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avec chaleur les senlimenls de l'Eglise anglicani'. Il s'éleva alors contre Calvin et Bèze, ot reçut, en récompense, de la cour d'Angleterre, un canon icat deCantorbérv, où il mourut l'an 1612. Ses ouvrages ont été recui'illis en un volume in-fol., Londres. IGM, sous ce titre: Dirersi trnctatus theoloi/iri. Il y a bien de l'animosité et de la mauvaise liumeur, sans parler des erreurs eldcs préventions de l'auteur; mais il y a aussi des ohsor'valions saines et justes, surtout dans son traité de Locis theologicis, auxquelles des critiques outrés n'ont pas rendu justice. Pierre Burman, ardent calviniste, le représente comme un homme avare, ambitieux, inconstant et brouillon: mais son ti'moignagc est fort suspect; si Saravia fiU resté dans la secte huguenote, peut-être en eût-il fait un grand homme.

SAUBIEWSKI f.MATHiAS-CAsnim), Sarbieviîts, né dans le duché de Masovie, en 1593, de parents illustres, se fit jésuite en 1612. Envoyé à Rome, il s'y livra à l'étude des antiquités et à la poésie. Quelques odes latines, qu'il présenta îi Urbain VIII, le firent choisir pour corriger les hymnes que le saint-père voulait employer dans le nouveau Bréviaire qu'il faisait faire. De retour en Pologne, Sarbiewski professa successivement les humanités, la philosophie et la tiiéologie, à Wilna. Quand il s'y fit recevoir docteur, Ladislas Y, roi de Pologne, qui y assistait, tira l'anneau qu'il avait au doigt,"pourle lui donner, et le choisit peu de teni^ps après pour son prédicateur. Ce prince prenait tant de plaisir à sa conversation, qu'il le mettait de tous ses voyages. Ce jésuite mourut en 16i0, à 45 ans. Nous avons de lui un recueil de Poésies latines, Anvers, 1634, in-8°. On voit à la fin une collection de vers faits par plusieurs poètes à la louange de Sarbiewski. On a donné une édition élégante des Poésies de ce Père, Paris, 1759, in-1-2. On y trouve 4 livres d'Odes, un livre d'Epodes, un de Vers dithyrambiques, un autre de Poésies diverses cl un d'Epi-.;rammes. On estime surtout ses vers lyriques, pleins d'élévation et de chaleur, q"uoique le style n'en soit [las toujoui^ correct. Le célèbre Grolius trouvait Sariiiewski quelquefois supérieur h Horace : llornlium (isscculus est, imo aliquando suprrnvit. Il avait commencé un poème épique, modelé sur Virgile; mais il n'eut pas le temps de l'achever. Une Notice. sur sa vie et ses ouvi'ages, par L.-G. Langbeiii, a été publiée à Dresde, 1753, in-8°, et 1754, in-4°.

• SAHCEU (Erasme), théologien luthérien, néji Annebergen Saxe, l'an 1501, et mort en 1559, fut surintendant et ministre do plusieurs églises. On a de lui : des Commentaires sur une partie de l'Ancien Testament; un Corps du droit matrimonial, et plusieurs autres écrits. — Guillaume Sarceh, son fils, pasteur à Eisleben, et Beinier Sakcer, recteur h Utreclu, mort en 15'i7, h 57 ans, auteurs l'un et l'auti-e de quelques ouvrages oubliés, doivent être distingués d'Erasme

SARDANAPALE, fameux roi d'Assyrie, est, selon quelques-uns, le même prihae que PhuI, dont il est parlé dans l'Ecriture sainte. Son nom est encore consacré pour caractériser li's princes uniquement occupés de leurs plaisirs. Arbaces,gouverneurdeMédie, ayant vil Sardaiiapale dans son palais, au milieu d'une foule d'eunuques ou de f.mmes débauchées, habillé et paré lui-même comme une courtisane, tenant une quenouille entre ses mains, fut si indigné de cet infime spectacle, qu'il forma contre lui une conspiration. Bélésis, gouverneur Je Babylone, et beaucoup d'autres avec lui, entrèrent dans ses vues. Le roi, obligé de prendi'e les armes, remporta d'abord quelques avantages sur les rebelles; il fut enfin vaincu et se sauva dans Ninive, qui fut bientôt assiégée par les révoltés. Dans ce même temps, les débordements du Tigre renversèrent une partie des murs de cette ville. Sardanapale, réduit à la dernière extrémité, s'enferma dans son palais et fit élever un gi-and bûcher, où il se précipita avec ses femmes, ses eunuques et ses trésors, Fan 817 avant J.-C, après un règne de vingt années. Voilà à peu près ce que les anciens racontent de Sardanapale. On connaît ces vers de Juvénal et la bonne morale qu'ils renferment :

Nesciat irasci, cupiat nihil, et poliores Herciilis œrumnas credat sa;vosqiie labores El veneie, et eœnis, et plumis Sardanapali.

Quelfiues savants modernes révoquent en doute les circonstances de l'histoire de ce prince. On trouve, dans les Obsenaliones Hallenses, une dissertation en son honneur, intitulée : Apologia Sardanapali. Cette ai ologie ne doit pas prévaloir contre la persuaMon générale, apjiuyée de tous les témoignages de l'histoire. On sa t que c'est une des manœuvres de la philosop'iie moderne de réha bilitcr la mémoire des monstres, tandis (ju'elle calomnie les >;rands hommes qui paraissent avoir brillé par- trop de religion et de vertu. Des débris de l'empire de Sardanapale se formèrent les royaumes des Mèdes, de Ninive et de Babylone; mais toutes ces époques de l'histoire ancienne, très-obsLure, sont défigurées par des fables et des contradictions.

SARIUS ou SARIO fdom Grégoire), bénédictin delà congr-égalion du .Mont-Ca^sin, né en Angleterre, llorissait vers la fin du xvi* siècle. Il i)orlait le nom de Robert avant d'entrer en reli-,ion. Après avo r fait ses études à Rome avec beaucoup de succès, ses su]iérieurs le chargèrent d'enseigner la tiièolo^ie dans lemona.stère du Mont-Cassin; il se retira ensuite dans le monastère de Samt- Georges i\ Veiiise. Un grand nombre de savants écrits furent le fruit de sa retraite et de ses veilles. Parmi ceux qui ont été imprimés, on distingue : De sacramenlis in communi opus tlieolngicum tripartitum, ac plane uureiun ; Casitum conscientiœ, sive theologiœ moralis thesnnri, lomus primus,; Flores decisionum, seu Casuiun conscientiœ ex doctrina conciliorum Aavarri, collecti libri V; Epi-

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tome coiu'iliurum Navarri ; Clavis ri'ijia saccrdolum: Samma sacrainenti pœnitentiœ ex Navarro, etc. Dom Sarius mourut à Venise, dans le monastère de Saint-Georges, le 30 octobre 1602.

SAK.MIENTO (le P.Martin), savant espagnol, nat7uit à Ségovie en 1692, étudia quelques années à Salamanque, d'où il passa à Madrid, et entra chez les Pères bénédictins ; il se rendit ensuite à Alcala de Hénarès, et y fut reçu docteur dans les deux droits. De retour d ins la capitale, il occupa successivement les chaires de [ihilosophie, de morale et de thé ilo.^ie, se dislingua en même temps dans la prédication, et on peut dire de lui qu'il était un orateur vraiment évangélique. Le P. Sarmiento avait des connaissances très-étendue-i, et a écrit sur Vliistoire, les 6c/les-leitres, la philosophie, la theolof/ie, etc. Au moment où l'iuiviage du P. Feijoo, intitulé Théâtre critique, qui embrasse toutes sortes de matières, avait excité une espèce de tuuuilte p irmi les littérateurs ennemis ou partisans de cet ouvrage, le gouvernement choisit le P. S.u-miento pour l'examiner. Il eut le courage de lui donner son approbation, et en publia même une apologie. Les advers.iires du P. Feijoo se déchaînèrent alors contre son apologiste, et il se vit en butte aux critiques , et même aux injures dont étaient remplis les pamphlets d'auteurs, presque tous sans aveu. Dans une réponse que le P. Sarmiento leur adresse, et dans laquelle il réitère ses éloges en faveur du savant Feijoo, il les confondit, et parvint à leur imposer silence. Cela n'était cependant pas facile à obtenir, puisque l'auteur asturien dévoile dans son Thédlrc critique le charlatanisme des gens de toutes les professions, et l'ectilie surtout les erreurs qu'on suivait dans les écoles d'Espagne , par l'ignorance de quelques jirofesseurs et par l'attiiclienient à une ancienne routine. L'ouvrage du P. Feijoo et l'apologie de son approbateur parvinrent enlin à introduire en Espagne le bon goût et la saine critique dans l'étude de différentes sciences, et on en éprouva bientôt les heureux résultais. Le P. Sarmiento a écrit un grand nombre d'ouvrages, d'-ntla plupart sont restés inédits. Un littérateur estimable, Jacques Faënz, en donna la liste dans un journal espagnol, rédigé à Murcie, et intitulé le Courrier littéraire d'Europe. Plusieurs exti'ails de ses ouvrages imprimés ont paru d.ins le Journal de Madrid, el autres feuilles périodiques d'Espagne. Les plus connus sont: Apologia ou Apologie du Théâtre critique du R. P. Feijoo, AJadnd, 1732; Mémoires pour l'histoire de la poésie espagnole, Madrid, 1775; OEuvres posthumes du P. Sarmiento. ibid., 1775, k vol. in-8". Ce savant bénédictin mourut à Ma hid en 1770, âgé de 78 ans.

