‹ Dictionnaire de biographie chrétienneChapitre 68 sur 341 · PAI · texte numérisé non relu

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des esprits, de jour en jour plus exaltée, préparait un triomphe à l'auteur exiJé îles Droits il'' l'Iiommi'. Un peu|)le égaré le tiHa avec cnthousiasuic. Tlionias Paine espérait jouer un grand rôle; cependant il n'osa pas se déclarer ouvertement, et, sous le nom d'Achille du (]li;Uclel, il |)ul)lia d'abord une af/iche (|ui contenait divei'ses ojiinions relatives au (lépait du roi, et tendait à persuader qu'il fallait abolir une monarchie qui lomlxiil aans ravilissement. 11 fut naturalisé citoyen V français par un d^'cret du 26 août 1792, et Iquelîpies jours après nommé dé;;uté par le j département du Pas-de-Calais h la Convenjtion nationale.il y parut, et quoiqu'il enteii- , dît h |ieine la langue française, quoiqu'il ' n'eût jamais vécu sous Louis XVF, il ne refusa pas d'être son juge : il vota pour le bannissement et la détention jusqu'à la paix, et motiva ensuite son opinion en faveur du sursis. Cette espèce de modération irrita RoIjcspierre, qui le tit exclure de la Convent on comme éiranger, et l'envoya, en 1794, comme suspect, grossir le nombre des détenus du LuxemiiQurg. Ce fut dans ce lieu dhorreur, au milieu de tant d'innocentes victimes, qu il avait contribué par ses doctrines à précipiter dans cet abÎLue, qu'il mit la deinière main à son trop fameux Ubelle, l'Age de la Rnison: pamphlet dégoûtant d'impiété, où, dans un langage gross er, l'auteur rep' oduit les obji'ctions des déistes, attaque l'Ecriture sainte avec toute la violence d'un cœur corrompu et nie toute révélation, hors celle qui se lit dans le livre de la nature. La première ])artie de cet écrit, trad lite en français, .ivail paru en 1793; la seconde fut publiée en 1795, peu de temps après qu'il eut été mis en liberté, sur la réclamation du ministre américain à Paris. Fn sortant des prisons du Luxembourg, Paille reprit sa place à la Convention, ■ le 8 décembre 179'».; mais il ne s'y tit plus remarquer. Une vie crapuleuse et des systèmes bizarres lui firent perdre le peu de crédit dont il jouissait encore ; et blessé dans laiiaitie la plus sensible de son être, dans' sou orgueil, n'ayant |)lus à recueillir que le mé|iri-, il se détermina à passer de nouveau en Amérique, où il avait été rappelé par le président Jell'ersou. Heiiré dans sa maison de cam:'agne de Ncw-Koclielle (état de New- York), il y est mort le 8 juin 1809. Sa lin a été racontée de dilférontes manières. Suivant les uns, sou irrélgion se serait un peu dé- ' menlie dans ses ilerniers momeuls. Les autres au contraire prétendent que deux ecclésiastiques s'étant présentés chez lui dans sa dernière maladie, il 1rs renvoya et refusa leur ministère. Quoi (ju'il en soii de ces deux assertions ((ue nous ne prêterions pas éclaircir, nous ciierons eu faveur de la première un témoignage qui n'est pas dénué d'autorité. Sou médecni, le docteur Maiiley, assure que dans s;i deinière maladie l'aine s'écriait, au niili''U (le ses douleurs: Mon JJicu, secourez-moi: Seifjni'nr, as.sistcz-moi ; J(fsus-Ciirist, iecourez-moi: et ({u'il aimait à entendre la lecture d'un livre de iiiété. .l'en conclus, dit le médecin, qu'il avait renoncé h ses an-

