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ton, né l'an 1759, à Vannes, fit ses études dans sa ville natale, et y reçut les ordres sacrés. On l'employa d'abord h la maison de retraite des femmes ; mais bientôt il entra dans la congrégation des prêtres de Saint- Lazare, et vint à leur séminaire à Paris. Vers 1787, ses supérieurs l'envoyèrent professer la théologie au séminaire de Vannes. A l'époque de nos tourmentes révolutionnaires, il engagea plusieurs ecclésiastiques à refuser un serment incompatible avec les devoirs de leur ministère. Il ne voulut point s'éloigner, malgré les graves dangers qui environnaient ceux qui, comme lui, se montraient fermes et courageux. M.LeGall, supérieur du séminaire et recteur du Mené, le pria de se charger du soin de sa paroisse, et l'abbé Rogue remplit cette nouvelle et périlleuse mission jusqu'à la fin de 1795, sans que la mort qui planait continuellement sur sa tète lui fit perdre un moment sa sérénité. Le 25 décembre 1795, jour de Noël, il fut arrêté sur la dénonciation d'un homme qu'il avait comblé de bienfaits, au moment où il revenait assez tard d'administrer un malade. Telle était la vénération que l'abbé Rogue avait inspirée dans le pays, que les révolutionnaires eux-mêmes furent afiligés de la nouvelle de son arrestation. Gomme il avait refusé le serment, son jugement ne pouvait être douteux; on a dit cependant qu'il aurait pu sauver sa vie, en déclarant qu'il n'était pas resté dans le pays pour exercer le ministère ; mais il était incapable de racheter ses jours par un mensonge. L'abbé Rogue périt sur l'échafaud à Vannes, le 3 mars 1796, Agé de 37 ans. 11 avait écrit à sa mère une lettre dans laquelle il la suppliait de continuer ses secours, après qu'il ne serait plus, à l'auteur de sa mort. Plusieurs personnes accoururent au lieu du supplice, alin de se procurer quelque chose qui lui eût appartenu, et trempèrent des linges dans son sang : elles conservèrent ces reliques comme celles d'un martyr. Rogue avait écrit beaucoup de lettres de piété et de direction. ROHAN (Mabie-Eléonore de), fille de Hercule et de Rohan-Guéméné, duc de Montbazon, prit l'habit de religieuse de l'ordre de Saint-Benoît, dans le couvent de Montargis, en 1645. Elle devint ensuite abbesse de la Trinité de Caen, puis de Malnoue, près de Paris. Les religieuses du monastère de Saint-Joseph, à Paris, ayant adopté, en 1669, l'office et la règle de Saint-Benoit, madame de Rohan se chargea de la conduite de cette maison. Elle y donna des Constitutions, qui sont un excellent Commfwtajrf de la règle de Saint-Benoît. Cette illustre abbesse mourut dans ce monastère en 1681, à 53 ans. La religion, la droite raison, la douceur, formaient son caractère. On a d'elle quelques ouvrages estimables. Les principaux sont : la Morale du sage, in-12. C'est une paraphrase des Proverbes, de l'Ecclésiastique et de la Sagesse ; Paraphi-ase des Psaumes de la pénitence, imprimée plusieurs fois avec l'ouvrage précédent; plusieurs Exhortations aux vêtures et . aux professions des tilles qu'elle recevait-

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des Portraits écrits avec assez de délicatesse.

ROUAN ( Abmanu-G ASTON de), né en 167i, docteur de Sorbonne, évêque de Strasbourg, obtint le chapeau de cardinal en 1712. 11 l'ut ensuite grand aumônier de France en 171.3, commandeur de l'ordre du Saiat-Espr t, et proviseur de Sorbonne. 11 eut part à toutes les affaires ecclésiastiques de son temps, et fit paraître beaucoup de zèle pour l'union de l'Eglise et la soumission à ses jugements. L'académie française et celle des sciences se l'associèrent, et le perdirent en 17i9. C'était un prélat magnilique, et il ne se signala pas moins par sa générosité que par la douceur de son caractère, par son atlabilité, et par les autres qualités qui rendent les hommes aimables dans la société. On a sous son nom des Lettres, des Mandements, des Instructions pastorales, et le Rituel de Strasbourg. ■ — Armand de Rohan, son petit-neveu, né en 1717, connu sous le nom d'abbé de Ventadour et de cardinal de Soubise, fut prieur et docteur de Sorbonne, recteur de l'université de Paris, évêque de Strasbourg, abbé de la Chaise-Dieu, grand aumônier de France, cardinal, commandeur des ordres du roi, 'et l'un des quarante de l'académie française. 11 mourut il Saverne, en 1756, après s'être distingué par sa charité, son zèle, des mœurs douces et pures. Il avait fait d'excellentes études en Sorbonne, et prollté de ses lumières pour sa conduite personnelle et celle de ses ouailles. Il marquait la plu'^ grande considération aux ecclésiastiques qui remplissaient leur devoir, et c'est ce qui n'a pas peu contribué à multiplier les bons pasteuis dans son diocèse. — Armand-Jules de Rohan, cousin du cardinal Armand-Gaston, né en 1693, fut nommé archevêque de Reiras en 1722, sacra Louis XV le 25 octobre de la même année, reçut le chapeau de cardinal, et mourut en 1762. — Louis-Constantin de Rohan, frère du précédent, fut d'abord chevalier de Malte, puis capitaine de vaisseau (1720) . Ayant empirasse l'état ecclésiastique, il devint aumônier du roi, évêque de Strasbourg et cardinal (1761). Il mourut h Paris en 1779.

