‹ Dictionnaire de biographie chrétienneChapitre 268 sur 341 · VIS · texte numérisé non relu

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Ils eurent du succès. L'auteur mourut en 1610, flans un âge avancé.

VIRET (Pierre), ministre calviniste, né à Orbe en Suisse, l'an 1511, s'unit avec Farel pour aller prêcher à Genève les erreurs de Calvin. Les Genevois les ayant écoutés avec avidité, chassèrent les catholiques de la ville en 1536. Viret fut ensuite ministre à Lausanne et dans plusieurs villes. Il mourut à Orlhez, en 1571, à 60 ans. Le fanatisme lui avait donné une espèce d'éloquence ; mais elle brille peu dans les ouvrages que nous avons de lui en latin et en français : Opuscula, 1553, in-fol. ; Dispuialions chrétiennes touchant l'état des trépassés, faites par dialogues, Genève, 1552, in-8° ; Satires chrétiennes de la cuisine papale (Genève), Conrad Badins, 1560, in-8' de 132 pages ; La Phijsique pavale, Genève, 1552, in-8", à laquelle les crocheteurs du parti calviniste ont fort applaudi, ainsi qu'à sa Nécromancie papale, Genève, 1553, in-8°.

VIREY (Pierre), religieux de Citeaux, et docteur en théologie , fut successivement abbé do Châlis et de Clairvaux, et mourut en 14-97. Le P. Jacob, De claris scriptor. Cabilonens., cite de lui une Vie de saint Guillaume, abbé de Châlis et archevêque de Bourges.

VIRINGUS ou Van-Vieringev (Jeax-Wautier), né à Louvain en 1539, reçut le bonnet de docteur dans sa patrie en 1571, et obtint ensuite la première chaire de médecine, qu'il remplit avec la plus grande exactitude pendant 22 ans. Devenu veuf en 1578, il embrassa l'état ecclésiastique, mais il ne reçut l'ordre de prêtrise qu'en 1593 ; il devint ensuite chanoine d'Arras. Sa piété, son zèle pour les anciens usages de l'Eglise et ses talents lui méritèrent la confiance et l'estime des archiducs Albert et Isabelle, dont il fut chapelain. On a de lui : un Abrégé du théâtre anatomique de Yesal, en flamand, Bruges, 1569, m-k" ; Dejejunio et ahstinentia medico-ecclesiastici lihri quinque , Arras , 1597, in-i", avec cette double épigraphe : Qui abstinens est, adjiciet vilam, Eccli. ; Non saliari cibis saluberrimum. Hip|)0C.

VIRUÈS (don Alonso de), 2fc.' évêque des Canaries, né à Almedo, ville de la Castille- Vieille, près de Valladolid, lit profession chez les bénédictins, et fut nommé prédicateur de l'empereur Charles-Quint. Ce prince l'emmena en Allemagne, l'an 1539, pour combattre de vive voix et par écrit l'hérésie naissante. Après son retour en Espagne, en 15i2, il fut nommé par l'empereur évêque des Canaries, et il se distingua dans ce diocèse par son zèle à soutenir les droits de l'évÊché sur la juridiction d'Aguimez, et l'adresse avec laquelle il apaisa les différends qui s'étaient élevés entre les religieux de Candelaria et le clergé séculier. Viruès mourut à Tolède le 19 janvier 15'i-o, laissant vingt Dissertations contre Philippe Mélanchthon, sous le titre de Philippicœ disputationes XX, Anvers. 154-1 ; Cologne, 1542 et 1561 ; J)e matrimonio reqis Angliœ, a. l'occasion

du mariage de Henri VIII avec Anne de Boulen ; Collationes septem, contre Erasme , son ami et son admirateur, dont il relève plusieurs erreurs. Cet ouvrage, rédigé ea forme de lettres, est remarquable par le style.

VISCH (Charles de), de l'orflre de Citeaux, né vers 1596, à Bulscamp, près de Furnes, enseigna la théologie dans le monastère des Dunes à Bruges, y fut élu prieur en 1646, et }' mourut le 11 avril 1666. On a de ce religieux plusieurs ouvrages qui ont demandé bien des recherches : Bibliotheca scriptorum ordinis Cisterciensis, Douai, 1649; Cologne, 1656, in-4-° ; assez estimée, quoique écrite d'un style jilat et incorrect; Yitœ BB. Eberardi de Commeda, et Bicliardi de Frisia , Bruges, 1655, in-12. Ces deux saints étaient de l'ordre de Citeaux ; le premier est mort l'an 1191, le second l'an 1266; Histoire de plusieurs monastères de son ordre; une édition des OEuvres d'Alain de Lille , Anvers, 1653, in-fol.