ciennes opinions : je le pressai donc un jour de s'exp'iquer sur ce point, et je lui dis: Croyez-vous, ou désirez-vous croire que Jésus- Christ est Fils de Dieu ? Après quelques minutes do pause il répondit : « Je n'ai point « de désir de croire sur ce sujet; » et depuis, ayanteiicore vécu deux jours, j'ignore, ajoutet-il, s'il s'expliqua sur cette matière. On sait qu'après sa mort les quakers refusèrent de recevoir son corps, qui fut, conformément au désir du défunt, enseveli dans sa ferme de Ncw-RochcUe. La Vie de Paine a été écrite par le libraire Carlile, qui n'a donné qu'un ]3anégyrique. Celle que Cheetham a publiée aux Etals-Unis, 1818, in-8°, et qui a été réimprimée il Londres, est plus exacte. Carlile a publié les OEuvres de Paine. Une traduction allemande des princ paux écrits de Paine, att. ibuée k C.-F. Cramer, a été publiée à Copenhague, 1793-179'^, 6 vol. iii-8°. « Paine « était connu, dit madame lïoland, par di>s « écrits qui avaient été utiles à la liberté « américaine, e' qui auraient pu^conc u ir à « faire aussi une révolution en Angleterre, « si la hardiesse de ses oiiinions et l'au lace « avi'C laquelle il les proclamait n'avaient « etfarouché les esprits et elfrayé le gouver- « nement. Cependant, ajoule-t-elle , je le « crois [ilus jiropie à semer des étincelles « u'embrasemeni qu'à discuter les bases ou « à [)réparer laf irmatio i d'un gouvernim]ent. « Il saisit, à la véiité, et établit même ses « principes d'une manière qui fiappe les « yeux, ravit un club, enthousiasme une taie veine; mais pour la discussiou ou le traie vail du législateur, il est à peu près nui « et .'•ans talent. » Nous citerons encori^ ce que Vi\viiew.r des Mémoires pour servir à lliistoire ecclésiastique pendant le xvin' siècle, dit de Paine et de ses ouvrages : « Hume « et Gibbon avaient perverti l'histoire, c'est- « à-dire le genre d'ouvrages qui est à la « portée du plus grand nombre delecteurs...; « le docteur Toulmin avait )ireché l'a- « théisme avec toute sa grossièreté dans « le livre de l'Antiquité du monde, ouvrage « plein d'arrogince et digue de mépris. Uol- « lis avait essayé de donner quelque couleur « favorable au scefiticisme... : les Lettres du « comte de Chesterfield, publiées, en i79i, « contre l'iiitention de l'auteur, avaient fait « une impression lâcheuse en apprenant à « substituer les grdces aux vertus, les con- « venances à la morale, la politesse à l'arai- '( tié, une biiuiveillanre de parade à la vraie '( religion... Il no restait plus qu'à faire par- « venir l'irréligon jusque dans les dernières « classes; et c'e>t de cette t-lche que se char- « gea Thomas Paine, républicain, ou i)lutôt « uéiuagogue ardent, ijui mérda de siéger « daiiS la Coiiven ion nationale de France, « et qui n'avait pas en religion des idées « plus saines qu'en (lolitique. M s'était fait « connaître d'aboril par ses l^roi/sde l'homme, « qui semblaient une [iiovocatiou contre « tontes les sociétés, et qui avaient en elfet u excité en Angleterre, |iarinile peuple, une « dangereuse lerinentationque le gouverne- « ment jirit soin de conipriraer. Ce ne fut

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« point assez pour lui d'être rajjôtre de l'in- « surrertinii, il voulut l'être di^ l'impitHé; et, « en 1793, il publia en France, où il étaitalors, « la première partie de VAgc de raison, pani- « phlet qui retraçait dans un langage gros- !( sier les objertions si souvent rebattues « des anciens déistes anglais. L'objet de ce « livre était la p opagation du déisme, et le « pr;nci|)e fon lamen'al de l'auteur était que « le livre visible de la nature est la seule ré- « vélation. 11 lit paraître, en 1795, la deuxiè- « me pai'tie de son Ai/e de raison, où il atla- « qua récriture sainte avec un redoub'ement « fie violence, rpioiquc ses amies fussent de « la trempe la plus iaible. Cependant comme « le ton de l'écrivai;! était propre à faire il- « lusion à des lioraines simples, jilusifurs « anglicans se mirent en devoir de châtier « cet ignoianl et absurde ennemi du chris- « tianisme. NVaston, évèque de Landatf, se « signala par une apologie de la Bible, clans « une série de lettres adressées à Thomas « Paine; ouvrage, dit un critique, où brillent « le talent, les comiaissances, l'exactitude et « l'impartialité. L'évèque ne crut njôme pas « avoir assez fait |iar là. Pensant que l'inté- « rèt de la société demandait qu'on répri- « m"t des libr>lles contraires au bon ordre, « il dénonça les deux parties deVAge de rai- •■'■ son devant le ministère public. L'auteur « absei.t ne put être mis en cause. L'impri- « ineur Williams fut traduit devant la cour « dit banc du roi. Le c libre Erskine pro- « iionça dans cette affaire un discours qui «fait encoi'c [)lus d'honneur h ses senti- « nienls qu'à son éloquence. Il rendit un « éclatant hommage au christianisme ; il « montra la t ndanc^ pernicieuse di's prin- 0 cij)es soutenus par Paine. Sur son discours « et celui tle lord Kenyon, président de la « cour, qui |)arla dans le môme sens, le jury « déclara Williams coupable. On crut d'au- « tant plu-^ nécessa'rcd'imprimer une tlétris- « sure puljlique à VAç/e de raison, que cet « ouvrage, (pielque nn'sérable q l'il b'it, se « ratlacliail à un plan formé pour lu subver- « siun du gouvernement comme pour celle « de la religion. »

PAIS, jésuite et missionnaire en Ethio|iio, à qui Feller donne le |)rénom de Pierre, sans liroduiie d'aidem-s sur lui aucun renseignement biographique, nous parait être !e même que le P. François Paez. Voy. ce nom et Lobo (Jérôme.)

PAJON (Glaudk), célèbre ministre de la religion |irélendue réformée, et l'une des meilleures plumes que les protestants aient eues, naiiuit à Komorantin en 16^6. Il se dislingua tellement par son esprit et ses talents, qu'd devint ministre à 2i ans, et quelques années après professeur de théologie à Sauiuur. .\ jjeine avait-il commencé ses leçons, que les caivinistes d'Orléans le choisirent pour leur minisire. Il eut de grands démêlés avec Jurieu, sur l'ellicncilé de la grâce, et sur la manière dont s'opère la conversion du pécheur. Jurieu lit condamner ses opinions dans quelques synodes, comme si les assemblées calvinienues avaient plus

d'infaillibilité que celles de l'Eglise catho-que. Cette condamnation n'empêcha pas son système do prendre faveur, et ses disciples, qui étaient en grand nombre, furent nommés pnjonites. Il mourut à Carré, près d'Orléans, en 1683, immédiatement avant la révocation de l'édit de Nantes. Ses ouvrages sont : Examen des Préjugés légitimes contre les calvinistes, 2 vol. in-12; Rmiarqurs sur l'Avertissement pastoral, etc. Ces (:enx ouvrages passent chez les calvinistes jiour des chefs-d'œuvre, et chez les autres pour des fruiis de l'esprit de |)arti.

