ABI
contre l'abbé de Saint-Cyran. M. Collet en a donné une plus étendue en 2 vol. in-12; mais Cille d'Abelli, aujourd'hui très-rare, lui est bien supérieure par le ton sim|)le, tourhani et onclueux, que l'auteur a su y répandre. On s'ucrupait de la réimprimer. La tradition de l'Eglisr, louchant le culte de la sainte* Vierge, 1032, in-8°. Les ministres calvinistes l'ont souvent citée contre Bussuet, à cause de certaines expressions exagérées et inexactes qui semblaient justiGer les reproches faits aux catholiques. Des Méditations tnl vol. in-12, très-répandues. EnOn quelques autres ouvrages cgalemenl propres à nourrir la piété. L'auteur était un homme rempiidc toutes les vertus sacerdotaleset pastorales! Ko*/, il/cm^ire* de Nicéron, tome XLI). ABEN-HÉZKA, ou AliLN-KSOllA (AbraiiAM-Bi n-Meir), célèbre rabbin espagnol, que les Juifs ont surnommé le Sayr, le (irand et t'Admit aille, litre qu'il ne justifie pas toujours par ses écrits. Il naquit à Tolède, en 1119. Philosophe, astronome, médecin, pnëte, cabalisle, commentateur, il embrassa tous les genres, et réussit dans plusieurs. On a de lui beaucoup d'ouvrages, parmi lesquels on distingue ses Commentaires. Le premier, il renonça aux allégories si familières aux docteurs de sa nation, et s'atlacha au sens grammatical des mots et à l'explication littérale du texte. C'est lui aussi qui le premier osa soutenir que les Hébreux n'avaient pas traversé la mer Houge par un miracle, mais que Moïse avait profité d'une basse marée pour traverser le golfe à scn extrémité. Celte opinion fausse et erronée ne fit pas fortune, et elle est si opposée aux [)aroles du texte que nous n'en dirions rien, si les protoslaiits modernes n'accréilitaient cette opinion hardie, et toutes celles qui expliquent les miriiclcs de l'Erriture sainte par des raisons nalui elles. Vo^ez Lettres de quelques Juifs, etc., par l'abbé Guénée. Son livre intitulé Jésud-Moru , est fort rare. C'est une exhortation à l'étude du Talmud, dont peu de gens profiteront. On a encore de lui Eleynntiœ(jramm(itica',\ en\sc, IS'iti, in -8", et quelques autres ouvrages sur la médecine, l'astronomie et la morale, dont le catalogue se trouve dans Hartholomio, avec une notice sur sa vie. Il mourut à lîhodes vers l'an ll'Jo, à l'âge d'environ soixantequinze ans.
ABEZAN, né de la tribu de Juda, dixième juge d'Israël, qui succéda à Jephté. Après sept ans de gouvernement il mourut i\ Bethléem, laissant trente fils, trente filles , et autant de belles-filles et de gendres.
ABCABE, noinquc plusieurs rois d'Edcsse ont porté. Le plus connu est celui qui écrivit, dit-on, à Jésus-Christ, et auquel ce divin législateur envoya son portrait avec une lettre; mais on n'ajoute pas beaucoup de foi à ces faits , qu'on croit communément avoir été imagines dans des temps postérieurs. La lettre d'.\bgare, avec la réponse qu'on atliihuc à Jcsus-Christ, se trouvent dans lùisèbe. TilIcmoMl, et d'aulres savants, les regardent comme véritables ; mais uulrc
que le sentiment commun est que Jésus- Christ n'a rien écrit, il est certain que celte lettre, loin d'être distinguée, comme elle aurait dû l'être, dès les premiers temps de l'Eglise, a été ri'jctée et mise au rang des apocryphes par un concile de Borne, sous le pape Gélase en W*. Voy. Tillemont, Dupin, Alexandre et le Dictionnaire de Calraet, édit. Migne.
