‹ Dictionnaire de biographie chrétienneChapitre 180 sur 341 · SC · texte numérisé non relu

SC

dés à la congrégation, par les papes, et les publia à Padoue, en 1775. Le P. Sajauelli se retira à Ferrare ea 1772, et mouiut le 28 avril, à l'âge de 77 ans. On a do lui : llistorica monumenta ordinis Sancli Hieronijmi, B. Pvtri de Pisis dncumentis nuiic primum cditis illuslrata, Venise, 1758 et 1702, 3 vol in-fol. Il a laissé inédit : Cronica di tiUli i doiji e (telle famiglie pntrizie di Venezia, colla loro oriijine, e nomi celebri usciti dalle medesiine; Biblioteca delteatro italiano profano non musicale ; Biblialcca del leutro ilaliano sacro non vumcute. On trouve son éloge dans le Giomaic di Modeno, toai. XIV, p. CG. SALA ( Joseph-Antoine ), cardinal , ué à Rome le 27 octobre 17G2, prit le degré de docteur eu théologie, et se livra à l'étude approfondie des sciences ecclésiastiques. Lors de la première invasion l'rangaise, il prêta courageusement, au milieu de tous les périls, son concours à la délégation apostolique, laissée à Uome par Pie VL En 1801, Pie Vil le niimuia secrétaire de légation, et l'envoya à Paris avec le caidinal Cajirara, pour suivre les négociations du concordat. 11 montra dans cette dillicile mission autant de prudence que de fermeté. Sala soutint les droits du saint-siége avec la plus louable persévérance, et c'est k lui que s'adressaient alors le clergé et les catholiques de France, pour tout ce qui intéressait la religion. i)e retour à Rome en 1804, il devint, à l'époque de la seconde invasion française, secrétaire de la nouvelle délégation apostolique ; mais il fut bientôt obligé de s'e.viler. Eirant dans les montagnes de l'Ombrie et exposé k toutes sortes de traverses, il continua cepeudant k correspondre avec Savone, où le pape était détenu. Lorsque Pie VII eut été rétabli dans ses Etats, il nomma l'abbé Sala prélat de sa maison et piotonolaire apostolique, et il voulut l'avoir à sa suite, lorsqu'il s'éloigna de Rome en 1815. Dejmis ce temps il n'y eut pas d'atfaire de quelque importance où l'abbé Sala n'ait pris une part active. Il fut un des prélats de la pénitencorie, et secrétaire des congrégations de la réforme, des affaires ecclésiastiques extraordinaires, des rites et du concile. On le nomma assesseur de la visite apostolique, et visiteur de tous les hôpitaux de Rome. 11 a été employé avec succès dans les négociations entre le saintsiége et la France, pour le concordat de 1817, et il conduisit k bon terme les arrangements pour les affaires ecclésiastiques du Piémont. Ces travaux et ces services, rendus avec dévouement et habileté, lui concilièrent la faveur de Pie VII, de Léon XII et de Pie VIII. Grégoire XVI le nomma cardinal le 30 septembre 1831. Cette haute dignité lui fournit de nouvelles occasions de déployer son zèle et son activité. Ce cardinal s'occupa beaucoup de l'institution des sœurs de la Miséricorde. Il faisait partie des plus importantes congrégations, devint préfet de la congrégation AeV index et de celle des évoques et réguliers, et fut, pendant le choléra, président de la commission extraordinaire de santé publique, position qui lui

permit de déployer toute l'ardeur du zèle chrétien qui l'animait. Le cardinal Sala mourut lu 23 juin 1839, après une longue et douloureuse maladie , âgé de 67 ans. On croit que c'est lui qui fit la préface et les notes du la publication intitulée : Déclarations et rétractations des adresses souscrites, en 1811, par les ciéques et les chapitres d'Italie, Rome, 1816, 2 vol. in-8°.

SALABERdE ou Salebeuge (sainte) , abbesse de Saint-Jean de Laon, dans le vu" siècle, était néi> en Champagne. Mariée contre son inclination, et ayant perdu son m;u-i au bout de deux mois, elle épousa Blandin, avec lequel elle vécut d'une manière très- édifiante, consacra ses enfants k Dieu, et, du consentement de son mari , se retira dans un monastère qu'elle avait fondé dans les Vosges; mais ce lieu étant trop exposé aux courses des gens de guerre, elle transporta son monastère k Laon, en 640 , et le gouverna jusqu'k sa mort, arrivée en 053. Ce monastère fut donné, en 1112, aux religieux de Saint-Benoît. Voy. sa Vie, par un auteur contemporain , avec des notes du P. Clé , dans ies Acta sanctorum, septembre, tom. VI.

SALAGNV (Geoffroi de) , jurisconsulte , né r;in 1316 , d'une ancienne famille de Boui'gogne, entra dans la carrièic de l'Eglise, et après avoir été nommé chanoine et doyeu de l'église do Saint-Vincent , k Mùcon , puis vicaire général de l'archevêque d'Arles, succéda, veis 1371 , k Jean de Salornay, son parent, sur le siège épiscopal de Châlons-sur- Saône. 11 mourut en 1374. Avant d'être [iromu k ré|)iscopat, il avait été chargé de plusieurs missions importantes eu Italie et en Esp'igne. On a de lui un commcîitaire sur l'Infui tiat, intitulé : Gojj'redi Salignaci (lisez Salaniaci) cclcberrimi necnon perspicucissiim legum professoris , etc. , comrnentarii in Infortialum, Lyon, 1552, 9 vol. in-folio.

SALAMON (Louis-SiFFREN-JosEPHJ, évoque de Saint-Flour , né le 22 octobre 1759 , d'une famille noble, à Carpentras, vint trèsjeune k Paris, où il acheta une charge de conseiller-clerc au parlement. Devenu, en 1791, correspondant du cabinet de Sa Sainteté k Paris , il remplit ces fonctions jusqu'au mois de juillet 1792, époque k laquelle il fut arrêté et conduit k l'Abbaye. Son éloquence et son sang-froid le sauvèrent des massacres de septembre. Remis en liberté, il continua sa correspondance avec le saint-siége. Il se vit do nouveau poursuivi , et il vécut longtemps caché dans les environs de Paris. 11 fut même réduit k se réfugier dans le bois de Boulogne , où quelques feuilles lui servaient de lit. Arrêté sous le directoire , et menacé de la déportation , il fut néanmoins acquitté. Le pape Pie VII le nomma, on 1806, évêque in partibus d'Orthosia en Carie, et le roi lui donna , en 1814, la place d'auditeur de rote ; mais le souverain pontife jugeant que monseigneur d'isoard, qui en était pourvu , ne pouvait être renvoyé , ne l'accepta pas. Après un séjour de trois ans k Rome, Salamon revint k Paris ; il fut nommé en 18Î7 évoque dcBellny, et. en 1820, évêqu'dc

SAL

SAL

Saint-FIoiir. Ce prélat mourut le H juin 1829. On a publié, en 1815, des Lettres de Rome , attribuées à ce prélat , et adressées à M. de Tnlle^rand-Périgord, grand aumônier : elles sont curieuses par les détails qu'elles contiennent sur la disposition des esprits à Rome, lors de la première nouvelle du débarquement de Bonaparte.

SALATHIEL, fils de Jéchonias et père de Zorobabel , prince dos Juifs , qui, après la captivité de Babylone, présida au rétablissement de la ville et du temple de Jérusalem. Salathiel mourut à Babylono.

SALDEN (Guii-LAUMi;), né à Utrecht, exerça le ministère dans plusieurs églises de Hollande, et enfin dans celles de La Haye, où il mourut eu lOO'i-. Ses ouvrages sont : Otia théologien, sive cxereilationum snbcesivarum varii arç/umenti, lihri quatuor, Amsterdam, 168i-, in-V° ; ce sont des dissertations sur différents sujets de l'Ancien et du Nouveau Teslanieni ; Coneionator saeer , La Haye, 1(578, in-12; De libris, variorjue eoriim ttsu et abusu , Amsterdam , 1688, in-12. Cet auteur avait du jugement et du savoir.

SALE (Georges), savant littérateur anglais, né vers 1080, était un des princii)auK membres de la société qui a entrepris de nous donni^r une Histoire universelle, sur laquelle on peut voir diverses observations dans le Journal historique et liltérairc, 13 janvier 1781, p. 93. Il mourut à Londres en 1736. On a de lui une Traduetion anglaise de l'Alcoran, imprimée à Londres en i73i, in-i°. Il a mis à la tète de cctle version une Introduction qui a été traduite en français, in-8° : on la trouve aussi dans l'édition de VAlcoran en français, Amsterdam, 1770, 2 vol. in-12. {Voy. Mahomet et Maracci.) Le caractère des écrits de Sale est celui de la société dont il était membre : beaucoup de recherches, mais peu de jugement, peu de goût, peu d'élégance, peu de précision, et souvent de droiture et de franchise. C'est de Maracci qu'il a emprunté toute son érudition aiabique ; et, pour déguiser son plagiat, il entre|irend, selon la coutume dos savants modernes, de le critiquer; ce qu'il fait toujours très-gauchement. Ou croit même que sa Iraduction est faite sur la version latine de Maracci, à cela près des fautes et des infidélités qu'elle présente.

SALÉON (Jean d'Ysf. de) , archevêque de Vienne, né en 1609, se distingua par son attachement à la bulle Unigenitus. M. de Soanen, évêque de Sénez, ayant été déclaré suspens au concile d'Embrun en 1727 , l'abbé de Saléon , qui n'était point encore évoque , fut nommé [)ar le concile vicaire général et administrateur de ce diocèse. C'était une vommission d'autant plus pénible et diflicile à remplir , que l'évèque de Sénez ne manquait point de partisans, et que le nouveau grand vicaire eut à résister à bien des oppositions. 11 n'eut pas longlenqis h soutenir celte lutle. Il fut nommé, en 1728, à l'évôché do bioUe, puis transféré, sans avoir pris possession de ce siège , à celui d'Agen, et sacré Je 10 avril 1729. En 1735, une nouvello

translation le porta à celui de Rodez. Il trouva dans cette ville l'occasion d'exercer son zèle pour la constitution. Le P. Vion, dominicain, professait la théologie à Rodez, dans le couvent de son ordre. L'évèque, par un mandement , condamna les cahiers que dictait ce religieux , comme contenant les erreurs de Jansénius. Vion, avant la condamnation , avait remis au prélat, pour sa défense, un Mémoire qui n'avait pas été trouvé satisfaisant ; il ciiit qu'il se défendrait avec moins de risque et plus d'avantages sur un terrain qui ne serait point soumis à la juridiction de son adversaire. Il quitta Rodez et se retira au Puy, d'oiî il lança contre le mandement de l'évèque un écrit, sans doute pea mesuré et répréhensible , jjuisqu'il fut supprimé comme injurieux il l'épiscopat. Le P. Vion tit plus , il porta sa cause à Rome. De son côté, l'évèque de Rodez écrivit au pape. Sa lettre est du 25 avril 1742. Benoît XIV, qui occupait alors le siège pontifical, lui répondit par un bref du 5 juillet suivant. Ce pontife prudent, sans traiter le fond de la question, se contenta de tracer quelques règles à suivre dans de pareilles circonstances, et en donnant des éloges au zèle de l'évèque, il lui recommandait pourtant la réserve et la circonspection. La conduite du P. Vion n'en parut pas moins blâmable à ses supérieurs. Un décret du 15 mars 1743 , émané de leur autorité, l'exclut pour toujours de l'ordre, et détendit qu'on le reçût dans aucun couvent. Il en appela au i)arlement, qui jugea que, ]iour le présent, il n'y avait pas lieu à l'appel. Cependant M. de Saléon poursuivait le jansénisme partout où il croyait l'apercevoir. 11 publia et adressa au souverain pontife deux écrits intitulés : Le baianisme et le jansénisme resstiscités , contre les PP. Belelli et Berti, augustins italiens et théologiens distingués. Il avait joint à cet envoi une lettre par 1 iquelle il pressait le pape de condamner les ouvrages de ces Pères. A Rome, on ne jugea pas à propos de déférer à cette demande. Il paraît que M. de Saléon confondait la doctrine de Jansénius avec le système augustinien , qui est très-ditîérent, et qui se concilie parlaitement avec la doctrine de la bulle Unigenitus , système soutenu de l'aveu de l'Eglise par l'école de saint Thomas, et par les écoles de tous les ordres religieux qui vivaient sous la règle de saint Augustin. M. do Saléon fut nommé à l'archevêché de Vienne en 1740, et mourut le 1" février 1751. Outre les écrits cités ci-dessus , on a de lui une Instruction pastorale sur l'usure. Il y soutient l'ancienne doctrine contre l'opinion nouvelle qui s'est introduite depuis sur le pre't à intérêt.

SALES (Louis de), né l'an 1564, en Savoie, acheva ses études à Paris , et y reçut, en 1590, le grade de docteur en théologie. En 1394, il fut chargé, avec François de Sales, son cousin, et le P. Chérubin de Morienne, do la mission de ramener à l'unité catholique les calvinistes que le duc Charles-Emmaiiuol 1" avait la doulourde voir semultiplicr dans ses Etats du Chablais, et il y réussit en

SAL

SAL

employant les voies de la douceur et de la persuasion. Une bulle de Clément VIII le comma, en 1602, prévôt de la cathédrale de Genève, et dans ses conférences journalières avec les ministres de la réforme , il lit estimer son zèle et sa charité. Louis de Sales mourut entouré de la vénération universelle le 16 octobre 1625, Agé de 81 ans. Ce fut lui qui réunit tous les écrits et toutes les lettres dont se compose la belle édition des OEuvres de saint François de Sales, publiée à Paris en 1652. Ou ne cite de Louis de Sales que les deux ouvrages suivants, dont le second est inédit : Lettre d'un (jentilhoinme savoisien à un gentilhomme h/onnais sur la fausse alarme que Théodore de Bêze s'est donnée de l(] nouvelle de sa mort , et de celle de son retour à la religion catholique , Lyon , 1598, iu-8° ; Négociation de Louis de Sales , chanoine de la cathédrale , concernant les points de la foi, avec les ministres de Genève, du 21 juin 1597, manuscrit in-i°.

SALES (saint François de). Voij. François.

SALGUES (Jacques-Barthélemi de), journaliste et littérateur , né à Sens vers Tan 1760, mort à Paris le 26 juihet 1830, avait terminé ses études au sémii aire do Saint- Sulpice, et était professeur de rhétorique au collège de Sens à l'époque de la révolution. Le corps municipal de cette ville le choisit , en 1788, pour la rédaction des cahiers de doléance, el, en 1790, pour faire l'ouverture des premières assemblées ]irimaires. L'année suivante, les sections le désignèrent ]>our la place de substitut du procureur général do la commune de Sens , [iosle dans lequel il sut garder une lionoiable modération. Eu 1791, il fut nommé principal du collège, et l'archevêque lui donna des lettres de grand vicaire. Il eut la faiblesse de prêter le serment imposé par la conslilution civile du clergé; mais il refusa d'exécuter le décret du 23 avril 1793, qui ordonnait l'arrestation des ecclésiastiques non assermentés. Sa modération devait le désigner à la haine des démagogues, et il fut en elTet proscrit jusqu'à la (in de I79i. Lorsque les temps redevinrent plus calmes, il s'appliqua à la culture des lettres, et il entreprit un Journal des spectacles h Paris. Sous l'emiiire, il travailla à divers journaux el recueils littéraires, et, en 1814, il publia des Mémoires sur Napoléon, qui furent bien accueillis. Eu 182i, de Salgues I édigea avec Martainville une espèce de revue mensuelle inlilulée : L'Oriflamme , journal de la littérature , des sciences el des arts, d'histoire et des doctrines religieuses et monarchiques, latiui-lle parut d'abord par cahiers de format in-8'\ ihvint ensuite (juotidienne, puis se réunit à la Caisse de l'amo}'tissement de l'esprit public, qui recevait les inspirations ministérielles. De Salgues se montra dans ses dernières années l'ardent adversaire de la société des jésuites , contre laquelle il écrivit des brochures. On a de lui: Le Paradis perdu, traduction nouvelle, ISiiO, iii-8"; La P/iilosophic rendue à ses premiers principes, ou Cours d'études sur la religion ,

la morale, cl les principes de l'ordre social, pour servir à la jeunesse (avec MM. Mutin et Joiidol), Paris, 1801, 2 vol. in-8°; La Méprise, ou Quelque chose qui passe la plaisanterie, trnd. de l'anglais de Little John, 1801 , 3 vol. in-12; Cours de rhétorique française, à l'usage des jeunes rhétoriciens, Lyon, 1810, in- 12, que l'auteur pubha sous le nom de l'abbé Paul : ce sont ses leçons de rhétorique au collège de Sens ; Des erreurs et des préjugés répandus dans la société, 1810-1813, 3 vol. in-8°; De Paris , des mœurs, de la littérature et de la philosophie, 1813 , in-8° ; Mémoires pour servir à l'histoire de France sous le gouvernement de Napoléon Bonaparte, et pendant l'absence de la maison de Bourbon , contenant des anecdotes particulières sur les principaux personnages de ce temps, Paris, 1814-1828, 9 vol. in-8" ; Un mot à tout le monde, 1818, in-8°; Notice sur la vie et la mort de Joseph Lesurques , Paris, 1821, iu-8" ; Mémoire au roi pour le sieur Lesurques , 1822, in-8° ; Dcmande en revendication des biens saisis par l'administration des domaines sur la famille de l'infortuné Lesurques, 1822, in-8°; Les mille et une calomnies, ou Extrait des correspondances pri^^ées insérées dayis les journaux anglais et allemands pendant le ministère de M. le duc Decazes, Paris, 1822, 3 vol. in-8"; Réfutation du baron Zangiacomi , sur la question de savoir s'il y a lieu à réviser le juge~ ment qui a condamné à mort Jos. Lesurques, pour servir de supplément au mémoire justificatif publié en faveur de cet infortuné, Paris, 1823, in-8' , Précis pour M. Salgues contre le sieur Méhée de La Touche, Paris, 1824, in-8' : Méliée de La Touche avait admis dans un écrit sur la révolut ou une anecdote calomnieuse relative à de Salgues, qui le poursuivit en ditl'ainalion ; Des libertés publiques, à l'occasion de la censure, 1824, in-8° ; De la littérature des Hébreux, ou Des livres saints considérés sous le rapport des beautés littéraires, Paris, 1825, in-S" ; Antidote de Montrouge, ou Six questions adressées à monseigneur l'éréque d'Hermopolis, sur le projet de rétablir ou de tolérer les jésuites, et suivies de l'examen de leurs apologistes , MM. de Tliarin , de Bonald , etc., 18-7, in-8'; Petit catéchisme des jésuites , à l'usage des écoles , des collèges , noviciats , petits séminaires et congrégations dirigés par la compagnie, Paris, 1827, in-8" ; Des erreurs et des préjugés répandus dans le xviii' et le \i\' siècle , Paris, 1828, 2 vol. iu-8''; Pétition sur l'exécution des lois relatives à la compagnie de Jésus, présentée à la chambre des députés, Paris, 1828, 111-8" ; De la littérature des offices divins, etc., Paris, 1829, in-8"; Courtes observations sur les congrégations, les tnissionnaires, les jésuites et les trois discours de M. l'évéque d'Hermopolis, Paris, 1829, in-8°. Enfin, comme éditeur, on doit à de Salgues : La Théorie de l'ambition, qu il publia romrae un ouvrage posthume de Héiault de Séchelles, mais qui est réellement d'Antoine de Lasalle, l'ai is, 1802 , in-8° ; Mélanges inédits de littérature, parLaharpe, 1810, in-8"; Deuxième partie de la Correspondance de Grimm et

935 SAL

de Diderot, de 1770 à 1782, Paris, 1812; Collection des meilleures disserliilinns, notices et trailéspnrticuliersrelatif'sàl'liistoire de France (en .-ociéti' avec MM. Cnlu'ii et Leber), Paris, 1826182!), 18 vol. iii-8'.