PA [.A FOX. (Jean de), évoque es'iagno', fils naturel d'un Espagnol noble, naquit en 1600, dans le royaume d'Ara^nu. Après avoir é'ndié avec sucnès dans l'université de Salaiiianque, il fut choisi par Philipiie IV j/our être du conseil de guerre, puis de celui des Indes; mais il ne lar la pas à se débouter du monde et embrassa l'état ecclésiastique. Le monarque espagnol, auquel son mérite était connu, le nomma, l'an 1039, à l'évêché de Pucbla de los An,Aelos ou d'Angélopolis en Amérique, avec le titre de juge de l'administration des trois vice-rois dés Indes. Il eut nn démêlé fort vif avec les jésuites de son diocèse, prétendant que sa juridiction était l'ésée par l'usage que les missionnaires faisaient de certains privilèges. Cette contestalion fut portée an pape Innocent X, qui la termina par un bref du ik ma s 16!i8. Le prélat avait écrit une lettre au pape le 25 mai 16i7. où il détaillait ses plaintes. On dit qu'd en écrivit une seconde le 8 janvier 10V9. dans la ,uelli' il n'y a point d'horreurs que l'auteur ne dise contre les jésuites du Mexique. Plusieurs critiques croient que cette lettre a été fabriqui-e par d'autres mains, parce qu'elle cmitient des faussetés évidentes, des calomnies atroces et lidicules, les contradictions les plus palpables, et que ce langage ne peut être celui d'un personnage tel qu'on nous repré>ente Palafox. Les jésuites du Mexique présenièrent un Mémorial à Philippe IV, pour se plaindre des calomnies de cette lettre, qui circulait partout sous le uom de l'évoque d'Angôlopolis; maio ce prélat, dans sa Défense canonique, qu'il présenta au même monaniue en 1632, la désavoua. « Quand est-ce, dit-il, « que j'ai parlé sur ce ton? Où est cotte (( préiendue lettre qu'ils citent? Le souverain « pontife la leur a-t il communiquée ? qu'ils « ])roduisent ma signature. » {Voy. le Bullaire, tom. IV, édition de Lyon de 1653.] Ces critiques ajoutent qu'il n'est nullement vraisemblable que Palafox ait d't tant d'horreurs contre ces Pères en 16'i.9, et fait un si bel éloge de ces mêmes religieux en 1652, dans sa Défense canonique. Voici comme il s'y exprime : « La compagnie du saint nom de « Jésus est un institut admirable, savant, « utile, saint, digne de toute la protection, « non-seulement de Votre Majesté, mais des « prélats de l'Eglise. Il y a plus de cent ans « que les jésuites sont les coopérateurs utiles « des évèijues et du clergé; ils ont rendu les « services les plus signalés, etc. » Entin ce