VISCHERING. Vol/. Droste-Vischering.

VISCONTI. Voy. Vicecomès.

VISDELOU (Claude de) , né en Bretagne, au mois d'août 1656, d'une famille ancienne, entra fort jeune dans la société des jésuites. Sa vertu et ses connaissances littéraires, mathématiques et Ihéologiques, le firent choisir, en 1685, par Louis XIV, pour aller en qualité de missionnaire à la Chine, avec cinq autres jésuites. Arrivé à IMacao en 1687, il apprit avec une facilité surprenante l'écriture et les caractères chinois. Pendant plus de vingt ans que le P. Visdelou séjourna dans le vaste empire de la Chine, il y travailla sans relâche à la propagation de l'Evangile. Le cardinal de Tournon, légat du saint-siége, le déclara, en 1708, vicaire apostolique, adininisirateur de plusieurs provinces, et le nomma à l'évèché de Claudiopolis. Le nouvel évêque fut le disciple, l'ami, le coopérateur de ce célèbre cardinal, partagea ses disgrâces, et crut devoir s'unir avec lui contre les cérémonies chinoises. Cette conduite déplut à quelques personnes, qui obtinrent de Louis XIV une lettre de cachet ]iour letirerdePondichéry, oîi le cardinal de Tournon l'avait placé. Visdelou ne crut pas devoir obéir à cet ordre ; et le régent, auprès de qui il sejustifiaaprèslamortdeLouis XIV, approuva sa conduite. Cet homme apostolique mourut à Pondichéry en 1737. On a de lui plusieurs ouvrages manuscrits qui mériteraient d'être imprimés. Les principaux sont : une Histoire de la Chine en latin ; la Vie de Confucius ; les Eloges des sept philosophes chinois; une Traduction latine du Rituel chinois ; un ouvrage sur les cérémonies et sur les sacrifices des Chinois ; une Chronologie chinoise ; une Histoire abrégée du Japon.

VISDOMINI (François), prédicateur italien, né l'an 1514, h Ferrare , se rendit très-habile dans les langues hébraïque, grecque et latine, et entra dans l'ordre des Mineurs Conventuels, où il fut maître des novices. Il signala son éloquence au concile de Trente, et une médaille fut frappée en son honneur avec

cette légendô : Vojc Domini in virtute. Il mourut à Bologiie , le 20 octobre lo73, à oî) ans. Wading lail ui ^rand élo^e de ce ie!i.-;iéux, Visdoiuini laissait plusieurs voluuics de Sermons et d'IIomélics, en italien et en latin, oubliés aujourd'hui.

\'1S.\1ES (Loiis-JosEPB de), prêtre de la doctrine clirét otme, né veis 1703, à Montmédy, |)etite v.llo du duché do Luxemb'iur;^, est connu par les ouvrages suivants relaliis au culte et à la liturgi.' : Propre de Saint- Gerniain-i Auxerrois ; Propre de Saint-Laiiclnj ; Propre de S'unt-J enn-en-Grèce ; Propre (le saint Josie ; Propre des rcli^iicnscs de la Madeleine de Truinel ; Office de saint Charles, 1738, inl2; Office de Je'sas-Ciirist enseignant, 17i0, iii-12. Le P. de Visuies mourut le 7 octobre 1753.

