‹ Dictionnaire de biographie chrétienneChapitre 246 sur 341 · TUE · texte numérisé non relu

TUE

TRE

ilcl breviario romano minittamaite spiryaii, ibid., 1769, 3 vol. in-8°; Nova et nurea inpsaitcrium calma, rx variis et sehrtis (tra'C07'um el Lutinoriim Palnnn, velcruiiu/ue scriptorum sentriitiis contcxta,h- vol.; Dklionariuiudoctrinalf concionatoiium, etc ; Nuova raccolta di varie e sceiti orazioni, ibid. , 175'i. - C'i., 6 vol. in-k°. Le P. Tnivasa mourut, près pio aveugle, à Venise, le lojanvier 1771. 1! dédia son Carême à la ville de Bassano, lieu de sa naissance; ses co-ioiloyens lireiit frapper une belle médaille en son hoinciir.

TRAVERS (Nicolas), prôtre du (iiocèse de Nantes, né dans celte ville en 1G8G, (lublia, en 1734 : Consullation sur la juridiction el sur l'approbation nécessaires pour confesser, elc, où il renverse la juridiction épisi opale, et soutient dts principes qui conduisent à ime véritiible anaicliie. Cet ouvrage ayant été tensuié par la Sorbonne, en 1735, et par plusieurs évoques, fauteur publia une Défense, en 173G, pleine des mômes erreurs; mais c'est surlout dans Les Pouvoirs légitimes du premier et second ordre dans l'adminislralion des sacrements, etc., 174-V, gros vol. in-4°, qu'il développe ses principes, et qu'il se livre h des emportements inci'oyables contre lis papes, les évèques et tout ce qu'il y a de plus respectable dans ri'.glise, les accable d'injures atroces, révoque en doute l'authenticité du concile de Trente (pag. 173), et ramasse ce qu'on a dit de plus calomnieux cont e cette grande assemblée. Tel est l'ouvrage que des [)seudocanonistes modernes n'ont pas rougi iie copier, et où ils ont pris les (rails c|u"ils ont lancés contre l'auloriié qui les accablait. Le cardinal Thiard de Bissy et M. Languet, évèi^nede Soissons, l'ont amplement réfuié : il lut co ^damné par l'assemblée du clergé de France, en 1740. Tiavers mourut le l5 octobre 1750.

THAVRHSAHl fCuAisLES-MAniE), religieux de l'ordre des Servîtes, natil' de Lugo dans le Ferrarais, professa la théologie à iMantoue, et fut un des adversaires de Hontheim, contre qui il publia: Ennodii Faventini, de romani ponlificii primutu, advcrsus Justinum Fcbru7iium,llicoh(jico-historico-crilica dissertatio , Faen/a, 1771, in-V'. Il prit part à plusieurs autres controverses ue son temps, et plu>ieurs des écriis qu'il publiait dans ces disputes fm-ent mis à Tindex, no'aiiimei tune Instruction sur le sacrifice de la messe, Pavie, 1780, en itali^ n. Il preieudaii, avec le P.Nannaroni, dominicain de Naples, cju'il faut communier les (idoles, non avec des hosties réservées, mais avec des hosties consacrées à la messe même. 11 lit imi)rimer u e Justification de sa doctrine, qui se trouve |).fi-mi les Opuscul.'S SU:' la rebgion, que l'évèque Ricci publ.aii à Pistoie, toni. Xll, 17hG. Lu 1798, on a réimprimé à Gênes l'Instruction de Travcrsari, avec un Discours |îréliminaire de l'éditeur et ues exercices de piété : un décret du -lH mars 18 9 a mis cette édition à l'index des Ivres prohibés.

TUAVFIUSARI (A.mbroise). Foi/. Ajibroise le Gamaltiide.

■j'IlEIBÈR (Jean-Philippe), professeur en

droit à l'université d'Erfurt , né le 26 février 1675, à Arnstadt, mort à Erfurt, le 9 août 1727, avait commencé par professer la jurisj rudenee avec distinciion h l'université dléna : mais la liberté avec laquelle il s'exjtrimait sur les matières religieuses lui attira des désagréments. Il jiublia une feuille {)ériodique en allemand, intitulée : Manière de confondre par la seule raison, la raison r/ui veut aller trop loin dans les clioses de la foi, léna, 170i, et il annon(^a qu'il proposeia;t, dans cha lue numéro di; celte feuille, une des grandes questions que l'im])iét(' oppose aux vérités fondamentales delà religion. Les ministres protestants prétendirent qu'après avoir prés nté des ditlicultés dans toute leur force, il n'y réjiondait que d'une manière faible, et cela avec préméditation. Le consistoire de Gotha obtint du duc que Treibcr fût emprisonné penda'U six mois. Il dut ensuite [)romettre par écrit qu'il ne publierait plus rien sans la jiermisîion du consistoire. Lepn mier usa.e qu'il lit de sa liberté fut de se rendre à Erfurt, où, c'élant fait instruire par le P. Prudence, jésuite, il embrassa le catholicisme en 170G. Il se borna d'ès lors àéciire sur le droit rcjmain comparé avec la jurisprudence d'Allemagne, et il a laissé plusieurs ouvrages utiles el savants sur ces matières.

