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aiifHés et maltraités sur les frontières de l'empire, ils furent obligés de revenir sur leurs pas. Phntius assembla un cuncilo dans lequel il prononça une sentence de dé|)osition contre Nicolas, et d'excommunication contre ceux qui communiquerai, nt avec lui. Ce schismatique prétendait ridiculement que quand 1rs empereurs avaient passé de Rome à Constanlinople, la primauté de VErjUse romaine et ses privilèges avaient passé aussi à l'Eglise de Constanlinople. Le pape écrivit aux évêques de Francn, assemblés à Troyes en 867, [lour les informer de ces prétentions extravagantes, des calomnies que les (Irecs vomissaient contre l'Eglise de Rome, et des reproches injustes qu'ils lui faisaient.
« Avant que, dit le pape, nous eussions « envoyé nos légats, ils nous comblaient do « louant « siéj
iges, et relevaient l'autorité dusaint- ^e ; mais depuis que nous avons con- « damné leurs excès, ils ont pirlé un lan- « gage tout contraire, et nous ont chargé « d'injures; et n'ayant trouvé, già(;e h Dieu, « rien de personnel à nous re|irocher, ils « se sont avisés d'attaquer les traditions « de nos pères, que jamais leurs ancêtres « n'ont osé re[)rendre. » Il mourut le 13 novembre 867, regardé comme un des plus grands pontifes. Son zèle , sa fermeté, sa charité, lui ont mérité le nom de Grand. On a de lui 100 Lettres sur tlifférents points de mor.ile et de discipline, qu'on a recueillies à Rome, 15V2, in-fol.
NICOLAS II ((jÉRàRD de Bourgogne) était né dans cette province. Ses talents et ses vertus le tirent élever à l'évéché de Florence, et ensuite au siège de Rome, où il fut placé en 1058, et couronné le 18 janvier 1030. C'est le premier pape dont l'histoire ait marqué le couronnement. Une faction lui opposa Jean, évêque de Velletri, cinnu sous le nom de Benoit X ; il le lit déposer par les évoques de Toscme et deLombardie, assrmblés à Sutri. tfu second concile, couvoi^ué à Rome, régla qu'à la mort du pape les évAques cardinaux traiter.iient ensemble les premiers de l'élection, qu'ils y appelleraient ensuite les clercs cardinaux, et enlin que le reste du clergé et du peuple y donnerait son consentement. « On choisira, « ajoute le décret, dans le sein de l'Église « môme, s'il s'y tiouve un sujet capable, « sinon, dans une autre, sauf l'honneur « dû à notr<: cher lils Henri, qui est main- « tenant roi, et qui sera, s'il plaît à Dieu, « empereur comme nous lui avons déjà « accordé ; et on rendra le même lion- « neur à ses successeurs, à qui le saint- « siège aura personnellement accordé le « môme droit. » Nicolas passa dans la Pouille à la prière des Normands, (|ui lui restituèrent les domaines di; l'Eglise romaine, dont ils s'étaient emparés. Lu pape y ht un traité avec eux., après avoir levé l'anathème qu'ils avaient encouru. Richard, l'un de leurs chefs, fut confirmé dans la iirincipauté de Capoue, qu'il avait conquise sur les Lombards.
Robert Guiscard, autre chef de ces conquérants, fut confirmé dans le duché de la
Pouille et delà Calabre, et dans ses prétintions sur la Sicile, qu'il enlevait aux Sarrasins. Il promit au pape une redevance annuelle et se rendit son vassal: c'est l'origine du royaume de Naples, selon Fleury. Les Normands travaillèrent aussitôt k délivrer Romi^ des seigneurs qui la tyrannisaient depuis si longtemps, et à raser les forteresses qu'ils avaient aux environs. Nicolas mourut peu de temps après, en 1061, avec la réputation d'un assez bon politique. Il gar la le siège de Florence pendant son pontificat. On a de lui neuf Lettres sur les afi'aires de Fi'ance.
