‹ Dictionnaire de biographie chrétienneChapitre 120 sur 341 · CG · texte numérisé non relu

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et occupa les places les plus distinguées dans son jiays. Les rois d'Espagne, a'ors maîtres des deux Siciles et d'une portion île l'Italie, l'employèrent successivement dans les affaires les I lus délicates. Il fut président de la grande chambre de Palerme, grand juge du royaume de Sicile, et régent du conseil suprême d'Iialie. Raimundetto avait aussi étudié le droit canon, et il publia les ouvrages suivants : Resp^nsum jiiridicum super spoiiis ac fnutibns viduarwn Ecclesiarum reyni Siciliœ sacrœ catholicœ majestati compeien- 'tibus ; De omnibus prœlatis ccHerisque ecclesiasticis hene/iciis regio juri palronatui addictis ; An scilicet possit de lis in usus mère profanas disponere ?

RAINALDI (Oderic), né à Trévise, en 1595, d'une famille patricienne, entra chez les Philippiens ou prêtres de l'Oratoire, et s'a^ipliqna au môme geiu-e d'étude que son confrèi'c Baronius; mais il s'en faut bien que sa Continuation des annales de ce cardinal soit aussi estimée. Il y a lieaucoup de recherches et d'érudition, une manière de voir sage, équitable et parfaitement orthodoxe ; mais sa critique n'est pas assez sévère et assez éclairée ; sa narration n'i'st pa^ toujours exacte, ni en général fort intéressante. On en a cependant imprimé un Abrégé à Rome, en 1669, in-fol., et 1670, 3 vol. ii:-Y°. ■Rainaldi mourut le 22 janvier 1671. Sa Coktinuation, imprimée à Rome, in-fol., iik6-~1, en 0 vol., s'étenil de uis 1199 jusqu'en 1569.

RAINALDI (François), jésui e, né Tan 1600, à Matelica dans la Marche d'Ancône, entra dans la socié é en 1622, et passa le reste de sa vie dans la maison professe de Rome. Il publia, sous des noms empiuntés, plusieurs ouvrages de piété, écrits en italien. Nous citei'ous ■.Nourriture de /"di/if, ou Pratique de l oraison mentale par rapport à la passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ, les jours du mois, etc., sous le pseudonyme de Joseph Rainaldi, Rome, 1637, in-i2;ibid., 1662, in-12; souvent réunprimé en divers endroits; une Vie de Jacques Laincz, second général de la compagnie de Jésus, |)ubliée sous le nom de François Delarini, anagramme de Rainaldi, Rome, 1672, in-8°. Southvell lui a consacré un article dans sa Bibliotheca socictatis Jesu, page 246. Le P. Rainaldi mourut à Rome en 1677.

RAINAUD (Paul), prédicateur célèbre, né aux îles d'Hières, en Provence, l'an 1685, mon à Paris en 1770, âgf' de 85 ans, entra dans la congrégation de l'Oratoire, et s'y distingua par sa simplici:é modeste comme par ses talents. Il attira la foule à ses sermons et mérita les suffrages des hommes de goût. Le sermon c[u'il lit sur les spectacles passe pour son chef-d'œuvre. Louis XV le nomma à deux évè hés qu'il rcl-usa.

RAINAUD ou RAYNAUD (Guillaume), docteur en tbéoiogie et missionnaire apostolique, de l'orore des Frères prêcheurs, vers le uiilieu du xvn' siècle, publia des Sermons pour une oi tavc de la Nativité de la sainte Vierge, qu'il avait prêches dans l'église de Notre-Dame de la Platière de Lyon, Lyon,

