‹ Dictionnaire de biographie chrétienneChapitre 267 sur 341 · H VIL · texte numérisé non relu

H VIL

VAini (h la religion, tome XVI, ir 'dl.j On trouve une Notice sur cet Bijclésiaslique d;u)s V Annuaire du déparCement de lu Lozère, pour 1829.

VILLEFOBE (JosEPn-FnA\cois Bocbgoin de), d une famille noble de P.iris, vit le jour en 1652, passaqueliues années dans la communauté des gentilshommes établie sur la paroisse de Sanl-Sulpice, et fut admis, en 1/06, dans 1 acadéiuie dos inscriptions. Il s e 1 retira en 170.S, et alla se cacher dans un [letit appartement du cloître de l'église métropolilauie, où il vécut jusqu'à sa mort, arrivée eu 1"37, à ^o ans. On a de lui un grand noiubie d'ouvra:ies historiiiues, de tradicdons, d'opuscules. S.'s ouvrages histoiiipies sont : La Vie de saint Bernard, 170i, in-i"; elle est écrite avec une simplicité noble ; les Vies des sain/s Pères des déserts d'Occident, en 3 vol. iii-12. Ces deux ouvrages n'ont pas éclipsé celui d'Ariiauld dAndilIy dans le môme génie. La Yie de sainte Thérèse avec des Lettres choisies de la môme sainte, in-4", et en 2 vol. in-12; Anecdotes ou Mémoires secrets sur la constitution Unigenitus, 173'J. 3 vol. in-12. Cet ouvrage, rempli de fiits h isardés et satir ques, donne de ftcheuses iiii|)ressions sur le caractère de l'auteur, et décèle ses liaisons avec le partijansénie 1. [Voij. Lafitau.) La } le d'Anne-Genrvière de Bourbon, duchesse de Longuiville. C'était une des zélées du parti. Les troiluctioiis do Viilefiie sont celles de plu^eurs ouvrages de >aint Augustii:, de saint Bernard et de Cicéron. Ces différentes versions ont piesipie toujours le mérite de la fidélité et de l'élégance; mais on lenroche au traducteur des'négligenees dans la diction et des périphrases languissantes. ^

A'ILLEFROY (Guillaume de), prêtre, docteur en théologie, né en 1G90, mourut professeur d'hébreu au Collège royal à P.ins en 1777. Il av;m été secr taire du duc ilOcleans, qui lui lit donner l'abbive de Blasinioiit en 1721. C'était un liomiue détude et 'i Tii'^4''- O ' « Je lui : Lettres de M. fabbé de ^ u SCS élèves, pour servir d'introduction a I inteiligrnce des saintes Ecritures Pans, 1751, 2 vol. ii-12, et d'autres écrits, solidement réfutés par l'ab.,é Ladvocat H le P. Houb.gant. Sa méthode d'expliquer lEcriture peut être considérée comme une es|)èce d harduiiiisiiie (jui tend à transformer 1 histoire sainte en roman, et à faire de la parole de Dieu un système grammatical Les capuci is, dépositaires de ses écrits et exécuteurs de son |)l.ni, ont donné un Commentaire sur Joo {Voi/. ce nom), et d'autres ouviages où l'on voit une érudition plus singulière qu'utile, plus recherchée qu'assortie a la simi)licité sublime des livres saints.

VILLENEUVE (Hélion de), grand maître de I ordre de Samt-Jean de Jérusalem, (lui résidait alors à Uliodes, fu- élu à la leeoiuniandaiion du pape Jean XXll, ,pii |c connaissait également courageux et habile. Son

V é'eetion se fit h Avignon en 1319 ; mais il ne se rendit à BhoJes que vers l'an 1.332, et y vécut en prince qui sait gouvernei. Ses bienffits lui allirôient un grand nombre de chevaliiTs : cette île devint un boulevard redoutable. Il arma ensuite six galères, pour seconder la ligue des princes chrétiens contre les infidèles. Dillerents abus s'éiaitnt glissés dans 1'. rdre, et le pape Clément VI en avait été instruit. Villeneuve fit de sages rrglemeits pour la réforme des mœurs. Il fut défendu aux chevaliers de porh r de draps ijui coûtassent plus de 2 fiorins l'aune et demie. On leur interdii la pluralité des mets et l'usage des vins délicieux. Il envoya Jieu de temps après des déjmtés au jiaiie; ils tinrent un chapitre h Avignon, où les règlements faits par le grand mailre furent coilirinés. L'ordre perdit Ijientôt Villeneuve; il mourut à Khodes en 13iC. « Prince re- « eoininandable, dit Vertot, par son é.ono- « mie, et qui pendant son magistère ac- « quitta toutes les dettes de la religion. » Sa prudence se signala plusieurs fois autant que sa valeur, et surtout lorsqu'il réduisit l'île de Lango révoltée contre l'ordre. Sa sévérité le fit ■àppe\ev Manlius, parce (|u'il dépouilla, dit-on, de l'habit de chevalier, Dieudonoé de Gozon, qui, contre sa défense avait combattu et terrassé un monstre qui infestait Bhodes. Il fit éclater sa niagnilirenci; | ar les édifi-es qu'il fit élever d nis 1 lie : une église où il fonda deux chapelles magistrales, et un château qui porta son nom. Il fut aussi lé fo ndateur d'un monastère de chartreuses, dans le diocèse de Fréjus. où sa sœur, Bosoiine de Villeneuve, fut piieure, et mourut en odeur do sainteté. VILLENEUVE de Vence. Voi/. Vence.

VILLENEUVE BAKGEMONt fie vicomte Ai.iiAN de), économiste et moral sie chrétien, né à Bargemont en Provence, vers 1775,' mort au mois de juin 18o!), fut d'aboid auditeur au conseil d'Etat. Le gouvernement de Napo'éon lui confia successivement les I)réfectures de Lérida et de Namur, cl, lors de la première restauration de 1814, il fut nommé à la jiréfeclure de Tarn-et-Garonne, qui! (pntta aussitôt qu'il connut l'évasion Ue 1 lie d'Elbe. La seconde restauration lui rendit sa prélecture; plus tard, il eut celle du département du Nord, et il la cons rva jus(|u'à la révolution de 18.30, .pii le rendit a la vie [irivée. Dans ce dernier 'dépaiternent, il s'était livré à de nombreuses recheichcs économi(pies, dont il a •onsigné les résultats dans ses ouvrages intitulés : Lconontic poliHijuc chrétienne, ou Jlecherchcssur la nature et tes causes du paupérisme en France d en Lurope, et sur les moyens de le^ soulager et de h prévenir, 3 vol. in-8°; Histoire de l économie politique, 2 vol in-S" Il a encore publié : le Livre des afjligés, ou Douleurs et consolations, Paris, 18.1, 2 vol. in-12, où Ion r.grctte que les consolations rebgieuses ali'ericnt des formes trop mondaines et trop romanesques ; certaines pa,'es même n'en pourraient être lues sans danger par les jeunes gens. Villeneuve-Barge-

isj's

mont contribua aussi à la rédaction de VtJtiiversité calholique, et à celle des Annales de Philosophie chrétienne, dans lesquelles il publia notamment un article intitulé : Examen du traité de l'abbé Affre (plus tard archevêque de Paris), sur les biens ecclésiastiques, dans le tome XVI, page 255 et suiv.

VILLER (Michel), dont le vrai nom était Tillermaules, prêtre du diocèse de Lausanne, mort le 30 mars 1757, âgé de plus de 80 ans, est connu par des Anecdotes sur l'état de ta religion dans la Chine, 1733-174-2, en 7 vol. in-12. L'auteur impute plusieurs calomnies à des religieux qu'il faisait profession de ne pas aimer, comme l'a prouvé le P. de Goville dans deux lettres insérées dans les tomes XXII et XXIII des Lettres édifiantes^ et dans le tome XXI de la nouvelle édition, Paris, 1781. Viller, attaché au parti jansénien, s'y élève avec force contre l'autorité qui l'accable.