SAUNELLI (Pojipée), né à Polignano dans la terie de Bari, en 1649, docteur en droit et en théologie, protonolaire apostolique, abbé de Saint-Homobon, évoque de Bisceglia, s'est fait un nom par des ouvrages sur les auti- (^uités ecclésiastiques et les titres, écrits en italien ; tels sont ; Le clergé séculier dans sa

splendeur, ou de la vie commune des clercs, Rome, 1088, in-V ; Lettres ecclésiacîiques, 3 vol. in-4.°, plusieurs fois imprimées. Sarnelli mourut en 1724-.

SAitPI (Pierre-Paul), plus connu sous le nom de Fra-Paolo ou de Paul de Venise, naquit dans cette ville en 15.52. Un religieux servite le fit entrer, en ISO'i-, dans son ordre, où il ne tarda pas à être élevé aux principales charges , comme à celle de provincial qu'on lui confia en 1579, quoiqu'il n'eût que 27 ans, et qu'il eût des dispositions de cœur et d'esprit qui auraient dû l'en exclure. Les différends de la république de Venise avec le pajie Paul V fournirent l'occasion au P. Sar|)i de faire éclater ses sentimmits. Le pape lui ordonna, en 1606, de venir à Rome, et, sur son refus, il l'excommunia. Ce coup n'éionna pas ce moine, qui commençait à se croire un grand homme, parce que les grands s'occupaient de lui, et qui, tandis qu'il morguait le pape, irritait par son insolence et sa vanité des citoyens de toutes les classes. Il fut, dit-on, un jour attaqué sur le pont de S.iint-Marc par cinq assassins qui le percèrent de trois coups de stylet. Ceux qui ont attribué cette attaque, supposée ou réelle, à la cour de Rome, n'ont consulté ni la vraisemblince ni la décence , et semblent ignorer que par ses emportements, par son caractère caustique et dangereux , ce moine a[)OStat s'était fait des ennemis de tous les genres. 11 mourut en 162.3, à 71 ans. La populace, excitée contre la cour romaine, fit des vœux sur son tombeau, comme sur celui d'un saint. Il est-certain cependant que lo n d'être saint, il n'était pas même chrétien catholique. Quand on ne serait pas convaincu, par ses propres lettres, qu'il cachait sous son habit de servite la façon de penser des ministres de Genève, on l'apprendrait par la lecture de son Histoire du concile de Trente, publiée d'abord à Londres, en 1619, par de Dominis, sous le nom de Piétro Soate Polano. On y voit à découvert tout le fanatisme dis protestants. Ce moine ambitieux et fanatique se réjouissait, à ce qu'il disail, de voir à Venise l'ambassadeur d'une république (la Hollande) , laquelle soutenait avec lui, que le pape était l'Antéchrist. Il travailla à introduire les nouvelles erreurs dans sa patrie, et peutêtre que, sans la découverte que fit Henri IV de ses intrigues, il y aurait réussi. Ce prince, sincèrement attaché à la religion catholique depuis sa conversion, apiirit la trame du moine et de son ami Fra-Fulgenzio par une lettre qu'un ministre de Genève écrivit à un huguenot de Paris des plus considérables de la réforme. Cet homme mandait à son ami « cjue dans peu d'années on recueillerait les « fruits des peines que lui et Fra-Fulgenzio X prenaient pour introduire l'Evangile à Ve- « nise , où plusieurs sénateurs et le doge « même, successeur de Donato, avaient ou- « vert les yeux à la vérité ; qu'il ne restait « désormais qu'à prier Dieu, que le pape fit « quelque nouvelle querelle aux Vénitiens, « pour avoir lieu d'introduire la réformalioii « dans toutes les terres de la république i

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Henri IV intorcopta cette lettre, cl (mr son ordre, M. de Champigny, son ambassadeur à Venise, en communiiiua la copie d'abord à quelques-uns des principaux sénateurs qu'il savait ôtre bien intentionnés pour la religion de leurs pères, et ensuite au sénat assemblé, après en avoir retranelié le nom du doge iiar respect pour sa dignité. I.e sénat remercia le roi de l'avis important qu'il avait bim voulu lui donner. Fra-Fidgenào eut défense de prêcher, et Fra-Paolo, jllus homme d'espril , mais aussi corronqui que lui, se tint u<^ peii plus sur ses gardes. Le protestant .Marliol" pi confirme ces anecdotes en parlant du projet de Fra-Paolo de se retirer chiiz les prétendus réformés : Spargebatur fama quod abituin ad rrformatos mcdilaretur, quœ non omnino de nihilo est ; srio oiim superesse cpistolas manu ejus scriptns ad Isaacum Casaubonum (juibas sollicitât ipsum de gratia régis AngHif ipsi cdiiciliniula si forte illitc fortuna itiii/uior ipsum abigeret. Le P. Le Courayer, apostat comme lui de la religion de ses pères, a traduit en français sa prétendue Histoire du concile de Trente, 1T3G, '2 vol. in-4% réimprimée en 3, et y a ajouté des notes encore plus em])ortécs que le texte. Pour apprécier cet ouvrage il faut lire en même temps l'Histoire'du même concile par le cardinal Pallavicini. Cet auteur reproche à Sarpi plus do 360 erreurs dans les dates, dans les n ms et dans les faits. Le style ne vaut pas mieux que les choses ; un de ses plus zélés partisans (Ant. Landi, dans ses notes sur VHist. de la litt. ital., par Tiraboschi ) avoue qu'il est dur, embrouillé, vicieux, et que l'auteur n'a jamais su bien écrire, même dans sa propre langue. Après cela il ne doit pas être difficile de deviner la cause des éloges qu'on a faits et qu'on ne cesse de faire de cet ouvrage. On y découvre partout, selon la remarque de Bossuet, le moine apostat qui cache sous le froc l'esprit de Luther et deCalvin. On a encore de ce servite : Opinionc del Padre Paolo servita, corne debba gorernarsi la repubblica, etc., Venise, sans dale (1681), in-l"i, r(''imprimé à Londres, l'ISS, in-8", el traduit liarl'ablié de .Maisy, sous ce titre : Le Prince, de Fra-Paolo, ou Conseils politiques, de, ^Wtlin, 1751, in-12. Cet écrit, extrèmemout vanté par quelques Italiens, fait voir (jue ce moine se piquait d'entendre la politique ; mais on est fort étonné de voir un prêtre débiter des maximes dans le goût de celles de Machiavel. « S'il se trouve, dit-il, parmi les habitants de « la terre-ferme des chefs de parti, qu'on les « extermine ; mais s'ils sont puissants, qu'on « ne se serve point de la justice oïdiiiaire, « et que le poison fasse plutôt l'ofjlce du « glaive. » Doit-on être surpris qu'on ait attenté sur la vie d'un homme (jui donnait de telles ïufins'! Considérations sur les censures du pape Paul Y contre la république de Venise; Traité de l'interdit, Venise, 1606, in-4° ; trad. en français par Amelot do La Houssaye dans son Histoire du gouvernement de Venise ; Vllistoire de ce même différend. On comprend que S^irpi y raconte tout à sa mode. De jure asylorunî : Traité de

