‹ Dictionnaire de biographie chrétienne (volume 2)Chapitre 57 sur 228 · AIN · texte numérisé non relu

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les iésuifes d'Espagne, il montra beaucoup de résignalion et de fermelc, et s'occupa, sur le vaisseau qui le transportait en Italie, de consoler ses (onfrères, dont plusieurs Plaienl âgés et infirmes. C'est à Ferrare qu'il alla s'eiabliret qu'il écrivit les ouvrages qui ont fuit sa réputiitioa de philologue et de criiique. Il mourut dans celle ville eu 1799, à l'âge de 8i ans. Parmi les nombreuses produciions du 1'. Aimcrich nous cnerons : ^^omina et acla epiacoporum Barcino- «ensium, Bircrlone, 1"ÎG0, in-'r ;Quinli Modenili Ccnsorini de rila et morte linijuœ hlinœ paradod-a philoluçjica, vntkis nunimllis disserlalioivbiis expusilu, assertn et proluUa, Ferrare, 1780, in-S% Irès-rarc; Rdnzione aulentka deiriicctidaio m Parnaf.<o, ibid., 1782, in-8": c'est une défense de l'ouvrage précédent contre un anonyme que le P. Aimerich raille avec finesse : Spccimeii veteris lomunœ lilteralnra- depenlitœ cet adhuc latetUis, seu si/Uiibiis lil.iloricu!', etc., ibid., 1784-, iu-4.°; Novum LrxKon liisluricum et criticum antiquœ romnnic Utleruturœ drperditœ rel laletilis, ac Romanorum erudilorui' qui en jjorucriint ah Urhe condila ml ilonorii AiiQtisli inleritum : accedunt disserlationes et multa cnrnllaria, B.jssano, 1787, in-8"; ouvrage qui esl la suite et le complément du précèdent. Au mérite d'une vaste érudition, le P. Aimerich joignait celui d'écrire en latin avec une élégance el une pureté qui deviennent de plus en plus rares.

AIMOIN, béiiédiflin de l'abbaye de Fleury-sur-Loire, né à \illefranche en Périgord, composa une Histoire de France en cinq livres. Les deux derniers furent finis après sa mort par une main étrangère. Ce n'est qu'une couipilaliou pleine de fables et de fau\ miracles. Les légendes sont les sources où il ;i puisé. On trouve celle bislnire dans le tome III de la Collection de Ducbêne et dans celle de dont Houquet. Il écrivait aisément, mais sans élégance. Il mourut en 1108. Il est aussi l'auteur d'une Vie de saint Abbon, dont il était l'élève : cet ouvrage esl important,

AI.MON, HAI.MON ou HÏLMNON. évéque d'Halberstadl dans le ix' siècle, fut disciple d'Alcnin, se trouva, en 8.S8, au concile assemblé à Mayence contre (jolescalc, el mourut le 27 mars de l'an 8G.'i. Il écrivit des Commentaires sur les Psaumes, sur Isaïe et sur l'AiJOcalypse ; des Serinons sur les évangiles des dimanches et léles de l'année, imprimés à Cologne en la.'!(i, et un abrégé de l'histoire sacrée intitulé De cUrt^ttanaruin rerum memoria.

AIMON, moine de l'abhaye de Savigni, de l'ordre de Citeanx, él, lit Hieton el natif de LandaC'>b. H pril l'hubil île religieux d.ins l'abbaye de Savigni, au diiicè>e d'Avrauehes en Normandie, dilïerenle de l'abbaye de ce nom qui est dans le diocèse de Lyon, de l'ordre «le Saint- lîenoit. Il écrivit divers ouvrages de piele.el mourut en odeur de sainteté vers l'an I I7'i.

AINSNV(Jll I II lli.Mii), théologien anglais d'une secte de non-confnrmistcs, florissait au commencement du xviT siècle. Cunlrainl

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de quitter l'Angleterre sous le règne d'Elisabeth, comme beaucoup d'autres de sa secte, il se réfugia en Hollande, où il fut choisi pour ministre d'une congrég.iliou indépendante, dont la dissolution lut bientôt amenée par l'aigreur et la violence des disputes que l'esprit de secte éleva dans son sein. Ainsworth quitta Amsterdam et se rendit en Irlande, où il espérait trouver le repos. Miis, trompé dans son allenie, il revint en Hollande où il resta jusqu'à sa mort, dont les circonstances sont assez singulières. 11 avait trouvé dans la ru(> un diamant d'une valeur considérable que les démarches qu'il fit pour en découvrir le possesseur lui apprirent être la propriété d'un juif. Ainsworlb s'empressa de le lui rendre, et rejeta l'offre d'une somme d'argent qui lui était faite en retour de co service. Mais il fit promettre au juif de lui procurer une entrevue avec de savants rabbins, à qui il voulait demander des éclaircissements sur les prophéties de l'Ecriture concernant le Messie. Le juif, se trouvant vraisemblablement hors d'élat de le satisfaire, et pressé par Ainsworth de tenir sa parole, pril, dit-un, le parti de l'empoisonner pour se délivrer de ses importunités. On croit communément qu'Ainsworth mourut l'an 1629. La date et le lieu de sa naissance sont inconnus. H possédait la langue hébraïque el a fait une traduction liliérale du Penlatewjue accompagnée de commentaires utiles et curieux. Cette traduction, qui fait partie d'une suite A" Annotations qu'il avait composées sur l'Ancien Teslamcnl, el dont la dernière édition a été imprimée en 1639, 1 vol. in-folio , est devenue extrêmement rare. Il laissa en outre quelques écrits de cûulroversc, tombés dans l'oubli.

AJAl.A, ou plutôt AYALA iMartin Perkz de!, archevè(iue, né dans le diocèse de Car- Ihagène en liiOi, de parents obscurs, enseigna d'abord la grammaire pour nourrir sa famille. Ayant ensuite été ordonné prélre et s'étant fait connaître à Charles V^ cet empereur l'envoya, en qualité de théologien, au concile de Trente, et lui doitna successivement deux évéchés, et enfin l'archevêché de N alence. Ce prélat savant et zèle gouverna son diocèse en digrre pasteur, el mourut l'an ioGLi. Un a de lui un traité latin dis Traditions i\poitoH<iues, en dix livres, Paris, 1562, inb", cl De vera ralionc christianisa mi inslrtictio , Cologne, 15oV, inl2. t^'est une iiistruciion chrélienne aiiressée à un ducleur juif nouvellement converti, suivie d'une disseï talion pleine de savoir el d'onction sur l'invocation des saints, leurs prières pour nous, le jeûne, etc.

.\KII!A, rabbin, el un des principaux docleurs hébreux du collège de l'iberiade, dans le premier siècle de Jesus-Cbri>t, garda des troupeaux jusqu'à l'âge de 'lO arrs ; mais la fille de son maitre lui ayant proinis de l'épouser s'il devenait sava:il, l'amour le fil docteur. I<e rabbin, fanatique (o.nme la pliip irl de ses CDiifrères, se jela d.ins le (i.irti du faux messie iiarcochebas el lui appliqua cette piopliélic de Dalaaui ; Urietur stcUa (j;

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Jacob, etc. II excila les juifs à .a révolte, en leur citant les proplièlts, et commit avec eux (les cruautés qui le firent condamner à mort par l'empereur Adrien, l'an 135 de Jésus-Christ ; il fut écorché vif. Selon les juifs, il avait alors 120 ans. Sa femme, ses enfants et ses disciples furent aussi massacrés. Les rabbins lui attribuent le Livre de la création, qu'il mit sons le nom d'Abraham.

ALABASTËK (GciLLàUME), Ihéologien anglican né à la fin du xvi' siècle à Hadlcigh, dans le comté de Suffolk, se fit catholique, redevint anglican, et fui prébende de Saint- Paul de Londres dans le xvii' siècle. L'élude de la cabale le jeta dans des opinions absurdes. 11 est auteur d'un lexique hébreu, in-folio, et de quelques autri'S livres intitulés ridiciilcmenl et composés de même. Tels sont : Apparatus in revelationem Christi, modo cabalislico explicalam, AnSuerpiîc, 1G02, in-4'°; Traclalus de bestia tipocalyptica, Delphis, 1621, in- 12; Spiracuium tabarum seu fans spirilualium expositionum ex œquivocis Pentaglotli sifjni/icalionibus ; Ecce sponsus venil, seu tuba pulchriludinis, hoc est demonslratio (juud non sil illicitumnec impossibile computare duralionem mundi et leinpus secimdi adventxis Christi,

ALACOQUE (Makgueiiite-Mabie), née en 1645 à Laiilhecour en Bourgogne, montra dès son enfance beaucoup de piété et de vertu. Dès l'âge de dix ans elle se dévoua à la contemplation, et parut êlie favorisée de grâces extraordinaires. En 1671, elle entra au monastère de la A'isitalion rie Sainte Marie de Paray-le-Monial en Charolais. Elle fut admise au noviciat après trois mois d'épreuve, et fut dès lors un modèle de sagesse, de soumission cl de patience. Elle mourut en 1690, après avoir servi à répandre la dévotion au Cœur de Jésus; dévotion sjinboliquequi consiste à conserver et à nourrir le Souvenir de l'amour exlrême de Jésus- Chrisl pour les hommes : dévotion que les gens de parti ont décriée comme un fanatisme horrible, mais où les hommes sans passion n'ont rien vu que de simple et de raisonnable. L'évéque de Pistoie ayant également décliimé contre celle ilévotioii,(lans unelnstiuclion générale, le pape Pie VI lui écrivit en ci's termes : alSuivs profccto miratisumus « te in niagislrum ercclum esse, ut dissidia cl « stiidia partiumjam providentia sanctœ sedis « composita prorsus(iue obsoleta iterum exci- « taies. Sancta liœc sedes modum jam turbis « et (juœstionihus iinposuil, satisi/ite declara- « vit, quo subslantia illius derotionisab om- « ni verte supcrstitiosamalerialitute immunis « raiera spcctet, ut in nymbolica cordis ima- « gine, immr.nsum caritatem, ejj'usumgue amo- « rem divini Redemptoris noslri viedilemur « atque veneremur. » Le P. Galifel et Collet ont écrit un traité sur cet objet. Voyez Galifkt. m. Languel, archevêque de Sens, a écrit la Vie de cette religieuse et y a joint quelques-uns de ses écrits : il y a des choses et des idées singulières. Voyez Aiuieli.e, Catuekine de Sienne (sainte). Cesl ainsi que l'abbé de Feller parie de Marie Alaco-