, VILLERMET (Jean-Charles), célèbre missionnaire du xviu' siècle, dont on ignore le lieu de la naissance et de la mort, est surtout connu par un sermon sur le désastre ■de Lisbonne, qu'il prononça à Nevers, le deuxième dimanche de décembre 1755.

VILLERS (Jea>-Baptiste), né à Clavie, village du Luxembourg, diocèse de Liège, en 1069, de parents Iionnêtes et d'une grande piété, étudia avec beaucoup de succès les humanités à Liège et la philosopliie à Louvain. Il se dévoua entièrement à la sanctification du prochain, et surtout des pauvres, dès l'âge de dix-sept ans, où il reçut la tonsure cléricale. Les Pays-Bas étant devenus le théâtre de la guerre, il se relira à la campagne pour travailler au salut des soldats. Ayant appris que l'armée française était en marche pour aller assiéger Liège en 1691, il la devança, et entra dans la ville, où sa charité lui tit braver tous les dangers, pour porter partout des secours spirituels et temporels ; ce qu'il fit avec une ardeur incioyable, durant le plus affreux bombardement qu'une ville puisse essuyer. En 1710, pendant le siège de Douai, où il était président du séminaire provincial des évoques, il faillit mourir d'une maladie contagieuse qu'il gagna, victime de son zèle envers les malades et les blessés. En même temps qu'il donnait à ses séminaristes des leçons sur les vertus ecclésiastiques, son exemple leur en apprenait la pratique. Aucun état n'échappait à sa sollicitude. 11 faisait imprimer, en faveur des gens de la campagne, des livres d'instruction et de piété, qu'il faisait distribuer avec d'autres secours assortis à toutes sortes de besoins. Il mourut en 1746, après avoir donné aux pauvres tout ce qu'il possédait. Sa Vie a été imprimée à Liège en 1774. Quoique le style en soit simple et peut-être trop négligé, elle est propre à entretenir dans les ministres du Seigneur cet esprit paisible et modeste qui, comme dit l'Apôtre, n'avant aucune prétention sur les biens de ce lûunde, cache aux yeux des hommes des richesses immenses qu'il assemble devant Dieu. Qui abscon-

DiCT. DE BlOGnAPHIE RELIG. III.

ditus est cordis homo, in incorruptibilitale. quieti et modesti spiritus, qui est in conspectuDei locuples (I Petr. m). Elle fut réimprimée à Lille en 1788.

VILLERS (Charles -François-Dominique de), littérateur français, né le 4 novembre 1767 dans la Lorraine allemande, embrassa d'abord la |)rofession des armes, et servit dans les trou|>es françaises en qualité d'ollicier d'artillerie jusqu'à la révolution. Il était capitaine et aide de camp de M. Puvségur, lorsqu'il passa en Allemagne. Il résida quelque temps h Berlin et à Augsbourg ; il épousa h Gœttingue une protestante, quoiqu'il fût catholique, et l'on dit même qu'il changea de religion. La classe d'histoire et de littérature de l'institut national avait, en l'an XI (1803), proposé pour sujet de son prix, cette question : Quelle influence la réformation de Luther a-t-elie exercée sur la situation politique des différents Etats de, l'Europe, et sur les progrès des lumières ? Villers le traita tout à fait à l'avantage de la réformation. Selon lui, c'est à Luther, c'est à la commotion que donna aux esprits la guerre qu'il fit au catholicisme, qu'est dû tout le bien qui s'est fait depuis. Villers ne tient aucun compte des guerres sanglantes qui ont résulté de cette scission, de tous les maux qu'elle a causés ; on, s'il en fait mention, il ne les regarde que comme une crise, pénible peut-être, mais heureuse, à laquelle est due la régénération du corps social. Quoi qu'il en soit, il trouva la classe d'histoire et de littérature disposée à favoriser son système, et non sans quelque scandale, le prix du concours lui fut adjugé dans la séance jiublique du 12 germinal an XII (2 avril 180i). Parmi ses concurrents était un jeune homme nommé Malleville, fils du pair de ce nom. Il débutait dans la littérature, et avait traité le sujet proposé dans un sens entièrement contraire. Il prouvait que la réformation n'avait été avantageuse ni à la situation des états politiques, ni aux progrès des lumières. D'assez bons juges ont prétendu que son discours était mieux écrit et mieux raisonné que celui de Charles Villers ; mais il était moins philosophique, et de plus il était religieux. La classe l'honora d'un accessit. L'abbé Robelot avait aussi traité ce sujet au point de vue calholique. Voy. Robelot. A ceux, du reste, qui voudraient approfondir la nature des résultats politiques et sociaux produits par la réforme de Luther, nous indiquerons entre autres ouvrages ceux de Balmès {Voy. ce nom), et les Lettres au clergé protestant d'Allemagne, sur les causes des désordres politiques, moraux et intellectuels renfermées dans les principes de la réforme, et sur les effets que ces causes produisent de nos jours, par Mgr Luquet, évoque d'Hésébon, 2 vol. in-12. Il n'est pas inutile de remarquer que les commissaires, sur le rapport desquels la classe décerna le prix, de sept qui avaient été nommés, s'étaient réduits à cinq, dont trois seulement votèrent en faveur de Charles Villers. De ces trois, deux étaient, Gingucné,

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alors rédacteur do la Décade philosophique, ^i Charli s-Franf ois Dunuis, cn-inii ])ar son livre do VOriginr des cultes, et par ses sentiments on matière de rcliyinn. L'écrit de Yillers lit jurande fortune, non-seulement jinrmi les protestants, mnis encoie dans le jiarti philosophique, et cul plusieurs éditions. Viliers ntlVctionnait particulièrement le système de Kant, et était grand admirateiir de sa tliéorie, que sans doute il comprenait; avantage que tout le monde n'a pas. Kant, pour lui, était l'homme par excellence, riiomme immortel ; il avait posé les vrais pi'încipes, il était arrivé à des résultats qui désormais devaient être inébranlables. Nous citerons de Yillers : Le Mafjnétiseur amoureux, Genève (Besançon), 178", in-12 ;Z>c la liùeité; son tableau et sa défivition; ce quelle est davs la société; moyen de la conserver, Metz, 1791, in-8", 2' et 3" éditions ; cette îlernière porte le nom de l'auteur ; Lettres tecsiphaliennes, Bei lin, 1797, in-8" ; Lettre à mademoiselle D. S. sur l'abus des grammaires dans l'étude du français, et sur la meilleure méthode d'apprendre cette langue, Goëttiiiiîen, 1797, in-8° ; Relation abrégée du voyage de Lapeijrovse, pour faire s^iite à l'cibrégé de l'Histoire générale des voyages de Lahnrpe, Leipzig, 1799, in-8' ; Philosophie de Kant. ou Principes fondamentaux de la philosophie Iranscendantale, première pa: tie, Metz, 1801 (an IX), 1 vol. in-8°. A la tète se trouve une Notice biographique sur Kant. H devait y avoir à cet ouvrage une 2° partie où Viliers aurait développé la théoiie de la morale et celle des beaux-arts; elle n'a

