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« duire ou autoriser le vice ; » ce qui est vrai dans le cas seulement qu'il n'y aurait pas de moyen de dissiper l'illusion, et de reconnaître dans ses opérations le père du mensonge, puisque FEi'riture nous apprend que les magiciens de Pharaon fii'ont dps mervrilles surnaturelles, pour contredire les ordres que Moise portait à Pharaon de la part de Dieu. Voi/. le Catéchisme philosophique, p. 337, n° 312.
NOLIN (Denis), avocat au parlement de Paris, quitta le barreau pour s'appliquer à l'étude de l'Ecriture sainle. On a de lui : Lettres deN. IruUs, théologi.endeSalamanque, où Von propose la manière de corri(/er la version grecque des Septante, avec des éclaircissements sur quelques difficultés , Paris , 1708, in-12; deux Dissertations, l'une sur les bibles françaises jusqu'à l'an loii; et l'autre sur V Eclaircissement et phénomme littéraire et lettre critique de la Dissertation anoni/me et des lettres de Richard Simon, touchant les antiquités des Chaldéens et des Egyptiens, in-)2. Nolin mourut en 1710, après avoir mené une vie occupée et édifiante. Sa bibliothèque, choisie avec soin, fut après sa mort le partage des pauvres de sa paroisse, dont il avait été le consolateur et le père.
NONNOTTE (CLAUoE-FttANçois) , jésuite, connu par ses démêlés avec Vidtaire, naquit à Besançon, en 1711. Il entra de bonne heure dans la société de Jésu'^, et prêcha avec succès dans plusieurs villes de France, surtout à Amiens, à Paris et à Versailles. Appelé à Turin par le roi de Sardaigne, il lit entendre la parole sainte devant cette cour, et reçut de Charl s-Emmanuel III les témuignages les plus ilalteurs. C'est en 1762 que commença la iuite entre le jihilosophe de Ferney et le modeste jésuite, par la publication de l'ouvrage qui a pour titre : Erreurs de 31. de Voltaire, Avignon, 2 vol. iii-12. C'est un examen exact de VEssai sur l'esprit et les mœurs des nations, publié par le premier. L'abbé Nonnotte y relève non-seulement les principes irréligieux, mais les fausses citations et les faits apocryphes. Les Erreurs sont divisées en deux parties , les erreurs historiques et les erreurs dogmatiques. Oavod dans la première avec quelle attention soutenue Voitaire s'est ai)pliqué, dans son fs^aî d'histoire, à avilir le clergé, à llétrir la conduite des papes, à justifier les ennemis de l'Eglise; combien ses jugements sur nos rois sont marqués au coin de la malignité, comme il atfecte de rabaisser les Français et de les mettre au-dessous des étrangers ; enQn avec Quelle légèreté il substitue ses idées aux faits do l'histoire. Dans la seconde, l'abbé Nonnotte ne s'est pas attaché à signaler toutes les attaques directes ou indirectes de l'ennemi du christianisme ; son travail eût été trop volumineux : il s'est borné à repousser les assertions les plus malignes et les principes les i;lu3 dangereux. On pouvait juger du degré d'importance que le philosophe attachait aux critiques de ses adversaires par le plus ou moins d'emportement de son
caractère naturellement irascible, et l'abbé Nonnotte fiU un de ceux qui eurent l'honneur d'exciter lo plus sa bile. Voltaire lui répondit par une ie«re facétieuse, et ensuite par des Eclaircissements historiques à l'occasion d'un libelle calomnieux contre l'Essai sur les mœurs et l'esprit des nations, par Damilaville. Ces Eclaircissements furent insérés d'abord dans VEssai de fhistoire générale au tome VIII de l'édition de 1761-1'763; puis dans la Suite d'un Chrétien contre six Juifs. Dans sa réponse il n'épargna [las, selon sa coutume, les épithèles les plus grossières et les sarcasmes les plus injurieux. On raconte un fait assez singulier, qui précéda la publication de l'ouvrage de 1 abbé Nonnotte, qui fut imprimé à Avignon, chez Fez. Ce libraire avant de le mettre en vente, écrivit dit-on, à Voltaire, le 30 avril, pour lui otl'iir de supprimer l'édition moyennant une somme de mille écus. Voltaire, qui trouva danscette circonstance une occasion de plaisanter