‹ Dictionnaire de biographie chrétienneChapitre 287 sur 341 · WIN · texte numérisé non relu

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l'hérésie de Luther causa, et le chagrin qu'il en conçut abrégea ses jours. Il mourut à Schelestadt <ni 15-28, à 78 ans. On a de lui : CaCalogus episcoporitm argeutinerrsium, 1551, in-f|.°; des Poésies lutines, IWI et IWi-, in-4°; un Traité sur l'éducation de la jeunesse, Strasbourg, 1500, iu-'i-"; Lihcllus (jrainmaticalis, ikdl, in-i°; Rhetorica, 1515, in-i"; un Traité sur les hymnes, iii-V; un excellent Traité De integrhate, ou de la Pureté, 1503, [n-k\ et un grand nombre d'autres ouvrages qui contiennent des réflexions judicieuses, appuyées sur les autorités les plus respectables.

WIMPINA ou WIMPNA (Conrad), né vers 1V70, à Buchheim. Son mérite lui procura un cationicat dans léglise cathédrale de Brandebourg. L'électeur le nomma à la chaire de premier professeur de théologie en l'université (]u'il avait fondée à Francfort-sur-l'Oder, l'an 150B. Wimpina donna beaucoup d'éclat à cette école. Lorsque l'hérésiarque Luther eut publié ses erreurs, on le choisit pour les réfuter. Ce savant théologien mourut en 1531. On a de lui : différents traités théologiques, dont les plus connus sont ceux De sectis, erroribus ac schismalilius, Francfort, 1528, 3 tomes in- fol., elDedivinatione, Cologne, 1531, in-foL; diverses Harangues; des poésies; dos Epitres.

WINCHESTER (Henri Be aufort, cardinal de), frère de Henri IV, roi d'.\ngleterre, fut fait évoque de Lincoln, ensuite de Winchester, chancelier d'Angleterre, ambassadeur en France, cardinal en 142fi, et légat en Allemagne. En 1431, le cardinal de Winchester couronna le jeune Henri V'I, roi d'Angleterre, comme roi de France, dans l'église de Notre- Dame de Paris. Il mourut à Winchester en 1447, après y avoir fondé un hô|)ital.

WINCKELMANN (Jean), théologien protestant , né l'an 1551 à Homberg dans la Hesse, mort à Giessen le 3 avril 1G2G, professa la théologie à Marpurg et à Giessen. Outre des Oraisons funèbres, ou a de lui des Commentaires sur les dou e petits prophètes, sur l'Apocalypse, sur les évangiles de saiiit Marc et de saint Luc, sur les Epitres de saint Pierre, de saint Jacques, et quelques-unes de saint Paul, et (i'aures écrits.

W^INDHEIM (Curétien-Ernest de), professeur de piiilosophie et de langues orientales à l'université d'Erlangen, né à Wernigerode le 29 octobre 172i, mort le 5 novembre 1765, à Tinmemroda,dans la [irincipauté de Blankenbourg, publia de nombreux écrits, dont plusieurs sont relatifs à la controverse religieuse. Nous citerons : Méthode pour démontrer à fond la vérité, la divinité de la religion chrétieni.e, et pour la défendre contre les impies et les déistes, à rasage des leçons académiques, en allemand.

WINOX ou WINOC (saint), Viiiocius, Winocus, SOI ti d'une famille bretonne passée dans les Gaules pour se soustraire à la fureur des Anglo-Saxons, était vraisemblablement fils du roi Howel III, et frère des rois Salomon et Judoc ou Josse. Désirant se consacrer entièrement aux pratiques de piété, il

s'associa trois jefines gentilshommes , avec lesquels il fit plusieurs pèlerinages et visita le monastère de Sithiu, connu depuis sous le nom de Saint-Bertin : frappés de 1 1 ferveur des religieux , ils y prirent l'habit. Quelque temps après, saint Bertin, abbé de Silhiu, envoya les quatre moines bretons former un établissement sur la terre de Wormhout, que Hérémar, gentilhomme flamand, leur avait donnée. Winox fut mis à la tète de la communauté, fit construire une église, des cellules et un hôpital oîi il ne cessa de servir les pauvres jusqu'à sa mort, arrivée le 6 novembre 717. Baudoin le Chauve, comte de Flandre, ayant fait fortifier le château de Berg en 920, y fonda, quelque temps après, un monastère de bénédictins, auquel les biens de celui de Wormhout, dévasté par les Danois, furent réunis, et dans lequel li\s reliques de saint Winoî furent trans;)or!ées, d'oiî lui est venu, ainsi qu'à la ville, le nom de Berg-Snint-Winox.

WION (Arnold), bénédictin, né à Douai en 1554, prit l'habit dans l'abbaye d'Oudenbourg, près de Bruges. Pendant les guerres civiles de religion, il se retira en Italie et fut reçu dans l'abbaye de Saint-Benoit de Mantoue, de la congrégation du Mont-Cassin, qu'on app -lie aussi, dans cette contrée, de Sainte-Justine de Padoue. Il mourut au commencement du xvir siècle. Il a donné : une Uistoirc de son ordre, en latin, Venise, 1595, en 2 vol. in-4°. 11 y veut prouver que la maison d'Autriche descend de la famille ancienne de laquelle était saint Benoit. On y voit (tom. 1, p. 3071 la fameuse prophélie attribuée à saint Maiachie, évoque d'Irlande, rejelée aujourd'hui de tous les savants; en général, il y règne peu de critique. Vita sancti Gerardi, martyr is et Hungarorutn apostoli , nolationibus illustrata, Venise, 1597, in-4° ; ces notes sont estimées ; Martyrologe des saints de Saint-Benoit. Dora Nicolas-Hugues Menard en a donné une bonne édition en 1629, in-8°.

