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Ordonné prêtre, il fut d'abora employé dans la nouvelle et importante mission de Drummond, puis fut attaché successivement aux paroisses de la Petite-Nation, de Sainte-Martine, rie Sainte-Madeleine de la Prairie, et partout il flt admirer son zèle et sa charité. Power n'avait 'pas encore achevé la belle église dont il dota la paroisse de la Prairie, lorsqu'il reçut du saint-siége les bulles qui le nommaient" premier évèque du diocèse de Toronto, dans le Haut -Canada. C'est le 21 mai I8i2 qu'il reçut la consécration épiscopaledans la nouvelle église de la Prairie. Le nouveau prélat, placé à la tète d'un diocèse oîi tout était pour ainsi dire à créer, ne vil dans sa dignité que le molif de redoubler de zèle. Il fait venir des jésuites à qui il conile le soin des Canadiens français, de la population allemande, des tribus indiennes, bâtit une résidence épiscopale, commence la construction d'une magnifique cathédrale en style gothique, se rend eu Europe pour y recruter dos collaborateurs et appeler sur son laborieux apostolat les bénéelictions du Père commun des pasteurs et des fidèles. Pie IX l'accueillit avec distinction. A peine le prélat fut-il de retour dans son diocèse, qu'on le vit se dévouer auprès des nombreux émigrés irlandais que le typhus moissonnait chaque jour; il succomba victime de sa charité, le 1" octobre 18i7, âgé seulement de 13 ans.
POVET (François), docteur de Sorbonne, de l'ordre de Saint-Dominique, naquit à Angers vers le commencement du xvi" siècle. Il était prieur d'Angoulôme, lorsque l'amiral de CoUgni s'empara de cette ville. Les hérétiques n'ayant pu l'entraîner dans leur parti, le mirent en prison avec Jean Chauveau, âgé de 70 ans, qui y mourut mangé des vers. Ensuite ayant tAché de vaincre le P. Poyet dans la dispute et jiar des conférences réitérées , ils n'en remportèrent que la confusion. Ils le tirèrent de prison, le promenèrent ]iar la vdle, en lui faisant déchirer le dos et la poitrine avec des tenailles ardentes, l'habillèrent ensuite de haillons en forme de chasuble, lui mirent des brides au cou et aux bras en forme d'étole et de manipule, et le précipitèrent dans la Charente, où ils achevèrent de le tuer ii coups de fusil. ■Tels furent les exploits qu'exerça sur une intinité de gens de bien, surtout sur les ministres du Seigneur, une secte qui a joué un ' si grand rôle d.uis la révolution sanglante qui avait détruit la religion en France. \ POYNÏER (Guillaume), vicaire apostoîliquede Londres, né à PétersUeld, dans le comté de Hamp, en Angleterre, fut élevé au collège anglais de Douai, oh il devint professeur de philosophie et directeur des études. Au commencement de la révolution, il fut détenu pendant plus d'une année dans le château de DouUens, avec plusieurs de ses compatriotes. Il passa ensuite en Angleterre, oiî ses talents, sa piété, ses prédications lui concilièrent l'estime publique , et il fut appelé à diriger l'éducation des jeunes catholiques au collège d'Edmond, dans le comté de Hertfort. En 1803, M. Douglas, évèque et
vicaire apostolique du district de Londres, le demanda pour coadjuteur, et Pojnter fut sacré cette même année évèque d'Halie in partibus. M. Douglas mourut en 1812. Dans le cours de son administration, il eut plusieurs contestations , soit politiques , soit théologiques, dans lesquelles il se conduisit toujours avec une prudente réserve et une sage modération. Son zèle éclairé, sa capacité pour les atîaires, ses grandes connaissances, ses talents pour la controverse, lui donnèrent une grande influence sur les catholiques de son pays. Depuis la restauration, il vint à plusieurs reprises en France, pour réclamer la restitution des biens qui appartenaient à sa mission; il échoua dans ses efforts par une déplorable fatalité. En 1815, Poynter fit un voyage à Rome, pour l'intérêt des catholiques anglais : partout il se fit estimer par ses talents et sa sagesse. Ce prélat est mort le 26 novembre 1827. dans un Age peu avancé. Il a composé plusieurs ouvrages théologiques, dont un des plus remarcpiablesest intitulé : le CIn-istianistne, ou Prrni'i's et caractères (le lareliç/ion chre'ticnne, traduit par M. Taillefer, inspecteur de l'académie de Paris, 1828, 1 vol. in-i2, et dans le 13" tome de la collect. des Démonstr. évangélU/ues, publiée par JI. Migne, 18 vol. in-4-°, 1813-1849. Ses instructions ont contribué à faire rentrer dans le sein de l'Eglise catholique un assez grand nombre de protestants.
POZA (le P. Jean-Baptiste), jésuite , natif d'Orduna, dans la Biscaye, était fils d'André de Poza qui se distingua comme philologue espagnol dans le xvi'= siècle. Le P. Jean-Baptiste Poza se fit aussi une grande réputation de théologien. En 1612 , il fut nommé professeur de philosophie au collège de Madrid, et en 162G, il publia un traité de la Conce|)tion sous ce titre : Elucidarium B. Mariœ Virginis, Alcala , in-folio. L'ouvrage fut dénoncé à la congrégation de l'Index qui le supprima ; l'auteur adressa au pape Urbain VIII une Lettre dans laquelle il se soumettait , en protestant de son innocence. Ses supérieurs l'envoyèrent à Cuença, au Pérou, et il y mourut en 1660.
POZZO (Charles-Antoine del), né à Turin, le 30 novembre loV7, fit ses études et reçut le doctorat à Bologne, et fut sacré archiévèque de Pise en 1382. Son administration épiscopale fut surtout signalée par des actes de charité et par diverses fondations. Del Pozzo mourut en 1607 , au moment où le pape Paul V l'avait désigné pour le cardinalat. L'historien Ughelli cite de lui : Tractatus de potestate principis, dont le manuscrit est conservé dans la bibliothèque Laurenticnne de Florence ; Tractatus de Feudis in tredeciin libros, dans les archives de Pise ; De coinmunibus jurisconsultorum opinionibus, dans les archives du prince de la Cisterna, neveu du prélat. Aucune de ces productions n'a vu le jour.
POZZO (Ferdinand, comte dal), homme d'état et publicisle, d'une famille diflerento de celle des del Pozzo , naquit le 23 mars 1768 à Moucalvo , ea Piémont. De bonne
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heure il se Qt connaître par des poésies, et h ncine é(;iit-il reçu i)achelier en droit que l'acailéiuio (Irr/li Immobili d'Alexandrie et l'aradéniie des Arcades de Rome se l'agrégèrent. Ma!,^ré ces succès , Ferdinand Fozzo qui, étant le i)lus jeune de neuf enfants, n'avait que lieu de chose à espérer dans la succession ijaternclle , s'adonna à l'étude du droit ; en 1788, il fut reçu docteur, et il reuiplit ensuite avec dislinction divers emplois dans la magistrature. Lorsque le Piémont tomba sous la domination française, Po/zo fut nommé chef du 2' bureau de législation auprès du gouvernement provisoire. C'était dans ce l)ureau que s'élaboraient les nouvelles lois civiles et criminelles. Il était chargé de la correspondance avec les ministres et les généraux français, et il fut appelé à faire jiartie de la chambre civile du sénat. La question de savoir si la réunion du Piémont il la France était ou non avantageuse ayant été agitée, dal Poz'.o émit l'avis qu'il valait mieux pour son pays qu'il fit partie d'une grande nation que d'avoir un fantôme de gouverneuient et une ombre d'indéjtendance. En 1801, Bonaparte le nomma preuiier substitut du commissaire du gouvernement près du tribunal d'appel de Turin, et, deux, ans après, il fut envoyé au corps législatif, où il se signala par sa profonde connaissance du droit romain. Il fut appelé aux fonctions de maître des requêtes au conseil d'Etat, fut fait, en 1809, premier président de la cour impériale eie Gênes, ]iuis chevalier de l'ordre de laLégion-d'Honneur, baron de l'empire, enfin membre du gouvernement extraordinaire à Rome. Dal Pozzo montra constamment tant do |irudence et de sagesse , qu'après la chute de l'empereur, le pape Pie VH crut devoir louer sa conduite. Le souverain pontife retira à son égard les censures que l'Eglise avait prononcées contre tous les membres du gouvernement provisoire de Rome, et il chargea le cardinal Consaivi de lui témoigner son estime particulière. Après les événements de ISli , dal Pozzo essaya d'obtenir du monarque le maintien des institutions fiançaises ; mais, malgré la déférence (|ue l(! prince témoignait pour son mérite, elles furent supprimées. Dal Pozzo s'étant lixé à Turin, se lit inscrire sur le tableau des «vocats, et publia son ouvi'age : Opuscoli d'un nvvocato milancse, orifiinariopiemontese, Milan, G vol. in-8°, qui fadiit être poursuivi h cause de l'indépendance des Ojinions que l'auteur y prof-ssait. Dal Pozzo accepta un portefeuille lors de l'établissement du gouvernement niiuveau (jui eut lieu à la suite de la rc'volution de 1821 ; mais le régime constitutionnel ne dura que trente jours, et dal Pozzo dut s(! réfugier à Genève , |)uis ;i Londres. Parmi les ouvrages qu'il publia à cette époque, nous citerons :0« (lie alien OUI (Observations sur la loi des élran;Aers), en anglais, l.ondres,,182.V , in-8% et Calhulkism in Auslria, or an cpitome of the Austrian eccksiastiral law , tcitli a dissertation iipon tlie rights and duties of the English (jovernment, 1827, in-K', qui l'ut traduit en fiançais,
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sous ce titre : Le Catholicisme en Autriche, etc., Bruxelles , 1829, in-8". « Cet ouvrage était « d'une grande actualité, dit un biographe, « puisqu'on discutait à cette époque la ques- « tion de rémanci|)ation des eatlinliques. Il « icçut Ijeaucoup d'éloges, et le duc de Wel- « liiigton lui-même en parla avec faveur en K jilein parlement. De cet exposé du droit « ecclésiastique auirichien, l'auteur faisait « ressortir les droits et les devoirs du gou- « vernement anglais envers les catholiques « d'Irlande. » L'auteur développa encore ses théories dans un ouvrage intitulé : De la nécessité très-urgente de soumettre le catholicisme romain, en Irlande , à des règlements ciiils spéciaux, Londres, 1829, in-8". Il di;vait y avoir une deuxième partiequi n'a point paru, la question catholique ayant été résolue en Angleterre dans un sens différent des idées de dal Pozzo. 11 publia encore d'autres ouvrages de politique et de jurisprudenreenirelesquels nous mentionnerons: Du bonheur que les Italiens peuvent et doivent se procurer du gouvernement autrichien, Pai'is , 1833, in-8°, en italien. L'auteur s'y montie partisan de l'Autriche, et engage les Italiens à se réunir sous la protection de cette puissance. Ce livre lui attira des dés;igréments de la part de ses compatriotes. Dal Pozzo rentra en Piémont en 1837, et il mourut à Turin le 29 décembre 184.3.
PRADAL (le P. Jea?)-Baptiste), religieux cajiucin de la province de Guyenne, llorissait dans la seconde moitié du xviii" siècle, et se lit entendre dans les premières chaires du royaume. 11 dit lui-môme, dans une préface, qu'il prêcha 28 carêmes dans les différentes provinces de la France. Le P. Pradal est ])rincipaleinent connu par un recueil de sermons, intitulé Carême, qui fut publié à Paris, en 1779, 3 vol. in-12. Le troisième tome se termine par un Panégyrique de saint Jean-Baptiste, un autre de saint Louis, et un Discours sur une vcture.
PUADliS (Jean-Martin de), prêtre, bachelier deSorboune, né vers 1720 à Castel-Sarrasin, dans le diocèse de Montauban, fit ses premières études en province, passa de \h à Paris, et demeura dans plusieurs séminaires, entre autres dans celui de Saint-Sulpice. Ses progrès dans la t'iéologiene furent pas brillants ; mais il sut se tirer de la foule et se tiiire une réputation par une thèse qu'il soutint en 1751 , et qui fut approuvée par le syndic de la sacrée faculté, qui sans doute ne l'avait pas lue. Tous les gens de bien réclamèrent contre ce premier essai public de la [iliilosojihie irréligieuse. Elle contenait les propositions les jdus fausses sur l'essence de l'Aine, sur Içs notions du bien et du mal, sur l'origine de la société, sur la loi naturelle et la religion révélée, sur les marques de la véritable religi.m , sur la certitude des faits historiques , sur la chronologie et l'économie des lois de Moise , sur la force des miracles pour prouver la révélation divine, sur le respect dû aux saints Pères. Mais ce qui indignait surtout, c'était le par^illèle imiiie des guéiisons d'Esculape
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et des guérisons miraculeuses de Jésus- Christ. Le parlement de Paris sévit contre cette production grossière et dégoûtante. La Sorbonne l'imita, et publia une censure le 27 janv'er 1752. La thèse fut également condamnée par rar( hevôque de Paris et ))ar Benoit XIV. De Prades, craignant (jiie Ton ne s'en tînt pas à la condamnation de son livre, se retira à Berlin, et eut quelque temps après un canonicat de Breslaw. Alors il publiaune Apologie, et fut aidé dans son travail par Diderot, qui lui avait prêté la main pour sa thèse, en reconnaissance des articles que l'abbé avait fournis à l'Encyclopédie. Dans cette Apologie, de Prades se répandit en invectives contre ses censeurs, et les accabla d'injures; mais dès que sa bile fut soulagée, il rougit de ses excès, et songea à se réconcilier avec l'Eglise. L'évèque de Breslaw fut le principal moteur dont se servit la Providence pour ménager cette réconciliâlinn. 11 rendit compte à Benoît XIV des dispositions de de Prades ; et cet aiibé signa une rétraclation solennelle, le 6 avril t73V, <iij il dit , entre autres choses, « qu'il n'avait pas M assez d'une vie pour pleurer sa conduite « passée et pour remercier le Seigneur de la « grâce qu'il lui accordait. » 11 en envoya des exemplaires au pape, à l'i-vèque de Monfauban et à la faculté de Paris. Benoit XIV obtint de la Sorbonne qu'il fût rétabli dans ses degrés. 11 fut fait ensuite archidiacre d'Opel len, et mourut à Glogau, en 1782, après avoir été renfei mé quelque temps au château de Magdebourg, pour des indiscrétions et des correspondances suspectes. 11 élait véritablement entré dans une conspiration, non contre le roi de Prusse, mais contre la monarchie prussienne, en faveur de la France, avec laquelle il voulait se réconcilier atout prix. Frédériclui pardonna, pour ne pas paraître inconséquent , après avoir reçu l'abbé de Prades, couvert du manteau d'une |)hilosophie qui n'a jamais empêché les gens de conspirer au besoin contre l'ordre public. — Feller observe qu'il a donné quelque étendue à cet article, parce que la Thèse de cette abbé fait éjioque dans la révolulion arrivée dans le xvia' siècle à l'égard de la religion. Auparavant, dit-il, on ne l'attaquait qu'en se couvrant du manteau de l'anonyme, par des moyens obscurs, par de petites brochures clandestines : la Thèse lut le premier signal d'une attaque ouverte. Depuis ce temps, l'impiété, suus le masque de la philosophie, a marché tète levée, et ses partisans n'ont point rougi de mettre leurs noms à la tête des productions les plus infâmes, et de signer leur honte avec leurs blasphèmes. Entre les écrits que l'on a publiés contre l'alibé do Prades, on distingue celui du P. Brotier, le célèbre commentateur de Tacite, intitulé : Examen de l'Apologie (le l'abbé de Prades, avec cette épigra- [)!ie : Bis peccat qui crimen negat, 1753.
