V.ir- Sdvie le 2 5 février 1831. 11 avait fait p.irlie du comité isra lite du royaume de Pologne, et il exposa d.ms un ouvrage rédigé on français une théorie du judaïsme qui exdtal'atteution générale. Il écriVit en lalin une Grammairc liéhraujue , qui a été traduite en ]iôlonais par M. Chlebowsk. Chiarini avait entrepris une traduction du Talmud, mais il ne l'acheva point. On en a trouvé dans ses manuscrits ()lusieurs parties qui sont terminées : la première seule a été imi»rimée. Un recueil de poésies italiennes p.blié par Chiarini montre qu'il cultivait aussi la poésie avec succès.
CHICHELE (Henri), prélat anglais , théologien et diplomate, né en 1362 , fut envoyé comme ambassadeur à Rome , auprès du pape Innocent Vil , et à Paris d'où il retourna encore à Rome avec le môme titre auprès de Gréç^oire XII , qui le nomma en 1408 à l'évôclié de Saint-David. Député en lio9 au concile de Pise avic l'évùque de Sa- Hsbury et le prieur de Cantorbéry , il prit part à la déposition des oeux papes rivaux Grégoire XII et Benoit Xlli , et à l'élection d'Alexandre V. L'année suivante il se rendit en France avec d'autres négociateurs, pour renouveler la trêve , et le long séjour qu'il lit à la cour de Charles VI lui donna la facilité de nouer des intelligences avec les divers partis qui se disp>itaient le pouvoir dans ces temps malheureux. Henri V étant monté sur le trône témoigna la plus grande considération pour Chichèle et l'envoya une troisième fois à Paris. A son retour d fut ijommé archevêque de Cantorbéry. A cette époque le roi d'Angleterre, d'accord avec les grands, songeait à s'emparer des revenus ecclésiastiques ; Chichèle défeiidit les intérêts du clergé, mais jugeant que les circonstances demandaient un sacrifice, il décida le clergé qui lui était subordonné à l'abandon d'une part de ses biens. En même temps , il poussait le monarque anglais à porter la guerre en France , et l'on sait que la reconnaissance de Henri comme futur héritier de Charles VI fut le résultat de cette campagne. Ajirès lu mort de Henri , Cliiclielc tourna principalement ses eiforts contie his hérétiques, et il sévit contre les Wicléfites et les Lollards. 11 eut aussi avec la cour de Rome des démêlés qui se terminèrent jiacdiquement. Parvenu à l'Jgi' de 80 ans, il avait écrit au pape Eugène I\' pour le supjilier d'acceptei' sa démission , mais il mourut le i'2 avril IkkS, avant l'arrivée de la réponse. Chichclo fonda le magnitique collège d'Ali -Soûls, ii l'université d'Oxford, dont la iiremièfe pierre lut posée eii l'^'ôl. Uni! clause des statuts de Il soci('té portait que les professeurs seraient i)[is de préférence jia.ini les desceiidauls de la fauiille (Chichèle, ce qui doiuia beu à des débats parfois plaisants ; car en 1765 plus do l:i()0 familles prétendaient rumpln- cette cou- ^itiu^.
ClllERiCÀTO(Ji;AN-MA.ui;),savaulthéolo-
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gieû, né en 1633 h Padoue, fut pourvu, après avoir embrassé l'état ecclésiastique, d'un bénélitequi lui permit de se livrer entièrement k l'étude. Son mérite le fit nommer secret lirede sort évêque Georges Corraro, et Grégoire Barbarigo, successeur de ce prélat surlesiége de Padoue, le maintint dans son emploi. Il fut ensuite vicaire général pendant vingt ans, et en 1693 il donna sa démission pour ne plus s'occuper dans la retraite que d'étude et d'œuvres pieuses. Chiericato mourut li Padoue le 2v décembre 171", laissant : Decisiones sacrnmmtales, qui ont eu plusieurs éditions , parmi lesquelles on cite celle do Venise, 1757, 3 vol. in-folio ; Di^coriUœ fnrenses, réimpr. à Venise, 17S7, 3 vn). in-fol., Erotomata ecclesidstica ; Via Inctea, sivè institulioncs juris canonici, souvent réim|ir. En 1790, onajiublié àPaJoue : Mcmorîa dclla iita di Chiericato et délie sue opère, parSberti. Chiericato est jilu'^ieUrs fo s cité dans les oeuvre.^ de Benoît XIV, et .^es décisions font autorité. CHiÈZl*! (Jean-Jérosie-Frûdéiuc de], v.é en 1761 d'une famille de conseillers au parlement de (iremible, fit ses étiides au séminaire de Saint-Sulpice, fut d'abord employé dans les catéchismes et devint ensuite maitVe des conférences. M. de Vintimille, évêque de Càrcassonne , rappela auprès de lui dans l'intention de le faire son grand-vicaire. Là révolution renversa ces projets, mais il Cdrltinua à exercer secrètement les fonctions dé soii ministère dans le diocèse de Carcassonnd et dans celui de Toulduse, en bravant mille dangers. Aucune crainte ne l'aurait retenu lorsqu'il était appelé jiour secourir les fidèles au lit de la mort, et plusieurs fois 11 pénétra dans les prisons pour encourager ai consoler les prêtres qui y étaient renfermés. 11 écrivit aussi contre le serment do haine à là royauté. Lorsque les temps devinrent plus calmes, l'abbé de Chièze refusa ioutes les places. Répandre d'abondantes aumônes, soutenir la jeunesse dans la pratique delà vertu, diriger une maison d'éducation, en un mot suivre les inspirations d'une charité généreuse et active, tels étaient les soins (jui remplissaient tous ses jours. Lorscpie Pie VII [lassa par Castelnaudary, retournant en Italie, il se rendit dans cette ville pour demander au souverain pontife sa bénédiction et des jiouvoirs de missionnaire. Son zèle sembla dès lors avoir redoublé, et il ne s'occupa plus que de donner des retruites au clergé, aux séminaires, aux iidèles, el de diriger de grandes nnssion's. Ses tliseoui's sans aiijiret électrisaiont les auditeurs, et il eut plusieurs l'Ois la satis faction de ramener les esprits les plus rebel les. .\ l'époijue du concordai de I8l7, il fut nommé à l'évêché de Montpellier , puis à celui d'Angoulème, et il parait qu'il fut question de lui pour l'adiuinislrationdudiocèse do Lyon ; mais il refusa tout. C'est à Caslolnaudary qu'il mourut lo 11 avril 18:i7, dèi suites dune lièvre céréurale, occasionnée, diton, par les latigues d'une mission qu'il venait de donner a..Naroonne.