que ; mais voici une note que nous empruntons à la septième édition de son Dictionnaire : « L'abbé de Feller avait des idées « fausses et singulières sur la dévotion au « Sacré-Cœur. Pour s'en faire une idée, on « peut consulter l'article Galifet , auquel « nous n'avons rien voulu changer, nous « proposant de faire sentir dans cette note « la fausseté de la doctrine qu'il émet et « qu'il soutient presque seul dans l'Kgliso. « D'abord il ne voit dans la dévotion au Sa- « cré-Cœur qu'une dévotion purement sym- « bolique, qui nous rappelle l'amour du « Sauveur, Ce qui n'est pas exact, et ce qui, « dil sine addito, est faux, comme le prouve « la simple notion que donne l'Eglise de « cette louchante dévotion. Ensuite il criti- « que avec une amertume bien déplacée la « dévotion au Cœur de Marie, qu'il prétend « (|u'on assimile à la dévotion au Sacré- « Cœur de Jésus, et qu'il assure avoir été « condamnée par Cléinenl Xlll, parce que « ce pape, en instituant la fête du Sacré- « Cœur, n'établit pas celle du Cœur de Ma- K rie. Deux erreurs qu'il nesl pas difficile « de réfuter quand on connaît les sentiments « de l'Eglise et des fidèles sur le Cœur sacré « de Marie, qu'on n'a jamais confondu avec « celui de son Fils, mais qu'on ré\ ère comme « la plus vive image des perfections du divin « Sauveur des hoinuies. On doit se défier des « jugements que l'abbé de Feller a portés « sur les ouvrages du père Eudes et du père « Galifet, qui ont si bien écrit sur le cœur « de Marie. Voyez \a sixième partie de /'Zs'o;- « C'ilence de lu dévotion au Sacré-Cœur de « Jésus, Paris, 1819. On y trouve une réfu- « talion de l'abbé de Feller, lom. P', p. 2SI. » Quant aux « choses et aux idées singulières » qui se liouvenl, suivant Feller, dans les écrits de Marie Alaco<iue, l'éditeur du Traité sur le Sacré-Cœur, par le P. Galifet, a relevé cette étrange imputation.

ALAIN DE LILLE, évoque de Lille en Flandre, florissail on l'université de Paris, au milieu du xii siècle ; il av.iil p;is Pliabit de Saint-Bernard du vivant de ce saint, fut premier abbé de la Kivour, dans le diocèse de Troyes , et ensuite, en 1151, évèque d'Auxerre. Il quitta l'épiscopal en 1167 pour se retirer dans la solitude, et mourut à Clairvaux en octobre 1181 : il avait plus de 100 ans. 11 a laissé quelques ouvrages, entre autres Vila san<li Bernardi ; elle est dans le tome 11 des Oliuvres de ce Père, édil.de 1690, in-foi.; Teslamenluin suum, dans le recueil de Nicolas (]amusat ; Explanationes in prophetius Mcrlini ongli : ces prophéties faisaient beaucoup de bruit sous le règne de Louis le Jeune. — On a confondu souvent Alain de Lille avec un autre Alain de l'Isle, qui, d'après l'abbé Le Bœuf, naquit soit à Lille de Médoc, soit à Lille dans le comtat ^'enaissin, qui fut surnommé le docteur universel, et dont la réputation de savoir était si brillanti', que l'on disait de lui : Sujfuiat robis ridisse Alanum. Alain de l'Isle im>uiut à Citeaux vers le commencement du xnr siècle. Bien de plus obscur que la vie de cet Alain,

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sur lequel on a débité mille fables. Dom Brial, ancien bénédiclin.aluàrinslilut un uicmoire curieux sur Alain ; il le fait naître à Lille en Flandre. On remnrciue iiarini ses ouvrages l'Anli-Clnudiuntts, seu de. viro opiimo et in omtii virtule perlecto, lit). IX, Car :.ine, liâle 1331) ; An\ers,H)H\ De iiliincCunaturce contra Sodomiœ vilium, avec les noies de Léon Aliacci; Contra Atbigenses,Valdenses, etc.; Dicta de lapide philosopliiro. Tous les ouvrages en prose et en vers d'Alain ont été recueillis pur le P. Charles de Viscl), Anvers, lOjSi., in-l*.

ALAIN, moine du vnr siècle, né eu Aquilainc, ayant passé en Italie, fit profession dans.l'abbaye de Farfe, dont il devint abbé. 11 composa un llomiliaire où il a recueilli et mis dans un certain ordre tout ce qu'il y a de plus curieux et de plus inslructit dans riîcrilurc sainte, les saints Pères et les auteurs ecclésiasiiiiues, el il en a formé une suite de discours édifiants pour les principales fêtes de l'année. Dom Bernard l'ez, bibliothécaire de l'abbaye de iMelck, en a donné la préface au tome VI de sou Thésaurus anec'lotorum.

ALAIN, abbé de Tewkesbury en Anslelerrc, au conHuent de l'A von et de la Saverne, de l'ordre de Saint- Benoît, que la Chronique de Gcrvais de Cantorbéry appelle maî're, fut versé diiis presque tous les ;;enrcs de littérature. Encore jeune, il passa en lialie dans la vue de perlectionner ses connaissances, et son mérite le fil nommer chanoine de regli:ede Bénévenl, Ayant pris il résolution d.' quitter le siècle, il retourna dans sa patrie et embrassa Li vie monasli-' que dans l'abbaye des bénédictins de la Trèssainle Trinité de Caiitorliéry, dont il devint prieur en 1179, après llerluin. Alain composa un ouvrage intitulé : De vita et exilio suncli Tliomœ , archiepiscopi Cantuariensis. Il recueillit dans cet ouvrage toulcs les lettres que le saint martyr écrivit de son exil et celles qu'il reeut de divers personnages ; Chrétien Lupus l'a publié d'après un m muscrildela bibliothèque du ^ atican, a Bruxelles, en 2 lomes \\\-k". Baronius et Spoude, Sou abiévialeur, el quelques autres auteurs fcclésiasti(iues, ont attribué cet ouvrage à Jean de Sarisbery ; mais Oudin pense (ju'il est d'Alairt. Llu abbé de TewUesbury en 1180, il défendit avec fermeté les droits et privilèges de son abbaye, môme contre le roi, et mourut vers 1201. On trouve des détails sur Alain de Ti'wkesbury dans Conrad Gesncr, /:/)i<ome Ihbtitititecœ scriploruin; Lelandus, Cullectaneontm, loin. I\ ; l'ossevin, Appuratus sarii, loin. Il; Jean-Uirard \'ossius, De liistoricis Inlinis; C. Oudin, De scriploribus eicics.. tom. II. etc.

ALAIN, de l'ordre des frères prêcheurs, surnommé de liiipe, se fit une réputation populaire par ses sermous et par la sainteté (le sa vie; il se dislingna surtout par sa dévotion pour la sainte .Mère de Dieu, en riionneiii' de laquelle il composa plusieurs ouuscules. Alain le duiiiinieain mourut eu i'n'*, A Zwoll, dans une maison de sou ordre. On a de lui : Canlicum canlicoi'um, Frl-

bourg, 1619, 'm-'*°; Compendium psalterii benlœ Mariip, liber I; De miraculis quoque Rosarii ejusdeingl'jriotir Virginis liber unus; un grand nooibre de Sfrmons sur la confrérie du Bosaire.

ALAIN ou ALAN, célèbre théologien anglais, né à Lynn, dans le comté de Norfolk, vers le milieu du xv° siècle, se distingua comme le précédent par un grand talent pour la prédication. Il a laissé plusieurs ouvrages qui ont Irait à l'etnde de l'Ecriture sainte el à la théologie morale. Ce sont : De vario Scripturœ sensu ; lïlucidariani sanctœ ScriplHrœ; Moralia Biblioruin; Pnilecliones tlieologicœ; Elacidaùones Aristolelis; Sermolies notabites. Ou ignore l'époque de la mort d'Alain.

ALAIN ou ALAN. Foî/ez Alan.

ALAMANNl (Joseph), jésuile, né à Milan vers liiaG, mort à Asti en-lCJO, à 7'i- ans, a laissé une Histoire de l'image miraculeuse de la Vierge de Mondovi; un Discours prononcé dans le sénat de (jônes pour l'iiiauguraiion de David >'accari, el un Tiailé de la sagesse chrétienne, dont ou conservail le m inuscrit en 2 voluiiies dans le collège de Turin. — Sou frère Gosmo, jésuile coojme lui, était né en lo59. 11 professa les humanités, la philosnpiiie, 1,1 théologie, et mourut le 2i- mai 1634. Outre quehiucs opuscules tiiéologiques mannscriis, on a de lui une Somme de toute la pliilustiphio. d'après la doctrine de saint Thomas d'A/uin, Pdvie, 1618-l()23,ti'ois parties ea cinq \oluiiics qui ont été réimprimés à Paris.