ROHAN-1;UÉMÉNÉ;Lolis-René-Edouard, prince de ) , cardinal - évêque de Strasbourg, naquit le 27 septembre 1734-, et fut d'abord connu sous le nom de prince Louis. Après avoir embrassé l'état ecclésiastique, il devint, en 1760, coadjuteur de son oncle, Louis-Consta itin de Rohan, évêque de Strasbourg, et reçut dans la même année le titre d'évôque de Canope m partibus. Sa naissance, ses talents, une belle figure, un esprit facile et des manières aimables le firent réussira la cour. Nommé ambassadeur k Vienne, il fut froidement accueilli par Marie-Thérèse; et il crut effacer l'impression de cette défaveur en déployant à la cour d'Autriche un luxe extraordinaire : ce vain éclat, pour le soutien duquel il contracta des dettes énormes, n'imposa point à l'impératrice, qui demanda même son rappel ; toutefois ce ne fut qu'après la mort de Louis XV que Rohan fut rappelé. On le nomma succes- DiCTiON.N. DE Biographie relis. III.

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sivement grand aumônier de France, abbé de Saint-Vaast (bénéfice qui rapportait 300,000 livres de revenu), proviseur de Sorbonne et administrateur de l'hôpital des Quinze - Vingts. 11 obtint, à la même époque, sur la demande du roi de Pologne, Stanislas Poniatowski , le chapeau de cardinal. Le prince de Rohan eut le malheur de figurer dans la scandaleuse affaire du collier, qui compromit momentanément sa réputation. Le jour de la fête de la reine, le 15 août 1785, cette princesse vit se présenter chez elle deux joailliers , qui lui demandèrent 1,600,000 livres, prix, disaient-ils, convenu avec elle pour un collier dediamants, qui avait dû lui être remis par une dame de La Motte. Marie- Antoinette, justement surprise de cette demande, assura, non-seulement n'avoir pas vu ce collier, mais n'avoir iamais songé à en faire l'acquisition. S. M. alla aussitôt porter ses plaintes au roi, et lui demander justice sur l'abus qu'on faisait de son nom dans une circonstance aussi délicate. Louis XVI, d'après l'avis du garde-des-sceaux et de M. de Breteuil, ordonna d'arrêtarle cardinal qui se trouvait alors à Versailles, exerçantsa cTiarge de grand aumônier. La reine obtint qu'elle pût l'interroger auparavant, et l'ayant admis en sa présence : « Avouez, lui dit-elle, si ce n'est « pas, depuis quatre ans, la preraièi'e fois « que je vous parle. » Le cardinal répondit affirmativement, et convint qu'il avait été trompé par une intrigante appelée La Motte. En sortant du cabinet du roi, il fut arrêté et conduit à la Bastille. Le public ou plutôt les malveillants, ayant appris cette détention, répandirent aussitôt que le cardinal avait adressé à l'empereur Joseph II les moyens de faire une invasion subite en Lorraine ; mais cette fausse alarme ne fut pas de longue durée, et le public ne tarda pas à se détrom- ))er. Le roi ht dire au cardinal qu'il pronon- ^;lt lui-même sur son sort. Celui-ci demanda à être jugé par le parlement. La femme La Motte fut également arrêtée : elle prenait le surnom de Valois, et prétendait descendre d'un fils naturel de Henri II. On la confronta avecle cardinal de Rohan ;ct,dansfes interrogatoires qu'on lui fit subii , elle avoua n'avoir jamaisétéprésentéeàla reine. Voici ce qu'on puttirerde positif du fait uont on l'accusait: elle avait séduit unefemmenommée d'Oliva, qui avait quelque ressemblance avec la reine, etqui, d'après ses instigations, en avait joué le personnage en paraissant à minuit dans le parc de Versailles. Là cette même d'Oliva avait fait appeler le cardinal, à qui elle aurait donné la commission de lui procurer le collier. On prouva que le mari de la femme La Motte était subitement passé de l'indigence à un luxe extrême, et qu'il avait vendu à Londresdesdiamantspo ir des sommes considérables. Le parlement déchargea le cardinal de toute accusation, mit hors de cour la femme d'Oliva, et condamna la femme La Motte à la marque et à une détention perpétuelle à la Salpctrière ; son mari fut envoyé aux galères. Quoique l'innocence du cardinal fût prouvée car ce jugement . sa présence ne

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