ClilFtLEl (Ji Lt*;, d'une famille qui a i»roduil un grand nombre d'houjuies distingués,
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lié vers 1610, docteur en théologie, prieur de Danipierre et grand-vicaire de FarehevOché de Hesaijyon, fut l'ait ]'an 16i8 chancelier de l'onire de la Toison d'or |)ar l'hilippe IV, roi d'Esfwgne, et mourut en 1(576. il ifétait pas moins savant que son père, Jean-Jacques Chil'llet, historien crudit, et il s'est fait connaître par plusieuivs pul)lications,dont voici quel- 3ues-unês : L'Histoire duhon clietalief Jacques e Lalain, par («eorges Châtelain, arec une préface, où l'on trouve des particiilaritt^s curieuses sur C ;'Uelain, Bruxelles, 1634, in-i°; Traité de la maison de Rije, 16VV, in-fol.,- Les marques d'honneur de la maison de. Tamsis, Anvers, 16'i5, in-fol.; Breviariiim historieuin oïdinis Vclleris aurei, Anvers, 1652, in-'t"; Atila sucra principum Helgii, Anvers, 1630, in-i"; Advisde droit sur la nominalion de Varchrvêché de Besançon, en faveur de Sa Majesté, Dôle, 16<j;i, in-4°.
CHiFFLET (Je.4x), frère du prc^'cédenf, né à Besançon, s'adonna au droit et aux langues savantes. I) fut fait chanoine de Tournay en lOol, et ensuite prédicateur de Philipjie IV, roi d'K'^pagne, et des archiducs Jeaii et Léopold. 11 s était aussi beaucoiip apjdiqu ' à l'étude des médailles, et en avait assemblé u e Jielle co lection. Il mourut le 27 novembre 1066, à l'âge d'environ 32 ans, après avoir |)ub!ié : Apologetica parœnesis ad linguam sanclani, Anyevf, lUW, in-8^ ; Consiliiiiii de sacrumento Eucharialiw ulliino sup- (jlicio affiricndis non deneqando, Bruxelles, J6ii, in-8' ; Judiciuin de fabula Joannœ papiss(e, Anvers, 1666, in-i" ; Apotof/elica dissertalin de quatuor juris utriusque arcliilectis, Justiuiano, Triboniano , Gratiano , et San Itaijinundo, Anvers, 1631, et dans le Trésorde la jurisprudence romaine d'Everard Othon ; Plusieurs dissertations sur des inscriptions antiques, etc., dont cjuelcjues-unes ont trouvé place dans lé Ti-ésor des antiquiti''S romaines de Grœvius, tome iV, et dans le tome Xll des Antiquités grecques de Gronovius , entre autres Sacrâtes, sivc de qemmis cjus imagine cœlatis judicium, cum earum iconibus, qui a été aussi imprimée à [lartîi Anvers, 1637, in-i'. On y trouve les choses les plus grotesques sur le sage Socrate.
CHiFFLET (Pierhe-François), savant jésuite, naquit à Besançon, en 1352. Après avoir professé plusieurs annéfs la philosophie, la langue hébraïque et l'Ecriture sainte, il fut apjielé à Paris l'an 1675, par le grand Colbert, pour mettre en ordre les médailles du roi. U mourut le o Octobre, et non le 1 1 jjiai, 1082, à 90 ans. On a de lui quantité d'ouvrages, entre auives : Lettre sur liéalrix, comtesse de Champagne, Dijon, 1636, in-'i-" ; cet ouvrage, rempli de ri'cherches, a été réimprimé en 180!), sous la môme date de 1636, à '2.5 exemplaires seulement. Les gravures représentant des sceaux et des armoiries manquent îi celte édition. //is^o/re de l'abbaye et de la ville de Tournus, ibid., I66.'i., in-i-°, pBti commune et assez estimée ; cependant celle de l'abbé Juenin est plus complète. Une bonne Carte de la Franche-Comié en 4 feuilles. II a donné aussi des éditions de
pKisieurs anciens écrivains : entre autres de saint Fulgence, de Ferrand le diacre, de Cresconius, avec des notes, Dijon, 1649, in- 4°; des o;jitscM/ps d'Alcuin, de Raban-Maur, ■ et dé quelques anonymes, in-4° ; des OEurres de Victor de Vile, de Vigile de Tapse, Dijon, 166i, in-4° ; d'une Vie de santé Geneviève, par un anonyme qu'on voulait faire passer pour auteur ancien, et qui a été traduite depuis en français par le Père Lallemand.