SALIAN (.Iacques), jésuite d'Avignon, né l'an 1557, enseigna avec beatieonp de réputation. Il (ievinl reeleur du eollége de Hosanron, et mourut h Paris le 23 janvier KiW, à 82 ans, après avoir pnjilié plusieurs ouvrages de piété et des Annales de T Ancien Testament, Paris, 1625, 1641, 6 vol. in-folio, en latin, (ians lesquelles il a répandu beaucoup d'i'rudition.

SALIHR (J\CQri;s), religieux minime, profes.seur en Ihé'io^ie, jirovineial eldéliniteur, mourut à Dijon en 1707, Agé de 92 ans. La théologie scolastique fut sa principale occupation. Nous avons de cet auteur : ///s^orm scolastica de speciebns cucliaristicis, Lyon, 1687, 3 vol. in-k'; Dijon, 1602 et 170i ; Cctcocephalus sive de PUujiariis opusculum, 169V, in-12; des Pensées sur l'âme raisonnable, in-8". il y a dans tous ces écrits du savoir et de la raétaphysiciue.

SALIES (Antoinette Salvan de). Voij.

Sai.van.

SALIG (Chrétien-Adgi'Ste), théologien protestant, et fds d'un ministre de ce culte, naquit, en 1692, h Doinesleben, village près de iMa;ïdebourg. Elevé sous ies yeux de son père, li'ommc savant, il fit de rapides progrès dans les lettres. On dit qa'à Fàge de 12 ans il était déjà exercé dans les langues grecque et hébraïque, et qu'il entendait les originaux de l'Ancien et du Nouveau Testament. Après avoir achevé ses éludrs à Halle et à léna, il passa à Wolfenbutel, oi^i il continua de travailler à son instruction, et tionva d'utiles i-essouices dans la bibliothèque du duc. Bientôt, se trouvant en élat d'écnrc, il donna des articles à divers journaux allemands, et publia une dissertation sur les sentiments des anciens et des modsrnrs, au sujet de rimmortalitc de l'dinr. Il se propo'^ait de doiuier une Histoire de rcutijcliianisme ; il y préluda par un traité intitule de reutijchianisme plus ancien (/uEuti/chès. Il entrepri nait d'y prouver que le nestorianisme et l'eutycliianisme étaient des opinions inditrércntes, de vraies disputes de mots, où l'on n'est jioint du môme avis, faute de s'entendre; d'où l'on devait conclure qu'en comballant ces deux hérésies, l'Eglise n'avait poursuivi que des chimères : cette opinion fit i>erdre à Salig les bonnes grAces du duc de Brunswick. Jablonski le fils partageait le môme sentiment, et le consigna dans un ouvrage sur le nestorianisme. Salig et lui furent combaitns par Holfmann.dans une dissertation académique. il parait (pie Salig travailla à son Histoire de Veutijchianisme, et même ipi'il l'acheva, mais il ne lap:>blia point. Il a donné au public: un ouvrage sur les diiiti(pies f/rs- anciens; une Histoire de la confession d'Auf/sbourg, en allemand, 3 vol. in-4°. Il en a dejiuis paru deux autres. Nodas prœdestinalioiiis solulas, ouvrage poslluime. Salig ini)uriit en I7.!9.

SALiO (Joseph), litléraleur, né à l'adoue,

SAL

d'une famille noble, en 1700, a laissé les ouvrages suivants : Pénélope, tra;-'édid, Padoue, 172'i ; Olhon, tragédie, ibid., IT^G; Examen critiijue de (juelques écrivains, ibid., 1738; Dieu rédempteur, poème en six chants. Quoique si'S deux tragédies aient eu beaucoup de succès, c'est h son poëme ([u'il ilut sa réputation : il est écrit en octaves, d'un style pur, éminemment poiHitpie, plein d'onclion et d'images neuves et brillantes. Quoique les beautés de ce poi'me soient, en général, inférieures îi celles do la Mcssiade de Klo])slock, l'ouvrage de Salio l'emporte sur l'allemand, par le plan, l'ordre et l'ensemble de toutes ses parties. Solio était secrétaire perpétupl de l'académie des réfugiés de Padoue, et il mourut en 1737.

S.\LLE (Jean-Baptiste de La), fondateur des écoles chrétiennes, né à Reims en 1651, se distingua dès son enfance par sa piété, embrassa l'état ecclésiastique, prit le bonnet de docteur en théologie, à Paris, et se dévoua, dans sa patrie, à l'éducation de la jeunesse. 11 y établit, en 1679, des écoles gratuites, logea les maîtres dans sa maison, dirigea ce nouvel institut, auquel il donna de sages règlements. On sentit bientôt l'utilité de cet établissement; plusieurs villes s'empressèrent de demander de ses instituteurs. Il établit un noviciat, d'abord à Reims, ensuite à Rouen. En 163'i., il distribua son )iatrimoine aux pauvres, et s'appliqua tout entier h consolider sa congrégation naissante, qui s'étendit avec rapiiiité. En 1717, il se démit de la place de supérieur, et ne songea plus qu'à se préparer à la mort. 11 mourut à Rouen en 1719. L'abbé de La Salle a laissé plusieurs ouvrages à l'usage des écoles et des frères. Son institut fut approuvé par Benoît XIll, sous le nom de Frères des écoles chrétiennes. Sa Vie a été [»ubliée à Rouen, en 1733, 2 vol. in-'(.°. Le P. Garreau et M. l'abbé de Monlis eu ont donné une antre, Paris, 1760 et 1785, chacune en 1 vol. in-12. L'abbé Carron en avait laissé une manuscrite, que nous ne croyons pas avoir été imprimée.

S.VLLÉ (Jacques-.Vntoine), né le ?i-juin 1712, à Paris, de parents (|ui avaient acquis quel({ue fortune dans le commerce, fut reçu avocat en 1736. Une trop grande timidité l'empôchaiit de parler en public, il se vit forcé de renoncer à la idaidoirie, et il s'adonna, dans le silence du cabinet, h l'étude des lois. A 26 ans il avait déjà terminé ses Commentaires sur les ordonnances de 1731 et 1735, touchant les donations et testaments; il continua le même travail sur les Ordonnances qui parurent successivement, sans négliger les autres occupations de la profession d'avocat. Ses ditlérents ouvrages lui ont fait un nom dans la jurisprudence. Il s'occupait en outre de travaux littéraires, et il a eu part à plusieurs ra|)ports et à quelques ouvrages critiques sur ia peinture et la scul[)ture, qui parurent en 17V9. Il mourut d'une liyilropisie, le IV octobre 1778. On a de lui : l'Esprit des ordonnances de Louis XV, Paris, 1759, 3 vol. in-12 ou 1 vol. in-V', ouvrage qui fut |)Iacé aussitôt au rang des livres clas

SAL

SAL

siques de notre droit français ; VEsprit des ordonnances de Louis XIV, Paris, 1758, 2 Yol. in-4° : Traité des fonctions des commissaires du Châtelct, Paris, 1760, 2 vol. m-k° ; Nouveau code des curés, Paris. 17ï0, k vol. in-12 ; dans le IV' se trouve VEIorje de Salle. On remarque dans tous ces ouvrages un ordre niî^lhodique et lumineux qui était jjropre h ]"auteur. Il a encore donné, mais sans se faire con'iaitre, des éditions nouvelles de plusieurs autres ouvrages de droit qu'il a enrichis de ses observations, entre autres, du Recueil de jurisprudence de Lacouilie.

SALI.IEK (Claude), prêtre, ganlo delà bibliothèque du roi, membre de l'académie française et de celle des inscriptions, né, en 1685°, à Saulieu, diocèse d'Autu'i, mourut à Paris en 1761, âgé de 76 ans. Après avoir embrassé l'élat ecclésiastique, il vint à Paris et y fit une éducatiou particulière. En môme temps il chercha à se rendre familière la connaissance des langues anciennes de l'Europe et de l'Asie, sans toutefois négliger les langues modernes. Membre de l'académie des inscriptions eu 1715, professeur d'hébreu au collège royal en 1719, secrétaire-interprète du duc d'Orléans, pour l'héhreu et le syriaque, il remplaça, en 1721, Boivin dans la ]ilace de garde des manuscrits de la bibliotlièque du roi, et fut élu, en 1729, membre de l'académie française. On a de lui : l'Histoire de saint Louis, par Joinville, avec un Glossaire, 1761, in-fol., en société avec Melot ; Examen critique de la Vie dcCastruccio, par Machiavel: il y dévoile les mensonges et les faux Erincipes de cet écrivain, et montre que son éros n'était qu'un détestable brigand. De savantes Dissertations qui enrichissent les Mémoires de l'acalémie des belles-lettres ; des recherches utiles et curieuses, soutenues d'une critique exacte, de réllexions solides, ornées d'un style convenable au sujet : voilà ce qu'on trouve dans les ouvi'ages (l(! l'abbé Sallier. 11 a travaillé aussi au Catalogue raisonné de la bibliothèque du roi, dont nous avons 10 vol. in-fol.; 4- sur les manuscrits, 3 des ouvrages théologiques, 2 des belleslettres, 1 pour la jurisprudence. On trouve dans le touje XXXI' du Recueil de l'académie des inscriptions YEloge de Sallier, par Le Beau.

SALLO (Dkxys de), seigneur de la Coudraye, né à Paris en 16^6, reçu conseiller au |)arlement de Paris en 1652, est l'inveuteui- des journaux littéraii-es. 11 conçd le projet du Journal des savants, qu'il donna au public en 1665, sous le nom du sieur d'Hédouville, l'un de ses domestiques. A peine les premières feuilles de cet ouvrage périodique parurent, qu'on vit éclater des plaintes qui jirent proscrire le journal. Sallo, obligé d'interrompre son travail, en laissa le soin à l'abbé Gallois, qui se borna à de simples extraits, sans censurer ni les auteurs 111 les ouvrages. SaUo mourut à Paris en 1669, à 4^3 ans. Outre son Journal dont il n'a pub'ié que 13 numéros, on a encore de lui : Traité des légats à latere, 1663, l(i69, ill-12; Traité des noms et surnoms ; Mémoire

sur la question de savoir si Von doit nommer la reine Marie-Thérèse d'Espagne , ou bien Marie-Thérèse d'Autriche, inséré au tome m du Recueil de pièces d'histoire et de littérature, par Granef. Sallo a laissé un recueil manuscrit de notes et d'extraits, formant 9 vol. in-fol., dont 7 sur l'histoire et 2 de mélanges. Nous rap|)orterons le trait suivant qui prouve la bonté de cœur de ce conseiller. Attiqué jjendant la famine de Paris, en 1662, dans une rue détournée, jtar un malheureux qui lui deraanija sa bourse, Sallo la lui donna; mais il fit suivre le vuleur par son b-ujuais, qui le vit acheter un pain chez un boulanger et le porter ensuite à ses enfants allâmes : le lendemain Sallo se présente au domicile de cet homme qui, en le voyant, se croit perdu : c'était un pauvre cor ionnier sans ouvrage, chargé d'une nombreuse famille.

Rassurez-vous, lui dit Sallo, je ne viens pas pour votre perte: voilà 30 pistoles que je vous donne ; achetez du cuir et travaillez pour donner du pain à vos enfants.

SALMANASAR, fils de Ïeglath-Phalasar, succéda à son père dans le royaume d'Assyrie, l'an 728 ou 730 avant Jésus-Christ. Ce prince détruisit Samarie jusque dans ses fondements, chargea Osée, roi d'Israël, de chaînes, et l'envoya en prison. VoyezOstr.. Après cette expédition, le roi d'Assyrie entreprit la guerre contre les Tyrie:is et s'empara de presque toutes les villes de Phénicie. Mais ayanl été battu d ms un combat naval, il laissa une [lartie de son armée pour resserrer la vide de Tyr, reprit le chemin d'Assyrie, et y mourut l'année d'après, l'an 714 avant Jésus-Christ.

SALMEUON (Alphonse), théologien, né à Tolèd ', en 1313, vint à Paris pour y achever ses études. Il s'y joignit à saint Ignace de Loyola, et fut l'un des premiers disciples de ce célèbre fondateur. Salmeron fut chargé par plusieurs souverains pontifes d'affaires importanttîs en Allemagne, en Pologne, dans les Pays-Bas et en Irlande. 11 parut avec éclat au concile de Trente, où il assista en qualité de théologien du saint-siége ; et il contribua beaucou[) à l'établissement du collège deNaples, où il mourut en 1585, à 69 ans. Ce jésuite laissa un nom célèbre par son zèle et par ses ouvrages. On a d' lui des Questions ei des Dissertations sur les Evangiles, sur les Actes des apôtres et sur les Epili'es canoniques, imprimées en 16 vol. in-folio, dont les huit jiremiers parurent à Madrid en 1601 et 1602, et les huit autres à Cologne ^n 1604. Son savoir est étendu, mais mal digéré; son slyle facile, mais verbeux. Il est un des défenseurs de la suffisance de l'intention extérieure dans l'administration des sacrements. Voy. Catharinls.

SALMON (François), docteur et bibliothécaire de la maison et société de Sorbonne, né en 1677, à Paris, d'une famille opulente, se rendit habile dans les langues savantes et surtout dans l'hébreu, et njourut subitement à Chaillot en Î736, à 59 ans. On a de lui un Traité de l'étude des conciles, im|irimé à Paris cu 1724, iii-4°. Ce traité, généralemeût

âAL

estimé pour rérudition qu'il renferme, a été traduit en latin par un Allemand, et im|iriiné en cette langue à Leipzig' eu 1729. On a le catalogue de la bibliothèque de SalniDU, ITM, in-12; en tète se trouve son Elofje.

SALxMON DU CHATELLIliR ( Cu ARLES-LoUIS

DE). Voy. Chatellier.

SALOMÉ, sœur d'Hérode le Grand, non moins cruelle que son frère, eut un empire absolu sur son esprit. Ce tut par ses pernicieux conseils qu'il Ut périr Mariamne sa femme, (ju'il aimait [lassionnément, et les deux lils qu'il en avait eus, Aristobule et Alexandre. Salomé étant devenue veuve de deux maris, Joseph et Costobare, que ce prince barljare avait immulés à son ressentiment, tenta vainement d'épouser Sylleus, ministre d'Obodas, roi d'Arabie. Hérode la maria en troisièmes noces à Alexas. Elle survécut peu au roi son frère. — Il ne faut pas la confondre avec Salomé sa nièce, qu'Hérode avait eue d'Elpide, sa neuvième femme.

SALOMÉ (Marie), femme de Zébédée, mère de saint Jacques le Majeur et de saint Jean l'Evangéliste, avait coutume de suivre le Sauveur dans ses voyages, et de le servir. Elle demanda h Jésus-Christ que ses deux fds, Jacques et Jean, fussent assis l'un h sa droite et l'autre à sa gauche, lorsqu'il serait arrivé à son royaume. Salomé accompagna Jésus au Calvaire, et ne l'abandonna point à la croix. Elle fut aussi du nombre de celles qui achetèrent des parfums pour l'embaumer, et qui vinrent le dimanche dès le matin au sépulcre. C'est tout ce que l'Evangile nous apprend de Salomé ; et ce que l'on ajoute lie plus est apocryphe.