WISSOWATZI {A!iDRÛ'j,Wissowatius,T\é en 1G08 à Philippovie, en Lithuanie, était petitfis, par sa mère, de Fauste Socin. Il hérita des erreurs de son grand-père et les répandit en Hollande, en France et en Angleterre. De retour en Pologne, il fut l'un des principaux chefs des sociniens, et soutint les intérêts de cette secte au péril de sa vie. Enfin, contraint de se retirer en Hollande par l'arrêt qui proscrivit en 1(358 les unitaires, il y travailla à Védilion de ]ai Bibliothèque des Frères polonais, qu'il mit au jour, peu de temps après, en 9 vol. in-fol. (Voy. Socin.) Ou a encore de lui un traité intitulé : Religio rationalis, seu de Rationis judicio, in controversiis etiam theotogicis ac religiosis adhibendo, Tractatus, 1685, in-16 ; et plusieurs autres ouvrages pleins de sophismes et d'erreurs capitales, qu'il fit pour ses prosélytes. Ce sectaire mourut en Hollande en 1678.

WITASSE, ou plutôt VUITASSE (Charles), né à Chauny, dans le diocèse de Noyon, en 1660, remplissait une chaire de théologie à Paris, lorsque la bulle Unigenitus parut.

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Le refus qu'il fit de recevoir ce décret lui attira une lettre de cachet qui l'exilait à No.von ; mais, pour n'y pas obéir, il prit la fuite. Après la mort de Louis XIV, il reparut .1 Paris, continua à s'élever contre la constilution dans les assemblées de Sorbonne, et mourut d'apoplexie en 1716. Ses principaux ouvrages sont : Plusieurs Lettres sur la Pdquc; l'Examen de l'édition des conciles du P. Hardouin. Il lit cet examen à la sollicitation du parlement de Paris. Une partie des traités qu'il avait dictés en Sorbonne ; savoir ceux de la Pénitence, de l'Ordre, de l'Euciiaristie, des attributs de Dieu, de la Trinité et de l'Incarnation. Ces deux derniers sont particulièrement estimés par la manière solide, savante et parfaitement orthodoxe, dont l'auteur réfute les erreurs contraires à ces mystères. Il n'y épargne pas les docteurs catholiques qui se sont laissés aller à des spéculations inutiles, ou qui, par une critique fqire et vétilleuse, ont taxé d'erreur des hommes illustres dont la foi était pure, mais qui parlaient dans un temps oiJ le langage propre à exprimer ces dogmes sublimes n'était pas encore déterminé. {Voy. Bull, CoRDEMOY, Petau.) Le traité de la Confirmation, qu'on lui attribue, n'est point de lui, mais d'un Père de l'Oratoire. Chacun de ces ti'aités est en 2 volumes in-12, excepté celui des attributs, qui est en 3. Ils ont été im- ]iriniés à Venise et à Paris, après que le censeur roV'U en eut retranché plusieurs chapitres. On a donné à Louvain, en 1776, une nouvelle édition de ces Traités, avec des notes; pour en faire une théologie complète, on y a joint plusieurs écrits de dilférunts auteurs. Toutes les citations des saints Pères, des conciles, etc., ont été collationnées sur les bonnes éditions. On voit que l'auteur s'i'tait nourri de l'Ecriture sainte, des saints Pères, des conciles, et qu'il était versé dans l'histoire de l'Eglise. Son style convenait parfaitement au genre didactique, pur sans affectation, simple sans barbarie, net et concis sans sécheresse. Il ne lui manquait qu'un peu plus de délicatesse dans le choix de ses preuves, et surtout un peu plus de docilité et de soumission aux décisions de l'Eglise.

WITS ou WITSIUS (Hermann), théologien protestant, né le 12 février 1636 à Enckuy-. sen dans la Nord-Hollande , mourut , âgé de 72 ans, le 22 octobre 1708, à Leyde, où il avait remplacé Frédéric Spanheim dans la chaire qu'il occupait à l'académie. Nous citerons de lui : Jiidœus christianizans circa principia fidei et SS. Trinitatis, slve Dissertatio deprincipiis fidei Judœorum, etc., Utrecht, 1661, in-12; De cpconomia fœderum Dei eum hominibus libri IV, LeeuwardiMi, 1677, in-8°, réimprimé plusieurs fois; Diatribe de septem epistolarum apolypticarum sensu historiée ac prnphelico, Franeker, 1678, in-12; Miscellanea sacra, Utrecht, 1692-1700, 2 vol. in-V; le premier fut réinqirimé à Leyde, 1695, în-4-°; Historia Hierosohjmitana ; JEgyptiaea et Decapliylun, euîn diatriba de legione fnlminalrice chrislianorum. 11 fait voir dans cet ouvrage, dont la meilleure édition est celle

de 1683, in-4°, que les Juifs n'ont point emprunté des Egyptiens leurs lois et leurs cérémonies, comme l'avaient prétemlu Spencer et Marsham. Il prouve ensuite la vérité de ce que les historiens rapportent de la légion fulminante. Meletemala Leydensia, Leyde, 1703, in-4°; Exercitationes academicœ , Utrecht, 169i. Ces deux ouvrages, ainsi que les Miscellanea, ne renferment que des dissertations sur différents sujets de l'Ecriture sainte. Tous les ouvrages de "Witsius ont été imprimés à Bâle en 1739, in-4% 2 vol.

WITTE (Gilles), né en 16i8 à Gand, mort en 1721, se distingua par son attachement aux opinions de Jansénius. La plu])art de ses écrits ne respirent que l'emportement le plus violent. Tels sont : Pnnegyris jansenimna;.Denunciatio solemnis BuUœ Vineam Domini Sabaoth facta tiniversœ Ecelesiœ. Il regardait cette bulle comme un ouvrage de ténèbres, digne (|ue l'antechrist y mît le comble en l'adoptant. On a de lui, outre plusieurs autres écrits de ce genre, une Version du Nouveau Testament en flamand, qui essuya des critiques méritées. Il i-emplaçait souvent son nom, qui veut dire blanc, par celui de Candidus et d''Albanus. Le nombre de ses diatrd:)es se monte à 140 : un écrivain aussi fanatique que lui a donné : Idée de la Vie et des Ecrits de M. de Witte, Rome (Amsterdanii, 1756, in-8°.