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16G8, in-8° ; et des essais da Panégyriques des saints, prononcés dans dillérciitcs ôi^lises de Paris, Paris, 1688, in-8". Les uns et les autres sont à peu près oul:)liés aujourd'hui. ■ R AIMER, dominicain de Pise, vice- chancelier de l'Kglise romaine, et évêque de Ma- ■gucloiie, mort en 124-9, est auteur d'un Dictionnaire théologique, qu'il a intitulé Panthcologia. La meilleure édition de cet ou- 'vrage est celle de Lyon, Ittoo, 3 vol. in-fol. , avec les additions du P. Nicolai, dominicain. RAINOLDS (Guillaume et Jean ), deux frères anglais, que de singulières circonstances portent à réunir dans un même article, étaii'Ut nés Ions deux à Pinboë, dans le Dovonshire : Guillaume en 1539, et Jean en Joi9. Elevés, dit-on, séparément et hors de leur pavs, Jean le fut dans la religion catholique et Guillaume dans les pr;nci| es de la réî'ormation. S'étant un jour rencontrés, et fâchés de se trouver de croyance dill'érenle, ils cherchèrent mutuellement à se faire changer de sentiments, et, disputant avec force, chacun en laveur du culte auquel il appartenait, ils usèrent de raisons si convaincantes, ou qui parurent telles à celui h l'égard duquel on les employait, que le protestant résolut de se faire catholique, et le catholique protestant, d 'ssein qu'ils ell'ectuèrentl'un et l'autre. C'est ce que iap|)iirte, sans dou e d'apiès dos autorités, Rayle, qui pourtant doute du fait, do t le biuit s'était assez accrédité pour tpie l'anecdote devint le sujet d'une épigramrne latine (1). Qm i qu'il en soit de cette lutte singulière, et de son effet plus extraordinaire encore, s'il mérite qu'on y ajoute foi, il est certain que Guillaume Rainolds, d'abord protestant, et qui même avait été ministre d ns cette communion, se fit catholqie et al>jura à Rome l'hérésie à laquelle il avait été attaché. Fixé en France après son letour (i'italie, il professa à Reims l'Ecriture sainte et l'hébreu dans le collège des Angla s. De plusieurs ouvrages qu'il a lassés, nousciteions : un traité De sacra Scriplura ; un autre De ecclesia ; Colloquium intcr Rainoldmn et Gentilem; des Sermons sur les psaumes 17, 17 et 48; Orationes duodecim; Explanalio prophetariim Afif/œi et Ahdiœ: Caliino-tiircisnuis, id est ralviiiisticœ pcrfidi'c cum maliumelanacollatio, et dilucida utriusqiie sectœ confutatio, avec Guillaume (lilfiird, Anvers, 1597, et Cologne , 1G03. Rainolds n'eut pas le temps

(1) Voici celle opigramnie rapportée par le docteur Hcjien, qui fait aussi meiilion de ce fait singulier :

Uella iiiler i^cniinos plus qnam civilia fralres

Tiaxcial anilii^uus ictligioiiis apex :

lllo rcloriiiala: lidci (|iio pai li us iiistal, lili' irloriiiaïKlarii il('n(';j;al esse lidcin ; Proposilis causa; raliouibtis, aller uuiiiquc

Coiicurrere pares et cecideie pares.

QuoJ fuit in volis, fralreiii capit aller ulrinque :

Quod fuit iii l'alis, per.il iilerque (idem. Caplivi geinini, sine caplivaiiU; luciuiit, Kl Victor vil li iransl'iiga castra petit. Quoilgenus hoc pugiiai esl, ubi viclus gaudct

[iilerque, tl tamen alteruler se supcrassc dolei !

