‹ Dictionnaire de biographie chrétienneChapitre 270 sur 341 · VOI · texte numérisé non relu

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1657, ni-12; Dejuremlilari, iCM,in-'8°; Com-

nmtlari us in Inslttntioncs impériales, C'Orcura, 166S, 2 vkI. in-i°; De mobiHum et imnio!)iliHm nitiiru, Utrecht, 1G66, in-8"; Jurisprudenlia srtrrrf, Aiiisterdam, 1G68, in-i2. — Jean \ oet, son fils, professeur en droit h Leyde, et ensuite à Herborn, mort en 171'p, a laissé un Com^ mentaire sur les Pandeetes, La Haye, 1698- Ï70'+, 2 vol. in-fol. Il y a peu de livres de droit qui jouissenld'nneestimeplus générale.

■\'OGLËRUS (Vai,entin-Henm), professout de médecine îi Helmsladt, naquit dans cette ville, l'an 1G22, et y mourut en 1677, avec la réputation d un savuit profond. On a de lui : une Notice des bons écrivains en tout genre, en latin. Ce livre est imparfait ; mais Meibomius en a donné une édition, Helmsladt, 1691 et 1700, in-l°, avec des remarques et des additions qui ]ieuvent le rendre utile. Jnstitulionum phijsiologicarum liber, 1661, in-i° ; Diœticorum comnientnrins, 1667, inh' ; De naturali in bonarum doctrinarum studin propensionc, delectu ingeniorum, studioruin twdiernoruin corrttptcli.s earumque cousis, disscrtationes quinque,\V)11, in-4" ; Physiologia hisloriw pussionis Jcsu Cliristi, nempe de angore, sudorc, spinea corona , vino myrrhn condito el acelo felleo, itemqiie de salis obscuratione, siti, hgssopo, acelo, clatnore, rcpenlina morte, terrœ motn. humoribus ex Iritcre fïitcntibus et conditura corporis, Helmstaat, 1673, in-i° ; De vaictudine honiinis cognoscenda liber, ibid., 1674, in-4"; De rébus naturalibus et medicis qunrum in Scripturis sacris fit nientio comincntarius, ibid., 16S2, in-h\

VOIGT (GoDEFROi), théologien luthérien, né à Dolitsch (Delitiurn), dans la Misnie, en IGV'i-, fut recteur de l'école de Gustrow, puis de celle de Hambourg, et mourut Agé de 38 ans, en 1G82. On a de lui : un Traité sur les autels des anciens chrétiens, Unmbowg, i709, in-8", et plusieurs autres ouviages err latin. On voit qu'il n'avait rien Iais>é échapper de ce qu'il avait trouvé dais les anciens auteurs sur les matières qu'il li'ade.

VOISIN (Joseph ke), né vers l'an IGIO, à Bardeaux , d'une famille noble et di.-tinguée dans la robe, fut d'abord conseiller au parlement de cette v lie. Son goût pour les exercices de piété lui ht embuisser l'état eC' clésiastiq ;e. 11 fut élevé au sacerdoce, et devint prédicateur et aumônier d'Armanil de Bourbon, prince de Conti. Oi a de lui une Tiiéolofjîe des Juifs, Paris, ÎGi7, in-V°, eu latin ; un Traité latin de la loi diciiie, Paris, 165i), in-8'; Traité latin du Jubilé selon les juifs et les chrétiens, Paris, iGoj, in-8° ; do savantes Notes 'sur le Pugio jidei de Haymond Martin, Paris, 1651, i:i-ful. ; une Défense du Traité de M. le pri ici- de Conti contre la coin. -die, traité que Tabbé d'Aubignac avait attaqué, Paris, 1671, in- 'i." ; une Traduction française du Missel romain, en 5 vol. in 12, Paris, 1660. Elle fut condamnée par l'assemblée du clergé lamèiue ani.ée.sous peine d'exconununii;iitiûn, et par Alexandre VU, en IbGl. Co pape, en proscrivant cet ouvrage, parle généralement de la publi-

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cation de ces sortes de livres en 'angue vidgaire, comme d'une entreprise insensée, contraire aux lois ainsi (jii'à l'usage de lEglise, et uniquement propre à occa>iomer la' profanation des saci'és mystères. La Sorbonne ne fut pas plus favoral)Ie au Missel français; et le l'Oi, jiar un arrêt du conseil, en ordo ma la suppression et en arrêta lo dt^bil.Cet écrivain mourut on 1685.

A'OiSIN (du). Voij. Dlvoisin.

VOIT (N.), jt'suilc d: la province du Haut- Rhin, a doui é une Tlicoïogie morale, en 2 vol. in-8", estimr'e |iaT l'onire, la clarlé et la sagesse des résolutions. 11 était aussi recommandable par ses vertus que par sa science, fut recteur du noviciat ii Mayence, et un des hommes qui honorèrent la société à l'épuque de sa chute. 11 vivait encore en

VOLATERRAN (RapIhael Maffée, dit le), ainsi noa:mé de la ville de Volterre en Toscane, où il vit le jour, l'an L'(-50, se lit un nom par ses propres ouvrages et par les versions qu'il lit de ceux des autres. Entre les productions du ()reniier genre, on distingue ses Coinmcntfin'n urbana, Lyon, 1599, in-fol., très-estimi's. Parmi celles du second genre, on cite ses traductions laiines de l'Economique de Xénophon, de l'Histoire de la guerre dos Perses et de celle des Vandales, par Procope de Césarée; de dix Oraisons dii saint Basilo, ttc. JMafi'ée mourut dans sa ville natale, h l'.ige de 71 ans.

A'OLFIUS (Jean-Baptiste), évoque constitutionnel de la Côte-d'Or, né à Dijon , en 173i, demeura quelque temps chez les jésuites. A-rès leur suppressio 1, il ocnipa au collège lie sa ville natale la chaire d'éloquence, qu'il rem|ilit avec distinction pendant trente ans, jusqu'à l'époque delà révolution. Il embrassa les principes des novateurs et fut présiiient du Club de 1> jon. A Cette épo luo, il reçut de loi'd Stanhope une lettre en faveur de la révoulion : les journaux la rondirent pulili({ue. La popuiarilé qu'il avait acquise, jointe au cré.iit de son frère, député à l'assemblée constituante, le fit élire évèi[ue constitutionnel de la Cùled'Or, et il fut sacré h Paris, lo 13 mars 1791, àl'dge de 57 ans. Il adhéra depuis aux lettres enrijcliques des évoques constitutionnels, députa à leurs conciles, mais ne se uio^'tra p;\s cependant bien empressé ii soutenir cette cause. Ainsi que tous ses collègues, Vollius donna sa démission lors du Concordat de 1802 , et le nouvel évoque, M. Raymond, le nomma c'anoine de Dijon. Depuis cette époque, il vénit da'.is la retraite, uniquement occupé de littérature el de l'éducation de [dusieurs jeunes gens qu'il protégeait, et auxquels il sei vil de père. En ISIO, on l'engagea à do nier une juste satisfaction à l'Eglise; le -2j février, il signa une décl:\ratio 1 di.'venue publique, où d reconnaissait « avoir f.iit une très-giaide faute d'accepter « un évôchô qui n'était pas vacaH, et d'a- « voir commis dos faiblesses pei^da U le rè- « {:ne de la terreur. » Déférant ensuite aux représentations de quelques amis, il fit une

rclrac(ation])h\s humble et plus précise, qui fiit lue publicpjoment daus la cathédrale de Dijon. Eniiu il s'adressa au saint-siége, et obtint l'absolulion des censures. « Celte dé- « mai-ciio iie sa part {dlïAmi de la religion « et du roi, tome XXXI, p. 23), était d'autant « plus méritoire, quo le siège de Dijon était «alors occupé pu- un ancien co istilution- « nel. >> fi m Hirut le 8 février 1822.

VOLKELIUS (Jean) , théologien socinien du xvii' siècle, né <à G. imma en Misnie, composa entre autres ouvrages : De vcra reliyione, m-k% en cinq livres, que Cn llius au monta d'un Traité sur l'existence el les attributs de Dieu.

VOLKIR ou VOLCYRE de SEnouviLLE (Nicolas), secrétaire d'Antoine, duc de Lorraine, au xvi' siècle, s'est fait connaître par divers ouvragos assez rares. Chronique des rois d'Au.'ttra.'iie, en vci'S, 1530, m-k°; Traité nouveau de la dérjyadation el exécution actuelle de Jehan Castellau. faite à Vyc en Austrasie, le \n' jour de janvier, avec une oraison h la foi; achevé d'imprimer le 25 août 1525, in-'i-", goth.,ile Gi- jiag., très-rare; n'nrap. h Paris, 153i, in-8°, et lo39, in-4"; Histoire et recueil de la triomphante et glorieuse victoire obtenue contre les séduits et abusés luthériens mécréants du Paijs cVAulsags (l'Alsace), et autres, par Antoine, duc de Calabrc, de Lorraine et de Bar, en 1.025, Paris, 1320, in-fol., goth. Il avait été témoin oculaire de ce qu'il raconte. Encliiridion musiees, etc.

VOLNEY (Go\stanti\-Fra\çois Chasseboeuf, comte de), naquit à Craon en Anjou, le 3 lévrier 1757, d'un avocat au tribunal de cette ville. Celui-ci, prétendant que son nom de famille avait joté sur lui du ridicule, voulut que son lils le changent, et qu'il prît celui de lioisgirais, nom sous lequel il fut connu dans s;i jeunesse. Sa première éducation fut confiée à une vieille tante ot h une servante de campagne, l'une très-sévère, et l'autre trop indulgente. La première l'effrayait par ses menaces continuelles, el la seconde, tout enle gâtant, remplissait sa tète enfantine de contes, de soraléges et de revenants. Elles réussirent ainsi à lui former un caractère sombre, ombrageux ; ce qui influa dans la suite et sur sa vie et sur ses écr.ts. A l'âge de sept ans, on le mit dans un petit collège, h Ancenis, tenu par un ecclésiavtiquo. D'abord ]ieu propre à l'étude, ses facultés intellectuelles se développèrent à l'jige de 12 ans, époque à laquelle on lo plaça au collège d'Angers. Il y resta cinq ans ; il en avait dix-sept, et son père, qui ne s'était nullement occupé île son éducation, pour se débarrasser au plus tôt de smi lils, le lit émanciper, lui rendit com|ito des biens de sa mère, morte depuis longtemps, et Boisgirais vint à Paris, n'ayant pour tout bien que 1100 liv. de rente. N'aimant pas la carrière du barreau, il suivit, malgréles désirs de son père, des cours de médecine peniiant Irois ans, sans cependant embrasser l'éiatde nié.iecin. Boisgirais se livra à l'étude de l'histoire, et publia, sur la chronologie d'Hérodote, un Mémoire <^m fut sévè-

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rement critiqué par le savant professeur Larcher; ce qui donna lieu à une dispute polémique qui dura toute sa vie, sans qu'elle fût jamais décidée. Cette controverse le fit connaître des philosophes, dont il admirait les écrits, et dont, jeune et sans expérience, il adopta insensiblement les maximes. Le baron d'Holbach se déclara son protecteur, et lui procura la connaissance de Franklin, qui le présenta à madame Helvétius. Il voyait souvent cette dame dans sa maison de Passy, où se réunissaient les beaux esprits à la mode. Ce genre de vie était du goût de Boisgirais, ennemi de toute dépendance. Une petite succession de six mille francs, qui lui échut, lui inspira le désir de parcourir l'Egypte et la Syrie. Il se rendit d'abord chez un oncle qui demeurait à la campagne, et là, pour s'habituer aux fatigues et aux privations d'un long voyage, « il s'exerçait, dit-on, à la course, faisait à « pied des voyages de plusieurs jours, fran- « chissait de larges fossés , escaladait de « liautes murailles, s'habituait à mesurer le « temps par le nombre de pas qu'il faisait, « et s'accoutumait môme à une diète de plu- « sieurs jours. » Après toutes ces épreuves pénibles, se croyant en état de braver les obstacles, il se niit en route pour Marseille. Un habit léger, un havresac contenant un peu de linge, un fusil sur l'épaule, un sabre au côté, une ceinture où étaient cachées les six mille livres , formaient tout son équipage, digne d'un aventurier de roman. Avant de quitter la France, il changea son nom de Boisgirais en celui de Volneij, qui lui parut plus relevé. Un navire, qui partait de Marseille pour l'Orient, le débarqua au Caire. Il étudia l'arabe chez les Drusx'S, dans un monastère situé près du mont Liban.

