‹ Dictionnaire de biographie chrétienneChapitre 285 sur 341 · WIG · texte numérisé non relu

WIG

i6ie

d'abord seul, et qu'il continua avecBottiger, ius(iu"eii U-03, les Entretiens avec le curé de****, où il mit en scène un ecclésiastique respectable, devant lequel il s'excusait de son mieux des elforts qu'il avait faits pour affaiblir les sentiments religieux. Dès l'année 177-2, il dirigeait l'éducation des deux (ils de la duchesse douairière de Saxe-Weimar, et sa position à Weimar fut di'S i)lus agréables. Goethe, peu content de quelques critiques insérées dans le Mercure dont nous avons parlé, lit paraître une satire intitulée : Les dieux, les héros et Wiéland, qui produisit une grande sensation. Wiéland, qui démêla dès lors le génie de Goethe, annonça lui-mônie la pièce de son adversaire, en en faisant l'éloge, et des relations aniica:es s'établirent e-itre ces deux linmmes illustres. Le poëuie d'Oberon parut d'abord d.ms le Mercure, en quatorze chants, i|ue l'auteur réduisit à douze en 1780. Lo fond en est tiré du Fabliau d'Huon de Bord aux, et il ollVe (le véritables modèles dans le genre burlesque, satirique, descrijitif, gracieux et pathétique. C'e.>.l la production la mieux versifiée de Wiéland, qui traduisit aussi les Satires et lesEpîIres d'Horace, ainsi que les œuvres de Lucien, dans lequel il puisa l'idée de Pérégrin Prothée, un de ses écrits les pins remarquables. VAgathodamon, qui sert de pendant à ce dernier ouvrage, renferme l'ex plication naturelle des prétendues merveilles opérées par Apollonius de Tyanes. Dans les Dialogues dans l'Elysée, 1780, et les Nouveaux dialogues des Dieux, 1781, l'auteur emploie l'arme du ridicule et ose attaquer plusieurs points de la doctrine chrétienne ; l'on remarque que depuis 1788, Wiéland cessa d'avoir pour les dogmes du christianisme le respect qu'il avait professé jusqu'alors. Une édition de ses OEuvres, des frais de laquelle Goschen de Leipzig se chargea, lut assez productive pour permettre à Wiéland d'acheter, à deux lieues de Weimar, la terre d'Osmanstaedt, où il résida de 1798 à 1803, et où il composa sou Musée attique, qui renferme des traductions de quelques grands écrivains grecs avec des commentaires. 11 y écrivit aussi son livre intitulé : Aristippe chez quelques-uns de ses contemporains. Ayant perdu sa femme en 1801. il vendit sa terre et revint en 1803 à "Weimar, où Goethe, Herder et Schiller se trouvèrent réunis. La bataille d'Iéna affecta vivement Wiéland. Napoléon lui témoigna toutefois beaucoup de bienveillance, et le décora de l'ordre de la légion-d'honneur. A l'âge de 73 ans, il commença h traduire les Lettres de Cicéron ; le premier volume de sa traduction parut en 1808 et le cinquième en 1812. Mais il n'eut pas le temps d'achever cet excellent travail ; frappé d'une attaque d'apo[)lexie le 13 janvier 1813, il y succomba le 20 du môme mois, et ses restes furent transportés à Osmanstaedt. Outre les ouvrages que nous avons cités, il en a laissé beaucoup d'autres dont la nomenclature serait ici trop longue, et parmi lesquels nous ne citerons que celui qui porte pour

titre : Eitthanasia, publié en 1805, et qui indisposa contre lui beaucoup de psychologistes. L'auteur y soutient que la cro.vance à l'immortalité de l'âme est non-seulement déjiourvue de preuves et inutile à la morale, mais il ajoute qu'elle lui est nuisible, et que l'homme en société ne doit faire le bien que pour le bien même, sans y être poussé par aucune idée de récompense ou de punition. Il se montra hostile à la révolution française, et en 1798 il faisait dire à un personnage de son Dialogue entre quatre yeux, que le seul moyen de sauver la France, était de nommer Bonaparte, alors en Egypte, dictateur; ce vœu fut accompli l'année suivante. On peut présumer que Bonaparte eut connaissance de l'écrit de l'auteur, et qu'il se le rappela lors(}ue Wiéland lui fut pré>e'ité après la bataille d'Iéna. L'empereur Alexandre nomma Wiéland chevalier de l'orure de Sainte-Anne, et l'institut de France le comptait au nombre de ses associés étrangers. La {ilupart de ses ouvrages ont éié traduits dans les diverses langues européennes. Ladoucette, Laveaux, Coiliit'r, Prenais, Dorât, etc., en ont traduit plusieurs en français. Ils ont été réunis par Gnschen, à Leipz'ig, en 51 volumes in-8*, et l'on Y tiouve la Vie de Wiéland par Gruber. WÏER ou Weyer (Jean), dit Piscinarius, né en 1515, à Grave sur la Meuse, dans leBrabant hollandais, fit divers voyages, et visita une partie de l'Afrique et de l'Asie. De retour en Europe, il devint médecin du duc de Glèves, place qu'il exerça pendant 30 ans. II mourut subitement en 1588, à Teklembourg. Ses Œuvres ont été imprimées à Amsterdam en 16G0, en un vol. in-4°. On y trouve son traité De prœstigiis et incantationibus, traduit en français par Jacques Grevin, Paris, 1577, in-8°. Il y prétend que ceux qu'on accusait de sortilège étaient ordinairement des personnes à qui la mélancolie avait troublé le cerveau ; il convient cependant que la malice des hommes a quelquefois employé les moyens les plus superstitieux et les plus criminels pour parvenir à ses fins ; il y a plus, ce disciple de Henri Corneille Agrippa a été accusé, comme son maître, de tenir bureau de magie ; ce qui prouve que la qualité dominante de son esprit n'était pas d'être bien conséquent, et qu'il rejetait d'un côté ce qu'il semblait approuver et pratiquer de l'autre ; travers qui lui était commun avec bien d'autres se disant également esprits forts. Voi/. Faustl's, etc.

WIGGERS (Jean), docteur de Louvain, né à Diest en 1571, professa la philosophie dans le collège du Lys à Louvain. Il fut appelé à Liège pour présider au séminaire de cette ville, et pour y enseigner la théologie. Il se fit tant d'honneur dans ce double emploi, qu'il fut rappelé à Louvain, où il fut d'abord président du collège d'Arras, puis second président du séminaire au collège de Liège, fondé à Louvain. Il fut fait docteur en théologie en 1G07, et professeur royal de cette science en 1611. Wiggers fit lleurir la science et la vertu, et finit, par

Page 1