REN
« 1791 insistent beaucoup sur l'état ou la « France était alors, et l'auteur croit y voir « un acheminement à la r('alisaiioM de Sun « système. Il répunil ensuite à trois objec- « tiens princi[)alcs conire son système. Ces « réponses n" nous ont pas fiaru concluan- « tes; mais l'auleur était certainement de « bonne foi , il avait des in entions très- « puTPs, et, à la tin de sa Lettre, il avoue « qu'il a pu se tromper. Ce sont des mitifs « |)our ne pas juger avec trop de sévérité un « écrit inspiré par un zèle sincère. »
RENAUD (Louis), religieux .iominicain et docteur de Sorbonne, né à Lyon , mort, âgé de 80 ans, Iv. 20 juin 1771, aprèsa'. oir été grand-vicaire de IJeauvais, prêcha l'Avent dev.mtLouisXV en 17W, exerça longtcm|.s le ministère de la prédication dans hs princi[)ales églises de Paris, et devint prédicateur <iu roi. Quoiqu'il se fût fait une grande n'putation dans la chaire, ses sermons n'ont jamais été publiés. On a de lui : l'Oraison funèbre de M. le (hic (VOrle'ans, Paih, in-i°, 1752; ÏOraison funèbre du tnarc'chal de Villeroi, prononcée dans l'église de la Charité à Lyon, le 15 septembre 1730, et irajuimée dans la Description de la pompe funèbre de M. le maréchal de Villeroi, Lyon, 1730 , iii-fol. : ces deux productions ne sont pas sans mérite ; un Discours lalin, prononcé à Beauvais, sur l'exaltation de Benoît Xlll h la chaire de saint Pierre, en 1724. — Un ai.tre Renaud, prêtre lie la congré.^-ation de l'Oratoire, qui vivait dans le milieu du xvnr siècle, se rendit célèbre TgHlement dans la chaire sacrée. Son d rnier Carême, prêché, en 1753, dans l'église lie Notre-Dame de Par. s, attira surtout une foule considérable. L'académ e française couronna |ilusieurs de ses discours, notaouuent, en 1757, celui qu'il fit Sur la médiocrité', et dans lequel on admira, dit un biographe, les deux portraits du pauvre et du riche.
RENAUD (le P.), jésuite. Vou. Regiinald.
RENAUDOT (Eusèbe), petit-tils de Théoph:aste Renaudot, médecin, qui est a nnu surtout pour avoir, le premier en France, fait imprimer, en 1631, les nouvelles jiubliques sous le nom de Gazettes, naqui; à Paiis, en 1646. A] rès avoir fait ses humanités au collège des jésuites, et sa pliiloso|)hie au collège d'HarcourI, il entra diri les Pères de l'Oratoire et n'y deuiema que peu de mois. Il cmtinua cependan; de porter l'habit ecclésiastique, mais il ne sot gea point à entrer dans les ordres. Il .se consacra d'abord aux langues oiienlales, et il en éluda ensuite plusieurs aulres. Son dessein était de faire servir ses connaissances à puiser dans les sources ))iimitives les vérités de la relig'on. Le grand Colbert avait conçu le dessein de rétablir en France les impressions en langues orientales. Il s'a iressn à l'abbé Renaudot, comme à l'homme le pus ca able de seconder ses vues; mais la mort du ministre lit abandonner ce projet. Le cardinal de Noailles mena l'abbé Renaudot avec lui à Rome en 1700, et le lit mitrer tians le conclave. Son mérite lui attira les distinc-
tions les plus flatteuses. Le pape Clément XI l'honnra de plusieurs audiences particulières, et lui conféra le prieuré de Frossay en Br tagne. 11 l'engagea à resler encore sept à huit mo s à lîome, après le départ du cardinal, jiour jouir plus longtemps de son entretien. Le grand duc de Florence, auprès de qui il passa lui mois, le logea dans son palais, le Combla de présents et lui donna des fe ouques pour le ramener à Marseille. Ce fut à son retour en France qu'il publia la plu art des ouvrages i]ui ont illustré sa plume. Il mourut en 1720, à 74 ans, après avoir légué sa nombreuse bibliothèque aux bénédictins de Saint-Gormain-des-Prés. L'abbé Renan ot avait un esprit net , un jugement solirle, un(! mémoire prodigieuse. Homme de cabinet et homme du monde tout ensemble, il se livrait à l'étude par goût, et se prêtait à la société par polilosse. Attentif à garder les bienséances, ami firlèle et généreux, libéral envers les pauvres, insensible à tout aulre plaisir rju'à celui de converser avec les savants , il fut le modèle de l'iionnêlo homme et du chrétien. Quelcjue lié qu'il fût avec quelques personnes delà petite Eglise, il ne sut |ias les imiter dans les intrigues et les mouvements de parti, et ne fit pas de manifeste contre les dc'crets du saint-siége. Ses principaux ouvrages sont : deux vol. in-l", en 1711 et 1713, |)Our servir de continuation au livre de la Perpétuité de la Foi; Historia patriarcharum , alcxandrinorum , jacobitarum, etc., Paris, 1713, in-4°; un Recueil d'anciennes liturgies orientales,^! vol. in-4°, Paris, 1716, avec des disseriations tiès-savantes; deux anciennes /îe/aa'oris des Indes et de la Chine, avec des obseï valions, P.iris, 1718, in-8'. Cet ouvrage, traduit de l'arabe, renl'erme les voyages de deux mahométans du ix' siècle; Défense de la perpétuité de la foi, in-8", coi. Ire le livre d'Aymon (1); iilu'ieurs Dissertations dans les Mémoires de
(1) AïiiO.N (Jeani naqiiil en Daupliiiié, où il fut ciue peiulaiU qiieli|u s iiiiiiées, el accompagna à Rome l'éveque ce Maiirienne en qualité d'auinonier, alla à Geui ve, où il embrassa le calvinisme, puis se maria a La Haye. Q elques années après, il feignit de vouloir rentrer dans I Eglise romaine. Clément, garde de la liiljliolljeqiie cm ici, lui obtint un passeport pour revenir en France. Le cardinal de Noailles lui fit avoir une pension, et le mit au séminaire des missions étrangères. Pendant ce temps-là , Clément lui donna une entière liberté dans la bibliotlnque du roi ; mais, par la plus noire ingratitude pour tous les services qu'il en avait reçus, il vola plusieurs livres, entre autres l'original des actes du Synode de Jéru- .salem , teini en 1072 et 1073. Il fit imprimer ce manuscrit en Hollande, avec les leiires de Cyrille Lucar, et quelques aulres pièces sous ce titre : Monuments authentiques de la rcliyion grecque , et de lu fausseté de plusieurs confessions de foi, 17t8, in-i". Cet ouvrage a été vivement téluté par l'abbé Renaudot, qui prouve l'ignorance crasse et la mauvaise loi de fauteur. On a encore d'Aymon : les Synodes nationaux des églises réformées de France, imprimés en 1710, 2 vol. iu-i°; Tableau de la cour de Rome, 1707, in-12, ouvrage où il déploie tout le fanatisme des nouvelles sectes; une luaiivaise Traduction des Lettres et Mémoires liu nonce Visconli , 1719, 2 vo!. in-12. On ignore (luand mourut Aymon.