‹ Dictionnaire de biographie chrétienneChapitre 183 sur 341 · SAV · texte numérisé non relu

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pag. 238. Sa traduction de VAlcoran est faite sur celle de Sale, et aussi infidèle que la sienne. 11 y a à la tête une Vie de Mahomet, où cet imposteur n'est pas faiblement llatté. On y fait un grand éloge de son courage et de sa prétendue politique , et on glisse sur ses fourberies et ses superstitions, sur son fanatisme féroce et sanguinaire. Cette traduction a été réimprimée en 1826, 2 vol. in-18. Quant aux Lettres sur la Grèce qui ont paru vers le temps de sa mort, à Paris, 1788, 1 vol. in-8% et réimprimées en 1798 , nous n'y avons vu qu'une chose de remarquable : c'est que M. Savary y prêche avec beaucoup de courage la croisade contre les Turcs, non pas pour rétablir le christiaaiisme dans les vastes contiées qu'ils ont usurpées, moins encore pour reconquérir les lieux saints, ohl non, la philosophie n'approuve pas les conquêtes faites par de tels motifs ; mais précisément pour remédier à la peste, au despotisme, au mépris des aris. « A la vue de ces tristes spectacles, « dit-il, mon cœur s'indigne et gémit, ma « bile s'allume ; et je voudrais conjurer toute « l'Europe contre ces Turcs qui, descendus « des monis de l'Arménie, ont écrasé les « nations sur leur passage, et se sont frayé, « k travers des tlots de sang, une route jus- « qu'au trône de Constantinople. Les beaux « pays qu'ils habitent n'ont point adouci la « lérocité de leur caractère; la force est leur « loi, le sabre leur justice. » Malheureusement, un ou deux ans après la publication de ces Lettres, les Fnmçais à qui tout cola s'adressait parliculièrement, sont ilevenus, à l'égard des sciences et des arts, tout autrement Turcs que ceux qui ont chagriné M. Savary. On a publié après sa mort , arrivée à Paris le k février 1788, un ouvrage qu'il avait laissé presque achevé. C'est un conte, dit-on, traduit de l'arabe, oii il n'y a rien de solide à recueillir. Savary a encore laissé une Grammaire arabe, qui ne peut ètro comparée à celle qu'a donnée depuis M. de Sacy. Il s'était aussi occupé d'un Dictionnaire arabe ()ui n'a jamais vu le jour.

SAVIGNAC (Louis), prêtre et docteur en théologie de la faculté de Paris, vivait dans le xvii' siècle. On a de lui les Panéijyritiues des saints, qu'il avait iirononcés dans dilférentes églises de la capitale, Paris et Amiens, 1687, 2 vol. in-8". Le premier volume en contient 23, pour les fêtes des saints que l'Eglise célèbre depuis la Toussaint juscju'au mois de mai, et le second en renferun' autant pour les autres mois de l'année. Cet orateur ne s'élève pas au-dessus de la médiocrité.

SA VILE (Henri), théologien anglais, né à Bradley , dans la province d'York, le 30 novembre 1549, chevalier peu avantagé de la fortune, prévôt du collège d'Eaton [très de Windsor, mort le 19 février 1622, à Oxford, fut un des principaux ornements de l'université de cette dernière ville. On doit fi ses travaux des Commentaires sur Euclitio et sur Tacite, et une Edition en grec des OEuvres de saint Jean Chrysoslome, Eaton,

1612, 9 vo.. in-fol. Cette édition est belle et ex.icte. On a avancé que Fronton du Duc, qui publia dans le même temps que lui ce Père de l'Eglise, donna son édition sur les feuilles qu'on lui fournissait furtivement d'Angleterre ; mais il serait pour le moins aussi raisonnable de prétendre que Savile donna son édition sur les feuilles qu'on lui fournissait furtivement de France. On a encore de lui : Rcrum anglirarum scriptores post Bedam, Londres, 1396, in-fol.; ouvrage savant et plein de recherches. C'est lui qui publia, en 1618, le Traité de Bradwardin contre les pélagiens. Voy. Brad-

WARDIX.

SAVINES (Charles La Font de). Voy.

Font de Savines.

SAVONAROLA (Jérôme), petit-fils de Jean- Michel Savonarola, célèbre médecin italien, naquit à Ferrare, en 1452, d'une famille noble, prit l'habit de Saint-Domiuique, et se distingua dans cet ordre par le talent de la chaire. Florence fut le théâtre de ses succès: il prêchait, il confessait, il écrivait ; et dans une ville libre, pleine nécessairement de factions , il n'eut pas de peine à se mettre à la tôte d'un parti. 11 embrassa celui qui était pour la France contre les Médicis. 11 prédit que l'Eglise serait renouvelée ; et en attendant cette réformation, il déclama beaucouj) contre le clergé et contre la cour de Rome. Alexandre VI l'excommunia, et lui interdit la prédication. Après avoir cessé de prêcher pendant quelque temps, il recommença avec plus d'éclat que jamais. Alors le jjape et les Médicis se servirent contre Savonarola des mêmes armes qu'il em[)loyait ; ils suscitèrent un franciscain contre le jacobin. Celui-ci ayant afliché des thèses qui tirent beau- (îoup de bruit, le cordelier s'olfrit de prouver qu'elles étaient hérétiques. Il fut secondé par ses confrères, et Savonarola par les siens. Les deux ordres se déchaînèrent l'un contre l'autre. Après des scènes peu raisonnables et peu éditiantes, le peu|ile soulevé contre Savonarola se jeta dans son monastère : on ferma les portes pour empêcher ces furieux d'y entrer; mais ils y mirent le feu, et se tirent un passage par la violence. Pour les satisfaire, le magistrat sévit obligé de ]ioursuivre Sanovarola comme un imposteur. 11 fut appliqué à la question, et son inleriogatoire, tel qu'il fut rendu public, parut prouver qu'il était à la fois fourbe cl fanatique. H est certain qu'il s'était vanté d'avoir eu de fréquents entretiens avec Dieu, et qu'il l'avait jtersuadé à ses confrères. Il prétendait aussi avoir soutenu de grands combats avec les démons. Jean-François Pic de La Mirandole, auteur de sa Vie. assure que les diables qui infestaient le couvent des dominicains, tremblaic^nt à la vue de frère Jérôme. Le pape Alexandre VI envoya le général des dominicains et l'évêque Romolino, qui le dégradèrent des ordies sacrés et le livrèrent aux juges séculiers, avec deux de ses plus zélés partisans. Ils furent condamnés à être pendus et brûlés : sentence qui fut exécutée le 23 mai 1498. A peine eut-il expiré, qu'on publia

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