«Chilllet, dit Bail et, avait grande cOnnais- « sance des tem[)S auxquels ont vécu les au- « trurs qu'il a iiubliés. »
CHIFFLET (Philip."e), de l<t même famille que les précédents, né h Besançon le 10 mai 15!t7, lit ses éludes à l'univ rsit^ de Louvain, où il se lia avec le célèbre Henri Dupuis {Erycius Puteanus), et avant été fait prêtre, fut nommé chanoine et grand-vicaire de l'archevêque de Besançon. 11 jouissait en itième temps de plusieurs bénéiices, était prieur de Bellefonlaine , abbé de Balerne, avait le titre d'aumônier de l'infant, gouverneur des Pays-Bas. 11 employa une jiartie de sa fortune à former une bibliothèque des livres les plus précieux, et mourut vers 1637, ou, suivant d'.iutres, en 1663. On a de lui : Larmes funèbres sur la mort de Philippe 111, roi cathblique, Louvain, 1621, in-i", latin et fl'aiiçais, en vers ; Le Phénix des princes, ou Vie du pieux Albert mourant, traduit du latin d'André Trévere et d'Erice Putean ; cette traduction est imprimée dans l'ouvrage intitulé: Pompa funcbris Alberti pii, Hrigarum principis, a Jacob. Franquart imaginibus cxprrssa, Biuxelles, 1623, in-fol. obi. ; Histoire du siège de liredtt, traduite du latin d'Herman llUgon, en français, Anvers, 1631, in-fol.; Histoire du prieuré de Notre-Dame de Bellefonlaine, au comté de Bourgogne, Anvers, 1631 , in-i" ; Dévotion aux saintes âmes du Purgatoire, An- Vers, 1635, in-12; Concilii tridentini canones et décréta cum prœfatione et notis, Anvers, 1640, in-12: ces notes sont très-estim-es ; l'Imitation de Jésns-Christ traduite en françai:f, Anvers, 1044, in-8", avec fig. : cette traduction a eùfilusienrs éditions; Thomœ a Kcmpis de Imitatione tibri IV, ex recensione Ph. Chiffletii, Anvers , 1047 ; réimpr. en 1671, '\n-l-2;Deux Lettres touchant le véritable auteur de l'Imitation de Jésus-Christ, iml>riméps avec un .ivis de Gabriel Naudé sur un écrit des Bénédictins, Paris, 1631, in-8\
CHILLE.MI ( Jeax-B'.ptistu:), archevêque de Toiu's et doyen de l'épiscopat français, fté lé 7 octoi>re 1733, au chitteauile la Charrlèrc en Poitou, lut d'abord vicaife général de Met/. La reine Marie-Lèciinska et la reine Marie-Antoinette le prirent successivement pour leur aumùni.-r. En 1781, il fut sacré évoque de Chàlons-sur-Saône. A[)pelé âiix Etats de Bourgogne, il j sbutirtf les df'ôits et les intérêts de la province; dalis rassemblée des notables il montra pour les principes religieux et monarchiques un ilévouement qui lui lit des ennemis et faillit l'exposer à clos violences de la part de la populace de Châlons. Le 13 d 'cem!)re 171);), Chili .au adres'>a à ses diofésaius une Lettre sur le schisme, et
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le 1" mars 1791, une Instruction pastorale sur le môme sujet, suivii> d'un Avertissement sur l'éleclion des évôi^ues constitutionnels d'Autun et de Dijon. Dans une lettre pastorale du 13 avril de la même année, il pulilia le bref do Pie VI, relatif aux affaires de l'Eglise de France. L'évêque de Châlons se vit forcé (le quitter le royaume, et il visita successivement la Suisse, la Bavière, l'Autriche. Il souscrivit avec 4-8 autres évoques VJnstruction du 15 août 1798 sur les atteintes portées à la religion, ainsi que les Réclamations du k avril 1803 contre le concordat de 1801. Rentré en France en 181i, il se démit de son siège sur la demandedu roi, et signa la lettre de soumission qui fut adressée au
Fape le 8 novembre 1816. Nommé alors à archevêché de Tours, il prit possession de ce siège en 1819, fut fait pair en 1822 et mourut le 20 novemlare 182'i- dans sa 90' année.