TREMELLIUS (EMMA^UEL), né vers IblO, à Ferrare, de parents juils. se rendit habile dans la langue héljraïque; d'après les insinuations du cardinal Polus et de Marc-Antoine Flaminius, il embrassa en secret la relig on catholiq le, e( devint professeur d'hébieu à Heiuelberg, d'où il passa à Metz, puis à Sedan. 11 se (it connaître pai- une Version latine du Nouveau Testament syriaque, et par inie autre de l'Ancien Teslamcn , faite sur l'hébreu 11 avait associé à ce dernier travail F'rançois .lunius ou du Jon, qui, après la mort de Tremellius, arrivée en 1580, le jiublia in-fol., avec des changements qui ne tirent que le rendie plus mauvais. Le style de Tremellius est lourd, plat, aflecté, et" sa version sent le judaïsme.

TRENELIL (Joseph;, poète élégiaque, né à Cahors le 27 juin 1763, m^ rt le 5 mars 1818, à Paris, Agé de 55 ."ns, fut, sous l'eml'.ire, conservateur à la bibliothèque de l'Arsenal. U avait ( omnunicé |iar éludier le droit à Toulouse; mais tiois couronnes < btcnues aux Jeux Floraux déterminèrent sa vocation poétique. On a de Treneuil : les Tombeaux de l'Abbaye royale de Saint-Denis, poëme élégiaque, Paris, 1806, in-8"; sixième édition, 18l4 ; La princes<<e Amélie, ou l'Kéroisme de la piété fraternelle, élégie, 1808, in-8° ; la Fête nuptiale (pour le mariage de Napoléon et de l'archiduihesse Marie-Louise), 1810, in-4." ; réimprimée dans le recueil de VHymenet de la Naissance ; Ode sur la naissance du roi de Rome; VOrpluline du Temple, élégie, 1811; ]q Martyre de Louis XVl, et la Captivité de Pie VI ; ces Elégies ont eu deux éditions on 1815. Toutes ces pièces (excepté la Fête nuptiale et l'Ode sur la naissance du ro; de Rome) ont été recueillies et pu-

vm

TRE

TRE

bliées, Paris, 1817, in-8° ; deuxième édition, 1824, in-8', avec le portrait de l'auteur, ciuz Firmin Didot. Elles sont précédées d'un Discours s-ur la poésie élégiaque, depuis les temps anciens jusqu'aux tem[)s modernes. L'auteur cherche les premiers modèles de l'idégie dans les livres saints, et (îssaie de rélnblir le cantique sur la mort de Josias, dont il est parlé au second livre des Paralipomènes, et qui n'a pas été conservé. M. de Treneuil l'a l'ait, avec les propres p u'oles de l'Ecriture, tirées d'autres livres et relatives à d'antres ciiconstances. 11 parle ensuite du Cantique d'Ézéch el sur la chute de Tyr ; Job, les Psaumes et les Rois lui ollVeit des (lensées élégiaqu(^s. Il passe de là à ïélàjie chez les Grecs cl chez les Romains, examine tour à tour ses progrès et sa décadence da'is les langues vulgaires, eh "Z les Français, les Italiens, les Anglais, les Esuigno s, etc., etc., et il élend ses observations critiques jusqu'à nos jours.

TRENTO (François), rélèiire chanoine de ré,.^lise nuHropolitaine d'Udine, naquit dais cette ville, d'u'ie famille illustre, eu 1710. Il reçut une éducation soignée, soit h Udine même, où il lit ses premières études, soit au séminaire de Pa loue, oli il alla les achever sous les meilleurs maîtres, et oii de raliides progrès dans les lettres sacrées et prol'aues ture it le fruit et la récompense de sou application. A la mort de soi père, arrivée en 1752, il se relira chez les Pères d l'Oraloire, el devint un dis bi; nfuiteurs de leur congrégalio 1. Sa vie entière fut employée à faire du bien. 11 -emblait avoir pris pour exemple de sa conduite celle de saintFrauçois de Sales, et se diriger dans toutes ses actions d'après ce parfait modèle da ministère évangéiique. 11 mourut dms sa j»atiie, le 15 février 1780. 11 a beaucoup écrit; mais plusieurs de ses ouvrages sont lestés inéJls. Parmi ceux qu'il a publiés nous citerons : Compendio dtUarila dïGiesu Cristo, 17ioet 1780. il n'y mit point son nom. Disrorso in cui si addilano le rfijole a'parioclii pcr bcn islruire il popolo colla pnrola di Dio , ou Discours où l'on donne aux curés dis règles pour l/icn enscifincr au peuple tu parole de Dieu. Ce discouiS a été inséré dans le 7<'accolta dette cure pastorali de monsigr.or Giovane Giiulamo Gradeui-,o, i vol. ; Discorso fullo it di 30 jnqtio, in occasionc che veste t' abilo reliijioso, net monnslerio di S. Chiara, vnu sua nipotc. Ce discours est joint ii \'Eluge qu(' |iublia de ce mona.>tèri" à Udine, en l'/S7, raoïsignor Franccsco Florio, prévôt de l'église métropolilaine d'IUine. Parmi les ouvrages de François Trenlo, restés Inédits, ou cite des Dissertations académiques, des Lettres instructives, etc.