l'inquisition, 1638 , \n-k\ etc. ; un Traité des bénéfices, (pii a été traduit en français, in-12. On y trouve la proposition suivante : « Les « plus grandes persécutions suscitées à l'E- « alise sont venues uniquement de ce que '( les princes, ayant besoin d'argent, voulu- >( rent s'emparer de ses biens. » On ne peut disconvenir qu'une pareille observation de la part d'un apostat ne soit remarquable, et ne justifie pleinement l'Eglise catholique sur tous les reproches qu'on a fait servir aux peisécutions qu'elle a essu\ ées. Un philosophe chrétien a développé la même observation avec énergie. « Nouveaux Héliodores, « dit-il, si ce sont les biens de l'Eglise qu'il « vous faut, prenez-les sans détour et sans « prétexte. N'avez-vous pas assez do satel- « liles poui' exécuter sans raisonnement vos « plus absurdes caprices? Qu'est-il besoin « d'ajouter le mensonge à la rapine, puisque personne ne vous dispute la puissance de vous souiller de nouveaux crimes ? Si ce n'est que de l'argent qu'il vous faut pour multiplier vos soldats, vos chiens, vos chevaux et vos maîtresses, pillez le sanctuaire; mais laissez là la doctrine , les rites, les « usages et la discipline de l'Eglise ; votre « ignorante impiété travaillerait vainement « à y substituer quelque chose de mieux. » Des Lettres, au nombre de 123, imprimées à Helmstadt, sous le titre de Vérone ; la jiluparl sont en italien, quelques-unes en latin : c'est sa correspondance avec les protestants. C'est faussement que des critiques superficiels ont accusé ceux-ci de les avoir altérées ; elles rendent parfaitement les dispositions de l'auteur. Ses ouvrages en général, presque tous recueillis h Helmstadt (Vérone), 1761 à 1768, 8 vol. in-;..", et h Naples, 1790, 24 vol. in-8°, donnent une idée avantageuse de ses connaissances; mais ils laissent de fâcheuses im|iressions sur son esprit tortueux et faux, sur son cœur et sur son caractère plein d'aigreur et de méchanceté. Faut-il être surpris que dans ce siècle, oîi l'on fouille avec tant de soin dans tous les dépôts d'erreurs, un tel homme soit devenu le héros et le garant de cette fourmilière d'écrivains qui s'élèvent contre le siège de Rome , et surtout de ce compilateur intrépide qu'on a vu dans le sein même du sacerdoce déclarer la guerre à tous les ordres de la liiérarchie , écraser l'état de jla jurisprudence ecclésiastique par une pioduction effroyable d'un latin barbare et dégoûtant, composé de lambeaux tirés des wiclélites, hussites, luthériens, calvinistes, jansénistes, et doiit le résultat n'est qu'une suite de paraloglsnies , de contradictions , d'inepties et d'indécences? Voy. Hontuicim. Ce qu'il y a de singulier, c'est que le même horiime,qui a tant jùllé Sarpi, l'appela Osorem papatHs ac pontificuui, qui Lutherutn et Cahinumliabuil doc tores (lOiii.l.ApiK'nd. l,p.777). Dos admirateurs enthousiastes, on plutôt des gens de secte et de parti, ont attribué à Fra- Paolo des connaissances astronomiques et physiques qu'il n'eut jamais, et des découvertes auxquelles il n'eut |)oint de part. S'il est vrai que Galilée l'appelait le Père et le

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maître itniversel, ce ne peut avoir été que pour mortilier ceux qui l'avaient oiortifié luimême. Sa Vie, attribuée au i'ière Fulgeuce Micanzio, son compagnon, a été publiée en latin, Leyde, 1646, in-12; traduite en français, Leyde , Elzévir, 1662, et Amsterdam, 1664, in-12.

SARRASIN. Voy. Sarazin.

SARTI (Maijr), savant religieux italien, de l'institut de saint Uomuald, né à Bologne , le h décembre 1709, prit l'habit de camaliiulu à Ravenne, le 29 avril 1728, et changea dans cette occasion son nom de baptême de Grégoire contre celui de Maur. 11 continua ses études qu'il porta en môu^e temps sur la théologie, le droit canonique, les langues savantes, l'histoire et même la poésie, et fut ensuite chargé d'enseigner la philosophie dans différents monastères de son ordre. Rappelé en 1749 à Ravenne pour professer la théologie, il remplit, quatre ans après , à Faenza, les fonctions de cliancelier de sa congrégation. Dom Sarti fut nommé, en 1755, abbé du monastère de Saint-Grégoii e à Rome, et fut chargé par Benoit XIV. [mis par Clément XIII, qui le déclara, en 1764-, consulleur des rites, de composer VHkloire de l'université de Bologne. Cet ouvrage était livré à l'impression ; mais il n'avait point encore paru, lorsque le P. Sarti mourut subitement le 23 août 1766. Il avait enrichi la bibliothèque de son monastère de livres précieux, et d'un recueil considérable d'inscriptions grecques et latines, que le P. Gaspard Oderico, jésuite, publia avec des notes et des explications. On a du P. Sarti : De claris archigymnnsii Bononiensis professoribus, a sœculo XI ad sœcidum A'/K, Bologne, 1769 et 1771,2 vol. in-fol. Le P. Maur Fattorini, aussi camaklule , acheva cet ouvrage , dont Tiraboschi fait un grand éloge. De antiqua Picentum civitate Cupra Montana, deque Massatio oppido agri Msini, Epistola ad V. C. Joannem Feiicem Garatomim, Pesaro , 1748 ; La Vita di San Giovanni da Lodi , vescovo di Gubbio, scritta da un monaco anonimo del monasterio di Santa-Croce delV Avellana , traita ora pcr la prima voila da un anlichissimo codice, volgarizzata ed illuslr'ita, etc. , lesi , 1748 ; De veleri capsula iliptica dissertatio, Faenza, 1753 ; De episcopis Eagubinis. Prœcedil de civitale et ecclcsia Eagubina dissertalio,Vésaro, 1757, in-4'', ligures. Fabbroni a fait un bel Eloge du P. Sarti, dans la Vie du P. Miltarelli , insérée dans les Vitœ Italorum, etc., t. V, p. 387.

SAS (Corneille), né à Turnhout, au quartier d'Anvers, l'an 1593, fut successivement professeur en philosopliie à Louvain , chanoine de Malines et professeur en tliéologie dans le séminaire de celte ville, et entiu chanoine officiai et vicaire général d'Ypres. 11 mourut le 8 novembre 1656, après s'être distingué également par sa i>iété et [)ar ses connaissances dans les matières ecclésiastiques.

Nous avons de lui : un traité très-instructif intitulé, OEcumenicum de singularitate clericorum , illorumque cum feminis extraneis vetito contubernio , judicium , Bruxelles ,

1653, in-4°. Il prétend que les ecclésiastiques ne peuvent ni ne doivent prendre de femmes dans leur maison pourles servir, fussent-elles vieilles. Epilome praxeos virtuluni theologicanun, etc., Rome, 1632, in-12.

SASBOUTH (Adam), cordelier, né à Delft, en 1516, d'une famille noble et ancienne, mort à Louvain en 1353, était savant daiTs la théologie et dans les langues grecque et hébraiijue, et les enseigna dans son ordre. Ses ouvrages ont été imprimés à Cologne en 1568, in-fol., et 1575. Le plus considérable est un Commenlaire sur Isaie id sur les Epîtres de saint Paul. Michel Vosmerus, son neveu, a écrit la Vie de ce savant et pieux religieux, et a publié une Apologie contre ceux qui ont assuré que les Commentaires que Sasbouth a publiés sont les leçons qu'avait dictées Jean Hasselius, son professeur.

SASSI. Voy. Saxi.

SATURNIN (saint) , premier évêque do Toulouse, appelé vulgairement saint Sernin, fut envoyé avec saint Denis pour prêcher l'Evangile dans les Gaules , vers l'an 245. Placé sur le siège de Toulouse, en 250, il fut illustre par ses vertus, ses lumières et ses miracles , et engendra un grand nombre d'enfants iv l'Eglise par la semence de la ])arole divine, et par celle de son sang, qu'il répandit sous le fer des bourreaux, l'an 257.

SAUBERT (Jean), savant critique, bon anti((uaire du xvii' siècle, est auteur d'un Traité latin, assez estimé, sur les Sacri/ices des anciens , et d'un autre sur les prêtres et les sacrificateurs hébreux. Ces deux Traités offrent des recherches et de l'érudition. Thomas Crenius en donna une bonne édition corrigée, augmentée et éclaircie, sous ce titre -.De sacrificiis veterum, et de sacerdotibus Hebrœorum, commentarium, Leyde, 1699, in-8°.