CHILLINGWORTH (Guillaume), né à Oxford en 1602, consacra ses talents a la controverse. Les missionnaires jésuites qui allèrent en Angleterre sous les règnes de Jacques I" et de Charles I" luttèrent contre lui, et eurent l'honneur de la victoire Chillingworth fut terrassé ; ces athlètes sacrés lui firent reconnaître la nécessité d'un juge infaillible en matière de foi, et l'attachèrent à la religion catholique. Laud, évèque de Londres, fûché que les ennemis de l'Eglise anglicane eussent fait cette conquête, tdcha de ramener le nouveau converti, et employa le grand argument de l'intérêt. Chillingworth, après avoir fait un voyage à Douai, rentra dans son ancienne communion, jiour être revêtu de la chancellerie de Salisbury, et de la prébende de Brixworth dans le NÔrthampton. Alors les citholiques publièrent contre lui quantité d'écrits. Chillingworth leur répondit en 1637 par son ouvrage traduit de l'anglais en français, sous ce titre : La religion protestante, voie sûre pour le salut, Amsterdam, 1730, 3 vol. in-12. Cet ouvrage, modèle de logique, selon Locke, n'a pas paru tel aux catholiques, ni même en général aux bons logiciens; il y a cependant de la netteté dans le style, et de l'érudition dans les autorités que l'auteur rassemble. Cliillingwoi th s'était aussi applicpié à la géométrie ; il lit même la fonction d'ingénieur au siège de Glocester en 16i3. Il se trouva à la prise du château d'Arumiel, où il fut fait prisonnier. On le conduisit à Cliicliester ; il y mourut en IGii. Sa réputation était celle d'un éciivain laborieux, d'un homme incoiistant et intéressé. On a de lui des sermons en sa langue, et d'autres écrits, outre celui que nous avons cité; mais c'est le seuhju'on ait traduit en français.
CHINIAC DE LA BASTIDK (Pieiuie), avocat au parlement do Paris, né h Alassac, près de Brives en Limousin, le 5 mai 17il, s'était d'abord destiné h l'état ecclésiasti(]uc, (pi'il quitta [)Our le barreau. 11 fut dans l'ancien régime lieutenant-général de la sén(''chaussée d'U/.erche, et devint président du tribunal criminel de la Seine en 1790. On a de lui le Discours de l'ahbé Heury sur les libertés de l'Iùjlise gallicane, avec «n commentaire, par M.
l'abbé de C. de L., au-delà des monts, à Venseigne de la Vérité, 1765, in-12. Cet écrit, imprimé clandestinement, comme on le voit, et où le i>ape et la cour de Rome sont assez maltraités, éprouva diverses critiques, auxquelles Ghiniac répondit par un autre ouvrage, sous ce titre : Réflexions importantes et apologétiques sur le nouveau commen- '■ taire, etc., Paris, 1766, in-12. On lui a aussi attribué une Dissertation sur la prééminence de Vépiscopat sur la prêtrise, 1766,in-4°. Ses autres ouvrages sont : Discours sur la nature et les dogmes de la religion gauloise, servant de préliminaire à l'Eglise gallicane, Paris, 1709, in-12; une nouvelle édition de ['Histoire des Celtes, de Pelloutier, revue, corrigée et augmentée, Paris, 1770, 8 vol. in-12, et 2 vol. in-4.". Il y a joint entre autres une Dissertation sur le temps où la religion chrétienne fut établie dans les Gaules ; V Histoire des capitulaires des rois de la première et seconde race, 1779, in-8°. C'est la traduction de la préface de la collection des capitulaires de Baluze. Une nouvelle édition du Traité de l'autorité du pape, lie Burigny, 5 vol. in-8°, qui lui attira de nouvelles critiques (Voy. Burigny) ; Essai de philosophie morale, 1802,5 vol. in-8°.
CHINILADAN, roi d'Assyrie, successeur de Saosdnchin, vers l'an 607 av. Jésus-Christ, défit et tua Phraortes, roi des Mèdes ; mais Cyaxares, fils et successeur de Phraortes, assiégea Ninive; comme il était sur le point de la prendre, Chiniladan se brûla dans son palais vers l'an 620 avant Jésus-Christ. Quelques auteurs le confondent avec Sardanapale; d'autres prétendent qu'il est le môme que le Nabuchodonosor dont fait mention le livre de Judith. Il est assez difficile de savoir la vérité lorsque les événements sont arrivés sous nos yeux : que doit-ce être, lorsqu'ilya deux ou trois mille ans entre eux et nous ?
CHIRINOS ( Jean ), religieux trinitaire de Grenade, conseiller juge de la foi dans cette ville et dans celle de Coidoui;, a publié ea espagnol un Abrégé historique des' persécutions que l'Eglise a soutlertes depuis son origine, Grenade, 1593, ïn-k°. — Chirinos DE Salazau ( Ferdinand ) , jésuite , né à Cuença, professa l'Ecriture sainte h Alcala de Henarès, obtint la confiance du duc d'Olivaiès, fut prédicateur de Phili|jpe I\', et mourut en lOVO. On a de lui un Commentaire latin sur les Proverbes de Salomon, imprimé à Paris, en 1019, in-fol. Sa défense J'roimmaculata Deiparw virginis conceplione a été imprimée à Alcala, en 1018; à Cologne, en 1621 et en 1622 ; à Paris, en 1625.