ABIA, fils et successeur de Roboam , roi de Juda, aussi pervers que son père. Il vainquit Jéroboam, roi d'Israël, dans une bataille fort sanglante. Il mourut l'an 933 avant Jésus-Christ, Iais9ant22 fils et 16 filles. Voy. dans le chap. l't du 3" liv. des Rois, la prédiction terrible que fit un prophète au sujet d'un autre Abia, fils de Jéroboam.
ABIA, chef de la huitième des 2'!- classes des prêtres juifs, suivant la division qui en fut faite par David. Zacharie, père de saint Jean-Baptiste, était de la classe d'Abia.
ABIA IHAR, grand prêtre des Juifs, échappa à la ven;;eance deSaul, qui fil massacrer son père Achimélech, et lui succéda dans la grande sacrificalure. Mais ayant voulu dans la suite mettre Adonias sur le trône de David, Salomon l'en priva, et le relégua à Aralhath, vers l'an lOli avant Jésus-Christ. Ce fut ainsi que Dieu accomplit ce qu'il avait fait prédire à Héli, plus de cent ans auparavant, qu'il ôlcrait à sa maison la souveraine sacrificalure, pour la transporter dans une autre.
ABIATHAR, Dis dOphni et petit-fils d'Héli, grand prêtre, succéda à son a'ieul dans cette dignité avec Achiloli, fils de Phinées. L'exercice de la grande sacrificalure leur fut attribué alternativement d'année en année; mais la judicature fut confiée à Samuel, prophète et prêtre de la tribu de Lévi.
ABICHT ( .ÎEAN-GEonr.Es), orientaliste et théologien luthérien, néen 1072 àlvœnigsséc, dans la principauté de Schwartzbourg, mort en 1740 à Wittenberg, où il remplissait les fonctions de professeur et de pasteur , a beaucoup écrit sur la langue et les antiquités hébra'iques. Sa dispute avec Francke sur l'usage des accents a jele ({uelque jour sur celle malicrc obscure. Il a aussi écrit avec succès contre l'harmonie préétablie de Leibnitz. Michel Uanfl a donné la liste des ouvrages il'Abichl dans ses V tes des théologiens sa.ions, tome I", et on la retrouve dans les Acta hiflor. eccles., tome V, page 28'J. La plu[)art de ses dissertations ont été insérées dans le Trésor d'll(énius.
ABIC.ML, femme du pays de Juda, eut pour premier mari, Nabal, homme d'une avarice extrême. David fitdemander à Nabal (|uel(;ucs ral'raichissements qu'il refusa avec dureté. Ce prince irrité allait se venger de ce refus, lorsque Abiga'il lui apporta des vivres pour calmer sa colère. David fut si louché de sa libéralité, de sa beauléetde ses grâces, qu'il l'épousa après la mort de Nabal , l'an 1000 a\anl Jesus-Christ.
.MMMÉLECII (en hébreu l'crr-Hiii} , roi de (îérar'-, contemporain d'Aliraham, fit cn- L'ver S.ira, que ce patriarche faisait passer pour sa sœur et qui l'eluil en elTel, nuls-
ABl
ABN
aa
qu'elle clait née du même père, sans avoir eu la même mère. Mais Abraham, dans la crainte qu'on ne la lui prît ou qu'on ne le luàl à cause d'elle, ne disait pas que c'était sa feniuie. Dieu menaça de la mort Ahiinélecli qui rendit aussitôt Sara et lui fit de grands présents. 11 s'excusa sur i'isinorance où il était qu'elle fût la femme d'Abraham. 11 fit avec ce patriarche une alliance avantageuse ; le lieu où elle fut jurée s'appela Ber-Sabée oa le Puits du serment. Celte conduite de la part d'Abimélech prouve combien le lien conjugal était respecté dans ces temps sin)ples, qu'une philosophie corrompue ose regarder comme barbares. Cette observation devient plus sensible encore sous Abimélech son fils. Isaac ayant ésalemenl appelé Uebecca sa sœur, selon l'usage des Hébreux qui appelaient sœurs leurs cousines IVoy. Sara), le roi ayant découvert que c'était son épouse, lui en fit des reproches, dans la crainte que quelqu'un de ses sujets ne se rendît coupable d'un grand crime : Jn,cluxer(is super nos grande peccalum ; cl il ordonna, sous peine de la vie, de respecter l'épouse de l'étr.inger : Prœceijitque omni populo dicens : Qui tetigerit uxorcmhominis Inijus marielur. Geii. xsvi. Dans la suite, jaloux de la prospérité d'isaac, il le chassa : mais voyant que Dieu était avec ce patriarche, il rcpouvela l'alliance qu'avait jurée son père.