SAUL , premier roi d'Israël, fils de Gis, homme riche et puissant de Gabaa, dans la tribu de Benjamin, fut sacré roi d'Israël par le prophète Samuel, l'an 1095 avant Jésus- Christ, suivant l'ordre que ce prophète avait reçudeDieu. Sa taille et saijonneminele rendirent respectable au peuple, et prévinrent la multitude en sa faveur. Jabès ayant été assiégée par les Ammonites, le peuple s'assembla en foule pour secourir les habitants. Saiil, avec cette armée nombreuse, fondit sur les Ammonites, les tailla en pièces, et délivra la ville. Ensuite Samuel tint une assemblée à Galgala , où il fit confirmer l'élection de Saiil , qui , deux ans après , marcha contre les Philistins. Ces ennemis du peuple de Dieu, irrités de quelques succès que Jonathas, fils de Saiil, avait eus sur eux, vinrent camper à r>iachmas avec 30,000 chariots, 6,000 chevaux, et une miiltituue iuuombiable de gens (le pied. Le roi d'Israël maiclia contre eux et les vainquit. Saûl fut victorieux de divers autres peuples; mais ilperdit le fruit de ses victoires par sa désobéissance. Dans une guerre contre les Philistins, il offrit un sacrifice sans attendre Samuel, et il conserva ce qu'il y avait dé meilleur dans lés troupeaux dès Amalécites, avec Agag leur roi,

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contre l'ordre exprès du Seigneur. Son sceptre passa dans les mains de David , qui fui 'sacré par Samuel, et qui l'^pousi ensuite Michel, lille de Sùil. Ce mariage n'empôcha point le beau-père de persécuter son gendre, ni de cliercher tous les moyens possiljlcs de le perdre. Saiil consulta la pytlionisse pour savoir (pielle serait l'issie du combat qu'il allait livrer aux Philistins, et Samuel lui ap- ])arut pour lui annoncer sa défaite. Voi/. Samuel. l'eu après son armée fut t lillée en pièces : croyant alors la mort inévitable, il pria son éuuyer de le tuer; mais cet ollicier ayant n'fuséde commettre une action si barbare, S.iiil saisit lui-môme son épée, et s'étant laissé tomber sur sa pointe, il mourut ainsi miséralilemeni , l'an 1055 avant Jésus- Christ. Les Philistins, ayant trouvé le corps de ce prince, lui coupèrent la tôle, qu'ils attachèrent dans le temple de Dagon, et pendirent ses armes dans le temple d'Astiroth. Son histoire , qui est racontée dans le premier livre des Rois, a été le sujet d'un giand nombre de compositions diamaliques, parmi lesquelles on cite latr.igédie de Soumet, qui fut représentée à l'Odéon, en 18^2.

SAULI (le bie^iheureux Alexandre), supérieur générai de la congrégation de Saint- Paul , appelé vulgairement la so 'iété des Bnrnnbites, naquit le 15 f 'vrier 1535, à Milan, d'une famille patricienne originaire de Gênes. La tendre piété dont il fit profession dès sa jeunesse fut loin de contrarier son goût pour l'étude des sciences. Après avoir reçu la prètiise, on le nomma piésident des études lhéolo,:,iqMes de l'ordre de la congrégation de Saint-Paul. Il n'avait pas encore trente-trois ans lorsqu'il fut élu su|)érieur général de son ordre. Sauli avait ass sté, en 15G5, au synode de Milan, et il mérita que saint Charles Borromée le choisît pour son confesseur. 11 devint, en 1367, supérieur générai de sa congrégation. Nommé, en 1570, évoque d'Aleria en Co^se, il se trouva au milieu d'une population ignorante et sauvage; il y prêcha l'Evangile avec un zèle et une charité qui lui méritèrent le titre û'Apôtre de la Corse. En IS'.U, il fut transféré dans l'évôché de Pavie. Il mourut àCazzoli l'année suivante, brûlant de zèle pnur le salut des âmes; c'était surtout la conversion des [lécheurs qu'il avait en vue. 11 usait de toutes sortes de moyens pour les ramener à Dieu. Il allait les chercher, les exhortait, les priait. Son éloquence était si persuasive, la chanté animait tellement ses paroles, que rarement elles étaient sans fruit. Il avait établi des réunions ou congrégations, auxquelles un grand nombre de tidèles assistaient. 11 les instruisait , les engageait à la fréquentation des sacrements, et les y préparait. Ces exercices parurent si utdes à plusieurs prélats, qu ils les adojitèrent pour hurs diocèses. Benoît XIV mit Sauli, en 17/|.l, au rang des bienheureux. Moiéri n'a point consacré d'article à ce saint religieux; mais il en fait mention au mot Bnrnahàrs. Le P. Branda , de la môme congrégation, a écrit sa Vie, Milan, 17i8. Les Lettres pastorales de Sauli, ses Statuts syno-

daux, et quelques Opuscules mystiques, impriuK's ou mauuscrits, sont mentionnés dans la Bihliothkjue des écrivains de Milan , d'Arge'lati.

SAULNIER (Charles), chanoine régulier de l'observance réformée de l'ordre de Prémonlré, naquit h Nancy en 1090. Il entra dans la congrégation le (5 février 1707, et fit ; profession dans l'abbaye de Sainte-Marie de Pont-à-Mousson , le 10 m irs 1709. Après avoir enseigné la philosophie et la théologie ' pendant plusieuis années, et avoir- occupé divers autres em ilois, il fut nommé, par !echapitrede son observance, prieur d'Estival, sous le savant abbé Hugo, qui, en 1735, le ht élire son coadjuteur. Une mort prématurée l'eileva le 4 janvier 173S, avant celui à qui il devait succéder : il était à reine âgé de iS ans. Il avait partagé les travaux littéraires que l'abbé Hugo avait établis dans son aiibaye. On a de lui : une très-belle édition des statuts de l'ordre de Prémontré, s us ce titre : Staluta candidi et canonici ordinis Prœmonstratensis renovata ah anno 1630, a capitula generali plane resoluta ; ed t. 2, I variis generalium et provincinitum capitula- I rum décret is illustrata, notis et commentariis adornata a R. P. Carolo Saulnier, Stivagii priore et tractât us stivagiensis ofjiciale; qaibus accessenint régula sancti Augustini ncc non articuli reformationis seu communitatis antiqui rigoris nuncupatœ , Stiv.igii , typ s Mart ni Heller, in-i". A la tête se trouvent les bulles con/irmatives de l'ordie de Prémontré et la règle de saint Augustin, qui régit tant d'associations religieuses de l'un et de l'autre sexe. Cette règle n'est que VEpître 211 de ce Père, de laquelle le commencement est retranché et où l'on a mis au masculin ce qui se trouve au féminin ]iour les religieuses auxquelles elle est adressée. Scriptorum ordinis Prirmonslratensis séries chronologica, cum notis criticis et dissertationibus, ab exordio ordinis ad annum 1630. Cette biographie contient plus de 370 écrivains. Le P. Saulnier se proposait de la continuer jusqu'à son temps. Piévenu par la mort, avant que ce dessein pût s'etl'ectuer, il a laissé inédit cet ouvrage qu'on assure être digne de la presse, et qui se conserve, dit-on, au séminaire de Nancy.

SAULNIER DE Beauregard (le P. Antoine).

Voy. Antoine.

SAULT (Jean-Paul du), ou SAUDT, selon M. Picot dans ses Mémoires, bénéd.ctin de la congrégation de Saint-Manr, né l'an 1650 d'une famille noble, à Saint-Sever-Cap-de- Gascogne, fut élevé chez les bénédictins et lit sa profession le H novembre 1667. Nommé professeur de théologie, il s'acquitta de cet emploi avec le |)lus grand zèle et un succès extraordinaire. 11 était à Saint-André d'Avignon, lorsqu'il lui vint à l'es))ril de faire son testament spirituel ; il s'y donnait entièi'emeiil îi Dieu, lui consacrait ses désirs, ses pensées, ses actions. 11 en dressa acte, le signa de son sang et le déposa sur l'autel le jour de l'Ejjiphanie, auquel, dans la congrégation, se fait la cérémonie du renouvel-

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lement des vœux. Du Sault fut nommé directeur du noviciat : après avoir exercé ces fonctions pendant 9 ans , il fut prieur dans plusieurs établissements : partout il entretenait ou ranimait le goût des boniies études et l'amour de la discipline : le monastère de la Daurade lui fut redevable d'une riche bibliothèque. Elu visiteur de sa province, il n'épargna ni peines ni fatigues pour remplir ses importantes fonctions. Il mourut exténué de jeûnes et épuisé par le travail, au monastère de Sairit-André de Villencuve-lès-Avignon , le 16 janvier 172.'i-, âgé de 7'i- ans. 11 a laissé : Entretiens avec Jésus-Christ dans le Saint- Sacrement (le i autel, Toulouse, 1701 et 1703, 5 vol. in-1-2; il y en a eu six é:iitions. Le , P. d"Autun, jésuite, en a fait une critique et^ '■ en a relevé quelques propositions. Abrégé des entretiens avec Jésus-Christ dans le Suint- Sacrement de l'autel, Toulouse, 1706, un vol. in-12 : c'est le précis du précèdent ; Avis et réflexions sur les devoirs de l'état religieux, pour animer ceux qui l'ont embi-assé , Toulouse, 1708 ; 2' édition, revue et perfectionnée par l'auteur, Avignon, 1711, 2 vol. in-8". 11 y en eut encore deux autres éditions. Le Religieux mourant, ou Préparation à ta mort, pour les personnes qui ont embrassé l'état religieux, Avignon, 1718, 2 vol. in-8"; Abrégé du Traité de la préparation à la mort, Toulouse, 1723, in-12.