VITA (Jean de), évêque de Riéti, savant et pieux prélat, était né a Bénéve it lo7 jui'i 1708. Dès sus plus jeunes ans, on lui donna dans sa ville natale des maîtres (jui l'inilièrent aux premiers élémenls des lettres, tandis qu'en même tçnifts ou formait son cœur à la piété. 11 alla continuer ses éludes à Nazies, et les terminer à Rome, où ses succès lui valurent d'ho'iorf.bles distinctions, llevunu dons sa patrie, il s'y occupa do l'élude des lois surtout de celles (jui étaient particulières à la ville do lié lèvent. C'est alors que, songeant à prendre un étal, il se décida à entrer dans rfi,.;lise. Il fil les études que cette résolution nécessitait, et prit les ordres. Un savoir peu commun, une eonduite parfaitement exemplaire, engagèrent son archevêque à le mettre à la tète du sémiiaire, emploi qu'il rem|ilit avec zèle et fruit. Ce même j)rélat le tira de cette place pour l'attaciier à sa persouie en qualité d'auiliteur, et l'associer au gouvernement du diocèse, avec le titre de pro-vicaire ; il lui donna on môme tcm[)S un canonicot de sa cathédrale. Enfin, Clément Xîll, informé de son mérite, le nomma évêque de Riéti le 2(i novembre 17G'i., et voulut le sacrer lui-môme. Vita se livra tout entier h ses nouveaux devoirs. Ses revenus épiscopaux se partagèrent presque entièrement enlre les pauvres, son séminaire et des établissements pieux. Son ameublement était réduit à l'exact nécessaire, et sa table était simplt; et frugale, sans que toutefois la dignité épiscojiale en fiU compi'omise.Ce docte ei illus.'re prélat, après avoirgouverné pendantd xans son église, ety avoirf ;it éclater toutes les vertus pastorales, termina sa carrière le 31 mars 1774, à i;é d'environ GG ans. Oi a de lui : Discorsi dctti nel seminario di Bcnevento, Naples, 1738; Thésaurus anti(]iiitatuin liineventananim , Rome, 175'i-, 1" volume in-Iol., dédié .^ Benoit XIV, et^ 2' volume, 176i, in-fol., dédié à Clément XI II ; De oriijine et jitre dccimnrum ecclesiasticarutn., Uomt;, 1737, in-'i.".; De sancti Januarii marti/ris et episropi Rene^ ventani. patria, repelilx vindi-dœ, Rome, 17G1 ; De vero corporc sancti Bnrtholomœï apiisloli, ex Ai.iu in Lipara:n, ex Lipara Brncventuin, translata, iu.éré dans le tome IX. do la flaccolta Caloijerana ; Omilie e discorsi

spirituali, N^^ples, 1737, 2 vol. On peut ajouter h cela divers opuscules et des solilor f/urs composés à l'occasion d'une retraite fj^ue l'évf'ijue de Uiéti avait coutume d'aller fau'e h Greccio, lieu de son diocèse sa ictifié par la |)ré<ence de saint François d'Assise.

Vir.NKF.ll. Voy. Wuitaker.

VIT.'vL, né à Tierce ville en Normandie, se renilit célèbre à la fin du xr siècle par sa piété et le succès de ses prédications. Ayant quitté un canonicat qu'il avait dans la collé;jiale de Mortain, il se relira en un lieu peu fréquenté. Mais la sainteté de sa vie lui ayant attiré un ^rand nombre de disciples, il fonda l'abbaye de Savigny Paq H 12, et un riouvel ordre de religieux, nommé, à ce qu'on croit, de la Sainte-Trinile'. Cet ordre se donna depuis à saint Bernard ( voy. Ser- L0\ ) ; et c'est ainsi qu'il a passé dans la filiation de Cileaux, où il se trouvait avant la révolution. Vital mourut en odeur de sainteté en 1119.

VITAL. Voy. Orderic.

VITALIKN, Scythe de nation, arrière-petitfils du célèbi'e général Aspar, eut le rang de maître de la milice sous l'empereur Anasr tase. Ce prince rejetait le concile de Chalcédoine, et persécutait ceux qui l'admettaient. Vitalien prit le parti des orthodoxes, et s'étant re'ulu n)aîlre de la Thrace, de la Se, thie et de la iltesic, il vint jusqu'aux portes de Constantinople avec une anaée formidable, qui ravageait tout sur son passage. Anaslase, dépourvu de secours et détesté de son peuple, eut recours à la négociation. 11 promit de rappeler les évoques exilés, et de ne plus inquiétei- les catl'.oHcpies. Ce fat à ces coiditions que Vitalien renvoya son armée, et vécut tran(]uille à la cour. 11 jouit d'un grand crédit sous Justin ; mais Justinien, neveu de ce prince, craignant que son pouvoir ne renipôchût de parvenir à l'empire, le fit lâchement assassiner, après lui avoir prodigué toutes sortes de caresses. On croit que Justin, qu'on avait prévenu coutie lui, consentit à ce meurtre, exécuté en juillet 320. Vitalien était alors consul, et se trouvait dans le septième mois de son consulat.