Nous ne le suivrons pas dans ses longues courses en Egypte et en Syrie, où il visita les pyramides et les ruines de Palmyre, qui lui donnèrent l'idée de l'écrit qu'il fit paraître à son retour en France, où il revint au bout de trois ans. Il y publia, en 1781, le résultat de son voyage, et son livre eut un grand succès. Un exemplaire en fut envoyé par Grimm à Catherine II, dont celui-ci était le correspondant littéraire , et la czarine fit remettre à Volney une belle médaille d'or. Louis XVI l'avait nommé directeur général du commerce et de l'agriculture, en Corse ; mais la révolution l'empêcha d'occuper cette place. La sénéchaussée du tiers état de la province d'Anjou le nomma député aux états généraux, où il se rangea du côté gauche. Il combattit, le 28 mai 1789, la motion de Malouet, tendant à faire élire un comité secret pour délibérer sur une lettre du roi. Volney prétendit que la discussion devait Être publique, comme il convenait à des assemblées législatives. Il fut un des premiers qui, le 18 juillet, demandèrent l'établissement des milices patriotiques, lesquelles prirent le nom de gardes nationales. Le 14 août, il soutint que l'organisation delà constitution devait être précédée de celle des assemblées municipales et provinciales. 11 pro-

posa, le 20 et le 21 du môme mois, un priantbule pour la déclaration des droits de l'homme, et des amendements à l'article sur les droits des citoyens. De session en session , les esprits s'étant aigris à proportion des obstacles qu'ils se forgeaient eux-mêmes, Volney proposa de faire nommer, séance tenante, une autre assemblée pour mieux consulter les opinions et les intérêts de la nation. Cette motion, d'abord adoptée, reproduite plusieurs fois dans l'assemblée constituante, et combattue par Volney lui-même contre Cazalès, fut délinitivement rejetée le 17 février 1790. Ce fut Volney qui, le premier, aborda, le 29 septembre, la question sur les biens du clergé, et qui appuya, le 12 octobre, la proposition de Mirabeau, de décréter que les propriétés ecclésiastiques appartenaient h la nation. Devenu un des plus actifs novateurs, il fit insérer dans le Moniteur des réflexions assez décousues, afin de prouver que plus la propriété est divisée, et plus un état est puissant. Volney fut élu secrétaire, le 23 novembre. Le 28 mars 1791, il fit décréter que « la nation française s'in- « terdisait d'entreprendre aucune guerre ten- « dant à accroître son territoire. » Les occupations politiques n'empêchaient pas Volney de se livrer aux études littéraires; et, en septembre 1791, il fit présent à l'assemblée constituante de son livre intitulé les Ruines, digne de l'époque où il fut publié. Poussé par un principe de patriotisme qui pourra paraître un peu singulier , il renvoya peu de temps après, par l'entremise de Grimm, à l'impératrice Catherine II, la médaille d'or qu'il avait reçue d'elle pour son Voyage en Egypte. Il écrivit à ce sujet une lettre à Grimm, datée du 4 décembre 1791, et qui commence ainsi : « La protection déclarée « que S. M. l'impératrice accorde à des Fran- « çais révoltés (les émigrés), les secours pé- « cuniaires dont elle favorise les ennemis « de ma patrie, ne me permettent plus de « garder en mes mains le monument de gé- « nérosité qu'elle y a déposé, etc. » On fit à Volney une réponse satirique sous le nom de Peireskoï, laquelle fut suivie d'une autre sous le nom de Grimm; et dans ces deux réponses, on se moque gaiement de Volney et de sa lettre. En 1790, il avait fait un voyage en Corse, où il acheta le domaine de la Confina, près d'Ajaccio; il y connut Bonaparte, qui n'était alors qu'un simple ofTicier d'artillerie. Quelques dilTérends s'étant élevés entre lui et le général Paoli, il revint en France, où il fit paraître son Précis de l'état actuel de la Corse. Il osa se prononcer contre les événements du 31 mai, fut emprisonné comme royaliste sous la terreur, et ne recouvra la liberté qu'après le 9 thermidor. Nommé, en novembre 1794, professeur d'histoire à l'école normale, au lieu d'éclairer ses élèves par une sage critique, il jirit à tâche de renverser les anciens monuments historiques dont les faits ont été constatés par les siècles : les écrivains les plus dignes de foi, il les appelait raconteurs du temps passé; et enfin il mit dans ses cours cette

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confusio'i d'idées mal conçues qu'on retrouve diuis ses t'cfits. Heui'eusement pour ses é èves, l'écolo normale lut sujiprimée. A cette époque Bonniuu'le, se trouvant h Paris, sans ci]ipli)i, lit une visite à \olney, qui l'invila à déjeuner, et lui procuia en cette occasion la connaissance de Larévellièi'c- Lepaux. Celui-ci le présenta h Barras qui, la ve.lle du 13 vendénuaire, le réintégra dans son grade, et l'empluya ilans cette mémorable journé'. Ce;.e-niant , ui.ilç;' é le zèle de Volney pour les prini'ipes du jour, on le tenait éloi>;né des fonctions puh'l ques ; ce qui le dégoûta un peu de s s confrères, et le lit partir, en 1793, pour les Etats-Unis d'Amérii[ue. Là il cul îles ilémèlés assez sérieuv avec le préside U Adams. On le soupçonnait d'ôtro un aj;ent du Directoire, pour faire tomber la Louisiane entre les mains des Français, quoique Volney fût alors brouillé avec ce gouver 'emeid. U eut en niêmetem|)s à SDulFrir les attaques du docieur Prieslley, dont \\ avait critiqui; les écrits. Le docteu. le traitai( d'ignorant et de IloUrntot, p. ouvait qu'on devait croire à la divinité des Ecritures, tout in niant celle de JésusChinst; et Volney [!rétendait(ju'on ne devait croire ni à l'une ni à l'autre. 11 revint en France on 1798, et fut nommé membre de llnslitul, qu'on avait créé penda'U son abseoi e. Ennemi du Directoire, qui l'avait négligé, il .seconda de tous ses moyens sa cliute au 18 liruniaire. Bonajiarte, qui s'était fait premier consul, se souvint d.' son ami, et Volney fut compris dans la première organisation du sénat : il fut même admis dans le conseil intime de Bo uiparte. .Mais votdant, en quelque soile, dominer l'homme le moins propie à se laisser dominer, il se ))rononça d'abord contre le conconlal, connue étant "un moyen de rétablir la religion en France. Enfin, son ton tranchant, son arrogance et sa passion de tout critiquer imlisposôrent forteme.,t coilre lui Bonaparte, qui iedis,racia. Volney se livra à l'éluder des langues de l'Asie, et imagina le projet chimérique d'écrire dans toutes les langues au moyen d'un alphabet universel, composé de letire latines, de i[ualre lettres grecques et de douze nouveaux caractères. Quanii on entreprit, en 1803, le magnifique ouvrage de \& Description de l Egypte, Volney fut invité à y faiie i'aiiplication du système développé dans son livie sur cette ancitnrie contrée. A|)rès la dissolution du sénat, il entra dans la cliarabre des pairs, où il vnta constamment avec l'opposition : il avait le titre de coude, qui était en contradiction avec ses maximes républicaines. Cet écrivain, qui n'avait pour toute foitune qu'un revenu de 1100 fanes, i)arvint à en acquérir une In-illante. 11 se sentait malade depuis i)lusieurs années; ]iour r'établir sa santé, il crut devoir se mettre au régime le plus austère : il se laissait dépéru- faute de nourrituie, et délabra ainsi son estomac, qui ne pouvait ]ilus garder aucun aliment. Il mourut le 23 avril 1820, âgé de soixante-trois ans. 11 paraît que, dans ses derniers moments, il refusa les secours de la religion. Son corps fut porté DiCTiONi^. SE Biographie relig. IIL

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au cimetière du Père La Chaise, et son éloge funèbre fut prononcé par M. Laya, directeur delAcadémief ançaise,au moment de l'inhumation ; devant l'Académie française , par M. Pasioret, qui ]erem|ilaçait ; dans la chambre des pairs, par M. Darii, son exécuteur leslamenlaire. On a jinblié, en out e, une ^ot^ee sur la vie et les é, rits de C.-J. Volney, Paris, Bossange frères, 1821, in-8'. Volney a laissé : Voyage en Egypte et en Si/rie, pendant les aimées 1-.83-8V-83, Paris, Courcicr, 1t08, in-8", avec tableaux; dédié à l'acadénne de Calcutta. Histoire de Samuel, inventeur du saeredes rois, Paris, 1819, 11-8°;— 2 édition, Bossange frères, 18 0, in-12. C'est un pamphlet contre les monarques, publié i eu de temps après qu'un monarque (Louis XVIII) eut nommé l'auteur pair de France et comte, avec; un reviuiu de 30,000 francs. Dans les Huines, il présente un Génie en scène ; ici il fait voyager un quaker en Palestine, et met dans sa i)ouche toutes les absurdités que peut dicter un esprit acarià.re et mala;le. Viseurs sur l'étude philosophique des lanques, etc., Paris, Baudouin frères, 1819, in-8'; Hébreu simplifié, contenant un premier essai de la grammaire, et un plan du dictionnaire écrit sans lettres hébraïques, etc., elc, Paris, Euerhard, 1820, un v I. in-8°, ouvrage posthume. V(dney a doiuié des articles au Moniteur, au Magasin cncyclopidique, à la Revue encyclopédique, elc. Ses OKuvres complètes ont été publiées en 1821, 8 vol. in-8", (lar Bossange frères, 'l'.ms les écrits de Vol'iey, exce[ité son Voyage en Egypte, sont f,rt 'ennuyeux, et pèchent surtout parle style, qui est 'lourd et incorrect, par des idées mal digérées et sans suite, par une puérile affectation de profondeur et un ton pédanlesque.

VOLPI (nom Gaétan), savant et pieux ecch'siastique, né le 15 juin 1GS9 à Padoue, s'adonna de bonne heure à la littérature, et y fit de grai.ds progrès. Bu concert avec Jean- Antoine VoLPi, son frère, professeur à l'université de Padoue, ils montèrent une imprimerie qui rendit de grands services aux let-: 1res, et d'nù sortinmt de précieuses éditions, (iaétan, en qualité d'ecclésiastique, s'occupa principalement des ouvrages qui avaient avec sou état un rapport plus direct. 11 avait ras-^ semblé un grand nombre de Vies des saints et autres ouviviges religieux, soit pour les faire servir à son instruction, soit aussi pour en donner des éditions correcles. Presque toute sa vie se passa dans cette utile occupation. Ses dernières années ne furent point heureuses. Des scrujiules de conscienc- vinrent le tr ubier, et lui ôtè.ent tout repos. Ni la raison ni les remontrancis de ses amis ne purent calmer son esprit malade, et, le 18 février 1701, il mourut au milieu de ses agitations. Dès 1723, il avait fait réparer à ses frais un caveau de sé.iultirre dans l'église paroissiale de Saiiite-Lm'ie, et avait fait graver cette inscription sur la pierre qui le 1ermait : Rectoribus cœterisque hujus parochiœ sacerdotibus commune sepulcrum, a Cajetano Vulpio,presbytero, ornatiore hac forma restitutum ann. D. MDCCXXY, ut et ipse post obi-