d'achever ce livre, étant mort k Anvers le 24 août 1594 ; mais Gitford y mit la dernière main et le publia. Le protestantisme y était violemment attaqué. L'ouvrage ne fut pas sans réponse. Suilivius, ministre protestant, y en opposa une autre, sous ce titre : De Turcopapismo, hoc est de turcarum et papistarum adversus Chrisli Ecclesiam et fidem conjuralione, eorumque in religione et moribus consensione et similitudine , liber vmis. Départ et d'autre la luodération ne fut point observée, et les injures se mêlèrent aux raisons. De justa christianœ reipublicœ in reges impios et hœreticos auctoritate,justissim(ique calholicorum ad Henricum Navarrœum et qucmcunque hœreticum, a regno Gatliœ repellendum, confœderatione, Anvers , 1592 , in-S"; diatribe séditieuse dédiée au duc de Mayenne, dont le but était de rendre Henri m et Henri IV odieux, et de faire prévaloir la ligue. Quelques-uns ont attribué ce livre à Guillaume Rose, évèque de Senlis; d'autres à GitîonI, à Jean Boucher, curé de Saint-Benoit, à un jésuite, etc.; mais il parait constant qu'il est de Guillaume Rainolds, lequel (ht lui-même l'avoir entfe|)ris à la prière du duc et du cardinal de Guise, depuis tués à Blois. L'opinion de Bayle est aussi qu'il faut le donner à l'auteur du Ca/t'inoturcismus. Quant à Jean Rainolds, frère puîné de Guillaume, élevé dans l'université d'Oxford, il y avait ensuite professé la tiiéologie. En 1598, il était devenu doyen de Lincoln, bénélice qu'il résigna pour prendre la pr.'sidence du collège de (Corpus Cliristi. 11 avait travail é à la version de la Rible en anglais, et à la critique de liv.es sacrés regardés connue apocryphes par les protestants. Il est auteur d'un grand nombre de livres de controverse coutie l'Eglise romaine, notaiument d un traité intitulé : De idololatria Eccicsiœ romance. 11 mourut en 1607, âgé de 58 ans. On dit qu'il penchait vers le puritanisme.

RAINSSANT (dom Jean-Firmin), religieux bénédictin, né à Suippe , village de Cliampagne, l'an 1596, fit profession à Verdun, dans le monastère de Saint-Vanne, siège de la célèbre congrégation de ce nom, que Didier de La Cour venait d'y établir. Voy. Cour. Le mérite et la piété du jeune religieux le tirent bientôt appeler aux premiers emplois de l'ordre. Lorsqu'en 1630 le cardinal de Richelieu, devenu abbé de Cluny, voulut y introduire la réiorme, il demanda, pour l'aider dans l'exécution de cette entreprise , plusieurs sujets aux Pères de Saint-Vanne. Dom Rainssant fut du nombre des dix-huit religieux que les Pères lui envoyèrent. Le cardinal unit par un concordat l'ordre de Cluny h la congrégation de Saint-Maur, fondée sur les mêmes bases que celle de Saint-Vanne ; mais cette réunion cessa en 1644, et dom Rainssant avec ses confrères obtinrent du pa| e un bref de translation, pour rentrer dans la congrégation de Saint-Maur. En 1645, il fut prieur de Saint-Germain-des-Prés k l'aris, et il était déliniteur au cha|)itre de 1648, où il se démit de la supériorité. Nom-

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lué visiteur de Bretagne, il tomba de cheval eu remplissant celte fonction, se cassa une jambe, et mourut au couvent de Lehon, près Dinan, le 8 novembre 1651, des suites de cet accident. On a de dom Rainssant : Lettre adressée à Mgr le prince François de Lorraine, évéque et comte de Verdun, prince du Saint-Empire, pour V éclair cissemenl du différend mu entre les révérends Pères bénédictins de la congrégation de Saint Vanne et de Saint-IIidulphe, 1630, in-8°. La question était de savoir si les supérieurs, après cinq années d'exercice, pouvaient être réélus immédiatement; le pape renvoya l'atlairB à l'évèque de Verdun, qui se prononça pour l'aflirm tire, et dont le jugement fut confirmé au parlement de Paris. L'avis qui prévalut éiaii aussi celui de dom Rfiinssant ; Les merveilles de Notre-Dame de Bethléem en l'abbaye de Ferrières en Gâtinois, Paris, 1633, in-2'i- : dom Rainssant était alors jirieur de Ferrières ; Méditations pour tous les jours de l'année, tirées des évangiles qui se lisent à la messe, et pour les principales fêtes des saints, acec leurs octaves, Paris, 1633, in-12; ibid. , 1()V7, 1679, édition corrigée et mise en meilleur français par Bulteau; 1683, 1699, in-4°. On peut consulter sur ce reli,.^ieux {'Histoire littéraire de la congrégation de Saint-Maur, de dom Tassin, p. 38-61. — Un autre Rainssant, religieux minime, né à Rrims, parut avec éclat dans la chcftre en France, en Lorraine et dans les Pays-Bas, et mourut dans un âge avancé, à Nancy, le 16 mars 1639. Il était vraisemblablement de la môme famille que le précédent.