ALAN, ALLEN ou ALLEYN (Gui.i.aume), cardinal-préire de la sainle Eglise romaine, du titre de Saint-Martin-aux-.Monts, surnommé le cardinal d'Angleterre, était né à Rossai, au duché de Laucaslre, eu 1332, d'une famille illustre par sa noblesse. Après avoir fait ses études au citllége d'Oria, dans l'université d'Oxford, il fut pourvu en 1558 d'un canoiiicat dans l'église métropolitaine d'York. Si)ii zèle ardent pour les lérités de notre sainle religion l'engagea à publier plusieurs écrits où les dogmes de la foi catholi(iue étaient vigoureusement défendus. Marie", reine d'Angleterre, venait de mourir, et sa sœur Elis ibelli lui succédait au trône avec des idées religeuses bien opposées ; Alain perdit sou canonicat en s'opposanl à l'entreprise de, celle piincesse qui voulait se faire reconnaître chef de l'église d'Angleterre. Obligé de fuir pour échapper à la rigu. ur des éilils, il se retira à Louvain, où il s'occupa à écrire contre les protestants anglais. Le dérangement de sa sanlé le força à relourucr dans son pays natal ; il y revint en socrel, mais bieiilôi de nouveaux écrits révélèrent sa présence et le forcèrent encore une l'o.s à sortir du royaume. De retour en Fjandre, il fonda à Dou li an séminaire pour ses compalnoics persécutés à cause de leur religion. Il eu établit aussi un à Home, deux en Espagne et un a Ueims. Celui-ci fut doté en loj'i' par la lib-ralilé du cirdinal de l.orr.iiue, qui récompensa le zèle d'Alain par un canonicat dans sa cathédrale. Ce l'ut là quil publia une sarantu

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apolo^e ponr les catholiques persécutés en Angleterre. Alain ne se bornait pas à atla- {[ucr rhérésie anglicane par ses éoriis, il oxhoriait le cabinet de Madrid à éiiuiper la fameuse Armaihi pour aller détrôner Elisabeth. Le pape Sixte V, pour y déterminer le roi d'Espa;;ne, accorda le chapeau de cardinal à Alain le 7 août Io87. Il avait déjà refusé la pmirpre, que Grégoire XIII lui avait oflerte ; mais Sixte V, voulant récompenser les grands services qu'il avait rendus à la foi, l'obligea d'aecepler celle insigne dignité et le déclara son légat on Angleterre, comme l'avait été le cardinal Polus sous le règne de Marie. Philippe II lui donna une riche abbaye dans la (ialabre et h' nomma à l'archevêché de Maliiies ; mais il n'y put résilier, le pape ayant voulu le conserver à Home, où son savoir était nécessaire dans le cunsisloire. Alain trava Ha avec le cardinal Colonne et le docte Bellariniu à la réusion de la Bible, qui fut imprimée par ordre de Sixte V et revue par le'-" soins de Clément VIU, Il mourut à Home l'an 159'i., âgé de 62 ans. Le cardinal Aljsin a laissé plusieurs ouvrages dont voici les litres : {'ourles raisons ponr la foi cailiolii/ue ; Défense de la doctrine catholique, au sujet (lu purguloiri' cl f/' la prière pour les morts , Anvers, lo65; Défense du pouvoir léijiliine et de Cantorit' du sacerdoce ponr la rémission des péchés, avec un Supplément sur la ciiiife>sion ri les indulgences, Louvain, 1367, in-8'; Sur les sacrements, Anvers, 1S76, iii-4-°; Du culie des saints et de leurs reliques, m()desle cl sincère apolc^ie des chrétiens catholiques qui ont souffert pour la foi, soit dans leur pays s il ailletirs, 15!53 ; Jusliliœ anijlicanœ confutatio , seu de intentiune papœ in eriijcndis seminariis, etc.

ALARD (François), fils d'un catholique réccinitionl converti de Bruxelles, naquit dans celle villi- an comm ncemenl du xvi' siècle. Son père ray.iiil obligé d'entrer dans l'ordre de Sainl-Uomiiiiiue , il y monlra quelque talent pour la prédication. Mais la lecture des ouvrages de Luther que lui prêta un négociant de Hambourg ébranla ses croyances emore peu raffi-rmies, et il s't nfuil à léna el de là à Wittenberg. La mort de ce négociant l'ayant laissé sans ressource, Alard revint à Bruxilles; mais sa mère elle-môme le dénonça à l'Inquisition, s'il faut en croire son arrièrc-peiil-fils qui rapporte ce fait dans la Decas Alnrdoruin scriplis clarorum, il Al ird fui condamne à mort. Il réussit à s'évader de sa prison et se rendit dans le comté d'Oldenbourg, oii il devint aumônier du prince. Plus tard, lorsque les Anversois obiinrcnl la liberté du culie, il revint en Bilgique par deux fois. Christian IV, roi de Daneioark, lui donna enfin nn asile et lui accorda la cure de Wilsier, dans le Holstein, où il mourut en lo78. Alard compoa plusieurs livres latins et fiamands, qui ont perdu tout L-ir intérêt avec les circonstances qui les avaient inspirés.

ALAllY (GEOKGEi.), supé. leur des missions étrangères, né en 1731, à Pampelone, dans

le diocèse d'Alby, se rendit en 1764 à Siam, où il fut nommé pro-vicaire de la mission et fil dos conversions nombreuses. Hn 176S, il fut amené captif par les Birmans (jui avaient fait une irruption sur la populalion chrétienne de Mergui, dont l'administration spirituelle lui était confiée, et transféré à Hangon, au royaume d'Ava: il s'y fit chérir de tous les habitants par sa douceur évangclique. Après neuf mois de captivité, il pul se rendre en Chine, dans la province de Kouei-Tcheou, où l'Evangile n'avait pas encore pénétré, et il y fonda un grand nombre d'églises, Rn 1769, pendant la persécution, il accompagna le P. Pottier dans la capitale du Chensi, poiw y recevoir la consécration épiscopale; ils iirenl ensemble 200 lieues dans un pays inconnu , aceom|iagnés seulement d'un catéchiste chino s. Rappelé en France eu 1773, il se rendit d'abord a la Trappe, où il voulut passer lu reste de ses jours dans les auslériti'S de la pénitence; mais un bref très honorable de Clément XIV lui adressa l'ordre de se rendre à Paris, afin d'y exercer les fonctions pour les(iueiles il avait été rappelé de la Chine. Ce fut Alary qui, depuis cette époque jusqu'à la révolution , forma tous 1rs missionnaires qui furent envoyés dans rOr. eut. Lorsque la révolution éclata, Alary se réfugia en Angleterre, où il s'occupa encore avec deux de ses conlVères d'instruiKc les missionnaires. Alary résolut de nouveau, malgré son grand âge, d'embrasser la règle austère des Trappistes qui s'étaient réunis en commuuauié d ms ce pays; mais ses forces ne lui permirent point d'accomplir son vœu. Rentré en France eu 1802, il d;'vint supérieur du séminaire des Missions, se démit en 1809 <à cause di- ses infirmiUs, et mourut sainlement le 4 août 1SI7.

ALARY (EriENNE-AniÉ), né à Montpezat en N'ivarais le "29 septembre 1762, étudia au séminaire de Viviers, el y p it les ordres en 1733. A l'époque de la révolution il se réunit aux royalistes qui s'étaient rassemblés à Jalès, et ftjt tnis hors la loi. Il passa dans l'éiranger en 1792, el (ut nommé aumônier du quartier-général du prince de Condé, et successivement confesseur des ducs d'Angoiiléine et de Berry. Son courage égalait ses sentimenis religieux. Dans toutes les affaires, il exposa sa vie pour donner des secours temporels et spirituels aux blessés, ce (]ui le fil appeler le brave des hrnves. Devant Munich, il fut blessé en 1796, et il eut ■ un cheval tué sous lui à l'affaire de Constance ea 1799. Rentré en France en I8»3, il fui arrêté en 180V, et conduit à Sainte-Pélagie, puis au Temple, où il demeura plusieurs années. Après la restauration, il devint chapelain de la duchesse de Berry, el il mourut en 1819.

ALASCO (Jean), oncle du roi de Portugal, av: il été promu à l'épiscopat, lorsqu'il embrassa les opinions des prétendus réformateurs, cl, étant sorti de son pays, se fit, en looO, prédicaleur d'une congré„'alion protestante ù Embden. Il dut ensuite se réfugier en Angleterre, el fut encore obligé de

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quitter ce royaume, à l'avénoment de la reine Marie, e"ii 1533. Alasco passa les dernières années de sa vie en Pologne, où il mourut en 15ti0. Il avait élé lié a^ec Mélanchthon et Erasme, et, ce derniiT, se voyant près de mourir, lui vendit sa bibliothèque.

ALAVA-ESQUIVEL (Diego), canonisle de Vitloria, fut évèque d'Aslorpa, puis d'Avila, et ensuite de Cordoue. Il assista au concile de Trente, et mourut en 1362. On a de lui : De cnnciliis universalibus, ac de. lus quœ ad rcliyionis et chrislianœ reipiililicœ reformntiunem instiluenda videnlicr, Grenade, 1582, in-folio : très-bon ouvrage, plein de vues sages et purt's.

ALBAN (saint), premier martyr de la Grande-Bretagne, était, à ce que l'on croit, né à Vérulam, comté de Ilertford, dans le iir siècle. Il eut la télé tranchée sous Maximien, l'an 287 de Jésus-Christ. Ussérius a publié les anciens actes de son martyre dont les principales circonstances se trouvent rapportées dans IJède et dans Gildas. Quelques moJeriies se sont fort récriés contre les miracles qu'on lit dans ses acl.s. ; on ne peut mieux leur répondre qu'en rapportant ce qu'en dit M. Collier, ctlèbre prolestant : « Les miracles de saint Alban étant attestés « par des auteurs dignes de foi, je ne vois « pas |)Ourquoi on les révoquerait en doute. « Il est certain, par les écrits dis anciens, « que, de leur temps il s'opérait des iiiira- « clés dans l'Eglise. Jl n'y aurait^ pas de « raison pour soutenir <|ue Dieu n'a mani- « lesté sa puissance d'une manière surna- « turelle que dans le siècle des apôtres. « Ceux-ci n'ayant pas converti le monde « entier, pourciuoi ne voudrions-nous pas « convenir que Dieu aura donné aussi à « ceux de ses serviteurs qui ont vécu en- « suite, des lettres de créance auxquelles « on ne pouvait se refuser? Pourquoi enfin « rejetterait-on les miracles de saint Alban, « la circonstance où il se trouvait étant K assez importante pour que le Ciel inter- 0 posât son pouvoir d'une manière surna- « turelle? » — Quelques auteurs n'ont fait qu'une môme personne de saint Alban piemier martyr d'Angleterre, cl de celui qui est honoré le 21 juin à ."Mayence, dans un monastère de son nom, fondé en 80't. Mais on lit dans le Martyrologe de Haban-Maur, que le second étall Africain; qu'ayant été banni par Ilunéric, à cause.de la loi, il se relira a Maycnce, et qu'étant lombc entre les mains des Huns, il fut martyrise par ces barbares.

