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fat témoin de l'humilité ineffable de la sainte Vierge, quand cette mèrn sans taciie vint après ses couches, selon la loi, se purifier au temple : alors Anne, cédant aux vifs transports de sa joie, annonça avec le vieillard Siméon les merveilles du Messie.
ANNE. Voy. Anancs.
ANNIUS de VITKUBE ou Jean NANNI, dominicain et maître du sacré palais, sous Alexandre W, qui en faisait beaucoup de cas, mourut <à Rome en 1302, à l'âge de 70 ans. On a de lui des Commentaires sur plusieurs livres de l'Ecriture sainte, et 17 livres à' Antiquités, Rome, H98, in-fol.; Paris, 1512, in-fol. ; Anvers, 1552, in-8% compilés sans jugement dans des temps où il n'y avait pas de critique. Il y entasse tous les écrits supposés, qu'on a attribués aux ancien» auteurs, comme à Xénophon, à l'hilon, etc. Il paraît que ceux qui l'ont accusé de la fabricalion de ces ouvrages, se sont trompés, et (]u'Annitis n'a fait qu'adopter des écrits que l'imposture avait cnfanlés avant lui. On peut consulter sur ce sujet le V otjnge d' Italie du P.Lalial, tom. VII, p. 95, où ce dominicain fait une digression fort ample en faveur de son confrère. On peut encore consulter une Apologie d'Annius, par Didime Ropaligero, Vérone, 1679, in-folio, en italien.
ANNON (saini), sorti d'une famille noble, prit, dans sa jeunesse, le parti des armes. Un pieux chanoine de Bamberg, son oncle, lui ayant parlé de la vanilé des biens du momie, il y renonça , et rcsoliil de se consacrer à Dieu dans l'état ecclésiastique. Ses vertus et son devoir le firent connaître à la cour de l'empereur Henri 111, dit le Noir. Ce prince le fit vetiir auprès du sa personne. Quelque temps après, il le nomma firévôt de Groslar, dans la Basse-Saxe. Il l'éleva sur le siège archiépiscopal de Colrtgne en 1031». Après avoir réformé tous les monastères de son diocèse, il en fonda deux de chanoines réguliers à Cologne, et trois de l'ordrede Sainl-Henoil en d'autres lieux. Henri III étant mort, l'inipéralrice Agnès le fit nommer régent et premier ministre, pour gouverner durant la minorité de Henri IV. Ce jeune prince, séduit par les llalleurs et les cotnpagnons de ses débauches, ne voulut plus souffrir les remontrances du saint archevêque; il lui ôla même I(! gouvernement de l'état. Mais les injuslices et les exactions de ceux auxquels il donnait sa confiance excitèrent un méconlenlemenl général, Annon fut rappelé, et il reprit l'administration des affaires en 1072. Il mourut le i décembre 1073, jour auquel on lit son nom dans le Martyrologe romain.
ANOT (l'iERRE-NicoLAs) , fhanuine et grand-pénitencier de l'église de Reims, docteur en théologie, né en 1762 .à Saint-Gcrmain-Mont, département de la Marne, était sons-principal au collège de Reims, lorsque la révolution éclata. Son relus de prêter le serment l'obligea de s'expatrier. 11 pat courut successivement les Pays-Bas, l'Allemagne, l'Italie , et accompagna à Malte un jeune chevalier dont l'éducation lui avait été confiée. Après le concordat de 1802, il revint A.
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Reims, où il se livra à ses fonctions et aux bonnes œuvres avec le plus généreux dévouement. Il s'était consacré particulièrement au soulagement des prisonniers, e( il remplissait ce ministère avec autant de contance que de charité, retranchant souvent de ses propres besoins pour subvenir à ceux des malheureux qu'il visitait. Il est mort le 21 octobre 1823. M. Sannegon, en ouvrant les assises de la Marne, le 3 novembre suivant, crut devoir faire entrer dans son discours le tableau de son zèle et de sa charité pour les prisonniers, et M. Macquart, grandvicaire de Reims, prononça devant l'associaiion de la Providence son éloge, qui fut imprimé la même année, in-12. On trouve aus>i une notice sur l'abbé Anot dans l'annuaire du département de la Marne pour 1824. On lui doit : le Guide de l'Histoire, ou Annales du monde depuis la dispersion des hommes jusqu'en 1801, in-folio, 1801, réimprimé avec des augmenlaiions considérables, sous le litre A' Annales du monde, ou Tableaux chronologiques qui présentent la naissance, les progrès, révolutions et démembrements des empires, etc.. jusqu'en 1810, 2' édition, Paris, 1816, in-folio; Les deux Voyageurs, ou Lettres sur la Belgique, la Hollande, l'Allemagne, la Pologne, la Prusse, l'Italie, la Sicile et Malte, écrites selon l'ordre des timps, 1803,2 vol. in-12. Ou dit qu'il a composé cclouvrage avec F. Malfilâire; Oraison funèbre de Louis XVI, Reims, 181V, in-V"; Tableau de l Hiftoire universelle, ouvrage qui sert de texte et de développement aux AntKdes du nwnde, iSil-'22, 6 vol. in-12; des Sermons, imprimés séparément de 1821 à 1823, où l'on Irtmve autant de goût que de soldiié; Discours prononcés dans les assemblées de l'association de la Providence établie à Reims, 1823, 2 parties in-12.
ANQUKTIL (Locis-PiERRE), né à Paris, le 21 janvier 1723. entra à 17 ans dans la congrégation de Sainte-Geneviève, et enseigna avec distinction au collège de Saint-Jean, les belles-lettres et la théologie. Devenu directeur du séminaire de Reims, il y composa l'histoire de cette ville. Il fut nommé, en 1759, prieur de l'abbaye de la Roc, en Anjou, et ensuite envoyé en qualité de directeur au collège de Senlis, pour y raniiner les études. t>'est dans celle ville qu'il composa V Esprit de ta ligue. Il obiint, en 17(;0, le prieuré de Château-Renard, près de Monlargis, et il l'rcliangea, au commencement de la révolulion, contre la cure de la Villetle, près do Paris. Enl'ernié à l'époque de la terreur, à Sainl-Lazare, il continua dans sa prison son Histoire universelle. Amiuelil fut élu membre de la seconde classe de l'instilut, lorsque cette société fut formée. Ayant été attaché bientôt après au ministère des relations extérieures, il fit paraître ses Motifs des traités de paix, etc. Cet auteur, doué d'une santé robuste qu'il devait à son humeur égale et à sa constante sobriété, était trèslaborieux, et travaillait régulièrement dix heures par. jour. Il ne se laissait rebuter par «tucun ob«l«tcle, «t il préparait encore d'itn*
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portants travaux, lorsque la mort l'enleva le G septembre 1808, dans sa S'*' année. Sa vigueur ne l'avait pas abandonne, et la veille de son dernier jour, il disait encore à un de ses amis: '< Venez voir un homme qui meurt « tout plein de vie.» Il a laissé: Ilisloire civile et politique (Li la ville de Reims, 1756-
1757, 3 vol. iii-12. Celle histoire se termine à l'année 1657;elle devait avoir un k" volume qui n'a pas paru. Il eut pour colhiboraleur un Félix de la Salle ; ayant disputé pour savoir lequel des deux metirail son nom à cet ouvrage, le sort se prononça pour Anijuelil. On peut à ce sujet consulter le Mémoire servant de réponse, pour le sieur Delaistrc, contre le sieur Anqiietil , lieims,
1758, in-4°, de lï pages. L'histoire de Keims, remplie de dissertations curieuses, est regardée coniiie un clief-d'ccuvre en son genre. Aussi l'auteur disait-il à la fin de sa vie : « Je viens de relire l'hisloire de Reims, «comme si elle n'était pas de moi, je ne « crains pas dédire quec'esl un bon ouvrage.» Almannch du Reims, i'^\,in-2ï ; l Esprit de la Ligue, ou Hisl. polit, des troubles de France pendant les xvi et xvii'' siècles, 17()7, 3 vol. in-12; 1771,3 vol. in 12; 178:5, 3 vol. in- 12; 1797, 3 vol. in-12, ouvrage eslimé; Intrir/ue du cabinet sous Henri 1 V et sous Louis XiU, terminée par la Fronde, 1780, i vol. jn-12, ouvrage qui, sans valoir les précédents, n'est pas sans mérite; Louis XIV, sa cour et le Régent, 1789, 4 vol. in-12, réimprimé en 179i : cet ouvrage est la continuation dos deux productions qui précèdent ; mais il leur est encore inl'crieur; Vie du maréchal de Yillars, écrite par lui-même, suivie du journd de la Cour de 1724 ci 173'i., Paris, 1787 et 1792, 'i. vol. in-12 : c'est un extrait des Mémoires écrits par Villars lui-même ; Précis de l'histoire xmiverselle , I7!)7, 9 vol. in-12; 1801, 12 vol. in 12 ; 3 édiiion, entièrement revue par M. Jondot, 1807 ,{12 vol. in-12 : cet ouvrage, qui a été traduit en angliiis, en espagnol et en italien, n'est guère qu'un abrégé de ViJisloire universelle des Angl lis, et doit être lu avec précaution ; Motifs des guerres el des traités de paix de li: France pendant les règnes de Louis XIV, de Louis XV et Louis XVI, 179S, jn-8'; Histoire de France, depuis les Gaules jusqu'à la fin de la monarchie, 1803, 14 vol. in-12 : il s'en est fait plusieurs éditions, et dans ces dernières années on l'a réimprimé en 'i-vol. in-4 , avec une continuation (|ui mène cette histoire ju qu'en 1830; Notice sur la vie de M. Ang leiil-Duperron, son frère; p'usieurs Dissertations i\a\\s les Ménmires de l'institut.