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qui achève de persuauer que cette lettre est supposée, ce sont les éloges les jilus flatteurs que ce prc'lat, fransfi'ré sur le sii'-ge d (Isnia en 1053, (il de ces religieux dans des Noies sur les Lettres de sainte Tln'rf'se. Il les adressa en manuscrit au P. F a-Diégo, de la Prôseiilalion gém'Tali' des carmns dôc'iaux. Sa letlri! f>t datée du 15f.-vrier 1630. On le voit dans l'édition de Venise, 1690, in-i". L'on doii convenir m'anmoins, puisqu'il e- convient lui-niémc, qu'il a niisquel- [uefois trop de rliaieur et dj vrhénu'noe „;uis ses dénrirclies. « Sou ent » (dit-il dans S' s Observations sur la soixanle-iiuinzième lettre de sa nie Th 'rèse) « nous trouvoi s « mille raisons qui oi't une apjiarencc de « piét'' pour justilier notre conduite, et les- « quelles dans le fond nous viennent de « l'o.gieil ; et c'C't ce qui m'est arrivé dans B une occasion.» Devenu évèque d'Osma, il fit é. later s;i charilé et son ;èle si'r ce nouvenu siège. Ses ouailles furent sa famille, et il fut pour elles le pèie le plus tendre et le plus coin/atis^ant. Il mourut le 30 septembre 1G50, à 59 ans, après s'êlre dressé luimême cette é]iitaphe, mon.uuent de sou humilité : IJlc jacet pulvis et cinis, Joannrs Oxoniensis. On a de ce prélat, ouire les ouvrages dont nous avons fait mention : Le Pasteur (te la nuit de Noël, Léon, ICtJO, en espagnol; et Paris. 1G7... en français; plusieurs Traités mystiques, dont quelquesuns ont été traduits en français par l'abljé Le lloy; des Homélies sur la passion de Notre-Sei:.;neiir Jésus-Christ, traduites par Amelot de la Houssaye, in-lG; l'Histoire de la romiue'te de la Chine par les Tartiires, publiée en franc lis h Paris e;i 1670, in-8°, par Collé; l'Histoire du siéqe de Fontarabie, en 1638, im[)rimée à Madrid l'année d'après, in-i°. Ses OEuvres ont été réuni s et publiées à MadritI, 1762, 13 vol. in-fol., qui se relient en 15. Le roi d'Espagne, Charles lil, demanda h Clément XIII la cai.onisalion de Paaliix; celte demande t'ul plus vive emore sous Clément XIV, et on peut dire que tous les moyens humains furent épuisés pour en assurer le succès. Cependant l'ada re, de nouveau examinée sous Pie VI, est loud^ée dans l'oubli, quoiijue la cour d'Espagne ait encore reconnnencé de nouvelles démarches. Il peut se faire (pie la nou elle Histoire de ce pr.'dal, pubi ée en 17117 i ar l'abbé Dinouart, ait fait lort à sa mémoire; cet abbé persistant à lui allribuer la lettre absiude dont nous avons parlé, et d'autres déiitarclies |ieu assorties à l'idée d'un saint ; ce qui a fait (lire à nu habile criticjue i\ \\ n'a jamais élé ji'siiile : Niliil ad ranonisulionrin confcrt tiicndu.r luiJHs e/iisropi vila, naper in jrsuitariiin iidiani ub Jusep/io Dinnuarl, nnnint suuin rrliccnte, tjallire vi(l(/at(i. Voij. le Sotiutcmp. de Uauôs, conliuir' par M. l'a(iuot, Louvain, 177.'J, page 5i5. Dé|a, avant ceite épo jue, les jansénistes l'avaient réc'amé comme un de li^iirs |iartisans, et l'ont fait depuis d'une Duanière pbn vive. L'aulcur de la Gazelle de Florime, une des IrumMelti.'S du p.uli, n" 1, 1789, le nomme reconviliateur de la pieuse

Eç/lise hollandaise, indignement traitée par celle de Rome. On prétend qu'effectivement on a trouvé entre ses papii rs des preuves incontestables de sou attachement à cette secte funeste, qui ébranla l'Eglise jusque dans ses fondements, et que c'est depuis cette découverte que Rome ne veut [dus entendre pai'Ier de .-a canonisation, l! y a plusieurs Vies di! ce prélat en espagnol, en italien et en fiançais, par un jésuite, qu'on dit ôlie le P. Cliam ion, Paiis, 16S8. C'est celle dont nous avons parlé plus haut, et dont l'abbé Dinouart a donné une éd:tion. Quelques-ui s des oivrages de Palafox ont été tiadidtsen français.

PALAZZOou PALACIO (Paul nF.\ théologien, né à Gienade, fut (trofesseur r;es saintes 'eltres à C(iïmbre, et mouiut en 1382. On a de lai un Commentaire sur l'Ecclésiastique et des Enarrations sur samt Malttiieu, en 2 viil. in-fol.

PALÉAHIUS ou délia PACLIA (Aomls), né au xvi" siècle, à Véioli, dans la campagne de Rome, changea son p.rénom ù'Antonius en celui d'Aonius, par goiit p^.ur l'antiquité ; il se laissa de bonne heure sédidre par les erreurs de Luther. Après avoir )iassé plusieurs années à Rome, d'oili il s'enfuit ajirès le sac de ctte ville i)ar les Espagnols, il se flxa à SiiMine, et y professa le grec . t le latin avec réputation ; mais n'ayant pas assez caché son apostasie, il fut obligé de fuir, et se r( t:ra à Lucqu'S, où les magistrats lui accordèrent luie chaire. De Lucques il passa à Milrtii, où il fut arrêté pai- ordre du pape Pie V, et couiiuit h Rome. Convaincu d'avoir dogmatisé contre la religion de ses i ères, de ré. andi e l'erreur ei ie trouble partout où il, enseigiirtit, il fut condamné à mort, et subit cei anèl le 3 juillet 1.370. Ou a de Pal arius : Epistolarum libri IV; -Orationes; Actio in pontifices romanes et eorum asseclas; ouvrage fanatique qu'il adressa à l'em.iereur, aux princes de l'Europe, à Luther et à Calvin, lorsqu'il s'agit du cimvoquer le concile de Trente ; Poème sur l'immortalité de l'âme, et divers ouv âges en vers e' en prose, la plupart bien écrits en latin. On en a réuni quelques-uns à Amsterdam, en 1009, in-8% et à léna, en 1728, iii-8".