ABIMÉLECH, Uis naturel de Gédéon , après la nnort de son père, massacra soixante et dix de ses frères : Joalhan, le plus jeune, échap[ia seul au carnage. Abimélech usurpa la domination sur les Sichimites ; la cruauté qu'il avait exercée contre ses frères, il l'exerça contre ses nouveaux sujets qui , trois ans après, se révoltèrent contre lui et le chassèrent. Abimélech les v.iinquit, prit leur ville, et la détruisit de fond en comble. De là, il alla mettre le siège devant Tlièbcs, qui était à trois lieues de Sichem : il y fut blessé à mort par un éclat de meule de moulin qu'une femme lui jeta du haut d'une tour. Abimélech, honteux de mourir de la main d'une femme, se fit ôier la vie par son écuyer, l'an 1235 avant Jésus-Christ. Son successeur dans la judicalure d'Israël fut Thola.
ABIRAM, fils aîné d'Hiel de Bethel. Josué ayant détruit la ville de Jéricho , prononça une malédiction contre celui qui la rétablirait. Hiel de Béthel ayant entrepris, environ 137 ans après , de rétablir Jéricho , perdit Abiram , son premier-iié , lorsqu'il jetâtes fondements de celle ville, et Ségub, le dernier de ses enfants, lorsqu'il en posait les portes.
ABIRON , petit-fils de Phallu, fils de Ruben , conspira contre Moïse et Aaron, avec Coré et Datlian. .Mais leur révolte et leurs murmures furent sévèiement punis; car s'ètant présentés avec leur encensoir devant l'autel, la terre s'ouvrit, cl les dévora tout vivants, avec 250 de leurs com[)lices, l'an li89 avant Jésus-Christ.
ABISAG, jeune Sunaniite, que David s'associa dans sa vieillesse, mais avec laquelle
il vécut dans la continence. Après la mort de ce roi, Adonias demanda celle vierge en mariage , s'imaginant par là se frayer un chemin au trône; mais Salomon, démêlant ses vues, 1 fil mourir. Saint Jérôme, s'altacliantau sens allégorique des saintes lettres a vu dans Abisag, jeune, belle el chaste, une image de la sagesse, qui devient la seule et fidèle compagne de la vieillesse de l'homme juste, après que tous les avantages de la nature l'ont abandonné : sa beauté incomparable , la douceur de ses entretiens , ses chastes embrassemenls fortifient et raniment son âme, et empêchent qu'elle ne se ressente du froid el de la faiblesse du corps. ABISAl , fils de Sarvia, sœur de David, fut un de ces héros qui se rendirent recommandables sous le règne de ce prince , par leur valeur et par leur attachement à sa personne. 11 tua trois cents hommes , mit en fuite plusieurs milliers d'iduméens, et massacra un géant philistin armé d'une lance dont le fer pesait 300 sicles.