UAISS (Arnould), chanoine de l'église de Saint-Pieire, à Douai, et savant hagiograçlie, était né dans cette ville vers 1380. Il lorma le dessein de recueillir et de publier tout ce qui t>ouvait avoir rapport aux saints des Pays-Bas, au culte dont on les honorait el à leurs reliques. Cet^e entreprise demandait du travail et beaucoup de recherches.il n'épargna ni peines, ni frais, ni voyages. Il parcourut les diverses provinces belgiques , visita les églises et les monastères, fouilla leurs archives et les autres dépôts i)utilics, et en tira une foule de renseignements qui servirent de matériaux à un grand nombre d'ouvrages, dont les principaux sout : Auctariun ad natales sanctorum Brlgii Johannis Molani, Douai, 1726, in-8"; Ilierogazophylacinm belgicum. Do ai, 1628, iu-8". L'auteur y traite des reliques conservées dans les Bays-Bas ; Peristromata snncionim , Douai, 1630, in-8" ; Origines cartusiarum Belgii , Douai, 1623, in-i°; Belgicachristiana, Douai, 1633, in-il." : c'est l'histoire des évèques et prélats des provinces llamandi-s , dans le genre du Gatlia christiana ; Vita beatœ MajiVt ftajf/itr, Douai, 1621, in-8°. Celte sainte tille , née dans l'ile de Chio , était du tiers-ordre de Saint-Dominique. Sa Vie avait été écrite en espagnol par Jean-Pierre de Saiagosse, et depuis traduite en français. Raiss la mit en latin. Cœnobiarcha Crispiniensis, , Douai, 16V2, in-4-° : c'est l'histou-e de la vie des abbés du monastère de Crépin,

abbaye de l'ordre de Saint-Benoit en Hainaut ; Vita sancti Landelini, abbatis et fundatoris Crispiniensis. Saint Landelin vivait au yuv siècle, et fonda l'abbaye de Lobes et celle de Crépin : ce dernier ouvrage est son histoire. Vita sancti Aybrrti, Crispiniensis ascetœ et reclusi. Raiss donna en outre une nouvelle édition avec corrections et augmentations du livre intitulé : Cœnobiarchia Ogniaccnsis Francisci Mosschi, Douai, 1636. Il mourut il Douai le 6 septembre iQki. RAMBOUILLKT. Voy. Angennes.

RAMPALLE. Voy. Pierhe de Saint-André.

RAMPEGOLO où RAMPIGOLI (Antonio), appelé aussi Rampclogo et Ampelogo, religieux augustin, natif de Gênes, fut choisi au concile de Constance, ranlV12, pourdispuler contre les partisans de Jean Hus, et il assista, dit un auteur moderne, au concile de Bùle en H-33. Il composa un ouvrage dont le but était de fournir aux prédicateurs un ensemble de textes pris de l'Ecriture sainte, desquels il indiquait le sens moral. Cet ouvrage qui a pour titre : Biblia aurea et quelquefois Figurœ bibliarum ou Repertorium biblicum, fui plusieurs fois réimprimé, avec des corrections, dans le xv' et le %\i' siècle. Mais il s'y était glissé lieaucoup d'inexactitudes, et même des erreurs contre la foi, cjui 11" firent prohiber par le pape Clément VIII, jusqu'à ce que l'on eût fait disparaître toutes les propositions hétérodoxes : ce qui fut cxéculé en 1628. L'année de la mort de Rampegolo est inconnue.