NICOLAS III (Jean Gaétan), de l'illustre famille des Ursins, obtint la tiare en 1277, après Jean XXI. Il trav alla avec zèle à la conversion des schismatiques et des païens. Il envoya des légats à Micliel Paléologue, empereur d'Orient, et des ni'ssionnaires en Taitarie; mais sis soins produisirent peu de fruits. Il donna une bulle qui altribuait à l'Eglise romaine la pro[iriété des choses dont les frèri?s mineurs croyaient ne pouvoir avoir que l'usufruit. Voy. OccAM.Ce pontife mourut à Surien, près de Viterbe, le 22 août 1280, d'une attaque d'apoplexie. 11 avait de grandes qualités, mais son trop fort attachement à ses paients, et les injustices qu'il commit pour les enrichir, teignirent l'éclat de ses vertus. Il obligea Charles d'Anjou , roi de Sicile, à se di'mettre de ses charges de vicaire de l'empire, et de gouverneur de Rome. Il bAtit près de l'église de Saint-Pierre un palais magnifique, et l'orna oui vaste jardiu qu'il lit entouier de fortes murailles. Ce pontife aimait la vertu et les lettres, et les récompensait dans ceux qui les cultivaient. On lui attribue un traité De dectione dignilatum.
NICOLAS IV, pape, général des frères mineurs, sous le nom de frère Jérôme, né à Ascoli, dans la Marche d'Ancône, tut élevé sur le siège |;oniifical en 1288, après Honorius IV. Il renonça deux fois à son éle lion, et n'y consentit qu'avec beaui;oup de peine. Le commencement de son pontificat fut marqué par une ambassade d'Argoun, kan des Tartares. Ce prince demandait le baptême, et promettait de faire la conquête de Jérusalem pour les chrétiens ; mais ces projets s'é.anouirent. La Palestine était alors en proie à la fureur des musulmans. Acre fut prise et pillée, les chrétiens de Tyr abandonnèrent leur ville sans la défendre ; enfin les Latins penlirent tout ce (jui leur restait dans ce pays. A ces nouvelles, Nicolas redoubla ses etforls pour exciter le zèle des princes chrétiens. It donna des balles pour une nouvelle croisade, il fit assembler des conciles ; mais sa mort, arrivée en 1292, après quatre ans de rè^^ne, renuit tous ses soins inutiles. Ce pontife joignait à des intentions pures les talents nécessaires pour rem|ilir sa place. 11 était hab le philosophe, bon théologien, et avait été employé par les papes ses i>rédécesseurs dans les atfaires les plus importantes. Il gouverna l'Eglise avec sagesse, apaisa les dissensions qui s'étaient
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l'ievées à Rome et dans l'Etat ecclésiastique, mit la jinix entre divers princos chrétiniis, siirloul entre les rois de Sicile et d'ArnjiOii. il érigea, en l'iS'J, l'université de Montpellier, et compoa plusieurs ouvrages : des Cominrnlaires sur l'Kcriture; — sur le Maîlre dos Sentences; plusieurs Huiles en f.iveur des franciscains ses ronfrè es. En ITGl, on a imprimé à Pise : Vita Mcolaï Papa- IV, «o Hieronymo Rubeo composita, liunc primitm ex manuncriplo Vuticiino édita, adiiolatiunibiis novisque accessionibus illustrata a P. Antonio Felicc Matthcjo, 1 vol. in-8°.
NICOLAS V fT.iosiAS Parentlceu.i ou de S\rzane), cardinal évèq'ie de Bologne, né dans un bourg près de Luni, fut élu pape malgré lui après Eugène IV, en VAT. Son premier soin, dès qu'il l'ut assis sur le trône pont tical, fut de travailler à la paix de l'Eglise et de l'Italie : il y réussit heureusement. Les Aliemands le reconnurent, et renoncè<-ent à toute communication avec l'antipape Félix V. Vouez Amédée Y\U. Churles VIU, roi de France, approuva aussi cette élection, et envoya remlre otiéissance au nouveau pape par une magnifiiiue ainbassaile, que Mé/-erai croit avoir donné lieu à la pompe et à la dépense de ces grandes ambass,;aes d'obédience, que les rois envoient h chaque mutation de i)ontile. L'antipape Félix se prêta à 1 1 paix, et fut traité généreusement jiar Nicolas, qui le nomma doyen di s cardinaux. Cette modération lui acquit l'amitié et l'estime des grands. Les princes d'ita ie se reprochèrent d'être en guerre, tandis que Dieu donnait la paix à son Eglise, après un schisme aussi long que dé[)lorable. L'année l'^30 l'ut célèbre par l'ouveiture du jubilé. Cette solennité attira tant de mon ie à Home, que pi sieurs personnes furent éioutlVes dans les églises et ailleurs. Jusqu'alors Nicolas avait gouverné avec beaucoup de bonheur; mais la conjuraliou formée contre lui et contre les caidinaux par un Etienne Poicario, et 1 1 piise de Conslantinople par les Turcs en iko'S, empoi-onnèrcnt sa félicité. 