ALBAM (Jiîan-JkhAme), naquit en 130'* à Bergamc, d'une lamille noble d'Albanie, qui se réfugia en Italie après l'invasion des Turcs, el dont une liraïuhe se retira à Berganie, l'autre à Urbin. Il se consacra à l'élude du droit canonique el civil. Pic V, qui l'avait connu lorsqu'il était in(|uisiieur à IJergame, ne fut |)as plus tôt élevé à la papauté, qu'il l'honora de la pourpre en 1570. Alb.ini était veuf et avait des enfants; ce fui )a crainte qu'M ne s'en laissai gouverner,

qui empêcha le conclave de l'élire pape, après la mort de Grégoire XlII. 11 mourut en 1391. Nous avons de lui plusieurs ouvrages de jurisprudence canonique. Les principaux sont : De iminunilate eccleniarum, 1533; De poleslale piipœ et cuncilii, Lyon, 1358; A'enise, 1561, iii-4"; De cai-dinalibus, el de d^nalione Cunstantini, 158'i, in-fol.

ALBANl (Alfxandbe), cardinal et bibliothécaire du Vatican, de l'ancienne lamille Ajbani et de la branche d'Ut bin, naquit à Urbin le 15 octobre 1092; il était neveu du pape Clément XI; Innocent XIII l'honora de la pourpre en 1721. Envoyé l'année précédente comme nonce extraordinaire près de l'emiiereur d'Allemagne , il déploya dans celte mission la magnificence et la dignité qui convenait à son nom, et qu'exigeait cet honorable emploi. 11 aimait les arts et les lettres, et consacrait la plus grande partie de sa fortune, soit à acheter des tableaux et des livres, soil à faire exécuter des fouilles pour découvrir quebjiies monuments antiques, soit à encoui ager par des récompenses et des pensions les savants el les artistes. 11 mourut aveugle le 11 déiembre 1779, âgé de'87 ans, et laissa des écrits historiques et lilteruircs irès-eslimés.

ALBANl (ANMnAi), frère aîné du précédent, né le 15 août 1082 à Urbino, s'immisça, jeun(î encore, dans les alTaires de l'Etal pontifical. 11 entra dans le sacré collège en 1711, occupa la place imporlanlc de camerlingue de l'Eglise romaine depuis 1719, et se retira, en 17i7, dans son diocèse d!Urbino pour y consacrer ses loisirs aux sciences, il mourut le 21 septembre 1731. Une riche bibliolhè(iue qu'il avait formée, un musée, un cabinet de médailles, qui plus lard fut réuni à celui du Vatican el dont ^'enuli a publié la description, Home, 1729, 2 vol. in-fol.; enlin des ouvrai;es de sa composition [Mem. concerninti ta cilla di Urbino, Rome, 172'i, in-folio), lémoignenl assez de la variété de ses connaissances.

ALBANl (Jeax-Fiiançois), autre neveu de Clément XI, né le 26 lévrier 1720, devint, très-jeune encore, evëque d'Oslie el de \'elletri, et dés l'âge de 27 ans il était cardinal. Uéunissautà désagréments physiques beaucoup d'esprit et d'instruction, recherché de tontes les sociétés, il négligea dans sa jeunesse Il s alTaires de l'Eglise. Adversaire des Français, il s'enfuit de llome à leur approche, et II n'y retourna que lorsque Pie \\\ fut monté sur le trône pontifical, grâce, en grande partie, à son innuoncc. Toutefois ce puntil'e nouvellement élu se rallacha prumplemeiil au système franc, lis. Albani mourut au mois de septembre 1809.

ALBAM ^le prince Josii'ii), neveu de Jean- François, lU! le 13 septembre 1730 à Home, fut nommé cardinal le 21 février 1801. 11 passa sa jeunesse dans le désœuvrement, préférant la musi<|ue à tout» occupation sérieuse ; mais lors()ue la nécessite l'eut oblige au travail, il devi loppa les grands talents dont la nature l'avail doué. Selon la coutume de sa lauiillc. 'I emlrassa le sysiènio

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autrichien, système hostile à la France. Des lettres qu'il avait écriies de Vieiine, où il se Irouvail en mission pour y suivre les ii'lérêts du saint-siége, ajanl tic iiUerccplées par les Français, ccux-ri en firent un prétexte pour rompre l'armisiice cl occuper Home militairement. Joseph perdit ses riches bénéfices do la Haute- Italie et tous ses trésors lors du pillage di' ses palais : il se retira à Venise. Depuis 1814, il haliita de nouveau Rome, devint secrétaire des brefs pontificaux, puis légat à Bologne. Pie VII le nomma secrétaire d'Etat en 1829; il remplit poslérieuremenl les fonctions de bibliothécaire de la sainte Eglise. Il avait été envoyé avec (le la force armée, dans les quatre légations, en qualité de commissaire apostolique lors dis troubles qui, en 1831, avaient éclaté dans ces provinces. Pour y réiablir le bon ordre il appela le secours des Autrichiens, et retourna à Rome sans avoir raffermi la nouvelle organisation qu'il avait introduite à Bologne. Albani mourut à Pcsaro, le 8 décembre 1834..

ALBENAS iJEiN PoLDo d'), né en 1512 à Nîmes, mon en loC3, avait été un des plus empressés à embrasser la religion prétendue réformée. Il s'était destiné de bonne heure à la carrière du barreau. Lorsque Nîmes fui devonne, en 15o2, le siège d'un présidial, il y lut pourvu d'une charge de conseiller qu'il conserva jusqu'à sa mort. Il cultivait aussi les lettres, ei il traduisit en français l'écrit de saint Julien, arcbevêquc de Tolède, inlilulé : Prognosiicorum , sire de origine morlis hummice; De fiduro sœcitlo et de futurœ vilœ conicmplatione libii tri-s. Cette traduction fut bientôt suivie de celle de VHisloire des Tahorites (heréluiues de Bohême), écrite en latin par /Encas Sylvius, qui fui plus tard Pie 11. D'Albenas publia ensuite un Discours historial de Vunlique et illustre cité dp IMiues, Lyon, 1357, in-l'olio, avec des planches assez grossièrement gravées en bois, mais cependant assez exactes. Caslel, dans ses Mémoires sur te Languedoc, fait naître à tort d'Albenas en Vivarais.

ALBEB (Erasme). Vog. Albert.

ALBERGATI (Nicolas), caroinal du titre de Sainte- Croix , et évêque de Bologne, naquit dans celte ville l'an 1375. Après avoir étudié en droit , il entra dans l'ordre des Chartreux . chez lesquels il fut prieur à Florence. Il fut ensuite élevé, l'an lil7, à l'évêcbé de Bologne, et réconcilia ses diocésains avec le pape Martin V. Depuis, il tut envoyé nonce en France, l'an H22, et il s'acquilta si bii n de cet emploi, qu'il en fut récompensé en li26 par leciiape.iu de cardinal, qu'on le força d'acce|)ter. Le pape Martin ^ le nomma légat en forme laii li31, et Eugène IV lui donna ordre d'aller présider au concile de Bàle. Mais les Pères assemblés en cette ville, ne l'ayant pas voulu reconnaître, il se retira auprès du ponlife, qui lui donna encore la légation de France, et depuis le mena au concile qu'il avait convoqué à Ferrare , où il disputa doctement contre les Grecs. Le cardinal Albcrgali fut encore légat

DlCT. DE BlO(SR.iPHIE RELIO. I

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en Allemagne, et fut nommé à son retour gr.ind pénitencier do l'EL'Iise. Il mouru' pri, de lemps après à Sicnup, 1« 9 mai lii3, avec l'avant, ge d'avoir eu s<iu> lui Thumis de Sar/ane, et Jîiie is SyUius, qui furent depuis lous d.ux papes. Ce prélat était forl laborieux, et employait ses heures de loisir à composer des serinons ou à dicter des lettres. Il rétablit el embellit exlrèmement son église et son palais épiscopal, qu'il orna d'une biblioihèque. Dans le Pontifical de Bologne , que le cardinal Paléolti publia dans le XVI' siècle, et qui osl intitulé : Archiépiscopale Bonuniensc , Nicolas Albergati est mis entre les bienheureux liiulaires de cette RsMse.

ALBERGATI (Fabio), natif de Bologne, vivait daus le xv:' siècle. On a de lui : El cardinale, Fîologna, 1599. in-i"; Traltato del modo di ridnrre a pare l'inimicizie priiate, Veiieiia, 161i, iii-8", sujei (tue J.-B. Olevano a également traité. Les ouvrages de morale d'Albergati ont élé recueillis en six volumes par Zanetli.

ALBÉRGONI (le P. Eleuthèbe), religieux conventuel et prédicateur, naquit dans le Milanais en 1360. Les succès qu'il obtint dans la chaire à .Milan el dans loule la Lombardie fixèrent sur Ini l'alteiition du pape Paul V, qui le nomma, en 1611, à l'évéché de Monmarani, où il mourut en 1636. Outre trois volumes de Se)mons dont le temps a iliuiinué la rép^^lat:ou, Albergoni a laissé un Traité des vertus clirétiennrs, paraphrase des trois piemiers versets du Magnilicat; une Concordance des Eia>igiles, et une Explication en laiin de la doctrine de Scot, Padoue, 1393, in-l". Ce dernier ouvrage a été réimpr. à Lvon eu 16i3.