RAMPEN (Henri) , docteur en théologie, né à Huy dans la principauté de Liège, le 18 novembre 1572, enseigna le grec et la philosophie à Louvain, et y donna pendant plusieurs années des leçons d'Ecriture sainte. Il fut président du collège de Sainte- Anne et du grand collège. Il termina, à Louvain, le k mars 1641, sa vie qui avait toujours été édifiante. Nous avons de lui un Commentaire sur lesquatrc Evangiles, qui contient d'excellentes remarques, à Louvain, 1631-33-3'i., 3 vol. in-4°.

RAMSAY (André-Michel de), chevalierbaronnet en Ecosse et chevalier de Saint- Lazare en France, docteur de l'université d'Oxford, naquit à Ayr en Ecosse en 1686, d'une branche cadet'e de l'ancienne maison de Ramsay. Il eut dès sa plus tendre jeunesse un goût décidé pour les sciences, surtout pour les mathématiques et pour la théologie. Il aperçut bientôt la fausseté de la religion anghcane. Après avoir longtemps hésité entre les diveises opinions philosophiques, il consulta les théologiens d'Angleterre et de Hollande, et ne fut pas moins embarrassé. Il ne trouva la vérité que dans les lumières de l'illustre Fénelon, archevêque de Cambrai, qui le fixa dans la religion catholique en 1709. Ramsay ne tarda pas à se faire connaître en France et dans les pays étrangers, par des ouvrages qui, sans être d'une grande étendue, annonçaient d'heureuses dispositions. On lui confia l'éducation du duc de Château-Thierry, et ensuite celle du prince de Turenne. Le roi d'An-

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glc(erre,ou Ib prétendant Jacques III, l'appela en 172V h Home, nù il était rt-fiigié, pour lui conlicr une pnrtio de l'éducntiondes princes ses enfiiiils; rnnis des brniiilleriesde cour l'obligèrent de revenir on Fian'^e. Ramsay fit. en 1730, un vuy.ige en An,^leier^e, où il fut admis h la société royale de Londres et reçu docteur ?i l'universiié d'Oxford. A son retour en France il devint intendant du prince de Tiirenne, depuis duc de Rouillon, et mourut ît.Saiiil-iiermaiii-en-Laye en nV.'J, à 57 ans. Ramsay était un homme estimable ; mais il prêtait beaucoup h la l'inisaiiterie par ses airs empesés, par son aft'ectation à faire parade de science et d'esprit dans la société. Ses ouvrages sont : VHistoire fie la fie et des ouvrages de M. de Fe'nelon, arche- Véffiie de Cambrai, La Haye, 1723, in-12, publiée aussi en anglais la même année : elle fait aimer ce digne évêque ; Essai philosophique sur le gouvernement civil, Londres, 1721, in-12; ibid., 1722, in-8" ; réimprimé sous le titre d'Iissni de politique, La Haye, sans dite, 2 parties in-12; Le Psychomèire, ou Réflexions sur les différents caractères de l'esprit, par un milord anglais : ce sont des remarques sur le Charactcristics de Sliaftesbury ; les Voynqes de Cijras, Paris et Londres, 1727, 2 vol. in-8° ; 1730. in-4", et 2 vol. rn-12 : écrits avec assez d'élégance, mais trop chargés d'érudition et de réflexions. L'auteur y a copié Bossuet, Fénelon et d'autres écrivains, sans les citer. Il y a à la On un Discours sur la mythologie des anciens, savant et estimé ; Plan d'éducation par l'auteur des Voyages de Cyrus, en anglais, Glascow, 17't9, 2 vol. in-4", posthume ; plusieurs petites pièces de poésie, en anglais ; VHistoire du maréchal de Turenne, Paris, 1735, 2 vol. in-'i", et Hollande, 4 vol. in-12. 11 y a de l'ordre, de la précision, de l'élégan'e dans cet ouvrage ; on y voit des portraits bien dessinés et des parallèles ingénieux ; mais ses réflexions ont un air affecté i^^t sont assez mal enchAssées. Ramsay, qui avait eu l'ouvrage de l'ablté Uaguenét à sa dispDsilion, dit que les faits en sont vrais et les dates exactes, que la narration en est cla re, mais que Raguenet semble avoir plutôt écrit un journal qu'une histoire. Foy. Kague- NTîT. Un ouvrage posthume, imprimé en anglais, sous ce titre : Principes philosophiques de la nligion naturelle cl révélée, développés et expliqués dans l'ordre géométrique, Glasgow, 17i0, 2 vol. in-V". On trouve dans cet ouvrage des opinions pour le moins très-singulières, telles que la métempsycose, l'ahimation des brutes par les démon--, la lin des p ines de l'enfer, etc. ; ce qu il y a de plus singuli t encore, c'est que Ramsay prél ud qu'en tout cela il est parfuitenu-nl d'accord avec la croyance de Fénelon, et même avec les décisions de l'Eglise ; par le secon I de ces acords, on peut luger du jiremier: il est déplus très-naturel de croire qu'un h. mme, qui a la confiance de préconiser de telles opinions comme de grandes et imporiantes vérités, peut avoir celle do les attribuer à un homme célèbre;