11 avait exhorté pendani fmglemps b'S princes et les peuples à secourir les Grecs ; mais son zèle ne produisit aucun li'uit. Les malheurs des chrétiens orientaux lui causèrent une tristesse si vive, qu'il en mourut en Uu5, après avoir tenu le sainl-siége pendant huit ans. Les bell '.s-lettres, ensevelies |ieiidaiit plusieurs s.ècles sous la b.irb.irie gothique, ressuscitèrent avec éclat. Nicolas les cultiva, et répandit ses bienfaits sur ceux qui s'y consacrèrent. Sa bibliothèque fut enrichie des plus beaux manuscrits grecs et latins, recueillis par son ordre dans tous les lieux du monde. Il lit Ira lu're les ouvrages grecs, et lécompensa magnitiquement ceux à qui il conliait ces traUuctiu s et la recherche des livres. On prétend qu'il pro;iiit 5000 ducats à crlui qui lui api oiferaii l'Ev uigile de saint Matthieu en hébreu. Des ouvrages publics élevés à Rome et ailleui's, des palais, des églises, des ponts, des fortitications, les Grecs réfugiés et les pauvres gentilshommes
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secourus avec libéralité, les fdles mariées honorablement, les bénéfices (t charges conférés au seul mérite, tout dépose en faveur de l'inclination de ce j ontife pour le bien du peuple, pour l'honneur des lettres et pour la gloire de la religion. Les hommes vertueux, qui voudront connaître plus particulièrement Nicolas V, doivent consulter sa Vie publiée en 17^2, à Rome, in-i°, en latin, par l'abbé Georgi, chapelain de Benoit XIV. Cet ouvrage intéressant, composé sur les monuments les plus authentiques, fait honneur au héros et au panégvriste.
NICOLAS V, antipape. Vot/. Corbière.
Nicolas de Méthone, ainsi appelé parce qu'il était évêque de ce te vi;le, iiu'il rigla selon les canons, et qu'il édilia par ses vertus, dans le xi' siècle. 11 l'éclaira aussi par sa science. On trouve dans VAnctiinrium de la Bibliothèque des P(''res un Traite de cet évoque sur la vérité du corps et du sang de Jésus-Christ en l'eucharistie; et dins Al latins, un Traité de la procession du Saint- Espril.
NICOLAS le Grammairien, patriarche de Constar.tinnpie en iOS'i., s'employa fortement avec rem[)ereur Alexis Comnène, pour dissiper une secte, espèce de manichéens, q^i s'était formée depuis plusieurs anné. s. 11 mourut en 1111. On a de lui des L-écrcts et une EpUre synodale dans les Basiliques de Fabrol.— il faut le distinguer du patriarche Nicolas, que Léon VI, empereur de Const;intiiiople, ht déposer, parce qu'il avait cxcamraunié ce prince qui convolait en quatrièmes noces.
NICOLAS DE Ci.AiRYAUx fut disciple et secrétaire de saint Bernar l. 11 se relira ensuite dans le monastère de Montiéramey, où il mourut vers llbO. On a de lui un vol. de Lettres qui sont utiles pour la connaissance des alfaires de son temps. Ou les trouve dans la Bibliothèque des Pères.
NICOLAS DE ToLENTLN (salnl), né à Tolentiu en 1239, chanoine de cctie vU-', entra d;)ns l'ordre des Auguslins, et s'acjuit une grande iép;i!alion par ses austérités. 11 mourut k Tnlenliu le 10 septembre l;i08, et lut inscrit dans le catalogue des saints, en 14'»6, par Eugène IV.
NICOLAS DE PisE, connu sous le nom de Maître Nicolo delV Arca, architecte et sculpteur, ilorissait au milieu du xiir siècle. C'est lui qui construisit à Bologne l'église et le couvent des frères prêcheurs, après avoir Uni un tombeau de marbre pour ensevelir le corps de saint Dominique, instituteur de cet ordre. 11 fut aussi tort employé à Pise et dans plusieurs autres vides célèbres d'Italie.