WITTICHIUS (Christophe), né à Brieg, dans la basse Silésie, en 1625, fut professeur de mathématiques àHerborn, d'oii il fut appelé à Duisbourg pour y enseigner la théologie. De là il passa kNimègue. où il occupa une chaire de théologie pendant 16 ans. Enfin il eut le même emploi à Leyde en 1671, et y finit a carrière en 1687. Ses ouvrages sont : Thrologia pacifica, Leyde, 1671, in-4"; Anti-Spinosa ; De Deo et ejus attributis, Amsterdam, 1690, in-i"; Consensus veritatis in Scriptura divina et infallibili revelatw, cum veritate philosophica a Carlesio détecta, heyde, 1682, in-i°; ouvrage entrepris pour concilier les principes de Descartes avec la théologie. WITTiMANN (Joseph), né le 9 novembre 1767 à Pleystein, dans le haut Palatinat, fit ses études à Newstadt, puis h Amberg avec son frère Georges-Michel, depuis évêque. Il entra dans l'ordre de Prémontré et fut reçu, en 17S7, dans le monastère de Spainshait, dans le haut Palatinat. Il prit alors le nom de Guillaume. Après sa profession on l'appliqua à l'étude de la théologie et on l'envoya, en 1791, à Ingolstadt étudier le droit civil et canonique et les langues orientales. On lui offrit une chaire de philosophie qu'il refusa. De retour dans son monastère, il fut chargé des archives et de la bibliothèque, et enseigna ensuite la théologie jusqu'en 1803, époque à laquelle le couvent fut supprimé. Alors il se rendit au Kreuzberg, pèlerinage renommé, où il résida pendant cinq années comme missionnaire. En 1808 Witlmann fut nommé curé d'Esclienbach. Il conserva ce poste pendant vingt-huit ans, toujours occupé de ses devoirs, zélé pour tout ce qui était du service de Dieu, adonné à l'oraison,

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aiiné et respecté de tous. Il est mort le 22 juillet 183G, à la suite d'une attaque d'apoplexie. Wiltmann a composé plusieurs ouvrages, et fourni un grand noaibi'e d'articles à deux journaux de SVurlzboui'g, l'Athanase et l'Ami universel de la religion et de l'Eglise. Il était très-opposé aux nouveautés des derniers teraiis, et se montra toujours un ardent défenseur des saines doctrines. Ses principaux écrits sont : De la Force obliga taire de l'Eglise, iSl't-; sur la Liberté de croire et de penser, 1818 ; Examen des idées du doc leur Graser pour améliorer les éludes scholaii tiques, 182'i..

WITTOLA (Marc-Antoine), prévôt mitre de Bianco en Hongrie, nacjuit le 25 avril 1736 à Kosel, petite ville de Silésie, au duché d'Oppelen. II fut ordonné prêtre à Teschen, et nommé à la cure de Schorlling, diocèse de Passau. Il parait que lu cardinal, évoque de cette ville, l'avait admis dans son conseil ecclésiastique. Wittola avait embrassé avec chaleur les opinions Ihéologiques qui s'enseignaient alors en Allemagne, surtout dans les Etals autrichiens, et il faisait tout ce qui dépendait de lui pour les propager. C'est dans cette intention qu'il traduisit de l'italien et du français en allemand tous les livres oii cette doctrine était favorisée, et notamment les écrits des appelants. Il était lié avec les principaux d'entre eux, se signalait par sa haine contre les jésuites, et entretenait une corres[iondance avec l'abbé de Bellegarde, l'un des plus ardents sectateurs de ces doctrines. Son zèle pour cette cause et la conformité do sentiments l'avaient rendu cher à l'abbé de Stock, évèque de Rosone, président de la faculté de théologie de Vienne et très-attaché aux réformés. {Voy. Stock.) Celui-ci le recommanda, avant de mourir, à rimpératrico Marie -Thérèse, comme un homme très-propre à lui succéder dans la place de président. L'impératrice ne déféra point à ce vœu ; elle nomma à la présidence le comte de Gondola, évêque de Tempe in partibus infidelium, alors curé de Probsdorir (1). Mais cette cure devenant vacante, Marie-Thérèse la donna à l'abbé Wittola, qu'elle adjoignit en même temps à la commission de la censure des livres. Cette place lui procurant la facilité de livrer à la circulation des livres de son parti, il en profila pour autoriser la réimpression des Annales des Jésuites, de Gazaignes. Cette autorisation d'un hbelle plein de calomnies le fit destituer {voy. Gazaignes), et on empêcha le débit de cet ouvrage qui n'eui un libre cours que sous le règne de Jose|)h II. On a de l'abbé Wittola : plusieurs Traductions de l'italien et du français en allemand : ce sont

(1) D'après les Mémoires pour servir à llmloire ecclésiasùqtte du 18° siècle, t. 4, p. 461, ce serait dom Raiilenslraucli, bémklictin et abbé de Braiinan, qui aurait succédé à Stock dans la place du président de la faculté de théologie de Vienne. Cependant la nomination de Wittola à la cure de PiolisdorIT, dont le comte de Gondola était lilulaire, seniblerail donner du crédit à ce qui est rapporté ici du choix du l'impératricc.

celles des^f^M du concile de Pistoie, et des pièces qui y sont relatives, des Discours de Fleury sur l'Histoire ecclésiastir/ur, du Catéchisme de liossuet, du Directeur spirituel de Trcuvé, de V Abrégé de l'Ancien et (lu Nouveau, Testament de Mésenguy ; de l'Instruction pastorale de Rastiqnac, archevêque de Toxirs; de la Religion chrétienne méditée du P. Jard, etc.; trois Ecrits en faveur de la tolérance ; un ouvrage périodique, sous le titre de Gazette ecclésiastique : elle commença à paraître k Vienne en 1784. L'auteur prit pour modèle les Nouvelles ecclésiastiques, imprimées en France. C'est le même esprit , ce sont les mêmes principes; le titre changea en 1790: la Gazette continua de paraître jusqu'en 1793, sous celui de Mémoires des choses les plus récentes concernant l'enseignement de la religion et l'histoire de l'Eglise. L'abbé Wittola mourut à Vienne en 1797.