CHISHULL (Edmond), né à Lyworth dans le comté de Bedford, vers 1680, se fit recevoir bachelier en théologie à l'université d'Oxford et fut chapelain de la factorerie anglaise il Smyrne, en 1698. De retour en Angleterre, il occupa le poste de sous-ministre dans un village du comté d'l':ssex,et mourut le 18 mai IT.I.t. On a île lui des sermons, des poésies latines; mais l'imvrage qui lui a ac- (luis une grande rcputalion est inliluli' : Anliquitatcs asialicw chrislianam œram anteccdenlcs, nummis cl fiyuris ccncts vrmtlœ, Lou ,
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dres,1728, in-fol. Ces inscriptions et ces antiquités ont été recueillies dans l'Asie mineure, dans les anciennes villes de la Grèce et de l'Archipel. Elles sont dune grande utilité pour l'histoire grecque. La sagacité qu'il y a dans ces recherches, prouve l'habileté de Chishull. On a encore de lui : De nummis Smyrnœin in medicorum honorem percussis, joint kVOratio Harvciade Méad, iflS, in-^i.".
CHLADNY, ou CHARDENIUS (Martin), théologien luthérien, naquit à Cremnitz, en Hongrie, l'an 1669 ; en 1688 il alla à Wittenberg, où il devint maitre-ès-arts en 1691 ; après y avoir soutenu des thèses, une entre autres (le Ecclesia grœca hodierna, et une de diplychis vetcrum, il fut établi pasteur dans la petite villed'Ubigau, qu'il quitta pouraller exercer les mômes fonctions à Laussig : peu après, il fut fait prévôt et surintendant à Jessen; enfinildevintdocteuretprofesseur en théologie à Wittenberg, où il fut, pendant les dernières années de sa vie, prévôt de l'église du château, et assesseur du consistoii e. Il mourut dans cette dernière ville le 12 septembre 17-i5. On a de lui : Z>e fide et ritibus Ecclesiœ grœcœ hodiernœ; De diptychis veterum; Epistola de abusu chemiœ in irbus sacris ; Dissertatio de Ecclesiis colchicis, car umque statu, doctrina et r(07;i«, Wittenberg, 1702, in-4°; Dissertatio theotog. qua revelationes Brigittœ excutit,\\)\â., 1715, in-i°.
CHLADNY (Jean-Martin), fils du précédent, né en 1710, rédacteur d'un journal hebdomadaire sur la Bible, est connu par un grand nombre d'ouvrages, dont les princi- |jaux sont : Logica practica, scu problemala Ingica, Leipzig, 1741, in-S"; Programma de fàtis bibliothecœ Augustini in excidio Hipponensi, ibid., 1742, in-S" ; Opuscula academîca, ibid., 1741 et 1750, 2 vol. in-S" ; Fmdjdœ amoris Dci puri adversus subtilissinias Fenelonii corruptelas, Erlang, 1757, in-4°.
CHLEBONVSKl (Laurent), poète polonais, qui vivait sous le règne de Sigismond III, est auteur de plusieurs ouvrages, dont les principaux sont : Elégie sur la mort de la princesse de Radziwil, Cracovie, 1618 ; la Vie de saint Stanislas, évéque de Cracovie, imprimée en 1626 ; la Véritable liberté du royaume de Pologne, Cracovie, 1608.
CHLUMCZANSKY ( Wenzel-Léopold ), archevêque île Prague en Bohème, né le 15 novembre 1759, d'une illustre famille du cercle de Prachin, fit ses études à Prague, et ayant été ordonné prêtre en 1772, fut successivement chai)elain à Klœsterle, pasteur à Gartitz, puis à Prague, où il devint chancelier du chapitre métropolitain, et enfin évêque in partibus de La Canée. Chargé de presque toute l'administration du diocèse de Prague à la place du prince de Salm que l'âge et les infirmités condamnaient à l'inaction, il fut nommé sept ans après, en 1802, au siège de Leitméritz, par l'empereur d'Autriche. Il renouvela dans son diocèse la face des études ecclésiastiques, et fit surtout l)énir sonnom par soniné|;iuisable charité. En 1812, il fut nommé à l'archevêché de Lemberg, qu'il refusa en alléguant son ignorance DiCT. DE Biographie relic. 1.
de la langue du pays, mais il accepta .e titre de conseiller intime en activité. Sa translation sur le siège archiépiscopal de Prague en 1815 lui donna l'occasion de déployer sur un plus grand théâtre son activité féconde et bienfaisante. La presque totalité de ses revenus était employée en aumônes et en secours de tous genres, en fondations utiles. Il établit deux écoles positives, l'une à Rakonitz pour les arts et métiers, l'autre à Reichenberg pour les opérations commerciales: la première de ces écoles fut inaugurée le 1" novembre 1829. Ce digne prélat mourut le 14 juin 1830, plus qu'octogénaire, léguant une somme considérable aux pauvres, et une autre, avec sa bibliotlièque, au séminaire.
CHODORLAHOMOR, roi des Elamites , peuples qui habitaient une partie de la Perse, vers l'an 1923 avant Jésus-Christ. Les rois de Bab lone et de la Mésopotamie relevaient de lui. Il étendit ses conquêtes jusqu'à la mer Morte. Les rois de la Pentapole s'étant révoltés, il marcha contre eux, les défit, et emmena un grand nombre de prisonniers, parmi lesquels était Loth, neveu d'Abraham. Le patriarche surprit pendant la nuit et défit l'armée de Chodorlahomor, et ramena Loth avec tout ce que ce prince lui avait enlevé.