ANSaLIjI i le P. C^AST') Innoci'.nte], anti- (|uaire, né en 1710 à Plaisance, .s'étanl vu dans sa jeunesse .sur le point de périr, entraîné par des chevaux fougueux (|ui s'arrêtèrent comme p;ir miracle au bord d'un précipice, résolut de consairi-r sa vie .'i Dieu, et prit, en I72('>, l'haliit d(i Saint- Dotiiiniquf. Lorsqu'il eut terminé A Uome ses cours do théologie, il fut envoyé par ses supérieurs ii Nap l's, où ses talt-nls le firent hienlol cunnailrc. Admis à racadémie ecclesiasli(iuo ,
fondée par Mgr. Ruffo, il y lut plusieurs mémoires pleins d'érudition, fut nommé en 17.37 professeur extraordinaire de théologie à l'université de Naples, et se préparait h prendre possession de cette rhaire, lorsqu'il reçut de ses supérieurs l'ordre de revenir à liologne. Craignant d'être victime de quelque dénonciation, il quiita Naples furtivement le 29 novembre l'738, et, après avoir couru mille dangers, vint à Chic-li demander un asile au m.irquis Cipagatti, qui l'accueillit avi'c bii'uveillance et le tint caché quelque temps. Il erra ensuite quatre ans dans les États de Venise; enfin le cardinal Quirini fit sa paix avec ses supérieurs, et, en 1743, sur la demande expresse du pape Benoît XI V, il fut nommé premier lecteur et professeuf en théoliigie au couvent de son ordre à Brescia. U remplit avec éclat la même chaire à Ferrare, puis à Milan, et prit part à la dispute que fit naître en Italie V Essai de philosophie morale, dans lequel Maupertuis se propose de montrer l'insuffisance de la morale des stoïciens pour assurer le bonheur de«l'homme. Le P. Ansaldi prit parti pour cet écrivain dans deux dissertations latines, insérées dans la Raccolla di trattati di diversi autori concernenti alla religione naturale, etc., Venise, 17o7. 2 vol. in-4". Sa réputation le fit appeler a la chaire de philosophie de l'université de Turin, et il l'exerçait depuis près de vingt ans avec le plus grand succès, lorsqu'il mourut en 1779, professeur émérite. Les ouvrages d'Ansaldl sont trèsnombreux ; nous citerons : Palriarchœ J osephi, /Egyptii olim proregis, religio a criminibus Basnagii vindicata,yiip\es, 1738,in-8°; Brescia, 1747, in-8" ; Disserlnlio de- veteri Mgijptiorum idololatrin, dans la Raccolta caiogerana , loni. XXIII, p. 13.")-22G ; De causis iui.piœ veten^m monumentls pro copia martyr am dignoscenda. — De marlyribus sine sanguine disserlatio, inqua et nonnalla lioinayii marti/rologii Inca a criminationibus Baelii rindicantur. Milan, 1739 et 17'i5, iu-8 ; 1741-44, in-4" : c'est une réfutation du sentiment de Dodwell sur lu petit nombre des martyrs; Deprincipiorum legis naluralis iradilione libri 1res, .Milan, 1742, in-4"; De Romana lutelarium d'orum in oppugnationibus urbium ivocatione liber, etc., Bresria, 17^5, in-S", Irès-eslimé, et plusieurs fois réimprimé en Angleterre : la 4' édition, Oxford, 1763, in-8', est la plus recherchée; De au- Ihenticis S. Scripturœ apud sanctos Patres iectivnibns, ^'érone, 1747, in-'r, plein de recherches curieuses; De Raplismale in .Spiriiu sanrto et igni conimentariits philologicus : cui accédant oraiinnes dwr in Alhenwo Ferraritnsi habitœ. Milan, 1732, in-4"; />« sacro et publico apwl ethtiicos piclarum labu- Utruii) cuitu adversus tirœco'^ recentiores dis- »ert'iti", Ferr.tre, 1752, in-8' ; Venise, 1735, in-4°; luiin, 17i'8, in-'i°; llcrodiani infanliriilii vindi i<r, p\c. , Itrescia, 17!)7, iM-4 ; />« futuro swculo ail llebrœis nnte captiiilalrtn cognito adrrrsus Jo. Clerici cogilala commenlarias. Milan, in-S" ; R^fpvzzioni topra i meixi di perjezionart la plosolia morale ,
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ibid., 1778, in-8°. L'auteur, en combattant los systèmes des philosophes mndi'rnes, s'attache à démontrer quo l'on iu> peut parvenir à la connaissance de l'homme moral qu'avec les lumières de la théologie ; De profectioneAlexandri Ma';ni Hierosolym.dissert. posllnima, T;;riîi, 1783, citée avec élo|;e par Sainte-Croix {Examencrit deshisfor d'Alex.). ANSALONi(GioRDASo), missionnaire sicilien, que l'Eglise du Japon compte au nombre de ses martyrs. Il naquit à Saint- Angcio , ville du diocèse d'Agrigenlo, et entra de bonne heure dans l'ordre de Saint-Dominique; après son noviciat, il fut envoyé à Salamanque en Espagne, pour y achever ses études. Bientôt, son zèle lui fit tourner ses vues vers les missions, el il obtint de ses supérieurs la liberté de s'y consacrer. 11 fut du nombre des missionnaires de cet ordre qui partirent, en 16i25, pour les Philippines, où ils se rendirent par la route du Mexique. Arrivé à Manille, le père Ansaloni se dévoua au service des malades dans les hôpitaux, et donna le reste de son temps à l'étude du chinois. Lorsqu'il put entendre les livres écrits en cette langue, il entreprit un recueil des superstitims chinoises, pour se nnellre lui-même en étal de les coinbaltre avec plus de succès, s'il arrivait que son ministère l'appelât à la conversion des peuples de cet empire ; mais il n'eut pas le temps de finir cet ouvrage qui ne fut jamais publié: la Providence lui avait mar(iué une autre destination. Il reçut de ses supérieurs i'onlre de se rendre au Japon. Accompagné d'un de ses confrères, il y pénétra, en 1()3:2, dans le temps où la persécution contre les chrétiens y éclatait avec le plus de violence. Les daugers qui environnaient de toutes parts le vertueux missionnaire , ne l'empêclièrent pas de se livrer à toutes les fonctions de .'-on ministère. Il échappa aux recherches p''ndant deux ans; mais il fut enfin saisi, ainsi que son collègue. Soisante-nenf chrétiens, arrêtés avec eux, lurent décapités , et les deux missionnaires, condamnés an su|)plici.' de la fosse, y con.sommèrenl leur mart jre, le 18 novembre 163». Pendant le séjour que le père Ansaloni fut forcé de faire au .Mexique, il y employa ses loisirs à une traduction latine des V'ies des saints de son ordre, écrites en espagnol par Ferdinand Caslillo; le manuscrit de cette version, qu'on dit être très-élégante, se conserve encore à Séville.
ANSAKT (.\NDRÉ-JosEPHj, né dans l'Artois en 1723, entra dans l'ordre de Saint-Benoît, et, ayant été nommé procureur d'une des maisons de cet ordre, disparut avec les fonds qu'il avait entre les mains. Il s'attacha à l'ordre de Malle, en devint conventuel, se lit recevoir avocat au larlemenl, el docteur en droit de la laculié de Paris; il fut ensuite nommé prieui-curé de Villeconin, membre des i.cadémies d'Arraset des Arcadesde Rome. Il mourut vers 1790, après avoir puiilié: Z>(a/ogiiessurl'utitilc des moines /■e(Ues,ii(J8,in-12; Exposition sur le Cantique des Canliques de S(doiiiùn, 1770, in-l-i; Histoire desuint Maiir, ubbé de Glanfeuil, 1772, in-12. La première
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partie comprend la Vie de saint Maur ; les deuxième el troisième parlent des différentes translations des reliques du saint- la quatrième est l'Histoire de l'abhayc de Saint Maur-des-Fossés; Eloge de Charles V, empereur, traduit du latin de J. Masénius, 1777, in-12; Esprit de saint Vincent de Paul, ou MinU'le de conduiteproposé àlouslesecclcsias- «içues, 1780, in-12 ; Histoire de sainte Reine d'Alise, et de l'abhai/e deFlavigny, !783, in-12; Histoire de S'iint Fiacre, i'IS!i,ii\-i-2;Bil)liottiè que littéraire dn Maine, Cliàli,ns-sur-Marne, 1784-, iu-8*; La vie de Grégoire Cortez, bénédictin, évêqued'Urliin el cardinal, 1786,in-J2. iJes biographes ont dit qu'Ansart aimait peu le travail et qu'il avait trouvé dans les archives du Régime, autrement de Sainl-dcrmain des Près, les divers ouvrages qu'il a publiés sous son nom.
ANSBEBT (saint), né à Chaussi, village du Vexin, fut élevé à la cour dn roi Clotaire III, el refusa un riche mariage pour se consacrer à Dieu. Il alla exécuter ce projet dans l'abbaye de Fontenelle, où il embr, ssa la règle de saint Benoit; il devint ensuite abbé de ce monastère, qu'il gouverna sagement, el en fonda plusieurs autres.
Ayant été élu archevêque de Uouen, après la mort de saint Onen, en G83, il fui sacté par sainl Lambert, à Clichi, où Thierri III avait convoqué les états du royaume. Son élection fut fort agréable au roi, qui l'estimait singulièrement à cause de son éminente sainteté, et qui l'avait choisi pour son confesseur. Pépin, maire du palais, aux yeux duquel la cilomnie l'avait noirci, le relégua dans le monastère de Haumont, en Hainaut. Le saint évêque édilia les religieux de celle maison par l'austérité de ses jeûnes, par sa ferveur el son assiduité à la prière. Sa mort, arrivée en G9S, l'einpêclia de profiter dé la permission qu'on lui avait accordée de relournerdans son diocèse. Son corps fut transporlé à l'abbaye de Foulenelle, qu'il av<:il choisie pour le lieu de .^a sépulture^
ANSBKRT, prêtre aulrichiendu xii' siècle, qui suivit en Orient l'armée de l'empereur Fré iéric B.irberousse, a raconté la croisade de l'empereur allemand dans une chronique qui est pour l'histoire un monument précieux. Après être resiée perdue pendant des siècles, cette chronique a été retrouvée en 182i. Un allemand, nommé Kneysl, qui en possédait une copie, étant mort, son manuscrit fut acheté par des juifs qui le vendirent à un chirurgien du voisinage de Poslelberg. Celui-ci était assez ignorant pour ne passe faire scrupule d'en arracher plusieurs feuillets. Le savant Dobrowski ayant été informé de la destinée de ce manuscrit par Joseph Dieiiicht, directeur de l'école calliolique, s'empressa de le faire acheter. Informé aussi t)ue les moines de Haybrad possédaient une copie de cet ouvrage, Dobrowski obtint de l'abbé de faire re.'oplir les lacunes du manuscril acheté, et il put ainsi publier intégralement la Chronique d'Ansbert. Elle a été imprimée à Prague en 1827 chez Gaétan de Mayregg. Elle présente un récit complet
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de l'expédilion de Frédéric Barhorousse, donne aussi des détails sur la croisade de. Philippe-Auguste et do Richard, cl s'élcnd jusqu'à l'esppdiiion «le Uenri V!. On en peut voir un extrait dans le lome III de la Bibliothèque des croifadestie Mich lud.