S oint paru ; Précis historique de la vie de lartin Luther, traduit du latin de Mélanchthon avec des notes, 1810; Essai surVespril et l'influence de la réformation de Luther, in-8" ; c'est l'ouvrage que l'institut a couronné. Plusieurs écrivains se sont occupés d'en faire la réfutation. On en trouvera un examen avec de lionnes observations dans les Annales littérnires et morales, t. II, p. VM. Charles Viliers est mort à Gœttingue, le 20 lévrier 1815. Il était mcmltre de la société royale de-: sciences de cette ville. VILLIERS DE lIsle-Adam (Philippe de), élu en 1521 grand maître de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem , commandait dans l'île de Rhodes, lorsque cette ile fut assiégée par 200,000 Tui-cs, en 1522. Les elforts de cette multitude, conduite par le visir, ayant été inutiles, Soliman vint lui-même la commander , et pressa le siège avec tant de vivacité, que le grand-maître, trahi d'ailleurs par d'Amoral, chancelier de l'ordre, fut obligé de se rendre le 20 décembre de la même année, après s'être défendu pendant six mois avec un courage héroïque Le vainqueur, plein d'estime pour le vaincu , lui ht les olfrcs les plus ilatteusis pour l'engager à restera son service : mais l'Isle-Adam préféra les intérêts de son ordre h sa fortune. Après qu'il eut erré pendant huit ans avec ses chevaliei's, sans retraite assurée, l'empereur Charles-Quint lui donna , en 1530, Malte, Goze et Tripoli de Barbarie; et le

grand maître de l'Isle-Adam en prit possession au mois d'octobre de la même année. C'est depuis ce temps que les chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem ont pris le nom de Chevaliers de Malte. 1/Isle-Adam mourut en lo3'i, à 70 ans, |)'euré de ses chevaliers, do'.it il avait été le défenseur et le père. On grava sur son tombeau ce peu de mots qui renferment un éloge complet : Hic jacet victrix fortunœ virtus. — Sou petit neveu, Cliarjes, mort en 1535, donna toutes ses terres à son cousin le connétable Anne de Montmorency, en 1527, du consentement de sou frère puîné Claude, quiavaitcependantplusieursenfjints.

VILLIERS (dom Placide de), historien et i-eligieux bénédiutin, né à Yesoul vers 16iO, fit profession dans l'abbaye de Luxeuil en 1655, et ne se disti igua'pas moins par son habileté dans les arts mécaniques que par son aptitude pour les sciences ecclésiastiques. Il construisit pour différentes églises de son ordre des orgues dont on vantait la perfection. Il se fit aussi beaucoup de réputation dans la chaire sacrée. Après avoir été sous-prieur à Morteau, puis au collège de Saint-Jérôme h Dùle, dom de Villiers éprouva les atteintes d'une épilepsie qui résista à tous les remèdes. Il revint à Luxeuil, et composa dans les intervalles que lui laissait son état habituel de souffrance, plusieurs opuscules ascétiques : Prières pour une âme malade; le Psautier des affligés, recueil de passages tirés des psaumes et des saints Pères. Le 11 mars 1689, on le trouva suffoqué dans sa chambre. Dom Placide de Viîliers laissait eu manuscrit un ouvrage intitulé : Educlum e tencbris Luxovium, seu Chronicon Luxoviense ex vetustis nionumentis tanquam ex pulvere erututn, anno 168i-, iii-fol. Cet ouvrage a été trèsutile au chanoine Grappin, pour son Histoire de Luxeuil.

VILLIERS (PiERBE de), né à Cognac sur la Charente, en 16i8, entra chez les jésuites en 1666. Après s'y être distingué et dans les collèges et dans la chaire, il en sortit en 1639, pour entrerdans l'ordre de Cluny non réformé. Il devint prieur de Saint-Taurin, et mourut à Paris en 1728 , h 80 ans. Cet écrivain, appelé par Boileau Matamore de Cluny, parce qu'il avait l'air audacieux et la parole impérieuse, était d'ailleurs un homme très-estimable. On a de lui un recueil de Poésies, recueillies par Colombat, 1723, in-12. On y trouve ['Art de prêcher, poème qui renferme les iirincipales règles de l'éloquence; de l'Amitié; de l'Education des rois aans leur enfance. Ces trois poèmes, sur de grands suj' ts, sont remplis de solides préceptes et de sages instructions; mais le style est simple, dénué d'haimonie et d'images; deux livies d'Epitres; Pièces diverses, etc. L'alibé de \'illiers s'est aussi distingué par{)lusieurs beaux sermons et par différents ouvrages en prose. Les principaux sont : Pensées et réflexions sur les égarements des hommes dans la Toiedu salut, Paris, 1693 e! 1732, 3 vol. iii-I2; Nouvelles réflexions sur les défauts d'aulrui et sur les fruits que chacun en peut retirer pour sa conduite, in-12, '••vol.; Vérités satiriques, en 5,0

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à\n]o?;nefi,n2a,m-'\i\ Entretiens sur les Co'ntrs des l'c'es et sur quelques o'i-vrages de ce temps, pour servir de préservatif courre le mauvais ooiîf, Paris, J09J, iu-12. H s'élève dais co livre contre rus.sge de n.' injure que do l'amour dans ces pièces. Gis diUerenls o;ivrau;os respirent une bonne moial.'; el sa diclioi, pure elsai'ie, est bien préférable, dit Feller, a l'emphase pédaiilesque des moralistes d'aujourd'luii.

VILLllil{S(CÔME DE Saint- Etiemvi; de), né à Saint-Denis près de Paris, en 1683, enira chez lesCunuesde la provi^ice de Tours, fut défiiiteui', et mourut ea 1758. Oi a de lui Bibliollirca carmelilann, Orléa'is, 1752, 2 vol. in-f(jl. Dans la Disscrtatio prœvia île cita- iiionasticœ oriçjine, qui est à la tète, il l'ait remonter la vie monastique au temps d'Elie, et prétend prouver, de siècle en siècle, que l'ordre des Carmes tire son origine de ce saint pro|ihèto. Les dissertations qui sont répatuUies dans tout l'fKivrage o'.U la plupart pour objet la réfutation des sentiments du P. Papebioch, qui n'étaient [las favoi'aljles à ces prétentions. Du reste l'ouvrage est bien écrit et plein de recherches. O.n y trouve des choses curieuses et inqiorlautcs, entre autres U'ie conférence que les chefs du jansénisme eurent vers 1620 à Bordeaux, dans les mêmes vues qui les assemblèrent l'année suivante à Bouigfontaine; mais oii M.ïï. de BéruUe et de Cospéan, qui n'opinèrent pas dans leur sens, empêchèrent le plein développement de leur système. Cette relation, qui ne peut être suspecte (1), observe Fcller, serait une nouvelle

(1) Par une erreur dn copiste, il y a une omission iniiiDrlantç CM ce i|iii^ l'avis de Cospùan ne s'y trouve p s, 01 qu'on lui atlrilme celui de Jansénius, comme on l'a dinuDiilrii dans le Jonni. Iiisl. et litt., 1"^'' jonvicr 1794, pag. 51. — Du reste, la n.è;ne rel.ilioii se trouve d;iiis Jncohi de Monbron Disrp-isitio historieo (heologicn, un Jiiiisiniamus sil tiieriim ■phanlaaiiiti : parle I, cap. 14, pag. 17!). Elli; osl consignée ('ans deux déclar.ilions tout à fait respccla- I)li!S, coiiçues en ces ternies: i Nos F. Maicns a « Nalivilale Virginis, provjnci;d!s cannelitaiinii « provinci;e Tnri)iien-.is, lioc scrIpJo dochiraiiiiis, f (pio 1 anno Kj.j-2 ci 1G34 l). de Ha.silly, vir iioldlis € ïaroaensis, leslanis no'jis sil i:i:erlnissc se circa « a. muni ItiiiJ callnqnio cuidam viro uni in eccliNia « spi'ctabiiiicn, inUM' quos craiil doaiirius du Ver- « ger, cui noinen li^iniîc l'iill aljhjli s:!ncto Cyrano, 4 el do'^.di.ns J.U'.S'nias, dein Ypronsium in" Flan- « dri 1 Epis, opus. l'ropoiiebat in eu cudDipuo D. du « Vargei' iit ne liicles flegalarinni le:ii|)la aiineiU • tam IVei|uciiier, opliadmï factu fore si ecclesiat sliii, qili a;lmi!ii:,li-ani!is Sacramenlis daiianl ope-

< rani, piaxi uleientur ei iippnsit.i, (pi.c in lcaq)0- 4 ris Uourpal atnr an-galaiilms, pœiiik-nlia'vcio sa- « ( rameiilun didicdc redliTenl, encliai-i>lia' aiilem « ni usus rarioi- essel el'lici'rciil. Ja iST.io consnl-

< lum non viiiebatai- in rcligiosos oinnes simnl in- « surgeie ; sej initiam, aie:ial, samianinm esse a « ji'suilis ; neqne edia ditlicile fiilunini demoa- « slrare pcrvcrsani esse oonim di'galia dotlrinam, « et sopi'.asdc ea re su!) ClR)ueiUe*'Vl!l conci'iiMiio- « nés rcsliluere. !n enm fmcni li^iriini se conscri-

< plaruai addieeliat (jua je-iuilaïuin doclrinam iui- « p'.'terct, qncm siiscipio cslenai esse ijui d< in e

< proJiil in piiWicam lioc ir.si,:;iiiUisiilid<> Aii(jus;i-

< tius, etc. Piiorcm agiiam in convenlu n'os:ro i« Turonensi cura doniiuus de Razilli priusquara

prenve du projet de Bourgfonfaine, si aujourd'hui il pouvait rester le moindro doute sur une conspiration exécutée dans tjute son étendue aux yeux du monie entier.