PKADO (JÉROMEj, jésuite espagnol, natif de Baëça, enseigna la philosophie a Cordoue avec un. succès peu commun. 11 finit ses jouis à Rome en 1595, à 48 ans. Il s'était
rendu dans cette ville pour y faire imprimer ses Comiuentaires sur l'Ecriture sainte, jl travailla pen lant seize ans avec le P. Villalpaiide, autre jésuite, par ordre de Philippe II, roi d'Espagne, à expliquer les vingt-six premiers et les trois derniers chapitres d'Ezéchiel qui concernent le temple. Leur production est imprimée en trois vol. in-folio, Rome, 1596. C'est un des livres les plus profondément gavants qu'on ait faits sur les prophètes. On en estime surtout la description du temple et de la ville de Jérusalem : cette matièi e s'y trouve épuisée. Les figures sont un des mérites de cet ouvrage. On a encore de Prado des Commentaires sur les prophètes Isaie, Michée, Zacharie, sur les Epîtres de saint Paul aux Galates, aux Eohésiens , aux Colossiens et aux Hébreux.
PRADO-VENTURA. Voy. Ventlra.
PRADT (Dominique Dlfolr de), ancien aichevêque de AJalines, était né à Allanches en Auvergne, le 23 avril 1759. Son père appartenait à cette haute bourgeoisie des provinces à laquelle les familles nobles s'alliaient sans peine. Après avoir term;né ses études ecclésiastiques, il prit le grade de docteur en 1786. Le c :r iinal de La Rochefoucauld, archevêque de Rouen, le nomma son grand-vicaire, et lui donna l'archidiaconé du Grand-Caux, qui élait une dignité de sa cathédrale, et en même temps un riche bénéfice. Elu député aux états généraux par le clergé de Normandie, il tmt dans cette assemblée une conduite digne à la fois de son caractère et de sa mission. Il défendit avec courage les principes religieux et monarchiques, et signa toutes les protestations du côté droit contre les mesures qui dépouillaient la religion, la ro} auté et la nation de leurs antiques droits. Après la dissolution de l'assemblée, l'abbé de Pradl sortit de France avec le cardinal de La Rochefoucauld. 11 résida longtemps à Munster, et débuta bientôt dans la carrière politique en publiant un écrit remarquable , intitulé : U Antidote au congrès de Hastadt. Cet écrit fut bientôt suivi d'un autre qui avait pour titre : La Prusse et sa neutralité. Ces deux ouvrages, où se révélait un talent élevé et une grande érudition , étaient dirigés contre la révolution, l'usurpation et l'esprit de conquête, et leur apparition produisit une grande sensation. Le cardinal de La Rochefoucauld étant mort à Munster, en 1799, et l'état de la France étant devenu plus calme, l'abbé de Pradt y rentra et fut présenté à Bonaparte par le général Duroc, qui était son |)arent. L'esprit sémillant de l'abbé plut h Napoléon, qui le lit son aumônier et le nomma à l'évêclié de Poitiers. Pie Vil le préconisa pour ce siège dans le consistoire qu'il tint le 1" féviicr 1803, à l'arclievêché de Paris, et le consacra le lendemain dans l'église de Saint- Sulpice. En sa qualité d'aumônier, l'abbé de Pradt accompagna la même année Napoléon à Milan, où il oOicia pour la cérémonie du couroiinemLnt de l'empereur comme roi d'Italie, li le suivit encore à Bayonne en 1808, et parut prendre quelque part aux négocia-
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lions qui nmonèrent la cliute des Bourbons en Espagni". Noman'', en 1809, h l'arehcvèclié de Malines, un dotant de forme dans i'expédilion des l>ulles motiva une op])Osilion du chapitro de cette ville, qui refusa de le reconnaître. Contrarié de la position fausse et désagréable où il se trouvait, le nouveau jjrélat restait le moins qu'il pouvait dans son diocèse, et faisait de fréquents voyages h Paris. II fut du nombre des dix-ijeuf évoques qui écrivirent à Pie VII, le 25 mars 1«10, pour les dispenses de mariage que demandait Napoléon. En 1811, il fit partie de la seconde commission formée pour préparer les objets du concile, et il fut aussi nquuné par Tempereur membre delà seconde dé[>utation envoyée à Savone, au mois d'août de la même année. Dans son livre Des ijualrcconcordats, l'abbé de Pradt a exjiosé, avec de grands développements, tous les détails de cette all'aire. Peu après le retour de Savone, Bonaparte, mécontent de son oncle, le cardinal Fesch, le renvoya dans son diocèse, et chargea l'abbé de Pradt de remplir les fonctions de grand-aumônier. Vers le même temps, il parut dans quelques chaires de la cajiilale ; mais il n'y tit que peu d'effet, et il comprit qu'il devait renoncer à cette carrière. Nommé, en 1812, ambassadeur à Varsovie, il arriva dans cette ville au mois de juin, et ouvrit la diète polonaise par un discours qui ne satisfit personne. Ce fut dans ce poste, qui lui permettait de voir de près les événements et d'entrer en relation avec les hommes les plus distingués de la Pologne, que ses illusions se dissipèrent à l'égard de l'empire, et qu'il se jeta dans une véritable o|iposition à un système près de crouler , mais encore plein de force. Cette circonstance de sa carrière politique donna lieu, plus tard, à la publication du célèbre écrit ayant pour titre : Ambassade de Varsovie, ouvrage étincelant d'esprit et de saillies, où il passa en revue la plupart des personnages de l'empire , avec une verve satirique à laquelle la malignité publique s'empressa d'applaudir (1). Cet ouvrage a eu huit éditions. S'il faut en croire l'auteur, il n'avait accepté ce poste qu'avec la i)lus grande répugnance, et il avait fait tous ses ell'orts pour obtenir de ne point partir. Quoi qu'il eu soit, l'empereur ne tarda pas à se repentir de son choix. « J'ai fait deux « fautes eu Pologne, disait-il, d'y envoyer «un prêtre et do ne pas m'en faire roi. » Une disgrAce com[)lète suivit la conférence que l'archevêque de Malines eut avec le monarque. La grande aumùnerie lui fut retirée, et il reçut ordre de quitter Paris. De retour dans son diocèse, où l'avait relégué Napoléon, il profila de l'entrée des alliés
(1) Le passage suivant liié do tôt ooiil, donnera une idée de la nianicro doiii l!on:ij);irlo y o.sl traité : « Le génie ih: Napoléon l'ait à la lois (xinr la scène « du monde et pour les tréteaux, roprésontait iin
< nianlcaii iiiyal jdint à nn lialiit d'arlequin. Le dieu « Mars n'était pins (praiie espéee de Jupiter-Seapin, « lit qu'il n'en avait pas encore paru sur la seène
< du inonde. >
))our revenir en France, et il se trouvait à Paris au moment de la chute du'trône impérial. Il se joignit alors aux royalistes qui regardaient le retour des Bourbons comme le seul moyen de sauver la France eu proie à l'invasion ; et il afiirme qu'il eut une grande part à la restauration. Dans son écrit intitulé : Récit historique sur la restauration de la royauté en France, le 31 mars 1814, il se vante lui-même que ce fut par ses avis que les souverains alliés se déterminèrent à rompre entièrement avec Napoléon et sa dynastie, et à rétablir les Bourbons, et que l'empereur de Russie fit à l'instant publier la fameuse déclaration oii étaient annoncés les grands événements qui changeaient la face de la France. Quoi qu'il en soit de la vérité de cette assertion, il dut à ses relations ' avec Talleyrand d'être nommé chancelier de la Légion-d'Honneur, dignité qui convenait plus à un militaire qu'à un évêque, et qu'il ne conserva pas
longtemps. Après avoir
se retira en Auvergne
perdu cette place, d'où il ne sortit quaprés les cent-jours. En 1816, il donna sa démission de l'archevêché de Malines, et obtint du roi Guillaume une pension de 12,000 francs. Louis XVIII lui en fit une autre pour avoir été quelques mois chancelier de la Légion-d'Honneur. Humilié de la nullité politique à laquelle il était voué, il se jota dans l'opposition libérale la plus avancée. Pour occuper ses loisirs, il composa ui;e foule d'écrits sur tous les sujets. Eglise, gouvernement, élections, administration, finances, etc., productions toutes empreintes de l'esprit de parti, et semées d'erreurs grossières, mais dans lesquelles on ne peut s'empêcher iradmirer une étonnante fécondité d'idées, un style brillant et plein d'images, et une foule de rapprochemenls ingénieux. Un de ses ouvrages les plus curieux, est celui qu'il publia eu 1818, sous le litre Des quatre cgncordats. Ce fécond écrivain eut quelques désagréments à essuyer dans la nouvelle carrière où il était entré ; il fut déféré, en 1820, à la cour d'assises pour une brochure hardie et hostile sur la loi des élections. M. de Vatisménil soutint l'accusation comme avocat général. L'abbé de Pradt, défendu par M. Duiiin, fut acquitté. En 1825, il publia un ouvrage intitulé : Du jésuitisme ancien et moderne, in-8". C'est une longue déclamation que l'esprit de parti seul pouvait accueillir, et qui est remplie d'exagérations, de faussetés et de bévues. Après deux tentatives infructueuses pour arriver à la députation, l'abbé de l'radt fut enfin nommé à Clermonl en 1827, et il se rendit à Paris avec de vastes plans de réformation sociale et i)olitique. Il ne rêvait pas moins qu'un autre 89, et paraissait ambitionner dans un sens tout nouveau le rôle de l'abbé Sieyès ; il aspirait .surtout à exercer une grande inlluence à la Chambre. Il éprouva sous ce rapport un grand mécompte. Il trouva trop froids et trop méticuleux les libéraux sur' lesquels il comptait pour faire triompher ses opmious.
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Dégoûté de la carrière parlementaire, il donna, c-n 1828, sa démission, dont il exposa les motifs dans une leltre qui fit insé.ée dans le Courrier français. Cédant à un seniiffl' nt profond d'indignation et d'amei'ti;me, il exhala fré(|uemaient h cette éfioquc son nié m is ; oiir ce qu'il appelait ta pétaudière parlementaire, les frères récollets de la tribune, i t l'éligibilité somptuaire des hommes du monopole. On prétend t[u'un des princip.iux motil's de sa démission fut le peu de cas que l'on avait ])aru luire de ses o[)inions et de ses avis dans plusieurs réunions de députés, notamment dans cdle de la rue (irange-Batelièie, où quelqu'un, après l'avoir un jour entendu, l'apos lopiia en c: s teimes : « Mais, M. j'alib ■, de quel « club de 93 sortez-vous ? « Lor-que la révolution de juillet se fut .iccomplie, ses opinions SI' miiditièrent ilc nouveau. Il fit imprimer à Ciermont, en 18i3, une brochuio sur la presse et le journalisme, où il déplorait lu mal qui rainait la société ; il y appi>lait la royaiité la sauve-gard.i des sociétés, et le journalisme r.iu\iliaire i e tous I s perturbateurs. La mèmi' année, il fit paraître un écrit plus signifi atif enc^ire, inti ulé : De l'esprit actuel du clergé; cet écrit, qui peut être ie-;<irdé, ainsi que le précédent, comme une sorte de rétractation, était une véritible apologie du clergé contre s s détracteurs. Dans le môme temps, il adressait à la Gazette d'Auvergne des articles empreints du même esprit. Un an avant sa mort, il ciieicha à se rapprocher de la Gazctte de France, et témoigna aux rédacteurs de cette feuide qu'il pariageait leur opinion sur un graivl nombre de questions politiques. Dans une brochure ipi'il publia en 18j7, sous 11' titre d : Regnicide et régicide, il montra la liaison intime qui existait entre le désordre religieux et le désordre politique ; et il attribua à la philoso])hie du xviu" siècle tous les désastres qui ont signalé notre éiioqiie. Il inséra da s la Gazette des article^ remaïqu blt;s sur l'Espagne et le clergé. En religion, son retour aux doctrines de sa ji-unesse ne fut pas moins éclatant qu'en politique, et il leçut ave<; une i eine mêlée d'mdignatii.n une visite de l'abbi' CluUel, qu'il éconduisit. Il n'avait rien perdu, sur la fin de sa vie, de la vigueur de son jiigem ni et de l,i vivacité de son esprit, et ii s'occ pait encore à réunir des mat. riaux pour une histoire de la restauration, lorsqu'une attaque d'apoplexie l'enleva après quelques jours de maladie, L' 18 mars 1837. L'arc. jevôque de Pans avait passé auprès de lui la nuit qui précéda sa mort, et le curé de la Maaeleine lui avait administré l'extrême- onction. L'abbé de Pradt avait un esprit pénétrant et étendu, »t il biillait dans la conversation par mille traits heureux, par la verve <li'S expressions et par une appréciation fine des hommes et des choses. Les réo ts qu'il faisait des événem nts auxquels il avait été mêlé étaient toujours [ùquants, et sa causerie pleine de charme sulfisail pour animer DicTioMS. DE Biographie ftEUG. HI^
une r.éunion. A ces avantages il joignait une extrême légèreté d'esprit, et une mobilité' d'iaiagination qui souvent égarait son jugement. L'iin iressiondu moment, l'enlraiiiement des partis, un désir excessif de briller et de faire du bruit, l'ont poussé souvent à des démarches inconsidérées et contraires aux convenances de son état. L'abbé de Pradt a publié les ouvrages suivants: Antidote au congrès de Rnstadt, Hambourg, 1798, in-S" ; La frusse et sa neutralité, 1802, in-8" ; Les trois âges des colonies, ou De leuf étal passé, présent et à venir, Paris, 1801, 3 Vol. in-8" ; De l'état de la culture en France, et des améliorations dont elle est susceptible, 1802,2 vol. 111-8°; \ oijage agronomique en Auvergne, 1803, in-8'; Histoire de l'ambassade dans le grand-duché de Varsovie, en 1812, 1813, in-8° ; Du congrès de Vienne, 181a, 2 vol. in-8°; 2' édition, 1816,2 vol. in-8" ; Mémoires historiques sur la révolution d'Espagne, 1816, in-8°, 3° édit., traduit en espagnol, Bayonne, \>ii&; Récit historique sur la restauration de la royauté en France, le 31 mars lS\k, 1816, in-8'' ; 2' édition, 1822, in-::.° ; Des colonies et de la révolution actuelle de l'Amérique, 1817, in-8°; Des trois derniers mois de l'Amérique méridionale et du Brésil, 1812,. in-8° ; 3' édit., 1823, in-8" ; Lettre d'un électeur de Paris, 1817, in-8" ; Préliminaires de la session de 1817, 1817, in-8"; Des progrès du gouvernement représentatif en France, 1817, in-8" ; Les six derniers 7nois de l'Amérique et du Brésil, 1818, in-8°; Pièces relatives à Saint- Dominguc et à l'Amérique, 1818, in-8' ; Les quatre concordats, suivis de quelques considérations sur le gouvernement en général et sur l'Eglise en particulier, depuis \Slo, 1818, 3 vol. in-S"; L'Europe après le congrès d'Aixla-Chapelle , faisant suite au congrès de Vienne, 1819, in-8° ; Le congrès de Carlsbad, 1819, 2 parties in-8° ; Suite des quatre concordats, 182.), in-S" ; Petit catéchisme à l'usage des Français sur les affaires de leur pugs, 18.0, 111-8"; De la révolution actuelle de l'Espagne et de ses suites, 18-0, in-8°; De l'affaire de la loi des élections, 1820, in-8°, deux édilio s; De la Belgique depuis l78i) jusqu'à 17;(4, 1820, in-8" ; De l'Amérique depuis le congr.'s d'Aix-la-Chapelle, 1821- 1822, 2 vol. in-8'; Rappel de quelques prédictions sur l'Italie, extraites du congrès de Vienne, 1813-1821, in-8"; L'Europe et l'Amérique en 1821, 1822, 2 vol in-8"; Examen du plan présente aux cortès aur la reconnaissance de l'indépendance de l'Amérique espagnole, 1622, in-8° ; De la Grèce dans ses rapports avec l'Europe, 1822, in-8°, 2' édit. ; Parallèle de ta puissance anglaise et russe relalivetnent à l'Europe, suivi d'un aperçu sur la Grèce, 1823, 111-8"; 2' édit., 1824; L'Europe et l'Amérique en 1822 et 1823, 2 vol. in-8°, 182i ; La France, l'émigration et les colonies, 1820, 2 vol. in-8"; Examen de l'exposé des motifs de la toi relative à l'indemnité des émigrés, tu dans ta séance du k janvier 1823, 1823, in-8° ; Vrai système de l'Europe relativement à l'Amérique et à h
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Grèce, 182.'), iii-8° ; Congrès de Panama, 1S-J5, in-8° ; DnjVauilisme ancien et moderne, lf(25, in-8': 2' M-l.,iH2T, in-8° ; LEur.yie pur rapport à ht Grèce cl à la r^ftirmallvn de la l'ur/juie, 1827, in-8° ; Concordat de l'Amérique arrc Rome, 1827, iri-8" ; Garanties à demander (} l'Espagne, 18-27, in- .°.