ABIU , fils du grand prêtre Aaron et d'Elizabeth, lut consumé avec son frère Nadab, parce qu'il avait otTert de l'encens avec un feu étranger, au lieu d'en prendre sur l'autel des holocaustes. Cet événement arriva pendant l'octave de la consécration d'.Varon et de ses fils, el de la dédicace du Tabernacle, l'an du monde 2olV, avant Jésus-Christ 1490. Plusieurs commentateurs , dit dom Calniet, croient que Nadab et Abiu s'étaient laissé prendre de vin, et que c'est ce qui leur fit oublier de prendre du feu sacré dans leurs encensoirs. On fonde celte conjecture sur la défense que Dieu f lit aux ])rétres , immédiatement après, de boire du vin tout le temps qu'ils seront occupés au service du temple. Voyez, du reste, dans l'article Abiu du Dictionnaire de la Bible , de dom Calniet, édile |)ar M. l'abbé Migne , les judicieuses observations dont M. l'abbé James l'a fait suivre.
AHLE ou ABKL (Thomas) , chapelain de Catherine, femme de Henri Vlll , roi d'Angleterre , homme pieux et zélé caiholi |ue, fui étranglé, éventré et écartelé àSmllhfield, le 30 juillet 13i0 , pour avoir soutenu que Henri ne pouvait se faire reconnaître chef de l'église anglicane. Son traité, De non dissolvendo Henrici et Calharinœ matrimonio avait déjà irrité ce prince contre lui.
ABNIiK , fils de Ner , général des armées de SaJil, servit ce prince avec une fidélité inviolable. Après la mort de Saul, il fit donner la couronne àlsboseth son fils. Quelque mécontentement l'engagea ensuite à se ranger du parti de David , qui lui témoigna beaucoup d'amilié; Joab, jaloux de sa faveur, et voulant d'ailleurs venger la mort de son II ère Asaël, le tira à part, et le tua lâchement. David cruellement aflli^.'é de celte perle, lui fit dresser un magnifique tombeau, el riionora d'une épilaphe, l'an iOfcS avant Jésus-Christ.
AlfNKR, rabbin converti, né à Uurgos vers r.m 1:^70, fut professeur de médecine à Valludojid, et embrassa le christianisme daa)
27 ABR
celte ville en 1295. H prit alors le nom d'Alphonse de lîargos, et obtint la charge do sacristain dans la cathédrale de Viilladolid. Avant sa conversion , il avait composé un ouvrage sur la concordance des lois, et accompagné de gloses le commentaire d'Abenllezra sur les dix préceptes de la loi. Devenu chrétien, il écrivit en hébreu une réfutation d'un ouvrage du rabbin Kiinchi contre les chrétiens, inliUilé : Blilchamoth - Uascm , c'esl-à dire Guerres du Seigneur, 11 en fit l)lus tard une traduction espagnole à la demande de riiifante IManche. Alphonse de Spina traiie lorl au long de cet ouvrage dans le troisième livre de son Forlalilium fidei. On a encore d'Abner un Traité sur la peste (eu espagnol), Cordoue, 1551, in-4". Il se signala constamment par son zèle pour la vraie religion , cl mourut vers 13i6
ABKABANEL (Isaac), naquit à Lisbonne en 1437, Les généalogistes juifs le font descendre de David, coumie les Turcs font descendre Mahomet d'Ismacl ; mais ces généalogies hébraïques et turques sont la plupart aussi fabuleuses que quelques-unes des nôtres. 11 lUt une place dans le conseil d'Alphonse V, roi de Portugal, et ensuite dans celui de Ferdinand le Catholique, roi de Castille; mais en 1492, lorsque les juifs furent chassés d'Espagne, il fut obligé d'en sortir avec eux. Enfin, après avoir fait dilTérentes courses à Naplcs,à Corfou et dans plusieurs autres villes, où sa nation errante et superstitieuse était soufferte, il mourut à \cnise en lo08, à l'âge de 71 ans. L'auteur des Lettres juives , qui l'appelle ^^«rtanfi/, dit qu'il fut enterré à Padoue. Les rabbins le regardent comme un de leurs principaux docteurs, et lui donnent des litres honorables. 11 leur a laissé des Commentaires sur tous les livres hélireux de l'Ancien Testament, qui sont fort estimés pur ceux qui s'attachent à l'élude de la langue liébra'Kjue. 11 est fort littéral et très-clair, mais un peu diffus, ainsi que tous les glossateurs. Ou a encore de lui un Traité de la création du monde, Venise, lo'.)2, in-V, contre Arislote, qui le croyait éternel ; un Traité des principes de la religion, en hébreu , traduit en latin, par G. Il Vorstius, Amsterdam, 1G38, in-'t", et quelques autres Traités où il parle des chrétiens avec toutes les préventions du rabbinisme. tj'était un homme vain et orgueilleux. Voy. les Mémoires de Nicéron, tome XLI.
