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troriim, Cologne, 1392, in-8° ; De atheismis et pkalarismis erangclicorum. Ce traité , qui n'est pas commun, fut im[)i'im6 en 1596, in-i", à Nazies, où l'auteur mourut deux ans après, en 1398.
RESNEL DU BELLAY (Jean-François) , né à Rouen en 1692, fit voir dès sa jeunesse beaucoup d'esprit et de talent pour la poésie. Dès qu'il se fut montré à Paris, il trouva des amis et il méritait d'en avoir. On lui procura l'abbaye de Fontaine et une place à l'académie française et à celle des belles-lettres. L'abbé "du Resnel a un rang marqué sur le Parnasse par ses traductions des Essais sur la critique et sur l'homme de Pope, in-12. Ses versions sont précédées d'une préface très-bien écrite. Yoi). Pope. Il a prêté dans ses vers beaucoup de force et de grâce à des sujets arides. On y trouve de trèsbeaux morceaux , quoiqu'il y ait quelques vers prosaïques et languissants. On prétc-id que Pope était assez mécontent de son traducteur ; on n'en voit pas trop la raison ; car le copiste a souvent embelli son original. L'abbé du Resnel s'était aussi adonné ?i la chaire, et nous avons de lui un Pnnéçinrique (le saint Louis. Il mourut h Paris en i7(il, à 60 ans. On lui doit six Mémoires dans le Recueil de l'acadéaae des Inscriptions, dont un traite des poètes couronnés, et un autre des prix proposés aux gens de lettres parmi les Grecs et les Romains.
RÉTHEL. Voi/. RjîTHEL.
REïZ (Jean-François-Paul de Gondi, cardinal de], était petit-neveu d'Albert de Gondi de Retz, qui fut fait maréchal de France par Charles IX en 1573, duc et pair par Henri III, et dont le frère Pierre de Gondi, évèque de Langres , puis de Paris, mort le 17 février 1616, à Si. ans, fut élevé au cardinalat, en 1587, par le pape Sixte-Quint. — Jean-François Paul de Retz naquit à Montmirail en Brie , au mois d'octobre 1614. Son père, Philippe-Emmanuel de Gondi, était général des galères et chevalier des ordres du roi. Ou lui donna pour précepteur le célèbre Vincent de Paul. Il fit ses études particulières avec succès et ses études publiques avec distinction; prit le bonnet de docteur de Sorbonne en 1643, et fut nommé, la môme année, coadjuteur de l'archevêque de Paris. L'abbé de Gondi sentait beaucoup de dégoût pour son état ; son génie et son goût étaient décidés pour les armes. Il se battit plusieurs fois en duel, même en sollicitant les plus hautes dignités de l'Eglise. Devenu coadjuteur, il se corrigea pendant quelque temps pour se gagner le clergé et le peuple. Mais dès que le cardinal Mazarin eut été mis à la tête du ministère, il se montra tel cju'il était. 11 précipita le parlement dans les cabales et le peuple dans les séditions. Il leva un régiment qu'on nommait le régiment de Corinthe, parce qu'il était archevêque titulaire de Corinthe. On le vit prendre séance au parlement ayant dans sa poche un poignard , dont on apercevait la poignée. Ce fut alors qu'un ])laisant dit : Voilà le bréviaire de notre archevêque ! L'ambition lui fit souffler le
feu uelaguerrecivile, lambition lui fitfaifela paix. 11 se réconcilia secrètement avec la cour, pour avoir un chapeau de cardinal. Louis XIV le fit nommer à la pourpre en 1651. Le nouveau oardinal ne cabala pas moins; il fut arrêté au Louvre, conduit à Vincennes, et de là dans le château de Nantes, d'où il se sauva. Après avoir errépendantlongtemps en Itahe, en Hollande, en Flandre et en Angleterre, il revint en France l'an 1661, fit sa paix avec la cour en se démettant de son archevêché, et obtint en dédommagement l'abbaye de Saint-Denys. 11 avait vécu jusqu'alors avec une magnificence extraordinaire. Il prit le parti de la retraite pour payer ses dettes, ne se réservant que 20,000 livi-es de rente. Il remboursa à ses créanciers plus d'un million, et se vit en état, à la fin de ses jours, de faire des pensions à ses amis. Il mourut le 24 août 1679, dans de grands sentiments de piété, qu'il avait constamment manifestés dans sa retraite, et qui prouvèrent que les marques qu'il en avait données par intervalle dans le temps de ses incartades n'étaient pas l'efifet du caprice, moins enaire de l'hyponrisie. Cet liomme audacieux et bouillant devint, sur la fin de sa vie, doux, paisible, sans intrigue, et fut aimé de toutes les honnêtes gens ; comme si toute son ambition d'autrefois n'avait été qu'une débauche d'esprit, des tours dejt^unesse dont on se corrige avec l'âge. « Il parut « sentir, dit un historien, que les honneurs « où il était parvenu ne valaient pas ce qu'iUui « en avait coûté pour y parvenir. Réduit, « après tant d'agitations et de troubles, aune « situation paisible, avec un petit nombre « d'amis, il signala les dernières années d'une « vie très-peu chrétienne par tous les pro- « cédés et la délicatesse môme de la vertu. A « demanda au roi la permission de renvoyer à « Rome le chapeau de cardinal. Le souverain « pontife, à la persuasion du roi, lui ordonna « de le conserver ; mais on ne put l'empêcher « d'aller ensuite.se renfermer dans l'une de « ses abbayes, pour y méditer à loisir les « grandes vérités du christianisme, jusque-là « si neuves pour lui. » A ce portrait du car-; dinal de Retz, diversementjugé par ses cuntemporains et par la postérité, on pourrait ajouter ceux qu'en ont tracés la Rochefoucauld, Bossuet dans l'oraison funèbre de Le Tellier, le président Hénault et Laharpe. 11 nous reste ue ce cardinal plusieurs ouvrages; ses Mémoires, auxquels nous renvoyons nos lecteurs pour de plus ample* détails, sont le plus agréables à lire. Il'^ virent le jour pour la première fois en 1717 ; on les réimprima à Amsterdam en 1731, en 4 vol. in-12. Cette édition passe pour la plus belle. On y joint ordinairement : Mémoires de Guy Joli/, Amsterdam, 1738, 2 vol. petit in-8°, et Mémoires de la duchesse de Nemours, imprimés aussi à Amsterdam, 1738, petit in-8°. « Ces Mémoires « (du cardinal de Retz), sont écrits, dit l'au- « teur du Siècle de Louis XJV, avec un air de « grandeur, une impétuosité de génie et une « inégahté, qui sont l'image de sa conduite.» 11 les composa dans sa retraite, avec l'impartialité d'un philosophe qui ne l'a pas tou-
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[Ours été. Il ne s'y ménage point, et il n'y rnéiuige pas diivantagc les autres. On y trouve les portraits de tous ceux qui jouèrent un rôle dans les intrigues de la Fronde. « Por- « traits, dit le cardinal Maury, qui sont au- « tant de chefs-d'œuvre, à l'exception touten ibis de celui d'Anne d'Autriche, que l'é- B crivain trace en homme de parti, aveuglé « par la haine, et alors, selon l'usage, privé « par sa passion de toutes les forces de son « esprit. » On a encore de lui : Conjuration du comte de Fiesque, ouvrage composé h l'âge de 17 ans, et traduit en partie de l'italien de Mascardi. M. Musset-Pathay a publié en 1807, Rech-crches historiques sur le cardituU Ue Retz, in-8°.
RETZ (François), né à Prague en 1672, enitra chez les jésuites en 1689. Devenu général en 1730, il gouverna la société pendant 20 ans avec beaucoup de prudence, dans un calme parfait qui semblait annoncer des terapfites prochaines, et mourut à Rome le 19 novembre 1750.
REUCHLlN (Jean), connu aussi sous le nom Ue Fumée et de Kapnion (parce que reuch ou ranch en allemand, et xutijôç en grec, signifient fumée ), naquit à Pforzheim en Souabe, l'an liSa, et étudia en Allemagne, en Hollande, en France et en Italie. Il biilia par la connaissance des langues latine, grecque et hébraïque. Lorsqu'il était à Rome, il connut Argyropuloet étudia sous lui. Ce savant ayant jirié Reuchlin d'interpréter un passage de Thucydide, il le fit d'une façon si élégante et avec une prononciation si nette, qu'.\rgyro- ])ulo dit en soupirant : Grœcia nostra exilio transvolavit Alpes. Il enseigna le grec à Orléans et à Poitiers ; puis il retourna en Allemagne, où il s'attacha à Eberard, prince do Souabe. Reuchlin fut nommé triumvir de la ligne de Souabe pour l'empereur et les électeurs, et fut envoyé quelque temjis après à Inspruck, vers l'empereur Maximilien. Ses derniers jours furent empoisonnés par un déuiûlé qu'il eut avec les théologiens de Cologne. PfeOercorn avait obtenu un édit de l'empereur pour faire brûler tous les livres des juifs. Ceux-ci ayant sojlicité la révocation de cet édit, Reuchlin fut consulté sur celte affaire. Il distingua deux sortes de livres chez les descendants dt: Jacob : les indifférents, qui traitent de divers sujets, et ceux qui sont composés directement contre la religion chrétienne. 11 fut d'avis qu'on laissAt les premiers, qui pouvaient avoir leur utilité, et qu'on sup[irimàt les derniers; mais il raéla h. cet avis Ijieii des hois-d'ieuvre et des digressionsqui parurent répréhensibles. Pfeflercor'i lui opposa un ouvrage qu'il intitula: Miroir )ii(iuufl; Ueuclilin y ié[)ondit par le Miroir oculaire. Les théologiens de Cologne examinèrent cède réjwnse, et en tirèrent h'* pnj|iositiois, qu'ils accusèrent d'erreur et d'hérésie, el (pii furent publiées en lalin jiar Arnauld de l'ongres, avec des notes. Les Ihéologicns de Paris furent consultés, et 80 'licteurs rendirent, en ISl'i-, une décision qui lugea le livre de Reuchlin digne du feu. Rome ne lut uas plus favorable à cet ouvrage. 11