PiM:POSllI\aiS (PtERBE). th(''ol -ieii scolastiquode ! uriiv(r-^itt' de Paris an couannii- CcifK lit du \iu° sièi lp, aujourd'hui |ir. sque Oub!ii5, avait eninpnst'' une Somme de théologie, qui n'a jamais (té iinp'imée. (3n en trouve spuleraeiil quelques |ia^e^ à la suite du Pénitentiid de Théo tore. Il ava t fait aussi un Commentaire du Psautier, dont le manuscrit se conserve à la P)i!iliothèque liat'onale; l'ahbaye de Saint-\ictor possédait, ses Sermons.
PR.'ETOiUUS (Matthieu), docteur luthérien, né k Memel en Prusse, mort à Weilierstadt en Poméranie, en 1707, dans un A^o assez avancé, fut quelque' temps secrétaire de Jean Sobieski, roi de Pologne, puis H ex rça pendant vingt ans, en qualité de ministre, les fonctions iia.U^ral 'S à Nit)hu iz. 11 entrejirit île rennuir l'unité religious" que I.u*hcr avnit roni|nie, et il coui- ])0-a dans ce but un ouvra,^e >'iUS ce titre : Tabn pacis ad unirersas disiideales in Occidente ecclesias, seii Discursus théologiens de Unio.'ie ecclesiarnm, qui ;'ut publié pour la première fois h Anist. rdaui, !n 16S5. « Pres- « .ue en ni'"nie teai|)s, dit un l)ioj;rai)!ie, « U'i autre personuag':' s'occupait de ce i)rn- « jet de r uniiin sous des auspi-cs jilus im- « posants. Ciiristnphe Uoj.s de Spinula, « d'abord icligieux d:; l'oi-cire do saint Fran- « çnis, puis su icessi euient évèqie ne Tina « et de Neust.idt, et conf ssenr de l'impéra- « trice Marie-Théièsis fouune de Léo, old « 1", travaillait dans les mômes vues. L'é- « vè(iue de Neustadt était habile thJologien, « et fort instruit dans les malièr.s de con- « troverse, surtout (juant aux points (jui « divisent ri;glise romain ■ de la ennfe.ssioii « n'Augsboî.rg. 11 avait ou des conférences « avec les protestants, et il sut leur inspirer « de la conliance. L'eiup'rcur Léopold, à à qui il avait fait pari de son plaii, l'ap- « prouva et ii.vcslit l'auteur nés i o ;Vt.irs « iiéeessa res pour traiti r cette ail'aire im- « portante. On sait qu:^ Bossuet, h (pu l'évèt que de Neustadt i-n r.'féra, |irit part h la a discussion, it qu'ensuite il s'ét:ib!it, sui' « le môme sujet, une correspond uico en're « l'évoque de Meâux et Loi. mit/,, laqucile « malheureusouieut n'eut aufuii rés .Itat. » Voy. Woi.ANis. Praîtorins ne se contenta pas d'inv'.ler les dissiile ts à r ntror dans le -ein de la mèro-E^iise ; il leur en donna I i-iuéiue l'exoiujile, et devii t cuié de Slrasi/ourg en l'iusse. juiis |irév.',| de NVeihrrsladl, où il t.'rmina sa carriôre, en laissant la réput .tion d'un pi l'Ial distingué. On cite encore de lui : Orhis gitkicus, Oliva, 1G8V, k part. in-fi:lio, curieux ■^t reebei'Clié ; Mars golhicus, onvr.ige q;.i lait suite au précédent, !6'J1 et 1098, ni-fnlio; un .W- Vioire sur l'ancienne langue d' s h bitanis
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de la Prusse, inséré dans le tome II (]es Acla Bvrnssica ; une lli taire de la Prusse, qui n'a pas vu le jour. La Tuba pneis a été réiinpr me à Cnlo^'ne en 1811. Une traduction 'a!K'minde en a été donnée à Aix-la- ChapellH, sous ce litre : Appel à la réunion, adressé à toutes les églises d'Occident gui diffèrent dans leur eroganee, par l'abbé Biuterin. curé k Bilk, près Dusseldorf.
PRACiEVIANN (Nicolas), docteur en philosophie à 1 na. où il mourut à la fleur de son Age, en 17 9, ét^il né à Strade en 1690. On a de lui une brmne dissertation De merit'is Germanoram in jurisprudentia naturali ; un ouvrage latin sur l(^ Droit canon, i te.
P AT (Ant-ine dl], archevêque et cardinal, né en 14U:i d'une famiile noble d'issoire en Auver^me, parut d.iboid au barreau de Paris. Il fut fait ensuite lieutenant-génér.il au bailliage de Montferrand, j uis avocatgénéral au parlement de Toulouse. Elevé de charge eu charge, il devint jiremier président du parlement de Paris en 1507, et ciiance'ier de France en 1515. Pour donner plus d'activité et de f)rora]) ilude h la justice, il ciut devoir sa^igérer au roi de créer une nouvelle chambre au parlement de Paiis.
Celte cli.-mbr. , composée de vinj,t conseillers, forma ce qu on a|ipelai la Tournelle. Fia.ço s 1" ayant to jours besoin d'argent, le chancelier fut obligé de se prêter à des moyei.s rjui répugnaient à son caractère. Les taiib's fureni ^uignienlées, et de nouveaux impôts é abls sans alten Ire l'octroi des états, contre l'ordre ancien du royaume. Ay^nt suivi eu Itilie Fi-a çois I', il persuada à ce prince d'abolir la [iragmatiquesaiictiou, et de faire le i oncordat, [ ar le juel le [lape remit au roi le droit de nommer aux bénéfices de France, et le roi accoida au j)a;/>j les annales des grands bénéfices sur le P'.ed du revenu courant. iVoy. Léom X.j Ce co cnrdat finit iieureusement les longues contestations qui avaient suL)sisté entre les mycs et les rois de France. Ayant embrassé l'état ecclésia tique, du Prat fut élevé Successivement aux évôchés de Meaux, d'AIbi, de Valence, de Die, de Gap, à l'archevêché de Sens, enfin h la pourpre en 1527.
Nommé légat a lalere en France, il couronna la reine E éonore il'Auiriche. Un auteur italien prétend qu'il voulut se fai e pape en loj't, après la mort de Clément Vil, e aj.i ute qu'il le proposa au ro , auquel il |iro iiit de contribuer jusqu'.*! 400,000 écus ; .nais que c^ miuianpie se moqua de son am I tion, et retint son argent. Ce fait n'a aucune vrais, inblan^e : car, outre que Paul m obliiit la tiare vingt-huit jours après la niOit de Clément VU, il n'est point apparent que du Pral, qui était i^gé et iiicoinmcdé, songeât à quitter la Ira'iuiuillité de sa il aivon po.ir les agitations du trône p milical. Il se retira, sur la lin de ses jours, a ■ efuU au de Nanlouillet, où il moulut eu 1.^35, à 7-2 ans. On accuse ce mini stie d'avoir suggéré au roi l'idée de vendre les char,,es de judicalure. M. Le marquis n'Ai gensoii, ministre d'état, prétendi cfans
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ses Loisirs, le justifier de ce fëprôffiê, ël tiitquece fit d'Aiiiboie qui toiumenga à leiidie les charges vén.iles ; mais ce te asseition fuirait moins bien j)rouvte que la |ireuiière. — Son fils, Guillaurue uu Pii4t, 1- Oqiie (Je Clermon", assista au concile de 'l'i'eiile, siius le ; ape Paul lii, tunda ie collège de Clermout à Paris pour les jésuitos, et mourut en loGO, à 53 ans, avec la réputation d'un |)iélat zélé et éclairé.
PKATîLLI (Fi:ANçois-MAiai;j, chanoine de Ctip 'Ue, où il naquit vers l'OO. 11 fut con- 8 déré comme un .les hommes les plus érudits de son siècle. 11 a publié : Historia principum lotigolnirclorum, qtiœ continet aliquot opuscula de rébus Long obar dur uni benevenlanœ olim provinciœ, quœ modo regnum (ère est neapulitanum, Naples, 175'i-, 5 vol. in-i.°. Cette même histoire avait été publ.ée en lCi3 par Camille Peliegrini le jeune, de Capoue ; elle coi^jirenait (le[)uis 720 jusqu'en lis"?, el fe.t insérée d.ms h^s co lections histoiiques de Burnjann et de Wuratori. Pratilli l'aujçmenta d nsioérablement, l'enrichit de plusieurs disse talions et de la Vie de Pellegrini. De' consolari délia proiincia délia Campunia, dissertazione, Najiles, 1751 ; La via Appia riconosriuta e dcsvrilla da Homa a BrindisL Napies, 17W, in-iul., lig. l'rntilli niouiul en 1780.
PKATEÛLUS (Gabriel), atitreuient du Préau, naquit en 1511 à .Marcoussi, et ukjurut à Péronne, en ;o88, do teur de Soibonne. Son ju^ nnnt n'égaait i)as son érudition. 11 mil au jour el augmenta la Géomance de Catlan, travail au moins inu'ile. Se% trait s de doctrine et dliisloire ecclésiastique, tels que son Ltenchus hœrelicorum, Cologne, 1G05, in-l", firent honneur à son zèle ; mais VElenchus coiiqnend bien des gens qui ne doivent pas être ])lacés parmi les hérétiques. Les ouvrages de du Préau penvunt se diviser en quatre classes : théologie, tradictions, grammaire et histoire. \ oy. dans La (Groix-du-Maine.
PRATO (Jérôaie da), prêtre de la congrégation de l'Oratoire de l'Italie, né vers 1710, § ^'érone, parlagea sa vie entre l'cLseigneiaien; et l'étude, et mourut en 1782. On a de ce savant philologue: De chronleis libris ab L'u.<ebio Cœsariensi scriptis et editls ; accedunt çrwea fragmenta ex libro primo olim excerpta aSyiicello, Véione, Î7o0, iu-8'; Sulpicii Severi opéra nd mss. codices emeudata, notis, ebservationibus et dissertationibus illustrata, Vérone, 17il-17oi, 2 vol. in-i°. — CasimirOudin, dans le tome H De scriptoribus ecclesiasiieis, ()ag. 5J8, d'api es Barih.'lemi Albi/.zi, auli^ur d s Conformités de suint FraaçAs, ïait mention d'un autre Prato (Arlolto), frère mineur, élu en 1223 général de son ordie, auquel le môme Albuzi atiribue l'ouvrage intitulé : Concordanliœ Bibliurum satrorutn, contre i'ancieine opinion qui le donne à Vgo de Sancto-Churo, ou de Sancto- Theuderio, dti l'ordre de Saint-Dominique; sur quoi on peut consulter Echard, De scripturibus ordinis piœdicatorum, lom. l",)iag. ïOJj et WaJin^j, Senptures ordinis minoruin.
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p. ifl, qui cite en faveur de Prato, TritlioBie et d'auti-os.