ViTAUtiN, de Signia en Campanie, pape, après saint Eugène 1", le 30 juillet G37, en-* voya des mis-iiuinaires en Angleteri'c, s'employa avec zèle à procurer le bien de l'Eglise, et mourut en odeur de sainteté le 27 janvier G72. On a de lui quelques EpUrcs. On célébra divers conciles sous ce jjontife , aussi savant que pieux. C'est aussi de son temps que counuença l'usage des orgues dans les églises. Voy. Aldric. Dieudonné il succéda à Vitalien.

VITELLKSCUI (.MuLTius), sixième général des jésuites, né à Rome d'une illustre famille le 11 dr'cembre 1363, entra dans la siiciété le 13 août 1383, et s'y distingua par sa ]iiété et son savoir. 11 enseigna la philosophie et la théoliigiv! à Rome, fut lecteur du collège de Naples, de celui des Anglais, et provincial de la province romaine ; il de- .. vint ensyite assistant du R. P. général, et

enfui fut lui-même élu généra, l'an 1615. Il

éUit si biin prédicateur, que Je s.ivant Vitlorelli le comparait aux Cyprien, aux Chry.sf»sfoiue, aux Biriard : Ait:ra-n qnnsi Ci/ftrianuin, nul licniardurn, aul C.'iri/sosSonm.n. te (iii'Ure prœstrintissin'e societaci Jure prpf/inituin exlstbnibis. Il gauvorna la souiéti'i |»e i- (J-uit tr^,^ it;^ ans avgo beaucoup de prude icj. Urbain Vlil, à caus '. de la pureté de ses meurs cl de rinuo.ieuce de sa vie, ne le no um lit que l'an,rjc. Il mourut le 9 février 16'i-a, àj;é de 82 .ns. Oi a de lui : FpiUulas qnrilanr parœnvticas ad socictcile:n Jrsu ; Ad stiprriorcs socictatis, 1017; .\d provinciales et patres coiif/rrt/alionii'n proviiicinli'i.n socielatis Jesa, laid, ia-8° ; une /*«aa'/o». prononcée en présence de Gréj^oire XIV, en

VITELLESGHl ( Jules ) , jésuite italiei, de la même fimilie que le précédent, et fameux prédicateur, était né vers l'an 1683. Il embrassa trés-jeune Tinslitut de sai-it Ifî'iace, et parcourut av^'C succès la carrière ordinaire de l'enseignement. Il se dévoua ensuite à la prédication, et il exerça pendant ko ans cet utile et pénible ministère dans les villes les plus populeuses de l'Italie. On se SI ivient encore, dans plus d"u le ville, de reîfjt prodigieux que faisaient ses sermons. Ce n'est pa«; qu'ils fussent Ueuris, f^ûe son éloquence fût ambitieuse : au contraire, son discours était simple, sans recherche, populaire ; mais il allait au coeur ; il convenait également à tous, au savant comme à l'ignorant. Jl semblait être le fruit d'une inspiration suraaiurelle, plutôt (lu'une composition étudiée, et son triomphe sur les esprits, même les plus obstinés, était certain. Si l'on avait peine à croii'e à des effets si exiraordinaires, le grand iwmbre do conversions qu'o.pérôreiH les sermons du P. Vitellesc'ii lèveraient tous les doutes. Le célèbre .Maratori fut si émerveillé de la puissance de cette éloquence sirajile, qu'il en prit occasion d'écrire sou traité de Pregi eloqiienza popolarc, publié à Venise, en ïl'60, apiès sa mort. Les discours du P. Vitfillôschi n'avaient, dit-on, qu'un défaut, c'était la longueur ; mais ceux qui l'o U entend I assurent qu'on ne s'en apercjcvait pas, et qu'on regrettait de les voir 13nir. Le P. , VitallesjUi ne se bornait [)oint k pcôcher. Quand il était à Rome, il faisait des leçons d'Ecriiure sainte dans le collège j£ Jésus, et elles étaient fort suivies. L'âge ne refroidit pas son zèle et n'ota rien à son talent, niMne quand ses forces étaient éj)uisées. Invité, en 1759, à priclier le carême à Orli, dans le diocèse de Civita-Castellana, h l'âge de 7o ans, il crut ne devoir point s'y refuser. Un mal subit, le surpsit en chaire et termina ainsi ses jours et sa carrière apostolique. On a de lui : Paaerjirico suW anaello dellit B. Verqine, conservé à Pérons.i ; quelques Discours insérés dans la RaccoHa di razioiii dei PP. délia compani'i di Glesii.