SALOMON ou le Pacifique, fds de David et de Betlisabée, naquit l'an 10.33 avant Jésus- Christ. Le Seigneur l'aima, et lui lit donner par le prophète Nathan le nom de Jedidiah, c'est-à-dire aimé de Dieu. Son père ie fit couionner roi de Juila et d'Israël de son vivant, et il donna dès lors des preuves d'une sagesse consommée. Après la mort de David, il s'att'erinit sur le trône par la mort d'.\donias qui ne cessait d'y aspàrer, et de Joab, esprit inquiet et turbulent, qui regardait ses services comme un titre de commander aux rois. Il épousa la lîlle d'un Pharaon d'Egypte. Quoique ces sortes d'alliances fussent défendues en général, il ne paraît pas que le Seigneur improuvàt celle-ci , et l'on doit la considérer comme une exception an- I)r(juvée , la princesse ayant embrassé le culte du vrai Dieu, et pouvant contribuer à le faire adorer en Egypte. Il est vrai que dans le troi-ième livre ues Rois, la fille do Pharaon est nommée avec les femmes étrangères que Salnmon épousa contre la loi ; mai:, le but de l'historien étant de donui'r la liste des femmes de ce prince, il n'a pu omettre la première, quoiqu'elle ne fiU jias dans le cas des autres. Peu de temps après. Dieu ai)parut à Salomon en songe, et lui ordonna de lui demander i oui ce qu'il souhaitait. Salomon le pria de lui donner un cœur docile, disposé à écouter et à suivre les bons

SAL 960

conseils. Dieu, touché de la demande de ce jeune prince, lui donna non-seuleii^ent plus de sagesse qu'à tous les autres honnnes, mais le rendit le plus riche et le |)lus magnifique de tous les rois. Salomon fit connaître cette sagesse extraordinaire dans le jugement ([u'il rendit pour découvrir quelle était la véritable mère d'un enfant que deux femmes se disputaient. Salomon, jouissant d'une paix jirofontle, entreprit de bâtir un tenq)lo au Si'igneur et un palais pour lui. il tit pour cela alliance avec Hiram, roi de Tyr, dont il obtint des cèdres et des sapins nécessaires pour remplir dignement son projet. Il employa plus de 250 mille hommes à la constrnclion de ce temple , qui surpassait en beauté et en mngnificence tous ceux qui avaient été élevés jusqu'alors à l'Etre suprême. Après sept ans de travail l'ouvrage fut achevé, et Salomon en fit la dédicace avec solennité. Tous les anciens d'Israël et tout le peuple furent invités à cette magnifique cérémonie. Salomon ayant achevé le temple, fit bAtir un superbe palais pour lui et pour ses femmes ; les murs de Jérusalem; la place de Mello, qui était entre le Palais royal et le temiile ; plusieurs villes dans toute l'étendue de ses Etats, et en fit fortifier beaucoup d'autres. ?Jon content d'embellir le dedans de son royaume , il se fit respecter au dehors. Il obligea les Amorrliéens, les Héthéens, les Phéréséens, les Hévéens et les Jébusé^ns à lui payer tribut. Il étendit les frontières de ses Etats jusqu'à l'Euphrate, et équipa à Asiongaber une Hotte qu'il envoya à 0|ihir, d'où elle apporta une grande quantité d'or. Son empire s'étendait sur tous les royaumes , depuis l'Euphrate jusqu'au pays des Philistins, et jusqu'à la frontière d'Egypte. Ses revenus annuels montaient à 6GG talents d'or, sans compter les subsides que fournissaient les Israélites, et les droits que payaient les marchandises. Le luxe de sa cour, la somptuosité de sa table, la multitude innombrable de ses officiers, la richesse de leurs habits, la magnificence de son palais, la sagesse de sou gouvernement, lui firent un nom célèbre dans les pays étrangers. La reine de Saba vint lui rendre homnfage comme au plus sage des honnnes et an i)lus magnifique des l'ois. Salomon ne soutint pas la réputation qu'il s'était acquise. Son cœur s'ouvrit à tous les vices. Il eut jusqu'à 700 femmes et 300 concubines. 11 bâtit des temples à Astarté, déesse des Sidoniens ; à Moloch, dieu des Ammonites ; à Chamo.s , idole des Mohabites. Quelques saints Pères croient qu'il fit pénitence de ses désordres avant sa mort ; mais l'Eiriture s'explique clairement sur sa chule, et iw dit point s'il s'est relevé. Quelques-uns préton^enl qu'il comi^os&VEcclésiasteiColtehlh), jionr être un monument éternel de sa conversion : il est vrai que ce livre est d'un homme dés.ibusé de toutes les erreurs où son esprit et son cœur ont pu s'engager, et qui ne trouve de béatitude c[ue dans la loi de Dieu ; mais il ne semble pas que ce soit l'ouvrage d'un pénitent vivement allligé de

SAL

SAL

ses fautes. Cependant, dans le dernier chapitre, il parle si formellement de la faiblesse et des dangers de l'homme dans sa vieillesse, de la chute des forts, de l'inconstance des chefs et des gardiens du peuple, qu'on ne peut s'empêcher de croire qu'il parle de lui-môme ; il indique la crainte do Dieu comme le seul moyen de se garantir de tout cela : Mémento Creatoris tui in diehus javentutis tuœ, anteqaam veniant (lies afflictionis et appropinfjuent nnni de qiiibus dicas : Non mihi placent. Quando commovehuntar custodes domus et nutabunt viri fortissimi (1). On peut consulter la dissertation de domCalmet sur le salut de Salomon, et un petit ouvrage latin du P. Gilles Martin, prémontré dans l'abbaye de Bo ine-Espérance : Salomon pœnitens, Moas, 1727, in-12. « Sans contrarier, « dit un auteur astétique, des idées conso- « lantes, il faut convenir que la conversion « d'un homme qui, avec d'aussi grandes lu-

(l) On dit que la jeunesse est l'âge des passions, sui'loul de celle qui s'altaclie à la fols au corps et à l'àine. Mais fohservaUon nous apprenil que celle-là même est plus redoutable encore à la vieillesse. Si alors elle est moins violente, si elle est moins environnée de ses appareils et de ses moyens, elle est d'une impression plus assidue, plus exelusive et plus faligante. l^a jeunesse a pour elle la docilité, la dissipation , la multitude , la variété, l'inslaldlité de ses mouvemenlB et de ses objets; cet orgueil de la vertu qui se déploie tout autrement (]uand elle est attaquée ou dans le cas de l'être, que lorsque inquiétée dans elle-même elle n'a plus de sacrifice à faire au dehors, et que sa victoire n'aboutit qu'à des privations nécessaires. Le vieillard isolé, inactif, n'ayant plus que la compagnie de son imagination, lunnilié de voir réduire en nécessité une vertu longtemps volontaire, est réellement dans une situation plus critique. Fort de lédcxions, d'expérience, et du resp'cl qu'il se doit, il serait encore très-faible, si la religion n'avait jeté dans son cœur des racines profondes, et qu'il ne pût en rappeler les pensées et produire les sentiments avec promptitude et vivacité; si dans l'âge de la force ei de la jouissance, il ne s'était préparé des armes contre un monde plus dangereux encore lorsqu'il fuit que lorsqu'il vient audevant de nous. Ajoutons que le physique subjugue les vieillards quand ils n'ont pas bien appris à se faire la lui, jusqu'à devenir crapuleux, et à s'abréger les jours par l'intempérance du manger, et que dans cet état ils ne sont guère propres aux combats de la vertu. Ils deviennent présomptueux, ailiers, diirieiles, indociles, négligents dans les devoirs religieux, se reposant, pour ainsi dire, sur leurs œuvres et leur vie passée : tout cela ouvre bien des portes au tentateur. Us repoussent l'idée de la mort, et luttent contre cette raisonnable nécessité avec «ne dureté que la .eunesse ignore dans la brillante saison de la vie. Un ancien a bien eu raison de dire : Multn sencm circumvemunt iiicommoila. C'est la vieillesse (jui présente l'exemple des grandes chutes, chutes étonnantes et inexplicables dans des hommes nourris Si longtemps de toutes les lumières de la religion, et des doux sentiments de la vertu. Oui, c'est fàge fatal oii l'on a vu tomber un Salomon, un TerluUien, un Osius, un Libère, et, s'il faut un exemple de notre siècle, un Pompignan. Il ne faut pas être surpris si des philosophes chrétiens ont redouté cette période de la vie, et désiré bien sincè-ement de ne pas l'atteindre. 1 .le commençais dés lors, dit l'un d'eux, à « craindre tout cela; et, jeu;;e encore, je désirais « mourir avant ceite époiiue, où les forces de tout « genre me manqueraient peut-être. Mais me repo-

« mières et de si prodigieuses grAces , a fait « une chute si profonde et si durable, mar- « quée par tant d'abominations imbliques « et contagieuses, n'est pas dans 1 ordre or- « dinaire de la Providence , quoiqu'elle soit « toujours au-dessous de sa miséricorde, et « qu'elle semble tenir à cette grande diffi- « cuite que saint Paul considérait comme « une espèce d'impossibilité, non pas quant « à la divine clémence, mais quant à la cor- « ruption, l'aveuglement et l'incorrigibilité « d'un cœur rassasié, pour ainsi dire, blasé « et dégoûté des sentiments et des pensées « qui peuvent le ramener à Dieu : Itnpossi- « bile est eos qui semel sunt illuminati, gusta- « verunt etiam donum cœlesle , et participes « facti sunt Spiritus sancli, gustaverunt ni- « hilominus bonum Dei verbum, virltitesque « sceculi venturi, et prolapsi sunt, rursiim re- « novari ad pœnitentiam.n Quoi qu'il en soit de la pénitence de Salomon, Dieu irrité lui fit annoncer qu'il allait diviser son royaume, et qu'il donnerait dix tribus à Jéroboam. Salomon mourut l'an 975 avant Jésus-Christ, à 58 ans, après en avoir régné 4-0. Il nous reste de lui, outre VEcclésiaste dont nous venons de parler, et qui est en 12 chapitres, deux ouvrages reçus entre les livres canoniques : les Proverbes ( Misle ) en 31 chapitres , recueil des plus excellentes maximes de religion et de morale , auquel quelques auteurs joignent le livre de la Sagesse, comme un recueil des maximes de Salomon çt l'expression de sa doctrine, quoique l'auteur du livre soit inconnu. On y trouve, comme dans les Proverbes, une force et une onction que les moralistes profanes ne peuvent donner à leurs leçons. « En lisant légèrement, « dit un théologue, les maximes du livre de « la Sagesse, les Proverbes, l'Ecclésiaste, on « serait porté à les considérer précisément « comme des moralités judicieuses et utiles, •« pour lesquelles l'inspiration n'est pas re- « quise, et qui sont le fruit naturel d'un es- « prit droit. Mais en les approfondissant, en « les appréciant dans les replis du cœur avec « la lumière de l'expérience, et surtout en « les comparant avec les sèches et superti- « délies maximes des philosophes, on com- « prend sans jieine qu'elles viennent de plus c( haut. » Le Cantique des cantiques (Sir IJasirim) , en 8 chapitres, ouvrage mystérieux, rempli d'expressions tendres, naïves et touchantes, qui, sous le voile de la métaphore,

c sant de cette inquiétude, comme de toutes les

« auties, sur la divine bonté, je répétais la prière

« de ce roi que la même crainle tourmentait : Ne

« projicius tnc m tempore seneclulis, cum dcfeceril

I virlus mea, ne dcrelinquas me. Et usque iii scnec-

« tam el settium, Deus, non derelinquns me. Psal.

s Lxx. Avec cela je m affligeais devoir ma carrière se

• prolonger, el de ne pouvoir la finir au lenq)s où,

< tout entier encore, revêtu de mes forces ei de mes

« moyens, je pouvais éprouver, en renonçant à la

« vie, le plaisir d'un sacrifice volontaire, et sortir de

j ce monde avec droit et puissance d'en user encore.

« Mais outre que la divine volonté me faisait la loi,

I je me consolais de devenir ui l'aulus senex, et di-

« sais avec David : Juvenes et vircjines, senes c\im

( juniori ut laudenl nomen Domini. »

SAL

SAL

présente, selon quelques Pères, l'union de Ji'sus- Christ avec son E;^'1ise , et selon

d'autres l'union do l'Ame iuste avec Dieu.

a me n bre cie

Parmi le nr.rid nombre de corame-itanes (lu'il a produits, il faut distinguer celui de Bossuet, de Pierre N'anni, et un ouvrage adeluaiidpuliliéii lîr^^ml■eu 177(), par M. Hunge, (l'api es les manuscrits d'un protestant célèbre. Cliez les Hébreux, la lecture de ce livre n'était pennise ([u'à ceux ifui avaient atteint l'il^e de .11) ans. La luxurieuse iuK\:^iiiatio'i des libertins en a souvent abusé ; niais de quoi n'abuse pas la coi'rupliun de l'esprit et du cœur'? « Ce livre, dit un auteur, exprime « les sentiments d'une ;\me sainte |)Our l'au- « leur de son être; ces sentiments ne sau- « raient être ni trop vifs, ni trop tendres : « ceux qui eu out l'expérience ne sont pas « oll'e'isés de cette lecture; et ceux qui n'y « connaissent rien iieuvent se dispenser de « la faire. » Une des meilleures preuves que l'on puisse apporter en faveur de ce livre, c'est (pie les Juifs, si disposés dans tous les siècles de leur existence à donner des interjirélalions charnelles aux divines Ecritures (témoin leurs pensées sur le Messie), conviennent avec nous de la spiritualité du Cantique des canli(pies. 11 faut ajouter que les expressions (pii, dans les langues modernes, paraissent répréhensibles, ne le sont pas dans les anciennes, et que c'est Vinuujinatiuu, comme dit le président de Brosses, (/ai a corrompu les langues. Voyez Ezèchikl. L'E.'riture manpie que Salomon avait aussi composé 3000 Paraboles et 1003 Cantiques (1), et (ju'il avait fait des Traités sur Imites les plantes, depuis le cèdre du Liban jusqu'à l'hysope, et sur tous les animaux de la terre, les oiseaux, les reptiles et les poissons ; mais ces ouvrages ne sont point parvenus jusqu'à nous. Ou regarde comme étant de Salomon une Prière dans le 3'' livre des Rois, ch. vni, v. 23-53, et les Psaumes 72 et 127. Les autres livres qu'on attribue à Salomon ne sont |i0int de lui, et ont été composés dans des temps posti'rieurs. Les plus recherchés îles ouvrages publiés sons son nom, sont : les Clarieules de Salomon, dont on recherche les manuscrits anciens ; De lapide Philusopliorum, dans le recueil de Bhenanus, Francfort, 1025, in-8" ; Les Dits de Salomon, avec les Réponses de Marcon, |)etit onvra.^(; licencieux, en riiuis fran(;aises, iu-lli, sans date, gothique, en set)t feuillets, rare. Indépendamment de ces livres, les rabbins ont mis la plupart de leurs rêveries sou? le nom de ce roi si sa;-;e. De savants critiques pensent que le fameux Locman des Arabes n'est autre que Salomon, et leurs jireuves sont de nature à ne laisser guère de doute sur cet article. On a (le l'abbé de Choisy une Vie de Salomon, tant soit peu r(^imanes(pic, Paris, 1687, in-8". Parmi les histoires ou plutt'it \esromans, tant en prose qu'en vers, ipron a trouvés chez les Orientaux, sur ce prince, le ty|ie de la sagesse asiatique , nous citerons le fameux

(I) Les Septante portent 5000; mais les textes Iicbreii et chal(l(ieii sont conformes à la Vulgate.

livre composé par Ferdoucy, et intitulé Soli- 7nan-!\'nineh. On pourra consulter avec fruit le Tableau général . e l'empire ottoman, par M. d'Olisson, t. 1", j). ISV, si l'on veut avoir une id' e de la vénération de toute l'Asie pour celui qu'ils appellent le glorieux Soteiinam ou Soliman ben-Daoud.

SALOMON BEN VIRGA, rabbin espagnol et savant médecin, au comiueucement du xvr siècle, est auteur d'un ouvrage curieux, intitulé : Srhebet Juda. On y trouve une Histoire des Juifs, depuis la destruction du temple d(^ Jérusalem jusipi'aii tenqis de ce rabbin. David (ianz, anlie rabbin, lui a rej)roché iiucUpies inlidélités. 11 s'est fait [ilusieurs (éditions de cette histoire des Juifs à Mantoue, à Venise, à Constantinople, à Salonichi et à Amsterdam; item, en alleiuacd à Cracovie , en 1391 ; à Prague, en 1619 ; et à Amsterdam, en tVM) ; et entin en portugais, à Amsterdam, en ItiSC. Gentius en a donné une traduction latine imprimée à Amsterdam, en 1651, in-i"; et Basnage en a fait usage dans sa savante Histoire des Juifs.

SALONILS, (ils de saint Eucher, cjui devint évèque de Lyon, fut élevé dans le monastère (Je Lérins, avec son frère Véran, et la Providence les en tira tous deux pour les faire évoques. V('ran le fut de Vence ; mais on ne sait pas bien quelle église gouverna Salonius ; on conjei ture que ce fut celle do Vienne ou de Genève. 11 assista au concile d'Orange en 44-1. Nous avons de cet illustre évèque deux ouvrages : une Explication morale sur les Proverbes, en forme de dialogue entre les deux frères ; un Commentaire sur riù;clésiaste ; l'un et l'autre imprimés à Hagiienan, 1532, in-V, et dans la Bibliothèque des Pères.

SALVAGIO. Vol/. PoRCHETTi.