WLADIMIR ou WLODOMIR, duc de Russie , embrassa le christianisme en 9S9 ; et c'est là proprement l'éjioque de l'établissement de la foi chrétienne dans ces vastes régions. Il est vrai que dès le siècle précédent elle y avait pénétré par les soins de saint Ignace, patriarche de Constantinoplc Mais elle y tit alors peu de progrès. La lille de Boleslas, duc de Pologne, qui épousa le fils de Wladimir, amena avec elle en Russie Reinbern, évêque de Colberg, qui doit être regardé, après Dieu, comme la première cause de la conversion de ces peuples. Ce saint missionnaire, qui n'avait pas moins de science que de vertu, après s'être concilié la vénération des païens jiar sa vie mortifiée, ses veilles et ses oraisons continuelles, leur fit brûler leurs temples, et abolit les superstitions auxquelles ils étaient le plus attachés : de sorte que c'est encore à un missionnaire de l'Eglise romaine, que les Russes, comme toutes les nations de l'Europe, doivent les lumières du christianisme. Les mœurs de Wladimir ne répondirent pas toujours à sa croyance. On lui reproche de grandes cruautés, et beaucoup d'enqjortcment dans sa passion pour les femmes; mais il en fit une jiénitence exemplaire, et ne cessa dès lors de racheter ses péchés par d'absndanles aumônes, jusqu'à ce qu'il mourût dans une extrême vieillesse. 11 fut enterré dans la ville de Kiow ; on lui drossa dans l'église de Saint-Clément un tombeau fort élevé, comme un objet proposé à la vénération des peuples. Les Moscovites comptent en efl'et ce prince entre les saints, et le regardent comme l'apôtre de leur nation.

WOENGLER. Yoij. Pareus.

WOLBERUS, abbé du monastère de Saint- Pantaléon, à Cologne, l'an 1147, mourut en 1197, après avoir composé des Commentaires sur leCanti(iue des cantiques, publiés à Cologne l'an 1030, in-4", |iar Heiu'i Grave, bénédictin du même monastère.

WOLBODON (saint), évêque de Liège, descendait d'une famille illustre du comté de Flandre. Le zèle avec lequel il soutint, coiume prieur, les droits d i chaintre d'Utrecht contre l'empereur Henri II, no lui fit

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point pordre la bienvei'lance de ce prince (juî le iiiiinma son chapelain, i^uis son chancelier. Elevé sur le siège t^piscopal de Li('>ge en 1018, il mourut le 20 avril 1021. Li' nombre des miracles rpii s'opérèrent à son tombeau fut si grand que l'abbé du monastère de Saint-Laurent, dans l'église duquel il se trouvait, le conjura de n'en jikis faire, jiarce que la tranquillité du monastère iiourrait ùlre troublée par le concours de la foule des ])èlerins. On conservait dans le trésor de la cathédrale de Liège un Psautier écrit de la main de saint Woibodon, qui y avait intercalé plusieurs prières pleines il onction. On a sa Vie, par Reiner, moine de Liège en 1130 : elle a été insérée dans l'ouvrage de Chapeauville De gcsds episcoporum Lcodiensium; dans les Àcla SS. ord. S. Bened., de Jlabillon, sect. vi, pars i" ; et avec une antre Tic anonyme dans le Recueil des Rollandisles, au 21 avril, jour oîi l'Eglise célèbre sa fête.

WOLDIKE (.Marc), né l'an 1699 à Sommerstedt, village du diocèse de Schleswick eu Danemark, fut ministre d'une église, puis professeur de tliéologie en 1731, à Copenhague, où il mourut en 1750. Il s'est fait connaître [)ar plusieurs ouvrages et des Traductions latiiics; des Traités de Moïse Maimonide , touchant les viandes défendues, avec des notes; de plusieurs chapitres du Talmud de Jérusalem, et du Talnmd de Babylone ; De unctione fideliiun; Apoloijia pro cultu Dci pi'.blico in Novo Tcstamenlo; quelques livres de controverse.

WOLF (Chrétien). Yoy. Lupus.

WOLFF (Jeax-Cubistian de), fVoifius, né h Breslau ea 1679 d'un brasseur, devint homnii; de lettres. Son ])ère, remarquant en lui dos dispositions heureuses, les cultiva avec soin, et lui donna d'habiles maîtres. Après avoir achevé son cours dans l'université d léna, il alla enseigner à Leipzig en 1703, et s'y annonça par une Dissertation sur la manière d'enseigner la philosophie. Sa méthode était en [lartie celle de Descarics, à laquelle il ajouta ses propres idées. 11 devint, en 1707,

Erofesseur de mathématiques à Hall. Une arangue qu'il pronoi ça en 1721 sur la morale des Chinois, dans 'laquelle il comparait les principes de Confucius avec ceux des chrétiens, et où il montrait assez cpi'il ne comprenait ni hs uns ni les ,'uitres, excita le zèle des théologiens de Hall. La faiullé théologique de cette ville résolut d'ex.iminer tous les ouvrages de ce philosophe. Wollf en pnrta ses i)laintes au conseil académiiiue, et obtint un ordre imrtant défense à qui que ce fiU d'écrire contre lui. Celte défense déraisonnable et tyrannique ne fit qu'échauffer les esprits. On écrivit en cour. Le doyen et plusieurs membres de la faculté philosophique exposèrent combien sa doctrine était ' fausse et dangereuse. Enlin, après de vives altercations, la cour le condamna, le 1-^ novembre 1723, à sortir du Hall et des Etats, dans l'espace de vingt-quaire heures, sous les peiin's les plus rigoureuses. Wollf se rendit à Cassol, où il obtint la chaire de ma-