TKENrO(JÉnùiviE), jésuite ilalien et célèbre prédicateur, né à Padoue le 31 janvier 1713, d'une faudllmioble, entra dans la société de Jésus le 2V avril 1728, et y fil profession le 2 février 1746. 11 commença |)ar ensuigner, tt se livra ensuite à la prédication. 11 remplit pendant 38 ans, c'est-à-dire jusqu'à sa mort, cet emploi avic un rare

succès, tantôt dans les villes les [dus populeuses d'Italie, d'autres fois dans les missions. Au pouvoir de la parole il joignait celui de l'exemple, plus persuasif et plus eflica;e encore. Il venait de prêcher le calème dans l'église de Saint-Léon de Venise, lorsqu'il mourut dans celte ville le 19 avril 1784. On a de lui: Prediche quaresimali , Venise, 1785, in-4°; Panegirici e discorsi morali, Venise, 1786, in-4°.

THESCHOW (N...), philosophe et homme d'Etat, [irofessa la théologie à l'univer.sité de Copenhague, puis à celle de Christiania, lorsqu'elle fut fondée. En 1814 , il devint membre du gouvernement norvégien, conseillrr d'Etal, el directeur du mini?tère des cultes et de i'inslruction. Un ouvrage, qu'il publia vers 1830, sur ['Esprit du Christianisme, ou Instruction évangélique , fit sensation dans le nord de l'Europe. Treschow mourut à Christiana au mois d'octobre 1833, âgé de 82 pns.

ÏRESSAN (Pierre de LaVergne DEJ.Foy.

Vebgne.

TUEUVÉ (SiMON-MicnEL), docteur en théologie, lils d'un procureur de Noyon, en Bourgogne , né le b août 1031, entra, l'an 1008, dans la ci agrégation de la doctrine chrétienne, qu'il quitia va 1073. Le grand Bossuet l'attwa à Meaux, et lui donna la théologale et un canonicat de son église. Le cardinal ïhiard de Bissy ayant, dit-on , eu des I)reuve3 que Treuvé était flagellant, même à l'égard des religieuses ses péniieutis, et, de plus, tiès-opposé aux décisions de l'Eglise, cherchant eu toutes les unnières à propager le parti de Jansénins, l'obligea de quitte:- son diocèse, après qu'ily eut demeuré 22 an>. Treuvé se retira à Paris, où il mourut le 22 février 1730, à 79 ans. On a de lui : Discours de piété, 1090 et 1697, 2 vol. io-12; Instructions sur les dispositions qu'on doit apporter aux sacrements de pénitence et d'eiicliaristie, vol. in-12, ouvrage qu'il composa à 24 ans. Il y a de la force et de l'onction. Malgré ce qu'en ont dit quelques directeurs un peu trop aisés, il est certain que ce livre a produit de bons effets, et qu'il est propres à corriger des abus devenus tiès-commu'is dans l'administration des sacrements , à maintenir ou à rétablir la vraie notion delà pénitence chrétienne {voy. Concixa, Habeut Louisj ; mais il est vrai aussi qu'il y a des inexactitudes, dont que.ques-u les pourraient faire soupçonner de la mauvaise foi, et des assertions qui. prises à la lettre, porteiaient le découragement dans des Ames faibles et timides. Le Directeur spirituel pour ceux qui n'en ont point, iu-l2; la } ie de M. du Hamet, curé de Saint-Mérij, in-12. 11 en fait un saiui du parti. M. Aiujot, collègue de du Hamel dans celte même paroisse, en domie une idée bien dili'eiente, dans une lettre au P. Aunat, confesseur de Loui-; XIV. — W. l'abbé Migue a rei)roduit les OEuvres complètes de Treuvé dans sa grande collection des Orateurs sacrés. Voy, la tin de l'art. âLumbourg.

TBÉVERN. Voy. Pappe ^Le).

TRI

TRI

TRÏBBECHOVIUS(ADàM), natif de Lubeck et mort en lu8~, devint conseiller ecclésiastique du duc de Saxe-Gotha et surintendant générai des églises de ce duciié. On a de lui un grand nombre d'ouvra^'es connus en Allemagvie. Les principaux sont : De doctoribus scholasticis, dcijue comipta per eos divinarum huniaminiinque rerum scientia; fruit de l'enthousiasme de secte et d'une haine aveuj;le. On l'a réimiirinié en 1719. Historia naturalismi, lénn, 1700, in-4"; une critique des Annales de Baronius ; De veritate crvationis mundi; De angelis ; De Mose, ^gyptiorum Osiride, etc.