s'il les a trouvées dans la doctrine de l'Eglise, rien n'empêche qu'il ne les ait découv rtes dans celle de Fénelon. Du reste, il n'est pas inutile d'observer que quelques critiques regardent cet ouvrage comme faussement attribué à Ramsay, ou du moins comme essentiellement altéré. La qualité de posthume autorire ce sentiment. On sait que ces ouvrages servent souvent à déchirer la mémoire des gens de bien, qui n'ont plus de voix pour réclamer contr.^ l'imiiosture. C'est un des artifices favoris de l'hérésie et de la philoso diie. Voy. la fin de l'article Racine (Louis). Un Discours sur le poème épique, dans lequel l'auteur adopte le système de La Moite sur la poésie en prose, dans le dessein de relever le mérite du Télémaquc , et répond aux critiques de Faydit et d^ Gueudeville sur cet ouvrage. Il a été imprimé à la tète du Télémaque, 1717, in-12, et plusieurs fois depuis.

RAMUS (Pierre La Ramée, p'us connusous le nom latin de), philosophe célèbre, naquit à ("uthe, village de V^ermando's, vers l'an 1502, quoique plusieurs biographes placent sa naissance en 1515. Ses ancêtres étaient nobles; mais les malheurs de la guerre réduisirent son aieul retiré en Picardie à faire et à vendre du charlion pour subsister. Dans son enftince, Raraus fut attaqué deux fois de la peste. Après avoir été gardien de troupeaux, il vint à l'âge de huit ans îi Paris, d'où la misère le chassa. Il y revint une seconde fois, et ce second voyage ne fut pas plus heureux. Enfin, dans le troisième, il fut reçu comme domestique au collège de Navarre.