SALVAN DE SAI.IÉS (Antoinette de), née à Albi, en 1638, de l'aca.lémie des Ricovrati de Padoue, morte à 92 ans, en 1730, dans le lieu de sa naissance, se distingua par son goût pour les belles-lettres, dont elle n'abusa point. On a d'elle des Paraphrases sur les Psaumes de la pénitence, diverses Lettres ei Poésies, dont une grancle partie est impiimée dans la Nouvelle Pandore, ou Les Femmes illustres du rèijne de Louis le Grand. Nous avons encore ue cette muse l'Histoire de lu comtesse d Isembourg, 1678, in-12, qui a été tradinti> en plusieurs langues.

SALVEKTE (Anne-Joseph-Eisèue Bacon- NiÈREj , écrivain politique et (léputé delà ville de Paris, né à Paris le 18 juillet 1771, mort dans la même ville au mois de nov. 1839, se signala jiar une hostilité continuelle et violente contre la religion et contre la monarchie des Bourbons. En 1807, il concourut pour le prix proposé par l'académie française sur ce sujet : Tableau littéraire de la France pendant le xvui" siècle, et obtint une incn^ lion. Ou saitipie le i rix fut décerné à Victorin Fabre. La compositiou de Salverte a été imprimée, Paris, 1809, in-8". On a de lui un assez grand nonil)ie d'écrits littéraires et politiques ; nous citerons seulement les suivants : Opinion sur des pétitions relatives aux jésui-

SÂL

SAM

tes, séance du 21 juin 1828, Paris, 1828, in-8°; Des scienees occultes, ou Essai sur la niaf/ie, les prodiçjes, les miracles, Pnris, 1829, 2 vol. Mi-8". 11 laissa inédite une tragédie intitulée : La mort de Jésus-Christ, dont il avait t'ait plusieurs lectures à ses amis, et qui était conçue dans un esprit d'impiété déclarée.

SÂLVIATI (Bernard), cardinal, d'une des plus illustres familles de Florence, où il naquit vers la lin du xv siècle, fut chevalier de Malte, et devint |)rieur de Capoue, puis grand prieur de Rome, el amiral de son ordre. Il signala son courago» et rendit son nom redoutable à l'emiiire ottoman, il ruina le port de Tripoli, entra dans le canal de Fagiera, et réduisit en poudre tons les forts qui s'opposèrent à son passage et à ses armes. Devenu général de l'armée de la religion, il prit l'île et la ville de Coron, courut jusqu'au détroit de (lallijioli , et brûla lile de Scio. Paul Jove dit que le grand prieur Salviati était coiistanti compositoqm ingenio, vir militiœ maritimœ assuetus. Salviati embrassa l'étal ecclésiastique, et obtint l'évèché de Saint-Papoul en Fi-anc(\ et i-elui de Clermont, en 15G1. La reiui' Catherine do Médias , sa |iarent(3 , le choisit |)onr son grand aumônier, et lui pro -ura le chapeau do cardinal, dont le pape Pic IV^ l'honora en t!j(il. Cet illustre prélat mourut à Home, en 13G8. Il avait été un des députés du clergé aux Etats généraux de loCT. Sa famille a produit

filusieiirs autres personnages distingués par eurs talents et par les dignités éminentes dont ils ont été revêtus.

SALVIFN, Sah'ianus, prêtre de Marseille, devait le jour à des parente illustres do Cologne, ou de Trêves, ou des environs, et na([uit vers 3!)0. Il garda la continence avec sa femme Palladic, même avant sa prêtrise, et la traita comme si elle eût été sa sœur. Elevé au sacerdoce, vers i30, il déjilora avec tant de douleur les dérèglements de son temps, qu'on l'afjpe'a \eJercniie du v' siècle. Ses lumières et ses vertus le tirent aussi nonnner h; Maître des créqucs. Il mourut à Marseille, vers l'an 'i8'r-. Il nous reste de lui: un traité de la Providence de Dieu sous ce titre : De gubcrnulione Dei et de justo Dri pnesentique judicio libri octo , publié par Sander, à Bruxelles, IGVC, in-V, sous le nom anagrarnmatisé di,' Osiander : cet ouvrage est plein de relisions solides, d'idé.'S touchantes et vraies; tni autre traité contre l'avarice; quelques Epures : ces ouvrages sont écrils d'un style net, oiné, pathétique, agréable. On en a donné un g and nombre d'édii ions; parmi les dernières on distingne celle du P. Mareuil , Paris , 173'i , in-l2. Nous en avons une bonne traduction française par le P. Bonnet de l'Oratoire, HOri, 2°vol. in-12. Il ne paraît [las par ses écrils (jue Salvion ait été évoque, comme quelques auteurs l'ont prétendu. — M. l'aiibé Migne a publié les OEuvre-^ complètes de Salvien, avec celles de saint Patrice et do plusieurs autres Pêri'S, dans son Cours complet de Patrologie. Voij. la un de l'article Patrice (saint). i

SALVINI (l'abbé AîSToiiSE-MÂRiE), profes-

seur célèbre de grec à Florence, où il naquit en 1633, était un liomme de condition, poli, et extrêmement laborieux. Pen d'écrivains ont plus contriltué que loi au rétablissement du bon goût en Italie. 11 mourut à Florence, en 172!), ajirès avoir rem|)li une carrière de 70 ans. Il a Irailuit en vers italiens ■.Vlliade, ÏOdf/ssée, la Balrachomyomaclne et les Hijmnes d'Homère, Florence, 1723, 2 vol. in-8° ; Hésiode, Padoue, 1747, in-8' ; et un grand nombre de poètes anciens et modernes, en tout ou en partie. Outre ces traductions, nous av(ms du même : un vol. in-V' de Sonnets; un autre de Proses sacrées et de Proses toscanes, Florence, 1715, 2 vol. in-k"; cent Discours académiques sur diverses questions proposées par l'at adémie des Apatisti ; l'Oraison funèbre d'Antoine Magliabecchi, ]jrononcée dans l'académie de Florence, et imprimée dans la même ville, en 1715, in-fol. ; une traduction en {)rose de la Vie de saint François de Sales, par Marsollier. L'abbé Salvini était de l'académie de la Crusca (supprimée par onlre du grand duc Léopold, en 1783, et remplacée pai' Vacadémic Florentine), et il a travaillé plus qu'aucun autre à la perfection du Dictionnaire de la Crusca, Florence, 1729, G vol. in-fi.'l. Larai, Mcmorabilia Ital., t I", donne des détails sur sa vie et sur ses ouvrages.

SAMARITAINE (la) : c'est sous ce nom qu'est connue la femme à qui Jésus-Christ demanda à boire, comme il passait jiar Sichem, ville de Samarie, en s'en retournant en Galilée. Les disciides de cet Homme-Dieu étant allés dans la ville acheter des provisions, pressé de soif, il s'arrêta auprès d'un puits où il vit une femme qui puisait de l'eau. Etonnée de ce qu'un Juif osAt lui parler (car les Juifs fuyai^it tout commerce avec les Samaritains;, elle en marqua au Sauveur sa surpirise. Jésus-Christ en eut pitié; il l'éclaira par sa grâce viviiiante, et la convertit à lui. Rien de plus touchant, de plus digue de la simplicité sublime de l'Esprit saint, que le récit do cette conversation telle qu'elle est rapportée en saint Jean, ch. iv.

SAMARY (Philippe), ecclésiastique, né h Carcassonne, le 5 février 1731, fil avec distinction ses cours de philosophie et de théologie h ToulOLise , et fut ordonné prêtre le 24 mai 1743. Nommé curé à Saint-Hilaire en 1768, il montra un talent remai([uable dans l'ait de la prédication. En 17G2, il fut mis à la têle tle la paroisse de Lagrasse, et, en 1772, il fut chargé de la cure de Saint-Naz lire à Carcassonne ; il y consacra ses moments de loisir à la culture de la poésie, pour laquelle il possédait, assure-t-on , un talent peu commun, lors des divisions entre les jansénistes et les jésuites, bien qu'il se déclarât entièrement soumis aux décisions du saifd-siége, il s'allacha ce[)endant à vivre d'accord avec les divers partis, ce qui finit par le rendre suspect à tous les lieux. Mais les sentiments qu'il montra plus tard ont toujours été ceux d'un parfait catholique. En 1789, il fut député aux Etats généraux. Lors de la destruction des ordres , il fut du nombre des curés

SAM

SÂM

qui, les premiers, se réunirent au tiers état, dans la crainte qu'une forte résistance n'anienAt de plus grands malheurs. 11 se rejîpntit bientôt desafaibli'sse, et [larlaavec fermeté, à la tribune, contre les spoliateurs du clergé et contre le refus que fit l'assemblée nationale de déclarer la religion catholique religion de l'Etat. Ses opinions ont été imprimées. Son refus du serment exigé par la constitution civile du clergé l'obligea d'émigrer. Il se tlxa à Rome, où il resta ju-^qu'aiirès la publication du concordat de 1801. Lorsqu'il reparut à Saint-Nazaire, paroisse de l'ancienne cathédrale de Carcassonne, il eut le chagrin de voir sa place occupée par un curé consiitutionnel qui lui avait alii-né l'atfeciion de ses paroissiens. L'abbé Saniary fut nommé, quelque temps après, chanoine et curé de la nouvelle cathédrale. Il mourut le 8 novembre de la môme année 1803. Quelques-uns de ses Sermons et Instructions familières ont été imprimés.

SAMBIASI (François), missionnaire, né l'an 1582, à Cosenza dans le royaume de Naples, d'une fauiille qui a produit plusieurs hommes de mérite, embrassa la règle de saint Ignace à l'âge de vingt ans, et fut envoyé par ses supérieurs dans les missions de la Chine. Les obstacles de tout genre qu'il rencontra, et la persécution qui s'éleva contre les chrétiens en 1620, ne purent refroidir l'ardeur de son zèle. Son habileté dans les mathématiques et l'astronomie lui attira la bienveillance des mandarins, et il obtint la permission de rebâtir l'église catholique de Nankin, vers 1637. L'empereurlloung-Kouang lui conféra môme la dignité de mandarin en 16i4, et l'envoya comme ambassadeur à Macao, pour solliciter des secours des Portugais contre les Tartares qui venaient de faire une nouvelle irruption dans la Chine. La faveur dont jouissait le P. Sambiasi aurait tourné à l'avantage du christianisme, si les Tartares n'avaient ôté à l'empereur le trône avec la vie. Le missionnaire mourut luimôme en 164-9, âgé de 67 ans, après avoir été seize ans supérieur général des missions à la Chine. Le P. Sambiasi a publié en langue chinoise : De anima triplice, vegetativa, sensitiva et spirituali, 2 vol. in-folio, dont un exenî|)laire se conservait dans la bibliothèque de la société à Rome. Il avait encore composé deux traités : l'un De somno, l'autre De pictnra.Yoy.la Biblioth. script, soc. Jesu, p. 252, de Sou'tlnvHlI.

SAMBUCY-SAINT-ESTÈVE ( Jean -Baptiste-Louis de), chanoine de la métropole de Paris, né le 15 juin 1771 à Milhau, ville du ,.Uouergue, d'une famille ancienne, étudiait au séminaire de Saint-Sulpice, lorsque les troubles révolutionnaires l'obligèrent d'en sortir. Il se retira chez un fièro prêtre qui exerçait en secret les fonctions du saint ministère ; mais une loi, du 27 germinal an n, ayant banni de la capitale tous les nobles, le jeune de Saint-Estève se retira à Versailles, où il doiià.a des leçons au jeune Hyacinthe de Quélen, ancien élève du collège de Navarre. Après la mort de Robespierre il put

retournera Paris, oh il fut fait prêtre par Mgr Maillé de La Tour-Landry, évêque de Saint-Papoul. Il passa ensuite un an chez les Pères de la Foi, puis il se fixa à Amiens, et contribua à l'établissement de la congrégation des dames du Sacré-Cœur, qui prit naissance dans cette ville. Au mois d'avril 1812, la ])olice impériale l'enleva subitement et le conduisit k la Conciergerie à Paris. On attribuait cette mesure rigoureuse aux relations querabbédeSambucy-Saint-Estève aurait entretenues avec quelques cardinaux, alors exilés dans les villes de Picardie et du nord de la France. 11 ne recouvra sa liberté qu'après la chute du trône impérial, en 18U: le 7 juillet de la même année, il jjartit pour Rome avec Cortois de Pressigny, ancien évêque de Saint-.Malo, nommé ambassadeur de France auprès du saint-siége, et il eut le titre de conseiller d'ambassade. Resté dans la capitale du monde chrétien après le retour de Cortois de Pressigny, il remjjlit les fonctions de secrétaire du sacré collège pour la France. En 1826, il revint à Paris, où il s'occupa de la publication de divers opuscules. 11 avait, pendant son séjour à Amiens, fait paraître un petit livre de piété, sous le titre de Manuel du pénitent, qui a été plusieurs fois réimprimé. C'est en 1837 que Mgr de Quélen le nomma chanoine de sa métropole. L'abbé de Sambucy-Saint-Estève mourut le 30 octobre 1847, âgé de 76 ans. Outre le Manuel du pénitent, et un Recueil des dévotions approuvées par le saint-siége, 1833, in-18, on a de lui : une Vie de M. de Beauvais, evéque de Senez, à laquelle il a joint les plans et les divisions de VOrator sacer, de ce prélat, 1842, iii-12; Essai sur les bals, 1832, in-8°; Manuel du Scapulaire, 1835, in-18; Manuel du Chapelet et d.u Rosaire, 1837, in-18 ; De l'harmonie des évéques et de leurs chapitres, 1845, in-12 ; De l'harmonie de l'Eglise et de l'Etat, 1845, in-12; plus divers opuscules de piété et d'éducation.

SAMERIUS (Henri), jésuite, né près de Marche, dans le duché de Luxembourg, fut confesseur de l'infortunée Marie-Stuart, puis missionnaire zélé dans sa patrie. Il mourut à Luxembourg en 1610, âgé de 70 ans. 11 était très-versé dans l'histoire ecclésiastique, et surtout dans la chronologie. On a de Samerius : Chronologia sacra ab orbe condito ad Christum natum, Anvers, 1608, in-folio. 11 y relève une infinité de fautes échappées à différents auteurs.

SAMOSATE (Paul de). Voy. Paul.

SAMPIERI (Dominique), savant prélat romain, naquit à Bologne , le 23 avril 1739, d'une famille noble, qui, depuis le xir siècle, s'était illustrée par ses connaissances dans la science des lois, et par les places honorables qu'elle avait occupées. Sampieri commença ses études dans sa ville natale. Après avoir fini son cours de philosophie et commencé ses couri de droit dans les écoles de Bologne, il vint à Rome achever son éducation, et il se livra surtout à la jurisprudence, sous les professeurs Pisoni et Aniomari. En 1764, il lut nommé avocat consistorial, et il prit l'ha-

SAM

SAM

bit de la prélature. Ganganelli, parvenu au souverain pontificat, sous le nom de Clément XIV, frappé de son mérite, le nomma promoteur de la foi. Sampieri mf)urut le 12 janvier 1784, n'ayant que4-5 a-is. Oiia de lui: Dissertatio deemuniipalionc liberorum, Rome, 1767, in-4°; AUocuzione. dettanel teatro anatomico (H San-Spirito, Rome, 1781 ; Animitdversioni nelta causa del venernbile De Giovanni di Palafojr, Rome, 1772. Le P. Faure, jésuite, a ajouté à ces Animadversioni quatre volumes de Suppléments, imprimés en 1774. Sampieri a laissé manuscrits plusieurs volumes concernant les aflaires qu'il avait eu à traiter pendant qu'il était promoteur de la foi. Ces écrits sont conservés dans la bibliothèque de l'institut de Bologne. Le comte Fantuzzi fait mention de ce célèbre prélat dans ses Scriltori Bolognesi.

SAMSON, c'est-h-dire Soleil, (ils de Manué, de la tribu de Dan , naquit d'une manière miraculeuse, d'une mère qui d'abord était stérile, vers l'an 1153 avant Jésus-Christ. L'esprit de Dieu parut bientôt en lui, par la force extraordinaire dont il fut doué, après qu'il eut éiéconsacré au Seigneur d'une manière particulière à la manière des Nazaréens. Il n'avait que 18 ans , lorsqu'étant allé à ïhamnata, il y vit une Mlle qui lui plut, et il pria son père de lui permottie de l'épouser. Manué et sa femme, après s'être opposés à son dessein, allèrent avec lui en faire la demande. Dans la route, Somson qui était un peu éloigné d'eux, vit venir h lui un lion lurieux, qu'il sai it quoiqu'il fi1t sans armes, et le mit en pièces. Il obtint la (ille qu'il soniiaitait; et quelque temps après, retournant h Thamnala pour célébrer son mariage, il voulut revoir le corps du lion qu'd avait tué, et il y trouva un essaim d'abeilles et un rayon de miel. Il tira de cette découverte l'énigme suivante : La nourriture est sortie de celui gui mangeait, et la douceur est sortie du fort. Les habitants de Thamnata , auxquels il la proposa, s'adressèrent à la femme de Samson qui , vaincu par ses larmes , lui apprit le sens de l'énigme. Cetic femme infidèle l'alla découvrir aux jeunes gens, qui s'en firent h mneur auprès du héros juif. Aussitôt il se rendit à Ascalon, ville des Philistins , nation la plus acharnée contre les Hébreux, oii il tua trente hommes , dont il donna les habits à ceux qui avaient expliqué l'énigme, ainsi qu'il leur avait promis. Il continua ensuite à fatiguer ci-tte nation inquiète, perlide et féroce , par divers exjjloits, où la force unie à l'industrie, était toujours couronnée de succès, et dont le merveilleux , en donnant aux Israélites un gage visible de la bonté intime de Dieu, leur laissait en mémo temjis l'impression salutaire de sa puissance et des effets redoutables de sa colère, t. Ces actions, « dit un théologien , nous paraissent bien « extraordinaires ; mais il fallait qu'elles le « fussent pour frapper les yeux d'un peuple « gio;-.sier. Dieu, pour confondre l'orgueil « des Puilistins, jugea à propos de n'opposer « à un peuple entier qu'un seul homme, qu'il « doua d'une force surnaturelle : c'était dans DicT. DE Biographie belig. III

« les circonstances le moyen le plus propre « à humilier les ennemis de son peuple , et « à faire éclater sa providence particulière « h l'égard de ce môme peuple. » (Voy. Gé- DÉoiN et la fin de l'article Loth.) Les Philistins, n'osant plus attaqu' r Samson ouvertement, cherchèrent à le surprendre. Un jour qu'il était allé dans la ville de Gaza qui leur appartenait, les habitants fermèrent les portes et y mirent des girdes pour l'arrêter. Samson se leva au milieu de la nuit, enleva les portes avec les gonds et les verroux, et les porta sur une haute montagne vis-à-vis d'Hébron. La force n'avait pu le terrasser, l'amour le vainquit. Dalila, femme philistine, qu'il aimait éperdiunent, ayant tiré de lui le secret de sa force, lui lit couper les cheveux tandis qu'il dormait, et le livra aux Philistins. On lui creva les yeux, et on l'employa à tourner la meule d'un moulin. Sa force revenant avec ses cheveux , 3,0i,0 Philistins assemblés dans le temple de Dagon le lirent venir pour se moquer de lui. Mais s'étant approché des deux plus fortes colonnes qui soutenaient le temple , il les ébranla , et le temple par sa chute l'écrasa avec les Philistins, l'an 1117 avant Jésus-Christ. Par une inconséquence ordinaire à resjirit de parti et d'eia-eurs, on a vu des philosophes rejeter les exploits de Samson, attestés par l'autorité la plus respectable , et ne former aucun doute sur ceux de Milon de Crotone, plus incroyables en eux-mêmes et destitués de témoignages dignes de conhance. On a gravé V Histoire de Samson en 40 feuilles, dessniées par François Verdier.