PKA.KiÏAS, hérésiarque du ii' siècle, était l)hrygien. Il alla h Kmif du temps du pape Eleuthère, s'y déclara contre les montanistes, et engagea le pajie à r^'^voqner les lettres de communion qu'il leiir avait accordées sur de faux exposés. Il connaissait d'autant mieux h uiserreurs,qu'il avait quitté leur S' clé; mais il tomba ensuite dané une autre héiésiê; ne reconnaissant (|u'une seule jiersonne dans la Trinité, et disant même que le Père avait été crucifié comme le Fils, ce qui fut depuis suivi |'ar les hé, étiques noëtiens, par les salielliens et parles natrifiassions. Tertullien écrivit a^ecune extrême véhém:>ncc contre Praxéas, qui avait passé de Roiné en Afrique. Il revint deux ou trois fois dans le sein de l'Eglise, qui, comme une bonne mère, le reçut avec une t.ès-grando dourCur; miis il re'tomba toujours, et mourut tiaiis l'hérésie.
PRÉ (Jean di), célèbre érrûite dans le canton de tMbourg en Suisse, é'est signalé par un ouvr igo unique en son genre^ qui fait l'admiration de tous les vo.\a;-;eurs. C'est un riionast rr taillé dans le rôr, auquel il travailla avec son valet durant vm^t-cinq ans. Il était né à Gruyères, et il pér.t malheureusement d ns la San^ en 1708, avec des écoliers de Friliourg qui l'élolent venus voirie jour do la fête oe son église : il les reco duisait àj'autie rive dans une nacelle qui chavira.
PRÉAU (dij). Voy. PuàtéoLbs.
PRÉCIPIANOiHijmbert-Guillâumé, comte de), l'un des plus vertueux et d^s plus zélés évèques du xvii' siècle , naquit à Besançon en 1020, d'une ancienne famille originaire de Gênes, alliée aux Doria et aux Spinola. Successivement chanoine , archidiacre et doyen de l'église de Besançon, abhé de Bellevaux, il br lia de lanl d'excellentes qualités dans lexercicé de ces emplois, qu'il s'aitira l'estim.' et la confiance de son souverain Philippe IV, roi d'Espagne, le nomma conseiller ecclésK.stique de la cour souveraine de Bourgogne, et en 1067 il fut choisi pour être envoyé, de la part des Etais de cette jiroviiice, à la diète d'em|)iro. Son habileté dans les négoe ations le ht élever, en 1072, à la dignité de conseiller siipiême pour les affaires des Pays-Bas et de Bour„ogi.e, auj)rès de C: arles 11, emploi qui demandait sa |irésence ii Madrid Dix un., après, il lut nommé évêque de Bruges. Sa [liété el son ,'èle, qui ne s étaient point ralentis pendant ses négociaiio.' s, se manii'estere'ni avec un nouvel éclat après sa liromoiion. 11 consacra tous ses soins à rempli, Ls devoirs d'un .lasieii, vigilant, et s'adacha surtoui à .iémêlei la zizanie du bon grain pour l'aira hor du champ qui lui était ci nfie. Nommé à 1 archevêché ue Malines , il montra bi aucoup lie répugnance à quitter .-on troupeau; il fallut ues ordres ex,jrès du paj^e .Vlexandre Vlll pour lui l.iire accepter cel.e nouvelle dignité. Les Pays-Bas si- souvienneni encore du zèle qu'il déploja pour maintenir la pureté de la foi et 1 autorité du s.ege de Rome, pour soute-
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nir les décrets de cet'c mère Eglise, la discffîline et la juridiftinn ecclésiastique. Sa cîinrité envers les [lauvres, sa piété et la douceur de ses mœurs lui a^ tirèrent l'amour et la conli; nce de ses véritables ouailles ; mais il eut beaucoup à soutlVir de la part de ceux qui montraient peu de soumission à l'autorité du saii t-siéiu'e. Enfin, accablé sous le po'ds des années et des intirmités, il mourut à Bruxelles en 1711, h l'ge de 85 ans. Besancon. Ikujjes, Bruxeles, Malincs, l'abbaye de Bellevaux, possèdent dis monuments et de SI mun'IiCfHce et de sa pi 'té. On voit son mausolée excelleiniiient exécuté dans l'église niétro;ii)litaine de M lines, et accolé à celui de son frère Prosfier-Ambroise Précipiano, lient, nanl-général des armées d'Espagne, moi-t à BiuxeLes en 1 07. Ce dernier monumeni est hors du saiictuai e, quoicju'il lenne à l'autre. Ou y voit ces paroi s : Quomodo in vita dilcxerunl se, ita et in morte non sunt scpnrati. Tuy. Qlesnel.
PHÉCY (PiEBKE DE;, littérateur, était neveu du comte de Précy, i|ui commandait la ville de L\on durani le siéj,e dr 179 i, et mourut à Semui en Brionnais (départtuneiit de Saùneet-LoiBe),le 29juai l82"2.Sa femme, Clir stine du Ryer, était arrière-pet te-lill(3 d'André du Ryer, consul ne France à Alexandrie, qui fit une traduction française de l'Ai, oiau. Pierre de Précy culiivait la poésiis et il s'exerçait de prélérence sur d s sujets religieux. On lui doit un poème en quatre cliants : Les Martyrs, doiU le compte rendu se trouve dans le tome XXXI, p. 95, de r,4mi!' de la Religion. 11 laissa ue plus en man.sciil diverses autns produclinns en pro^^e et en vers, entre autres : un poème liistoiique du Monde ; un poème sur les Sluarts ; des traductions en vers français de VOdyssée, de V Anti-Lucrèce du cas'dii.al dePolignac, des Psaumes de David, du Prœdiuni rusticum de Vauière, du jioèiue d'/16e/ deGessner; une Démonstration évangélique, d'après le plan d' Fénelon; un livre de l'influence du christianisme sur la civilisation des peuples.
PRÉMARE (le P. Joseph -Heniii), célèbre missionnaire français , dont on ignore les date et lieu de naissance, fut du nombre îles onze jésuites qui s'embarquèrent à La Rochelle pour la Chine, le 7 mars Iti'JS, s ir le vaissi'au VAmpliitrite. Parvenu à Siuician le 6 ociobre delà même année, il éciivit, au mois de février 1099, au P. tle La Chaise, une Relation de son v(jyag'', avec quekpies détails qu'il avait recuedlis au sujet du C p de Bonne-Espérance, de Batavia, d'Achen ei de Malacca. Il ap|iril eu peu de teiiiiis 1 1 langue chinoise, malgré les dillicultés dont cette étude est hérissée, et léfut i, dans une Lettre, les fables et les absurdités dont -ont chargées les Relations traduites de l'aralie p;M' l'abbé Renanddt, et (pii se retrouv, nt dans les notes et lesadditionsdn liaducieur. Vuy. les Lettres édi/iantcs, toui. \\l, p. 338ei 392; tom. XXi, |i. 183. .\u biiul de (pielqu s années de séjiiur dans ce pays, le P. Preiiiare put composer en chimiis des livres d'un style éléyanl.Lesantiuuités chinoises furent
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principalement l'objet de ses études, et il en vint h se rapprocher de ce système, adopté par plusieurs missionna'res, qui consistait à voir d' s traces du christianisme dans les plus anciens monuments chinois. Voy. Fouquet et Bec VET. i.e P. Prémaie mourut vers 1735. On a de lui: Recherches sur les temps antérieurs à ceux dont parle le Chou-king , et sur la mythologie c/«/?!o/se,ouviage qui fut inséré par ûeguignes ^ la tôle du Chou-king, traduit par le P. Gaubil, sous la forme d'un Discours préliminaire. Le P. Amiot, dans ses Mémoires sur les sciences et les arts des Chinois, tom. II, p. liO, traite cette production avec sévérité; mais e'Ie n'en a pas moins été d'une très-grande utilité pour l'étude des plus anciens livres sur les traditions fabuleuses de la Chine. Notitia iinguœ sinicce, un,' des meil eines et des plus complètes grammaires qui aient été faites sur cette langue. Fourmont, avec qui le P. Prémare eiitietenflit une correspondance depuis 1727, en avait aussi lompo-é une, ou plutôt il avait traduit de l'espagnol celle du P. Varo. 11 a fait dans la Préfaie de sa Grammaire un examen comparatif des deux ouvra es, et l'on y reconnaît tro]) facilement le déplaisir que lui avait cuisé la lé eption d'un ouvrage bien su| érieur au sien. Un Dictionnaire latin-chinois, en société avec le P. Hervieu. Ce livre formait un ^'os volume m-i°; mais on ignore s'il a été envo . é en Europ". La Bibliothèque roy. le possè le plusieurs ouvrages du P. Prémàiv, écrits en chinois, notamment une Vie de saint Joseph el plusieurs Traités en latin et eu français, qui ont pour objet d'établir el de justiher les systèmes d'explication des caractères et des atîtiquit s de la Chine, embrassés par les PP. Bouvet et Prémare. Ce dernier, dit Abel Rémusat, avait aussi traduit du chinois un drame intitulé: Tchao chikou-eul (l'Orphelin de la maison deTchao). Cette (lièce, qui a fourui à Voltaire quelques situations dans son Orphelin de la Chine, a et/' receilie par Du'ialde, dans sa Description de la Chine, tom. III, pag. 3il, in-fol. Jusqu'à la publication de la comédie traduite en anglais par Davis, c'était le seul échantillon sur lequel on pût juger en Emope du théâtre chinois. On doit encore au P. Prémare l'acfpiisit on d'un grand nombre délivres cil nois qu'il envoya à Fourmont pour la bibliothèque du roi, "et parmi lesquels on distingue la colleclion de cent pièces de théâtre, compos:''es «ous la seule dynastie des Youan (de 1259 à 1368;, les treize livres classiques, plusieurs romans et recueils de poé>ie, etc. La correspondance du P. Prémare était fort étendue, et à en juger par les quat e lettres entières ()ue l'on a conservées de lui, et par div rs extraits des autres qui ont éti' publiés, elle devait contenir beaucoup de 'léla Is intéics-ants. Malheureusement Fourmont, qui i tait la |)ersonne à qui le missionnaire écrivait le jilus souvent, n'en a ])res |ue conservé aucune, ou du moins il ne s'en e-t trouvé (lu'uiie seule dans ses |iapiers. PIIÉMOIU) ( Chaules -Léonakd), ancien chaiielaiu du roi Charles X, grand vicaire do
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Strasbourg e( de Qiiimper, né h Ronfleur le 10 juillet ITCO, remplit d'aburd les fondions du ministère dans quelques pruoisses de son diocèse, et obtint un ranonicat de Saint-Honoré à Paris, vers 1788. La révolution, qui vint l'en priver peu de tcm|is après, le força même de chercher un asile en pavs èiranger. Retiré en Angleterre et dépouillé de tout, comme ses confrères, il n'eut d'abord d'autre ressource que de donner des leçons do français. Nommé ensuite chnpeliin des religieuses bénédictines venues de France sous la conduite de madame de Lévis-.\Iirepoi\, et établies à Canninj^ton-Court, il dirigea cette communauté jus(|u'en 1816. A cette époque, la plupart de- eccli'siastiques exilés étant rentrés dans leur patrie, l'abbé Prémord les suivit, et se fixa déli itivement à Paris, où Mgr le cardinal de Talleyrand-Périgord le nomma olaanoine honoraire de Notr.'-Dame. M. Asseline, évéque de Boulogne, prélat si distingué dans les derniers temps par son savoir et sa piété, avait laissé en mourant ses manuscrits à l'ahljé Du Bréan, son grand-vicaire, et cel li-ci, mort peu après la restauration , les avait conliés h l'abbé Prémord , son ami. Pour se conformer à leurs intentions, ce dernier publia, en 1823, une édition di's OEuvres choisies de M. Asseline, Paris, 6 vol. in-12, préoédéo d'une notice , malhenreusrment incoiuiilèle , sur le célèbre prélat dont la vie privée eût offert tant de détails d'un piiiss ni intérêt. No.iuné en 1823 cliapelasn du roi, l'abbé Prémor I occupa cette pl.ice jusqu'en 1830, sans cesser d'exercer le ministère et de se rendre uiileà plusieurs coiniin nautés. Les événements qui si^ialèrent la lïi de ceit(? année l'engagèrent à quitter la France ; il alla rejoindre alors à Cannii>gtiin-C(jurtles bini'diciines (|u'il avait dirigées lors do son piemier .-éiOur en Angleterre, et demeuia quelijue temps auprès d'elles. Ces relig euses ayant changé de ré- • sideuce eu 1836, l'abbé Piémord, quoique alf>i*lj5R par l'Age et Ic'^ inlirmités, n'nésita pas à les suivre à Moiint-I'avilion , près Licbttiel.l, dans le Stalfordshire, où il mourut le 26 aoilt 1837. Indé| endaiiimen.' de l'ouvrage déjà cité, on a de ce pieux ecclésiastique une édition anglaise des Huhs ofa Christian life, ou Règles delà viechrcliennc, tirées des écrivains les plus estimés sur les matières sfiirituel es. C'est une série de lettres à une prolestante convertie. La deuxième é iition est augmentée de lettres sur le mariage, du choix d'un état de vie, de réflexions sur les iiistiiutioris monastiques, elc.
PHEPOSITIVUS. Voy. Pii^posiTtvus PUESLES (Raoul Diî), lils naturel du fondateur du collège de Presles, avocat-général au parlement de Paris, puis maiire des requôt 'S de 1 hùtel du roi Charles V, fut historien et poët« de ce prince. Ce fut p.'r son ordre qu'il traduisit en fiançais La Cité de Dieu, de saint Augustin. Sa traduction a été imprimée à Abbeville en 1486, 2 vol. in-fol. Elle est rare. Elle fut aussi imprimée à Paris en 1531. C'est la première version française de ce savant traité. Cette traduction de
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La Cité de Dieu est accompagnée d'un commentaire eliargé dune érudition très-remarquable pour le temps, et dans lequel on trouve quelques notons précieuses pour notre histoire. On a encore de Raoul un Traité des puissances ecclésiastique et séculière, que Goldast a fait imprimer dans le I" tome de sa Monarchie, comme favoraJjle aux principes protestants. C'est unabrég' du Songe du Vergier, que fit de Presles, à la sollicitation du roi Charles V. Il y a de fortes raisons de croire qu'il a été aussi l'auteur du Songe du, Vergier, 1491, in-fol., et qu'on trouve aussi dans les Libertés de l'Eglise Gallicane, 1731, 4 vol. in-fol. Yoij. Louvmns. On a encore de lui un traité intitulé Musa, mêlé de prose et de vers. C'est une fiction contre les mœurs de son temps. La traduction française de la Bible, qu'il a laissée manuscrite, est une col)ie de celle de Guyard Des Moulins. De Presles mourut en 1.382.
PRESSICNY. Voy. Cortois.