NICOLAS DE Lyre, ainsi nommé du lieu de sa naissance, petite ville de Norm aidie au diocèse d'Evreux, était né juif, et avait commencé d'étudier sous les rabbins ; mais la griicc ayant touché ,-on cceur, il prit l'habit des frères mineurs, l'an 1291. Il vint à Pai is, où il fut rei;u docteur, et expliqua longtemps l'Ecriture sainte dans le gi'and couvent de son ordre. Ses talents lui conci-
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lièrent l'estime de la reine Jeanne, comtesse de Bourgogne, femme du roi Philippe V, dit le Long. Cette princesse le nomma entre les exécuteurs de sou testament fait l'an 1325. Il mourut à Paris en 13i0, après avoir été provincial de son ordre. On a de lui : des Postules ou petits Commentaires sur toute la Bible, qui ont été augmentés j)ar Paul de Burgos ; ils ont été aui refois trèscoiis' Il 's et regardés comme un ouvrage essentiel à rinter;irétation ('es livres saints, d'où e^t venu le proverbe : Si Lijra von lyrasset, Ecclesia Dei non saltnsset. L'édition la plus rare est de Rome, l'»72, en 7 tomes in-folio, et la meilleure d'Anvers, lC3i, 6 vol. in-folio. Ces commentaires sont r .fondus dans la Biblia mnxima, Paris, 16G0, 19 vol. in-fol. Il y eu a une traduction fi-ançaise, Paris, 1511 et 1312, 5 vol. in-fol. ; une Disjmte contre les Juifs, m-S°; un Traité contre un rabbin, qui se servait du Nouveau Testament pour combattre la religion chrétienne ; et d'autres ouvrages d'érudiiion et de théologie. Ci t ;:uteur possédait trèsbien la langue hébrai(]ue.
NICOLAS EYiMERlCK. Voyez Eymerick.
NICOLAS DE Clsa, Cusanus, cardinal, né en 1401, àCusa, village situé sur la Moselle, au docèse de Trêves, éta t fils d'un pécheur. Le comte de Mandercheidt l'ayant pris à son service des son enfance, lui trouva des dispositions, et l'envoya à Deventer pour le faire étudier. Nicolas de Cusa lit des progrès. Il fréquenta les plus célèbres universiiés d'Allemagne et d'Italie, prit à Padoue le bonnet de docteur en droit canon h l'âge de 22 ans, et se rendit habile non-seulement dans les langues, mais aussi dans les sciences. Il se passionna surtout pour la scolaslique et pour la métajjhysique ancienne, qui domine un jieu trop d.ins ses ouvrages. Ce dé.aut les rend obscurs et abstraits, quoiqu'ils soient écrits d'adieurs d'un style net et facile, sans affectation et sans vains ornements. 11 parait constant qu'il n'a fait profession dans aucun ordre religieux. Il devint curé de Saint-Florentin à Gobletz, puis archidiacre ue Liège. 11 assista, en cette (jualité, l'an 1431, au concile de Bàle, dont il fut un des plus grands défenseurs. Eugène IV, instruit de son mérite, se l'attacha, et l'envoya en qualité de légat à Constantinople, en Allemagne et en France. Après la mort de ce pape, Cusa se retira dans son arch:diaconé de Liège. Nicolas Y, zélé protecteur des gens de lettres, le tira de la retraite poui- l'honorer de la pourpre en 1448, et lui donna l'évèché de Brixen dans le Tyrol. Le nouveau cardinal assista à l'ouverture du jubilé en 1458, et hii envoyé légat a latere vers les princes d'Allemagne, pour les porter à faire la paix entre eux, et à tourner leurs armes contre Mahomet 11, qui menaçait la chrétienté. Il fit publier les indulgences du jubilé, et se comporta dans sa légation avec tant de prudence, de vertu et de désintéressement, qu'il mérita l'estime et la vénération des peuples. Rien n'était plus simple que son équipage. Il était monté