VITRAC (JiîAN-SvpTisrE), né h Liaioges en 1750, embrassa Téait ecclésiasliqu.'., et fut appelé, lors de la création du coflége royal

de cette ville , après la suppression des jésutes,, h un emploi disting é; mais il préféra la iilace modeste de p; ofess'mr dos premiiirs 'léments et il s'en acquitta avec una il ell'gence et des suj:icès qui ne se démentirent jamais. Aussi, lorsque li plice de pi'incipal vint à vaquer, elle lui fut unanimement déférée, et malheureusement il resta trop peu de t niijis dans un post ■ si légitimement acquis; des circonstances paticulières l'engagèrent à y renoncer. A cette Civique, on lui lit des offres brdlantes ; mais il fallait s'éloigner, il aima mi.mx se sacrilier à une famille dont il était devenu lo père, et borna ses désirs à la petite cure de Montjovis. Lorsque la révolution éclata, il en prévit bientijt bs funestes conséquences; con.ndant avant que l'opinion publique eût été pervertie, il se vit choisi pour être un des notables de la commune, et fut nommé secrétaire de la chambre du clergé, do:il il

rédigea les cahiers. Porté comme di

'•, il

crut devoir refuser, prévoyant que ses principes ne pourraient s'accorder ave", des mesures dont Vabolition du catholicisme était l'objet priacip'il, comme l'a dit Portails en arrivant au miiistère d^s cuit -s. Peu après, il fut proscrit avec ses trois frères, et il se réfugia en Espagne, où il se livra à la prédication dans la langue da pays avec me facilité égale à celle qu'il avait dans sa langue maternelle. Le rétablissement du calholicisme lui permit, au bout d'un an, de rentrer dans sa patrie, et il se montra aissitôt avec honneur dans le double ministère qui avait été l'objet constant de ses travaux. Le provisorat du lycée de Limoges lui fut offert; mais les nouvelles circmstances étant en désaccord avec ses principes, il (it agréer ses excuses, et accepta la cure de la paroisse Saint- -Michel à laquelle il fut nommé dans la même temps. Sot) église devint alors sa maison habituelle. Se regardant eoanne le sim[)le dépositaire des revenus d?, sa cure, oe (ju'il recueillait d'une main il la donnait de l'autre; il s'occupa surtout de réparer les désordres que le vandalisme avait causés da is la maison du Seigneur; miis ce digns pasteur ne fut montré qu'un moment h son noiubreux troupeau ; il succomba en 1805 aux peines et aux fatigues d'un long exil. On lui doit : Traite cléûieiitaire du stfi'f épistolaire, de la narration, etc., imprimé plusieurs fois chez. Barbon, deniôre éilition, 1783 ; Eloge de Dorai,, de Muret, d'. Jidaze, de Gréijoire XI, 1771, 75, 77 (;t 79 ; Elogi' de. l'institut des Filles de Notre-Dame, i78S ; Oraisons funîbres de Louis XVI , de Marie-Antoinette , de madame Elisabeth, de Louis XVII, suivies de Robespierre aux enfers, ISl'i.. Il a laissé en manuscrit une Histoire littéraire des ç/rands liommcs du Limousin, ouvrage considérable, dont grand nombre d'articles ont été im iriaiés dans lo journal de Limoges; un El )gc de sainte Thérèse, et beau-pup de Sermons.

ViruÉ (Antjine) , imprimeur de Paris, s'est fait un nom distingué dans l'art typographiçiue. C'est lui qui a, imprimé la Poly-

gtotte (le Le Jay, l'un des chefs-d'œuvre de rinipriincrio. Ses autros éditions soutiennent parfaitement la r(''i)ul;\tion(iu"il s'était ac([uise d'être le premier homme de France pour son art. Il est faux qu'il ait terni sa gloire par le caprice bien gj-atuil que des auteurs lui ont imputé de fau'e fondre en sa présence les beaux caractères des langues orientales qui avaient servi à l'impression de la Bible de Le Jay, pour ôter le moyen d'imprimer à Paris, après sa mort, des livres en ces langues. Elle arriva en 1674. ; il était alors imprimeur du clergé.