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thématiques et de philosophie dans l'université de Marhourg, avec le titre de conseil aulique du landgrave de Hesse et une pension. Il se remit aussitôt à s( s tr.ivaux avec une nouvelle ardeur, et c'est dans ce séjour qu'il a iiub:ié la plus grande partie de ses ouvrages. Le roi de Prusse étant mort le 31 mai 1740, Charles-Frédéric, sfin fds, le rappela à Hall, en 1741, avec les titres de conseiller privé, de vice-chancelier et de professeur du droit de la nature et des gens. Il réleva ensuite à la digniié de chancelier de l'université. L'électeur de Bavière, pendant le vicariat de l'empire qu'il exerça, le i)romut à celle de baron de l'empire. Il jouissait paisiblement de tous ces honneurs, lorsque des attaques fréquentes de goutte le conduisirent par degrés à un marasme qui l'emporta, le 9 avril 17oY, dans sa 76' année. I! mourut avec la résignation d'un chrétien; car, malgré quelques assertions hasardées, il fut toujours attaché h la religion. Il vivait sobrement, mangeait peu et ne buvait point de vin. Le roi de Suède, qui en faisait beaucoup de cas, le pressant souvent de lui demander des grAces, il répondait toujours : Je n'ai besoin de rien; bi(?n dilférent de tant d'hommes de lettres indignes de ce nom, qui font bassement, et presque toujours inutilement, la cour aux laquais ou à la maîtresse d'un grand, pour avoir une petite iiension, arrachée par l'imporlunité à une avarice fastueuse. Ses princijiaux ouvrages sont : un Cours de mathématiques, en latin, d'abird en 2 vol. in-i", puis en 5 in-i°, Genève, 1732 et 174.1. Ce cours de mathématiques est en quelque sorte complet et assez méthodique. Un bénédictin de la congrégation de Saint- Maur l'a abrégé en 3 vol. in-8°, et c'est un service qu'on devrait rendre à tous les ouvrages de Woltf, trop longs au moins de la moitié. « Il a noyé, dit un écrivain illustre, « le système de Leibiiilz dans un fatras de « volumes, et dans un déluge de paroles, « d'arguments, de corollaires et de citations.» Une Philosophie. Qn plu-ieurs vnluines in-V°, que l'auteur divise en théorique et en pratique. On trouve dans la prcm ère : la logique, qu'il a intitulée : Philosophia rationalis, sive Lorjica , in-i°. On en a un abrégé in-8°, |ilusieurs fois imprimé, sous le titre de Pensées sur les forces de l'entendement humain, traduit par M. Deschamps. La Métaphysif/ue, dont les parties sont : Philosophia prima, sive Onlohgia, 1735, in-i"; Cosmolo- (jia vmpirica, in-4' ; Psychologia ratiunalis, in-V°; Theologia naturalis, 2 vol. in-'»"; la Physif/ue, dont les parties sont : fa physique expérimentale et la physique dogmatique... Sa Philosophie pratique comprend Philosophia practicu unirersalis, en 2 vol. in-i"; Philosophia inoralis, sive cthica, en 5 Vol. in-V°. Ces nombreux volumes renferment de bonnes choses; mais il faut les chercher à travers beaucoup de choses médiocres ou prolixes. Jus natunr, ou Traité du Droit naturel, en 8 vol. in-i";' Jus Gentium, m-k°. L'auteur a abrégé les deux ouvrages précédents sous ce titre : Institutioncs Juris niUurte

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6ren/ne»!,in-8°. Nous en avons un autre abrégé en fiançais par M. Formcy, qui a paru en 1758, sous ce titre : Principes du droit de la nature et des gens, en 3 vol. in-12. Hoi'œ subsecivœ Marburgenses, ei 9 parties. Ce sont des dissertations sur diverses matières de pliiloso|)hie, de droit naturel et do théologie. Un grand nombre d'écrits dans Is Actaerudilorum de Lei|)zig; un Dielionnaire de mathéinntiques, in-S", en alfemand ; Spécimen phi/sicœ ad theologiam naturalem applicatœ, in-8°; une foule d'autres écrits dont il serait trop long de donner la liste, car Woltf enfantait les gros volumes comme les auteurs français d'alors produisaient les romans et les almanachs. Le jugement de Woliî et la solidité de son es|irit n'égalaient pas, à beaucoup près, l'étendue de ses connaissances et sa facilité h écrire. Il est aisé de s'en apercevoir dans divers endroits de ses ouvrages, parmi lesquels les gens délicats seront un peu surpris de trouver un Traité Dr offuio et praxi exonerandi vrntrem. La [ilupart de ses idées politiques et son plan pour ne faire de l'Europe qu'un seul Etat, ne présentent l'ien déraisonnable. Sa conduite se ressentait quelquefois de la trempe de son esprit : comme lorsqu'il veillait des nuits entières, attendant le retour de l'Ame d'une de ses cousines, dont il regrettait la mort, et qu'il voulait entretenir. Ces écarts fréquents dans des hommes qui se sont particulièrement consacrés à la géométrie, ont fait croire que cette science, embrassée avec zèle et une assiduité excessive , préjudiciait non-seulement au\ qualités brillantes, mais encore aux qualités solides de l'esprit humain, et que l'étude trop opiniâtre des points, des lignes et des nombres utfaiblissait eu quelque sorte la notion des choses mômes, de leur essence, de leurs rapports divers, de leurs propriétés physiques et morales. C'est ce qui a fait dire proverliialement que, lorsque l'esprit d'un géouu'tre sort d'un angle, c'est presque toujours un angle obtus; bon mot que Pascal et Scaliger ont trouvé juste ; il faut convenir ceijendant ([u'il y a des exce|)lions, niais les exceptions supposent la vérité des observations générales. {Voy. Leibnitz.) On a préteiulu trouver dans quelques-unes de ses idées des symptômes de matérialisme, nommément dans ce (|u"il dit de la création simultanée (les âmes, unies à des corps iniiniment petits ; mais, outre qu'en cela même il s'exprime d'une manière ti'ès-o[)posée à cette erreur grossière, il y a telle manière do présenter ce système, qui est aussi celui de Leibnilz, qu'd peut se concilier avec les saines notions (yoy. le Catéciiisme philosophique, n; IGG). Le style de Wollf est l.iarbarc en latin; les expressions sont ou louches ou mal choisies, les phrases mal construites, les mêmes termes souvent répétés.