THICALET (PiERnE-JosEpn), écrivain ecclésiastique, naquit à Dole le 30 mars ICOfi; il étudia d'abord à Besançon, puis à Nozeroi ; mais l'élève se livrant à la dissipalion et à la débauche, les cordrliers de cette dernière ville, che^ lesquels il était, le renvoyèrent. Touché enfin jtar la grâce, il renonça à ses habitudes vicieuses et retourna en pénitent auprès des mêmes cordeliers. Il se livra à la prière et aux études théologiques, pi'it ses degrés h Besançon et fut ordonné prèlre; il entra dans la comnmnauté de Saint-Nicolasdu-Chardonnet (1721), où il remplit les fonctions de professeur et de directeur. Tricalet, devenu infirme de bonne heure, se relira, en 174-4-, à Villejiiif, où le séminaire de Saint- Nicolas avait une maison. C'est là qu'il composa jikisicurs ouvrages estimables, entre autres : V Abrégé du traité de l'amour de Dieu de saint François de Sales, 17o(), in-i2, réimprimé à Liège eu 1802; Bibliuthèque portative des Pères de l'Eglise, 175S-1762, 9 vol. iii-8°, réimprimée eu 1787, 8 vol. ii-8°; Précis historique de la vie de Jésus-Christ, 1700 et 1777, in-12; Abrège' de la perfection chrétienne, lire des OEavres de Rodiiguez, 17G2, 2 vol. in-12. réimprimé dans le même format en 1829 |)ar les f. èies Périsse; le Lirre du chrétien, 17G2, in-12, réimprimé in-18; Les motifs de crédibilité rapprochés dans une courte exposition, prouvés par le témoignage des juifs et des païens, 2 vol. in-12; L'année spirituillc, contenant une conduite et des exercices pour chaque jour de l'année, 17C0, 3 vol. in-12, ré uiprimée en 1830, chez Lefort, 3 vol. iu-12; VAijii de la htligion ou a rendu un compte très-avantageux, t. LXIl, p. 223. Tricalet mourut à Vilhjuif, le 3! octobre 1761. (ioujet a publié un Abrégé de sa i'ù',17(J2, iiJ-12, de 48 [lagcs. Vog. aus>i les Mémoires de Trévoux, le Journal chrétien, l'Année littéraire.

TRltR (JEAiN-PàUL), néàMora, oans le duché de Saxe-Meirmigen, le 28 novembre 1887, fut pendant cin;|uanle ans directeur des mines de Glucksbrunn, et mourut le 24 avnl 1768. il employait ses loisirs à l'étude de la théologie, et iV publia plusieur.s ouvrages où il attaquait avec violence la religion prolestan!e qui était la sienne. Nous citerons les deux suivants : Observations sur le livre de ta Concorde, qui est discuté et souvent contredit d'après un grand nombre de manuscrits et documents authentiques, avec des notions historiques sur les auteurs de ce livre et sur les circonstances remarquables qui ont

rapport à son origine, Francfort et Leipzig, iu-4% en allemand ; Observations sur le Catéchisme de Heidclberg : dans ce second ouvrage l'auteur traite les catéchismes de son Eglise comme dans le premier il avait traité les formules et les symboles. Tout cela est, selon lui, parfait(nnent inutile, et môme nuisible, 1'. Bible pouvant et devant servir de règle unique. On peut consulter la Biographie de J.-P. Trier, écrite par lui-même et publiée après sa mort par un de ses amis, Eisenacli, 1770, iu-8'.

TRîEST (Pir.RRE-TosEPH) , prêtre, né à Bruxelles le 31 août 17G0, et admis aux ordres sacrés le 10 juin 1786, exerça d'abord le ministère à Malines , puis à Assche pri'-s Bruxelles, et de nouveau à Mal nés en 1791, comme vicaire. On put, dès cette époque, appré.:ier son zèle et son dévouement dons une épidémie qui ravagea un des hop taux de la ville. L'invasion de la Belgupie [lar les Français ayant livré ce pays aux rigueurs du régime nu Directoire, un grand nomlne le prêtres furent mquiétés, et, surlo it après le 18 fructidor, la persécution devint générale. Triest fut obligé de se cacher et ne cessa pourtant, malgré sa position précaire, d'exercer, même au péril de sa vie, les fonctions de son ministère toutes les fois qu'il en trouva l'occasion. Nommé , inuuédiaiement après le concordat, desservant de l'église de Saint-Martin, à Renaix, il commença à fonder une école pour les enfants pauvres. Devenu, en 1803, curé de Lovendeghem, près Gand, c'est là qu'il posa les bases de son établissement des Sœurs de la charité, insti-: tution dilf irente de celle qui est connue en France sous le même nom, mais dirigée par le même esprit et se consacrant aux mêmes œuvres. Triest quitta bientôt sa cure [mur se consacrer exclusiveiuent à la direction de sa nouvelle congrégation, qui reçut une preniièie approbation par un décret du 25 juin 1806. Ce n'é!ait point e.ssez pour ce vertueux ecclésiastique d'avoir fondé une si belle œuvre; il en institua une autre [lour former le pendant et le comiilémeut de celle-là. Ce fut l'éiablisvement des Frères de la Charité consacrés à riiislruclioii des pauvres et au soin des malades, des orplielins, des sourdsmuets et des aliénés. Plusieurs années aorès, cet lioumie, infatigable dans son zèle, fonda encore les Sœurs de l'Enfance de Jésus, pour soigner les enfants trouvés et les enfants malades au-dessous de dix ans, embrassant ainsi, dans sa prévoyante sollicitude, les besoins de toutes les conditions et de tous les âges. En 18i6, Triest se rendit à Rome pour y faire reco inaiire son institut des Sœurs de la Charité et en faire a|iprouver les règles. Un bref du 9 septembre i!e la mi'me année lui assura cette double faveur. Divers hommages éclatants furent rendus, vers la fin de sa vie, à ce nouveau Vincent de Patd. Le roi deHollande lui conféra l'oidre du Lion belge, et h; roi Léopold, en visitant la maison des Sœurs de la Charité, lui remit la croix de l'ordre de Léopold. La société philanthropique, dite de Monthyon et Franklin, s'honorti

13S3 TKl

de décerner une médaille au vertueux prètie, et lui consacra une no ice dans sa Biogra-

fhie (les hommes utiles. Triest son;^eail encore former une maison de retraite pour les prêtres, lorsqu'il mourut le 2'+ juin 1836. On peut consi.Uer, pour plus amples détails, VAmi delà Religion, tom. XCl, p. 33