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tiim hue infi'rrftttr. Outre les cnvr.iges qu'il (Joni)n cl onricliil <1e yiolrs, ilo concert avec son frère Jean-Aiiloine, on a de lui [lersoiiiellenienl : Due celvhri rar/fiinnamcnti det rm. Giovanni d'Arisri ai saccrdoli , intorno ail altezzn ed ecccllenzn délia loro dignita, con nijqiimtc e dédira , e col litulo : A tutti i saccrdoli di drsn Cristo, snnlit't di costnmi r pn-pcttii fclicit i, i'a lou'*, 17-27 \ La Viln drllu ven.srrvn di Dio snor Calcrina Vanvini. mmarri convrrlita, compiUUa dal ven. t^rdinale Fvderiio Borromeo. arcivesroro di Miliino, ora corrrtla c ron varie note illnstraln, V;\<\ni,iv. Î7'>(>; Tnittuto dclla Irihohizione, di Oonsir/nore rureiaf/iierra nohile S e- «y.*/», etc., rorrrtU} ed illuatralo, etc., Pailoue, Ï72V ; Traitât 0 dclla SS. cominu.ilonc, dibonfn'jnore Carriagn'-rra. corrcito ed illuslralo, Pa.ione, lT3'i- ; Pic e divote inalilazioni dello stv.tno facciar/aerra, con note c ron comprndio dclla vita dcir antorr : .<( açjgianr/c in fine la «^elelirc meditazione di S. Luiji di Gonzaja, intorno ai SS. an;icli, l'adoue, 17V(); DialoQo spirilaaledi honsif/nare Carriaij'jrrru con Fclice verijinc ui liarberann, sua pcnllnile, etc., Pailnue, IV'rO ; Sermoni fainUjliuri di S. Carlo Borromeo, fnlti aile inonarhe dette Angelirhc, eti"-., con illustrazioni, Padoue, 17^0. Viiljii avait trouvé ces sermons manuscrits dans le m iga-;in d'u'i libraire : ils étaient i ledits, il ies"|)ul-)!ia. U conforta degli afflitti, dvl P. Ga.ipfiro Lom-te, etc , Pa loa ■, I73i) ; Apologia per lu Vita di S. filipj)) iliA'cri, et'., Padoue, 17't0; Caii L'rispi Ssilluslii (jiue cjslant, etc., Padoue, 1722; Cotnbaltin\ento spiritaale del P. Srunpoli, etc., Si aggiuttgono le ultre nporette spirituiili del siiddctlo atUorc, non corrczzioni,Pi\dnUv, 17-2't-; e con ginntc, iijid., 1737 et 17,yj ; li htiluzione d'ogni statoh) dévoie dclle donne crifliane, del cardinale Agosiino Yaliero, corrella, accresniata, e in viric guise illustrala, Padoue, 17V'i. ; la Divina Convnedia di Dante, Pa loue, 1727, 3 vol., avec ni caialo,^\ie clirono!o^ii[iie de beaucoup d'«/(;/onsde ce poëioe l'I des notes de Vcdpi ; In Libreriu di Volpi et la stainpria Comininna illustrate, con utili ecuriosc annotnzioni, Pa loue, 173. >, in-1'. C'csl un cataloi^ue de t(jiites les éditions sorties (ies l>resses cominiemes depuis 1717 jusqu'en ITStt ; la Vita di S. Calcrina di Sicna,Pài\oui', 17o(i; la Vita di S. Calcrina di Genova, Vad )ue, 17V3, etc.

VOI.PI (Josi;rii-llocn), savant jésuite, frère puîné ilu précède U, était né cà P.uloui- le 16 ao.lt 1G.)2. On le mit pour apprendre les |>rt'nii rs éléments des lettres, dans un ca'Àé^e diri.^é par des jii'èires sé.nliers. Il passade Ifl cnez les jésuites, où il ai iieva ses hninaliilés et s'a;i;d;qiia à la liiléiatiirc; Il prit du goilt [)Our l'in-t.tutde ses maîtres, l't s'y enga.;: a à Home e ■ 170?. Ses sufiéri.urs l'employèrent h l'ensoi^^nenKiil à Frascati , i^ Sienne et h Livourne; i s le nonnnetent i nsuile préfet des étuiles au coliéj^e grec de Sai.it-Atliai.aso in urbe , pose qu'il garda tonte sa vie. Ce fiU dans i'evercicc de cet emliloi cpi'il con(;nt le jjrojetd'ui ouvrage d.nis lequel il aurait établi la SupériOiilé des litcs

latins sur ceux derK^;lise grecque. Il lecommeM(;a ; mais d'autres oci upations l'en détoiirncrenl. Le cardinal Corradini avait i eniandé au 11. P. Tambiirini, alors général des ji'suites, un sujet qui put achever ^on bel et grand ouvrage du Latiiim profanuiu cl sacrum. Le P. Volpi pu'ut proj-re à ci^tto entreprise, et on l'i n chargea. Il se mit aussitôt à l'œuvre, et, pour l'amener à une heureuse issue, il n'é,:argna ni pei'es, ni frUigues, ni voyages. Le P. Vol]ii était en même lenqis réviseur des livres, consulteurde VJndex et examiiateur des évèque . Il faisait p'us eue )re : il prèj'ail, il c jufes.sait, i) faisait d s missions, il ail lit assister les nialaiies. Il trouva la mort dans l'exeicicede •■es fonct'ons charitables le 2) septemb.-e 17iG, .^ rà2;e de .^V ans. On a de lu : Vitus Latium profmnm. cl sacrum, do uis le t une 111 jusqu'au Xr inclusivement, format in-'." , i.i,pi'imé encore avec magnili 'ence, partie a Padoue, partie Ji Home, dejiuis l'an J72i)jusquen i7'i-o. Les deux |) eraiers v il. sont Vv.wvrage tlu cardinal Corrad i.i. Tabula Anlialina c rainis vcltris Anlii naprr i/l'o.ssa , interpretatione et notis illuslrcta. Home, i720; Lctlcra al P. D Angrlo Culogcra, ïn cui si cspongono cenlo anticlic iscrizionc di nuovo scoprrlc, corrczione cunnvle, insérée da'^s le tom. XIX d'' la llacrolta calocjerana; Commcnlarij dclla villa di Manlio } njiisco in Tivoli, gin ccicbrata in rrrsi da Publio Slazio Papirio, d ins le XWl' tome d.i mèine reçu.il; Brève notizia délie opcra iutitulula: Vêtus Latium pi'ofanum et sacrum, incowincinta gin da monsign. Corradini, chc fù poi cardinale, cl continuula dal P. Volpi, dans le XV'' t nue dumênje reeuci^; Epistalw Tiburtinw canniiiibus conscripta' cl in très lib'cs distribulœ, cum aurtoris animadicrsionibas, Bri s.n\'i, 17i3, :n-V°, imjiiimées par les soiiis du car.iinal Quirini, etiii'éesà un pe.it nomb c d'exempl.iires. La jioésie en e-t agré.-iblo et 1' latinité pure./Vr Vilact moribus S. Jgnatii Lnyolœ libri très, auctore Joan, l'ilr. Maffeio; acccdil de D. Ign tii gloriu libirsingularis, Padoue, 1717. Ce livie de D. Jgnatii glnvia e>t du P. Volpi. On y trouve la descriiiti n delà riche et magnifique chapelle de Jésus, où reposent ks r.'li(|ues du saint ; Thèses contra Judœos de LXX liebdomadibus. Hume, li20, in-4-". Elles fuient soulcnvus par ^'olpi, e, il eut occasion d y faire preuve de sa prufo'dc conn lissance des saintes Éerituics, et de sa capacité dans les langues orientales. Vitce sanclorum octo, a Benedicto XIII f.istis sacris adscriptorum ; Compcndio dclle sirsse ( iic. Home, 1721), c con aggiuntc, ilnA., 1727; Vita di S. Margarila di Co;7oHa, Home, 1728 ; ili!d.,avec d(;s auguienlatio 'S, I7;5i) ; Vita di Sun Snifjrosa e (h'suoi SS. [iglioli, comp'igni e niurliri, cittadiui e ])rotrttori di Tiruli,l{ome, 1730,11-4"; e con aggiuntc, \b:Ji., I7't'i. ; i ita di S. Magne, urcit'csci'Vn et iiiarlire, protcttore e padronc dclla cilla d'Agnani, Home, 1732; L'Ottnno stulo, opern postuntu del P. Bcnrddto Rogacci.L'lc , Acnis , 1723. Le P. Volpi était de la soci;'lé des Arcadicns, sous le nom do Dianore Cruneo,

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VO; riLIEUE (N. DE La), doctoiir fc.i inôo^ logie, élail delà pelitcvillo(l"Allancbes, dans la Hautc-Auveri^nc Ayant des talents pour là chaire, il se co-i^acra <i la prédication, et mourut au commencement â\i xviii' siècle. On a de lui : (ie> Sermons, 1(i89, 'i- vol. in-8°; des Discours synodaux, ilOï, 2 vol. in-i2; une ThéoliiCjie inurule,"! vol. i'i-12, où il traite des cas de conscience; La rie rryl^c dans le monde. — M. l'abb'^ Mi^ne a reproduit un choix de ses dciino'is, avec les Oiùivres o aloii'es de Fromcntiôres et les Sermons choisis d(! Guillaume de Sain-Martin, dansiicux des volumes de sa collection des Orateurs sacrés. (Voy.li lii de l'aiticle SAi\T-.\fAKTiN'.) — Le P. de La Voi.P'LiÈiti;, jésuite, so:i frère ou son parent, a aussi publié quelques livres de piété.

voltaire; (François-Mahie Arouet, dit de), naquit h ChAteiay, villa^e près de Sceaux, le 20 fév; ier 10%, et ne recul le b tptème, h cause de sa faibl/ santé, que c 22 îiovembre suivant, dans l'éi^lise de S.,int- Andr(>-des-Arcs. il eut pour père Fiançois Àrouet, ancien nolairi', qui élail alors receveur niterna'.if el trimmal des épiées et vacations de la chambre d's comptas. Sa mère, d'une famille du Poitou, s'ajtjx'lait Mar,-;uerito d'Auraart. Le jeuiie Arouet, qui reçut |)ar la suite le nom de Voltaire, dépendant du patrimoine maternel, fut élcvé chu' les Ji'suites ; il y eut pour ujaîties les PP. Porée et Le Jay. Ce dernier (c'est Co^dorcet qui le raconte dans sa Vieûe A'oltairc), frappé de la hardiesse des idées et des opinions du jeune écolier, lui prédit qu'il serait en France le coryphée du déisme; prophétie que l'écénement a justifiée, ajoute l'historien. Au sortir liu collège , il retourna dans le sein de i^a famille, et y retrouva l'abbé de CliAteauneuf, anci( n ami do la maison et son parrain. Telui-ci était lié avec la fameuse Ni '011 de Lenclos, chez laq elle il présenta le jeune No!laiie, qui faisait déjà connaître son inclin; tion [tour la poésie. Il récita devant Ninon quelques éjàgrammes piquantes, avec lesq eil s il tourmentât son frère, atta lié au ja'''sénisme, et n dé.;laina avec bfau.;i'U|) de feu \i\ Motsade lie U'usseau. Ninon, fennne b. l-espril,;^oûta celui de Voltair ■, ei lui léj^ua par son trslament 2000 livies, pour qu'il se formât une petite bibliothèque. L'abbé de Chfileaun^'uf se chargea ensuite de l'introduire dans 'a grand moinle , et c'est J\ lui qu'il dut la connaissance du duc de Sully, du marquis de la Fare, des abbés de Chaulieu, Servien el Courtin, du prince de Conli, du g- and prieur de Vendùuie, du maréchal de V illais et du clu'valier de Bouillon. Voltaire puisa da^s leur société ce goût di'licat (i'.;i distinguait le siècle de Louis XIV ; ma. s il y exerça aussi son goût, déji pronoïc»', pimr le sarc.sme et la çatire, au moment où le to de gravité que Mme de Mainteuoii avait introduit à la cour blessait quelques hommes fiivides, ei faisait l'objet des plais inleiies de quelques esj rits frondeurs. Quand le père Arouet cul appris Ja vie (jue menait son lils, et qu il no s'occu- ' pait que de vers, il pria lé marquis de Châ-