VITKINGA (Campége), né en 1G39, à Leuwarden dans la Frise, fut successivement professeur en langues orientales, en théologie et en histoire sacrée, dans sa patrie, où. il mourut en 1722 d'une attaque d'apoplexie. On a de lui : Commcnlarius in tibrum prophetiarum Isaiœ, etc., Leuwarde, 171i-20, 2 vol. in-folio; Anacrisis Apocalypseos Joannis Apostoli, Franeker, 1705; Amsterdam, 1719 ; Leuwarde, 1721 , in-4", dirigé contre un écrit de Bossuet, et complètement oublié depuis longtemps; Arclnaynagogus observationibus novis illnstralus, t/uibus vcteris synaaorjce consiitutio Iota traditur, inde deductà èpiscoporum presbytcrorumque primœ ecclesiie ori(/ine, Franeker, lOSS, in-V ; Typas theolocjïœ practicœ, in-8" ; de Decemviris oliosis synagof/œ, in-'r; Obscrvationes sacrœ, 1711, in-i"; Ilypotyposis historiœ et chrunologiœ sacrœ, iii-S"'. Ces ouvrages théologiques manquent do précision pour la plupart, et tous se ressentent dos préjugés de secte; le meilleur est son Commentaire sur Isaie, qui cependant n'est pas exempt de ces défauts. — Campége Vitringa, son fils, né à Franeker en 1C93, mort en 1723, à 30 ans, professeur en théologie, se lit aussi connaître avantageusement par un Abrégé de la théologie naturelle, Franeker, 1720, in-i".

VITTEMENT (Jean), né îi Donnans en Champagne, en 1635, s'illustra par son esprit et par ses vertus. Après avoir l'ail ses études au collège de Beauvais .\ Paris, il embrassa l'état ecclésiastique, et succéda à son professeur dans la chaire de philosophie. 11 enseigna ensuite cette science à l'abbé de Louvois, fils du ministre d'Etat, qui sut distinguer son mérite. Ayant complimenté Louis XIV, en qualité de recteur do l'université de Paris, sur la paix conclue en 1(597, ce monarque en fut si satisfait, ((u'il dit: Jamais harangue ni orateur ne m'ont tant

fait de plaisir Louis XIV ne se borna

pas à des éloges ; il le nomma, k la fin de la môme année 1697, sous-procepteur des ducs de Bourgogne, d'Anjou et de Berri, sespetits-lils. Le duc d'Anjou, devenvi roi d'Espagne en 1700, l'emmena avec lui, et lui offrit l'archevêché de Buigos et une pension de 8001) ducats pour le fixer à sa cour ; mais Vittoment refusa l'un et l'autre avec la fermeté d'un philosophe chrétien, et repassa en France. Nommé par le duc d'Orléans sous-])récopteur de Louis XV, il no voulut acce[)ter ni abbayes ni bénélicos, moins encore une place à l'académie française. Ce

prêtre désintéressé avait fait vœu de ne recevoir aucun bien de l'Eglise, tant qu'il aurait de quoi subsister. La cour était pour lui lui exil : il la quitta en 1722, et alla mourir dans sa |)atrie en 1731, à 76 ans. Le célèbre Collin a honoré son tombeau d'une épitaphe, où il célèbre dignement les (jualilés de son Ame. L'abbé Vittoment a laissé plusieurs ouvrages manuscrits. Les principaux sont des Commentaires sur plusieurs livres de l'Ancien Testament ; des Entretiens sur diverses questions théologiques ; un Traité sur la grâce : des Opuscules sur les affaires de l'Eglise et sur la constitution Unigenitus, oh l'auteur fait voir (jue cette bulle est une loi dogmatique; une Réfutation du système impie de^pmoso, et quelques écrits philosophiques. VITTORELLI (André), savant italien, naquit à Bassano, dans l'Etat de Venise, vers l'an 1580, et après avoir fait ses premières éludes dans sa ville natale, fut envoyé à l'université de Padoue à l'âge de 16 ans. 11 y prit le bonnet de docteur en théologie, fut jiendant quelque temps employé à l'évèché en qualité d'examinateur synodal, et revint ensuite à Rome , où son mérite se fit bientôt connaître. Il avait des connaissances trèsétendues dans l'histoire ecclésiastique et dans la théologie morale, et était souvent consulté. Tiraboschi le regardait comme un des hommes les pins érudits de son temps. Urbain VIII avait pour lui une estime particulière. En 1647, il fut nommé chanoine pénitencier de l'église cathédrale de Padoue ; mais il refusa ce bénéfice par amour jiour l'étude et son indépendance. On ignore l'époque précise de sa mort. Il a beaucoup écrit en latin et en italien. On a de lui sur l'Histoire des papes et des cardinaux de Ciaconius, des notes et des corrections antérieures à celles d'Oldoini (1). Il continua cette histoire depuis Léon XI jusqu'à Urbain VIII, et en publia l'édition en 1630. Il est auteur de beaucouj) d'autres ouvrages, dont les principaux sont : La Storia de giubilei ponti/icj, Rome, 1625, in-8" ; De angelorum custodia libri duo, in quorum altero angelorum ministcria ex sacris lilleris recensenlur; in altero îiniversum custodiœ argumentum explicalur, Padoue, 1603, in-V, déd. au pape Paul V; Délia custodia drgli angeli : brève trattato pcr persone spirituali, A enise, 1626; ,lH#iotazioni nclle lezzioni délia dirina scritturae deir offizio dell' angelo custodf, in-8°; D, sancto extremœ iinctionis sacramento , Padoue, 1609; [n Manuale Martini Azpilcueta Navarri notœ et appendices, Venise, 1610; De' ministerij ed operazioni angeliche,

