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relis^icux retracèrent rimage des anciens solitaires de la Théhaïde. Le r(''formaleur les i.i-iva des amusements les plus permis. L e- Uideleur fut interdite; la lecture de I Ecriture sainte et de quelques traités de morale, voilà toute la science (juil disait leur convenir. Pour appuyer son idée, il publia son Tmité de la sainlclé et des devovs de l état vwnoitique: ouvrage qui causa une dispute entre l'austère réformateur et le doux et savant .Mab.llon {Voy. l'article de celui-ci). Cette cuem-e ayant été calmée, il fallut (ju il^ en soutint une autre avec les partisans d .\rnauld. 11 écrivit sur la mort de cet homme fameux une lettre M'abbé Nicaise, dans laquelle il s'exprimait de celte sorte : « Enlin, « voilà M. Arnauld mort 1 après avoir poussé « sa carrière aussi loin qu'il a pu, il a fallu « qu'elle se soit terminée. Quoi qu'on dise, « voilà bien des questions Unies. Son éru- « dition et son autorité étaient d'un grand « poids pour le parti. Heureux qui n'en a « [loint d'autre que celui de Jésus-C'tnst ! » Ces quatrelignes produisirent vingt brochures contre lui, et les jansénistes ne lui parJonnèrent jamais. La part qu'il prit aux démêlés théologiques entre Bossuet et Féiielon, et qui se réduit à deux lettres très-courtes adressées à l'évoque de Meaux, publiées contre le gre de celui qui les avait écrites, lui attirèrent des vers très-piquants du duc de Nevers :
Cet al)bé, qu'on croyait pétri (le sainlclé, Vieilli dans la reirai c el dans riimnililé, Orgueilleux de ses croix el boudi d'abstinence, Rouipl ses sacrés slaluls en rompant le silence, El, contre un sainl prélat s'aniiuanl aujourdlmi, Du fond de ses déserls déclame contre lui ; El, moins humble de c rur que lier de sa doclrine, Il ose décider ce que Rome examine.
L'abbé de la Trappe, accablé d'infirmités, se démit de son abbaye. Le roi lui laissa le choix du suji t, et il nomma duin Zozime, qui mourut peu de temps a(irès. Doin Servais. ■, q\ii lui succéda, mit le ti-ouble dans li mai.^on delà Trappe. 11 inspirait aux religieux un nouvel esprit, opposé à celui de l'ancien abbé, qui, ay ait trouvé le moyen d'obtenir une démission, la lit remettre ei.tre les mains du roi. Le nouvel abbé, sur|)ris et irrité, courut à la cour noircir l'abbi'; de Rancé, l'accusa de jansénisme, de caiirice, de hauteur; mais, ii;algré toutes ses manœuvres, dom Jacipies de La Cour obtint sa place. La |iaix ayant été rendue à la Trajipe , le pieu\ réformateur niuurut tranquille, le26octobie 1701). Il expira couché sur la cendre et sur la paille, en présence de l'évècpie de Sée/. et de toute sa communauté. L'aiibé dt; Rancé jiossédait de grandes qualités, un zèle tu-dent, une ])iété éclairée, une facilité extrême à s'éiKuicer et à écrire. Son stjle est noble, [lur, élégant; mais il n'est pas assez [irécis. Il ne prend souvent que la lleiu' des sujets, et ne s'arrête [las à les aiiproloiiilir. « Stuis rien ùler à sa « [)iété , dit un écrivain très-imparti.il, ni à « se^ vrais talents, on jieut dire qm^ c'est le « feu, rimaginalion, la facilité et l'élégance « qui douiiucnl dans ses écrits ; et que si
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« personne ne s'exprime avec plus de grAre, « et ne tourne une pensée en plus de ma- « nières intéressantes , il ne pense pas tou- « jours aussi parfaitement qu'il s'exprime; « il ne médite pas assez les choses, et ne fait « souvent qu'effleurer les matières. » Dans le temps qu'il était lié avec les jansénisies, il adopta plusieurs de leurs opinions sur parole, et avança des choses qui ne peuvent avoir été le résultat de son jugement propre. C'est ainsi qu'il attribuait aux décisions des casuistes les désordres de la plupart des pécheurs qui venaient se jeter entre ses bras: « Comme si les consciences cautérisées, dit « l'abbé Béraull, qui allaient chercher leur « dernier remède à la Trappe, s'étaient fort « occupées auparavant de la lecture des mo- « ralisies. « il y a toute apparence