iriauneuf do l'enimener avec lui. en quai té (ie pa^e, en Hollande, où il aila-t comme ambassadeur. Mme du Noyer, connue par ses Lettres galantes, vivait alors avec ses deux filles à La Haye, où elle s'était réfugiée jiour se séparer de so i mari, plutôt (iue par zèle [)Our la religion protestante. Ses intrigues et quelques écrils l'avai nt d. jà renduefameuse oans cette ville, lors(iue Voltaire Ul .sa connaissance, el s'attacha séri.'usement aune de ses lilli s. La mère fit du bruit, et s'en ()laignit à l'aiidjas^adeur, ipii renvoya Voltaire à Paris. Mme du Noyer lit iiuprimèrcette aventure, avec les lettres du jeune Arouet à sa fille; elle ariiva ainsi a .son but, (jui était de bien vendre son livre. Do retour dans la capitale. Voltaire emphya, dit-on, des gens de marque et même des cci!é>;i.-.stiques respectables jiour enlever Ml!e du Noyer à une mère qui menait une conduite blâmab.e, et il eut mèm3 recours au nrétexte de la r^ ligion ; mais tous ses elfoits furent inutiles : Mlle (lu Noyer fut marée dans la suite au baron de Winterfeld. Pendant ce tenq3s, lo père Arou t, mécontent de son fds, qui ne s'occujiait point e prendre un état, le renvoya do la mai on | aiernelle. Un ami du ji une homme, .M. de Caumartin, obtint de l'emm"nerdans sa terre de Saint-Ange: \h vivait un autre Caumartin, alors fort âgé, admirateur de Henri IV et de Sully. Il communiqnacetie admiration au jeune Arouet, auque il raconta les anecdotes les jilus secrètes de la cour de Louis XIV. Voltaire n'était encoie connu que par des pièces fugitircs, des EpUres, et une Ode qui n'avait jm obtenir le prix de l'académie française. De retour de Saint- Ange, il s'occupa d'ouvrages plus importants, et commença k' po^ me de la Ilenriade et le Sii'cle de Louis XI V. Ce aïonarque venait di; mourir, et aux panégyriques qu on lui avait pn digues pendant sa vie succédèrent d'injustes criti(pie- et d'odieux i)amphlets. Voitaire fut accusé d'être l'auteur dune de ces satires , qui finissa.t par ce vers :

J'ai vu ces maux, et je n'ai pas vingt ans.

il fut luis h. la Basiille , où il fit une pièce de vers fort gaie sur sa détention, éb.mcha le poème de la Ligue et corrigea son OEdipe. Leduc d'Orli'ans, alo s rége d. du noaome, lui lit rendre la I l)eru'',( tluiaixorda unegtalification, en lui disant : « Soyez .^a^e à l'avcnir, « et j'aurai soin de votre fortune. — Jeremer- « cie Votre Altesse royale, lui rép(uidit Volet taire, de vouloir coi;linuer à se charg-^r de « ma nourriture; mais je la piie de ne plus « se charger de mon logeuK.iit. » Sa trag'-die d'0."^///jp , d'abord refusée, parci' qu'il n'y avait [las d'uitngue d'aniou'", fui jou'e en 1718, et eut du Si.ccès. L. s ennem.s des prèties y appla' dirent sui tout deux veis devenus fameux, el que Grimai, dans sa Corifspondance, bh^me sous le seul rapiiort du goût. Arouet le père, entraîné par ses amis, vint h une repié-entalian ue la nouvelle tiagédie, fut aituniri jusqu'aux la. mes, embrassa son tils au milieu des léiicitat;ous

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des (lames de la coin-, cl ne .c pressa piusde se faire avocat. Ccliii-ri dut la cou lai^sanoe do la irinré.îliali; de Vi'Iars à une éloiinlcrie que son rt,^e pouvai h pciuo cncuscr. A une représo-itation d'OFiclipe, il parut sur le lliéAtr(!, tenant la queue du ^rand |)rôtre. La inarrchile diMnan(Ja (]ui était ce jeune honim^ qui voulait faire tomber la pièce : ayant appris que c'était l'auteur lui-niôme, elle désira le connaître, et l'a liuit dais sa société. Le maréchal de Villars lui avait déj;i montré de la bienveillance en lui disant un juur: « La nation vous a bien de l'obligation de « ce que vous lui consacrez ainsi vos veilles. « — Elle m'en aurait bien davantage, monsei- « gneur, répondit le poët', si je savais écrire « comme vous savez parler et a^çir. » lî[)ris d'une passion violente pour la maréchale, et forcé de renoncer à un fol espoir, il r:'vint .\ ses études et continua la llenriade. Obligé de s'absenter de Paris en \1i\ , il accompagna en Hollande ma lame de Ruoelmonde , et vit à Bruxelles Jean - Baptiste Bousseau. 11 le consulta sur son poeuie de la Liijue, et lui lut VEpilrc à Uranic, premier monument de sa liberté de penser; Rousseau lui récita le Jiu/emciH de PIntnn, allégorie satirique, et une o le à la Poslérilé. A'oliaire, aiirès la le(-lure de cette Ode, eut l'impolitesse de dire à l'auteur « ipi'elle n'i- « lait |)as h son adresse. » Les deux poètes se sé/'arérent ennenns irrécoiic liables. Sa trag(''die ù' Arlémire , qui fu: sitUéo, parut vers celle i'po(|ue ; il la reproduisit, en 172V, dans une jjièce i. tilulée : Mnriamnc empoisonnée par Hérode. Voltaire, naturellement jiorté à la satire, eut quelques différends avec des hommes distingués par leur nom ; il blessa entre autres le chevalier de Rolian, par ce propos : « Je ne traîne pas un grand « nom ; mais je iniis honorer celui ipie je « porte. » On dit que les gens du chevalier le maltraitèrent à la i)iirle de l'hôtel d^ Sully où il dînait, et que l'oilensé chercha inutilement son adversaire |)our vider leur querelle par les armes. Mais un grief d'une autre nature pesait sur le i)Oéle irri é : il avait adressé des vers à la marquise de Prie, maîtresse du duc de Bourbon. Ce prince était borgne, et l'auteur disait :

lo, sans avoir l'arl do foindre, D'Argus siil lioiiipcr Ions les yeux ; Nous n'en avons ((n'un seul à crain<lrc, Pourquoi ne nous pas rendre lieureux?

Au moment OÙ le cardinal de Bohan se plaignait au duc des ])rocédés de Voltaire en- V(!rs le chevalier, on mit sous les yeux de ce prince les vers ci -dessus. Le satirique fut mis à la Bastille pour la seconde fois, et après six mois de captivité, on lui intima l'ordre de sortir du royaume. 11 passa eu Angletei're, où il se tortilla île plus en plus dans cette libin-té de (lenser, ipu linit par le rendie, ainsi qu(ï l'avait prévu le P. Le Jay, son maître, lo coryphéi' des im;iies. L'Ai;- «leti-rre était alors peuplée d(^ frcrtinkers {libres penseurs). 11 revit à Lo idc'S lord fiolyngljroke, et fréquenta la société de Collins, Tindall, Woolston, Moi-ijan, Chubb, et

autres écrivains anglais qui travaillaient, connue de concert, ii sajjcr les fondements du christianisme. On peut croire que les écrits et la cohversation de ces incrédules iulluèrent beaucoup sur les opinions d'un jeune homme qui n'avait déj.'i que trop de penchant pour une extrême libeité d>' penser. Ce fut Ji Londres qu'il composa ses tragédies de Rrulas et de la Mort de César, lEssai sur la poésie épique, écrit d'aborti en anglais, et mis ensuite en tôle de la IJenriade (|u'il lit impiiiner d uis cette ville. Le roi George 1" et la princesse de Calles s'intéressèrent h la réussite de cet ouvrage, ({ui procura de grands bénéfices à l'auteur. Quoique le triom|ihi' de la r lig on catholique dût être le -ujet de ce poinne, l'auteur y affecte de donner l'avantage aux protestants ; cimfond toujours le fanatisme avec la religio i,ct fait de fréquentes soriies contre les prêtres, les moines et les pares : d'assez beaux vers en l'honneur du christianisme ne sain-aient racheter tous ces écarts. Nous ne parlerons pas de ce qu'il fait dire k saint Louis contre le dogme de l'éternité des peines, et nous ne citerons que ces deux vers pour faire juger en général du véritable esprit de cet ouvrage :

Hélas! un Dieu si lion qni de riiomme est le maître, En eût été servi s'il avait voulu l'être;

où l'auteur paraît reprocher h ce Dieu si bon de n'avoir p s fait ce qu'il fallait p.our que l'homme le servît. Ce it'est pas sans raison qu'un des panégyristes de A'oltnii-e a regardé a publication de la Henriaile comme l'heureuse époque de la liberté de penser, et le service le plus important rendu à la philosophie ; il dd même que la France ^/o/f c/evote et bêtement fanatique. (Vie de Voltaire, ))ar Duvernid, Londres, 1"87.) De retour' en France, en 1728, sa foi-tune s'augmenta par la vente de ses ouvrages et par d'heuieux placements de fonds. Il mit l'argent qu'il avait apporté d'Angleterie h une loterie idablie jiar Desforis, i onirôleur des finances, et Paris Duverney lui obtint un intérêt da'7s les vivres de l'armée, dont il retira |)lus de 800 mille livres. Ces diverses spéculations lui forLuèrent des capitaux considérables, et, il jouissait su'- la tin de sa vie de jilus de 130,000 livres de rente. Parmi ces calculs d'intéi-êt, il ne négligeait pas les lettres, et en 1730, il donna son Brutus, qui n'eut qu'uir médiocre succès. L'auteur s'en consola aisément, (piand il apprit qu'un vaisseau, chai-gé pour son coin|)te, appc lé également Urutus, et qu'il croyait naufragé, était ar-rivé à M irseille. On assure que Fonfenelle engagea Voltaire à renoncer au genre di'amati'pie, ainsi que le grand Corneille l'avait co: seillé <\ Bacine, après avoir entendu la lectui'e de son Alexandre, pièce (jui n'annonçait pas encore le tal nt de cet imuiortel poète. Voltaire, ne déferlant | as au conseil d(! I académicien, donna, eir 1732, Zaïre, pièce d'un genr-e tout nouveau. Le succès coui'onna les esjiérances de l'auteur ; mais sa vanité fut ensuite cruellement uiortifié»

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par le mauvais accueil qu'on fit h son Adélaïde du Gursclin: oi sait qu'un plaisant, à co aiot de Veiidùme : Es-tu content, Coucy? riKVidit Couci-couci...; et c|ue cette plaisaiterie di'cida du sort de la pièce. Ce^endait VoUaire l'ayant re|)ioduile sous le til.e du duc de Foix, elle l'ut mieux regui; du public. Il avait fait paraitie vers cette niôuie é|)Oque (1730) V Apothéose de Mlle Lecouvreiir, comédieine, où, après l'avoir presque divinisée, il s'élève contre le clergé ([ui lui avait refusé la sépulture. Son Mondain, imprimé en 1736, n'est qu'une apologie du luxe, qui Jui attira, dit Condorc^t, les j-eproches non-seulement di s dévots, mais de plusieurs philosophes austi^res et respectables. Dans le Temple du goiit, il juge des écrivains du siècle pass , et même ses co'itemjiorains d'une manière |ilus S'duisanti' et plus ingénieuse qu'étpiitable et impartiale : cet ouvrage essuya des ciitiques fondées. Do plus justes et de plus rigoureuses s'élevèrent lois de la publication do ses Lettres philosophiques, ou Lettres sur les Anglais. Ces lettres sont au nondu'o de vingt-cint[, et l'auteur y ellleure la tliéo'ogie, la métaphysique, riiisluire, ia litléralure, les sciences, les mœurs, avec un siyle léger, rempli d'épigrammes et de plaisanteries, contre nos prêtr 'S et nos usages religieux, et d'éloges sur les cjuakers, sectaii'cs enthousiastes et parfois hypocrites. L'ouviagc fut coi:damné par le parlement, et une letire de cachet envova l'auteur en exil ; mais il se déroba à la s 'ntence. 11 avait déjà composé plusieurs cha Us d ' so 1 [loëme de la Pucelle ; ses a iiis en récitaient dus fragments, et exl)()sèrrH a nsi l'auteur à de nouv. Iles craintes. Con'r.i.nt de s'absenler encore, et vcjyanl que, uialgi'é tous S'-s talents, ses (^■o.iuctioiis irréligieuses avaient éveillé sur lui la !ii;rveiliance des am s de l'ordie , il prit 1 ■ [larli d • placer ses fonds chez l'étrang'M' , ft alla passer (j-.ii'Kpie teiii;is an si(''ge de l'hili-b lurg, où comma' ùait le maréchal (le lî lui. k; il eu 1 \>u ence de U' s'y exposer h aucun danger; on prétend même (pi'i refusa de visilti' la tra cliée. Ii se retira ensuite à Cirey, près de V'assy enCiiampa^u ■, où la niarq.àse du Ch.Ui-lei avait utij terr'. 11 étudi.iit iiVoc cettf dame les s, sternes de Leil) ntz et les princii'C^ de Newton, et travailla à ses Eléments de la philosophie de Newton ; inais. après |)lusieurs an lérs ii'étudcb, il suivit le lO.iseil d ■ Clairaut. et rerioiiya il devenir physicien, li reprit ses travaux favoris , et composa \'Uist<iire de Charles XII, acheva ses ûisco rs sur l'homme, rassemola les uiatériaux pour son tssai sur les mœurs et l'esprit des nations depuis Charlemaqne. Cet ouvrnge commencé en 1740, fut imprimé en 1750, et sembl ■ un manif'Sle contre le christianisme et les chrétiens. Il eonqiosait à peu près en môme temps Zu'ime, Alzire et Mahomet : cette dernière tragédie fut jouée, à Lille eu 1741. Voltaire étiit depuis longtemps en correspondance avec Frédéiic 11, roi de Prusse. Pendant la première reoréseutc.lion de Mahomet, ii re-