SAUMAISE (Claude de), savant littérateur, naquit le 13 avril 1388, à Semur en Auxois, d'une famille distinguée dans la lobe. Sa patrie fut brûlée et presque réduite en cendres la mèiiie année qu'il vit le jour. «Cet incendie, dit un de ses froids pa- « négyristes , fut un présage de ses vasies «lumièies, de même que l'incendie du « temple d'Ephèse l'avait été du courage « d'Alexandre. » Le père de Saumaise fut son i)remier maître pour les langues grecque et latine. Antoine Clément, son plus ancien biographe dit qu'à l'âge de dix ans le jeime élève exjiliquait P.ndare, et faisait des vers dans l'une et l'autre langue, genre d'exercice par lequel il se délassa souvent de tiavaux plus graves. Après avoir fait sa philosophie à Paris, \1 alla en 1606 à Heidelberg où il fit sou droit sous le savant Godefroi. Lorsqu'il fut de retour dans sa patrie, son père, lieutenant part culier au bailliage de Semur, voulut lia résigner sa charge; mais la profession que le tils faisait du calvinisme, l'empêcha d'en obtenir les provisions, li avait été élevé dans cette religion par sa mère, et s'y était aifermi pendant son séjour à Heidelberg. Saumaise se retira à Leyde, où il lut professeur honoraire en 1632. Pendant un voyage qu'il lit à Paris en 1633 , le roi lui accorda un brevet de conseiller d'Etat, le lit chevalier de Saint-Michel; et depuis, étant en Bourgogne, il fut gratifié par ce prince d'une pension de 6 mille livres. Saumaise se signala, en 16i6, par son Apologie de Charles 1", roi d'Angleterre. 11 soutenait une cause excellente; mais il l'aifaiblit par le ton ridiculement ampoulé qu'il donna à son ouvrage. Voici comme il commence : « Anglais,

DicT. DE Biographie relig. III.

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« qui vous renvoyez les tôles des rois comme « des balles de paume, qui jouez à la boule « avec les couronnes, et qui vous servez des « sceptres comme de marottes. » L'année d'après, il fit un voyage en Suède, où la reine Christine l'appelait dejiuis longtemus. Après un séjour d'un an, il revint en Hollande , et mourut aux eaux de Spa en 1633. On l'enterra sans cérémonie et sans épilaplie, dans réj;lise de Saint-Jean h Maestiieht, qui appartenait aux calvinistes. Saumaise fui le héros des littéiateurs de son siècle, mais sa réputr.tion ne s'est pas soutenue. On le regarde généralement comme im critique bizarre, aigie et présomptueux. Son érudition était immense, mais elle était mal digérée. Quoique Saumaise écrivit avec beaucoup d'emportement et d'orgueil, il était doux et modeste avec ses amis. L'esprit de secte ne l'empêcha pas de faire des aveux bien favorables à la croyance catholique, comme nous l'ajiprenons par ce passage d'une lettre de Uiehard Simon (Lettres choisies, \iv. i, [). 247) : « Vous « autres puritains, vnas vous mettez peu en « jreine tle. ce qui rx'garde l'cMlire ccclésiasli- « que. Cependant perrueltcz-inoi de vous dire « que vos gens oui si foi-t l'allirié pour- é|irirer « la religion fhrélienne , ipi ils un ont fait « un squelette. Et c'e.-t te que témoigmiil nu- « tr( fois Saumaise à La Peyièie, auteur des « ]iréadamites. Celui-ci, comiiii' je l'ai appris « de lui-même, ayant manpié à Saumaise , « que dans le livrée qu'il (Saumaise) avait coince posé touchant la Ir-anssubstanliatioii contre « (irotius, il ava t trouvé bien des choses « qui établissaient l'antiquité des céi émonies « de l'Eglise romaine, ou |iliitôt de t(nites les « égli,scs du monde : Nustri, réiionlil Saumal- (1 se, resecucrunt rcligionem nsque ad vivum. » Ses |:)i'incipaux ouvrages sont : iSili , arcliiepiscopi Thessatoniccnsis, de priiiiatupajjœ romani,Ubri duo, avec de< remarques qiri liécôji'ntson enthousiasme df secte, Han,iu,16()8, in-8"; Heidelberg, 1608 et 1612; Leyde, 16i3, in-i°. Ce Nil était un gr'i'c aussi zélé pour le schisme de Piiotius que Saumaise pour la doctrine de Calvin. Le livre de l'un et les remarques de l'autre ont été solidement n-l'utés par Jean Dartis, dans son traité : De ordinibus et dignitatibus ecclesiasticis , Paris, 16+8, in-4". Flori , rerum Romanarum , libri IV, cinn notis Gruteri : nunc primum accesserunt notœ et castigalioncs Cl. Salinasii, Paris, 1609, in-8", et 1636, in-8'; Uistoriœ- Augustœ scriptores sex, Paris, 1()20, iii-fol., el depuis à Leyde, en 1670 et 1671, in-8"; Plinianœ exercilationes in Caii Jutii Solini Polghistur. Item Caii Julii Solini J'olyhistor, ex veterihus Ubris emendatus , Paris, 1629, 2 vol., in-folio, et à Utrecht, 1(:89, 2 vol. in-folio. De usuris, Leyde, 1639, i i-8'. Ce livre, dans lequel il veut jestitier les usures modérées , fut attaqué avec succès par Cloppi nbui-g, Heinsius et Fabr-ol. Dissertatio de fœnore Irapczitico, in très tibros divisa, LeyUe, 1640, in-8", qui, au jugement de Grotiiis, fut pulvérisée (ii,u- Petau. Uissertationum ecclcsiasticarum libri duo, Paris, 16'i-l, in-8"; Simplicii . commentarius in Enchiridion Epicteti , ex

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libris veteribus emendatus; De re militari j Romanorum liber, opus posthumum , 1657 , I in-4-°; De ffellcnistica, Leyde, IGW, in-8". S Plusieurs autres ouvrages, dont on peut voir '• la liste daas la Bibliollièque de Bourgogne , ' par Papillon.

SAU.MAISE (Claude de), parent du précédent, nék Dijon en 1603, entra dans l'Onitoire en 1635, et fut chargé d'écrire VHistoirc de sa congrégation. 11 recueillit plusieurs matériaux; mais l'ouvrage est demeuré imparfait : le P. Saumaise mourut à Paris avant de l'avoir achevé , en 1680, à 77 ans. On a de lui une Traduction française desDirections pastorales dedoui Jean de Palafox, 1671,in-12, et quelques pièces de vers latins et français. SADMERY (Pierre-Lambert de), Français de nation, se fit franciscain dans sa patrie. Ayant apostasie en passant à Menin, il se retira en Angleterre, et partit de Londres au commencement de janvier 1719, pour s'embarquer pour le Levant. Il fit à Constantiiiople un séjour de plus de trois ans, parcourut ensuite l'Allemagne, l'Italie et la Hollande, oii il se présenta deux ou trois fois pour être ministre ; mais, manciuant de téluoignages, il fut rejeté. Après cela, il vint à Liège, où il abjura le calvinisme, et vécut de sa plume pendant environ quinze ans. Sa mauvaiseconduite l'ayant fait chasser de cette ville, il retourna en Hollande, se lit de nouveau calviniste, et mourut, dit-on, à Utrecht. On a de lui : 'Mémoires et aventures secrètes et curieuses d'un voyage au Levant, Liège, 1731, 5 vol. in-12 ; VAnti-chretien, ou l'Esprit du calvinisme opposé à Jésus-Christ et à T Evangile, ibid., 1731, in-12, dédié à messieurs les bourgmestres et conseil de Liège ; Réplique à la lettre d'un soi-disant officier de la garnison de Namur, contre le livre précédent. La lettre de ce prétendu officier a reparu avec quatre autres, sous le titre de Quatre lettres à messieurs les bourgmestres et conseil de Liège, au

sujet du livre de M. de Sriumerij, avec une

lettre à M. le baron de H***, sur les susdites . lettres, etc., Amsterdam, HiS, in-12; les Délices du pays de Liège, 1738-1754, 5 vol. in-fol. Saumery a rédigé cette informe compilation avec plusieurs autres faméliques écrivains qui avaient aussi besoin de jugement que de pain.