CHOIN ( Lolis-Albert Joly de), né le 22 janvier 1702, à Bourg en Bresse, dont son père était gouverneur, et d'une famille distinguée, fut sacré évêque de Toulon le 8 juin 1738, après avoir été doyen de la cathédrale et grand-vicaire à Nantes. Ce fut le cardinal de Fleury qui le fit nommer à cet évôché, et Choin parut surpris à la lecture de la lettre qui lui apprenait cette nomination. Il exposa ses craintes et ses diflicultés au cardinal, le priant d'accepter sa renonciation; mais le cardinal, confirmé dans la bonne opinion qu'il avait de M. de Choin par cette répugnance même, exigea qu'il le conservât, en lui promettant expressément que le roi le soutiendrait. Une fois installé dans son diocèse, il n'en sortit que pour se rendre aux assemblées du clergé quand il y était député. Dans son palais il fit revivre lasim|)licité des évoques des beaux siècles de l'Eglise. Tout son meuble consistait dans le pur nécessaire ; lui-même n'était jamais revêtu que de laine. 11 n'eut que pendant peu de temps un grandvicaire, et il voulait que toutes les afiaires passassent par ses mains. Il mettait son plaisir à bien recevoir les prêtres de son diocèse ; tous ses diocésains indistinctement avaient un libre accès chez lui. Ses revenus étaient presque tous pour les 'pauvres, surtout pour les pauvres honteux. Sou zèlepoiule maintien de la foi était très-ardent : on l'a souvent entendu dire qu'il était prêt à monter sur l'écliataud [)Our soutenir les intérêts de la religion. Il écrivit à ce sujet une lettre très-longue, très-forte, et vraiment apostolique, qui était un traité des droits de l'Eglise, à M. de Lamoignon, chancelier de France. Dans les aiïaires les plus embarrassantes de son diocèse, il disait qu'il ne savait qu'une ressource : C'est là , disait-il , en lyoutrant son oratoire cpi était une tci-
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bune qui donnait dans l'église. Son désintéressement lui fit refuser une abbaye qu'on lui avait donnée pour suppléer à la modicité des revenus de son évêché. Ce prélat mourut le 16 avril 1759. On a délai : Instructions sur le Rituel, Lyon, 1778, 3 vol. in-4.% réimprimées en 1790 et en 1819 en 4 vol. in-8% ouvrage digne de beaucoup d'éloges, et qui est presque à lui seul une bibliothèque ecclésiastique. Il a aussi publié un grand nombre de mandement».
CHOISEUL DU PLESSIS-PRASLIN ( Gilbert de), d'une famille illustre, embrassa l'état ecclésiastique [)endant que ses frères prenaient le parti des armes ; ils se distinguèrent tous ('gaiement. L'abbé de Choiseul fut reçu docteur de Sorbonne en 16W, et nommé à l'évèclié de Comminges en 16W.
Choiseul donna une nouvelle face à son diocèse, par ses visites, par ses soins. Il nourrit ses pauvres dans les années de misère, assista les jiesliférés dans un temps de contagion, établit des séminaires, réforma son clergé. Devenu évéque de Tournay en 1671, il v porta les mêmes vertus. Ce prélat mourut à Paris en 1689, k 76 ans. Il avait été employé en 1663 dans des négociations pour l'accommodement dns disputes occasionnées
Ear le livre de Jansénius. Il avait eu aussi eaucoup do part aux conférences qui se tinrent aux Etats du Languedoc sur l'allaire des quatre évêques. Toutes ces négociations n'aboutirentàrien,et ne servirent qu'à constater l'opiniAtret,' des défenseurs du livre de Jansénius, et les liaisons trop étroites que Choiseul avait toujours eues avec ceux de ce parti. On a de lui plusieurs ouvrages : Mémoires touchant la religion, en 3 vol. in-12, contre les athées, les déistes, les libertins et les |)rotestants, et vainement attaqués par ceux-ci; une traduction française des Psaumes, des Cantiques et des Hymnes de l'Eglise, réimprimée plusieurs fois ; Mémoires des divers exploits du maréchal du Plessis- Praslin, 1676, in-i". « Le maréchal duPlessis, « dit l'abbé Lenglet, a composé ces mémoi- « res à la prière de Segrais qui les mettait au « net. Mais Gilbert de Choiseul, évoque de « Tournay, les a revus et laissés dans lélat " où ils sont. »