çut un b'ilet de ce monarque philosophe, qui lui annonçait ia victoire de ilohvitz. Sa vaniti' lui sugg''rant l'idée de rendre public l'honneur qu'il recevait , il interrompit la Ijièce pour lire tout haut ce billet aux spectateurs. Vous verrez, dit-il à ceux qui l'écoutaient, que cette pièce de Molwitz fera réussir la mienne. Elle réussit en etfet ; mais elle ne fut jouée à Paris que l'année suivante ; la première repiésentation en fut donnée l> 9 août 1742, et elle fut interrompue , après la troisième, par oidre supérieur. En 1751, le comte d'Argenson, ami de Voltaire et secrétaire d'Etat, lit reparaître Mahomet, malgré Dernier, lieutenant de police, après que d'Alembert en eut, jiour la forme, retranché quekpies vers. Zulime , jouée dans la suite, n'eut point de succès et n'en méritait pas. Nous avo'^'s parlé des relations de Voltaire avec Frédéric II. Ces relations existaient du vivant même de son père Frédéric-tjiiillaume. Le prince royal choisit pour son mentor et son guide le philosophe français ; il lui conserva la mCme ail'ection lorsqu'il monta sur le trône; mais un des premb-rs actes de son autoriti' fut de faire suspendre la publication de VAnti-Machiavel. Voltaire alla voir à Wesel I • jeune monarque, qui chercha alors inutilement à le retenir au[)rès de sa [lersonne. Il revint donc à Paris et donna Mérope, une de ses meilleures tragédies. Ce succès lui aurait ouvert les portes de l'académie, où il y avait une place vacante par la mort du cardinal de Fleury; mais ses opinions [ihilosophi(pies l'en écartèrent pendant plusieurs amées. Ce fut iniilil ment que le faim ux duc de Richeâeu s'intéi'essa en sa laveur auprès de a marquise de CliAteauroux, alors favorite lie Louis XV, et ilominée par le duc. Genoi dant cette nouvelle connai^sance valut à Voilai; e d'être em.iioyé dans U'^e importante mission. La France, en guerre contre la reine de Hongrie, désirait l'alliance du roi d ' Prusse. Voliaire fut envoyé secrètement à Berlin, et contribua à ce que Frédéric 11 déclarât de nouveau la guerre à Marie- Thérèse : cette diversion força cette jnincesse h retirer ses lioiq.es de l'Alsace. À son reiour, et en pas^ant par La Haye , il su! ])énét: er les dis[:os tions des Hollandais , qui paraissaient encore incertaines. Ces services, la protectioii du duc de Richelieu, et surtout celle du marquis d'Argenson et de madame d'Ktiole, de;iu s niarijuise de Pompadoiir, lui pioeurèrent les faveurs de la cour. C''argé de faire un ■ pièce pour le premier mariage du dauiihin , il composa la Princesse de Navarre, (jui lui fit obtenir la charge de gentilhomme ordinaire et la place d'histor.ographe de France. 11 marqua sa reconnaissance pour Louis XV par les vers suivants :

Mon Henri-QiiiUre el ma Zaïre,

El mon aiiipiicaine Alzire, Ne nroiit valu jamais un seul regard du roi : J'eus beaiicoup d'ennemis, avec très peu de gloire. Les honneurs el les biens pleuvent enfin sur moi

Pour une farce de la Foire.

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Ce eni!;\nt son amoilion n'c'tn't pis e-ii;ira Sfitisliiito :1e i'niit uil aca léiiiiijuo lounue itnit >es (h''sirs. N'i^noiant ps l'oljst.icle (jui s'o[>posait à sa réceplioii, il eut recoars à l'artifice; et, |.oiir g.tgier la faveur du P. de La Tour, il lui écrivit u^e lettre du 7 février 174(), remplie de [irotestations sur son respect pour la l'eli^.oo, et son atiaehenieit aux jésuites : il y dis.iit entr^' auîres choses : Si jamais on a imprimé sous mon nom une lirjne (/ni puisse scanflalisrr snitemmt un sacristain de pnroissr, jp suis prâl à la déchirer. Je déteste tout ce qui peut prirter le moindre trouble dans la société. Ces fausses prote-tations eiu-ent leur el!' t (I), et il fut e'ilin leçu à l'araJéune en 17i6; il avait alors cin juiinle-deux ans. Aimant à se singulariser, non-seulement il ne (it |)as les élojes d'usage d<! son fondaieur, le cardinal de Riclielien, miis ii ne le rappela |)as même houorabloinent. Il retouna à Cirey, près de la marquise du CliAtelet, avec laq .eiie ii passa bieUàt après à la cour du roi Sta- ?aislas. La mort de la marquise hilta le retour de Vollaire à Paris, où sa gloire littéraire éprouva des coTradictiois. On lui préférait, peut-être inju-^temeit , Crébiloi , qui venait de faire jouer Catiiii)a. Il crut se venger en écrivant sur trois sujets que son rival avait traités ; et il coiuposa h Sceaux , chez \\ duchesse du Maine, les trois tragédies de Sémiramis, d'Orcsle et Je Rome saucée. Ce fut la duJiess'', dil-on, (jui Tengigea à écrire Rjine saucé<;. Ce[)enilant l'accusation (i'ir.éligion, que ses écrits lui avaient mériiée commenç:ùt k éloigner de lui (juelques-uns de ses i rotocteurs. Outre cela, sa vanité démesurée irritait contre lui les gens de lettres, taiid s ([ue so 1 caractère iras.ible et .-atir que lui faisait, d'une autre part, de puissants ennemis. Louis XV avait conçu pour lui une espèce d'aversioi qu'il ne dissimulait fias, el même la marqu.se de Pomjiad'iur lui retira sou amitié. 11 crut alors qu'il ne pouvait mieux être que diuis une coin' compns.'e hc phdnsophcs, et il accefila eniin les proi.'ositioiis du roi de Prusse. 11 alla joindre ii B' Iri Jlaupertuis, d'Arge is, La .Meilri • et Toussaint, arriva à Potsilam en j lin 175'), et reçut le plus favor.ible accueil de Fiéléric. Les premiers mois s'é oulèrent h l.i satisfaction récipro pic du maître et du disciple; nid nuage ne troubla t leur bo me intelligence. Voltaii'e passait quelques heures auprès du roi, soit pour corriger ses ouvrages, soit pour lui ap, prendre h écrire avec goQi et pureté. 11 assistait >ouve il aux soup. rs cjue donnait Frédéric à ses lavoiis ; soupers oiî

(I) Il prii |iliis (l'une fois ce Inn d'ironie , et en l).)il ml (le soii coiili- lie X'uli'j, il tVrivil en I7i8 au coni e (l'Argenial : < Je sei;iis nèsfiiclié (l(^ passer « pour l'aïueur de Zadig, i[,\\n\ seul décrier p u- tes « iiilerprtUalioiis les plus odieuses, et (pi'ori ose ac- « eiiseï' de contenir des do^jiiies léimuaiies eoiilre < nuire sainte religion; (pielle aj)pareiK'e! t C'-j'endant l'amiée suivaiile il pii; lia un p.inipidet, la Voit dn 5.-if/e el du peuple , q(i il s'élève coolrc le clergé à l'occasion des inimunilcis.

se trnuvaîe t d'autres beaux - esprits de la Ir m e de Voltaire, oui. par leur conversation, flaUiic'l les pr ncipes du rnonarq o philosophe. Jamais, dit le premier dans ses Mémoires, on ne parla dans aucun lieu du monde avec tant de liberté de toutes les superstitions des hommes, el jamais elles ne furent traitées avec plus de plaisanterie et de mépris; et il écrivait à madame du Déliant f/u'il soupait tous les jours avic deux ou trois impies. En'in ce fut dans un des soupers de FnVléri ; (-elon le rap,)0rt de Collini) que Vi llaire ro içut le [ rojet du Dictionnaire philosfipliif/ue . qui fut exécuté qu(dque temps après. Il avait tout le reste du jour liour se consacrer à l'élu^ie : il corrig'-aU j)l sieurs de ses ouvrag s, finissait le SJcIe de Louis XI y et travaillait au poème de la Loi naturelle. Fi'édi'ric, lui témoignait toujours la même bienveillance et l'avait créé chambell.in. Fêté de toute la famille royale, le poêle jouait la trag di- avec les frères el les sœurs du roi-, leur apprenait à déclamer les vers français et leur en adressait oauti es qu'il composait en leur éloge. F.nlin ce n'est p .s sans raison (ju'il -ippt lait le séjour de ce roi le palais d'Alciiîe. Mais cet enchantement fut bie itt'it dissipé. On raconte qu'un jour qu(! le gé léral .^ianste n I ■ pressait de revou- ses .Mémoires, il lui répondit : <> Le « roi m'a envoyé son linge à b'anchir, il faut « q ,e le vendre attende. »" El dans u'e autre occasion, en montrant i\ que qu'un plusieurs cahiers de vers composés par Fréiiénc : « Cet hounue-là, dit-il, c'est César et l'abbé « Cottin. » Le roi n'ignorait pas ces proi)os im; rudents, et d t un jour à La Mettrie, en ])arlant de son chaud). dlan : « J'en ai encore « besoin pour revoir mes ouvrages : on suce « l'orange et T'ii jette l'érorce. » Voltaire, qui se croyait tout itermis vis-h-vis même des souverains, fut très-p que de cette confidence et forma dès lors le iinjel de s'évader. En mêim^ lemjis vinrent ses discussions avec Maupertuis, président de l'académie de Berlin; ce mathématicirn célèbi-i' était lui-même en dispute sur un pùnt (le science avec le professeur K(jeiiig. Voltaire, jadis l'ami du premier, d(!Vint jaloux des distinctions dont l'honorait le roi de Prusse ; et, malgré l'ordi'e de celui-ci de ne pas se mêler des querelles qui existaient entre Kœnig et Maupertu s, il écrivit contre ce d rnier u'^e satire qui fut suivie d'une autre plus sanglante encore, intitulée Akakia, oh il n'épargne ni les ouvrages ni la i)eisoi ne d son adve siir ■. O i s'é,onna, avec raison, que celui qu'il avait c mblé d'éloges en 1738 ne fût plus, 0 1 1752, qu'un raisonneur extravaga'^t, un philosophe insensé. Frédér'c II, justement i -digne , fit brAler la diatrih • d' Akakia parle bourreau. Voltaire, qui éta t malade h Berlin, lui renvoya alors sa croix, sa clef et le brevet de sa iiension, et demanda au roi la permission de partir : Frédéric, pour toute réponse, lui fil remelire du (luinquina. Voltaire ajouta qu'il ava^l besoin (les eaux de Plombières ; on lui fit répondre 4uc celles de Silésie valaient encore mieux.