sur le livre et sur l'auteur, n'accepta pas cette olîre : il aima mieux employer le fiel de sa pluaie, et le distilla à longs tl'ols. Malgré ses diatribes , l'ouvrage de l'abbé Nonnotte eut plusieurs éditions, et fut trad. en allemand et en italien. L'auteur repli ]ua à son tour par , une Lettre d'un ami à un ami, sur les honnêtetés littéraires, et par une Réponse aux Eclaircissements historiques, qui mirent encorç en mouvement la bile du philosophe de Ferney, et augui entèrent sa haine contre le christianisme et surtout contre les jésuites. L'ouvrage de NonnoUe est resté au nombre des bous livres ; il a été réimprimé en 1820, avec un troi^ième volume, intitulé ; De l'esprit de Voltaire dans ses écrits. Après la sup- ])ressiou de l'ordre des jésuites, l'abbé Nonnotte se retira à Besançon. 11 fui admis uans l'académie de cette ville, où, tout en s'occupant de l'histoire de sa province, il continua à travailler à la défense de la religion avec un zèle et un talent qui lui méritèrent ua bref de Clément XIU, du 7 avril 1768. Dans ce bref, la pontife en lui donnant des éloges pour sts louables efforts, l'exhortait à continuer la rélutation du Dictionnaire philosophique de Voltaire; ce que l'abbé Nonnotte lit avec un redoublement d'ardeur. Il était profondément versé dans l'histoire sacrée et profane, parlait avec facihté l'italien, avait une conversation aimable et spirituelle, et ])Iaisait autant par la variété de ses connaissances que par l'enjouement de son esprit. Il est mort le 3 septembre 1793, âgé de quatre vingt-deux ans. Il a laissé : Les erreurs de M. de Voltaire, Avignon, 1762, 2 vol. in-j2; Lettre d'un ami à un ami sur les honnêtetés littéraires; Réponse aux Eclaircissements historiques et aux Additions de Voltaire, imprimées séparément, 1766 et 1767 ; Dictionnaire anti-philosophique, pour servir de commentaire et de correctif au Dictionnaire philosophique et autres livres qui ont paru denos jours contra le christianisme, i7(i8, 111-8". Cet ouvrage a eu plusieurséditions. On en cite une en 1780, qui apoaiinveiL'Anti-Dictionnairt philosophique. DictionnairephUosophiqucde la
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religion, où l'on établit tousles pointsde ladoctrinc attaqués par les incrédules, et oîi /'on répond à toutes leurs objections, 1774,4 vol. in- 12. (Jucl riue soit le mériti! de cet ouvragn, il subit des ciitiqups, notamment de la part d'un i>r(Hre appelant, Xon-François Rivière, connu sous le nom d'abbé Pelvert, qui pul)!ia, en 177G, des Lettres d'un théologien à iJ/"**, où l'on examine la doctrine de quelques écrivains modernes contre les incrédules. (Ces écrivains étaient quatre anciens jésuites, de La Mare, Horis, Paulian et Nonnntte.) Il leur reproche des erreurs sur le péché originel, sur les œuvres et te salut des infidèles, sur la liberté et la grâce, sur la morale, etc., etc., c'est-à-dire sur les points où ses opinions, comme appelant, ditféraient des leurs. Les philosophes des trois premiers siècles de l'Eglise, ou Portrait historique des philosophes païens qui, ayant embrassé le christianisme, en sont devenus les défenseurs par leurs écrits, Paris, 1789, in-1-2. Cet ouvrage peut servir de tableau comparatif entre les philosophes anciens et les philosophes modernes. On lui attribue aussi : Principes de critique sur l'époque de l'établissement de la religion chrétienne dans les Gaules, Avignon, 1789, in-12. Tous ces ouvrages réunis ont été publiés sous le titre d'Ouvrages de l'abbé Nonnotte, Besançon, 1818, 7 vol. in-8", et in-12, avec le portrait de l'auteur, qui avait été gravé par sou frère Donat Nonnotte (mort en 1785), doyen de l'académie de peinture. C'est d'après l'inscription placée au bas de ce ])ortrait que l'on a relevé l'erreur où sont tombés les rédacleu'S de la France Littéraire, ainsi que Chaudon et Delandine, dans leur Dictionnaire historique [T édit.), lesquels appellent l'abbé Nonnotte Claude -Adrien , et non Claude-François , qui étaient ses véritables noms.