AI.BERGOTTI (Aigustin) , évêque d'.Vrezzo, né dans cette ville le 23 novembre 1755, d'une famille ancienne et distinguée. Il fut ordonné prêtre le 10 août 1779, el se rendit à Home pour s'y perfeclioiiiicr dans les diverses tiraiich s des sciences ecclésiastiques, mais il s'appliqua encore plus à se former à la piété. D' venu chanoine de Florence, il fil un voyage dans la Haiile-Italie, en 1783, et il visiia avec soin les bibliothèques, les musées et tous les monuments do la religion et des arts, il fut ensuite nommé grand vicaire, et il remplit pendant qualoize ans cet emploi avec prudence el avec zèle, s'elïorçant de combattre les nouveaulés qu'on cherchait à introduire en Toscane. Lorsque Pif VI fui conduit à Florence en 1798, il lui donna les plus grandes mar(]ues de dévouement, et s'eR'orça d'adoucir la situaiion des prêtres français et romains que les circonstances amenèrent en ee'.te ville. L'année 1799, la Toscane fut occupée par les Français, el Albergotli fut arrêté et conduit à Livouriie pour y être embarqué pour la France; mais il trouva moyen de s'échapper, et en 1801 il fut nommé à l'évêche d'Arezzo. Ses premiers soins furent pour les séminaires; il s'effirça ensuite de propager la piéié par ses lettres, ses homélies, ses mandements et plusieurs visiles pastorales

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qu'il fit dans son diocèse, où il prêchait toujours. Eu 1807, il élublil une maison de passionisles pour les missions et les exercices spirituels, mais il fut cnsuiie ol)ligé de la dissoudre pour se conformer aux décrois de Buonaparte contre les monastères. Dans la nouvelle invasion de la Toscane, il eut souvent à lutter contre l'esprit d'une administration ombrageuse et tyrannique; il parvint cependant à conserver les deux sanctuaires du Mont-Alverne et de Camaldule, si chers à la piété des peuples par les plus respectables souvenirs. 11 se rendit à Home en 181V, pour féliciter Pie VII sur son retour et son lieurcuse.délivrance. Plusieurs lois son hmuililé le porta à renoncer à l'episcojiat, mais ce pontife lui ordonna de n'y point penser. 11 continua à donner tous ses moments à l'administration de son diocèse et aux œuvres de charité, qui furent toujours pour lui un objet de prédilection. 11 érigea sur le Mont-Alverne un hospii c pour les pèlerins, et dans les années de diseite il redoublait ses largesses et donnait abondamnuMit pour les couvents , pour les prèires evilés, pour les missions étrangères. L'esprit de péiiitei ce lui faisait en même temps praiiiiuer des austérités qu'il avait soin de cacher à tout le monde. Une maladie de langueur, pendant laquelle il donna des marques extraordinaires de patience , l'enleva le () mai 182j. Parmi ses ouvrages, qui sont nombreux, on remarque son écrit sur la Vie el le culte de saint Douai; son ouvrage sur la Dévotion au Sacré-Cœur, qui fut approuvé par le célèbre cardinal Gerdil, et son livre sur la Vie et le Culte de la sainte Vierge.

ALBLUIC, religieux du MontCassin, qui devint cardinal, se distingua, vers l'an iUoO, par ses écrits contre Bérenger, qui, comme on sait, niait la présence réelle.

ALIJÉHIC ou ALBERT, lut cham.ine et gardien de l'église d'Aix-ki-Chapelle, el selon d'autres, d'Aix en Provence. N'ayant pu suivre les croisés dans leur expédiiion, il entreprit d'en écrire l'histoire sur les relations des témoins oculaires. Elle s'étend depuis 1095 jusqu'à 1120, sous le litre de Chronicun Hierosotijinilanum, Helmstadii, l.J8i, 2 vol. in-4' rares; elle se trouve aussi dans le Ofsia l)ei per Francus, 1011, -2 vol. in-fol.

ALHÉIUC, moine français dans l'abbaye de Cluny, devint cardinal et évèque d'Oslie, en 11"18. Il fut légat du saint-siege en Angleterre, en Ecosse, en Sicile, en Orient et en France. C'est lui qui convoqua , l'an 1138, le concile de Westminster, il mourut en lli7.

ALlifillIC, un des fondateurs de l'ordre de Cllcaux, di>ciple et compagnon de saint Hobert, abbo de Mulesme, mort le 20 janvier IIO'J, est honoré en ce jour par les cisterciens d'Italie, en vertu d'un décret de la CongregaïKin des Itites.

ALBEUIC, moine de l'ordre dcCileaux, dans le nioiiaslère des Troij-l'onlaines, au diocèse de Châlons-sur-Marnc, né dans les environs de cette ville au conmiencement du

xiii° siècle, écrivit une Chronique, qui contient les événements remarquables arrivés depuis la création du monde jusqu'en 1241. Eliea été publiée par Leibnilz et Munckenius ; jiar le premier, dans le tome il des Accessiunes liistoricœ, Leipzig, lO^iS, in-4°; et par le second, dans le tome 1" des Scriplores rerumGirm{inicarumetSaxonicaruin,LL''\^)z\^, 1728, in-folio. La bibliothèque royale possède un manuscrit plus complet que ceux qui ont servi à ces deux éditions. Albéric avait aussi composé diverses poésies, dont une partie s'est perdue ; une partie s'en conservait en manuscrit dans la bibliothèque des Dominicains de Cologne.

ALUEltON 1", évéque el prince de Liège, en 1123, était fils d'un premier mari d'Adéla'i'de, épouse de Henri II, comte de Louvain, et se rendit recommandable par la douceur de son caractère el la pureté de ses mœurs. 11 abolit le droit de main-morte dans ses terres , longtemps avant la sUj)pression de ce droit par Henri III, duc de Brabant. « Ce « droit , dit M. Dewez , consistait dans l'obli- « galion de céder au seigneur, quand un « père de famille mourait , le plus beau « meuble de la maison ; ou , [lour le racheter, « il f'.llait couper la main droite du défunt, « et la présenter au seigneur. » Cette coutume singulièie n'est rien moins que prouvée, et 1 on n'en trouve aucune trace dans les monuments législatifs. Le savant Aloser a prouvé, dans svs Pati iolisc/t l-'antasien , que les serfs n'étaient pas seuls niainmorlables, mais que des évèques mêmes l'étaient à l'égard de l'empereur, des cliapiires à l'égard des évèques, etc. Albèron mourut le 1" janvier

ALBEROM (Jlles), cardinal et ministre d'Etat, ne à Mruenzola, village du Parmesan, le 30 mars lOOîi. , d'un père jardinier, cuitiva comme lui la terre ju qu'a l'âge de li ans ; pour le bien de rhuin.inilé et le repos de l'Europe, il eût été à souhaiter qu'il l'eût cultivée toujours. Le jeune homme crut avoir fait sa fortune en obtenant une place de clerc-sonneur à la cathédrale de Piaisancc. On le lit prêtre, et son eveque lui donna l'intendance de sa maison, et un canonicat de son église. Quelque temps après, ayant obtenu un bénéfice plus considérable, le poète Campistron , qui avait été volé, se réfugia chez lui. Alueroni l'accueillit avec beaucoup d'humanité, rhabilla, el lui prêta même de l'argent pour aller à Rome. Ce petit événement fut l'origine de s,i lurlune. Campistron, secrétaire du duc de \'endôme, ayant sui\i son muitre en Italie, se souvial de son bienfaiteur, el en parla à ce prince, qui se servit de lui pour découvrir les grains que les habitants tenaient cachés. Ce service l'attacha a ce gênerai. Il le sunil à Paris, où l'on voulut lui donner la cure d'Anet. Alberuni la lefusa, aimant mieui être à la suite de son protecteur, qu'a la lête d'une paroisse. Le duc , nomme gênerai des armées en Espagne, eut besoin de lui pour entreleitir sa correspundauce avec la princesse des Ursins, qui, par ses intrigues et son esprit,

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s'était mise à la té(e des affaires d'Espagne. Mad'ime des Drsins proléï;ea dès ce niotnent All)éroni. Ce fut par son crt-dil qu'il eut le litre (laaeiit du duc de Parme à la cour de Miidrid. Il proposa à celle favorite d'engager Philippe V à épouser Elisalielh Farnèse, héri;ière de Parme, de Plaisance et de la Toscane. La princesse des Ursins, espérant de perpétuer son règne sous le nom de la nouvelle reine , détermina le roi à celte union. Albéroni fut chargé de suivre la négociation et s'en acquitta avec succès. La reine, à laquelle ses grâces et son esprit donnaient beaucoup d'ascendant sur son époux, fit nommer Albéroni cardinal , grand d'Espagne et premier ministre. Pour parvenir a la pourjire, il avait flatté le pape, en faisant rendre à son nonce en Espagne la clef et les papiers de la nonciature , qui lui avaient été ôtés. 11 envoya en raéme temps des escadres pour défendre l'Italie menacée par les Turcs, qui assiégeaient l'ile de Corfou. Eli'vé aussi rapidement que Richelieu, dès qu'il fut à la tcle du gouvernement, il voulut à son exemple donner quelques secousses à l'Europe. Au milieu de la paix il forma les desseins de s'emparer de la Saidaigue et de la Sicile. Pour empêcher lis puissances intéressées de déranger ses projets, il s'unit avec Pierre le Grand, avec Charles XII, et avec la Porle-Otliimane. Sou dessein était d'armer le Turc contre l'empereur : le czar et le roi de Suède contre les Anglais; de rétablir le prétendant sur le trône de ses pères, parles mains de Charles XII; il'ôter la régence de France au duc d'Orléans, et de rendre l'Italie indépendante de l'Allemagne. Tous ces projets se dissipèrent comme ils s'élaienl formés. Le duc d'Orléans les découvrit |)ar le moyen d'une courtisane, et en instruisit le roi George. Ces deux princes s'unirent ensemble contre l'Espagne, lui déclarèrent la guerre en 1718, el ne firent la paix qu'à condition qu'Albéroni serait renvoyé. Ce ministre, obligé d'abandonner l'Espagne, après s'élre vu sur le point de jouer le rôle le plus brillant en Europe, se rendit à Gènes, où le pape le fit arrêter comme coupable d'intelligence avec le Turc. 11 l'était effeclivemcnt, et c'est sans doute le premier cardinal qui ait invité les infidèles à répandre le sang chrétien. Innocent Xlil fit examiner par des commissaires du sacré collège la conduite de leur cunl'rère. Albéroni fut enfermé un an chez les jésuites de Rome; mais son esprit remuant ne le quitia pas. Ou connatl son entreprise sur la pelile république de Saint-Marin, qui ne lui réussit pas plus que celles qu'il avait tentées sur des royaumes plus puissants. « L'inaelmn « est mortelle pour un ambitieux, etcelui-lii, « dil l'anleur des Mémoires de Brandebourg, r eût voulu deux momies pour avoir le « funeste plaisir de les bouleverser. » Esl-ce bien l'auteur des Mémoires de Brandebourg, Frédéric 11 roi de Prusse, qui a pu faire une pareille rèllexion? Ce cardinal mourut en !7.'r2, âgé de 87 ans. Le testament politique, publié sous sua nom après sa mort, ue lui