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Cependant il alla à Polsdnm. vit Frédéric, et leur bonne intelligence parut se rétablir. V(il;aire obtint d'aller à IMoiiibx'i'es, mais fiersista dans son dessein de (|uilter à jamais ia l'iussp. 11 passa à Leipzi;^ et lic là chez la duclKSSo de Saxe-Gotlia, amie des philosof>ljes, et pour laquelle il conmiença ses Annales de l'empire. t'.hei!;in faisant, il reçut un cartel de Wauperluis, et s'entendit déchirer dans les libelles de La Baimelle. La lenteur de son vojat^,e, son séjour à Gotha, et des sommes considérables placées dans le duché <lo Wuîieuiberij;, sur sa tèle et celle de sa nièce madame Dfuis, lirent con. aitre au roi th' l'russe que Voltaire n'avait plus envie de revenir à sa cour. Ce soui>çon, ([uelques propos indiscrets cl \\v\ recueil de ses œuvres jjoé.iques que Voltaire avait emi'orté avec Ju , initèrent le monarque ; et, da 's sa colèi-e, il donna ordieà un a^ei t nouuiié l''rei- In^, qu'il eut' etcnait à Francfort, d'aiièter Voit ire et d<- ne pas le relâcher qu'il n'eût rendu ses décorations, son brevet de pension 1 1 le recueil de poésies. Freiiag exécuta po ictuelleine U les ordres de son inaitîe ; et ajirès une délemion de trois semaines, Voltaire obt nt sa liberié. Il se lenuit à Colmar, voulut d'abdrd s'établir en Alsace, et éciivit ensuite à Paris pour savoir si, en y retournant, il pourr.iit obtenir un bon accueil à la €our : la réponse ne fut jias satisfaisante, et il se détermina à aller prendre les eaux <t'Aix en Savoie. IJ passa à Lyon, où il vit jouer plusieurs de ses pièces; et enlui il se j'endit à Genève pour consulter Tronrliin. Il habiia ensuite, et alternativement, 'J'ourn- y, Feiiiey et les IJélices, aux p'orles deGci.ese, et tixa sa demeure dans ce iwys. 11 recevait da is sa retraite les persîinnaj^es dist iif^iiés qui étaient enirai lés par le désir de cou laitre Cl t homme extraordinaire. Il y accueilliiit ai'ssi les no .veaux i)rosélytcs que lui reiomuiandait d'Alenibeit U cultivait toujours avec iissiduité la littérature, et VOrp'elin de la Chine fut le pn mu r fruit de sa letiv ile ; ouvrage oii, comme dans la )ilupart des autres qui sont sortis de sa plun,e , on retiouve parmi les richesses de la iiuésie, l'art funeste d'insinuer l'impiété. Indépend.imauint di;s deux vers déjà indiqués du I tt'i'dipe, il avait [)rùné dans Zaïre (ce. e. dant pièce toute chrétienne) l'iiidillérence en matière de religion : Zaïre dit, à la première scène :

J'ciîsse éic prés Ju Gange esclave des faux dieux Chrétieiiiie dans Paris, niiisidinano en ces lieux.

Dans VQrpluUn de la Cliine, voici comme s'exprime Idamé :

Ci'slois viennent des dieux, le reste est des humains.

Mais rien ne peut égaler le scan laïc que produisit la pi blication d' la Purelle d'Orléans. Ce poème, qui contient les traits les plus licencieux et les détails les plus révoltants, excita l'indii^nation des perso, mes les moins scrupuleuses. Les gens cornnnpus lurent cet ouvrage avec avidité; mais ceux qui conservaient une certaine pudeur le re-

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gardèrent comme indigne d'un philosophe, et comme une « tache pour les a'uvres et la « vie de l'auteur. » On pourrait faire le même re()roclie à son roman de l'Optimisme et à une gran< e par ie de ses Contes, où rcgneni îi 1 , fois la licence et l'irréligion. Uai s la Lui naturelle, aulre poème qu'il pi b'i.i ]ieude temps api es, il s'élève contre le fm.atisme : on sait a.vsez ce que Voltaire cntenda.t par ce mot. Le poème du Désastre de Lisbvnne, où il prend plaisir è calomnier la Providence et à désespérer la nature liumanic, lui atti a les repioches ûf Jean-Jacqu s Roi sseau lui -môme. A Candide oU YOptimiyme succéca mie tiadui lion 1 bre, ou plutôt une parudir de l'Ecclésiastc, et d'une Jiarlie du Cantique des eantiques. Ces dei x éciits far. nt brûlés parla uiaii' l'u bourreau. La première édition de ses OEuvres, l'aile sous ses yeux, païul en 1757; il y .joiginl son Essai sur 1rs n.œurs et l'esprit des "nations, qui excita l'enibomiasme de ses admirateurs, et ([ui n'e.-t j as sans méiile sous le ra|)poit Jitléiaire, mais dans lequel il s'attaelle jirincipalemeni à .-apcr la re igion par sa base, avilit l'Eglise ( t maltraite ronslrnini' nt ses nn'nistres. fa haine lontie la leiigion scmb'ait en lui aiguientei avec l'âge, et rien ne pouvait l'assouvir. C'est ve.s (o temps à [)tu près qu'il se réco'-icilia avec le roi de Prusse, avec lequel il corre.sj:ondit jus(]u'à sa mort. Pendant ce teii ps, il l.iurnit qu(l(iuesarticl< s à \EmyeU.péd,e,c\., enl7t;U\ il donna au lliéûtie Tonvrède, qui obtii.t un succès .'.niué. A^ai t reiu.ilii à Ferney une pet te niec<' du grand (.orneille, il | ouiv. t à soij établissement en | ubiiant, | ar sou-ciipliùn, une édition des OEtnres de cet iii moi tel tragique : le lo de Prusse et d'autres princes furent au nombie des .-■ouscripteuis. 11 aeconq agna l'ouvrage de notes où, s'il loee I aifois les beauiés du | èi e de la tiagédie i'rança se', il par.ut quehpi; lois r, levei ses défauts avec une sévéi .té minutieuse qui tient de la jalous;e. On sait la part qu'il prit au procès de Galas, dont la l'amilie était sentie se rétugier à Genève : Calas, accusé d avoir pendu son fils, lut e lin déilaré iin^ocent (.'t sa mémoiie ri'habilitée Il protégea Sirven dans son piocès a\ec les jés itis, et les j aysans de Franche-Comié contre le chapitre do"t ils étaient serfs. Ses succès litléai.cs furml souvent Ironbés par des crit qties, qui lui donnaient beaucoup d liuuicur. Les Lettres de quel que s Juifs portugais, etc., de l'abbé Gué n:e, excilèi'inl pui-samme t sa colèie : l'au-eur y déma'quaii. sa mauvaise foi d. ns la tradu; lion d plusieurs textes, et relevait dautrts erreurs non moins remarquables. « Cet abbé-!à, dil- « il, est malin comme un s.nge ; il jaiait « vous caresser, et il vous mord juMju'au « sang. » Mais les ceiseuis les | lus incouimodes pour son amour-projire étaient le jouaialiste Fiéron et le Journal de Trévoux, réuigé par de,-^ jésuites. 11 lui occasionnait des accès de colère difficiles à exprimer. 11 était mal vu à Genève, où ses principes avaient indisposé contre lui les autorités.

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Ces mêmes principes, renouvelés continuellement clans tous les ouvrages qu'il ]iubliait, excitaient contre lui des plaintes réilérées. Il crut ou voulut faire croire qu'il se formait sur sa tété un grand orage, et qu'il était urgent de le conjurer : il avait un peu de fièvre, il appela un confesseur, lit une conmuinion solennelle et une protestation publique pie s'in respect pour l'Eglise ; niais les gens sensés surent à quoi s'en tenir sur cet a|jpareil hypocrite, et sa démarche fut blâmée de sps amis mêmes. Ce n'était pas la ])remièie fois que Voltaire avait eu recours au ministère ecclésiastique. En novembre 17-23, se tiouvant malade chez le président de Maisons, il se confessa au curé de ce village. Il en écrivit lui-même au baron deBreteuil, en janvier 172't, et il est remarquable (|u'il ne fait p' s de mauvaise pinsanterie sur cette démarrlie. Dans les dilférends qui eurent lieu à Genève entre le peuple et les ma isti'ats. Voltaire se déclara poui- le premier, c'est-à-dii'e contre les lois élabhes, et il ]hililla un Poëme où il tourne en ridicule tous les partis. Son caractère in(]uiet et son activit(' suipronante jiour son âge le portaient k se mêler d'une foulo d'all'aires ; il protégeait la femme de Alontbailli ( exécuté comme parricide), accusée de complicité; elle fut déclarée innocente au conseil d'Aitois. Il entietenait une correspondance immense avec le roi de Pologne, Pré léric-le-Grand, Catherine II; avec d'Alembert, Thiriot, d'Argental et autres. Il s'occupait sans cesse de nouveaux ouvrages, parmi lesquels il ne faut pas oublier les pamiihlels qu'il fit pleuvoir sur le marquis de Pomjiignan. Ce seign 'ur, h sa réception ii l'acad nnie, en 17()0, avait proiioneé un (lis( onis où il avait c' oisi pour sujet, (pie le philosophe rcrlncux cl chrétien mérite seul le nom de pliih)soj)he. Tous les partisa-^s de li phil' sophie n.'.is- .sante so déchaînèrent conire lui ; ^'oilaii■e, en ])ar iculirr, se ch rg a de la ven.^eance ; chaqne coui'i-ierde (lenève aiportail ipielque nouvelle firétle, sous les litres de les Quand, les Si, les Pour, les Que, 1rs Qui, les Quui, les Car, les Ah! On ni en même teaiiis iiUprinier conti'e le marpiis de Pomj'ignan la Prière du déiste; le uiarijuis céda fi l'oia ,e et se relira d.'ins sa proviiu'e. Vultaire, infitigabli! au travail, do ni i successivement u'^e foule d'écrits séri-ux ou boutions, où la icli^iou était attaquée ou tournée en ridicule. Il se cachait pour les produire sous des noms em;)ri.ntés, et il en | lai-anlat dans ses lettres. I. 'avènement de Tuigot au niinisè c fu un triumpho pour les i)hiloso- )ih-s ; Voltaire fut un des pr uiiers ;"i le célébrer avec euili )us asmc^ Il avait <tu (dise it ses iianégyiistes) que V intolérance, la superstition, les préjiujés absurdes, disp.uaitr.iieut d vaut un ministre pliduso,ihe. .Mais les édils de i'iT >, qui augme 'tère il son ndnii atioii pour 'l'urgot, furent le signal de la chute 1.' ce dernier. Voltaire, indi-ué, Hii a.lr s-^a en dédomniaj,e.ue'l une ép:tre intitulée : A l'homme. Lo> Sinitunents qu'il y faisait paraître auraient pu ii jamais lui inler-

dire son entrée dans Paris, qu'il désirait revoir depuis |)lusieurs années. Il y vint cepe'idanl ei février 1778. A [leine on sut qu'il était dans la capitale, que l'enthonsiasme de ses admirateurs n'eut plus de bornes. Ses talents lilté aires étaient sans doute dignes des hommages de ses comjiatriotes ; mus ils avaient été ternis jiar un esprit mordaii et satirique, et par des principes d'une incrédulité di'terminée ; l't les hommes sages ne pouvaient oublier l'abus qu'il avait fait trop souvent de son esprit, île ses connaissances et de son ascendant sur son siècle. Des centaines de personnes jiassaient des heures entières devant ses fenèti'es pour le voir un instant. Sa voiture, forcée d'aller au pas, était entnurée d'une foule nombreuse qui bénissait son nom et célébrait ses ouviages : les plus graiuls seigneurs briguèrent l'honneur de lui rendre une visite. L'académie fiançaise le reçut avec une distinction signa ée, et moins comme un égal (pie comme le prince des lettres. Tous ces honneurs pouvaient jiaraltre une insulte faite au gouvernement et à la relig'on, qu'il avait si cruellement [lersécntée. Enivré de l'encens qu'il recevait, on assure qu'il s'écria : « Mon entrée dans Paris a été jikis triom- « phante que ci lie de Jésus dans Jérusalem. » Cejiendant ce fut au Théâtre-Français que sa vanité jouit du plus beau triomphe. On y jouait son Irène; c'était le principal motif qui l'amena à Paris. Il assista à la troisième re]irésentation de cette tragédie, une de ses j)lus faibles compositions : si l'arrivée de l'auteur dans la capitale avait décidé du succès tle la pièce, sa présence ne lit que l'augmenier. Il remaïqua avec un i)lai:ir inexprimable que les vers les |i'us applaudis étan'''t c u\ où il attaqua t l s v rites religieuses et moiales, q l'il appe'ait des i r jug">. A;uès avoir cou\ert d'applaudissements et louviage et l'jUieur, les spectateurs nccompag'ièrent celui-ci jn.sq c dans ses anliai\eiuents, ep criant : « Vivo Voltaire ! vive « la Ilcnriade ! vive Mahomet ! vive la Pu-