SAMSON (saint) , évoque de Dol en Bretagne, était né vers l'an 490, de parents nobles, dans la parlie de Soutli-Wales, connue aujourd'hui sous le nom de comté de Glainorgan. Dès l';1ge de 7 ans, il fut mis sous la conduite d'un saint abbé nommé Illut ou Hellut (1), que l'on croit avoir été disciple de saint Germain d'Auxerre , lorsque celui-ci passa dans la Grande-Bretagne. Le jeiuie Samson lit de grands |)iogrès dans la piété et dans les lettres, et fut oidonné prêtre par saint Dubrice, sacré évoque de Landalf par saint Germain, et ensuite, évêque de Caèrléon. En 512 , Samson se retira dans une île où il mena la vie érémitique, sous la direction d'un saint prêtre nommé Pyron. Il devint abbé d'un monastère que saint Germain avait fondé. En 51G, il ht un voyage en Irlande, pour y visiter de saints personnages (lui habitaient cette île, et s'y édilier par leur exemple. On dit qu'à son retour il se retira dans une caverne, pour s'y livrer plus librement à la prière et aux austérités d'une vie pénitente. Saim Dubrice l'ayant appelé à un synode qui se tint à Caërléon en 520, l'y sa-

(1) Moréri le nomme Uiclulplie. Le Mariviologe roiiKiin ne ciie aucun saint du nom d'lliJulpli<i ; musil est mentionné dans les calendriers de France, d'Allemagne et de l'orJie de Saint-lienoil. Saint Hidulphe lut archevêque de Trêves, (onda.cur et abijé dunionasléie de Moyen-Moutier dans les Vosges. Il ne peut avoirrien de commun avec saint Samson. Voyez

HlDULPUii.

SAM

SAM

cra évoque, sans toutefois l'attacher à aucune égliso. Son zèle pour la conversion de'^ âmes l'engagea à passer dans l'Annorique (la Bri'tagne française), où y il avait encore beaucouj) d'idoliUres. Il en convertit un grand noral)re, et ij;Uit un monastère auprès d'un château nommé Dol, à l'entour duquel s'est formée par la suite la ville de ce nom. Pelage 1", du consentement des évoques de Bretagne, érigea le monastère en évéché ; et , k la prière de Jutwal, roi du pays, à qui Samson avait rendu des services signalés, onvova le pal- Huin au nouvel évèque de Dol (i). Samson assista au deuxième concile de Paris, tenu en 557, et en souscrivit les actes. Après avoir gouverné pendant quelques années l'église de Dol, et y avoir été un modèle de piété et de pénitence, il mourut saintement vers l'an 564 ou 565. On lui attribue divers miracles. Moréri fixe sa mort à l'an 607 , et dit qu'il était âgé de 112 ans, ce qui mettrait sa naissance à l'année V95. Les dates de l'abbé Fleury nous ont paru préférables. Le Martyrologe romain lait mention de saint Samson au 28 juillet. Au ix' siècle, lors de l'irruption desT^ormands en France par la Bretagne, les évéques de Dol et de Saint-Malo vinrent se réfugier à Paris, et y apportèrent les reliques de saint Samson, de saint Maclou ou Malo, et de saint Magloire. Elles furent déposées dans l'église de Saint-Barthélemi , alors chapelle du Palais. Hugues le Grand ayant fondé un monastère de bénédictins , dont cette chapelle était devenue l'église, et les religieux qui la desservaient ayant passé successivement dans la rue Saint-Denis et dans la rue Saint-Jacques, les reliques de ces saints, qu'ils emportèrent avec eux, se sont définitivementtrouvées déposées à Saint- Magloire, oti elles sont restées jusqu'à la révolution.

SAMUEL (qui est établi de Dieu), fils d'Elcana et d'Anne, de la tribu de Levi , naquit dans la petite ville de Ramatha sur la montagne d'Ephraïm. 11 fut prophète et juge d'Israël, pendant plusieurs années. Anne, sa mère, était stérile depuis longtemps, lorsque, par une faveur singulière de Dieu, elle conçut et mit au monde cet enfant, vers l'an 1155 avant Jésus-Christ. Quand elle l'eut sevré, elle le mena à Silo, à la maison du Seigneur, et le présenta à Héli pour accomplir le vœu qu'elle avait fait de le consacrer au service du tabernacle. Cependant les menaces du Seigneur ayant été exécutées sur Héli et sur ses enfants, Samuel fut établi pour juger le peuple de Dieu ; il avait alors 4-0 ans. 11 fixa sa demeure à Ramatha, lieu de sa naissance; mais il allait de temps en temps dans différentes villes pour y rendre la justice. Ce saint homme, étant devenu vieux, établit

(1) Quelques écrivains, suivis par Moreri, font de saint Samson un archevêque d'York, avant son passage dans la Bretagne, et expliquent par là pourquoi il avait le pn//i«m réservé aux archevêques; mais Fleury et d'autres biographes se taisent sur cette circonstance, qui aurait valu la peine d'être rapportée.

Joël et Abia ses flls, pour juges sur Israël. Us exerçaient cette charge dans Bersabée , ville située à l'extrémité méridionale du pays de Chanaan. Au lieu de marcher sur les traces de leur père, ils laissèrent corrompre leur équité par l'avarice. Leur gouvernement aliéna les esprits. Les anciens d'Israël allèrent trouver Samuel à Ramatha, pour lui demander un roi ; Samuel sacra Saiil par ordre de Dieu, après leur avoir fait sentir qu'ils ne savaient pas ce qu'ils demandaient. Voici, leur (lit-il, h roi qui ré<jnera sur vous; il prendra vos enfants f.t les emploiera à son service ; il se saisira de vos terres et de ce que vous aurez de meilleur poxir le donner à ses serviteurs, etc. Sui- quoi Bossuet reprend : « Est-ce qu'il aura le droit de faire tfiut cela (( licitement? A Dieu ne plaise, car Dieu ne « donne pas de tels pouvoirs ; mais il aura « le droit de le faire impunément à l'égard « de la justice humaine. » Dieu montra bientôt que la sienne ne s'endormit pas sur le nouveau roi. Les désobéissances de ce prince irritèrent le Seigneur, qui le rejeta du trône, et commanda à Samuel d'aller oindre David pour roi. Samuel fut sensiblement louché du malheur de Saiil , le pleura le reste de ses jours, et lui apparut longtemps après sa mort arrivée l'an 1057 avant Jésus-Christ, à 98 ans, lorsque la pythonisse évoqua son ombre : il lui prédit qu'il mourrait avec ses enfants dans la bataille qu'il livra aux Philistins sur la montagne de Gelboé. L'abbé de La Chapelle a cru trouver dans ce discours de Samuel un artifice de ventriloque : moyen d'explication trop semblable à ceux qu'on a employés en diverses occasions pour rendre comte des événements surnaturels, et qui est ici absolument insoutenable, non-seulement parce qu'il n'explique pas l'apparition , mais parce qu'il est formellement en opposition' avec l'historien sacré, qui nous apprend que Samuel apparut en personne , non pas sans doute par quelque effet de l'art magique,, mais par une volonté particulière de Dieu. Ceux qui croient que la pythonisse ne fit que proiluire un spectre ressemblant au prophète, sont également contraires au récit des livres saints. Quand même on pourrait éluder la force de ces paroles du premier livre des Rois : Cum autem vidisset muiier Samue- Icm... Dix it autem Samuel adSaul{eh.x\\iii), on ne pourrait ré[)ondre à ce passage de l'Ecclésiastique (ch. xlvi) : Et post hoc dormivit ; et notum fecit régi finem vitœ suœ, et exaltavil vocem suaia de terra inprophetia delere iniquitatem gentis. Le gouvernement de Samuel fut celui de la justice et de la sagesse, de la modération et du désintéressement : rien de plus touchant que l'espèce d'adieu qu'il fil à la nation, en lui rappelant tout ce qu'il avait fait , et donnant le défi à tous de l'inculper d'un seul fait qui su|)posât de l'ambition ou de l'intérêt. « Voyez, disait- « il, si vous avez quelque chose à me repi'O- « cher depuis que je suis avec vous ; dites « hautement ilevant le Dieu qui nous écoute, « si je vous ai fait quelque dommage, si j'ai « lésé l'honueur de quelqu'un, si j'ai oj)primé

SAN

SAN

« le faible, si j ai accepté quelques présents « des riches : que celui qui m'a donné quelle que chose par]e,'et je le lui reslitue sur « Theure. » Les cris et les larmes du peuple furent un témoignage non équivoque de la pureté de son administration, qui fut la dernière de cette admirable théocratie sous laquelle les Hébreux avaient vécu jusque-là. On attribue assez communément à Samuel le Livre des Juges, celui de Rutli et le premier des Rois, du moins les vingt-quatre premiers chapitres de ce dernier, qui ne contiennent rien qu'il n'ait pu écrire, à quelques additions près, lesquelles paraissent y avoir été insérées depuis sa mort. Pour les derniers chapitres ,, il ne peut les avoir écrits, puisque sa mort y est marquée , ainsi que l'apparitiou dont nous venons de parler.

SANADON (Noel-Etienne), jésuite, né à Ç.ouen en 1676, professa avec dislinction les humanités à Caen. Ce fut là qu'il connut Huet, éyêqqe d'Avrauches, avec lequel le goi1t de la littérature et de la poésie l'unit étroitement. Le P. Sanadon fut chargé de la rliélori(|ue au collège de Paris, et de l'éducation du prince de Conti, dans laquelle il fut remplacé par le P. du Cerceau. En 1728 , il devint bibliothécaire de Louis le Grand, place qu'il remplit jus(]u'à sa mort, arrivée en 1733, à 57 ans. La douceur et la pureté de ses mœui s le ûrent rechercher ef, estimer, njoignaitaux qualités d'un bon religieux celles d'un littérateur aimable. Ou a de lui : des Poésies latines, 1715, in-12, et réimprimées à Paris, 175i, in-8°. Le P. Sanadon a fait revivre dans ses vers le goût des pi us célèbres poètes qui ont paru dans le beau siècle d'Auguste. Ses poésies n'auraient pas, été peutêtre désavouées par ces grands maîtres, pour la. force et la pureté de l'expression, le tour et l'harmonie du vers, le choix et la délicatesse des pensées ; mais elles manquent d'imagination. U a fait des Odes, des Elégies, des Epigrammes et d'autres poésies sur diil'érents sujets: une Traduction des OEuvres d'Horace, avec des remarques, en 2 vol. in-4°, Paris, 1728. Les exemplaires qui portent Amsterdam sur le titre n'ont pas été cocrigéç; il y en a une édition çn 8 vol. iu-12. Le traclucteur écrit avec élégance et avec goût; s'il n'est pas égal à l'original, c'est qu'aucune traduction ne peut l'être, par rapi)ort à des ouvrages (le ce genre. Plusieurs savants ont blâmé la liberlé qu'il a prise de faire des changements considérables dans l'ordieet dans la structure même des odes. Ou n'a pas moins été choqué de son orthograplie singulière, et ce qu'il dit pour en faire l'apologie, n'a pas satisfait : ces innovations ne peuvent avoir de bons effets , et ne servent qu'à entraver les belles-lettres et les sciences ; des Discours prononcés en différents temps, et dont on a un recueil. Us prouvent qu'il n'était pas moins orateur que poëte. On lui attribue Prières et Instructions chrétiennes, Lyon, 1752, in-12 et iu-8", remplies d'onctio'i et d'une piété solide ; ouvrage qui n'est pas de lui, mais de son oncle, jésuite de la maison professe de Paris.

On trouve son Eloge dans le Mercure de décembre 1733.

SANCHE d'Avila. Voy. Thomas de Jésus , carme.

SANCHÉZ (Gaspard), ou Sanctius, jésuite,, né en IS't'i., à Cienpoçuelos, village ou petit bourg de la Nouvelle-Castille, à quelque distance d'Aranjuez, fut professeur d'Ecriture sainte à Alcala et en plusieurs autres villes d'Espagne. 11 mourut à Madrid le 16 novembre 1628. On a de lui des Commentaires excellents sur Job, Isaïe, sur les Livres des Rois et les Paralipomènes, les Actes des Apôtres, etc. Le sens littéral y est solidement développé, en môme temps que l'auteur ne néglige ni le sens mystique, ni le sens allégorique. Son commentaire sur Isaïe est incontestablement un des meilleurs que nous ayons sur ce prophète.

• SANCHEZ (Thomas), né à Cordoue, en 1550, entra chez les jésuites à l'âge de 16 ans, y remplit divers postes, et mourut à Grenade en 1610, avec la réputation d'un homme de mœurs austères. On a de lui : quatre vol. in-fol. sur le Décalogue, sur les Vœux monastiques, et sur plusieurs questions de morale et de jurispruilence, traitées d'une manière dilfuse ; un traité De mutrimonio, imprimé la première fois à Gènes en 1592, in-fol. L'auteur a recueilli dans cet ouvrage toutes les questions qui peuvent naître sur ces matières scabreuses ; il n'écrivait que pour les confesseurs et les directeurs des âmes, et, sous ce point tle vue, son travail n'a rien que de raisonnable, quoiq l'il fût à souhaiter qu'il eût été plus réservé et dans les détails et dans les décisions. (Voy. Bu-

SENBAUM, ESCOBAR, PASCAL.) Co qu'll y 3 dc

vrai, mais ce qui n'a rien d'étonnant pour ceux qui connaissent par expérience l'effet d'une intention pure et d'un saint zèle, c'est que des détails si délicats ne firent jamais la moindre impression sur ses mœurs. C'est aux |)ieds du crucifix qu'il écrivait ses livres. L'édition la plus recherchée de cet ouvrage est celle d'Anvers en 16. t7, après laquelle vient celle de lôli. Ce qui tient de bien près à riiypocrisie de la secte philosophique, à ce zèle factice que le crime et le vice ailîchent pour la vertu, ce sont les injures de tous les genres, accumulées contre lejésuite espagnol par des gens dont la corruption de l'âme a détruit jusqu'aux ressorts du corps , qui alimentent leur uxure par des lectures et des estampes où les rallinemenls de la plus brutale lubricité sont exprimés avec les traits d'une impudence dégoûtante pour les libertins même les plus décidés.

SANCHEZ (Pierrr-Antoine), chanoine de Saint-Jacques de Compostelle, né à Vigo en Galice en 1740, mort en 1806, se fit une réputation comme j)r;'dicateur et comme écrivain. Ses principales productions sont : Traité de la tolérance en matière de religion, Madrid, 1785, 3 vol. in-i" ; Recueil de Sermons, Madrid, 3 vol. : ils furent traduits et publiés à Vun ise iSumma theologiœ sàcrœ, i'iiadrid , 1 789 , 4 vol. in-l" ; V Histoire de l'Eglise d'Afrique, Madrid, 1781. in-8° ; ce livre est rempli c

SAN

SAN

savantes recherches; Annales sacii, Madrid, 178V, 3 vol. in-'i-" ; Discours sur l'éloquence sacrée en Espagne, Madrid, 1788, in-8°.