ANSCHAIRE ou ANSGAIRK (saint , .4nscharius (ou plutôt .4'is-:;nni(s, comme il paraît par une cliarie de Louis le Débonnaire , surnommé l'Apôtre da seplnitrion. premier éiéque de Hambourg et de ISréme, naquit en Picardie en 801, et fui élevé dans le monastère de Corbie. L'an 821, il passa du monaslère de Corbie en Picardie dans celui du même nom en Saxe, qui a été bâti par Louis le Débonnaire, sur le AVeser, ya\anl été envoyé par Adelard, abbe de l'ancienne Corbie. Jl fut nommé, par Louis le Débonniire, pour gouverner ce monastère. Les Danois et les SuéJois ayant demandé des prêtres pour leur i rècher l'Eviingile, l'an y !G, le pape Grégoire IV y envoya Anschaiie, qui en convertit an grand nombre, et t\m fut fait, l'an 8i2, évéque de Hambourg, pour iravalller plus commodément à la conversion des peuples septentrionaux. Ou croit qu'il pénétra jusqu'en Islande, et, selon quelques auteurs , jusqu'au Groenland. Il iiiuurut à Brème l'an 8t)i. Cette église avait été unie à celle de Himbonrg en 8'»9. Sa Vie, que dom Mabillon a publiée avec de savantes remarques, a été écriie par saint Rimbert, sou successeur. Saint Anschaire nous a laissé une Vie de saint Vt'ithhad, premier évéque de Brème, qui mourut en 789 O'i 791. C'est un om rage écrit avec beaucoup de sagesse et d'élégance. H est précédé d'une préface, que l'on regardera comme un chef-dœavre, si l'on considère sortoul le liinps où vivait son auteur. Surius donna un assez mauvais extrait de cette Vie, qui fut imprimée en cuti; r à Cologne, en 16't2, in-8'. Le Père Mabillon l'a pubiee de nouveau. Fabricius la fait aussi réimpriiaer dans ses Historiens de Hambounj, torae IL •
ANSEGISE, ou ANSIOISE (saint), issu du sang roval, embrassa l'état monastique; mais Charlemagne ne voilant pas que ses talents fussent ensevelis dans la retraite, le non. ma intendant d'Aix-la-Chapelle, et lui conféra en litre de bénéfice l'abbaye de Sainl-Germer en Flcx, qu'il réédifia. Il avait eu auparavant les abbi\c5 de Saint-Sixte, prés de Reims, et de Saint-.Mémie de Chàlons, qu'il quitta pour gouverner celle de Germer. Louis le Débonnaire lui conféra celles de Luxeuil el de Fonlenelle. Il fut pfnpioyé avec succès dans d.fférenlcs ambassades, el mourut en 8.3'». On lui <loil un recueil des Capilutaires de Charlemagne et de Louis le Débonnaire, ini|iriino riar les soins de Pierre el Français Piihnu, en 1588, 1603 el 1020. B.iluze en donn i une nouvc Ile édition en 1677, 2 vol. in-fol. Q lelques auteurs prétendent i|u'.\nsegisc fut aussi abbé de Lobbes; ce «|ui peut tres-bien être: les hommes distingue^ par leurs luiiiit>rcs et leuri vertus ajfaal durant ces ïioclei, fré-
quemment passé du gouvernement d'une abbaye à une autre pour y maintenir ou rétablir la régularité; quelques-uns l'ont con fondu avec le suivant.
ANSEGISE, prêtre du diocèse de Reims, abbé de Saint-Michel, fut élevé à l'archevêché de Sens, le 21 juin 871. Charles le Chauve , qui ambitionnait la dignilé d'empereur, l'envoya au pape Jean VIII , pour s'a<surer de son suffrage ; ce ponlife le fit lirinial et vicaire dans les Gaules et dans la Germanie. Celle dignité donna un nouvel éclat H l'église d'Ansegise, qui voulut se fiire reconnaître comme primai, d ms un concile uù Charles le Chauve se trouva, en S'tB. Mais plusieurs prélals s'y opposèrent, et entre autres Hiiicmar de Reim-, qui avait publié un écrit contre cette primaiie. A son retour d'un secon 1 voyage à Rome , A;i>egise se trouva , en 878. au concile deTroyes, iiù le pape était piésent; et l'année d'après (879, il sacra, dans l'abbaye de Ferrière en Galinais, les ruis Louis III et Cirloman, fils de Louis le Bègue. Il mourut en 883.
ANSELME, chanoine el ensuite doyen de l'église de Liège, issu d'une famille noble, florissait au xi' siècle. Son mérite le rendit cher à Wason, évéque de Liège en lO'tl. el à Théoduin, qui lui succéda en lOiS. 11 Gt avec celui-ci le voyage de Jérusalem. H continua l'.ar l'ordre de ses supérieurs, c'est-àdire de l'archevêque de Cologne, {'Histoire des éf ques de Liéqe, commencée par Hériger , abbé de Lobbes en 991 el déjà continuée par un nommé Alexandre , chanoine aussi de la cathéirale de L'égc, qui avait entrepris ce travail à la sollicilntiini de la bienheureuse Ide, abbesse de S.iinte-C'cile de Cologne. Dom .Mariène et dom Durand, de la congregilion de Saint-M lur, ont donné une édition de celui d'.\nselme , dans leur Amplissima colleclio. ain^i que dom Mabil Ion , dans le tome IX de ses .4c(a ordinis S. Bencd. Anselme vécut au moins jusqu'ea 1056, année à laquelle il a publié son ouvrage.
ANSELME DE GEMRLODX , en latin Gemlilacum, fameuse alibaye du Rrabam, y entra jeune, cl y fil profession de la règle de saint Benoit. H j eut pour miitre Guérin, son parent, reli^'ieux de l'abbaye, sous lequel il fil de grands progrès iians les saintes lettres. Sa repulaiinn engagea l'abbé de Haulvil'crs en Champagne a le demander p lur donner des leçons à ses jeunes religieux. .\près avoir enseigné à Haulvillers, il fut appelé à l'abbaye de Lagny, pour rendre les mêmes services. De retour à (jciubloux , il continua d'y professer, cl. fut charge de li bibliothèque. Il y exerça ce dernier emploi en hoinine qui aime les livres, et qui est cap.ible d'en apprécier le mérite. Il les revoyait, et quand l'occasioa s'en présentait , il en corrigeait les faule.s Itiblioihecœ asiidnus scrulnlar rral, et ubi nlilitasposctbal.riun, tmendando, et nugendo, inel lora'jai , liiscitl les ccnls du Iciiips. L'abbaye ayant \a<)ue en 1113, il fut clu d'un consentement unaaimc. H a contioua la
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Chronique de Sigebert, religieux du même monasCére, depuis 1112, que mourut cet écrivain, jusqu'en 1137. 11 a eu trois continuateurs anonymes, tous trois de l'ordre de Sainl-BeDOÎl : le premier, religieux de Gembloux a poussé la Chronique depuis 1137 jus(|u'en 1148; le deuxième, religieux d'Affligliem , jusqu'en 1 Uio, et U troisième, religieux d'Anchin , jusqu'en 122i. Cilte Chronique avec sa conliiiuatiou , a éié publiée chez Aubeil Lemire. à Anvtrs chez Veidussen, 1608, in-i". 11 existait à Anchin un poëme latin manuscrit, à la louange de saint Bernard, abbé du Clairvaus et de ce monastère, avec cette inscription : Yenerabili abbad Clarovallensi Birnrdo Anselmus , qu'on pourrait attribuer à Anselme de Gembloux , à moins peut-être que ces vers ne soient d'Anselme, moine de baint-.Médard de Soi^sons, puis abbé de Saint-Vincent de Laon, aussi contemporain de saint Bernard, qui concourui à son élévation sur le siège épiscopal de Tournai. Cette pièce commençait par ce vers :
Vallis deflexa quant motis deflexus opacat.
Anselme de Gembloux mourut en 1137.