« celte! » Ce <iernier cri iirmive assez

quelle esp.èce d'admii-ateu s l'i ntonniient. On ne se bnrna ]ias là : les [lis fauatniues se précipitai nt a ses |iieds, baisaient .^-es mains, ses vêtements, 1 1, au milieu lie ces trans[K)rt3, il rejetait : « On veut me faire « niouiir 'le plaisir. » Le laineux I-'ivuiklin se trouvait alors à l'aii-. ; ( t paitageant, d t- 011, l'enlliousiasme d'uie partie d^s Français, présenta à Voltaire son petit-lils et le pria de lui donner sa bé lédiction : Virlitire fit ce qu'on lui demandait, eu prononçant ces m ts : « Gnd and libcrtij (Dieu et la « lil)( rté) ; voilà la st ul,' liénéd cdou (jui n convienne au |ie.il-iils d ■ Kiankliii. » Oi ni> saurait comprendre quelle importance altacha t le plii.osophe américa n à la béiu'diilii'ii du philosophe franc ds. Ce demi' r, e duu'iii (lar i'atlmirati(ni dont il élail 1 objet, donna la < eriiière uhun à son Essai sur les mœurs et l'esprit des naiio}is, et y porta de iiomeaux cnuiS au chnsiianisme. Il s'occupait eu môme temps du projet de réfuter l'iu

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sieurs faits contenus dans l'ouvrage du duc •le Saint-Simon, et ayant déterminé l'acadéniie française à refondri' son dictionraire, il travaillait aussi à en rédiger le < lan. Ces fatiuuos, au-dessus de sm Age, lui causèrent u'i crac' ement de sang ; cela ne Fenipécha pas de se faire recevon', le 7 avril, comme maçon, ;> la loge des Nr)if-Sœurs ; mai<,p'jur ne pas abaidonner son travail et domer à son corps un peu d'éiergie, il résolut de prendre 'ie l'opium : il 'c trompa sur la dose, et les suites lui furent funestes. 11 ne soi-tait que par moments de la profonde létargie où il était plongé : c'est dans ces intervalles qu'il écrivit une lettre h M. de Lally-Tollendal, pour le féliciter de ce qu'on avait réhabilité la mémoire de son père, ([ui était mort sur l'échafaud. Sentant sa fln approcher, il signa et remit ii l'ahbé ("lauthiei' une profession de foi par laquelle il déclarait qu'il moui-ait dans la religion c tholique où il était né. Pendant quehiues jous il parut se trouver mieux. Sa profession de foi | araissant fort suspecte de la part d'iui homme qui en aTa t déj'i fut de semblthles et (pii avait affecté de se jouer de ce qu'il y a de plus saint dans la religion, le curé de Sai t-Sulpico retourna chez lui; mais, dit Giunm, Voltain' eut beaucoup de peine à le reconnaître; et le curé l'ayant conjuré do confesser la divinité de Jésus-Chiist, il le repoussa en lui (lisant : Laissez-moi mourir tranquille. Ce philosophe rendit le dernier soupir le 30 mai 1778, à l'Age de 84 ans. {Voy. Tkonchin, Théodore.) Le curé de Saint-Sulp ce lui refusa la sépulture ; on réclama chez les cordrliers le service ([ui s'y faisait ordi'^airenient pour les académiciens, maison fut refusé encore. L'abbé Migunt, neveu du défunt et conseiller au piilcnicnt tle l'aris, était abbé de Sci'Ilières en Chaiii|)agiie; d y conduisit le corp- de son oncle et l'e 'terfa dans le caveau de l'abbiy '. Tous le^ liltérateu-- ! hilo-o]i!ies priienl l.Mleuil.Les poètes céléb.ércnt Vo:ta:]e, et les acacf'miciens pronoixèrent sun éloge : 1 'S plus remarquables furent ce x du roi de Prus.-'e et de Lahar le ; mais cdui-ci est [ilus modéré que ! autre. F,ii 1779, Frédéric lit céléb er, dans ) église catholique lie H.nl.n, un service pour 5on ami et son maître. Ses restes furent transportés, en 1791, à l'hôtel de Vil:ette, quai des Ttiéatins, (jui reçut dès lors le nom de quni de Voltaire : le inèiui' jour, li juillet, iisfuri'nt transf n-ésan Panihéon. Nous avu ^s plusieuis Vies de Voltaire : cidlo du marquis de Luchel, 1781, 6 vol.in-8% est écrite avec un ton d"e!n|)hase ennuyeux; celles de Condorcet, 17s7, et de Duvernet, 1786 et 1197, 1 V(d. in-S", res;)ire it la bain" de la religion; mais celle du mari[uis de Villette I 'S surpasse toutes en impiété et en cynisme : de nos j lurs M. Lepan en a do mé une en 1819, rédigée dass un esprit d. (forent, mais qui laisse beaucoup à désirer. Celle de .^1. iîazure, 1821, in-8", mieux écrite, n'a pas eu tous les sullVages des amis d~: la vérité: l'auteur a fait trop de concessio s au [larti philosophique. Enlin , M. Paillet de Warcy a

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publié une Histoire rie la vie et des ouvrages de Voltaire, 182'i., 2 vol. in-8" : l'ouvrage n'est pas bien érrit, mais il est curieux et intéressant et rc^feinue un grand nombre de faits et de documents. M. de Warcy convient lui-mémo les avoir puisés dans la vie publiée |>ar M. Lejian, qu'il cite plus de cinquante fo's. Les philoso|)lies qui secondèrent avec le plus de force l'antipathie religieuse de Voltaire, furent Thiriot, d'Argental, d'Alembert, Damilavillc, d'Argens, Helvélius, de Bordes, Marmontel, Saurin, etc. Il ne sera pas inutile de jeter un coup d'ceil sur les diverses opinions qu'on a formées sur Voltaire et sur sa corrcspondanc*. On ne lunit mettre en doute que ses doctrines pernicieuses n'aient accéléré la révolution. Ses admirateurs eux-mêmes l'ont avuué. Voici comme ils s'exprimaient dans le Mercure de France du 7 août 1790 (1), en rendant compte de sa vieparCondorceî. «L'historien « s'est appliipié surtout à représenter sa « toute-puissante iniluence sur son siècle; « et bien loui qu'à cet égard on ne pirsse « lui reprocher aucune exag-^ration, peut-être « n'a-t-il pas assez approfondi la matière: « peut-être, quoique son pinceau ne manque « |ias de force, eût- 1 pu rendre les touches « plus vives et plus marquées. H me semble « du moins qu'il était possible de dévelop- « p T davantage les obligations éternelles « que le geni o humain doit avoir à Voltaire. e< Les circonstances actuelles en fournissent « une belle occasion. Il n'a point vu tout ce « qu'il a fait, mais il a fait tout ce que nous « voyons. Les observateurs éclairés, ceux « qui sauront écrire l'h stoire, prouveront à « ceux (jni savent réiléc'iir, que le premier u auteur de eette (jrande révolution qui étonne « l'Europe et ré and de tous cotes l'espé- « rance ch;'z les peuples et rinquiétudc dans « les coiirs, c'est sais contredit 'VoUaire. « C'est lui le premier qui a fait tomber la « prt'Uiière et la pi !S f rinidable bar ière du « dospotisiuc, le pouvoir reli/iieux et sacer- « dotal. S'il n'eût pas brisé h' joug des prê- « (ces, jamais mi n'eût brisé celui des t -

« rans L'esprit humain ne s'airêle pas

« plus dans son indépendance, que dans sa « soi vitude, et c'est Voltaire qui l'a alfi'an- « chi en l'accoutumant <\ juger sous tous « les rapports ceux qui l'asservissaient. « C'est lui qui a rc du la i-a'son populaire; « et si le peuple n'eût pas appris à penser, « jamais il ne se serait servi de sa forée. « C'est la pensée des sages qui prépari> les « révolutions polit ques. mais c'est toujours

« le liras du (leu. le qui los ex(''Cïite 11 a

« tant répété au peuple : Savez-vous quel « est votre plus grand mcdheur? c'est d'être « sot et poltron : il l'a tant reJit de mille « manères, qu'entin il n"a ] lus été ru l'un « ni l'autre. » On n'a qu'à parcoui' r sou Brut us et sa Hlort de César; on le voit, au milieu d'une versilication sékiisarite, dé- Ijloyer cette exaltation de l'csiirit ré[iubli-

(I) Ce joiuniil éiait rédige par Marmonlel, Labarpe et Ciiamfon,

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cein. ces icUes exagérées de liberté qui depuis ont dôi-angé lait de tûtes ul au oi'isé la it du forfaits. Il mit plus (i'a/d(;ui eiT-nro à répandre ses principes antic.lir.Hi.Mis. «C'ia- « (jue trait do sa c mviirsati^m, dit M. do Li- « crctelle, indi piait un désii- iinpérJL'iix de « bravL'r et d'insulter les croyances rchgieii- « ses. » Palissol, de son cûté, s'''X prime eu ces termes : « La plus grande faute dans la- « quelle Voltaire ait eu le nialiieur île tom- « ber, fut d'a;--ei)ter le titre de clirf de parti, « et ce fut d'Ale.iibert ([ui l'y précipita. Sa « corresponda'L.e en est une preuve coivain- « cant", et l'on remarquera qu • Té loque oCi « Voltaire pej'dit le jiius le ses qudiîés mo- « raies fut précis ■lueat celle où il doima « toute sa conlian-e au tartufe de la phdo- « Sophie. » Griium, a Imirateur de Voltaii'e, ne le traite pas iiéanumais avec plus de raéna^i'iuent. Il se mo jue do son exeessive fécoidilé, et, ce qui est à pei ie croyable sous la plume d'un piilosophe, il l'appelle un subli ne enfant, u<i sublime pantalon 11 ne le cro t |)as ni avec les talents né,;es-air,'S pour 6. rire T'ilstoiro, et il od're ei exemple les Annales de l'empire, «qui n'oit, dit-il, ni « goiit, -li esprit, ni coloris, ni coinaissauce « des faits; » \'IIistoiredii czar Pierre, V Essai f^ur l'histoir" g'nérale, qui ont aussi les mômes ddauls. 11 n'approuve pas non |)lus les deux fameux vers de l'Oiîdipe, i(u"il regarde comme « l'éiioque et la source de celte <c unpiété qui s'est éiablie si ridicule. iienl « sur nos lliéUres. Notre mnilre a eu tort « en cela, et ce n'est pas dans ses toris qu'il « faut l'imiter. » El il <lit ailleurs : « Voltaire « est absoibé pu- son beau zèle contr.3 1 iu- « l'Ame; » o i sai^ qu',1 design .it par ce titi'o la r li,^ion. Et, ea eO'el, jauiais liaine n'a été portée à un jilus haul fmatisme. Quehjues passiges de s,i Correspondanec feront mcux connaître, sous ce rapport, l'esprit de l'aute r et 'le ses ouvrage-. Il leprocliait souvent à d'Alembert et aux autres pliilosoplp'S leur tiédjur à exl l'per les prejajés. « Ahl « frère, écrivait-il au marqins d'Arjens, si « vous vouliez écraser l'erreur! Fi'ère, vous « êtes b:ea tiède! ■) Il s'exprunait ainsi eu écrivant à d'iVlembeit, le 19 janvier 1737 : « Failes un corps, ameuti;z-vous, et vous « serez les u):utres. » El le 1* mai suiva it : « Vous avez des articles (da is VEneijclopédie) « de théol ij,ie et de mét.ij)hys!(iui.^ qui me i< font bien de l.i peine; mais vous rachetez « ces peiites ortiiodoxies par tant de beautés « et de choses uti:es, qu'en général ce livre « sera m service rendu au genre huraiin. » Il écrivait la même a i né ■ : « Je jirie l'iion- « néte hom(nc qui fera matière (poui- {'Eneij- « clopcdie), de bie i |)rouver(iue ce je ne sais « (]uoi qu'on appe le matière pdit aussi bien « penseï' que le je ne sais quoi (pi'on appelle « esprit. I) Le G décembre , il écrivait au même ami : « H ne faut que cinq ou six « pliilosopijos |iour renverser le colosse. » Et le '23 m.ii suivant : « Si vous étiez tous « unis, vous dimneriez des lois. Tous les « Cacouacs devraient composer une meute. » En 17G0, sa correspondance devint encore