PRESSY (Fb.4nçois - Joseph- Gaston de Partz de), évoque de Boulogi;e, m'' l'an 1712 au chAteau d'Fsqiiirre, fut un des élèves distingués de Saint-Sul;iice. Nommé évêque de Boulogne le 2V décembre 17'i2, il fut sacré le 15 septembre de l'année suivante , et il gouverna son diocès ■ pendant 46 ans avec un zèle infatigable. Il fit des établissements utiles, maintint li discipline ecclésiastique parmi son clergé, l'atleri it par des statuts synodaux, institua des retraites auxquelles lui-même assistait, fonda un petit séminaire, et veilla à <e que ses ouailles reçussent toute rinstruction convenable. Sa chanté, non contente de s'exercer | ar des libéralités envers les pauvres de son d ocèsi', fournit des sommes pour la réilemp ion des ca|ilifs. Le prélat en retenait des catéchistes dans les missions étrangères, et il ne se faisait aucune bonne œuvre qu'il ne la soutint par son concours. En 1752, il adhéra à la leltre de 21 évêques. en due du 11 juin, a iiessée au roi en plainte des usu pa nuis du p.irlemeiit sur l'autorité eed 'siastique. 11 s'exprima avec énergie sur le même sujet dans un mandenieiit que le [larlcmeiit se crut en droit do supprimer. L'évêque de B;iulogne fut membre de ra>«(>mblée générale du clergé de 1760, et partagea les efforts qu'elle lit pour arrêter les progrès de l'incrédulité. Il publia divers mandements pour en préserver son diocèse. Les principaux de ses écrits sont : uii Mandement pour le renouvellement public et annuel des vœux du baptême, 1758 ; un autre sur les conférences ecclésiastiques, 1765 ; un sur l'obligation d'instruire, et sur la fête du sacré Coeur, 1766; un porir l'Adoration perpétuelle du Snint-Sacrcmcnt , 1775 ; un en 1776, pour la pratique du souvenir de la mort de Jésus- Christ: des Instructions pastorales et des dissertations théologiques srir l'accord de In foi et de la raison dans les mystères , considérés en général et en particulier, données séparément à diverses époquf^s, et réunies en 2 vol. v\-h°. 11 y est traité des Mystères en général et de chacun en particulier , de ta Grâce, de l' Euchnriftie, de U Création, ptc. Les ma-
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titres y sont discutées avec soin, et les preuves élàhiio^ d'une manière solide. Une ef tique si^vè'e pourrait trouver da-'S ces écrits de la diffusion, et qurhjuefois une métaphysique un peu obsi'ure ; mais l'un de ces défauts tient h la nature du sujet, et l'on est qiielc{uefois oblig' d'être diifus afin de se faire entendre, surtout du peuple, pour qui cet excellent évêque éciv.ut.On nepeutj)as aussi facilement excuser quehpies oiàn ons erronées ou inexactes, que l'auteur aurait pu se dispenser de soutetiir. 11 mouiut nu mois d'octohre 1789, et eut pour succpsseur M. Asseline. — M. l'ahljé Mij;ne a publié: Œuvres trrs-cownlcies de De Pressy, évéquc de Boulogne, Petit-Montrouge , 18i2. 2 forts volumes i;i-i°. L'éd:leur les a enrichis de beaucoup de pièces inédites et inconnues, lesiiuelles sont aussi étendue^; que toutes les Instructions pustorales ensemble. Crtte seconde partie des travaux de Mgr de Pressy révèle le prélat pieux et zélé, veillait tout à 11 luis sur soi clt-rgé et sur son peiijile, de même que ses Dissertations Ihéuloqiqui's montraient le prélat savant toujours sur la brèche pour la défe ise de l'Eglise entière, et le plus vigoureux antagoniste de la philosophie du XVIII' siècle. Le premier volume s'ouvre par YOraison funèbre du prélat, qui fut piO"oncée par M. 1'.- bbé Cocatiis, vicaire général du diocèse de Boulogne.
PRKSTET !Jea.\), prêtre de l'Oratoire, était fils d'un iiuissier de ChAlons-sur-Saùne; il vint jeune ii Paris, et entra au service du P. Malebranche, qui, lui trouvant des dispositio !S i;our les sciences, lui apprit les mathématiques. Le disciple y lit en peu de temjis de si .-iiM-ids ()iMgrès, qu'à l'Age de 27 ans, en l(j75, il donna la -2' édillon deses Eléments de mathématiques. Ln meilleure edUion de cet ouvrage est eeile de 1C8'J, en 2 vol. iv-V. Ou y trouve un très-^rand nombre de [iroblèmes curieux, dont lesjeunes mathémat.cie ^s peuvent se servir coiuuie d'exemples pou:- s'exercçr. Le P. Prestet trouve, par l'arl des combinaisons, que ce vers latin ■
Toi libi siinl dotes, Virgo, quoi siilera cœlo,
peut être varié en 3'176 manières, sans cesser d'être vers : ce qui parail.ait incroyable, si ou ne savait pas que ces combin;]iso is -ont en raison du noudire des innts, multiiilié par le noiiibe pr 'cèdent, aussi multiplié (lar celui qui [ii'écède, et cela en remonlant jusqu'à l'u uté, de manière que si les huit mo's de ce vers étaient absolument disjioiiibles dans tous les sens, ou iimirrait le c anger 40.320 fois. C'est ainsi que le |»hilûsopiie indien Sessa ou Sh.'lisa, inventeur du j( u des échecs dans le XI' siè.ie, mil dans l'impuissance de le satisfaire un iiionan|ue que choquait l'apparente exigiiité de sa d. luaiide. Cette demande consistait en ce qu'il lui fût donné autant de grains de blé qu'il y a de cases dans l'échiquier, en cummeii(;a it paru i grain pour »a premier ^ et tioublj it ,e nombre à c'iaque cas.; jusqu'à la G'*'. Lorsque Prestet publia son ouvrage, il n'était pas encore do l'Oratoire : il y outra la môme année, et après
avoir professé les mathématiques avec distinction, surtout à Angers, il mourut à Ma' lities en 1690, laissant une mémoire chère au ))ublie et à ses confrères.
PKÉTKXrAT (sant), évêque de Rouen, cr.'iignanf les suites d'un commerce scandaleux, maria en 570 Mirovie,(ils de Chiidéric, avec Brunehaut sa tante , persuadé que le cas éliit as-ez pressant pour autoriser une telle dispense; mais le (oncile de Paris, en 577, en.jugea tout autrement, et le condamna; le roi 1 exiia dans une petite île de la Basse- Noi'inaidie. Qulques auteurs pr'''tendent que Pré extat ne don-'a pas cette dispense; mais que le mariage s'éla U fait à Rouen, il parut êire en faute. En tout cas, la dispense était nulie, puisque les évèqnes ne peuvent dispensera volonté dans les lois de l'Eglise universelle; et c'est vainement que qu Iques iiovat urs ont cité cet ex' mple pour renverser les règles établies: car si la di.'^pense a été donnée, Prétextai en a été puni, et ce n'est 1 as par le déni, ma s par la |iunition qu'il fiut ju,crdes pii.ci;ies alors reçus dans l'Eglise. On peul voir sur cette matière divers Traités jinbliés dans ces dernières années : Véritable état du di[férend élevé entre le novce apostolique résident à Cologne et les trijis électeurs ecclésiastiques, 1787; Coupd' œil sur le congrès d'Ems, 1781 ; Réflexions sur les 7] art. du pro .Meraoria de l'archevêque de Cologne, 1788. Vci^. Collet.) Prétest.t, de retour dans son diocèse, continua de veiller avec soin à la garde de son troupeau. 11 t.klia par ses exhortations d'ouvrir les yeux à Frédégonde sur l'énormilé de ses c ime ; mais cette princesse, au heu de profiter de ses exhortations, le lit assassiner le 26 février 588
PiVF/fOlUUS. Vog. Pr^etouius
PUÈVOS r (ClaldeJ, chanoine régulier et bi.d ot'iéeaire de Sainte-Geneviève. à Paris, naq it à Auxerie le 22 janvier 1693, et mouriit à Paris le 23 novembre l"i.o2. il avait enseigné la ph 1. Sophie et la tneulogie ;.vant d'être chargé du soin de la bibliothèque. Ce religieux n'a rien publié; mais il avait fait pusieuis collections, savoir: l" une Bibliothèque des chanoines réguliers; 2" un recueil des Vies des saints chanoines, tant séculiers que réguliers, par ordre ehrunologique ; 3° une Histoire de toutes les maisons ue chanoines r 'guliers. Claude avait aus-i presque terminé une Histoire de l'abbaye de Sainte-iicneviève, qui a beaucoup servi jiou. le tome Vil du nouveau Gallia cliristiana. L\i.>hé Lebeuf lui tint il'exci lient- maiériaux (lour un Catalogue des éc/ivains de l'Auxenuis, faisant pai tie de l'Histoire d'.\uxerre.
PRÉ\'0 r (PiEiiiiE-RoBEBT Le), chanoine de ré-,lis'd' Chaitres, né à Rouen, en 1675, montra dès s.i jeunesse un goût décidé pour l'éloquence de la chaire. La viile oîi d avait r eu le jour applaudit à ses premiers essais. 11 vint a Paris, pour s'y former sur le modèle des grands uiailres; et bientùlil 'ut recherché avec cmpr. ssemeut, et toujours écoulé avec un nouveau plaisir. U ne fut pas moinsgoùté à la cour, oii il prêcha les Avents de 1714 et
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de 1727, el le carême de 1721. Il mourut h Paris, en HiG. On a de lu un Pan/'/yrir/nc de saint Louis, et quatre Oraisons faïK'hn s; la plus belle est celle ilu dun de Bî^rrv . Elles 01)1 élé imprimées 4 Paris, en 176o, ii)-12.
PRICE (".IiîaO, Pric.'VHS, u6 à Lnndr;'s lU IGOO, S'' relira à Flurenre, où il erabnissa la religion catholique, et mourut à Rome dans le couvert des Au;^ustins en 1670. Il eiH'ir;ssait le sacré et le profane, et joia;nait;i beaucoup de mémoire le jugement qui ne l'ace )!nfiagne pas toujours. Ou a de lui des A'ut.s sur e.s Psauiues, sur saint Mallhieu, sur les Act 'S des Apôtre-, et sur quelques autres livres. O 1 lestrnuvc dans les Cr.tici snrri^Ui Pe ■rson. On lui attribue encore lui Traité des hérésies. Tous CCS écrits sont savants.
PRICE (Ricu.\itD), lu nistre di.ssid. ut et écrivain politique , né le 23 fôvrie;' 1723 à ïynton dans le i)a\'s de Galles , fut admis en ITG'i- dans la sociétfi royalj de LondriS, et reçut, vers la fin de 1769, le grade <le dm— leur en Ihéolog'e. Il publia, eu 1772, son Appel au public sur la dette nationale, et en 1773 et m'* il devint le chainpio i des dissidents, contre l'acte sur le te-t. Pend ni plusieurs années il exerça son ministère dans la congré.^ation (L s dissidents de Ne«inslon- Gref>n, et dans celle d'Haclair'y. M publia en 1777 ses Observations sur la nature du gouvernement civil, qui lui mériter. lU de la Cour (lu conseil commua de la ville de i.ondies (Jss remercîments et u le boite d'or. Son ouvrage expose les principes sur lesquels e>t étaijlie l'autorité législative de la Grand ■- Bretagne siir ses colon es. On a encore de lui un grand nombre d'ouvrage^, dont les principaux sont : Revue di s principales qwstions et difficultés en morale, Londres, 17,jS, in-8"; des Dissertations sur la Providence, la Prière, V Attente d'une meilleure vie, ei l' Importunée du christianisme, ibi I., 1762; Observations sur la libi'rté civile, sur la justice et la politique de la guerre contre l'Amérique, 1770, in-8* ; Correspondance avec le docteur Pricstley sur la. dcctrine du matérialisme, iiiiil., 1778, in-8° ; Essai sur l'étui présent de la population en Angleterre et dans le pays de Galles, ibid., 1779, iu-8°; Etat des finances et de la dette publique, à la signiture des préliminaires de la paix, ibid., 178 J ; S'(r l'importance de la révol'Uiond'Ainérir/'ic, et les moyens de la rendre utile au monde, ibiil, , 178i, in-8°, etc. Priée mourut le 19 ma s 1791. Les Mémoires do sa vie ont élé publiés par son peveu Will am Morgan, Londics, 1813. in-8".
PRIDEAU.X. l'JtiAN), t'iéologion anglican , né eu 1378, à Slawford dans le Devoushirc , obtint la ciia re de théologie et le rec or it du collège d'Ex, ter à Oxfo.il. Il sacquit dans ces places jieauco ip de réjiutation, ('t lit paraître un grand zèle pour les intérêts uu roi et de l'égl se anglicane. Ce zèle lui ménti 1 évùché de Worcester en IGiî. Il mou ut ejn 1650, à 72 ans. Ou a de lui : une Apoligie pour Casaubon, sous ce litre : Casliqatio cujusdam circulatoris, qui R. P. Andrœam Eudœmon Joanaem Cydoniuni soc. Jesu seipsum nuncuput, etc., Qxford, 1614, iu-8° ;
des Leçons de théologie, Oxford, lfi'i-8, in-fol., et (l'a. 1res ouvr ges inconnus aujourd hui. PRIDEAUX (Humphkey), naquit àPadstow dans le comté de Coinwall, en !6i8, d'r.ne bonne fan)illi'.Il fit s ■$ études à Westminster, ensnite à Oxfonl, et se signala dans ces de ;x endroits par l'étenduede samémoire.La mort d'Edouard Pocockc .lyanl faitvaipierla chiire dlii'b: eu, on l'oilrit à Prideaux, qui la refusa. 11 fut pourvu du doyenné de Norwicli on 170'i., et mourut dans cett. vdiele !" novembre I :'2'*. Ses mœurs étaient celles d'un savant, toujours enièrmi' dans son cabin. t. il n'a'.ait jias b's de'^ors imposais de cette pr,liles-e l-^gèri' de nos litlératenrs français ; mais il se dislinguait par un grand fo us de franchise et de v: rtu. Nous av' us de lui o-'Js curs uuvrages pleins do recherche';, dont le principal r'garJe les marbies d'Arundel , et es! ii;ti ulé : Marmara oxoniensia, ex Arund- lliaais, SJdeitinniSy aliisque conflata, cwn Grœcorum rersioue latina, et lacunis supplrtis, ac fguris œiieis, Oxford, 1G76, in-fol. Seljen av.iit entie^ris cet ouvr.ige. et' en avait l'ait imprimer une partie eu 1627 ; mais d n'avait expli jué q.ie vingtreuf inscriptions grecques et dix latines ; Prideaux a ex liqui' les deux cuit snitantij autres. Depuis i]uelqu3 temps, les marbres (appelés de f'aros ou d'Aïundei) ont perdu beaucoup de l.ur considéralion : de savante ci- tiques stuit ; arvenus h les rendre suspects et h les faire considérer c imme une chroniq e postiche et <i'u teuq s ialiniment postérie nr à celui non ell^ prétend tiaeiil s évén -Éuents. [Voy. Pahos lans lu Diction, géogr.) 11 a Uoni-é aussi la Vie de Mahomet, eu anglais. E le a été ira luite en français, et imprimée à Amst r.la.u en 1G9S , iii-8°. M. r^avary, dans une Vie de Viahomet, qui est h la tHe de la traducti jn du Coran (Paris, r/;î2, 2 vol. in-8"], attaque Prid -aux sur ce qu'il a dit du moine Sereins, et i' l'a il convenir q.e Prideaux ne s'est pas exprimé avec assez; d'exactitude sur ce sujet ; mais il n'en est pas umuis incontestable que Mahomet a e.i de longues conférenc s avec Sergius, Uioine du Siauia i, et qu c'est auprès de lui qu'il a étudié les Livres saints, d'oii est emprunté ce qu'il y a de beaut js rians le Coian (1). Savar^. , en contredisant ce fait, cherchait moins la vérité que la gloire de Ma.omi-t, dont il voudraHl'an-e un homme de géiiir'. L'ancien '-tlenouveau Testament accordés avec l'histoire des j o'/'a-, enangl.iis,2vol. iaf"., Londres, 172.*; Histoiredes Juifsetdespeuplrs voisins depuis la décadence dis royaumes d Israël et de Juda jusqu'à la mort de Jésus- Christ. Ce savant ouviage, écrit en anglais, a eu un succès extraordinaire. On eu a fait heauCDup d'éoitions. A la place des cartes de l'édition de Hollande, qui étaient simple-
(t) Un (iiil cité dans l'histoire des Sarrasins vient à l'appui de ce que l'oi avance ici : Kptrgnez les iioiiiaies du Trr'S-Haut (les moines), el happez sans paie sur les gi-ns :i ttm.^ure (les pièires séculiers), telle elail la devise des premiers musulmans. MéiUe enc.ieaujourTImi, les moines grecs el Luins jonissenl parmi les Turcs d'une sorte de c Ji.ibiaui.alipu.