SANCIO ou plutôt SANCHO (RooniGUn), né à Santa-Maria da Nieva, dans le diocèse de Sé^ovie, en IMi, se fil connaître de bonne heure par son g )ût pour la piété et pour les lettres. Son mérite le lit élever à l'évôché de Zamora, à celui de Calaliorra et à celui de Palencia ; mais abandonnant à ses grands vicaires le soin de ses diocèses, il passa sa vie à Rome, où il fut gouverneur du chAleau Saint-Ange. 11 se distingua par ses négociations et par divers ouvrages histori(iues et ascétiques. Les principaux sont : Historia liispanica. Elle comprend tout ce qui s'est passé dans ceite monarchie depuis son origine jusque vers le milieu du xv' siècle. On l'a mise dans la Collection des historiens d'Espagne de Schot, i vol. in-fol.;5/;eculam vitœ liumanœ, in-fol., Rome, 1W8. C'est un des premiers monuments de l'art de la typographie, et pour cette raison il est inflni'menl recherché, fort cher et rare. (U ne faut pas confondre le Spéculum titœ liumanœ avec le Spéculum hnmanœ salvationis, in-fol., sans date, de 03 feuillets.) 11 y en a deux traductions françaises. Tune de Julien Macho, Lyon, ik'tl, in-fol. ; 1 autre du P. Farget , Lyon, 1482, in-fol. Sancio mourut à Rome, en U70.

SANCTÈS-PAGNIN, né à Lucques en li70, entra, à l'âge de 16 ans, dans l'ordre de Saint- Dominique. L'étude des langues, la th 'ologie, la controverse, la prédication, occupèrent tous les instants de sa vie, qu'il termina à Lyon en 15il, à 70 ans. Son zèle et ses sermons tirèrent lieaucoup de pécheurs et d'hérétiques de la voie de perdition. On a de lui : Thésaurus lingue sanctœ, dont les ])lus belles éditions sont celles de Robert Etienne, Paris, 154-8, in-fol.; et Genève, IGl-'h in-fol., avec des notes de Jean Mercier, et d'Antoine Cavallerius. Cette dernière édition n'est pas la meilleure, parce que l'éditeur a corrompu le texte; elle est à Vlndex des livres défendus. Veteris et Novi Testamenli translatio, Lyon, 15i"2, in-fol., avec des notes de Servet. M. Contant de La Moletie, dans le savant Discours sur la littérature orientale, inséré dans le premier tome de son Explication du Lévitique, préfère la version de Sanctès-Pagnin, après la Vulgate, à toutes les autres versions qui ont paru depuis. Plusieurs au- \ très ouvrages sur la Bible.

1 SAND (Christopue). Yoy. Sandus.

SAND/EUS (.VIaximu.ien ), né à Amsterdam en 1578, se lit jésuite à Rome en 1397, enseigna la pliiloso.iliie et la théologie dans plusieurs universités d'Allemagne, passa les dernières années de sa vie à Cologne, et y mourut le 21 juin 1636. U a d<jnné au public luie grande quantité d'ouvrages ascétiques et polémiques, tous écrits en latin, avec ordre, aisance et netteté, mais en trop grand nombre pour être toujours exacts et sol des. On estime ce qu'il a écrit contre les calvinistes. On a publié le catalogue de ses ouvrages, Cologne. 1653, in-i".

SANDEN ( Beksard de ), théologien luthérien, né le 4 octobre 1636, à Intersbourg, en Prusse , étudia dans diverses universités d'Allemagne, et prit des grades dans cel'e de Kœnigsberg. Il voyagea en Suisse, en Hollande, en France et en Angleterre, toujours occupé du soin d'acquérir des connaissances nouvelles, et de perfectionner son instruction. De retour dans sa patrie, il lut fait doyen dans le Lobenicht, et se mit k prê-cher. U If fit avec talent, et commença ainsi sa réputation. Il était, en 1667, chapelain de la Vieille-Ville, et, en 1682, professeur ordinaire en théologie. Devenu, en 1688, premier professeur, premier pasteur de la cour, et suprême surintendant en Prusse, en cette qualité, et conjointement avec lévèque Ursinus, il tit, le 23 février 1701, la cérémonie du couronnement de Frédéric, premier roi de Prusse. On lui d inna à celte occasion le titre d'évôque, et on lui envoya de Berlin des habits épiscopaux ; mais il ne les reçut point, étant mort la môme année, avant qu'ils arrivassent. Il avait eu le plaisir, en 1696, de voir ses trois lils reçus le même jour docteurs dans les trois faoullés. Sanden a laissé : Theologia homiletica ; Theologia symbolica ; Tiieologia positiva ; Formula cateJiisandi ; des Dissertations en latin, et divers ouvrages en allemand. — Bernard de Sanden, théologien luthérien, l'un des fils du précédent, naquit à Lobnitz, en Prusse, en 1666. Il étudia a Kœnigsberg et à Leipzi,', où il prit le degré de mailre-ès-arts en 1687. Il voyagea en Allemagne, enlialie, fut associé à l'académie des Ricovrati, à Padime, revint par la Hollande et l'Angleterre, ei arriva dans sa patrie a;irès avoir visité dixsept universités. Il reçut le bonnet de docteur en théologie, en 1696, des mains de son père, devint pasteur de Lobnilz, prédicateur de la cour, et premier professeur en théolo- .gie. Il est auteur de plusieurs ouvrages en allemand et en latin. Parmi ceux-ci les principaux sont : Theologiœ controversée spicilegium, Kœnigsberg, 1706, in-i° ; Instructio ministrorum verbi, illustrata et aucta, 1707, in-4°. L'ouvrage est de son père : il y fit des augmentations ; Dispulationum anti-papisticarum fasciculus, iu-k" ; Prima fundamenta theologiœ positivœ, 1713, in-i" ; Quœstionum biblicarum eGcnesi illustrium fnscicuti, 1716, in-'i-" ; Prajudicia contra bullam Clementis XI Vnv^tinilus dictam, 1719, in-4-° ; J'heologia positiva auctior et plenior, 1720, in-4°. C'est l'ouvrage de son [:ève , cité ci-dessus, qu'il I evit et auquel il fit des augmentations. Il mourut en 1721.

SANDEO ( Feliso-Marie ), historien et canoniste italien, né l'an li4-i, à Felina, dans le diocèse de Reggio, d'une famille noble de Ferrare, alliée à celle de l'Aiioste, mort en 1503, évê(iue de Luc pies, fut chargé de plusieurs atlaires imjiortantes par les papes Innocent Vlll et Alexandre VI. On a de lui : De regibus Siciliœ et Apuliœ, in quels et nominatim de Alfonso, rege Aragonum, epiiome, publié par Michel Ferno, Rome, 1493, in-i"; In quinquc libres Decretalium, Venise,

lIi-97-U99, 3v(jl. ia-folio; Consiliu : De vndulgentia phnaria : Additluncula ad Monarchiam Pelri de Monte ; De litteris apostolicis quando noceant palronis ercicsiarum. Ces divers ouvrages ont éti' plusieurs fois réimprimés, soit séparément, soit en collection. Sandeo laissa, en outre, un assez grand nombre de travaux manuscrits, dont quelques-uns pourraient servir à l'histoire dipjomalique du W siècle.

SANDEHSON ( Uobert ) , théologien casuiste, né à Sheflîe):! dans le comté d'York, en 1587, mort eu 1G62, devint chapelain ordinaire du fwi Cliark's 1", chanoine de l'église de Christ , et i);ofesseur de théologie à Oxlbrd. Il fut privé de ses bénéfices, et eut beaucoup à souffrir pendant les guerres civiles d'Angleterre ; mais peu de temjis après le rétablissement de Ch-U'les II, il eut l'évêché de Lincoln. Ce pré'at, également recommandable par la pureté de ses mœurs, par la douceur de son c.iraclère et par la mo:lération de son esprit, avait lu les Pères et les scolastiques, et était détrompé de la plupart des erreurs des protestants, quoiqu'il n'ait P'iint entièrement ouvert les jeux à la vérité. Il savait l'histoire de sa nation, était bon antiquaire, et passait surtout pour un excellent casuiste. Ses principaux ouvrages sont : Logicœ artis compeudiuin, Oxford, 1618, in-8°; des Sermons, in-fol. ; neuf cas de conscience ; De juramenti obligntione , Londres, 1(317, in-i" ; Plujsicw scienliœ coinpendium. Oxford, 1671, in-8°; Pax Ecclesiœ, etc. ; L'Histoire de Charles 1", in-fol., en anglais, etc.— 11 ne faut pas le confondre avec un autre Rob"rt Sandeuson, huissier de la chancellerie d'Angleterr:\ mort en 17il. Celui-ci a continué le Recueil des Actes de Rijiner, historiographe di' la couronne d'Angleterre, lequel recueil, résultat des immenses recherches faites dans les archives Oe la Tour de Londres, avait élé imprimé à Londres, 170i, 20 vol. in-folio.

SANDEKUS ou SANDERS ou SAUNDERS (Nicolas), théologien, né en 1527, ?i Cliarlewoo ), dans le comté de Surrey en Angleterre, parvint, par son mérite, à la [)lace de prof'esseui- royal en droit canon dans l'université d'Oxford. La religion catholique ayant été bannie de ce royaume par Elisabeth, il se relira à Home, où il fut élevé au sacerJoce. Le cardinal Hosius l'enmieua avec lui au concile de Trente et dans son ambassade de Pologne. A son retour il obtint la chaire de professeur de théologie à Louvain, d'où le pape Pie V le ra[)pela pour l'employer dans des affaires importantes. Grégoire Xlll l'envoya nonce en Es[)agne, et ensuite en Irlande, pour consoler les catholiques qui, dans leur désespoT, avaient pris les armes. La crainte de tomber entre les mains des Anglais le fit errer pen lant quelque temps dans les bois, où il mourut en 1583, de faim et de misère. Ses principaux ouvrages sont : Traité de la Cène du Seigneur, et de sa présence réelle dans l'eucharistie, en anglais, imprimé à Louvain en 1566, m-k°; Traité des images, contre les iconoclastes, sous ce titre : De Igpicn et ho-

SAN

noraria imaginum adoratione, Louvain, 1567, in-8"; De schismate anglicano, Cologne , 1628, in-8° : triste et trop vrai tableau des horreurs de ce schisme sanglant. Maucroix l'a traduit en français, Paris, 1678, 2 vol. in-12 ; De Ecclcsia Chrisli, Louvain, 1571, in-fol.; De martyrio guorumdam sub Elisabelli regina, in-4-°; De explieatione missœ ne partium ejus, in-8° ; De visihili monarchia Ecclesiœ, Wurtzbourg, 1502, in-fol. , dans lequel, si on excopte quehpaes opinions indécises et assez indifférentes, il ne fait que démontrer l'autorité, la visibilité et rinfailliliili é de l'Eglise; trois Oraisons latines, sur la transsubstantiation, les langufs liturgiques, et la pluralité des messes à célébrer dans la même église, déd ées au cardinal Hosius, et imprimées à Anvers, 1.566, in-12.

SANDEKUS ou SANDER (Antoine), historien belge, naquit, en 1586, h Anvers, où ses parents se trouvèrent par hasard , car ils étaient de Gand. Il fut curé dans le diocèse de Gand, |)u;s chanoine d'Ypres, écolâtre et pénitencier de Térouanne. Il abandonna ces emplois en 1657. pour vaquer jdus tranquillement à l'étude. Après avoir mené une vie pure et aupliquée, il lourut à AlU'ghem en 166i, à 78 ans. On a de lui un grand nombre d'ouvrages en vers et en prose. Les principaux sont -.Flandria illustrata, Cologne (Amsterdam), 2 vol. in-fol., 16'i-l à Î61i, réimprimée à La Haye en 1730 ou 1735, 3 vol. in-fol. La i)remière édition do Cologne fut consumée par les tlainraes avec l'imprimerie de Jean Blaeu : le peu d'exemplaires échappés sont foi't recherchés. Van Lom, qui a donné la seconde éd.ton, y a ajouté le Hagiologium Flandriœ; De Gandavensibus...; De Bragensibus erudilionis fuma claris ; De scripioribiis Flandriœ; ouvrages de Sanderus qui avaient été imprimés séparément; Chorographia sacra Brabantiœ, H iixelles. 1650, 2 vol. in-fiil., et augmenté, La Haye, 1726, 3 Vi)l. in-fol. ; liiblintheca belgica manuscripta, Lille, 16il-16'i3, 2 vol. iu-i°. Ce sont les catalogues des nuuiuscrits de la plu- ])arl des abbayes de Flandre, de Brabaut, de Hainaut et du pays de Liège. Opuscula minora, Louvam, 1651. C'est un recueil de ses poésies, oraisons, etc. ; Elogia cardinalium, Louvain, 1626, in-4"; Disscrtationes biblicœ, Bruxelles, 16.50, in-i". Ces ouvrages prouvent que Sanderns était très- laborieux. Il possédait les langues grecque et latine, et éta t bon poète et oialeur. Il a répandu beaucoup de jour sur l'histoire de sa patrie. L'auteur a fait imprimer à ses frais la plupart do ses ouvrages, et ruiné sa bourse après avoir ruiné sa santé.

SANDFORD (Damel ) , prélat anglais, né dans le comté deShrop, d'une bonne famille, reçut led')c!orat en 1802 à l'université d'Oxford. Il fut sacré évoque de l'église presbytérienne d'Edimbourg, eu 1806, et mourut en 1830, flgé de 63 ans. On a de lui : Leçons sur la semaine de la Passion, 1797, in-8°; Sermons principalement destinés aux jeunes personnes, 1802, in-12; Mandement envoyé au clergé de la communion épiscopale d'Edim-

SAN

SAN

bourg, 1807, iii-S" ; Sermon pour les écoles lancàstrienues, etc.

SANDHAGEN (Gaspard) , théologien luthérien, et surintendant des églises du duché do Jlolstein, est auteur d'une Introduction à l'histoire de Jésus-Christ et des apôtres , tirée des quatre Evangiles, des Actes des apôtres et i de l'Apocalypse : ouvrage rempli d'érudition et de préjugés. 11 y a joint un Discours sur le temple deJérusaleui.

SANDINI ( Antoine), né dans le Vicentin, le 13 juin 1692, fut bibliotîiécaire et professeur d'histoire ecclosiactique dans le séminaire de Padoue, où il mourut subitement Ie23 février 1751. Il était très-cstimé du cardinal Rezzonico, alors son évêque, et depuis pape sous le nom de Clément XIII. Nous avons de lui : Vitœ pond/icum romanorum, dont la meilleure édition est celle de Ferrare, 1718; l'é^èque d'Augtbourg, landgrave de Hesse-Dirmstadt, l'a l'ail réimprimer la même année, sous 1(3 litre de Basis historiœ ecclesiasticœ. Cet ouvrage ^est profond et plein de recherches : Historia familiœ sacrœ ; Historia sanctorum apostolorum ; dans la seconde édition de ces ouvrages, il réfute le P. Serry qui les avait altac(ués ; Dispulationes XX ex historia ecclesiastica ad vitas pontiftcum romanorum ; ouvrage qui finit à l'année 3° du pontificat de Benoît XIV, continué par un écrivain fanatique et ignorant. Sandini mérite d'autant plus d'éloges, qu'il n'avance rien dans ses ouvrages historiques, qu'il n'appuie de témoignages authenti({ues.

SANDIUS (Crristophe), fameux sociiiien, né l'an 16i4, à Kœnigsber.;- dans la Prusse, mort à Amsterdam, en 1680, était plus versé dans l'histoire ecclésiastique que les autres antitrinitaires, et abusa de ses connaissances pour composer divers ouvrages qui eurent beaucoup de cours dans sa secte. Les principaux sont : la Bibliothèque des antitrinitaires ou sociniens , en latin, 1684, in-8" , livre recherché par ceux qui veulent connaître les erreurs des disciples de Socin ; Nucleus historiœ ecclesiasticœ , Cosmopoli, 1668, in-12 ; c'est-à-dire Amsterdam , et ibidem, en 1676, in-V, augmenté. Sandius s'efforce d'y montrer que tous les Pères des trois premiers siècles ont cru que le Verbe n'était point consubstantiel à Dieu, ni éternel, etc. II a été réfuté par Samuel Gardiner, Jean Schertzer, Etienne Le Moine (voyez ce nom), le docte Bull, et par le P. Petau, qu'il avait osé associer h son erreur. Jnterprctationes paradoxœ quatuor evangcliorum, telles qu'on doit les attendre d'un sorinien, Amsterdam, 1670, in-12 ; />c origine animœ, réfuté par B.dthasar Hcbellus; A'cv/ptura sanctœ l'rinitatis rcvelalrix ; Notœ et animadversiones in Gerardii Yossii libros de /7«sfonc!s/a<m!s, Amsterdam, 1677. Quelquesunes de ces notes ont de la justesse ; mais la plupart sont parasites et pédantesques. SANDYS (GEonGEs), poëte anglais, second fils d'Edwin Saiidys, archevêque d'York, naquit à Worchester en 1577. Après avoir fait ses éludes à Oxford , il voyagea dans lesdif- Jérentes i)arties de l'Europe. De retour dans

sa patrie, il fut employé par le roi Jacques I" dans diverses affaires importantes, dont il s'acquitta avec succès. Il déplut à ce monarque en 1621, en s'opposant aux volontés de la cour en jdein parlement ; et Jacques 1" lui ordoiuia la prison pour un mois. Sandys mourut en 1643, après avoir fondé une chaire de niétaphysiqiie en l'université d'Oxford. On a de lui : huropœ spéculum ou Description de l'état de la religion dans l'Occident, pleine des idées que les nouvelles sectes avaient fait éclore. La meilleure édition de ce livre est celle de 1635, iu-4°. — Georges Samdys, le plus jeune de ses frères, mort en 1641, laissa une Description de la Terre- Sainte, -eu anglais, in-fol., et d'autres ouvrages en vers et en prose. Il publia encore une traduction, en vers, des métamorphoses d'Ovide ; Paraphrase des psaumes de David, et des cantiques de l'Ancien et du Nouveau Tfs- <o»!a)^l 636, in-fol., qui eut une grande vogue; la Passion du Christ (traduite du latin, de Grotiusi, 1640, in-12; 1688, in-8°; Paraphrase métrique du Cantique des cantiques, 1641, in-12; 1648. Dryden dit que Sandys fut le meilleur versificateur de son temps.