que l'abbé s'en était peu occupé lui-même, ou du moins n'av.iit pas étudié leurs sentiments dans les sources. Vot/. Busembaijm,Escobar, Pascal. L'ambition avait été sa grande passion avant son changement de vie ; il tourna ce feu qui le dévorait du côté de Dieu; mais il ne put pas se détacher entièrement de ses anciiMis amis. 11 dirigeait un grand nombre Je personnes de qualité, et les lettres qu'il écrivait continuellement en réponse aux leurs occupèrent une partie de sa vie. Voltaire a dit « cpi'il s'était dispensé , comme lègis- « lateur, de la loi qui force ceux ijui vivent « dans le tombeau de la Trap|)e d'ignorer ce n qui se passe sur la terre. » Mais on peut dire, pour l'excuser, que sa [ilace l'obligeait à ces relations, et qu'il s'en s-rvait souvent pour ramener les personnes du monde dans la voie du salut. On ne peut cependant s'empêcher de reconnaître dans ses démarches les plus louables un air d'éclat et d'ostentation, que la sainteté chrétienne évite pour l'ordiniire avec tant de soin. On a de lui: ii'ie traduction française des OEuvres attribuées à saint Dorothée; Explication sur la règle de saint Benoît, in-12; Abrégé des obligations des chrétiens ; Repérions morales sur les quatre Evangiles, k vol. in-12; et des Conférences sur le même sujet, aussi en 4 vol.; Instructions et maximes, in-12; Conduite chrétienne, coniiioséa pour madame de Guise, in-12; un grand nombre de Lettres spirituelles, en 2 vol. in-12; plusieurs écrits au sujet des et des monastiques; Belalion de la vie et de la mort de quelques religieux de la Trappe, en k vol. in-12, auxquels on en a ensuite ajouté 2; les Constitutions elles rèqiements de l abltuyc de la Trappe, 1701, 2 vol. in-12 ; De la sainteté et des devoirs de j la vie monastique, 1683, 2 vol. in-4°, et des i Eclaircissements sur ce livre, 1685, in-4-°. Cet ouvrage el les Eclaircissem nts ont été réimprimés à Paris, 18i6, 2 vol. in-8°. Voy. les Vies de l'abbé de Rancé, comijosées par Maupeou, curé de Nonancourt, Paris, 1700, in-12; par Marsollier et par dom Le Nain, el le (icnuinus characler palris Armandi Joanvis Kancœi, par Inguimberti. On peut consulter aussi V Apologie de Rancé, par dota (iervaise, contre ce qu'en dit dom Vincent Tliuillier dans son Uistoire de la contesta-
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tion excitée au sujet des études monastiques, au tome I" des OEuvres poslliuraes des PP. Th'erry Ruinait et Jean M.ihillon. Il y a d'exce'lenles r.'tlexions uans cette apologie, mais trop de hauteur et de vivacité. À ce que Maisollier écrit dans la Vie de Rancé, liv. iv, pag. 44-60, édit. de Paris, 1703, in-4", pour le disculper du soupçon de jansénisme, et la Lettre écrite à l'alibé Nicaise, dont nous avons parlé, il faut ajouter deux Lcttrrs à madame de Saint-Loup, pui)liées sur les originaux par le cardinal de Bissy , à la lin de sa Ri'ponse aux jansénistes, qui avaient attaqué son mandement pastoral de l'an 1710. Rancé avait été favorable au parti, et avait contribué à répandre, avant sa conversion, les Lettres provinciales ; mai'^ dès qu'il connut la secte, il s'en détacha. Cependant quelques hommes sévères auraient voulu que, ayant connu l'erreur, il se fût appliqué à la démasquer, et que, non content de la repousser lui-même, il eût averti avec plus d'acli\'ité et d'éclat ceux qui pouvaient s'y être engagés à la faveur de son nom. « .Sa « réserve,dit un historien très-orthodoxe, ne « plut à aucun des partis, ou plutôt elle les « choqua l'un et l'autie, et les lui mit pres- « que également à dos. Tant la neutralité en « matière de foi, ne fiU-elle qu'apparente, « fait de fâcheuses impressions dans les es- « prits. Toujours elle réjiandsur les vertus, « même les plus éclatan'es, des ombres que « les meilleurs apologistes ensuite ne réus- « sissenl pas toujours à dissiper. » M. le baron d'Exauvilloz a écrit la Vie de l'alibé de Rance, Paris, 1 vol. grand in-18. C! àteaubriand a aussi écrit sa Vie, Paris, 184-4, 1 vol. in-8°. Voy. Chateaijbriand et Séguin.