AUltAHAM , premier patriarrhe de la nation juive, né à Ur, ville de (Ui;ildée, l'an 1900 avant Jésus-Clirist, descendait de Sem, (ils aîné do Noé, à la huitième génération. Son père Tharé était adonné au culte des étoiles, genre de superstition beaucoup plus excusable que l'idolâtrie, comme le dit l'auleiir du livre de la Sagesse, chap. xiii. Abram, car c'est ainsi (ju'il s'.ippelail alors, ennemi de ce faux culte cl adorateur du vrai Dieu, sur l'orilre qu'il reçut de Dieu de quitter sou pays pour aller au pays (|u'il lui nioiilrcrait, partit sans hésiter avec son
ABR
père, Sara son épouse, et son neveu Lolh. ii se rendit à Haram en Mésopotamie, où il perdit son père. Un nouvel ordie de Dieu le tira de ee pays ; il vint se fixer à Sicheni avec Sara sa femme, et Lolh son neveu. La famine l'obligea de se rendre en Egypte, où Pharaon lui enleva sa femme, ci oygnt au'cUe était sa sœur, et la lui rendit ensuite avec des présents (événement qui se renouvela ensuite , presque avec les mêmes circonstances, à Gérare, avec le roi Abimélech), Abiahain sortit de l'Egypte, vint à Bélhel avec Lolh son neveu, dont il se sépara, parce que cette contrée ne pouvait contenir leurs nombreux Iroupenux. Le neveu alla à Sodome , et l'oncle resta dans la vallée de Mambré. Quelque temps après , Loth ayant été fait prisonnier par Gliodorlahomor et trois autres rois, Abraham arma ses domestiques , poursuivit les vainqueurs, les défit, et délivra Loth. Ce patriarche, avant de quitter Mambré, eut une vision, dans laquelle Dieu lui apparut, changea son nom d'Abram en celui d'Abraham, lui promit un fils de sa femme Sara, et lui prescrivit la circoncision, comme le sceau de l'alliance qu'il faisait avec lui. Abraham se circoncit à l'âge de près de cent ans , et circoncit toute sa maison. Un an après naquit Isa.'ic, que Sara mit au monde, quoique âgéede 90 ans. Lorsque cet enfant eut atteint l'âge de 25 ans , Dieu ordonna à son père de le lui olTrir en sacrifice. Abraham, sans raisonner sur un ordre (jui devait lui paraître extraordinaire, et qui en effet n'était qu'une épreuve, allait obéir avec autant de promptitude que de courage ; mais Dieu, content de sa soumission, lui arrêta le bras qui était levé pour frapper cette victime chérie, et mita la place d'isaac un bélier qu'Abraham lui offrit. Sara, mère d'isaac, mourut douze ans après : on l'enterra dans la caverne d'E|)hron, qu'Abraham avait achetée pour sa sépulture.
