ANN
des Iiérésies de Viilenliii et de Mnrcion. Il nioiîiul l'an 1(58, durant Ir. persécution de M;irc-Aurè.le. S'il ne rénandil pas son sani? pour la foi, il fut au moins exposé à beaucoup de danfrers et de souffrances; ce qui l'a lail qualifier di- ?nfî»7(/r. 11 c-t nommé avec ce lilre dans divers martyrologes, et surtout dans le romain.
ANIEN, diacre de Célède , ville d'Italie, dont ou a, depuis lon;.'lemps,perdujusqu'aux veslines, vivait à la même époque que saint Jérôme et saint Augustin, et fut attaché à l'hérésiarque Pelage , en faveur do qui il composa une défense contre les Dialogues de saint Jérôme. Il Iraihiisit aussi en latin, dans le même but, les Homéli'S de saint Chrysostôme sur saint Matthieu : ordinairement on ne lui attriiiue que la traduction des huit premières; mais Richard Simon pense que celle des suivantes est également de lui. Anien, dans son épître dédicatoire à Oronce, évoque pélagien , affecte de confondre la doctrine de saint Augustin sur la grâce et la prédestination ..vee celle des manichéens. On a encore de lui la traduction des sept homélies de saint Chrysostome à la louange de saint Paul , qu'il déilia à Evangélus , évêque de sa secte, et où il laisse percer sa haine contre saint Augustin, Huit fait grand cas d'Anien, à ne le considérer que comme traducteur, et Casaubon l'appelle un trôséléf;ant inlerprèie. Les bénédiitins , dans leur édition des œuvres desainlChrysostome, se sont servis de sa traducion.
ANISS )N (l,AiiRE.\T), imprimeur à Ljon et échcvin en KÎTO, fut le premier do son nom qui se distingua dau' l'imiirimcrie. Nous avons cru devoir le mentionner dans ce Uiclionuaire , parce que c'est de ses presses iiu'est sortie la grande Bibliothèque des Pères, imprimée s lUs le titre : iiibliothecn miiximd vdcium Patrum el antiquorum Scriptonim, Lyon, 1(577, 27 vol. in-fol., et dont l"liili|)pe Dospont fut l'éditeur. On joint à cette collection : Appnrntua nd Bibliothecam nKtxinmm Patrum , de Nicolas Le Nourry, Paris, 1703-1715, 2 vol. in fol.; et VIndcx Sibliuth. max. Patrum, do Simon de Sainte- Croix, ("lénes, 1707, in-ld. — Les fils et petits-fils de Laurent Anisson furent successivementdirecteurs de l'imprimerie royale à P. iris.
ANNAT (François , né à Rodez, en 1607, jésuite , professeur de philosophii; et de théologie dans son ordre pendant treize ans à Toulouse, assistant du général, ensuite provincial, fut fait confesseur de Louis XIV en ICo't. Sou vrai nom était Canauo, cju'il latini.sa. iNt)us avons de lui plusieurs ouvrages en latin, Paris, IGGG, 3 vol. in-'i", et d'autres en français, contre les nouveaux disciples de saint Augustin. Dans le nombre, on distingue ses Ulmei rations sur le miracle i/u'on dit l'Ire arrivé ."' Port-Koijal. Les écrivains jansénistes ont prouvé, par les vains cflorts (ju'ils ont l.iits pour réfuter ses ouvrages , le cas que l'on doit faire de ses talents. Pascal lui a adresse ses deux dernières provinciales. Annal mourut à Paris en
1G70. Il avait perdu sa place do confesseur dans les commencements de l'inclination de Louis XIV pour la duchesse de 'a A'allièrc. Des représentations qu'un conlésseur ne peut se ili>-penser de faire en pareille occasion, déplurent à ce prince, quoique en général très-docile aux leçons de Li religion, et le père Annat fut renvoyé. — H y a encore un Pierre Annat, supérieur de la congrégation de la doctrine cliréiienne, dont on a Apparatus ad pnsiiivam llteolor/inm melhndicus , Paris, 1705, 2 vol. \n-k°, mis à l'index le 12 septembre 171'i.
ANNR, femme d'Elcana. Dieu louché de ses prières, lui ayant promis qu'elle serait mère , elle accoucha de Samuel l'année d'après, environ 1155 avant J.-C. Anne signala sa reconnaissance par un cantique d'actions de grâces, plein d'idées sublimes et niagnifi(iues de la Divinité, île sa providence, el de sa terrible et admirable justice. En voici quelques traits : « C'est le Seigneur qui ôte et qui donne la vie; il conduit au tombeau cl il en relire; c'est le Seigneur qui ôte et ([ni donne les ricliiesses ; il abaisse et il élève qui il lui plaît. Il tire l'indigent de la poussière, et le pauvre de dessus le fumier, pour le mettre au rang des princes, elle faire briller sur le trône; car c'est le Seigneur qui a fait les fondemenis de la terre, c'est lui qui a su y poser le monde. 11 soutiendra touj urs les justes dans leur démarche, tandis que les impies, ab.indonnés de lui, seront obligés de se cacher el de di-meurer dans le silence ; car l'homme laissé à ses propres forces ne sera jamais que faiblesse. Le Seigneur répand la terreur sur ses ennemis ; du haut du ciel il fera «ronder la foudre sur eux. >) Ouand on réfléchit que c'est une femme qui a dit tout cela dans un cantique (juc toutes les iraducliofis dégradent; sept ,^ huit siècles avant que les sages de la Grèce aient balbutié quelques sentences éparses sur ces grandes vérités, peut-on ne pas avoir pitié de la philosophie profane , et de ces fastueux pédagogues, qui à peine auraient compris quelque chose aux leçons de la bonne Anne? Yoij. Dkbora, .Marie, mère de Jésus,
ANNK, femme du vieux Tobic, mourut après son mari dans une heureuse vieillesse, el fut ensevelie dans le même tombeau.
ANNK (sainte), épouse de Joarhim,cl mère de la sainte \'ier(;e. Saint ICpiphane est le premier Père de l'Iîulise qui nous ait apfiris son nom. Les Pères des trois premiers siècles n'en parlent dans aucun endroit de leurs ouvrages. Saint Jean-Damascène a fait de grands éloges de ses vertus. L'empereur Jiistinien \" fil bâtir à Conslanlinople une église sous l'invocaiion de sainte Anne, vers l'an •')'■)(); on lit dans Codiiuis i|uo l'empereur Ju>>linien 11 en fomla UU'' autre en 70.'>. Le corps de la sainte fut apporté, dit-on, de la Palestine à Conslantinoplo en 7'il); et c'esl depuis ce lemps-là que plusieurs églises d'Occident se vanlent d'avoir (jnelques porli.iis lie ses reliques.
ANNE , la proplictcsse, fille de PhanucI,