ANSELME (saint), archevêque de Cantorbéry, naquit à Aost en Piémont, en 1033. Il vint au monastère du Bec, en Normandie, attiré par le nom du célèbre Lanfraiic, s'y fit bénédiclin, et en tut prieur, puis abbé en 1078. On le nomma archevêtjue de Canlorbéry, l'an 1093. Guillaume le Koux, roi d'Angleierre, à ((ui il reprochait ses dérèglements et ses injustices, conçut de l'aversion pour lui. Ce prince était dans le parti de l'antipape Guibert , tandis qu'Anselme soutenait le vrai pape Urbain 11. Le saint prélat , exilé sous ce prétexie, se retira à Rome, où Urbain II le reçut conmie il le méritait, il soutint la procassion du Saint- Esprit contre les Grecs, dans le concile de Bari , en 1098. Il partit ensuite pour la France, et s'arrêta à Lyon, jusqu'à la mort du monar(|ue, son persécuteur. Henri I*', successeur de Guillaume, rappela l'archevêque de Cantorbèry : mais il ne jouit pus longtemps de la paix que son rappel semblait lui promettre. La querelle des investitures le mit mal avec le roi. 11 fut oblige de revenir en France et en Italie, justiu'a ce que le feu de ces disputes fût assoupi. Anselme retourna à Cantorbèry, et y mourut en 1109, à l'âge de 70 ans. Uom Gerberon a publié, en 1673, une très-bonne édition de ses OEuvres, in-ful., faite sur les meilleurs manuscrits de France et d'Angleterre. Il y en a une autre, donnée à Venise, en 17i4, en 'i vol. in-fol. Saint Anselme (ut un des plus célèbres docteurs de son temps, et le premier qui allia avec la lhéolo(;ie cette précision dialectique et celle méthode scolastique qui donne de la force aux preuvt!s de la vérité, el qui conl'onil l'erreur en découvrant ses sophismes. 11 est vrai que, dans les siècles suivants, on a quelquefois abusé de celte méthode ; on a fait de la theolo;;ie une espèce de logique conlenlieuse, et quelque-
fois une audacieuse métaphysique, qui s'exerçait fort inutilement ou fort témérairement sur des questions où la simple foi répand plus de lumières que toutes les spéculations; mais cela ne prouve rien contre la théologie scolastique en elle-même. Elle est nécessaire, à un certain point, pour confondre toutes les espèces d'hérétiques, mais surtout ceux qui , comme les ariens, s'arment de la subtilité du raisonnement plutôt que de l'autorité des livres saints. ( Voy. Crellils, ScàBEZ, Petau, saint Tuomas, etc.) Quant à ses ouvrages ascétiques , ils sont instructifs, édifiants, pleins d'onction el d'une certaine tendresse d'amour pour Dieu , qui échaulTe les cœurs les plus insensibles. Un style simple, naturel , clair et concis , fait le principal mérite de ses lettres. Ou juge par les vers qui nous restent de lui, qu'il n'avait pas le génie poéti()ue dans le plus haut degré. Jean de Salisbury, et Eadmer, moine de Cantorbèry, ont écrit sa Vie, sur laquelle on peut aussi consulter Guillaume de Malmesbury , De gestis pontificwn anglorum.
ANSELME, Mantouan , évêque de Luc ques, en Italie, en lOCl, quitta son évêché, parce qu'il se reprochait d'en avoir reçu l'investilure de l'empereur Henri IV. Grégoire VU le força de le reprendre, el le fit son vicaire-général en Lombardie. Il mourut en 108), hors de son diocèse, dont- ii avait été chassé par son clergé, qu'il avait voulu réformer. Il était d'une vaste érudition ; il savait par cœur toute l'Ecriture sainte, et lorsqu'on l'interrogeait sur quelque i)assa;;e, il disait aussitôt comment chaque saint Père l'avait expliqué. On a de lui plusieurs ouvrages , entre autres : A/iotogie pour Grégoire VII ; ExpUcaiion des Lnnientalions de Jérémie; Ejcplicalion des Psaumes, qu'il entreprit pour la princesse iMalliilde, dont il était directeur, et que la mort l'empêcha d'achever ; Collection des canons, en 13 volunies ; Réfutation des prétentions de l\inti-pupe Guibert. On trouve ses écrits, en très-grande partie dans la Bibliotheca Patrum.
ANSELME , de Laon , doyen et archidiacre de cette ville, mort en 1117, professa avec réputation dans l'universilé de Paris, et ensuite dans le diocèse de Laon. On a de lui une glose interlinéaire sur la Bible, imprimée avec celle do Lira. Abailard en parle comme d'un arbre qui avait quelquefois de belles feuilles, mais qui ne portait point de fruits. On a aussi de lui des Commentaires sur saint Mathieu et sur saint Jean.
ANSELME DE SAINTE-MARIE (Pierre de GciBûUBS, communément appelé 'le l'ère], augustiii déchaussé, connu par son Histoire généalogi(iue et cbronologii|ue de la maison de France et des grands officiers de la couronne, 2 vol. in-4% mourut à Paris, sa patrie, âgé de 69 ans, en 169i. « Cet écrivain « a beaucoup contribué, di-l l'auteur des « l'rois siècles, il lournir des lumières ;: (eux « qui ont travaillé sur l'histoire de France. K Ou ne peut le regarder que coaime ceax
ANS
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« qui découvrent les mines, en laissant aux. « autres le soin d'épurer les métaux qu'on « eu lire, et de les iiiellre eu valeur. » Son ouvrage, imparfait dans sa naissance , est devenu meilleur sous les plumes de Du Fourny, des révérends pères Ange de Saintc- Kosalie et Simplicien, conliuualeurs de cette histoire. Elle est actuellement en 9 volumes in-l'ol., 172G, it années suivantes. On y trouve des recherches abondantes et curieuses. Il y a ceriainement beaucoup de faulos; mais quelle compilation en est exempte? On a encore de lui : la Science héraldique, lOTo, in-4 ; Le Palais de l'honneur, contenant les généalogies iiistoriques des illustres maisons de Lorraine et de Savoie, et de plusieurs nobles familles de b'rauce, 1063, 1008, in-/i-°; Le i'alais de la ijloire , contenant les généalogies historiques des illustres maisons de France, et de plusieurs nobles familles de l'Europe , 1064, in-V.
ANSELME (Antoine), né à llle-Jourdain, petite ville de l'Armagnac, l'an 1032, d'un chirurgien, embrassa l'état ecclésiastique, se distingua dans l'étude des belles-lettres, et fut couronné deux fuis par l'académie des jeux floraux de l'ouloose. Ses Odes se trouvent dans le recueil de celte compagnie, et ou ne les a guèie vues ailleurs. Le marquis de Monlespaii, charmé de ses sermons, le chargea de veiller à l'educalion de son lils, le marquis d'Antin. L'abbé Anselme vint avec son élève à Paris. La capitale applaudit à son éloquence presque autant que la province. On l'avait surnommé le petit prophète. En 1083, il fut nommé pour prêcher à la cour, les jours de la Cène el de la Pentecôte ; en 1098, il y prêcha pendant lavent, et en 1709, pendant le carême. Ses panéyyiiqucs surtout et ses oraisons funèbres, (irent sa réputation. Le duc d'Anlin lit revivre pour lui la place d'historiographe des bâiimenls. L'acailémie de peinture et celle des inscriptions et belles-lellres l'admirent en qualité d'associé, dans leur corps. L'abbé Anselme se retira sur la fin de ses jours dans sou abbaye de Sainl-Sever, en Gascogne. Il y vécut en philosophe chrétien, partageant son temps entre ses livres et ses jardins. Son abbaye et les paroisses qui en dépendaient se ressentirent de sa présence ; il ouvrit de nouveaux cheuilns pour la communication des unes aux autres, décora les églises, fonda des hôpitaux, et accommoda tous les dillcrends. Il mourut en 1737, à 80 ans. Nous avons de lui : un Recueil de sermons, pancf/yriiiues el oraisons fnmlires, en 7 vol. in-8'. Les ser- UKjns, qui formeal '»■ de ces \ (dûmes, ont été réiin|)riiiiés en 0 vol. in-1'2; ils n'ont | as soutenu la i'ép:Ualiuii que l'auteur avait .icqiiise en les dcbilanl; car ils tirent alors la plus \ive impression, même sur ceu\ qui étaient prévenus contre lui. « J'ai été ce « malin écrivait m .d.uiic de Sévigné) à une « très belle Pasbion, ;■* Saint-Paul : c'était « l'abbé Anseluic. J'rlais prévenue contre <■ lui. J(! le Irnuvais gascon, ei c'était assez « pour iii'ôier l.i loi t'ii ses paroles ; il m'a « forcée de revenir de cet injuste jngCDicnt,
« et je le trouve un des boiià prédicateurs « que j'aie jamais entendus : de l'esprit, de « la dévotion, de la grâce, de l'éloquence; « en un mot, je n'eu préfère guères à lui. » Plusieurs Uisserlatinns dans les m.iuoires de l'académie des Inscriptions el belles-lettres, de 172't à 1729 ; on y découvre un sage érudit et un bon littérateur.
ANSELME. Yoy. Ascelin.
AîSTÈRE (saint), Anleros, grec de naissance, succéda à saint Pontien sur le siège de Rome, l'an de Jésus-Christ 233. Son pontificat fut tiès-couri, imisqu'il ne siégea quo quarante jours : Bède, Ailon, et le iiomeau martyrologe romain lui donnent le titre de martyr.
A.MHELME (saint), évêque de iJelley, d'une famille noble de Savoie ; occupa l's deux premières dignités des chapitres de Genève et de Belley. Uégonlé du monde, il se fit chartreux, et fut élu prieur de la grande Chartreuse eu 1141. Pendant le schisme de Victor IV, il fit déclarer loul l'ordri- des chartreux en faveur d'Alexandre 111, qui avait été élu selon Us formes canonii|ues, et en faveur du luel ^e déclarèrent bientôt la France , l'Espagne et l'Angleterre. On le choisit en 1103, pour remplir le siège éfiisco- |)al de Belley. Mais il fallut un ordre du pape pour l'obliger d'aquiescer à son élection. Il commença la reformatiou de son diocèse par celle du clergé. Les voies de douceur ne lui ayant pas réussi, il employa les censures ecclésiastiques. 11 montra une fermeté iiillexible dans les contestations qu'il eul avec Huinbert, comte de Savoie, touchanl les droits de son église. Cello ferniet(' n'ayant pas eu le succès qu'il en attendait, il quitta son évêché; mais le pape l'obligea de retourner à son église. (Je comte se réconcilia depuis sincèrement avec lui. Le saint évêque visitait souvent les monastères, et surtout la grande Chartreuse. Il rechirchait les pécheurs, et les recevait avec bonté lorsqu'ils étaient touchés de leurs désordres. Il avait aussi une grande tendresse pour les pauvres, et leur procurait des secours ahondanis. Il mourut le 20 juin 1178. Son corps fut troi vé entier en 1030. Ses reliques ne furent pas à l'abri des outrages revolulionnaires, mais elles ont été retrouvées el replacées dans l'cglise paroissial.- de S.iint-Jean- Baptiste de la ville de Belley. La le de saint Anlhelnie, accompagnée des pièces originales <)ui constatent 1 authenticité de ses reliques rendues à la vénération des fidèles, a été publiée en un volume in-12.