Après la mort de sa femme, Abraham épousa Cétliura , dont il eut six fils. 11 avait déjà pris pour femme, du temps de Sara, Agar, sa servante, mère d Ismacl. Enfin , après avoir vécu 175 ans, il mourut l'an 1821 avant Jésus-Christ. Il fut enseveli près de Sara. La vivacité de sa foi, son attachement sincère au culte du vrai Dieu, lui ont mérité le nom de Père des croyants. Barbeyrac, ce détracteur aeharné des Pères de l'Église et do tous les grands hommes qui se sont distingués par l'amour delà religion, s'est particulièrenu nt attaché à déchirer la mémoire d'Abraham par des censures aussi injustes que puériles, (|ue Bergier a solidement réfutées dans son Dictionnaire lhéotogi(jue. Pour juger sainement de la conduite des patriarches, il faut se placer dans les Miémes circonstances , se mettre au ton des mœurs et des us.igos qui régnaient dans les premiers temps. Saint .\mbioino montre, avec autant de raison que d'éloquence, que dans la droiture et la sim|ilieite de ce s.iint patriarche, il y a plus de véritable gramleur que dans tout l'étalage des vertus philosophiques : Minus est quod illa finxil quam quod istt
ABR
ABR
gessif.La famense maxime d'an des sept sages de la Grèce, Sequere Deiim, qui, pour ie fastueux philosophe , n'élail qu'un apophlhegme de parade, exprime , eu quelque sorle, toute la vie d'Abr;iliam , fidèle à ses différentes vocations, et n'hésitant jamais de suivre la voix de Dieu, jusque dans le plus amer des sacrifices : Hoc ilaqiie quod pro magno inter scptein sapicnlium dicta celeùratur, perfecil Abraham, factoque sapientium dicta prœverlit. On ne s'arrêtera point à rapporter les contes dont les rabhins ont chargé l'histoire d'Abraham. On sait que les hommes crédules et superstitieux ont mêlé, de tout temps, la vérité avec le mensonge. On lui a faussement attribué un traité intitulé : Jcizirah ou de la Création, Mantoue , 1562, in-4°, et Amsterdam, 16'i2, in-4-°. Ce livre est, à ce qu'on croit, du rabbin ALiba. Ce qui est certain, c'est que l'auteur n'avait . pas la tête bitn saine. Son ouvrage ne contient qu'une feuille ou deux d'impression. Les commnntaires de cinq rabbins, qui accompagnent l'édition de Mantoue, ne la rendent pas plus ini.elligibic.
ABRAHAM-BEN-R.-CHIJA ouCHAJA (c'està-dire le prince), célèbre rabbin espagnol, naquit vers l'an 1070; il était aHaqué de deux différentes espèces de folies : il était astrologue et prophète. Il prédit la venue d'un messie pour l'an 1358; mais on l'attend encore. Ce Noslradamus hébreu mourut 213 ans avant le temps prescrit pour l'arrivée de son libérateur. On a de lui un traité De nati~ vilatibus, ou Fo/i(j?je du révélateur. Il a aussi donné des Traités d'astronomie, de géomélrie «t de musique, qui se trouvent au Vatican, 'fiome, 154'3, in-'î"
ABRAHAM-BEN-DÂVID-HALEVI , rabbin «spagnol du xir siècle , sur la vie de qui l'on n'a que des renseignements incertains. Wolf prétend qu'il s'appelait aussi Ben- Dior (premier), ou Ben-R.-Jilzchack, ou Beu-R.- Baruch. Le Juchasin nous apprend qu'il fut mis à mort à Tolède pour cause de religion. On a de lui : Le livre de la Tradition ou de la doctrine de Moise, traduit en lalin par Génébrard, Paris, 1333 et 1372, Bfile, 1580, in-8 ; Réponse précise au livre d'Abu-AlpIiarage, ouvrage qui s'est perdu ; Des fondements, ou des Articles de foi des Juifs; De la foi élevée QIC sublime, en manuscrit; enfin quelques ouvrages d'astronomie.