NORBERT (saint), né l'an 1082, à Santcn, ville du duclié de Clèves, d'une des plus illustres familles d'Allemagne, passa à la cour de l'empereur Henri V, son parent. 11 y brilla luir les agréments de son esprit et de sa ligure, et y plut par l'enjouement et la douceur de son caractère. La cour produisit sur ses mœurs l'ellet qu'elle devait produire : elle les .adoucit et les corrompit. Norbert, louché par la grAce, se retira du sein de la corrujition, s • démit de ses bénélices, vendit son patrimoine et en donna le prix aux pauvres. Dégagé de tous les liens qui le retenaient dans le mon ie, il s'en alla de ville en ville i)rècher ie royaume de Dieu. Barthélemi, évoque de Laou, lui a\ant donné un vallon solitaire nommé Prémontré, il s'y relira en 112D, et y fonda l'ordre des chanoines réguliers qui porte le nom de ce désert. Ses sermons, ajipuyés par ses exem- |)les, lui attirèrent une foule de disciples ; il leur donna la règle de saint Augustin, et l'habit blanc, qui était celui des clercs , mais tout de laine et .sans linge. Cette nouvelle miliceecclésirtsticjue gardait unsilence perpétuel,jeûnait en tout temps, et ne faisait qu un repas par jour et très-frugal. Cet ordre fut contirmô six ans après, eu 1126, par Hono-
rius IL II y avait alors huit abbayes fondées, outre Prémoiitré. Le saint instituteur fut appelé dans le même temps à Anvers pour combatire l'hérétique Tanchelin. Larchevêché de Magdebourg ayant vaqué, le clergé et le peuple le choisirent pour le remplir. 11 appela ses chanoines dans cette ville, et leur vie austère édilia les habitants de Magdebourg. Le dessein de réforme que ce saint archevêque méditait inspira à quelques-uns une haitîe si violente, qu'ils attentèrent (ilusieurs fois à sa vie. L'occasion du concile de Reims, en 1131, le rappela en France pour quehjue temps; et après avoir eu la consolation de voir sa maison de Prémontré peuplée de 500 religieux, il alla mourir dans sa ville éinscopale, en 1134. Grégoire XIII le plaça dans le catalogue des saints en 1582. Sa Vie a été écrite avec beaucoup de fidélité jKir Hugues, son premier disciple. Charles- Louis Hugo, abbé d'Estival, en a donné une édition enrichie de notes savantes, Luxembourg, 1704 (Voy. HuGOJ. On en a une autre de Jeau-Chrysostôme van der Sterre, abbé de Saint-Michel à Anvers, 1656, in-4°. Quoique cet ordre ait apporté divers adoucissements à la première rigueur de son institution, c'est un de ceux qui honoraient le plus et servaient le plus utilement l'Eglise catholique. Si on excepte quelques maisons où l'esprit du siècle s'était introduit dans les dernières années, la régularité, l'apiilication à l'étude, des mœurs pures, un zèle actif et éclairé distinguaient encore les enfants de saint Norbert. Ils avaient dans plusieurs pays un grand nombre de cures à administrer, et ils s'acquittaient de cet emploi important avec beaucoup de fruit et d'édification. Il est naturel que des hommes qui ont pris dans le sein ue la vie religieuse des grands principes de charité, de zèle, de désintéressement, qui sont à l'abri de toute appréhension pour l'avenir, et ne songent point à laisser d'héritage à leurs parents , soient excellemment propres aux fonctions pastorales. C'est sans doute cette considération qui, durant plusieurs siècles, a fait choisir les évè(]ues dans les monastères. En vain dit-on que c'étaient des siècles d'ignorance, où parmi le clergé séculier on ne trouvait point de sujets capables ou dignes de i'épiscopat. Cela prouve au moins que la science et la vertu se conservent plus aisément et se nourrissent mieux dans la retraite et le silence des monastères, puisipi'elles y ont persévéré, tandis que l'ignorance et le vice couvraient la face de la terre. Du reste, ce n'est point dans les siècles d'ignorance que l'usage d'employer les religieux au service des églises a été' établi. On lit, dans la Vie de saint Eusèbe de Verceil, qu'il introduisit en Occident cette coutume, que l'Orient avait depuis Idiigtemps adoptée : Primus in Occidentis partibus in eadem Ecclesia eosdem monachos instituit esse quos et clericos, ut esset in ipsis viris et contemptus rerum et accuratio Levitarum. [Voy. Jonaoab.) Du reste, quelque utile que soit cet ordre respectable, surtout dans ces temps de subversion et