SAUiNIER de Beadmon't (l'abbé), sous-diacre du diocèse de Rouen, écrivain et compilateur du xviw siècle, publia les ouvrages suivants ' .sous le voile de l'anonyme : Lettre d'un théo- . logien à un avocat, sur le droit que les curés '. ont dans le gouvernement de l'Eglise, 1712, in-12; Lettres philosophiques, sérieuses, critiques et amusantes, traitant de la pierre philosophale, de l'incertitude de la médecine, etc., Paris, 1733, in-12; La Haye, 174-8, in-12; Le Gnome, Pi\r[s,'m-i2; Ônéirologie, onTraité des songes, en Hollande, in-12 ; Productions d'esprit, contenant tout ce que les arts et les sciences ont de rare et de merveilleux ; ouvrage critique et sublime composé par le docteur Sioift, et autres personnes remplies d'une érudition profonde, avec des notes en plusieurs endroits, traduit par M. *♦*, Paris, 1736, 2

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vol. in-1-2 : c'est la trad. du Conte du Tonneau de Swift, publiée à La Haye i)ar Van Etfen, et à laquelle l'abbé Saunier a fait beaucoup de changements. Il a composé notamment la 1", la 3% la 10' et la 14' lettres, pour remplacer ce que ce conte offrait d'impie et de licencieux ; Voyage d'Inigo de Biervillas , Portugais, à la côte du Malabar, Goa, Batavia et autres lieux des Indes orientales, Paris, 1736, in-12 ; Histoire de la dernière révolution arrivée dans l'empire ottoman le 28 septembre 1730, avec quelques observations sur l'état de la ville et empire de Maroc, Paris, 1740, in-12, sous le pseudonyme de Crouzenac, gentilhomme gascon. L'abbé Saunier fut l'éditeur de l'ouvrage d'un laïque nommé Boisvenet, intitulé : Instructions chrétiennes sur les souffrances, par M. l'abbé***, Paris, 1732, in-12. SAURIN (Elie), ministre de l'église wallonne d'Utrecht, vit le jour en 1639, à Usseaux, dans la vallée de Pragelas, frontière du Dauphiné. Son père, ministre de ce village, l'éleva avec soin, et le jeune Saurin ne tarda pas k se distinguer. Ses talents le tirent choisir, en 1661, pour ministre de Venterol, puis d'Embrun. L'année suivante, il était sur le point de professer la théologie à Die, lorsqu'il fut obligé de quitter le royaume, pour avoir refusé d'ôter son chapeau en passant auprès d'un prêtre qui portait le saint Viatique. Il se rendit en Hollande, où il devint ministre de l'église wallonne de Delft. Il y eut des démêlés très-vifs avec "le ministre Jurieu, dont il se tira avec avantage. Il mourut à Utrecht, en 1703, âgé de 64 ans, sans avoir été marié. On a de lui : Examen de la théologie de Jurieu, La Haye, 1694, 2 vol. in-8', dans lequel il discute diverses questions de théologie; des Réflexions sur les droits de la conscience, Vlrechl, 1697, in-8'', contre Jurieu, et contre le Commentaire philosophique de BayJe; un Traité de l'amour de Dieu, ibid., 1701, in-8°, dans lequel il soutient l'amour désintéressé ; un Traité de l'amour du prochain, ibid., 1704, in-8', etc.

SAURIN (Jacques), né à Nîmes, en 1677, d'un habile avocat protestant de cette ville, fit d'excellentes études , qu'il interrompit quelque temps pour suivre le parti des armes. Il eut un drapeau dans le régiment du colonel Renault, cjui servait en Piémont; mais le duc de Savoie ayant fait la paix avec la France, Saurin retourna à Genève, et reprit ses études de philosophie et de théologie, qu'il acheva avec un succès distingué. 11 alla, l'an 1700, en Hollande, puis en Angleterre, où il se maria eu 1703. Deux ans après il retourna h La Haye. 11 s'y fixa et y prêcha avec un applaudissement extraordinaire. Il avait de grands talents extérieurs, un air prévenant, une physionomie gracieuse, un ton de voix net et iiisinuant. Sou élocution n'étaitpas exactement pure ; mais comme il prêchait dans un pays étranger, on y faisait peu d'attention, et son auditoire était toujours fort nombreux. Il mourut en 1730, peu regretté des calvinistes, qui ne lui trouvaient pas assez de zèle ou d'emportement tontro les catholiques. Ses ennemis firent

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beaucoup valoir ses intrigues galantes, et

auelques autres aventures où sa vertu s'est émenlie. Les ouvrages de ce ministre sont: des Sermons, en 12 vol. in-S" et in-12, dont quelques-uns sont écrits avec beaucoup de iorce, de génie et d'éloquence, et dont quelques autres sont négligés et faibles. On n'y trouve point ces imprécations et ces fureurs que les calvinistes font ordinairement |)araître dans leurs sermons coîitre l'Eglise romaine ; mais il ne laisse pas d'en couibailie les dogmesd'unemanière insidieuse, quoique sa logique ne soit pas redoutable. Il attaque, par exem|ile, la présence réelle par des raisons qui se tournent également contre le ni^stère de la Trinité, qu'il défend dans ce môme endroit. [Voy. le Caléch. philos., n" Wi.) 11 avait publié les 5 premiers vol. pendant sa vie, depuis 1708 jusqu'en 1725; les derniers ont été donnés après sa mort. Des Discours sur V Ancien Testament, dont il publia les 2 premiers volumes in-fol. Beausobre et Roques ont continué cet ouvragi' et l'ont augmenté de 4- vol., 1720 et années suivantes : une Dissertation du 2' volume, qui traite du mensonge officieux, fut vivement attaquée par La Chapelle, et suscita de fâcheuses atïaires àSaurin. Un livre intitulé : L'Etat du christianisme en France , 1723, in-8°, dans lequel il traite de plusieurs points de controverse, et combat le miracle o[)éré sur la dame de La Fosse à Paris; Abrégé de la théologie et de la morale chrétienne, en forme de catéchisme, 1722, in-8°. Saurin publia, deux ans après, un Abrégé de cet abrégé; l'un et l'autre sont faits avec méthode, mais ils ne peuvent servir qu'aux protestants. On a publié plusieurs compilations sous les titres d'Esprit de Saurin, elc. Principes, etc., Extraits, etc.; la plus récente est intitulée Chefs-d'œuvre ou sermons choisis de Saurin,rccucillisparJ.-J.Chenevière, Genève, 1824, k vol. in-8°. « On a reproché à Saurin, avec assez de fondement, dit Maury, cette manière d'écrire que l'on apjjelait, au commencement du iviu" siècle, le style réfugié. Il fait usage d'une traduction souvent hui !esque delà Bible, qui futimprimée immédiatement après la séparation des églisesprotestantes : ce langagedu tempsde Alarot, contraste grotesquement avec notre éloculion moderne, en donnant à son style un air sauvage et un ton barbare.» — m. l'abbé Migne a donné un choix des Sermons de Saurin, dans le louie IX de sa grande collection des Démonstrations évangéliques, 1843-184-S), 18 vol. in-i". Les erreurs protestantes que ces sermons contiennent, sont signalées et réfutées dans la Révision, colonnes 1036-37 du tome XVIII de ces Démonstrations.