CHOISY ( Fbaà'çois-Timoléon de), prieur (le Saint-Lù, et grand doyen de la cathédrale de Hayeux, l'un des quarante de l'académie française, naquit à Pa.'is en IbVi.Sa première jeunesse ne fut pas trof) réglée. Il est trèsvrai qu'il s'' al)illa et vécut en femme pendant quelques années, et qu'il se livra, dans une terre auprès de Bour^.ies, au liberliua^e que couvrait ce déguis^'uiont ; mais il n'est pas vrai que, pendant qu'il menait celle vie, il écrivait son lustuire ecclésiastique, couiuje le dit un écr:v lin célèbre, qui sficride souvent la vérité h un bon mot. Le premier volume de cet ouvrage parut en 170j. L'abbé de Choisy avait alors près deOOans.II aurait étédillicile, iju'à cet Age, il eût conservé les agiémenls et la ligure q^i'il lui fallait jiour jouer ce rôle. En UWo, il fui cnvo , é, en qualité d'ambassadeur, auprès du roi de Siam,
qui voulait, dit-on, se faire chrétien. L'nbbé de Choisy se fit ordonner prêtre dans les Indes par le vicaire apostolique, non pas pour avoir do quoi s'amuser dans le vaisseau, comme le dit un écrivain satirique, mais par desmotifspliisnobles.il mourut en 172ià Paris, h 80 ans. L'enjouement de son caractère, les grices de son esprit, sa douceur et sa politesse le firent aimer et recherc!ier. On distingue parmi ses ouvrages les suivants : Journal au vot/age de Siam, fait en 1685 et 1686, Paris, 1687, jn-i". iet ouvrage, écrit d'un style aisé, plein de gaîté et de saillies, manque quelqi.efois d'exa titude ; il est d'ailleurs très-superficiel, ainsi que la plupart de ses autres écrits. La vie de David, in-4", et celle de Salomoii, in-12; la vie de David est accompa:^née d'une interprétation des psaumes, avec les différences de l'hél^reu et de la Vulgale. Histoire de France sous les règnes de saint Louis, de Philippe de Valois, du roi Jean, de Charles Y et de Charles VI, 5 vol. in-4-°. Ces vi s avaient été publié-s chacune séparément. On les a réunies en 175i), en 4- vol. in-12. L'auteur les a écrites de cet air libre et naturel qui fixe l'attention sur la forme, et empêche de trop examiner l'exactitude du fond. Foî/. Cuaisk. L'imitation de Jésus-Christ, traduite en français, réimprimée in-12 en 1735. La première é iition éiait dédiée à M"" de IMaintenon, avec cette épigra-' [>he:Audi, {ilia, et vide, et inclina aurcm tuam, et concupiscet rex decorem tuum.V Histoire de l'Eglise, 11 vol. in-4-° et in- 2. L'abbé de C'i: isy aurait pu l'intituler : Histoire ecclésiastique et profane. Il y |)arle des galanteries des rois, après avoir raconté les vertus lies fondateurs d'ordres. En ne voulant pas accabler son ouviaye d'érudition, il asipprimé une infinité de fa ts et de détails aussi instructifs qu'intéressants. Le ton de l'auteur n'est pas assez noble, et il cherche tro ' à égayer une histoire qui ne devraif être qu'édifiante. Mémoires pour servir à l'histoire de Louis XIV, 2 vol. in-12. On y trouve des choses vraies, nnehiues-unes de fausses, beaucoup de hasardées ; et le style en est trop familier. Les mémoires de la comtesse des Barres, en 1736, pet.t in-12. C'est l'histoire des débauches de la jeunesse de l'auteur. Le compilateur de la Vie de l'abbé de Choisi/, in-8", publiée en 17i8 à Genève (qu'on croit être l'abbé d'O ivel ), s'est be lucouj) servi do cet ouvrage scandaleux, dans le déta 1 des aventures galantes ne son héros. Quare dialogues, sur l'immorialilé de l'.ime, sur l'existence de Dieu, sur la [irovi<lence et sur la religion, en 10.<4, in-12. Le premier de ces dialogues e<l de j'abbé de Danj,eau, 1 • sccond'du même et de l'abbé île Choisy, le troisième cl le quatrième de ce > ernier" Ils sont lignes de l'un et de l'autre, quoique lieu ajjprofoii lis. Ona réiiiM'rimé cetouvra ,e a Paris en 1768, in-12. Vie de Madame de Miramion, fondatrice des filles de Sainte-Geneviève, Pans, 17U6, in^°.
CllUKlEK En usME DE SuiiLET-), né à Lié.e en 1569, d'une lauiillo noble, qui a pris (c nom d'un château qui est à 2 lieues de cette
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ville sur la Meuse, se distingua par ses lumières dans 11 jurisprudence, sa probiti^, son attache "eut à la religion de ses pères, et son affabilité, qui lui avait concilié l'amour et l'cstme de tous ses con(-itOi ens. Il mourut le 19 lévrier IG2o.Nous avons de lui : De jurisdictiune ordinarii in exemptos et horum ah ordinario exrmptione, Col igpe, 1629, 2 vol. in-i°. Cet ouvrage fut augmenté d'un volinue par Jean-PieiTe Verhorst, sulfcagant de Trf'ves, Cologne, 1682 ; Tractatus de advocatis feudalibus, Cologne, IGll, in-4°.