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d'incrédulité, on ne doit pas croire qu'il ait échappé aux déclamations de la philosophie : tout au contraire, c'est par là rnônie qu'il les a méritées ; et de quelque manière (pie se conduisent les hommes dévou('-s h la r('liy,ioii, le monde saura toujuurs les CDUlrôlcr à sa mode. « Lorsque les moines, dit uu critique « très-judicieux, sont demeurés dans la soif litude, on leur a reproché de mener la « vie des ours; lorsque des révolutions fâ- « cheuses les ont forcés de se rappi'ucher « des villes, on a imaginé que c'était par « ambition; tandis qu'ils se sont bornés au « travail des mains et à la jirière, on a in- « sisté sur leur ignoiance; dès qu'ils se sont « livrés à l'étude, ou les a blAniés d'avoir « renoncé à leur première |;rofession, et « l'on a prétendu qu'ils avaient retardé le « progrès des sciences. Nos profonds rais'on- « neurs ne pardonnent pas plus la vie ans- « tère et mortifiée, dans laquelle les moines « orientaux persévèrent depuis seize siè- « clés, que le relâchement qui s'est introduit « peu à peu dans les ordres religieux de « l'Occident. S'ils sont pauvres, ils sont à « charge au peuple; s'ils sont riches, on « 0|iine à les dépouiller; s'ils sont pieux et « retirés, c'est superstition, c'est fanatisme ; « s'ils paraissent dans le monde, on dit que « c'est pour se dissi[)er. Comment conteii- « ter des esprits bizarres qui ne peuvent « souffrir dans les moines ni le repos ni le « travail, ni la solitude ni l'esprit de société, « ni les richesses ni la pauvreté? x Voy. saint FitANÇois, Burnet, Evrard.
NORBERT (le Père), capucin dont le vrai nom était Pierre Parisot, naquit à Bar-le- Duc, l'an 1G97, d'un tisserand, à ce que dit Chevrier. Il fit sa profession chez les capucins de Saint-Michel, en 171G. Le provincial allant à Rome, pour assister à l'élection d'un général en 1734-, emmena avec lui le père Norbert en qualité de secrétaire. Le capucin lorrain, avec l'air lourd, avait l'esprit intrigant. Les cardinaux, dont il se procura la bienveillance, lui firent avoir la place de procureur-général des missions étrangères. En 1736, il était à Pondichéri, bien accueilli par le gouverneur Dupleix, qui l'en nomma curé. Fort de cette protection, il essaya de satisfaire sa haine contre les jésuites, en les faisant exclure de tous les établissements français. Son caractère inquiet et tracassier le fit bientôt destituer de son emploi, sur les représentations de M. l'évêque de Saint- Thomé, et du père Thomas de Poitiers, supérieur-général des capucins de Madras et de Pondichéri, qui le qualifie de brouillon, de mauvais génie, A' orgueilleux, etc. Il en était venu jusqu'à fabriquer une approbation épiscopale pour un -de ses libelles et à la signer du nom de l'évêque. De là il passa da«s les îles de l'Amérique, d'oii, après un séjour de deux ou trois ans, il revint à Rome en 174.4.; mais il n'y séjourna pas longtemps, et fut obligé de se retirer à Lucques, où il fit paraître son ouvrage au sujet des rites raalabares, en 2 vol. in-4.°, sous le titre de Mémoires historiques sur les missions des In-
des, que Benoît %.IV condamna par un décret du 1" avril 1745, et dont M. de Belzunce, évêque de Marseille, dévoila en partie les impostures dans deux Instructions pastorales, l'une du 22, l'autre du 29 janvier 1745. L'abbé des Fontaines, suri)ris de cette levée de bouclier de la part d'un canucin, dont l'ordre passait pour attaché aux jésuites, lui appliqua ces mots connus : Et tu quoqiie, Brute, qu'il traduisit maligneniont ainsi : eI toi aussi. Brute. Les confrères du père Norbert désa|)|)rouvèrent sa conrluite et ses écrits. La crainte d'être exposé à des pénitences claustrales, peut-être encore l'inconstance ou quelque chose de plus, lui firent déserter son ordre. Il se relira chez les protestants, et demeura quelque tem|)s en Hollande et en Angleterre, où sous le nom de Peters Parisot, il