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meut des copies (\e Collarius, peu estim(''es des connaisseurs, on en a fait graver de nouvel es, qui ont été dessinées sur celles de deLisle. Quant au corps de l'ouvrage de Prideauî, on n'y a fait aucun changement ; le peu de retranchements qu'il y a roulent uni- (luemeiit sur quelques expressions peu mesnrOes, que l'on a cru devoir adoucir, et que l'auteur n'aurait pas dû se permettre, jiour son propre honneur. A cela |)rès, on a laissé l'ouvra -e tel qu'il était. On aurait tort de vouloir que Pridi'aux parlât en cat'iolique sur le canon de l'Ecriture, par exemple ; on s'est oonc contenté d'ajouter des dissertations sur les points où il s'écarte de la vérité. Le P. Tournemiuole^ a fournies; elles serviront de préserva if, et l'on ne doit pas craindre que ce que d t Pridcaux sur ces articles puisse induire persorne en erreur. Deux écrivains anonymes, Brutel de La Ui- Yière et Du Soûl, suivant M. A.-A. Barbier, Dictionnaire des anonymes, n" 2262.'^ , ont donné une traduction fr.mçaise de celte histoire, Amsterdam, 1722, 5 vol. in-12.
PRIERIO. Voi/. MozzoLiNO.
^RIESTLEY (Joseph), ministre unitaire et physicien, né en 173-3 à Fieldhead, près de Lceds, ne s'est pas m lins rendu célèbre par ses opinions religieuses et politiques que par SCS découvertes. Il compo-a un gr.ind nombre d'ouvrages où le savoir ne maïupie point, mais qui ne sont pas toujours d'accord les uns avec les autres. Zélé pourl'ttnitarianisme, il rejetait les dogmes et les mystèies qui sont opposés à ce système. Ainsi, pour li.i, il n'y avait ni Trinité, ni Incarnation, ni par conséquent divinité de J sus- Christ. Il voulait néanmoins un culte, des prières, une liturgie, et il donna tout cela de sa faron au petit troupea'i qu'il gouvernait. Il eut des démêlés avec presque tous les écrivains de son temps, avec le docteur Horsiey, au sujet de la Trinité et de la divinité de Jésus-Christ ; avec l'archevêque de Newcome, sur la durée du ministère lu Sauveur ; avec Witaker, avec Packliurst, avec le Juif David Levi, avec Wakrfi, 1 I, etc. ; il s'éleva aussi conire les incréd les du jour, contre Gibbon, contre le disciples du rêveur suédois Swedenbor;, conire Thomas Paj ne et son Age de raison, conire Volney et .^es écrits, etc. Son enlhnusiasme |)our la révolution française lenail du d d re, et lui valut d'un côté le titre de citoyen fiançais et le lit nommer tléputé à la Conventi n tialionale; mais il ne put accepter ces fonctions : d'un autre coté, il lui attira de f'ich"ux dé-; gréments. On pilla sa maison et sa b bliollièque. Jl prit le parti de se r tu-er aux Etats Unis, et mourut h Norlliundjeiland le 6 février 180'i-. On a de lui : Histoire des corniplions du christianisme, 1782. 11 y expose les al érations qu'il [)rétend avoir été faite- ;i la doctrine primitive. Lettres à un philosophe incrédule, et beaucou i d'autres écrits. Il rédigeait un journ-d intitulé Maç/ftsin théologique. Homme instruit, mais bizarie et inconséquent, b.ltissanl d'un côté, puis détruisant l'éUilice qu'd avait élevé, rarement d'accord
avec le bon sens, et plus rarement encore avee lui-mêip.e, faisant abus de son talent, et ue sachant le plus souvent ni où il voulait aller, ni où il fallait s'arrêter. Comme savant , Priestley ne méritera que des éloges. Ses talents comme physicien et comme chimiste ont si [)uissanunent contribué aux progrès de la science, qu'ils l'ont placé au rang des ]iremiers hommes Je l'Europe. Parnd ses ouvrages scientifiques, nousci^e^ons : V Histoire de l'électricité, 1767, irqduit en français par Brisson, 1771, 3 vol. in-12; VHistoire et l'état actuel des découvertes relatives à la vision, à la lumière et aux couleurs, 1772, in-i° ; Expériences sur les différentes espèces d'air, 3 vol. in-8", traduites en français par Gibelin, Paris, 1777, 9 vol. in-12; Essai sur le phlogistiejue, tra luit en français par Adet, Pai-is, 179:., iii-8°, etc. La collection de ses OEuvres forme 70 volumes in-8°. On a publié en 180G en anglais les Mémoires du docteur Priestley, 2 vol. in-S°, continués jusqu'à sa mort par son fils Joseph Priestley, et des Observations sur ses écrits, par Th. Cooper et Wm. Christ ie. Sa Vie par J. Corry a paru en 1803, in-;", et son Eloge a été lu la même année à l'institut par M. Cuvier.
PKIEUB (Philippe Le), Priorius , né à Sa nt-Vaast (j ays de Caux) en Normandie, professa avec un succès peu ordinaire les belles-lettres dans l'université de Paiis, et mourut en 1C80. On a de loi : une Edition de Tertullien, lliGl, in-fol., qu'il accompagna de notes, tant de son profire fonds que de Cl lies qu'il avait com|)ilées, particulièremei.t de l'édition de Higauil. 11 donna dans le mêm' goût une Edition de saint Cyprien, (le Miiiutius-Fé ix, d'Arnobe, de Firmicus-Maternus et de Cominodian s-Gazœus, 16(56, in-f.; une Edition d'Cplat de Mi ève, 1079 ; un bon Traité des fo mules des lettres ecclésiasliq es, sousce titi-e : Disscrtalio de litteris canonicis, cum appendice de tracloriis et sijnodicis, in-S"; un Tiaité latin, sous le I OUI (.i'Eusi'be Romain, contre le liiredes ]iréadamites de La Peyrère. Ce Traité est intitulé : Aniniadversiones in librum prœadamitarum, in c/aibus confulatur nuperus scriptor et primiim omnium hominum fuisse Adamum defenditur. Pans, Ui6o,'m-S";Epistolagratulatoria ad Pcyrerium de ejus conversione ad romanam fidem, 1658, in-H". Yoy. Peyrère (Is,-iac de La).
PRIEZAC (Damel de), né au château de Piiézac. en Limousin, en 15'93, mort à Paris, en 1662, prit L' bonnet d • docteur en droit à Bordeaux, y l'iéquenl.i le barreau, s'y maria, et y enseigna penei.int dix ans la jurisprudence avec d stinction. Lechancelie S guier, protecteur -es gens de n-iéi-ite, le fit venir à Pari'. Il y devi i, leu de temps a.Tès, conseiller d'état ordinaire, et m mbrc de l'académie française en 1639. Ses principaux ouvrages sont : Vindiciœ galliew advcrsus Alexandrum putricium, Armachanum, Paris, 1638, in-8°, traduites en français pur Beaudoin, sous ce titre : Défense des droits et prérogatives des Rois de Erance, etc., Paris, 1639, in-8°. C'est une réponse qu'il tit par ordre da
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la cour au iJ/n;-.? galliciis du fameux Jansénius ; des Discours politiques ,)sse/, mal écrits, 2 vol. in-i°, dei;x 1 vres de Mélanr/es CM Iritin, in-V" ; une Paraphrnsr de cinq Psnumrs et d' I .'Ire maris Stella, P,u-is, l(ji3, in-12; les Pririle'jcs de la Vierge Marie, mère de Dieu, iri-8% trois tomes, i6i8-50-51 ; le Chemin de la Gloire, et des Poésies, 1650, in-8°. — Salomoii de Priez \c, son fils, a fait une Dissertation sur le Nil, iii-8% 166'i-, et 17/j"stoire des éléphants, 1650, in-12.
PIULESZKY (Jean-Baptiste), j-suite, né 1e 16 mars 1709, à Prilev, en Hongrie, fut docteur en théologi'', professeur de iihilosopliie à l'univers té de Tymiu, et était directeur du collège de Ka^chau ouCas^ovio, en 1773. Le P. Prileszky est auteur de idusieurs ouvrages sui- l'hisloire ecclésiastique ; nous citerons •. Acla sanctorum Hungnriœ ex J. Bollandi continuatorihus, aliisqae novem scriptnribus excerpta, Tymau, 17'i-4 ; NotitiaSS. Patrum qui duobus primis Ecclesiœ s rculis floruerunt, ibid., 1753, in-8° ; S. Cypriani Carthaginensis acta et scripta omnin in summam redacta, etc., ibid., 1761, in-fol. ; Acta et scripta S. Thcophili patriarchœ Antiocheni, et M. Minutii Feticis in summam redacta, etc., ibid., I76'i., in-8" ; 5. Justiniani acta et scripta annolationibasiltustrata, Kaschau, 1765, in-i° ; Acta et scripta SS. Gregorii Neocœsariensis, Dionysii Alexandrini et Methodii Lycii illustrata, ibid., 17C6. On ignore l'année de sa mort.
PRIMASK, évèque d'Adrumète en Afrique, se trouva l'an 553, au 5' synode général tenu à Constantinople, oii il s'opposa à la condamnation des Trois Chapitres. ( Voy. ViiULE, pape.) Nous avons de lui, dans Ja Bibliothèque des Pères, des Commentaires sur les K|)itres de saint Paul et sur rA[)ocalypse. C'est un recueil des passages de saint Augustin et des autres Pères sur les livres saints. Ils ont été imprim s h Lyon en lo4-3. On lui a attribué aussi un Traité des hérésies.
PRIMAT (CLAunE-FivANçois-MARiE), arc'ievèque de Touluuse, né à Lyon en 17i7, entra jeune encore dans la congrégation de rOraloire. De même que plusieurs de ses confrères, il adopta les principes de la révolution , aussi fut-il bientôt nommé curé 00 stilulionnel de Saint-Jacques de la ville de Douai, où il résidait. Elu bientôt après évèque du département du Nord, d^Mit le siège était lixé à Cambrai, il lut consacré le 10 oct. 1791. li parait qu'il fui, peu de temps après, tourmenté de remor is, et qu'ii eut un moment la |)e:isée de revenir sur ses pas; cependant, on le vit renieltre ses lettres de pi êtiise dans la fameuse séance de la convention du 30 brumaii e an ii (20 novemUre 1793). Primat assiïta en 1798 au concile des évèciues consl lutionnels , tenu à Paris, et il y fut transféré à l'cvéclié de Rliùne-et-Loire, dont le siège étoit à Lycm. Lors du concordat de 1802, il fut nommé arc';evèque de Toulouse, et en 1806 la protection de l'ex-oratorien Fouché le fit entrer au sénat conservateur, où il siégea jusqu'à la restauration. Primat l'ut uoiiiijié m<jmuie de la chambre des pars
durant les cent-jours , mais il ne quitta point son diocèse. Il mourut à Toulouse le 10 octobre 1810, à la suite d'une attaque d'apoplexie dont il avait été frappé dans le cours d'une tournée épiscopale. Ce prélat, aussitôt après sa nomination à l'archevêché deTDulouse, s'était empressé d'écrire une lettre de s uraission au pape, et de se réconcilier avec l'Eglise, et depuis il se conduisit constamment de manière à mériter l'estime et le respect de ses diocésains. Il était membre de l'académie des Jeux floraux de Toulouse.
PRIMEROSE (Gilbert), naquit en Ecosse vers la fin du xvr siècle, et fut ministre de l'Eglise française à Londres; par la suite , il d vint chapelain du roi et chanoine de Windsor. I-l est auteur de plusieurs ouvrages théologiques, parmi lesquels on distingue : Le vœu de Jacob , ou Opposition aux vœyx des moines et religieux, h vol. in-8°, en françiis; La trompette de Sion, recueil de dixhuit sermons; d'autres Opuscules , etc. Primerose mourut en 16i2.
PRINCE (John), théologien et biographe, né à Axminsler dans le comté de Devon, mort en 1720, fut vicaire de Berney, et laissa plusieurs Sermons et divers écrits , notamment les deux suivants : De l'imprudence et de la déraison des raisons de prudence alléguées pour l'abolition des lois pénales- Lettr; à un jeune théologien , contenant quelqnis courtes instructions pour la composition et le débit des sermons. Mais son principal ouvrage était une biographie des hommes marquants de la province où il était né, et dont il publia le premier volume, en 1701, in-fol. Le second tome était prêt à èfre imprimé, mais le froid accueil fait au premier par le public détermina l'auteur à le garder manuscrit. L'ouvrage avait pour titre : The Worthics of Devonshire (Les grands hommes du comté de Devon). Après la mort de l'auteur, celte biographie fut recherchée et, devenue très-rare, elle fut mise à très-haut prix. Elle fui réimprimée à Londres, 1809, in-4°, avec des additions et des figures. Israéli lui a donné une place dans son livre des Infortunes des auteurs. John Prince était membre île la société des antiquaires.