SAURiN (Joseph), membre de l'académie des sciences, frère d'Elie Saurin, né en 1659, à Courtaison, dans la principauté d'Orange, fut reçu ministre fort jeune à Eure en Dauphiné. S'étant emporté, dans un de ses Sermons, contre la religion et le gouvernement, il fut obligé de quitter la France en 1083, et se relira à Genève, d'où il passa dans lecantun de Berne, qui lui donna une cure considérable dans le bailliage d'Yverdun. Il était

bien établi dans ce poste, lorsqu'il s'éleva contre lui un orage qui le fit passer en Hollande. Il se rendit de là en France, et se mit entre les mains de l'illustre Bossuet, qui lui fit faire son abjuration en 1690. On douta toujours de la sincérité de cette conversion. VHistoire qu'il en a donnée est une espèce de roman. Saurin fut bien accueilli pcir Louis XIV, eut des pensions de la cour, et fut reçu à l'académie des sciences en 1707, avec des distinctions flatteuses. La géométrie faisait son occujiation et son plaisir. Il orna le Journal des savants, auquel il travaillait, de plusieurs extraits, et les Mémoires de l'académie des sciences, de quelques morceaux intéressants. Ce sont les seuls ouvrages qu'on connaisse de lui. On lui a attribué leFactum qu'il publia contre Rousseau, lorsqu'il fut enveloppé dans la triste alfaire des couplets, mais ce factum est de Houdartde La Motte, auquel il avait eu recours. Il se répandit, en 1709, dans le café où Saurin allait tous les jours, des chansons aflreuses contre tous ceux qui y venaient. On soupçonna Rousseau d'en être l'autour. Celui-ci rejeta ces horreurs sur Saurin, qui fut absous par un arrêt du parlement, rendu en 1712 , tandis que Rousseau était banni du royaume, non pas à la vérité comme auteur des couplets, mais pour avoir succomlié dans ses preuves contre Saurin. Richcu-, dans un des volumes des Causes célibres tâche de prouver que Saurin et La -viotte fabriquèrent les cowp/e^s d'après certains traits échappés à Rousseau, qu'ils y insérèrent adroitement pour faire retomber sur lui avec plus de vraisemblance le soupçon de les avoir faits; ce sentiment a ])ris faveur: cependant, quant à La Motte, il faut convenir que latrocité des couplets n'était point dans son caractère, et il parait certain, qu'il n'a eu d'autre paità cette affaire que d'avoir composé le factum dont nous avons j)arlé. Saurin mourut à Pais en 1737, d'une fièvre léthargique. Sa mémoire a été attaquée après sa mort, comme sa réputation l'avait été pendant sa vie. On lit imnrimer, dans le Mercure suisse, une lettre écrite de Paris h un ministre, dans laquelle il s'avouait coupable de plusieurs crimes qui auraient mérité la mort.Quelques ministrescalvinistes ont di^juisfirtemeut soutenu que cette lettre avait existé. Voltaire a essayé de prouver le contraire. Cependant, ce poëie philosophe, en voul uil défen ire Saurin dans son Histoire générale, a laissé de fâcheuses impressions sur son caractère. Il insinue que ce géomètre sacrifia sa religion à son intérèl, et qu'il se joua de « Bossuet, qui crut avoir converti un « ministre, et qui ne lit que servir à la petite « fortune d'un philosophe ! » Cela peut être vrai ; mais c'est un aveu singulier de la part d'un homme qui fait l'apologie d'un autre.

SAURÎNE (Jean-Piekre), évêque constitutionnel des Landes, jinis de Strasbourg, na-^ quit à Saint-Pierre dEysus, département des Basses-Pyrénées, le 10 mai 1733. Ayant embrassé l'état ecclésiastique, il devint vicaire à Sainte-Marie d'Oloron, et il occupait encore cette place, lorsqu'il fut élu, en 1789, députe

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aux Etats généraux par le clergé r.lu Béaiii. Partisan des priiicipos de la révolution, il lit partie de la coalition des curés qui se réunirent au tiers-étal, ailliéra aux mesures prises dans la nuit du h août, et applaudit à la vente des biens ecclésiastiques. Le 27 se;)tembre 1790, il prêta le serment à la conslilutiou civile du clergé ; et peu de tein[)s après il fut élu évè(jue des Landes. A|)pelé, en 1792, k la Convention nationale, il y vota pour la détention de Loms XVI et de sa famille jusqu'à la paix, pour le sursis et pourl'aiipelaa peuple. Par suite de son oppos'tion à [ajournée du 31 mai 1793, et pour avoir signé la protestation du () juin suivant, il fut un des soixante-treize députés mis en arrestation; mais, s;ir la motion do Merlin de Douai, il rentra avec eux, le 10 décembre 1791, dans le sein de la Convention : plus tard il lit partie du conseil des Cinq-cents. Dès le corti- TOcncement de 1795, quelques prélats constitutionnels s"étant décidés à travailler h l'organisation de leur église, Saurine et trois d'entre eux formèrent à Paris un comité sous le titre d'Evéques réunis. Il s'agissait do rassembler les membres dispersés [mcmbra disjecta) du clergé constitutionnid. Ils adressèrent, le 15 mars une /ff^rc encyclique aux autres évèques leurs collègues. Cette lettre fut suivie d'une ai(7re du 13 décembre. Saurine prit part à l'une et à l'autre. Il coopéra aux /lnn«/es de la Religion, de Desbois, et défendit dans quelques articles l'ancienne discipline contre les mnovations de plusieurs de ses collègues, oauriiie assista aux deux conciles des co-istitulionnels, qui s'ouvrirent le 15 noùl 1797, «t le 29 juin 1801; mais il ne s'y fit pas remarquer. Après le Concordai. Saurine obtint l'evêché de Strasbourg. Les Mémoires historiques sur les atTaires ecclésiastiques de France disent que cette nomination inattendue excita des plaintes, et que le début de l'évèque dans son diocèse ne fut pas heureux. A Coliuar, il logea chez Re\\bell et Rapinaf, et adressa une instruction menaçante à son clergé. On cite de lui des décisions d'une morale très-relâchée, et on prétend que son secrétariat se permettait des taxes arbitraires. Il appela de tous les côtés les prêtres assermentés, et força plusieurs ecclésiastiques respectables à quitter le diocèse. Il mourut subitement le 8 mai 1813. Voij. VAmi de la Religion, tom. XXXIII, pag. 91, oùl'on trouve une excellente Notice sur cet évèque constitutionnel. Les Annales de laRcligiun, tom. YI, VII et X, contiennent plusieurs de si^s Opuscules.

SAUSS.W (André du), docteur en droit et enihéolo^ne, curé de Saint- Leu à Paris, sa pairie, olh .ial et grand- vicaire dans la même ville, et enfui évoque de Toul, naquit vers 1589 de parents pauvres, cpii le lii'ent élever dans un établissement de chanté. Il s'acquit l'estime du loi Louis XIII, dont il fut prédicateur ordinau-e,et qui l'honora de la mitre eu 16i7. 11 gouverna sou diocèse avec beaucoup de zèle et de sagesse, et mourut à 'foui en 1675, à 80 ans. Il composa plusieurs ouvrages, entre autres : De episcopnli mono-

gamia et unitate ecclesiastira Dissertatio, Paris, 1()32. in-'i.°; et le Martiirohgium gallicanum. 1038, 2 vol. in- fol. dans lequel on remanjue beaucoup d'érudition, mais pas assez de critique et d'exactitude. U entreprit cet ouvrage par ordre de Louis XIII. Une Notice lui a été consacrée dans les Mémoires de Nicéron. tome XL.

SAUSSAYE (Charles de La), né en 1565 d'une famille noble, fut chanoine d'Orléans, sa patrie, jusqu'en lOli, époque oij il accepta la cure de Saint-Jacques de la Bou( herie k Paris. Le cardinal de Ketz le~nonmia chanoine de l'église de Paris, ce qui ne l'empêcha pas de conserver sa cure. Il mourut en 1621, à 56 ans. On a de lui : .Annales Ecclesiœ aurelia- 7}ensis, Paris, 1615, in-4° ; ouviage [)lein de recherches savantes.