WOLFGANG ou WOLF.\NG (saint), Wolfgangus, évêque de Ratisbonue, fui [irécepleur de l'empereur saint Henri, et lit germer dans le cœur de ce prince les vertus qui tirent de lui un des plus g.ands monarques qui aient régné dans le monde. Wolfgang, né en

Souabe, embrassa la vie monastique, et s'y signala [)ar une ferveur qui le prépara excef- ItMumenl aux travaux de répisco[iat. II fut le père lies pauvres, l'instructeur des ignorants, le bon et zi'dé pasteur de toutes ses ouailles; et mourut à Pup[iing en Autriche, dans un voyage entrepris par charité, le 31 octobre 994-. Son corps fut rapporté à Ratisbonne, et enterré dans l'église de Saint-Emméran. Le pape Léon IX le mit au nombre des saints, en 1052.

WOLFHARD, écrivain ecclésiastique, religieux dans l'abbaye de Hasenriod, diocèse d'Utrecht, de 908 à 9-27, écrivit à Adelbode, son évêque, sur les miracles opérés par sainte Walpurge deux Lettres auxquelles il joignit une Vie de la sainte. On trouve dans cet ouvrage, qui est divisé en quatre livres, des détails curieux pour l'histoire ecclésiastique d'Angleterre et d'Allemagne. L'ouvrage est déilié à Erchambold , évêque d'Eichstaedt. Les deux premiers livres en ont été insérés dans les Lec/iones antiquœ, de Canisius. Surins et les liiillandistes, ainsi que Mabillon, dans S(,'3 Acta ordinis-S. Benedicti, ont rcproiluit l'ouvrage entier.

WOLFTER (Pierre), né l'an 1758 à Manheim, fut professeur d'histoire à l'université de Heidelborg, et mourut le 28 juillet 1805. Il avait publié plusieurs ouvrages sur l'histoire de l'Allemagne. Nous citerons de lui : Histoire de la réformation , en allemand , Rome, Wittenberg et Genève, 1796, in-8° ; Plan d'une histoire de la réformation, Heidelberg, 1803, in-8'' ; Histoire de Luther et de la réformation qu'il a opérée, Manheim, 1805, in-8°.

WOLLASTON (Guillaume), prêtre anglican, né à Coton-Clanford , dans le Staffordshire, en 1659, d'une famille ancienne se vit réduit par la médiocrité de sa fortune, à accepter la place de sous-maîlre, jinis celle de second maître dans l'école publi(pie de Birmingham. Une riche succession le mit, en 16S8, dans une situation 0[iulente. Son |Mincipal ouvrage est une Ebauche de la religion naturelle, qui a été traduite en français, et imprimée à La Haye en 1726, in-i°. Le traducteur a tâché de débrouiller le chaos de l'original , mais il fait souvent dire à l'auteur ce qu'il ne dit point. Wollaston avait jeté au feu presque tous ses autres écrits avant sa mort, arrivée en 1724 dans sa 65' année, il eût bien fait de ne pas excepter celui dont nous pailons. Quelques lexicographes l'ont mal à propos confondu avec Woolston.

WOLLASTON ( Francis ) , astronome et théologien, né en 1731. mourut le 31 octobre 1815, dans sa cure de Cliissiehurst, au comté de Kent. Il était membre de la société royale de Londres. Il appuya fortement par ses écrits la réclamation d'une réforme dans la liturgie. On a de lui : Adresse au clergé d'Angleterre et à tous les chrétiens, 1772, in-8"; des Observations astronomiques , insérées dans les Transactions philosophiques de Londres, années 1773, 75 et 84. (Voyez la

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Bibliographie astronomique de Lalande.) Fasciculus astronomicus contenant des observations sur la n'-gion septentrionale circumpolaire , 1800, in-i" ; Tableau des deux en dix planches, 1811, in-folio.