PRINCE (Daniel), libraire et typographe anglais, né vers 1710, mort en 1790 à Oxford, où il dirigeait l'impi imerie de l'université , donna plusieurs éditions d'ouvrages importants , qui sont estimées et recherchées : Marmora Oxoniensia (lesMarbresd'Arundel), par Richard Chandier, Oxford, 1763, in-fol.; les Commentaires (de. Guillaume Blakstone) sur les lois d'Angleterre, 1765 et années suivantes, 4 vol. in-V; la Bible hébraïque de Kennicolt, 1776-1780, 2 vol. in-fol., etc.
PRISCILLE ou Prisql'e, Priscilla, Prisca, chrétienne, femme d'Aquila, est foi t connue par les Actes des Apôires et par Jes Epitres de saint Paul. Le zèh' (3e ces deux époux pour In progrès di; l'Evangile les rendit célèbres : ils s'établirent d'abord à Rome; mais l'édit de banniss ment que l'emiiereurClaudien porta contre les juifs les obligea de se retirer à Corinthe, où ils exercèrent l'art de
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faire des tapisseries, et où ils eurent l'un et l'autre l'avantage de recevoir saint Paul rhez eux. Ils risqnèreni leur vie rour sauver celle de l'ainMie, cfu'ils i.'oiiduisireiit ju^([u ,-i È|ilièsc, qiiarid iliïit ol)li^é d ' (juitlor C >rinlhc; c'est le tômoi ,na ;e que ce grinJ lioûinie leur nnid lui-mûuie : Qui pro aiuma mca su'is cervices sappostirrunt. De là ils retournèrent à Houie, oii ils étaient lorsque saint Paul écrivit s^n Kpî'ro aux Ko nain'*, l'an 38 d(^ Jc-îus-Christ; ils revinrent ensuite i Ephèse queliiue temps après; ils y demeuraient lors^|ue saint Paul écrivit la seconde Epître à Timothée. Les Grecs et les La ins célébraient leurs fôtos. {Voy. Aquila.) La tradition d.> Rome est que saint Pierre a consacri; un autel dans la maison de s n'nte Pris([ue. Ces paio'es du le' ciiap. de l'Epit: e aux Uouiains, S'ilutala Priscam et Aqiiilnin et domesticain ecclcsicun eorum, viennent à l'appui di> cette tradition.
PRISt:iLLE. Vou. MoNTAN.
PRISCILLIEN, nérésiarq.ie du iv siècle, né en Es[)a^nc, était unliomme considérable par sa Jbrtune, par sa naissance et jiar son mérite. A une grande facilité de parler il joignait un extérieur humble, un visage composé, des mœurs austères et un gran l désintéressement. Ces (|ualit/'s étaient ternies p tr une curiosité tî'méraire, par un caractèi-e ardent et inquiet, (jui le jetèrent d'abord dans les folles et vaincs recherches de la magie, et ensuite dans les erreurs dos gnostiques et des maniciéens. Sou hérésie commença à éclater en 379, et se répandit rapidement dans l'Espagne, sa patrie. Il confondait, comme Sabeliius, les trois [lersonnos de la Trinité, et j'expriiuaii sur ce sujet en termes nouveaux et extraordinaires. Il enseignait que Dieu av.iit iihisieurs fils, que Jésus-Chnst n'avait pris la nature hum n.ie, n'était né et n'avait -ou.l'ort qu'en apj>are.ice. !1 condamnait le mariage et en rompait les liens; il aut'iri-ail les p'Ius grandes obsi.'énités. Aux livres du No iveau Teotain.mt s:'s disciples joignaient de faux act 's et d'ux ouvrages remplis de blasphèmes, l'un intitulé : Memoria apostolorain , écrit pir Pris- < illien; l'autre appelé Lihra , altribué à ]-ictiniiis. Les priscill.auisti'S formèrent un ]iarti considérable eu Espagne. Hygin, évèque (leCordoue, et llhace, évù(jue d'Ossithonj, les poursuivirent avec beauco p d ■ vivarit'; mas Hsgin se lais a depuis gagner, et fut lui-mèiho excommuni.'". Après plusieurs (iispules, les évéques d Espagne et d'Aquitaine tinrent un concile a Sa agosse en 381, où les nouvelles erreurs furent anatliématisé s. Instance et Salv.en, deux évèques priseiillanistes, loin de se soumettre au ingénient du concile , ordonnèieul Pri>cillien évè que. Cette ordinat on souleva tout l'épiscopat contre lui. L'empeiour (iratien ordonna de les bannir. Priscilhen, Ii.stanceet Salvien s'adrçssèrent an pa|)e Damase, qui refu-a do les voir, ijalvicn mourut h Rome; les d ux aulres si)relircrentàMilan,oùsainlAmbio se refusa «le communiq 1er avee eux. On assemhla un couuilc u Bordeaux en 38+; mais Priscillien
ne voulut point répondre devant les évoques. Il en appela h Maxime, usurpateur de l'em- (lire. Les évoque^ ithace el Idace l'accusèrent devant le nrince. malgré les sollicitations de sa lit Mirtin de Tours, qui, dans la crainte qu' n n'usAtde trop de rigueur, conjura ces évèques de se désister de leur aci-iisation ; il pria également Maxime de laisser la vio aux coupaiiles, alléguant 'wur raison qu'il sulfisaitqa'ils eussent été dé larés hérétiques et exe im:auniés par les évoques. L'empereur fit attention aux reiiontrances de saint Martin, et promit môme que les personnes accusées ne seraient i>ôioi londamnées à mort. Mais à peine saint Martin était-il parti de Trêves, que Maxime, instiuit que Priscillien était conva ncu, de son propre aveu, e plusieurs crimes contraires à l'ordre public, le condamna à mort avec ceux qui l'accom agna' mt. Le supplice de Priscillien rendit It'iace et Idace odiciix. On voit l'impression que leur con iuite fit >ur les esprits, par le panégyrii|ue de Théodose, qu • Pacatus prononça h Rome Tan 389, en présence même de Théodose, et un an après la mort de Maxime. Mais il ne faut pas prendre ci la let'rece que dit l'orateur, qui voudrait faire croire à l'innocence de ces hérétiques, qui, dans le fond, étaient très-coupab! -s. L'autorité de la justice et la pr lîection de rem|>ereur empêchèrent qu'on ne poursuivît ceux qui avaient t.aité les priscillianistes avec tant de rigueur, et qu'on aiipela ithaciens. Saint Ambroise et plusieurs autres préla's se séjiarèrent de leur commun'on; parce que, quoique ces héréti.jues eussent été pU'iis justement et selon les lois, il était révoltant que leur sang eilt été répandu à la sollicitation des évêq les. Saint Martin refusa d'abord de coinmuniqu! r avec eux ; mais il s'y détermina ensuite, pour sauver It vie h qutlques ])riscillianistes et à quelques partisans de l'empereur Gratien. Himorius poria des lois sévères contre les priscillianistes d'iispagne. Cette secte lut en grande partie détruite par le èle de saint Léon. pape. Voij. Siànt Augustin, Fpist. 131, n° 3 ; — Dissertât io critica de prisrillinnistis, eoruinque factis, doclrinis et morihus, pai- Simonis de Uries, Utrecht , 17.'i.!j, iii-V'; — Historia priscillianistnntni , par François Girve>ius, évè luo d'U,;el, Rome, 1749, in-'i."
Pliri'Z (Jew-Geosgks), en latin Pritzius ou Prilias, céh-b e théologien de la confessio I d'Augsoourg, naquit à Leipzig le 2i sci)!emiire 1G3-2, et se d'-voua au ministère évaiigéliquo. Il avait du savoii' et du lalent. Après avoir reçu le doctorat, il alla professer la théologie et la métaph.jsiq.ie à Zerbi , devint surinten lant à Schiaitz el chap laia (lu comte de Reuss , et fit un voyage en Hol ande et en Angleterre. A son retour en 1707, il lui ciioisi pour orciq)cr la cliaire de tliéo'ogie à l'université de (iri swald. Il y remplissait en même lemps -les fonctions de conseiller ecclésiastique et do pasteur. En 1711, il fut appelé à Fiancfort-sur-le-Meiu jioury exercer la surintendance du ministère ecclésiastique. Pritz mourut dons cette ville
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Ifi 2V aoi^t 1732. Il ost auteur d'un assez grand nombre d'ouvrages. On lui doit notamment: (les Sermons en alli'mand; De roriti-nipta divitiarum ntquc fncullalum apud antiquos philosophos, Leipzi,^, 1693, in-l"; Dissertatio de uthcismo et i» se fœdo H humano (jenerinoxio, Leipzi?;. 1695, iii-i°; De prœroqnl'nm sexus twisculini prw femineo. Leipzi?:, m-ï"; Dissertatio de qiifvstione : quantum conférât eruditio ad felirilntcm fiuinnnam, Leipzi;^;, in-l°; ]a Dortrine de In prédrstinUinn. en allemand, Francfort, 1712, m-S"; Jnlroduciin in Irction'vi Nori Testamenti, Leip i;, 170i, 172-2, 172i , in-8°; De amore Dei puro in cnusn Femelonii , in-i"; Disputatio de enlliusinsmo Malehranchii, 1710, in-'i-°; De immortalit-Ue hominis, in-i", contre A.sgll, avo^'at anglais, qui avait fait un Ivre dans 1 iiu'd il ôtab'isïsait (|u'Lin homme pouvait, sans passer par 3a mort, être transfér(i de cette vie moitelle à la vie éternel e; une éditian des OFuvres de saint Macaire d'h'yijpte, ^l'ec et latin, Leipzig, 169S et 1699, 2 vol. iii 8'; une édition du Nouveau Testament, en grec, avec }es diverses leçons et des cirtes g'o-^rapliigues, eti'.,Leipzi;;, 1702, 1709 et 171'j-.in-12; ides éditions dus Lettres latines de Milton, Çrorawell, etc., adressées àdiffi'rents princes de l'Europe, Leipzig, 1699, in-12; De statu rcii(jionis christianœ in rei/no sinensi ; De usu rationis; De rausis finalibas, in reruM essentiis explicandis, attendendis; !.]&■> traductions en allemand : du Voi/age de Suisse, d'Italie tt de quelques endroits d'Allemaî/ne ei de France, par l'aniAlais G.lbert Bu. net , avec Ui'.e préface sur l' quiétisiue, L"ipzig, 169.'J, in-12; de ï Essai historique et politique sur la Vie de Marie II, reine d'Anqletcrre, de l'anglais du moine, Leipzig, 1696, in-12. Pritz avait eu oi/tre coopéré aux Acta eruditorum fie Leipzig; il a\a t traduit du fraiiçais en latin l'ouvrage de Huet sur la sdu;dion du
fiaradis terrestre, Leip'ig, 1 ")')i, in-i2, et à a suite de la Demovstralio evanqelica, impr. h Leipzig, in-4°, môme année.
PROCLUS (saint), célèbre ]iatriarclie de Conslantinople, disciple de saint Jean Clirvsoslome, s'ojiposa avec une force mêléi; de douceur aux progrès du nestorianisme. et contribua beaucouj) par ses vei'tus au t ioniplie de la vérité, il nous re^te de lui des Homélies, des Ëpitres. entre lesquelles on distingue celle qui est adressée aux Arméniens sur la foi; et d'autres écrits en gr c, \v\bliés par Kiccardi, Rom'^, 16:!0, in-'i°. On les trouve a:issi dans la Bibliothèque des Pè'es. Son style i st semé de pointes et d'antithèses. Cet illustre |)rélat mourut en iW, apns 13 ans et trois mois d'('-|iiscopat. Saint Cyrille dit « que c'était un hoaune rem|)li de « piété, paifaitement versé dans la coiuiais- « sance de la discif)liue ecclésiastique, et ■ « un observateur exact des canons. «
PUOCOPE (saini) était né il Jérusalem; mais il se retira k Bethsan, autrement appelée Scythopolis, où il fut ordonné lect'^ur et exorciste. II fut aussi chargé d'expliquer la langue grecque en syro-chalàaique. C'était, au rapport de l'auteur de ses actes, ua
homme d'une vertu sublime, qui avait toujours vécu dans uuo chasteté per létuolle, dans 'a iiatienee et dans la pratique des plus grandes austérités. Il possédait |iarfaitement les sciences des Grecs, mais il était encore plus versé tans la co!inaissmce des saintes Ecritures, dont il nourrissait et forlitiait son Ame. [,es é.lits de Dioclé^ien contre le christianisme élaiii arrivés en Palestine au mois d'avril de l'année 303, Procope fut le premiei' lies (idè'es du nays qii versa s'^n sang pour Ji''sus-Christ. 11 fut arrêté à Bethsan et conduit h. Césarée avec pi sieurs aiitres chrélien«, où a\ant refusé de sacrifier aux empereurs, se disant dieux, le gouverneur le condamna à être ilécapité. Saint Pi'ocope est honoré chez les Grecs avec le titre de grand martyr. Eusèbe a éciit les Actes de son mirtyre, et a été témoin oculaire de tout ce au'il v rapporte.
PROCOPE DE GAZA, rhé'eur et sophiste grec, vers 560, a comoosé : une Chaine des Pères qrrcs et le tins sur VOrtnteuque, c'està-dire les premiers livres de la Bilile ; elle P'irnten lado, in-fol.; des Co>n>neiU.aires sur les Livres des Rois et sur les Paralipomènes, que 'deuisins a publiés en grec et en latin, Leyde, 1620, in-'i"; des Commentaires sur Isaie, imprimés en grec et en latin, Paris, 1580, in-fol., dans lesquels il ne s'attache ]ias a-^ez au sen- lit éral, et est dilTus.