Il employait le jour aux devoirs de son état, et la nuit à l'étude. Il acquit assez de connaissances pour aspirer au degré de maitreès-arts. Il jirit pour sujet de sa thèse, quo « tout ce qu'Aristote avait enseigné n'était « que fausseté et chimères : « assertion ridicule et plus extravagante dans sa généralité que toutes les erreurs qui se trouvent dans les écrits d'Aristote. L'université intenta contre Ramus un procès, et l'accusa d'énerver la philosophie, en décréditant le philosophe grec. L'affaire fut portée au grand conseil, qui lui défendit d'enseigner. L'arrêt fut rendu en 15V3, et peu s'en fallut qu'on ne l'envoyât aux galères. Il fut bafoué, joué sur les tréteaux, et il souffrit tout sans murmurer. Cependant Hanuis profita l'année d'après do l'occasion de la peste qui ravageait Paris, pour recommencer ses leçons. Les collèges étaientfermés; les écoliers allèrentrentendrc par désœuvrement. La faculté de théologie prése^ita requête au parlement pour l'exclure du collège de Presles; mais le parlement le maintint dans son emploi. Les chaires d'éloquence et de philosophie ayant vaqué au Collège royal (collège de France), Ramus les obtint en 1551, par la protection du cardinal de Lorraine. 11 (irofessa Irampiillement dans celle nouvelle {)lace, et composa une Grammaire pour les langues latine et française. On prononçait alors en latin le Q , comme le K, dfc fiivon qu'on disait Kiskis, Kankan, pour Quisquis , Quanquam : il eut bien des

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obstacles h surmonter pour ri^former cette prononciation. « La lettre Q, disait un mnu- « vais plaisanta ce sujet, fait plus de Kankan a qiie tontes li's autres Irtires ensemble.» l^auivis était protestant, et Tétait jusqu'au fanatisme. Après renrej,istrement de redit qui permettait le libre exercice de la religion, il brisa les images du collège de Presles, disant qu'il « n'avait pas besoin d'auditeurs « sourds et muets; » action contraire à l'ordre public et aiix droils de la religion (Hablie. Il déclama contre le discours de l'université opposante à l'enregistrement de l'éd I, et désavoua le recteur. Tous ces excès le rendirent odieux. La gui'rre civile l'obligea de quitter Paris ; l'université le destitua et déclara sa place vacante. Le roi lui ■ onna un asile à Fdutainebleau ; tandis c[uil s'y tenait, les catholiques pillaient sa bibliothèque à Paris, et dévastaient son collège. Ils le iioursuivirent dans son asile , oîi il ne cessait d'intriguer en faveur de sa secte. Il fut obligé de se sauver, et ne fut rétabli dans sa charge de principal du collège de Presles et dans sa chaire, qu'après la mort du duc de Guise, «n 1363. Ayant pris ouvertement les armes contre l'F.tat, il se trouva en 1367 à la bataille de Saint-Denys, où il manqua périr. Cei)endant à la |)aix il fut encore rétabli dans ses fonctions. Il s'absenta pendant quelque temps pour aller visiter les universités d'Allemagne, et ses honoraires lui furent continués. Il avait demandé la chaire de théologie de Genève; Théodore de Bèze écrivit contre lui, et l'empêcha de l'obtenir. Uaraus, d'un esprit toujours inquiet et tracassier, aussi mécontent des protestants que des catholiques , avait projeté une réforme dans le calvinisme. De retour à Paris, en 1571, il fut compris dans le massacre de la Saint-Barthélemi en 1372. 11 s'était caché dans une cave; un de ses ennemis l'y découvrit au bout de deux jours. Ramus lui demande la vie; l'autre consent à la lui vendre, et après lui avoir pris son argent, il lelivre à ses satellites qui l'égorgent et 11' jettent par les fenêtres. Les écoliers de l'université ré|iandirent ses entrailles dans les rues, traînèrent son cadavre jusqu'à la place Maubert en le frappant de verges, et le

tétèrent dans la rivière. Il était âgé de 69ans. lamus ne s'était i)oint marié. On a de lui: trois livics d'arithmétique, Paris, 135D,in-4°, et vingt-se|it de géométrie, fort au-dessous de sa rè|iulation ; un traité De inilitiaCa'sans, iliid., 1539, in-8° : un autre De inoritnis vetcmmàullorum, 1539 et 13G2, in-8"; trad. en français i)ar Michel de Caslelnau, sous le titre de Traité des façons et coutumes des Gaulois, 15oi) ou 1581, in-8"; Grammaire grecque, 15';0, in-8»; Grammaire latine, 1558, 1559 et 136i, in-8° ; Grammaire française, 1571, in-8°, et un grand nombre d'autres ouvrages dont on trouveia les titres dans les Mémoires de Nicéron , tom. XIII et XX. Foj/. OssAT(d'). ïhéoph. Bauoslus, Th. Freig, Nicol. Nancel et Fred. Lenz, ont écrit la Vie de Uamus.