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appartient pas ; il est de Maubert de Gou vest. Jean Roussel a écrit sa Vie, qui ne va que jusqu'en 1719, 1719, 1 vol. in-1-2. On trouve aussi des détails curieux louchant son caractère dans les Mémoires du duc de Saint-Simon

ALlîERT (saint), Gis de Godefroi III, duc de Lorraine et de Brabant, et de Marguerite de Limbourg. était évéque de Liège. Il se distingua particulièrement par le zèle avec lequel il défendit les libertés de l'Eglise. Sa fermeté épiscopale lui mérita l'honneur du martyre, près de Reims, en 1192. L'archiduc Alberl donna, en 1612, le corps de l'illustre martyr au couvent des carmélites de Bruxelles , qu'il avait fait construire en 1607 , el l'y porta lui-même sur ses épaules, accompagné du nonce apostolique et de plusieurs prélats et seigneurs. .Mais lors des reformes qui ont ravagé les maisons religieuses aux Pays-Bas, les dépositaires de ces reli(|ues, dépouillées de leurs états, les Iransporièrent, en 1783, dans le couvent des carmélites de Saint-Denis près de Paris, où elles se réfugièrent pour vivre conformément à leur institut. Les Belges ayant réussi en 1790 à remettre la religion dans ses droits, ces religieuses prévoyant le sort qu'elles auraient en France, retournèrent dans leur pairie , arrivèrent à Bruxelles le 23 juin 1790, avec le corps de sainl Albert, el occupèrenl, quelque temps après, le nouveau couvent que la pieté belgique leur bâlil [le leur ayant éie entièrement détruit), el déposèrent ce saint dépôt sous la table du maiire-aulel.

ALBERT (le bienheureux), patriarche de Jérusalem, naquit d'une l'amiile noble tl'ilulie, à Castro di Gualteri, dans le diocèse de Paroie. il entra de bonne heure chez les chanoines religieux de Moriara , dans le Milanais, el lut élevé, en 1183, sur le s\éj.e épiscopal de N'erceil. Sa prudence, sa droiture et sou habileté dans les affaires, engagèrent le pape Cléuient 111 et l'empereur Frédéric Barberousse à le choisir pour arbitre de leurs différends. Henri \l, successeur de Frédéric, le créa prince de l'empire, el , en sa considération, accorda diverses faveur> à l'église de Verceil. Le pape Célestiu III, le combla aussi de bienfaits. Innocent III , qui pensait à son égard comme ses prédécesseurs, i'i'mploya avec succès dans des négociations imporlautes. La réputation du B- Albert était parvenue jus>iu'en Orient; .Monaco, onzième patriarche latin de Jérusalem , étaul mort en 1204-, les chrétiens de la Palestine uummèrenl l'évéqnedo Verceil pour lui succéder. Innocent 111 a; plaudit à ce choix, persuadé qu'.\lbert élait plus propre que personne à conduire une église qui se trouvait dans des conjonctures fort critiques. Il le fit venir à Rome, confirma son élection, el lui donna le p illium. Le serviteur de Dieu se rendit d'autant plus volontiers à ce que le souverain p niife exigeait de lui, que le patriariat l'cxposiit à des persécutions, peut-être au martyre. Le nouveau patriarche vécut eu Palesliue dans un martyre continuel. Il joignait aux iiavaux et aux persécutions du d. hors les aust riles de la péuilei/ie, et

consacmit à la prière Ions les moments qu'il pouvait (torobcr ,1 ses occupations extérieures. Si les <hrt'liens rhoiinr.iicnl et l'iiiinnieut cornini' leur père, les SaiTJisiiis ne pouvaient s'eaipêcher de le respecter à c.iu>e <le son érninenlc sain elé. Entre autres bonnes œuvres qu'il fil, il donna une règle aux carmes. Ces religieux claienl primilivcinent des eriniles qui vivaiiuil sur le mont Carniel. Ils regardaient le prophète Elie comme leur fondateur et leur moiièlc, parce qu'il avait vécu sur 1.1 même monlaïne, ainsi qu'Elisée son disciple. Un nommé Herthold réunit ces ermites en corps de communauté. Brocard , qui en était supérieur en 1204 , ou plutôt en 120!), s'adressa au patriarche Albert, pour lui demander une règle. Le saint homme dr<'ssa pour cet ordredes constitutions pleines de sagesse. 11 y était ordonné aux frères de prier nuit et jour dans leurs cellules, à moins qu'ils n'en fussent dispensés par des occupations légitimes; de jeûner tous les jours, excepté les dimanches, depuis l'Exaltation de la croix jusqu'à Pâques; de ne jamais manger de viande, de s'appliquer au travail des mains , de garder le silence depuis vêpres jusqu'à tierce du lendemain, etc. Les commissaires nommés par le pape Innocent IV, en 12V6 , firent des aiditions à celle règle, qu'ils adoucirent en quebines points. Le nouvel ordre s'accrut considérablement en peu de temps. Ouelques écrivains ont essayé de prouver que , depuis Elie et ses successeurs, les entants des prophètes, il y avait toujours eu des ermites sur le mont Garmel, jusqu'à la veiiue du Messie; qu'ils embrassèrent uvec ardeur la religion chrétienne; qu'ils conlinuèrenl le même genre de vie qu'auparavant, jusqu'aux xii" el xiii' siècles, qu'ayant alors obtenu une règle du patriarche Albert , ils introduisirent en Europe leur ordre, connu sous le nom de carmes. Le P. Papebrock, l'un des continuateurs de llollandus, traita de chimère cette antiquilé, et soutint ({u'il n'y avait point eu d'ermites sur le muui (]armel avant le \u' siècle. Les carmes tâchèrent, par uivers écrits, de venger la gloire de leur ordre, qu'ils croyaient alta(]uee. Le P. Papelirock, i|ui garda d'abord le silence, leur fit une réponse dont ils ne furent pas content-.. I . i contesialion devint si vive, que I alT.iir.' l'ut portée devant Innocent XI et Innocent XIL Ces deux papes ne décidèicol rien sur l'authenticilé des monuments produits par lesiarmes. Enliii liinoient XII donna un brel, le 2'.) noveml)re IG'.»8, par lequel il déienlit d'.igiler cette matière à l'avenir, (loi/. Papiîiihock.) Lorsque les divers oi dres religieux placèrent dans l'église du Vatican les statues de leurs loml.ileurs , les carmes ne man(|uèrenl pas d'y placer celle d'I'^lie, mais sans y mettre d'inscription; ils vainquirent cet obstacle, et on y lil aujonrd'liui : //nncr.Mts Curmrlitarum ordo funiliiluii sitD liliie. Le P. Alln^rl avait été invite, par le pape Innocent lil, au concile général de Lairaii, qui se tint en 121o; cnais il ne put y assister. 11 fut assassiné dans la ville d'Acre, le 1'» septembre 121V, étant à

la procession de la fête de l'Exallatlon de la sainte croix. Il reçut le coup mortel des mains d'un scélérat (ju'il avait repris et menacé pour ses crimes. Il .est honoré en ce jour parmi les saints de l'ordre des carmes. ALBEIir, surnommé le Grand, non parce qu'il naquit dans un siècle où les hommes étaient petits, comme le dit un écrivain célèbre, ni parce que son nom de famille était Gioot, qui signifie grand tm allemand, la famille des comtes de BolMaedt , à laquelle il apparienait, n'ayant jamais porté ce nom, mais à cause de l'étendue de ses connaissances, étonnantes pour son siècle, était né à Lawingen en Simabe, en 1195 ou, selon d'autres, en 1205. Il entra chez les dominicains en 1221 , oCi il fut provincial. Le pape Alexandre IV, qui connaissait les succès qu'avait eus Albert à Fri bourg, àRatisbonne, à Cologne, à Paris, l'appela à Home, lui donna l'office de maître du sacré palais, et quelque temps après l'évêché de Ratisbonne; mais il ne le garda que trois ans, pendant lesquels il veilla avec soin au temporel et aa spirituel. Il renonça à la crosse, pour vivre dans sa cellule en simple religieux. Il n'interrompit sa retraite de Cologne que par ses leçons publiques. Le pape Grégoire X. l'appela au concile général tenu à Lyon en 1274.. Il mourut en 1282, à Cologne, âgé de 87 ans. Le plus illustre de ses disciples fut saint Thomas d'Aquin. Ses ouvrages, de l'édilioa de Lyon, de l'an 1651, sont en 21 gros vol. in-fol. On pourrait lui appliquer ce que Cicéron disait d'un auteur volumineux, qu'on aurait pu brûler son corps avec ses seuls écrits. Ou n'y voit que de longs commentaires sur Aristote , sur saint Denis l'Aréopagile , sur le Maître des Sentences, dans lesquels il y a de bonnes choses; mais quel homme aurait le courage de lire 21 vol. in-fol. pour ne recueillir que quelques pensées justes, revêtues d'un latin grossier? Albert était recominandable comme religieux et comme évéque, mais il ne l'est guère comme écrivain. Il étendit la logique au delà de ses bornes, en y mêlant mille subtilités barbares, et beaucoup de choses étrangères. Il suivait l'esprit et le goût de son siècle; c'était à qui argumenter. ut le mieux sur les choses les plus abstraites (Voy. Duns.) On a dit ()u'Alliert le (irand avait une (été d'airain, (|ui lépondait s-ins hésiter à loulcs les questions ; comme si une tète artilicielle pouvait f.iire des raisonnements suivis. Mais s'il >'agit précisément d'une tête automatique d'où sortaient quebines sons articulés, on ne peut douter que la chose ne soit possible, depuis les deux tètes parlantes que l'on a vues à Paris en 178'J. On a raconté encore qu'un jour des Uois, Albert changea l'hiver (Ml été, pour mieux recevoir tinillauuic, comte de Hollande et roi des Kumains, qu'il avait invité à diner. (^e (|iii veut dire apparemment qu'il lui lit servir des Heurs et des fruits conservés : image de l'ete , qu'on a prise à \d lettre. On lui a attribué de ridicules recueils de sccreta , auxquels il n'a pas eu la moindre part. Ou y trouve même des indé-

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cences e( des recherches aussi vaines que peu dignes d'un religieux.