VIELIERS (MARC-ALBEar de), prêtre et avocat, né vers 17.30, ii Paris, où il mourut le 30 juin 1778, est connu par les ouvrages suivants : Apoloqie du célibat des prêtres.^ Paris, 1762, in-12, contre le livre de Desforgos, chanoine u'Etam[)os, intiiulé : Avnntugrs du v.arin'je, et combien il est nécessaire aux prêtres et aux évéï/ues de ce temps-ci d'épouser une fille chrétienne, Bi'uxelles, 1738, in-12. Ce no fut pas sans scandale qu'on vit paraître un ouvrage de ce genre, composé et publié par un ecclésiastique, qui osa y mettre son nom. Le livre fut mis à V index, par décret du 7. janvier 1765. L'abbé de Vilbers réfute victorieusement les raisons sur lesquelles le chanoine s'appuie.

\ ILLOTÏE (Jacques), né à Bar-le-Duc, le 1" novembre 1656, se lit jésuite, et fut envoyé par ses supérieurs dans l'Arménie pour y travailler à la propagation de la foi. Il revint en Euiojje en 1709, gouverna plusieurs crdléges de la Lorraine, et mourut î^i Saint- Nicolas, prés de Nancy, le li juin 174.3. 11 a donné en langue arménienne |dusieurs ouvrages qui ont été imprimés à llome, à l'imprimerie de la Propagande. Une Explication de la foi catholique, 1711, in-12; V Arménie chrétienne, ou Catalogue des patriarches et rois arméniens, depuis Jésus-Clnist jusqu'à l'an 1712, Rome, 1714, in-îol.; Abrégé de la doctrine chrétienne, Rome, 1713, in-12; Commentaires sur les Evangiles, 1714, in-n"; Dictionnaire latin-arménien, où on trouve bien des choses sur l'histoire, la théologie, la physique, les matliémaiiques, 1714, in-fol. Le même auieur a donné en français : Voyage d'un missiumutirc en Turquie, Perse, Arménie, Arabie el ISnrbarie, Paiis, 1730, in-f2.

, ViNCAR r (Jean), jésuite, né à Lille en 1503, mort à Tournai le 5 l'évr. 1679, s'est fait con-

e o' irel, s li eliamnum apprime compos ac conscius « qua; d ■ illa coUnquio anlc comniL-nioraveral, ilc- « lalo testalas est -sss vera. Sed et liu!C eadcm nar- « rai palii iSicolao a Visiîatione pr.cileccssnii ineo « co;i ni in maaere prioris, sniijeceraliiiie edixisse « seviris islis.non placn:sse siiii ea concilia aut t cnlloqala ; qaippa in qui. us nihil agphaeir aliud, « qnam ni pissioni su.u alqu" iililiiali inservirent. « In quorum fidem i>as propria maim sci'iplas si- € gn:ivi, n signari cu-avi pc'r assist^mlem nosiniin, « al(iari insnpev s gillo oMic i iioslri nimiivi. Aclunl n TuronilMis "2'.) jidii 1C87. Fr. Mariais a Nalivilate « Virginis, provaici dis carniclilarani i:i provincia « Turonensi. — Fr. .lo-epluis a Jcsu Maria, assis- « lens R. P. provineialis. — Nos Fr. Nicohiiis a « Yisitalione reiigiosns ordiiiis B. M a-ix> Monlis « Oarmeli declaramus audivisst: nos ex ipso D. de I Rassilly tum cnm piioiis iiiuiiere fungebamiir Tu- € roaibus ann. IGID, lOoO, ea q-uc palcr nosterpro- « vincialis R. P. Marcusa Nalivilalc Virginis, ret f:nl de colloquio, cui inlerf'>eri' D. Sancl s-Cyra- « uns, f). .leiseiiins, et rdiqn t alii in quo co^-silia « co.ilulertinl, que i'e:ni!e c^e-u ioid mùiiala sunt, « ui vulgo compsrfiai est. In qimram 11 lem, basée « manu inca s;g':avi, aîq^ja apaoïd cnravi cmiveii- « lus nosiri, siglinin. Actam ' Tavouibus '29 julii < 1()89. ï Fr. JSicoiaus a Visiiatione.

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naître ])nr dos poésies latines. Sacrarum Ueroidum Epistolœ, Tournai, 1030, réimprimées à Mayence, 1737; De cultn Deiparœ, Lille, IC'i-S, in-12. Ce sont des élégies sur le culte de la sainte Vierge, où l'on retrouve l'excessive fécondité d'Ovide; ce qui donna lieu à cet anagramme : Joannes Vincarliiis : Nasoni ARTiî vir.iM's. Vita sancti Joannis Chrysoslnmi. Tournai, 1639; Viliesanctorum /«o«nis Elcnnosf/nnrii,Climaci, et Damasceni, iG"yO; une Ilist. (If N.-D. de la Treille, auguste et miraculeuse, dans l'église collégiale de Saint- Pierre, patronne de la ville de Lille, etc., Tournai, 1G71, in-8°.

VINGENS (dom Jean-Baptiste), bénédictin de la congrégation réformée de Cluny, naquit à Arles au xvii' siècle. Son nom de baptême i[!\'\l Sébastien : il le changea en celui de Jean-Baptiste quand il se lit religieux. Il était versé dans la théologie et dans le droit civil et canonique. Il enseigna pendant ]ilusieurs années ces diverses sciences dans sa congrégation. Il prèrhait avec succès, et fut «ppelé pour des stations A^x^s plusieurs églises cathédrales. 11 occupa aussi successiveflient les principaux emplois de son institut, et en fut même élu supérieur général. L'étude qu'il avait faite du droit, et son habileté dans le maniement des affaires, le rendirent exîrômemont utile dans les contestations que son ordre :^ut à soutenir contre le cardinal do Bouillon , abbé commandataire du monastère , chef d'ordre de Cluny. Dans ses dernières années, dom Vincens se retira au monastère de Saint-Martin-des-Champs , à Paris, dont il avait été prieur claustral; il y îiaourut en 17.38 ou 1739. 11 a publié divers ouvrages, dont voici les principaux : Duplex oratio in gencralibus cluniacensium comitiis an. 1685 et 1693, habita, prwsidente eniineniissimo cardinale liullonio, magna Franciœ eleemosi/nario ubbate, capite et superiore gênerai! totins ordinis cluniacensis ; Duplex orntio in particularibus strictioris observanîim cluniacensis comitiis habita atin. 1718 et 1720; Missœ in festis S. Odillonis, S. l'rancisci Salesii , S. Thomœ Aquinalis, S. lienedicti, S. Maria Mgijptiacœ , S. Francise! de Pauln , S. Monicœ viduœ , translationis S. Martini, necnon S. Bcnedicti , assnmptionis II. Maria', S. Theresiœct S. Francisci Xaverii; Prosœ sire scguentiw in honoremS. Odillonis, S. Maurii, S. Scolastica', S. Bcnedicti, S. Hu- (jonis, S. Mai/oli, SS. Pelri et Pauli, S. Martini, B. Mariœ Yirginis in ccelos assumptœ, SS. Placidi et sociorum martyrum et S. Odonis abbatis ; Ludovico Aube de Roqucmartine, Grassensiwn episcopo, carmen; Miscellanea; divers Mémoires pour le maintien des supérieurs de l'une et l'autre observances de l'ordre de Cluny, dans la juridiction sur les religieux desdites observances , contre les prétention,' de M. le cardinal de Bouillon ; Lettre h un ami, sur une thèse dédiée au cardinal Dellino , et soutenue à Avignon , sans président, par UTie demoiselhj Agée de 1 i ans, sur les quatre parties de la philosophie do Scot : <les Sermons, des Panégyriques, des 0(>uscules théçlogiques, demeurés manuscrits.