RANCHIN (Guillaume), parent d'Etienne Ranoliin, qui se fit un nom par ses ouvrages parmi les jurisconsultes, et qui mourut en 1583, l'i Montpellier, où il professait le droit, était ."ivocat du roi à la cour des aides de Toulouse. On a de lui : Révision du concile de Trente, Toulouse, in-8°. Ce livre, imprimé en 1600, a inspiré des soupçons sur sa catholicité; plusieurs ont même assuré que Ranchin état réellement protestant. Il est certain que l'auteur a donné lieu à cette assertion, et que, dans les prétendues nullités qu'il trouve dans ce concile œcuménique, il a emprunté le langage des novateurs de ce temps-Li. — Il nef. ut pas le conloiidre avec Henri Ranchin, conseiller à la cour des comptes de .Mont|)elli(r, de la même famide, auteur d'une assez mauvaise traduction des Psaumes, envers fiançais, 1697, in-12.
RANÇONNIER (Jean), missionnaire, né l'an 16t)0 dans le comté de Bourgogne, embrassa la règle de saint Ignace, étant iïgé de 19 ans, au collège de Malines où il avait fait ses études. En 1025, il partit pour le Paraguay, et il se rendit, en 1632, chez les Itatines, qu'il convertit à la vérité chrétienne. Le P. Rançonnier fut l'apôtre et le législateur de cette peuplade, au milieu de laquelle il termina sa vie. On a de lui des Lettres sur l'état des missions dans le Paraguay, datées de 1626 et 1627, et publiées à Anvers, en
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16.36, in-8°. Suivant Léon-Pinelo, dans son Epitome, col. 662, ce ne serait qu'une version latine de VEtat des m ssions du Para- Ru 'y, publié en ital en parle P. Nicolas Mastrillo. 1027, tiré du Mémorial du P. Fr. Purgis, et que le P. Dulialde a donné en français dans le douzième recueil des Lettres édifiantes. On peut consulter sur le P. Rançonnier le livre vni de Vllist. du Paraguay', i)ar le P. Charlevoix.
RANFAING (Marie-Elisabeth de), fondatrice de l'institut de Notre-Dame de Refuge, en Loi raine, née le 30 novembre 1592, à Remiremont , est connue sous le nom de vsnér. mère Elisabeth de la Croix de Jéstis. Ses parents, qui étaient d'une famille distinguée, soignèrent son éducation. Sa piété l'éloignait du monde; mais elle dut accepter la main d'un gentilhomme grossier et brutal, nommé Dubois, qui la rendit malheureuse, et qui, touché enfin de son inaltérable douceur, finit par reconnaître ses torts envers elle. Son époux, étant mort en 16^6, lui laissant trois enfants et une fortune délabrée, madame de Ranfaing lit vœu de se consacrer désormais exclus vement à Dieu, et s'adonna à la pratique des austérités de la pénitence. Un médecin de son voisinage, s'étaiit épris d'elle, parvint h lui faire avaler un philtre. ANant été découvert, il fut pour-uivi comme magicien, et brûlé le 22 avril 1622, avec une servante condamnée comme sa complice. M"" de Ranfaing, après sa guérison, réso'ut d'entrer dans un monasièro ; mais d'insurmontables obstacles s'opposèrent à son vœu. C'est alors qu'elle établit dans sa maison un asile pour recueillir les jeunes infortunées qu'une première faute condamne à d'étemels mépris; et le repentir eflicace ([u'elle vit naître che/. elles fut la récompense de ses efforts. Telle fut l'origine de l'institution do la communauté religieuse de Notre-Dame de Refuge, q.i fut faite par l'évèque de Toul, Jean de Porcelet. Madame de Ranfaing reçut du prélat l'habit monastique, le 1" janvier 1631, ainsi que ses trois filles qui voulurent suivre si.n exemple, et sept de ses pensionnaires, dont la vocation avait été suHisammeot éprouvée. Le pape Urbain VllI approuva, en 1634, le nouvel institut qui s'étendit promptement d.ms la Lorraine, le comté de Bourgogne et les provinces méridionales de la France. Madame de Ranfaing se rendit dans diverses villes pour y fonder des njaisons, et mourut à Nancy, en odeur de sainteté, le 14 janvier 1649, âgée de 57 ans. Roinlon a pubjfié la Vie de cette vénéralile religieuse, sous ce titre: Triomphe de la Croix en la personne de Marie-Elisabeth de la Croix de Jésus, Bruxelles, 1086, in-12. LeP. Frizon et Collet en ont donné un abrège. Voy. aussi le Dictionnaire des ordres religieux, par Hélyot, édité avec de nombreuses corrections et augmentations, par M. l'abbé Migne, 1848, 4 vol. in-4°.
RANGŒRUS, Rangier, cardinal et archevêque de Reggio dans la Calalire, né dai:s le diocèse lie Re.ms vers 1035, mort vers 1110, étudia sous saint Bruno, avec Eudes ou Odofl,