ALBERT ou AUELBKBT , fait archevêque de Mayence par l'empereur Henri V, s'unit avec plusieurs princes d'Allemagne conire cet empeieur devenu odieux par sa simonie et l'usurpalion des droits de l'Eglise. Enfermé pendant k an<, Albert recouvra la liberté, mais il n'en fut pas moins opposé aux prétonlions de l'empereur. Calixle II ayant excommunié Henri V, Albert prit les armes contre lui, battit ses troupes, et offrit néanmoins de se soumettre, à condition que l'empereur renonçât aux investitures par la crosse , et à nommer aux bénéfices ceux qu'il devait investir par le sceptre; montrant par là que la simonie et les sacrilèges de ce prince étaienlle seul objet de ses plaintes. Ce prélat, d'un caractère ferme et actif, mourut en 1137.

ALBI';RT de PADOUE, né à Padoue, embrassa en 1293 la règle des ermites de l'ordre de Saint-Augustin. Il vint étudier à l'Université de Paris sous le professeur Gilles de Rome, et ses succès furent tels qu'il devint bientôt lui-même professeur dans cette célèbre université. Mais c'est surtout son lalent pour l'éloquence qui ajouta à l'éclat de sa renommée. Le pape Boniface V'Ill voulut l'entendre , et l'appela en Italie : il obéit ; mais à la mort du pontife il ^e hâta de revenir en France , et il mourut à Paris le 28 mars 1328, à ce qu'aftirment les historiens de sa vie; cepi-ndan! Lemire dit qu'il est mort à Lyon, à l'âge de 4() ans. Albert de Padoue a coinposé un Commentnire sur le Penlateuqite, un Commentaire sur i s quatre Eiangétisles , un autre sur les E pitres île saint Paul, cinq volumes de Sermons, eiilin un Commentaire sur le livre des Sentences. Sa réputation fut si grande que ses compatriotes tinrent à honneur de l'avoir vu naître parmi eux, et lui élevèrent une statue dans sa fille natale.

ALDEKT ou ALBERE (Erasme), naquit près de Francfort. Luther fut son maitio dans l'acailéniie do Witlenberg, où il fut reçu docteur en théologie. C'est lui qui rocueillil, dans le livre des Conformités de saint François avec Jésus-Clirist, les inepties les plus remarquables pour en composer le livre connu sous le titre à'Alcoran des cordeliers {t'oyez Aliczzi). Il fit imprimer ce recueil en allemand, en 1531, sans nom de ville ni d'imprimeur; puis en latin, à Witlenberg, en ioki, in-i°, el il l'intitula Alcoran, prétendant calomnieusement que les franciscains estimaient auant les Conformités, que les Turcs leur Coran. Luther honora d'une préface la compilation de son disciple. Conrad Badins l'augmenta d'un second livre, le traduisit en français , et Timprima en 155G, 1 vol. in-12; puis à Genève en 1560, 2 vol. in-12. Les hérétiques ainsi que les incrédules ont, dans tous les temps, fait un triomphe des sottises de quelques catholiques inconsidérés; pauvre ressource, que la vérité dédaigne, mais que l'erreur saisit avidement, n'en ayant pas d'autre. On

a encore d'Albert : Judicium de spongia Erasmi, et plusieurs autres ouvrages en latin et en alli-mand. Il mourut à Neubrandebourg en lo51.

ALBERT (le Père), capucin, né à Paris, a publié : Conférences sur le symbole rfe* apôtres, dans lesquelles toutes les principales vérités de la religion sont expliquées , et les décisions des conciles sur chaque article sont rapportées familièrement par dialogues, de la même manière qu'elles ont été prononcées dans les missions et ailleurs, Paris, 1688, in-12. Voyz Journal des Savants, 1089, p. 167, première édition. On a encore de lui : Manière de prêcher sehm l'esprit de l'Evangile, nouvelle édition, Paris, 1701, in- 12, et Lyon, 1730.

ALBEKT ( Antoine ), ecclésiastique du xviir siècle. On lui doit un Dictionnaire portatif des prédicatmrs français, Lyon, 1757, in-8°. On a imprimé, en 182i, un autre Dictionnaire des prédicateurs français, in-8^, sous le nom de l'abbé P ", que nous n'indiquons point ici pour en conseiller la lecture, mais pour prémunir ceux qui pourraientse laisser prendre par le titre ou la préface, l'ouvrage ayant paru fort inexact, plein de bévues, et la croyance aussi bien que les intentions de l'auteur forl é(iuivoques. On a aussi d'Albert : Nouvelles observations sur Ips différentes mani rcs de prêcher. 1757, 1 vol. in-12.

ALBERT DE SIOEBERG, bénédictin de l'abbaye de Sigebcrg, piès de Cologne, (lui florissail en lilO, suivant le P. Le Long, el suivant d'autres auteurs en 14io, a laissé : Glossaire sar l'Ancien el le Nouveau Testament ; Histoire des Papes, depuis (irégoire IX jusqu'à Nicolas V ; Histoire des empereurs roma'/îs , depuis Auguste juscju'à Frédéric III, en liVO. La bibliothèque impériale de Vienne conserve les manuscrits de ces deux derniers ouvraijes.

ALBERT DE STRASBOURG , Albertus Argentinensis , écrivain dont le nom se trouve à la tête d'une Chronique du xiV siècle, et qui paraît être le même que Matthias de Nuwenburgou de Neuchâtel, iudii|ué par d'autres manuscrits comme l'auteur de cette chronique , était secrétaire et chapelain de Berlhold de Bucliecke, évèque de Strasbourg, mort en 1353, el fut député par ce prélat vers Jean XXII, à Avignon, pour l'informer que l'empereur Louis \ refusait de reconnaître la supiémaliede la cour de Rome.

La Chroniiiue d'AUiert commence en 1270, à l'avénemenl de Ro lolplie de Habsbourg au trône et finit en 1378. Elle renferme des détails précieux |iour l'histoire de l'Allemagne, de la Suisse et de l'Italie. Dans l'édition qu'en a donnée Urslilius, elle est suivie d'un opuscule du même auieur intitulé : Comnientarius de rita et rébus gestis lierlholdi II a Buchecke, Argentin, episcopi, où l'on trouve des documents intéressants, que. Schœpllin et d'autres historiens de l'Alsace ont mis à contribution.

.VLBERT, premier du nom, archevêque et électeur de JMayence , élai-t (ils d'Ernest, électeur de Saxe, et de la princesse Elisabeth

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de Bavière. Après la mort de Diether, qui l'avait proposé pour son successeur, le cliapitrc élut le jeune prince à peine âgé de 18 ans, le 7 mai 14-8ii. Un certain Charles Hœnighe, soudoyé par les habilanls d'ErforI, avec lesquels l'archevêque était en procès, cn- Ireprit de l'empoisonner. Le complot fut découvert, et la ville d'Erfort fut ohliijée de paver une amende de 40, 01)0 florins. Albert mourut à AsclianVnboiirg le I" mai 1484. Berthol, comle de Henneberg, lui succéda vingt jours plus tard.

ALBERT, cardinal, électeur de Mayence, fils de Jean, électeur de Brandebourg, et de Marguerite de Saxe, né en 1490, fut pourvu tiès-jeiine de prébendes aux cathédrales de âla>ence et de Trêves, el fut nommé, en 15i3. à 2.3 ans, archevêque de Magdebourg et administrateur du diocèse de Halberstadl. Lorsque le chapitre métropolitain de Mayence l'eut élu le 9 mars de l'année suivanle, Léon X ratifia le choix, à la condition toutefois qu'Albert ne prendrait le litre d'électeur qu'à 27 ans. Albert commença par reniédier aux procès qui ruinaient un grand nombre de fatnilles, en instituant un conseil supérieur qui devait décider toutes les questions de droit en dernière insiance. Il employa de fortes sommes à l'embellissenienl des églises, el donna ses soins à ce que les reliques des saints fussent convenablement vénérées : ce qui sans doule a donné lieu, de la pari d'une plume protestante, à cette imputation niaise, qu'il tenait à l'adoralion des reliques. En I0I6, Léon X accorda une indulgence à tous les chréiiens qui contribueraient à la construction de l'église de Sainl-l'ierre de Rome. Albert chargea de cette prédication , d'abord le gardien des Franciscains, puis le docteur J. Lorcher, (1. Behem, doyen de Saint- Laurent à Nuremberg, cl Jean Neubar, vicaire à Wurzbourg, en les invitant à enfermer le produit des dispenses qu'ils accorderaient dans un coffre en présence de notaires el de témoins. Un rescrit , daté d'AsclialTcnbourg, nomma des sous-commissaires , leur enjoigi'ant de remettre une clef de la caisse au comte Jean Fugger , avec ordre de ne l'ouvrir qu'en présence de ce banquier, cl de lui payer la moilié de la collecte. « On a quel- « que raison de croire, dit un historien, que « le p ipe accorda ces sommes à l'électeur « Albert, pour l'aider à payer les délies que « celui-ci avait co. traclées tant pour l'ac- « quisitiun du [)allium, que pour satisfaire « son penchant au luxe et à la magnifi- « cence. » Il suffit, pour apprécier cette allégaiion, <le se rappeler que le zèle pour la maison de Dieu et lenibeilissement di s églises était la principale cause des largesses du jeune électeur. En 1318, Albert fil un nouveau voyage en Saxe , où il était déjà venu en 1515. dans l'iiilerél des deux diocèses de M.igdebnru' el de llalbersladt ; de là il se rendit à la dieic (l'Augsboiirg, où il reçut par les mains du célèbre légat t^ajetan le ch.ipcau de cardinal. Oulie les dissensions religieuses, la mort de l'empereur Maxim!»

lien (1319) amena de nouveaux troubles politiques. Albert fut dès lors le prince le plus influent dans les affaires publiques de l'Allemagne. Par la prudence et l'énergie qu'il montra, il eoniint les esprits, et le 28 juiu fut fixé pour le choixd'uu nouvel empereur. On sait que Charles d'Auîri(he, héritier de Naples, (le Bourgogne et de toute la monarchie espagnole , qui fut proclamé sous le nom de Charles V , fut préféré. au roi de France, François I". Fidèle à ses principes de modération , Albert persuada an souverain, à la diète de Worms , en 1321, de lever la défense ((u'il avait faite aux princes d'avoir des entretiens avec Luther : le réformateur fut donc entendu, mais les discussions restèrent sans résultat. Les fauteurs des nouvelles doctrines ne tinrent aucun comple à l'elecleur de Mayence de son esprit concili ilcur, surtout quand celui-ci Somma , sous peine de réclusion , un prêtre mariéde Halherstadtd'abandonner sa femme.