(1) Oldoim (Augustin) , jésuite , historien et biographe (lu xvu' siècle, né à la Spezzia, dans l'étal de Gènes, doinia une édiiion des yicsdi's papes do Ciacoiiius, avec une eoiiliniiatioii, et composa lui-niènie, entre autres éerils assez uiédiocnvs , un Cutalogus corian ijiii di' lioiiiuiiis l'unùfiàbuf, siripsentiil, Fiancloil, 175"2, iii-i", piilili(' par .Meiix hen ; .l/Zioiiriim lioiiiaiiitm in tjuo ponlificnm,eiirdimiluim, i-lc . , scripta c.i7»)»HH/!(r, l'érouse, Iti7(i, in-i" ; Sccroloti'uim pontiftcum el pst'udo-ponlilicum Huniduoium cum noiis , Rome, 1071, iu-S". . .^

Vicence, 1611 ; In aphorismo confessariorum Emmaniiclis annotationes, Brescia, 1609 ; In insti-urtiones sacerdotum crird. Toleti annotationes, Venise, IGOi; Gloriose memorie délia bnilissima Vergine mudredi Dio, Rome, 1620;//! librtim de officio.curati Joannis-Baptistœ Possevini Aotœ, A'enise, 1012 et 1618 ; In libellum de sacramento ordinis Martini Furnarii Notœ, Venise, 1612, et Rome , 1625 ; Orazione fanerale in Iode del cardinale Flaminio Piati, Rome, 1613 ; Carmina, outre divers ouvrages restés manuscrits. Jean-Baptiste Verci a donné la Yic do Vittorelli, et une Notice de ses ouvrages dans les Scrittori bassanesi, tom. I", pag. 57.

VITTORI (Grégoire), jésuite, né le 25 mai 171V, à Cori, ville très-ancienne d'Italie, dans la Campagne de Rome, entra dans la société de Jésus en 1730. Chargé de professer la logique dans le collège Romain, il ne contribua pas peu à en bannir les anciennes arguties, les questions inutiles, et à y accréditer les nouvelles méthodes. De cet emploi il passa à une chaire do morale, puis de théologie polémique. Il consei'va cette dernière pendant quinze ans, et fit des hérésies, notamment de celles qui s'étaient élevées dans les derniers temps, l'objet principal de ses leçons. A la suppression de son institut, il se retira dans le pensionnat de Jésus, et il y mourut le 2i janvier 1795, âgé de 81 ans. On lui doit : Instituliones philosophicce , carminibus illustratœ, Rome, 1767: ces institutions sont divisées en 12 livres ; les vers latins qui s'y rencontrent ne seraient pas désavoués ])ar les poètes qui ont le mieux écrit en cette langue dans les temps modernes.

VITUS. Voy. White.