PALÉOLOCUE (JàCQUEs) , hérésiarque , issu des Piiléologiies qui ont régné à Constanlinople, naquit dans l'île de Scio vers 1520, et fui envoyé en Italie pour y faire ses études. Séduit par les nouvelles" opinions qui circulaient alors, il se réfugia en Allem.igne, puis il se tixa dans la '1 ians.>lv,inie, et, eu 1569, il obtint la iilace de recteur du gymnase de Clausenbourg. Comme il s'(dl'orçail de [irojiager les principes des Rudnisles, dont les conséquences étaient si danger uses pour la tranquillité publique que F..uste S cin lui-mt^me crut devoir les réfuter, Paléologue lut livré à l'inquisiiion et condamné au sujipy.ro du feu. La sentence fui exécutée le 22 mars 15.S5. Ou ne conna.t de lui que queli|iies opusciles dont le plus important est intitulé : De magistralu politico, iiiipiiuié par les soins de Simon Budnée, à LOiC

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en Lithuanie, 1573, in-8°, qui fut suivi d'une

Defensio verœ sententiœ de Magistratu politico, Lnsc, 1580, in-8°. L'.iuleur y soutient, contre l'opinion des unitaires, (|ue Jésus- Christ n'a point abrogiHa magistrature civile, et (7ue les fonctions [uibliques ne sont point inlerJites aux chrétiens. On trouve la liste de ses aulres écrits dans la /iihlioth. anlitrinitariorum, deSandius, images 58-59.

PALÏ:M0N. Voy. P.4C0ME.

PALÉOTTI(r,ABRiEL), cardinal, nél'an 15-22 à Bolo^^çiie, fut lié d'un ■ étroite amitié avec saint Charles Borromée. Il parut avec avantage au concile de Trente, reçut le chapeau de cardinal de Pie IV, et mourut à Uome en 1597. à 75 ans. On a de lui divers ouvrages qui font honneur à son savoir. Les plus connus sont : Dr hono sevectuth , Anvers, 1598, in-8°, plein d'excel'entes réllexions inorales et chrétiennes ; Archiépiscopale bononiense, Rome, loOi, in-folio; De nothis, spuriisque filiis, in-8'; De consistorialibus consallationibus, ' stimé; Aeta concilii tridrntini : c'est une rekition exacte de tout ce qui s"e-t passé durant ! s s 'ssioiis auxquelles il assista. Ses héiiiiers la présentèrent à Urbain VIII. Elle n'a i^as encore éli^ publiée en entier; mais Pallavicln, dans son Histoire du concile de Trente, et Odé icus Rainaldus, dans ses Annales ecclésiasti<iucs, en ont fait un bon usage. La vif de ce pieux et savant cardinal, écrite par Augustin Bruno, se trouve au t'irae Vide Y Amplissima collictio, col. 139i, n° 10. On a aussi : De vita et rébus gestis Gab. Paleolli, par Alexis Ledesma, clerc régidier de saint Paid, Bologne, 16'i-7, in-i".

PALEY (Cuillaume), i é^èbre théologien anglais, né l'an 17'».3, à P.'terboroug'i, dans le comté de Northampton, était his d'un maître d'école. Il lit ses études au col'ége de Chri>t è Cambridge, et, après avoir pris les ordres «a rés, obtint une chaire d'Écriture sainte. 11 devint ensuite archidiacre de Carlisle, et mourut à Sunderlandle 25 mai 1805, âgé de 62 ans. I! avait publié pour la défense d I christianisme des ouvrages qui se ioiit remarquer par une grande vigueur de dialectique et l'éclat du stile. Ou cite do Guill. Paley : Eléments of moral and polilical philosoplnj, Londres, 1785, 1 vol. in-V° : trarl. en français, par J. L. S. Vincent, 1817, 2 vol. iii-8". Le manuscrit de cet o.ivrage fut payé deux lûille livres sterling à l'auteur par un libraire de Lnndres; Horœ paulinœ ; or, the truthof tlie scripture liistory vfS. Paid evinced, btj a comparaison of the epistles ivich bear his name wilh Ihe acts of the apostles, and with oneanothcr, Londres, 1787, in-S" ; trad. en français [lar M. Levade, pasteur, Nîmes, 1809 ; The young Christian instructed in reading, and Ihe jjrinciples of religion, 1788, uiile surtout poir pi-émunir la jeunesse contre les s(j|iliisme . de 1 incrédulité ; Reasons for conteiitment, addressed to the labouring Classes, 1792: Paley composa cette espèce d'ad .esse pendant les orages de la révolution iV iUça se qui menaçaient tous les Etats lie l'Euro, le, afin de calmer l'elfervescenee des laboureurs anglais ; A'Vicw ofthe éviden-

ces of christianity, etc., Londres, 3 vol. in- 12, puis ia-8° ; trad. en français par M. Levade, sous le litre de Tableau des preuves évidentes du christianisme, en trois parties: partie I" , De l'évidence historique et directe du christianisme , distinguée de celle qu'on allèque en faveur d'autres miracles. Partie II', Des preuves auxiliaires en faveur du christianisme. Partie IIP, Examen abrégé de quelques objections rebattues, Paris, 1808, 2 vol. in-8°. M. Migne a fait entrer cet ouvrage dans sa grande collection en 18 vol. in-i° di'S Démonstrations évangéliques, où il fait partie du tome XIV ; Théologie naturelle, ou Preuves de l'existence et des attributs de la Divinité, tirées des apparences de la nature, Londres'(£n anglais), 1802, in-8° : tr iduit librement par Charles Pictet, Genève, 1815 et 1818, in-8°. Tous ces ouvrages ont été diverses fois réimprimés; ses Sennons, publiés par sa veuve, n'ont pas obtenu moins de succès en Angleterre. On a des Mémoires de Paley, publiés par George Wilson Meadiey, et sa Vie a paru dans les vol. 57, 53, 62, 75 et 76 du Geiitleman's Magazine.