Luther, caché au château de Waribourg, près Eiscnach, avait rédigé , peu auparavant, contre Albert, un écrit furibond intitulé : L(i nouvelle idole de Halle. Il écrivit une seconde fois à l'archevêque d'un ton aussi menaçant ([ne grossier, auquel Albert se contenta de répliquer avec une modération chrétienne à laquelle on a reproché d'être excessive, parce qu'elle pouvait encourager les absurdes prétentions du réformiteur wittenberg' ois. L'humilité de la réponse fiappa tellenicnt Luther lui-même qu'il la taxa d'hypocrisie et déclara que si le cardinal était sincère, il ne serait pas digne de baiser la poussièri! des pieds du prélat. Luther lui écrivit de nouveau pour l'engagera renoncer au célibat, et à séculariser son diocèse : Albert celle fois prit le parti de regarder la lettre comme non avenue. L'altitude de ce dernier contre la réforme devenant de plus en plus décidée, Luther entia dans de nouveaux accès de fureur contre l'électeur, el ne rougil pasd'employer la calomnie pour essayer de lui nniie dans l'esprit des peuples ; mais l'opinion publique ne varia jamais sur l'inlégrilo de ses moeurs et sa piété. A\ant enfin ac(inis la cerlilude que la douceur ne faisait qu'encourager l'audace des novateurs de la réforme, il ex-

frima l'opinion, à la diète de llatisbonne loVl), que l!Egliseei l'Etat ne trouveraient leur salut iiue dans la fo.ce ou\erte. .\lhert assista encore à la diète de Spire, en 1345, mais sa santé ne lui permit pas de se rendre à l'ouverture du loncile de Trente. H se fit re|)résenler par le savant .Michel llelding, évéque suiïragant de Mersebourg, par Conrad Nicrosms et Théodoric Kauf, el mourut le 24 s(>plembre lo'io. Il aimait beaucoup les leltres : « Sa cour, dil Wjigl , était une espèce d'ac.n émi'-. liuitin y écrivit ses poésies, Abiccht Durer et (îiùnewald j firent liiirs tableaux, les sculpteurs et les orfèvres .s'y illustrèrent par des statues , des niouunients. el autres travaux précieux. »

ALHEIir, abbé du cloître de Sainte-Mario à Stade. Ne pouvant obtenir que les moines

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de Stade réformassent leur conduite, Albert les quitta pour entrer dans l'ordre des Franciscains. On i'. de lui une Chronique, ea latin, qui va depuis la création jusqu'à l'an lioG, et qui fut publiée avec notes par Heiner Reinecii, à Helinstaedt, lo87, in-i°. André Hoïer a ajouté à cette Chronique un supplément qui comprend une durée de (50 ans.

ALBKRTANO DE BHESCIA, étant podestat, c'est-à-dire juge et gouverneur de Gavardo, dans le \\\v siècle, sous le règne de l'empereur Frédéric II, fut fait prisonnier; il écrivit, pendant sa c;iptivilé, un traiti- intitulé : De ilileclione Dei et projimi, de formula vilœ honeslœ. 11 en écrivit encore deu\ autres, savoir : De consolaiione et consilio; De doclriun loquendi et tacendi. Basticn des Rossi publia une traduction ancienne et très-estimce de ces trois traités de morale, chez les Giunti, à Florence, en IGIO.

ALBEKTl (LÉ.4?»nRE), né à Bologne en 14-79, fut provincial des dominicains, parmi lesquels il s'appliqua à faire fleurir la science cl la pii'lé. Il a publié une Histoire des hommes illustres de son ordre, Bologne, 1517, infol.; une Description de toute l'Italie, ibid., 1.Ï50, in-fol., pleine de recherches, mais faite sans critique ; quelques Vies particulières; VHistoire de Bologne sa patrie, imprimée avec les cinq livres d'aildilions de Caccianemici , à B logne, in-4°. Il mourut en 1552, à l'âge de '!!*■ ans. Kiriander a traduit en latin sa Description de Vit lie.

ALBKRTI (.Iean). Voij. Widmanstadt.

ALBHRTI (GEORiîKS-tîLiLLAUMF. , ministre luthérien, né en 1723. Après avoir fait ses études, il exerça les fondions de préilicaleur à Tundern, bourijdu Hanovre ; il (il un long séjour en Angleicrre , pendant lequel il étudia la langue du pays; c'est en celte langue qu'il composa les Pensées sur l'Essai de Hume -tir la reliijion naturelle, par Aiétopliile de (i(Pttingu'> , nom sous lequel il s'est déguisé. De retour en Allemagiie, il publia ; Lettres sur Vélat de la religion et des sciences dans la Grande-Bretagne, Hanovre, 1732- 5i, <iù l'on trouve des faits intéressants; Essai sur la religion, le culte, les mœurs it les usages des gualiers , ibid., ITîiO. 11 mourut en 1758.

ALBEKTINI iPail degli) , religieux s<rvile, fit profession dès l'âge de 16 ans, el se distingua comme profeseur d^- philosophie cl comme prédicateur. Proposé à l'évèché de Torcello, il n'y fut point nommé; mais il fnl employé dans plusieurs missions honorables par la république de Venise, et même, dil-on, dans une ambassade auprès du sultan. Alberlini mourut en 1V75, âgé de 43 ans ; on fil frapper à \'cnise une médaille en bronze en son hnnneur. Sunsovino, qui avait habité cette ville, riie plusieurs ouvrages de lui. écrits en latin, entre autres, De notiiia Dei; De ortu et progressu sui ordtnis, et une expliraiiou du U;inlc, ouvrages que le P. Possevin, dans son Apparat sacré, attribue faussement au frère Paul NicoUetti, ermite de Saint-Augustin

ALBEKTINI (François), savant antiquaire

né à Florence vers la Gn du xt° siècle, embrassa l'état erclésiaslique el s'attacha à un cardinal. 11 publia un Traité des merveilles de l'ancienne el de la nouvelle Rome, qu'il revit depuis et dédia au pape Jules II, Rome, 1503, in 4°; réinipr. en 1510, 1513, 1519 et 1520. On a encore de lui : Traclatus brevis de luudibus Floretitiœ et Sionœ (Savonc). On le trouve ordinairement réuni à la troisième édition de l'ouvrage précédent, qui fut donnée en 1313. Mémoires sur les statues et les peintures gui sont à Florence de ta main d'hahiles maUres anciens et tnodernes, Florence, 1310, in-4°.

ALBCRTINI (François), Calabrais, se démil d'une riche abbaye pour se faire jésuite. Il mourut en 1G19. Nous avons de lui une Théologie, en 2 vol. in-fol., où il veut concilier la théologie avec la philosophie ; un traité De angelo custode, où il avance cette étonnante assertion, « que les animaux ont des anges gardiens. »

ALBFRTUANDY (.Iean Chrzciciel on Chrétien), préiat et historien polonais, né à \ arsovic en 1731, entra, à l'âge de Itî ans, dans la société de Jésus, et enseigna 12 ans dans diverses maisons de l'ordre. Il fut ensuite appelé par Joseph Zaluski, qui le nomma son liildioihécaire. En 176'* l'archevéqueprimat Lubienski lui confia son neveu Félix Lubienski, qu'il accompagna dans ses voyages, notamment en Italie. Le jeune Lubienski offrit au roi Stanislas-Auguste, eu 1773, la collection d'anciennes médailles qu'il avait recueillies en Pologne et dans ses voyages ; le monarque le nomma son lecteur et directeur de son cabinet d'antiquités. 11 chargea aussi Alberlrandy de rassembler les documents de l'histoire de Pologne qui se trouvaient dans les bililioihèques et les archives étrangères. Alberlrandy se rendit, eu 1782, en Italie, où, pendant trois années, il fui occupé à transcrire dans la bibliothèque du Vatican et dans differenles archives tout ce qui se rallachait à l'histoire de son |)ays. Ces copies Ibrmaienl une collection de cent-dix volumes in-folio. Alt)erlrandy, revenu d'Italie, alla en Suède pour y faire io. même travail. Admis dans les bibliothèques et dans les archives de Stockholm clO'lIpsa!, mais sans avoir pu obtenir, comme en Italie, ia permission de prendre des copies, il passait la journée à lire atteutivement, et en rentrant chez lui il faisait ses excerptu, car c'est ainsi qu'il appelait ses copies. Doué d'une étonnante mémoire, il pouvait retracer sur le papier tout ce qu'il avait lu. Celle nouvelle eo leclion, jointe avec ce qu'il avait recueilli en Italie, lormail 200 volumes infolio de manuscrits. Ces richesses élanl déposées dan» la bibliolhèi|ue du roi de Pologne, Naruszewicz et Allieriraudy en ont fait usage dans leurs tiavau\ sur l'hisioire de ce royauaie. La collection passa ensuite de la bibliothèque du roi entre les mains de Thaddée C^acki, qui l'achela pour la bibliothèque du Gymnase de Krzémiéniecz en Wolhynie. Le prince Adam Czarloryski acquit aussi, pour sa bibliothèque de Pulawie, un grand nom-

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