TUIGAN (Charles), docteur de Sorbonne, curé de Digovilje, h 3 lieues de Valoà'nes, né à Quereiueville (1), près de Cherbourg en Basse-Normandie, le 20 août 1G9V, mourut à sa cure le 12 lévrier HGV, dans la 70' année de son Age. L'étude fut sa passion ; mais ce fut surtout h sa patae et à son état ipi'il consacra ses veilles. Plein de zèle et de charité, il aima tendrement sa paroisse et il lit rebAlir à ses dejjcns l'église, une des plus régulières du canton. I es ouvrages qu' 1 a donnés au public sont : Lettr^suv S. Victrice [Mém. de Trévoux, 17i7); !a Vie d'Antoine Pâté, eiiré de Cherbourg, mort en odeur de sainteté le 21 mars 172S, Coutances, 17W, petit in-S". C'est moins une biogiaphie de ce pieux ecclésiastique qu'une histoire du clergé de la Basse-Normandie et des établissements charitai)les fondés par ses soins uans h? xvir siècle; VIJistoire ecclésiastique de la prorince de Normandie, Caen, 1756-Gl, k vol. in-i". Cet ouvrage (iuit au xir siècle. L'auleur en a laissé la continuation jusiju'au xiv'. Ces écrits manquent de grâce du côté du style ; mais ils sont remplis d'une judicieuse critique et de rech'-rches profondes.

ïiUCAUT (Nicoi.Asi, en latin Trigautius, jésuite, natif de Douai, obtint de ses supérieurs la permission d'aller en qualité de nii- siiniuaiie à la (bine, où il ab ;r.ia en IGIO. Considéiant le petit nombre d'ouvriers qu'il y ava:t pour une si abondante moisson, il repassa en Europe afin d'y solliciter du secours, et lit prenpie tout ce long voyage par terre. Avant ra.sscuiblé quarante-quatre compagnons ne diilerentes nations, Trigaut alla d nouveau avec ce renfort travaillei à la propagat on de la foi dans ce vaste empire, où il mourut le 14 noveudire 1028, Agé seulement de 51 ans. On a de ce zélé niissionnaiie : la \ie de Gaspard Barzis,com\)i{gnon de sanit Xavim-, Anvers, 1010, in-8"; Cologne, 1611, in-12; De christiana cxpeditione aptid Sinas susccpta ab soeidale Jesu, ex Matlhœi liiccii commentariis, Augs iouig, 1615, iu-i" ; Cologne, 1617, in-b". Il y assu.e que l'iinpriuieiie a été en usage à la tlnne avant d'être connue en Europe; mais il ne fait [las attention que cette prétendue impiess on chinoise ne se faisait qu'avec des caracières gravés sur di s j)lanches et non des caractèies ur biles. De chiislianis apud Japonios lriumphis,sire de gravissimu ibidem pcrsccutione contru jidem Cliristi, exorla nnno 1612, libriV, in-4% .Munich, 1023, avec des addit ons du P. Uaderus et des figures de Sade- 1er : c'est l'histoire de ceux (]ui ont souffert la mort | Our la foi au Japon ; un Dictionnaire chinois, 3 vol., impiiinés à la Chine, etc.

(I) La Uiojjioiiliie iiiiivensello ilo Micliaiul dit Qiiètreville.lioiugsiuie à deux iifiu'sde Conlaiices. Qiierqueville esl un village à deux lieues de Cherbourg.

TRI 1584

TR (GLAND (Jacques), né à Harlem eu 1052 , se rendit habile dans les langues orientales et dans la connaissance de l'Ecriture sainte, qu'il professa à Leyde, où il mourut en 170o, à 54 ans. On a de lui divers ouvrages qui jieuvent intéresser la cur osiié des érutlits, entre autres de.-' DisserCations sur la secte des caraites. Vot/. Scamger Joseph. Nous citerons encore de Trigland : De civili et e. clcsiastica potestaie et tttriiisqui ad se inricem lum subordinatione tum coordinatione, occusione libetli Vcdeliani, de Kpiscopalu Constanlini Magni, Amsleidau), 1042, in-i2; Hiatoria ecclesiasiica conl ncns gravamina et cuntroversias in Unilis Bclgii Provinciis orlas, cum nnnotalionibus ad historiuni ecclesiasticam Joh. Wijlenbogordi , Liyde, 1650, in-fo'.; Sijslema disputolionum iheologicarum in confessionem cl apoiogiam lleinonstrantium, Leale, 1050, in-4"; Antupoloyia, siie examen atque refulatiti totius apologiœ Remonslrantiuni, Haruerwyck, 1604,ui-V°, iUlMMEIl (nnsiriss Saka). anglaise, morte en 1815, consacra une partie de sa vie h rinstiuclion et au perfectionnement moral de la jeunesse. C'e.-t par ses conseils que l'on a ouvert, le dimanche, en faveur des Jeunes lilles sans fortune, des écoles gratuites où on l.ur enseigne un état ut le et les ])rin(ipes de la moia e et i.e la religion. Elle a pubiié |)lusieuis ouvrages estimés : Introduction à la connaissance de la nature et à ia lecture des Ecritures saintes, trauuite en français ; Abré'.jé de l'histoire sainte ; Abrégé du Nouveau Testament : Catéchisme des suintes Ecritures, contenant une explication des ouvrages cités ci-dessus, 2 \oi. ■,VHisloire sainte tirée dts suintes Ecritures, avec des onnotations cl des réflexions; histoires fabuleuses destinées à enseigner le traitement qu'on doit aux animaux, tiaduit en français sur la 2' édition, par David de Saint-deuiges, Genève, 1789, 2 vol. in-12; {'Economie de ta charité, 1787, in-12; Histoire d'Anglttirre jusqu'à la paix de Paris, 2 vol.; histoire ancienne: histoire ro)naine. Elle avait eidrepris un ouvrage périddique sous le titre de Guide de l'éducation, dont il a paru 28 numéros forniaui 5 \olinnes. On a puidié, en 1816, ^es Riémoires sur la vie et les écrits de nnstriss Trimmer, avec ties lettres, des méditations et des prièies nouvelles, choisies dans son Journal, Londns, 2 vil. in-8".