CHOKIER-SUHLET ( Jean-Erne>t), frère du précèdent, n'' à Li ■g' en lo"I, fut l'abord chanoine de Saint-Paul à Liég'% puis chanoine de la catliéJrale, abb '• s.'cu'ier ie Visé, gnnd-vicaire, et nnnirut vers l'an IGo'J. Il avait [iris le bonnet de docteur en droit à Orléans, et s'était beaucoup aiipli jué aux antiq lités romaines, dont Just;^-Lipse lui ,ivait inspiré le goût. Pour se perlectionner d.uis Ci tto science, il parcourut l'Italie. Les maguiliques monuments de sa piété et de sa muniliceuce, l'iiôpit^il des Incui'ablcs, la maison des Repenties, le couvent et l"('gli<e des îllnimes, etc., etc., rendront sa mémoire à jamais précieuse à sa patrie. Nous avons de lui : des iVo^es .•^ur le traité de Sénèque De la trcitK/uillite' de l'âme, Lii'ge, 1607 ; un Commentaire sur la politique de Ju-te-Li;)se, avec plusieurs trai es, ibid.,16i2: De la permutation des bénéfices, Rome, 1700, in-iol ; Commentaria in régulas cancellariœ Atplionsi Soto, in-i°, Liège, 163S ; Scholia in prcees primarias imperatoris, 1021, ii!-4°;Z>e re nummaria prisci œvi, collata ad cestimationem monetœ prœsentis, 1649, iii-8°; Yindiciœ libertatis ecclesiasiieœ, IG.'îO, in-4° ; Facis historiaram centuriœ daœ, 1630, info!. Ony voit les mœurs et les usages de diverses nations. Thésaurus casuum reservatorum. Nous avons encore de lui des ouviages de controverse, etc.
CHOLIN (Pierre), de Zug en Suisse, fut précepteur de Théodore de Bèze. li devint en>ui e i noies eur de belles-:et!res à Zurich et mourut l'an lot2. Choliu était habile dans la langue grecque ; Bu le en faisait beaucoup de cas. Il a tra .uit de grec ' n latin les livres de la Bible, que les proteslai ts regardent comme apoc.yphes. Il a eu part, avec Léon de Juda, Bibliander, Pélican et R. (iaulier, à la liible de Zurich, qui est cliargée de notes littérales e' de scolies sur les marges. Cette bible est estimé • parmi les prot.^staiits.
CHOPIN (René), natif de Bailhul en Anjou, en 1337, plaida longie.nps avec distinction au parlement de Paris; retiré ensuite dans son cabin.'t, il fut consulté ctimme un des oiacles du d oil. 11 mourut à Pans en 1606, à 6J ans. Ses ouvrages ont été | ubliés eu 1633, 6 vol. in-fol. en latin et en français. Il y a aussi une autre édition, latine seulement, en 4- vol. Son latin est fort concis, et souvent obscur et am,'0ulé.0n le comparait au.Jiirisconsulte Tubérou, qui avaii alfccté de se St rvir des mots les [ilus suiani\és. Ses ouvrages les plus estimables sont : le second vol de !a Coutume d'Anjou ; le traité de Do-
manio, pour lequel Henri III l'anoblit; les livres De sacra politia ; De Privilegiis rusticomm, remplis de belles recherches et de décisions judiciouses. Son livre sur la coutume de Paris est trop abrégé, et rempli de trop de digressions et de citations de lois étrangères. Chopin avait b-^aucoup d'esprit et d'érudition ; mais son zèle pou!' la Ligue lui valut une satire atroce sous le titre d".4n;!-Cftopinus, 1592, in-4'', attribuée h Jean de Vi^liersHotman. Comme cette pièce attaquait en même temps les choses et les personnes les plus respecta! des, elle fut bn^léopar arrêt du conseil. Ce qui y avait donné lieu est Oratio de pontificis Gregorii XIV ad Gallos diplomate a criticis notis vindicato, Paris 159l,in-4°. Le jourcrie Henri IV' entra dans Paris, sa femme perdit l'esprit et d reçut ordre d'en sortir; il y r.'Sta cepiMidant j-ar le crédit de ses amis. Ce jurisconsuUe étuiiait ordinairement couché par terre sur un tapis et entouré d.s livres qui lui étaient nécessaiies.
CHRÏSTIN ( Charles-Gabriel-Frédéric), avocat, et membre de l'assem ilée constituante, Ji' à Saint-Claude en Franche-Comté Ie9mai 1744, ; ubiit des Mémoires en faveur des serfs du chapitre de sa ville naiale pour obt-n r leur alfianchissement.il sedis ingua ensuite dans l'asseuibl e const tuante par la m d-'ration de ses [irincipes, et vint, après la session, occuper la j.Iace de [irési eut du tribunal civU de s ■ ]ia(rie. Il périt en 1799, dans Fincndie ijui consnmala vile (h- Saint- Claude. On a de Christin : Dissertation sur rétablissement de l'abbaye de Saint-Claude, ses chroniques, ses légendes, ses chartes, etc., 1772, in-S" ; Collection des Mémoires présentés au roi par les habitants du Mont-Jura et le chapitre de Saint-Claude, arec l'arrêt rendu par ce tribunal, l.~-2, in-8". Cliristiu est auteur di- la Lettre du P. Polgcarpe à l'avocatgénéral Seguicr sur le livre Des inconvénients des droits féodaux, qui a ('té attribuée à "N'oltaire. 11 avait réun: 5 \olumes in-fol. de Notes snr l'histoire de sa provinci' et divers sujets non moins importants ; ils fur nt détruits dans l'incendie d/nt nous avons parlé. (.HRiSTINE ( sainte), vierge et martyre, dont on fait la fête le 24 juill. t, est plus connue par l'ancien cnlte ([u'elle reçoit dans l'iiglise, que par les actes de sou martyre, qui manquent d'autiieiiticité : ce qui ne prouve rien contre l'iaée générale de ses vertus et de la constance de sa foi. Voy. saint