ABRAHAM LÉ S'ITîî surnommé l'Ancien, vivait dans le xvi° siècle à Jérusalem. On a de lui : un Commentaire sur les septante semaines de Daniel, sous ce titre : Qui fait ou délie les nœuds? Constantinople, 1303, in-i°; Ordonnances du sabbat, ou De ta manière de célébrer le sabbat, ouvrage qui se trouve à la fin du Rechith-Gochma , Bâie, 4603, et Cracovie, 1667, in-8" ; une Explication de la prophétie de Nackmanu Ketupha, fils de Pinclias; Celui qui révèle les secrets, en manuscrit; Tikkune Schabbat; un Commentaire sur Idra et diverses sections du Zohar et l'Exposition des trente-deux sentiers, , ABRAHAM de Sainlc-CIaiie, autrement
appelé Ulrich-Mégerlo, moine augustin, né à Krœhenheimstetten , en Souabc, en 1642 fut pendant plusieurs années prédicateur de la cour de Vienne, Ses discours étaient mêlés d'anecJoles, et avaient un caractère original et surtout plaisant. Les écrits qu'il a laissés ont même dans leur titre quelque chose lie piquantel de singulier : Fi du mondel Judas archicoquin; Attentioyi soldat; Quelque chose pour tous, etc. Ce dernier ouvrage, l'un des plus importants d'Abraham de Sainte-Claire, est un traité de morale divisé en cent chapitres , et contenant des préceptes pour tous les états. Il mourut à Vienne en 1709.
ABRAHAM DSQUlî, Portugais, juif d'origine et de croyance, quoique Arnaud l'ait cru chrétien, se joignit à Tobic Athias pour traduire, dans le xvi siècle, la Bible en espagnol. Voici le litre de cette fameuse version : Biblia en lengua espanola, traduzida palabra por palabra de la verdad hebrdica; por muy excellentes lelrados en Ferrara, 1333, in-fol., caractères gothiques. Quoique les noms et les verbes y soient traduits selon la rigueur grammaticale, cette version n'est regardée que comme une compilation de Kimchi, de Rasci, d'Aben-Iîzra , de la paraphrase chaldaïque , et de quelques anciennes gloses espagnoles. O.tte version est très-rare et très-recherchée. On en fit une autre édition à l'usage des chrétiens espagnols, qui n'est ni moins rare ni moins recherchée. Les curieux les rapprochent toutes deux, pour pouvoir les comparer. Malgré leur conformité apparente , on peut «n reconnaître les dilîérences aux interprétations diverses ds plusieurs passages, selon la croyance de ceux pour qui elles furent imprimées, Ufle marque plus sensible et plus facile pour les reconnaître , c'est la dédicace. La version à l'usage des juifs , qui est la plus recherchée , est adressée à la senora Gracia Naci, et souscrite d'Athias et dUsque; l'autre est dédiée à Hercule d'Est, et signée par Jérôme de Vargas et Duarte Pinel.
ABR.\H-AMBEN-ACHER, rabbin né dans la haute Galilée , composa un Commentaire sur le Midrasch-Rabba , intitulé : Or Jlasscckel , ou lumière de V intelligence, commentaire qui ne renferme que la Genèse, Wolf et Uossi disent qu'il fut publié in-folio en 1561 ; mais Barlolocci le fait paraître en 1367. Ce même commentaire est désigné par Abba ou plutôt Aba, mol formé par les initiales du nom d'Abraham-ben-Acher. On a encore do lui un Commentaire sur le Midrasch-Rabba Au l'Exode, qui se voit en manuscrit, in-V, au collège des néophytes, à Rome, suivant Bartolocci.
ABKAHAM-BEN-ISAAC-TZAHALON, rabbin espagnol du xvi" siècle, est auteur des ouvrages suivants : Le salut de Dieu, commentaire littéral, allégorique et mor.il, tiré de la doctrine des anciens rabbins, Venise, 1393, in-i°, texte hébreu; Le livre de la médecine de rame, addition aux canons pénitciUiaux des Juifs, par le rabbin Isaac Luiia, Venise, 1395. in-i"; La main des