TlUTHÈ.vlE (Jean), né dans le village de Triitenhi ini (d'où il a | ris son nom), à ueux lieues de Tièves, en 1462, se lit rtl gieux bénéiiiclin et devint abbé de Spanheiui, «Jans le diocèse de Maycnce, l'an 1483. Il ùb dqua dans la suite celle nignité, nj a s il ne la.da )ias à êlie élevé à une n uvdle; d fut lait abbé de Saint-Jacques à Wintzbourg en 1506, et mourut le 26 décembre 1516. Il eut un grand zèle pour la discipline, cultiva l'élude et la lit cultiver. Son érudition était va-'le et variée et a proauil un tiès-^rand nondjr • douviages d'histuire, de mo aie et de |iliiljsoph c. Les plus connus sont : un Catalo(iue des écrivains ecclésiastiques, Cologne, 1546, in-4". 11 contient la vie el la ILlo

TRO

TRO

(les OEuvrcs de 870 auteurs que Trithême ne juge pas foujouis avec goût. Un autre des Hommes illustres (V Mlemagne^ et un 3" (le CPUK (le Vordre de Saint-Benoit, 160fv, in-'i-", trailuit en français, 1()23, iii-'j°; Six Hvi'es de Polyfjraphie, 1601, iii-lol., traduits ci français, avec des aiigiuentatioiis, par Collange; lin Traite de ste'ganoijraphie, c'est-à-dire, des diverses manières d'(3crire en chilfi'es, lC-21, in-4°, Nuremberg, 1721. Il y a sur cet ouvrage u'i livre attribué à Auguste, duc de lîrnnswick, qui n'est pas commun, iniituli'' : Gustnei Srieni enodatio Sleç/anoç/raphiiT J. Trithemii, 162V, in-fol. Des Chroniques, entre autres, du monastère de Spanheim, dans l'rithemii Opern historien, 1601, 2 part., in-fol.; ses Ourrni/es de pidte', 1603, in-fol. Parmi ceux-ci, on trouve un Commentaire sur la Jièfjle de Saint-Benoît ; des Gémissements sur In dérndence de eet ordre; deux ouvrages sur les miracles de la vierge ^ïario, l'un en deux livres, l'autre en tiois ; et des Trnite's sur les différents devoirs de la rie religieuse. Annales Jlirsauf/ienses, Saint-Gall, 1G9Ô, 2 vol. in-fol.; ouvrage qui renferme, dans un assez grand détail , plirsieurs faits importants de l'histoire de France et de celle d'Allemagne ; un Eloge du bienheureux Rupcrt, abbé de ïuy, à la tète des OEuvres de ce théologien, éd"itious de 1638 et de \Tâ\; De Suceessione ducum Bavariic et comitum Palatinorum; des Lettres. On lui a attribué ciicore un Traité, iiilitulé : Yelcrum sophorum sigilla et imagines magiew, qui a fait croire à (juclqucs auteurs (lu'il s'était mêlé de magie ; mais on a prouve que cet ouvrage n'est i)as de lui.

TRIVELLATO (Marc-Antoixe), né h Monsclice, dans le Padouan, vers 1687, professa la théologie au séminaire de Padoue avec distinction. Non-seulement il était profond théologien, mais il possédait encore, dans diverses sciences, des connaissances variées et étendues. Il avait surtout cultivé avec soin les lettres latines, et il en parlait la langue avec |uireté et facilité. Sa conversation était instructive et mêlée d'heureux mots, qui y répandaient beaucoup d'agrément. Il mourut h Padoue le 7 décembre 1773, Agé de 86 ans. Il a publié : Dissertationes théologien;, Padoue, 1730; Opuscula theologica, Padoue, 17i0; Dissrrtatio de Eueharisliip saeramento et .laerifieio, Padoue, 17i2; Dissertationes de sacramentis, et prœsertim de baptismale et confirmntione, Padoue, 1743; Enehiridion de Yerbi ineurnatione , Padoue, TRO.IA d'Assigny. Yoij. Troya.