sur une mule. Son domestique était trèspeu nombreux. Sa cour n'était pas composée de flatteurs, mais de gens de lettres. Les princes et les prélats allaient au-devant de lui avec une foule de peuple, et Cusa n'en était que plus modeste. Il refusa les présents qui lui furent olforts, et voulut que ceux de sa suite l'imitassent dans ce désintéressement. L'Allemngno ne l'admira pas moins lorsqu'il y fut envoyé de nouveau en qualité de b'git par les papes Callixte II et Pie IL Ce dernier pontife fit tout ce (|u'il put pour réconcilier Cusa avec l'archiduc Sij;isniond , qui s'était brouillé avec lui à l'occasion d'un monastère où le cardinal avait voulu introduire la réforme en retournant à Rome vers Callixte III. Sigismund lit les plus belles promeses ; mais à peine le cardinal deCnsa eut-il remis le pied dans son diocèse, qu'il fut enlevé et mis en prison par ordre de rarchiiiuc. Dès ce moment on cessa roflice divin dans presque tout son diocèse. Le pape excommuniaSigismond, et celui-ci relâcha enfin le cardinal . e Cusa, à des conditions injustes et très-dures. Ce prélat, rendue ses ouailles, mourut quelque temps après à Todi, en 1454, à cini]uantetrois ans. Ses OEuvres furent imprimées à Râle, en 15G5, en 3 tomes in-fol. On trouve dans le 1" vol. : les Traités Ihéotogiques sur les mystères ; trois livres De la docte ignorance , où il tâche de donner des idées de l'essence de Dieu , de la Trinité, des mystères de la religi n, tirées des principes^le méta|)hysique et de mathématiques; un écrit touchant la filiation de Dieu ; ties Dialogues sur la Genèse et sur la Sagesse.... Le 2" \ol. comprend : de savantes Exercitations; la Concordance catholique, en 3 livres; VAlcoran criblé, offrant Sous un titre bizarre des choses judicieuses; Reland en a fait une critique leste et mal fondée (voyez son article); Conjectures sur les derniers temps, traduit en français, 1700, in-8". L'aut .urmet la défaite de l'Antéchrist et la glorieuse ri'surrection de l'Eglise avant l'année 1734. Le titre modeste de Conjectures peut excuser sou erreur... Le 3' vol. renferme des ouvrages de mathématiques, de géométrie et d'astronomie. On sait que le cardinal de Cusa tâcha de ressusciter l'fiypothèse du mouvement de la terre , oubliée depuis Pythagore ; mais ses efforts euient peu de succès : Copernic et Galilée furent plus heureux. C'était un liomme savant et pieux, possédé de cette avidité de savoir qui fait tout embrasser ; mais il se laissait dominer par une imagination déréglée.llfut singulier dans ses sentiments, subtil jusqu'à se rendre inintelligible , ennemi du naturel et du simple , amateur de l'allégorie jusqu'au plus ridicule excès. Sa Vie a été im[irimée à Trêves en 1730, parle P.Gaspard Hartzheim, jésuite: elle est en latin, écrite d'une manière ji.'dicieuse et intéressante.
NICOLAS DE Munster , auteurd'une secte qui s'appelait Famille ou Maison d'Afiiour , se prétendit inspiré , et se donna ensuite pour un homme déifié. Il se vantait d'être plus grand que Jésus-Christ, qui, disait-il,
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n'avait été qw son type om son imaae. Vers l'nn 15'tO, il t;1cha do pervertir Ihi^odoro Vulli.-irs Kornheeil. Leurs disputes furent aussi f'réquenles qu'inutiles; car, quand Nicolas ne savait plus (pie ré|iondie à Théodore, il avait recours à l'Esprit , qui lui <"donnait , disait-il , de se taire. Cet enllioiisiaste ne laissa pas de se faire bien des discip'es, qui, comme lui, se croyaient des hommes df'Mli 'S. Ni( olas lit quelques livres : tels furent VFvanqile du roi/aume: la Terre de paix, etc. La secte de la Famille d'Amour reparut en Angleterre au commencement du XVII' siècle , en IGOi. Elle pr<'"senta au roi Jac ques I" une confession de foi , dans laquelle elle di'clare qu'elle est séparée des Lrownislcs. Rien ne prouve mieux le prix ineslimnble de l'infaillible aulorité de l'Eglise calholique , que cette fourmilière de sectes nées les unes des autres, du moment qu'on eul contesté les droits de ce grand et antique tribunal.