SAN-GIORGIO(Benve?)uto da), chevalier de Malte, né en Montferrat, vers l'an 1450, fut très-versé dans la jurisprudence, et devint vicaire général de l'évèrjue de Casai, qu'il quitta pour suivre, pendant quelque temps, la carrière des armes. Il se distingua au siège de Rhodes, et entra au service du marquis de Montferrat, qui l'envoya h Rome complimenter Alexandre VI lors de son élévation au pontificat ; il se fit remarquer dans son ambassade auprès de Maximilien I". Le ruarquis de Montferrat étant mort, San-Giorgio devint tuteur de ses enfants , et président du sénat de Casai. Il est mort le 8 septembre 1527. On a de lui : une Généalogie des tnarquis de Montferrat, 1486 ; Discours au pape Alexandre 17, Rome, 1493, in-4°; De origine Guetphorum et Gibelinorum, quibus olim Germania, nunc Italia exardet, libellas eruditus, inquo ostenditur quantum hac in re clarissimi scriptores Bartolus, Panormitanus, Blondus, Platina etGeorgius Merula Alcxandrinus a veritate aberraverint , Bdle, 1519; c'est son meilleur ouvrage.

SANGUIN (AiNTorNE), dit le Cardinal de Mendon, parce qu'il était seigneur de ce lieu, dont il fit commencer le château, naquit vers la fin du xv' siècle, fut évèque d'Orléans et archevêque de Toulouse, grand aumônier de France ( c'est le premier qui ait porté ce titre), et enfin fut décoré de la I)oin-pre romaine. Il jouit d'une grande faveur sous le règne de François 1", qui lui donna le gouvernement de Paris.

SANCiUIN (Claude), natif de Péronne, de la lamille du précédent, fut maître d'hôtel du roi et du duc d'Orléans. Il consacra son talent pour la versification française à la r. ligion , et fit (laraitre des Heures en vers français, Paris, 1660, in-4°. Tout le Psautier ^ y est traduit et assez mal. Il mourut à la ' lin du \\u° siècle.

SAN^,ECQUE (Louis de), lils de Jacques

SAN

SA

de Sanlecque, très-habile dans l'art de graver des poinçons, et petit-fils de Jacques de Sanlecque, qui s'est distingué dans la même profession, naquit à Paris l'an 1652, entra fort jemie dans la congrégation des chanoines de Sainte-Geneviève, et devint professeur d'humanités dans leur collège de Nanlerre, près de Paris. Il s'attacha ensuite au duc de Nevers, qui le nomma à l'évêché de Bethléem ; mais le roi, sollicité par des personnes pieuses, choquées de ses poésies, et surtout de sa Satire contre les directeurs, s'opposa à Tenregistrement de ses bulles, et l'empêcha de jouir de sa nouvelle dignité. Sanlecque se retira dans son prieuré de Garnai, près de Dreux, et y mourut en 171V, à 66 ans. La meilleure édition de ce qu'on a pu recueillir de ses Poésies est celle de Lyon, sous le nom supposé de Harlem, en 1726, in-12. Elle contient deux épîtres au roi , cinq satires , trois autres épîtres , un poëme sur les mauvais gestes des prédicateurs ; plusieurs é|)igrammes, des placets et des madrigaux ; et un poërae latin sur la mort du P. Lallemant, chanoine régulier de Sainte-Geneviève. Les vers du P. Sanlecque offrent quelques saillies, mais ils sont négligés; il y a peu d'imaginalion, et le style nuit souvent aux pensées. On trouve la |ilupart de ses poésies à la lin des OEuvres de Boileau, Paris, 1705, in-8°.

SANNAZAR (Jacques), célèbre poète latin el ilalien, né à Najiles en 1458, lirait son origine d'une famille espagnole établie à Sainl-Nazaire, dans 1 ■ territoire de Lamosso, entre le Pô et le Tésin. Les grâces de son caractère [.'lurent à Frédéric, roi de Naples, qui lui donna plusieurs marques de son estune. Ce prince , désespérant de remonter sur le trône, passa en France, où Sannazar l'accompagna et demeura avec lui jusqu'à sa mort arrivée en 150'i-. De retour en Italie, il partagea son temps entre la volupté et la poésie. Son caractère le portait tellement h la galanterie, que, même dans sa vieillesse, il se produisait sous les habits, et avec les airs et le ton d'un jeune courtisan. 11 conçut tant de chagrin de ce que Philibert de Nassau, prince d'Orange, général de l'armée de l'empereur, avait ruiné sa maison de campagne, qu'il en contracta une maladie dont il mourut en 1530, à 72 ans. Il fut enterré dans la chapelle d'une de ses campagnes ; il avait fait placer son tombeau derrière l'autel, quoique orné des statues d'Apollon et de Minerve. Pour remédier à cette profanation, on mit au- lessus de la statue d'A|)ollon le nom de David, et au-dessus de celle de Minerve, celui de Judith. On a de lui des Poésies latines et italiennes. Les latines ont été imprimées par les Aides, à Venise, en 1535, in-8". On trouve dans ce recueil : trois livres lïElégies, une Lamentation sur la mort de Jésus-Christ ; des Eglogues, Amsterdam , 1728, in-8°; un poëme. De partu Yirginis, traduit par CoUetet, 1634, in-12, sous ce titre : Couches sacrées de la sainte Vierge, etc. C'est sur ce dernier ouvrage qu'est fondée sa réputation d'excellent poëte latin ; mais

on le blâme d'avoir profané la sainteté de son sujet par le mélange monstrueux des extravagances du paganisme avec les mystères augustes de notre religion. Tout y est rempli de dryades et de néréides. 11 met entre les mains de la sainte 'Vierge, non les Psaumes , mais les vers des Sibylles. Ce n'est pas David ni Isaïe, c'est le Protée de la fable qui prédit le mystère de l'incarnation. Le nom de Jésus-Christ ne s'y trouve pas une seule fois, et la Vierge Marie y est appelée Vespoir des dieux. Voilà le défaut capital de ce poëme, qui est admirable d'ailleurs par l'élégance et la pureté du style, par l'harmonie des vers, par une multitude d'images brillantes et de belles pensées ; et c'est sous ce rapport qu'il lui mérita les élogesdes savants, et même des brefs honorables de la part de Léon X et de Clément VIL Parmi ses pièces italiennes, la plus célèbre est son Arcadie, traduite en français par Pecquet, 1737, in-12. Les vers et la prose de cet ouvrage charment par la délicatesse et par la naiveté dSs images et des expressions. Il fut imprimé à Naples, in-4°, en 1502, et réimprimé avec ses autres poésies italiennes, à Padoue en 1723, et à Naples, in-'i.% 1720, in-12. Le Duchat dit que Sannazar était Ethiopien de naissance ; mais c'est une idée romanesque comme la plupart de celles de cet «'crivain. Elle est suflisamment réfutée par la couleur de Sannazar, qu'on n'a jamais dit être celle d'un nègre. Sa Vie a été écrite par Crispo, Volpi,etc., et l'on trouve de trèsamples détails bibliographiques sm- ses ouvrages dans le Manuel du libraire, de Bruuet. SANREY (Ange-Bénigne), né à Langres, de parents pauvres, garda les moutons d'un boucher jusqu'à l'âge de 14 ans. Après avoir surmonté tous les obstacles que la fortune opposait à ses études , i. fut fait [)rêtre à Lyon. Il prêcha dans cette ville en présence di: la reine Anne d'Autriche, qui lui donna un brevet de prédicateur ordinaire de S. M. Ayant été nommé à une des chapellenies de Saint -Martin de Langres , il quitta Beaune, où il était théologal, et retourna dans sa patrie. Il y mourut en- 1659, à 70 ans. Il était habile, non-seulement dans les belles-lettres grecques et latines, mais aussi dans l'histoire et la théologie. Il avait lu tous les saints Pères et fait une étude particulière de saint Augustin, qu'il savait presque par cœur. On a de lui plusieurs ouvrages, entre autres un traité curieux et rare, intitulé : Paracletus, seu de recta illius pronuntiatione , 1643 , in-12. Ce traité, fait pour prouver que la véritable prononciation de ce mot est Paracletus, fut attaqué en 1669 par M. Thiers, qui voulait que ce fût Paraclitus. Il paraît néanmoins que Sanrey a raison, et les grammairiens exacts prononcent suivant son sentiment. Voy. à ce sujet Fragments d'histoire, in-12, pag. 49, etc. « Cet ouvrage est curieux, dit M. Brunet, quoique son titre semble n'annoncer qu'une dissertation d'un intérêt bien faible. »

SAN-SEVERINO (le chevalier Jules-Robert), né l'an 1758, à Naples, de l'une de^

SAN

SAN

I lus anciennes familles de ce royauine , rnoit dans sa pairie vei-5 1820, fut placiS dés l'Age de si\ ans, dans l'abbciye des bénédictins du Mont-Cassin , et, mi bout de Quelques ar.m'os , il fut d>b noralre des onze élèves délite que la con^^régation du Mont-Cassin envoyatt au collège Ai selmien de Rome pour y peifectionner leurs études. 11 y étudia la lliéolo^ie sous le célèbre Chiaramonti, qui depuis fut pape 50us le nom de Pie VII ; il fut ensuite envoyé à Plaisance pour y professer la |iliilosophie et la géonn'tne ; puis à Gènes, où i'I occupa la chaire ('es lettres sacrées, ce qui lui fit concevoir la pensé(î de l'Histoire ccvlhiustitpip, qui a fait donner à l'auteur le surnom do Tacite italien pnr un gra'ni n^ndîro db lecteurs de la Péninsule. I.e roi Ferdinand IV, i- qui Sau-Severino la dédia, le fit recevoir à l'académie royale des sciences, de Naplcs, avant l'Age de irente ans, ce qui était une faveur très- rare. Nommé chevalier de Ma'te, Ssn-Severino se rendit d-ns cette île, et fut c' oisi pour historiographe de l'ordre. Bien que legiand maître Rohan lui eût fait l'accueil Je plus honorable, San-Severino partit bientôt I our Gêi es, d'où les premiers symptômes de la révolution le contraignirent de passer h Flor»nce. La jeune reine d'î-ltriuie lui acforua un brevet de naturalisation. Pau- Severino él.mt revenu h Naples. y commenc^a une tir.duction italienne de'Ta.iie, qui tut imprimée ,'i l'imprimerie royale de Napks, en 18 vol. in-8°, avec le texte latin en regard. Oti a encore de lui une grammaire ital enne et quelrpies poésies puldiées dai s divers recueils.— Un autreSAN-SEVF.RiNo, qui fut professeur de langue et de littérature italienne h Gœttingue, h Brnnswirk, à Berlin, a publié une traduction de l'Art de la guerre, de Frédéric U , une Histoire de B^anca Cacello ; les Vies des hommes et fdnmrs e(ilèbres d'Italie, 1767, 2 vol. in-13; etc. SANSON (Jacoves), né h Abbeville en 150G, se lit carme déchaussé en ItilS. sous le nom ù'l(piaee-Jo.trph de Je'siis-Maria. Son tfllent pour la direction lui fit c'onner l'emploi de confesseur de madame rovale en Savoie, Il mourut h Charenton le Ifiaoùt IGCo. Ses principaux ouvroges sont : La Vie de saint J\J(nir des Fossi<s, avec les antiqrités de celle abbaye, Paris, iCM, in-8°; Histoire ecclésiastique de fa ville d'AhheviUe, et de l.'archidiaconé de Ponthiou, ibid., W^Q, in k"; Vie de la ?»«•(• Gabrielle de Jésus-Maria, fondatrice des religieuses de l'ordre de Saint- François de Paule. ihid., lC'f6. in-8°; Récit des vertus d'Antoine Leclerc de Lu Fori't, avocat au parlement de P'iris, ibid., 1GV7, in-S". Le P. Sanson avait été son directeur; Le Martyre du P. Denis lie la Nativité (nommé dans le monde Berthelot), mort pour la f;>i dans les Indes, ibid., lOVS, in-8°; l'Histoire généaloqique des comtes de Povthieu et des irayeurs d'AhheviUe, ibid., I(i57, in-folio. Plus une Histoire ecclésiaftique du diocèse d'Amiens; 1rs Vies des s-'iints de ce diocèse; la fhroniqnc des carmes déchaussés de France, et quelques autres ouvrages, en manuscrit.

SANTAREL, Sanctarelhis (Antoine), .jésuite italien, né à Adria en 1369. e./seigna les belles-lettres et la théologie à Rome, où il mourut en 16i9. Ce fut dans cette ville qu'il publia, en lC25,in-i", un traité De hœresi, schismate, apostasia. sollicitntione irt sacramentopœnitentiœ ; it de potestate summi pcntificis in his delictis punicndis. Saitarel, selon la jurisprudence alors C(mmunément reçue en Italie et ailleurs, v donne au pape un pouvoir qui s'étend iusque sur le trône des souverains. La Sorbonne censura son ouvrage en 1C26, et le parlement de Paris le coud; mna, le 13 mrrs de la même année, à être lacéré et brillé. I es j''suifes de France donnèrent une déclaration formellement opposée au sentiment de Sanfarel. Le fameux docteur Edmond Richer ,'qui était cep ndant alors occupé \\ dénaturer rt à démocia'iser toutes les puissances) rn'blia, en \GW,m-k\ la Relation et lï- Recueil des pièces nue cette affaire produisit. « Si nuclques théolodens. « dit un auteur équitable, ont soum s h quel- « ques égards les rois au pape, les philoso- « ] .les les soumettent aux cappces et nux « fureurs d'un peuple mutiné. C'est ce que •< je lis dans tes écrits et ce oue je vois dans « les scènes horribles ourdies et dirigées « par eux. Il paraît ajirès cel? que le zèle « qu'ont montré les philosophes comre la « doctrine de ces théo'ogicns avait un tout « autre (ibjet que la dignité et l'indépen- « dance des trônes. » Vcy. Jouvency.

SANTEUL (Jean de), généralement appelé Jean-Baptiste Santenil, né ^ Paris le 12 mai 1630, lit ses é'udesd'abordaucollégedeSainfe- Rarbe, et ensuite h celui de Louis-le-Grrnd. Quand il fut en rhétorique, l'illustre P. Cossart, son régent, étonné de ses heureuses dispositions four la poésie latin", prédit qu'il deviendrait un des plu': grands poètes de son siècle : il jugeait surtout de ses talents par une pièce qu'il fit dès lors sur la Bulle de savon. Son amour pour l'étude le fit entrer, àlAge de 20 ans, chez les chanoines réguliers de l'abbave de Saint-Victor. Son nom fut bientôt parmi les plus illustres du Parnasse latin. Il chanta la sïlo-re de plusieurs grands hommes, et il enrichit la v lie de Pans de quantité d'inscriptiors , toutes agréables et heureuses. Bos>uet l'ayant sollicité plusieurs fois d'abjurer les muses prolanes, il consacra son talent à chanter les mystères et les saints du christianisme. Y] fit d'abord plusieurs Hymnes pour le bréviaire de Paris. Les clunistes lui en demandèrent aussi pour le leur, et cet ordre en fut si content, qu'il lui donna des lettres de filiation, et le gratifia d'une pension. Quoique Santcul eût consacré ses talents à des sujets sacrés, il ne pouvait s'empêcher de versifier de temps en temps sur des sujets profanes. La Quintinie avant donné son'' livre intitulé Instructions pour les Jardins, Santeul l'orna d'un noi'ine dans lequel les divinités du paganisme jouaient le principal rôle. Bossuet, h qui il avait promis de n'employer jamais les noms des dieux de la fable, le traita de parjure. Santeul, sensible à

SAN

SAN

ce reproche, s'excusa par une pièce de vers, à la tête de laquelle il fit mettre une vignette en taille-douce. On l'y voyait à genoux, la corde au cou et un flambeau à la main, sur les marches de l'église de Meaux, y faisant une espèce d'amende honorable. Ce poëme satisfit le grand Bossuef ; mais le poète eut, dans une autre occasion, me querelle qui fut plus difiicile à éteindre. Le docteur x\rnauid étant mort en 169.'i-, plusieurs poètes s'empressèrent de faire son épitaphe , et Santeul ne fut pas le dernier. Les gens qui n'étaient pas du parti, et surtout les jésuite^;, en parurent mécontents. Pour se réconcilier avec eux, il adressa une lettre au P. Jouvency, dans laquelle il donnait de grands éloges à la société, sans rétracter ceux qu'il avait donnés à Aruauld. Cela ne satisfit point ; il lui fallut donner une nouvelle pièce, qui parut renfermer encore quelque ambiguïté. L'incertitude et la légèreté du poète firent naître plusieurs pièces contre lui. Le P. Comraire donna son Linguarinm : un janséniste, dans son Santolius pœnitens, ne l'épargna pas davantage. Malgié ces petites humiliations, Santeul jouit de la gloire dont les muses latines étaient environnées, dans un temps où les bonnes études et les langues savantes étaient en lionneur, môme parmi les grands. Les deux jirinces de Condé, père et fils, étaient au nombre de ses admirateurs ; presque tous les grands du royaume l'honoraient de leur estime, et Louis XIV lui donna des marques sensibles de la sienne, en lui accordant une pension. Le duc de Bourbon, gouverneur de Bourgogne , le menait ordinairement aux états de cette province. Santeul y trouva la mort le 3 août 1G97, à 67 ans. « Un soir, dit « le duc de Saint-Simon, à l'un de ces sou- « pers, on se divertit à pousser Santeul de « vin de Champagne ; et de gaieté en gaieté, « on trouva plaisant de verser une tabatière « pleine de tabac d'Espagne dans un grand « verre de vin, et de le faire boire à Saute teul, pour voir ce qui en arriverait. On ne « fut pas longtemps à en être éclairci. Les « vomissements et la fièvre le prirent : en i( deux l'ois vingt-quatre heures, le niallieu- « reux mourut dans des douleurs horribles; i( mais les sentiments d'une grande péni- « tence,avec lesquels il reçut les sacrements, « édifièrent autant qu'il fut regretté d'une « compagnie peu susceptible d'édification, « mais qui détesta une aussi cruelle expé- « rience. » Son cor|is fut transporté de Dijon à Paris dans rabi)ayede Saint-Victor, oii on voyait son tombeau dans le cloître, avec cette épitaphe composée par UoUin :

Quem superi pratconem, habuit quem sancta poe-

[lam

Relligio, latet hoc marmore Sanloliiis. lUi etiam tieroas foniesque cl flumina et liorlos

I>ixeral : at ciiieres quid juvat isle lalior ? Faiiia hoiniiiuni meices lit versilius xi\\yi profanis ;

Mercedeiii poscuni carmiiia sacia Deum.