VINCENT (saint), martyr, né îi Saragosse, avait été ordonné diacre ])ar A'alère, évêque de cette ville, lorsque l'un et l'autre furent arrêtés en 303, par suite des édits de Dioclétien et de Maximien. On les tourmenta d'abord à Saragosse, puis à Valence, où résidait le cruel Dacien, proconsul de l'Espagne, qui, après les avoir fait comparaître devant lui, condamna Valère à l'exil. Vincent subit de nouvelles tortures, d'une violence telle que les détails font frémir d'horreur. Son geôlier, frapjié d'une vertu si héroïque, ou plutôt surnaturelle , demanda et reçut le baptême. Saint Vincent expira des suites de son supplice le 22 janvier 30i. Son corps , enfermé dans un sac et jeté dans la mer par les ordres de Dacien, fut poussé par les flots sur le rivage, et enterré dans une petite chapelle près de Valence. Prudence l'a célébré dans ses liymnes sacrées, et saint Paulin l'appelait la gloire et l'ornement de l'Espagne. Parmi les sermons de saint Augustin, on en trouve quatre prononcés le jour de sa fête, 22 janviei'; ce sont les sermons 27i à 277. L'abbaye de Saint-Germain-des-Prés conservait autrefois un bras et la tunique de saint Vincent, que Clhklebert avait, dit-on, apportés d'Espagne.

VINCENT DE LÉRiîis (saint), célèbre religieux du monastère de ce nom , était natif de Tout , selon la plus commune opinion. Après avoir passé une partie de sa vie dans les agitations du siècle, il se retira au monastère de Lérins, situé dans une petite île sur les côtes de Provence, à deux lieues d'Antibes, et il ne s'y occupa que de la grande atfaire du salut. Il composa, en ^3k , son Commonilorium adversus hœreticos, ou Avertissement , etc., dans lequel il donne des principes pour réfuter toutes les erreurs, quoique son but principal soit d'y combattre l'hérésie de Nestorius, que l'on venait de condamner. Sa règle est de s'en tenir à ce qui a été enseigné dans tous les lieux et dans tous les temps ; règle qui tient k celle des Prescriptions, établie par Tertullien et saint Irénée. Ce Traité, plein d'excellentes choses et de principes rendus avec netteté , était divisé en deux parties, dont la seconde traitait du concile d'Ephèse. Cette partie lui fut volée, et il ne lui resta que l'abrégé qu'il en avait fait, et qu'il a mis à la tin de son Commonilorium. Cet illustre solitaire mourut vers kk%. La meilleure édition de son excellent ouvrage est celle que Baluze en a donnée avec Salvien, 1684-, in-8°. Cette édition, enrichie dénotes, a reparu, augmentée, àBome, 1731 , in-i". Nous avons une traduction française du Commonitorium , in-12. Quelques critiques lui ont attribué des objections contre la doctrine de saint Augustin sur la grâce, auxquelles saint Prosper a répondu; mais elles sont d'un autre Vincent qui vivait au même temps dans les Gaules, comme l'a ]irouvé Baronius dans ses Notes sur le Martyrologe romain , au 24 mai. Voyez aussi la Vie et l'Apologie de saint Vincent par le P. P.incbioch , dans les Acta sanrtorum; D. Ceillicr, le cardinal Orsi , et le cardinal Gotti , dans un ouvrage qu'il a fait contre

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Jean Le Clerc. Une traduction fiançaise des œuvres de saint Vincent de Lérin's a paru sous ce titre : OEuvres de saint Vincent de Lérins et de saint Eucher de Lyon, traduction nouvelle, avec le texte, notes et préfaces, par J.-F. Grégoire et F.-Z. Collombet, Ljon et Paris, 1834, in-8°. Voy. Ruzk. — La plus belle comme la plus complète édition qui ait paru du texte original des écrits de saint Vincent de Lérins est celle qu'en a donnée M. l'abbé Migne, en y joignant les OEuvres de Cassien, et de douze autres Pères moius considérables, Paris, 18W, 2 vol. in-i°, formant les tomes XLIX et L du Cursus coinpletus Patrologiœ. Voy. la lin des articles Cassien, et saint Hilaire, évêque d'Arles.

VINCENT DE Beauvais, dominicain, ainsi appelé du lieu de sa naissance, s'acquit l'estime du roi saint Louis et dos princes de sa cour. Ce monarque l'honora du titre.de son lecteur , et lui donna l'inspection sur les études des princes ses enfants. Vincent ayant fort aisément des livres par la libéralité du roi, entreprit l'ouvrage qui a pour titre : Spéculum majus. Douai, lG2i, 10 tomes en k vol. in-fol. L'édition que Mcntel en a faite à Bâle, 11-73, en 10 vol. in-fol., est devenue extrêmement rare. C'est un ample recueil contenant des extraits d'écrivains sacrés et profanes, où l'on tiouve rassemblé dans un seul corps tout ce qui a paru le plus utile à l'auteur. Cette collection est assez mal choisie et mal digérée; maison ne peut disconvenir qu'il n'y ait bien des choses curieuses et utiles, qu'on ne trouverait pas ailleurs sans beaucoup de peines et de recherches. Elle est divisée en k parties. La première est intitulée iS/jecM/wmnn^ftra/c; la 2' Spéculum doctrinale; la 3' Speculummo)-ale imnis celle-ci n'est pas de Vincent; elle est tirée de la Somme de saint Thomas, Secunda Secundœ, comme l'a prouvé , par un ouvrage particulier, le P. Echard; et la k' Spectilum liistorialc. L'abrégé de cet ouvrage est attribué à Doring. {Voy. ce nom.) Une Lettre h saint Louis sur la mort de son fils aine ; un Traité de l'éducation des princes; et d'autres Traités en latin. Ce religieux mourut (mi 12Gi.

VINCENT-FERRIER (saint). Voy. Ferrier.

VINCENT DE Paul (saint), né à Ranquines, petit hameau de la paroisse de Pouy au diocèse de Dax, le 2i avril 1576, de parents obscurs, fut d'abord employé à la garde de leur petit troupeau; mais la pénétration et l'intelligence qu'on remarqua en lui engagèrent ses parents à l'envoyer k Toulouse. Après avoir fini ses études, il fut élevé au sacerdoce en 1600. Un modique liéritage l'ayant appelé à Marseille, le b;Uiment sur lequel il s'en revenait à Narbonne tomba entre les mains des Turcs. Il fut esclave à Tunis sous trois maîtres différents, dont il convertit le dernier, qui était renégat et Savoyard. S'étant sauvés tous les deux sur un esquif, ils abordèrent heureusement à Aigues- Mortes en 1607. Le vice-légat d'Avignon , Pierre Montorio, instruit de son mérite, l'emmena kRome. L'estime avec laquelle il parlait du jeune prêtre fiançais l'ayant fait coa-