AMHEL.MI (Josr.pu), chanoine do Fréjus en Provence, publia plusieurs Uisserlulions latines sur l'Histoire ecclésiastique de cette ville, Aix, 1(80, in-'»"; sur le Symbole de sailli Ath.inase, 1093, iii-8; sur siinl Kueh. r, I72G, in-12; sur quel(|ucs ouvrages allribnes à saint Léon, en paniclier le.s livres de la Vocation des ijinlilt, qu'il pnlenil, conire le père .Memel, êlre de saint Prosper, preleiiliun <|ui n'est pas favorisée par le slyle de l'ouvr.ige. ( I "i/c; saint Li:o>.) San dernier ouvrage ebl une Lellre au père Pagi, touchant
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les actions et la mor( de saint Martin de fours. Il moarul à Fréjus, le 21 juin 1697, à ràg<* i9 ans. Il n'gne dans tous ses écrits une inodéralion et une hoiinételé dignes d'un vrai savant. — Deux autres Anthelmi nicrilent d'être cités, savoir Nicolas, grand-oncle du précédent, et Pierre, soi» oncle, premier chanoine et vicaire-général de Fréjns, syndicgénéral du clergé, né dans la dernière moitié du xvr siècle, lequel rendit de grands services à S(in chapitre, et assista au\ assemblées du clergé qui se tinrent en 1605 et 1606. Ce fut lui qui fournil aux frères Gaucher et Louis de Sainte-Marthk', le catalogue des évèques de Fréjus pour leur GalVa chrisliana. On a aussi de lui des Adversarin, cités à la page 170 du Irai'.é de Pierre Anthelmi, De initiis ecclrsiœ Forujiilien^is. 11 mourut le 2 mars 16i6. — Pierre Anïueljii, neveu du précédent, aussi chanoine de Fréjus, lit à Paris ses éludes en th^'ologie et en droil, et fut reçu docteur da4)s deux facultés. D'abord, lié avec le célèbre Peiresc, il se livra comme lui à la recherche des antiquités. 11 abandonna ensuite cette étude [)Our ne s'occuper que de théologie. On a de lui : De iniliis ecclesiœ Forojuliensis, Aix, 1680, in-i"; Leonlitis episct'pus et martyr suis Fu7-ojttliensibus reslititus. 11 mourut le 27 novembre 16i8.
ANTHEUNIS (Jacques), né dans le xv siècle à Middelbourg, dont on joint quelquefois le nom à son prénom, était docteur en droit canon, chanoine et chantre de la collégiale de Sainte-Guiule à Hruxelles, et devint vicaire général du diocèse de Cambrai pour le Brabant. On a de Jacques de Middelbourg : Elegans libellas ac nunc prinium impressus de prœcellentia potestalis imperaloriœ; in quo pltirima lecla cehemenler tum utilia, tinn uniœna, ex vaiiis authoribus, de oitu, gradibus et discrimine dignilaluin civilium et ecclesiaslictirum, Anvers. Th. Mertens, 1302, in-S" ; 2" édil., llome, 1303, in-i".
ANTHOINE (NicoLisJ, fanatique du xvir siècle, né à Briey en Lorraine, ilc parents catholiquis, s'é ant mis eu relation dans sa jeunesse avec Paul Ferry, ministre protestant à Melz, embrassa ie c>.lviuisme. Comme l'Ancien etleNouveau Teslamenlluioffraienl encore des difficultés (ju'il ne pouvait éclaircir, malgré toute la latitude que lui laissait l'interprétation protestante , il voulut embrasser le judaïsme. En conséquence, il s'adressa aux rabbins de diverses villes, do Melz, de Venise et de Padoue, qui n'osèrent l'admettre, par crainte de s'attirer de mauvaises affaires. Anlhoiue revint à Genève, et y ayant dissitnulé sa croyance, l'ut nommé par le synode de Bourgogne, ministre à Divonne, dans le pays de Gex. Sa conduite comme pasteur ayant paru équivoque à plusieurs personnes, qui avaient remarqué par exemiile son affuctalion à ne jamais parbr de Jésus-Christ, el à puiser toujours ses textes dans l'Ancien Testament, sa crainte d'être dénoncé le lit tomber dans la démence. 11 s'échappa pendant la nuit et arriva aux portes de Genève, dont les magistrats le firent conduire à l'hc^pital. L'exaltation ou'il avait
montrée se calma, mais ses sentiments restèrent àpeu près les mêmes, et tous les efforts qui forent faits pour les faire changer, furent inutiles. Ce malheureux, ou plutôt cet insensé, fut condamné à être étranglé sur un bûcher, puis brûlé, ce qui fut exécuté le même jour 20 avril 1632.
ANTIGONE SOCHGEUS, juif ainsi surnommé parce qu'il était né à Socho, vivait trois siècles avant J.-C, du temps d'Eléazar, 8' grand-prêtre, el paraît avoir été le fondateur de la secte des Saducéens. 11 soutint que les hommes devaient servir Dieu par une piété toute désintéressée. Deux de ses disciples enseignèrent qu'on ne devait attendre aucune récompense future, et qu'ainsi il n'y aurait point de résurrection des morts. De leurs noms Baithos et Sadoc, on appela les sectaires baithosiens ou saducéens.
ANTIGONE, roi des Juifs et fils d'Aristobule II, fit couper les oreilles à Hyrean son oncle, qu'il voulait empêcher d'être grand sacrificateur; mais Hérode, qui a wiit épousé Marianne, petite fille de Hyrean, s'étant rendu maître de Jérusalem, envoya Anligone à Marc-Antoine qui lui fit couper la tête, l'an 33 avant Jésus-Christ.
ANTINE (dom Maur-François d'), savant religieux de Saint-Maur, naquit en 1688, à Gonrieux, dans le diocèse de Liège, et professa la philosophie à Saint-Nicaise de Ueims. Ses sentiments au sujet des décrets de lEglise surlejansénisme passent pour suspects; ^I. de Mailly, archevêque de Reims et cardinal, exigea qu'il sortit de son diocèse. Les supérieurs de la congrégaliun l'appelèrent à Saint-Germain-des-Prés, où il travailla d'abord à la collection des Décret îles, et ensuite à la nouvelle édition du Glossarium mediœ et infimœ latinilatis de du Cango, doat il donna plusieurs volumes avec dom Carpentier, son confrère. Kecherché de nouveau pour le même sujrt qui l'avait fait exiler de Reims, il fut, en 1734, exilé à Pontoise. Rappelé à Paris en 1737, il travailla avec dom Bouquet à la Collection des historiens des Gaules et de la France, Il s'était chargé de la partie des croisades, el contribua aussi à i'Art de vérifier les dates, ilkO, \n-h°. On a de lui en outre une traduction des Psaumes sur l'hébreu, avec des notes tirées de l'Ecriture sainte el des saints Pères, pour en faciliter l'intelligence , 1738, in-18 ; 1739 el 1740, in- 12. Dom d'Antine mourut d'une attaque d'apoplexie le 3 novembre 1746.
ANTIOCHDS , moine de Seba dans la Palestine, composa en grec, à la prière d'Eustalhe, abbé d'un monastère près d'Aiicjre, et pour ce religieux , un abrégé moral de l'Ecrilure sainte , intitulé Pandectœ divinœ Scripturœ in centum nonaginla distinctas homilias, una cum exomologesi, leiiuel contenait tout ce qui était nécessaire au salut. Tillemont, chartreux de Paris, l'a traduit du grec en latin, et le père Fronton Du Duc a publié le texte original : cet ou»r ige est divisé en 190 chapitres ou homélies. Dans la 107% l'auteur parle de la prise de Jérusalem par Chosroës, l'an 614, de la manière dont lu
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ville fut saccagée, le bois de la sainte croix enlevé, elc. Il y a joint un poëme dans lequel il déplore la perle de la vraie croix, que les Perses avaient, dit-on , emportée parmi leur butin. On trouve le pucmc d'Aiitiochus en grec et en latin dans la BibHolheai Patrum. Anlioclius vivait dans le vir siècle.
ANTIPAS , martyr, lut un des premiers disciples du Sauveur, et soulTrit le martyre à Pergame , dont il était évêque. L'Iiisloire de sa vie rapporte qu'il fut entermé dans un taureau d'airaiu tout anleiit de feu ; mais SCS actes , quuique anciens , ne sont pas autbentiqiies. Ce qui n'empêche pas que son martyre ne soit indubitable, étant l'ormellement attesté dans ÏApocali/psc, chap. ii , v. 13, où Jésus-Christ l'appelle un témoin fidèle. Le lieu de son martyre y est égalenieni esprinié.
ANTOINE (saint), surnommé V Ermite, instituteur de la vie monastique, né au village de Corne en Kgypie, l'an ^31. Ayant entendu ces mois de l'Iivangile : Si vous voulez être parfait, allez, vendez tout ce que vous avez, donnez-le aux pauvres, jiuis venez et me suivez, el vous aurez un trésor dans le ciel, il résolut de se retirer du nionde, il vendit ses biens, en donna le prix aux pauvres, et s'enfonça dans la solitude. L'esprit tentateur se présenta à lui sous dilïérentes formes, et l'aflligea de toutes les façons, pour l'engager à retourner dans le monde. Montesquieu croit que ce que l'histoire rapporte des si)ectres ellfr.iyants qui troublaient le repos du saint, doit s'entendre métaphoriquement des impressions du vice, cl des tentations (jui le suiv ireni dans le désert. Mais puisque l'Ecriture enseigne que , durant les ténèbres d'Egypte, les cs[irits infernaux augmentèrent la terreur des habitants par des illusions effroyables {Sap. xvii), rien n'empêche qu'on n'entende littéralement les spectres qui troublèrent la solitude d'Antoine. Les païens ont également reconnu, sans doute sur le témoignage des Livres maints, l'extrême variété des li^-ures hideuses dont le démon pouvait se revêtir. Il paraît que c'est cette persuasion qui a donné lieu à ces vers du \\° livre des Géorgiques :
Vaiiœ illudent ipecies nitiiie oni [eranim. l'ieleiiiin subito ms honidus, ulruqiie tiijris ,
Squainmusai,que draco el fiiU'a ceri'ic<' leivna
Omiiia hansfonniit sese iii muacula rerum : Jyiiemque, liorribilemque {erani, (luviumque tiqueiilem.