RANGÉ (dora Armand-Jean Le Bouthilier de), né à Paris en 1626, était neveu de Claude te Bouthilier de Chavigni, secrétaire d'Etat

et surintendant des finances (1). Rancé fil paraître, dès son enfance, de si heureuses dispositions pour les belles-lettpes, que, dès l'Age de 12 à \H ans, à l'ai le de son ]irécepteur, il publia une nouvelle édition des poésies (l'Anacrèon , en grec, avec des noies, 1639, in-8'\ Ildevint chanoine de Notre-Dame de Paris, et obtint plusieurs abbayes. Des belles-lettres il passa à la théologie, et prit ses degrés en Sorbonne avec la plus gramle distinction. Il fut reçu docteur en 165'i.. Le cours de ses études fini, il entra dans le monde, et s'y livra à toutes ses passions, et surtout à celle de l'amour. On veut même qu'elle ait occasionné sa conversion. On dit crue l'abbé de Rancé, au retour d'un voyage, allant voir sa maîtresse, dont il ignorait la mort, monta par un escalier dérolié^et qu'étant entré dans l'appartement, il trouva sa tôtedansun plat : on l'avait sèparôedu corps, parce (jue le cercueil de plomb qu'on avait fait faire était trop petit. [Voy. les Véritables motifs de la conversion de l'abbé de Rancé, par Daniel de Larroque , Cologne , 1683, in-12). D'autres prétendent que l'aversion de Rancé pour le monde fut causée par la mort ou pai' les disgrâces de quelques-uns de ses amis, ou bien par le bonheur d'être sorti sans aucun mal de plusieurs grands piM'ils : les balles d'un fusil, qui devaient naturellement le percer, donnèrent dans le fer do sa gibecière. Du moment qu'il projeta son changement de vie, il ne parut plus h la cour. Retiré dans sa terre de 'V^eret auprès de Tours, il consulta les évêques d'Aleth, de Pamiers et de Comminges. Leurs avis furent dilf'rents ; celui du dernier fut qu'il embrassât l'état monastique. Le cloître ne lui plaisait point alors; mais après de mûres réflexions il se détermina à y entrer. Il vendit sa terre de Veret 300,000 livres, pour les donner à l'Hùtel-Dieu do Paris, et ne conserva de tous ses bénéfices que le prieuré de Boulogne, de l'ordre de Grammont, et son abbaye de la Trappe, de l'ordre de Cîtoaux. Les religieux de ce monastère n'y vivaient pas selon leur règle primitive. L'abbé de Rancé, tout rempli do ses projets de retraite, demande au roi et obtient un brevet pour ]iouvoir y établir la réforme. Il prend ensuite l'Iiabit régulier dans l'abbaye de Perseigne , est admis au noviciat en 1603, et fait profession l'année d'après, âgé de trentehuit ans. La cour de Rome lui ayant accordé des expéditions pour rétablir la règle dans son abbaye, il prêcha si vivement ses religieux, que la plupart embras^èrent la nouvelle réforme. L'abbé dr Rancé eût bien voulu faire dans tous les monastères de l'ordre de Citeaux ce qu'il avait fait dans le sien ; mais ses soins furent inutiles. N'ayant pu étendre sa réforme, il s"ap[)liqua h lui faire jeter de profondes racines à la Trappe. Ce monastère reprit en elTet une nouvelle vie. Continuellement consacrés au travail des mains, à la prière et aux pratiques les plus austères, les (I) La raniillo des Boulhilier lennit son nom de la cliârged'éclumson qu'elle avait exercée pi es des ducs de Brelaghe.

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