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naître a un ministre de Henri IV, il fut chargé d'une affaire importante auprès de ce prince en 1608. Louis XIII récompensa dans la suite ce service par l'abbaye de Saint-Léonard de Chaulno. Après avoir été quelque temps aumônier de la reine Marguerite de Valois, il se retira auprès de Bérulle , son dii'ecteur, qui le fit entrer en qualité do précepteur dans lamaison d'Emmanuel do Condy, général des galères. Madame de Gondy, raëre de ses illustres élèves, était un prodige de piété. Ce fut elle qui lui inspira le dessein de fonder une congrégation do prêtres qui iraient faire des missions à la campagne. Vincent, connu àla cour pourcequ'ii était, obtint par son seu! mérite la placed'aumônier général des galères enl619.Lerainistèrede zèleotde charitéqu'il y exerça fut longtemps célèbre à Marseille , où il était déjà connu par de belles actions. Ayant vu un jour un malheureux forçat inconsolable d'avoir laissé sa femme et s"es en ■ fants dans la j)lus extrême misère, Vincent de Paul offrit de se mettre à sa place ; et,, ce qu'on aura peine sans doute à concevoir,, l'échange fut accepté. Cette homme vertueux fut enchaîné dans la chiourrae des galériens, et ses pieds restèrent enflés, pendant le reste de sa vie, du jioids .les fers honorables qu'il avait portés. Saint François de Sales, qui«e connaissait pas dans l'Eglise un plus digne prêtre que lui, le chargea, en 1620, de la supériorité des filles de la Visitation. Après la mort de madame de Gondy, il se retira au collège des Bons-Enfants , dont il était principal, et d'où il ne sortait que pour faire des missions avec quehjues prêtres qu'il avait associés à ce travail. Il leur donna des règles ou constitutions qui furent approuvées par le pape Urbain VIII» en 1632. En 1633, les chanoines réguliers de Saint-Victor cédèrent à Vincent le prieuré de Saint-Lazare, qui devint le chef-lieu de la congrégation, et qui a fait donner aux prêtres do la mission le nom de Lazaristes. Les fondations pieuses et utiles qu'il lit ou qu'il augmenta ; les secours de tous les genres qu'il envoya dans les temjis malheureux jusijue dans des provinces éloignées ; tout ce qu'il a fait enfin pour le soulagement, l'instruction et le salut du prochain, en font un des grands bienfaiteurs do l'humanité. Avant l'établissement pour les enfants trouvés, on vendait ces innocentes créatures dans la rue Saint-Landry, 20 sous pièce, et on les donnait par charité, disait-on, aux femmes malades qui en avaient besoin pour leur faire sucer un lait corrompu. Vincent de Paul fournit d'abord dos fonds pour nourrir 12 de ces enfants ; biontùt sa charité soulagea tous ceux qu'on trouvait exposés aux portes des églises ; mais les secours lui ayant manqué, il convoqua une assemblée extraordinaire de dames charitables. Il lit placer dans l'église un grand nombre de ces malheureux enfants, et ce spectacle, joint h une exhortation aussi courte que pathétique, arracha des larmes, et le même jour, dans la même église, au môme instant, l'hôpital des Enfants-Trouvés fut fondé et doté. Voy. Gras

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(Louise Le). Il assista Loiiis XIII dans ses cioi'iiers inoiuunls, et le dispusi ù uiourir d>-iiis les i)lus i)arfaits sentiments de pii'té. L;i reine rôj^eite, An".e d'Autriclie, lui donna sa confiance , et le nonuua membre dn con'^eil de conscience. Peiidmt dix années qu'd fut à la tôte de ce conseil, il ne (it nommer auv b^inélices que ceux qui en étaient les plus di;^nes. L'at.ti'ntion qu'il eut d'écarter li'S partisans de Jansénius, et l'horreur qu'il témoigna dos propos de l'abbé de Saint-Cyran (voij. Veugeki, l'ont fait peindre par les hislor.ens de Port-Hoyal comme un nomme d'un gi'nic borné ; (car qui p;'ut avoir du génie aujuu'inenl des sert.ûres, sans être leur i ait'isan ?) les plus fanatiques du parti ulièrenl ju'<qu'à pui)!ier couiro lui un libelle atroce {l'Avocat du diable, 3 vûl. in-12), où il était traité d'infâme délateur el d'exécrable boutefeu ; mais les gens de bien n'en crurent que davantage à sa vertu, à la pureté et aux lumières de son zèle. « Parmi les esprits faclieux, dit un oran teur célèbre , être leur adliérent, c'est le « souverain mérite ; n'en être pas, c'est le « souverain déori. Si vous êtes dévoués à « leur parti, ne vous mettez i)as en jieine « d'acquérir de la capacité, de la probité, a votre dévouement vous tiendra lieu de. « tout le reste. Caractère partictilier de l'Iié- « résie, dont le propre a toujours été d'éle- « ver jusqu'au ciel ses fauteurs et ses sectaa leurs, et d'abaissé.- jusqu'au néant ceux « qu'elle croit l'altaiiuT el la combattre. » (Bourd., Sermon sar l'avcugle-nc.) 'Vincent de Paul travailla efli- acemeut à la réforme de Granmjont, de Prémontré , de l'abbaye de Sainte-Geneviève, aussi bien qu'.^ l'établissement des grands séminaires. Vincent, accablé d'années, do travaux, de morlitieations, linit sa sainte carrière à Sainl-Lazare le 27 s^'plembre IGW), Tige de jirès de 83 ans. Benoît Xlll le mit au nombre des bienheureux, le 13 août i72î) ; et ('dément XU au nombre des saints, le 19 jun 1737. Saint Vitictnit de Paul a laissé quelciues écrits : tiegnUe seu Constituliones co»imiines conaregationis lyiissionis , l'aris , 1G58 , in-16; Conférences spiriluelles pour l'erplicnlion 4es règles des sœurs de la charité, Paris, 1826, in-'*"; Correspondance avec les prêtres de la congrégation de (a mission et une infinité d'autres personnes, manu>crite ; Lettre au pape Alexandre MI pour solliciter la canonisation de saint François de Sales, prince-évéï/ae de Genève. Ceux qui voudront connaître plus pariicidiereiui'nt saint Vincent de Paul peuvent lire la Vie que Collet en a d(jiinée en -2 vol. in-i°, et d:uis ÏAhrégé en 1 vol. in-12. On Uf pont qu'admirer Vincent en lis. ml cet ouvrage; et, (juoiijue ce soit le poitraii d'un i)èie l'ait par un enfant, il n'est [loint llatt(\ Celle (ju'Ab lly, évèque de Rodez, a donnée, in-i", réiiupr. eu 2 vol. in-8% est aussi très - inlér^ssanlc ei moins pioli-ieque celle deCoiM. Oir y trouve des am'cdotes aussi cuiicusos rpi'a rthiMili- (pies, sirr les a[)iM.r es de lasecle jansénieune. \J existe une autre Vie de saint Vincent de

Paul par M. B. Capefigue ; cet ouvrage a remporté le pi'cmier prix de fondation royale à la société catliolique des bons livres |)Our 1821). Nous citintMis encore celle de M. l'abbé Orsini, qui a été l'objet d'assez gr-aves reproches dans ['Ami de la re(i~ gin}, du 2't janvier 1843, tom. CXVI; et l'Histoire de saint Vincent de Paul par M. l'abbé A. Maitrias, chanoine hoiiondre (le Moulins, 1 vol. in-8". Ausart publia, en 1780, VEsprit de saint Vincent de l'aut, 1 vol. in-12; réimpr. on 1819 et en 182^7, 2 vol. in-12. M. l'abbé ilanry a fait un panégyrique de ce sainU , plein de feu et o'éioquence. Celui de M. de Boulogne, évoque de Troyes, publié en 1822, ne le fart pas regretter. Sa congrégation ne s'est pas illustr'ée, crmime d'autres, dans la littérature ; ce n'était pas le but de son foud.ileur, qui savait corubien la piété était piélér-able à la science; mais elle sert utilenxent l'Eglise dans les séirrinaires et dans les missiorrs. Une des grandes preuves du bici ((u'elle faisait est la haine que les impies lui portent ; elle fut un dos riremiers objets de dévas'aliou pendant la révolution , et son général une des premières victimes.