Antoine passa 20 ans dans des combats continuels qui lui meiilèrent le don des miracles. Une loulc de disciples vint s'nlïrirà lui. Il fut oblige de faire bâtir plusieurs monastères dans le désert; ce n'étaient que des bulles, des cabanes éparses. La prière, le chant des|isaumcs, la leciure, le lra\ail des mains, occupaient tout le temps de ces solitaires. Antoine souleiiail ses (lères par ses vertus et par ses leçons : il leur donnait l'exemple de la niorhlicalion et de Ihuniilité. Il ne M)rlil (]u.' deux fois de sa relra>ti' ; la première, pendant la persécution de Maxiuiiii, en 312, pour donner des secours aux
chrétiens qui versaient leur sang pour l'Evangile; et la seconde, en 355, à la prière de saint Allianase, afin de ilél'emlre la f'i contre les ariens, qui osaient publier qu'il suivait la ménie doctrine qu'eus. C'Histanlin lui écrivit plus d'une fuis, en le traitant de père, et en lui demandant comme une faveur quelques mots de réponse à sa tendresse filiale. A la première de ses lettres, le saint avait rassemblé les solitaires et leur avait dit, sans moulrer aucune sorte d'émotion : « Les maîtres du siècle nous ont écrit ; « mais qui'lle relation peul-il y avoir entre « eux el (les hommes qui, étrangers pour le « monde, en ignorent jus(iu*au langage? Si « vous admirez la condescendance d'un em- « pereui, fortné dépoussière aussi bien (|ue « nous, el qui doit pareillement retourner « en poussière, quel doit êire votre étoime- « iiient de ce que le Monarque éternel niMis « a tracé la loi de sa propre main, et nous « a parlé par son propre Fils ! » Cependant les frères lui ayant représcnié qu'un empereur si chrétien méritait les plus grands égards, el(|u'il pourrait se scandaliser d'un détachement dont il ne pénéirerait pas le motif, il ouvrit la lettre, el y fit réponse. Mais à la nouvelle des troubles el des périls de l'Eglise d'Alexandrie, il ne fallut pas le presser de solliciter en favtur du saint évêque Atli.Miase, si nécessaire à sou peuple et à tout l'Orient. Il écrivit avec zèle, el Constanliu lui répondit avec bonté el distinction. Ce patriarche des moines mourut , l'an 33G de Jésus-Christ, âgé de 103 ans. Nous avons de lai sept Lettres écrit' s en égyptien, traduites en grec el en latin ; mais il ne nous en resle que celle dernière version. Quelquesuns mêmes lui attribuent une Kèyle el des Sermiins. Ces différents ouvrages sont daiis la liibliothrque des Pcies. Saint Allianase, auquel il donna enmouianl son manteau el une de ses tuniques, eirivit sa Vie, qui a été Iraduile par Evagre. Son corps, ayant été découvert en 3(il , lut Iransléié avec beaucoup de solennité à Alexandrie. Les Sarrasins s'ét.nt emparé de l'Egypte , vers l'an O.o, on le porta à Coustaniinople. De celle ville il fut tr.insporle dans le diocèse de N ienne en Dauphiné, à la fin du x' siècle, ou au commencement du xi', vers l'an 1180. Un seigneur do celte province, noininé Josselin, auquel l'empereur de Conslanlinople en avait lait présent, le déposa dans l'eglise prior lie de la Motte-Saint-Didier, laquelle devin! dans la suile le chef-lieu de l'ordre de Saint-Antoine. Cet ordre, fonde par Albert de Ha»ière, comte de llain.uii, alin de laiie la guerre aux Turcs, a eie supprime el incorpoié à celui de .Mille, par deux bulles en date des 17 decemlirc 1770, et 7 mai 1777. Viii/. saint Pai l l'ei mile.
AMOINE , saint], dit de l'adoue, né à Lisbonne en 11!).'), d'une famille distinguée, prit l'habit de Saiiil-I'raiiçois, qui vivait encore. Le désir il obtenir la couronne du inarlyre le fil emliarquer pour l'Afrique ; mais un coup de vent l'iiyanl jeté en lialic. il s'a- J donna u la théologie cl à la prédication. Ses
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sermons eurent un succès prodigieux. Le pape Grégoire IX, qui y assista en 1227, en fut si frappé, qu'il appela Anioine IMrc/terfi* Testament, voulant dire qu'il était rempli et pénétré d'idées saintes. Ils sont, à la vérilé, pleins d'allégories et d'allusions mystiques, selon le goût du siècle, mais ils coniiennent d'escellenles leçons, et respirent la piété la plus vive. Antoine professa ensuite à Montpellier, à Toulouse, à Padoue , et mourut dans cette dernière ville en 1231, à l'âge de 33 ans. Grégoire IX le canonisa dès l'an 1232. Voici comment le pape s'exprime dans sa bulle datée de Spolèle : « Ayant vu les « preuves authentiques des miracles de cet « homme vénéral)le ; ayant de plus connu « parnous-même sa sainte vie, et ayant eu le « bonheur de converser avec lui ; après « avoir pris l'avis de nos frères et de tous « nos prélats assemblés avec nous, nous « l'avons mis au nombre des saints. » Il avait dit auparavant, dans la même huile : « Saint Antoine , qui présentement habite « dans le ciel, est honoré sur la terre par « plusieurs miracles que l'on voit tous les « jours s'opérer à son tombeau, et dont la « vérité nous a clé cerliûée par des pièces « dignes de foi. » Trente-deux ans après la mort du saint, on fit bâtir à P.idoue une église magnifique, dans laquelle ses reliques furent déposées. t)n trouva que toutes les chairs de son corps étaient consumées ; mais sa langue n'avait aucune marque de corruptiwi, et elle paraissait encore aussi vermeille que si ce serviteur de Dieu eût été vivant. S.iint Boiiavenlure alors général des franciscains, qui était à la cérémonie de la translation, la prit dans ses mains, la baisa respectueusement et dit en fondant en larmes : « O bienheureuse langue, qui ne cessez « de louer Dieu, et qui l'avez fait louer par « un nombre infini d'âmes 1 il parait pré- « sentenient combien vous êtes précieuse « devant celui qui vous avait formée pour « servir à une fonction si noble et si su- « blime. » Celte langue se garde dans l'église dont nous venons di? parler, et qui est celle des frauciscains conventuels de Padoue. On voit aussi dans la même église le mausolée du saint qui est d'un ouvrage Irès-fini et orné d'un bas-relief qui excite l'admiration de tous les connaisseurs. Ses sermons écrits en laun, ainsi que sa Concorde morale delà Bible, furent reimprimés à Venise en 1573, et à Paris en 16'+l, in-fol. Le P. Antoine Pagi a donné quelques autres sermins du même saint, écrits aussi en latin. Ils parurent à Avignon en ItiSi. {Voy. S. Antonii Padiani et S. Francisci Assisiatis opéra omiia, Pedeponti, 173S),2tomes in-fol.) L'édition que II' P. Jean de La Haye donna à i'aris en lti4-9, des ouvrages de saint François et de saint Antoine , n'est point complète. Le P. Wading publia à Home, en 162'i., les Sermons sur les saints, avec \'E rposition mys'.ique des Livres divins el la Concordance morale (le i licriliire. Yityez un trait éclatant de sa fermeté, article Kzzélino.
ANTOINE (donj, prieur de Crato, préten- DiGT. DE Biographie relig. I.
dant à la couronne de Portugal, eut pour père Louis, second Gis du roi Emmanuel, et pour mère Yolande de Gomez. Il servit de bonne heure, et fut pris par les Maures , à la bataille d'Alcaear-Quivir , en IbôS , où ii signala sa valeur. Un esclave lui ayant donné le moyen de recouvrer sa liberté, il vint faire valoir ses droits au trône de Portugal. Il prétendait que Louis, son père, avait épousé sa mère secrètement; mais le public ne le regardait que comme bâtard : d'ailleurs son père el ses descendants avaient été déclarés déchus du droit de succession, à la mort du cardinal Henri son oncle, appelé le Prêtre-Roi. Il revint à Lisbonne, où la populace ne laissa pas de le proclamer roi le 19 juin 1580. Philippe 11, héritier du Portug'il par sa mère Isabelle , leva une armée , qu'il confia au vieux duc d'Albe, vint se faire couronnera Lisbonne en 1380, et promit 80 mille ducats à f|ui lui livrerait don Antoine. Battu par le duc d'Albe, et abandonné de tout le monde, il implora le secours de la France. Ou lui donna 6,000 hommes, avec 60 petits vaisseaux, qui furent dissipés par une flotte espagnole. Don Antoine échappa aux [joursuites, passa sur un navire flamand, erra en Hollamle, en France, en Anglet rre, et revint à Paris, où il mourut en 1595, ù l'âjje (le 6i ans. Il céda ses prétendus droits à Henri IV. Mais ce prince ne fit jamais usage de ce legs, persuadé que les droits d'Antoine n'étaient pas fondés. On a imprimé une Paraphrase des Psaumes de la pénitence, du sérénissime prince don Antoine, roi de Porlui-al, pour demander à Dieu le pardon de ses péchés, avec des prières du même roi sur difl'érents sujets; le tout traduit en français par l'abbé de Bellegarde, 1718, in-16.
ANTOINE-NEBUISSKNSIS , ou de LE- BUIXA, ou Lebriji, naquit dans le bourg d'Andalousie qui porte ce nom, en l'i-4-5. Il professa pendant vingt ans dans l'université de Salamanque, et ensuite d.ins cellt-. d'Alcala, où il enseigna jusqu'à sa mort, arrivée en 1522. Le cardinal .\imencs, qui l'avait attiré dans celle dernière université, le fit travailler à l'édition de sa Polyglotte. Antoine publia plusieurs ouvrages sur l'histoire, les langues, les belles-lettres, les mathématiques, la jurisprudence, la médecine, la théologie, entre autres deux Décades de rUistoire de Ferdinand et Isabelle Grenade, 154.5, in-fol.; des Lexicons ou Dictionnaires de droit civil, de médecine, etc., Grenade, 15i5, in-fol. ; des Explications de l'Ecriture sainte dans les Cnlici sacri ; des Co»!men(rt(;es sur Virgile, Perse, Juvéual , l^Une ; aui' Rliétorique, lirée d'Aristote, de Cicéron et de Quintilien ; des Méthodes, pour apprendre le latin, le grec, l'hébreu: des P'ésies latines, publiées par Vivamo en 1^91. 11 mourut à Alcala de Henarès, le 11 juillet 1322 à 77 ans. C'était un homme aussi proloiulément érudit que modeste et verlueux. L'estime qu'en faisait le cardinal Xi/nenès est un sûr garant de son mérite.