PAI.INGÈNE ou PALINGENIO (Marcel), Palengenius, poêle du x\i' siècle, dont le vrai nom était Pierre-Ange Manzou, né à Stellada dans le Ferrarais, est connu par son poëme en 12 livres, intitulé Zodiacus vitœ, Iloterdam, 1722, in-8". Il le dédia à Hercule II d'E>t, duc de Ferrare, dnnt, selon quelques-uns, il était mélecin; mais d'autres disent qu'il était un de ces luthériens que la duchesse de Ferrare reçut à sa cour, et auxquels elle donna sa protection. Ce poëme, do 't le fond des choses ne se rapporte pas toujours au titre, renferme quelques maximes judicieuses, mais bien plus de vains arguments contre la religion. Ce défaut, joint aux traits satiriques qu'il lance contre le clergé, l'Eglise catholique, le pape et les cardinaux, ind gna les gens de bien. Son cadavre fut exhumé et brûlé. La congrégation de l'index mit son ouvrage au nombre des livres hérétiques delà première classe. Comme les philosophes français, observe Feller, ne manquent jamais d'accuedlir les impiétés étrangères pour renforcer les leurs, nous en avons une tra. ludion en prose publiée en 1731 par La Monnerie.

PALLADE, Palladius,né l'an 368, en Galatie, se lit solitaire de N;trie en 388, et devint, en 401, évêque d'Hélénopolis en Bithynie, puis ii'Aspone. Il était lié d'une étroite amitié avec saint Jean Chrysostome, pour lequel il essuya de cruelles persécutions. Chassé de son église, il parcourut les ditférentes provinces, recueillant avec soin les actions éditianies qu'il voyait. C'est d'après ces mémoires qulil forma son Histoire dos solitaires, appelé>i Histoire Lausiaque, parce qu'il la composa à la prière de Lausus, gouverneur de Ca, ipadoce, auquel il la dédia en V20. Hervet l'a fa.t imprimer en latin. P.. ris, 1555, iii-4-°. On lui attribue encore un Dialogue contenant ki vie de sa^nt Jean Chrysostome grec et latin, dans la' Bibliothèque des Pères, Paris, 1680, in-i°. Mais ce dernier ouvrage

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esl vraisoiiiblableuioiit d'un autre Pallade, qui était aussi ami de saint Jean Cbrysos- Uiiuc, et évôiiue en Orient au commencement du V siècle.

PALLADINO (Jacques), auteur ecrlésiasti(|ue du XIV' siècle, connu sous le nom de Jacques de Teramo ou de Giacomo d'Ancarafio, naquit dans cette ville en I3W, et devint successivement évèque de Monopoli, de Tarcnte, de Florence, ue Spolette, légat en Pologne. ()n a de lui, ertre autres ouvra;^es, un roman de piété, plusieurs fois imprimé et traduit dans [le que t mtes leslangues. 11 esl intitulé : Jaeobide-Tennnocompcndiui» perbreve, Cunsolatio pecca'orum mmcupatum, et apud vonnullos Belial vocitulum, id est. Processus Luciferi contra Jesi/;/!, Augslsourj;, 1472, in- . folio, et I lusienrsa très fois dans le \^' et le XVI" siècle. On le tnaive ausûi dans un recued intitulé : Processus juris jotoso-serius, Hanau, Itill, in-S", qui conlient encore le Procès de Satan contre la Vierge, par Barliole, et les Arrêts d'amour. Pierre Farget, Augustin, a traduit en Irançais le Procès de Belial, Lyon, liSi, in-i°, et plusieurs autres fois du mOiiie format. Il a été aussi iuiMrimé sous le nom de Jacques d' Ancarano . L'auteur mourut en Pologne en l'tl7.

PALLAVICINI (Antoine), cardinal, évèque de Vinimille et de Pampelune, naquit à Gènes l'uti liil, d'une maison noble et ancienne en Italie, et dont les diverses biancbes établies à Rome,k Gênes et en Lombardie, ont été fécondes en grands hommes. Ce car<linal eu! la coniiame û>s papes Innocent VlII, Alexandre VI et Jules II. 11 rendit de grands servires au sainl-sié^e dans les négociations d-mt il fut chargé, et mourut à Homo en 1507, à 66 ans.

PALLAVICINO (Nicol\s-.\Iarie), jésuite génois du xvir siècle, lut le théologien et le ran-gynste de la reine Christine de Suède, et lit paraître, à Rome, une Défense de l'Eglise catholique ou du saint pontificat, 1686, 3 vol. in-folio, pleine de force et d'érudition.