On a feiil dans ces derniers temps plusieurs ouvrages destinés à célébrer les ver-lus de saint Vincent de Paul : nous citerons le poème de madame Gautier, précédé d'une Notice histor'iipie. Voyez l'Ami de la religion du 27 avril 18.J3. On peut aussi voir sur le même saint ce recueil, t. LXII, p. 2G0, 311, 3il, 3W, 353, 377,380; t. XCIII, p. 164, cl passini; t. LXV, p. 109, 332, etc., et ponr les détails relatifs à la trausiation des reliques de ce saint, VAnii de la religion, t. LUI, p. 2i0, 311, 3'il, etc.

^'INCENT (isABiîiu), prophétesse. protestante, conirue sous le nom de la bergère de Vrest, naquit vers j670, dans les montagnes du Daupliiné. Son père, cardeur de laine à Saou , d ocèse de Die, seti'ouvant dans une l)rolonde misèr'e, la jeune lil'e fut recueil. ie par son parrain, qui lui contia la garde de ses tr-oupeaux. Un inconnu ([ui vint la trouver dai:s les champs lui apiu'it h conti-efaire l'inspirve, et elle profita si bien de ses leçons, (pi'elle lit croire ii ceux qui reiilouraiimt (ju'<;lle recevait les visites de l'Espi'it saint. Le mi listr-e Jui-ieu se chargea de déinootror que ctte tille était suscitée par la Providence pour la consolatioii et ie soutien de rK^lise proleslairle. Ces succès la partaient à souteirii- son r-ùle. Mais, en 1088, l'iiit -ndaiit du Dauphiné étant venu à Grest , ia tit amener devant lui et l'inloirogea; puis il l'envoya à l'hôpital de Gieiroble , où elle finit par avouer' son manège , et revint à de meilleurs sentiruents. Fléchier parle d'elle dans une de ses lettres au duc de Moni;\usier.

VINO T (Mor>n:sTE), pi'ètr'e de l'Oi-atoirc, né à No^eiit-sur-Aube, d'un nvor at, professa la rhétor-iijue ;i Marseille , où il se distingua par ses harangues et par ses poésies latines. Ses supérieur's l'ayant crrvoyg à l'oui's pour y faire des conférences publiques sur l'iiis-

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loire ecclésiastique, M. d'Hervaux, archevêijue de Tours , le nomma chanoine de S,iint-Gratien. Oa a de lui : une Tra,ductton, en bea ix vers latins, des fables choisies do la Fontai'ie, conjointement avec le P. Tis-. sard , et d'auties Poésies talhics, im{)rimées à 'rroycs, en 2 petits volumes in-12, et réimpriiners à Iloiicn sous le nom d'A'ivcs, par les soins de i'abb;; Saas, en 1738, in-12. Quelques écrits où l'on remarque son attachement au jansé iisme. Il mourut à Tours; en 1731, à 59 ans. Il faut qu'il ait joui dune assez mauvaise réputation , puisqu'on lui a attribué la version liline du Philotunus du poêle licencieux Grécouit, laquelle est, selon les u is, de l'abbé Bizot, et, suivant d'autres de Larchant.

VINSON (l'abbé Pierre), né l'an 1762, à Angoulôme, fut d'abord vicaire de Sainte-Opportune, à Poitiei's. Sous la révolution, en 1791, il refusa de [irèter le serment à la constitution civile du clery;é. Après avoir été en prison plusieurs mois, il recouvra sa liberté; mais il fut bientôt contraint de fuir. Il se réfugia on Espa;^ne, on il passa quelques années, et se rendit ensuite à Londres où il forma uu établissement d'éducation (jui léunit un gi'aud nombro n'élèves. D.uis le local qu'il occupai!, l'.ibbé V'inson avait fait construire une uiaclune ingénieuse au moyeu do laquelle il démontrait le mouvement des astres. Louis XVHl visita deu\ fois cet o(jservaloire, et lui en témoigna sa satisfaction. M. Blanchard ayant [iidjlié, en 1808, contre le Concordat île 1801, un ouvrage qui fi'l comiamné par le vicaire apostolique de Londres, l'abbé \inson se déclara en faveur de l'auleui', et publia ditlérents écrits à cette occasion. Quelque temps après la l'cstauratiqn, il vint à Paris réclamer aujirèsde M. de Blacas l'exéculion de quelques promesses qu'il prétendait lui avoir été faites par le gmivernement royal pendant Féiingration.

Le retour de Bonaparte, an 20 mars 1813, le lit repasser .'i Londres, il'où il se rendit encore à Paris, à la seconde rentrée du roi. 11 corame'!(;a alors à érrire contre le Concordat ili; 1801, et iud)lia une brochure intitulée : le Coiicordiit cjpli'jué au Roi, Î816, in-8". Cet écrit le tit traduire h la police correctionnelle, pour avoir infpiiélé les acquéreurs des biens nationaux. La procédure eut lieu à huis clos, par res|H;ct pour le caractère dont rabl)é \ inson était revêtu; et il fut condauiné par jugement du 3 se|)tembre 1816, à trois mois de prison, 50 francs d'ainende,deux ans de surveillance, etSOO francs de caulionnemeut, sauf an jirocureur du roi à s'ciUeiidrc pour Cexécution de ce juqctnent avec les sujiéricnrs ecclésiastiques de M. Vinson. Celui-ci rvait fait paraître pendant le procès un Mémoire justificatif, que la police lit saisir ; la cour royale à laipielle il appela de ce jugement le conlirma. Pour s'y soustraire, l'aiibé Vin'^on retourna de nouveau à Londres. Quand il crut cet alfaire oubliée, il revint à Paris ; mais il y vécut ignoré, et succomba à une longue maladie, le 17 septembre 1820, à l'âge de cinquante-huit ans.

Oq a de lui : Réflexions critiques, ou Lettre à AI. de Calonne, auteur du Tableau de l'Europe, avec cette épigraphe : Tu vero repulisti et despexisti , distuUsti Christum tuum,' Londres, 1796, in-8'; E trennes royal es, histir., politiques et littéraires, ibid., 1798; Le Foi couronnée, ou lenécesmirc des pasteurs calfioliques , morts pour la cause de Jésus-Christ pendant la révolution de France, poëme en cinq chants, avec des notes historiques, ibiil., 1799, in-12; (avec M. de Chàteaugiron), le Mercure de France, ou Recuril historique, politique, et littéraire, ibid., 1800-1801. Cet ouvrage i)ériodique cessa de paraître au bout de quinze mois; Ode patriotique sur la campagne des alliés et la prochaine restauration des Bourbons, ibid., féviier 18)4 ; Cantate sur ta révolution qui vient de .l'opércr à Bordeaux en faveur des Bourbons , ibid., 1814-; Ode adressée aux Français, pour éloiqncr k jamais la discorde, à l'occasion de la fête donnée à S. M. par la ville de Paris, Paris, août 1814 ; Adresse aux deux chambres en faveur du culte catholique et au clerf/é de France, ou Pensez-y : sans religion, point de gouvernement, ibid., Eberhart, 1813 , in-8°; Lettres et Pensées d'Atticus, ou Solution de cette question : Quel est le meilleur et le plus solide des gouvernements? ouvrage politique et religieux, par un membre du parlement britannique, k' édition, ibid., Eberhart, 1813, in-r2. Quoi(]ue dans cet écrit on attrilme les Lettres d'Atticus à un membre du parlement anglais, et ciue l'Avis de l'éoiteur soit signé l'abbé yinson, il parait que ces lettres appartiennent à ctlui-ci, et ([u'elies o!it paru successivement dans le Mercure de France. Ou trouve dans ce livre, outre lesdites Lettres, Le Concordat expliqué. Pensées d'Atticus, et une Dédicace à Louis XVIII, datées de Londres, 1811; Le Concordat expliqué au roi, suivant la doctrine de l'Eglise et les réclamations canoniques des évéques légitimes de France, suivi du précis historique de l'enlèvement de N. T. S. P. le pape Pie Vil, de ses souffrances, de son courage, et des principaux événements de sa captivité, Paris, avril 1816, in-8"; Mémoire justificatif, ibid., 1816, i;î-8°; j\ppcl «ij tribunal de l'opinion publique, ou Recueil des jugements et pièces relatives au procès entre M- Jucquinot de Pumpclufie, procureur du roi, et l'abbé Vinson, à l'occasion d'un ouvrage intitulé : le Concordat cxplicpié au roi , ibid., 1816, in-8"; Lettre au propriétaire rédacteur du soi-disant Ami de la religion et du roi, ibid., 1818. C'est une réponse amère aux sages critiiiues de ce journal sur le Concordat expliqué au roi et sur l'Adresse aux deux chambres ( Voy. ÏAmi de la religion et du roi, t. V, pages 329 et 345, et t. Vlil, pages 1" et 81). On attribue encore à l'abbé Vinson : Les la police quatre âges, poème dont il n'a publié ijue les premiers chants ; et une Epitre à mon honneur. VINIIMILLE uu Luc (Chaules-Gaspabh- GuiLLAcuE DE), d'unc des plus auciemies familles de France, fut successivement évêque de Marseille, en 1692, archevêque d'Aix en 1703, et de Paris en 1729, adirés la mort du cardiaaj de NoftUles. 11 gouverna §o;i diocèse