jilus a;nè-e et plus provocante, et il excitait S'UH relâche ses -miis a terrasser ce qu'il app.'lait 11 superstition. Le 20 juin : « Ah! « pauvres frères, les premiers fi Jèlcs se con- « d'ii->aient mie\ix que vous. Patience, Dieu « nous aidera si nous sommr-s palients et « gais. » Le 21 avril i7GI : « Que Irs iihilo- « sojihes véiitables fassent une confrérie >< c taime les francs-maçons ; c[u'ils s'assem- « blent, qu'ds se soutiennent, qu" Is soient « ti le es h la conri'éiii\ et alors jo me fais « bi-ùlc'r pour eux. Cette académie seCrète « y. nuirait mieux (]ue l'acadéaiie d'Athènes « et toutes celles de Paris. Mais chacun ne « songe qii'à soi ei oublie le premier des de-

« voirs, qui est d'anéantir l'inf Confou-

« liez l'inf.... le plus que vous pourrez. » Le 2S se[)tdmbre 17G3 : « J'ai toujours peur n que vous ne soyez pas assez zéli's. Vims « enfouissez vos tal nts, \ous vous conSen- « tez de iuépriser un monstre qu'il faut ab- « liorrer et détruire. Que vous coûterait-il « de l'écraser en quatre page-;, en ayaiit la « modestie de lui laisser ignorer ([u'il metut « du votre main'? Lancez la llèdi,' saos mon- « trer la main. Faites-moi quehiue jour ce « plaisir. Consolez ma vieillu-^se. » Lf 2 octobre ITG't-, il mar [uait à sou ami : « J'ai vu « avec horreur ce que vous dites de Bayle « fart. Dict.) : Heureux s'il avait pu respecter « la religion et les mœurs! Vous devez faire « pénitence tqute votée vie de ces d ux li- « gnes : qu'i lies soient mouillées de vos « larmes. «> Il montre la môme véh 'nieni.'e dans sus lettres à ses autres amis. Le 18 juillet lïGO, il écrivait à Thiriot : « J'avoue (]u"oji « ne peut pas alla [uer l'inf... tous les huit « jours ave j des éci'ils raisonnes, m ns eu « peut aller pcr donios semer le bon grain. » A Damdaville, en mai 1761 : « Coure; tous « sur l'inf... ha ilemeat. Ce rpii uï'iutéresse, « c'est 11 proi)'igatir.n de la foi, de la vérité, « le progrès de la [)hi osophie et ravilis-;e- « ment de l'inf... » A Saurin. en octi/bre 17G1 : « Il faut que les fièr.'S réunis écrasent « les coijuins. J'en viens tnujou s là : detendn « Carihago. » A DamilaviUe, le k féviier 1762 : « Engagez tous mes frères à poursui- « vre l'inf... de vive voix ou pir éjrit, sans « lui donner un moiuent de relAche. » Au mèaie, le 23 juillet 17GG : « Je ne doute pas « un moment que, si vous vouliez vous éta- « blir à Clèves, avec Platon (Diderot) et « quelques amis, on ne vous fît des condin lions très-avanlageuses. On y établirait « une imprimerie (jui produirait beauco ip. « Ou y établirait une -lutre manufaciure plus « importanl', ce serait eelle de 1 1 vé"ilé. ... « Soyez sur qu'il se ferait alors une grande « révolution dans les esprits, et qu'd suili- « rail de deux ou trois ans pour faire une <( époque éternelle. » .\u corn e d'Argenlal, le lu lévrier 17G2 : « Faites, la 4 que vous « pourrez, les plus sages elfoils contre « l'inf.... » A Helvétius, le 1" mai I70.'3 : « Dieu vous demi ulera compte de vos ta- « lents. Vous pouvez, plus que iiersoune, « écraser l'erreur. » A Marmoitel, le 21 mai 17G'i' : <c J'exhorte tous mes frères à combat

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« Ire avcr force et pru Jr^tifo pour In bonno « cause, etc. » Il adopia plus iKirtirulicn'nii'iil l'(''pit'iùlc d'iiifd.'iic (qui |iroiiv i la fLir^'ur du V(^uiia|jle fanatisme) di'iaiis ITtiO jus([a'cn 176G. 11 demandait à Tiiiiiot et <» d'Aleadjcit des rcnseiyjneineiits précis , des anecdotes contre les adversaires de la pliilusoiiiie, comme sur (laucliat, Ciiaiiineiz, Moicau, Hayoz, Trublet, etc. 11 appelait ses en''emis bêtes puantes, f'iquins, cuistres, polissutis. II écrivait à Helvciius, le 11 mai 17(il : « Est-co « que !a projiositioa honnâte et modeste « d'étrangler le dernier jésuite avec les « boyaux du dernier janséniste, ne pourrait « amener les choses ;i quelque ré'-oncilia- « lion? » Au comte d'Argeuson, 2(} janvier 1762: « Les jésuites et le- janséniste- coHi- « nuent à se déchirer à jjelles dents ; il faut « tirer .'ur eux à bdlcs pendant qu'ils se « mordent... » — « Il faut écraser les jésui- « tes, écrivait-il é.-^alenient à Damilaville, et « les jansénistes pi^ndantq l'ils se mordent. » Et à Cliabano'i : « il ne -erait pas mal qu'on « envoyAi chacjie jésuite ru fond de la mer, .( avec un jans'^niste au cou, et:\ » Il conserva sa haine /)/a'/yso;Vf /(/(te jus([a'a ses derniers moments : haine que smuhla consacier en queli(ue sorte la réce;iliou triomphale qu'il ohint à Paris, et l'indilléi-encc du j;;ou- V' rnemcnt pour un enthousiasme exaité qui insultât et le gouvernement lui-même et la religion. La jiremière édition de ses Olutvres com|)létes fut lai e sous ses yeux. Le fameux Beaumarchais en (mii reprit une autre ea 1783. Le martjuis de Condorcet en rédigea les avertissements et 1 -s notes, (|ui sont en général d'une violence peu cmmuiio : on ét.blit dos jM-esses h Kehl, aux p'irles de Strasbourg, et l'édition parut en 178 -89,70 vol. in-8 , tirés sur cinq papieis dill'érents, avec des gravures, l'n arrêt i!u conseil dElal du roi sui)|)rima celte nouvelle édition ; nuiis les ex(nn[)laires ne s'en ié|ia nliient pas moins daiis toute la France. Nous ne saurions dire les éditions fju'on a drjiinées des OEuvres de Voltaire, lies mandements ont été lancés contre ces dangereus s publications, m ds l'esprit d'iminélé a prévalu : lu nombre des exem^daires exeède 3.(0,000, sa">s y comprendre les nonibnux exem.laires des OEuvres séparées, réimprimées tant tic fois. Nous terminerons en metlan: le jugeujent suivant .=ur Voliaire sous 1 s yeux de nos Icet uis. « Qu'on admire (dit uu auteur ju- « dicieux) les gnVes de son .-tyle, le pi(iuant « de ses livres d'h stoiic, le biillant de ses « poésies, le naturel et le [)ii}uant de ses « lettres, nous y souscrivons voltuiiiers. « Qu'on donnât une collection de celles de « ses 0£'ai7YS(jue peut avou r la religion, ou « (lu moins qui ne lui sont pas contraires, à « la bonne heur ; ((u'on supiirimàt dans « quelques autres, (pii pouvaient être utiles, « des j assages qui accusaient manifestement « la prévention ou la haine, on y aurait ap- « plaudi. Combien d'ouvrages de Voltaire « gagneraient, en effet, à ces retranchements, « et combien il eût été à désirer qu'une main « amie de la religion, et soigneuse en même

ïpN

« (pmns de la gloire de l'auteur, ertt effacé <| des t'iiiis (pii ne> sont pas mnins contraires « à l'une qu'il l'autre. Lu Ihvriade n'aurait- « elle pas phis de rnin-ite aux yeux des « hommes impartiaux, sans quelques vers « qui res[iire'it inie indilfi'rence |iliilosorihi- « que pour toutes les religions? Le Siècle « de Louis XIV ne satisferait-il pas davan- « tage les hommes graves, sans ce ton de lé- « gèreté |ieu séant dans un historien? Les :< pièces de théâtre ne réuniraient-elles pas j< jilus tle sidl'rages, sans cette affectation d'y « semer partout des maximes |)liilosophi- « ques ? Les poésies légères n'auraient-elles « pas 1 ne gaieté plus innoeento, si elie ne « s'exerçait que sur des matières où il est « libre à chacun de rire et de plaisanter? Tous ces ouvrages ne ga-;nei aient-ils j'as également avoués

.'t des retranchements

« par la morale et jiar le go ' t? et une édition « de Voltaire, faite d après ces princi])es, no « serait-elle pas le plus beau titre de sa « gloire ? Mais que l'on reproduise des ou- « viages tant de f lis proscrits ou dignes de n l'être...; qu'on permette d'insulter à la re- « ligion, ^ la morale et au gouvernement, « dans des pamphlets licencieux ou saliri- « ques ; qu'on accroisse ainsi le mal au lieu « d'.- apporter remède, c'est ce que la (iriî- « dence et l'intérêt de la société devraient, « ce sendde, em|/êclier. »

\"ONDEL (JisTE ou JossE van den), poêle hfdlandais, né à Cologne le 17 nov. 1387, de pare ts anabaptistes, quitta cette secte jionr entrer dans celle des arméniens, qu'il abandonna ensuiîe ; il mourut dans le sein de l'Eglise catliolique le 5 fi'viim- 1G79, à 92 ans. Il dre-sa h Amsterdam une boutique de bas ; mais il en laissa le soin à sa femme, jKiur ne s'occuper presque que de la poésie. Vondel n'eut pour maître ijue son génie. Il avait déj.'i enfanté p!uii( urs pièces en vers, non-seulement sans suivre aucune rèole, mais même sans soupçonner qu' 1 y eu eiit d'antres qiu' celles d ■ la versification et de la rime. Iistruit, h l'ilge de trente ans, île l'avantage que r..n [jeut retirer des anciens, il ap|)rit le latin pour pouvoir les li:e. Ensuite il s'adonna à la lecture des écinvains français. Les fruits de sa muse otfrenl, dans quelques endi'oils, tant de génie et une imagination si noble et si po 'tique, qu'il fut surnoiumé le Virgile hollandais; mais il ne se soutient pas, et a|/rès s'être élevé avec tout l'essor du génie, il tombe dans l'enflure et la bassesse. Ses Poésies ont été imprimées à Amsterdam, 1082, en 9 vol. in-V, et Rotterdam, 1700. Celles qui ornent le plus ce recueil, sont : le He'ros de Dieu; le Parc des animaux; Destruction de 7<iVi/iY»/e;n, tragédie; la Prise d'Amsterdam par Florent V, comte de Hollande; la Magnificence de Salomon, Palamè.de ou l'Innocence opprimée. C'est la mort de Bariieveldt, sous le nom de Palamide faussement accusé par Ulysse ; il était eni ore arnuiren lorsqu'il fit cette pièce, qui irrita le prince M.iurice. On voulut faire le procès à l'auteur, mais il en fut quute pour une amende de 300 livres. Des Satires conUe

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