PROCOPE-KASE, ou le Basé. C'était un gentilhomme boh'-mien qui, après avoir voya!!;é en Allemagne, en France, en Italie, en Espagne et dans la Terie-Sainte, reçut la tonsure, ce qui lui Qt donner le noin de Rase ou de Rasé. Il Tut même ordonné prêtre; mais, dégoilté de l'état eccl ''siastique. qu'il déshonorait par ses vices et ses erreurs, ii s'attacha h Zisca, chef des hussites, qui eut pour lui une coniiance t lute particulière. Il suciéda à cet aventurier en 1i2V, fit de grands ravages dans la Moravie, duis l'Autriche, dans le Br ndeboin-g, l.i Si ésie et la Saxe; se ren lit maître de plusieurs places et d'une grande partie de la Bohème. Sigismond, lavant vainement coudj iltu. crut que ses négociations seraient plus heureuses que ses armes; il eut une entrevue avec Proco;'e, qui lui demanda baucoup, et n'obtint rien. Ce rebefle, déterminé à continuer la guerre, éci ivit une longue lettre en mauvais latin, pour solliciter les priuces chrétiens d'envoyer au concile de Bàle, indiqué en 14.31, leurs évoques et leurs docteurs, pour disputer avec les docteurs des hu.ssites. à condition de ne prendi'e pour fondement de leurs disputes que le texte seul de l'Ecriture : moyen si^r d'engendrer et de propager toiles sortes d'eneurs, en substituant des explications arbitraires a l'autorité de la tradition des saints Pères et de l'Eglise catholique. 11 écrivit une autre lettre à l'emperf^ur Sigismond, le 22 mai 1432, pour l'engager à se trouver au concile de Bàle. Procope se rendit au conci.e avec ses fauteurs, au commencement de l't33; mais voyant q ;e les affaires ne tournaient pas selon ses désirs, il en repartit fort irrité, et
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conliniia ses courses et ses ravages. Procope nioiinit en l'»3i, des blessures qu'il avait re.uesdaiis un conil)at. Ses deux Lrttres sa trouvent dans le denii<^r volume de la grande Collerlion des Pères Marlène et Durand. — Il ne faut pas le confondre avec Procope, suriininm'' le Petit, chef d'une partie de l'arrai'e des luiss tes, qui accompagna Procope le Rasé, et fut tué on l't^i, dans la môme action où cet aventurier fut 1)1 ssé à mort.
PKODICUS, chef des liéréti(|ues appelés Adamiles, se fit connaftre dans le xi' s:èclo par ses extravagances. La principale, et celle qui a donné le nom d'adamltes à ses sectateurs, fut que l'homme devait être nu, du moins dans la prière, parce qu'A'Iam avait toujours élé tel dans le temps d'innocence. (Voy. Pic\rd). L'abus que les hérétiques ont fait dans tous les temps de la sainte Ecriture, quand ils ont voulu en être les seuls interprètes, prouve la nécessité d'un tribunal suprême pour l'expliquer, et montre de [)lus, contre ceux qui en conseillent la lecture à tout 'e monde, que ce livre divin peut devenir une source d'erreurs dans les esprits faii)les ou corrompus. Gerson remarque que c'est de là « que sont veiuies les erreurs des « béguards, des pauvres de Lyon et de tous « leurs semblables, dtmt il y a beaucoup de « laïcs qui font une traduction delà Bible dans « leur la gue vulgaire, au grand préjudice et « scandale de la vérilé catholique. C'est ce « qu'on a jiroposé de retrancher par le projet « de réformation. » Tractal.de comm. laic.sub utraqiie spccie. ;< C'est, dit-il ailleuis, une « chose trop périlleuse que de donner aux « hommes simp'e; qui ne sont pas -iavanls « les livres de la sainte Ecriture traduits en « franç^'ais, | arce qu'ils |ieuvent, en les ex- « pliquant mal, tomber d'ab ird dans des er- « reurs ; ils (loi^ent écouter cette parole « dans la bouche des |iré lic.ite rs, autre- « ment on prêcherait en vain. » Serin, de Nativ. Duin. 11 se fonde sur la réilcxion suivante : « Comme on peut tirer (jueique bien <-. d'une bonne et li .èle version de la Bkble « en fran(jais, si le lecteur l'entend avec so- « briété, au contraire il aniver.i des erreurs « et (Jes maux innombiables si elle est mal « traduite ou expliquée avec présom, lion, « en rejCtautles sens et les explications des « saints docteurs. » Scrm.cuntra adulât. Voy. Ai-GASiE, Ahundel, EuSTOCniL'M, Harney, Mallet, Maucelle
, naquit dans l'Aquitaine du \' siècJe. 11 |)a-iôa sa
plaisirs et la iléomche;
dont les peuples étaient )arcs lui li-
PROSPKK (saui;) au commenioinent ji'unesse dans les mais les malheurs accablés par h.'s
ravages des bar!
reiit ouvrir les yeux. Après avoir expié les fautes de sa vie |iassée par ses I irmes et par ses austérités, il voulut cnga,j,er les jieuples il l'iiui'er daiis sa pénitence." H se n uirrit des livres de saint Augustin, auquel il s unit pour la défense de la grAoe contre les semi-péj.igiens. Lor-ique ces hérétiques répand rent leurs erreurs dans les (laules, lrosp.>r i,,o ,r,.or,^,, il ,.ct iiiiistn' évêqne. Apres M ûioa du maître, le Oisrinl.» p'on fut
pas moins ardent n défendre sa doctrine. Il réfuta les prêtres de Marseille et Cassien. (Vny. Cassien Jean). Ses écrits ayant excité quelques rumeurs, il alla h Rome avec un pieux laïque, nommé Hilaire, pour porter de concert leurs plaintes au pape. Célestin état sur la chaire de saint Pierre; il écrivit n] leur faveur aux évêques des Gaules. Saint Léon, successeur de Célestin, ne témoigna pas moins d'estime à Prosper; il le fil venir h Rome, le fit son secrétaire, et se servit de lui dans les affaires les plus importantes. Ce saint vivait encore, selon la Chronique de Marcellin, en i63; mais on ignore en quelle année il mourut, et s'il était évêque ou laïque. La plus commune opinion est qu'il n'était point engagé dans le ministère ecclésiastique. Les écrits qui nous restent de saint Prosper sont : un.' Lettre à saint Auijustin et une hRupn; le Poëme contre les ingrats.l\ donne cette dénomination aux pélagiens et semi-pélagiens, qu'il reganle comme des ingrats envers la grâce de Jésus-Christ. Deux Epiqrammes, contre un censeur de saint Augustin; cent seize autres Epigrammcs, avec une préfare; la ife7>on.<e atix objections de Vincent ; le Livre sur la grâce et le libre arbitre , contre le Collateur , c'est-àdire Cassien ; le Commentaire sur les Psaumes, qui n'est qu'un abrégé de celui de saint Augustin; nous n'en avons qu'une partie; le Recueil de 392 Sentences tirées des ouvrages de saint Augustin, en prose, et traduites en vers lalins; deux Chroniques, l'une depuis l'origine du mon le jusqu'à l'an 435, pi.blii'e p r le P. Labbe, dans sa Bib'iothèque des manuscrits; l'autre, nommée Chronique consulaire, jinbliée par Du Chesne dans le 1" volume des Historiens de France. On a altr bué à sa nt Prosper les Livres de la vocation des gentih, qui a ipartiennent avec plus de vraisemi)lance à saint Léon (voyez ce nom et Anthelmi, et l'article suivant), ail si que d'autres ouvrages qui ne sont pas de lui. Cet illustrr défenseur de la gr'.ce a réuni le rare t^ilent d'écrire avec élégance en vers et en pr^se. Ses po-^s^es ont de la douceur, de l'onction et du feu. La diction en est pure ei le touf bise. S'il n'y a point r('panilu certains agréments , c mine les poêles prof;uies, c'est qu'il ne cheichait qu'à édifier et non à |.l ire; la matière d'ailleurs ne le permettait pas. Ses ouvra.;es en prose sont d'un style concis, nerveux, naturel, sans atlectation ni de termes ni de ligures. Dans l'un et d ns r,.utre genre d'écrire, il traite saii sujet avec beaucoup de force et de netteté. La meilleure édition d ■ ses œuvres est celle de Paris, 1711, in-folio, par Mangeant. Jean Sa inas en a donné une éilition enric'iie lie notes, à Rome, en 1732, in-S". Le Maislie de S.icy a donné une traduction en vers frança'S de son Poème contre les ingrats, Paris. 11)46, in-12. M. Migne a publié se-i œuvres complèles sous ce titre; Sancli Prosperi Aquitani, S. Augustini discipuli, S. Leonis papw notarii Opéra omnia juxta Il st. codices , necnon ediliones antiquiores et cn-fligatiorc$ accuratu recognita , secundum
PRO
PRO
ordinem temporum disposila, et chronico intcgro ejusdem, ab orlu rerum risque ad obitum Vnlentiniani III et Rnmam a Vandnlis captam pertinente Incupletala : accedunt Idatii et Marcellini comitis Chronicn ad exc/uisitnm Sirmondi editionem recensita , Paris, (Petit-Montrougp), 18i6, 1 vol. in-i".
PROSPER (saint), évoque dOrléans , se signala par ses vérins et ses Inmières. Il l'tait contemporain de saint Prosper d'Aquitaine ; il succéda vers l'an 45^ h saint Aignan, sur le siège d'Orléans. Quelqu(^s auteurs l'ont pris, mais sans fondement, pour l'évêque de ce nom qui assista aux conciles qui se tinrent h Vaison et à Carpentras dans le vi° siècle. On ignore en quelle année il mourut. Il est nommé dans le Martyrologe le29juillet.
PROSPER , écrivain ecclésiastique du V siècle, qui , pour éviter la persécution des Vandales, avait passé d'Afrique, sa patrie, en Italie. Quelques critiques prétendent que c'est ce Prosper qui est auteur du Traité de la vocation des gentils et de VEpitre à la vierge Démétriade , dans VAppendix augustiniana, Anvers, 1703, in-fol. Quelques-uns lui attribuent aussi l'ouvrage intitulé De prœdictionibus et promissionibus Dei, qui se trouve dans la collei lion des ouvragi^s de saint Prosper d'Aquitaine. C'est une explication de plusieurs prophéties relatives au Sauveur, à l'Antéchrist, etc.; mais plusieurs savants ne rega'dent pas la distinction de Prosper l'Africain et de Prosper d'Aquitaine comme suirisamment fondée. — Quelquesuns distinguent un Prosper Tyro , de qui on a une Chronique appelée en lalin : Chronicon pithœenum et imperatorium , dont Henri Noris a corrigé les erreurs dans VHistoire pétagienne, tom. II, chap. 15. D'autres croient que cette chronique est la même que celle de saint Prosper d'Aquitaine, mais falsiliée par un pélagien.
PROTAIS (saint), Protasius. Voy. Gervais.
PROTHADE (saint), évéque de Besançon oans le VII' siècle, était fds ou du moins trèsproche parent de Prothade, maire du palais de Bourgogne, et se consacra de bonne heure au service des autels. Ses lumiè.es, sa vive piété lui gagnèrent l'affection de l'évêque Nicet, auquel il succéda en 61-2 ou G1.3 sur le siège de Besançon. Prothade maintint la discipline, chassa les simoniaqu s et préserva les fidèles de son diocèse des erreurs qui infestaient les pays voisins. Le roi Clotai. e il avait pour ce prélat une grande vénération, et le consultait souvent. Pour llxer le* cérémonies, Prothade composa un Rituel, qui continue d'être cité so s son nom , malgré les nombreux changements qui y ont été apportés depuis et qui en ont fait un ouvrage entièrement neuf. Dunoi l'a publié dans les Preuves de ÏHistoire de l'Eglise de Besançon, pages 28-61 , à la suite de V Histoire du premier royaume de Bourgogne. Prothade mourut en 621, le 10 février, jour oj l'Eglise honore sa mémoire. La jilus grande partie de ses reliques est conservée dans ré,^lis 'de Saint- Pierre de Beoançoii, où il fut inhumé. Sa Vie par P.-Fr, Chifflet est iasérée dans les
Acta Sanctorum,iiv dom Rivet lui a consacré une Notice dans VHistoire lilt. de la France, tom. III, pag. 531.
PROU (Claude) , religieux célestin, né à Orléans, entra dans cet ordre, et y fit profession (le la vie monastique le Î5 novembre 1666. 11 s'y distingua par sa piété, sa ri'gularité et la composition d'ouvrages édifiants et estimés, dont voici les titres : Les Regrets d'une âme touchée d'avoir abusé longtemps de la sainteté du Pater, Orléans, 1691, in-12: livre plein d'onction , qui fut bien accueilli des personnes pieuses, et qu'on recherche encore; La Vie de saint Lyé, solitaire de Beausse , Orléans, 1694-, in-S"; Réjlexions chrétiennes sur la virginité, 1693 , in-8°, et 1700, avec une augmentation de se|it chapitres; elles reparurent sous ce litre : Réflexions importantes sur la virginité ; Le Guide * des pèlerins deN.-D. de Verdelays, Bordeaux, 1700, in-8". Verdelays {Viridis Lucus) est un monastère du diocèse de Bordeaux, célèbre par son pèlerinage et la dévotion des fidèles; Dispositions nécessaires pour le jubilé de Vannée sainte, Bordeaux, 1700 ; Instructions morales touchant l'obligation de sanctifier les dimanches et les fêtes, Bonieaux , 1703, in-S", etc. Le P. Prou m-urut au monastère de Verdelays, le 20 décembre 1722. L'auteur de l'Histoire des Célestins de France le nomme Proust; c'est mal à propos
PROUSTEAU (Guillaume), jurisconsulte, né à Tours le 26 mai 1626, d'un marchand de celte ville, étudia sous les jésuites à La Flèche, et au collège de Loi is-'e-Graml. Il fit son cours de droit à Poitiers et àOiIéans, et se fixa dans cette dernière ville, où il suivit le barreau pendant quatre ans. Il voyagea eus iileen Hollande, en Allemagne, en itaiie, en Espagne, d, de retour à Orléans, il obtint au concours une chaire de droit en 1668. Il était bienlai.sant, et il mérita le surnom de Père des pauvres. 11 mourut à Orléans le 19 mars 17u5. Prousteau était un biblioj)hile éclairé, > t c'est lui qui fonda en 1694 la bibliothèque d'Orléans, en léguant sa collection de livres aux bénédictins de Bonne- Nouvelle de cette ville, à condition qu'elle serait ouverte au public trois jours par se maine. On a de Prousteau : l'Eloge funèbre de Desmahis , chanoine d'Orléans, in-12, en latin ; trois discours sur la Pénitence, Orléans, 1680, u\-ï° ; Recitationes ad legem 23 contractus, ff. de regulis juris, ibid., 168'+, in-i", ouviage dans le juel Prousteau réfute Sauniaise , qu il assure s'être montré dans son traité de Mutuo plus philologue que juriscon-ulte.
PROVANCHERES ( Barthélemi de), né à Langres,d'ui.e famil.e considérée, était frère puîné de Siméoii de Provanclières qui exerça la médecine avec honneur à Sens. A^yant embnissé l'èt.it ecclésiastique , il ob'int par le 01 édit de ce frère une .place de chanoine et celle de trésorier du cliapiire de la cathédrale de S(;ns. Il se fit quelque réputation par des ora.sons funèliies qui furent im) rimées à Sens, puis à Paris. « On y entrevoit, « dit un biograi^he, des lueurs de talent ora-