ANTOINE (Paul-Gahriel) , théologien jésuite, vit le jour à Lunéville eu 1679, et
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mourut à Ponl-à-Moussoo en 1743, après y avoir professé avec distinclion la philosophie et la théologie. Nous avons de lui Theologia universa dogmatica, à Paris, 17V0, 7 vol. in-lâ, réimprimée à Mayenco par les soins du Père Offermann, qui l'a augmenlée et réduite à ;ine meilleure forme. Dans le 111= tome, on trouve une hoiine réfutation des erreurs de Fébroiiius. Theologia moralis universu, complectens umnia morum et prœeeptorum principia, à Paris, llhï, on ^ vol. in-12; Edilio nova, multo quam antea castigatius édita, cum commentalionibus , notis, etc., Avignon, 1818,6 vol. in-8'. La Morale du P. Aiiloiiie est plus estimée que sa Théologie dogmatique, quoique celle-ci ne soit pas sans mérite. Benoît XIV ordonna qu'on se servît de sa Morale dans le collège de la Propagande. U s'éloigne , dans la décision des cas de conscience, des opinions relâchées de quelques membres de sa société. Sa piété répondait à son savoir. 11 publia en outre plusieurs ouvrages de pieté, savoir : Lectures chrétiennes par forme de méditations sur les grandes vérités de la foi, le» exemples de Jésus Christ, etc., Nancy, 1736,2 vol. iii-8» ; nouv. édit., Besançon, 18-25, 2 vol. in-12 ; Méditations pour tous les jours de l'année, Nancy, 1737, 2 vol. in-S"; tes moyens d'acquérir la perfection, Nancy, 1738, in-16 ; Démonstration de la religion chrétienne et catholique, Nancy, 1739, in-12. Le P. Antoine fut iiussi l'éditeur des /»istructiom spirituelles du P. Gaussade, son confrère.
ANTOINE DE GENES (Antonius Genuensis), se distingua par l'étude de la philosophie et de la théologie dans l'académie de Naples. Benoît XIV estimait son savoir, et lui écrivit deux lettres, où il fait léloge de ses ouvrages. Ils sont écrits en latin, d'un style assez dur, et quelquefois obscur. Los principaux sont: Instilutiones theulogicœ, réimprimées à Cologne, 1778, 2 lomes réunis en 1 vol. in-i" ; Elementa artis logicocriticœ ; Elementa metaphysica, où le Père Storchcnau, savant professeur de Vienne , trouva matière à quelques solides critiques. Il est mort vers 1770.
ANTOINE (Anne-Nicolas-Charles Saol- NiKR DE Beaobegard, conou en religion sous le nom de Père), abbe de la Trappe, né a Joigny, au diocèse de Sens, le 20 août 1764', d'une famille aussi pieuse que distinguée , reçut dès l'âge de sei)t ans la tonsure ecclésiastique, et fut pourvu d'un petit bL-nélice, la chapelle de Notre-Dame de l'Immaculée- Conception, se trouvant ainsi coimne voué à la Mère du Sauveur. Après avoir terminé ses éludes littéraires dans sa ville natale, il lut nommé chanoine de la primatiale de Sens, à 14 ans. 11 alla achever ses études ei> tlésiasliques au séminaire de Sainl-l'irmin à Paris, il'où il sortit, en 1788, pour entrer dans la mai^oll de Navarre, illiisre compagnie qui rivalisait avec la Sorboune pour l,i science lhéologi<iue, cl y il lit su licence avec éclat. Keçu docteur on théologie, il voulut encore étudier le droit et les sciences natu-
relles : connaissances qui lui servirent dans la suite, pour delendro aus jours de la persécution les droits de ses enfants spirituels et pour cultiver avec succès dans la solitude toutes les plantes utiles. Ordonné prêtre le 11 avril 1789, dans la chapelle du palais épiscopal de Meaux, l'abbé Saulnier, n'échappa aux massacres de 1792 qu'en gagnant la Belgi(jue ; puis il entra comme précepteur dans une famille de nobles émigrés qui l'emmena à Londres. Cette famille était celle de M. de la Bourdonnaye de Blassai. L'abbé Saulnier habitait Londres depuis cinq mois à peine, lorsqu'il entendit parler des religieux de la Trappe établis à Lullworth. Il prit aussitôt la résolution d'entrer chez eux, et il reçut avec l'habit de novice le nom de frère Antoine. La vie des religieux était d'autant plus dure que le fondateur de leur couvent, M. Weld, n'avait pourvu qu'imparfaitement à leurs besoins, et ils ne soutenaient leur existence qu'au prix de travaux actifs et persévérants.
L'abbé Saulnier, malgré la faiblesse de sa santé, partagea toutes leurs privations ei leurs fatigues. Il prononça enfin ses vœux le 15 juin 1796, et fut chargé successivement de preïi|ue tous les emplois du monastère, conservant toujours la même activité et la même ferveur. Dans le cours de 1801, autorisé à donner de ses nouvelles à sa famille, qui craignait les suites que sa pieuse résolution pouvait avoir pour sa santé, il écrivit à son père : « Celte pénitence dont l'exlé- M rieur n'offre aux yeux du monde rien que « d'auslère et de rebutant, est dans le fond « remplie de consolation et de douceur : « Crucem vident, unclionem non vident. C'est « une orange dont l'écorce seule esl amère.» Après avoir été pendant quinze ans l'exemple de ses frères, il fut désigné par le R. P. Maur pour lui succéder, et en 1810, il devint supérieur. Trois ans après il fut béni solennellement par M. Poynter, évêque du district de Londres, comme premier abbé du monastère de Lullworth, qui n'avait été jusque-là qu'un simple prieuré. En 1813, dom Antoine eut à subir de rudes épreuves. Les calomnies d'un religieux (ransftige, accréditées par la jalousie des ministres anglicans, compromirent l'existence du monastère de l.ullworth : le P. .\uloine alla aussitôt trouver le premier ministre, et tandis i|ue celui-ci proclamail hautement l'innocence des religieuv calomniés, Dieu piTUiit que leur dénonciateur qui s'était embarqué mourût subitement en mer. Cependant le gouvernement anglais qui avait accueilli les trappistes émigrés prélendil qu'il n'avait pas enlendu perpétuer leur existence ; le P. -Vn loine dut s'engager à retourner en France, dès que la situation politique de ce royaume le lui permettrait Plus t.ird le gouvernement français envoya un navire de l'étal pour les prendre, el ils débarquèrent en France le 20 juillet 1817. l'ne ancienne abbaye située à dix lieues de Nantes, La Meillerave, reçut la sainte colonie qui y fut solennelle- I lent installée le 7 août. La nouvelle ab-
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baye prospéra promplemont : en 1817 elle ne comptait que 57 religieux ; douze ans après elle en avait 192, laiU français, qu'anglais, irlandais, écossais, e^paj;nols, piéraontais, suisses, belges, de. Les soins de l'habile supérieur se portèrent surtout sur l'agriculture, et les succès qu'il obtint déterminèrent le gouvernement à envojer 24 élèves à la Meilleraye pour s'y former aux meilleures pratiques de l'horliculture el de r.igricullure. Doin Antoine dirigeait tout par luimême, et les détails d'une si vasle ailininistralion qui auraient absorbé le temps d'un liomme ordinaire, ne l'empêcliaienl pas de vaquer à ses devoirs religieux, d'entretenir seul sa correspondance de chaque jour, et de recevoir les hôles les plus distingués qui venaient visiter l'abbaye. L'évêijue de Nantes l'honorait d'une estime toute particulière, el lorsque le duc de Berry fut tombé sous le poignard d'un assassin, c'est lui (jue ce prélat chargea de prononcer l'oraison funèbre du prince dans la cathédrale de Nantes. Cette Oraisyn funèbre a été imprimée. En 1827, le pape Léon Xll le nomma supérieur général de toutes les maisons de trappistes ; il visita en cette qualité tous les couvents de son ordre, el envoya un rapport au souverain pontife sur l'étal de chacun d'eux. En 1830, doai Antoine reçut un objet auquel sa piété attachait le plus gr;ind prix : c'était le manteau du vénérable l'ie V'I, que la révolution avait arraché de Rome et condamné à mourir dans l'exil. Une nouvelle révolution venait cependant troubler le repos de ces bons religieux ; ils se virent chassés de leur couvent, et un petit nombre seulement d'entre eux obtint la permission d'y rester. Aussi se voyant contrainis de renoncer à leurs travaux agricoles, ils durent louer les terres qu'ils avaient cultivées jusqu'alors. En iS'âï, dom Antoine se démit du titre de supérieur général des maisons de trappistes, mais en conservant celui d'abbé de La .eilleraye. Il s'appliqua à réparer autant qu'il le pouvait les malheurs qui avaient assailli sa maison, etileutle bonheur de pouvoir rappeler auprès de lui, après sept ans d'épreuve, plusieurs de ses frères dispersés en divers endroits de la France. C'esl le dimanche t> janvier 1839, que le P. Antoine termina presque subitement sa sainte carrière et alla recevoir de Dieu la récompense de tant d'années de vertus el d'édification. L'Oraison funèbre dont nous a\ons parlé dans cet article a été reproduite dans la Vie du R. P. D. Antoine, abhc de la Trappe de La Meilleraye , rédigée par deux de ses amis, Paris, 1840, in-8'', avec un portrait du saint abbé, et une vue de l'abbaye.
ANrON ( CoNRàn-GoTTLOB ) , littérateur, né à Lauhan, dans la Haute- Lusace, le 29 novembre 1745, fui nommé en 1775 professeur de morale à l'université de Wiltenberg, et échangea ce titre en 1780, contre celui de [)rofesseur de tangues orientales à la même université. 11 mourut à Wittenberg, le 4 juillet 1814, laissant divers ouvrages parmi lesquels nous citerons : Disserlutio de
métro Hebrœorum antiqtw, Leipzig , 1770, in-4° ; Traduction (allemande) du Cantique des cantiques, Leipzig, 1772, in-8' ; Traduction fidèle{en allemand) de poésies lujraï'/ues, grecques et latines, Leipzig, 1772, in-8°. Il donna aussi des éditions de Pétrone, Phèdre, etc.