WOLSEY (Thomas), cardinal et ministre anglais, fils d'un boucher d'Ipswich en Aiigleterre, enseigna la grammaire dans l'université d'Oxford. Ses talents lui procurijrent la place d'aumônier du roi Henri VIII, qui le lit entrer dans le conseil, et qui se déchargea sur lui du gouvernement de l'Etat. Après lui avoir donné successivement plusieurs évêchés, il le tit archevêque d'York et grand chancelier du royaume. Le pape Léon X l'honora de la pourpre en 1515, et du titre de légat a latere dans tout le royaume. François I" et Charles-Quint le comblèrent de caresses et de présents. Il espéra même, dit-on, d'obtenir parla protection du dernier le trône pontifical. Le saint-si<^ge vaqua deux fois ; l'empereur fit agir pour d'autres. Wolsey rompit aussitôt le lien qu'il avait formé entre ce prince et son maître, et il réunit contre lui les forces de l'Angleterre et de la France. On prétend môme que pour se venger complètement de ce prince, il inspira à HenrL le dessein de répudier Catherine d'Aragon sa tanle; mais il est plus apparent que Wolsey ne fit qu'y donner les mains, et qu'il entra lâciiement dans les vues du roi. Il ne tarda pas à s'en repentir. Anne de Boulen , épouse de Henri VIII après Catherine, fut la première à aigrir le roi contre Wolsey, dont elle redoutait peut-être le retour à la conscience et à la justice. Le monarque irrité confisqua tous ses biens, le dépouilla de ses charges, et le relégua dans son archevêché d'York. Il se vit tout à coup méprisé des grands et haï du peuple. Fitz- Williams , un de ses protégés, fut le seul qui osa défendre sa cause, et faire l'éloge des talents et des grandes qualités du ministre disgracié. II fit plus, il olfrit sa maison de campagne à Wolsey, et le conjura d'y venir du moins passer un jour. Le cardinal, sensible à ce zèle, alla chez Fitz-Williams, qui le reçut avec les marques les plus distinguées du respect et de la reconnaissance. Le roi, instruit de l'accueil que ce particulier n'avait pas craint de faire à Wolsey, le fit venir, pt lui demanda d'un air et d'un ton irrité par quel motif il avait eu l'audace de recevoir chez lui le cardinal accusé et déclaré coupable de haute trahison ? « Sire , répondit « Williams, ce n'est point le criminel d'Etat « que j'ai reçu chez moi, c'est mon protec- « leur, celui qui m'a donné du pain et de qui «je tiens la fortune dont je jouis; j'aurais « été le plus ingrat des hommes si je l'avais « abandonné. » Le roi, plein d'ailmiration, conçut dès cet instant une haute estime pour le généreux Fitz-Williams. Il le fit chevalier sur-le-champ, et peu de temps après il le nomma son conseiller privé. Cependant Wolsey n'ayant que cet ami dans sa disgrAce, se vit accablé d'une foule d'accusations, d'opprobres et de malheuis. Le duc de Nurlhumberland eut ordre de l'arrêter pour

crime de lèse-majesté. Ce crime n'était autre chose que le refus de reconnaître Henri pour chef de l'Eglise. On te conduisit à la Tour de Londres pour lui faire son procès ; mais il succomba à ses infortunes, et mourut en chemin à Leicester, en 1530, âgé de 59 ans. Il dit, un peu avant d'expirer, ces paroles remarquables : « Hélas 1 si j'avais servi le roi « du ciel avec la même fidélité que j'ai servi « le roi mon maître sur la terre, il ne m'aban- « donnerait pas ainsi dans ma vieillesse. » Dn auteur, vraiment philosophe, en rapportant ces paroles , ajoute celles-ci : « Vérité su- « blime, quoique tardive, puisses-tu parler « avec la même force à ceux qui ont besoin « de t'entendre I » On a débité sur ce fameux cardinal bien des faussetés, que l'abbé de Longuerue a très-bien réfutées dans ses savantes et judicieuses Remarques sur la vie de ce prélat infortuné : on les trouve dans le tome VII des Mémoires de littérature du P. Desmolets. Wolsey était d'une naissance basse, mais d'un génie élevé. Si des mœurs dépravées commencèrent sa fortune, il l'augmenta par beaucoup de courage et d'habileté. 11 se servit de la confiance des grands qu'il avait gagnée, pour s'avancer, et de la connaissance qu'il avait de leur politique, pour les contenir. Rien n'est plus singulier qu'un des chefs d'accusation qu'on intenta contre Wolsey : c'est qu'ayant ce qu'on appelait alors le mal de Naples, il avait eu l'insolence de |irendre son haleine trop près du roi. Il fallait que la haine fût bien acharnée contre lui, pour le charger d'un crime de cette nature. Spelman, dans son Histoire des sacrilèges, attribue line partie de ses malheurs à la suppression de quarante petits monastères , pour l'érection de deux collèges. « Cinq hommes, dit-il, qu'il employa à « cette œuvre, périrent misérablement. Le « premier fut assassiné par le second, lequel « fut pendu ; le troisième se noya dans un « puits ; le quatrième, de riche qu'il était, se «vit réduit à la dernière mendicité; et le « cinquième (c'était le docteur Allen, promu « ensuite à un évêché en Irlande), fut cruel- « lement mutilé. Le châtiment de SVolsey ne « fut pas moins remarquable. » On trouve un petit recueil des Lettres de ce cardinal dans le tome IIP de la Collectio a7nplissima des PP. Martène et Durand. Elles peuvent servir pour l'histoire de ce temps-là. La Vie du cardinal Wolsey, écrite par George Cavendish, a été imprimée pour la deuxième fois avec des Notes et des Eclaircissements de S. W. Singer, Londres, 1827, in-8°. Le docteur Fiddes a publié une autre Vie de Wolsey, en 172'i., in-fol. M. Galt a fait paraître aussi la Vie et l'adtninistration du cardinal Wolsey, Londres, 1812, in-'t' ; 1817, in-S'.

■YN'OLSTAN, Volstanus, auteur ecclésiastique, religieux au monastère de Saint-Pierre à W^inchester, vivait dans le \' siècle. Il travailla, de concert avec Landfrid, à une Histoire de saint Swithunc , mort évêque do Winchester en 863. Wolstan écrivit aussi, en prose et en vers, la Vie de saint Ethel wood, évêque de Winchester, dont il avait été 1»

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disciple. Il avait aussi composé sur les miracles et la translation des reliques de saint S wi thune deux livres en vers, qu'il dédia à Elfégus, évoque de Winchester, pur une épître dédicatoire, où l'on trouve des particularités intéressantes sur les deux monastères de Winchester.