établit une fabrique de chandelles, puis une manufacture de tapisseries que la r.ireté des bons ouvriers et le prix excessif de la main-d'œuvre empêchèrent de prospérer, malgré la protection que lui avait accordée le duc de Cumberland. Muni de lettres de recommandation de son protecteur , il passa en Prusse, où il prit le nom de Corel, et puis dans le duché d& Brunswick. Clément XIII, espérant le ramener de ses égarements, lui accorda, en 1759, la permission de porter l'habit do prêtre séculier : il prit alors le nom de Platel, revint en France, passa derechef en Angleterre, et de là en Portugal , où ses écrits contre les jésuites lui obtinrent une pension du mar-^ quis de Pombal. {Voy. Malaghida.) Enfin il revint en France faire réimprimer ses ouvrages en 6 vol. in-4.°, 1768. Il mourut près de Cominerci le 7 juillet 1769. Les personnes qui l'ont connu dans les dernières années de sa vie assurent que sa bile s'échauffait lorsqu'on parlait des jésuites, et qu'il ne pouvait entendre proniincer leur nom avec tranquillité : c'était une espèce de maladie qui, à quelques égards, semblait tenir à l'énerguménisme. Ceux oui désirent de voir des détails curieux sur la vie de ce religieux, errant, peuvent consulter le mandement da l'évêque de Sisfemn, du 24. avril 1745, et la lettre de Benoît XIV à l'archevêque de Césarée, nonce à Bruxelles, le 11 novembre 174.7, où ce pape fait un déluil frappant et curieux de toutes les fourberies et méchancetés de ce mauvais cénobite. Elle se trouve en entier dans le Journ. hist. et lilt., i" juillet 1787, p. 54-0. Ou connaît cette épigramme faite par un homme qui apparemment n'était pas de ses amis :
Enfant de l'ordre séraphique.
Le destin me lit anglican, Pour la seconde fuis je deviens catholique. Encore une disgrâce et je prends le turban.
Chevrier a donné sa Vie en 1762, in-12.
NORDIN (Charles-Gustave), évêque et antiquaire suédois, né l'an 1749 à Stockholm, fit ses études à l'université d'Upsal, et y soutint en 1771 une thèse De usujuris naluralis in vita civili, afin d'oblenir le titre do inagister. Nordin en soutint, deux ans après,
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une autre sous ce litre : Monumenta sueeo-go' thica rrluslioris avi faho meriloque suspecta, où il oxauiiiio la prétendue authenticité du manuscrit runique Saga de Ilialmar et Ramer. Dans cetlt; dissiMtitinn, il promeUiit d'examiner pareillement le bref du pape Grégoiie IV, au sujet de l'instilution canonique d'Anschaire en qualité d"arcliev(^que, le (irivilége de l'empereur Louis le Déhonnairc accordé h saint Anscliaire, la l)ulle du pape Agapet II et cuile de Silve^trc II, contenant la défense de l'aire iisa^e des runes et d'autres actes suspects concerilant le nord ; mais cette suite n'a i)oint paru. L'étude qu'il lit des auteurs latins, à l'occasion de ses recherches sur le Nord, l'amena à penser, comme le P. Haniouiu, que les grands écrivains de la latinité avaient été interpolés, falsifiés, fabriqués même dans les cloîtres du moyen Age, opinion élran;j;e qui contraste avec sa réputation de sagacité, et qu'il ne communi(jua qu'à ses amis et à ses confrères. Nommé lecteur au gymnase d'Hernosand en 1775, il se pré])ara auï,fonctions ecclésiastiques et publia une dissertation : Lineamenta dortrinœ de illumtnatione homih nis irregcniti, 1781, qui lui valut la place de lecteur en théologie. A celte époque, le ministère voulut le charger de composer un Corpus diplomaticum de la Suède, d'après le plan tracé parNordin lui-môme, et il fut appelé à Stockholm pour y rassembler les matériaux de ce grand ouvrage dans les bibliothèques et les archives. En 1786 , il fut nommé membre de l'académie suédoise et de l'académie des belles-lettres, et il prononça comme académicien un discours coutenant des remaïques sur les variations du langage suédois depuis les temps les plus anciens jusqu'au roi CiiarlesXI. Il composa aussi un mémoire contenant des recherches sur l'histoire du nord, d'après Tacite, Adam de Brème, Rimbert et Saxo, qui n'a point vu le jour. Nommé d'abord pa>teur à Skelleftea, dans le diocèse d'Hernosand, Nordin fut ensuite appelé à la prévôté de cet évôché, et envoyé par le dio èse à l;i diète de Stockholm, en qualité de représentant du clergé. Il soutint les propositions ecclésiastiques faites par le gouvernement, et reçut peu après le bevel d'historiographe de l'ordre du Séraphin. Le roi Gustave, dont il poss'-dait toute la confiance, ayant été assassiné en 1792, Nordin se retira dans sa prévôté et reprit ses fonctions de lecteur. 