ANTON (Charles-Gottlob), de la même famille que le précédent, né en 1751, à Laubau, se voua à la jurisprudence, et vint exercer la profession d'avocat à Goerlilz, eu 1774. ]1 devint en 1799 sénateur de cette ville où il mourut en 1818, laissant des manuscrits considérables, dont la société des sciences de la Haute-Lusace a fait l'acquisition en même temps que de sa biblio- Ihèque. Parmi ses nombreuses productions nous citerons : De data diplomatum requm et imperatorum Germaniœ , Leipzig, 1*774, in-8° , dissertation encore estimée ; Analogie des langues (en allemand), Leipzig, 1774. in-8° ; Mémoires diplomatiques pour l'hi-^toire et la jurisprudence d'Allemagne, Leipzig, 1777, gr. in-8' ; Essai d'une histoire de l'ordre des Templiers. Leipzig, 1779 ; nouv. édit.,
1781, in-8'' ; Recherches sur la doctrine secrète et sur les usages des Templiers, Dessau,
1782, rn-8° ; Sur les langues dans leur rapport avec l'histoire de l humctnité, Goerlilz, W.)^; Histoire de l'économie rurale en Allemagne depuis les plus anciens temps jusqu'à la fin du XV' siècle, Goerlilz, 1799-1802, 3 vol. Anton écrivit ausvi beaucoup dans les journaux el recueils scientifiques et littéraires. — Anton (Jean-Nicolas), né le 30 décembre 1737 à Schmiedeberg, dans le cercle électoral de Saxe, mort en 1814. eul le litre de maître de philosophie, el, depuis 1759, celui de diacre de sa ville natale. On cite de lui : Commentatio de pœdugogis veterum Romanornm , ad illustr, insignem Epistolœ Pauli ad Galatas locum, Wittenber;;, 1773, in-4''; Relation du premier jubilé célébré pour le formulaire d'idliance ((^oncordien Formel) de l'église luthérienne évangélique (en allem.^, ibid., 1775 , in-4'' ; Histoire du formulaire d'alliance de l'église luthérienne évangélique (en allem.) , Leipzig, 1779, 2 part, in-8'', etc.
ANÏONELLl (Nicolas-.Mahie), cardinal, né en 1C97 ou 1698, à Sinigaglia, dans le duché d'Urbin, se distingua par une rare et profonde érudition. H était surtout versé dans la connaisssance des langues orientales. Ayant embrassé l'étal ecclésiastique, il occupa à Kome différentes charges dans la prélature, et obtint la pourpre sous Clémenl XIII. Il succéda au cardinal Passionei, dans la charge de secrétaire des brefs, et mourut le 24 septembre 1767. Il a publié : une dissertation latine De Titalis quos sanclus Evaristus romanis presbyteris disiribuil, 1725, in-8'; Ragioni délia sede apostolica sopra il ducato di Parma e Piaccnzii, esposte asovrani e principi caltolici dcir Europa, 17Y2, 4 vol. in-4", impiioiés à Rame, sans nom d'auleur : Sancti Athanasii, arrtiiepifcopi Aiexandriœ, Interpretalio Psalmorum, Home, 1746, in-fol. ; Kf/us Missale romanum prœfationibus et notis illustratumf
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Rome, 1756, in-'i'° ; des Poésies italiennes.
ANTONELLI (Léonaud), rardinal, né à Sinigagiia, le 6 novembre 1730, élait neveu du cardinal Nicola-i. et fut un des membres les plus distingués du sacré collège dans ces derniers temps. Il défendit avec zèle et désintéressement les. jésuiles sous le pa[ie Clément XIV qui prononça , comme on sait, l'abolition de l'ordre. Après avoir rempli diverses charges à Uome, il fut fuit cardinal par Pie VI, le 2'i. avril 1775, puis évêque d'Oslie et de Vellétri, (iréfet de la congrégation de la Pr()|iagande, el membre de la congrégation d'Ktat. Lorsque la révolution de France vint susciter de nouveaux embarras à l'Eglise, Antonelli, jugeant qu'il fallait savoir se plier aus circonstances, et s'inspirer d'elles piiur déterminer s'il était plus utile d'adopier ou les voieà de l'insinuation ou celles de la fermeté, ouvrit, en 17'JI,au sacré collège , l'avis que les prêtres français fussent autorisés à préier serment à la constitution civile du clergé. 11 craignait que leur refus n'amenât une nouvelle persécution ; el il redoutait que l'eloigncmenl des prêtres et la cessaiion du culte pendant un temps qu'il était impossible de calculer ne fissent un tort irréparable à la religion en France. En 1707, le cardinal Antonelli devint doyen du sacré collège. 11 pos^édait toute la confiance de Pie Vil, el il l'accompagna dans le voyage qu'il fit à Paris en 180i. Lorsque les Français pénétrèrent à Rome eu 1808, il fut enlevé de celte ville, conduit à Spoletle, puis à Sinigaglia, où il mourut en 1811. Ce cardinal était savant, pieux, zélé et universellement estimé pour sa sagesse et ses lumières. On a de lui une Lettre aux évéques rf'//7o»(/e, rapportée dans une lettre pastorale du docteur Croy, archevêque de Dublin, et citée dans le Rapport du comité (itif/hils sur l\'l<il des catholiques cUins les dijférents roijaumes. On la trouve dans l'Ami de ta Religion et du Roi, n" 1.57, et elle démontre que ce prélat élait loin d'êire aussi intolérant que le supposent quelques biographes modernes , qui semblent ne lui avoir consacré un article que pour le calomnier, il avait, en 1783, remplacé le P. Pacciaudi à l'académie royale des inscriptions dans la classe des associés étrangers.
ANIONIANO (Sylvio), naquit à Ilorac, d'une famille pauvre, en 15'r0. Ses talents éclaièienl dès son enfance. Le duc de Ferrare, charmé de son es|irit, le lit élever avec soin par les plus habiles maîtres. A l'âge de dix ans, il s'accompagnait de la lyre et taisait des vers imiiromplu, i>ur tous les sujeis qu'on lui proposait. Un jour un cardinal lui dunna un buu(|uet, en le priant de le préscnlt-r à celui de la compagnu' qui serait pipe ; cl cet entant l'olTril au cardinal de IMedicis, avec un elogc au vers (ju'il débita snr-lc-ciiamp. Médicis, devenu souverain pontife, s'en souvint, et le Ut professeur de belles - lettres dans le collège Komain. Il fut ensuite secrétaire du sacre-collège sous Pie \' , el secrétaire des brefs sous Clément VIII, qui ré-
compensa son mérite par la pourpre , en 1598. Le travail abrégea ses jours, et il mourut 5 ans après, à I âge de 63 ans, reconi mandable par toules les verlus du sacerdoce, surtout par la chasteté qu'il conserva sans tache. Il nous reste de lui des Lettres, Commentaires , dc'i vers, des sermons, et un traité DeW Educazione Cristianu de' Fiijliuoli libri Ire; des disserlations />e ohscuritate salis in morte Christi ; De prtmutu Pétri; De successione apostolorum, etc.
ANTONIANCS (Jean), dominicain de Nimègue, mort en 1588, élait versé dans les écrits des Pères de l'Eglise, et on a de lui quelques éditions de leurs ouvrages les moins connus. Voici celles (|ue lui attribue Harzheiua, Bibl. colon., p. 139 : Liber b. Gregorii Ep. ISysseni De creatione liominis , Suppteinentum IJejcniiieri Rasitii Magni, interprète Dionijsio Romuno exiyuo, nanc primuin typis excusas, Cologne, 1537, in-fol.; Z>. Paulini Nolani qnolquot exstunt opfra vmnia, JJ.Grœvii atudio resiitutael ilL, Cologne, 13G0, in-8°; Eptslalurum D. IJteronijmi Decas 1. ah Henric. Grœvio priore quundum suo recensita el itlustrala, Anvers , 1368, in-S"; Jœcher lui attribue encore l'é- (lilion de Gregorii Nysseni lib. de philosopldd, cl myslica niosnicœ vilce narratio, du menie; Bastlii magni Tr. de differmlia ustœ et fiypostasis; Gregorii Nazianz., or. in laudein Gregorii Nysseni, e[ un sermon du même, De moderundts nisputationibas.
AiNTONlDES iNEltDE.NUS (Henri), appelé aussi Henri Anlonius Van der Linden, né eu lo4-6, à Naerden près d'Amsterdam, lut contraint, jeune encore, de quitter sa patrie, par suite des persécutions du duc d'Albe, après avoir vu périr son père dans le massacre de Naerden. Il mourut en IGOi, laissant un ouvrage intitulé Systema theologiœ, qui fut iuiprimé à Franeker, 1613, in-l'*, et Initia acudemiœ Franekercnsis, ibid., 1613, in-V .
ANTONIDE!? (Théodore), théologien hollandais du commencement du xviii siècle, est auteur de commentaires en langue hollandaise sur les Epîires de saint Jacques, de saint Pierre et de saint Jude, el sur le livio de Job. Il était partisan d(- l'interprétation mistiquc. Voy. W n\cii , Bibliolli. Iheoloy,, tom. IV, p. k^l, 7'*3 et 753.
ANTONIN (saint), né à Florence en 1389, dominicain, el ensuite archevêque de Florence, se distingua par sa piete et par son savoir. Eugène IV, (|iii l'avait placé sur ce .siège, à la prière des Flori'iitins, n'eut pas à s'en repentir. Anlonin devenu etéque malgré lui eut toules les verlus de son nouvel étal, el conserva, sous la mitre, toute l'austérilè du cloilre. Ses diocésains étaient ses entants; il se piivait de tout |iour fournir à leurs besoins. La peste <t la famine, (pii désolèrent sucre8si\emeiit .son diocèse, lui donnèrent occasion de signaler son courage cl sa charité. Il disait « que les revenus ccclé- « siastiques éiaient le patrimoine des paui< vres, cl n'étaient pas faits pour entrcleiiir x le luxe cl la mollesse des prélats. » Il