SAUSSOIS (N. du), ou plutôt Dusacssois (quelques-uns écrivent Dusaussoir), né vers 1687, était curé de Haucourt, diocèse de Rouen. Il n'est connu que jiar un ouvrage intitulé: La Vérité rendue sensible à tout le monde ou Entretien familier d'un curé avec un marchand, sur les contestations dont l'Eglise est agitée, et en particulier sur la constitution Ùnigeuitus, 1719, in-12. Ce livre, en faveur de l'appel, eut plusieurs éditiims. La 5' est de 172V, avec une 2' partie qui commence à l'art. 6. II y en eut une autie édition en 17i3, 2 vol. in-12, donnée par Jean- Joseph Gri lot, chanoine de Chaldis (To//. le Dict. des anonymes, t. III, p. 30i, n° 10,974). Ce Grillot, simple clerc tonsuré, élevé au séminaire d'Auxerre sous M. de Caylus, et ensuite au collège de Sainte-Barbe, avait été imbu dès sa jeunesse des principes de Poit-Royal. Pieux d'ailleurs et menant une vie austère, il avait cru mériloxe de se vouer entièrement au service du parti, et de s'exposer à tous les dangers pour le faire prévaloir. Sachant qu'on recherchait et qu'on punissait sévèrement ceux qui contriiui. dent à ré. andre les écrits jansénistes, il ne craignit pas de se livrer à cette œuvre dangereuse. Il fut découvert, et on le condamna au carcan. II soulfrit celle huruili ition avec une résignation digne d'une meilleure cause. Errant et banni du royaume, il se retira en Hollande près des réiugiés. U lui fut cependant permis (!e revenir en France, où il mourut en 17'i-9. La nouvelle éditionde l'ouvrage du curé Dusaussois fut un des fruits de ce zè'e mal entendu. Ce curé mourut dans sa paroisse au mois d'octobre 1727, âgé d'environ 40 ans.

SAUSSOL (Alexis), né le 6 février 1759, k Dourgne, diocèse de Lavaur, commença ses étu..es h Castres et les conti.ua à Toulouse. Il vuit les terminer à Paris chez les Robertins dont l'enseignemoiit était alors en ré])uta:ion, et passa ensuite trois annéis au séminaire deSanit-NiColas dans les fonctions de directeur et de grand |iréfe!. De là d fut rappelé à Lavaur par .M. de Caslellane, évèque de cette ville, dou-t il cievinl l'aumônier ou peut-être le secrétaire particulier. A l'époque de la révolution, il suivit ce prélat en Espagne, et il haldta pendant trois ans avec

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lui le célèbre monastère de Mont-Serrat en Catalogne. C'est là que Saussol recueillit les matériaux d'un ouvrage qu'il publia vers 1801 à Florence, où il avait suivi son évoque. Cet ouvrage intitulé : Traité de la conduite à tenir après la persécution, mérita à lautcur un bref de la pari de Pie VII. ^■ers le même temps, l'infanted'Espagne, devenuereined'Ktrurie,qui résidait alors à Florence, l'attacha à l'éducation de son fils aujourd'hui duc de Lucques. Bientôt les vicissitudes auxquelles la vie des princes était alors exposée, séparèrent l'abbé Saussol de son élève dont il avait à peine commencé l'éducation. Il reçut né.inmoins de la reine d'Etrurie la croix de Saint-Ltienneet nw. pension de 12,000 francs, que la famille royale d'Espagne lui a payée jusqu'à sa mort. Rentré en France après la restauration, il exerça son zèle pendant plusieurs années aux environs de Lis eux, prêchant, donnant des retraites, et se livrant à toutes les fonctions du ministère. En 1817, Louis XVIil le nomma à l'évèché de Séez ; les obstacles que rencontra l'exécution du concordat de 1817, retardèrent deux ans son sacre, et il ne prit posses-ion de son diocèse qu'au mois d'octobre 1819. Le nouvel évêque remplit avec zèle toutes les fonctions de l'épiscoj)at : mais son attention se poita spécialement sur les établissements ecclésiastiques. Il créa un petit séminaire, reçut les élèves du grand séminaire à l'évèché en attendant qu il leur eût lait préparer une habitation convenable, et enlin il fit don au diocèse de l'ancienne abbaye de Saint-Martin de Séez qu'il avait acquise et restaurée à ses frais. Il mourut le 17 février 1836, à 1 âge de 77 ans. M. l'abbé Maillard, directeur au séminaire de Séez, prononça son oraison funèbre.

SAUTEL (Pierre-Just), jésuite , né à Valence en Daupiliné l'an 1013, mort à Tournon en 1G62, poète latin. Cet auteur rend les petits sujels iniéressants par la manière ingénieuse et délicate dunt il les décrit. Il sullit pour s'en convaincre, de lire la première élégie de ses Jeux allégoriques, sur une mouclie tombée dans une terrine de lait. Les autres suji ts de ces Jeux allégoriques sont : un Essaim d'abeilles distillant du miel dans le carquois de l'amour ; la Querelle des mouches ; un Oiseau mis en cage ; le Perroquet (jui parle, etc. On a encore de lui des Epigrammcs sur tous les jours de fêtes de l'année, qu'il a intitulées : Annus sacjr-poettcus, ouvrage imprinni à Paris, 1665, i:i-16; Cologne, 1 iil, 2 vol. in-8". Ces épigrammes, fort inférieures aux autres poésies de l'auteur, sont hérissées de mauvaises pointes, et coniiennent beaucoup de faits apocryphes. Les Lusus poelici allegorici avaient été imprimés à Lyon, l'an 16.36, in-12, avec une autre produciion qui a pour titre Divœ Magdalenœ ignés sacri. La latinité en est pure : mais les pensées n'en sont pas toujours naturelles.

SAUVAGE (Jean) ou "Wii.t ou Ferus, cordelier, natif de Souabe, prêcha avec applaudissement dans 1,1 métropole de Mayence

pentlant 2V ans, et mourut en 1554, à soixante ans. On a de lui des Sermons imprimés plusieurs fois, et un Commentaire sur saint Jean, imprimé à Anvers et à Mayence, qui fut attaqué par Dominique Soto et Corneille Loos. Le Père Sauvage, ayant passé presque toute sa vie iiarmi les hé étiques, s'était accoutumé peu à peu à leur façon de s'exprimer. On peut cependant lire sans danger ce Commentaire, de même que celui sur saint Mathieu du môme auteur, de l'édition de Rome. Ses Commentaires ont été mis à Vindex, et ont trouvé un aiiologiste dans Dupin.

SAUVIGNY ( Edme-Louis Billaroon de ), littérateur ne près d'Auxerri\ vers 17.30, fit quelques études, embrassa l'état militaire, et obtint, à l'âge de vingt ans, une lieutenance dans un régiment de cavalere. Keçu ensuite dans les gardes du corps du roi de Pologne, Stanislas, alors duc de Lorraine, il vint à Paris, après la mort de ce prince, et la bienveillance de madime la duchesse de Chartres lui lit obtenir une place de censeur royal. Ce fut lui, dit-on, qui le premier eilseigna la liltéraluro ;i madame de Geiilis. A[)rès avoir déclaré la guerre aux philosophes, il s'attacha ensuit(! à leur phalange ; et le même homme qui avait, en 1757, publié une Critique de la religion naturelle, de Voltaire {Voy. plus bas), et qui lit représenter, en 17C3, la Mort de Sacrale, tragédie en 3 aces, où, sous le nom d'Aristophane, il prodigue des injures à P.dissot, jiermit, comme censeur, en 1788, la publication de VAltnanach des honnêtes gens, de SiU vain Maréchal, ouvrage imp.e, que l'avocat général Séguier dénonça au parlement. Une lettre de cachet exila Sauvigny à 40 lieues de la capitale, et peu de temps après son emploi fut supprimé. Il adopta les principes de la révolution ; mais il s'y montra assez modéré, et n'y joua aucun rôle important. Après la Terreur, il fut (nuployé dans les bureaux du ujinistère de l'intérieur, fit partie du lycée républicain et on n'entendit plus palier de lui qu'à l'époque de ^a mort, arrivée en 1809. Il était âgé de près de 80 ans. On a de lui, outre quelques petites pièces en un acte, et les ouvrages que nous avons cités : Uirza ou les Illinois, tragédie en 5 actes, 1767, in-8"; Le Persifleur, comédie en 3 actes et en vers, 1771 ; Gabrielle d'Estrées, tragédie en 5 actes, 1778 , reproduite en 4 actes ; Péronne sauvée, opéra en 4 actes , 1783 ; Abdir, drame en 4 actes, 1785 : c'est le sujet d'Asgill tiré de l'histoire de la révolution américaine ; Washington, ou La liberté du Nouveau-Monde, Iragédie pu 4 actes, 1791. L'auteur, pour ne rien oublier, y met en scène jus ru'au serment exigé des prêtres. ScIpioH l'Africain, en un acte, janvier 1797 : c'est une allégorie à la louange de Bonaparte, qu'on venait de nommer généralissime de l'armée contre l'Angleterre : on n'en a retenu que ce vers assez bizarre :

Capoue a sauvé Rome el Carlliage est malade. La plupart de ses pièces de théâtre n'eurent

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