11 obtint successivement la cure de Nora dans l'Angermanie, l'honneur de siéger à la diète de Niirkœping en 1800, et le titre de docteur ^n théologie. C'est en 1805 que Nordin fut liommé évoque d'Hernosand. Déjà il avait travaillé à la propagation de l'Evangile parmi les Lapons; il contribua à l'érection de plusieurs chapelles dans les paroisses éloignées, et lit achever la traducliin la|)onne de la Bible, dont une partie, conlenant le Nouveau Testament, avait paru en 1735. En 180!), la révohition qui renversa le [ils do Gustave 111 l'appela de nouveaii à l'assemblée des représentants du royaume, où
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il coopéra au projet de la nouvelle constitution. Nordin mourut à Heriiosand le li mars 1812. Ce prélat avait réuni une immense collection de matériaux jiour l'histoire de Suède : ce sont des chroni(iues et annales imprimées ou manuscrites des chartes, des généalogies, des nécrologii's, des actes ]iublics de tout genres etc. Cette collei tion qui forui'î environ 2400 volumes, et dont le profi'sseur Faut a dressé le catalogue, a été achetée par le (irince Bernadotle, depuis roi de Suède, et donnée par lui à l'académie d'Upsal.
NOIUS (le cardinal Henri ), né à Vérone en 1631, d'une lamille originaire d'Irlande, montra dès son enfance beaucoup d'esprit et d'application à l'étude. Son goût pour les ouvrages de saint Augustin l'engagea à prendre l'habit des ermites qui portent le nora de ce Père de l'Eglise. Le général, instruit de son mérite, l'appela à Rome. Ses talents le firent choisir pour professer dans différentes maisons de son ordre. Jl s'en acquitta avec tant de succès, que le grand-duc de Toscane le prit pour son théologien et lui confia la chaire d'histoire ecclési istique dans l'université de Pise. Le premier ouvrage qu'il donna au public fut son Uisloire péla- <7(f>mc, imprimée à Florence en 1673, in-fol. Elle fit beaucoup de bruit. On lança une foule d'écrits contre lui ; il répondit. La querelle s'échaulla, et fut portée au tribunal de l'inquisition. Son ouvrage y fut mis au creuset, et en sortit alors sans flétrissure. Mais, longtemps après, le grand inquisiteur d'Espagne le plaça, en 174.7, dans l'uidex des livres proscrits. Benoit XIV s'en plaignit en 1748, clans une lettre à cet inquisiteur, qui n'y eut aucun égard; mais son successeur annula le décret en 1759. Clément XIII nomma Noris qualificateur du saint Office. Innocent XII le nomma bibliothécaire du Vatican, le fit consulteur di; l'inquisition, et bientôt après cardinal en 1()95.11 fut nrumné deux ans a[)rès pour travailler à la réforme du calendrier; mais il ne put pas s'occuper longtemps do ce grand ouvrage, qui n'était pas d'aiileuis dans son genre, et pour lequel il n'avait pas de talent b en prononcé. Il commençait à sentir les atteintes d'une hydropisie incurable. La mort l'enleva à la républiiiue des lettres en 1704, à 73 ans. Son esjirit était plein de vivacité, et sa mémoire heureuse. Ses ouvrages ont été recueillis de 1729 à 1732, à Vérone, en 5 vol. in-fol. Les principaux sont : HistoriœpeUujianœ librill; Disse.rtatio historica de synodo quinta œcumenica; Vindiciœ augustinianœ; Dissertai io de uno ex Trinitate in carne passa ; Apologia monachoruin Scythiœ, ab Anonymi scrupuiis vindicata; Anonymi scrupuli circa réitères semipelujianorum sectatores , cvulsi ac eradicati; rcsponsio ad Appendicem auctoris scnipulorum ; Jtesponsiones 111 ad anonymam qui Norisio janscnisinutn imputarat ; Somniu Francisci Macedo de annis Auijustini, etc. ; Epochœ Syro-Macedonum, imprimé séparément, in-fol. et in-4°. C'est avec le secours des médailles que l'auteur éclaircit les