NICOLAS (le Père) , surnommé de Dijon, parce qu'il était né dans cette ville, fut jirovincial des capucins de la [)rovincc de Lyon, et mourut à Lyon en 169'i.. Le P. Nicolas fut un des grands |)rédicateurs de son siècle. On a de lui un grami nombre de Sermons, sous divers titres ; ce sont : un Avent intitulé : Pharaon réprouvé, ou VAvocut sur la providence de Vieu, sur la réprobation des pécheurs, 1085, in-V°; Octave du saint-sacrement, 1()8(), in-8°; Octave de l'ascension de Notre-Seigneur, 1G87, in 8° ; Sur les Evangiles du carême. 1688, 3 vol. in-8°; Sur les mystères de Notre-Sciqncur, in-8°; Sur les mystères de la sainte Vierge, 1688, in-8" ; Sermons précités pendant l'avent, 'm-^"; Sermons pour les quarante heures, contre le mauvais usage du sacrement de pénitence, 1C81 , in-8°; Panégyriques des saints, 3 vol. in-fol. ; Sermons^ sur les évangiles de tous tes dinmnches de l'année , lG;l'i-, 3 vol. in-8°; Sermons pour les véturcs et professions religieuses, 1695, in-8"; Octave des morte, 1696,in-8°. Toutes ces éditions sont de L.von. Les Sermons sur les évangiles du caiôme ont été traduits en italien, et imprimés à Venise, 1730, 2 vol. in-i°. — M. l'abbé Migne a publié ses Sermons choisis , 18'i5,
I vol. in-'i-' , (jui comurend les oeuvres de plusieurs autres orateurs sacrés. Voy. la lin de l'article Mascauon.
NICOLE (Claude), poëte français, conseiller du roi, et |)rési eut de l'élection de Chartres, sa patrie, cultiva les muscs justju'a sa mort, arrivée en 1086, îi 75 ans. On a di' lui un Jiecueil de vers, en 2 vol. iii-12 , réimprimé à Pans en 1095. Le stylo en est faible et laiig'iissant. On y trouve des traductifuis et imiiatinns de dill'érents morceaux de Vircile, d'Horace, d'Ovide, de Juvénal, de Perse.
II contient aussi des Poésies chrétiennes, des Paraphrases, ilcs Psaumes , i-t la traduction du poème latin de Santeuil, intitulé : liiOlio- Iheca 'J'hwino Minarsiunacurmen (voy .\e Journul des savants, i\i!: 1681), page 208).
NICOLE (l'iiiiiiEJ , lameux janséniste, neveu du précédent, na(iuil à Chartres en 1625. Son père, sous les yeux duquel il avait fait
Ses humanités , l'envoya à Paris pour faire son cours de philosophie et de théologie. Ce fut iiend.Hit son cou'squ'il connut les cénobites de P(irt-Royal. lis trouvèrent en lui ce (piils dierchaieni avi^c tant d'empressement: l'esprit et la docilité. Nico'e donna une part\- de son te-ups à l'instruction de la jeunesse qu'on élevait danscette solitude. Après ses (rois années ordinaires de théologie , il se préparait à entrer en licence; mais ses sentiments n'étant pas ceux de la faculté de théologie de Paris , ni d'aucune université catholique, il sa délermina à se contenter du baccalauréat, qu'il reçut en lO'iO. Plus libre alors, ses engagements avec Port-Hoyal devinrent i)lus suivis et plus étroits; il fréquenta cette maison , y fit môme d'assez longs séjours, et travailla avec Arnauld à plusieurs écrits pour la défense de J.iiiséiiius et do sa doctrine. En IGOi, il se rendit avec lui à CliAtillon , piès do Paris, et y employa son temps k écrire contre les calvinistes et les casuistes relâchés. 11 sortit de temps en temps de cette retraite , pour aller tantôt k Port-Royal, tantôt à Paris. Au commencement de 1676, sollicité d'entrer dans les ordres sacrés, il consulta Pavillon, évoque d'Aleth : après un examen de trois semaines, la conclusion fut qu'il resterait sim[)le tonsuré. Une Lettre qu'il écrivit en 1677 , ])our les évoques de Saint-Pons et d'Arras , au pape Innocent XI, attira sur lui un orage qui l'obligea de quitter la capitale. La mort de la duchesse de Longuevdle, la plus ardente protectrice du jansénisme , arrivée en 1679, et plus encore la crainte des suites que pouvaient avoir ses démarches imprudentes et factieuses, l'engagèrent à se retirer aux