Lorsqu'en 1800, l'on démolit l'abbaye Saint- Victor, les restes de Santeul, renfenués dans lai cercueil de plomb, furent portés aux Je-

suites de la rue Saint -Antoine, et déposés dans un bûcher oiî on les avait laissés. Ils furent transportés, le 16 février 1818, dans l'église de Saint-Nicolas-du-Chardonnet, où on ht cette épitaphe : Hic jacet J.-R. Santeul, qui sacros hymnos piis œquc ac politis versibus ad usum Ecdesiœ concinnnvit. Ou a tant dit de mal et de bien de Santeul, qu'il est difiicile de le peindre au naturel ; la Bruyère en a fait ce portrait : « Voulez-vous quel- « que autre prodige? Concevez un homme « facile, doux, complaisant, traiiable; et tout « d'un coup violent, colère, fougueux, ca- « pricieux. Imaginez-vous un homme sim- « pie, ingénu, crédule, badin, volage, un en- « faut en cheveux gris; mais permettez-lui « de se recueillir, ou jjlutôt de se livrer k « un génie qui agit en lui, j'ose dire, sans « qu'il y prenne part, et comme ?i son Insu ; «quelle verve! quelle élévation! quelles « images ! quelle latinité ! Parlez-vous d'une « même personne ? me direz-vous. Oui, du « même, de Théodas, et de lui seul. 11 crie, « il s'agite, il se roule à terre, il se relève, « il tonne, il éclate; et du milieu de cette '< tenij Ole, il sort une lumière qui brille et « qui réjouit. Disons-le sans figure, il parle « comme un fou et pense comme un homme « sage. Il dit ridiculement des choses vraies, « et follement des choses sensées et raison- « nables. On est surpris de voir éclore le « bon sens du sein de la bouffonnerie, parte mi les grimaces et les contorsions. Qu'art jouterai-je davantage ? Il dit et il fait mieux « qu'il ne sait. Ce sont en lui comme 'leux « Ames qui ne se connaissent point, qui ne « dépendent point l'une de l'autre, qui ont « chacune leur tour, ou leurs fonctions tou- « tes séparées. Il manquerait un trait à celle « peinture si surprenante, si j'oubliais de « dire qu'il est tout à la fois avide et insa- « tiable de louanges, prêt à se jeter aux ■( yeux de ses critiques, et dans le fond as- « sez docile pour profiter de leurs censures. « Je commence à me persuader moi-même « que j'ai fait le portrait de deux personna- « ges tout différents ; il ne serait pas même « impossdjje d'en trouver un troisième dans « Théodas, car il est bon-homme, " Le duc de Saint-Simon le peint d'une manière plus simple, mais également juste : « Plein de « feu, d'esprit, de ca|)ricesles plus plaisants, « qui le reniaient de la plus excellente com- « pagnie, bon convive, surtout aimant le vin « et la bonne chère, mais sans débauche ; « et qui, avec un esprit et des talents aussi « peu propres au cloître, était pourtant dans « le fond aussi bon religieux, qu'avec un tel et esprit il pouvait l'être. » Santeul ne lecevait pas toujours les avis avec docilité, et y répondait quelquefois avec emportement.

Bossuet, lui ayant fait quelques reproches, finit en lui disant : « Votre vie est jieu édiv< fiante ; et si j'étais votre supérieur, je vous « enverrais dans un petit couvent dire votre « bréviaire. — Et moi, reprit Santeul, si j'é- « tais roi de Fr mce, je vous ferais sortir de « votre Gerinigny, et vous enverrais dans « l'île de Patmos faire une nouvelle Apo-

SAN

SAN

« calypse. » Santeul n'attendait pas qu'on louAt ses vers, il en était toujours le premier admirateur. Il répétait souvent dans son enthousiasme:» Je ne suis qu'un atome, i< je ne suis rien; mais si je savais avoir f.iit « un mauvais vers, j'irais tout à l'heure me K pendre h la Grève. » Qunlques-uns de ses rivaux ont prétendu que l'invention de ses poésies n'était point riche; que l'ordre y manquait, que le fond en était sec, le style quel([iiefois rampant ; qu'il y avait beaucoup d'antithèses puériles, de gallici>-me<, et surtout une entlure insupportable. Mais, quoi qu'en aient dit ces censeurs, Santeul est vraiment poète suivant toute la signification de ce mot. Ses vers se fout admirer par la noblesse et l'élévation des sentiments, par la hardii'SS'^ et la beauté de l'imagination , par la vivacité des pensées, par l'énergie et la force de l'expression. Dans son enthousiasme, il saisissait d'une manière heureuse et sublime les vérités delà religion. Un jour entrant dans une ancienne église d'une belle architecture gothique, et y voyant partout ûes objets condamnés par les sectaires moderni>s, il emijrassa un pilier en s'écriant : Cela est trop viexix pour être faux. Un page étant venu, dans ses derniers moments, s'informer de son état, de la part de son Altesse monseigneur le duc de Bourbon, Santeul, levant les yeux au ciel, SUcria : Tu solus Al- TissiMus. Il a fait des poésies profanes et sacrées. Ses poésies profanes renferment des inscriptions, des cpigrammes, et d'autres jiièces d'une plus grande étendue. Ses poésies sacrées consistent dans un grand nombre d'hymnes, dont queL[ues-unes sont des chefs-d'œuvre de poésie. Plusieurs de ces pièces ont été mises en vers français. Ces traductions ont été recueillies dans l'édition de ses OEurres, en 3 vol. in-l"2, Paris, 1729. Ses Hymnes forment un 4° vol. in- 12, qui &e vend à part. L'abbé Dinouart a publié, sous le nom de Santoliana, ses aventures et ses bons mots. La Monnoye a fait aussi un recueil du même genre. Les religieux de Saint-Victor se sont récriés contre cet ouvrage, qui met sur le compte de Santeul plusieurs anecdotes scandaleuses et ridicules, auxquelles i! n'a pas eu la moindre i)art. Il refusa de se faire ordonner prêtre, et demeura toute sa vie sous-diacre. — Son frère, Claude Santeul, né à Paris en 1G28, et mort en KiSV, demeura longtemps au séminaire de Saint - Magloire en qualité d'ecclésiastique séculier, ce qui lui fit donner le nom de Santoli}is Manlorianus. Il a fait aussi des Hymnes (|uo 1 on conserve en manuscrit dans sa familli>, en 2 vol. in-4°, et une pièce de vers imt)rimée avec les ouvrages de son frère. — lJ:i autre Claude Saisteul, parent des précédents, marchand et échevin à Paris, mort vers 1729, composa aussi des Hymnes, imprimées à Paris, 1723, in-8°.

SANTINELLI: Stanislas), illustre religieux de la congrégation des Somasques, né à Venise le 12 mai 1672, se distingua par son savoir et sa rare érudition, et mourut à Venise le 8 novembre 174.8, laissant un grand nom-

bre d'ouvrages et d'opuscules, dont plusieiu-s se trouvent insérés dans le grand Giornàle d'italia et dans le supplément de ce journal, et d'autres dans le Raccolta du P. Calogera. Ce qui a été imprimé à part consiste jirincipalement : dans deux volumes de Sermons, publiés en 1739 ; une savante Dissertatio de veterum Romanorum nobilitate, Venise, 1717 ; dans un recueil de Dissertations, de Discours ou Harangues, d'Epîtres et de Pièces de poésie, Venise, 1734. Le P. Jacques-Marie Paitoui, neveu du P. Santinelli, a écrit la Vie de son oncle, sous ce titre : Memorie sloriche per la vita del P. D. Stanislao Santinelli, chierico regolare Somasco, Venise, 1749. On le trouve cité avec éloge dans les Novelle di Venizia. 1748, p. 324, et dans la Sloria letleraria d'italia, tome I", pag. 310.

SANUTO(Marix), dit Torsello ou V Ancien, était de Venise et florissait au commencement du xiv° siècle. Après plusieurs voyages dans la Palestine et en Orient, il présenta au pape Jean XXII, en 1321, quatre Cartes géographiques; l'une de la Méditerranée, la seconde de la terre et de la mer, la troisième de la Terre-Sainte, et la quatrième de l'Egypte. Il présenta en môme temps un ouvrage intitulé: Liber secretorum fidelium crucis super Terrœ sanctœ recuperatione et conservatione, publié parBongars en 1611, Hanau, in-folio : il est compris au?si dans le II' vol. des Gesta Dei per Francos. Sanuto y expose les motifs et la manière de conquérir la 'Terre-Sainte, et fait une description de ce pays. Il était zélé pour le recouvrement de ces provinces si chères aux chrétiens. On a encore les Lettres qu'il écrivit, à ce sujet, à plusieurs monarques ; elles sont pleines d'un zèle vif pour la réunion des Grecs avec l'Eglise de Rome, et intéressantes pour l'histoire de ce temps. Voy. Fleury, Hist. ecclés., livres scii et xciii.

SANVITALI fFRÉDÉRic), savant mathématicien, né le 19 mai 1704, à Parme, étudia chez les jésuites, chez lesquels il entra. 11 a écrit ou improvisé des discours très-éloquents sur les points les plus difiiciles des sciences sacrées et profanes, et s est distingué, siu'tout par son savoir, dans toutes les branches relatives à la philosophie et aux mathématiques. Il était en outre un des meilleurs poètes de son temps, écrivait avec facilité en prose ou en vers, en italien comme en latin, et passait pour un excellent helléniste. Après avoir occupé la chaire de mathématiques au collège de Sainte-Marie, à Brescia, il fut nommé l)ibliothécaire de Finstilut de la compagnie, dont il remplit ensuite les premières dignités. Parmi ses nombreux ouvrages on cile les suivants : Arithmeticœ elementa, adolescentium matheseos studium ingredientium commodo, explirata et demonstrata, Brescia, 1750, in-8"; Compendiaria arithmetictp et geometriœ elementa, ib , 1750, iu-8°; Angeli Mariœ Quirini S. R. E. cardinalis,bibliothecarii, clc.,Epiitolœ très ad nobilem viru)i( Andream Quirinum, scnatorem vcnclum, ex italico sermone in latinum conversa;, Brescia, 1753. Ces lettres ont pourob-

SAR

SAR

jet le savant ouvrage du procurateur Marco Foscnrini sur la littérature rfniticvne. Oraison funèhre de S. Ein. le cardinal Anç/elo Maria Quirini, Brescia, 1755; Disscrtazione sopra il modo d'insegnarc ai mnti il parlare; Elementi d'architettura civile, Brescia, 1765, in-?!-". Le P. Sanvitali mourut h Brescia en 1761. Son père. Louis Sanvitali ayant perdu son épousBen 1697, prit l'habit dé jésuite en 1739, et mourut on 1753. — Sanvitali (Jacques), outre j(''suile, né à Parme en 1688, est auteur de Vies des saints et de divers ouvrages de théologie et de spiritualité. Il mourut en 1763.

SANZ (N....), dominicain espagnol, se consacra aux missions , arriva à la Chine en 1715, y préclia l'Evangile pendant 19 ans, fut fait évoque de Mauricastre, puis élu vicaire apostolique pour la province de Fokien. L'empereur ayant banni les missionnaires en 1732, le P. Sanz se retira ;i Macao; il sortit de sa retraite en 1738, et travailla de nouveau avec beaucoup de zèle à la vigne du Seigneur. 11 fut arrêté par ordre du vice-roi avec quatre autres dominicains, et, après avoir été maltraités d'une manière inouïe par une nation dont les ignorants ne cessent de vanter la civilisation et l'humanité, ils furent condamnés ii perdre la tête. L'évéqu»^ fut exécuté le 26 mal' 17+7. Benoît XIV a fait un discours touchant sur sa mort précieuse, dans un consistoire tenu le 16 septembre 1748. '■

SANZAY (le comte Clai de-François d'A-viau Dubois de) , archevêque de Bordeaux. Voy. AvTAU. ■ <

SAPHIRA. Voy. Aî(amas.

SAPRICE. Voy. Nicéphoue.

SARA, était nièce d'Abraham et petitefille de Tliaré. Elle naquit vers l'an 2000 avant J.-C. Son oncle l'épousa à l'Age de 20 ans. Sa beauté extraordinaire l'exposa à être déshonorée par deux rois puissants, l'un d'E.'ypte, l'autre de Gérnre; mais Dieu la protégea, et ne permit pas que ses deux ravisseurs lui fissent le moindre outrage. Le Sei;5iieur ayant envoyé trois anges, sous la forme a'honiiocs, à Abi'aham, pour lui renouveler ses [iromesses, ils lui tlirenl que Sara aurait un fils: cette promesse s'accomplit ; quoiqu'elle fût Agée de 90 ans, elle mit au monde Lsaac. Sa mort arriva quelques années après la fameuse épreuve que Dieu fit de la foi d'Abraliam, en lui commandant d'immoler son fils unique. Elle était Agée de 127 ans. Abraham l'enterra dans un champ qu'il avait acheté d'Ephron l'Auiorrhéen, à Arbée, où depuis fut bAtie la ville d'Héhnin. Il y avait dans ce champ une caverne dont il lit un sépulcre pour lui et sa famille. Quelques auteurs ont avancé que Sara était demi-sœur d'Abraham, se fondant sur ce qu'Abraham dit aux Egyptiens que c'était si sœur; mais en hébreu le même terme désigne une sœur et une proche parente, une nièce ou une cousine ; les Hébreux n'avaient jias des termes propres pour désigner les divers degrés de parenté. Dans le temps où. vivait Abraham,

dii pareils mariages étaient déjà censés incestueux ; ils ne pouvaient plus ôtro excusés parla nécessité, parce que le genre humain était déjà sullisamment multiplié. D'ailleurs, la conduite d'Abraham, qui, pour cacher son mariage avec Sara, l'appelle sa sœur, semble prouver que les peuples au milieu desquels il vivait ne croyaient pas qu'un frère pût épouser sa sreur. Abraham a sans doute pu dire : Filia patris mei, sed non filia matris meœ: Sara était effectivement fille de son père, puisqu'elle en était petite-fille. 11 y a sur cette question une dissertation dans les Mémoires de Trévoux, juin 1710, page 1053. D'Herbelot a recueilli, dans sa Bibliothèque orientale, les traditions des musulmans sur Sara.

SARA, fille de Raguel et d'Anne, de la tribu de Nephtali, avait été mariée successivement à sept maris, que le démon avait tués l'un après l'autre, lorsqu'ils allaient se livrer à l'action conjugale dans le transport de la luxure, perdant de vue l'auteur de toute génération, et le but qui rend le mariage respectable. Elle épousa Tobie, auquel l'ange qui le préserva donna des avis bien dignes d'être médités par ceux qui s'engagent dans cet état : Hi qui conjugium ita suscipiunt, ut Deum a se et a sua mente exchtdant, et suatlibidini ita vacent sicut equus et mulus quibus non est intellcctus, habet potrstatem dœmonhim super eos. Ce mariage fut heureux et suivi d'une nombreuse postérité. Voy. Tobie.

SARASA (Alphonse-Antoine de), né à Nieuport, en Flandre, d'une famiUe espagnole, en 1618, jésuite en 1633, mort à Anvers en 1C67, laissa deux ouvrages pleins de bonne philosoiihie et de sentiment, intitulés: Ars semper ç/audendi, demonstrala ex sola consideratione divinœ Providcntiœ, et per adventualcs conciones expositu, Anvers, 1664- 1667, in-^" ; De lœtitiœ perfcctœ artificio in conscicntia recta inventa , xVnvers, 1667 , in-V".

SARAZIN (Pierre), prêtre, docteur en théo- Josîie, chanoine et théologal de Chartres, mort le 17 décembre 1692, Agé de 86 ans, se fit quelque ré|)ulation dans la chaire sacrée. On a de lui des Sermons ponr un Avent, Paris, 1678, 2 vol. in-8°. L'auteur y représente Jésus-Christ dans ses grandeurs et dans sa sainteté, comme la source et le modèle des grandeurs et de la sainteté des chrétiens, et l'oi)position de l'esprit du monde à l'esprit de Jésus-Christ.

SARAVIA (Adrien), né à Hesdin en Artois, vers 1530, fut prédicant à Anvers, où il travailla un des premiers à la confession do foi des nouvelles Eglises belgiques, à laquelle il ne croyait cependant pas trop, comme on le voit par une lettre qu'il écrivit à Jean Uyttenbogaert. Il eut ensuite une chaire de théologie à Leyde, qu'il ne conserva que pendant quatre ans, parce cjue la conjuration pour livrer celte ville à Robert de Leicestre. daus laquelle il avait trempé, ayant été découverte, il n'eut que le temps de se sauver en Angleterre, où il ne tarda pas d'épouser

Page 1