‹ Dictionnaire de biographie chrétienneChapitre 284 sur 341 · WIE · texte numérisé non relu

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siastique très-instruit qui, après l'avoir initié aux premières connaissances, le plaça dans l'école de sa ville natale. Dès l'âge de onze ans, Wiéland éprouva un penchant irrésistible pour la poésie, et sa première conception fut celle d'un poème épique sur la destruction de Jérusa'em, qu'il commença, mais dont il ne reste point de traces. A quatorze ans, il fut envoyé à l'école de KJiisterbergen ; la philosophie, les mathématiques, la philologie, le dessin, et surtout la théologie furent les objets de ses études. Mais la lecture de Bayle, de Voltaire, de Wolf, du marquis d'Argens lui fit abandonner cette dernière science, et il composa, dès l'Age d'environ quinze ans, une dissertaton philosophique dans laquelle il essayait de démontrer que le monde avait pu se l'ormer seul des lois intimes du mouvement, sans l'intervention de la Divinité dont il admettait toutefois l'existence comme âme du monde. Cette dissertation lui causa plusieurs désagréments de la part de ses maîtres. Il en vint, comme il l'avoue lui-même, à douter de l'existence de Dieu, et il ajoute que ce doute lui coûta beaucoup de larmes et lui causa de longues insomnies. L'amour dont il s'éprit, à 17 ans, pour une do ses cousines, Sophie de Gultermann, lui inspira des sentiments religieux qui se soutinrent plusieurs années, et il déclara que sans Dieu et sans religion il ne pouvait y avoir de vertus. C'est à la suite d'un sermon prononcé par son père, sermon auquel il assistait, qu'il conçut le plan d'un poëme intitulé : La nature des choses, ou le monde le plus parfait, en six chants, qu'il commença en 1731, et qui lui valut le titre de Lucrèce allemand. L'auteur le retoucha lors des éditions qui en furent faites en 1770 et 1797. A cette production en succédèrent plusieurs autres, dans lesquelles on discernait, avec les progrès du goût, les indices d'une philosophie socralicohoratienne, qui fut plus tard le caraclèie le plus saillant de la manière de Wiéland. En 175"i, parurent ses Contes, qui annoncent le passage de l'auteur des régions contemplatives dans le monde physi(iue. Après s'être rendu, en 1750, à l'université de Tubingen, pour étudier la jurisprudence, qu'il abandonna, à cause de son attachement pour sa cousine, il se reu lit, en 173-2, à Zurich, chez Bodmer, ciui lui donna des avis. Wiéland lit paraître vers cette époque les Lettres de morts à leurs amis encore vivants (1733) ; VEpreuve d'Abraham, poëme en trois chants ; les Quatorze sympathies (175i) ; la Vision de Mirza, poëme, etc.; puis il dirigea l'éducation de jeunes gens de Zurich. Ayant attaqué dans un de ses ouvrages (les Psaumes, qui furent d'abord intitulés : Sentiments d'un chrétien), Uz, un des auteurs en réputation, celui-ci lui lança quelques traits piquants et vigoureux ; c'est la seule querelle littéraire que Wiéland ait fait naître. 11 voulut ensuite se réconcilier avec Uz qui s'y refusa. DiUis les Considération'^ platoniques sur l homme, on trouve un mélange de platonisme avec le cnristianisme. Les cinq pre-

miers chants du poëme de Cyrus, dont la iiremière idée fut prise dans la Cyropédie de XéDO[)hon, parurent en 1737, et en 1758 Wiélaid donna sa première pièce dramatique, Jeanne Groy. Le |>oëte alla exercer encore les fonctions d'instituteur à Berne, et enseigna la philosophie à quelques jeunes gens. Il entra en correspondance avec Zimmermann et il passait agréablement son temps à Berne, lorsqu'il fut appelé à Biberach, où on venait de le nommer, en 1760, membre du conseil de la ville. A son arrivée dans cette ville, Wiéland eut le chagrin d'apprendre que Sophie de Gultermann, celte cousine à laquelle il avait voué une affeclion sincère, avait épousé M. de La Roche. 11 chercha une distraction dans l'étude et tit paraître, de 1762 à 1766, une traduction de Shakespeare, en 8 volumes. Le comie de Stadion mit à sa dis|iosition une bibliothèque, et la lecture des sceptiques anglais et français fit renaître ses doutes, auxquels succéda un déisme assez vagne. Le conte de Nadine, imité de Prior, les Contes comiques, où l'on trouve des traces de mauvais goût, les Aventures de Sylvio de Rosalva, ou le Triomphe de la nature sur l'exaltation, imitation de Don Quichotte appliquée à la féerie, parurent encore successivement. Le poëme intitulé Uiribinker causa du scandale en Suisse par des détails trop libres. Son mariage avec une des filles de Hillenbrandt, négociant d'Hambourg (1.763), fut heureux. Il donna en 1766 et 1767 Agathon, ouvrage oij il a voulu montrer jusqu'à quel point un homme, sans autres moyens que ceux qu'il a reçus de la nature, )ieut acquérir de la sagesse et des vertus, et combien est puissante l'influence des circonstances extérieures sur le caractère des individus. Lessing disait de cet écrit : « C'est pour l'homme qui pense, le premier « et unique roman dans le genre classique, « et l'une des premières productions de mon « siècle. » Musarion, qui fut publié en 1768, est un petit poëme en trois chants, dont la versificat;(»n est heureuse, et dans lequel l'auteur se moque de la morale des stoïciens et des pythagoriciens. Il fit une grande im- ]iression sur Goethe, et mérita d'être nommé la philosophie des Grâces. L'( lecteur de Mayence pourvut Wiéland, en 1769, de la chaire de philosophie à Erfurt. avec 3,000 francs de traitement, sans exiger qu'il en remplît les fonctions, et en 1770, il fit jiaraître les Grâces, poëme en six chants, en vers et en prose, où l'on remarque l'emploi trèsheureux de mètres ditl'ér nts, qui donne au style une légèreté et une grâce toute particulière. Le poëme du Nouvel Amadis, en dix-huit chants, parut en 1771, ouvrage que l'auteur refondit à l'âge de soixante ans. Il y déploya toute la variété et la flexibilité de son talent, et le partagea en strophes de dix vers et à rimes croisées. Wiéland attaqua dans son Hiscoire des trois Calenders la conduite des prêtres. Pour atténuer un peu l'effet de cet écrit, il publia dans le Mercure Allemand, qu'il coiumea(,a il rédiger en 1773,

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