TROMBKLLI ( JEAX-(hiRvsosTOAiE) , chanoi le régulier de Saint-Sauveur à Bologne, né l'an 1697, près de No: antola, parvint aux p.rernièies charges de son ordre, s'appliqua co istaniiiient à divers genres d'étude , et mourut le 2'i. janvier 178V, après avoir publié : les Fables de Phèdre, en vers italiens. Yen se, 1736; les Cent Fables de Faëriie , eu vers italiens , avec quelques poésies latines , Venise , 1736 ; De cuitu sanctorum dissertationes decem, quilms aecessil appmdix de cruce, Bologne, 1751 et suiv., 6 PicxioNN, p£ Biographie belig. 111,

vol. in-i""; Apologie des quatre premières dissertations précédentes en latin, in-V.°, sous le nom de Philalelhès Aphobos, 1751. Riesling, professeur de Leipzig, les avait attaquées; Fie et culte de saint Joseph, 1708. Il y règne peu de critique, de même que dans les ) ies de saint Joachim et de sainte Anne, 17C8; de la .minte Vierge, 1761, 6 vol. On estnue cependant les dissertations (|ui accompagnent ce dernier ouvrage, et qui renferment de très-bonnes remarques. L'Art de connaître le siècle des manuscrits Intins et italiens, Bologne, 1756, en italien; Tractatus de sncrnmentis per polemicas et liturgicas dissertntiones distributi, Bologne, 1772 et suiv., 13 vol. in-V°. Ces dissertations, dit Feller, sont pleines de savoir et de bonne théologie. L'auteur n'a parlé que du baptême, de la confirmation, de l'extrème-onction et du mariage. C'était la partie la plus difiicile de l'ouvrage. Les traités deMorin, d'Arnauld et d'Hallier lui eussent fourni de grands secours jiour les autres sacrements.

TROMMIUS (Abraham), théologien protestant, né à Groningue en 1633, fut pasteur dais sa patrie, où il mourut en 1719. On a de lui une Concordance grecque de V Ancien Testament, de la version des Septante, Amsterdam et Ulrecht, 1718, 2 vol. in-fol. Il y attaqua la Concordance grecque de Conrad Kircher; mais Jean Gagnier, d'Oxford, a vigoureusement défendu Kircher. Cependant les deux Concordances ont kurs partisans. Trommius s'est attaché, de même que Conrad Kircher, à l'édition de Francfort de 1597; ils auraient mieux fait de suivre l'édition du Vatican, que tous les savants préfèrent. Gagnier est du même sentiment. Cet inconvénient n'est pas réparé par le jîarallèle des deux éditions, fait par Lambert de Bos, inséré dans l'édition de Trommius. On a encore du même une autre Concordance en flamand, qu'il continua après J. Martinus de Dantzick.

TRON (saint), Trudo, pieux et zélé ecclésiastique du vu' sièch', un des apiîtres du Brabaut et du pays de Liège, convertit un grand nombre d'fiolAtrcs, car il en restait cncoi e beaucoup dans cette contrée, et fonda le mona'^tère qui |)Orte son nom, et autour duquel il se foiuia successivement une ville. Il londa encore un autre monastère ;i Bruges eu Flandre, et mourut en 693. Quelques auteurs prétendent qu'il embrassa la vie monastique ; mais cette opinion ne paraît pas fondée, quoiqu'on puisse le regarder comme un disciple de saint Rem.tcle, par la confiance qu'il eut dans les lumières et les leçons do ce saint.

TRONCHAY (Louise-Agnès de Bellère du), née au chAteau du Tronchay près d'Angers, on 1639, d'une famdle distinguée, manifesta dès l'enfance les sentiments de la ]iiété la [)lus vive. Afin de l'engager à renoncer à son dé^ir de prendre le voile, sa mère l'envoya chez une parente fort attachée aux plaisirsdu monde. Ainsi q l'on l'avait prévu, Louise du Tronchay en prit d'abord le goût;

fab

TRÔ

niais elle ne tarda pas à s'en repentir, et elle revint à ses [jrfiiiii'is projets. A poiMe entrée dans le pfiuvi'ntde l'Union chrétiunne à Chnrot'ie, elle épi'oiiva un rfj^ret si piofond et si vif de ses f.iutes, mie son espr t païut se déranger et (pi'elle fut renvoyée. On l'enferma même quehpie lem|is à la Salpéirii're comme folle. Revenue à i>lle,ina(lemoisellL' du Tronchay doima tout so'i bien aux pauvres, se meltaVit elle-même à la merci de la charité publique. lille mourut h Pai'is en IfiOV. On a publié sa Vie, sous ce ti-re : Le Triomphe (le la pauvreté rt des humiliations, ou In Vie de mademoiselle du Tronchay, appelée communément Sœur Louise, Paris, 1733, in-12, où le merveilleux, a pris peut-être trop de place.

