PAI
entreprit l'examen des Annales de Baronius. Le livre de cet illustra' cardinal, quoique le plus (^'tendu qu'on eiH alors sur ccttematière, oil'rait une intinité de méjiri^es, et il l'iait dnli(;ile de les éviter dans un temps oh la saine critique était encore au berceau. Le Père Pagi les apergut, et entreprit de les réformer année par année. Il lit paraître le l*' tome de sa Ciitica liistnrico-chronolofjica in Annales ecclesiaslicas card. liaronii, à Paris, en 1639, in-fol. Lesirois autres voluinr-s n'ont Vil le jour qu'après sa moi't, à Genève, eu 1705. par les soins de son neveu François Pagi. Cet ouvrage imj)ortant a été réimprimé dans la même ville en 1727. On .y voit un î-avant profond, un critique sage, un écrivain d'un esprit net et solide- un homme doux et modéré. Cette critique est d'une utilité infinie; elle va jusqu'à l'an 1198, où finit Banmius. L'abbé de Longuerue avait beaucoup aidé l'aute ir de ce grand ouviage, « qui, « dit un bibliographe modeine, a été regardé « comme un accoiupagnement si nécessaire « pour les Annales de Baronius, que les Ita- « liens ont donné une édjfion de as Annales « où sont fondues les observations de «on « critique; ce qui n'ùte rien au mérdedece « savant cardinal, dans l'entreprise immense « duquel il n'est pas étonnant qu'il se soit « glissé bien des inexactitudes. » Le Père Pagi finit s^s jours à Nice, en 1099. Ses mœurs douces le faisaient autant aimer que son savoir (irofond le faisait estimer.
PAGI (FiiâNçois), neveu du précf''dent, et cordelier comme lui, naquit à Lambesc en 16o'i.. Il hérita du goi1t de son oncle pour l'histoire, et le soulagea dans la c'ritiquedes Annales de Baronius. Il mourut eu 1721, à 67 ans, après avoir été élevé anx charges de son ordre. On a de lui Breiiarhim historicochronologico-criticum, illuslrium pont i fie uin romanorum gesta , conciliorum generalium acta, etc., complectens, en 4 vol. in-'+°, dont le premier parut en 1717, et le dernier a été publié en 17i7, par le P. Antoine Pagi, son neveo, qui a continué cet ouvrage et donné le cinquième loin ' en 17i8, et le sixième en 1753. L'auteur est exact dans ses recherclies et assez net dans son style. On attribue encore au Père François Pagi : Continuatio historiée chronologicœ ab Alexandro XII usque ad Innucentiuin XI l, Lyon, 169i, in-12. C'est la suite de ÏHistuirc chronologique des papes, par le Père F. Cair.ère, cordelier de la ville d'Ajit eu Provence.
PA(îLI.\. Voy. Paléauius,
PAtiNlN. Voy. Sanctiss-Pagnin.
PAlGE (Jean Le), procureur génf'Tal des Prémontr s, puis curé de Nantouillet, mort vers 1650, est auteur de liibliotlieca prœmonstratensis ordinis, Paris, 1633, in-folio. Cet ouvrage, dédié au cardinal de Richelieu, et dans lequel on trouve une notice historique sur tous les abbés de Prémontré, esi le fruit estimaiile de b, aucoup de recherches, bien qu'il s'y soit glissé quelques inexactituiles.
PAIGE ( I'homas Le), religieux dominicain, né le 25 novembre 1597, en Lorraine, se fit entendre avec beaucoup de succès dans les
chaires des églises les p.us fréquentées de Paris, et dans les villes épiscopales où les évoques s'empressaient de l'appeler. I mourut le l'i mars 1658, à Ch:1teau-Villain, pendant qu'il allait h Langres pour y prêcher le carême. Le cardinal de Richelieu, qui avait plusieurs fois a-sislé à ses sermons, avait ])roinis, dit-on, de l'élever à l'épiscopal. On a de lui divers ouvrages qui ne ré|ioiideiit ])as tout h fait à la grande réputation qu'il s'était acipiise : Manuel des confrères du saint Rosaire, fi.nicy, 1625, in-12; L'homme content, œuvre pleine de graves sentences, d'iieureuses réparties et de lionnes pensées, Paiis, 1629, l" vol. in-S", et 1633 le second. Dès 103'i-, le premier volume avait eu déjà cinq éditions; Oraison funèbre de Nicolas de Verdun, premier président du parlement de Paris, Paris, 1627, in-12; — du maréchal de Vitri, Paris, 16i9, in-4°; Harangue funèbre du duc de Chaulnes, Paris, 1651, in-4".
PAINE (TnoMASj, l'un des philosophes les plus liardis de ces derniers temps, iils d'un quaker, na iuit à Thetibrd dans le comté anglais de Norfolk en Amérique, le 29 janvier 1737. Il fut d'abord, comme son pèr ', fabricant de corsets, parcourut eiisui;e les mers sur un corsaire, s'ennnya des voyages, et reprit son étal. Il l'abandonna de nouveau, fut employé dans l'accise, qu'il quitta ()uur entrer eu (Qualité de so is-maitredans les écoles des faubourgs do Londres. A[)i es 6t/e ensuite rentré momentanément dans l'accise, il paitit pour l'Amérique, et se fit d'abord connailre par quelques articles de journaux. Ce fut pour la défense de la cause de l'indépendance des colonies qu'il publia, en 1776, son pamphlet du Sens commun, traduit en français par La Baume, 1793, in-8°. Il fut récompensé de son zèle par des faveurs, obtint une place de secrétaire, en 1779, au ctmité des affaires étrangères, et fut envoyé en F'rance, en 1781, avec le colonel Lawrence, pour y négocier un emprunt. Paine retourna peu après en Amérique, et reçut du congrès pour récompense un don de tiois mille dollars et les biens conlisqués sur un royal. ste, consistant en une maison et tr ils cents aresde terres cultivées; l'état de Pensylvanie lui fii, aussi présent de cinq cents livres sterling. En 1787, Paine reparut en Europe, où bientôt, suivant ses |irincipes, il se mit en opposition avec les gouvernements établis, et lavorisa par ses libelles les révolutions dont ils étaient menacés. Il publia à Londres, eu I7vll, ses fameux Z>ro(<s de l'homme, |)rovocaiion sanglante contre tout ordre et toute soci''té. Enhardi par le succès, il en publia peu après une secon ie partie encore plus outrée, coutenant la théorie et la ])rati(|ue: il put vo'r la fermentation que ses principes cau-aient parmi ie peuple. Aussi, le gouvernement effrayé poursuivit l'auteur et le tiaduisit devant la cour du banc du roi. Paine, défendu par le célèbieErsiiine, fut condamné, et il se trouva dans l'alternative de subir la peine des séditieux ou de se bannir à jamais de ■ l'Angleterre. Il ne balança pas, et bientôt la France lui ouvrit son sein. Là l'elfervesconce
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