WOLTMAN (Charles-Louis de), né l'an 1770 à Oldenbourg, se signala dans la carrière politique, et s'opposa de tout son pouvoir aux succès de Napoléon. Il mourut à Prague, en 1817, Agé seulement de 4-7 ans. Woltman avait publié, entre autres livres historiques, une Histoire de la réformation considérée sous le point de vue de son influence politique, 1803.

WOLZOGEN (Louis de), né à Amersford en 1632, de parents nobles, originaires d'Autriche, mais infectés des erreui s de Socin , se rendit en France , parcourut la Suisse et l'Allemagne. De retour dans sa patrie, il fut successivement ministre de l'église wallonne à Groningue, à Middelbourg en Zélande, à Ctrecht, à Amsterdam, et mourut en 1690, dans cette dernière ville oii il occupait la chaire de professeur d'histoire profane et sacrée. Ses principaux ouvrages sont : Orator sacer, sive de ratione concionandi, Utrccht, 1671, in-S". Il a emprunté beaucoup de chosesd'ErasmeetduP. Louis deCresolles;mais il n'a pas eu la géni'rosité de les citer. Dissertatio critico-theologica de correctione scribarum in octodecim scripturœ diclionibus adhibita, Harderwick , 1689, in-4° ; une Traduction française du Dictionnaire hébreu de Leigh. Cet ouvrage parut à Amsterdam, en 1730, in-4°. Ce n'est qu'une compilation mise en assQZ mauvais français, où il y a du bon et beaucoup d'inutile. De scriptururum interprète contra exercitatorentparadoxum, 1GC8, in-12. C'est de cet auteur le seul ouvrage de quelque importance. 11 y attaque De philosophia scripturœ interprète de Spinosa. Il fut attaqué à son tour, et par un si grand nombre d'écrits, qu'on dit qu'il y en a eu en plus de vingt langues. Un de ses adversaires les plus animés fut Jean Labadie. Wohogen y propose trois interprètes de l'Ecriture sainte : Le Saint-Esprit, la raison et l'usage de la langue. Ce dernier interprète n'est que pour les savants, et par conséquent insuffisant ; le premier, malgré tous les détours de l'auteur, revient au fanatisme tout pur des protestants, c'est-à-dire à Vijispiration, à Vcsprit particulier et au goût intérieur; le second n'est pas plus sûr; on sait que la raison abandonnée à elle-même est une girouette. Les catholiques , en reconnaissant une autorité vivante dans l'Eglise, évitent seuls toutes les difficultés sur ce point. On a publié des Lettres sur la vie et la mort de Wolzogen, Amsterdam, 1692, in-8% où on lui donne des éloges bien peu mérités. — Il ne faut pas le confondre avec Louis WoLzoGEî) , son parent, et socinien comme lui, né en Autriche vers 1594. Il en fut b.nnni comme protestant, se retira en Pologne, se déclara socinien, et mourut près de Breslau, vers 1638. Ses ouvrages forment

deux volumes de la Bibliothèque des Frères Polonais. {Voy. Socin.)

WOOLSTON (Thomas), né en 1669 à Northarapton, étudia dans l'université de Cambridge, et passa ensuite au collège de Sidney, où il prit des degrés en théologie, et d'où'il se lit exclure par ses impiétés. De Cambridge il se rendit à Londres, où il était connu par six Discours sur les miracles de Jésus-Christ 1727 à 1729, in-8°. Sous prétexte de les faire passer pour des allégories, il s'etforce de les détruire dans cet ouvrage aussi futile que pernicieux. Comme il continuait d'écrire contre les vérités fondamentales de la foi, il fut déféré au tribunal séculier. La cour du banc du roi le comlamna, en 1729, à payer 25 livres sterling d'amende pour chacun de ses Discours, à subir une année de prison, et à donner caution pour sa bonne conduite pendant le reste de ses jours. Le coupable n'ayant pas eu de (juoi satisfaire h cette sentence, demeura en prison. Il mourut îi Londres le 21 janvier 1731. Woolston attaqua la religion autant par corruption de cœur que par égarement d'esprit. On trouve dans le tour de ses pensées et de ses expressions un air de malignité et de vaine joie, qui décèle une inclination criminelle. On a de lui jilusieurs ouvrages dans lesquels il abuse des passages des saints Pères, dont il avait meublé sa mémoire, sans ordre, ni choix, ni ensemble. Les principaux sont : Apologie ancienne pour la vérité de la religion chrétienne, renouvelée contre les juifs et les gentils; réimprimée à Londres , 1730, in-8" ; Défense des Discours de M. Woolston sur les miracles de Jésus-Christ, contre les évéques de Saint-David et de Londres, et contre ses autres adversaires, 1730 ; brochure in-8°. Cette apologie d'une très-mauvaise cause ne lit illusion à personne. Les libertins ont prodigué à cet écrivain les éloges les plus outrés ; mais les gens de bien l'ont eu en horreur. Ses impiétés ont été victorieusement réfutées dans les ouvrages de l'abbé Bergier et des autres apologistes de la religion chrétienne.

WORMIUS (Christian) , docteur et professeur en théologie, puis évoque de Sélande et de Copenhague, mourut en 1737. On a do lui plusieurs ouvrages, dont les principaux sont : De corruptis antiquitatum hebraicaruni vestigiis , apud Tacitum et Martialem ; Dissertationes quatuor de veris causis cur delectatos hominis carnibus et promiscuo concubitu christianos calumniati sint ethnici ; Historia sabeliianismi, in-8°, etc. Une érudition profonde rend ces ouvrages recommandables.

WORTH (Guillaume), auteur anglais, savant dans l'antiquité ecclésiastique et dans les langues, florissait au commencement du XVIII* siècle, et était archidiacre de Vorcester. On a plusieurs ouvrages de lui, entre autres une bonne édition des OEuvres de saint Justin, et du Discours contre les gentils de Tatien, Oxford , 1700, avec des notes et des dissertations.

WORTHINGTON (Thomas) , né à Blaius-

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