TRONCHAY (Michel), né à Mayenne, en 1667, d'une ancienne famille, fit ses humanités dans le collège de cette ville et sa philosophie au Mans, chez les Pères de l'Oratoire. Il vint ensuite à Paris, oii il recommença sa philosoi)liie au colh''ge du Plessis et sui- A'il, pendant deux ans, les cours de Sorbonno. te fat alors que Lenain de Tiilemont, .à qui un jeune ecclésiastique était nécessaire fOur l'aider dans ses travaux, se l'attacha. Tronchay n'avait que vingt-deux ans; il en passa huit avec cet illustre savant, qui, à sa mort, lui laissa une pension et le chargea de publier ce qui restait fait pour la continuation de ses Mémoires. Tronchay s'acquitta de cette lâche avec fidélité. Il n'était point dans les ordres sacrés quand il vint demeurer avec Tiilemont : celui-ci lui lit prendre le suus-diaconat. Ce ne fut qu'en 1710, lo'igtem[)s après la mon de son bienfaiteur, qu'il reçut le diaconat et la prêtrise des maiis de M. Colbert, évêquc de .Montpellier. Peu de temps après, ayant été nommé à un canonicat d." l'église collégiale de Saiut-Michel-lès-Lavrd, il alla le desservir. Des divisions régnaient dans ce chapitre : elles fatiguèrent Tronchay, accoutumé à une vie solitaire et [laisible ; il acce[)ta une place d'aumônier chez madame la [irincesse de Conti, seconde douairièie. Le nouveau genre do vie auquel cet emploi l'assujettissait lui C'iuvint moins encore. 11 retourna à Laval en 1733, résigna son ca.ionicat et se retira au château de Nouant, du is le diocèse de Lisieux. il y mourut le 30 septembre de la même année, âgé d'environ 6o ans. On conçoit que, d'après sa première éducation et sou séjour chez Tiilemont, qu'il api)elait son maître, Tronchay devait partager les sentiments ue cet homme célèbre, au sujet des questions qui s'agitaient alors. Il avait eu oicasion de voir le P. Quesuel à Paris en 1701 ; il s'était lé avec lui, et, depuis ce temps, il existait eiitie eux une corres(ioudance habituelle qui ne cessa qu'à la luoit de ce Pèvc, et qui ne pouvait que confirmer Tioncha,,' dans 1 s niênics o|i!nions. On a de lui : la continuation des Mémoires pour servir à l'hisloire ecclésiastique des six 2>remiers siècles, etc. 'l'dicmont en avait dominé 6 volumes ni-'i."; 'J'roncliay y en ajoula 10, ce qui porte l'ouvrage à IcVolumes. Idée

de la fie et de l'esprit de M. Lenain de Tiilemont, Nancy, 170(5, in-12. On y a joint par la suite des Réflexions et des Lettres du même, que l'abbé Tronchay avait en sa possession. Un 6' volume de VHistoire des empereurs. Tronchay l'avait mis en état de f)iraître, mais il ne fut imprimé qu'en 1738, après sa mort. Histoire abrégée de l'abbai/e de Port-Boyal, depuis sa fondât on jus pi'à l'enlèvement des religieuses en 1709, Paiis, 1710, in-12, réimprimée en 1720; une Lettre à M. Colbert, évêque de .Montpeîlier, 1723. 11 a, dit-on, mis en ordre hs Mémoires de Nicolas Fontaine. Ils ne parurent qu'en 17.']fi.

TKONCHIN (TnÉODonE), thé logien protestant, n ■■ l'an 1582, à Genève, d'uiie famille d'origine française (]ui s'était réfugiée dans celte ville à l'époque di' la Saint-Barthélenii, culiiva de bonne Innire le** letires, sous les ausjiiiMS de Théodore de Bè/:e, so'i parrain. Il a la terminer ses éludes .^ Heil .elberg et à Leyde, [niis il voyagea en Angleterre el en France. Rentré dans sa ville natale, il y fut nommé s iciessivement professeur li'hi'breu et de théologie el recteur de racii.éuiie. L'Eglise de Genève le chargea de ré, ondre au eélèbie jésuite Cotton, qui vena t de publier un livre inllulé : Gnièrc plagiaire, et Tronchin tit paraîti-e une réplique sous ce titre : Cotton plagiaire. Il contribua à ftdre condamner les dogmes d'Aiminius an synode de Dordrecht, en 1618, ei, en lti.o3,'il fut chargé par l'église calviniste de conférer avec le théologien écossais Jean Dury, jioiir tenter une fusion entre les reformés et les luihériens. A celte occasion, il composa [lusieurs écrits e! enlielint une longue correspondance avec divers princes protestants, il mourut à Genève en 1637. — Le docteur Tronchin (Théodore), médecin, né l'an 1709, à Genève, nioit en 1781, à Paris, était de la même famille. Quoique prote-iant, il fut toujours altaclié aux principes du c'iristianisrae et innemi des (.élires philosophiques. Etant allé voir Voltaire dans sa dernièi e malailie, il fut fr-appé de la tr ste situaiion où il vit cet homme fameux, et dit que ce spectacle serait ïitile à tous les jeunes gens menacés de perdre hs ressources i)récieuscs delà religion. C'est lui encore qui dl à révê(|ue de Vivieis: Pour voir toutes les furies d'Oreille, il n'y avait qu'à se trouver à la mort de Voltaire. Ces anecdotes , rendues publiques quatre ans avant la mort de Tronchin, ont été vainement contredites par qui'lques disciples de Voltaire; le célèbre médecin ne les a jamais désavouées.

TRONSON (Louis), né le 17 janvier 1722, à Paris, d un secrétaire du cabinet, obtint une iilace d'aumùnier du roi, jilace qu'il quitta en 1653 jiour entrer au séminaire de Saint-Suljiice, dont il lui élu supérieur en 1676, ei où il mourut le 2(> février 1700, à 78 ans. C'é ait un iKimme d'un grand sens, d'un savoir éti'iidu et d'um; piété exenqilaire. il assista, en 16',)t, avec 1 s évêtiues de Meaux et de Chàlons, aux conférences d'issy, où les livres de madame Guyon lurei.t examinés.

TRO

Page 1