PALL.V\IC1N0(Feruante), chanoine régulier de Saint-.Vugustin, de la congrégation de Latran, né vers 1618, à Plaisance, reçut de la nature beaucoup d'esprit et d'imagination. Ce présent lui fut très-t'uneste ; il com- Eosa des satires ^anglantes conire le pape ibain VUI, de la maison des Barbeiins, penilaiit la guerre de ce pontife contre Oddard F.irnèse, duc de Parme et de Plaisance. Pallavicino s'attira l'indignation de la cour de Home et fut obligé de Sv^ retirer à Venise. Il y vivait lianquillement lors(]u'un émissaire de Baiberins, ijyant gagné sa loiitiance, lui ])ersuada de passer en France où il lui promettait la protection du cardinal de Richelieu. Ulul arrêté sur le pont de Sorgues, dans .ecomlat \'ciiaissin, pai'des gens ajiostés pour le sais.r ii son |)assage. Il eut la tète tranchée à Avignon, le 5 mars 16W, à l'Age de 20 ans. L'auteur de ce guel-apens fut tué peu de leuips après, dans Paris, ])ar un Italien à ([ui .Mazarin lit accoixk-r sa gic\ce. On trouve un abrégé de li Vie de Feirante Pallavicino ii la tète de la traduction du Di~

rorcc céleste, satire contre les abus de la cour de Rome, Amsterdam, 1690, in-12. Celte traduction est de Brodeau d'Oiseville, et Ja Vie est un abrégé de celle que Brusoni avait publiée en italien. La Monnoye soutient que ceite satire n'est pas de Pallavicino, bien que Prosper Marchand et la plupart des autres bibliographes la lui attribuent. On a imprimé ses Opère scelle, Vdie ranche ^Gienève), 1060, 2 parties in-12. Ses OEuvres permises (Opère perinesse) ont été publiées à Venise, 1655, 4 vol. in-12. avec sa Vie, par Brusoni. PALLAVICINO (le cardmal Sfokza), célèbre historien du concile de Trente, naquit à Rome en 1607. Il était l'ainéde si maison; son goût pour la piété le lit renoncer aux espérances du siècle pour embrasser l'état ecclés astique. Il devint, par son mérite, l'un des membres des congrégations romaines, puis de l'académie des IJmorisli , et ensuite gouverneur de Jesi, d'Orvieite et de Camerino. Pallavacino, peu sensible à tous ces avantages, se fit jésuite en 1637. Après son noviciat, il enseigna la philosojthre et la théologie dans la Société. Le pape Innocent X le chargea de diverses affaires importantes; et Alexandre Vil, son ancien ami, qui lui devait en partie sa fortune, riionoia de la pourpre en 1057. Pallaviciro fut en grand crédit auprès de ce pape, et mourut le 5juin 1607. Son principal ouvrage esl l'Histoire du concile de Trente, en italien, qu'il ojiposa à celle do Fra-Paolo. Les faits sont à peu près les mêmes; mais les circonstances et les conséquences que lesdeus. histttriens veulent en tirer sont différentes, et elles devaient l'être : l'un avait, comme l'on sait, les vues d'un sectaiie caché sous le froc d'un moine apostat, occupé à introduire le calvinisme à Denise {voy- Sarpi); l'autre, constamment altaclié à la foi catholique , n'a eu aucun intérêt à diriger les faits vers quelque but particulier. Par là il est propre à mettre le lecteur impartial en état d'apprécier les divers ouvrages qui ont paru sur ce saint concile, entre antres celui d'un écrivain flamand, nommé Le Plat, qui a donné Monumentorum ad Ilistoriam concilii tridentini potissimum illustrandam amplissima collectio : pauvre rapsoilie, fruit de recherches inutiles , dirigées jiar un choix qui fait entrevoir tantôt une dis.osifion d'esprit peu catholique, tantôt le dessein mal déguisé d'atl'aiblir par de mesquins détails le respect dû à cette grande assemblée. Le style de Pallavicino est noble et soutenu. L'auteur avait puisé ses matériaux dans les archives du château Saint-.\nge, où sont toutes les négociât ons du conçue. L'édition la plus reclierchée de cet ouvrage intéressant est celle de Rome, 1656 et 1657, en 2 vol. in-fol. , qui est la première. Il fut réimprimé dans la mê ..e ville, 1664, 3 vol. in-4% et traduit en latin, lOffO, 3 vol. in-4°. Vog. GiATTixi. Le P. Puccinelli en a donné un assez bon abrégé, dépouillé de toutes les discussions théulo.^i ;ues. .M. Migne a publié dans ces derniers temps : Histoire du concile de Trente, par le cardinal Pallcvicini, annotée et traduite en français sur la dernière

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édition italienne que vient de faire la Propagande, et précédée ou suivie du Catéchisme et du texte du même concile, ainsi que de diverses dissertations sur son autorité dans le monde catholique, sur sa réception en France, et sur toutes les objections protestantes, jansénistes , parlementaires et philosophiques, auxquelles il a été en butte, Moiitrougi\ 18't'i- 45, 3 vol. in-'i-°. On a encore du cardinal Pallavicino un Traité du style et du dialogue, aussi en italien, Rome, 161)2, in-16, ouvray;e estimé; et des Lettres, 16G9, in-12, aussi en italien; un Cours entier de Théologie, un Commentaire sur la Somme de saint Thomas ; L'art de la perfection chrétienne; Gli fasti sacri, fioëme en octaves; Ermenegilde , tragédie , Rome , 16i4 , in-8"; 2' édition, 1633, in-8'; représentée par les élèves du collège romain, dont il était alors j réfet.

PALLU (.Martin), né en 1661, entra dans la comnagnie de Jésus, et exerça le ministère de la chaire avec beaucoup de succès. 11 prêcha l'A vent en 1706 devant Louis XIV, et ce prince le nomma pour un carême; mais ses infirmités robligèrent de renoncer à la chaire. 11 s'attacha dans la suite à composer plusieurs ouvrages de piété, qui eurent du succès. Nous avons de lui : lui Traité du saint et fréquent usage des sacrements de pénitence et d'eucharistie, Paris, 17.39, vol. in-12; des Sermons publiés en 6 vol. in-12, par le P. Ségaud, en 174i. Us sont remplis d'onction et enrichis de l'app'icationde l'Ecriture et des pensées des Pères. Le style est d'une simplicité noble. Le P. Pallu mourut à Paris en 1742.