VIVA (Dominique), né dans la province d'Otrante en 1048, entra dans la société des jésuites à Naples , en 1663. Après avoir professé la théologie dans cette ville pendant vingt ans, et présidé aux études pendant cinq ans, il gouverna le collège de Naples, et ensuite toute la province. C'était un homme exemplaire, laborieux, d'une érudition et d'une prudence qui lui ont acquis l'estime d'un grand nombre de prélats. Benoit XIV en parle dans ses ouvrages comme d'un habile thi5ologien. Il a fait divers écrits : un pour justifier la condamnation des cent et une propositions de Quesnel ; un autre pour prouver, par les conciles et par les assemblées du clergé de France, que quand le pape a parlé, et que l'Eglise dispersée accède à son jugement, il n'est pas permis d'appeler au futur concile ( Voy. Pie II et Julien d'Eclane); un troisième, pour déterminer en quel sens sont proscrites les propositions condamnées par Alexandre VII, Alexandre VIII et Innocent XI.

VIVALDI (Jean-Louis) , dominicain, natif de Mondovi en Piémont, d'une famille noble de Gènes, devint évêque d'Arba, une des îles Adriatiques, en 1519. On a de lui : un traité estimé, De veritate contrilionis , ou Verœ contrilionis Prœcepta , iii-8" ; sept autres petits traités recueillis et imprimés sous

le titre de Opus regale, Lyon, 1508, in-4°. Ce pieux et savant prélat mourut dans son diocèse, qu'il avait édifié et éclairé.

VIVANT (FR4Nr.ois). docteur de la maison et société de Sorbonne, curé de Sainl-Leu, puis pénitencier, grand vicaire, chanoine, grand chantre de l'église de Paris, sa patrie, et chancelier de l'université, naquit en 1663. Il contribua beaucoup à la destruction de Port-Royal, et à l'établissement des prêtres de saint François de Sales à Paris. On a de lui : Traité contre la pluralité des bénéfices, en latin, 1710, in-12 ; un Traité contre la validité des ordinations anglicanes ; il eut aussi beaucoup de part au Bréviaire et au Missel du cardinal de Noailles. 11 est auteur de beaucoup de Proses, de Collectes et de quelques Hymnes. L'abbé Vivant mourut à Paris, en 1739, a 77 ans, après avoir joui pendant sa vie d'une grande réputation de piété et de savoir.

VIVES (Jean-Louis), né à Valence en Espagne, en 1W2, enseigna les belles-lettres à Louvain avec un applaudissement général.

De là il passa en Angleterre, oij il fut chargé d'enseigner le latin à Marie, reine d'Angleterre, fille de Henri VIII. Ce prince faisait tant de cas du savant espagnol, qu'il allait exprès à Oxford, avec la reine son épouse, pour entendre ses leçons; mais, malgré son estime, il le retint en prison pendant six semaines (et non pas six mois, comme le disent du Pin et Nicéron), parce qu'il avait osé désapprouver, de vive voix et par écrit, son divorce avec Catherine d'Aragon. Vives, ayant recouvré sa liberté, passa à Bruges, où il s'était marié en 1524 avec Marguerite Valduara, et y mourut bon catholique, en 1540, à 48 ans. On a de lui : des Commentaires sur les livres de la Cité de Dieu, de saint Augustin, dont les docteurs de Louvain censurèrent avec raison quelques endroits , ainsi que l'inquisition de Rome. Mettant un trop haut prix aux vertus païennes. Vives plaçait dansle ciel Caton,Numa, Camille, etc.; mais il est à croire que ce n'était qu'une erreur passagère, fruit de l'enthousiasme du moment [voy. Collius); un Jj-ni^ff judicieux et savant sur la décadence des arts et des sciences ; un Traité de la religion ; plusieurs autres ouvrages recueillis à Bàle, en 1555, en 2 vol. in-fol. Budé, Erasme et Vives passaient pour les plus savants hommes de leur siècle, et étaient comme les triumvirs de la république des lettres; mais Vives était iiiférieur au premier en esprit, et au second en érudition. Son style est assez pur, mais dur et sec, et sa critique est souvent hasardée.

VIVIERS (le cardinal de). Voy. Brogny.

VLIERDEN (Lambert de) , né à Herstal, près de Liège, en 1564, suivit pendant quelque temps le parti des armes ; mais, dégoûté de cette profession, comme il le témoigne îui-aiême dans ses poésies, il s'appliqua au droit, et se dévoua au barreau pendant près de cinquante ans, sans négliger la poésie pour laquelle il avait des talents. Nous avons de lui : les Panégyriques d'Ernest et Ferdinand de Bavière, évêques de Liège, en vers

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