Pays- Bas. Il revint en France en 1683, et s'y tint caché pendant quelque temps. Il entra, à la fin de ses jours , dans deux querelles célèbres : celle des études monastiques et celle du quiétisme. Il défendit les sentiments de Mabillt)!! dans la première, et ceux de Bossuct dans la deuxième. Les deux dernières années do sa vie forent fort languissantes, et entin il mourut en 1695, à 70 ans. On raconte de lui plusieurs anecdotes. Une demoiselle était venue le consulter sur un cas de conscience. Au milieu de l'entretien arrive le P. Foucquet,de l'Oratoire, fils du fameux surintemiant ; Nicole, du plus loin qu'il l'aperçoit, s'écrie : Voici, mademoiselle, quelqu'un qui décidera la chose: et sur-lechamp il lui conte l'histoire de la demoiselle qui rougit beaucoup. On lit des reproches à Nicole de cette imprudence; il s'excusa sur ce que col oratorien était son confesseur : Puisque, dit-il, je n'ai rien de caché pour ce Père, mademoiselle ne doit pas être réservée pour lui. ('e Irait, bien approfondi, donne de cet écrivain célèbre une idée au moins singulière. 11 fut logé très-longlemps au f.mbourgSain'-Marcel. Quand on lui en demandait la raison, C'est, ié|:ond.iit-il, (/«c /fs cnneinisqui ravagent tout en Flandre, et menacent Paris, entreront par la porte Saint-Martin avant que de venir chez moi. « Lorsqu'il « marchait dans les rues, dit la comtesse de
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« la Rivière, il avait toujours [jeur que quelle que débris de maison ne lui tombât sur la « tête. Quand il allait en voyage sur l'eau , « il craignait toujours d'être noyé. » (Lettres (le M. L. C. de la R., Paris, 1776.) Un auteur judicieux a remarqué que cette terreur avait loeaucoup de rapport avec le fantôme qui tfO! b'ait Pascal. On dirait que ces chefs du parti n'avaient pas Vàme bien rassurée et bien calme à la vue des agitations qu'ils prépariient à l'Fglise. C'est Nicole qui est le premier fondateur de ce dépôt si avantageux aux atfaires du jansénisme, nommé communéuient la botte A Perrelle, dont le produit annuel était, en 1780, de iO,000 livres, comme nous l'apprend le président Rolland, dans un Mémoire imprimé en 1781, mémoire oij, en se plaignant des grands legs faits par son oncle à la m'*'me fin, il ajoute , j). 39 , ces paroles remarquables : « J'avais beaucoup dé- « pensé avant la mort de M. de Foutfci lières, «et l'atTaire seule des jésuites me coiitait, « de mon argent, plus de 60.000 livres. Et en « vérité , les tavaux que j'ai faits, et sur- « tout relativement aux jésuites , qui n'au- « raient (las été éteints si je n'avais consa- « cré à cette œuvre, mon temps , ma sauté « et mon argent, ne devaient pas m'attirer « une exhérodation de mon oncle. » Les nombreux ouvrages sortis de la plume de Nicole sont : Essais de morale, en li vol. in-12, Paris, 1704, parmi lesquels on trouve 3 vol. de Lettres ; et en 25 vol. in-12, Paris, 17il et l'kk. 11 règne dans cet ouvrage un ordre qui plaît et une solidité de rétlexions qui convainc ; mais rautei:r ne parle qu'à l'esprit : il est Sec et froid. Sun traité des moyens de conserver la paix dans la société mérile d'être distingué. (( Mais cette paix, dit Voltaire, « est jieut-être aussi diflicile à établir que « celle de l'abbé de Saint-Pierre. » Les Essais de mo/-a/e (première édition) renferment : les dillérents Traités de morale, G \ù\.; Réflexions morales sur les EpUrcs et Evangiles de l'année, en 5 vol. in-12. L'édition de 25 vol. comprend en outre : Instructions ihéologiques sur les sacrements, 2 vol.; sur le Symbole, 'Ivol.; sur le Pater, 1 vol. ; sur le Z'e'ca/o(/Mf,2 vol. ; Traité de la prière, 2 vol.; Lettres diverses, 3 vol. ; Vie de JSicole, par Goujet, 1 vol. ; Esprit de Nicole , par Cerveau, 1 vol.; en tout 25 vol. iu-12 ou in-18. Les autres ouvrages de Nicole sont : Traité de la foi liumuine, coin|)Osé |iar Al naidd, 1664, iii-i",Lyon, 1693, in-12, plein de vues vraies et sniides; La Perpétuité de la foi de l'Eglise catholique louchanl l'eucharistie, Paiis, 1670, 1672 et 1674, 3 vol. in-4°. Les tomes IV et V, publiés en 1711 et 1713, sont tie l'abbé Renaudot. Arnauld y a eu part, ce que néanmoins quelques auteurs lui contestent : ce qu'il y a de sur, c'est qu'd n'a pas fait difficulté d'en recevoir les coiliplimenls, Nicole lui-même ayant consenti que la gloire du chef de parti, ai.qui'l on voulait à tout prix attacher le nom de (jraiid, fût renforcée par cette attribution. Les Préjugés légitimes contre les calvinistes; Traité de l'unité de l'Eglise, contre le ministre Jurieu; Les prétendus réformés conva'm-
cus dr schisme, et quelques ouvrages de controverse, tous infiniment estimables par la profondeur el la solidité; tes Lettres imarjinaires et visionnaires, 2 vol. in-12, 1667, contre Desmarets de Saint-Sorlin, (jui avait dit trop de mal des jansénistes pour ne pas s'attirer l'indignation de Nicole; un trèsgrand nombre d'ouvrages pour la défense de Jansénius et d'Arnauld ; plusieurs écrits contre la morale dos casuistes relàcliés; quelques-uns sur la grâce générale, recueillis en 4 vol. in-12, avec les écrits d'Arnauld , de Quesnel et des autres théologiens qui ont combattu co système. Il y en a une édition de 1715, en 2 vol. in-12, avec une préface de l'éditeur. On y voit que Nicole n'adopte pas entièrement le système de Jansénius et d'Arnauld , et qu'il s'en éloigne dans bien des points; nous avons observé ailleurs qu'Arnauld lui-même rejetait la doctrine fondamentale de Jansénius (Voy. ce nom). Le moyen de concilier avec cela tout ce que ces messieurs ont écrit , fait, souffert pour cette cause ? Un choix d'Epigrammcs latines, intitulé : Epigrammatum delectus, i659, in-12; Traduction latine des Lettres provinciales , avec des notes pires que le texte, etc. Une délicatesse, qui n'était pas sans fondement, l'engagea à se cacher sous le nom de Wendrock. La première édition parut eu 1658; la quatrième, qui est beaucouj) plus ample, est de l'année 1665. Pascal (Foj/. ce nom) revit cette version. « Quant aux qualités littéraires, dit « l'abbé Bérault , c'est une des meilleures « productions de Port-Royal , à l'exceiition « néanmoins de quelques solécismes qui « ont échappé , non pas en cette seule rente contre , à l'habileté de l'auteur. Quelle que « soit d'ailleurs la beauté du style, elle ne « couvrit point le scandale que renfermaient « les choses. » On peut consulter V Histoire de la vie et des ouvrages de Nicole, 1733, in-12, par l'abbé Goujet ; mais il faut se souvenir que l'hislorieu est souvent panégyriste, et que ses éloges sont l'eflet de l'enthousiasme que lui inspirait tout ce qui tenait au parti. On a une autre Vie de Nicole, par Resoigne, dans VHistoirc de Port-Royal , tom. IV% et par Saverien, dans le tom. I" des Vies des philosophes modernes.
NICOLSON (Guillaume), né en 1655, fut fait archkliacré de Carlisle en 1682, évèque de la môme ville en 1714, puis de Londonderri en Irlande en 1718, enfin archevêque de Cashel en février 1727, et mourut peu de jours après. On a de lui : Bibliothèque historique d'Angleterre, Londres, 1696-1699, 3 vol.in-8". Cet ouvrage contient un catalogue des historiens d'Angleterre, tant imprimés que manuscrits , avec des jugements el des observations. Bibliothèque historique d'Ecosse, L(Uidres, 1702, in-8'; Bibliothèque historique d'Lrlande, 1724, in-8". On a réuni ces tiois Biblothèques en uu vol. in-ful., Londres, 1736, in-fol.; et cette édition est la meilleure. Des Sermons. 11 a donné en outre une Dissertatio de jure feodaii velerum Saxonum ; — Sur les médailles d'Ecosse; Leges Marchiarum, etc
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