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avec zèle et avec douceur. Il fut le premier à rire des satires que les partisans du diacre PAris |iublièrent contre lui. Exempt des passions (jui empoisonnent le cœur, il conserva une santé ferme jusqu'à l'ûi^e de OV ans, et mourut le ISmarslTW. On n'a de lui que des Mandements, Lettres, Instructions pastorales, etc., dont quelques-uns ont été n^cueillis dans le Journal de Verdun, années 1729-1716. Le diocèse de Paris lui dut la publication du nouveau Bréviaire.

VINTIMILLE ( FRA\çois-MARiE-FonTiTNÉ oe), issu d'une illustre famille établie en Provence, et originaire d'Italie, entra dans l'état ecclésiastique , et devint aumônier du roi, grand vicaire de Soissons, abbé de l'Ile- Dieu, et entin évoque de Carcassonne en 1788. Il remit alors son abbaye. A la fin de 1790 il adhéra à VExposition des principes sur la constitution cicile du clergé, par les évoques députés à l'assemblée nationale, et préféra sortir de France j)lut(jt (jue de prêter le serment. Il se retira d'abord en Italie, passa ensuite à Rome, puis se rendit en Allemagne, séjourna quelque temps en Bavière et en Autriche, et se fixa en Angleterre. Il adhéra aussi à la lettre écrite au pape le 26 mars 1802, par M. le cardinal de Montmorency et par cinq autres évèques, et il signa, en 1803, les réclamations adressées au souverain pontife par trente-six évêques français ([ui n'avaient pas voulu donner la démission de leur siège lors du conconlat. Mais loin de vouloir porter le trouble dans les consciences de ses diocésains , il déclara autoriser le nouvel évoque à exercer ses fonctions. Il persévéra jusqu'à la fin dans ce plan de conduite, et refusa de signer la lettre écrite au pape en 1816; mais il n'a jamais fait d'acte d'opposition. Après la restauration il rentra en France, et vint à Paris, oii il mena une vie très-retirée, recevant du roi, comme tous les anciens évèques , une pension do 12,000 francs. Il succomba à une maladie douloureuse le 6 août 1818.

VIO (Thomas de), célèbre cardinal, plus connu sous le nom de Cajetan, naquit à Gaëte, dans le royaume de Naples, en l'tC9. L'ordre de Saint-Dominiipie le reçut dans son sein en 148i. Il y brdia par son esprit et par son savoir, devint docteur et professeur en théologie, puis procureur général de son ordre, et enfin général en 1508. Il rendit des services iniiiortants au pape Jules II et h Léon X, qui l'honora de la pourpre en 1517, et le fit, l'année suivante, son légat en Allemagne. Le cardinal Cajetan eut plusieurs conférences avec Luther ; mais son zèle et son éloquence ne purent ramener dans le bercail cette brebis égarée. Elevé en 1519 à l'évèché de Gaète , il fut envoyé légat en Hongrie l'an 1523. Après y avoir fait beaucoup d(! bien, il retourna à Home oii il mourut en 1534, à 07 ans. Malgré les affaires im- {)Ortantes dont il élait chargé, il s'était fait un devoir de ne passer aucun jour sans donn.-r (|uelqu('s heures à l'étude. C'est ce qui lui fit composer un si grand nond)re d'ouvrages. Les principaux sont ; îles Commentaires

sur l'Ecriture sainte , imprimés à Lyon eu 1639, en 5 vol. in-fol. Ouvrage très-savant, mais où l'on trouve des opinions singulières. La liberté qu'il s'est donnée de déroger dans beaucoup d'end roits à la lettre de l'histoire sainte, pour recourir à des explications allégoriques, a servi d'exemple et de prétexte à des gens ([ui n'avaient ni son savoir, ni la droituie de ses intentions, et qui par là ne se sont pas contenus dans les mômes bornes. Il écrivait d'ailleurs avant le concile de Trente , et le décret si formel contre les inter[irétations arbitraires de ce livre divin. De aucloritate papœ et concilii, sive Ecclesia comparata, traité qui fit beaucoup de bruit dans, ce temps-là, Jacques Alain en fit la critique par ordre de la faculté de théologie de Paris. Des Commentaires sur la Somme de saint Thomas, qu'on trouve dans les éditions de cette Somme de 1541 et 1612. Ils furent imprimés à Rome en 1570, mais avec des retranchements ; on y a joint ses Traités sur diverses vmtières.

VIOLE (dom Daniel-George), bénédictin de la congrégation de Saint-Maur, né l'an 1598, à Soulairs , diocèse de Chartres , fut chargé de divers emplois dans son ordre, et mourut avec la réputation d'un saint et savant religieux, tlans l'abbaye de Saint-Germain d'Auxerre. le jour de Pâques 21 avril 1669. On a de dom Viole : la Vie de sainte Reine, vierge et martyre, avec son ofiice et le catalogue des reliques de l'abbaye de Flavigny, Paris, 164-9, ia-8° ; réimprimé sous le titre à'Apoloqie pour la véritable présence du corps de sainte Reine, dans Vahhaye de Flavigny, etc., Paris, 1653, in-12. L'auteur veut démontrer dans cet écrit que le corps de la sainte fut transféré d'Alise à Flavigny, en 864, et qu'il y est resté constamment depins. Le P. Goujon, chargé par les cordeliers d'Alise, de réfuter l'ouvrage de dom Viole, le lit avec aigreur ; la Vie et les miracles de saint Germain, évéque d'Auxerre, avec un catalogue des hommes illustres de la ville et du diocèse, Paris, 1654, in-4°. Dora Viole comjiosa en outre plusieurs ouvrages qui n'ont [)as vu le jour, savoir: une histoire de l'abbaye de Flavigny ; la Généalogie de la fcmiille de Viole, qui occupait dans le j)ays de Chartres un rang honorable ; une Histoire de la ville et du diocèse d'Auxerre, 7 vol. in-fol. ; Ilistoria abbatum monasterii Sancti Germani Autissiodorensis , 5 vol.

in-fol. ; Ilistoria monasterii Pontiniacensis per Chartas et instrumenta ejusdem cœnobii, in-fol. : c'est le recueil des pièces rassemblées par dom Viole, pour servir de base à l'histoire de l'abbaye de Pontigny. Elles ont été recueillies dans le Thésaurus anecdolorum de dom Martène, tome III, p. 1222.

VIPERANO (Jean-Antoine), chanoine de Girgenti, puis évèque de Giovenazzo en 1588, est auteur : d'une Poétique ; de Poésies latines ; d'un traité De summo bono ; De obtcnta Portugaliaa reye catholico Philippo Hisloria: De reye et régna ; De scribendahistoria ; De Consensu disciplinarum. Ces ouvrages ont été iujprimés à Nuples, 1606, 3 vol. in-fol.

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