PALMIER! (Matthieu), parut avec éclat au c mcile de Florence sa patrie, et mourut en 1475, à 70 ans. On a de lui une continuation de la Chronique de Prosper, jusqu'en 1449. — Matliias Palmieri de Pise, qui vivai. à peu près dans le même ti mps, poussa cet ouvrage jusqu'en 1481 , in-4", 1483. On le trouve daiis la Collection de l'Histoire des écrivains d'Italie; un traite Dclla rita civile, Flor.nce, 1529, in-S"; un poëmo intitulé : Citla divina, eii 3 livres, ijui n'a point été imprimé. Cet ouvrage lui attira des désagréments, il y enseignait que nos âmes sont les anges qui, dans la révolte de Lucifer, ne voulurent s'attacher ni à Dieu ni à ce rebelle; et que Dieu, pour les punir, les relégua dans des cor[)S, afin qu'ils pussent être sauvés ou condamnés, suivant la conduite bonne ou mauvaise qu'ils mèneraient dans ce moido. Ce poëmo l'ut condamné au feu; mais il n'est pas vrai que l'auteur ait essuyé le môme sort. Matliias Palmieri, dont nous avons parlé ilans cet article, mourut le 19 septembre 1483, âgé de 60 ans, après avoir traduit en latin ['Histoire fabuleuse des soixante-dix interprètes, cfui porte le nom d'Aristée. [Voyez ce nom.) Cette version piarut pour la première fois à la tète de la Bible, qu'il fit imprimer à Rome en 1471, 2 vol. in- Ibl. C'est la première publiée dans celte ville. PALMIERI (Vincent), théologien, né à Gènes en 1733, entra dans la congrégation des oratoriens de Saint-Philippe de Néri , où il

puisa les principes professés par l'école des thomistes, touchant les points les plus importants de la discipline ecclésiastique. En 1786, il fut un des théologiens du svnode de Pisto'e, où il contribua au triomphe de ces principes. Il sort t bientôt après de l'Oratoire, et devint successivement professeur do théologie à Pise et àPavie. Dans l'université de Pavie il se trouva réuni avec Tamburini, Zola et autres professeurs choisis par Joseph II, pour opérer dans renseij;nement do la discipline ecclésiastique des réformes qui |)arais>.aient dé.sirables. Les événeuients politiques déterminèrent Palmieri, en 1797, à quitter la carrière de l'enseignement pour retourner dans sa patrie. Plusieurs eccl(''>iastiques génois, amis des priiici|ies polit ques de la révolution française et des principes religieux de l'école de Port-Royal, avaient formé à Gènes une espèce d'académie ecclésiastique. Palmieri se joignit à eux. et signa un lettre de coaimunion, écrite le 23 octobre 1798, au nom de ()lusiiurs membres du clergé d'Italie, au clergé oonstilutionnel de France, et qui fut lue au concile national de 1801. Palmieri mourut le 13 mais 182,), ûgé de 67 ans. Le bruit s'étant répandu qu'avant de mourir il avait rétracté ce qu'il avait dit dans [)lusieuis de ses publications contre les droits du saint-siége , ses amis assurèrent qu'il avait persévéré dans les mômes sentiments. On a de lui : un Traité historique, critique et dogmatique des indulgences, 1788, 2 voi. in-8° : cet ouvrage a été réfuté par le P. Anfossi, dominicain, maître du sacré palais à Rome; La liberté et la loi considérées dans la liberté des opinions et la tolérance des cultes; cette production, qui a été aussi critiquée , était une suite du plan formé par l'académie dont on a {)arlé; une Défense de ce même ouvrage en 3 petits volumes; une Défense du dogme de la confession auriculaire, contre Ranza; la Perpétuité de la foi de l'Eglise catholique concernant les dogmes des indulgences. Gènes, 1817, in-12, en réponse au P. Anfossi; une Analyse raisonnée des systèmes des incrédules , 7 vol. Tous ces ouvrages sont en italien.

PALOTTA (ViNCENzo), ecclésiastique italien, mort au commencement de 1830, fut un de ces hommes de sainteté éminenteque Dieu montre de temps en temps à la terre pour l'instruire, pour la purifitr, pour la consoler. Vincenzo avait consacré son existence en tière à la pratique des œuvres de charité les |)lus sublimes, et tel était l'ascendant qu'il avait acquis par sa vertu, que son aspect et le son de sa voix arrachaient des larmes au plus endurci. La fertilité des ressources que sou zèle savait trouver et faire naître pour venir au secours des malheureux est inc oyable. L'esprit de mortification était poussé chez lui jusqu'à un degré héroïque. Depuis bien des années quelques racines, quelques herbes poiagèi es suflisaient à sa noiriilure tie chaciue jour, et, hors les cas de maladie, il ne se coucliait jamais. Il passait habituellement les nuits dans quelque église, agenouillé sur la pierre, en adoration

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